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  • : Michel Sorin
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  • : Politique
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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médias - presse

Jeudi 24 mai 2007

 

Les médias naviguent dans des eaux politiques

 Le quotidien Le Monde avait lui aussi son échéance présidentielle. Un seul candidat à un nouveau mandat de six ans : Jean-Marie Colombani, président du directoire du groupe depuis treize ans. Encore faut-il avoir l’aval de la société des rédacteurs et 60 % des voix. Pas si facile. Une démocratie de haut niveau ! A ce compte-là, le président de la République n’aurait pas été élu… Lire l’article de Pierre Haski sur http://rue89.com

Le niveau de démocratie n’est pas le même au sein de TF1. Une recrue venant de l’entreprise médiatique sarkozienne fait des vagues.  Lire l’article de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts ce 24 mai sur www.liberation.fr

 A propos de Sarkozy, après « La face karchée de Sarkozy », Philippe Cohen, Richard Malka et Riss ont produit la suite « Sarko 1er » chez Fayard. Selon Anna Borrel, le 17 mai, sur www.marianne2007.info c’est toujours aussi grinçant et drôle.

 « Jean-Marie Colombani tente de s'accrocher à la tête du Monde »

 « Jean-Marie Colombani se rebiffe. Moins de vingt-quatre heures après avoir essuyé un vote négatif de la Société des rédacteurs, le président du directoire du Monde a décidé de contester la valeur de véto de ce vote, et entend s'accrocher à son poste.

 Cette attitude a fait monter la tension à l'intérieur du quotidien, à l'approche de la réunion cruciale, vendredi, du Conseil de surveillance du journal, présidé par Alain Minc. "Colombani joue la légitimité contre la légalité", commente un opposant à celui qui fut patron du Monde pendant treize ans. Le président du directoire avance le fait qu'en aditionnant ses soutiens, il arrive à plus de 58% des personnels concernés, soit une majorité.

 Mais, souligne-t-on au Monde, il n'a pas obtenu les 60% de voix des membres de la Société des rédacteurs qui étaient nécessaires statutairement pour le renouvellement de son mandat. Ni d'ailleurs celui de celles de la filiale PVC (La Vie, Télérama) et du groupe Midi Libre, autre filiale du Monde.

 "Où peut-il aller? Il n'aura pas les voix requises au conseil d'administration", souligne un opposant, furieux de ce que de nombreux journalistes qualifient de "manoeuvre" du président du directoire. Des paroles dures sont prononcées en interne, et même un parallèle établi avec Paul Wolfowitz, le proche de George Bush qui a vainement tenté de s'accrocher à la tête de la Banque mondiale après avoir été désavoué par le Conseil d'administration de l'institution internationale...

 Une tentative d'entraîner une démission collective de la hiérarchie du journal pour soutenir le président du directoire aurait par ailleurs échoué mercredi.
Dans sa volonté de contourner le vote de la rédaction, Jean-Marie Colombani a reçu le soutien de Claude Perdriel, le propriétaire du Nouvel Observateur, actionnaire minoritaire du Monde, ainsi que d'une partie du syndicat CGT du Livre.

 Dans une interview au Nouvelobs.com, Claude Perdriel reprend d'ailleurs le décompte de Jean-Marie Colombani: "Si l'on regarde les chiffres, 58,8% des salariés -journalistes, cadres, employés- du Monde ont voté pour son maintien et 37%, contre. Et non seulement eux, mais 90% du management, c'est à dire tous les cadres, ont voté pour lui, ce qui est la preuve d'une réussite de direction de la présidence du directoire remarquable. (...) Si Le Monde est une société démocratique, il n'y a aucune raison que Jean-Marie Colombani parte", ajoute Claude Perdriel.

 Le Monde semble bel et bien entré dans une zone des tempêtes, avec un bras de fer entre les journalistes et les autres actionnaires. Il est loin d'être certain que cette tension se calmera après la réunion cruciale du conseil de surveillance vendredi ».

  « Télé. La nomination d'un proche de Sarkozy agite politiques et syndicats ».

