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  • : Michel Sorin
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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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CHEVENEMENT

Lundi 17 juillet 2006

Parrainage de la candidature de Jean-Pierre CHEVENEMENT à l'élection présidentielle 2007

J'ai relayé la demande du MRC de solliciter auprès des maires un engagement de parrainage de la candidature de Jean-Pierre Chevènement, en précisant que celui-ci ne prendra une décision qu'à la fin de l'année.

Voici le texte du message adressé aux maires 53 par courriel hier soir :

Vous savez l'importance de la prochaine élection présidentielle, en avril-mai 2007. Certains candidats ont fait connaître leur intention. D'autres attendent la fin de l'année avant de prendre une décision. C'est le cas de Jean-Pierre Chevènement.

Le Mouvement Républicain et Citoyen, dont il est président d'honneur, lui a demandé de se porter candidat. La France est en crise. Elle n'en sortira que sur la base d'une claire re-fondation républicaine, prenant en compte les attentes populaires qui se sont exprimées depuis plusieurs années, notamment le 29 mai 2005, lors du vote de ratification du traité constitutionnel européen.

Ce qu'attend le peuple français de son futur Président, c'est une ferme volonté de réorienter la construction européenne, en donnant la priorité à l'économie et au social.

Peu de responsables politiques ont la capacité de mener à bien une telle mission de redressement du pays. Jean-Pierre Chevènement a prouvé, depuis 25 ans, dans ses diverses fonctions ministérielles, qu'il est doté des qualités et du caractère propres à l'exercice de cette responsabilité.

C'est pour rendre possible sa candidature, et lui permettre de se positionner dans quelques mois en fonction de l'évolution de la situation politique, que je vous propose de me retourner l'engagement de parrainage de sa candidature que vous trouverez, ci-joint.

Je vous rappelle que parrainer n'est pas adhérer à toutes les prises de position du candidat ni soutenir l'ensemble de son projet, c'est lui permettre d'être candidat et, ainsi, favoriser l'expression de la démocratie.

D'autre part, à ce stade, il ne s'agit que d'une promesse de parrainage tant que celle-ci ne sera pas relayée par le formulaire officiel que vous recevrez de l'Etat.

Vous remerciant de votre attention et de votre compréhension,

Je vous prie d'agréer, Madame ou Monsieur le Maire, l'expression de mes meilleurs sentiments et de mes salutations républicaines.

Michel Sorin, ancien maire de St-Berthevin,

Secrétaire MRC 53 et délégué national MRC à l'agriculture

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Par SORIN Michel
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Mardi 12 septembre 2006

 

Présidentielle: Chevènement pose ses conditions au PS

LES ULIS (AP) - Jean-Pierre Chevènement laisse planer le suspense sur son éventuelle candidature à l'élection présidentielle. Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a expliqué dimanche qu'il se présenterait si le candidat socialiste ne prenait pas en compte ses orientations sur l'Europe.

"Nous ne pourrions soutenir qu'un candidat socialiste qui prendrait en compte le vote du 29 mai 2005 qui a conduit au rejet de la Constitution européenne par 55 % des voix. C'est une question de principe", a averti l'ancien ministre de l'Intérieur dans son discours de clôture de l'université d'été du MRC aux Ulis (Essonne).

Regrettant que le vote de mai 2005 n'ait pas débouché sur une "dynamique du 'non'" au sein du PS depuis la "synthèse molle" du Mans, M. Chevènement, marginalisé depuis la déroute de son "pôle républicain" aux législatives de 2002, n'a pas exclu de soutenir Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charentes "paraît symboliser un changement, en tout cas un renouvellement qui peut permettre de sortir des blocages anciens", a-t-il observé.

Mais il a dit "attendre les prises de position sur l'Europe" de la favorite des sondages au PS, qui doit s'exprimer sur le sujet le 13 septembre devant les Amis de l'Europe et la Fondation Robert Schumann.

Jean-Pierre Chevènement, partisan d'une "Confédération de nations républicaines à géométrie variable, partageant un même socle de valeurs et capable de s'unir sur des projets communs", a réaffirmé son refus d'une Europe "postnationale qui déconnecte la démocratie de la nation".

Le président d'honneur du MRC a dit "privilégier la voie d'une contribution positive au redressement de la gauche".

