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Femmes

Vendredi 8 mars 2013 5 08 /03 /Mars /2013 19:11

Le 8 mars, journée internationale en faveur de l’égalité

 

Comment être humaniste sans être féministe, au sens de la lutte pour que, partout, les femmes soient les égales des hommes (et les hommes les égaux des femmes) ? Ce 8 mars, Journée internationale de la femme (Wikipédia), c’est le moment de mettre en avant les femmes qui sont engagées dans ce combat, tout en rappelant que Le 8 mars, c'est toute l'année (ministère des droits des femmes).

Le 8 mars demeure une Journée internationale de réflexion et de revendication nécessaire concernant les droits des femmes, mais trop souvent dès le 9 mars, les plus belles indignations restent lettre morte. C'est pourquoi Najat Vallaud-Belkacem et l'ensemble du Gouvernement souhaitent montrer que désormais, en France, "le 8 mars, c'est toute l'année".

 

Ce 8 mars, c’est d’abord la Journée internationale des droits des femmes : la lutte contre toutes les violences (RFI). C’est aussi la Journée internationale des femmes : un enjeu de justice sociale et de démocratie(FSU, Bernadette Groison).

 

Ce 8 mars, c’est aussi le jour de saluer deux femmes d’exception :

 

- Annie Sugier (présidente de la Ligue du droit international des femmes)

- Céline Dumerc - voir Dumerc: "On mouille autant le maillot" (Sports.fr, 8 mars 2013)

 

Ce 8 mars, cela me rappelle Valérie Bouveri et son combat contre les violences faites aux femmes :

Parmi les violences faites aux femmes, la manipulation destructrice- 6 août 2011

Droits des femmes : les associations féministes face aux candidats - 9 mars 2012 

Violences psychologiques faites aux femmes : la loi doit être améliorée - 15 mars 2012

Loi sur les violences faites aux femmes : l'audition de Valérie Bouveri -  25 mars 2012 

 

  Cet article est le 16ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

Par Michel SORIN - Publié dans : Femmes - Communauté : Les blogs républicains
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Mardi 10 juillet 2012 2 10 /07 /Juil /2012 20:55

« Féministes en mouvements » pour l’égalité femmes-hommes

 

Un an après la 1ère édition en 2011, le collectif de 45 associations « Féministes en mouvements » (voir qui sommes-nous ?) était de retour à l’université d’Evry-Val d’Essonne les 7 et 8 juillet, où des ateliers, tables rondes et projections se sont succédés sur le thème « Egalité femme-homme en chantier ».

Depuis la précédente édition, le contexte politique a changé, avec notamment l’arrivée de François Hollande à l’Élysée. Le gouvernement compte désormais une ministre des Droits des femmes en la personne de Najat Vallaud-Belkacem.

Voir Une ministre aux rencontres Féministes (Essonne Info, 6 juillet 2012).

Le collectif a apporté son "soutien" aux engagements féministes de la ministre, Najat Vallaud-Belkacem, qui a participé dimanche 8 juillet. A l'issue de ces rencontres d'été, les Féministes en mouvements ont souligné "l'urgence des chantiers pour atteindre l'égalité femmes-hommes". Voir Egalité: les féministes en mouvement soutiennent Najat Vallaud-Belkacem (Libération, 8 juillet).

 

Voici le texte adopté - à voir sur Le site du collectif "Féministes en mouvements"

 

Nous, Féministes en mouvements réunies à plus de 700 à Evry les 7 et 8 juillet 2012, pour la deuxième édition des rencontres d’été, réaffirmons l’urgence des chantiers pour atteindre l’égalité femmes-hommes.

Depuis plus de 40 ans, les mobilisations féministes ont permis l’avancée des droits des femmes, mais  leur application réelle stagne, voire régresse. Les inégalités entre les femmes et les hommes, enracinées dans le système patriarcal, minent notre société et notre démocratie : elles freinent l’émancipation des individus. L’égalité et la laïcité sont des conditions indispensables de la démocratie et du progrès social pour toutes et tous ! La construire, c’est lutter dans tous les domaines contre les stéréotypes et normes sexistes et hétérocentrées. C’est aussi combattre l’oppression, la domination et toutes les formes de discriminations, partout. Les droits des femmes doivent être défendus dans les instances internationales, notamment lors des prochaines conférences mondiales des femmes.