 Dans le tollé soulevé par la nomination de Laurent Solly, l'ex-directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy ( Libération d'hier), à la direction de TF1, le PS a fini par réagir, avec un peu de retard, après le PCF, qui dénonçait mardi «une présidence au fort relent berlusconien». C'est François Hollande qui s'y est collé : «Nous avons des exemples multiples où les amis de M. Sarkozy, le groupe Lagardère, le groupe Bouygues [...], sont en espèce de connivence, et je crois que ce n'est pas bon d'avoir cette relation consanguine entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique.» Pour le premier secrétaire du PS, «si l'on veut éviter les procès d'intention, il faudrait qu'il y ait des règles qui soient posées, notamment par la loi.» 

 Dans ce concert, un absent de taille : François Bayrou. Le parachutage d'un très proche collaborateur du Président tout en haut d'une télé privée détenue par Martin Bouygues, le meilleur ami du chef de l'Etat, c'est pourtant du nanan pour Bayrou, qui a fait campagne sur le thème de la collusion politico-médiatique.

 Du côté des syndicats, le SNJ juge «extrêmement choquante» la nomination de Solly à TF1, tandis que le SNJ-CGT estime qu'elle va «accroître les soupçons de mise au pas de l'information dans une chaîne déjà largement suspecte d'avoir fait la promotion du candidat de la droite ultralibérale». La CFDT redoute une «nouvelle ère étouffante pour l'information», citant aussi le recrutement de journalistes à l'Elysée et à Matignon.

 Dans ce climat électrique autour de TF1, toute ébauche de nouvelle nomination fait illico des étincelles. Selon nos informations, lundi, le nouveau patron de TF1, Nonce Paolini, a reçu Nicolas Beytout, patron du Figaro . Pourquoi ? Paolini songerait à remplacer son actuel directeur de l'information, Robert Namias, sur la sellette depuis des mois pour cause d'incompatibilité sarkozyste (c'est un chiraquien pur jus). Levée de bouclier immédiate de la hiérarchie de la rédaction : «Beytout, ça voulait dire réorganisation, ça mettait en cause tout leur système», note un cadre. Du coup, pour l'heure, l'hypothèse Beytout semble enterrée. Définitivement ? «En tout cas, souligne notre interlocuteur, Namias est de bien meilleure humeur». 

Par SORIN Michel
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Vendredi 25 mai 2007

 

Les chaînes de la TNT montent en puissance

 Le Centre d’Etude et d’Action Sociale (CEAS) de la Mayenne s’est intéressé aux petites chaînes de la TNT. Le CEAS-point-com daté du 25 mai fait une information sur les détenteurs de capitaux dans ces 18 chaînes, qui commencent à mordre sur les recettes publicitaires des grosses (Le Monde, 26 avril).

 La TNT permet l’accès gratuit à 17 chaînes de télévision auxquelles il convient d’ajouter Canal+ dont quelques émissions sont diffusées en clair. Voici un tour d’horizon de ce nouveau paysage télévisuel en nous intéressant aux entreprises propriétaires.

 TF1 : l’actionnaire majoritaire du groupe TF1 SA est le groupe Bouygues (42,9 %). Le capital est ouvert au public pour 32,2 %. Parmi les autres actionnaires : J-P. Morgan (10,1 %), Putnam Investmet Management (5,0 %), Sanford C.Bernstein (4,7 %), les salariés du groupe (3,7 %)…

 France 2, France 3 et France 5 : ces trois chaînes font partie du groupe France Télévisions SA dont le capital est détenu exclusivement par l’État français.

 Canal+ : le groupe Canal+ est une filiale à 100 % du groupe de médias européen Vivendi.

 Arte France : France Télévisions SA (45 %), l’État français (25 %), le groupe Radio France (15 %) et l’INA (15 %).

 M6 : le principal actionnaire du groupe M6 SA est RTL Groupe SA (48 %), lui-même filiale audio­visuelle du groupe de médias allemand Bertelsmann (propriétaire de 90 % du capital). Le groupe Suez, actionnaire majoritaire à la création de la chaîne, ne possède plus que 5 % du capital.

 Direct 8 : la chaîne appartient au groupe Bolloré Média, filiale à 100 % du groupe Bolloré.

 W9 : la chaîne fait partie du groupe M6.

