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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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Amérique

Vendredi 31 octobre 2008

L’Amérique de Bush emportée par la crise financière

 

Le monde voit l’Amérique autrement et il est vrai qu’elle change. Les journalistes qui couvrent la campagne électorale le disent et l’écrivent. Cette date du 4 novembre est bien venue, compte tenu de la crise, d’abord immobilière puis bancaire, financière, économique et sociale. Il est temps, pour le peuple américain, de choisir un autre président et une majorité parlementaire.

N’oublions pas Le Sénat, autre enjeu des élections américaines (Le Monde, Corine Lesnes, 27 octobre). Une "vague bleue" démocrate va-t-elle déferler sur l'Amérique ? A une semaine du scrutin du 4 novembre qui déterminera, outre l'élection du futur président américain, celle de onze gouverneurs, d'un tiers des sénateurs et de la totalité de la Chambre des représentants, un vent de débâcle souffle du côté républicain (…).

Pour comprendre l’élection présidentielle, je recommande la lecture de l’article de Guillemette Faure (Rue89, 28 octobre), dont voici le titre (cliquer dessus) :

 

Pourquoi c'est si compliqué d'élire un président américain

Le 4 novembre, le candidat élu ne sera pas forcément celui qui aura obtenu le plus de voix. Un héritage de l'histoire américaine. La suite

 

Pour prendre connaissance des dernières informations concernant ces Élections américaines, il suffit d’ouvrir cette porte bleue. On découvre de nombreux articles de Libération montrant la réalité actuelle et diverse des Etats-Unis d’Amérique.

On découvre les Bonnes nouvelles d’Amérique comme Les Etats-Unis en eaux troubles.

Dans un article du Monde, daté du 30 octobre, Yves Eudes raconte la vie professionnelle d’une femme, qui produit et présente son journal télévisé, « une émission unique en son genre (…), une production semi-artisanale diffusée dans tous les Etats-Unis ». Voici ce texte.

Amy Goodman, une autre voix de l'Amérique

New York, 8 heures du matin. Amy Goodman lance son journal télévisé quotidien avec sa formule rituelle : "Voici "Democracy Now", le rapport sur la guerre et sur la paix." Le ton est calme, le visage neutre, la coiffure sage, les vêtements ordinaires. Elle passe en revue les principaux sujets d'actualité, mais on s'aperçoit très vite que l'émission est unique en son genre. Ainsi, pour traiter de la crise financière, elle démarre avec une manifestation organisée par des associations de gauche, protestant à la fois contre les spéculateurs de Wall Street et la guerre en Irak.

Puis elle parle de militants noirs emprisonnés pour des meurtres qu'ils n'ont pas commis, de prisonniers afghans soumis à des interrogatoires par des psychiatres militaires, d'un appel à la désobéissance civile lancé par des écologistes contre la construction de centrales électriques à charbon, de l'arrivée d'un régiment rapatrié d'Irak, qui serait chargé du maintien de l'ordre sur le sol américain...

Au lieu de spots publicitaires, "Democracy Now" est interrompu par des clips de chansons syndicales et de rap anticapitaliste. Pour traiter ces sujets à sa guise, Amy Goodman a su s'affranchir de toutes les tutelles. Elle est la fois présentatrice, rédactrice en chef et productrice de son émission, dont la gestion est assurée par une association à but non lucratif. "Democracy Now" n'accepte ni publicité ni parrainage, et son budget de 4 millions de dollars (3,19 millions d'euros) par an est financé en grande partie par les dons d'auditeurs et de fondations. Le tournage quotidien est réalisé dans un studio de télévision appartenant à une association de quartier, installé dans une ancienne caserne de pompiers.

Pourtant, cette production semi-artisanale est diffusée dans tous les Etats-Unis. Pour cela, Amy Goodman s'appuie sur un réseau informel complexe et mouvant. "Democracy Now" est diffusée en direct en vidéo sur une chaîne câblée communautaire new-yorkaise, et en audio sur le réseau radio alternatif Pacifica. Ensuite, elle est reprise sur deux canaux par satellite et par environ 700 stations de radio et de télévision associatives et universitaires. Enfin, "Democracy Now" est disponible dans le monde entier via Internet.