Mais celui qui avait recueilli 5,33% des voix en 2002 -et que beaucoup au Parti socialiste tiennent pour responsable de la défaite de Lionel Jospin- n'exclut pas d'être à nouveau candidat si ses orientations ne sont pas prises en compte par le PS. Il a répété à cet égard que le MRC prendrait sa décision en décembre, après la désignation du candidat socialiste "sur une équation globale, en fonction bien entendu de la place qu'il fera à (ses) préoccupations".

"S'il apparaissait que nous ne puissions pas apporter une contribution positive et que le candidat du PS ne répondait pas aux questions majeures que nous lui posons du point de vue de l'intérêt national, alors il faudrait, si bien sûr les circonstances le permettaient et si un espace stratégique s'ouvrait, que nous l'occupions", a dit M. Chevènement.

Le président d'honneur du MRC entendrait alors être un candidat de "rassemblement de tous les républicains" sur un "projet clair" de "réorientation de la construction européenne au service de l'emploi". 

"Nous devons être prêts à ne pas soutenir le candidat socialiste si son orientation devait ouvrir la voie à de nouvelles déconvenues", a lancé M. Chevènement. AP

 

Par SORIN Michel
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Mardi 12 septembre 2006

 

Mettre la gauche à la hauteur de ses responsabilités

 Dans une première partie, JP Chevènement a parlé de la France, avant d’aborder la situation de la gauche, à huit mois de l’élection présidentielle.

 Les affaires de la France.

 Le peuple français veut à nouveau maîtriser son destin. C’est le sens du NON du 29 mai 2005 : un NON à une Europe qui ne nous protège pas et qu’il faut réorienter.

 Depuis le 29 mai, ceux qui nous dirigent n’ont pris aucune initiative de réorientation de l’Europe. Les tenants du oui attendent leur heure pour faire rentrer par la fenêtre ce qui a été sorti par la grande porte du suffrage universel, c’est-à-dire une Constitution pour l’Europe. Celle-ci ne demande pas une Constitution. L’Europe n’est pas une nation et demeurera un ensemble de nations. Or, seule une nation a besoin d’une Constitution.

 La priorité est évidemment une profonde réorientation en matière économique et sociale. C’est cela que nous devons faire prévaloir. Nos dirigeants persistent dans la volonté d’édifier un système où la décision échappe aux peuples. Ils prétendent vouloir construire une démocratie déconnectée des nations, un système de connivences qui se soumet, de fait, aux décisions de la finance. Ce n’est plus une démocratie.

 Quinze mois après le 29 mai, notre pays se sent piégé par cette Europe telle qu’elle se fait, Europe elle-même piégée par la mondialisation. Il faut repartir des nations républicaines et de la volonté populaire pour réorienter l’Europe.

 Le gouvernement a un discours et une pratique en complet décalage.

 La référence au « patriotisme économique » ne peut dissimuler la succession d’échecs : l’absorption d’Arcelor par Mittal (aboutissement symbolique de la politique mise en œuvre par la CECA il y a plus de cinquante ans !), le scandale de la disparition de Péchiney, le mariage déséquilibré entre Alcatel et Lucent. Qui a pris en compte les intérêts de la France ? Et, dans la fusion GDF-Suez, qui se préoccupe de la sécurité des approvisionnements en gaz ?

 Le gouvernement se targue d’une embellie économique et d’une baisse continue du chômage. Mais il y a tout lieu de craindre que l’embellie économique ne soit que passagère. La conjoncture économique aux Etats-Unis commence à se retourner. La baisse du dollar et le prix élevé du pétrole, dans un contexte de crise avec l’Iran, pèseront sur notre croissance. Par ailleurs la ponction fiscale que Mme Merkel s’apprête à exercer en Allemagne – trois points de TVA en plus – va inévitablement restreindre nos débouchés. Et c’est sans compter sur la prochaine décision de la Banque Centrale Européenne de relever le taux d’intérêt !

 La baisse du chômage est davantage le résultat des aides à l’emploi que l’effet des créations d’emplois nouveaux. La précarité s’étend et le nombre réel des chômeurs dépasse largement la barre des trois millions.

 La politique étrangère n’échappe pas aux contradictions de notre politique. Le Proche-Orient ne se résume pas au Liban. Si la politique française ne relie pas entre eux les problèmes qui se posent dans cette région, qui donc pourra le faire ? Or, le problème palestinien continue à pourrir. Le gouvernement israélien a gelé son projet de retrait unilatéral de Cisjordanie. Il est essentiel, et pour Israël même, de retrouver un interlocuteur et de négocier ce retrait. De ce point de vue l’attitude européenne vis-à-vis du Hamas est absurde et scandaleuse : on ne peut pas réclamer la démocratie et couper les vivres à ceux qui gagnent les élections ! On peut déplorer que les islamo-nationalistes, partout, occupent le terrain, mais c’est le résultat d’une politique israélo-américaine complètement erronée et maintenue avec constance depuis quinze ans sinon quarante, politique qu’il faudrait revoir entièrement aujourd’hui pour recréer les conditions du dialogue et de la coexistence. Ne serait-ce pas là le rôle de l’Europe et particulièrement celui de la France  !

