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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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AGRICULTURE et PAC

Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 19:05

Intransigeance sur le principe et esprit de solidarité

 

L'AVENIR AGRICOLE a publié dans son édition datée du 25 mai 2012, en dernière page, un entretien de Antoine Humeau avec Régis Mainguy, éleveur laitier à Landemont (Maine-et-Loire), adhérent de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli). Celui-ci s’est rendu au Canada en avril pour visiter plusieurs élevages, ce qui l’a conforté dans son admiration pour leur gestion du prix du lait.

« Au Québec, tous les producteurs sont solidaires. Ce n’est pas le cas ici »

Qu’avez-vous découvert durant votre séjour au Québec et en Ontario ?

Pour la première fois depuis quatorze ans, le lait a perdu presque 7 % en avril, passant de 720 dollars/ 1000 litres à 660 (510 euros). Jusque là, le Canada n’avait jamais réussi à exporter. Fin 2011, ils ont eu l’opportunité d’exporter de la poudre de lait vers l’Amérique du Sud. La principale coopérative a donc proposé une rallonge de 9 % à ses producteurs. Tout allait bien en janvier et février, mais après la légère baisse de consommation en mars, il y a eu une surproduction et donc des baisses de prix. Ils ont commencé par virer le président* des producteurs de lait qui avait fait voter cette rallonge. Ils vont diminuer la production. La caisse de péréquation, mise en place il y a une vingtaine d’années, va permettre de compenser les 60 dollars perdus en avril. Là-bas, où le prix des matières premières varie du simple au triple, le prix du lait est indexé sur les coûts de production. De plus, ils ont perçu en moyenne 62 dollars de bonus sur 2011 pour la qualité du lait. S’il y a moins de 500 000 cellules, ils six mois pour se remettre sur les rails sans pénalités.

Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas en France ?

On est dans un pays à tradition fromagère où il faut impérativement une très bonne qualité du lait avec peu de cellules.

Les producteurs sont-ils mieux organisés au Canada ?

Ils sont très solidaires. Quand il y a trop de cellules dans leur lait, ils n’ont pas besoin de recevoir une lettre d’avertissement pour corriger le tir, ils le font spontanément. Ils semblent plus fiers de leur métier que nous. Ils semblaient tous enthousiastes, on n’en a pas vu un seul inquiet. Si l’ensemble des producteurs, ici, avait l’envie de résoudre les problèmes, on réussirait plus facilement à enrayer le problème que l’on connaît Tant qu’il n’y aura pas de régulation ici, on ne pourra rien faire. La vraie solution, c’est de se mettre tous autour d’une table.

* Bruno Letendre est le nouveau président de la Fédération des producteurs de lait du Québec. Voir le communiqué de presse de la Fédération des producteurs de lait du Québec, intitulé « Le lait : une source durable de développement pour le Québec » (11 avril 2012). Extraits.

« Notre bilan de l’année 2011, comme celui des 40 dernières années, le démontre clairement : le secteur laitier est réellement une source durable de développement pour le Québec et pour le Canada. Et ce bilan-là, c’est beaucoup à notre détermination à travailler ensemble avec notre mise en marché collective et la gestion de l’offre qu’on le doit » (…)

« La meilleure ligne de défense contre le dépérissement des campagnes québécoises et contre l’accaparement des terres dont on entend beaucoup parler actuellement, c’est d’assurer un revenu décent aux agriculteurs, comme nous le faisons dans le secteur laitier. Un revenu stable, prévisible, qui vient du marché et non pas de subventions qu’un gouvernement en difficulté peut couper. Un revenu qui permet de planifier le développement de la ferme et son transfert. Si les revenus ne sont pas intéressants, la relève ne sera pas intéressée. S’il n’y a pas de relève, la terre devient une cible pour les spéculateurs qui paient le gros prix. À moyen terme, on deviendra locataires de nos terres ou dépendants des autres pour nous nourrir ».

 

Voir aussi Le Québec est à la pointe du combat pour la souveraineté alimentaire - 18 avril 2012 

 

Cet article est le 314ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Par SORIN Michel - Publié dans : AGRICULTURE et PAC - Communauté : Les blogs républicains
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 23:48

André Lefranc : l’Apli est là pour solidariser les producteurs

 

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Photo, de gauche à droite: André Lefranc, Hervé Delogé, Jean-Claude Aubry, Isabelle Connan.

