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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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Travail Economie

Lundi 31 juillet 2006 1 31 07 2006 14:50

 

Emploi : les propositions du MRC

Politique européenne, politique industrielle.

Comme l’écrit Eric Dacheux dans Le Monde du 25 mai 2006, il faut sortir de la « spirale régressive qui aspire l’Union Européenne et l’ensemble des pays membres ».

L’auteur note qu’en France, « la spirale régressive est freinée par une dynamique militante. Pour l’instant, la révolte de la jeunesse et l’énergie associative préservent une contestation démocratique nationale tout en réparant le tissu social de proximité. Jusqu’à quand ? ».

 

Nous pensons que la « contestation démocratique », à l’origine du NON du 29 mai puis du recul du pouvoir sur le CPE, a ouvert la perspective d’une autre politique, antilibérale.

 

La gauche est placée devant une alternative, qui concerne à la fois la France et l’Europe.

 

Soit elle continue d’accompagner la mondialisation libérale et d’accepter la régression sociale (baisse du coût du travail, de la fiscalité, renforcement de la flexibilité, prise en charge d’une partie croissante des salaires par la collectivité, tout cela au détriment de la protection sociale, de l’investissement public),

Soit elle décide de résister à la mondialisation libérale pour renouer avec le progrès social (dans la continuité du NON du 29 mai, refus de la liberté absolue des mouvements de capitaux et des marchandises, levée des verrous communautaires empêchant de conduire une véritable politique économique).

 

La gauche française doit choisir la résistance à la mondialisation et se préparer à réorienter la politique économique européenne, car il faudra corriger les énormes déséquilibres dont souffrent l’Europe et la France (quand les USA feront peser sur nous les conséquences de leurs déficits actuels).

Nous préconisons trois changements fondamentaux

dans la conduite de la politique économique européenne.

 

Une préférence commerciale communautaire, qui pourrait prendre différentes formes (dont des tarifs et quotas douaniers sectoriels) afin d’enlever aux multinationales tout intérêt à exploiter les dumpings sociaux et environnementaux.

Une politique monétaire offensive (Eurogroupe + BCE) afin de garantir les conditions d’une croissance soutenant les activités économiques utiles.

Un investissement public ambitieux (hors contraintes des plafonds selon les critères de Maastricht) afin de favoriser les projets d’intérêt général en Europe.

 

Nous voulons que l’Etat se saisisse

de tous les leviers nationaux de politique industrielle.

 

Rééquilibrer l’économie en évitant de faire le grand écart entre les emplois hyper-qualifiés et les emplois très peu qualifiés.

Faire de l’Etat un stratège favorisant la coopération entre les acteurs industriels (la cohérence des actions publiques aidant les entreprises à se projeter dans le long terme et à faire des choix correspondant à l’intérêt du pays).

Financer les projets assurant une production sur le territoire français et une utilité pour la France, avec un effort particulier en direction des PME/TPE.

Par SORIN Michel - Publié dans : Travail Economie
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Lundi 31 juillet 2006 1 31 07 2006 15:18

 

Réunion 4 mai 2006 - groupe EMPLOI 29 mai - à l’Antidote Laval

Etaient présents : des représentants d’ATTAC, du PCF, de PRS, de la LCR et du MRC.

 Le but de cette rencontre est de permettre au rapporteur du groupe (le représentant du MRC) de connaître les propositions des différentes organisations sur le thème de l’emploi, afin de mettre en évidence les convergences lors de la réunion publique le 29 mai à Bonchamp.

 ATTAC :

Mettre entre parenthèses les politiques d’aide à l’emploi des 25 dernières années, notamment l’exonération des cotisations sociales supportées par les entreprises.

 

Refonder et augmenter les salaires (y compris dans la fonction publique) : les salaires directs et les cotisations patronales (revalorisation de la protection sociale et des retraites).

 

Libérer les salariés en finançant par le salaire le temps libre en plus du travail subordonné (cf les propositions de Bernard Friot).

Les gains de productivité ont été affectés au profit (10% du PIB, soit 150 milliards € par an, transférés aux profits et enlevés aux salariés), remettant en cause ce que les salariés avaient acquis de haute lutte dans les années 1950, 60 et 70 et transférant sur l’assistance publique (payée par l’impôt, ex : CSG) la charge des gens peu ou non employables (minima sociaux, RMI, CMU, emplois jeunes, etc…).

