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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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Proche Moyen Orient

Mercredi 16 août 2006 3 16 08 2006 17:30

 

Résumé de cinq articles lus dans le Figaro entre le 5 et le 12 août 2006

 

 La rubrique « Opinions » du Figaro vient de produire une série de textes de fond concernant le Liban et Israël, l’implication de la Syrie et de l’Iran en arrière-plan et, plus généralement, le Proche et Moyen Orient.

 Dans l’ordre chronologique, j’ai retenu cinq articles qui apportent des informations historiques et stratégiques permettant de mieux comprendre la réalité dans sa complexité :

 « Liban, la guerre qui lève les tabous » par Antoine Sfeir (5 août),

 « Déconstruire la nation libanaise fragilisée, pour mieux la reconstruire » par Fadi Assaf (8 août),

 « Une révolution stratégique au Moyen-Orient » par Pierre Lellouche (9 août),

 « Le transfert d’hostilité occidental sur les Palestiniens et les Libanais » par Georges Corm (11 août),

 « Moyen-Orient : empêcher la jonction des forces radicales et extrémistes » par Olivier Roy (12 août).

 

Antoine Sfeir, directeur de la rédaction des Cahiers de l’Orient, met en avant les motivations de chacun des protagonistes : Israël, le Hezbollah, mais aussi l’Iran qui a bénéficié de l’accès au pouvoir en Irak de la communauté chiite, ce qui a servi son ambition de devenir une puissance régionale dont l’influence s’étend en Irak, en Syrie (les Alaouites au pouvoir sont issus d’une dissidence chiite) et au Liban (par l’intermédiaire du Hezbollah qui représente une partie influente des chiites libanais).

 D’autres pays producteurs de pétrole de la péninsule arabique ont de fortes minorités chiites (Arabie saoudite, Emirats arabes unis), voire une majorité chiite (Bahrein), qui sont très liées à l’Iran. Par ailleurs, ce pays est engagé dans des négociations qui le conduiront à posséder l’arme nucléaire. L’Iran est donc l’acteur principal aujourd’hui. Le président Ahmadinejad ne reflète pas la position de la majorité des dirigeants iraniens, laquelle est plus près des positions traditionnelles des Perses, ennemis des Arabes, et proche des intérêts stratégiques d’Israël et des USA.

 Vu sous cet angle, le conflit israélo-libanais contient les germes de la résolution de tabous dont on ose enfin parler :

 - La partition du Liban en 4 grandes communautés (chrétiens, sunnites, druzes et chiites), ce qui risque de se passer aussi en Irak.

 - Le Hezbollah n’est plus à l’abri de toute critique. Il est désormais fortement interpellé sur son aventurisme.

 - Comme en Irak, il y a risque d’une guerre fratricide entre les sunnites et les chiites, ce qui sonnerait le glas de la nation libanaise. Or, la guerre a démontré la vitalité de celle-ci dans sa diversité, soudée dans l’adversité. Mais elle a aussi mis en évidence l’absence totale d’un Etat libanais, d’autant plus regrettable dans cette région menacée par les extrémismes.

 Il est des constantes au Proche-Orient aussi têtues que l’histoire mouvementée de cette région : le droit sans la force a toujours été impuissant (le Liban devrait s’en souvenir), mais la force sans le droit n’a jamais été juste (les Israéliens ne doivent pas l’oublier).

 

Fadi Assaf, analyste au Centre d’Etudes et de Recherches Stratégiques, porte son regard sur les rapports entre les diverses communautés et ethnies qui forment l’Etat libanais. La crise actuelle est un nouvel épisode de l’histoire mouvementée du Liban.

 Enfermés dans leur logique communautariste, les Libanais ont souvent choisi de voir ce qui les séparait et non ce qu’ils avaient en commun. Les chrétiens maronites et les musulmans sunnites ont emprunté dans le passé la voie contestataire que le Hezbollah chiite utilise aujourd’hui : elle consiste à s’appuyer sur l’étranger pour renforcer sa propre assise politique au détriment, parfois, de l’intérêt national.

 Inversement, les périodes de stabilité que le Liban a connues ont été celles que garantissait un réel équilibre entre les différentes composantes libanaises.

