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  • : Michel Sorin
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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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Ségolène ROYAL

Mercredi 21 février 2007

 

Ségolène Royal sur les pas de François Mitterrand 

 En voyant notre candidate Ségolène Royal s’exprimer ce 21 février 2007 devant un millier de Mayennais dans cette magnifique salle des Ondines à Changé, j’ai pensé à François Mitterrand intervenant le 9 avril 1981 dans la salle des fêtes de Cossé-le-Vivien devant le même nombre de Mayennais, après avoir été reçu par Michel et Yvonne Gaultier dans leur ferme à Méral devant une nuée de journalistes nationaux (nous avions organisé la rencontre agricole de la campagne présidentielle de François Mitterrand pour l’ouest de la France).

 Que de points communs entre les deux candidats socialistes à 26 ans d’intervalle ! Comme, d’ailleurs, entre les candidats de la droite néo-libérale, Giscard d’Estaing et Sarkozy. L’accueil chaleureux réservé à Ségolène est de bon augure. Ceux qui étaient présents à Rennes hier soir ont fait le même constat : la mayonnaise est en train de prendre depuis Villepinte et la présentation du pacte présidentiel et, surtout, depuis l’émission de TF1 lundi soir, regardée par neuf à dix millions de téléspectateurs.

 Certes, ce rendez-vous aujourd’hui était bref mais il a permis à notre candidate de s’exprimer avec clarté pendant une demi-heure, de rencontrer les salariés concernés par des suppressions d’emplois à Laval et beaucoup de personnes, même si ce fut trop brièvement.

 Pour ma part, j’ai pu remettre à François Rebsamen, co-directeur de campagne, deux documents : la note de réflexions et d’orientations que Gérard Beillard m’a demandé de transmettre à Ségolène Royal et le texte de propositions concernant la politique agricole (texte que j’ai remis directement à la candidate avant son départ pour la Normandie en tout début d’après-midi).

 Ce sont ces propositions que j’ai présentées à Pontivy samedi dernier aux militants MRC de Bretagne et qui intègrent les amendements reçus depuis le 9 décembre 2006. J’y reviendrai demain.

Par SORIN Michel
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Vendredi 23 février 2007

 

Un citoyen ouvrier mayennais écrit à la candidate… 

 

C’est seulement la seconde fois, depuis que cette élection se fait au suffrage universel, qu’un(e) candidat(e) socialiste s’arrête en Mayenne pour rencontrer les électeurs.

 Après François Mitterrand le 9 avril 1981 à Méral et Cossé-le-Vivien, Ségolène Royal a fait une halte de deux heures le 21 février 2007 à Changé, dans cette charmante cité verdoyante et dynamique au voisinage nord de Laval et de Saint-Berthevin, en présence d’un millier de personnes, dont Gérard Beillard qui avait bien l’intention de remettre à la candidate la lettre qu’il avait préparée la veille. 

Pas si facile d’écrire à Ségolène Royal. Un texte trop long ne serait pas lu. Cinq ou six fois, il l’a repris pour en faire cette note (qui est présentée ci-après) qu’il m’a demandé de remettre à Ségolène. En fait, je l’ai remise à François Rebsamen, l’un des deux directeurs de campagne, secrétaire national du PS, qui m’a promis de la remettre à la candidate.

 Gérard Beillard écrit à Ségolène Royal

 La dette publique est de 1 800  euros pour chaque citoyen 

 Allez –vous prendre cela en considération afin que nos futures générations ne soient pas pénalisées à rembourser une dette qui sera lourde de conséquences ?

 Il serait intéressant d’établir une rente universelle pour les retraites sur la base du SMIC 

 Apparemment, il serait proposé de faire un complément de retraite par capitalisation. De nombreux citoyens n’auront pas les moyens mais au moins, ils auront le SMIC. Cela pourrait leur permettre de vivre décemment.

 Le « trou » de la Sécurité Sociale ne se désemplit pas 

Ce dossier est complexe mais va t’on avoir le courage de le résoudre ? Vous savez bien qu’il y a eu des réflexions positives et applicables dans ce domaine. Il faut conserver notre Sécurité Sociale comme elle est.

 Il serait souhaitable de clarifier le rôle des  Syndicats en faisant une loi 

 Ils seraient plus autonomes. Ils pourraient ainsi avoir un regard plus approfondi sur les Entreprises, notamment dans les grands Groupes.

 Pour les maisons de retraites 

 Que pensez-vous faire pour que le coût à supporter par les retraités soit moins élevé ?

 Pour aider ces personnes qui n’ont pas les moyens afin de ne pas pénaliser leurs enfants qui doivent payer les loyers, surtout que certains n’ont déjà pas de quoi boucler les fins de mois.

 Il n’est pas normal de laisser nos retraités peu fortunés, parqués dans une pièce, réduits au silence, comme hélas cela existe. Cela n’est pas digne d’une République comme la notre.

