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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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Gauche refondation

Mardi 8 avril 2008

Vers la refondation républicaine de la gauche

 

Dimanche soir, sur ce blog, je faisais part des principales décisions prises par le MRC lors de son Conseil national (article paru le 6 avril, renvoyant vers les sites de Chevènement www.chevenement.fr et du MRC www.mrc-france.org pour prendre connaissance des textes publiés).

 

Ce 8 avril, je vais présenter (voir, ci-après) la 3ème partie du texte d’orientation soumis par Jean-Pierre Chevènement à la réflexion du Conseil national, lequel a approuvé à l’unanimité la proposition de le communiquer aux fédérations départementales pour que les militants s’en saisissent en vue du congrès de juin.

 

Auparavant, sans accorder une importance excessive à cette déclaration, notons les propos du secrétaire national du PS lors du point de presse, tels qu’ils ont été rapportés par la dépêche de l’AFP, publiée hier.

Accord du PS avec le MRC pour « une accélération du travail commun » à gauche

Le PS s'est déclaré lundi d'accord pour une "accélération du travail commun à gauche", au lendemain de la prise de position du MRC de Jean-Pierre Chevènement en faveur de "la constitution d'un grand parti de la gauche".

"Nous partageons avec lui la préoccupation que la gauche se réunisse et se mette au travail autour de ses comités de liaison ou de structures fédératrices dès que cela sera possible", a affirmé le secrétaire national Bruno Le Roux lors du point de presse hebdomadaire du parti.

"Nous partageons cette nécessité d'accélération du travail commun à gauche. Nous prendrons avec lui et avec d'autres les initiatives permettant d'accélérer ce travail commun à gauche", a ajouté le responsable PS.

Réuni dimanche, le conseil national du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a exprimé "la volonté du MRC de s'inscrire dans un processus de refondation républicaine par la création d'un grand parti de toute la gauche", en soulignant que "cette refondation ne saurait en aucun cas être confondue avec une adhésion au PS". Président d'honneur du MRC, M. Chevènement avait pris position en ce sens au lendemain du second tour de l'élection présidentielle de 2007.

 

Texte d’orientation (3ème partie) présenté par Jean-Pierre Chevènement le 6 avril au Conseil national du PS

 

Vers la refondation républicaine de la gauche


1. Trente-sept ans après le Congrès d'Epinay, la gauche française doit prendre un nouveau départ comme elle a su le faire à différentes étapes de son histoire : 1905 -1920 - 1946 - 1971. Le cycle d'Epinay est désormais révolu. Ce qui ne signifie pas que les objectifs originels - rassembler la gauche, reconquérir les couches populaires - aient perdu de leur pertinence. Mais le monde a changé. Avec l'effondrement de l'URSS, le communisme a perdu son étoile polaire. Confronté au néo-conservatisme libéral, le Parti socialiste peine à trouver ses marques. C'est une refondation de toute la gauche qu'il faut préparer, avec toutes ses sensibilités et toutes ses cultures : social démocrate, républicaine, communiste, radicale, écologiste, etc.

2. L'objectif d'un grand parti de toute la gauche doit être clairement affirmé. Seule une nouvelle structure pourra accueillir la masse des sympathisants aujourd'hui sans repères et l'élan des nouvelles générations. Une Fédération ou une confédération pourrait sans doute constituer une étape intermédiaire mais en réalité le temps presse : seule la création d'un grand parti de toute la gauche, déjà relayée par certains responsables socialistes, faisant écho à nos propres propositions, peut créer l'électrochoc nécessaire. Ce nouveau parti devra rassembler largement et sans sectarisme toutes les sensibilités. Du dialogue en son sein d'une sensibilité critique voire utopique, et d'une sensibilité plus gestionnaire doit naître une dynamique féconde. Rien ne serait plus contreproductif que de vouloir construire un parti révolutionnaire à côté d'un parti social-libéral. Ce serait donner un boulevard à la droite conservatrice.


3. Au départ il faudra cependant ouvrir le débat sur la nature de la globalisation et du capitalisme financier aujourd'hui dominant, car dès les premiers temps du mouvement ouvrier, au XIXe siècle, aucune vision socialiste n'a jamais pu se développer que sur la base d'une critique préalable du capitalisme de l'époque. Il en va de même aujourd'hui. A partir d'une telle analyse du capitalisme financier d'aujourd'hui et de ce qu'on appelle la « globalisation », un débat fructueux pourra naître et se développer.


4. Chaque parti actuel de la gauche apportera son meilleur au parti futur. Les communistes, dont l'Histoire tourmentée a eu sa grandeur, doivent savoir tourner la page, ouverte au début du dernier siècle, par le Congrès de Tours. Ils trouveront dans un parti de toute la gauche un cadre plus efficace pour faire mûrir les espérances révolutionnaires. Il en va de même pour les écologistes qui n'ont pas rompu avec la tradition des Lumières, pour les radicaux sincères et pour les hommes et femmes de progrès qui n'entendent pas tourner le dos au message qui fut jadis celui du général de Gaulle.


S'agissant du MRC, héritier du MDC mais aussi, avant 1993, du CERES et de « Socialisme et République », les raisons qui avaient motivé sa création : refus de l'alignement sur l'Hyperpuissance américaine dans la première guerre du Golfe et rejet de l'Europe libérale de Maastricht, n'ont pas disparu, même si nos critiques depuis 2003 (deuxième guerre du Golfe) et 2005 (rejet de la Constitution européenne), sont plus largement partagées.

