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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 15:03

Qui aura le dernier mot, Sarkozy ou le peuple français ?

 

manif Laval 230910 006 TTrois journées de manifestations de haut niveau populaire n’ont pas fait bouger d’un pouce le pouvoir élyséen. Celui-ci joue le temps qui passe et qui lasse. Avec le temps, tout s’efface… même la mobilisation populaire qui, pourtant, a montré hier qu’elle ne manque pas de souffle. Le pouvoir est persuadé de l’effritement du mouvement social porté par l’ensemble des organisations syndicales. Il se trompe. Bien sûr, il peut faire pression sur les sénateurs et ne s’en prive pas, ce qui lui donne un peu de répit.  

Mais, quand le peuple se dresse face à lui, sous la forme de manifestations dans les rues ou de grèves dans les entreprises, comme ce sera le cas le 12 octobre, le président de la République ne pourra, durablement, faire semblant de regarder ailleurs.

Il sait bien que, derrière les retraites, c’est l’ensemble de sa politique qui est rejetée par le peuple français. C’est le résultat de la crise financière et d’une politique néolibérale favorable à la finance. Changer de politique ? Il ne s’y résoudra pas, même s’il prépare l’effacement du bouclier fiscal (en même temps que l’impôt sur la fortune) sous le prétexte d’alignement sur l’Allemagne.

La grande confrontation entre Sarkozy et le peuple est, donc, inévitable. En France, la République proclame que c’est le peuple qui a le dernier mot. Montrons que nous sommes encore en République.

Nous savons que la République, pour rester elle-même dans un environnement économique hostile à ses principes et à ses valeurs - ce qui est le cas du capitalisme financier - ne peut éviter de combattre. Le président Sarkozy défend les intérêts du monde de la finance. C’est la raison de son obstination à mener à son terme la casse de la sécurité sociale et du système de retraite par répartition.

 

Ce texte de Bernard Friot*, daté du 20 mai 2003, montre que le financement de ces conquêtes sociales remet en cause le fondement même du capitalisme. Bernard Friot Retraites Laval 190510 001

 

Financement des retraites : l'enjeu des cotisations patronales

 

Il est plus facile de dépenser beaucoup quand on est riche que de dépenser peu quand on est pauvre. Comme on va le voir, le volet financier du dossier « retraites » est vite présenté : il est plus facile de consacrer aujourd’hui aux retraites 12% d’un PIB de 1500 milliards d’euros qu’il ne l’était il y a quarante ans d’y consacrer 5% d’un PIB de 750 milliards, et il sera plus facile encore dans quarante ans de dépenser pour les retraites 20% d’un PIB qui sera alors de 3000 milliards. De quarante ans en quarante ans, le doublement du PIB en monnaie constante permet de consacrer de trois à cinq fois plus aux retraites tout en quasi-doublant la richesse affectée aux actifs ou à l’investissement.

Cela, la classe dirigeante le sait parfaitement. Pourquoi alors son acharnement à « sauver » une institution en parfaite santé ? C’est que c’est cette santé qui l’affole. A la naissance des assurances sociales, le salaire était fait de 85% de salaire direct et de 15% de cotisation sociale, et ça ne prêtait pas à conséquence. Aujourd’hui, nous sommes à 60/40 : c’est déjà peu tolérable que 40% du salaire nous paie à ne rien faire, c’est-à-dire à travailler librement, à produire de la richesse et non pas à mettre en valeur du capital. Demain, continuer à financer les retraites par cotisations sociales supposera que plus de la moitié du salaire finance non pas le travail subordonné mais le travail libre. Alors notre destin de force de travail subordonnée à la loi de la valeur pourra être déjoué, d’autant que - seconde dimension subversive du financement de la retraite par cotisation sociale - financer les retraites sans épargne financière montre le caractère parasitaire de celle-ci ... et donc qu’il est possible aussi de financer l’investissement productif (220 milliards d’euros aujourd’hui, à peine plus que les 180 milliards des retraites) sans accumulation financière. Là, c’est le droit de propriété lucrative qui est en jeu, et avec lui le fondement même du capitalisme (…).

* Voir aussi Bernard Friot (19 mai à Laval) : propos iconoclastes sur les retraites - 26 mai 2010. 

Lu dans la presse

 

François Chérèque : une réforme des retraites injuste et bâclée (Contre Info, 1er octobre)

 « Cette réforme est injuste pour ceux qui ont commencé à travailler jeune : 44 ans de cotisations. Cette réforme est injuste pour ceux qui ont des travaux pénibles, du fait d’une autre espérance de vie. Cette réforme est injuste pour ceux qui sont poly-pensionnés, qui ont travaillé dans plusieurs secteurs. Cette réforme est injuste pour les femmes - c’est ce que je dis depuis le début, par rapport à cette borne de soixante cinq ans. Cette réforme est injuste pour ceux qui ont des emplois précaires. Et maintenant le gouvernement découvre que cette réforme est aussi injuste pour les travailleurs handicapés, et qu’elle est aussi injuste pour les seniors qui seront au chômage à 60 ans. Si cette réforme est aussi injuste... c’est que d’une part il faut en faire une autre, et d’autre part qu’elle a été bâclée. » François Chérèque s’exprime sur les dispositions qu’il juge « scandaleuses » dans le projet gouvernemental.   Lire.... »

Le mouvement contre la réforme des retraites ne s'essouffle pas (Rue89, 2 octobre)

(…) Le mouvement ne s'essouffle pas, la volonté de Nicolas Sarkozy de passer en force non plus : c'est le schéma classique du jeu de « La Fureur de vivre » -deux autos lancées l'une contre l'autre, la première qui dévie a perdu. « C'est le gouvernement qui est bloqué », affirme le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, selon lequel « plus de 70% des Français sont opposés à cette réforme » (…).

Retraites : la pression sur l'Elysée s'accentue (Le Monde, 3 octobre)

Le niveau de mobilisation reste élevé dans le pays, comme l'a montré la manifestation du samedi 2 octobre. L'exécutif préfère jouer la montre, convaincu que le mouvement de contestation finira par s'effriter.

 

Cet article est le 36ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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