 La France ne doit se couper d’aucun des acteurs régionaux si elle veut faire progresser réellement la cause d’une paix juste et durable.

 Il ne faudrait pas négocier avec des pays considérés comme ennemis ? Mais avec qui d’autre qu’avec les ennemis est-il vraiment utile de négocier ?

 L’Iran aujourd’hui est devenue la puissance dominante au Moyen-Orient. Ceux qui le déplorent aujourd’hui, notamment aux Etats-Unis, ont fait ce qu’il fallait pour cela. La situation effrayante qui prévaut en Irak renforce la main de l’Iran. N’hésitons pas à le dire : l’objectif à long terme est de créer les conditions d’une réintégration de l’Iran dans la communauté internationale. La société iranienne aspire à la prospérité. Ce grand pays doit pouvoir se développer et maîtriser son avenir, y compris dans le domaine de l’énergie nucléaire civile. Incitons-le à respecter les obligations qu’il a souscrites en matière de non-prolifération et indiquons lui fermement que la sécurité d’Israël, indissociable de la création d’un Etat palestinien viable, est un point sur lequel aucune transaction n’est envisageable. Offrons par ailleurs à l’Iran les conditions d’une coopération loyale. La voix de la France , même seule, est indispensable pour recréer de l’espoir dans cette région qui souffre tant. Au Moyen-Orient non plus, il n’y a pas qu’une seule politique possible !

 Le prochain Président de la République trouvera partout une situation difficile. Nos marges de manœuvre sont étroites. Ce n’est pas une raison pour ne rien faire ou pour faire marche arrière. Au contraire, il faut savoir infléchir la direction du véhicule. Encore pour cela faut-il prendre une vue d’ensemble de la situation qui nous a été léguée par une gestion paresseuse et bien souvent aveugle des gouvernements qui se sont succédés à la tête de la France.

 Ce qui s’est réellement passé : prenons une vue perspective des choses.

 

  Le XXe siècle a été éprouvant pour la France. Un très grand homme le domine de sa stature : c’est De Gaulle. Il avait remis la France en orbite en 1944-45 d’abord, après 1958 ensuite. La vraie rupture, après la deuxième guerre mondiale, ce fut 1974, la fin des trente glorieuses, l’élection de Valéry Giscard d’Estaing.

 Il faut reconnaître que l’alternance de 1981 n’a pas tenu les promesses que le peuple français avait nourries à l’égard de la gauche. Non seulement la crise économique ne s’est pas résorbée mais la nation elle-même a été mise en congé. C’était une dramatique erreur mais elle a été faite. L’idée a prévalu avec le traité de Maastricht que désormais la France appartenait au passé, et l’avenir à l’Europe.

 Le peuple français, à 51 %, a choisi de faire cette expérience en 1992. Il en est maintenant revenu. Il faut inventer un nouveau chemin. Celui-ci s’appelle la République , la réappropriation démocratique par le peuple de son destin, la redéfinition d’une Europe conforme à la démocratie qui vit dans les nations.

Nos marges de manoeuvre sont étroites.

 La création d’un gouvernement économique de la zone euro impliquerait l’accord de l’Allemagne. Or celle-ci se dirige dans une tout autre direction : celle d’une adaptation à la mondialisation. Elle veut revenir dans les clous de Maastricht pour s’affirmer, dixit Mme Merkel, « au sommet de l’Europe ». Seuls un retournement de conjoncture et une crise au sein de la grande coalition permettraient de faire triompher une autre orientation que l’orientation libre-échangiste actuelle : celle d’un recentrage sur l’Europe et d’abord sur la zone euro où l’Allemagne réalise 40 % de ses exportations.

Bref, il faut que l’Allemagne se convainque qu’il faut réformer les statuts de la Banque Centrale européenne et donner des compétences à l’Eurogroupe pour coordonner les politiques budgétaires et fiscales. Cela ne se fera pas rapidement même si ce doit être l’objectif et c’est possible car l’Europe au sens large, y compris la Russie , représente 70 % des exportations allemandes, qui elles-mêmes dépassent le tiers du PIB allemand, qui est lui-même le tiers du PIB de l’Union européenne.