Pour que les choses soient dites clairement, nous ne sommes pas prêts à adhérer au PS. Tout s'est passé en effet comme si celui-ci avait mené à notre égard – consciemment ou non – une véritable campagne d'éradication au lendemain du 21 avril 2002, cherchant à nous transformer en bouc émissaire commode d'un échec dont son candidat était en fait le principal responsable.

Nous n'admettons pas d'avoir été ainsi « criminalisés » pour avoir porté un projet différent sur l'Europe, la politique industrielle, la République ou l'indépendance de notre politique étrangère.

 

Bref, nous entendons non seulement nous faire respecter mais conduire des débats de fond sans lesquels il n'y aura pas de refondation républicaine de la gauche. Le MRC se place dans cette perspective de refondation exclusivement. Il n'entend donc pas acquiescer à une version de l'Histoire qui n'a pas d'autre objet que de soustraire à la critique une orientation social-libérale qu'il a toujours combattue. Pas plus qu'hier nous n'accepterons de servir de caution.


5. Pour notre part, nous respectons le PS en tant qu'organisation, et nous n'entendons pas nous ingérer dans des choix de personnes qui lui incombent. Le débat d'idées au sein de la gauche en revanche est légitime et nous y contribuerons. Pour ce qui nous concerne, nous aspirons à la confrontation loyale des idées, au sein d'un grand parti de toute la gauche, avec le seul souci du fond. C'est ce qui a beaucoup manqué à la gauche depuis un certain temps et c'est avec cette loyauté élémentaire à l'égard des idées, et par conséquent des personnes, que nous aimerions la voir renouer dans son ensemble.


Le MRC propose donc un cadre de discussion ouvert à l'ensemble des femmes et des hommes de gauche et de progrès pour jeter les bases d'un grand parti de toute la gauche. Cette refondation est urgente. Sinon la gauche risque de se trouver confrontée à des divisions persistantes, au risque d'une nouvelle défaite.

Pour mobiliser l'ensemble de ses forces et susciter l'adhésion des hésitants, nous lançons un appel pour que la gauche se réunisse et se mette d'accord, non sur une simple perspective d'alternance dépourvue de contenu politique, mais sur un projet républicain réellement alternatif. C'est possible.

 

Le projet républicain du MRC est sur la table. Cette contribution à notre prochain Congrès a pour but d'ouvrir le débat non seulement au MRC mais également au sein de la gauche tout entière, en tout cas parmi ceux qui font de sa refondation leur perspective.

Par SORIN Michel
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Lundi 28 avril 2008

 

Débattre pour refonder et rassembler la gauche

 

Paul Quilès, Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, ainsi que des responsables politiques, syndicaux, associatifs, des diverses sensibilités de la gauche, ont lancé, il y a un an, un appel à la création d’un grand parti de la gauche.

 

Ils ont fondé le club « Gauche Avenir », qui a associé des milliers de signataires, en particulier par Internet et grâce à de nombreuses contributions, à la rédaction d’un projet de « charte de l’unité de la gauche ».

C’est ce projet qu’ils présenteront, dans le cadre du banquet républicain du 5 mai à Choisy-le-Roi, en présence d’invités appelés à en débattre :

 

-          Benoît Hamon, député au parlement européen, membre du bureau national du PS,

-          Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président d’honneur du MRC,

-          Claude Cabanes, ancien directeur de la rédaction du journal L’humanité.

 

Dans la perspective de ce débat, le site de Gauche Avenir www.gaucheavenir.org a publié la tribune parue dans l’édition, datée du 24 avril, du quotidien, sous la signature de Jean-Pierre Chevènement (voir aussi le blog www.chevenement.fr).

 

Un grand parti de gauche pour un New Deal

 

 

Certains, à gauche, comptent sur la puissance du rejet du pouvoir en place : il suffirait, à leurs yeux, que le Parti socialiste désigne demain un candidat crédible, en cohérence avec le projet social-libéral qu'il porte depuis 1983, éventuellement corrigé à la marge. Pour d'autres, les trois échecs successifs du candidat socialiste à l'élection présidentielle (1995, 2002, 2007) ne sont pas l'effet du hasard, mais la conséquence d'une rupture profonde avec les couches populaires que Ségolène Royal n'a comblé qu'en partie en 2007.

La reconquête de l'électorat populaire n'est pas possible à partir de l'existant. Elle passe par l'organisation d'un électrochoc puissant, débouchant sur la création d'un grand parti de toute la gauche, à condition bien entendu qu'il porte un projet à la hauteur des défis de la crise qui vient. Le mouvement socialiste, depuis les origines, n'a jamais fait l'économie d'une critique du capitalisme de son temps. La refondation de la gauche aujourd'hui ne peut davantage faire l'économie d'une critique approfondie de la globalisation.

Succédant à l'ère du New Deal (1945-1979), la globalisation libérale, voulue de longue date par les Etats-Unis, n'est pas qu'un phénomène économique - l'ouverture généralisée des marchés -, elle est aussi politique : elle ne marche qu'avec l'hégémonie des Etats-Unis, qui ont imposé le dollar comme monnaie mondiale et contrôlent, à travers leurs multinationales, l'essentiel des flux de richesses et notamment de matières premières. La globalisation, à travers la libération des mouvements de capitaux, a débouché sur la domination sans partage du capital financier. La crise financière actuelle trouve son origine dans le surendettement des ménages américains et dans les dérives de la sphère financière.