La résolution 1559 votée par l’ONU a été perçue par la communauté chiite libanaise comme hostile, car remettant en question ses droits acquis face à Israël et arrachés aux maronites et sunnites.

 A l’issue de cet engagement contre l’armée israélienne, le conflit opposant les deux branches de l’islam prend une tournure ouvertement favorable aux chiites, le Hezbollah ayant désormais la sympathie des populations arabo-musulmanes, y compris sunnites. Son leader incontesté, Hassan Nasrallah, est en passe de succéder à Nasser dans les cœurs des populations, ce qui l’incitera à revendiquer à l’intérieur du Liban davantage de pouvoir pour les chiites face aux sunnites, les maronites étant eux-mêmes sur la défensive et tentés de passer des compromis avec les plus forts (voir la position du général Aoun).

 Le résultat inattendu de la guerre entre le Hezbollah et Israël pourrait être de jeter les bases d’une coexistence sociopolitique viable entre les trois communautés libanaises, devenues minoritaires dans le contexte actuel. Déconstruire pour mieux reconstruire…

 

Pierre Lellouche, délégué général de l’UMP et président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, met en évidence trois facteurs stratégiques essentiels pour l’avenir du Moyen-Orient.

 - Le premier est l’émergence de l’Iran comme superpuissance à vocation régionale, brandissant la bannière de l’Islam chiite radical et, grâce au Hezbollah, en prise directe sur Israël.

 C’est une véritable révolution stratégique car cette guerre du Liban pourrait être une répétition générale d’un conflit demain entre deux puissances nucléaires, Israël et l’Iran.

 - Le second fait majeur est l’accumulation d’erreurs stratégiques à mettre au débit du gouvernement israélien depuis le début de cette crise. La riposte israélienne n’était pas seulement « disproportionnée », elle était fondamentalement erronée. Résultat : Israël, bien qu’agressé, a perdu la guerre des images et le Hezbollah sort renforcé.

 - Le troisième facteur dominant est la marginalisation des USA au Proche-Orient.

 Après l’immense gâchis de cette guerre, il importe de faire en sorte que le Liban soit pleinement souverain, ce qui passe par un accord global sur le statut du Liban, avec la participation de la Syrie et de l’Iran.

 La tâche qui attend, notamment, l’Europe et la France est immense. Se contenter de faux-semblants, c’est se condamner à des conséquences encore plus graves.

 

Georges Corm, économiste et historien, ancien ministre libanais des Finances, intervient sur le registre historique et psychologique pour tenter de comprendre la réalité actuelle du Proche-Orient.

 Il évoque d’abord l’anesthésie de beaucoup de consciences face au drame du Liban et au non-respect des règles du droit humanitaire, en notant que ce n’est pas la première fois.

 Face à ce chaos sanglant, l’Europe, qui se félicite d’être enfin en paix, ne réalise pas que le vent de folie meurtrière (Afghanistan, Irak, Palestine, Liban…) n’est, en grande partie, que le sous-produit de sa propre histoire, la convulsion la plus spectaculaire de cette histoire tragique, due à l’horreur causée par le génocide des communautés juives d’Europe sous le 3ème Reich.

Ce génocide est un point culminant d’un antisémitisme de nature raciste qui a sévi durant tout le 19ème siècle, prenant le relais de l’antijudaïsme de nature théologique prêché durant des siècles par les catholiques et les protestants.

 Rappelant le silence consternant qui a entouré l’entreprise démoniaque hitlérienne et la réintégration de l’Allemagne au sein des nations démocratiques à la fin de la guerre, l’auteur fait référence à Raul Hilberg, spécialiste de l’histoire de l’Holocauste, qui a expliqué le « transfert d’hostilité » opéré par les Juifs sur d’autres que leurs bourreaux allemands, d’abord sur l’Angleterre mandataire de la Palestine, accusée de retarder la création de l’Etat d’Israël, puis sur les Arabes, une fois l’Etat créé et reconnu.

Ce mécanisme de transfert d’hostilité aurait pu servir aussi de défouloir à la culpabilité éprouvée par l’Europe du fait de ses traditions antijudaïques et antisémites. C’est ce qui expliquerait pour une part l’attitude bienveillante de l’Europe vis-à-vis d’Israël  (et de ses représailles à l’encontre des populations civiles de Palestine et du Liban).