 Pour le nucléaire, allons-nous brader une énergie aussi importante pour notre indépendance ?

 D’ailleurs, je ferai remarquer que c’est l’énergie qui pollue le moins.

 Pour les déchets radioactifs que cela génère il faut faire confiance à nos scientifiques et à nos ingénieurs. Ils arriveront bien à résoudre une bonne partie du problème. Ils avancent dans ce domaine.

 Je vous assure aussi que je suis pour que l’on développe toutes les solutions pour les nouvelles énergies renouvelables.

 On ne peut pas faire autrement. Notre planète est assez malade. Il faut lutter contre les gaz à « effet de serre ». Je suis bien conscient que c’est l’avenir de la planète et de nous tous qui est en jeu.

 Vous avez annoncé que vous n’étiez pas favorable pour un deuxième porte-avion 

 Paradoxalement, je suis pour. Il faut garder notre indépendance étant donné que l’orientation de l’Europe n’est pas encore tout à fait arrêtée. Vers quelle Europe allons-nous ?

 En ce qui concerne les Régimes Spéciaux, les 40 années de cotisations pour le Privé, le départ en retraite à 60 ans 

 Allez-vous donner une vraie retraite à ceux qui auront cotisé durant 40 années car il est préconisé de prolonger les personnes désireuses d’aller plus loin que 60 ans ?

 S’est-on posé la question pour les personnes qui partiront à 40 ans de cotisations ? Se retrouveront elles avec une retraite assez élevée ? Ne se verront elles pas dans l’obligation de reprendre un travail même si elles ne le souhaitent pas ?

 Je ne suis pas contre que les personnes continuent à travailler mais au moins, de garantir une retraite dès 40 années de cotisations faites sur la base du SMIC.

 Surtout que le travail manuel par rapport au travail dit « intellectuel », est plus pénible.

 L’espérance de vie pour un ouvrier est de 7 à 8 ans de moins par rapport aux cadres et les professions libérales.

 Cela ferait une différence avec la « droite » qui n’est pas très claire à ce sujet ?

 Ne doit-on pas, pour les jeunes, leur donner la possibilité de les « lancer » dans le monde du Travail même s’il n’ont pas acquis l’expérience nécessaire ?

 Je pense que c’est le rôle de l’Etat et aussi de l’Entreprise de former ces jeunes sortis d’école à tous les niveaux.

 En conclusion

 Si on veut remonter dans les sondages, il faut expliquer les priorités que l’on veut appliquer, sans démagogie, réalistes et chiffrées et d’arrêter un calendrier pour les réalisations afin de tenir le cap.

 Il faut donner du temps au temps pour faire avancer notre conception de Société que l’on veut et sans tabou.

 Si on veut se démarquer de la « droite », il faut vraiment faire un programme social, juste, réaliste mais sans manquer de courage pour le réaliser. Je dis bien du social et non de l’assistanat. Il faut responsabiliser tous les français du plus petit au plus grand par la voie hiérarchique.

 J’aime bien votre slogan « gagnant, gagnant ».

 Je crois que nous avons la force et la volonté. A nous d’y travailler…

Par SORIN Michel
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Jeudi 8 mars 2007

 

« Ce 8 mars qui peut devenir historique… »

 De nombreuses femmes se sont exprimées à Dijon avant l’intervention de Ségolène Royal.

 Dominique Méda, sociologue : « Les inégalités ont cessé de se réduire et on a toujours des femmes qui participent moins à l’emploi, une différence de 13 points toujours. On a toujours des femmes qui sont à temps partiel et à temps partiel dit « choisi » et aussi de plus en plus de femmes à temps partiel subi surtout qui alimentent la spirale des bas salaires : 80 % des bas salaires sont des femmes. Et puis on a les fameux écarts de salaire, 25 %, qui ne bougent plus, dont la réduction ne s’opère plus ».

 Pourquoi ? Pourquoi la société ne bouge-t-elle pas plus ? Pourquoi est-ce qu’elle ne prend pas ce problème à bras-le-corps ? Parce qu’on est toujours plombé par le poids des représentations traditionnelles et de la répartition des rôles qui incombent aux hommes et aux femmes.

 Et, comme Francine Got l’a très bien montré, c’est tout au long du cycle de vie. Cela commence à l’école où on pousse moins les filles, où elles vont moins s’orienter vers les bonnes filières, vers les filières où elles pourront avoir des bonnes carrières et des bons salaires. Cela continue dans l’entreprise, l’entreprise considère toute femme comme une mère en puissance, et donc comme quelqu’un de moins productif, qui va moins rendre ».