Le mouvement féministe est bien vivant, il est résolument moderne, nous le constatons tous les jours. Nos récentes mobilisations, notamment pour le maintien du droit effectif à l’avortement, contre la réforme des retraites et contre les violences faites aux femmes, en sont la preuve. Au cours des derniers mois, nous avons largement contribué à mettre à l’agenda politique les questions féministes. Le Président de la République a notamment pris 40 engagements en faveur de l’égalité femmes-hommes.

Si nous nous félicitons de la parité au gouvernement et de la création du Ministère des Droits des Femmes, nous exigeons que ce ministère ait un budget conséquent, une administration dédiée et les moyens pour agir concrètement notamment via le Service des Droits des Femmes sur tout le territoire. De même, la parité doit s’imposer partout, à chaque niveau décisionnel. Nous soutenons l’engagement féministe de la ministre Najat Vallaud-Belkacem sur différents chantiers : égalité professionnelle, lutte contre les violences faites aux femmes, dont le harcèlement sexuel et la prostitution.

Nous restons aussi lucides, car dans un contexte de crise, les politiques de rigueur menées dans plusieurs pays européens relèguent au second plan les mesures pour l’égalité, tandis que la précarité des femmes s’aggrave partout. Nous refusons que le contexte économique serve de prétexte à hiérarchiser les priorités au détriment de l’égalité femmes-hommes : les femmes restent les premières victimes de ce système économique en crise.

Nos analyses, actions de terrain et propositions, font de nous une force politique et un partenaire sociétal, constructif et incontournable, partie prenante d’une politique publique transversale destinée à assurer l’égalité femmes-hommes.

Les 30 revendications de notre manifeste « Mais qu’est-ce qu’elles veulent encore ? » remis à François Hollande le 7 mars dernier sont plus que jamais d’actualité. Au vu des échéances qui s’annoncent, donnons-nous rendez-vous le 8 mars prochain pour mesurer les résultats sur les priorités suivantes :

·         Sanctionner les entreprises qui maintiennent les inégalités de salaires et augmenter les cotisations patronales sur les emplois à temps partiel ;

·         Mettre en place un observatoire national des violences faites aux femmes et programmer la création de 1000 places d’hébergement pour les femmes victimes de violences ;

·         Appliquer la convention interministérielle pour l’égalité fille-garçon dans le système éducatif ;

·         Engager la création d’un service public de la petite enfance et de la dépendance.

Les associations féministes œuvrent tous les jours pour construire une société égalitaire ; elles exigent des subventions pérennes et à hauteur de leurs besoins. Nous continuerons à nous mobiliser sans relâche pour faire connaître ces exigences, les développer et suivre leur mise en œuvre. Nous avons déjà trop attendu. Nous n’attendrons pas plus longtemps : l’égalité, c’est maintenant !

 

A noter, deux des 45 associations membres du collectif :

 

Osez le féminisme - où milite Valérie Bouveri, qui a fait un remarquable reportage photos de l’évènement - voir sur Facebook - et qui intervient sur la question des violences faites aux femmes, notamment les violences psychologiques - voir Parmi les violences faites aux femmes, la manipulation destructrice et Loi sur les violences faites aux femmes : l'audition de Valérie Bouveri.

Association universaliste, laïque et progressiste créée en 2009, OLF a pour objectifs  de dénoncer la persistance des inégalités femmes-hommes dans tous les domaines et de contribuer à les éradiquer. OLF publie un journal et mène régulièrement des campagnes auprès du grand public

 

La Ligue du Droit International des Femmes dont la présidente, Annie Sugier*, a fait une  intervention sur les intégrismes religieux aux rencontres d'Evry 7 et 8 juillet organisées par FEM. Ecoutez-là (vidéo).

* Rappel : Femmes et voile islamique dans le sport : les combats de Annie Sugier - 9 juillet 2012

La LDIF a été créée en 1983 par des militantes du Mouvement de Libération des Femmes. Son objet est de promouvoir la notion d’universalité du droit des femmes indépendamment des zones géographiques, des histoires spécifiques et des cultures et de dénoncer toutes les formes de discrimination et de persécutions sexistes.  La LDIF a crée la « Coalition Internationale contre les crimes d’honneur et mariages forcés » (HOCRINT). 

