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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 22:37

L’Europe n’existe que sous souveraineté américaine

 

Curieux renversement de situation, qui montre bien que la liberté est en train de changer de camp. Autrefois, les USA accueillaient des émigrés soviétiques. Maintenant, ce sont des américains et des occidentaux qui se rendent à Moscou ou recherchent la protection d’ambassades de pays opposés aux USA. Le cas Edward Snowden (Wikipédia) est particulièrement éclairant.

 

Edward Snowden aurait accepté la proposition d'asile du Venezuela (Le Monde, 9 juillet 2013), lui qui était depuis quelques semaines à Moscou. Comme on le disait en URSS, il s’agit bien d’un dissident, en rupture morale avec son pays, les USA. Cela laisse penser qu’après la chute de l’URSS, on pourrait bien assister au déclin de l'empire américain (Hoffington Post Québec, Pierre-Luc Brisson, 30 juin 2013).

 

Pierre Luc Brisson : Depuis quelques semaines déjà, la planète journalistique s'émeut de la cavale du jeune informaticien Edward Snowden, anciennement employé de la CIA et qui a décidé de balancer à la face du monde les secrets de la National Security Agency (NSA), organisme tentaculaire de renseignement, dévoilant les turpides du programme d'écoute élaboré par les États-Unis ces dernières années. Non seulement Snowden dévoilait-il qu'il avait théoriquement accès, de son poste d'ordinateur, à toutes les conversations et informations échangées par les citoyens américains, mais il révélait également que les États-Unis se livrent à de l'espionnage informatique à l'échelle mondiale, s'infiltrant dans les réseaux de communication de grandes puissances rivales, telle la Chine, que l'administration Obama attaquait pourtant le mois dernier en l'accusant de piratage informatique. Mesurez l'ironie! Si les programmes de services secrets sont l'apanage des États depuis des siècles, l'on constate aujourd'hui que les programmes mis en place par les Américains atteignent désormais une dimension orwellienne inégalée, reléguant le scandale du Watergate à la rubrique des faits divers (…).

 

Jean-Claude Paye (sociologue), auteur du livre « La fin de l’Etat de droit » (La Dispute), a eu des propos prémonitoires  Voir L'Union européenne sous souveraineté états-unienne (Recherches internationales, n° 85, janvier-mars 2009)*.

Nous entrons dans une nouvelle phase des relations entre l’Union européenne et les États-Unis. À travers l’hégémonie du droit américain sur le sol de l’ancien continent, l’Union et les états membres abandonnent maintenant à l’exécutif des États-Unis non seulement leur souveraineté extérieure mais aussi leur souveraineté sur leurs populations. Cette nouvelle organisation politique transatlantique est la condition nécessaire à la mise en place d’un nouveau mode d’accumulation du capital, ayant pour base de nouveaux rapports de propriété qui donnent aux entreprises, des deux côtés de l’Atlantique, la pleine jouissance des données personnelles attachées à l’individu (…).

 

Une structure impériale

 

Le Traité de Lisbonne présente une particularité exceptionnelle pour un texte à prétention « constituante », à savoir qu’il abandonne explicitement sa souveraineté extérieure à l’Alliance Atlantique et qu’il renonce implicitement à sa souveraineté interne, en soumettant celle-ci à la guidance mondiale d’organisations telles que l’OMC.

Ainsi, à travers ce Traité, l’Union franchit une étape décisive, en inscrivant dans le texte sa dépendance, en matière de politique étrangère, vis-à-vis de l’Otan et des États-Unis d’Amérique.

De même, le traité, en subordonnant l’Union européenne à la gouvernance du marché mondial, enregistre l’abandon du politique que constitue cette construction, ainsi que la décomposition de ce qui faisait la spécificité européenne, son modèle social. Cependant, il y a bien élaboration d’une nouvelle forme de souveraineté sur les citoyens européens, mais ce processus se place en dehors du « processus constitutionnel » et dépasse le cadre de l’Union.

 

Le Traité de Lisbonne consolide l’abandon des souverainetés, interne et externe, des institutions de l’Union européenne, ainsi que celles des états membres, sur leurs populations. En même temps, il voile la construction d’une hégémonie impériale. Ainsi, le débat autocentré sur le projet constitutionnel constitue un véritable déni du réel, celui de l’inscription de l’Union européenne dans une structure transatlantique sous direction états-unienne.

 

L’analyse du processus historique des relations Etats-Unis - Union européenne nous permet de faire une distinction entre le contrôle états-unien de la souveraineté extérieure des pays européens et l’exercice d’une souveraineté américaine directe sur les populations de l’UE. Cela permet de séparer l’existence historique des États-Unis comme superpuissance de la mise en place d’une structure impériale sous direction états-unienne.

 

Ce qui construit la spécificité de l’organisation impériale n’est pas tant la puissance d’une nation particulière, les États-Unis, que l’abandon à celle-ci par les états européens, de leurs prérogatives régaliennes. Ce n’est pas l’usage de la force pure qui a engendré ce résultat, mais une convergence d’intérêts du patronat et des élites politiques des deux côtés de l’Atlantique.

 

La domination américaine, sa capacité à imposer l’exception a toujours été le moyen le plus simple et le plus rapide pour réaliser les intérêts de l’ensemble du capital états-unien et européen. Les élites européennes ne disposent pas de la même capacité immédiate à imposer à leurs populations des violations flagrantes et massives de leurs libertés individuelles.