 C’est dire l’étroite interdépendance entre toutes les économies européennes. Cette réalité prendra le dessus quand se produira le retournement de la conjoncture mondiale aujourd’hui tirée par la Chine.

 En attendant, le levier principal pour la France sera la politique industrielle, avec le renforcement des fonds propres des entreprises, le développement de l’épargne salariale, le rôle accru des intermédiaires financiers publics pour enrayer les délocalisations et la réforme des OPA pour empêcher le hold-up du type Mittal (Arcelor) ou Alcan (Péchiney).

 L’énergie, au XXIe siècle, sera un enjeu majeur. Nous devons en maîtriser les leviers. Il n’y aura pas de politique européenne en dehors des grands énergéticiens nationaux. EDF et AREVA doivent rester au premier rang de la compétition mondiale grâce au réacteur de nouvelle génération EPR sur lequel il faudra résister aux pressions de nos amis Verts pour ne pas revenir. Bref, là comme ailleurs, nous entendons faire prévaloir l’intérêt national.

 Les choix de dérégulation qui ont été faits par l’Europe à Lisbonne (en 2000) et à Barcelone (en 2002) limitent nos marges de manœuvre mais nous pouvons élargir ces marges, à condition de maintenir le caractère public ou à prépondérance publique des grands acteurs de l’énergie.

 Bien sûr, l’éducation, la recherche et la politique de l’emploi sont des enjeux majeurs qui impliquent des choix qui ne sont pas seulement budgétaires et qui relèvent de la tradition républicaine, la nôtre.

 Il est un point où je souhaite particulièrement marquer notre vigilance : c’est celui de la défense où dans le monde dangereux qui est le nôtre il n’y a pas d’économie à faire. En particulier il serait très grave de renoncer au programme de simulation nucléaire qui conditionne le maintien à long terme de la dissuasion. Il en va de l’indépendance future de la France et de l’Europe.

 Nous devrons défendre les intérêts de la France , ceux de notre peuple et ceux bien compris de la gauche elle-même. Car la gauche, dans des domaines essentiels comme l’Ecole, la sécurité, l’immigration, l’Europe, la Défense , doit incarner une ligne ferme qui réponde à l’intérêt des classes populaires.

 Ne méconnaissons pas l’habileté de M. Sarkozy.

 Il faut prendre garde à ce que, très marqué à droite jusqu’ici et donnant beaucoup d’arguments à ceux qui le résumaient en trois épithètes : libéral, communautariste, pro-américain, M. Sarkozy ne cherche, à l’approche de l’échéance présidentielle, à récupérer la thématique républicaine dans des champs comme par exemple l’Ecole, en mettant l’accent sur la transmission des savoirs et l’autorité des maîtres. Toutes choses que j’ai dites il y a bien longtemps.

Cela lui sera plus difficile en matière de sécurité. M. Sarkozy a vidé de ses effectifs et de son contenu la police de proximité et s’est avéré impuissant à enrayer la montée des agressions les plus graves contre les personnes et de la délinquance des mineurs. Dans ce domaine, le gouvernement s’est avéré tout à fait incapable de créer les centres de retenue que j’avais préconisés et s’il a mis en place quelques centres fermés c’est de manière tout à fait insuffisante : il y en a moins de vingt au total après cinq ans de gouvernement de la droite. La publication des statistiques mensuelles de la délinquance est bien souvent un miroir aux alouettes, puisque les services, accablés de demandes et de paperasserie, ne retiennent que les faits qu’ils constatent et peuvent jouer sur la « main courante » pour ne pas recueillir les plaintes. Il faudra faire un inventaire complet de cette « politique de sécurité Potemkine » où les exigences de la communication l’emportent sur celle de la protection des citoyens.

 De même, en matière d’économie et d’emploi, M. Sarkozy aura beaucoup de peine à faire prendre aux Français des vessies pour des lanternes : l’appel au mérite et à l’effort ne peut masquer la progression d’inégalités de rémunérations injustifiables, d’un côté les salaires et les parachutes en or des grands patrons, de l’autre la précarisation croissante du monde du travail, notamment des jeunes.

