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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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Collectivités territoriales

Dimanche 19 mai 2013 7 19 /05 /Mai /2013 18:25

Moitié moins de cantons, cinq fois plus de femmes élues !

 

Le Conseil Constitutionnel, sous la présidence de Jean-Louis Debré, a rendu sa décision concernant la loi relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral (voir Décision n° 2013-668 DC du 16 mai 2013).

L’essentiel de la loi - voir Loi Valls réformant les modes de scrutin aux élections locales (Céas 53), 19 avril 2013 - est déclaré conforme à la Constitution de la République française.

 

L’analyse du Céas de la Mayenne

 

Dans le n° 502 (17 mai 2013) de CÉAS-point-com, bulletin électronique du Centre d'étude et d'action sociale de la Mayenne - Céas53, on trouve, notamment, ces informations :

 

Élections municipales (mars 2014)*

 

L’article 24 abaisse de 3 500 à 1 000 habitants le seuil à partir duquel s’applique un scrutin de liste proportionnel, avec dépôt de listes comportant autant de candidats que de sièges à pourvoir. En outre, les listes sont composées alternativement d’une femme et d’un homme. Les sénateurs qui avaient saisi le Conseil constitutionnel, contestaient cette disposition qui « rendra excessivement difficile la composition de listes dans les communes dont la population est égale ou légèrement supérieure à 1 000 habitants ».

Par ailleurs, dans les communes de moins de 1 000 habitants, les candidats peuvent se présenter de façon isolée ou groupée, mais une déclaration de candidature est obligatoire. Seuls pourront se présenter au second tour de scrutin les candidats présents au premier tour, sauf si le nombre de candidats au premier tour est inférieur au nombre de sièges à pourvoir.

Dans les communes comptant moins de 100 habitants, le nombre de conseillers municipaux est ramené de 9 à 7.

 

Élections communautaires (mars 2014)*

 

Les conseillers communautaires représentant les communes de 1 000 habitants et plus au sein des organes délibérants des communautés de communes ou d’agglomération, sont élus en même temps que les conseillers municipaux et figurent sur la liste des candidats au conseil municipal.

La liste des candidats aux sièges de conseiller communautaire figure de manière distincte sur le même bulletin que la liste des candidats au conseil municipal dont elle est issue. La liste des candidats est composée alternativement de candidats de chaque sexe.

Les conseillers communautaires représentant les communes de moins de 1 000 habitants au sein des organes délibérants des communautés de communes ou d’agglomération sont les membres du conseil municipal dans l’ordre du tableau (après le maire, prennent rang les adjoints puis les conseillers municipaux).

 

Élections départementales (mars 2015)

 

Les électeurs de chaque canton du département élisent au Conseil départemental un binôme de deux membres de sexe différent.

En Mayenne, le nombre de cantons va être ramené de 32 à 17. Il y aura donc 34 conseillers départementaux (17 femmes et 17 hommes), contre actuellement 32 (3 femmes et 29 hommes).

Pour se présenter à l’éventuel second tour, le binôme doit avoir obtenu un nombre de suffrages égal au moins à 12,5 % du nombre des électeurs inscrits. Dans le cas où un seul binôme de candidats remplit cette condition, le binôme ayant obtenu après celui-ci le plus grand nombre de suffrages au premier, peut se maintenir au second.

Dorénavant, les conseils départementaux se renouvellent intégralement (et non plus par moitié tous les trois ans).

Les membres de la Commission permanente (autres que le président) sont élus au scrutin de liste. Les listes doivent être composées alternativement d’un candidat de chaque sexe. L’élection des vice-présidents s’effectue également au scrutin de liste. En d’autres termes, on va se rapprocher de la parité également à la Commission permanente et pour les vice-présidences.

Concernant le découpage des futurs cantons, on sait que le territoire de chaque canton est « défini sur des bases essentiellement démographiques ».

 

Élections régionales (mars 2015)

Le mandat des conseillers régionaux est prolongé jusqu’en mars 2015.

