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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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Russie

Dimanche 22 juillet 2007 7 22 07 2007 21:08

 

Poutine a fait ce que le peuple russe attendait

 

 Ce dimanche soir, j’ai choisi de reproduire sur ce blog le point de vue d’un lecteur de La Chronique Agora, suite à un édito portant sur la Russie (voir l’article paru le 14 juillet dernier sous le titre « Dépendance européenne énergétique envers Moscou »). La rédactrice de l’édito Matières premières, Isabelle Moulleseaux, avait titré le 13 juillet « Les Européens se sont livrés aux Russes sur un plateau d'argent... ».

 

 Un lecteur, bon connaisseur de la Russie, avait réagi en élargissant l’angle de vue, ce qui est bien utile en la circonstance. Voici ce qu’il écrit, les intertitres étant ajoutés par la rédactrice de l’édito Matières premières, dans sa chronique parue le 17 juillet (je suis destinataire des lettres électroniques gratuites – voir http://www.la-chronique-agora.com). 

« Qu'ont fait les Européens pour que nous en arrivions là ? »

 

 « C'est avec beaucoup de plaisir et d'attention que je lis votre Edito ainsi que les différentes rubriques éditée par Agora. Ce matin, ayant lu votre diatribe anti-Poutine -- qui sur le fond me semble refléter la réalité -- je m'interroge : pourquoi en sommes nous arrivés à cette situation ? Qu'ont fait les pays occidentaux pour que nous en arrivions là ?

 

 On ne met pas impunément un peuple à genoux, surtout quand il s'agit du peuple russe
Manifestement les dirigeants de nos pays (qui, soit dit en passant, aiment autant le pouvoir et l'argent que Poutine) préféraient Eltsine ; mais pourquoi le peuple russe préfère Poutine ? Ma réponse est simple : on ne met pas impunément un peuple à genoux surtout quand il s'agit du peuple russe ! Napoléon et Hitler l'ont appris à leurs dépens !

 

 On a cherché à profiter de la faiblesse de la Russie
Au lieu d'aider la Russie à entrer dans l'économie de marché, on a cherché à profiter de sa faiblesse pour s'accaparer à bon prix ses richesses -- de connivence avec les oligarques, comme on pille les ressources des républiques bananières, de connivence avec les dirigeants politiques.

 

Un peuple capable d'évoluer et de réagir
Le communisme et tous ses errements ont conduit le pays à l'échec, à écraser les individus, mais il a aussi laissé un niveau culturel et de formation qui peut laisser envieuses nos démocraties. Et les oligarques n'ont pas eu besoin d'aller à Philadelphie suivre un MBA de gestion pour profiter du système capitaliste. Cela aurait dû nous faire réfléchir sur la capacité de ce peuple à évoluer et réagir. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on voit ce que cela donne au Venezuela ! Et à mon avis nous ne sommes pas au bout de nos surprises !

 

 S'enrichir sur le dos des "gens d'en bas"
Vous parlez de " pleins pouvoirs ", mais que cherchent les dirigeants de toutes les sociétés internationales sinon absorber les autres pour devenir plus puissants ...et au bout du compte s'enrichir sur le dos des "gens d'en bas" comme osait le dire Raffarin, célèbre inventeur de la formule, mais incapable d'imaginer le mépris qu'elle véhicule.

 

 Nous sommes au centre d'un grand jeu de monopoly mondial
Les occidentaux ont cru qu'ils tenaient toutes les cartes en mains. C'était facile il y a 50 ans ! Depuis, les autres ont appris à jouer... Je pense qu'on est à la fin d'un règne : l'Amérique, et derrière elle le monde occidental, a bien profité de la situation pendant un siècle et demi. Maintenant une partie de la puissance va passer du côté de ceux qui possèdent les matières premières, et pas seulement le gaz !

 

 Bush Poutine, même combat ?
Poutine monopoliserait-il trop de pouvoir ? Sans doute ! En a-t-il beaucoup plus que les grands capitalistes américains qui mettent à la Maison Blanche un " sous-fifre " chargé de faire prospérer le business par tous les moyens, y compris la guerre ? A Bush qui reprochait à Poutine le manque de démocratie en Russie, l'intéressé a eu beau jeu de répondre qu'une démocratie comme celle que les Américains avaient exportée en Irak n'était pas le modèle dont rêvait son pays !

