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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 17:25

 

Savoir raison garder face aux choix gouvernementaux

 

La réaction de la rédaction de Contre Info, le 15 avril, à la publication, la veille, du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites : Retraites : la France est-elle incapable de mobiliser 2% du revenu national ?

Quel est l’effort requis pour le financement des retraites ? Selon les scénarios retenus par le Conseil d’Orientation des Retraites, entre 1,8 et 2,8% du revenu national à l’horizon 2030, puis de 1 à 2,3% en 2050. La part de la richesse nationale consacrée aux retraites passe de 13,4% en 2008 à une fourchette de 14,4-15,4% en 2030, avant de revenir à 13,6-15% en 2050.

On peut discuter de telle ou telle hypothèse retenue par le COR, ou s’interroger sur la solidité de prévisions à 40 ans, au vu de l’expertise récemment déployée. Mais l’important n’est à notre sens pas là. Au vu de ces chiffres, faut-il conclure, comme certains s’empressent de le faire, à la catastrophe, au gouffre financier ? Il faut raison garder.

L’effort demandé n’est à l’évidence que marginal. La société française peut et doit faire preuve de solidarité sans remettre en cause les conquêtes sociales.

 

Ce rapport du COR fait suite à celui de 2007 (voir Le Conseil d'Orientation des Retraites a remis son rapport au Premier ministre - 16 janvier 2007).

 

Contre Info a publié plusieurs articles à ce sujet :

Tribune : Dix contrevérités sur les retraites (ATTAC, Fondation Copernic, 9 avril),

Retraites : un peu de sang froid SVP, par Guillaume Duval (Alternatives Economiques, 16 avril)

 

La CGT a publié ce communiqué le 14 avril (Eric Aubin, chargé de ce dossier, voir Rapport du COR) :

Il est possible de financer les retraites

La CGT s’inscrit en totale opposition avec le catastrophisme des commentaires qui accompagnent depuis 2 jours la publication du rapport du Conseil d’orientation des retraites. Ce rapport que le COR vient de rendre public, démontre avant tout la dégradation de l’équilibre financier des retraites, sous le coup de la crise.

Si les conséquences de la démographie à long terme ne sauraient être niées, elles sont parfaitement surmontables. La France est le pays d’Europe où la situation démographique est la plus favorable ; la seule à assurer à terme le renouvellement des générations.

Le rapport du COR montre que la raison fondamentale de la dégradation de l’équilibre financier des régimes est la chute de l’emploi : 680.000 emplois détruits en 2009, une baisse historique de la masse salariale de 1,4%. La crise coûterait à elle seule plus de 600 milliards d’€ aux régimes de retraite. Il n’est pas question que les salariés qui ne sont en rien responsables de la crise en paient le coût.

Pour la CGT il faut une nouvelle politique de l’emploi rompant avec la situation que nous avons connue depuis un quart de siècle. Cela passe par une remise en cause du mode de croissance actuel orienté vers un accaparement de plus en plus important, par les actionnaires, des richesses crées : depuis 25 ans les dividendes versés par les entreprises ont explosé au détriment de l’emploi, des salaires et de l’investissement.

La réduction du chômage ne résout pas la totalité des problèmes mais est indispensable, c’est la moitié du problème du financement des retraites qui serait résolu à long terme. A court terme, une hausse des ressources est indispensable. C’est pourtant la perspective que refuse Monsieur Woerth.

Pour la CGT, il faut une réforme du financement de la protection sociale.

La CGT exige la mise en oeuvre d’une contribution sur les revenus financiers des entreprises au même taux que la cotisation retraite des employeurs (8,2%). Elle exige la remise en cause des exonérations de cotisations patronales et des exemptions de cotisations dont bénéficient l’intéressement, l’épargne salariale, l’épargne-retraite, les stock-options et les attributions d’actions gratuites. Elle propose d’instituer une double modulation des cotisations patronales qui tiendrait compte de la part des salaires dans la valeur ajoutée et des comportements d’emploi des entreprises

En appliquant l’ensemble de ces mesures, on dégagerait les 5 à 6 points de PIB nécessaires à l’horizon 2050 pour garantir de bonnes retraites. Les autres réponses, et en particulier le recul de l’âge de la retraite n’auraient pour effet que de baisser le niveau des retraites et de faire basculer de nombreux salariés âgés dans la précarité.