 

*Précisions du Courrier de la Mayenne

 

Dans son édition du 16 mai 2013, sous la rubrique « Municipales 2014 », l’hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne a indiqué « les nouveautés des municipales 2014 » en s’adressant, tout particulièrement, aux communes entre 1000 et 3 500 habitants, concernées par l’abaissement du seuil de population à partir duquel le vote se fera, à partir de 2014, au scrutin proportionnel de liste à deux tours**.

 

Plus le droit de rayer des noms

Le changement concerne les communes dont le nombre d’habitants est compris entre 1 000 et 3 500. Les électeurs devront y voter pour des listes complètes. Plus question de rayer, de rajouter des noms ou de mélanger des listes. La composition du conseil municipal s’établira alors selon la règle du scrutin proportionnel de liste à deux tours, le gagnant emportant la moitié des sièges. L’autre moitié est ensuite répartie proportionnellement au résultat.

 

Un homme, une femme.

Là encore, le changement concerne les communes de plus de 1 000 habitants. Les femmes devront représenter la moitié des candidats, par stricte alternance.

 

Délégués communautaires.

En votant pour leurs élus municipaux, les habitants sauront précisément à l’avance qui siégera à la communauté de communes s’il est élu. Les candidats aux sièges de conseiller communautaire devront figurer dans l’ordre de présentation dans lequel ils apparaissent sur la liste des candidats au conseil municipal.

 

** Les communes concernées en Mayenne (entre 1 000 et 3 500 habitants) :

Ahuillé, Ambrières-les-Vallées, Andouillé, Argentré, Aron, Azé, La Baconnière, Bais, Ballots, Bazougers, Bouère, Le Bourgneuf-la-Forêt, Chailland, Châtillon-sur-Colmont, Chemazé, Commer, Cossé-le-Vivien, Entrammes, Forcé, Fougerolles-du-Plessis, Le Genest-Saint-Isle, Gorron, Grez-en-Bouère, Javron-les-Chapelles, Juvigné, Landivy, Larchamp, Lassay-les-Châteaux, Loiron, Louvigné, Martigné-sur-Mayenne, Méral, Meslay-du-Maine, Montenay, Montigné-le-Brillant, Montsûrs, Nuillé-sur-Vicoin, Oisseau, Parné-sur-Roc, Port-Brillet, Pré-en-Pail, Quelaines-Saint-Gault, Renazé, Saint-Baudelle, Saint-Denis-d’Anjou, Saint-Denis-de Gastines, Saint-Fort, Saint-Fraimbault-de-Prières, Saint-Georges-Buttavent, Saint-Germain-le-Fouilloux, Saint-Jean-sur-Mayenne, Saint-Ouen-des-Toits, Saint-Pierre-des-Nids, Saint-Pierre-la-Cour, Soulgé-sur-Ouette, Vaiges, Villaines-la-Juhel, Villiers-Charlemagne.

 

Le point de vue de l’opposition

 

A noter dans Ouest-France, édition du 14 mai 2013, le point de vue de Jean-Léonce Dupont, sénateur UDI (opposition), président du Conseil général du Calvados, qui ne voit dans ces réformes, au prétexte de rééquilibrage, qu’un vulgaire tripatouillage par la majorité gouvernementale. Voir Tribune dans Ouest-France : « Réforme électorale, le rural piégé »

 

Cet article est le 40ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Par Michel SORIN - Publié dans : Collectivités territoriales - Communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 19 avril 2013 5 19 /04 /Avr /2013 18:51

Principales dispositions de la nouvelle loi électorale

 

La loi Valls a été votée le 17 avril après de multiples lectures dans les deux Chambres et amendements et l’échec de conciliation de la Commission mixte paritaire (7 élus de chaque Chambre). Désaccords entre Sénat et Assemblée nationale. Divergences entre les groupes de députés et de sénateurs. Les députés socialistes et quelques autres (dont les trois députés MRC) ont été les seuls à la voter. Cette loi sera-t-elle appliquée ? Ce n’est pas sûr car il lui reste à franchir l’obstacle du Conseil Constitutionnel, qui a été saisi, le 18 avril, par plus de 60 sénateurs s’y opposant.

