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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 22:46

La concertation ayant échoué, l’heure est à la confrontation

 

SPACE-manif-EMB-14-09-10-072.jpgIl faut remonter à l’accord interprofessionnel laitier du 18 août 2010 pour comprendre les raisons de la colère des producteurs de lait et la stratégie des organisations qui avaient mené la grève des livraisons de lait en septembre 2009. Cette colère était perceptible au SPACE lors de la manifestation (voir SPACE Rennes : les organisations agricoles minoritaires manifestent - 14 septembre 2010). SPACE-manif-EMB-14-09-10-077-T.jpg

 

Le stand du CNIEL dévasté

 

 

 

Les CRS à l'emplacement du stand

du ministère de l'agriculture

 

Voici la réaction de Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen (19 août) :

Ce qui est annoncé depuis quelques heures comme le nouvel accord producteurs-transformateurs et distributeurs dans le secteur laitier est une tromperie. Un marché de dupes ! Il consiste en effet à afficher une augmentation du prix du lait à la production de 10% par rapport au prix de l’an passé à la même époque. Comme il y’a un an les prix étaient extrêmement bas, cela signifie qu’il n’y aura quasiment aucune augmentation des prix à la production. Il faut d’ailleurs se rappeler que les prix l’an passé étaient de plus de 20% en-deça des prix de l’année 2008.

De plus, le prix du lait français devrait désormais être indexé sur les prix allemands qui sont en moyenne inférieurs aux nôtres pour plusieurs raisons : l’Allemagne valorise moins son lait dans les produits à forte valeur ajoutée comme les fromages. Les coûts de production sont moins élevés parce qu’une grande partie de la production se fait dans de véritables usines à lait et les producteurs allemands sont plus aidés par l’Etat qu’en France.

D’ailleurs quand les transformateurs et la grande distribution réclament, comme ils l’ont fait hier, plus de compétitivité pour notre production laitière cela veut dire qu’ils souhaitent éliminer encore plus de petits et moyens agriculteurs pour créer de grandes unités industrialisées, une production encore plus concentrée pour réduire encore les coûts de collecte et pour abaisser encore les prix à la production. Leur seul objectif est d’augmenter encore leurs marges.

Ceci est totalement contraire à la nécessité de développer l’emploi et de faire vivre nos territoires ruraux, contraire aussi aux besoins de qualité alimentaire. Il n’y a aujourd’hui pas de revenu décent pour un producteur de lait à moins de 350 à 400 euros la tonne selon les régions, les conditions de production et les situations des éleveurs. Il est de la responsabilité du gouvernement et de la Commission européenne de créer les conditions de cette rémunération du travail des producteurs de lait à un moment où les prix des produits alimentaires issus du lait comme le beurre, les yaourts, mais aussi la poudre de lait flambent. Pourquoi d’ailleurs n’indexe-t-on pas les prix à la production sur la flambée des prix de ces produits industriels issus du lait ? Il ne suffit pas de répéter, comme le font le gouvernement et le Président de la République qu’il faut une meilleure répartition de la valeur ajoutée. Encore faut-il passer aux actes !

Il n’y a pas de solution viable pour un modèle agricole européen, durable et humain sans la création d’un prix minimum intra-européen pour une production moyenne et en finir avec cette mise en concurrence insupportable.

Ensemble, les producteurs et les consommateurs doivent encore se faire entendre !

  Au nom de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli), Jacques Foulier écrivait :

Mise en place d’une guerre des bassins de productions sur le même principe que les 38 AOP suisse qui depuis Mai 2009 se mènent une guerre fratricide. Attribuer des allocations provisoires alors que les comptables conseillent de limiter les stocks de végétaux et animaux, à moins que de se ruiner en achat de concentré (voir les cotations : blé, maïs, soja) ou bien encore de traire trois fois par jour, pourquoi pas douze fois ! Utopique.

 

LE SEUL ECART DE COMPETITIVITE ENTRE LA FRANCE ET L’ALLEMAGNE NE CONCERNE PAS LES PRODUCTEURS LAITIERS MAIS L’ETAT DES FINANCES DES DEUX PAYS EN QUESTION ET PAR CONSEQUENT LE NIVEAU DE SOUTIEN QUE LE GOUVERNEMENT ALLEMAND ATTRIBUE A NOS HOMOLOGUES D’OUTRE RHIN (voir document : Source France AGRIMER : France - Allemagne).

Lorsque nos confrères allemands reçoivent une aide directe nous avons droit au prêt Sarkozy (prêt à moyen terme).

Les trayeurs allemands les plus performants (0,2 % des 93 000 trayeurs) ont un prix d’équilibre à 31,30 centimes d’euros par litre. QU’ON SE LE DISE…

Si les deux poids lourds Européens ont décidé d’un jeu de massacre, nous fonçons vers une sous réalisation structurelle. Quid de la souveraineté laitière Européenne ?   

 

La nouvelle stratégie de Pascal Massol APLI-La-Chapelle-d-Andaine-201009-001.jpg

 

Pascal Massol a reçu l’accord du 18 août comme une trahison des dirigeants professionnels à l’égard des producteurs de lait. En colère, il annonce un changement de stratégie (voir son journal télévisé interne http://fr.justin.tv/fairmilktv_fr/b/268700076).

 

La célébration des 20 ans du SPACE ne pouvait être que perturbée, ce qui fut le cas. On a pu constater un durcissement des deux côtés.

Entre les « puissants » (installés à tous les postes de responsabilité de l’agriculture, dans le sillage de la FNSEA), aidés par le gouvernement et les forces de l’ordre d’une part, et les « contestataires » sans autres moyens que leurs bras pour pousser les barrières face aux gendarmes mobiles, ou pour détruire les stands du CNIEL (interprofession laitière), de la FNSEA et de ses proches, sans oublier les représentants de l’Etat en agriculture, d'autre part, le fossé se creuse.

 

Le président du SPACE, qui est aussi président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, s’est étonné que « des paysans cassent du paysan ». Il a sûrement oublié le contexte dramatique de leur situation économique et, surtout, il n’a pas compris que ce 14 septembre au SPACE marque la fin d’une époque de collaboration heureuse entre les syndicats agricoles majoritaires et les pouvoirs économiques (les industriels de l’agroalimentaire) et politiques (la droite, mais pas seulement).  

 

Désormais, il faudra choisir son camp, celui de la FNSEA ou celui de l’Apli. Les artisans de la terre veulent vivre. C’est une question politique majeure. La gauche et les républicains devront présenter des orientations claires en 2012, concernant la politique agricole européenne. Les agriculteurs doivent être respectés, ce qui implique une organisation leur permettant d’avoir un revenu suffisant pour vivre de leur activité professionnelle.

Le libéralisme n’est pas la solution. Les propositions de l’Apli, de l’EMB, de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne doivent être écoutées avec attention.

 

Cet article est le 195ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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