 TMC : la Société Monte Carlo Participations détient 80 % du capital et la principauté de Monaco 20 %. La Société Monte Carlo Partici­pations appartient pour 50 % au groupe TF1 et pour 50 % à AB Groupe. L’actionnaire principal d’AB Groupe est Claude Berda, mais le groupe TF1 possède également 33 % d’AB Groupe.

  NT1 : la chaîne est détenue à 100 % par ABSat SA, filiale télévisuelle d’AB Groupe (on retrouve ainsi le groupe TF1).

 NRJ 12 : le capital de NRJ Groupe est notamment détenu à 40 % par Sonopar (dont Jean-Paul Baudecroux possède 95 %), à 33 % par Jean-Paul Baudecroux et à 3 % par Max Guazzini.

 LCP Assemblée nationale/Public Sénat : appelée la « chaîne parlementaire », il s’agit d’une chaîne de télévision publique française créée par l’Assemblée nationale et par le Sénat.

 France 4 : France Télévisions SA (89 %) et Arte France (11 %).

 BFM TV : chaîne d’information en continu, elle fait partie de Next Radio TV, groupe audiovisuel français (Alain Weill).

 I Télé : également chaîne d’information en continu, elle appartient au groupe Canal+, filiale à 100 % de Vivendi.

 Europe 2 TV : chaîne musicale de Lagardère Active.

 Gulli : chaîne pour la jeunesse qui appartient également à Lagardère Active.

 Les principaux groupes privés 

Bertelsmann (M6 et W9); Bolloré (Direct 8) ; Bouygues(TF1, TMC, NT1) ; Lagardère (Europe 2 TV et Gulli) ; Vivendi (Canal+ et I Télé).

Par SORIN Michel
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Jeudi 31 mai 2007

 

Une mise au point opportune de Bernard Cassen

 En lisant Le Monde et d’autres organes de presse, il y avait de quoi s’inquiéter des récentes informations en provenance du Venezuela. Dans Le Monde diplomatique, Bernard Cassen réagit vivement à ce qu’il qualifie de désinformation sur le Venezuela. Voici ce texte paru ce jour sur le blog de Xavier Dumoulin http://sr07.unblog.fr .

 « Désinformation sur le Venezuela »

 L’affaire ne pouvait être que de portée planétaire puisqu’elle a donné lieu, ces derniers jours, à des déclarations quasiment simultanées du Sénat des Etats-Unis, du Parlement européen et de la présidence allemande de l’Union européenne, sans parler des articles fleuves et des éditoriaux de la plupart des grands médias occidentaux. De quoi s’agit-il ? De l’Iran, du réchauffement climatique, de la Palestine, du Darfour ? Tout faux : la gravissime affaire en question est le non renouvellement, par le gouvernement vénézuélien, de la concession de 20 ans, venue à échéance le 27 mai, d’une chaîne de télévision privée, Radio Caracas Television (RCTV), afin d’installer sur sa fréquence hertzienne une chaîne de service public. C’est-à-dire exercer le droit souverain qu’a chaque Etat de disposer des biens publics rares que sont les fréquences hertziennes.

 Atteinte aux droits de l’homme, à la liberté d’expression, censure, dérive autoritaire, totalitaire – voire fasciste –, toute la panoplie du vocabulaire rodé depuis des années contre le gouvernement de M. Hugo Chavez a été utilisée à nouveau massivement en cette circonstance.

 Du côté politique, on retiendra d’abord la résolution votée à l’unanimité, le 24 mai, par le Sénat américain, en particulier par les aspirants démocrates à la succession de M. George Bush, contre la « fermeture » de RCTV. Votée précisément par les mêmes qui, reniant leurs promesses électorales, venaient, également à l’unanimité, de donner leur accord aux 100 milliards de dollars de crédits militaires demandés par la Maison Blanche pour la poursuite de l’occupation de l’Irak. Un bel exemple de rigueur démocratique.