 

Voir Elections municipales et départementales : nouveaux modes de scrutin - 18 avril 2013. Voir aussi Elections locales : ce qui va changer en 2014 et 2015 (Courrier des Maires, Xavier Brivet, 17 avril 2013).

 

Le Centre d'étude et d'action sociale de la Mayenne a réalisé pour les abonnés à CÉAS-point-com (n°498, 19 avril 2013) cette synthèse, qui contient des précisions fort utiles.

 

Municipales : ce sera finalement un seuil à 1 000 habitants

 

Le mercredi 17 avril, l’Assemblée nationale a définitivement adopté, par scrutin public, le projet de loi relatif à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral : 273 députés ont voté « pour » ; 247 « contre » ; 20 se sont abstenus. Sylvie Pichot (PS) a voté « pour » ; Guillaume Chevrollier (UMP) et Yannick Favennec (UDI), « contre ».

 

Quel « parcours du combattant » pour ce projet de loi ! Au terme de deux « lectures » dans chacune des deux chambres, sénateurs et députés n’ont pas réussi à se mettre d’accord. D’où une Commission mixte paritaire (sept sénateurs et sept députés), mais qui ne parvient pas à établir un texte commun. D’où une nouvelle lecture à l’Assemblée nationale, puis au Sénat, et enfin cette lecture définitive à l’Assemblée nationale. Mais ce n’est pas fini : plus de soixante sénateurs, en application de l’article 61, alinéa 2, de la Constitution, ont saisi le 18 avril le Conseil constitutionnel…

Dans l’attente de sa décision, voici les principales dispositions prévues par la loi telle que l’Assemblée nationale l’a votée, et ses principales incidences.

 

Calendrier électoral :

 

2014… Élections municipales + communautaires. Élections européennes. Élections sénatoriales.

2015… Élections départementales (cantonales) + régionales.

2017… Élection présidentielle. Élections législatives.

 

Élections municipales :

 

- Listes paritaires, obligatoirement complètes, avec scrutin majoritaire proportionnel, à partir du seuil de 1 000 habitants (au lieu de 3 500 comme précédemment). Rappel : l’Assemblée nationale préférait un seuil à 500 habitants, contrairement au projet initial du gouvernement qui fixait le seuil à 1 000 habitants. Ce seuil à 1 000 habitants était également l’option retenue par le Sénat et celle préconisée par l’Association des maires. Bref, les députés ont fait une concession. Conséquences de cette nouvelle disposition : l’entrée de femmes dans la vie municipale, y compris aux postes d’adjoints… au détriment de quelques hommes qui laisseront leur place.

 

 - Obligation de candidatures quel que soit le nombre d’habitants. Cette disposition met fin aux listes « blanches » (pas de candidat officiellement déclaré). Par contre, dans les communes de moins de 1 000 habitants, les candidatures pourront toujours être individuelles ou s’exprimer dans une liste incomplète. Une situation exceptionnelle : nul ne pourra être candidat au second tour s’il ne l’a pas été au premier, sauf si le nombre de candidats au premier tour est inférieur au nombre de sièges à pourvoir.

 

- Enfin, dans les communes de moins de 100 habitants, le nombre de conseillers municipaux est ramené de neuf à sept. La Mayenne n’est pas concernée (toutes les communes comptant plus de 100 habitants). À un moment, le texte prévoyait une diminution du nombre de conseillers municipaux dans toutes les communes de moins de 3 500 habitants, mais cette disposition n’a finalement pas été retenue.

 

Élections communautaires :

 

- Les conseillers communautaires (communautés d’agglomération ou de communes) seront dorénavant élus au suffrage universel direct, en même temps que les conseillers municipaux et parmi eux. En clair, dans les communes de plus de 3 500 habitants, en votant pour telle liste, on sait quel(s) conseiller(s) on positionne pour siéger au conseil communautaire. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, le(s) conseiller(s) communautaire(s) sera(ont) celui(ceux) qui apparaîtra(ont) en haut du tableau des conseillers municipaux (le maire, les adjoints dans leur ordre d’élection…).