En réalité, les Etats-Unis n'ont plus les moyens de dominer seuls le monde. Leur politique de fuite en avant dans l'endettement intérieur et extérieur aussi bien qu'en politique étrangère, avec l'invasion de l'Irak, rencontre ses limites. La chute du dollar et l'enlisement militaire au Moyen-Orient rendent manifeste la "surextension impériale", dont l'historien Paul Kennedy avait eu l'intuition dès 1987. Les Etats-Unis cherchent en Europe des supplétifs, mais rien ne saurait enrayer la marche vers un monde multipolaire, avec la montée des grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.) et le retour de la Russie.

La seule question qui se pose est de savoir si nous prétendons contrarier cette évolution en nous mettant, au nom d'un "occidentalocentrisme" à courte vue, à la remorque de la politique néoconservatrice américaine, au risque de tensions et de conflits multipliés, ou si, au contraire, nous voulons que la France et l'Europe tiennent leur rôle pour faire prévaloir le dialogue des cultures et l'autorité du droit international sans lequel il ne peut y avoir de paix durable dans ce monde multipolaire. Ce choix est crucial. Il ordonne toute la politique française. Il n'est pas moins décisif pour la réussite d'un processus de refondation de toute la gauche.

Celle-ci, en effet, doit s'appuyer sur la crise de la globalisation financière pour dessiner les contours du monde nouveau. Les institutions internationales, qui sont au coeur de la globalisation (FMI, OMC), sont en pleine crise : le FMI, contrôlé en fait par les Etats-Unis qui y disposent d'un droit de veto, est frappé d'impuissance et personne n'imagine plus qu'une relance de la croissance puisse résulter d'une nouvelle libéralisation du commerce international. Les pays les plus libéraux aujourd'hui n'hésitent plus à recourir à l'intervention publique, comme si les nationalisations redevenaient légitimes, dès lors qu'il ne s'agit plus que de nationaliser des pertes.

La grande crise qui vient amènera un réexamen critique de tous les postulats libéraux (libre-échangisme, effacement de l'Etat, rejet des politiques industrielles au nom de la "concurrence"). Les règles de l'organisation monétaire et du commerce international sont à revoir.

 

Un grand parti de toute la gauche, en France, doit se donner pour visée l'organisation d'un nouveau New Deal à l'échelle mondiale. Cette nouvelle donne monétaire, sociale, environnementale, implique la réunion de grandes conférences internationales entre pays industrialisés et pays émergents. Encore faut-il pour cela qu'une volonté politique s'exprime. Sinon à quoi servirait la gauche ? Et à quoi servirait la France ?

C'est cette visée qui donnera toute sa puissance et sa légitimité à l'effort de conviction que la gauche devra déployer aussi bien en France vis-à-vis du monde du travail qu'au plan international vers les formations progressistes et vers les pays émergents. C'est ainsi que la gauche française pourra donner une juste perspective aux luttes sociales, particulièrement en ce qui concerne les délocalisations et la préservation, en France et en Europe, d'un tissu productif moderne. La gauche française doit construire autour d'elle une vaste "alliance des productifs".

Les institutions européennes auront à se réformer au feu de la crise. Le recentrage de l'Allemagne sur l'Europe, auquel nous devons contribuer, sera déterminant. Pour maintenir le tissu industriel, l'Etat ne devra se priver d'aucun moyen. Cette nouvelle donne suppose que la gauche française se réapproprie la tradition généreuse de Jaurès qui n'a jamais opposé l'internationalisme et la nation.

Ainsi, c'est à travers la conscience d'une tâche historique exceptionnelle qu'on relèvera la gauche. Je suis convaincu que l'organisation, dans tout le pays, de "forums de l'unité", dès lors que seront abordés les débats de fond, permettra d'attirer des milliers de sympathisants aujourd'hui encore sur le reculoir. Nous créerons ainsi un mouvement irrésistible vers cet "événement-électrochoc" que serait une nouvelle refondation de la gauche, à l'image de celles qui, de 1905 à 1971, ont rythmé son histoire.

Un tel parti doit s'ouvrir à toutes les sensibilités. En effet, un "parti révolutionnaire" dressé contre un parti "social-libéral" ouvrirait un boulevard à la droite. Les communistes, dont l'histoire a eu sa grandeur, trouveront mieux qu'un rôle d'appoint au PS dans la création d'un grand parti de toute la gauche. L'expérience montre que le dialogue entre des sensibilités radicales, voire utopiques, et des sensibilités plus gestionnaires peut être fécond au sein d'une même organisation.

Une phase intérimaire de type fédéral ou confédéral entre les parties constitutives est peut-être inévitable, mais le temps presse. Les échéances sont proches. Ne sous-estimons pas les capacités de rebond de Nicolas Sarkozy. Créons, pendant qu'il en est temps, l'élan nécessaire.

 

Construisons une véritable alternative en prenant appui sur les intérêts indissociables de la France et du monde du travail.

 

Par SORIN Michel
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Vendredi 2 mai 2008

Benoît Hamon sera-t-il l’homme de la situation ?

 

Après les catastrophiques élections nationales italiennes (gauche divisée, parti démocrate portant bien son nom), le successeur de Tony Blair et les travaillistes subissent une déroute aux élections locales en Angleterre.