 

 Accepter le prix du marché, une évidence... dans une économie de marché
Quant aux anciens pays satellites qui ont été privés de gaz par Poutine, pourquoi ne pas expliquer que le différent portait sur le prix du gaz ? On est pour ou contre l'économie de marché, mais si on est pour, il faut accepter le prix du marché, cela me semble la base. La Pologne, l'Ukraine, la Biélorussie et d'autres trouvent normal de laisser s'installer sur leur territoire des bases américaines qui encerclent la Russie. Alors comment peuvent-elles espérer en retour des cadeaux d'un pays qu'elles critiquent constamment ; leur histoire en est sûrement une bonne raison... La France pour sa part reçoit du gaz russe depuis des décennies sans jamais avoir connu de problèmes d'approvisionnement.

 

 Que pense le " Russe d'en bas " ?
Je n'ai aucune affection pour M. Poutine, mais si j'étais un " russe d'en bas " je pense que je le soutiendrais. La Russie avait besoin d'un régime fort pour remettre de l'ordre dans une pagaille destructrice dont ici nous avons du mal à imaginer les dégâts. Elle l'a trouvé, et en est satisfaite.

 

 Main mise sur les médias
Ce n'était pas l'objet de votre édito, mais je voudrais ajouter que les articles concernant Poutine parlent souvent, en plus, d'une main mise sur les médias. Ce qui fait sourire tout Français lucide quand on voit ce qui se passe en France, mais carrément rire tous ceux qui comme moi lisent tous les jours sur Internet les journaux d'opposition à Poutine. J'apprends parfois par les journaux russes des informations qui concernent notre pays ... et qui ne sont pas diffusées ici ! Pourquoi d'ailleurs ?

 

 En conclusion, vous aurez compris que je connais un peu et que j'aime ce peuple russe que je cherche à comprendre. Je n'approuve pas la toute puissance qu'elle soit politique ou financière (souvent, les deux vont ensemble), pas plus en Russie qu'en Occident ».

Par SORIN Michel - Publié dans : Russie
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Mercredi 10 octobre 2007 3 10 10 2007 22:21

Une stratégie de développement à long terme

 

Le premier séjour du président Sarkozy en Russie, ces 9 et 10 octobre,  ne semble pas avoir donné de résultats spectaculaires. Mais les deux présidents ont beaucoup échangé, ce qui est positif.

Concernant la politique économique, je relève dans un article paru ce jour sur www.lefigaro.fr que « opposées sur les dossiers diplomatiques, la France et la Russie ont en revanche loué leur partenariat sur le plan économique, notamment sur l’espace, l'aéronautique et l'énergie ».

 Voici un extrait, qui figure sous le titre « Discours protectionnistes » à la fin de l’article intitulé  « Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozy brisent la glace ».

 

« Partenaire stratégique » pour reprendre la formule consacrée, la France n'en est pas moins un partenaire modeste. Elle est le 8e fournisseur de la Russie, qui est son 15e client. Quelque 500 entreprises françaises sont présentes en Russie, contre 3 000 allemandes, constate-t-on à la mission économique à Moscou. La croissance russe (+ 7,8 % en rythme annuel, fin juin) et l'émergence d'une classe moyenne attire comme jamais les grands groupes, Renault, PSA (qui doit construire une usine) ou encore Carrefour (qui doit ouvrir ses premiers magasins en 2008).

 

Bien sûr, les hommes d'affaires français, comme les autres étrangers, répugnent à parler ouvertement des difficultés rencontrées, en premier lieu la bureaucratie pesante et son corollaire, la corruption. Autant d'obstacles qui sont parfois dissuasifs pour les PME.

