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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 22:10

Forte baisse de la valeur ajoutée nette de l’agriculture

 

Depuis la sévère crise agricole de 2009 (voir Crise agricole 2009 : les explications des services économiques APCA - 30 déc. 2009), les revenus de l’agriculture ont évolué selon les marchés, de manière erratique. Voir les articles concernant les revenus agricoles en 2010, 2011 et 2012.

 

Revenu agricole 2010 : les céréaliers heureux, les animaliers moins - 17 déc. 2010

Revenu agricole 2011 : écarts croissants selon régions et productions - 7 août 2012

Revenu agricole 2012 : en forte baisse pour les éleveurs (lait, viande) - 29 déc. 2012

 

L’Insee a publié Les comptes prévisionnels de l'agriculture pour 2013. Résumé.

L’année agricole 2013 est marquée, après la flambée de 2012, par une forte baisse des prix des céréales, oléagineux, protéagineux et pommes de terre, ainsi que de ceux des œufs. Les volumes sont globalement stables, ils se réduisent nettement pour le colza et le blé dur tandis qu’ils progressent fortement pour les œufs. Au total, la valeur de la production agricole, y compris subventions, diminue de 3,7 % par rapport à 2012.

Parallèlement, les charges des agriculteurs augmentent à nouveau, principalement en raison du renchérissement de l’alimentation animale et de la progression des quantités d’engrais utilisées. Après trois années de hausse, le résultat de la branche agriculture régresserait globalement. L’emploi agricole continuerait par ailleurs à décroître.

D’après les estimations du compte prévisionnel de l’agriculture, le résultat agricole net (ou valeur ajoutée nette au coût des facteurs) par actif se réduirait de 16 % en termes réels en 2013, après trois années de croissance. Cette évolution résulte de grandes disparités selon les orientations des exploitations.

Les prix des grandes cultures diminuent

En 2013, le volume global des récoltes de céréales décroît légèrement par rapport au niveau élevé de 2012, la hausse des surfaces ne compensant pas tout à fait le repli des rendements. La production d’orge se réduit en raison de moindres rendements ; ces derniers avaient atteint un niveau record en 2012. La récolte de blé dur chute en 2013 sous l’effet d’une baisse importante des surfaces due aux mauvaises conditions climatiques lors des semis. En revanche, les récoltes de blé tendre et de maïs progressent du fait d’une hausse des superficies.

 

Le prix de l’ensemble des céréales décroît fortement en 2013, après une envolée en 2012. En effet, la production mondiale est abondante et les stocks se sont reconstitués. Néanmoins, la demande mondiale reste soutenue, notamment de la part de la Chine. En France, les prix du blé tendre et de l’orge diminuent de 22 % dans ce contexte de hausse des disponibilités. Le prix du maïs recule de 25 % en lien avec le record de production mondiale attendu et la forte concurrence ukrainienne. Les cours du blé dur se replient aussi, limités par la baisse de qualité de l’offre française due aux pluies printanières, et par la vive concurrence canadienne.

 

La récolte d’oléagineux décroît de 14 % par rapport à 2012 et devient inférieure de 12 % à la moyenne quinquennale : la récolte de colza se réduit de 20 % en raison des conditions climatiques défavorables, tandis que celle de tournesol se redresse après une chute en 2012. Les cours des oléagineux régressent fortement en 2013 car la production mondiale est abondante, notamment aux États-Unis, en Argentine et en Ukraine, et les stocks sont élevés. Toutefois, la demande mondiale, en particulier chinoise, reste importante. Le prix du colza diminue de 20 % malgré la baisse de la production française et celui du tournesol se replie de 22 %, dans un contexte de production élevée en Europe et dans les pays de la mer Noire. La récolte de protéagineux diminue à nouveau en 2013 du fait du déclin continu des surfaces et d’une baisse des rendements. Le prix des protéagineux baisse de 22 %, dans le sillage de ceux du blé et des tourteaux de soja auxquels ils peuvent se substituer pour l’alimentation animale.

