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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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France et monde

Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 23:53

 

Ils disent NON à la dissolution de la France

 

Trois ans après avoir accédé aux plus hautes fonctions de l’Etat, le président Sarkozy se heurte à des difficultés tous azimuts. Il a réussi à éviter la confrontation sociale, en jouant de la division entre les organisations syndicales, mais il a perdu la confiance populaire, ce qui est constaté par les sondages d’opinion.

Homme de rupture, il a effectivement rompu avec tous ses prédécesseurs par sa volonté de mettre fin au « modèle » social et républicain national. C’est à ce niveau que ses opposants sont le plus déterminés. Jusqu’à présent, cette opposition est restée dans l’ombre. Elle a décidé, semble-t-il, de sortir du bois.

 

Le COMITE VALMY a pris l’initiative de célébrer le 5ème anniversaire du référendum du 29 mai 2005.

 

Le Comité Valmy, au sein de l’Arc Républicain de Progrès, appelle à célébrer le 5ème anniversaire du vote Non au référendum du 29 mai 2005

Il y a cinq ans, le 29 mai 2005, le peuple français a dit Non au traité européen. Depuis 2008 le résultat du référendum lui a été volé et l’expression de la souveraineté populaire a été violée. Il est vital de réagir ! En effet, humiliée par un pouvoir liberticide aux ordres des grands affairistes, étranglée par la construction européenne négatrice des droits sociaux, la France républicaine issue des Lumières, de la Révolution, des combats du monde du travail et des conquêtes de la Libération est en danger de mort :

● La république n’est plus qu’un mot vide quand l’exécutif bafoue la séparation des pouvoirs et quand la protection sociale est dépecée au nom de l’euro.

● La nation n’est plus qu’une façade quand le gouvernement, le MEDEF et l’Europe favorisent la colonisation culturelle de notre pays, le font basculer au tout anglais et y marginalisent le français.

● La cohésion nationale vole en éclats quand des masses d’ouvriers, d’enseignants, de chercheurs, d’ingénieurs, d’étudiants, d’agriculteurs, d’artisans, de petites et moyennes entreprises, de retraités, se sentent de trop dans leur propre pays transformé en Monopoly.

● La modernité n’est qu’un leurre grossier quand, au nom de la concurrence et de la compétitivité, une part croissante de la jeunesse est vouée au chômage et à la précarité.

● Quant à l’indépendance nationale et au rôle international de la France, aujourd’hui vassalisée par l’Union Européenne, ce sont des fictions masquant la soumission aveugle de nos gouvernants aux entreprises guerrières de Washington et de l’OTAN...

Mais comment changer cela alors que le pouvoir est confisqué par une nouvelle oligarchie et que la démocratie ne sert plus qu’à choisir ceux qui mettront en œuvre une politique élaborée, à Bruxelles, Berlin à Paris, hors de tout contrôle des citoyens ?

Face à cette trahison, l’opposition établie ne critique le pouvoir que pour la forme. La collusion UMP-PS est d’ailleurs si flagrante qu’une majorité d’électeurs fait désormais légitimement la grève des urnes. Quant aux extrêmes, droite ou gauche, agitant des leurres pour mieux dissimuler leur conformisme et leur soumission à l’euro-dictature, ils ne trompent plus grand monde.

Confrontés à cette urgence civique, les républicains patriotes, issus de toutes les sensibilités politiques, qui savent encore dire Non, doivent donc s’unir sur les principes d’indépendance nationale, de progrès, de démocratie et de coopération internationale qui inspiraient le programme du Conseil National de la Résistance.

L’appel de l’Arc Républicain de Progrès invite le peuple français à une véritable insurrection démocratique, car un régime et une Europe qui font la guerre aux nations souveraines et aux travailleurs en bafouant les principes de tout contrat social républicain ne sauraient être légitimes. Alors que les résistances se multiplient dans le pays, il est urgent de porter dans les mobilisations sociales les grandes exigences de la rupture progressiste à venir.

Pour en finir avec l’euro régionalisation féodale du territoire, pour que vive une République sociale fondée sur la souveraineté populaire et nationale, favorisant la participation du monde du travail aux affaires publiques et garantissant la solidarité comme la laïcité des institutions : il est impératif de proclamer la nécessité du retrait de la France de cette prison des peuples qu’est l’Union européenne.