 

En Mayenne, depuis le lancement de l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS, Hervé Delogé se démène pour faire vivre l’Apli 53, non sans difficultés, notamment depuis l’assemblée générale, le 28 février 2012 à Commer (voir L'Apli 53, en AG, a adopté les statuts nationaux mais perdu son bureau - 3 mars 2012).

 

Après la démission de nombreux membres du bureau, il a constitué un bureau provisoire (lui-même président, Jean-Claude Aubry secrétaire, et Franck Courcelle trésorier). Puis il a décidé de relancer le mouvement en convoquant une nouvelle assemblée générale hier à Commer (voir Les producteurs de lait de l'APLI 53 (Hervé Delogé) en AG le 21 mai - 20 mai 2012. 

 

Dans la même salle des Lilas, une soixantaine de personnes étaient présentes, dont une dizaine de candidats au Conseil d’administration de l’association, en plus des trois membres du bureau provisoire. Tous élus à l’unanimité (ou presque) des 38 votants, ils se réuniront bientôt pour reconstituer un bureau. Le président provisoire avait atteint son objectif.

 

Cette AG avait aussi pour but de faire le point sur les diverses initiatives nationales de l’Apli, le plus souvent avec ses partenaires (Confédération paysanne et Organisation des producteurs de lait) dans le cadre de l’EMB (European Milk Board) au niveau européen.

En dépit de l’absence de Paul de Montvalon, président de l’Office du lait et de France MilkBoard, excusé, les intervenants étaient de haut niveau : André Lefranc (Manche), président national Apli, Yves Sauvaget (Manche), président national de la section lait de la Confédération paysanne, codirigeant de l’office du lait et de l’association France MilkBoard (FMB), et Isabelle Connan (Côtes-d’Armor), responsable ouest de la coopérative FaireFrance pour le Lait équitable.

Dans la salle, Olivier Chemin, président 53 de la Coordination rurale, Vincent Guillet, président 53 de la Confédération paysanne, et Dominique Morin, président de la section lait de ce syndicat, étaient présents et se sont exprimés en cours de débat.

 

En ouverture de séance, Hervé Delogé a rappelé les positions de l’Apli (voir Agriculture et présidentielle : A Lefranc explicite la politique de l'APLI - 4 mai 2012).

 

Ensuite, André Lefranc a rappelé l’historique de l’Apli et le but poursuivi. Lui-même n’avait aucun engagement professionnel avant l’Apli, née en 2008 de la baisse du prix du lait et des revenus des producteurs. Il milite pour la mise en place d’un système européen de régulation au sein de la filière laitière - et de la profession, plus généralement - avec partage équitable de la valeur ajoutée entre les différents acteurs de la filière.

 

Le problème ne se limite pas à l’Europe. Les producteurs de lait sont, partout dans le monde, soumis à un rapport de forces défavorable à l’égard des grandes firmes industrielles et commerciales (voir la publication, en décembre 2011, de La grande arnaque du lait par l’organisation internationale « Grain »). En se mobilisant, il est possible de changer les choses.

 

La raison d’être de l’Apli, c’est de créer les conditions pour solidariser les producteurs. C’est pourquoi l’Apli s’est engagée dans l’Office du lait et France MilkBoard (voir Débat FMB-Office du lait à Mayenne le 5 décembre : un vent nouveau - 12 décembre 2011) et dans l’opération « Sauvons le lait ».

 

C’est pour revaloriser la place et le revenu du producteur que l’Apli s’est engagée dans le « Lait équitable », une adaptation en France (Fairefrance) de ce qui est fait en Belgique (Fairebel) et au Luxembourg (voir A Martigné (Mayenne), l'APLI (EMB) a lancé le lait équitable français - 24 mars 2012).

Il s’agit de commercialiser du lait dans les grandes surfaces, en commençant par le plus simple (lait UHT demi-écrémé), à un prix équitable (« fair » en anglais), incluant une rémunération correcte de l’éleveur laitier.

