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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 21:41

La gauche ne doit pas se soumettre au diktat néolibéral

 

La majorité au Sénat s’active pour que le projet de loi sur les retraites soit voté avant le 20 octobre, ce qui permettrait aux deux assemblées de s’accorder sur un texte définitif avant la fin de ce mois.

Le président de la République est pressé d’en finir, car les grèves et manifestations se multiplient. Une nouvelle journée de manifestations est prévue samedi 16 octobre, en plus du 12 octobre (avec, ce mardi, des grèves, qui pourront être reconductibles - décisions prises le 13 au matin).

Deux arguments incitent à la démobilisation : la loi sera votée au Parlement et on ne peut pas faire autrement pour équilibrer les comptes.

La loi sera votée. Il est vrai qu’une majorité UMP existe à l’Assemblée nationale et, au Sénat, l’UMP n’est pas majoritaire, mais le groupe centriste le rejoint sur cette question, comme sur la plupart des projets du gouvernement.

Ce qui est en jeu, désormais, c’est le refus par le peuple français des lois qui remettent en cause les acquis sociaux. L’intersyndicale, les grévistes et les manifestants, ont la volonté de faire obstacle à ce projet de loi, qui est le symbole des remises en cause des conquêtes historiques du monde du travail.

Le second point est financier : peut-on maintenir le droit à la retraite à 60 ans et la retraite à taux plein à 65 ans, compte tenu des arguments financiers et démographiques ?

 

Patrick Trannoy* (MRC) m’a transmis ce texte qui apporte des réponses à ces objections.

 

Pour nous c’est 60 ans, sans augmentation de la durée de cotisation.

Parce que c’est possible.

Parce que c’est une conquête de notre République sociale.

-          La retraite par répartition à 60 ans fait partie des conquêtes du peuple français.

-          Le problème de financement de la protection sociale ne peut pas être traité isolément de la question de la faible croissance économique, du chômage de masse et de la dégradation du rapport travail/capital.

-          Le vrai changement passe, face au diktat du capitalisme financier transnational, par une réorientation profonde de notre politique économique et sociale (monétaire, commerciale, industrielle, agricole, fiscale…) en France et en Europe.

 

La tentation existe partout, même dans les rangs de la gauche, de consentir au recul de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Au PS,  malgré le slogan « pour la retraite à 60 ans », le flou entretenu sur l’approbation possible d’une augmentation de la durée des cotisations laisse entendre que 60 ans resterait l’âge légal de départ à la retraite… mais plus incomplète que jamais !

Le « réalisme » et l’esprit de « responsabilité » imposeraient-il ce sacrifice ? Les acquis sociaux doivent être défendus, et la mobilisation sociale très forte dans le pays nous le rappelle. Mais, après tout, « à l’impossible nul n’est tenu »… La vraie question est donc : peut-on financer durablement en France, et si oui comment, la retraite à 60 ans sans augmentation de la durée de cotisations, et pour tous ? Notre réponse est clairement oui.

 

1-                 Les déficits de la sécurité sociale (15 Md € environ pour l’assurance maladie en 2010, 10 Md € environ pour les retraites) sont consécutifs :

a)                  à la faiblesse de la croissance économique (les comptes étaient à l’équilibre lorsque la croissance était encore à 3%)

b)                  au chômage de masse (qui représente un manque à gagner de cotisations sociales, d’une part parce que les demandeurs d’emploi cotisent peu – et c’est bien logique -, d’autre part parce qu’avec moins de chômage, les cotisations chômage pourraient être transformées en cotisations maladie et retraites, ou encore dépendance…)

c)                  à de multiples exonérations de cotisations patronales (supérieures au déficit actuel de la sécurité sociale !), dont la Cour des Comptes a elle-même indiqué qu’il s’agissait d’un "dispositif incontrôlé à l'efficacité incertaine"

d)                  à la dégradation du rapport capital travail depuis 30 ans (10 points de Valeur Ajoutée gagnés par le capital au détriment du travail, soit quelque 170 Md € annuels aujourd’hui).

 

2-                 La fausse évidence démographique est une supercherie :

Il faudrait « travailler plus longtemps parce qu’on vit plus longtemps ». Fausse évidence ! Supercherie même ! Depuis des siècles, on vit plus longtemps. Et depuis des siècles, on travaille moins longtemps. Cela s’appelle le progrès ! Médical, social… et de la productivité.

 

On nous dit qu’en 2050, il n’y aura plus que 1,2 cotisant pour un retraité, contre 1,8 aujourd’hui, et que ce décalage démographique rend indispensable la casse de la retraite à 60 ans à taux plein. Mais on sait que les gains de productivité sont de 1,8% par an. En 40 ans, la productivité aura donc doublé. Les 1,2 cotisants pour un retraité produiront donc l’équivalent de 2,4 cotisants d’aujourd’hui, soit davantage que les 1,8 cotisants d’aujourd’hui !

 

Voilà l’argument majeur qui contrecarre celui d’une augmentation rapide de l’espérance de vie, et du nombre de retraités rapporté au nombre d’actifs : pourquoi, en produisant plus de richesses, ne pourrions-nous pas demain financer autant de retraites qu’aujourd’hui ?

 

Cette contre-réforme marque une soumission à l’ordre néo-libéral mondial et européen

Accepter cette contre-réforme telle qu’elle est, et même si elle devait être maquillée derrière quelques gadgets  « équitables », c’est donc admettre :

a)       qu’on ne peut pas rétablir un rapport travail/capital plus favorable au travail

b)       qu’on ne peut pas faire reculer le chômage de masse

c)       qu’on ne peut pas consacrer les gains de productivité du futur à l’amélioration de la qualité de vie des travailleurs, actifs et retraités.

Admettre cela serait se soumettre à l’ordre néo-libéral mondial et européen.

 

Au contraire, les Républicains de gauche que nous sommes proposent une autre politique, réellement alternative :

a)       sortir du carcan monétaire de l’Euro fort, d’une façon ou d’une autre (réorientation de la politique de la BCE, basculement vers une monnaie commune, création de plusieurs Euros…, voire retour aux monnaies nationales)

b)       protéger nos emplois, nos industries, notre agriculture, du nivellement social et environnemental par le bas induit par le libre-échangisme aveugle – et en Français, protéger s’appelle ériger des protections, donc faire du protectionnisme (osons le mot !)

c)       relancer la création de richesses utile socialement et responsable au plan environnemental, à l’échelle nationale et européenne (relance keynésienne par l’emprunt, et favorisant le développement des facteurs de croissance endogène, tels que les infrastructures, la recherche, etc.)

d)       imposer, par la réglementation et la fiscalité, un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée au profit du travail.

 

* Blog de Patrick TRANNOY

 

Cet article est le 37ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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