 

 Cet article est le 15ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

Par SORIN Michel - Publié dans : Femmes - Communauté : Les blogs républicains
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Lundi 25 juin 2012 1 25 /06 /Juin /2012 16:38

La position de Serge Maupouet, candidat MRC à Saintes

 

Michel Le Creff, Jean-Luc Delcampo et Serge Maupouet, candidats MRC aux élections législatives 2012 dans les 1ère, 2ème et 3ème circonscriptions de Charente-Maritime, ont posé des jalons pour l’avenir, ouvrant des perspectives politiques et une visibilité pour le Mouvement républicain et citoyen dans ce département.

Ils avaient reçu un questionnaire, qui leur avait été adressé par la commission Femmes d’Attac 17. Ils y ont répondu par une argumentation départementale.

Voir cet article sur le site d’Attac 17 (31 mai 2012) :

 

SYNTHESE DES REPONSES DES CANDIDAT-E-S AUX QUESTIONS D’ATTAC 17 

 

Michel Le Creff, Jean-Luc Delcampo et Serge Maupouet (MRC) ont envoyé un texte commun dans lequel ils argumentent chaque point et développent leurs propositions qui permettent d’ouvrir des débats.

Le financement des mesures est réalisé par l’impôt qui doit être « franchement redistributif et supporté par tous », en élargissant les bases de l’impôt sur le revenu, progressif, avec mensualisation obligatoire ou retenue à la source.

1) sur le travail :

·                       « Réduction du temps de travail avec maintien des salaires, spécialement pour ceux situés dans la partie basse de l’échelle », et création d’emplois en CDI. Cette réduction doit permettre un rééquilibrage du temps de travail non rémunéré entre les femmes et les hommes.

·                       Le temps de travail partiel peut être choisi. « L’obligation de recrutement en CDI à temps plein pourrait conduire à une exclusion des femmes du monde du travail »

·                       La surcotisation des temps partiels serait difficile à mettre en œuvre, il faudrait différencier le temps partiel choisi du temps partiel contraint.

·                       Augmentation des moyens humains et financiers de l’inspection du travail

·                       Congés d’éducation rémunérés pour le père en alternance avec la mère.

·                       Application des lois sur l’égalité professionnelle avec un renforcement des capacités d’action syndicale.

·                       Retraite à 60 ans seulement en fonction de la durée de cotisation.

·                       Création de services publics pour la petite enfance en zones rurale et péri-urbaine, accueil des enfants en maternelle à partir de 2 ans couplé avec un renforcement des transports collectifs.

 

2) sur la parité :

·                       les scrutins de liste ne peuvent être appliqués pour toutes les élections et l’obligation de parité dans la désignation des têtes de liste est à manier avec précaution (handicap pour les petites formations).

·                       Dose de proportionnelle nécessaire mais n’est pas un rempart contre l’instabilité.

·                       Pour un statut de l’élu-e.

·                       Non cumul des mandats mais « pas de limitation drastique dans le temps ».

·                       Contre le retrait des subventions aux partis qui ne respectent pas la parité (ce qui entraînerait la mort des petits partis.

 

3) sur la contraception et l’IVG :

Les candidats sont en accord avec nos revendications.

(…) LA CONCLUSION D’ATTAC 17

Il s’agit maintenant pour nos futur-e-s député-e-s de dépasser les grandes affirmations symboliques pour l’égalité et de s’engager pour des propositions de loi qui renforcent la justice sociale et le fonctionnement de la démocratie. Le chantier est immense, l’égalité femmes-hommes doit se concrétiser par une forte volonté politique et une grande vigilance associative.

MRC17 Surgères agriculture 080611 022 T

Photo : Serge Maupouet, au côté de Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17) sur la question Agriculture et alimentation 

 

Serge MAUPOUET (suppléante Alexandrine Wenta-Morvan), le 17 mai 2012, avait publié ce communiqué de presse après l’annonce de la composition paritaire du 1er gouvernement Hollande-Ayrault :  

 

UN ACTE POLITIQUE FORT EN FAVEUR D'UNE PLUS JUSTE REPRESENTATION POLITIQUE DES FEMMES

 