Le Comité Valmy, au sein de l’Arc Républicain de Progrès, appelle à célébrer le 5ème anniversaire du vote Non au référendum du 29 mai 2005 : Rassemblement le 29 MAI 2010 À 15 heures à Paris, devant l’Opéra Bastille.

Pour en savoir plus sur le Comité Valmy, lire : Claude Beaulieu, président du Comité Valmy et Vers une insurrection populaire, républicaine, pacifique et démocratique ?

Le Réseau Vercors est tout jeune et beaucoup plus discret. J’ai eu connaissance de son existence par le site Politique Actu de Jean-Luc Pujo : "Vers un coup de force prochain en France ?" (Réseau Vercors).

 

Voici ce texte, reproduit par une source, réputée sérieuse (Mecanopolis est un site d'analyses et de décryptages de l'Informations politique, militaire & renseignement souvent très bien informé). Extrait.

 

La France est décidément un pays étonnant. La déréliction de l’appareil d’État français; la corruption et la vulgarité étalées au plus haut sommet de l’État; la désorganisation police-gendarmerie-armée; la destruction programmée de la Justice; le climat pré-insurrectionnel dans les banlieues où les livraisons d’armes se multiplient via des services étrangers de pays dit « amis » … le tout sur fond de crises économique et sociale dures, il n’en fallait pas plus pour que quelques hommes décident de s’organiser.

Le Réseau VERCORS le sait bien, un Homme décidé plus un Homme décidé égale une force. Pour le Réseau VERCORS, il s’agit de « stopper » le processus de « solution finale » appliquée à la Nation France.

Ne s’agit-il d’ailleurs pas, des mêmes forces financières et industrielles qui – ayant soutenu l’accession de Hitler au pouvoir en 1933 puis l’ayant lâché quelques années plus tard – cherchent aujourd’hui à détruire les Nations en Europe et en premier lieu celle primordiale de la France ?

Le Réseau VERCORS l’affirme : « Si la France tombe, toute l’Europe tombe« ! C’est dire que le réseau revendique également des appuis au delà des frontières françaises. Dans une logique de résistance totale, le Réseau VERCORS proclame la nécessité de restaurer la France, la République dans l’esprit du programme du CNR.

Réunissant d’après nos renseignements – Magistrats, Officiers d’actives, hauts fonctionnaires, militants et syndicalistes – le Réseau opérationnel « VERCORS » s’inscrit dans la vieille tradition française – celle des comités de Salut public, des Comités insurrectionnels et des Comités de grèves générales – de quoi prendre très au sérieux les informations qui nous parviennent.

La récente réorganisation de la sécurité autour de N.SARKOZY n’est d’ailleurs pas étrangère à ces bruissements qui inquiètent au plus haut sommet de l’État. La candidature de N.SARKOZY en 2012 – actée depuis son récent voyage aux États-Unis – ne peut que renforcer la détermination de ceux qui s’inscrivent dans un processus de libération de la France, notamment en se fixant pour objectif, la sortie immédiate de l’OTAN (…).

 

Ce qui est en cause, c’est la fin du gaullisme, ce que regrette Laurent Pinsolle dans cet article publié sur le site Marianne2 le 21 avril : Balladur piétine le gaullisme en fin de partie.

 

Cet article est le 7ème paru sur ce blog dans la catégorie France et monde

 

Par SORIN Michel - Publié dans : France et monde - Communauté : Les blogs républicains
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Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /Juil /2008 16:01

La reddition d’un groupe des FARC, mise en scène

 

Je crois nécessaire de compléter les informations contenues dans l’article paru hier sur ce blog Ingrid Betancourt : une nouvelle vie commence, libre et périlleuse, concernant les conditions de libération du groupe d’otages par l’armée colombienne.

Le site www.rue89.com publie ce 5 juillet de nouvelles informations sous le titre :

 

Betancourt: opération militaire parfaite ou vaste mascarade?

 

Cet article est suivi d’un commentaire faisant état de la réflexion, datée du 4 juillet, de Claude-Marie Vadrot, journaliste intervenant sur le site Mediapart (Claude-Marie Vadrot).

 

Voici des extraits de Libération d'Ingrid Betancourt: ce que ne dit pas la version officielle.

