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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 23:49

L’Europe, « homme malade » de l’économie mondiale

 

La note de conjoncture Insee d'octobre a été présentée à la presse ce 4 octobre. Cette note est intitulée « A l'arrêt ». Voici quelques commentaires utiles.

 

La note d'octobre est, traditionnellement, une simple mise à jour de la note de juin - qui présentait une première prévision pour l'ensemble de l'année 2012. Elle confirme pour l'essentiel mais actualise et précise le diagnostic conjoncturel pour la fin de l'année. La prochaine note, qui fournira des prévisions pour le premier semestre 2013, devrait être publiée le 20 décembre.

 

Le titre « à l'arrêt » s'applique bien à l'économie des « pays avancés » (OCDE) dans leur ensemble et surtout à l'économie française. En raison notamment des « consolidations budgétaires » et de l'augmentation des prix du pétrole, le peu de croissance qui survivait en Europe au début de l'année (Allemagne) s'éteint progressivement et s'effondre au sud (Espagne, Italie...). Le commerce extérieur pâtira de l'appréciation de l'euro entamée cet été.

 

La zone euro entre donc en récession au troisième trimestre et apparaît de plus en plus comme « l'homme malade » de l'économie mondiale. Seuls des grands pays de l'OCDE, les États-Unis conservent un certain dynamisme, le regain observé au Royaume-Uni n'étant pas appelé à persister (effet ponctuel des JO et du jubilé de la reine...). Le « climat des affaires » se dégrade nettement. L'activité des pays « émergents » reste très supérieure mais l'Insee la qualifie d'indécise. Le commerce mondial devrait donc fléchir sensiblement.

 

En France, le PIB stagnerait sur l'ensemble de l'année : croissance nulle en T2, T3 et T4 (2ème, 3ème et 4ème trimestres). La plupart de ses composantes sont très proches de zéro :

·         pertes d'emploi, augmentation des prélèvements obligatoires et hausse des prix du pétrole retentissent sur la consommation des ménages qui sera pénalisée par la baisse du pouvoir d'achat (le revenu disponible brut réel par unité de consommation baisserait de 1,2% en 2012 après -0,1 en 2011) ; la consommation stagnerait donc (0,1 ; -0,1 ; 0,1 et -0,1 de T1 à T4) en dépit d'une baisse significative du taux d'épargne (16,0 en T1 ; 15,1 en T4) elle même imputable en partie aux mesures fiscales qui concernent surtout les hauts revenus ;

·         faute de débouchés notamment intérieurs, l'investissement recule en cours d'année ;

·         les pertes d'emploi s'accumulent : - 31.000 en T3 et -35.000 en T4 pour les secteurs marchands non agricoles ; le chômage atteindrait 10,6% de la population active en fin d'année (10,2 en métropole) ;

 

Seules contributions franchement positives à la croissance en France en 2012 :

·         les dépenses de consommation des administrations (progression de 0,3% par trimestre) ;

·         les exportations en volume, qui auront augmenté plus que les importations en 2012 mais semblent désormais stagner.

 

Remarques :

·         pour atteindre l'objectif de 0,8 % de croissance en 2013, avec un acquis nul en début d'année, il faudrait une croissance d'environ 0,3% par trimestre en cours d'année. C'est peu dans l'absolu mais on voit mal ce qui pourrait permettre cette reprise relative ;

·         les pertes d'emploi sont amorties par la faiblesse inhabituelle des gains de productivité, et ceci en vrai dans la plupart des pays européens (Espagne exceptée) ;

·         outre les incertitudes inhérentes au système monétaire, les aléas principaux signalés par l'Insee pour l'avenir immédiat concernent : le comportement d'épargne des ménages (si l'épargne baisse moins que prévu, la demande intérieure et donc l'activité seront encore plus déprimées) ; le climat des affaires qui est encore plus pessimiste que les données d'activité disponibles ; la croissance des pays émergents qui, à l'inverse, pourrait être plus forte que prévu.

 

Cet article est le 100ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
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