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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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2005 Référendum européen

Mercredi 26 juillet 2006

Comité 53 pour un NON républicain

Trois années après le mémorable 21 avril 2002, le malaise citoyen s’est accentué dans notre pays.

 

Le pouvoir politique tente de faire accepter par les Français la potion néo-libérale de la régression sociale, considérée comme la seule politique possible.

Appliqué à notre société qui est fière de son histoire et qui porte en elle une conception politique héritée des Lumières, de la Révolution et des Républiques successives pendant plus d’un siècle, le néo-libéralisme provoque un profond rejet populaire.

 Crise de la politique, crise de la démocratie, crise de l’Etat, c’est tout cela à la fois.

 Alors que les défis à relever s’accumulent, le chef de l’Etat parle mais ne fait pas. De plus en plus isolé, il fait semblant. Il gesticule mais ne bouge pas.

En réalité, l’approche néo-libérale nous conduit dans le mur. Non seulement elle est en contradiction avec la tradition française, mais, en outre, elle met en danger l’équilibre du monde, en raison des inégalités qu’elle génère et des risques écologiques qu’elle fait courir à la planète.

 Comment se fait-il que nos gouvernants, issus en alternance de la droite et de la gauche depuis vingt ans, pourtant conscients du problème, n’aient pas pu ou voulu mettre en œuvre une autre politique ?…

 La réponse tient en un mot de six lettres : EUROPE !

 En 1983, François Mitterrand, élu deux ans plus tôt pour rompre avec le capitalisme, mais confronté à de redoutables pressions financières, a choisi de mettre la France avec l’Allemagne dans l’orbite européenne libérale, mettant ainsi, de fait, entre parenthèses la perspective du socialisme.

En 1995, Jacques Chirac, élu pour mettre fin à la fracture sociale six mois plus tôt, mais confronté à sa majorité parlementaire conservatrice, a choisi de laisser la France naviguer sous le pavillon d’une Europe anglo-saxonne dans le sens des courants porteurs libéraux vers le grand large atlantique.

Avant la prochaine élection présidentielle, prévue dans deux ans, le peuple français doit saisir l’opportunité du référendum européen pour donner au futur président les moyens de mettre en œuvre une politique plus conforme à l’intérêt national, dans le cadre de la République sociale, laïque et démocratique.

Cette consultation du peuple, qui aura lieu avant l’été, est une chance à la fois pour la France et pour l’Europe : c’est l’ultime chance de sauvegarder notre République, malmenée par le traité, et c’est aussi une chance pour l’Europe, qui pourrait repartir sur de nouvelles bases, plus proches des citoyens et des peuples, détachées du carcan libéral.

 La victoire du NON au référendum serait un point de départ

vers une nouvelle politique en France et en Europe.

 
Par SORIN Michel
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Mercredi 26 juillet 2006

L’Europe révélateur de la crise de la démocratie en France

 

Crise de la politique, crise de la démocratie, crise de l’Etat en France… et, bien sûr, crise de l’Europe !

 

Tout porte au pessimisme et au découragement. Mais il convient d’y regarder de plus près : n’y a-t-il pas, dans ces évolutions régressives, des motifs d’espérer et de se battre pour un avenir meilleur ?…

 

Crise de la politique, oui à coup sûr, quand on voit les citoyens s’éloigner de la chose publique. Mais, d’un autre côté, la collectivité et les élus politiques sont très sollicités, notamment en matière de sécurité, face à toutes les difficultés de la vie. En fait, les individus veulent exister par eux-mêmes mais ils demandent aux pouvoirs publics un filet de sécurité.

Ce qui est en question, c’est l’articulation entre l’individuel et le collectif.

La crise sera surmontée quand les citoyens parviendront à construire leur pouvoir collectif à hauteur de leur émancipation individuelle.

 

Crise de la démocratie, oui certainement, quand on voit les taux de participation aux élections, notamment européennes, et le comportement protestataire des citoyens. La démocratie est-elle menacée ?…

Ce qui est en question, ce n’est pas la démocratie, c’est l’éclipse du pouvoir collectif, c’est l’individualisme débridé qui nous ramène à l’individu du siècle des Lumières et de la Révolution.