 Par la voix des services de Mme Angela Merkel, présidente en exercice du Conseil européen, l’Union européenne est également allée très loin dans l’hypocrisie. Dans une déclaration du 28 mai, elle « a noté avec inquiétude la décision du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela de laisser expirer la licence d’émission de Radio Caracas Télévision (RCTV) le 27 mai, sans appel d’offres ouvert pour la licence qui lui succède ». On ne sache pas, entre maints autres « oublis », que l’Union ait fait semblable déclaration et ait exigé un nouvel appel d’offres lorsque la licence d’émission de TF1, accordée en 1987 pour 15 ans, a été reconduite par le gouvernement français en 2002 dans la plus totale opacité. Pourtant, la « télé-poubelle » de MM. Bouygues, Le Lay et Mougeotte avait tourné en dérision les engagements qu’elle avait pris dans son cahier des charges en invoquant son « mieux-disant culturel ». Tout indique qu’elle continuera impunément à le faire avec son nouveau patron, M. Nonce Paolini, flanqué de M. Laurent Solly, transféré du jour au lendemain du « staff » de M. Nicolas Sarkozy à sa filiale médiatique.

 Pour ce qui est de l’abondante production des médias français, avant et après la date du non renouvellement de la concession de RCTV, la palme de la désinformation revient sans conteste, entre maints autres articles de la même veine, à l’éditorial d’un quotidien de référence, daté du 27-28 mai et intitulé « Censure à la Chávez ». Il vaut la peine d’en citer et d’en commenter quelques passages.

 D’emblée le ton est donné : « Le président Hugo Chávez a ordonné la disparition de RCTV ». Non, RCTV ne « disparaît » pas : elle peut continuer à émettre sur le câble, par Internet et sur le satellite, et va sans aucun doute le faire. Mais, comme la loi le prévoit, sa fréquence hertzienne et sa couverture nationale reviennent au service public à l’échéance de la concession dont elle bénficiait. Ou bien faudrait-il considérer que cette concession à durée limitée de RCTV était, en fait, à durée illimitée ? Et cela en fermant les yeux sur ses multiples entorses à son cahier des charges qui lui avaient notamment valu d’être fermée pour des durées de 24 heures à 3 jours non pas par les gouvernements de M. Chávez, mais, en 1976, 1980, 1981, 1989 et 1991, par leurs prédécesseurs sociaux-démocrates ou démocrates-chrétiens. Depuis sa première élection à la présidence de la République en 1998, M. Chávez n’a fermé aucune station de radio ou de télévision ni poursuivi aucun journaliste. Pourtant, dans n’importe quel autre pays démocratique, c’est ce qui se serait passé, compte tenu de la caution ouvertement apportée par la plupart des médias – dont RCTV – au coup d’Etat avorté du 11 avril 2002, quand ce n’était pas à son organisation.

 L’éditorial poursuit en dénonçant une décision politique « qui réduit le pluralisme et augmente la concentration de l’audiovisuel aux mains du gouvernement ». De quelle concentration s’agit-il ? En 2006, on comptait au Venezuela 20 chaînes hertziennes VHF privées et une publique. On comptait par ailleurs 28 chaînes hertziennes UHF privées, 6 publiques et 44 communautaires. Actuellement, avec l’incorporation de RCTV, le service public disposera de deux chaînes hertziennes VHF, de deux chaînes UHF et de deux chaînes sur la câble. On est très loin du monopole…

 Sans la moindre trace d’humour, l’éditorial qualifie ensuite RCTV de « chaîne privée qui donnait la parole à l’opposition ». RCTV donnait effectivement la parole à l’opposition, et ne faisait même que cela ! Des études de contenu effectuées sur le mois de janvier 2007 montrent que, dans ses programmes, elle a invité 21 personnalités hostiles au gouvernement, et aucune qui lui soit favorable. Le même mois, une des quatre autres grandes chaînes privées, Globovisión, a invité 59 opposants à M. Chávez et 7 de ses partisans. Seule Televen a respecté la parité : deux de chaque camp.

 Certes on peut regretter que la seule chaîne publique hertzienne jusqu’ici contrôlée par le gouvernement, Venezolana de Television (anciennement Canal 8), ne soit pas non plus un modèle d’équilibre, mais comment pourrait-il en être autrement dans un paysage médiatique où la plupart des journaux, radios et chaînes de télévision se comportent en partis politiques d’opposition ? Il faut espérer que TVES, la chaîne qui reprendra le signal de RCTV, tiendra ses promesses de pluralisme, même dans ces circonstances adverses.