Remettre du collectif et de la solidarité (inter-entreprises) en France et en Europe, par le biais des conventions collectives.

PCF :

Le CPE a montré l’exigence d’emploi stable, le défi d’éradication du chômage et de la précarité, ce qui implique :

Pour chacun, un parcours professionnel sécurisé,

La révolution des politiques fiscales et de crédit,

La réorientation de la finance vers les créations d’emplois,

La maîtrise réelle des choix de gestion par les salariés eux-mêmes,

Le remplacement de tous les départs à la retraite dans la fonction publique.

 Deux autres propositions au niveau régional : le contrôle de l’utilisation des fonds publics et la mise en place de fonds régionaux pour l’emploi et la formation.

 PRS :

Contre la « marchandisation » de l’être humain, pour une politique fiscale finançant les services publics, pour le maintien des aides à l’emploi.

Pour une politique en faveur des salariés et de leur protection afin de rééquilibrer la masse salariale au détriment des profits,

Licenciements abusifs : renverser la charge de la preuve, contrôle a priori de tous les licenciements (c’est à l’entreprise de solliciter le licenciement),

Interdiction des licenciements si l’entreprise est bénéficiaire,

Suppression des aides publiques aux entreprises,

Respect de la citoyenneté dans l’entreprise (une entreprise dans l’agglomération lavalloise a fait inscrire au 1er point du règlement intérieur « L’entreprise n’est pas une démocratie »),

Contrat de travail unique (à durée indéterminée),

Taxation des produits financiers et du travail précaire,

Réhabilitation du travail : SMIC à 1500 € nets, relèvement des minima, y compris dans la fonction publique. Le RMI n’a plus sa raison d’être dans le cadre de ce système.

LCR :

Renforcer l’inspection du travail, en augmentant ses effectifs et le pouvoir des inspecteurs (pouvoir inopiné, vraies sanctions des employeurs),

Se poser la question de la levée du secret bancaire, pour de meilleurs contrôles,

Non à la loi Sarkozy sur l’immigration choisie, qui est faite pour tirer les salaires vers le bas (c’est l’équivalent du CNE pour les étrangers),

De vrais emplois pour les étrangers, et non leur exploitation,

Un vrai statut pour les stagiaires,

Reversement par les entreprises des primes perçues indûment.

 MRC :

Dix mesures pour l’emploi :

Ressusciter la préférence commerciale communautaire,

Réformer l’Eurogroupe et la BCE pour mener une politique monétaire favorable à la croissance,

Investir avec ambition dans les infrastructures, l’éducation et le logement,

Faire de l’Etat un véritable stratège industriel,

Mieux financer l’économie pour développer un tissu industriel dense,

Œuvrer à un patriotisme populaire qui ancre les entreprises dans les réalités nationales,

Reprendre en main les services publics pour valoriser le territoire,

Prendre appui sur les baisses de charges patronales pour augmenter les salaires et donner un nouvel élan au CDI,

Construire un nouveau pacte salarial entre les Français,

Mettre en œuvre une véritable politique de formation.

Par SORIN Michel - Publié dans : Travail Economie
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Samedi 23 septembre 2006 6 23 09 2006 18:43

 

Retrouver la croissance et l’emploi, en France et en Europe 

 C’est la première priorité car, dans ce domaine, l’Europe est à la traîne. Impossible d’y parvenir sans réorienter l’action européenne de la France, mais aussi la politique économique et sociale de notre pays. Comment ? En mobilisant les outils de la politique monétaire, des politiques structurelles, de la politique commerciale, de la politique du travail et de l’emploi, et aussi la politique d’immigration et de coopération au développement.

 

D’abord, la politique de l’euro.

 Une reconstruction du système monétaire européen est possible à l’initiative des gouvernements. Elle pourrait intervenir en réponse à une crise grave (liée, par exemple, à un effondrement du dollar).

 Ses grands axes en seraient les suivants :

Faire de l’euro une monnaie de réserve internationale à l’égal du dollar.

 Modifier les statuts de la Banque Centrale Européenne en lui permettant d’agir en faveur de la croissance et de l’emploi. Au lieu de favoriser seulement la rémunération de la rente au détriment du travail, ce qui pénalise les entreprises productives et les efforts de recherche.

