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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 22:59

Cesser de confondre l’Europe et le logiciel néolibéral

 

Certaines vérités concernant l’Allemagne ne sont pas bonnes à dire actuellement. Le PS se fait tancer pour avoir osé critiquer la politique de la chancelière. Le président de l’Assemblée nationale aussi, y compris par des membres du gouvernement. Gilbert Casasus, chroniqueur associé à Marianne, spécialiste des relations franco-allemandes, s’est étonné (Marianne, 29 avril 2013) : Critiquer l'Allemagne, le dernier tabou ?

N’a-t-on pas le droit de critiquer l’Allemagne ? Les Français seraient-ils privés de cette liberté de s’en prendre à la politique de leur voisin ? En revanche, comment accepter que les Allemands, plus particulièrement de droite, attaquent à intervalles réguliers la France et sa politique ?

Pourquoi faudrait-il admettre que Berlin dicte toujours aux autres sa façon de voir ? Si certains Allemands estiment avoir raison par définition, libre à eux de le croire. Sauf que les Français et les autres Européens peuvent être ici d’un un avis contraire. La France et son gouvernement sont parfaitement en droit de remettre en cause la politique d’Angela Merkel. Plus nationaliste qu’européenne, elle est certainement la chancelière la moins franco-allemande de l’histoire de la RFA.

Son approche de la relation entre l’Allemagne et la France se résume alors à un rapport de forces, dont elle détermine elle-même les termes, se sachant vainqueur de l’épreuve qu’elle impose à son principal voisin. Sarkozy en fut d’ailleurs la principale victime. Incapable de défendre ses positions face à Berlin, il se résigna au suivisme et laissa à l’Allemagne un rôle de leader incontesté en Europe.

En ce sens, la droite française devrait montrer plus de retenue qu’elle ne le fait ces derniers temps. Comparée à celle de François Hollande, la politique allemande de l’ancien Président de la République n’a pas plus contribué à préserver les intérêts de la France que ne le fait celle de son successeur à l’Élysée. Ce n’est pas en copiant Angela Merkel – ou Gerhard Schröder - que l’on approfondit les relations entre la France et l’Allemagne, voire au-delà, que l’on redonne à l’Europe ce qui lui fait aujourd’hui le plus cruellement défaut, à savoir une légitimité citoyenne (…).

 

Belfort 6 09 08 011JPC et André Brie (Die Linke) TJean-Pierre Chevènement (à gauche sur cette photo, à Belfort, le 2 septembre 2008, lors de l'université d'été du MRC, au côté du député européen allemand, Andre Brie) a réagi en écrivant ceci sur son blog : Réouvrir le débat interdit pour réorienter l'Europe

 

La nécessaire réorientation de l’Europe, prônée pendant sa campagne par François Hollande, pose le problème des élites conservatrices en France. Elles s’appuient depuis trois décennies pour faire prévaloir leurs intérêts sur la complète superposition de l’idée européenne et du logiciel néolibéral mis en œuvre à partir de l’Acte Unique.

Pour rouvrir le débat européen, comme l’exige aujourd’hui la démocratie, il faut rompre avec cette confusion monstrueuse. N’en déplaise à Monsieur Juppé, parler de relance européenne quand le chômage bat tous les records, ce n’est pas faire de la germanophobie ! Parler de l’euro fort ou du rôle de la Banque Centrale européenne, ce n’est pas faire de la germanophobie ! Que dirait-on si j’incriminais M. Juppé de rechercher l’appui de l’Allemagne pour préserver, en France, l’ordre établi comme les élites françaises l’ont si souvent fait dans le passé ?

Seul un débat serein et argumenté sur l’Europe est digne de la France et, j’ajoute, de l’Allemagne. Evitons s’il vous plait, les noms d’oiseaux ! 
 

 

Jean-Pierre Chevènement n’a cessé, depuis 30 ans, de s’opposer au tournant libéral et européen de la France, qui s’est opéré en 1983 à l’initiative de Jacques Delors sous la présidence de François Mitterrand. Il a été, avec Philippe Seguin, le principal opposant au traité de Maastricht en 1992, comme l’a rappelé Jean-Luc Mélenchon. Voir Jean-Luc Melenchon sur le traité de Maastricht: "C'est Chevènement qui avait raison (18 décembre 2011).

 

A l'époque du traité de Maastricht, il y avait deux thèses: la monnaie unique ou la monnaie commune (site Chevènement, 8 février 2012)

  • Je ne me suis pas résigné facilement à voter contre Maastricht en 1992. J'étais un membre de la direction du Parti Socialiste, le seul à être contre. Il est vrai que j'avais lu le traité, ce qui n'était pas le cas de beaucoup. J'avais vu qu'on transposait à la France et aux autres pays les règles de la Bundesbank allemande : une Banque centrale indépendante qui aurait pour unique but de lutter contre l'inflation.
  • Quand on transfère sa souveraineté à un organisme politique complètement technocratique, on se pose des questions. Je me suis aperçu que le groupe Delors avait adopté ces règles sous la dictée de la Bundesbank. Ces règles ont pourtant été adoptées avant la chute du mur de Berlin.
  • A l'époque il y avait deux thèses : la monnaie unique ou la monnaie commune. La caractéristique de la monnaie unique, dont on subit les conséquences aujourd'hui, est qu'elle ne permet pas la dévaluation. Les écarts de compétitivité se sont creusés, notamment sous la pression de l'Allemagne qui a appliqué une politique de déflation salariale. Cela se traduit par d'énormes excédents pour les uns et d'énormes déficits pour les autres.
  • Nous sommes pris dans le piège et nous continuons de nous y enfoncer en abandonnant notre souveraineté budgétaire.
  • On a fait l'euro car on avait peur de l'Allemagne. Certains ont pensé qu'en prenant le mark à l'Allemagne, on allait s'approprier sa puissance.
  • On a aujourd'hui une "Mezzogiornisation" du Sud de l'Europe comparé à un Nord industriel, mercantiliste, excédentaire. Les autres pays sont en voie de désindustrialisation. La France est un bon exemple.
  • Tous ceux qui parlent de produire en France sont ceux qui ont accepté l'abaissement de nos barrières tarifaires et la libération des mouvements de capitaux.

 

Voir aussi : Pour Chevènement, Hollande doit sortir des sentiers de Maastricht (Marianne, Philippe Cohen, 4 janvier 2012).

Chevènement va tenter d'ouvrir une alternative à la politique néolibérale - 16 mars 2011 

Jean-Pierre Chevènement (2011) : la France malade de ses élites - 5 avril 2013

 

La légitimité européenne ne s’est pas imposée dans l’esprit des citoyens parce qu’ils désapprouvent la confusion entre l’idée européenne et le Néolibéralisme. Chevènement a raison de vouloir en finir avec cette confusion. C’est pourquoi le débat est nécessaire sur la question européenne et ne doit surtout pas être enterré, comme le souhaite Juppé, très représentatif des élites politiques françaises.

 

Cet article est le 120ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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Published by Michel SORIN - dans France et Europe
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