 

Hollywood aura du mal à scénariser la libération d’Ingrid Betancourt. Le gouvernement colombien, avec l’aimable participation des Etats-Unis et d’anciens des services secrets israéliens, s’est déjà chargé de nous offrir un véritable conte de fées, prenant parfois les allures d’une bluette de série B.

Les médias prennent leurs lecteurs et leurs téléspectateurs pour des imbéciles en persistant à raconter sans le moindre recul, sauf celui de notre confrère Gilles Perez, et avec des trémolos dans la voix, le succès de «l’opération militaire » réussie par l’armée colombienne.

Ce n’est pas remettre en cause le courage d’Ingrid Betancourt, le plaisir d’apprendre enfin sa libération, ni son extraordinaire volonté de surmonter ses souffrances. Ce n’est pas minimiser le soulagement de ses familles. Mais le gouvernement colombien tente de vendre au monde entier comme un fait d’armes, ce qui n’est qu’une reddition d’un groupe des FARC.

Car ce groupe, il y a un peu plus de trois mois, avait fait savoir aux autorités colombiennes, qui s’en firent officiellement l’écho plus tard, qu’il était prêt à se rendre. Et qu’il était prêt à rendre les otages sous son contrôle, en échange d’une immunité et d’un départ en exil pour la France.

C’est vers la fin du mois de mars, comme le quotidien El Tiempo s’en fit l’écho avec l’interview d’un prêtre, que le groupe chargé de la garde d’Ingrid Betancourt et des trois « militaires américains » (nul ne les a vus d’ailleurs depuis leur libération mercredi) a officialisé ses contacts avec le gouvernement colombien. Le marché proposé par quelques chefs fatigués et désorientés était clair : la livraison de la quinzaine d’otages contre de l’argent et l’immunité.

Les différents recoupements effectués auprès de journalistes de Radio Caracol, la radio qui diffuse tous les jours des messages à l’intention des otages, de l’agence de presse Anncol (réputée proche des FARC) et de journalistes colombiens qui ne veulent pas s’attirer les foudres de la présidence de leur pays, permettent de reconstituer l’histoire d’une reddition transformée en opération militaire. Succès militaire qui permet opportunément de renforcer l’image de l’armée et d’un président par ailleurs occupé à faire modifier la constitution pour pouvoir se présenter une troisième fois à la prochaine élection présidentielle (…).

La Colombie fait échouer un processus de libération via l’Equateur

 (…) Ces deux guérilleros ont décrit la précision de l’attaque qui a détruit ce camp, attaque à laquelle ils ont échappé parce qu’ils s’étaient éloignés de quelques centaines de mètres. Ils ont raconté que cinq bombes ont frappé simultanément la vingtaine d’hommes qui y vivaient depuis quelques jours. Selon plusieurs sources, ces bombes ou missiles n’ont pas été largués par des avions colombiens mais par des appareils américains volant à haute altitude. Ils ont été guidés par le faisceau d’ondes émis par l’un des téléphones satellites utilisés par Raul Reyes.

Ayant réussi à se procurer quelques jours auparavant le numéro de ce téléphone, et en accord avec le gouvernement colombien, les responsables américains ont estimé nécessaire de mettre un terme à la négociation qui était sur le point d’être finalisée. La libération d’Ingrid Betancourt était alors programmée pour le 8 mars, journée internationale de la femme.

L’objectif de cette attaque, toutes les informations et tous les indices l’indiquent, était de remettre en cause la libération d’une otage médiatique. Car, dans ces conditions, cette libération aurait redoré la réputation d’une guérilla en perte de vitesse ; elle aurait été portée au crédit de l’Equateur, du Venezuela et de la France. La mort, dans des conditions mal éclaircies, le vendredi 7 mars, d’un autre dirigeant des FARC, Yvan Rios, ne pouvait qu’accentuer la tentation de rupture de tout processus de négociation.