 La BCE devrait être autorisée à prêter de l’argent en dernier ressort, ce qui implique de confier au groupe des ministres des finances de la zone euro (l’eurogroupe) la responsabilité de piloter l’économie de cette zone (le gouvernement économique).

 La coopération renforcée devrait être aménagée afin de permettre l’existence de ce gouvernement économique, lequel devrait être doté de compétences précises aux niveaux monétaire, budgétaire, fiscal et social.

 

Et, aussi, les grands projets d’intérêt communautaire.

 L’urgence est de multiplier les infrastructures de transport combiné, notamment le rail-route, qui sont l’un des leviers de la croissance. Dans le passé, des décisions difficiles à prendre se sont révélées bénéfiques (exemple : TGV Est qui, initialement, n’était pas compatible avec le chemin de fer allemand).

 L’intérêt de la France et de l’Europe est de s’engager dans une grande politique européenne de développement énergétique. Les diverses causes, conjoncturelles et structurelles, de la plus grande rareté de l’énergie justifient le choix nucléaire de la France et mettent notre pays en bonne position pour accompagner les partenaires européens dans une politique concertée de relance de l’énergie nucléaire. Mais c’est aussi, pour la France, l’opportunité de développer les énergies nouvelles (biocarburants, éolien, solaire…) trop délaissées jusqu’à présent.

 Le maintien, au niveau européen, d’un haut niveau de recherche est essentiel, ce qui obligera les Etats européens à structurer leurs efforts en ce sens et l’Union européenne à réformer son pacte de stabilité issu du traité de Maastricht (en n’incluant pas les dépenses publiques de recherche dans la limite des 3% de déficits publics, par exemple).

 Le domaine spatial est aussi un enjeu. La France y joue un rôle moteur sur le plan industriel et dans les lancements. Des projets européens devraient prendre le relais et assurer l’avenir.

La question du commerce international et des clauses sociale et environnementale.

Le commerce n’est pas une question secondaire pour l’Europe, en premier lieu pour l’Allemagne et les débouchés de son industrie, mais aussi pour la France.

 Se protéger contre la concurrence abusive des pays à bas salaire est légitime. C’est possible au moment où le libre-échange généralisé est remis en cause par de nombreux pays.

 Autour de l’OMC, des réflexions s’orientent vers des zones économiques régionales à l’échelle mondiale. Certaines règles sociales encadrant le processus de mondialisation sont désormais évoquées par l’Allemagne face à des interlocuteurs asiatiques. Le droit du travail n’est plus systématiquement écarté de la libéralisation des échanges.

 La clause environnementale est à promouvoir par l’Europe à l’OMC en prenant appui sur le problème de l’effet de serre et la question de l’impact des modes de production sur l’environnement.

La valeur du travail.

 La revalorisation du travail passe par les salaires réels, pas seulement le SMIC, lequel a plus augmenté depuis 2002 que pendant les cinq années précédentes. Ceci est la conséquence du dynamitage du droit du travail par les lois Aubry, qui avait créé cinq SMIC différents.

 Les salariés veulent vivre de leur travail et en vivre correctement, selon leurs compétences. De la consommation des ménages dépend, en partie, la croissance. L‘Europe n’en parle pas. Or, elle pourrait promouvoir un plan européen de convergence des salaires, tenant compte des différences de productivité du travail.

 Que sera la future directive européenne sur les services ? Il reste une ambiguïté relative aux pratiques possibles de dumping par les bas salaires résultant d’une sous-traitance faussée.

 Mais c’est la valeur du travail par rapport à la rente qui est de plus en plus en cause dans le système économique mondialisé. Le niveau de rémunération des dirigeants d’entreprise, les revenus des stock-options et de la rente, n’ont plus rien à voir avec le niveau des salaires. La question de la répartition de la plus-value revient en force.

 Le choix du nouveau dirigeant d’EADS (ex-président de la SNCF) de limiter sa rémunération constitue une position politique intéressante dans le débat sur la rémunération des patrons et des actionnaires.

 La question de la baisse de la syndicalisation n’est pas seulement un problème français, mais concerne toute l’Europe. Il faudrait enclencher une dynamique positive à partir d’initiatives nationales, voire européennes, afin de contrarier la tendance à la déréglementation du travail.