 

La production de betteraves recule en 2013, comme en 2012, après avoir atteint un niveau record en 2011. Les rendements se replient fortement, pénalisés par le climat défavorable du printemps et les pluies abondantes d’octobre. La richesse en sucre est faible. Le prix des betteraves s’infléchit en lien avec la baisse des cours mondiaux du sucre, la production mondiale étant attendue en excédent.

 

Les récoltes de fruits sont en hausse ; elles s’accroissent fortement pour les cerises, les poires et les pommes, après la chute de 2012, tandis qu’elles déclinent pour les abricots et les pêches. Elles se stabilisent pour les fraises. Les prix des fruits augmentent : ils se redressent nettement pour les abricots et les pêches, favorisés par l’importance de la demande due à la chaleur estivale, tandis qu’ils reculent pour les fraises et les cerises face à une demande affaiblie par le temps froid du printemps.

 

Les récoltes de légumes diminuent à nouveau en 2013 et les prix continuent à monter. Les volumes produits sont en recul pour la plupart des légumes, notamment pour les concombres et les courgettes en raison du climat défavorable du printemps et de la diminution des surfaces.

 

Les quantités de pommes de terre de conservation se redressent en 2013, mais restent inférieures à la production moyenne des cinq dernières années. Les surfaces augmentent, stimulées par les bons prix de la campagne précédente, et les rendements s’améliorent. Après une envolée en 2012, les prix reculent en 2013.

 

La production de vin se redresse en 2013. La récolte est légèrement supérieure à celle historiquement faible de

2012 : elle s’accroît pour les vins de table et de pays et pour les vins de champagne, mais elle continue à décliner pour les autres vins d’appellation en raison des conditions climatiques défavorables, notamment en Bourgogne et dans le Bordelais. Les prix des vins continuent sur une tendance à la hausse dans un contexte de faiblesse des disponibilités, les stocks restant peu élevés. Les exportations poursuivent leur progression initiée en 2010. Les vins courants et le champagne continuent à s’apprécier ; la hausse des prix des autres vins d’appellation s’accélère en 2013.

 

Le prix des œufs régresse

Le prix des gros bovins continue à s’accroître, tiré par le tassement de l’offre. Le volume de la production baisse légèrement. Les abattages se réduisent en 2013, sauf pour les taurillons.

Les exportations de bovins mâles vivants faiblissent également. La diminution du cheptel est moins forte qu’en

2012.

Le prix des veaux continue à augmenter en raison d’une offre maîtrisée et bien adaptée à la demande. Le volume de production poursuit donc son recul.

Pour les porcins, la hausse de prix est modérée dans un contexte d’offre réduite. Les abattages se replient et le cheptel porcin est en baisse, notamment pour les truies.

Pour les ovins, les prix restent soutenus en raison de la faiblesse de l’offre conjuguée à une concurrence extérieure limitée, même si la demande reste peu dynamique. Le volume de production décroît : les abattages augmentent pour les brebis, mais ils se replient fortement pour les agneaux en lien avec la diminution du cheptel reproducteur.

Le volume de production des volailles se stabilise. Les abattages de dindes se réduisent, après une reprise ponctuelle en 2012, tandis que ceux de poulets repartent à la hausse. Les prix continuent à s’accroître en raison d’un meilleur équilibre entre l’offre et la demande.

La production d’oeufs s’accroît fortement après une baisse modérée en 2012, mais très nette en 2011 pendant les travaux de mise aux normes européennes des cages de poules pondeuses. Après la flambée de 2012, le prix des oeufs chute (– 28 %) dans un contexte de surproduction française et européenne.