Si ces deux opérations ont été concertées, il est évident qu’elles visaient à affaiblir la fraction des guérilleros désireuse de sortir de l’impasse et de négocier les libérations. Le président Correa de l’Equateur déclara alors publiquement : « Regardez la bassesse d’Alvaro Uribe, il savait qu’en mars douze otages allaient être libérés, parmi eux Ingrid Betancourt. Il le savait et il a utilisé ses contacts pour monter ce traquenard et faire croire au monde qu’il s’agissait de contacts politiques et pour lancer un écran de fumée sur son action injustifiable. »

Une négociation directe avec le groupe détenant Ingrid Betancourt

Une autre partie de poker politique pouvait alors être engagée par les Colombiens. Elle consista à prendre contact directement avec le groupe identifié gardant Ingrid Betancourt, et à le convaincre que la reddition était la meilleure des solutions.

L’armée se rapprocha d’eux ; elle cessa de harceler ce groupe d’une centaine de personnes. Ce qui lui a permis de se procurer plus facilement des médicaments et des provisions, pour les guérilleros et pour les otages. D’où l’apparence de meilleure santé des otages libérés mercredi : ils ont eu le temps de reprendre des forces, même s’ils n’étaient évidemment pas conscients de ce qui se tramait.

Il n’y a eu, en dépit de la version officielle, aucune infiltration des services spéciaux militaires. Simplement, avec l’aide logistique (et notamment le support de drones) américaine, le groupe a été suivi jour après jour pendant que se préparait par radio, et par l’intermédiaire d’un émissaire, le scénario de reddition. Scénario reposant, comme l’a expliqué Ingrid Betancourt, sur une évacuation de sécurité par une ONG imaginaire. De quoi faire admettre, à ceux qui n’étaient pas dans le secret, l’arrivée de plusieurs hélicoptères, puisque les FARC ne disposent pas de ce type de moyens aériens.

Il a évidemment fallu plusieurs semaines pour qu’un maximum de chefs du groupe soient convaincus. La condition de ce groupe des FARC étant d’abord l’impunité promise et l’assurance qu’aucun coup de feu ne serait tiré. Le contrat a été respecté. Vers le 15 juin, le gouvernement colombien a fait demander à la France si l’offre d’accorder l’asile aux rebelles, offre faite tant par Nicolas Sarkozy que par François Fillon, tenait toujours. La réponse ayant été positive, la phase finale de l’opération a été mise en route sans que les rebelles aient à se déplacer, les otages étant à peu près désormais « présentables ».

Il ne restait plus, au moment du dénouement, qu’à accréditer l’invraisemblable version d’une opération militaire surprise, résultat d’une opération d’infiltration. La réalité est moins glorieuse pour l’armée colombienne. Mais l’essentiel est la liberté d’Ingrid Betancourt et de ses quatorze compagnons de captivité.

Voir ces informations sur http://www.mediapart.fr/journal/international.

Par SORIN Michel - Publié dans : France et monde
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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 16:08

Un parcours exceptionnel, une volonté farouche

 

C’est une personnalité hors du commun que la France va accueillir cet après-midi, deux jours après sa libération par l’armée colombienne, dans des conditions qui restent à élucider (la version officielle ne semblant pas crédible*).

 

Le formidable engagement de cette femme politique contre la corruption et le trafic de drogue en Colombie, son impétuosité juvénile, l’ont conduit à vivre, ou plutôt survivre, six ans et quatre mois dans la jungle, prisonnière des FARC.

 

Grâce à elle, son pays est placé sous les feux des médias, ce qui lui permettra, espérons-le, de résoudre ses conflits internes, cette guerre civile qui dure depuis plus de quarante ans, et de se rapprocher de la démocratie sur l’ensemble de son territoire.

 

La presse a abondamment traité de la libération de la candidate à l’élection présidentielle 2002 en Colombie. Je propose sur ce blog les liens avec les articles parus les 2, 3 et 4 juillet sur www.rue89.com. Ils aident à comprendre l’histoire de ce mouvement de guérilla (les FARC) et la vie mouvementée de la franco-colombienne (ces deux mots qui associent franchise et paix) Ingrid Betancourt.

 

Six ans otage des Farc, Ingrid Betancourt enfin libre

 

L'histoire des Farc, de la révolution au trafic de drogue

 

Betancourt: Royal et Sarkozy, entre polémique et récupération


Radio suisse romande et www.lemonde.fr

Par SORIN Michel - Publié dans : France et monde
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Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 21:58

Un ordre international fondé sur la paix et la justice

 

Le site www.marianne2.fr a publié, le 30 avril, les 1er et 2 mai, une série de trois articles signés Edouard Husson, qui concernent la politique étrangère de la France.

