Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 23:11

Les emplois créés, insuffisants pour compenser les pertes

 

L'Insee, dans sa dernière note de conjoncture, estime que le taux de chômage restera à peu près au même niveau au moins jusqu'à la fin du premier semestre 2014. François Hollande, lui, continue de parler d'une inversion de la courbe... Mais le président et l'Institut ne s'appuient pas sur les mêmes données. " Même si l'Insee parle d'une stabilité, je confirme que tout est fait pour que l'inversion de la courbe du chômage puisse être réalisée", a déclaré François Hollande ce 20 décembre en marge d'un sommet européen.

 

De fait, dans sa dernière note de conjoncture, l'Institut de la statistique table sur une stabilisation du taux de chômage à 10,9% (avec les Dom) à la fin 2013 avant d'atteindre 11% (toujours avec les Dom) à la mi-2014. Pour l'Insee, donc, il n'y aurait pas d'inversion de la courbe du chômage dans les six mois qui viennent, notamment en raison du trop faible nombre de créations d'emplois attendues (36.000, notamment grâce aux contrats aidés dans le secteur non-marchand). Voir la suite : Baisse du chômage ? (La Tribune, Jean-Christophe Chanut, 20 déc. 2013).

 

Commentaires de Solène Davesne (Usine Nouvelle, 20 déc. 2013)

 Pour l'Insee, la reprise sera poussive en 2014

L’activité devrait progresser de 0,2 % au premier et au deuxième trimestre 2014, selon la note de conjoncture publiée par l'Insee, jeudi 19 décembre.

Il faut savoir décrypter les changements parfois infimes dans le vocabulaire toujours très prudent de l’Insee. Dans sa note de conjoncture de décembre, l’institut de statistique ne parle plus d’"éclaircie". Désormais pour l’Insee, la "reprise est enclenchée, même si elle est poussive", confirme Cédric Audenis, économiste à l’Insee.

Une petite amélioration donc, qui se traduit dans les prévisions pour la France. Après un troisième trimestre décevant, avec un recul de 0,1 % du PIB, l’Insee table sur une croissance de 0,4 % au dernier trimestre. Pour les six premiers mois de 2014, la croissance devrait se confirmer mais de façon plus modeste, avec une hausse de 0,2 % du PIB par trimestre.

A la fin de l’année, l’anticipation par les ménages de la hausse de la TVA au premier janvier et du durcissement du malus automobile devrait donner un petit coup d’accélérateur à la consommation française (+0.3 %).

Mais pour 2014, l’économie devrait rester en petite forme car les moteurs de redémarrage manquent. Du côté des entreprises industrielles, "le climat des affaires ne progresse plus depuis deux mois, les perspectives plafonnent", souligne Cédric Audenis. De fait, les débouchés pour les entreprises restent limités l’an prochain. Même si la situation sur le marché de l’emploi s’améliore en partie grâce à l’impact du crédit d’impôt compétitivité (4 000 destructions d’emplois marchand prévues au premier semestre contre 87 000 en 2013), la consommation des ménages devrait pratiquement stagner, avec un petit 0,1 % de hausse pour chaque trimestre.

Les exportations comme moteur

Le seul véritable moteur de l’économie française devrait rester les exportations. La reprise confirmée en Allemagne mais aussi dans les pays d’Europe du sud dope la demande adressée aux exportateurs français. Les ventes à l’étranger devraient ainsi progresser de 0,7 % par trimestre début 2014, malgré le niveau élevé de l’euro.

Une évolution qui devrait profiter à l’industrie. Après un repli au troisième trimestre, la production manufacturière devrait progresser de 0,8 % au dernier trimestre puis 0,2 % au cours des deux trimestres suivant.

A l’inverse, l’investissement des entreprises ne devrait jouer un rôle "ni moteur, ni freineur", selon l’Insee (voir article suivant). Après un recul de 1,8 % des dépenses d’investissement des sociétés en 2013, celles-ci devraient croître de 0,7 % d’ici juin. Une progression au même rythme que celle du PIB, pour lequel l’Insee prévoit un acquis de croissance de 0,7 % en juin.