 Enfin, la gauche doit rouvrir le débat sur la question du choix entre le salaire et le temps de travail. On observe chez les jeunes un attachement et une considération pour le travail, ce qui s’accompagne d’exigences quant à sa qualité, son intérêt, ses conditions et sa valeur qui est appréciée par le salaire.

 La réduction du temps de travail prend des formes plus ou moins acceptables. Entre une réduction compensée qui satisfait les salariés des grands groupes et celle qui prévaut dans les emplois à temps partiel coupé, il y a des différences et des inégalités.

 Partis et syndicats européens devraient les prendre en compte et adopter une vision plus nuancée de cette question.

Les politiques d’immigration et de coopération.

Elles ont une dimension économique et sociale incontestable depuis la loi Sarkozy du 24 juillet 2006 sur l’immigration, autorisant l’immigration de travail sans que soit opposée la situation de l’emploi  « pour l’exercice d’une activité professionnelle salariée dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement ».

 Or, les secteurs concernés par les difficultés de recrutement sont certaines branches du BTP, de l’hôtellerie et de la restauration, où les salariés sont le plus payés au SMIC et les conditions de travail parmi les plus difficiles.  C’est ainsi que l’immigration devient une aubaine pour le patronat, qui ne se sent plus obligé de faire des efforts en matière de salaires, de conditions de travail et de formation professionnelle.

 La pression migratoire en provenance de certains pays africains, à l’origine de drames humains, va se poursuivre. Mais la plus forte immigration irrégulière provient de Chine et il y a de grandes différences entre pays à niveau de développement égal. Il faut donc s’interroger sur les motifs de l’émigration, qui sont complexes.

C’est l’attractivité d’un pays, sa capacité à laisser entrevoir un avenir pour ses ressortissants, qui peut limiter l’émigration de masse. C’est pourquoi il est nécessaire de maîtriser l’immigration à partir de critères clairs et de mener des politiques nouvelles de coopération qui aillent dans le sens d’un véritable co-développement.

 Ceux qui émigrent ne sont pas les paysans africains et chinois, ce sont des commerçants, des intellectuels faisant partie des classes moyennes dans leur pays. Il faut éviter d’organiser le pillage des élites du tiers monde, sous prétexte d’ouverture et de bons sentiments.

 Les politiques d’immigration et de coopération qu’il faut concevoir au niveau européen doivent donc faire partie de la politique économique et sociale. L’immigration peut être une valeur ajoutée pour la société d’accueil comme pour les migrants, à condition qu’elle soit maîtrisée.

En conclusion 

 Pour l’Europe, retrouver la croissance et l’emploi n’est possible qu’au prix de changements significatifs (euro, grands projets européens, commerce, revalorisation du travail, immigration et coopération).

 Les NON français et néerlandais au référendum constitutionnel ont été un point de départ dans la remise en cause de la logique économique et politique de l’Union européenne. Il faut aller plus loin et proposer les termes de la réorientation nécessaire. C’est l’enjeu de la prochaine élection présidentielle.   

 

  

Par SORIN Michel - Publié dans : Travail Economie
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 10 2006 16:15

 

REVALORISER LE TRAVAIL … OUI, MAIS COMMENT ? 

 

Sur le thème « Retrouver la croissance et l’emploi », Patrick Quinqueton était intervenu le 9 septembre à l'université d'été du MRC aux Ulis (voir sur ce blog, l’article paru le 23 septembre) en développant cinq points :

 D’abord, la politique de l’euro,

 Puis, les grands projets d’intérêt communautaire,

 La question du commerce international et des clauses sociale et environnementale,

 La valeur du travail,

 Les politiques d’immigration et de coopération.

 L’année précédente, il avait rédigé une note interne, dans laquelle il indiquait la ligne directrice des réflexions du MRC en ce qui concerne la revalorisation du travail.

 Quand la gauche est accusée par le président de l’UMP de « mépriser le travail » (selon le titre du journal Le Monde, daté du 24 juin 2006), quand des citoyens, en Mayenne, justifient leur engagement à l’UMP en qualifiant celui-ci de « mouvement qui véhicule la valeur du travail » (selon le Courrier de la Mayenne du 5 octobre), nous devons expliquer précisément ce que nous entendons par « revaloriser le travail ». C’est pourquoi il me semble utile de faire connaître cette note de Patrick Quinqueton (voir, ci-après).