Les deux premiers sont parus les 20 et 21 mai sur ce blog :

Edouard Husson : Les USA, la France et l'histoire monétaire - 20 mai,

Edouard Husson : la Chine, la France et la question de la démocratie - 21 mai.

 

Voici le 3ème, daté du 2 mai 2008 sur le site de Marianne ; il aborde les propositions pour un nouvel ordre mondial, ce qui implique une prise de distance de la France avec les USA.

« La France, caniche des puissants ou voix des opprimés ? »

Edouard Husson, historien, considère que la France est à une fourche de son histoire. Soit elle saura s'émanciper de la suprématie américaine et proposer un nouvel ordre mondial, soit elle perdra ses idéaux et son libre-arbitre à suivre sans courage les USA.

Il se peut que l'Iran ait franchi, mardi 29 avril 2008, le point de non-retour du point de vue américain. Un haut fonctionnaire du Ministère iranien du Pétrole a annoncé que, désormais, son pays ne facturerait plus aucune transaction pétrolière en dollars, uniquement en euros ou en yens.

 

L'Irak a été détruit pour avoir fait une annonce du même type en 2000. La question de la défense d'Israël, ou celle des armes de destruction massive, pèsent peu, aux yeux des Américains, à côté de la seule garantie matérielle subsistante d'un dollar toujours plus dévalué.

 

L'Iran est le deuxième pays producteur de l'OPEP et les Américains, en pleine crise financière, se sentiront particulièrement menacés par un adversaire qui sait où sont leurs points vulnérables. Il n'est pas étonnant qu'on recommence à parler d'une attaque américaine contre l'Iran à l'été.

Si les Américains déclenchaient un conflit contre l'Iran, on basculerait définitivement dans un autre monde, vingt ans après la chute du Mur de Berlin. La communauté des nations se polariserait définitivement entre ceux qui accompagneraient les Etats-Unis dans une folle tentative de maintenir leur mainmise impériale et ceux qui se coaliseraient pour faire émerger un nouvel équilibre mondial.

 

De quel côté la France se situerait-elle ? Si l'on en croit l'attitude du président Sarkozy depuis son arrivée au pouvoir, la France choisirait les Etats-Unis, au risque de perdre la confiance de tous ceux qui attendent qu'elle élève la voix pour tracer les contours d'un ordre international fondé sur la justice et la paix - ce que Jaurès et de Gaulle ont su faire, chacun à leur époque.

La France sera-t-elle réduite à l'insignifiance ?


Espérons que le pire sera évité dans les mois qui nous séparent de l'élection américaine; que George W. Bush ne choisira pas la fuite en avant, à la fois pour sortir de la crise monétaire et financière très grave dans laquelle se trouve son pays, pour rester dans l'histoire comme un «nouveau Churchill» et pour influencer le vote de ses compatriotes.

 

Cependant, même en l'absence d'une nouvelle guerre, la France se trouve à la croisée des chemins. Continuera-t-elle à défendre le désordre international entretenu par l'Amérique impériale ou choisira-t-elle, conformément au meilleur de son histoire, de servir la paix, la liberté et la justice ?

 

La France choisira-t-elle d'entendre la voix des peuples, comme les démocraties latino-américaines, qui ont beaucoup moins d'atouts politiques, militaires, économiques qu'elle et qui pourtant osent défier pacifiquement le grand frère au Nord du continent ?

 

La France saisira-t-elle l'aspiration universelle à la paix qu'exprime par exemple le souhait de la Corée du Sud de mettre en oeuvre une détente (et peut-être une réunification) avec la Corée du Nord, rêve régulièrement anéanti par les menaces américaines envers Pyongyang ?

 

La France négligera-t-elle d'entretenir l'espoir qu'avait suscité sa courageuse prise de position sur le conflit irakien au début de l'année 2003 ? Si tel était le cas, notre pays se réduirait à l'insignifiance - ce qu'exprime déjà la signature du traité de Lisbonne ou la rentrée dans le commandement intégré de l'OTAN.

