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Représentant spécial de la France pour les relations avec la Russie
Dans le cadre de la diplomatie économique mise en œuvre par le gouvernement français,
Jean-Pierre Chevènement est le représentant spécial de la France pour la Russie. Voir le communiqué publié le 26 novembre 2012 sur
le blog de Jean-Pierre Chevènement. Dans sa
lettre de mission, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, lui demandait d’œuvrer pour une mobilisation des acteurs français publics et privés en faveur des relations politiques,
économiques, commerciales, scientifiques et culturelles entre la France et la Russie.
Le
10 décembre 2012, dans le cadre d’un colloque organisé par la Fondation Res Publica, Jean-Pierre Chevènement, son président, a évoqué la Russie. Voir
Débat
final et conclusion de Jean-Pierre Chevènement. Extrait des Actes du colloque "Les Etats émergents: vers un basculement
du monde?"
Je rentre de Russie où la consommation automobile augmente de 10 % par an, tandis que la croissance est un peu inférieure à 4 %. Des besoins de tous ordres s’y expriment : consommation, infrastructures, services urbains… La Russie n’est pas à proprement parler un pays émergent, elle est, pourrait-on dire, un pays ré-émergent dont le parcours historique est tellement sinusoïdal qu’on ne peut pas le qualifier. La Russie était déjà un pays fortement émergent au temps de Stolypine. Suivit la période soviétique, puis dix années de break, de crise grave, et, depuis dix ans, un relèvement qui mérite d’être reconnu du point de vue économique.
Voir aussi : La Russie, prolongement de l'Europe vers l'Asie, a besoin de l'Europe - 13 août 2009
Jacques Sapir au sujet de la prochaine visite de François Hollande (Audio, 26 février 2013)
Jacques Sapir et la transition économique russe (Fattorius, 16 février 2012)
A propos de la visite du président de la République française en Russie
François Hollande souhaite ménager la Russie (Le Monde, Piotr Smolar, 28 février 2013)
Hollande veut dégeler les relations avec Poutine (Le Figaro, Alain Barluet, 28 février 2013)
Le retour du «Che» sur le front russe
ON A RETROUVÉ le général Chevènement sur le front russe. Nommé en octobre dernier «représentant spécial» pour les relations avec la Russie, le sénateur de Belfort, 74 ans la semaine prochaine, accompagne François Hollande à Moscou. Il s'y est déjà rendu à deux reprises, en décembre et en février, dans le cadre de la diplomatie économique lancée par Laurent Fabius. L'occasion pour lui de multiplier les rencontres avec les ministres et les grands patrons russes, tels celui des chemins de fer ou du holding d'État Rostechnologies.
«Je mets de l'huile dans les rouages, je suis un facilitateur», dit-il, lorsqu'on l'interroge sur son rôle. L'accueil que lui réservent ses interlocuteurs russes est «excellent», dit-on. «Ils me connaissent depuis longtemps», glisse l'ancien ministre de la Défense de François Mitterrand. En décembre, il était à Alger, aux côtés du chef de l'État, et le week-end dernier, à Bamako, avec une mission parlementaire.
Sur les bords de la Moskova, il rassure: souverainiste, étatiste, industrialiste, eurosceptique, américano-critique - le profil idéal. «Il apporte un regard différent et peut entretenir avec les autorités russes une relation plus directe que l'ambassadeur», estime un diplomate.
Pour Jean-Pierre Chevènement, la croissance russe, quoique ralentie (3,4 % l'an dernier, contre 7 % en 2000), reste porteuse, y compris, pense-t-il, en matière de libertés fondamentales: «Aider la démocratie, c'est aider la Russie à progresser et à soutenir l'essor de sa classe moyenne.» À l'aune des besoins croissants du pays, les perspectives de coopération économique sont prometteuses: énergie, automobile, transports, distribution… Ce qui ne l'empêche pas de rester prudent sur la réussite de ses efforts. Tout de même, se félicite-t-il sans en dire davantage, «de petits dossiers commencent à se débloquer»…
A noter que le sénateur du Territoire de Belfort, vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, co-préside le groupe Sahel du Sénat. A ce titre, il était à Bamako (Mali) les 24 et 25 février 2013, rencontrant sur place les responsables des forces armées, françaises, maliennes et africaines, mais aussi des responsables politiques maliens, les associations humanitaires et les acteurs du développement économique, ainsi que des représentants de la société civile malienne.