Cette initiative (en Belgique, le lancement d’un nouveau produit, une crème glacée « équitable ») a été saluée par le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos (voir L'APLI et l'EMB ont noué des relations avec Dacian Ciolos en Belgique - 26 avril 2012).

 

Dacian Ciolos a expliqué que la consigne à Bruxelles du temps de Mariann Fischer Boel, son prédécesseur, était d’éviter de rencontrer les producteurs de lait contestataires de l’Apli et de l’EMB. Il a félicité le président de Fairecoop Erwin Schöpges, au vu de l’intérêt des réalisations.

 

André Lefranc est favorable au principe de base des coopératives mais il reproche aux coopératives laitières de s’être trop souvent limitées aux productions de beurre et poudre de lait (pour l’export et avec les aides publiques). Elles sont peu performantes au niveau de leurs résultats financiers, tirant à la baisse les prix payés aux producteurs. Les industriels privés sont sur des produits dégageant plus de valeur ajoutée.

La coopérative Lait équitable - qui ne vise à conquérir qu’environ 1 % des parts de marché au niveau français - remet en cause le système qui n’a plus de coopératif que de nom. Il faut adapter l’offre aux besoins de la consommation (le Canada est un bon exemple) et refuser le système des « fermes usines » qui se développe dans le monde.

 

Yves Sauvaget (Confédération paysanne) présente le contrat France MilkBoard (voir Le contrat laitier France MilkBoard pour une nouvelle dynamique de filière- 11 décembre 2011. Les industriels n’ont pas voulu négocier. C’est important de l’avoir comme solution alternative pour s’organiser et se défendre collectivement.

 

La contractualisation a été présentée comme une solution après l’abandon des quotas laitiers, en 2015 (cet abandon n’est plus aussi sûr depuis que 7 pays ont exprimé leurs réserves et on attend la position du nouveau gouvernement français).

 

En l’absence de quotas et de toute régulation, les producteurs pourront produire autant qu’ils voudront, les coopératives étant obligées de collecter tout le lait produit, selon leurs statuts, ce qui provoquera la surproduction. Les industriels privés règleront la quantité collectée par contrat avec les producteurs.

Répondant à une question, il précise que les références laitières n’existeront plus à partir de 2015. C’était l’objectif de Mariann Fischer Boel, qui avait augmenté les quotas pour faire tomber les références qui étaient vendues (Danemark)

 

Isabelle Connan présente le concept Lait équitable FaireFrance, qui a pour objet d’arrêter l’engrenage vers l’industrialisation et rémunérer correctement le producteur (voir L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 12 février 2012).

 

Il s’agit de créer une marque de produits, laitiers dans un premier temps, appartenant au monde agricole, sur la base du concept « bon et équitable », bon par la qualité (naturelle) des produits commercialisés, équitable dans le sens d’un prix juste pour le producteur (le rémunérant correctement).

 

Cet article est le 313ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Par SORIN Michel - Publié dans : AGRICULTURE et PAC - Communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 21:44

L’association veut se relancer et peser sur les décisions

 

Depuis les grèves de livraison de lait, en septembre 2009, qui avaient fait connaître l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS, le revenu des éleveurs laitiers s’est redressé mais les causes du malaise n’ont pas été traitées.

 

Les organisations professionnelles (APLI, Confédération paysanne, Coordination rurale) adhérentes de l’Office du lait seront présentes lundi 21 mai 2012 à 20h30, salle des Lilas à Commer, près de Mayenne, lors de l’assemblée générale de l’Apli 53, à l’invitation de son président (par intérim), Hervé Delogé.

 

Le but est de reconstituer le bureau de l’association après la démission de certains de ses membres (voir L'Apli 53, en AG, a adopté les statuts nationaux mais perdu son bureau - 3 mars 2012) et de relancer la dynamique du mouvement, en présence des responsables nationaux de l’Apli et de l’Office du lait.

Interviendront : André Lefranc, président de l’Apli (voir Agriculture et présidentielle : A Lefranc explicite la politique de l'APLI - 4 mai 2012), Paul de Montvalon, président de l’Office du lait et de France MilkBoard (voir Agriculture et présidentielle : A Lefranc explicite la politique de l'APLI - 4 mai 2012) et Isabelle Connan, déléguée Ouest pour le Lait équitable (voir Lait équitable : réunion en mayenne des producteurs de lait apli-emb - 20 mars 2012).