Agée de 51 ans, célibataire et sans enfant, Amy Goodman se donne corps et âme à sa mission. Elle travaille souvent douze à quinze heures par jour ; elle profite de ses week-ends pour aller faire des conférences dans des villes lointaines. Nul ne sait combien de gens écoutent son émission, car il n'y a pas de mesure d'audience sur les stations non commerciales.

Amy n'est pas une célébrité dans l'Amérique profonde, mais elle est connue sur les campus, dans les milieux intellectuels et parmi les journalistes. Elle-même est convaincue que ses auditeurs se comptent par millions, car elle occupe un créneau délaissé par les médias commerciaux. "Beaucoup d'Américains, dit-elle, ont compris que la concentration des médias entre les mains d'un petit groupe de milliardaires est un danger pour la démocratie. Il y a dans ce pays un fort désir de médias qui ne regardent pas le monde à travers le prisme déformant des milieux d'affaires."

Selon elle, les grandes télévisions ont pris des positions extrémistes qui les coupent de la population : "Les Américains opposés à la guerre en Irak, aux arrestations arbitraires, à la torture, ne sont pas un groupuscule. Ils sont la majorité silencieuse, ou plutôt la majorité réduite au silence." Pourtant, elle est convaincue que quand les gens sont mis au courant de ce qui se passe, ils se sentent concernés. "Mon boulot consiste à éclairer les lieux sombres et à donner la parole aux sans-voix."

Elle a de qui tenir. Son père, qui était médecin dans la banlieue de New York, a milité toute sa vie pour l'intégration raciale des écoles de la ville. Sa mère, enseignante, puis assistante sociale, fut une militante pacifiste très engagée contre la guerre du Vietnam. Par ailleurs, Amy a reçu une solide éducation religieuse de son grand-père, rabbin orthodoxe originaire d'Europe de l'Est : "J'étais assez rebelle, mais nous avions des conversations passionnées, qui m'ont marquée pour la vie. Je ne suis plus pratiquante, mais je reste imprégnée de culture juive."

En 1986, Amy est embauchée en tant que journaliste débutante à Pacifica Radio. "J'ai trouvé du premier coup ce que les autres journalistes recherchent pendant toute leur vie : une vraie liberté." Commence alors une vie d'aventures et de voyages. En 1991, alors qu'elle est en reportage au Timor-Oriental, elle vit un drame qui la marquera profondément : elle assiste à un massacre de civils perpétré par l'armée indonésienne, au cours duquel elle-même est battue et blessée par des soldats.

En 1996, Amy se fixe à New York pour créer "Democracy Now" au sein de Pacifica Radio et s'impose dans le paysage médiatique. En novembre 2000, le président Clinton l'appelle pour participer à son émission. Après une demi-heure d'interview, le président, furieux, déclare que la journaliste s'est montrée "hostile, combative et souvent irrespectueuse". Avec le recul, Amy s'amuse de cette description : "J'ai posé quelques questions dérangeantes. Les dirigeants politiques n'ont pas l'habitude, les journalistes les traitent comme des monarques."

"Democracy Now" devient un programme télévisé en 2001, quelques jours avant les attentats du 11-Septembre, qu'Amy couvrira en direct pendant plusieurs jours. " Le hasard a fait que nous étions le studio de télévision le plus proche de Ground Zero." Cet automne, Amy Goodman suit la campagne présidentielle américaine, mais fidèle à ses principes, elle ne soutient officiellement aucun candidat, et refuse de dire pour qui elle va voter. Elle est en guerre ouverte contre les républicains, mais par ailleurs, elle regrette que Barack Obama soit, lui aussi, entouré et aidé par des industriels et des financiers de Wall Street : "L'argent corrompt la politique, dans les deux camps."

Chaque mois, de nouvelles stations demandent à diffuser son émission. En septembre, alors qu'elle faisait un reportage sur les manifestations d'opposants en marge de la convention nationale du Parti républicain à Saint Paul (Minnesota), elle fut arrêtée et brièvement détenue par la police. En quelques heures, une pétition en ligne exigeant sa libération récolta des dizaines de milliers de signatures. La vidéo de son arrestation, filmée par un confrère, a été la séquence la plus regardée sur le site Internet YouTube pendant une semaine.