La première équipe ministérielle du quinquennat respecte la parité : il s'agit d'un acte politique fort en faveur d'une plus juste représentation politique des femmes, s'inscrivant dans une longue marche ouverte sous le Front populaire par la nomination de Cécile Brunschwig, Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie, comme Sous-secrétaires d'Etat (Education, Recherche scientifique, Protection de l'enfance), à une époque où les femmes ne disposaient pas encore du droit de vote en France. Aujourd'hui, la parité au gouvernement est atteinte, même si l'on relève un certain déséquilibre dans la répartition des différentes responsabilités entre hommes et femmes, avec un seul ministère régalien confié à une femme.
    Symboliquement, le Président de la République répond cependant par ce geste aux attentes légitimes et jusque-là insatisfaites de la moitié de la population. Toutefois l'arbre ne doit pas cacher la forêt : la marche sera encore longue pour obtenir une représentation paritaire à l'Assemblée Nationale, au Sénat, à la tête des collectivités territoriales. Pour progresser dans cette voie, il faut déjà revenir sur la réforme territoriale, porteuse de lourdes menaces pour la parité. Il serait encore indispensable de ne pas agir qu'au sommet, mais d'agir à la base, c'est-à-dire de favoriser l'engagement des femmes dans la vie politique, du militantisme jusqu'aux plus hautes responsabilités. Les verrous à faire sauter résident non seulement dans le plafond de verre de la domination masculine, mais aussi dans l'absence de mise en place de dispositifs adaptés, permettant aux femmes de mieux concilier l'engagement politique avec les études, le travail, la famille. C'est en étant présentes et engagées de manière forte au sein des partis politiques que les femmes feront entendre leur voix. Il faut dégager un véritable espace pour l'engagement politique des femmes par une meilleure articulation des temps sociaux, et penser spécifiquement aux femmes des milieux populaires et des classes moyennes. Le défi est aussi de faire progresser de concert, avec la parité femmes/hommes, une meilleure représentation politique des classes populaires et des classes moyennes.
    Au-delà de l'importante question de la représentation politique des femmes, il est nécessaire de mettre rapidement sur les rails des dispositions pour assurer l'égalité salariale et professionnelle, lutter contre le temps partiel imposé, permettre la pleine application de la loi de 2001 sur l'IVG, préparer une nouvelle loi contre le harcèlement sexuel – après l'abrogation récente par le Conseil constitutionnel des dispositions jusqu'ici en vigueur – être vigilant sur les dérives liées à l'exposition à caractère marchand du corps.
    Aussi, s'il faut prendre pour un signal fort, susceptible de marquer les esprits, la parité assurée en nombre au niveau gouvernemental, ce geste doit se prolonger par une politique volontariste permettant de changer les choses en profondeur dans la société, d'assurer l'égalité femmes/hommes non pas uniquement sur le plan du droit, mais aussi dans les faits.

 

Cet article est le 14ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

Par SORIN Michel - Publié dans : Femmes - Communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 22:56

Une urgence, faire des propositions remontant aux politiques

 

375810_2598241996209_1259542608_3062069_1693870997_n-1-.jpgLe débat est lancé sur le problème des violences psychologiques que subissent les femmes (et les hommes, dans une proportion moindre) - voir Parmi les violences faites aux femmes, la manipulation destructrice - 6 août 2011).

 

Valérie Bouveri a été reçue le 15 mars à l’Assemblée nationale par le député Guy Geoffroy, qui était co-auteur avec Danielle Bousquet d’un rapport d’information n 4169 - Assemblée nationale sur l’application de la Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants

 

Voir Violences psychologiques faites aux femmes : la loi doit être améliorée - 15 mars 2012 

 La manipulation destructrice : entretien avec le Dr Geneviève Pagnard - 16 mars 2012

 

Controverses Marciac 3et4 aout 2011 025 PVoici la note qu’a rédigée Valérie Bouveri, suite à son audition par le député Geoffroy.

 

Loi sur les violences faites aux femmes et les incidences sur leurs enfants

Une réelle avancée mais, actuellement, difficilement applicable

 

J’ai été auditionnée le 15 mars 2012 à l’Assemblée Nationale par le Député Guy Geoffroy, rapporteur de la loi n°2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants (travail en collaboration avec la Députée Danielle Bousquet).

 

L’objet de ces échanges était de témoigner sur la prise en charge des victimes, et de la non application de cette loi. Nous avons échangé sur le fait que les professionnels de la justice (magistrats, police, avocats, associations d’assistance éducative) ne sont pas formés pour la plupart sur cette problématique.