 

Mayenne-Apli-180110-003-T-copie-1.jpgL'Avenir Agricole a eu un entretien avec Hervé Delogé (à gauche sur la photo, au côté d'un éleveur laitier québécois), agriculteur à Commer, et responsable départemental de l’Apli (édition du 18 mai 2012). Voici l’article publié.

 

L’Apli veut rassembler pour les élections et dans ses associations

 

L’association des producteurs de lait indépendants a connu quelques soubresauts mais ses membres veulent encore croire au changement. Une réunion se tient lundi soir afin de relancer une dynamique locale et pour faire le point.

 

Lundi soir, Hervé Delogé aura deux missions : inciter les agriculteurs présents à aller voter aux élections à la chambre d’agriculture et reconstituer le bureau mayennais de l’Apli12:16. En février dernier, le président, le vice-président, la trésorière, notamment, avaient démissionné. En cause, les nouveaux statuts de l’Apli nationale, qui entend se structurer en fédération, et son implication plus politique, ne leur conviennent pas.

Président par intérim, Hervé Delogé ne veut voir là que des « détails » et préfère éluder la question. A ses yeux, l’essentiel est ailleurs. « L’année 2012 est stratégique pour l’avenir des producteurs de lait ». Lundi soir, l’Apli 53 offrira une tribune à des représentants de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale - ces deux syndicats adhèrent aussi à l’office du lait - « C’est ouvert, si des gens de la FDSEA veulent venir… On veut surtout inciter les gens à aller voter, en janvier 2013, et élire ceux qui nous défendent vraiment ». 

 

Hervé Delogé l’assure : « L’Apli reste une association neutre ». Mais, comme lors de la campagne présidentielle, elle montre sa préférence. « Qu’a fait Nicolas Sarkozy pour l’agriculture, interroge-t-il ? Pas grand-chose ! Sinon de nous mettre les contrats dans les pattes… Et on y a vu le caractère des laiteries. Ce sera pire qu’actuellement avec le contrat moral. C’est une politique de riches : les contrats favorisent toujours le payeur. On sent que l’idée défendue par Nicolas Sarkozy était de copier le système suisse, mais on sait très bien que cela n’a pas marché ». L’attente est donc grande en direction du nouveau locataire de l’Elysée*.

« Trop de choses ne vont pas dans l’agriculture », poursuit Hervé Delogé. Il énumère : la hausse des charges en général, les aides destinées aux exploitations les plus importantes, l’incitation des industriels à « nous faire toujours travailler plus… On fait un métier intéressant, celui de nourrir la population. Mais quel avenir on a s’il n’y a plus de jeunes à s’installer ? » Il interpelle ses collègues « Les producteurs ont la tête dans le guidon, certains investissent pour produire plus sans même savoir ce que sera le prix du lait demain, ni les besoins du marché ». Et pourtant, il y a de quoi s’interroger, souligne-t-il : « La preuve, les laiteries appliquent la flexibilité quand elles ne savent pas quoi faire du lait et qu’elles n’arrivent plus à suivre quand les éleveurs produisent trop ».

Quant aux OP FNPL (organisations de producteurs liées à la fédération des producteurs de lait FNSEA), « c’est le risque de perdre sa référence laitière ». Des associations indépendantes pourraient ainsi se mettre en place et se fédérer entre laiteries. Mais pour y parvenir, « il faut aussi que les gens cotisent pour soutenir notre action ! »

* L'APLI et l'Office du lait exposent leurs souhaits au président Hollande - 11 mai 2012 

 

A noter que Hervé Delogé avait accepté, à ma demande, de recevoir dans sa ferme Jean-Pierre Chevènement et un groupe d’agriculteurs responsables des organisations membres de l’Office du lait. C’était le 30 novembre 2011, l’ancien ministre, sénateur, étant alors candidat à l’élection présidentielle (il a ensuite décidé de soutenir François Hollande). Ce n’était en rien un acte militant de la part de Hervé Delogé, celui-ci voulant faire savoir les problèmes des producteurs de lait à un élu politique.