En décembre, le Parlement suédois va lui décerner le célèbre prix Right Livelihood ("Mode de vie juste"). Début 2009, l'équipe de l'émission emménagera dans son propre studio flambant neuf. Amy sera encore plus indépendante, si c'est possible.

Par SORIN Michel
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Jeudi 6 novembre 2008

Les femmes et les jeunes ont fait la différence

 

Le parti démocrate tient sa revanche. Il avait échoué de peu en 2000 et en 2004. Cette fois-ci, c’est une grande victoire d’un candidat exceptionnel, atypique, qui a bénéficié du rejet, sans précédent, du régime néo-fascisant du président sortant et de son entourage, le pire de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique.

 

Le vote doit être analysé Etat par Etat (voir Marianne, 5 novembre 2008, La carte électorale qui va changer le monde). Je renvoie à l’article précédent (sur ce blog) qui, avant de traiter de politique agricole, apportait des éclairages sur ce vote historique du 4 novembre 2008 : B Obama élu, la politique agricole des USA restera interventionniste - 5 novembre 2008.

 

La personnalité du nouveau président est rappelée dans cet article de Libération, ce 6 novembre Obama, rassembleur en chef.

 

Poids des femmes, des jeunes, du vote racial, de l'économie… Comment expliquer la large victoire du candidat démocrate ? Rue89, hier, sous la signature de Zineb Dryef, proposait un article répondant à cette question Qui a vraiment fait gagner Barack Obama ?  

 

Sur son site, hier, Georges Sarre, adjoint MRC au maire de Paris, tempérait son enthousiasme par une certaine circonspection Victoire de Barack OBAMA : espoir et prudence.

 

J’en arrive à un élément qui a compté dans l’ascension ultrarapide de Barack Obama : la personnalité de son épouse, Michelle. Dans un article du Monde, daté du 6 novembre, Corine Lesnes décrit son parcours, son tempérament, l’influence qu’elle a eue sur son mari pour le ramener aux réalités de la société américaine. En voici des extraits.

Barack Obama était sans attaches. Il avait pour références les horizons lointains d'Hawaï et de l'Indonésie. Il n'avait pas connu la génération qui a lutté contre la ségrégation. Michelle lui a apporté des racines solides, dans le South Side. "Depuis Oscar de Priest, il n'y a pas meilleur tremplin pour une carrière politique", explique l'historien Edward Frantz, en faisant référence au premier Africain-Américain d'un Etat du Nord à avoir été élu au Congrès en 1928. Michelle lui a donné une famille, et aussi un clan (…).

Michelle Obama se trouve désormais investie d'un rôle historique dans la société américaine. "Pour une fois, on a une perspective de l'intérieur d'une famille africaine-américaine qui va à l'encontre des stéréotypes : une famille très disciplinée, où les enfants ont la priorité, où l'on prend l'éducation au sérieux", dit le professeur de Los Angeles (…).

Thierry Portes, dans Le Figaro, ce 6 novembre (Voir Michelle, la First Lady noire), montre l’apport de Michelle Obama sur l’électorat féminin et l’image positive que dégage ce couple, dans lequel la femme est à égalité avec l’homme.

Cet article est le 2ème paru sur ce blog dans la catégorie Amérique du Nord.

Par SORIN Michel
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Vendredi 14 novembre 2008

L’intégration sociale et politique des Noirs américains

 

Sami Naïr, ancien député européen, est le secrétaire national du MRC aux Relations internationales. A ce titre, le 5 novembre, lors de la réunion du secrétariat national, il a rendu compte, à chaud, de ce que nous pouvons attendre des changements liés à l’élection de Barack Obama à la présidence des USA. Son exposé a été si intéressant que nous l’avons spontanément applaudi et lui avons demandé d’écrire ce qu’il venait de nous dire, afin que nous puissions faire connaître son point de vue.

 

Depuis hier, l’un des aspects de son intervention est présenté dans le texte qui est sur le site du MRC (cliquer sur le titre).

Parmi tous les espoirs que fait naître la victoire d’Obama, il en est un qui mérite une particulière attention : c’est celui du regard qu’il va porter sur le monde et sur l’Amérique elle-même.