Mission : proposer un autre ordre mondial


Des aspirations multiples s'expriment dans le monde, qui témoignent de ce que, vingt ans après la fin de la guerre froide, le monde voudrait enfin recueillir les «dividendes de la paix» dont les prive le «nouvel ordre international» proclamé par George Bush père et accompli par le fils.

 

Cependant, des phénomènes comme le néomarxisme altermondialiste, l'émotionalité du débat qui entoure la répression au Tibet, l'impuissance face aux massacres du Darfour ou le fondamentalisme islamique, montrent bien les impasses dans lesquelles la puissance impériale peut espérer adroitement enfermer ses adversaires.

 

Ce serait à un pays comme la France, situé au coeur du monde occidental, de proposer les contours d'une nouvelle communauté internationale au sein de laquelle on ait tiré les conclusions des erreurs passées :


1. Il ne peut pas avoir d'autre économie que celle respectant les lois du marché et la liberté du commerce international.

 

La France doit plaider pour un libéralisme authentique et ses esprits les plus lucides cesser d'appeler "néo-libéralisme" ce qui est un impérialisme anarcho-capitaliste.

Non, les Etats-Unis ne pratiquent pas le libéralisme; ils pratiquent un keynésianisme militaire au service d'une minorité de puissants qui espère profiter de la destruction de toutes les frontières pour faire main basse sur les richesses de la planète.

 

Pour contrer cette politique, qui est le contraire du libéralisme, il y a urgence à refonder le système monétaire international sur un étalon impartial. Le dollar, l'euro, le yen doivent être émis en référence à une valeur intangible dans un système de changes fixes.

 

D'autre part, il ne peut y avoir liberté du commerce qu'entre pays de développement équivalent. Le prochain gouvernement français devra avoir le courage d'affronter les multinationales en établissant, au besoin sans les partenaires européens, des taxes sur les produits importés des pays à très bas salaire.

 

Enfin la France devrait plaider pour le droit des pays souverains à exploiter eux-mêmes les ressources de leur sous-sol. C'est la condition d'un développement équilibré et la base d'un libéralisme authentique. La France devra montrer l'exemple en l'occurrence : signer des accords pétroliers équitables ; inclure la question de l'accès aux matières premières dans tout plan de paix pour le Darfour etc.


2. Il faut étendre le principe de la charte de Paris (processus d'Helsinki, qui a rendu possible la fin de la guerre froide en Europe), à l'ensemble des relations internationales.

 

C'est-à-dire que les frontières actuelles des Etats doivent être déclarées inviolables ; elles ne peuvent être modifiées qu'au terme d'un processus démocratique; encore faut-il tenir compte d'échecs dramatiques comme l'éclatement de la Yougoslavie : on doit tendre à la fois à l'intangibilité absolue des frontières et au renforcement de la démocratie en leur sein ; les droits de l'individu doivent définitivement être préférés à ceux des minorités.

 

Pour le succès d'une telle politique, il faut à la fois obtenir des dictateurs qu'ils s'engagent (comme les dirigeants soviétiques en 1975) à respecter les droits de l'homme et que l'Occident renonce au «droit d'ingérence», qui a doublement échoué - l'expérience montre que l'ingérence aggrave la situation des pays concernés et elle n'est exercée que dans les petits pays, tandis que l'on tolère les exactions des puissances contre leurs minorités, renforçant le sentiment, universel, que l'Occident pratique un double langage.


3. La France, puissance nucléaire, est crédible si elle encourage au désarmement.

 

Elle peut montrer l'exemple. Elle sera crédible si elle demande à Israël de jouer cartes sur tables et de révéler publiquement qu'il possède l'arme atomique, forçant ainsi l'Iran à dévoiler son propre jeu.

 

D'une manière générale, la France peut, aidée de la Chine avec qui elle partage la rationalité dans le développement de l'arme atomique (dissuasion du faible au fort, refus de l'empilement des armes au-delà de ce qui est nécessaire pour garantir l'invulnérabilité du pays) et d'une Russie qui s'est ruinée dans la course aux armements des années 1960-1985, aider à mettre fin à la prolifération nucléaire, qui est largement le produit de la peur inspirée par les Etats-Unis (et de leur nouvelle doctrine de l'emploi éventuel d'armes nucléaires tactiques).