 Yvette Roudy, la première ministre du Droit des femmes

Yvette Roudy a été présentée ainsi par Laure Adler « C’est elle qui a été la première ministre des Droits des femmes sous François Mitterrand, c’est elle qui a fait voter la loi : à travail égal, salaire égal, c’est elle qui a permis et permet encore aujourd’hui à toutes les femmes qui sont sur le bord du chemin et à toutes les jeunes femmes qui veulent avancer, croire en l’avenir, de pouvoir continuer ». Voici son intervention.

 « Eh bien, merci, Laure, de cet accueil si chaleureux. C’est vrai, j’ai fait tout ça, quand tu le rappelles, au fond je me dis : c’est vrai, après tout… Plus le remboursement de l’IVG, et plus la transmission du nom, et plus la possibilité de transmettre son nom à son enfant si on le souhaite. Et ça, ça a pris quinze ans parce que les droits des femmes ça prend beaucoup de temps, ça prend énormément de temps.

 La journée des femmes pour la première fois en 1910

 Et depuis que Klara Zetkind a proposé que le 8 mars soit la journée des femmes, c’était en 1910, nous avions commencé avec François Mitterrand à proposer que chaque année effectivement on marque cette journée du 8 mars par des événements pour rappeler le chemin parcouru, parce qu’il y a quand même des chemins parcourus, mais aussi tout ce qui reste à parcourir.

 Alors, c’est international, c’est une fête internationale qui rassemble toutes les femmes, et c’est pourquoi aujourd’hui nous avons beaucoup de femmes, que vous allez voir tout à l’heure, qui sont venues de tous les coins d’Europe.

 En France, cela ne s’est pas passé facilement. Il a fallu deux siècles, deux siècles pour que les femmes arrivent à conquérir d’abord le droit à l’instruction, ensuite le droit au travail puisque Proudhon disait : « Oh, les femmes, non, ce n’est pas bien de les avoir dans une usine, ça va troubler les ouvriers et puis ça va créer des difficultés. Elles sont très bien, ménagères ou courtisanes. » Nous, on avait ça en France. Les Allemands avaient Klara Zetkind, c’était mieux quand même. Mais enfin, on a emprunté à Klara Zetkind le droit au travail.

 Le droit à disposer de son corps, le droit de vote puis la parité

 Le droit à disposer de son corps, ça a été très long, très dur, certaines d’entre vous s’en souviennent. Il y a là des femmes du Planning familial que vous avez entendues, qui ont parlé. Cela a pris trente ans et plus.

 Et puis le droit de vote, et maintenant nous en sommes à essayer d’arracher la parité, ce n’est pas acquis parce qu’une place pour une femme c’est encore perçu comme une place en moins pour un homme. Et, croyez-moi, les malheureux hommes blancs souffrent en ce moment parce qu’ils ont le sentiment qu’on va leur prendre leur place. Je leur dis : « Ne vous inquiétez pas, vous, vous attendrez un peu, nous ça fait deux cents ans qu’on attend, on comprend votre souffrance et on ne veut pas votre place, on veut seulement la nôtre. »

Ségolène après deux siècles de luttes des femmes

Donc ce jour, ici, est historique parce que nous allons accueillir une femme que nous voulons présidente. Nous voulons Ségolène présidente, elle n’est pas arrivée comme ça, elle est arrivée parce que, derrière, il y a eu toutes ces luttes de femmes. Je vous ai dit deux siècles, et cela a été long et cela a été dur. Et elle, elle est arrivée là où elle est, et je peux vous dire qu’on ne lui a pas fait de cadeaux.

 Je ne veux rien rappeler en termes de mauvais souvenirs aujourd’hui, on est content, on est heureux, elle va gagner, donc on oublie tous les mauvais moments derrière nous, évidemment.

 Réconcilier les Français avec la politique

 Mais Ségolène, ce n’est pas n’importe qui, on ne lui a pas fait de cadeaux, elle a vraiment gagné tous ses galons à la sueur de son front, mais dans les pires difficultés. Elle sait ce que c’est que de travailler à la dure, elle sait ce que c’est que les difficultés, elle sait aussi ce que c’est que de se faire insulter. On compte beaucoup sur elle, on compte sur elle pour réconcilier les Français avec la politique. Parce que, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ils n’allaient plus aux urnes, les Français.

 Vers l’Europe et au-delà…

 Elle a déjà réconcilié le oui et le non chez nous, c’est pas mal. On compte sur elle aussi pour qu’elle relance l’Europe et qu’elle fasse admettre que les droits des femmes doivent faire partie des conditions indispensables pour adhérer à l’Union, c’est-à-dire que des pays comme la Pologne, l’Irlande, Chypre, Malte, qui refusent d’entendre parler de contraception et d’IVG, moi je leur aurais imposé, avant d’entrer dans l’Union. Donc nous comptons sur elle pour cela.