 

Note de Patrick QUINQUETON  – Université permanente du MRC                

 REVALORISER LE TRAVAIL 

 Revaloriser le travail, c’est l’axe fort autour duquel nous développons nos prises de position.

 C’était l’une des dix propositions de Jean-Pierre Chevènement, dans son discours de Vincennes le 9 septembre 2001.

 Sur ce thème, nous pouvons aborder les points suivants :

 

 Ne pas détruire le droit du travail.

 Il ne faut pas se laisser abuser par la relative complexité du droit du travail, car elle est souvent accentuée par ceux qui lui font ce reproche. La multiplication des possibilités de contourner les règles de l’ordre public social a commencé avec l’application des lois Aubry (dérogations accordées pour aller plus vite dans la généralisation des 35 heures) et s’est accentué avec les lois libérales des gouvernements Juppé et Raffarin (possibilité de déroger aux règles dans tous les domaines et dans chaque entreprise).

 Il faut réaffirmer quelques règles simples, qui ne souffrent aucune dérogation. La productivité du travail ne se maintiendra à un haut niveau que si les salariés se sentent en sécurité, par des règles simples applicables à tous sans exception et des accords de branche ouvrant des droits complémentaires adaptés.

 

 L’opposition aux délocalisations.

 Notre opposition concerne la mise en concurrence des salariés entre eux pour faire baisser les charges sociales (il ne s’agit pas de nous opposer au développement économique dans d’autres régions du monde). Seules une politique industrielle déterminée, prenant appui sur la recherche et l’innovation, et une politique monétaire tournant le dos à l’euro fort, sont de nature à armer la France et l’Europe à moyen terme contre les délocalisations.

 

 La taxation des licenciements.

 Pour la première fois, elle est évoquée dans le rapport Camdessus (qu’il ne faut donc pas rejeter en bloc). Nous y sommes favorables, dans le contexte d’une politique économique d’expansion. C’est une façon de ne pas regarder le travail comme une simple marchandise et de regarder le travailleur en tant que citoyen qui a des droits, dont celui de la garantie de son emploi, ce qui est à soutenir.

 

    Solidarité contre charité.

 Le plan Borloo se situe dans le prolongement de toutes les politiques sociales depuis vingt ans, menées par la droite et par la gauche (RMI). Il s’agit de réduire le coût de la solidarité d’un côté et de développer la charité publique et privée de l’autre. Il faut refonder les politiques sociales sur le travail, sans pour autant que l’ensemble des charges se traduise par des cotisations. Mais le discours sur la lutte contre l’exclusion n’a de sens que si l’on revalorise le travail et les avantages qui y sont liés.

 

   Le niveau des salaires directs.

 La revalorisation du travail doit se traduire dans le niveau des salaires directs. La proposition du rapport Camdessus de limiter à la seule inflation la progression du SMIC doit être combattue. Il faut maintenir un écart suffisant entre SMIC et RMI afin d’éviter toute incitation à ne pas travailler, ce qui est facteur d’exclusion. La progression des salaires et, en particulier, des bas salaires, est possible par la poursuite d’une politique de réduction des charges et des crédits d’impôt, mais la solution, à terme, est le glissement de points de cotisations sociales vers la TVA pour la première partie du salaire.

 

   La question des 35 heures.

 La tendance à la réduction de la durée du travail est une donnée liée au développement de la productivité du travail. Pour autant, nous n’avons jamais été des doctrinaires des 35 heures, surtout telles qu’elles ont été conçues par Martine Aubry dans une perspective d’application par les grands groupes. Dans les petites entreprises, elles se sont traduites par une baisse des salaires et, dans la fonction publique, par une baisse du service rendu.

 Aujourd’hui, il ne s’agit pas de « défendre les 35 heures » mais de défendre les intérêts des salariés, dans le cadre d’une exigence de revalorisation du travail. Il faut s’opposer à l’action revancharde de la droite et soutenir les assouplissements qui sont négociés équitablement, c’est-à-dire avec une réelle contrepartie au niveau des salaires.

 

   L’accès à la citoyenneté.