 

- Ce nouveau dispositif va amener plus de femmes à siéger dans les conseils communautaires et officialise la représentation (proportionnelle) des minorités.

 

Élections départementales (cantonales) :

 

- C’est la disposition la plus sensible de la loi. Dans chaque canton, on voterait pour un binôme femme/homme solidairement élu au scrutin binominal majoritaire. Les cantons seraient re-découpés sur des « bases essentiellement démographiques », tout en étant divisés par deux pour conserver le même nombre d’élus.

- Cette disposition crée la parité au niveau des conseils départementaux. Au niveau national, les femmes ne représentent actuellement que 14 % des conseillers généraux. En Mayenne, seulement trois conseillères générales sur trente-deux postes !

- Conséquences en Mayenne (où on passerait de trente-deux à trente-quatre conseillers départementaux) : dans l’hypothèse où tous se représentent, on aurait douze hommes actuellement élus qui perdraient leur poste et quatorze femmes qui entreraient au conseil départemental. Bien entendu, la commission permanente serait paritaire ; la parité serait également adoptée pour les vice-présidences.

- Nous utilisons le conditionnel dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel.

- À l’assemblée nationale, seuls les députés du Groupe socialiste, républicain et citoyen ont voté pour la loi. Tous les autres partis politiques ont voté « contre » ou se sont abstenus. Les députés ont pu s’inquiéter du reclassement des hommes conseillers généraux qui vont perdre leur siège. Ils peuvent s’inquiéter d’un nouveau découpage qui va remettre en question les anciens cantons, lesquels créaient une surreprésentation des zones rurales. En outre, ce mode électoral, s’il permet la parité, reste un scrutin majoritaire, d’où un dispositif peu favorable (par rapport au scrutin proportionnel) aux « petits » partis politiques. Enfin, des députés ont pu s’inquiéter d’un mode d’élection inédit. Soyons sérieux : heureusement l’innovation est permise !

 

Cet article est le 39ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Par Michel SORIN - Publié dans : Collectivités territoriales - Communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 16:23

La loi Valls votée par les seuls socialistes et apparentés

 

Il est très rare qu’une loi réformant les modes de scrutin soit adoptée sur une base parlementaire aussi restreinte. Les sénateurs avaient rejeté le projet. Voir Réforme électorale : le Sénat rejette une nouvelle fois le projet de loi Valls (Maire Info, 16 avril 2013).

Les députés avaient le dernier mot. Ils ont voté le projet à une petite majorité. 273 députés ont voté pour, alors que 247 ont voté contre, 20 se sont abstenus et 34 n’ont pas participé au vote (sans compter le président de séance).

Voir l’analyse du scrutin (les 273 élus qui ont voté pour) : 267 députés (sur 293) du groupe « Socialiste, républicain et citoyen » (PS, MRC et apparentés), 5 élus (sur 16) du groupe « Radical, républicain, démocrate et progressiste » (PRG et apparentés) et une élue (sur 15) du groupe « Gauche démocrate et républicaine » (PCF et apparentés). Aucun élu écologiste.

Après quatre mois de navettes parlementaires (Voir Élections locales : le texte définitivement adopté à l'Assemblée), les députés ont adopté, le 17 avril 2013, le projet de loi relatif à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des délégués communautaires (intercommunaux). C’est désormais une loi mais la saisine (probable) du Conseil Constitutionnel pourrait en retarder l’application. Voir la suite (La Gazette des communes, B Menguy, 17 avril 2013)

La réforme des modes de scrutin enfin adoptée !  Un véritable marathon législatif, cette réforme des scrutins locaux ! (…). L’occasion de revenir sur les changements électoraux à venir.

Elections départementales - Tout d’abord, la loi instaure pour les élections cantonales – désormais appelées « départementales » – un scrutin majoritaire binominal mixte. Cette disposition, qui a fait l’objet de nombreuses critiques notamment des sénateurs, va permettre de garantir une parité homme-femme chez les élus départementaux, tout en préservant l’indispensable lien élu-territoire, grâce à son caractère nominal. Par contre, ce nouveau scrutin nécessite une diminution de moitié des cantons (de 4 000 à 2 000), ce qui implique un redécoupage qui sera opéré prochainement par les services du ministère de l’Intérieur.