 Et enfin nous comptons aussi sur elle pour élargir ce message qu’elle va lancer au-delà de l’hexagone, et je dirai même au-delà de l'Europe, jusque vers cette Afrique qu’elle connaît et qu’elle aime, qui souffre de maladies, de sida, etc., où les femmes sont encore très mal traitées, nous avons ici une amie qui anime une association qui lutte contre l’excision, elle nous a accompagnées, elle a bien des choses à raconter aussi. Nous avons beaucoup à faire avec cette Afrique, elle a beaucoup de travail.

Elle a beaucoup de travail, c’est pour cela qu’elle a besoin de nous. Mais elle est forte, elle n’a aucune illusion, mais elle est optimiste. C’est une femme qui n’a peur de rien, je peux vous le garantir, donc ce n’est pas la peine de se dire : elle va craquer, elle va lâcher, elle ne va pas réussir, elle va être fatiguée. Alors là, je veux les rassurer tout de suite, ils risquent d’être déçus ceux qui pensent cela.

 Une chance pour les femmes, pour la démocratie, pour la France, pour l’Europe

 Donc, Ségolène, c’est une chance, pas seulement pour les femmes, c’est une chance pour la démocratie, c’est une chance pour le pays, pour la France, pour l'Europe et au-delà, bien au-delà. Elle va porter très loin et très haut son message, son énergie, son talent, sa force de caractère. Nous la voulons présidente ! »

  Trois questions à Ségolène Royal

 Qu'est-ce que cela représente que d'être une femme en politique au 21ème siècle ?

« C'est l'aboutissement d'une longue marche des femmes, de beaucoup de combats pour la conquête de nos droits politiques. Il reste encore du chemin mais le temps n'est plus où, comme dans l'entre-deux-guerres les sénateurs pouvaient à quatre reprises refuser le droit de vote aux femmes sous l'étonnant prétexte que nous aurions " la bouche trop petite pour proférer les gros mots qui sont monnaie courante dans les campagnes électorales. " Vous rendez-vous compte que, dans les manuels scolaires, on continue de dire " universel ", le suffrage qui, pendant un siècle, a exclu les femmes ? J'ai envie de vous répondre ce qu'en janvier 2006 Michelle Bachelet me disait au Chili : " le temps des femmes est venu... Pour le plus grand bonheur des hommes. "

Qu'est-ce que cela représente que d'être une femme socialiste aujourd'hui ?

« Vous savez, je suis venue au socialisme par le féminisme. Un féminisme instinctif et juvénile qui m'a fait, dès l'adolescence, refuser la place que, dans ma famille, la tradition assignait aux femmes. De l'émancipation des femmes à celle de l'humanité toute entière, le lien s'est fait tout naturellement : je suis aujourd'hui socialiste parce que féministe et féministe parce que socialiste. Etre une femme socialiste, c'est refuser l'assistanat qui humilie et c'est vouloir, pour chacune et pour chacun, le pouvoir de conduire sa vie et les solidarités qui le rendent possible. C'est ne pas se résigner au désordre des choses, faire le pari que l'avenir peut être civilisé et la France redressée ».

Qu'est ce que cela représenterait que d'être une femme présidente de la République ?

« Une belle victoire de l'égalité, de la parité et de la mixité en politique. Pas une revanche : une évolution normale. La preuve que le peuple français est, une fois encore, en avance sur certains de ses représentants. Je crois les femmes aussi qualifiées que les hommes pour exercer à la tête de l'Etat la juste autorité dont le pays a besoin, rendre à la puissance publique son efficacité et gouverner avec tous les Français.

 Peut-être ce 8 mars 2007 sera t-il historique... J'ai pris l'engagement, si je suis élue, de faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, où elle rejoindra Marie Curie. Olympe de Gouges a écrit une belle Déclaration des Droits de la Femme qui proclame crânement : " La femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune " Son idéal d'égalité civile et politique des hommes et des femmes la conduisit, on le sait moins, à réclamer l'abolition de l'esclavage. Le tribunal lui reprocha d'avoir oublié " les vertus qui conviennent à son sexe " : on la guillotina. Féministe avant la lettre, elle doit avoir toute sa place dans la mémoire commune de la République.

 D'ici là, le chemin est encore long jusqu'à l'élection présidentielle. Cette campagne, je l'ai voulue participative. Mon équipe, ce sont aussi les internautes qui nous lisent ! J'invite donc toutes les femmes, et tous les hommes, à nous rejoindre sur mon site de campagne (www.desirsdavenir.org ) et à s'inscrire sur l'espace e-militants pour y participer ».

Par SORIN Michel
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Lundi 12 mars 2007

 

Rassembler la gauche sur des bases républicaines

 Hier soir, de son palais de l’Elysée, le président de la République a voulu faire part aux Français des enseignements tirés de son expérience et, ainsi, influer sur les orientations de son successeur. Il a proclamé les cinq « commandements » du président de la République française.

 Les cinq commandements de Chirac

 - « D'abord, ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre ».