 Le niveau du chômage ne doit pas nous amener à délaisser un objectif majeur : assurer, notamment par l’accès à l’emploi qualifié, un véritable accès à la citoyenneté des jeunes issus des quartiers sensibles. Des politiques volontaristes sont nécessaires, en prenant appui sur le talent des jeunes, et sans discrimination positive, qui serait jugée insultante, avec raison.

 Telles sont les orientations qui peuvent accompagner l’objectif de revalorisation du travail, conformément à la tradition de la république sociale, mais aussi de manière originale et en toute indépendance.     

Par SORIN Michel - Publié dans : Travail Economie
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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 11 2006 23:39

 

Pour un meilleur équilibre entre le travail et le capital,

 il faut un syndicalisme unifié, représentatif et puissant

 

  

Trois faits m’incitent ce soir à évoquer la question syndicale.

 Le premier est local et concerne le groupe laitier Lactalis (ex-Besnier), lavallois de naissance et de fait car il a tenu à maintenir son siège à Laval et à rester mayennais alors que tout l’attirait vers la région parisienne.

 Le second est national : le Conseil économique et social (CES) propose de changer les règles de représentativité syndicale et va publier un avis qui peut contribuer à faire évoluer le paysage social en France.

 Le troisième est mondial : en ce moment, à Vienne (Autriche), est en train de naître une confédération syndicale internationale qui est une quasi-unification du syndicalisme à l’échelle de la planète.

 Au niveau de la Mayenne, le groupe Lactalis, dont l’origine remonte à André Besnier en 1933 (fromagerie, un employé), est le second groupe laitier mondial (26 500 employés, 119 unités industrielles, dont 43 à l’étranger). Cette entreprise s’est organisée avec la volonté d’exclure le fait syndical. Elle s’est structurée en sociétés indépendantes, imbriquées les unes dans les autres, qui ont donné naissance à autant de comités d’entreprise. La discussion d’ensemble et la représentation syndicale y ont toujours été très difficiles, surtout en Mayenne, où la CFDT n’y a des représentants que depuis deux ans. Il a fallu le rapprochement de Lactalis et Nestlé (création d’une filiale commune sur les produits laitiers frais en Europe, dominée à 60% par Lactalis) pour que débarquent en Mayenne (pour des visites et réunions de travail) des responsables CFDT des différents sites de la nouvelle unité et que la direction admette le fait syndical. Car les syndicats CFDT et CFTC sont présents chez le groupe suisse depuis une trentaine d’années. Impossible de ne pas les reconnaître.

 

  Au niveau national, en réponse à la demande du Premier Ministre concernant la réforme du dialogue social, le Conseil Economique et Social va proposer, notamment, de baser la représentativité syndicale sur « un choix des salariés exprimé lors d’une consultation électorale nationale », qui pourrait être les élections prud’homales. Cette proposition ne fait pas l’unanimité des syndicats. La CGT est pour, la CFDT est contre car, pour elle, il faut partir des entreprises et des branches. Les trois autres confédérations expriment des réticences à remettre en cause leur droit actuel de représenter les salariés quelle que soit leur implantation réelle dans les branches ou dans les entreprises. Pour leur part, UNSA et Solidaires attendent avec impatience la modification de ces règles. Dans son avant-projet d’avis, le CES fait aussi des propositions « sur le financement des syndicats, l’évolution vers des règles d’accord validé par une majorité d’engagement des salariés, et sur la syndicalisation dans les PME ».

 Au niveau mondial, l’initiative de recomposition syndicale, qui va aboutir à la création de la Confédération syndicale internationale* rassemblant 360 organisations (dont la CGT, la CFDT, FO et la CFTC) réunissant 190 millions de salariés de 150 nations, est un événement qui peut aider le syndicalisme à se renforcer et être mieux reconnu dans les négociations face aux firmes multinationales et aux organismes internationaux. Selon le futur responsable de la CSI, celle-ci « devra conduire des stratégies syndicales mondiales pour contrer celles du capitalisme, dont la mondialisation a entraîné en vingt ans un basculement majeur des revenus au détriment des salaires et au profit du capital. Elle devra défendre le syndicalisme là où il est faible et oppressé ». La CSI recherchera les contacts avec les ONG et sera présente dans les forums sociaux des altermondialistes.

 * La Fédération Syndicale Mondiale, 3ème confédération internationale, n’est pas partie prenante de ce rassemblement à Vienne.

Par SORIN Michel - Publié dans : Travail Economie
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