Le regard de Barack Obama

 

Depuis maintenant plusieurs années, l’Amérique officielle voit le monde à travers le prisme déformant du choc des civilisations. Politiquement, cette orientation se traduit par une conception outrancièrement simpliste et unilatérale des relations internationales.

 

Enfermée dans une vision primaire de la « guerre contre le terrorisme », l’attitude de la diplomatie américaine à l’ONU tend à privilégier l’isolationnisme face à la stratégie coopérative des autres grandes nations, y compris de son alliée la Grande Bretagne.

 

Malgré le remplacement de Donald Rumsfeld par Condolezza Rice, sur la plupart des grands sujets de civilisation, les USA se sont opposés au reste du monde : refus de prendre au sérieux le Protocole de Kyoto, accentuation de la course aux armements par la mise en place du bouclier antimissile, refus du contrôle des armes biologiques, poursuite des programmes nucléaires aux USA, délégitimation du rôle de l’ONU dans la gestion des conflits internationaux, absence de respect du droit international et bien d’autres sujets encore.

 

Elaborée par les conseillers et ministres « néo-cons » de Bush, dont il faut ici rappeler les noms parce qu’ils résonneront comme la pire des calamités que l’histoire des Etats-Unis ait connue depuis longtemps* - Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfovitz, Richard Perle, John Bolton, Zalmy Khalizad, James Woosley, Richard Armitage, Robert Zoellick, Elliot Abrahams, William Kristol, secondés par des idéologues du type de Paul Kegan et d’une pléiade de sous-fifres occupant des positions très importantes dans les grandes administrations américaines - cette conception agressive est entièrement fondée sur le paradigme de la « guerre préventive » face à un monde extérieur conçu comme foncièrement hostile.

Le manichéisme paranoïaque, caractéristique de l’idéologie d’extrême droite, entre le Bien et le Mal, l’Occident et ses ennemis, le Pur et l’Impur, s’est bien sûr focalisé en particulier sur l’Islam à partir du traumatisme créé par les attaques terroristes du 11 septembre.

 

Il a fait un mal considérable au monde, tout en transformant l’Amérique en objet de haine. La vision occidentalo-centriste que l’on trouve chez Bush et ses sbires, reprise par certains de leurs alliés internationaux, a évidemment contribué à apporter de l’eau au moulin des fanatiques intégristes religieux de par le monde, ravis de voir que la politique américaine se plaçait sur le même terrain qu’eux pour faire des conflits d’intérêts et des légitimes revendications des peuples, des oppositions identitaires irréconciliables.

Ce regard culturaliste, ethnocentriste et confessionnaliste, a structuré la stratégie américaine de l’époque Bush.

Barack Obama, dés le début de sa campagne, a clairement manifesté son désir de s’opposer à cette vision. Il a opposé à l’idéologie imbécile de l’ « occidentalo-centrisme », le dialogue des cultures et des civilisations, le respect de la diversité du monde.

Et c’est pourquoi l’une de ses premières décisions sera probablement d’adresser un message au monde islamique, pour bien marquer qu’il ne le confond pas avec le fanatisme intégriste des tueurs d’Al Qaida. Ce nouveau regard est indispensable. Et, si Obama tient ses promesses, il favorisera la libération d’immenses énergies d’espoir.

Mais plus fondamentalement encore, Obama va probablement contribuer à changer le regard des Américains sur eux-mêmes. Ceux qui croient que, premier président noir des USA, il va enfin mettre en place la politique « identitaire » dont aurait besoin l’Amérique pour apaiser superficiellement ses citoyens noirs, risquent de déchanter. En fait, tout son discours durant la campagne électorale a clairement montré qu’il ne voulait pas se laisser enfermer dans l’identitarisme de la « différence », si cher aux néo-conservateurs et aux idéologues libéraux-libertaires qui les miment en croyant s’opposer à eux.

La posture « communautariste » que certains attendent de lui parce qu’il est noir, Obama sera obligé en réalité de la combattre, s’il veut construire le consensus national dont il a besoin pour affronter les immenses défis sociaux et économiques qui l’attendent. Son regard ne sera pas celui d’un homme politique qui joue avec les déterminations identitaires, mais celui d’un leader dont le rôle historique sera enfin de donner vie à une conception intégrative et citoyenne dans la nation américaine. Précisément parce qu’il refuse le préjugé de la couleur, il va s’efforcer d’être le représentant d’une nation réconciliée avec elle-même par-delà sa diversité ethnique.