 

Les entrepreneurs français rêvent d'un assouplissement du régime des visas, tant pour les expatriés européens que pour les professionnels russes qui se rendent en France. Le sujet sera au menu des présidents. « L'amélioration du climat des affaires passe par l'amélioration de la circulation des hommes », résume Pavel Chinsky, directeur général du Club France, la chambre de commerce française en Russie. Et de conclure : « Le travail en Russie n'est pas une partie de plaisir, mais les récompenses sont à la mesure des efforts consentis. »

 

Dans un autre article du même journal, ce 10 octobre sur www.lefigaro.fr (onglet « actualité », rubrique « débats et opinions »), Jacques Sapir, professeur d’économie à Paris, présente un bilan flatteur des années Poutine sur le plan économique. C’est un point de vue très intéressant, à contre-courant de ce qui est écrit habituellement sur la Russie. Voici ce texte.

 

« En Russie, les "interventionnistes" ont gagné contre les "libéraux" »

 

« Nicolas Sarkozy arrive en Russie alors que l'économie russe entame sa neuvième année de croissance ininterrompue. À la vue des résultats obtenus, on peut considérer que le pays a enfin surmonté la « crise de transition » qu'il a connue de 1991 à 1998 et qui lui avait fait perdre jusqu'à 40 % du PIB de la fin de l'ère soviétique. Ce n'est qu'au premier semestre 2007 que la Russie retrouve son niveau de PIB de 1990.

Loin d'être le seul produit de la hausse des prix des hydrocarbures, cette croissance est le fruit de la mise en place progressive d'une véritable politique économique en Russie. Le second mandat présidentiel de Vladimir Poutine, entamé en 2004, a, en effet, été marqué par une inflexion significative de la politique économique vers une politique de diversification industrielle volontariste.

 

Cet éloignement progressif des thèses libérales dominantes a émergé dès 2004 et s'est précisé avec la définition des « priorités présidentielles » à l'automne 2005 et les décisions économiques prises en 2006, en particulier en faveur de la constitution de grandes entreprises publiques ou semi-publiques dans plusieurs branches de l'industrie.

Le remaniement ministériel de février 2007, qui a vu le ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, être promu au poste de premier vice-premier ministre, peut être considéré comme un symbole important de ce mouvement. Sergueï Ivanov est en effet parmi les dirigeants russes celui qui peut passer pour le plus engagé en faveur d'une politique industrielle active. Le récent départ du gouvernement de German Gref, un des derniers ministres « libéraux », est encore un signe de la cohérence qu'a désormais acquise la politique économique russe.

 

Ce processus n'est pas circonscrit au cercle gouvernemental restreint. Il s'inscrit dans le cadre global d'une évolution qui voit l'ensemble de l'élite politique et économique russe se rallier à des conceptions interventionnistes et qui se traduit par la montée d'une forme de « patriotisme économique ». Aujourd'hui, des notions comme la politique industrielle, la nécessaire présence d'un secteur public ou le protectionnisme ne font plus clivage entre ceux que l'on appelle les « libéraux » et les « interventionnistes ».

 

Ce volontarisme russe s'est traduit par un double mouvement de réaffirmation de l'État dans l'économie et de re-concentration des activités. Dans les faits, on a vu apparaître une organisation de l'économie autour de trois secteurs dans lesquels le rôle de l'État est différencié :

- un secteur prioritaire, celui de l'énergie et des matières premières qui doit être étroitement contrôlé par l'État ;

- un secteur des industries stratégiques qui se définit dans une logique de diversification où l'entrée des acteurs étrangers est possible et même souhaitée, comme c'est le cas pour la production automobile ;

- un secteur des autres industries où l'État n'intervient que pour faire respecter la législation commune.

 

La diversification de l'économie est devenue un axe stratégique de la politique économique, justifié par un risque de dépendance vis-à-vis des matières premières. Cet objectif a été repris par Alexandre Chokhine, le président de l'Union des industriels et des entrepreneurs de Russie (le RSPP), qui appelle à la mobilisation d'une partie des moyens du fonds de stabilisation et la mise en place de ce qu'il qualifie de « protectionnisme raisonnable ».

 

Le vote par la Douma de la création d'une Banque d'investissement publique, qui aura pour mission de financer les projets à long terme et les infrastructures et d'aider les PME s'orientant vers les marchés d'exportation, va dans le même sens. On doit ajouter ici que le fonds de stabilisation a été scindé en plusieurs entités avec un fonds des investissements, un fonds des générations futures et enfin un fonds gazier et pétrolier, dont le rôle sera de protéger le budget des variations de recettes que pourrait entraîner une baisse temporaire des prix mondiaux. Ces mesures ont pour but de constituer un instrument efficace d'intervention économique entre les mains de l'État.