- « Vous devez toujours croire en vous et en la France, sans jamais brader notre modèle français ».

 - « La France doit affirmer l'exigence d'une Europe politique, qui garantisse notre modèle social ».

- « La France doit défendre la tolérance, le dialogue et le respect entre les hommes et les cultures. L'enjeu, c'est la paix, c'est la sécurité du monde ».

  - La France doit « inventer une autre croissance. Avec sa recherche, avec ses entreprises, avec son agriculture, avec l'avance qu'elle a prise dans le nucléaire et les choix résolus qu'elle a faits dans les énergies renouvelables, la France a tous les atouts pour relever ce défi majeur du XXIe siècle ».

 Après ce vibrant discours salué de toutes parts, à l’exception des courants politiques extrémistes, constatons d’abord que le président, depuis cinq ans, n’a fait que limiter les dégâts, avec une majorité parlementaire et des gouvernements plutôt réticents et manifestement peu enclins à mettre en oeuvre ces préceptes présidentiels.

 Ségolène Royal la mieux placée

 Et posons aussitôt la question essentielle : Ségolène Royal n’est-elle pas la mieux placée pour prendre au mot le président sortant et réaliser effectivement ses recommandations ?

 Nous avons observé que Jacques Chirac s’est bien gardé, pour le moment, de désigner son successeur préféré. Il le fera plus tard, lorsque le président de l’UMP aura clairement manifesté sa volonté formelle de suivre ses cinq commandements. Cela ne l’empêcherait pas, s’il était élu, de faire comme Chirac six mois après son élection en 1995 : faire une politique d’aggravation de la fracture sociale, après avoir été élu pour la réduire.

 Avec la montée du président de l’UDF dans les sondages, le problème posé à Ségolène Royal est le suivant : comment apparaître, aux yeux des Français, comme étant la seule (ou la mieux) capable de répondre, à la fois, aux attentes citoyennes qui viennent des profondeurs du pays (telles qu’elles ont été exprimées notamment le 29 mai 2005) et aux préoccupations exprimées hier par le président sortant en ce qui concerne l’avenir de la France ?

 Combattre l’esprit de renoncement néo-libéral

 En fait, notre candidate, en montrant qu’elle va s’attaquer aux vrais problèmes, doit convaincre de sa volonté (en tant que future présidente) et de sa capacité (à travers les futurs gouvernement et majorité parlementaire) à mettre la France et l’Europe en situation de combattre l’esprit de renoncement que les néo-libéraux ont mis dans les têtes des dirigeants nationaux et européens afin qu’ils n’exercent pas leurs responsabilités politiques d’élus, représentants des peuples.

 Ce que Chirac demande à son successeur, c’est de prendre en compte le désir d’Europe politique exprimée par le oui le 29 mai. Ce que le peuple français demande au prochain président de la république, c’est de prendre compte le désir d’Europe protectrice et respectueuse des démocraties nationales, exprimé par le non le 29 mai.

 Relever le défi du 29 mai 2005

 Ségolène Royal, en ayant rassemblé autour d’elle des militants et des citoyens ayant voté oui et non, est bien placée pour relever le défi de l’élection présidentielle. Sa position est un oui à l’Europe, à condition qu’elle soit réorientée afin d’être efficace et de respecter l’intérêt des peuples qui la composent, à condition aussi d’être indépendante, autant des pouvoirs de pression de la finance mondialisée que des USA.

 Poser les vraies questions

 Tout est fait pour masquer les vrais enjeux des prochaines élections, présidentielle et législatives. Il y a deux questions essentielles :

 - la réorientation économique et sociale de l’Europe afin de la rapprocher des attentes populaires d’une part, et d’écarter les fausses solutions de type fédéraliste d’autre part,

 - la montée aux responsabilités politiques de nouvelles élites, liées à la vie socio-économique des territoires et solidaires des couches populaires et moyennes.

 J’y ajoute deux questions importantes :

 - le maintien de l’énergie nucléaire, au côté des énergies renouvelables, en tant que solution réelle de substitution aux énergies fossiles, le remplacement de celles-ci étant la priorité absolue,

 - la double priorité donnée en agriculture à la sécurité, en quantité et en qualité, de l’approvisionnement alimentaire (souveraineté alimentaire au niveau national - ou d’un ensemble de nations comme l’Europe - et protection de la santé publique) et au respect de l’environnement.

 Mobiliser l’électorat populaire

 La stratégie visant à rapprocher les électorats de l’UDF, du PS et des Verts pour conduire une politique libérale, sociale et environnementale dissimule à peine les forces qui ont porté le oui au référendum le 29 mai 2005. Ce n’est pas la solution au problème posé, même si cela correspond au souhait du président du groupe des Verts au Parlement européen.