On peut donc s’attendre à ce qu’il relance le projet de melting pot, profondément miné ces dernières années par la montée des identitarismes sur fond d’appauvrissement et d’exclusion d’une grande partie de la population noire. Et il y a également tout à parier que certains représentants de la communauté noire, dés lors que le nouveau président refusera clairement de se laisser enfermer dans le piège de la politique identitaire, se retrouveront face à lui.

C’est un grand moment de vérité pour l’Amérique. Car aussi paradoxal que cela paraisse, la question la plus importante à laquelle il devra faire face, c’est celle de l’intégration sociale et politique des Noirs américains qui, jusqu’à maintenant, avaient peu confiance dans un système politique symbolisant de fait leur exclusion en raison de leur statut social et de la couleur de leur peau.

 

Les Noirs américains se sont mobilisés en masse pour faire élire Obama. Mais lui, il sait qu’il ne peut répondre à cette attente seulement du point de vue des Noirs américains. En réalité, Barack Obama sera le premier président américain qui devra tout faire pour ne pas être considéré comme un président communautaire ou de couleur.

 

Vis-à-vis du reste du monde comme par rapport à sa propre société, il devra faire du dialogue pour l’appartenance commune à une même grande civilisation humaine, le creuset du dépassement des différences et des conflits. C’est pour lui le plus grand des défis.

 

* Lire, à ce sujet, le bilan de Bush, vu par Pascal Riché dans Rue89 le 7 novembre dernier.

 

Bush peut partir avec le sentiment du désastre bien fait

Son bilan est catastrophique. Personnage shakespearien et troublé, il rejoint la liste des pires présidents que l'Amérique ait subis. La suite

 

 

Cet article est le 3ème sur ce blog dans la catégorie Amérique du Nord

Par SORIN Michel
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Samedi 6 décembre 2008

Obama, un président porteur des aspirations du peuple

 

La transition Bush-Obama est longue, le président élu prenant ses fonctions le 20 janvier 2009. Pendant ce temps, la situation économique et sociale apparaît de plus en plus dans sa réalité (voir Etats-Unis : le chômage au plus haut depuis 15 ans, Nouvel Observateur, 5 décembre).

 

« La situation dont hérite Obama est un cauchemar ». Ce constat d’un spécialiste du monde des affaires concerne la crise économique, mais la politique étrangère et de sécurité n’est pas beaucoup plus confortable (voir l’article de Rémy Ourdan sur le site du Monde, paru le 1er décembre Les "guerres de l'Amérique", priorité de Barack Obama).

 

Le président a pris les moyens de rassembler le camp démocrate (voir Clinton succèdera à Rice au département d'Etat américain, Le Monde, 1er décembre).

 

Il s’engage dans la bonne direction en donnant la priorité aux investissements afin de moderniser les équipements du pays - infrastructures, nouvelles technologies, santé, énergie - voir Obama annonce un plan pour les infrastructures (Nouvel Observateur, 6 décembre).

 

Ce qui ressort des orientations de Barack Obama, c’est sa volonté de faire corps avec le peuple, de prendre en compte la réalité sociale.

 

Sa philosophie est à découvrir dans le discours mémorable qu’il a prononcé le 18 mars 2008 à Philadelphie. Claude Nicolet (qui était alors secrétaire national aux relations internationales du MRC) avait publié, le 5 avril, une tribune (voir, ci-après). Il y a un mois, il ajoutait ce commentaire :

 

« Je m'autorise à insister sur un point qui me parait important, c'est la volonté d'Obama de ne pas se laisser enfermer dans la question raciale. Autrement dit, le discours actuellement dominant sur nos médias qui consiste à dire que la France est en retard sur les questions liées aux discriminations (qu'il faut quand même regarder avec attention) et qui vise à instrumentaliser la victoire d'Obama relève selon moi de la manipulation.
Cette victoire est révélatrice de phénomènes bien plus importants. Certes la France a des difficultés sociales et économiques de taille et le racisme y a sa part, mais les réduire simplement à cela c'est prendre les choses par le petit bout de la lorgnette et refuser de s'attaquer au système c'est à dire au fonctionnement du capitalisme financier globalisé ».