A noter aussi que Jean-Pierre Chevènement était à Alger, en décembre 2012, aux côtés du chef de l'État, en tant que président de l’association France-Algérie.
Cet article est le 7ème paru sur ce blog dans la catégorie Russie
Entre l’Europe et l’Asie, quel avenir pour la Russie ?
Je suis inquiet pour le peuple russe et je souhaite que l’Europe et le monde tendent la main à la Russie pour l’aider à résoudre ses problèmes. Obama veut « une Russie forte, pacifique et prospère ». On en est loin, comme l’a souligné l’ancien directeur du Monde, André Fontaine, dans un article paru le 1er août : Pourquoi l'Occident a intérêt à aider le peuple russe.
Ce 13 août, Alexandre Billette, dans le même journal, rappelle les évènements récents qui ont marqué la vie de la Russie : Assassinats, attentats : la situation se dégrade dans le Caucase russe.
Le 14 juillet, la correspondante du Monde à Moscou complétait le tableau : Sur fond de
récession, la Russie guettée par les troubles sociaux, par Marie Jégo.
L’Ukraine a très mal vécu cette crise du gaz et ne comprend pas les accusations du président Medvedev (voir, sur le site du Nouvel Observateur, le 12 août : Kiev accuse Moscou de "complexes impérialistes").
Quant à la Géorgie, elle n’a rien oublié de ce qui s’est passé il y a un an (voir, sur ce blog, La Russie montre sa force militaire pour marquer sa zone d'influence - 12 août 2008).
Et les menaces de guerre n’ont pas disparu : Moscou accuse la Géorgie de préparer une agression (Le Monde, 5 août 2009).
La Moldavie se situe à égale distance entre Bruxelles et Moscou, entre l’ouest et l’est de la grande Europe.
Nous avons besoin d’un éclairage sur la situation de ce pays : Les clefs de la crise politique en Moldavie (Le Monde, 9 avril).
Notons que la situation politique évolue rapidement : Moldavie : quatre partis d'opposition forment une coalition (Le Monde, 8 août).
1 - Et la crise frappa Moscou... 1/5 (Marianne, 7 juillet 2009)
2 - Et la crise frappa Moscou... 2/5 (8 juillet)
3 - Et la crise frappa Moscou... 3/5 (9 juillet)
4 - Et la crise frappa Moscou... 4/5 (11 juillet)
5 - Et la crise frappa Moscou... 5/5 (12 juillet)
Cet article est le 6ème paru sur ce blog dans la catégorie Russie
Russie-USA-Europe : une nouvelle donne
Relâche pendant deux semaines sur ce blog. Les Jeux Olympiques et la confrontation est-ouest continuent. Sur ce point, je renvoie à quelques articles de presse que j’ai retenus pour la qualité ou l’originalité de leur analyse.
- Bernard Guetta, Rebonds Libération, 14 août La vraie raison de cette guerre
- Charles Urjewicz, rebonds Libération, 14 août La route de l’Ossétie du Sud passe par le Kosovo
- Hélène Carrère d’Encausse, Le Figaro, 13 août Le président géorgien
a rendu, malgré lui, un grand service à la Russie
- Malakine, Marianne, 14 août Medvedev offre une victoire diplomatique au «président de l'Europe»
Pendant cette pause estivale, consulter les articles parus sur ce blog est recommandé par l’auteur…
Les provinces séparatistes de Géorgie, comme le Kosovo
Poutine avait prévenu : il ne laisserait pas passer le précédent kosovar sans agir en Géorgie. La Russie a préparé son intervention militaire et attendu les circonstances favorables.
Le président géorgien Saakachvili, de son côté, s’étant engagé à reconquérir les provinces dissidentes, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, ne pouvait plus accepter les provocations qui minaient son autorité politique. Il comptait sur ses alliés américains et européens pour renégocier le statut de ces territoires.
Je propose des liens avec des articles de presse, qui permettent de mieux comprendre les évènements de Géorgie.