En Allemagne, le nouveau parti de la gauche s’implante durablement, avec des résultats électoraux autour de 10%, qui obligeront tôt ou tard les sociaux démocrates (SPD) à accepter une alliance qu’ils refusent jusqu’à présent, préférant une grande coalition avec la droite démocrate chrétienne.

 

Dans un tel contexte, que feront les socialistes français ?

 

La voie italienne se ferme, au grand dam de Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, qui soutenaient la démarche du parti démocrate de Walter Veltroni (15 avril 2008 La gauche italienne, divisée et affaiblie après 2 ans au pouvoir, perd les élections nationales).

 

La configuration allemande est particulière (26 mars 2008 Le parti social-démocrate allemand (SPD), divisé sur le choix des alliances pour gouverner).

 

Le PS prépare son congrès (27 mars 2008 Les socialistes français, portés par un vent de radicalité à gauche, préparent leur congrès).

 

Dans un premier temps, il a réformé sa « déclaration de principes ».

 

« Le PS a adopté lundi sa nouvelle "déclaration de principes", un document en 21 articles précédés d'un préambule. Elle sera soumise au débat et au vote des militants pour adoption à la Convention du PS du 14 juin. Il s'agit de la première phase de la préparation du Congrès (7 au 9 novembre) » (http://tempsreel.nouvelobs.com, 22 avril 2008).

 

Dans ce même article sur le site du Nouvel Observateur, Vincent Peillon exprime sa préférence.

 

« Le PS a besoin d'avoir Ségolène Royal "à sa tête" pour succéder au premier secrétaire du parti, François Hollande, lors du congrès de novembre, a estimé, lundi 21 avril, l'eurodéputé socialiste Vincent Peillon, porte-parole de campagne de l'ancienne candidate à la présidentielle.
"Aujourd'hui, le Parti socialiste a besoin d'avoir Ségolène Royal à sa tête autour d'une équipe de gens de talents et pas seulement des candidats putatifs et qui l'aident dans sa tâche" pour la présidentielle de 2012, a-t-il affirmé sur France Inter/Le Monde i-télé ».

 

Auparavant, le 17 avril, sur www.liberation.fr, le journaliste David Revault d’Allonnes intitulait son article « Congrès : le NPS* montre le bout de son nez ». L’animateur du NPS, c’est Benoît Hamon.

 

« Les grandes manœuvres pré-congrès ont bel et bien commencé au PS. Après Ségolène Royal qui, il y a dix jours, lançait une «consultation participative», c’est au tour du Nouveau parti socialiste (NPS) de partir à l’offensive. Ce courant de la gauche du parti planche actuellement sur la préparation de huit grandes réunions régionales, qui se tiendront de fin avril à juin, «où seront mises en débat les options que nous défendons», explique Benoît Hamon, leader de cette sensibilité. Le député européen l’assure : «On se met en mouvement» (…).

Ségolène Royal-NPS, même méthode ? «Il y a une chose sur laquelle nous sommes d’accord avec elle : il faut défendre une offre autour de laquelle les gens s’agrégeront, poursuit Benoît Hamon. Certains rentrent dans le congrès comme dans une partie de Rubik’s Cube, en envisageant toutes les contributions possibles. Nous, nous le ferons avec une offre politique. Comme elle.» Là s’arrête la ressemblance entre les deux initiatives : «Nous, nous proposons des options, pas des questions. On ne demandera pas si le capitalisme est méchant ou si l’écologie, c’est bien», résume Benoît Hamon.

Ces «options pour une gauche moderne», rassemblées dans un «plan détaillé», visent à «préparer la France de l’après-Sarkozy en anticipant ce que sera la situation dans quatre ans, et en préparant les moyens de revenir au pouvoir dans un contexte où les inégalités auront augmenté, où la violence sera plus forte et les instruments de régulation auront été démantelés par la politique du gouvernement» (…).

* Le NPS est un courant qui, au moment du congrès du Mans de 2005, pesait près d’un quart des suffrages des militants. Mais qui, depuis, a vu partir plusieurs de ses dirigeants. Dont Arnaud Montebourg, puis Vincent Peillon, devenu depuis l’un des principaux soutiens de Ségolène Royal.


Le 29 avril, le quotidien Libération publiait un entretien de David Revault d’Allonnes avec Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l’université de Reims
, auteur, avec Frédéric Sawicki, de la Société des socialistes (Editions du Croquant) ; Rémi Lefebvre livre son diagnostic sur la rénovation du PS.

«Le PS condamné à de petits replâtrages»

 

Dans l’épais brouillard qui entoure aujourd’hui la préparation du congrès, quels scénarios se dégagent ?

Rarement congrès, dans l’histoire du PS, aura été aussi incertain, avec des lignes de force aussi changeantes. Trois intrigues sont possibles. Un duel frontal entre Delanoë et Royal, une opposition entre cette dernière et des «reconstructeurs», groupe aux frontières aujourd’hui très floues, ou encore une configuration plus classique, comme à Dijon ou au Mans, avec confrontation entre gauche et droite du parti. Avec un risque commun à tous ces scénarios : qu’il n’y ait, à l’arrivée, aucune clarification idéologique.

Pourquoi une telle incertitude ?

C’est le signe d’un parti qui n’est plus structuré par des loyautés idéologiques durables. Les courants sont devenus des coteries instables. Les identités y sont fluides, et les reclassements permanents. A part, peut-être, à la gauche du parti. Encore faudrait-il que celle-ci dépasse une certaine culture de la division et de la balkanisation idéologique. Car, au fond, qu’est ce qui distingue Marie-Noëlle Lieneman, Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon ?