 Il faut cependant se méfier de ce que la thématique « républicaine » mise en avant depuis quelques mois par Nicolas Sarkozy dans ses discours, n’entraîne la gauche, sous la pression de son aile libéral-libertaire, à prendre le contre-pied de ces thèses et à se « dérépublicaniser », au moment où elle a justement besoin de mettre ses idées en ordre et la République en avant.

 L’erreur majeure que commettrait la gauche serait d’aller là où M. Sarkozy veut qu’elle aille : qu’elle se réfugie dans l’idéologie post-soixante-huitarde, cultive le jeunisme et le laxisme à l’Ecole, oppose la prévention et la répression en matière de sécurité, et sombre dans la démagogie en préconisant par exemple la régularisation de tous les clandestins, au lieu de la politique équilibrée que j’avais mise en œuvre et que ceux qui à l’époque criaient « au loup ! » ne peuvent s’empêcher de regretter aujourd’hui.

 C’est là que nous – le MRC – pouvons aider la gauche à ne pas retomber dans ses dérives, hélas, traditionnelles. C’est difficile parce que les « pousse-au-crime » sont nombreux dans les médias bien-pensants. Ainsi M. Leparmentier, dans Le Monde, identifiait-il un glissement à droite de M. Sarkozy, parce que celui-ci prétendrait réhabiliter Jules Ferry et le général de Gaulle. Si la gauche devait suivre ces conseils biaisés et au demeurant fort peu éclairés s’agissant des orientations réelles de M. Sarkozy, elle se couperait définitivement des couches populaires et courrait à sa perte.

 Nous ne le voulons pas. Depuis 2002, beaucoup d’évènements se sont produits qui nous ont donné raison : sur la Corse en 2003, sur l’Europe en 2005, sur l’Ecole, la sécurité, l’industrie hélas tous les jours. Mais nous ne souhaitons pas nous enfermer dans le rôle de Cassandre...

 

 Et maintenant, le problème de la gauche, tel qu'il se pose à nous.

 Notre but c’est de remettre la gauche à la hauteur des défis auxquels le pays doit faire face. On ne peut pas dire que les candidats à la candidature au sein du parti socialiste aient tiré les conséquences du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005. Le retrait du candidat socialiste au soir du 21 avril avait peut-être pour but de sanctuariser le prétendu « bon bilan » de la gauche plurielle. Il a surtout empêché tout inventaire sérieux. Une stratégie de la culpabilisation a empêché l’exercice de l’esprit critique et le débat démocratique argumenté qu’il eût été sain de laisser se développer, dans l’intérêt de la gauche et du parti socialiste lui-même. C’est pourquoi le parti socialiste est aujourd’hui encore loin d’être au clair sur des sujets comme l’insécurité, la mondialisation, la politique industrielle, les services publics, l’immigration ou l’Europe : on l’a vu au moment du référendum où ses principaux leaders, à l’exception de Laurent Fabius, ont été pris à contre-pied.

 Une des raisons du succès de Ségolène Royal est que, par rapport à cette glaciation, elle paraît symboliser un changement, en tout cas un renouvellement qui peut permettre de sortir des blocages anciens. Ainsi, s’agissant de la carte scolaire, qui peut nier qu’aujourd’hui celle-ci redouble la ségrégation sociale par une ségrégation spatiale, en tout cas dans les grandes agglomérations et qu’elle est bien souvent contournée au bénéfice des enfants des milieux privilégiés ? Sans remettre en cause son principe, il serait sans doute judicieux de permettre aux enfants des milieux défavorisés les plus doués et les plus disposés à travailler de trouver une affectation dans les meilleures classes qu’il conviendrait de répartir selon les établissements. C’est en cela qu’il faut l’assouplir et pas pour permettre aux enfants privilégiés d’y échapper davantage. Ségolène Royal apparaît souvent en rupture avec le PS autant qu’avec la droite. Son succès traduit le réflexe d’éloignement éprouvé, à tort ou à raison, à l’égard des « éléphants ». Pour autant, y a-t-il un contenu à la promesse d’une refondation ? Cela ne peut se faire que progressivement et selon la méthode suivie jusqu’ici : c’est avec le peuple et dans le mouvement de la pré-campagne ou de la campagne que la candidate peut tracer les grandes lignes d’un nouveau contrat.

Attendons, cependant, ses prises de position sur l’Europe puisqu’elle doit s’exprimer le 13 septembre à Bruxelles devant les « Amis de l’Europe » et la Fondation Robert Schumann.