 

On constate aujourd'hui que la croissance dans l'industrie manufacturière (hors énergie et matières premières) a été très forte au premier semestre (8 %). De même, une grande société des techniques avancées est en train de voir le jour (Rustechnologia) et elle sera un partenaire important pour les entreprises françaises et européennes.

 

On est donc bien en présence d'une stratégie économique et industrielle cohérente. Cette politique suscite aujourd'hui l'intérêt d'un nombre croissant de pays. Au-delà de sa santé économique retrouvée, la Russie s'affirme comme un exemple de pays qui réussit à assouplir le carcan des règles du néolibéralisme pour assurer un développement de long terme. Ceci a des conséquences importantes sur l'image de la Russie dans de nombreux pays en voie de développement et même développés.

Si Moscou ne se prétend plus la 3e Rome ou le centre de la contestation de l'ordre capitaliste mondial, la Russie redevient dans les faits une alternative crédible en matière de stratégie de développement économique et industriel. Le poids international de la Russie en est ainsi autant renforcé que par la présence du pays dans les hydrocarbures ou le secteur minier ».

 

A propos de la Russie, je recommande vivement aux lecteurs de ce blog de consulter les actes du colloque de la Fondation Res Publica du 11 octobre 2005, « Où va la Russie ? », notamment les conclusions de Jean-Pierre Chevènement.

 

A voir sur http://www.fondation-res-publica.org

Par SORIN Michel - Publié dans : Russie
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Samedi 9 août 2008 6 09 08 2008 21:15

La Géorgie, va-t-en-guerre, au-delà de ses forces ?

 

La Géorgie est la pointe avancée du Caucase vers l’Alliance atlantique, mais son fougueux président a-t-il bien mesuré le rapport des forces actuel ? Le président Saakachvili a voulu provoquer et tester les réactions de ses alliés américains et européens, face à la Russie. Il ne semble pas avoir compris que la Géorgie reste en dehors de l’OTAN.

 

L’union européenne, pas plus que les USA, ne désire une confrontation militaire avec la Russie. Celle-ci a une idée bien arrêtée sur la question. Voici ce qu’écrivait Bernard Guetta, dans Libération, le 23 avril 2008. 

 

« Le message du Kremlin »

 

Pour empêcher l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’Otan, la Russie menace de favoriser leur éclatement. Elle en aurait tous les moyens. Une crise couve en Europe, grave, mais parfaitement évitable. Une crise, une vraie, politique et potentiellement militaire. On peut la circonscrire, mais le temps presse car un engrenage s’est enclenché, mercredi dernier, quand la Russie a annoncé sa décision de «coopérer avec les autorités de fait» de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, les régions sécessionnistes de Géorgie.

C’était un message aux Occidentaux. La Russie vient de leur dire que, s’ils n’abandonnaient pas l’idée de faire entrer l’Ukraine et la Géorgie dans l’Otan, elle favoriserait l’éclatement de ces deux anciennes républiques soviétiques qui bordent ses frontières. Ce n’est pas une menace en l’air.

En Ukraine, au cœur du continent, la Russie n’aurait qu’à attiser les divisions qui s’étaient exprimées pendant la présidentielle de 2004, lorsqu’il avait fallu la «révolution orange», deux mois de manifestations, pour imposer la victoire du candidat proeuropéen sur celui des prorusses. A chaque scrutin, la carte électorale reflète cette fracture. L’Ukraine occidentale, dont l’Eglise est liée au Vatican, regarde vers l’ouest. L’Ukraine orientale, russophone, orthodoxe et dépendante de l’économie russe, ne veut pas rompre avec Moscou. Il y a deux Ukraine et ce n’est pas tout. Presqu’île de la mer Noire, grande base navale de l’URSS et, maintenant, de la Russie, la Crimée n’est ukrainienne que depuis que Khrouchtchev l’avait intégrée, dans les années 50, à la république socialiste soviétique d’Ukraine. Historiquement, la Crimée est russe. Economiquement, elle l’est restée et, si elle devait en faire un, son choix serait acquis d’avance.