Barack Obama ou le grand retour de la question sociale

 

Le 18 mars dernier, Barack Obama a prononcé un discours à Philadelphie dont l’importance fera probablement date. Le sénateur Obama, candidat à la candidature pour l’élection présidentielle aux Etats Unis d’Amérique était dans une situation difficile, suite à certaines déclarations du révérend Jeremiah Wright, dont il était très proche. Cet homme a, en effet, eu des propos très durs sur la politique intérieure et étrangère des Etats-Unis plaçant Barak Obama en situation délicate.

 

Se démarquant clairement des propos du pasteur, il a néanmoins refusé de le renier en affirmant « qu’il portait en lui les contradictions de la communauté ». Ce qu’il y a de passionnant et de remarquable dans ce discours, c’est qu’il procède d’un double mouvement. Il est à la fois une déconstruction et une mise en perspective permettant de produire une vision politique.

 

Il s’inscrit tout d’abord profondément dans l’histoire de ce pays sans en rejeter les contradictions, en particulier le « péché originel » de l’esclavage en décalage complet avec la déclaration d’indépendance.

Cette inscription dans l’histoire et dans le volontarisme que cela sous-entend, doit selon lui inciter à l’action. Rien n’a été donné, il a fallu se battre pour conquérir les droits civiques et civiles, lutter contre les discriminations pour « réduire l’écart entre la promesse de nos idéaux et la réalité du temps ». Le souhaitable est possible à condition de le vouloir pour tous car il ne peut se réaliser au détriment de l’Autre.

 

Il pose ainsi clairement la question raciale dans un long préambule à son intervention comme préalable à la bonne compréhension de la réalité américaine qu’il ne faut pas chercher à récuser, rappelant un certain nombre de vérités sur la société américaine, ses inégalités et les violences qu’elles engendrent. Mais « on ne peut ignorer la problématique de la race » dit il, elle est profondément enracinée dans l’identité du pays.

 

Cependant cette violence ne doit rien au hasard mais plutôt au résultat de l’histoire et des politiques qui furent menées aux Etats Unis d’Amérique. Ce pays porte en lui ces immenses contradictions et il ne sert à rien d’essayer de les nier ou de les contourner.

Pratiques inégalitaires dans tous les domaines n’ont eu comme résultat que « l’échec et le gâchis comme expérience légués aux générations futures ». Dès lors, le racisme devenait une « définition du monde ». La « colère noire » ne peut être comprise sans cela, et le révérend Wright porte en lui cet héritage.

Mais la force du discours d’Obama tient au fait qu’il analyse aussi les raisons de la « colère blanche » venant des milieux populaires ou de la classe moyenne qui n’avaient pas le « sentiment que son appartenance raciale était un privilège ».

 

Face à la discrimination positive, face aux aides sociales dont les blancs se sentaient exclus, face à ce qu’ils ressentaient comme une injustice et une inégalité, surtout pour ceux qui ne se sentent en rien responsables des crimes esclavagistes. La rancœur est grande et c’est sur ce terreau que la coalition néo libérale puis néo conservatrice s’est bâtie.

 

Il réussit à déconstruire et à expliquer au peuple américain, les maux dont souffre sa société.

Dès lors il faut voir en face les « vrais problèmes : une culture d’entreprise où les délits d’initiés, les pratiques comptables douteuses, la course aux gains rapides sont monnaie courante, une capitale sous l’emprise des lobbies et des groupes de pression, une politique économique au service d’une minorité de privilégiés (…). Il est temps maintenant de parler des écoles délabrées qui dérobent leur avenir à nos enfants, des urgences médicales aux files interminables et d’un système de santé qui s’effondre, des usines qui ont fermé leurs portes, des maisons qui sont à vendre, des entreprises qui délocalisent dans le seul but de faire du profit ».

 

Ce faisant, il subordonne en fait la question raciale à la question sociale et à l’organisation sociale de la société américaine.  Il propose alors de mettre en place un projet politique qui permettrait à l’individu de se réaliser et de s’émanciper en tentant de s’affranchir du déterminisme racial qui l’entrave tout en « assumant le passé sans en être victime ». Il ne s’agit pas d’une alliance des races mais bien d’une réflexion sur les structures économiques et sociales de la société américaines.