La crise sera surmontée quand les citoyens, ayant repris le pouvoir, auront le sentiment qu’ils se gouvernent eux-mêmes.

 

Crise de l’Etat, oui à l’évidence, mais après une longue période de croissance et même l’illusion de la toute-puissance au 20ème siècle. L’Etat libéral est habité par l’illusion inverse, celle de l’impuissance publique.

Ce qui est en question, c’est le rôle stratégique de l’Etat (institution centrale de la démocratie), là où se fait l’articulation entre la puissance collective et la liberté individuelle.

La crise sera surmontée quand l’Etat aura retrouvé son sens et son efficacité.

 

En réalité, la triple crise actuelle est une crise de croissance de la démocratie.

Dans le passé, le libéralisme a eu besoin de la démocratie pour dépasser l’individualisme et permettre à la société de s’organiser et de mettre en place un pouvoir collectif.

Aujourd’hui, le néo-libéralisme remet en question les acquis de la démocratie, notamment l’Etat, sans être capable de faire des propositions constructives.

La critique libérale sera salutaire si elle provoque un sursaut des citoyens français et ranime la démocratie.

Il faudra réformer l’Etat pour lui redonner la place éminente qui lui revient dans une démocratie vivante.

Ce sera possible, à condition que les citoyens prennent leurs responsabilités dans l’exercice du pouvoir politique, ce qui implique une grande volonté, ainsi que des changements importants dans les partis.

 

Crise de l’Europe, oui cela ne fait aucun doute, quand on voit le débat institutionnel actuel.

Jusqu’à présent, l’Europe a été voulue par les élites comme un moyen de contourner le politique. Elle est devenue une super-administration « hors-sol », une bureaucratie opaque et incontrôlable.

Avec l’élargissement, récent et futur, cette Europe n’est pas viable.

,

Ce qui est en question, c’est la volonté de remettre les peuples et les nations dans le jeu européen.

La crise sera surmontée quand les citoyens obligeront les dirigeants politiques nationaux à faire preuve de réalisme dans la construction européenne, en privilégiant la coopération des nations et la démocratie sur tout le continent.

Par SORIN Michel
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Mercredi 26 juillet 2006

OUI au réveil de la démocratie et de la gauche !

 

Il ne suffit pas de s’opposer au néo-libéralisme et de dire NON à ce qui est présenté comme une « constitution » européenne. Encore faut-il dessiner les contours d’une alternative réaliste et cohérente entre les deux niveaux, national et européen.

 C’est bien cette nécessité de cohérence qui avait conduit François Mitterrand, en 1983, à rompre avec le socialisme en faisant le choix de l’Europe libérale. C‘est cette même cohérence qui avait amené Lionel Jospin, en 2002, à déclarer que son programme n’était pas socialiste.

En effet, il avait opté sans réserves pour l’Europe libérale (au sommet de Barcelone, il s’était aligné sur le Président Chirac) et il ressentait l’incompatibilité entre cette Europe et un projet de gauche.

C’est pour cette raison que les voix populaires lui ont manqué au premier tour de l’élection présidentielle (il a recueilli seulement 13% des suffrages ouvriers).

Il est vrai que, sous l’impulsion néo-libérale, depuis la fin des années 1970, le partage des richesses entre le capital et le travail a nettement évolué en faveur du capital (de 30-70%, il est passé à 40-60%). Les gouvernements de gauche n’y ont rien changé. C’est ce qui explique le mécontentement des milieux populaires et le vote protestataire du 21 avril 2002.

 La leçon ne semble pas avoir été comprise, puisque les dirigeants socialistes persistent dans leur fuite en avant vers une Europe libérale qui les éloigne toujours plus de l’électorat populaire.

 Ils restent cohérents dans la perspective de l’alternance du pouvoir en 2007, ce qui les oblige, en vue du référendum, à faire le grand écart entre leur oui à l’Europe libérale avec Chirac d’un côté, et leur non à la politique libérale de Chirac en France de l’autre.

En fait, comme le Président, pour parvenir à leurs fins, ils misent sur l’appui des grands médias nationaux et sur une large abstention d’électeurs inquiets et résignés, en l’absence d’autre perspective que la loi du plus fort dans un monde dominé par la finance.