Quant à la Géorgie, au sud, ce n’est pas qu’elle pourrait éclater si le Kremlin y poussait. Elle est déjà fracturée depuis que les Abkhazes et les Ossètes ont décidé de rompre avec elle après qu’elle eut déclaré son indépendance dans la foulée de l’effondrement soviétique. Entre deux capitales étrangères, ces peuples avaient préféré la plus lointaine, Moscou plutôt que Tbilissi, parce qu’ils ne sont pas géorgiens et voulaient défendre leur identité.

Ravie de pouvoir garder un pied en Géorgie, la Russie les avait aidés en armes et en argent. Elle les avait soutenus dans leurs guerres, mais elle n’a pas inventé ces séparatismes, pas plus qu’elle n’aurait à le faire en Ukraine. Elle les a seulement amplifiés pour s’en servir, un jour, de monnaie d’échange et, face à l’éventualité d’un élargissement de l’Otan jusqu’à ses frontières, elle transforme cette protection officieuse en «coopération» officielle, donnant à voir qu’elle n’est pas plus impuissante sur son flanc occidental que méridional.

Le Kremlin se sent d’autant plus fort que les Occidentaux lui ont offert un précédent avec l’indépendance kosovare. S’ils ont pu s’asseoir sur le droit international en approuvant cette modification unilatérale des frontières serbes, pourquoi la Russie ne pourrait-elle pas le faire en Ukraine et en Géorgie ? Pourquoi ne pourrait-elle pas y invoquer, à son tour, le droit à l’autodétermination de régions à l’identité tout aussi affirmée que celle du Kosovo ? Une machine infernale s’est mise en marche. Elle porte en elle des conflits en Europe et, surtout, un affrontement politique tous azimuts entre la Russie et l’Alliance atlantique.

L’époque se passerait de tels luxes. Devant de tels dangers, les arguments ressassés ne tiennent plus. Les Occidentaux ne peuvent plus continuer à dire que, la guerre froide enterrée, la Russie n’aurait rien à craindre de ce nouvel élargissement de l’Otan alors qu’on imagine aisément ce que serait la réaction américaine si le Mexique et le Canada devaient entrer dans un système de sécurité dominé par Moscou.

Les Russes ne peuvent plus, eux, faire semblant d’ignorer la profondeur des craintes que leurs nostalgies impériales entretiennent dans leurs anciennes possessions. Il faut dépasser les raisons des uns et des autres, ces réminiscences d’un siècle passé, et un bon moyen de le faire serait de s’accorder sur une neutralisation de l’Ukraine et de la Géorgie - sur une création de zones tampons qui serait la première pierre de l’entente cordiale à bâtir entre l’Occident et la Russie. Le Kremlin ne souhaiterait que cela.

Ce serait tellement l’intérêt des Européens que Paris et Berlin viennent de s’opposer à une entrée immédiate de Kiev et Tbilissi dans l’antichambre de l’Otan mais il faut, maintenant, avancer cette idée de neutralité. Nicolas Sarkozy présidera l’Union à compter de juillet. Il a l’oreille des Etats-Unis. Ce serait à lui de le faire.

Pour en savoir plus sur les évènements en cours, voici une revue de presse :

Tension au plus fort entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud - Le Monde, Luc Vinogradoff, 7 août.

 

Conflit Est-Ouest au cœur du Caucase - Libération, Philippe Grangereau, Lorraine Millot, Marc Semo, 9 août. Les combats en Ossétie du Sud sont les premiers affrontements de l’après-guerre froide entre la Russie et la Géorgie, soutenue par Washington, dans une région stratégique riche en hydrocarbures.

 

Ossétie: comprendre la nouvelle guerre du Caucase

Rue89, David Servenay, 8 août.

Hasard ou ruse de guerre ? Les Géorgiens ont choisi la trêve olympique pour lancer une vaste offensive dans la nuit de jeudi à vendredi sur l’Ossétie du Sud. Selon les dernières dépêches, l’armée géorgienne a pris, puis reperdu, le contrôle de la capitale ossète. Des forces russes participent aux combats. D’où vient ce conflit ? Quels en sont les enjeux ? 