La collecte de lait reste stable depuis deux ans. Après douze mois consécutifs de baisse, la collecte a progressé à partir de juillet 2013 sous l’effet de conditions climatiques favorables à la repousse de l’herbe, mais aussi d’une réévaluation du prix du lait et d’un fléchissement du prix des aliments pour bétail. En moyenne annuelle, le prix du lait se redresse de 7 % en 2013 en lien avec le renchérissement des prix des produits laitiers industriels (poudres de lait, beurre…).

 

La valeur de la production agricole décroît de 4 %

Au total, en 2013, les volumes produits sont quasiment stables, mais les prix baissent. La valeur de la production agricole, hors subventions sur les produits, décroît de 3,8 % par rapport à 2012, en retrait de 2,9 milliards d’euros : la baisse de 3,8 milliards d’euros pour la production végétale n’est pas compensée par la hausse de 0,9 milliard pour la production animale (graphique 1 et tableau 1).

Les subventions sur les produits (définitions) s’élèvent à 1,1 milliard d’euros, comme en 2012. La prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes, qui reste couplée à 75 % à la production, est la subvention la plus importante de cette catégorie.

La production agricole au prix de base (définitions) présente des évolutions en volume et en prix proches de celles de la production hors subventions : respectivement – 0,3 % et – 3,4 %.

 

La remontée du coût des intrants se poursuit

La valeur des consommations intermédiaires de la branche agriculture (définitions) augmente de 2,6 % en 2013 sous l’effet d’une hausse conjuguée des volumes et des prix. Elle s’accroît pour la troisième année consécutive, mais à un rythme moins soutenu qu’en 2011 et 2012.

Les achats d’aliments pour animaux (hors produits agricoles intraconsommés) sont le poste principal des dépenses.

Leurs prix augmentent fortement depuis 2010 du fait de l’envolée des prix des céréales jusqu’à fin 2012. Les quantités consommées sont en recul : elles progressent pour les aliments pour bovins, mais se replient pour les aliments pour volailles et surtout pour porcins.

Après s’être fortement alourdie de 2010 à 2012, la facture énergétique diminue en raison du recul des prix.

Les prix de l’essence et du fioul régressent dans le sillage du prix du baril de pétrole. Toutefois, le prix du gaz et surtout celui de l’électricité se renchérissent. Les dépenses en engrais s’accroissent sensiblement : le prix des engrais reste élevé et les quantités consommées augmentent.

La charge en produits de protection des cultures s’alourdit, mais de façon plus modérée qu’en 2012. Les prix augmentent légèrement et le volume consommé s’accroît : les agriculteurs ont eu davantage recours aux fongicides du fait du climat froid et humide du printemps.

 

Le résultat de la branche agriculture baisserait fortement en 2013

Comme les consommations intermédiaires continuent à progresser en valeur alors que la production au prix de base diminue, la valeur ajoutée brute (définitions) devrait baisser nettement : – 12,7 %après trois années de croissance.

La valeur ajoutée nette de la branche agriculture (définitions) diminuerait de manière plus accentuée (– 21,3 %), la consommation de capital fixe (définitions) étant en hausse de 3,2 %. Elle retrouverait le niveau de 2008, bien supérieur au point bas de 2009.

Les subventions d’exploitation (définitions) versées à la branche agriculture s’élèvent à 8,2 milliards d’euros (tableau 2), en retrait de 3,1 % par rapport à 2012, le « paiement unique » et les aides agro-environnementales ayant baissé.

Après la prise en compte des subventions d’exploitation et des impôts, en 2013, le résultat agricole net (définitions) serait réduit de 17,1 % par rapport à 2012. Comme le volume de l’emploi agricole baisserait tendanciellement de 2,0 % (tableau 3), la baisse du résultat agricole net par actif (définitions) atteindrait

– 15,4 %. Le prix du produit intérieur brut (PIB) augmentant de 1,2 %, le résultat agricole net par actif en termes réels (définitions et graphique 2) chuterait de 16,4 % en 2013. Après trois années de croissance, c’est un retournement sur l’année mais, en tendance, le niveau reste haut.

 

Cet article est le 418ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
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