D’abord, Le Monde, le 11 août :
Les dates-clés d'un conflit latent depuis 1989
Cinq questions sur le conflit en Géorgie
Géorgie, OTAN, Kosovo : la revanche russe, par Nathalie Nougayrède
Puis, Marianne, le 11 août (la conclusion d’Eric Dupin) :
Les vraies raisons de la guerre en Géorgie
(…) Au-delà de la question ossète, Moscou avait une autre raison stratégique pour s'en prendre à la Géorgie. Ce pays fait des pieds et des mains pour intégrer l'OTAN. Une perspective insupportable pour Vladimir Poutine, resté le véritable maître de la Russie. Une Géorgie déstabilisée serait, à coup sûr, dans l'incapacité de rejoindre l'alliance atlantique. Or Moscou cherche à réaffirmer son influence sur ce Caucase qui faisait partie de son empire à l'époque soviétique.
Restent de triviales considérations économiques qu'on ne saurait oublier. De par sa situation géographique, la Géorgie permet de contourner la Russie par voie d'oléoduc ou de gazoduc. Ce pays est
devenu un axe de transport pétrolier avec l'inauguration de l'oléoduc Bakou (Azerbaïdjan)-Tbilissi (Géorgie)-Ceyhan (Turquie). La trop fameuse société russe Gazprom s'intéresse de très près à ce
qui se trame sur le territoire géorgien…
Toutes les conditions étaient donc réunies pour que Moscou prenne le risque mesuré de provoquer des cris d'orfraie en Occident en donnant une bonne leçon à la Géorgie. Les Etats-Unis multiplient
les protestations verbales et l'Europe cherche tant bien que mal à dégager les voies d'un compromis. En attendant, Poutine est à la manœuvre.
Et, enfin, Rue89, le 11 août :
Guerre en Ossétie: Moscou tente de rompre son encerclement
Voir, aussi, les précédents articles sur La Russie parus sur ce blog.
La Géorgie, va-t-en-guerre, au-delà de ses forces ?
La Géorgie est la pointe avancée du Caucase vers l’Alliance atlantique, mais son fougueux président a-t-il bien mesuré le rapport des forces actuel ? Le président Saakachvili a voulu provoquer et tester les réactions de ses alliés américains et européens, face à la Russie. Il ne semble pas avoir compris que la Géorgie reste en dehors de l’OTAN.
L’union européenne, pas plus que les USA, ne désire une confrontation militaire avec la Russie. Celle-ci a une idée bien arrêtée sur la question. Voici ce qu’écrivait Bernard Guetta, dans Libération, le 23 avril 2008.
« Le message du Kremlin »
Pour empêcher l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’Otan, la Russie menace de favoriser leur éclatement. Elle en aurait tous les moyens. Une crise couve en Europe, grave, mais parfaitement évitable. Une crise, une vraie, politique et potentiellement militaire. On peut la circonscrire, mais le temps presse car un engrenage s’est enclenché, mercredi dernier, quand la Russie a annoncé sa décision de «coopérer avec les autorités de fait» de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, les régions sécessionnistes de Géorgie.
C’était un message aux Occidentaux. La Russie vient de leur dire que, s’ils n’abandonnaient pas l’idée de faire entrer l’Ukraine et la Géorgie dans l’Otan, elle favoriserait l’éclatement de ces deux anciennes républiques soviétiques qui bordent ses frontières. Ce n’est pas une menace en l’air.
En Ukraine, au cœur du continent, la Russie n’aurait qu’à attiser les divisions qui s’étaient exprimées pendant la présidentielle de 2004, lorsqu’il avait fallu la «révolution orange», deux mois de manifestations, pour imposer la victoire du candidat proeuropéen sur celui des prorusses. A chaque scrutin, la carte électorale reflète cette fracture. L’Ukraine occidentale, dont l’Eglise est liée au Vatican, regarde vers l’ouest. L’Ukraine orientale, russophone, orthodoxe et dépendante de l’économie russe, ne veut pas rompre avec Moscou. Il y a deux Ukraine et ce n’est pas tout. Presqu’île de la mer Noire, grande base navale de l’URSS et, maintenant, de la Russie, la Crimée n’est ukrainienne que depuis que Khrouchtchev l’avait intégrée, dans les années 50, à la république socialiste soviétique d’Ukraine. Historiquement, la Crimée est russe. Economiquement, elle l’est restée et, si elle devait en faire un, son choix serait acquis d’avance.