La CGT mènera une lutte déterminée pour défendre le droit au départ à la retraite à 60 ans et un niveau de pension au moins égal à 75% du salaire d’activité.

Elle appelle à une forte mobilisation unitaire, des actifs et des retraités, dès maintenant et en particulier le 20 avril dans les entreprises et le 1er mai, pour imposer d’autres solutions et empêcher une nouvelle étape de régression des droits à retraite.

 

Le Front Syndical de Classe a publié le 14 avril une déclaration sur le Rapport du COR qui s’inspire du Dossier retraites du FSC.

 

Le chroniqueur Elie Arié est sur une toute autre longueur d’ondes quand il s’exprime sur les conditions de réussite des réformes sur le site Marianne2, le 8 avril : La Retraite ? Parlons-en, mais chiffres en mains !

 

Et si, avant de prendre position sur les retraites, on savait un peu de quoi on parlait ? Quelques données brutes qu’il n’est pas inutile d’avoir présentes à l’esprit.

 

L’espérance de vie

La loi de 2003 prévoit « un partage actuellement neutre de l’augmentation de l’espérance de vie », de façon à ce que le rapport entre retraite et activité reste constant.
L’espérance de vie ne cesse de progresser, n’en déplaise à certains : en 2009, l’espérance de vie à la naissance était de 84,5 ans pour les femmes, 77,8 ans pour les hommes ; mais, plus intéressante pour la  question des retraites est  l’espérance de vie à 60 ans : 27 ans pour les femmes, 22,2 pour les hommes, soit respectivement 1,8 ans et 2 ans de plus qu’en 1999 : l’espérance de vie à 60 ans augmente d’environ 1 an tous les 10 ans (en 2050, 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans, contre 1 sur 5 en 2005).

 

La fin d’activité

S’il existe de grandes différences sur l’âge auquel on liquide sa retraite entre public et privé (respectivement 57,5 ans et 61,3 ans), les différences sont très faibles en ce qui concerne l’âge de cessation d’activité : 58,8 ans dans le privé, 58,2 ans dans le public.

 

Que font les pays autres que la France ?

La tendance générale est de limiter les possibilités de départs anticipés et de créer des barèmes de pension qui incitent à la prolongation, afin de reculer  l’âge moyen de cessation d’activité ; mais on constate qu’il existe deux stratégies différentes :
Certains pays ( Espagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, Italie) reculent l’âge d’ouverture des droits à la retraite. D’autres (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Canada), sans toucher à l’âge d’ouverture des droits, reculent l’âge d’obtention d’une pension à taux plein.
Les pays les plus « performants » sont le Canada et le Japon, où l’âge moyen de cessation d’activité est parmi les plus élevés, bien que leurs âges d’ouverture des droits soient assez bas ; à l’opposé, les moins « performants » sont la France et la Belgique, où l’âge de cessation d’activité est plus bas que celui de l’ouverture des droits, bien que ce dernier soit  plus bas que dans tous les autres pays.

 

Les conditions de réussite des réformes

Les pays qui ont le mieux réussi à retarder l’âge de la cessation réelle d’activité sont ceux qui ont  mené leurs réformes  de façon très  progressive et étalée dans le temps, avec un accord dans la durée  entre majorité, opposition et syndicats, qu’il s’agisse de l’âge d’ouverture des droits (porté de 65 à 67 ans en Allemagne : mais l’augmentation commencera par étapes en 2012 et s’échelonnera jusqu’en 2029) ou de la politique de maintien de l’emploi des seniors dans les entreprises, publiques ou privées, comme dans les pays scandinaves : ces pays mènent en permanence une mobilisation sociale autour de l’objectif d’emploi des seniors, axée sur la prise de conscience collective de l’importance de l’enjeu social ; ils ont lancé de vastes campagnes d’information et de formation en direction des entreprises pour les inciter à garder ou à embaucher des travailleurs seniors, à modifier leur politique de gestion des carrières, à développer une politique de formation professionnelle tout au long de la carrière, à améliorer les conditions de travail ; des séminaires de formation sont organisés pour améliorer la gestion des âges au travail ; des labels sont accordés aux entreprises les plus engagées dans l’emploi des seniors ; des campagnes sont lancées en direction des salariés pour les inciter à travailler plus longtemps.
Cette mobilisation, dans la durée, de l’ensemble des partis politiques et des syndicats autour d’un objectif commun dont ils renoncent à faire un sujet d’affrontement idéologique, politicien ou syndical ne faisant malheureusement pas partie de nos traditions, on ne peut qu’être pessimiste sur l’avenir de nos réformes des retraites, quelles qu’elles soient... et, par conséquent, sur l’avenir de nos retraites ; nous avons trop tendance à oublier que la meilleure stratégie, pour un gouvernement économiquement libéral qui voudrait liquider définitivement notre système de retraites par répartition, consisterait à...ne rien faire, s’assurant ainsi popularité, paix sociale, et passage inéluctable au système par capitalisation.