Est-ce la fin des courants ?

C’est en tout cas la crise des sensibilités organisées. Un exemple : le courant strauss-kahnien était l’un des plus structurés, avec une vraie identité idéologique construite autour de la modernisation et du refus du surmoi marxiste. Mais il n’a pas résisté au départ de son leader, ni aux rivalités qui l’ont miné de l’intérieur. Au-delà, les positions sont devenues interchangeables : quelles sont, sur la durée, les positions sur l’Europe de Julien Dray, Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon ? Qu’est ce qui distingue, sur le fond, Ségolène Royal, François Hollande ou Bertrand Delanoë ? Il n’y a même pas d’accord sur les désaccords ! Les clivages sont artificiels et ne masquent que des luttes d’intérêts. La déshérence idéologique est totale.

Que signifie l’inflation du nombre de prétendants au poste de premier secrétaire ?

Le jeu est tellement ouvert que tout le monde tente sa chance. Dans la mesure où le débat ne porte plus sur les idées, la question des personnes devient surdéterminante. Le leadership est devenu le nouveau mantra du PS. Mais, plutôt qu’à l’homme ou à la femme providentiel(le), il faudrait réfléchir aux conditions à réunir pour qu’il existe une autorité au PS. Aujourd’hui, il n’y en a plus.

Partant de ce constat, la rénovation s’avère-t-elle une mission impossible ?

Le PS a déjà perdu beaucoup de temps. La défaite de 2007 avait ouvert une fenêtre d’opportunité. Mais elle n’a débouché que sur une période de latence. Aujourd’hui, il y a retour à la routine de l’organisation, et le mot de rénovation a perdu tout son crédit. Même au sein du parti, personne n’y croit plus. Le PS est condamné à de petits replâtrages en coulisses. Avec un effet délétère sur l’opinion publique. Le PS est même devenu illisible pour ses propres militants…

Justement, comment expliquer que le PS ait perdu 40 % de ses militants ?

D’abord parce que, dans toute organisation politique, les défaites sont toujours suivies d’hémorragies militantes. Mais aussi parce que le départ des nouveaux «adhérents à 20 euros» était écrit. Le PS se retrouve à son étiage historique, autour de 130 000 adhérents, plus que jamais rétracté sur son réseau d’élus. Et ceux-ci n’ont pas intérêt à ce qu’arrive le nouvel adhérent, qui est celui qui va remettre en cause les équilibres établis et se montrer critique. Le PS est un monde fermé, qui ne cherche pas à recruter. Sa logique est celle d’un repli sur soi.

Beaucoup de socialistes promettent un congrès pas comme les autres, avec des militants qui ne voteront plus selon la consigne du patron de la fédération…

Le vote des militants reste captif. Certes, les militants sont de moins en moins sensibles aux pressions et aux intimidations de leur secrétaire de section, ou de leurs responsables fédéraux. Mais le poids des élus demeure déterminant. Et d’abord parce qu’énormément de militants sont des collaborateurs des élus, qui travaillent dans les cabinets ou les collectivités locales. Ils sont donc dans des relations de dépendance. Le poids des grands féodaux du PS demeure donc très important. 


C’est le point de vue de Rémi Lefebvre, qui exprime ici l’avenir raisonnable. Mais il ne faut pas exclure un avenir moins prévisible avec, comme acteurs principaux, jouant un rôle clé, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, qui avaient créé ensemble NPS, « le Nouveau Parti Socialiste », le nom que portait, entre 1969 et 1971, le parti issu de la SFIO, qui allait devenir le Parti socialiste lors du congrès d’Epinay-sur-Seine, en 1971.

Rappel : Gauche Avenir organise un banquet républicain le 5 mai à Choisy-le-Roi, au cours duquel s’exprimeront Benoît Hamon et Jean-Pierre Chevènement. Un hasard, sans doute !

Voir, sur ce blog, l’article paru le 28 avril 2008 Gauche Avenir organise un banquet républicain avec Chevènement, Hamon et Cabanes

Par SORIN Michel
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Lundi 5 mai 2008

Face à la crise mondiale… fiers d’être de gauche !

 

Plusieurs journaux évoquent le lancement ce soir par le club politique « Gauche Avenir » de sa démarche visant au rassemblement de la gauche sur des bases de fidélité à son histoire et à ses valeurs. L’évènement a lieu ce soir à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) en présence, notamment, de Jean-Pierre Chevènement (MRC) et de Benoît Hamon (PS), qui exprimeront leurs idées sur ce thème.

 

En complément de ce que j’ai écrit à ce sujet sur ce blog (voir l’article paru le 28 avril), j’ai constaté que plusieurs journaux en parlent, ce qui est une bonne nouvelle !

Le site de Marianne www.marianne2.fr titre ce matin :

« Fiers d'être de gauche ? Oui, certains le sont encore! »

« Alors que le débat interne au PS s'achemine vers un ennuyeux duel Delanoë-Royal, Marianne2 publie une contribution du Club Gauche Avenir, où se retrouvent des responsables socialistes, communistes, Verts et chevènementistes » (…).

 

« Le texte, dont publions quelques extraits, «Fiers d'être de gauche» a été signé par quelques dizaines de militants socialistes, communistes, Verts, MRC et sans parti.