 Ségolène Royal a affirmé clairement sa volonté de rassembler la gauche sur des bases républicaines, afin de mobiliser l’électorat populaire qui n’a pas vraiment fait son choix actuellement. C’est la seule façon pour la gauche d’être présente au second tour de l’élection présidentielle et en capacité de gagner le 6 mai.

 Juste avant de mettre en ligne ce texte, je prends connaissance de la note de Jean-Pierre Chevènement dans son carnet. Voici ce qu’il écrit aujourd’hui sur www.chevenement.fr

 « Faire la différence »  

« Ségolène Royal a justement indiqué que le vote des couches populaires fera la décision dans cette élection présidentielle.

 Ce n'est pas la course au centre qui peut rassembler cet électorat populaire, dont il convient de rappeler à ceux qui l'ont oublié qu'il a voté à plus des deux tiers contre le projet de Constitution européenne. La course au centre ne peut que gommer les différences.

La montée de François Bayrou dans les sondages ne manifeste en aucune manière une adhésion à un programme. Elle traduit paradoxalement le rejet des alternances sans alternative, le dégoût du système du pareil au même. Les Français voient leur tissu industriel se défaire. Il faut répondre à cette seule question qui les taraude : peut-on encore l'empêcher ? Et comment ? Ségolène Royal avait articulé à
Villepinte des propositions claires sur le redressement de la construction européenne.

C'est en creusant son sillon pour « une Europe qui protège », pour un Etat puissant, et pour une politique industrielle active que Ségolène Royal fera la différence ». 

Par SORIN Michel
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Vendredi 16 mars 2007

 

Réconcilier le pays avec ses entreprises

 Hier soir, dans l’émission « A vous de juger » sur France 2, Ségolène Royal a montré beaucoup d’assurance et de détermination dans ses propos.

Elle assume l'entière responsabilité de sa campagne présidentielle et reprend sa "liberté" par rapport au Parti socialiste.

« Tout dépend de moi. Une élection présidentielle, par nature, est un lien direct entre une personne et le peuple français. Ce n'est pas l'élection d'un parti politique. Ce n'est pas une élection législative ».

Hier aussi, nous avons pu lire sur son blog de campagne www.segoleneroyal2007.net un entretien réalisé par Les Echos sur l’économie. Questions et réponses, brèves mais précises. Les voici.

 Face à la montée de François Bayrou dans les sondages, deux lignes s'affrontent au PS. Certains vous conseillent d'être plus à gauche, d'autres vous demandent d'assumer le virage social-démocrate. Quelle est votre position ?
La ligne, c'est moi qui la trace. Je suis moi-même, je regarde la réalité de la France telle qu'elle est, je propose des solutions efficaces en expérimentant ce qui mérite de l'être, sans être prisonnière d'aucun dogme. Mais c'est une révolution difficile à accomplir : il faut que les Français acceptent de projeter sur une femme l'exercice du pouvoir.

Si vous êtes élue, ferez-vous le changement en cent jours ou en cinq ans ?
La profondeur de la crise appelle une révolution. Dès l'automne, il y aura un référendum sur les institutions pour instiller une dose de proportionnelle, renforcer les pouvoirs du Parlement, favoriser la démocratie participative, à travers les jurys citoyens, et développer une action politique qui rende compte au jour le jour et qui soit capable de s'affranchir des lobbies. Et immédiatement, je prendrai des mesures pour débloquer l'économie.

Toucherez-vous à l'équilibre des pouvoirs locaux ?
Je ne pense pas qu'on puisse supprimer un échelon, cela mettrait plus de perturbation que d'ordre. En revanche, il faut répartir de façon claire les responsabilités entre les différentes collectivités. C'est ainsi que l'on pourra éviter les doublons. Pour faire cette réforme, il faudra supprimer le pouvoir de veto du Sénat sur les questions institutionnelles.

Quelle sera votre première action économique ?
L'emploi des jeunes. Ce qui ronge le plus la société française, c'est la difficulté qu'éprouvent les jeunes qualifiés à s'insérer sur le marché du travail. Je veux m'inspirer de ce qu'a fait Tony Blair lors de son premier mandat. Il a appelé les entreprises à se mobiliser fortement et il a réussi en très peu de temps à obtenir des résultats

Les emplois-jeunes, cela rappelle ce qu'avait fait Lionel Jospin en 1997...
Les emplois-jeunes n'étaient pas destinés au secteur privé, sauf les associations. Les emplois-tremplins ont aussi vocation à aider à la reprise d'emplois dans les entreprises. Ce qui se passe en régions me rend optimiste : on peut dépasser l'objectif des 500.000 emplois-tremplins en cinq ans si on parvient à sortir de l'économie de la méfiance. Par ailleurs, les universités doivent s'investir dans le placement de leurs étudiants. En contrepartie, elles obtiendront l'autonomie sur leurs budgets.