Elections municipales - Ensuite, la loi fixe définitivement à 1 000 habitants (contre 3 500 habitants actuellement) le seuil au-dessus duquel s’appliquera le scrutin de liste (avec obligation de parité) pour les élections municipales de 2014. Abaissé un temps à 500 habitants, le seuil de 1 000 habitants finalement retenu répond notamment au souhait formulé par l’Association des maires de France (AMF).

Avancée démocratique pour les conseillers communautaires- Quant à l’Assemblée des communautés de France (Adcf), elle se réjouit de la grande avancée démocratique que la loi apporte en instaurant l’élection directe, par fléchage, des conseillers communautaires dans le cadre des élections municipales. Mais elle aurait préféré que le seuil soit fixé à 500 habitants et non à 1 000.

Enfin, au regard de l’année 2014 fortement chargée par les élections municipales, sénatoriales et européennes, le texte reporte à 2015 les élections départementales et régionales.

Voir aussi La réforme électorale définitivement adoptée par le Parlement (Maire info, 18 avril 2013)  

 

Un binôme homme-femme sera désormais élu dans chaque canton (Le Monde, 17 avril 2013). Le Parlement a adopté définitivement, mercredi 17 avril, par un ultime vote de l'Assemblée nationale, la réforme des modes de scrutin locaux, qui instaure l'élection dans chaque canton d'un binôme homme-femme.

 

Les conséquences de cette réforme sont de grande ampleur

 

Voir Loi Valls : un nouvel élu pour le département (Localtis, 17 avril 2013). C'est sans doute un tournant dans l'histoire du département que les députés viennent de voter en approuvant définitivement, ce 17 avril, le projet de loi sur les scrutins locaux : l'élection de "binômes" paritaires et la réduction de moitié du nombre de cantons va renouveler le visage de ces institutions. Par ailleurs, le texte réforme l'élection des conseillers communautaires dans les communes de 1.000 habitants et plus. De quoi modifier la nature, cette fois, des intercommunalités ?

 

Voir aussi Sous-préfectures, nouveaux cantons... Manuel Valls tente de rassurer (Localtis, 16 avril 2013). Le gouvernement veut à la fois fermer des sous-préfectures, redéfinir son intervention à l'échelon départemental et réviser la carte cantonale. Le ministre de l'Intérieur multiplie les déclarations pour apaiser l'inquiétude tant des élus que des agents de l'Etat concernés.

 

Rappel : Réforme des élections locales : divergences entre députés et sénateurs - 31 mars 2013 

 

Cet article est le 38ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Par Michel SORIN - Publié dans : Collectivités territoriales - Communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 12 avril 2013 5 12 /04 /Avr /2013 19:47

Les communes rurales veulent l’égalité de dotation par habitant

Les maires ruraux contestent le projet du gouvernement concernant l’Acte 3 de la décentralisation (voir Acte 3 Décentralisation : le Sénat a obtenu des délais supplémentaires - 6 avril 2013). Ils étaient réunis, le 23 mars 2013, lors de l’assemblée générale de l’Association des maires ruraux de France (AMRF) à Lyon. Voir La Gazette des communes (A Thouvenot, 25 mars 2013). Extraits.

 

Pour les maires ruraux, le nouvel acte de la décentralisation va droit vers un fiasco total

 

Loi du management libéral - Sujet de mécontentement profond : l’esprit de la loi, qui selon les maires ruraux, organise une nouvelle forme de tutelle, notamment des régions sur les communes. « Cette loi n’est pas une petite fille de la Loi Deferre de 1982, mais celle du management libéral. La même philosophie qui préside à la construction de l’Union européenne », a insisté Pierre-Yves Collombat. Pour preuve, la présence répétée du mot « compétitivité » tout au long du texte. « On attendait un texte qui fasse souffler le vent de la démocratie. Il n’en est rien ». En ligne de mire, les conférences territoriales de l’action publique dont les communes rurales sont exclues (…).