Le fait de voir revenir sous cette forme la question sociale au premier plan du discours d’un responsable politique américain qui peut devenir Président des Etats Unis d’Amérique, traduit incontestablement une évolution dans le rapport de force idéologique dans ce pays, mais aussi dans le monde.

 

Certes, Barack Obama est ancré dans la religion et y fait référence en permanence ; certes son approche très rapide du conflit israélo-palestinien est contestable, mais assurément  un discours différent en terme d’analyse politique, économique et sociale est apparu.

 

C’est donc en abordant de front ces questions économiques et sociales, qui constituent selon Obama le cœur des problèmes de la société de son pays, que l’on pourra aller « vers une union plus parfaite », mais qui ne peut se faire qu’à la condition que chaque citoyen entame le travail de perfection qui permettra à l’ensemble du peuple de prendre ce chemin. Car « les rêves des uns ne doivent pas se faire au détriment du rêve des autres ».

 

Il faut prendre la mesure des chocs qui sont entrain de se produire, crise économique et financière commencée cet été aux Etats Unis, contagion sur toutes les places boursières qui légitime à nouveau l’idée de nationalisation, effondrement de l’immobilier et d’une partie du crédit, renchérissement du coût de l’énergie et des matières premières, instabilité internationale majeure dans la corne de l’Afrique, en Irak, dans le Proche-Orient, en Afghanistan, tensions avec la Russie suite à l’extension de l’OTAN et à l’indépendance du Kosovo…La liste est longue.

 

La question de la place et de la fonction de l’Etat  va redevenir une question politique majeure dans les mois et les années à venir pour apporter de la régulation et de la sécurité aux citoyens. Pour qu’ils puissent vivre dans des sociétés où ne règne pas seulement la loi du plus fort.

 

Ce sont ces grands mouvements qu’il faut être aujourd’hui en capacité de percevoir pour bâtir de grands projets politiques, éventuellement à l’échelle d’un continent, mais aussi à coup sûr, cohérent au niveau mondial. C’est à cette échelle là qu’il faut désormais se placer.

 

Voir aussi JP Chevènement : les USA ne pourront, seuls, sortir de la crise - 15 novembre 2008

 

 

Cet article est le 4ème paru sur ce blog dans la catégorie Amérique du Nord

Par SORIN Michel
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Dimanche 14 décembre 2008

Barack Obama serait-il le Gorbatchev américain ?

 

J’ose cette comparaison entre Gorbatchev, qui a été l’homme de l’atterrissage en douceur du système soviétique, et Obama, qui pourrait bien être l’homme qui sortira les USA d’un système capitaliste militarisé, dématérialisé et ayant perdu tout sens moral.

- Hier, sur ce blog, j’évoquais la fraude de 50 milliards de dollars (voir Enorme fraude d'un financier américain, dérive de l'idéologie libérale -  13 décembre 2008). On constate, aujourd’hui, que des banques étrangères, notamment la BNB Paribas, pourraient être victimes de l’escroquerie (voir Le Monde, ce 14 décembre, Fraude Madoff : un scandale financier à 50 milliards de dollars).

- Aujourd’hui, je découvre l’information sur le site du Monde, selon laquelle un rapport, en attente de publication aux USA, évalue à 100 milliards de dollars le gaspillage de fonds publics américains distribués en Irak pour la reconstruction de ce pays, après son invasion par l’armée américaine en 2003. Voici le début de cet article :

 

Un rapport du gouvernement américain, non publié, déclare que les efforts menés par les Etats-Unis pour reconstruire l'Irak se sont soldés par une perte de 100 milliards de dollars, indique le New York Times. Ces efforts ont été paralysés par des querelles bureaucratiques et la méconnaissance de la société irakienne, indique ce rapport de 513 pages, qui dresse l'historique de l'aide américaine en Irak et dont le quotidien a pu se procurer une copie. Suite (cliquer sur le titre, ci-après) :

 

La reconstruction de l'Irak : 100 milliards de dollars envolés

 

Cette débauche de scandales financiers est le signe d’un très mauvais état de la démocratie américaine. Le fait que Obama soit le président élu est le signe d’une prise de conscience du peuple américain. Mais, comment celui-ci réagira-t-il face aux hausses d’impôts et de taxes, qui ne manqueront pas de se produire, quand il faudra prendre des mesures pour redresser le pays ?