 J’ai déjà dit et je répète qu’il ne saurait être question de faire rentrer par la fenêtre ce qui a été sorti par la grande porte du suffrage universel, c’est-à-dire une Constitution. Nous avions fondé notre espoir sur une dynamique du « non » au sein du PS. Nous sommes obligés de constater 

 - que la synthèse molle du Mans n’a pas permis de créer cette dynamique,

 - que même certains tenants du « non » au sein du PS sont prêts à accepter une Constitution raccourcie.

 Aussi bien se sont-ils dispersés, comme les partisans du « non » dits « de gauche » en dehors du PS, car il n’y a de « non » sérieux que celui qui articule la critique antilibérale et l’exigence démocratique, celle de la souveraineté populaire. C’est ce « non républicain » que nous avons fait entendre et qui, seul, peut rassembler.

Le critère décisif des choix que nous avons à faire au moment des présidentielles sera donc le sort fait à la Constitution européenne.

Nous ne pourrions soutenir qu’un candidat socialiste qui prendrait en compte le vote du 29 mai 2005 qui a conduit au rejet de la Constitution européenne par 55 % des voix. C’est une question de principe. Nous refusons l’Europe dite « postnationale » qui déconnecte la démocratie de la nation. Cette conception, dans laquelle le peuple ne peut pas se reconnaître, vide de contenu la démocratie, éloigne la décision des citoyens et fait en définitive le jeu du capitalisme financier mondialisé.

 Nous sommes pour une Confédération de nations républicaines partageant un même socle de valeurs et capables de s’unir, à géométrie variable, sur des projets communs : marché commun oui, mais sans la religion de la concurrence au nom de laquelle on libéralise le service public et favorise le moins disant social, etc.

 Nous pouvons accepter des « délégations de compétences » ciblées, démocratiquement contrôlées quant à la manière dont elles sont exercées, et révocables. Mais nous refusons le transfert massif et irréversible d’immenses pouvoirs à des commissions d’experts déconnectés du suffrage universel : Commission européenne ou Banque Centrale européenne indépendante.

 En tant que MRC, nous privilégions donc la voie d’une contribution positive au redressement de la gauche. Nous savons ce dont la gauche a besoin : d’un ressourcement en profondeur dans les valeurs de la République , dans une démocratie qui rendra ses couleurs à la nation, dans une Europe conçue comme union de nations républicaines.

Notre contribution à la victoire et à la réussite de la gauche peut être décisive, car nous apportons le sens de l’Etat, l’expérience de combats menés dans la durée et toujours gagnés, que ce soit sur l’Europe, la politique extérieure, l’Ecole, la sécurité, la Corse , etc. Nos propositions peuvent nourrir un projet réellement alternatif.

 Mais la méthode choisie par le candidat ou la candidate permettra-t-elle les inflexions nécessaires ? Nous prendrons notre décision en décembre, quand le candidat du parti socialiste aura été désigné, sur une équation globale, en fonction bien entendu de la place qu’il fera à nos préoccupations. S’il apparaissait que nous ne puissions pas apporter une contribution positive et que le candidat du PS ne répondait pas aux questions majeures que nous lui posons du point de vue de l’intérêt national, alors il faudrait, si bien sûr les circonstances le permettaient et si un espace stratégique s’ouvrait, que nous l’occupions. Il vous appartient de m’aider à réunir les conditions nécessaires.

Pour autant, vous le comprenez bien, car vous êtes des militants aguerris et adultes, je ne peux évidemment pas être le candidat du seul MRC. Je ne peux être qu’un candidat de rassemblement sur des valeurs républicaines exigeantes et sur un projet qui redonne à la France les couleurs de la démocratie. Rassemblement de tous les républicains, de ce qu’il y a de meilleur et de plus désintéressé dans notre peuple, à l’écart des sectarismes et des surenchères démagogiques mais sur un projet clair :

 -          de réorientation de la construction européenne au service de l’emploi ;

-          projet de justice sociale, l’effort nécessaire devant être plus équitablement réparti ;

 -          projet de redynamisation de notre industrie ;

 -          choix énergétiques ambitieux ;

 -          projet de valorisation de la matière grise – éducation, recherche, technologie ;

 -          de modernisation des services publics et de l’Etat républicain ;

 -          d’indépendance de la France, notamment en matière de défense et de dissuasion, au service d’une Europe européenne, c’est-à-dire maîtresse d’elle-même. Nous savons aussi que cette indépendance est nécessaire pour faire prévaloir une autre idée de l’Occident dans le nécessaire dialogue des civilisations.