A notre avis, une victoire du NON au référendum est possible et aurait des répercussions positives pour la vie démocratique en France et en Europe.

Elle ouvrirait la voie à un nouveau rapport de forces entre la droite et la gauche mais aussi, cette fois-ci, entre le capital et le travail.

 

Au niveau national, ce serait effectivement un choc pour le PS et le Président Chirac.

Pour le Président, ce serait une situation nouvelle, à laquelle il s’est certainement préparé quand il a fait le choix du référendum.

Pour la gauche, les conditions d’un rassemblement sur de nouvelles bases seraient réunies en vue des prochaines échéances électorales nationales, lesquelles pourraient bien être avancées par le Président, en fonction de la nouvelle donne politique.

 

Au niveau européen, l’accord de la France étant nécessaire pour l’adoption de nouvelles institutions, il faudrait engager de nouvelles discussions entre les 25 pays membres.

Le traité de Nice continuerait de s’appliquer (ses deux signataires français étant mal placés pour le dénigrer). Ce traité a le mérite de permettre des coopérations renforcées entre les pays membres de l’Union et, en outre, il est moins défavorable à la France que ne l’est celui de Bruxelles, soumis à référendum.

Pour la première fois, les peuples entreraient dans le jeu, provoquant une réorientation de la construction européenne.

Par SORIN Michel
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Mercredi 26 juillet 2006

Socialistes et Républicains, ensemble pour le NON !

 

Qui sommes-nous, au MRC 53 ?

 Notre groupe est composé de socialistes et républicains de gauche. On peut être socialiste sans appartenir au PS. On peut avoir été membre du PS, ne plus l’être tout en recherchant les moyens d’agir dans la perspective du socialisme.

 Nous pensons que le PS s’est dévoyé en mettant ses pas dans l’Europe libérale en 1983, un peu comme la SFIO s’était fourvoyée en 1956 lors de la guerre d’indépendance de l’Algérie.

 L’engagement des dirigeants du PS en faveur de la prétendue «Constitution» européenne est cohérent avec cette erreur initiale. C’est le choix des élites économiques, en ligne avec la mondialisation libérale, mais en décalage avec les préoccupations du monde du travail.

 De nombreux militants et électeurs de gauche s’apprêtent à refuser la ratification du traité de Bruxelles lors du prochain référendum. Ils se reconnaîtront dans notre démarche politique.

 Nous pensons que le NON des citoyens français permettra de poser la question de l’avenir de la construction européenne sur de nouvelles bases, plus réalistes et plus proches des peuples.

 

 Jusqu’à présent, l’Europe se faisait dans le cadre d’un consensus entre les libéraux de droite et de gauche, présents aux postes de responsabilité dans les institutions européennes. Les chefs d’Etat et de gouvernement entérinaient, lors des Conseils et Sommets européens, ce qui avait été préparé à Bruxelles par un petit nombre de hauts fonctionnaires issus des Etats, de la Commission et du Parlement.

Le point commun idéologique de ces personnalités non élues est leur attachement inconditionnel aux dogmes libéraux et à la marche en avant vers l’intégration européenne, c’est-à-dire l’effacement progressif des nations par l’Union Européenne.

 Des traités sont adoptés entre les Etats, rarement soumis à ratification par référendum … 

 On se souvient en France du traité de Maastricht (Pays-Bas), qui décidait notamment de la création de l’euro. Le président Mitterrand avait choisi le référendum pour sa ratification par la France. Celle-ci avait été obtenue de justesse en 1992 (51% de OUI, 49% de NON).

 En 2001, face à la complexité croissante du fonctionnement des institutions européennes et dans la perspective de l’entrée de dix nouveaux pays dans l’Union, était créée la Convention sur l’avenir de l’Europe, présidée par l’ancien président Giscard d’Estaing.

Sa mission était de produire un texte jetant les bases d’un traité constitutionnel de l’Europe, intégrant tous les traités précédents.

 L’objectif était clair : donner à l’Europe une existence juridique et une légitimité quasi impossibles à remettre en cause.

 C’est ce traité, adopté en juin 2004 à Bruxelles, qui est actuellement soumis à ratification par les peuples des 25 Etats membres, soit par voie parlementaire, soit par référendum (France).