4. La France doit combattre pour le multilinguisme, en particulier dans les organisations internationales.

 

J'ai fait l'expérience, récemment, d'une conférence internationale en Corée du Sud, où nos hôtes saisissaient la moindre occasion de parler une autre langue que l'anglais : l'allemand ou le russe, en particulier.

 

Pour notre pays, il ne s'agit pas seulement de défendre la langue française. Il faut défendre d'autres langues que l'anglais dans les relations internationales. La France jouerait sans doute un coup gagnant dans l'Union européenne et dans le monde si elle encourageait à l'utilisation de l'espagnol - une langue européenne, qui a tant contribué à la culture occidentale, qui est celle d'un sous-continent, et qui est de plus en plus parlée aux Etats-Unis - à côté de l'anglais dans les relations internationales.

Combattre pour la justice


La diffusion de la démocratie, l'économie de marché, la liberté du commerce, ne peuvent s'établir que dans la paix.

 

Le continent latino-américain ravagé par les guérillas, l'Afrique victime de toutes les convoitises des puissances, l'Asie ravagée par les impérialismes et les dictatures totalitaires au XXè siècle, le Proche-Orient compliqué, l'Europe marquée dans sa chair par deux guerres mondiales, n'aspirent qu'à une chose: la pacification des relations internationales et le développement économique dans la diversité culturelle.

 

La France, puissance moyenne, qui ne sera (plus) jamais gagnante dans la surenchère impériale, n'a qu'une seule carte à jouer : refuser d'être plus longtemps le caniche des puissants, se faire la voix des opprimés - non pour les encourager à des révoltes stériles mais pour l'avènement d'un nouveau concert des nations. «La France n'est écoutée et puissante que lorsqu'elle combat pour la justice» aimait à dire Jaurès.

Par SORIN Michel - Publié dans : France et monde
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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /Mai /2008 19:50

Les dirigeants chinois ont peur du peuple

 

Le site www.marianne2.fr a publié, le 30 avril, les 1er et 2 mai, une série de trois articles signés Edouard Husson, qui concernent la politique étrangère de la France. Le premier est paru hier sur ce blog : 20 mai 2008 Edouard Husson : Les USA, la France et l'histoire monétaire.

 

Voici le deuxième, publié le 1er mai 2008, sur les relations entre la France et la Chine, dans lequel l’auteur est fort critique vis-à-vis du locataire actuel de l’Elysée.

"Sarkozy soigne ses amis patrons, et donc le régime chinois"

Selon Edouard Husson, historien, la manière dont Sarkozy a géré la crise tibétaine montre bien son incapacité à poser la question de la démocratie chinoise, et à se rendre indépendant de ses amis patrons pour prendre des décisions courageuses.

Curieusement, dans le bilan dressé ces jours-ci de la première année de mandat de Nicolas Sarkozy, on parle peu de la politique étrangère. Il y aurait pourtant là autant matière à critique que dans les autres domaines.

 

On peut même affirmer que c'est le secteur dans lequel l'action du nouveau président a été la plus catastrophique. En effet, la diplomatie était sans doute le dernier champ où la France gardait une marge de manoeuvre - l'opposition, bien que très timide avec le recul, de Jacques Chirac à la guerre en Irak l'avait démontrée.

 

En politique économique, cela fait longtemps que la France n'a plus de marge de manoeuvre, du fait de l'euro, bien sûr, mais encore plus du fait de l'endettement français, qui rend le pays éminemment vulnérable - Nicolas Sarkozy est en train de s'en rendre compte. En politique étrangère, en revanche, la voix de la France comptait encore et la nouvelle équipe au pouvoir est en train de dilapider le peu de capital qui nous restait.

Il ne s'agit pas du Tibet, mais de démocratie en Chine


L'épisode des protestations contre la Chine à propos du Tibet est particulièrement révélateur. La France n'a aucune politique chinoise, sinon celle du suivisme.

 

On prête à Nicolas Sarkozy cette remarque: «On me reproche de ne pas assez faire pour le Tibet. Ce n'est pas de ma faute si De Gaulle a oublié d'envisager la question quand il a reconnu la Chine en 1964». Le chef de l'Etat nous a habitués, depuis un an, à tant de bévues, qu'il n'en est plus à une près.