Quant à la Géorgie, au sud, ce n’est pas qu’elle pourrait éclater si le Kremlin y poussait. Elle est déjà fracturée depuis que les Abkhazes et les Ossètes ont décidé de rompre avec elle après qu’elle eut déclaré son indépendance dans la foulée de l’effondrement soviétique. Entre deux capitales étrangères, ces peuples avaient préféré la plus lointaine, Moscou plutôt que Tbilissi, parce qu’ils ne sont pas géorgiens et voulaient défendre leur identité.
Ravie de pouvoir garder un pied en Géorgie, la Russie les avait aidés en armes et en argent. Elle les avait soutenus dans leurs guerres, mais elle n’a pas inventé ces séparatismes, pas plus qu’elle n’aurait à le faire en Ukraine. Elle les a seulement amplifiés pour s’en servir, un jour, de monnaie d’échange et, face à l’éventualité d’un élargissement de l’Otan jusqu’à ses frontières, elle transforme cette protection officieuse en «coopération» officielle, donnant à voir qu’elle n’est pas plus impuissante sur son flanc occidental que méridional.
Le Kremlin se sent d’autant plus fort que les Occidentaux lui ont offert un précédent avec l’indépendance kosovare. S’ils ont pu s’asseoir sur le droit international en approuvant cette modification unilatérale des frontières serbes, pourquoi la Russie ne pourrait-elle pas le faire en Ukraine et en Géorgie ? Pourquoi ne pourrait-elle pas y invoquer, à son tour, le droit à l’autodétermination de régions à l’identité tout aussi affirmée que celle du Kosovo ? Une machine infernale s’est mise en marche. Elle porte en elle des conflits en Europe et, surtout, un affrontement politique tous azimuts entre la Russie et l’Alliance atlantique.
L’époque se passerait de tels luxes. Devant de tels dangers, les arguments ressassés ne tiennent plus. Les Occidentaux ne peuvent plus continuer à dire que, la guerre froide enterrée, la Russie n’aurait rien à craindre de ce nouvel élargissement de l’Otan alors qu’on imagine aisément ce que serait la réaction américaine si le Mexique et le Canada devaient entrer dans un système de sécurité dominé par Moscou.
Les Russes ne peuvent plus, eux, faire semblant d’ignorer la profondeur des craintes que leurs nostalgies impériales entretiennent dans leurs anciennes possessions. Il faut dépasser les raisons des uns et des autres, ces réminiscences d’un siècle passé, et un bon moyen de le faire serait de s’accorder sur une neutralisation de l’Ukraine et de la Géorgie - sur une création de zones tampons qui serait la première pierre de l’entente cordiale à bâtir entre l’Occident et la Russie. Le Kremlin ne souhaiterait que cela.
Ce serait tellement l’intérêt des Européens que Paris et Berlin viennent de s’opposer à une entrée immédiate de Kiev et Tbilissi dans l’antichambre de l’Otan mais il faut, maintenant, avancer cette idée de neutralité. Nicolas Sarkozy présidera l’Union à compter de juillet. Il a l’oreille des Etats-Unis. Ce serait à lui de le faire.
Pour en savoir plus sur les évènements en cours, voici une revue de presse :
Tension au plus fort entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud - Le Monde, Luc Vinogradoff, 7 août.
Conflit Est-Ouest au cœur du Caucase - Libération, Philippe Grangereau, Lorraine Millot, Marc Semo, 9 août. Les combats en Ossétie du Sud sont les premiers affrontements de l’après-guerre froide entre la Russie et la Géorgie, soutenue par Washington, dans une région stratégique riche en hydrocarbures.
Ossétie: comprendre la nouvelle guerre du Caucase
Rue89, David Servenay, 8 août.
Hasard ou ruse de guerre ? Les Géorgiens ont choisi la trêve olympique pour lancer une vaste offensive dans la nuit de jeudi à vendredi sur l’Ossétie du Sud. Selon les dernières dépêches, l’armée géorgienne a pris, puis reperdu, le contrôle de la capitale ossète. Des forces russes participent aux combats. D’où vient ce conflit ? Quels en sont les enjeux ?
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