 Du côté de la presse écrite, la situation est encore plus tranchée : sur 10 quotidiens de diffusion nationale, 9 sont des opposants déclarés au gouvernement. Si l’on étudie le contenu des articles d’opinion publiés dans quatre d’entre eux au mois de janvier 2007, on obtient les résultats suivants : pour El Nacional, 112 hostiles, 87 neutres et 6 favorables ; pour El Universal, les chiffres correspondants sont 214, 89 et 9 ; pour Ultimas Noticias, 31, 59 et 18 ; pour El Mundo, 49, 39 et 15. Ce qui ne les empêche pas de recevoir de la publicité des entreprises, des agences et des collectivités publiques.

 Prétendre que la liberté d’expression est menacée au Venezuela relève donc de la plus insigne mauvaise foi. Il suffit de s’arrêter devant un kiosque à journaux ou de passer une heure devant un poste de télévision pour être convaincu du contraire. C’est même sans doute le seul pays du monde où, dans le passé, des appels publics à l’assassinat du président n’ont pas entraîné des poursuites judiciaires.

 Mais alors, comme dirait M. Sarkozy, pourquoi tant de haine, pourquoi tant d’acharnement et de contre-vérités ? Que M. Chávez irrite au plus haut point les Etats-Unis et leurs alliés par sa politique de récupération des richesses naturelles nationales et par la dénonciation des politiques de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international peut parfaitement se comprendre. Que des médias appartenant à de grands groupes industriels et financiers répercutent les orientations et les intérêts de leurs commanditaires est dans l’ordre des choses. En revanche, on reste perplexe devant le comportement d’organes de presse où le pouvoir éditorial est officiellement déconnecté du pouvoir des actionnaires…

 Bernard Cassen dans Le Monde Diplomatique

Par SORIN Michel
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Dimanche 16 novembre 2008

Un journal qui prend ses informations sur les blogs

 

Philippe Cohen* est journaliste. Il était responsable du service économie de Marianne, puis rédacteur en chef du site Internet de cette publication. Il est actuellement rédacteur en chef de Vendredi, un nouvel hebdomadaire de la presse française, dont le n°1 est paru le 17 octobre 2008. C’est un journal singulier par son format et par l’origine de la plupart de ses informations (la Toile, notamment les blogs, source d’originalité et d’attractivité).

 

Voir, par exemple, 'Vendredi’, un nouvel hebdo qui regroupe le top de l’info du Web ...

 

Sur le site de cette nouvelle publication (voir Vendredi.info) , j’ai relevé, ce 16 novembre, deux ou trois articles pertinents qui concernent l’Europe.

 

La vérité sur les lobbies à Bruxelles

En vue des élections européennes de juin prochain, nous entamons un travail d’information sur des vérités dont les grands médias ne parlent jamais. Toutes les informations sont disponibles sur la Toile. Aujourd’hui, les lobbies à Bruxelles. La ville siège de la Commission européenne est la 1ère ville au monde en terme de nombre de cabinets de lobbying.
Vous allez voir, c’est édifiant...

J’extrais de cet article sa conclusion.

 

(…) Propositions

 

Il faut refuser et démonter ce discours angélique et appeler un chat un chat : les lobbies ne sont en rien représentatifs de la « société civile ». Les syndicats sont d’ailleurs très minoritaires au regard des firmes multinationales. Les lobbies ne sont rien d’autres que des cabinets d’avocats d’affaires, des cabinets spécialisés qui rémunèrent grassement leurs collaborateurs pour influencer les décisions de la Commission européenne dans le sens des intérêts commerciaux et financiers de leurs clients. Ils font le même travail à l’adresse des parlementaires européens, notamment ceux qui sont membres du duople PPE/PSE.

 

Ce sont donc bien les multinationales qui font largement la loi à Bruxelles. Elles façonnent la législation communautaire qui se retrouve ensuite directement dans nos lois (80% de nos lois sont d’origine européenne. 81,4% selon une étude du ministère allemande de la Justice datant de 2006)

 

On peut donner quelques exemples : pourquoi Bruxelles est-elle à ce point obnubilée par la « concurrence pure et parfaite » dans tous les domaines ? Pourquoi l’UE est-elle devenue la zone la plus ouverte du monde ? Pourquoi tous les services publics ont-ils peu à peu été ouverts à la concurrence, déréglementés, privatisés ?…Pourquoi l’Europe prône-t-elle systématiquement le financement d’une part croissante des universités européennes par le secteur privé, les entreprises ? Pourquoi le discours et les décisions de la Banque Centrale européenne vont-ils toujours dans le sens d’un « blocage des salaires » (comme l’avait affirmé début 2008 Jean-Claude Trichet, en utilisant ces mots) ? On doit s’interroger sur la place des lobbies et des multinationales.