 

Mon attention a été attirée par un article paru le 25 novembre sur le site de Vendredi, ce nouvel hebdomadaire qui propose « les meilleures infos du Net ». Je fais confiance à Philippe Cohen, son rédacteur en chef, qui en a, certainement, vérifié la crédibilité. Cet article renvoie à un site (voir Dedefensa.org : A notre sujet) qui traite des questions de défense internationale.

 

Voici des extraits du texte paru sous le titre Prospective (1) : La Grande Rébellion de 2012

 

La Grande Révolte de 2012

 

L’auteur parle des « dernières prévisions de Gerard Celente. Il s’agit d’un prévisionniste indépendant travaillant avec son réseau regroupé au sein du Trends Research Institute, en Californie, qui a une bonne notoriété aux USA (…).

Au reste, la chose est intéressante parce que ses prévisions, essentiellement pour l’évolution de la situation aux USA, s’accordent assez bien avec la situation actuelle, ses grandes tendances potentielles et l’état d’esprit perceptible dans ce pays.

Puis nous continuons dans la prévision au-delà de 2008, par l’affirmation de plus en plus envisagée dans les commentaires courants que l’actuelle crise aux USA est pire que la Grande Dépression, qu’elle va toucher la psychologie américaniste et pousser à des mouvements déstabilisants, jusqu’au terme d’une déstructuration de l’actuel système.

L’intérêt de cette sorte de prévision est moins dans son éventuelle précision, dans les détails qu'elle donne, dans l’excitation qu’on pourrait avoir à connaître l’avenir, que dans le constat que des développements de bon sens conduisent d’une façon de plus en plus convaincante à conclure à la nécessité d’une manifestation ou l’autre d’une révolte qui ne pourra plus être longtemps contenue.

L’élection d’Obama, la forme qu’elle a prise, l’appréciation acceptable que c’est la crise, ou l’Histoire qui l’a imposée (chose que même un George Friedman n’est pas loin d’admettre), constituent déjà une “révolte” par rapport aux normes du système. La “récupération” d’Obama est en bonne voie, mais elle ne pèsera, devant la prochaine poussée de crise, que ce qu’a pesé la précédente “récupération”, celle de l’été dernier.

En d’autres mots, Obama et les événements derrière Obama («History makes présidents», nous dit Friedman), présentent une large palette d’opportunité pour envisager un avenir assez proche de celui que nous annonce Celente. Peut-être même, notre BHO, transformé prestement en American Gorbatchev”, sera-t-il lui-même le machiniste ou le détonateur de quelque chose qui ressemblerait effectivement à une “tax rebellion”.

Un tel mouvement serait bien dans la manière des mouvements publics et communautaires aux USA ; il aurait le charme gracieux de rejoindre, en une boucle historique presque parfaite, dans sa forme et dans sa signification, la “Boston Tea Party” du 16 décembre 1773; cette révolte contre une fiscalité imposée par l’Angleterre est l’événement symboliquement considéré comme le détonateur immédiat de la révolte des colonies contre l’Angleterre du roi Georges, menant à l’indépendance des colonies et à la fondation des Etats-Unis d’Amérique.

Borchgrave, journaliste et commentateur sérieux et réputé, n’hésite pas à comparer, d’ailleurs plutôt à l’avantage du premier, les prévisions de Celente avec celle du NIC 2008. Ce que nous devons retenir, effectivement, c’est la grande cohésion qu’est en train d’acquérir la prévision, à partir de sources et de milieux très différents, pour envisager un futur déstructuré pour les USA.

Le système lui-même, complètement à bout de souffle et tanguant de crise en crise, est évidemment totalement impliqué puisque les prévisions concernent nécessairement des changements de structure des moyens économiques et technologiques par rapport à la société, plutôt que le contraire, cela sous la pression des crises systémiques centrales, de l’énergie et du climat.

Lire l’ensemble de l’article Prospective (1) : La Grande Rébellion de 2012

 

Cet article est le 5ème paru sur ce blog dans la catégorie Amérique du Nord

Par SORIN Michel
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