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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 17:27

Instable et pas encore le niveau d’avant la crise de 2009

 

On connaît plus précisément les comptes de l’agriculture pour l’année 2011. Le quotidien Ouest-France (Hervé Plagnol, 5 juillet 2012) a résumé : 32 500 euros en moyenne, des écarts énormes suivant les spécialités et les régions, moins de filet de sécurité. Année noire pour les producteurs de légumes, les arboriculteurs, faste pour les viticulteurs champenois. Lire La diversité agricole, c'est d'abord celle des revenus.    

 

Un éclairage a été proposé par le service économique de l’APCA (Chambres d’agriculture), le 4 juillet 2012. Voir Comptes de l'agriculture 2011 : augmentation des charges, instabilité et forte disparité de revenus entre régions et productions

 

Ces résultats confirment les tendances de décembre : un résultat moyen par agriculteur de 32 500 € fortement plombé par la hausse des charges.

Élément marquant, les résultats provisoires ont été revus à la hausse. Malgré cette hausse de 3,8 % en euros constants en 2011 par rapport à 2010, le revenu moyen ne rattrape pas les niveaux d’avant la crise de 2009 et reste dans des fluctuations importantes, source d’instabilité.

Au delà des résultats globaux, on observe une forte disparité entre les filières et les régions. En productions végétales, les revenus des producteurs de fruits et de légumes poursuivent une baisse structurelle entamée depuis plusieurs années. Ils plongent en 2011 à des niveaux historiquement bas : 10 900 € en arboriculture et 8 100 € en maraîchage par agriculteur et par an. En élevage, on observe le même phénomène avec des revenus en ovins et bovins viande qui décrochent par rapport aux autres éleveurs pour s'établir à respectivement 17 600 € et 15 400 € par éleveur et par an.

"Ces résultats illustrent l’impossibilité pour les agriculteurs de répercuter les hausses de prix des charges dans le prix de vente de leurs produits. Les travaux de l'observatoire des prix et des marges apporteront prochainement, je l’espère, un éclairage sur ce point. Pour certaines filières, c'est l'ensemble du modèle économique de la chaîne alimentaire, du producteur au distributeur, qui devra être repensé" a déclaré Guy Vasseur.

L’évolution historique des revenus agricoles et les écarts selon les productions :

 

Rebond du revenu agricole en 2011 (indicateur macro-économique)

 

L'INSEE calcule un indicateur macro économique du revenu agricole. L'intérêt de cet indicateur, c'est qu'il est établi sur long terme (depuis 1960) ; son inconvénient, c'est qu'il n'est calculé qu'en taux de variation annuelle. Le taux de variation cumulé de l'indicateur de l'INSEE donne des informations précieuses sur l'économie agricole sur cinq décennies.

 

De 1960 au milieu des années 1970, le revenu agricole progresse assez nettement. La France, comme de nombreux États associés dans la Communauté Économique Européenne est en situation de déficit agroalimentaire. La Politique Agricole Commune de cette décennie encourage la croissance de la production par des prix agricoles à la hausse, ce qui, in fine, aboutit à la hausse du revenu agricole.

 

Les deux crises pétrolières de 1973 et 1979 mettent un coup d'arrêt à cette progression et conduisent à un recul du revenu agricole. Durant la décennie 1980, le déficit commercial agroalimentaire est comblé et des dispositifs de stabilisation de la production agricole se mettent en place dont l'emblématique politique des quotas laitiers. Le revenu agricole s'installe dans une stabilité de moyen terme. Mais durant la décennie 1990, l'agriculture est relancée par la croissance des marchés agricoles en Europe et dans le Monde ; le revenu agricole progresse alors en dépit de la fin d’un début de remise en cause de l'intervention de la puissance publique par les prix (réforme 1992).

Enfin, à partir du milieu des années 2000, l'économie agricole est marquée par la forte variabilité du revenu.

L'agriculture française est ancrée dans l'économie mondiale et les soubresauts de l'activité mondiale dont les crises survenues à la fin des années 2000 se traduisent par une variabilité des marchés agricoles et des revenus agricoles. Ces quelques phrases un peu rapides montrent à quel point l'indicateur de revenu agricole de l'INSEE est un instrument de mesure précieux sur longue période de l'économie agricole. Pour mémoire, on peut rappeler que le revenu net d'entreprise agricole par actif salarié a progressé de +7.3% entre 2010 et 2011.

 

L'écart des revenus d'activité se creuse parmi les secteurs d'activité agricole (indicateurs de revenu du Ministère de l'Agriculture)

 

Le Service de la Statistique et de la Prospective (SSP) du Ministère de l'Agriculture calcule des indicateurs de revenu agricole dans une optique plus microéconomique.

Ils établissent les évolutions de revenus des exploitations en fonction de leur spécialisation selon treize Orientations de Technico-économiques des Exploitations (OTEX). Ces indicateurs de revenus ne permettent pas une analyse de long terme (ils remontent jusqu'à 2000) mais ils sont calculés en valeur moyenne par exploitation. Sur cette base, on voit clairement que les écarts de revenu entre orientations de production se sont accrus depuis quelques années.

 

Du côté des productions végétales, les variations annuelles de revenu sont devenues très fortes ces dernières années. Structurellement, on voit que les filières de production de fruits et de légumes ont décroché des niveaux de revenu des autres orientations de productions végétales et que les écarts de revenu se creusent depuis le milieu des années 2000.

 

Pour les filières de productions animales, au-delà des fortes variabilités des revenus, on voit que les différences de revenu en niveau se sont aggravées depuis cinq ans avec en particulier les revenus des orientations d'élevage ovins-caprins et de bovins pour la viande qui restent structurellement bas. Pour affiner l'analyse, le SSP devrait produire d'ici quelques mois des comptes par OTEX depuis 1990.

 

Rappel : Revenu agricole 2010 : les céréaliers heureux, les animaliers moins - 17 décembre 2010 

 

Cet article est le 333ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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