 

Par exemple, si les autorités américaines ont capturé ouvertement les données PNR des passagers aériens européens depuis fin 2001 et que leurs exigences unilatérales ont été légitimées par plusieurs accords signés avec l’Union, cette dernière n’est toujours pas parvenue à mettre en place un tel système fonctionnant en interne.

 

La condition de l’installation de nouveaux rapports de propriété

 

Cette nouvelle forme d’organisation politique impériale apparaît comme une résultante de la décomposition de la forme nationale de l’État et du rapport de forces des travailleurs qui y est attaché. Si elle est la conséquence de la globalisation économique et financière, cette nouvelle organisation politique, sous direction états-unienne, est aussi la condition préalable à l’installation de nouveaux rapports de propriété.

 

La coopération policière, européenne et transatlantique, a pour objet non pas le maintien de l’ordre, mais le contrôle des individus. Son activité est proche de celle des services de renseignement, à la différence qu’elle n’est pas tournée contre l’extérieur, mais qu’elle porte sur les propres populations de l’Union. Il s’agit de se saisir de l’ensemble de leurs données personnelles et de constituer des banques d’informations qui pourront être utilisées ultérieurement.

 

La coopération policière entre les États-Unis et l’Union européenne, c’est-à-dire l’organisation des différentes polices européennes par le FBI à partir de la fin des années 80, s’articule à la gouvernance mondiale et à la globalisation des marchés, c’est-à-dire à l’organisation horizontale du capital, qui transcende les frontières nationales. On est dans une phase qui relève de l’accumulation primitive. Elle prépare l’installation de nouveaux rapports de production basés sur l’exploitation des attributs de la personnalité.

 

La phase actuelle est celle qui inscrit, dans le droit, la souveraineté directe des autorités américaines sur les populations de l’ancien continent. Elle a, à terme, pour objectif l’intégration de l’appareil judiciaire européen dans l’ordre pénal états-unien. Elle est également le moment, non seulement d’une unification juridique des deux côtés de l’Atlantique, mais surtout de la légitimation de l’hégémonie du droit américain sur le sol européen. Son application sur l’ancien continent est une condition nécessaire pour pouvoir transmettre les données capturées au secteur privé et ainsi de lui offrir sa base d’exploitation.

 

Pour le système juridique états-unien, les données personnelles ne sont pas des attributs de l’individu et ne doivent pas faire l’objet de mesures particulières de protection. Elles peuvent être immédiatement transformées en marchandises. L’hégémonie du droit américain sur le sol européen est ainsi, pour les entreprises européennes, le moyen le plus simple d’imposer de nouveaux rapports de propriété fondés sur la dépossession de soi, sur la mise sur le marché des attributs de la personnalité.

 

Ainsi, l’installation d’un « espace de sécurité, de liberté et de Justice » transatlantique pour 2014 apparaît comme la condition de la mise en place d’un grand marché transatlantique en 2015. Il s’agit là de la concrétisation d’un projet de quinze années, porté aussi bien par les institutions européennes, dont le Parlement, que par l’exécutif et le Congrès des États-Unis.

 

L’Association Mémoire des luttes en a déduit qu’il faut soutenir Snowden et les Etats latino-américains qui n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent du comportement des USA.

 

Soutenons le Venezuela et les Latino-Américains qui reprennent le flambeau laissé à terre par les gouvernements européens

En révélant par le menu l'ampleur du dispositif planétaire d'espionnage des Etats-Unis, et les menaces qu'il fait courir aux libertés des citoyens, Edward Snowden a rendu un grand service à tous les défenseurs des droits de l'homme, quel que soit le continent où ils se trouvent. Compte tenu des énormes risques personnels qu'il a pris, son attitude mérite la reconnaissance et le respect. C'est pourquoi on aurait attendu des gouvernements européens, principales cibles – et d'ailleurs désignées comme telles – de la National Security Agency (NSA), qu'ils répondent favorablement à la demande d'asile politique formulée par ce lanceur d'alerte désormais traqué par tous les services de renseignement des Etats-Unis. Malheureusement, en s'alignant de fait sur l'administration Obama, aucun d'entre eux n'a jugé bon de mettre ses actes en accord avec les principes qu'il proclame dans les forums internationaux, et qui figurent d'ailleurs dans les textes de l'Union européenne.

En répondant favorablement à la demande d'asile humanitaire que lui a officiellement soumise le dissident américain Edward Snowden – et comme Evo Morales, pour la Bolivie, et Daniel Ortega, pour le Nicaragua, avaient également par avance accepté de le faire –, le président vénézuélien Nicolas Maduro et, avec lui, l'Amérique latine ont repris le flambeau laissé à terre par les gouvernements européens. Dans le combat qui s'annonce pour la liberté et la sécurité d'Edward Snowden, nous appelons les citoyens européens et, en particulier, les responsables politiques, associatifs et syndicaux, à signer cet appel pour affirmer leur solidarité avec les forces et les dirigeants progressistes latino-américains, et tout particulièrement avec le président Maduro.

 

* Ces informations m’ont été communiquées par une lectrice du blog, en commentaire de cet article Néolibéralisme en action : négociations ouvertes entre les USA et l'UE - 8 juillet 2013 

 

Cet article est le 137ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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Published by Michel SORIN - dans Capitalisme
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commentaires

Patrick25 10/07/2013 01:41


Un monde de traîtres et de faux-culs.


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