Après vos consultations avec les partenaires sociaux, les sentez-vous prêts à sortir de ce que vous appelez l'économie de la méfiance ?
J'ai trouvé les syndicats beaucoup plus déterminés que le Medef. Ils ont envie d'entrer dans une nouvelle ère des relations sociales. Le Medef est plus crispé. Je l'ai trouvé en retrait par rapport aux attentes des PME. Le président du Centre des jeunes dirigeants a été beaucoup plus allant. A condition que la logique soit celle du " gagnant-gagnant ", les syndicats sont prêts au compromis social. C'est prometteur.

Quelle réforme de la représentativité souhaitez-vous ?
La représentativité doit être fondée sur l'élection. Les syndicats ne sont pas d'accord entre eux sur l'élection à retenir. Il faudra en discuter. De toute façon, je veux créer les conditions d'un syndicalisme de masse. L'essentiel est que plus aucun salarié n'ait peur d'adhérer à un syndicat.

Vous avez pourtant renoncé à l'adhésion obligatoire des salariés aux syndicats...
C'était une bonne idée, mais trop révolutionnaire pour l'instant.

Qu'est-ce qui relèvera de la négociation entre patronat et syndicats et de la décision politique ?
Sur tous les sujets, la négociation doit avoir le premier mot. Les solutions négociées sont toujours plus intelligentes et plus durables. Ainsi, la conférence sur les revenus et la croissance sera convoquée immédiatement. L'Etat garantira la qualité des négociations et fixera le cap, qui est d'augmenter le pouvoir d'achat. Ensuite, je fais confiance au dialogue social. Le Parlement sera là pour généraliser les accords sociaux et leur trouver des financements. L'une de mes priorités, c'est de réconcilier le pays avec ses entreprises. Comment le peut-il quand le CAC 40 affiche les plus gros bénéfices de son histoire et que les rémunérations des dirigeants sont insolentes, alors que les entreprises sous-traitantes n'ont jamais été autant en difficulté ?

Qu'est-ce qui vous choque particulièrement : les 100 milliards d'euros de bénéfices des grands groupes ?
Ce qui me choque, c'est qu'il y ait autant d'argent, d'un côté, et autant de dégâts sociaux, de l'autre. La logique de financiarisation est destructrice sur le plan économique. Il faut rendre plus transparente la répartition des profits, pour qu'ils soient réinvestis au service de l'emploi. Même les économistes les plus libéraux le disent !

Qui doit décider de cette répartition du profit : les actionnaires comme aujourd'hui ou l'Etat ?
La puissance publique doit aussi s'impliquer.

Etes-vous favorable à une hausse de la fiscalité sur le capital ?
Il ne s'agit pas de l'augmenter par esprit de système, mais d'avantager les entreprises de main-d'oeuvre.

Globalement, travaille-t-on suffisamment en France ?
Le pays doit travailler plus, bien sûr, mais en donnant du travail à ceux qui n'en ont pas aujourd'hui, les jeunes et les seniors. Les entreprises qui veulent faire des heures supplémentaires le peuvent déjà largement.

Comment envisagez-vous la généralisation des 35 heures, notamment pour les très petites entreprises ?
Les partenaires sociaux négocieront.

Vous évoquez souvent l'idée d'aides modulables ou conditionnelles aux entreprises. Pouvez-vous préciser ?
Je souhaite moduler les aides aux entreprises en fonction de leur politique en matière d'emploi, de leur engagement dans l'innovation, mais aussi de leur exposition à la compétition internationale.

Vous avez eu des mots très durs pour les banques...
Elles ne prennent plus de risques pour financer les entreprises, laissant aux collectivités locales le soin de le faire. Ce n'est plus acceptable. Elles doivent aider les PME à se développer.

Comment concevez-vous la modulation de l'impôt sur les sociétés ?
Je suis favorable à une baisse de l'impôt pour les entreprises qui exportent. Car le combat économique est de conquérir des marchés extérieurs.

Quelle serait l'ampleur de la baisse ?
Je n'ai pas, à ce stade, à entrer dans le détail. Ce sera au gouvernement et au Parlement de le faire.

Une entreprise n'exportant pas subirait à la fois la perte de ses allégements de charges et la hausse du SMIC à 1.500 euros... N'est-ce pas un peu lourd ?
Il y a des entreprises qui ont besoin d'aides, d'autres pas. Je veux aider les entreprises qui en ont vraiment besoin, et mettre fin aux effets d'aubaine. Partout, c'est la politique du donnant-donnant qui doit prévaloir.

L'Allemagne a restauré sa compétitivité en abaissant le coût du travail. La France n'a-t-elle pas besoin de cela plutôt que d'une hausse du SMIC et des bas salaires ?
Le pouvoir d'achat du salaire minimum est, en France, l'un des plus bas d'Europe. Et on peut être compétitif avec des salaires corrects pour les salariés.