 En tout état de cause, nous devons être prêts à ne pas soutenir le candidat socialiste si son orientation devait ouvrir la voie à de nouvelles déconvenues. C’est une question d’éthique élémentaire. Nous ne devons pas cautionner une orientation politique qui tournerait le dos à la politique de redressement nécessaire. Nous ne devons pas brader le capital de confiance que nous avons accumulé.

 Je ne me sentirais pas capable de dire aux 1.524.000 électrices et électeurs qui ont voté pour moi en 2002 de tourner le dos aux orientations de Vincennes qui les avaient rassemblés sur mon nom. Je n’ai pas démissionné trois fois d’un gouvernement afin de rester fidèle à mes convictions et aux vôtres pour, en fin de comptes, brader ce combat et l’élan qu’il a suscité. N’attendez pas de moi que je prenne des positions qui ne seraient pas honorables. L’honneur existe en politique. Et cela peut faire la différence.

 J’ajoute que la préservation de ce capital de confiance peut seule sauvegarder l’avenir et permettre de rebondir. Bien entendu, je n’ai évoqué ces hypothèses que pour vous montrer ce qu’il y aurait à faire si nous ne parvenions pas à opérer – ce qui a toujours été notre but – le redressement de la gauche sans lequel il n’y aurait pas de vraie victoire. C’est cette victoire que nous voulons préparer.

Je vous donne rendez-vous en décembre ! La campagne sera longue et vous aurez toute votre place à y prendre, aux présidentielles comme aux législatives. 

L’objectif est clair, même s’il est difficile : assurer la victoire de la gauche, au service de la République , au service de la France.

Par SORIN Michel
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Mercredi 4 octobre 2006

 

Jean-Pierre Chevènement prêt à être, à nouveau,

candidat à l’élection présidentielle

 
Les déclarations du président d’honneur du MRC, recueillies par l’agence de presse AP(voir, ci-après), sont dans le droit fil de celles du 10 septembre, lors de l’université d’étédu MRC (voir sur ce blog les articles du 12 septembre reprenant  son intervention).

 

 Son objectif est de peser sur l’orientation future du pays, soit en soutenant le candidat du PS si ce parti tient compte des positions du MRC, soit en étant lui-même candidat si le PS maintient le flou et l’ambiguïté de son projet actuel.

 

 En même temps, le Mouvement Républicain et Citoyen, comme tous les partis, prépare les élections législatives qui auront lieu en juin 2007. Le PS souhaite un accord. Encore faut-il qu’il accepte une vraie discussion avec le MRC tel qu’il est.

 Pour le moment, les contacts ont été interrompus. Les débats internes des six prochaines semaines devraient logiquement clarifier ses positions.

 Je suis persuadé de la possible complémentarité PS - MRC en 2007, comme ce fut le cas en 1971 et en 1981 entre Mitterrand et Chevènement.

 Espérons que, le 16 ou le 23 novembre, le PS aura trouvé son nouveau Mitterrand !

 

 Le texte publié par l'agence de presse

 

  PARIS (AP) -- Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) Jean-Pierre Chevènement a affirmé mercredi qu'il veut "peser" sur la campagne présidentielle et qu'il exclut "de moins en moins" de se présenter lui-même.
"Je n'ai jamais exclu de l'être et je l'exclus de moins en moins", a répondu Jean-Pierre Chevènement, interrogé sur LCI à propos de l'éventualité d'une nouvelle candidature. En 2002, "1,524 million d'électeurs m'ont fait confiance. Je n'envisage pas de ne pas leur dire ce qui me paraît bon pour le redressement du pays, (...) pour une France et une Europe qui jouent leur carte dans la mondialisation, sans renoncer à l'infléchir au bénéfice des pays du Sud."
"Je veux peser sur cette campagne, sur l'orientation future du pays", a affirmé Jean-Pierre Chevènement. Pour lui, son parti "peut se poser la question de savoir s'il ne doit pas être présent" en 2007. "Pourquoi est-ce que Mme Voynet pourrait être présente au nom des Verts et pourquoi est-ce que le Mouvement républicain et citoyen ne serait pas présent?"
Il a précisé avoir déjà réuni 300 parrainages d'élus en vue de son éventuelle candidature. "Il m'en faut encore 300 pour avoir la marge de sécurité", a-t-il précisé. "Je lance un appel aux maires et aux élus qui peuvent accorder un parrainage pour me donner la possibilité d'être présent pour peser sur cette campagne."
"Je n'ai pas dit que je serais candidat à tout prix", a-t-il toutefois souligné.
Interrogé sur le projet du Parti socialiste, qu'il a quitté en 1993, Jean-Pierre Chevènement a pointé des "ambiguïtés", notamment sur la politique étrangère ou européenne. Le projet est "très ambigu" et "mérite d'être précisé". 
 