Le PS à la recherche d'un consensus sur les retraites (Agence Reuters, 18 avril)

Après avoir raté le coche en 1997 et en 2003, les socialistes assurent qu'ils seront cette fois au rendez-vous de la réforme des retraites mais refusent, le temps de trouver un consensus interne, de se plier à l'agenda de la droite.

Martine Aubry, que la victoire de la gauche aux élections régionales a solidement installée à la tête du parti, entend montrer que le PS est capable de contre-propositions crédibles, avec à la clé pour elle un supplément de stature présidentielle (…).

 

LA BATAILLE DE LA DURÉE DE COTISATION

Les "lignes rouges" communes sont connues: consolider le système par répartition, ne pas toucher à l'âge légal du départ à la retraite, maintenir le niveau des pensions et taxer les revenus financiers.

Dans une tribune publiée cette semaine par Le Monde, le premier secrétaire évoque, entre autres, la piste d'une surtaxe de 10% sur l'impôt sur les sociétés acquitté par les banques. Mais Martine Aubry, qui a entamé une série de consultations avec les syndicats, a fort à faire pour harmoniser les positions des différents courants.

Des membres de l'aile gauche du parti, pilotée par Benoît Hamon, ont signé, aux côtés de dirigeants du Parti communiste ou du NPA, le texte d'Attac et de la Fondation Copernic visant à "en finir avec l'actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers".

Comme eux, Vincent Peillon a fait savoir qu'il était opposé à tout allongement de la durée de cotisation mais l'idée séduit un nombre grandissant de cadres socialistes.

"Le système français a toujours privilégié le niveau de cotisation plutôt que la durée: on est à 25% contre 16% en Suède", fait valoir Olivier Ferrand, proche de Dominique Strauss-Kahn. A ses yeux, "ce qui est logique aujourd'hui, c'est de pousser la durée de cotisation".

"Si on y réfléchit, c'est un levier plus juste que de toucher l'âge légal de départ à la retraite", fixé à 60 ans, estime Marisol Touraine, chargée de rédiger une note de synthèse sur les retraites pour la réunion de mardi.

Parce qu'elle ne croit pas à une "réforme ultime" et pour renforcer la lisibilité du système, la député suggère d'importer le système suédois des "enveloppes oranges": tous les ans, les salariés reçoivent un état de leurs pensions et de l'évolution du système.  

 

Voir aussi les réflexions de Gérard Beillard :

Gérard Beillard : contribution à la réflexion du MRC sur les retraites - 5 juin 2008

Gérard Beillard (MRC 53) à propos des retraites : s'inspirer de la CGT - 28 avril 2009

Gérard Beillard (MRC 53) : nouvelles réflexions portant sur les retraites - 19 février 2010

 

Revue de presse

 

Les prévisions sur l'avenir des retraites font débat (Ouest-France, 15 avril)

Comme prévu, le Conseil d'orientation a annoncé de mauvaises nouvelles, hier : le déficit plongerait de manière alarmante. Des chiffres contestés par les syndicats. Qui demandent que l'on étudie toutes les pistes.

Retraites : les alarmants calculs de 1995 se vérifient en 2010 (Rue89, 16 avril)

Comme le dernier rapport sur les retraites, celui de 1995 était critiqué. On s'aperçoit aujourd'hui qu'il était dans le vrai.

 

Dossier: Les retraites (Marianne2, 17 avril) 

 

Cet article est le 15ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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