Voir, à ce sujet : Agriculture : les propos de Chevènement le 30 nov. 2011 en Mayenne - 22 février 2012 et Jean-Pierre Chevènement en campagne présidentielle 2012 en Mayenne (vidéo, Eric de la Chesnais)

Cet article est le 312ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Par SORIN Michel - Publié dans : AGRICULTURE et PAC - Communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 20:29

Un ministère pour la filière agroalimentaire, sans l’énergie

 

Prenant acte de l’élection de François Hollande à la présidence de la République, André Lefranc et Paul de Montvalon, respectivement présidents, au niveau national, de l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) et de l’Office du lait, ont publié une déclaration commune remise à la presse le 10 mai 2012 (voir COMMUNIQUES APLI) et répondu aux questions du quotidien Ouest-France.

 

Une nouvelle donne politique

 

L’APLI a félicité M. François Hollande pour son élection à la Présidence de la République. Dans son message au Président élu, l’APLI Nationale a souligné l’écoute attentive qu’elle avait reçue de la part de l’équipe de campagne du candidat.

La nouvelle organisation ministérielle en 15 pôles retient l’attention de L’APLI Nationale et de l’Office du Lait National. Ne serait ce pas l’occasion de créer un grand pôle regroupant tous les acteurs de la filière tel que nous le concevons à l’Office du Lait National ?

L’Office du Lait National et l’APLI Nationale rejoignent en cela le président de la FNSEA, dans sa requête d’élargissement du prochain ministère de l’agriculture aux thèmes de l’industrie agroalimentaire, tout en allant au-delà, jusqu’aux consommateurs.

 

Ce souhait honorable, s’il est accepté, permettra de se recentrer sur les objectifs premiers de l’agriculture : la souveraineté alimentaire ainsi que la sécurité et la qualité de l’alimentation.

Il va de soi que cette position implique le rattachement de toute production ayant d’autres fins que l’alimentaire à un ministère différent de celui de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

La concurrence entre agro-carburants et alimentation humaine étant la cause de nombreux conflits de la faim à travers le monde, il serait bien d’avoir une réelle ligne politique sur ce sujet.

Ainsi, toute la filière de production d’énergie d’origine végétale, producteurs de matières première compris, se verrait-elle reliée à un autre pôle : vers l’industrie ou l’énergie, libérant ainsi un volume d’aides et de subventions permettant de rémunérer les pertes subies par l’élevage en général, et les producteurs laitiers en particulier.

 

Dans un premier temps, (tant que la base de fixation du prix du lait n’est pas le coût de production, rémunération du travail incluse) ces aides viendraient compenser le différentiel de prix entre les cours du marché et la réalité des charges des élevages laitiers, sans pénaliser les industriels dans leur démarche de développement face à leurs concurrents. Ceci aurait l’avantage de préserver une agriculture familiale garante de diversité, de qualité, de sécurité et de maintien sur le territoire du plan grand nombre d’exploitations comme le souhaitent une majorité de citoyens consommateurs.

 

L’APLI Nationale et l’Office du Lait National rappellent que le but de leur engagement est de réguler, au niveau européen, la production en fonction de la demande afin de garantir :

- Un revenu équitable aux producteurs.

- Une alimentation saine pour les consommateurs.

- Une agriculture respectueuse de l’environnement.

- Un arrêt de la famine, instrumentalisée à des fins financières et politiques, en stoppant la spéculation sur la nourriture.

- Des prix rémunérateurs et non des subventions.

- La place de l’humain, remis enfin au centre des débats.

 

C’est pour cela que l’APLI Nationale et L’Office du Lait National dénoncent la précipitation avec laquelle l’ancien gouvernement à mis en place la contractualisation française, avant même l’adoption par l’Europe du mini paquet lait. Ils demandent à la nouvelle équipe ministérielle d’abroger le décret n°2010-1753 du 30 décembre 2010 afin de permettre aux producteurs de s’organiser.

Ils se sentent soutenus par les récentes déclarations du Comité des Régions d'Europe qui, réuni vendredi 4 mai 2012 en session plénière à Bruxelles, a adopté son avis sur la Pac 2014-2020, qu'il souhaite « plus juste » et « laissant la place à davantage de régulation ». En particulier, il « demande que soient réexaminées les décisions antérieures relatives à la disparition des quotas laitiers et sucriers, ainsi que des droits de plantation viticoles ».