Ces signataires ont deux convictions :
1°) La gauche doit revenir à ses fondamentaux que la crise actuelle du système rend plus actuels que jamais.
2°) Le rebond de la gauche passe par l'unité de toute la gauche.

 

Pour Marie-Nöelle Lienemann et Paul Quilès, plus rien ne justifie la division née du congrès de Tours. Il convient donc d'entamer un processus d'unification du PS et du PC. Pour les autres, l'unité entre les composantes de la gauche ne doit pas se cantonner au plan électoral ; elle passe par un échange approfondi aboutissant à un nouveau programme commun.

Dans l'immédiat les animateurs de Gauche avenir organisent une série de banquets républicains qui rassembleront diverses composantes de la gauche locale. Le premier se déroule le lundi 5 mai à Choisy-le-Roi » (…).

 

Par ailleurs, Le Journal du Dimanche publiait sur www.lejdd.fr, hier 4 mai, un entretien avec Marie-Noëlle Lienemann.

« A gauche toute ! »

 

Soucieux de voir le Parti socialiste opérer sa rénovation à gauche plutôt qu'au centre, la députée européenne Marie-Noëlle Lienemann et l'ancien ministre Paul Quilès présentent lundi leur livre blanc, Fiers d'être de gauche. Malgré les difficultés à faire passer leur conception du PS, ils entendent se servir de ce bréviaire pour défendre leur idée d'un grand parti de gauche.

 

Le PS planche sur son identité? Eux préfèrent voir plus large. Les membres du club Gauche Avenir - animé notamment par l'eurodéputée PS Marie-Noëlle Lienemann et l'ancien ministre Paul Quilès - présenteront lundi une charte "pour l'unité de la gauche". Un petit livre blanc d'une soixantaine de pages, au titre offensif: "Fiers d'être de gauche". Objectif: affirmer des valeurs communes face à l'hégémonie culturelle de la droite, et constituer une nouvelle étape vers l'unité.

Voici près d'un an que ce club de réflexion, créé après la présidentielle, réunit politiques, syndicalistes, associatifs et intellectuels des différentes sensibilités de la gauche. Soit 2500 personnes qui, comme le journaliste Ivan Levaï, "ne veulent pas croire que la gauche est morte". La déclaration de principes du PS leur paraît "fade", "light". Leur texte refuse l'alliance au centre. Et tous se disent attachés à l'"évolution révolutionnaire" chère à Jaurès, une citation qui a malencontreusement sauté dans le livre. "Face à la crise mondiale, on doit tourner le dos à l'affadissement de la gauche française, résume Marie-Noëlle Lienemann. On n'attend pas le grand soir, mais on défend toutes les formes d'action qui permettent d'inverser la logique d'un système inégalitaire, du tout-fric et destructeur de l'environnement."

Un texte débattu lors de banquets républicains

La charte fixe donc sept objectifs: nouvelle approche des questions économiques et sociales avec le renforcement du rôle de l'Etat, juste répartition des richesses, protection des écosystèmes planétaires... Et elle maintient le cap: l'unité de la gauche, jugée indispensable pour gagner les élections nationales. Le bréviaire, édité à 2500 exemplaires, sera débattu lors de banquets républicains. Le premier se déroulant lundi soir dans le Val-de-Marne, en présence du député européen Benoît Hamon (NPS) et de Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC. Puis la tournée se poursuivra en province. Direction la Somme, la Corrèze et la Creuse.

Difficile de voir au-delà. Car tous n'ont pas la même conception de l'unité. Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès ont déjà lancé un appel pour la constitution d'un grand "Parti de la gauche", PS, PCF, Verts, PRG, MRC... mais aussi des clubs, des associations et "tous les déçus des partis de gauche". Jean-Pierre Chevènement prône, lui aussi, un "nouvel Epinay". L'ancien ministre défend la création d'un parti "rassemblant toutes les composantes de la gauche, aussi bien radicales que gestionnaires". Et propose d'organiser des forums de l'unité pour aboutir à des assises nationales, fin 2008-début 2009.

Certains défendent une autre idée. L'ancien ministre PCF Jean-Claude Gayssot, qui participe à Gauche Avenir, penche pour "une force politique nouvelle à la gauche du PS recentré", un peu comme le Die Linke en Allemagne. Il rêve que le PCF soit à l'origine du processus... mais les ténors de son parti semblent peu réceptifs. Pour le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon qui reste en dehors de Gauche Avenir, "la priorité, c'est que l'autre gauche - la gauche non socialiste - se rassemble car, tant qu'elle est en miettes, le PS regarde du côté du centre, et on court à la catastrophe!" (…).

Sur le site de Gauche Avenir http://www.gaucheavenir.org, on prend connaissance du débat entre Benoît Hamon et Marie-Pierre Vieu, publié sur http://www.humanite.fr

 

« Débat Hamon/Vieu sur l'avenir de la gauche »

 

« Dans le cadre de la préparation du banquet républicain du 5 mai à Choisy-le-Roi, nous vous invitons à lire le débat publié dans l’Humanité sur la question de l’avenir de la gauche, avec Marie-Pierre Vieu, membre du Comité exécutif national du PCF, vice-présidente de la région Midi-Pyrénées et Benoît Hamon, député européen et membre du bureau national du PS » (…).