Par SORIN Michel
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Mercredi 11 octobre 2006

 

Marianne2007.info : Comment analysez-vous la situation interne au Parti Socialiste ? A-t-il tiré selon vous les leçons des 21 avril 2002 et 29 mai 2005 ?

 
Jean-Pierre Chevènement :
Le Parti socialiste a été comme tétanisé au soir du 21 avril 2002. La défense du « bon bilan » a pris la place d'une réflexion sur les causes véritables de la défaite et notamment l'éloignement des couches populaires. Il est vrai que ce « devoir d'inventaire » eût exigé un regard critique sur la période antérieure qui s'était achevée en 1993 par une défaite encore plus spectaculaire. Il était plus commode d'attendre des erreurs de la droite un retour au pouvoir par le jeu de ce que j'appelle l'effet « essuie glaces ».

Cette carence explique que sur beaucoup de sujets essentiels : l'Europe, la nation, l'insécurité, la mondialisation, le Parti socialiste soit encore loin d'avoir les idées claires … Les débats internes entre les trois candidats à la candidature le montrent à l'évidence.

Quels sont les grands enjeux de politique intérieure et de politique internationale qui pourraient motiver votre candidature à l'élection présidentielle ?

 

 Les grands enjeux sont au nombre de trois :
1. Le redressement de l'Europe, non pas par une « Constitution » qui n'a pas de sens (dès lors que l'Europe rassemble non pas un peuple, mais trente), mais d'abord par l'instauration d'un véritable gouvernement économique de la zone euro – avec réforme de la Banque Centrale – afin de relancer la croissance et de faire reculer le chômage, et ensuite par l'affirmation d'une Europe européenne, c'est-à-dire indépendante et non pas vassale, pour servir la cause du dialogue, du développement et de la paix dans le monde.
2. Il convient ensuite de restaurer la France et la République dans l'esprit de nos concitoyens. Des principes et des valeurs de la République doivent découler toutes nos politiques. Ne démolissons pas la France qui est le seul vrai levier dont nous disposons en Europe et dans le monde. Le peuple français doit retrouver confiance en lui-même. Cela passe par une éthique républicaine impeccable.
3. Enfin, je mettrai l'accent sur le rétablissement de l'Etat républicain et de son rôle stratégique pour préparer l'avenir. Comme le disait Pierre Mendès-France : « gouverner, c'est choisir ».

Votre candidature et votre score en 2002 vous ont valu d'être mis à l'écart par le PS. Etes-vous prêt à être à nouveau candidat dans une telle configuration ?


Je n'ai pas vocation à servir éternellement de bouc émissaire. Je ne me suis pas laissé abattre par une campagne insidieuse et lâche. L'éloignement des couches populaires est le vrai problème que les socialistes ont à résoudre. S'ils m'avaient écouté davantage, ils l'auraient peut-être mieux résolu. Sur tous les sujets (l'Europe, les délocalisations industrielles, la Corse et la République, la délinquance, l'Irak, etc.) avoir raison avant les autres est un grand tort.

Une campagne présidentielle est l'occasion de situer les vrais enjeux et de proposer des choix. Le parti socialiste pas plus que l'UMP n'ont cherché depuis 2002 à modifier la règle selon laquelle seuls les deux candidats arrivés en tête au premier tour peuvent se maintenir au second. La raison en est simple : cette règle les sert, en leur permettant d'imposer leurs vues qui souvent sont les mêmes, par exemple sur les critères de Maastricht et sur la « Constitution européenne » …
J'espère que les socialistes sauront tenir compte de la volonté du peuple telle qu'elle a été exprimée le 29 mai 2005 et que nous saurons, ensemble, nous tourner vers l'avenir. Quant à ma candidature, que je n'ai pas encore arrêtée définitivement, elle serait aussi légitime que celle de Mme Voynet ou de Mme Buffet. Il est évidemment plus facile de crier « 21 avril ! 21 avril ! » que de se remettre en cause. Mais alors il faut accepter le débat démocratique et la sanction du vote des Français.
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Mardi 10 Octobre 2006

 Propos recueillis par Julien Landfried

  Source :  http://www.marianne2007.info 

 

 

Par SORIN Michel
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