François Hollande s’est engagé, pendant sa campagne, à plus de démocratie dans la représentation des producteurs. C’est pourquoi l’APLI Nationale et l’Office du Lait National demanderont à être reçus par le nouveau ministre de l’agriculture dès que celui-ci aura été nommé.

 

 L'Office du lait et l'Apli face au nouveau Président (Ouest-France, 11 mai)

Les Français ont choisi François Hollande comme président de la République. Est-ce que cela change pour vous la donne agricole ?

La nouvelle organisation en quinze pôles ministériels retient notre attention. L'office du lait et l'Apli souhaitent un élargissement des prérogatives du ministère de l'Agriculture aux thèmes de l'agroalimentaire, comme le souhaite le président de la FNSEA. Nous voudrions qu'elles soient étendues aux consommateurs.
Cela permettrait de recentrer l'action de l'État dans le domaine agricole sur deux priorités : la souveraineté alimentaire et la sécurité et la qualité de l'alimentation. Toutes les productions non alimentaires doivent être rattachées à un ministère différent.

Que voulez-vous dire ?

La concurrence entre agro-carburants et alimentation humaine est la cause de nombreux conflits. Toute la filière énergétique de production d'origine végétale, producteurs de matières premières compris, devrait être rattachée à un pôle énergie ou industrie. Des aides et subventions ainsi libérées pourraient venir compenser les pertes subies par les producteurs de lait et de viande bovine.

Comment ?

Tant que la base de fixation du prix du lait ne tient pas compte du coût de production, rémunération du travail comprise, ces aides viendraient dans un premier temps compenser le différentiel de prix entre les cours du marché et la réalité des charges des élevages laitiers, sans pénaliser les industriels dans leurs projets de développement face à leurs concurrents.

L'action de Bruno Le Maire vous a déçus ?

L'Apli et l'Office du lait regrettent la précipitation avec laquelle l'ancien gouvernement a mis en place la contractualisation française avant même l'adoption par l'Europe du mini-paquet lait. La nouvelle équipe ministérielle doit abroger le décret du 30 décembre 2010, afin de permettre aux producteurs de s'organiser.

Vous avez bon espoir d'être entendus ?

Le comité des régions d’Europe s’est réuni à Bruxelles le 4 mai. Il a adopté un avis sur la PAC 2014-2020. Il souhaite une PAC plus juste et laissant la place à plus de régulation. Il demande notamment le réexamen des décisions antérieures relatives à la disparition des quotas laitiers et sucriers ainsi que les droits de plantation viticoles. François Hollande s’est engagé, pendant sa campagne à plus de démocratie dans la représentation des producteurs. Nous demanderons à être reçus par le ministre de l’agriculture dès que celui-ci sera nommé.

 

 Cet article est le 311ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Par SORIN Michel - Publié dans : AGRICULTURE et PAC - Communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 19:46

Pour une agriculture responsable, souveraine et humaine

 

AG Office du lait Avranches 221111 005 TDe Vains (Sud Manche), le 30 avril 2012, André Lefranc, président de l’Apli au niveau national, a publié un communiqué (voir Apli) dans le but de préciser la position de la fédération des associations de producteurs de lait indépendants dans la perspective du vote du 6 mai. Aux adhérents de juger le programme des deux candidats restant en lice et d’apporter leur confiance à celui qui leur paraît porter au mieux leurs revendications.

 

Rappel : Lettre ouverte à Sarkozy : André Lefranc (APLI) s'adresse au président - 21 mars 2012 

Fédération nationale Apli : André Lefranc (50) succède à Richard Blanc - 21 février 2012 

Producteurs de lait : André Lefranc (Sud Manche) élu président de l'Apli - 18 février 2012 

 

La politique de l’APLI : un choix de société pour la défense des éleveurs

 

L’APLI (Association des Producteurs de lait indépendants), née en 2008 et adhérente à l’EMB (European MilkBoard), se bat pour une agriculture responsable et souveraine. Le but est de réguler la production en fonction de la demande afin de garantir :

- Un revenu équitable aux producteurs.

- Une alimentation saine pour les consommateurs.