 

 Note de synthèse de l’INSEE

Reprise poussive

Comme prévu dans le Point de conjoncture d’octobre, l’activité au troisième trimestre 2013 est restée globalement décevante dans les économies émergentes et dynamique dans les économies avancées. La demande extérieure adressée à la France a décéléré, notamment du fait du net ralentissement des importations de nos partenaires européens.

Au quatrième trimestre 2013, le climat des affaires retracé dans les enquêtes de conjoncture continue de s’améliorer dans l’ensemble des économies avancées, ce qui laisse attendre une poursuite de l’embellie. En particulier, l’activité dans la zone euro devrait continuer de croître à l’horizon de la prévision (+0,3 % chaque trimestre), grâce à une modération de la consolidation budgétaire, un redressement de l’investissement après un ajustement très prononcé et à une baisse de l’épargne de précaution des ménages. Dans les économies émergentes, la situation est hétérogène, mais de manière générale la croissance ne devrait pas s’améliorer franchement.

La demande extérieure adressée à la France retrouverait à l’horizon de la prévision un rythme de progression soutenu et régulier d’ici mi-2014. Cependant, le profil de l’activité en France serait relativement marqué, avec une progression du PIB de 0,4% au quatrième trimestre 2013, puis de 0,2% aux premier et deuxième trimestres 2014.

Le dynamisme attendu au quatrième trimestre serait dû à la conjonction de plusieurs effets. Tout d’abord, des contrecoups favorables sont attendus concernant l’investissement des entreprises en services et les exportations en produits manufacturiers, qui ont chuté au troisième trimestre bien au-delà de ce que laissent supposer leurs déterminants. En outre, les ménages anticiperaient certaines dépenses en raison du déblocage de l’épargne salariale, du durcissement du bonus/malus automobile au 1er janvier et de la hausse des taux de TVA au 1er janvier 2014. Ce rebond anticipé au quatrième trimestre est confirmé par les données d’activité disponibles fin octobre et les enquêtes de conjoncture : le climat des affaires s’est fortement amélioré au troisième trimestre, et ce dans tous les secteurs. En revanche, la pause que les soldes d’opinion marquent depuis deux mois, notamment du fait du fléchissement des perspectives personnelles d’activité déclarées par les chefs d’entreprise, laisse attendre un ralentissement début 2014, résultant du manque de dynamisme des différents postes de demande :

- la progression de l’investissement serait freinée par l’absence de reprise dans la construction, alors qu’a contrario le redressement des perspectives d’activité la soutiendrait.

- malgré l’amélioration sur le front de l’emploi en 2014, le pouvoir d’achat des ménages manquerait d’impulsion. D’une part, la progression de l’emploi total resterait faible : le CICE enrichirait la croissance en emplois, mais le redressement de l’activité serait insuffisant pour permettre une reprise de l’emploi marchand. D’autre part, les gains de salaires réels observés en 2013 du fait de la baisse non anticipée de l’inflation s’estomperaient en 2014. Ainsi, la consommation des ménages progresserait à peine au premier semestre 2014.

- les exportations seraient, au premier semestre 2014, moins dynamiques que la demande extérieure, car elles seraient pénalisées par l’appréciation passée de l’euro, ainsi que par les pertes tendancielles de part de marché, certes moindres depuis la crise.

Ce scénario est soumis à de nombreux aléas. Les exportations françaises pourraient être plus dynamiques, en particulier si le retour de la confiance se confirme chez nos partenaires d’Europe du Sud. A contrario, l’ampleur du redémarrage de l’investissement des entreprises est toujours très incertaine en phase de reprise. Plutôt lent en France dans notre scénario, il pourrait même être différé, du fait de la modestie des anticipations de croissance.

 

 Cet article est le 128ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Partager cet article

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans Travail Economie
commenter cet article

commentaires