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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 23:49

 

Coralie Delaume et Romaric Godin : proposez des alternatives

 

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Ils intervenaient lors de la première Table ronde de l’université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (photo, de gauche à droite : Bruno Moschetto, Coralie Delaume, Patrick Quinqueton, Clotilde Valter, Romaric Godin), le 20 septembre 2014, sur le thème « Europe, libre-échange, mondialisation : lever les tabous ». Voir Rétrospective sur l'université de rentrée MRC Caen 20 et 21 sept. 2014

 

Coralie Delaume a d’abord présenté son itinéraire. Elle avait lancé un blog « L’arène nue », certains de ses articles étant publiés sur Marianne2 (le site de Marianne, qui était dirigé par Philippe Cohen). Elle s’est spécialisée sur l’Europe, ce qui l’a amenée à écrire un livre « Europe, les Etats désunis » (Michalon, 2014). Voir Questions sur l'Europe des Etats désunis, le livre de Coralie Delaume.

 

Coralie Delaume veut expliquer l’Europe, en tant que citoyenne. Il lui apparaît que rien ne se passera si on ne modifie pas le cadre rigide européen et si l’on en reste au discours quasi religieux, mystique, sur l’Europe. C’est tabou de critiquer l’Europe, cette Europe de Monnet, technicienne, avec sa méthode fonctionnaliste et ses instruments.

 

Le problème, c’est la souveraineté des peuples d’Europe. Car, en économie, la politique économique des Etats est strictement encadrée par la Commission européenne. Elle est figée dans le marbre des traités. La Banque Centrale Européenne a un poids politique énorme. Elle est fédérale, sans être adossée à un Etat fédéral. On peut s’interroger qui gagnera le duel politique Draghi-Merkel entre la BCE et l’Etat dominant.

 

Les traités donnent aux marchés de capitaux le pouvoir de prêter aux Etats. Leur intérêt est que les Etats se serrent la ceinture afin de rembourser les prêts.

 

La question de la sortie de l’euro reçoit une réponse négative de la part des gens, car ils ont peur pour leur épargne. A cet égard, le MRC a besoin d’expliquer sa proposition de monnaie commune, succédant à la monnaie unique, car ce n’est pas clair.

 

Comme Aurélien Bernier le dit, il faut réfléchir aux questions juridiques. Où est la souveraineté ? Il y a quasi constitutionnalisation dans les traités, ce qui oblige les Etats à modifier leurs constitutions. La Cour de justice de l’Union européenne a pris des arrêts dans les années 1960 hors de tout contrôle par les pouvoirs politiques. Elle a décidé que le droit européen prime sur les droits nationaux. Par ses arrêts, la Cour a entériné l’avancée supranationale de l’Europe.

 

En fait, le droit européen est frappé d’illégitimité. Quelle est la légitimité du traité de Lisbonne, qui est la reprise du traité constitutionnel européen, rejeté par deux pays ? Quelle est la légitimité du droit européen quand des pays ont été amenés à revoter ?

 

La construction européenne semble inéquitable et de plus en plus contestée, notamment en Grèce. L’Allemagne, par contre, a parfaitement préservé sa souveraineté, sa Cour constitutionnelle veillant scrupuleusement sur le respect des textes nationaux.


Romaric Godin*, rédacteur en chef adjoint à l’économie au journal La Tribune, était le second intervenant de cette Table ronde. Il se donne un objectif en tant que journaliste économique : briser les tabous, afin que le pouvoir ne soit pas réservé  à certains experts. Le problème, c’est que ceux qui brisent les tabous ne sont pas très recommandables…

 

Il faut expliquer les rapports entre la BCE et l’Allemagne, les limites de la politique monétaire, mais aussi l’impulsion européenne nécessaire à des pays en difficulté (-France et Italie) alors que l’Allemagne ne veut pas bouger.

 

La France est en position de faiblesse par rapport à l’Allemagne. Celle-ci lui demande de faire des réformes mais le pacte budgétaire européen pèse sur la France. L’Allemagne a les moyens de peser sur la France, pas l’inverse. Depuis leur rencontre de Deauville, Sarkozy a cédé à Merkel. Celle-ci joue sur la faiblesse de la France et lui demande de faire son devoir, c’est-à-dire des réformes.

 

Pour en sortir, la France, tout en étant pour l’euro, devrait prendre le risque de la sortie de l’euro, car c’est l’Allemagne qui a le plus profité de l’euro, par sa modération salariale pendant que les autres augmentaient les salaires. Son intérêt national est d’être dans la zone euro.

 

C’est le rôle de politiques républicains et de gauche de proposer afin de peser pour faire changer la zone euro. La politique de convergences est une folie qui abat les peuples. La peur de l’inconnu entrave la démocratie européenne. Les Grecs ont « bien voté » en 2012. Le résultat : ils ont perdu le quart de leur richesse nationale et les deux tiers de leurs patrimoines.

 

C’est sur la peur que s’appuie l’Europe. En fait, quand elle dit « l’euro, c’est la paix », c’est le contraire qui se passe, ce sont les dévaluations internes par la baisse du coût du travail. La coopération ? En fait, l’euro, c’est la même monnaie avec la compétition, comme le veut Mme Merkel.

 

Le devoir des politiques, c’est de prendre ces tabous en mains et de proposer des alternatives.


* Romaric Godin interviendra Mercredi 28 janvier, rencontre MRC sur le thème : faut-il sauver l'euro ?

 

Cet article est le 148ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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Published by Michel SORIN - dans MRC national
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