  

Par SORIN Michel - Publié dans : Russie
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Mardi 12 août 2008 2 12 08 2008 17:33

Les provinces séparatistes de Géorgie, comme le Kosovo

 

Poutine avait prévenu : il ne laisserait pas passer le précédent kosovar sans agir en Géorgie. La Russie a préparé son intervention militaire et attendu les circonstances favorables.

 

Le président géorgien Saakachvili, de son côté, s’étant engagé à reconquérir les provinces dissidentes, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, ne pouvait plus accepter les provocations qui minaient son autorité politique. Il comptait sur ses alliés américains et européens pour renégocier le statut de ces territoires.

La Russie va se servir de ses positions de force pour renforcer son influence sur les territoires qui ne sont pas intégrés à l’Alliance atlantique et à l’Union européenne.

Son objectif principal est de neutraliser l’Ukraine et la Géorgie (voir l’article paru sur ce blog le 9 août Guerre en Ossétie du sud : la fracture est-ouest passe en Géorgie). Elle veut reconquérir une partie de la puissance passée de l’URSS.

 

Je propose des liens avec des articles de presse, qui permettent de mieux comprendre les évènements de Géorgie.

 

D’abord, Le Monde, le 11 août :

 

Les dates-clés d'un conflit latent depuis 1989 

 

Cinq questions sur le conflit en Géorgie 

 

Géorgie, OTAN, Kosovo : la revanche russe, par Nathalie Nougayrède 

 

Puis, Marianne, le 11 août (la conclusion d’Eric Dupin) :

Les vraies raisons de la guerre en Géorgie 

(…) Au-delà de la question ossète, Moscou avait une autre raison stratégique pour s'en prendre à la Géorgie. Ce pays fait des pieds et des mains pour intégrer l'OTAN. Une perspective insupportable pour Vladimir Poutine, resté le véritable maître de la Russie. Une Géorgie déstabilisée serait, à coup sûr, dans l'incapacité de rejoindre l'alliance atlantique. Or Moscou cherche à réaffirmer son influence sur ce Caucase qui faisait partie de son empire à l'époque soviétique.


Restent de triviales considérations économiques qu'on ne saurait oublier. De par sa situation géographique, la Géorgie permet de contourner la Russie par voie d'oléoduc ou de gazoduc. Ce pays est devenu un axe de transport pétrolier avec l'inauguration de l'oléoduc Bakou (Azerbaïdjan)-Tbilissi (Géorgie)-Ceyhan (Turquie). La trop fameuse société russe Gazprom s'intéresse de très près à ce qui se trame sur le territoire géorgien…


Toutes les conditions étaient donc réunies pour que Moscou prenne le risque mesuré de provoquer des cris d'orfraie en Occident en donnant une bonne leçon à la Géorgie. Les Etats-Unis multiplient les protestations verbales et l'Europe cherche tant bien que mal à dégager les voies d'un compromis. En attendant, Poutine est à la manœuvre
.

 

Et, enfin, Rue89, le 11 août :

 

Guerre en Ossétie: Moscou tente de rompre son encerclement

 

 

Voir, aussi, les précédents articles sur La Russie parus sur ce blog.

Par SORIN Michel - Publié dans : Russie
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Vendredi 15 août 2008 5 15 08 2008 12:07

Russie-USA-Europe : une nouvelle donne

 

Relâche pendant deux semaines sur ce blog. Les Jeux Olympiques et la confrontation est-ouest continuent. Sur ce point, je renvoie à quelques articles de presse que j’ai retenus pour la qualité ou l’originalité de leur analyse.

 

- Bernard Guetta, Rebonds Libération, 14 août La vraie raison de cette guerre

 

- Charles Urjewicz, rebonds Libération, 14 août La route de l’Ossétie du Sud passe par le Kosovo

 

- Hélène Carrère d’Encausse, Le Figaro, 13 août Le président géorgien a rendu, malgré lui, un grand service à la Russie

- Malakine, Marianne, 14 août Medvedev offre une victoire diplomatique au «président de l'Europe»

 

Pendant cette pause estivale, consulter les articles parus sur ce blog est recommandé par l’auteur…

Par SORIN Michel - Publié dans : Russie
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