 

Contre l’élection au SU des conseilleurs EPCI - Les élus ont aussi fortement rappelé leur opposition à l’élection au suffrage universel des conseillers siégeant dans les EPCI, « le maire risquant de devenir potiche », selon Robert Mériaureau, maire de Brégnier-Cordon (856 habitants, Ain). « On ne cesse de parler de territoire dans ce projet de loi. Or réduire la commune à la notion de territoire, c’est oublier le citoyen et la démocratie », a insisté Denis Durand, Bengy-sur-Craon (Cher, 732 habitants).

Enfin, les maires ont déploré les disparités de moyens entre l’urbain et le rural : selon l’association des maires ruraux, la dotation par habitant dans les communes de moins de 500 habitants est de 64 euros, quand elle est de 128 euros dans les communes de plus de 200 000 habitants…. (…)

DSCN1091Denis Durand, maire de Bengy-sur-Craon (Cher), président de la Communauté de communes du pays de Nérondes, membre du Comité des finances locales (CFL), est intervenu lors de cette AG. Il m’a transmis le texte de son intervention, qui a suivi celle d’Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée à la décentralisation.

 

Madame la ministre, nous avons entendu votre présentation du projet de loi relatif à l'acte III de la décentralisation et nous vous en remercions. Vous nous avez parlé d’égalité des territoires, nous aurions préféré que l’on nous parle d’égalité des citoyens quelque soit le territoire où ils résident.

La fracture territoriale est aujourd’hui béante avec une Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) de 64 euros par habitant pour les communes rurales quand elle atteint 128 euros pour les villes de plus de 200 000 habitants. L’on nous rétorque toujours les charges de centralité, alors qu’il existe parallèlement des recettes de centralité.

Les communes rurales supportent, quant à elles, des charges de territorialité, sans avoir de recettes spécifiques. Nous avons des charges de voirie et de réseau par habitant qui sont bien supérieures aux urbains (jusqu’à 10 fois plus) ; nous devrions avoir une dotation par habitant  bien supérieure. Mais nous demandons seulement l’égalité, la même dotation par habitant, l’abandon dans le calcul des dotations de toutes les strates et échelles logarithmiques (super strates) qui organisent un véritable apartheid territorial.

Et pour les intercommunalités, c’est encore pire : 20 euros par habitant pour les communautés de commune contre 80 euros par habitant pour les métropoles.

Si, il y a cinquante ans, Michel Albert parlait de «  Paris et du désert français », nous ne voudrions pas qu’aujourd’hui, on nous façonne « les métropoles et le désert français ».  

C’est, aujourd’hui, une véritable ségrégation territoriale. Vous nous dites qu’il faut reconnaître le fait métropolitain, oui nous voulons bien mais à condition qu’on reconnaisse le fait rural et que l’on soit traité à égalité de droits et de devoirs.

Vous nous dites que le département doit être conforté dans son rôle de solidarité, mais que sera le département si les métropoles s’en exonèrent ? On est ici dans le Rhône ; que sera demain ce département, une fois qu’il sera amputé du grand Lyon ? Un département réduit aux zones rurales qui géreront les miettes.

Et puis, Madame la ministre, derrière les bonnes intentions affichées, il y a des mots qui sont très révélateurs. Vous nous avez parlé de « gouvernance ». Connaissez vous sa signification, son origine ? Le mot gouvernance vient de l’anglais et veut dire « gouverner sans le peuple ». Le terme gouvernance ne devrait jamais être utilisé dans une institution de la république.

Vous avez utilisé beaucoup le mot « territoire » et très peu le mot « commune ». Celle-ci serait-elle vouée au passé ? Pour nous, le territoire, c’est la commune sans les citoyens. Nous ne voudrions pas qu’en ce début du 21ème siècle, le citoyen soit ignoré. Il est la force de nos communes, cellules de base de l’administration républicaine du pays.