- Une agriculture respectueuse de l’environnement.

- Un arrêt de la famine, instrumentalisée à des fins financières et politiques, en stoppant la spéculation sur la nourriture.

- Des prix rémunérateurs et non des subventions.

- La place de l’humain, remis enfin, au centre des débats.

 

Depuis la grève du lait et l’épandage médiatique du Mt St-Michel en septembre 2009, nous dépensons sans compter une énergie farouche pour faire changer le système. Nous mettons tout en oeuvre et à tous les niveaux pour changer cette voie tracée par des « responsables » qui ne pensent que profit financier et résultats à court terme.

 

Nous avons donc mis en place :

 

1. Une nouvelle interprofession représentative : l’Office du Lait National avec le lancement des deux premiers collèges, le collège « producteurs » et le collège « consommateurs » (voir son site : www.sauvonslelait.fr). Mais pour l’instant cette interprofession ne peut vivre financièrement puisque M. Bruno Le Maire maintient un décret qui permet aux industriels de prélever une CVO (Cotisation Volontaire Obligatoire) à tous les producteurs afin de financer une interprofession sclérosée et gérée par un seul syndicat. Ce n’est pas l’annonce de l’ouverture, avec des strapontins, aux autres syndicats qui changera la donne. Il faut un référendum pour demander aux producteurs de choisir leur interprofession. Par ailleurs, les 1 400 producteurs qui ont lancé une procédure pour obtenir le remboursement de leur CVO sur 10 ans ont pu voir une intervention de l’état entraver et reporter le travail de la justice… Alors qu’au Ministère on nous affirme que la gestion de l’interprofession est une affaire privée !!!

2. Une organisation de producteurs : « France MilkBoard » plurielle et démocratique.

3. Une marque de lait équitable : « FaireFrance », que nous, fermiers français, lancerons cette année tout comme cela a déjà été fait en Belgique, au Luxembourg, en Autriche et en Allemagne.

 

La politique menée actuellement s’apparente à une dérive totale du système, avec l’accélération de la disparition des fermes laitières (- 50 % en 15 ans) et la course folle pour le développement des agro-carburants.

 

Monsieur Bruno Le Maire semblait avoir la volonté d’entraîner l’Europe vers une régulation afin d’adapter l’offre et la demande et éviter la volatilité des prix. Les puissants lobbies l’ont rattrapé, détournant de son objectif initial la LMA (Loi de Modernisation Agricole) qui, au lieu d’aller vers la protection des producteurs, a livré ces derniers, sur un plateau d’argent, aux industries laitières qui cherchent à garantir leur approvisionnement au moindre coût. En effet, les producteurs de lait se voient contraints de signer des contrats d’approvisionnement sur 5 ans (7 ou 12ans) sans aucune garantie de prix.

D’autre part, imposée par les lobbies de la filière oléagineuse, la décision de l’Europe d’incorporer 10 % d’agro carburant entraîne la déforestation (par l’implantation de millions d’hectare de palme et de jatropha*) dans les pays en développement au détriment de la production alimentaire.

En Afrique, on prend la terre aux communautés rurales et on les prive ainsi de leurs moyens de subsistance. Les prix alimentaires augmentent de nouveau et contribuent au développement de la famine.

 

En France « Sofiprotéol », société tentaculaire, avec à sa tête un président de syndicat agricole, détient de multiples participations dans des sociétés para agricoles y compris les coopératives et est leader dans le développement des agro carburants à partir de l’huile de colza. Ainsi l’huile de colza de qualité se retrouve dans les réservoirs des voitures et l’huile de palme dans toute la nourriture entraînant déforestation, famine et obésité !!!

Ainsi la contractualisation a été programmée depuis plusieurs années par « nos responsables » pour diriger l’agriculture vers un système de production intensif. Des contrats de filières assurent la valorisation des sous produits des huiles en prônant un système de production dépendant « maïs- tourteau » au détriment des surfaces en herbe.

A un moment il va falloir choisir entre la nourriture et les agro carburants !!!

Sofiprotéol, tout comme Monsanto, veut donner l’image d’une agriculture nourricière, innovante, dynamique et protectrice de l’environnement, alors qu’il ne s’agit que de profit financier à court terme sur le dos des humains et promettant un avenir catastrophique de la planète pour nos enfants.