 

Ainsi, une partie des socialistes, très minoritaire aujourd’hui, n’accepte pas les choix des dirigeants du PS, qui conduisent la gauche vers une voie « démocrate » à l’italienne, l’allemande ou britannique.

La crise du capitalisme justifie la recherche d’une alternative aux politiques néolibérales, comme l’a réaffirmé hier le MRC (voir sur ce blog Chevènement convainc les cadres du MRC de passer à l'offensive - 4 mai 2008).

 

Jean-Pierre Chevènement, à qui je confiais hier, à l’issue du Conseil national du MRC, que la situation actuelle présente des points communs avec la période précédant le congrès d’Epinay, en 1971, m’a répondu que la situation de la gauche était pire après 1968. Mais le contexte est très différent, ne permettant pas vraiment de comparer.

Par SORIN Michel
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Mardi 6 mai 2008

Trois ans pour préparer l’unité et relever le défi

 

Le temps de l’action politique est venu. Après le 6 avril au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), qui a relancé le MRC, le 5 mai 2008 à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) a montré le chemin du redressement de la gauche.

Dans le cadre du banquet républicain du 5 mai à Choisy-le-Roi, le club politique Gauche Avenir organisait le lancement des forums de l’unité de la gauche.

 

Voici la trame de l’intervention de Jean-Pierre Chevènement, telle qu’on peut en prendre connaissance, ce 6 mai, sur son site www.chevenement.fr.

Un nouveau départ pour la gauche

La gauche est solidement installée dans le paysage local mais elle ne peut oublier qu'elle a échoué à trois reprises à conquérir le pouvoir d'Etat, à l'occasion des élections présidentielles de 1995, 2002 et 2007. Cette incapacité est-elle rédhibitoire ?

I – La gauche est placée devant un grand défi : la conquête du pouvoir d'Etat.

1. La politique engagée par Nicolas Sarkozy répond à un dessein illusoire : celui d'adapter la France à la mondialisation

L'abaissement du coût du travail est une impasse pour la France comme pour l'Europe. Ce n'est pas de cette manière que nous restaurerons notre compétitivité face à la Chine, l'Inde, etc. On nous donne la politique allemande en exemple. Cette politique de compression des coûts s'exerce au détriment des autres pays européens. Elle est de plus en plus rejetée en Allemagne. La politique de Nicolas Sarkozy ne prépare pas l'avenir. Elle tue la croissance. Elle ruine la solidarité. Elle ne répond pas à l'exigence d'un effort partagé.

2. Cette politique est d'autant plus vouée à l'échec que c'est la mondialisation ou plutôt la globalisation qui est entrée en crise.

a) La globalisation : un phénomène à la fois économique et politique. L'ouverture des marchés aux FMN sous les coups de boutoir des Etats-Unis - la domination absolue des marchés financiers - la dictature de l'actionnariat.

b) Cette globalisation est entrée en crise :
- 1997-98 : crises asiatiques, russe, latino-américaines
- 2000 : bulle technologique
- 2007 : crise des subprimes

• l'échec du FMI et l'autonomisation des pays émergents
• la fuite en avant des Etats-Unis, déficits et endettement interne et externe – taux d'intérêt réels négatifs – chute du dollar.
• augmentation du prix du pétrole
La tentation de la coercition militaire et l'enlisement au Moyen-Orient. Les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens – surextention impériale. Le problème posé au monde est celui d'un nouveau cycle organisé autour d'un monde multipolaire et de nouvelles règles du jeu.

 

3. La crise bat en brèche les postulats libéraux

- libre échangisme ;
- refus des politiques industrielles ;
- intervention des Etats au capital des entreprises

4. Elle ouvre un espace à la gauche pour apporter des solutions

a) Nouvelles règles du jeu à l'échelle mondiale – fourchettes de parité monétaires et rétablissement des capacités d'épargne des Etats-Unis ;
Régulation concertée des échanges internationaux : Afrique – APD – pays émergents doivent accepter les normes sociales et environnementales.
Conférences internationales sur le modèle Bretton-Woods.

b) Au niveau européen – modèle européen
- Gouvernement économique de la zone euro
- Croissance et harmonisation fiscale et sociale
- Rôle déterminant de l'Allemagne
- Rôle de catalyse de la France
- Reconnaissance du rôle des Etats.

c) Au niveau national :
- Faire face à la récession
- Politique industrielle : les moyens
- Education – recherche – innovation
- Civisme – science – écologie de l'humanité – culture.

5. La gauche française est placée devant un grand défi.

a) Eloignement des couches populaires et absence de projet à la hauteur des défis du temps expliquent l'échec de la gauche aux trois dernières élections présidentielles : 1995 – 2002- 2007.
Le contexte est favorable à la fois pour élaborer ce projet et combler cet écart avec les couches populaires.
Plus qu'une alternance fondée sur le rejet, la gauche doit préparer une alternative sérieuse et durable.

b) Pour autant, il ne faut pas sous-estimer la capacité de rebond de Nicolas Sarkozy. Les droites européennes partout jouent sur les réflexes de peur, en exploitant l'insécurité et l'angoisse devant une immigration mal contrôlée. C'est d'une refondation républicaine dont la gauche a besoin. Ne sous-estimons pas les ressources de la démagogie de l'adversaire.

II – Un nouveau départ pour la gauche.