Selon Eurostat, exprimé en parité de pouvoir d'achat, il est parmi les plus élevés...
Mais cette comparaison est effectuée sur la base d'indices des prix qui ne reflètent pas le pouvoir d'achat réel des bas salaires. C'est pour cela que je veux réinjecter du pouvoir d'achat. Ce n'est pas avec des emplois précaires, mal payés, à temps partiel, qu'on aura des salariés motivés, efficaces.

Pour vous, la solution est-elle dans la TVA sociale ?
On connaît les inconvénients de la TVA sociale, qui n'est pas équitable socialement. D'une façon générale, je souhaite stabiliser les règles. Je suis favorable à ce qu'un cadre fiscal et social soit défini avant la fin de cette année, pour les années à venir. Les acteurs économiques ont besoin de visibilité.

Vous voulez maintenir le taux de prélèvements obligatoires ?
Oui. Je ne suis pas de ceux qui prétendent à la fois baisser les prélèvements et la dette. C'est impossible. Il faut être sérieux, sinon on décrédibilise le discours politique.

Sur ce point, vous êtes d'accord avec François Bayrou...
Il n'a pas de programme, François Bayrou, et il s'en vante !

Allez-vous revenir sur la réforme de l'impôt sur le revenu ?
Le nouveau barème a scandaleusement creusé les inégalités. Il devra être redébattu dans le cadre de la loi de Finances 2008. Ce qui s'est passé sur les tranches les plus hautes n'est pas juste.

Pourquoi n'êtes-vous pas plus précise sur ce sujet ? Il est légitime que les Français connaissent vos intentions fiscales avant l'élection.
Je veux que cette question soit reliée au reste. Mon seul dogme en la matière est la justice et l'acceptation de l'impôt. Cela suppose que les Français comprennent ce qu'on fait de leur argent. Je suis favorable à un budget de l'Etat participatif, afin que les Français soient associés à la manière dont est utilisé l'argent de leurs impôts. Moi, je le fais dans ma région. Au niveau national, c'est plus compliqué, mais il faut y réfléchir.

Vous n'avez pas retenu l'idée de Dominique Strauss-Kahn d'un impôt sur les Français de l'étranger ?
Je ne pense pas qu'il faille taxer tous les Français de l'étranger pour empêcher quelques expatriations fiscales. Et je relève un paradoxe : la droite a voté le bouclier fiscal et certains de ses amis s'en vont quand même.

Vous ne toucherez pas à l'ISF ?
Non.

 Vous avez ouvert votre discours de Villepinte en dénonçant le poids de la dette, avant d'annoncer 100 propositions souvent très coûteuses. Où sont les économies ?
Sur la réforme de l'Etat, il y a des marges de manoeuvre. Nous devons avoir un Etat qui fonctionne bien et qui diminue son train de vie, même si c'est en partie symbolique. Je suis favorable par exemple à la diminution du nombre de ministères. Et puis surtout, il y a la décentralisation. Quand j'ai rencontré José Luis Zapatero en Espagne ou Romano Prodi en Italie, ils m'ont dit tous les deux que c'est par la décentralisation qu'ils ont réduit les dépenses de la collectivité.

Mais en France, la décentralisation s'est toujours traduite par un doublement des postes et des dépenses.
C'est cela justement qu'il faut éviter à l'avenir.

Y aurait-il obligation pour l'Etat de diminuer d'autant le nombre de ses agents ?
Oui. Jusqu'à présent, l'Etat a refusé de se délester et de perdre son pouvoir central. Moi je dis qu'il faut réajuster le nombre des agents publics en fonction des transferts de compétences.

Globalement, quand on raisonne Etat et collectivités ensemble, faut-il baisser les effectifs publics ?
Il faut un redéploiement assez drastique. Dire qu'on ne remplacera pas un fonctionnaire sur deux, comme le fait Nicolas Sarkozy, c'est inacceptable, car c'est détruire les services publics.
Et puis, c'est faire preuve d'un certain mépris pour les fonctionnaires que de leur dire qu'un sur deux ne sert à rien. La réforme nécessaire de l'Etat, la droite ne peut pas la faire parce qu'elle n'aime pas le service public. Moi, je la ferai, parce que je suis attachée au service public.

L'Etat doit-il revenir à 100 % d'EDF ?
Je suis favorable à une maîtrise réelle de l'Etat sur EDF. Et pourtant, je ne suis pas une dogmatique de la nationalisation. Les enjeux sont tels - constitution d'un pôle européen de l'énergie, développement des énergies renouvelables, avenir du nucléaire - qu'il est essentiel que l'Etat maîtrise ce secteur stratégique.

Vous critiquez beaucoup Nicolas Sarkozy, moins François Bayrou...
C'est faux. Son " on ne dépense rien " me paraît très dangereux. Seule une nation qui investit dans les capacités d'avenir - université, recherche, innovation - peut affronter la mondialisation et préparer son avenir.

Par SORIN Michel
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