En effet, je lui ai fait remarquer qu’au pénal de nombreuses plaintes dont pour viol sont classées sans suite malgré des preuves, ou ne sont pas du tout traitées. De plus, au civil, au JAF et au Tribunal pour enfants, il y aurait un déni de reconnaître l’existence de la violence conjugale et notamment psychologique.

J’ai pointé du doigt que l’on demandait aux juges du civil de juger des affaires de violences, dont psychologiques, qui me semblaient relever du pénal même s’il s’agit d’affaires « familiales ».

 

De plus, j’ai attiré l’attention du Député Geoffroy sur le fait que de nombreux Juges des Affaires Familiales et pour enfants imposent notamment au parent victime de violences de poursuivre des relations parentales avec son ex-conjoint. Il m’a demandé quelles étaient les raisons.

J’ai expliqué que, sans doute, pour les juges, il était inimaginable d’avoir en face d’eux un des parents avec des troubles psychiatriques majeurs d’autant plus quand ce dernier s’exprime avec une certaine assurance devant eux. Tout d’abord, il faut parfois 15, voire 20 ans, pour qu’une victime se résolve à comprendre que son conjoint est un pervers narcissique, un manipulateur destructeur, et arrive à sortir de son emprise.

 

Ce manipulateur destructeur qui a tissé durant des années sa toile autour de sa proie, la faisant vivre avec ses enfants dans une « secte familiale », et dans la terreur avec des violences physiques et psychologiques, est dans un déni total de sa pathologie. Il s’identifie à sa victime « comme un miroir à l’envers ». Il me semble en plus que notre société a de sérieuses difficultés dans la prise en charge de malades psychiatriques, et dans l’évaluation de son nombre. Beaucoup d’entre eux ne sont pas diagnostiqués. On ne peut pas imaginer que nous pouvons être entourées de personnes à « double visage », charmantes en société, et violentes dans la sphère familiale.

 

Pour les juges, les « conflits » entre ces parents doivent cesser. Or, cela se révèle totalement impossible face à un malade psychiatrique dont le but est de détruire l’autre parent, y compris en se servant de ses enfants. J’ai aussi fait référence au livre « Crimes Impunis » de la Psychiatre Geneviève Pagnard, qu’il connaissait.

 

On aggrave l’état de santé du parent victime car on l’oblige à être confronté durant les multiples audiences au parent destructeur. Le parent stressé devant le juge passe pour le parent défaillant qui doit se soigner, et que l’on oblige à se soigner. Le parent manipulateur destructeur raconte sa vie comme s’il s’agissait de la vie infernale du parent sain. Un  labyrinthe de multiples procédures dont on ne peut jamais se sortir. Le manipulateur destructeur ne lâchera jamais sa proie et se comporte en bourreau.  Certains parents sains, dont des mères, se suicident. Le parent sain peut perdre la garde de ses enfants et les voir en milieu médiatisé, et les enfants confiés au manipulateur destructeur. Les enfants sont instrumentalisés par le manipulateur destructeur pour mieux détruire l’autre parent, et rester à son service comme des objets esclaves de ses désirs les plus pervers.

 

Par ailleurs, il me semble qu’il existe un déni, un refus de l’existence de la violence par une grande majorité de nos juges, de notre police et d’une grande partie de notre société. On ne veut ni la voir, ni la combattre.

 

J’ai aussi expliqué que l’accueil dans les commissariats de police était inapproprié pour les dépôts de plainte pour les violences faites aux femmes et leurs enfants. Les femmes, arrivant en état de choc ne sont pas prises en charge par un policier formé. On n’appelle ni un médecin, ni un psychologue (je me demande d’ailleurs si un autre lieu ne serait pas plus approprié pour recevoir les femmes et les enfants avec une prise en charge immédiate).

Le Député Geoffroy a considéré que ma remarque était très importante.

 

J’ai d’ailleurs accompagné dans un commissariat une mère qui avait été violentée avec une arme blanche en présence de son fils de 5 ans. Je lui avais indiqué le soutien d’une association de femmes, et aussi l’avais incitée à aller aux urgences. A mon sens, le policier aurait dû appeler les pompiers pour une prise en charge immédiate. Cette mère sans solution a dû retourner chez elle, et à son travail. Or, je ne comprends pas qu’il existe rarement en matière conjugale l’équivalent des nombreuses comparutions immédiates en matière de drogue, de vols, etc.