 Ce grand rendez-vous entre les citoyens français et l’Europe sera un événement politique majeur. « Faire l’Europe sans défaire la France » était en 1997 l’un des slogans du PS. Nous le faisons nôtre aujourd’hui. Une Europe compatible avec une citoyenneté républicaine vivante, qui propage les valeurs de solidarité, de fraternité et de justice sociale, qui donne un sens laïc au monde.

Or, ce traité fige dans le marbre une Europe libérale qui désarme la France, l’affaiblit et la défigure.

Il est à l’opposé de l’Europe que nous souhaitons. C’est pourquoi nous appellerons à voter NON.

 

 

Par SORIN Michel
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Mercredi 26 juillet 2006

Pour une EUROPE viable et compatible avec la REPUBLIQUE

Notre démarche politique est fondée sur le développement de la citoyenneté.

Il n’y a pas de citoyenneté sans finalités, sans valeurs.

Celles de la République nous sont familières :

C’est d’abord une conception de l’intérêt général, qui permet de fonder en droit les relations entre l’Etat et la société. Dans la conception française, il y a une tradition très ancienne de distinction entre le public et le privé, avec un service public fondé sur des notions spécifiques.

 

Le second principe fondateur est le principe d’égalité, qui est le plus mis en avant par le Conseil constitutionnel. La Constitution de 1958 proclame dès l’article 1er « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». La conception française ne reconnaît que des individus-citoyens et non leur appartenance à une communauté.

 

L’intérêt général et l’égalité ne sont rien sans la liberté et la responsabilité. Celle-ci, depuis les Lumières, a une dimension morale en rapport direct avec la citoyenneté, la responsabilité étant associée à l’idée d’émancipation. Ce sont les hommes et les femmes qui établissent les règles morales, ce qui leur est permis par le principe de laïcité.

 

La laïcité a été précisée par la loi de séparation des Eglises et de l’Etat (9 décembre 1905). Dans l’enseignement, elle repose sur deux principes : d’une part la neutralité des programmes et des enseignants, et d’autre part la liberté de conscience des élèves. Mais elle est également l’apprentissage civique du respect mutuel, la reconnaissance de l’autre, l’exercice de l’esprit critique, qui fait le citoyen actif et responsable dans une société démocratique.

 

La lecture du traité de Bruxelles « établissant une Constitution pour l’Europe » est éclairante.

Les valeurs de cette Europe sont en totale contradiction avec notre modèle républicain :

 

La logique européenne est de nature économique et financière.

La liberté concerne le marché, « un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée ». La concurrence est la valeur absolue. La « Constitution » interdit aux Etats membres d’intervenir dans ce domaine. La France ne pourrait plus soutenir Alstom.

Le service public à la française n’a plus sa place dans la « Constitution ». Il est remplacé par le service d’intérêt économique général (SIEG) non défini, qui, selon les documents de la Commission, ne peut être créé qu’à deux conditions : si le marché ne fournit pas le service et si ce SIEG respecte les règles de la concurrence. La liberté d’établissement et la liberté de circulation des services sont « des valeurs fondamentales » de l’Union Européenne. 

 La laïcité n’est pas un objectif de l’Union, laquelle offre « la liberté de manifester sa religion individuellement ou collectivement, en public et en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites ». Sous de belles intentions, c’est une reconnaissance du communautarisme et la remise en cause du principe de laïcité à la française. 

L’égalité n’entre pas dans les objectifs de l’Union, qui met en avant la diversité. La « Constitution » n’a pas vocation à répondre aux questions sociales. Au contraire, la priorité absolue à la concurrence et à la compétitivité implique le démantèlement du droit du travail. L’harmonisation fiscale et sociale est exclue.

 

Certes, la France a été à l’origine de l’idée européenne et en est fière, comme elle est fière de son modèle républicain et social, de ses services publics, de sa laïcité, de son refus de la guerre en Irak…

Mais les Français ne se reconnaissent pas dans l’Europe actuelle et encore moins dans celle du traité constitutionnel qu’ils seront appelés à ratifier avant l’été. Comme nous, ils voteront NON.

Par SORIN Michel
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