Cet article est le 38ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Par Michel SORIN - Publié dans : Collectivités territoriales - Communauté : Les blogs républicains
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Lundi 8 avril 2013 1 08 /04 /Avr /2013 22:12

Référendum alsacien, modes de scrutin, cumul des mandats

 

En dehors du Parlement, il y avait, hier, une consultation électorale en Alsace visant à rapprocher les institutions de cette région sur les régions voisines, allemandes et suisses (suppression des deux départements et création d’une nouvelle collectivité publique). Voir Référendum alsacien : expérimentation hasardeuse, anti-républicaine - 4 avril 2013.

 

Ce projet a été repoussé par les électeurs du Haut-Rhin (sud de l’Alsace), qui ont voté majoritairement contre le projet et parce que la participation électorale a été insuffisante dans chaque département (seuil de 25 % des électeurs inscrits, qui n’a pas été atteint).

 

Voir le communiqué de presse de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne, 7 avril 2013 : Référendum en Alsace : Un "non" républicain et salutaire et le communiqué publié le 7 avril 2013 par le Mouvement Politique d’Emancipation populaire (M’PEP) :

 

C'est le "non" qui l'a emporté aujourd'hui lors du référendum en Alsace, a contrario de toutes les prévisions et les attentes des promoteurs du "oui" à la fusion des départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et du Conseil Régional. Les Alsaciens ont refusé d'être les cobayes d'une expérimentation préfigurant le démembrement de la République.
 
Ils ont choisi de ne pas entrer dans l'espace du "Rhin Supérieur", tant vanté par ceux qui rêvaient déjà des charmes euro-régionaux, des droits du travail allemand. Ils ont refusé les transferts massifs de compétences de l'État à la collectivité territoriale d'Alsace.
 
Ce projet initié par l'UMP avec les encouragements du gouvernement socialiste, était soutenu par les régionalistes et les écologistes qui œuvrent pour le fédéralisme européen, dédaignent la nation et méprisent la République.
 
Les Alsaciens viennent d'infliger un coup cinglant au patronat qui agit sans relâche pour briser les frontières afin de disposer de toujours plus de liberté d'exploiter le monde du travail. Coup d'arrêt également à tous les européistes qui n'ont de cesse de diluer la France dans un espace de libre-échange toujours plus vaste et dérégulé !
 
Les Alsaciens viennent d'envoyer un signal fort à tous les autres Français pour qu'ils résistent aux sirènes identitaires régionales, aux habitants de Bretagne, de Savoie et de Haute-Savoie notamment, les suivants sur la liste des référendums de même nature. Désormais, c'est à l'acte III de la décentralisation* qu'il faut s'opposer. Frontalement. Sans chercher à améliorer, à amender les trois textes prévus par le gouvernement Hollande, car sur le fond il vise le même objectif : détruire la nation, livrer les Français aux appétits insatiables des néolibéraux, briser les résistances populaires
(…). 

 

Voir aussi : Echec du référendum alsacien : "Un signe fort pour la classe politique en place" (Le Monde, 8 avril 2013).

 

* Voir Acte 3 Décentralisation : le Sénat a obtenu des délais supplémentaires - 6 avril 2013 

 

Réforme des modes de scrutin aux élections locales

 

Rappel : Réforme des élections locales : divergences entre députés et sénateurs - 31 mars 2013.

 

L'Assemblée nationale a adopté le 2 avril, au terme de sa deuxième lecture, le projet de loi sur les modes de scrutins locaux défendu par le ministre de l'Intérieur. Le texte a recueilli 271 voix pour, 236 voix contre, tandis que 35 députés se sont abstenus. Seuls les socialistes l'ont soutenu. L'UMP, l'UDI et le Front de gauche ont voté contre, tandis que les écologistes et les radicaux de gauche se sont abstenus. Voir Projet de loi Valls : c'est parti pour une troisième lecture (site Localtis, 3 avril 2013)

 

Cumul des mandats

Cumul des mandats : le gouvernement propose l'interdiction à partir de 2017 (site Maire info, 4 avril 2013).


Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Par Michel SORIN - Publié dans : Collectivités territoriales - Communauté : Les blogs républicains
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