Une autre femme, qui venait d’être agressée par son ex compagnon, était arrivée en état de choc au commissariat. Un policier avait garé sa voiture mais n’avait pas téléphoné à SOS Médecins, ni aux pompiers. Cette victime avait dû attendre 3 heures. On n’a pas pris sa plainte et on a juste enregistré une main courante.

 

Il m’a demandé quelle était la contribution des associations en la matière. J’ai expliqué que les victimes étaient aidées par ces dernières, mais que dans l’état d’organisation de la justice, rien ou presque n’avançait.

 

Il m’a fait part que, lors d’une récente formation à des magistrats, un débat avait eu lieu sur l’application de cette loi. Apparemment, d’après ce que j’ai compris, de nombreux magistrats étaient hostiles à l’application de cette loi. Cette journée de formation aurait fait ensuite débat chez les magistrats. Or, comme le faisait remarquer le Député Guy Geoffroy, les lois de la République doivent être votées et appliquées. Les électeurs votent pour que les lois soient mises en vigueur, sinon les Député-es ne sont pas réélu-es.

 

M. le Député Guy Geoffroy a pris note de ma suggestion d’équiper les victimes de violences psychologiques d’un dictaphone et d’un enregistreur téléphonique pour matérialiser le harcèlement moral, en plus des mails et des sms (sinon, c’est parole contre parole avec une possibilité de plaintes en diffamation par le coupable d’harcèlement moral).

 

Ceci est un témoignage qui pourrait être l’ébauche d’un rapport plus complet, avec des propositions concrètes pour la mise en œuvre de cette loi mais aussi pour qu’enfin soit appliqué le délit de violences psychologiques au sein des couples et des ex conjoints. Aucune condamnation n’a été prononcée à ce jour. J’avais d’ailleurs alerté Mme la Députée, Danielle Bousquet, dès juillet dernier, pour lui demander quel était le Tribunal compétent pour condamner ce délit.  Selon moi, il n’existe aucune juridiction en France capable de juger les violences psychologiques intra-familiales car les juges ne sont pas formés et ne sont pas assistés de psychiatres spécialisés en la matière, pouvant décoder les messages des manipulateurs destructeurs. Il me semble qu’il serait opportun d’en créer une.

 

A voir et à lire :

- l’émission de France 2 (24 mars 2012) : Des coups pour le dire, 5 ans après (Envoyé spécial). 

- l’article du Monde : Femmes battues : réquisitoire contre l'indifférence aux assises du Nord (24 mars 2012)

 

Cet article est le 13ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

Par SORIN Michel - Publié dans : Femmes - Communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 22:53

Les femmes, principales victimes dans le cadre conjugal 

 

Dans un article précédent (voir Violences psychologiques faites aux femmes : la loi doit être améliorée - 15 mars 2012), a été abordé le problème de La manipulation destructrice d'après le Dr Geneviève Pagnard.

Voici un complément d’information paru sur le site du Nouvel Observateur, sur ce thème de la manipulation destructrice, avec l’entretien réalisé par Anne Crignon avec le Dr Pagnard :

 

Pervers narcissiques : "La meilleure protection, c'est la fuite" (Nouvel Observateur, 16 mars).

Comment reconnaître un pervers ? Réponse avec Geneviève Reichert-Pagnard,  psychiatre et  spécialiste de la manipulation, auteur d’un roman, "Crimes impunis" (Prime Fluo Editions) qu’elle a écrit pour permettre "de mieux comprendre pourquoi la victime s’enlise dans un mécanisme fatal sans même s’en rendre compte et jusqu’où cela peut l’entraîner". 

Comment distinguer une personnalité perverse d’un  "simple" caractériel ?

- Le "simple caractériel" au sens populaire du terme, explose de temps à autre, mais le reste du temps il a un comportement normal et empathique. En revanche, les manipulateurs destructeurs abreuvent leurs victimes de propos dévalorisants, de reproches en tout genre, voire d’insultes. Ils se montrent constamment insatisfaits, égocentriques, refusent de se remettre en question et cherchent à isoler leurs victimes, ce qui est un comportement pathologique.