1. La gauche doit dépasser des clivages obsolètes.

a) Le Congrès de Tours en 1920 : entre la thèse de la prise de conscience démocratique des masses et celle de la conscience importée au sein même de la classe ouvrière par un parti d'avant-garde, l'Histoire a tranché, ce qui ne veut pas dire rejet de la théorie, de la réflexion, de la formation et surtout du débat pluraliste.

b) La création du Mouvement des Citoyens en 1993 a correspondu à un double refus : celui de la guerre du Golfe et de l'alignement derrière l'Hyperpuissance américaine, et celui de l'Europe de Maastricht.
Nos critiques sont aujourd'hui mieux comprises, même si nous savons qu'existent toujours au sein du PS un courant de suivisme pro-américain et un courant européiste qui s'est manifesté récemment par l'approbation du traité de Lisbonne. Mais il existe aussi au sein du PS des courants, qui militent pour l'indépendance et pour la réorientation de la construction européenne.

c) Le souci de l'écologie est aujourd'hui largement pris en compte au sein de la gauche tout entière, même s'il existe au plan théorique, un débat sur la Nature, la culture, la raison critique, la science et le progrès.

d) La République aujourd'hui à laquelle les radicaux sont attachés n'est plus contestée, non plus que le rôle du citoyen, en tant qu'il est une parcelle de la souveraineté populaire, mais aussi un individu libre dont l'esprit critique, formé par l'Ecole laïque est nécessaire à la démocratie. Certes l'exigence républicaine, en tant qu'elle implique la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général n'est pas toujours bien comprise. Mais la notion d'intérêt général ne peut s'affiner que dans le débat, à travers une juste hiérarchisation des intérêts et des niveaux d'appartenance.
Ce qui reste de ces clivages doit pouvoir être résorbé par le débat au sein d'un grand parti de toute la gauche.

2. La création de ce grand parti rassemblant toutes les cultures de la gauche peut et doit être l'électrochoc qui permettra une nouvelle refondation comme la gauche a su le faire à Epinay et à toutes les étapes de son histoire.

a) Ce parti doit être ouvert à toutes les sensibilités des plus radicales aux plus gestionnaires dès lors que la perspective gouvernementale est assumée. Croire aux vertus du débat. Il y aura fécondation réciproque. Vouloir créer un parti révolutionnaire à côté d'un parti social-libéral serait ouvrir un boulevard à la droite.

b) Cela ne veut pas dire que ce grand parti de toute la gauche doive faire l'économie d'une analyse de ce qu'est le capitalisme financier aujourd'hui. Le mouvement socialiste depuis ses origines est inséparable d'une critique du capitalisme de son temps. La création du grand parti de toute la gauche doit se faire sur la base d'une conscience claire des formes inédites prises par le développement du capitalisme : dérégulation généralisée et mise en concurrence des territoires et des mains-d'œuvre – souveraineté des marchés financiers, etc.

De même, l'évolution de la construction européenne nous impose de réaffirmer l'ancrage de la gauche dans la nation républicaine, levier de notre responsabilité au monde, comme l'avait très bien compris et formulé Jaurès en son temps. C'est dans ce cadre que la gauche peut faire vivre les valeurs de citoyenneté, de laïcité et de solidarité et opposer une critique à la fois constructive et sans concession à la politique de la droite qui ne vise qu'à adapter la société française à la globalisation financière.

c) Avant de poser le problème des alliances, il faut savoir soi même où l'on habite.

d) Ce grand parti doit être ouvert, démocratique, pluraliste. Son assiette naturelle est le monde du travail et de la création.

e) Seule la réunion et le dialogue sans sectarisme de toutes les cultures de la gauche et de toutes les forces sociales, à l'exception, bien entendu, des rentiers de la Finance, pourra drainer des centaines de milliers de sympathisants et de militants syndicaux et associatifs qui ressentent le besoin d'un engagement politique nouveau, ailleurs que dans des organisations qui les ont déçus.

Seul un grand parti de toute la gauche pourra capter l'énergie des nouvelles générations. C'est dans ce cadre que pourra être entrepris le vigoureux effort de débat, de mise en commun, de synthèse et de mise à niveau, et, bien entendu, de formation de cadres. Notre pays retrouvera ainsi confiance en lui-même et pourra tourner les pages du sarkozysme pour ouvrir la voie à une nouvelle donne, à l'échelle nationale, européenne et mondiale.


3. Les étapes nécessaires.

a) Je propose que toutes les organisations et toutes les personnalités de gauche et de progrès qui le voudront réunissent dans les départements des Forums de l'unité. Ceux-ci auraient à traiter de quelques sujets-clés :
- l'analyse de la globalisation, de sa crise, et des perspectives qu'elle ouvre ;
- la valorisation du travail dans le contexte de la mondialisation ;
- l'avenir de la protection sociale et de la santé ;
- les enjeux de l'éducation et de la recherche ;
- la forme et les étapes du parti à créer.

b) Ces forums pourraient déboucher sur des Assises de la gauche au printemps 2009.

c) Ces Assises prépareraient un projet clair sur la base duquel s'opérerait un rassemblement qui, dans un premier temps, pourrait éventuellement prendre la forme d'une Fédération anticipant sur le grand parti à créer.

C'est dans ce cadre que pourrait intervenir au plus tard au printemps 2011 la désignation par tous les militants du candidat de la gauche à l'élection présidentielle de 2012.

Ce candidat ne serait pas seul. Il serait porté par un projet collectif et par un élan qu'il nous appartient de faire lever dans le pays sans attendre.

Par SORIN Michel
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