 

Pas besoin d’un système aussi malsain et de lobbies omniprésents pour obtenir l’information nécessaire à l’élaboration d’une nouvelle législation.

 

Risques évidents de corruption dans un tel système. Souvent, parlementaires européens et hauts fonctionnaires de la Commission se voient proposer l’invitation à un Congrès dans une destination paradisiaque, à tire professionnel bien sûr…

 

Il convient donc :

 

- d'encadrer fermement les lobbies, et de cesser de les considérer (ou cesser de feindre de les considérer) comme des éléments du système démocratique 

 

- de traquer beaucoup plus sérieusement qu’aujourd’hui les cas de corruption au sein de la Commission et du Parlement européen. Nettoyer les écuries d’Augias…

 

La place des lobbies diminuera très sensiblement d’elle-même lorsque nous aurons remis la Commission à sa juste place : une simple structure technique chargée de mettre en œuvre les décisions prises par les politiques nationaux légitimes dans le cadre d’un système intergouvernemental.

 

Nouvelle donne : le rapprochement entre la Russie et les grands d’Europe

Il devrait suffire de consulter cette réponse du président russe Dmitri Medvedev à une question, dans l’interview du Figaro, le 13 novembre, pour mesurer le changement intervenu dans les relations paneuropéennes, essentiellement entre la Russie et les grands pays de l’UE, et plus généralement dans les relations internationales en général, avec les deux crises successives de Géorgie (7 août 2008) et du système financier international (15 septembre 2008)…

La présidence tchèque, une « horreur européenne »

La présidence tchèque, prévue pour prendre en charge la présidence de l’UE le 1er janvier 2009, s’avère de plus en plus comme un cas d’école “anti-européen”, – c’est-à-dire le cas d’école d’une occasion politique absolument faite pour démontrer l’incapacité du système en place en Europe d’assurer une bonne marche des affaires, une vraie politique européenne, une défense des intérêts européens et ainsi de suite. Cela est d’autant plus intéressant à observer que la présidence tchèque suivrait la présidence français, extrêmement active, plaidant pour une continuité forte de la direction européenne, d’autant plus nécessaire à l’heure de la crise financière et économique; cela est d’autant plus intéressant à commenter que le président tchèque Vaclav Klaus vient de se proclamer officiellement “dissident européen”…

• D’une part, le gouvernement tchèque est dans l'état d’instabilité chronique qu’on sait, sa majorité parlementaire étant absolument flottante et pouvant se transformer en mise en minorité du jour au lendemain, dans une situation de très grande impopularité, etc. Le cas est connu. Il sert d’arrière-plan au second point, qui est la grande nouvelle en cette circonstance.

• … En effet, le gouvernement tchèque vient d’informer les instances européennes et ses partenaires des priorités de sa présidence européenne. Dans un temps de crise économique et financière, de nouveau dialogue avec la Russie et ainsi de suite, le programme tchèque vaut le déplacement. Il y a quatre priorités, dans l’ordre comme on l’aura compris: renforcement des relations transatlantiques; renforcement des relations dans la zone Est jusqu'au Caucase, notamment avec des pays comme la Géorgie, l’Ukraine, etc, et (surtout) Russie non incluse.; sécurité énergétique; renforcement des relations avec Israël. Tous ces points, notamment les points 2 et 3, sont à considérer, répétons-le, sans la moindre référence de coopération avec la Russie («éventuellement contre la Russie?», ironise, à peine, une source européenne) (…).

* Philippe Cohen était venu en Mayenne en 2002, en soutien à la candidature de Jean-Pierre Chevènement à l’élection présidentielle.

 

Cet article est le 4ème paru sur ce blog dans la catégorie médias - presse 

Par SORIN Michel
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