Nous sommes tous capables de manipulation et de dissimulation. C’est même nécessaire à la vie en société. A partir de quel moment cela devient-il pathologique ? 

- Il existe différentes façons de manipuler les autres, par exemple pour séduire, dans un but constructif. La manipulation destructrice, en revanche, vise à détruire systématiquement les autres, notamment en mettant à mal leurs points de repères, leurs convictions, morales, politiques ou religieuses, pour mieux les fragiliser et asseoir l’emprise. Cela relève d’un comportement pathologique. Les manipulateurs destructeurs sèment des "cadavres psychologiques" derrière eux, tout au long de leur vie. Ils peuvent pousser leurs victimes au suicide. Les plus dangereux peuvent même aller jusqu’au meurtre physique, y compris de toute une famille.

Vous récusez le terme de "pervers narcissique". Or dans vos livres, sous le nom de "manipulateurs destructeurs", vous décrivez la même chose. En quoi la terminologie du psychanalyste Paul-Claude Racamier, descripteur-pionnier de ce mal,  serait inappropriée ?

- Les manipulateurs destructeurs ont effectivement les traits de personnalité pervers narcissiques : l’existence de l’autre est mise au service de la sienne et il se valorise à ses dépens. Mais cela va plus loin car ils présentent également des traits de personnalité paranoïaques, tels que la tyrannie, l’absence de doute et d’autocritique et la jalousie maladive.

Les manipulateurs destructeurs se situent à un carrefour de pathologies appartenant toutes aux psychoses : ils voient le monde à leur façon, fonctionnent dans une logique qui leur est propre et imposent leur système de pensée à leur entourage. Leur apparence extérieure est sauve, car leurs troubles psychotiques sont bien cachés aux regards extérieurs : ils semblent bien insérés socialement.

On appelle ces psychoses des "psychoses blanches" ou "psychoses sans symptômes". C’est ainsi qu’ils peuvent échapper à l’attention de la machine judiciaire et obtenir la résidence des enfants qu’ils vont continuer à détruire pendant des années. Les magistrats n’ont, la plupart du temps, aucunement conscience qu’ils ont à faire à des psychotiques, au même titre que peut l’être un schizophrène pour lequel pourtant, ils prennent des mesures appropriées pour la garde des enfants.

La prédation morale est-t-elle vraiment en recrudescence ? Hugo ne parle pas d’autre chose quand il décrit dans "Les Misérables" la difformité morale et "l’âme écrevisse" des Thénardier. Est-ce que ce mal, qu’on commence à bien identifier, certes, n’a pas toujours existé ?

- La manipulation destructrice est probablement née avec l’Homme et on retrouve déjà à l’Âge de pierre des exemples de comportements relevant de ce processus : le besoin de pouvoir et de richesses, l’utilisation des autres qu’on monte et clive les uns contre les autres sous des prétextes divers pour mieux assouvir de funestes desseins. Mais il semble que l’environnement social se détériore depuis le XXe siècle, avec un certain laxisme dans l’éducation des enfants contribuant à faire d’eux des "enfants-rois", ce processus tendrait à se développer, avec toute la violence qui l’accompagne, notamment en milieu scolaire.

Comment se protéger face à un pervers ou une perverse ?  

- La meilleure protection face à ces personnages toxiques est la fuite. Mais à plus long terme, la prévention s’impose. Seule une connaissance élargie du mode de fonctionnement pervers permettra d’aider les enfants qui sont victimes d’un parent de ce type, d’éviter qu’ils ne deviennent eux-mêmes de tels prédateurs ou de futures victimes de manipulateurs destructeurs.

Seule cette connaissance peut aider les hommes et les femmes actuellement aux prises avec ce genre de personnages dans le cadre conjugal à les identifier et à s’en préserver. Face à ce genre d’individus, en attendant la séparation, il faut impérativement constituer son dossier de procédure. La victime devra alors éviter toute discussion houleuse. Qu’elle ne laisse pas prise aux critiques, qu’elle se montre neutre. Mais cette attitude de composition ne peut durer qu’un temps assez court et ne préserve pas nécessairement du risque d’un éclat de violence. 

Retrouvez aussi quelques pistes pour reconnaître les pervers narcissiques 

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Par SORIN Michel - Publié dans : Femmes - Communauté : Les blogs républicains
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