 

Notre association, indépendante de tout syndicat et parti politique, est là pour dénoncer et proposer, nous ne pouvons rester passifs sous prétexte de compétitivité ou de crise financière, l’agriculture est assez riche il faut juste remettre de l’équité à tous les stades de la filière.

Les pouvoirs politiques sous la coupe de l’agro-industrie et de la finance sont dans l’incapacité de prendre une décision. Il en résulte une diminution importante des exploitations familiales et une concentration de l’élevage, intégré par des industriels. La conséquence inéluctable en sera le développement de « fermes usines » telles que l’on commence à voir apparaître à travers le monde.

- Au Vietnam, une société israélienne Afimilk possède 45 000 vaches et a comme objectif pour 2017 d'avoir 137 000 vaches dans sa ferme afin d’assurer 30 % de la consommation nationale de lait !!!

- Au Pakistan, une filiale du géant pakistanais des engrais, Engro Corporation, a lancé sa propre ferme usine de production laitière dans le district de Sukkur, en 2008. La ferme a commencé avec 2 200 vaches importées d'Australie, et l'entreprise prévoit de porter le troupeau « à 150 000 vaches dans les années qui viennent afin de pouvoir contrôler sa propre chaîne d'approvisionnement. » Engro, qui développe ses activités agroalimentaires à l'étranger, veut à terme exporter des produits laitiers à partir du Pakistan.

- Ou encore en Egypte : Pepsi Co détient avec le géant saoudien des produits laitiers, Almarai, six méga-fermes dans le désert saoudien. Ces dernières regroupent 100 000 vaches, soit les deux tiers du cheptel laitier du pays.

- En France, un projet de 1000 vaches vient de voir le jour, financé par un homme d’affaire du BTP sous le déguisement de la méthanisation.

 

Ce ne sont que quelques exemples mais qui s’inscrivent dans une évolution mondiale. Partout, au Nord comme au Sud, des sociétés et des grands acteurs financiers investissent pour mettre en place des méga-fermes et s’emparer de l’approvisionnement mondial en lait.

 

Nos hommes politiques parlent de compétitivité et d’exportation : est ce vraiment pour nourrir le monde et permettre aux producteurs de vivre ? Ou envahir le marché afin de ne pas payer la production ? Il faudrait plutôt parler de compétition car il y aura, des gagnants et des perdants. Ces derniers étant bien évidemment les producteurs partout à travers le monde.

 

Nous pouvons vous assurer que demain, si nous n’avons pas de changement d’orientation, nous aurons :

1) Des prix forts pour les consommateurs avec une perte de qualité.

2) Une disparition des fermes familiales.

3) La mort des communes rurales dans certaines régions.

4) Une agriculture subventionnée pour la sauvegarde de la filière oléagineuse.

5) De plus en plus d’émeutes dans tous les pays où on vole la terre aux paysans.

6) Une production laitière industrialisée.

7) Une mise en place des OGM (Organisme Génétiquement Modifié) pour une agriculture court terme sans savoir ce que nous laisserons aux générations futures.

 

Un changement politique est indispensable pour remettre l’humain au centre du débat sans céder au chantage de l’agro-industrie et des spéculateurs.

Nous sommes appelés à retourner aux urnes ce dimanche 6 Mai 2012, c’est l’occasion de nous exprimer, je vous engage à le faire massivement. Aussi avons-nous rencontré les différentes formations politiques, écouté leurs propositions pour l’avenir qu’ils semblent vouloir donner à l’agriculture.

A vous de juger le programme des deux candidats restant en lice et d’apporter votre confiance à celui qui vous parait porter au mieux nos revendications.

 

* Le jatropha, plante à huile toxique pour l’humain mais d’un rendement exceptionnel pour les carburants, est censé pousser sur des terres «marginales», c’est-à-dire non dédiées à l’agriculture vivrière, en fait les entreprises ont vite mis la main sur les sols les plus fertiles. Et n’ont pas hésité à exproprier les paysans locaux

 

Cet article est le 310ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Par SORIN Michel - Publié dans : AGRICULTURE et PAC - Communauté : Les blogs républicains
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