 

De Gaulle a reconnu un Etat qui avait, au milieu du XXe siècle, violemment rejeté l'impérialisme occidental amorcé par la Guerre de l'Opium au milieu du XIXè siècle ; le président français de l'époque pensait qu'il n'était pas bon qu'une puissance de cette dimension restât à l'écart des relations internationales - ni pour elle-même (Grand Bond en avant, Révolution culturelle), ni pour le monde (danger du face-à-face américano-soviétique).

 

Que De Gaulle ait reconnu la souveraineté de la Chine populaire sur le Tibet, qui s'en étonnera : Nixon a-t-il fait autre chose au début des années 1970 ? Les grandes entreprises européennes ou américaines qui fabriquent en Chine ce qu'elles revendent dans nos pays ne semblent pas se soucier plus que cela des droits de l'Homme au pays des héritiers de Mao. Personne n'avait fait pression sur le Comité Olympique International lorsqu'il s'est agi de retenir la candidature de Pékin à l'organisation des Jeux Olympiques.


Il ne s'agit pas d'être cynique mais de prendre conscience du fait que la question n'est pas la souveraineté de la Chine sur le Tibet. Qui soutiendrait sérieusement que le meilleur moyen d'améliorer le sort des Tibétains est de déclencher une guerre mondiale ?

 

La question n'est pas non plus celle des droits des Tibétains: c'est celle de la démocratie pour la Chine entière. Et de ce point de vue, on peut plaider pour la tenue des Jeux Olympiques en pensant qu'ils forceront la Chine à s'ouvrir au monde au-delà de l'économie. C'est un point de vue défendable - mais insuffisant.

 

Des patrons qui jouent le jeu du régime chinois...


La grande question est celle du développement de l'économie chinoise. Nos entreprises sont entrées dans la logique de la dictature post-communiste : produire en Chine, avec une main d'oeuvre quasi-gratuite, pour les marchés occidentaux. Ce n'est pas ce pour quoi nos entreprises ont, à l'origine, voulu s'installer dans le pays : au départ, il s'agissait d'avoir accès au marché chinois.

 

Mais le régime retardera autant que possible le développement économique de sa propre population, de peur que l'émergence de classes moyennes nombreuses ne fasse inéluctablement triompher la démocratie.


Si le pouvoir politique jouait son rôle, au lieu de courir après les contrats pour les entreprises transnationales, il conditionnerait l'accès de produits venus de Chine au marché français et européen à des règles strictes : obligation pour la Chine d'absorber une partie de la production des entreprises françaises en Chine, imposition aux partenaires européens du principe d'une «taxe sociale» sur les produits venus de Chine (la France reprenant sa liberté si l'Europe ne joue pas son rôle sur ce sujet), contrôle très strict des transferts de technologies, etc.

... et un président soumis aux patrons


Le gouvernement de Nicolas Sarkozy aurait pu rompre avec la mollesse de son prédécesseur sur tous ces points. Au lieu de cela, il laisse tout aller à vau-l'eau.

Et quand l'opinion s'émeut, à juste titre, de la répression au Tibet, on laisse avec la même mollesse dégénérer les manifestations antichinoises sur le sol français, puis insulter la France par des étudiants chinois, téléguidés par le pouvoir, qui ornent le drapeau français de croix gammées et réclament la libération de la Corse ! De Gaulle aurait convoqué l'ambassadeur de Chine pour moins que cela !

La politique du chien crevé au fil de l'eau. Tel semble bien être le seul moteur de la politique chinoise de la France. Qu'un président de la République soit devenu incapable d'expliquer à l'opinion que la question qui importe, ce ne sont pas les droits des seuls Tibétains mais ceux de tous les citoyens chinois, qu'on ne peut pas protester sur le Tibet mais continuer à se fournir dans les supermarchés où triomphe le «made in China», voilà qui montre une absence totale d'imagination et de courage de la part des gens qui nous gouvernent.

 

Il est vrai que Nicolas Sarkozy est l'ami - le relais même - des grands patrons qui font fabriquer massivement en Chine. Il n'est pas libre.

 

Il est, comme nous le verrons dans notre prochain article, condamné à être un défenseur structurel du système monétaire qui verrouille les rapports de force dans le monde.

Par SORIN Michel - Publié dans : France et monde
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