 La doctrine de l’ennemi unique de l’Occident que serait le terrorisme islamique pourrait relever de ce transfert d’hostilité, après l’ancien ennemi qu’était la subversion communiste. En réalité, le terreau sur lequel s’est développé le Hezbollah est l’occupation d’une large partie du Liban sud par l’armée israélienne entre 1978 et 2002. En faisant de l’Etat d’Israël un Etat hors norme du droit international, n’a-t-on pas introduit une nouvelle forme de racisme inversé, perverse et dangereuse pour l’avenir ?

 Le Proche-Orient continue de payer les dettes morales des guerres et violences survenues au sein de l’Europe. Celle-ci peut-elle ouvrir, enfin, la voie à la paix et à la réconciliation avec son Orient proche ? La Méditerranée pourra-t-elle, enfin, devenir notre mer commune, sans ingérence venant d’outre-Atlantique ?

 

 Olivier Roy, islamologue, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, montre que deux logiques profondes sont à l’œuvre au Moyen-Orient : un front du refus anti-israélien, cette fois sous l’égide de l’Iran, d’une part, un clivage croissant entre chiites et sunnites, surtout en Irak, qui menace de s’étendre à toute la zone, d’autre part.

 Ces deux tendances ne sont pas nouvelles. Mais ce qui est nouveau, c’est l’intervention américaine en Irak. La montée en puissance des chiites, dans ce qui constitue l’essentiel des zones pétrolières, inspire une vive inquiétude aux régimes arabes conservateurs de la région. L’obsession iranienne a toujours été de contourner le front arabo-sunnite pour se positionner en champion de la cause arabo-musulmane au Moyen-Orient, tout en influençant fortement les réseaux chiites.

 La seule cause qui permet à l’Iran de connecter les deux est la Palestine. Plus précisément, toute conjonction entre le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais permet à l’Iran d’articuler ses deux stratégies. La brutale connexion entre les deux conflits israélo-palestinien et israélo-libanais a permis à l’Iran, conduit par Ahmedinejad, de fusionner Front du refus et arc chiite, et de gagner sur tous les tableaux.

 Les milieux arabo-musulmans traditionnels en ont tiré les conséquences. Ils s’alignent sur la rue arabe.

 Les Européens ont continué leur diplomatie cloisonnée, sans faire de lien entre le programme nucléaire de l’Iran et son soutien au Hezbollah dans la crise libanaise (alors que l’Iran joue la crise au Proche-Orient pour pouvoir continuer son programme nucléaire).

 Quant à Israël, en bombardant tout le Liban, il a réunifié chiites, sunnites et chrétiens !

 Il n’existe pas de solution militaire durable. Seul un accord politique de long terme peut stabiliser la région.

 Mais, pour cela, il faut traiter différemment le Hamas et le Hezbollah, retrouver la spécificité de chaque conflit, au lieu de se gargariser de « guerre au terrorisme » ou de « fascisme islamique ».

 

    Communiqué de Georges SARRE (MRC) le 17 juillet 2006 

 Proche Orient : la France doit agir à tous les niveaux pour stopper la guerre

 Le MRC approuve la position prise au nom de la France par le Président de la République Jacques CHIRAC, qui a demandé le désarmement de toutes les milices, notamment du Hezbollah, et jugé « disproportionnée » la riposte d’Israël.

 Mais on ne peut s’en tenir à cette pétition de principes. Il faut une initiative diplomatique forte pour intercéder auprès de toutes les parties en faveur d’un cessez-le-feu immédiat. La France ne peut pas se borner à constater le blocage de l’ONU et l’impuissance de l’Union Européenne. Le déplacement à Beyrouth du Premier Ministre est un symbole positif fort mais insuffisant. Bien entendu, ce voyage doit contribuer à évaluer et renforcer les moyens nécessaires au rapatriement des Français et de tous ceux qui veulent quitter momentanément le Liban.

 Le MRC s’inquiète du sort des populations civiles libanaise et israélienne, qui font l’une comme l’autre les frais d’une escalade ravageuse dans les attaques mutuelles.

Sans une mobilisation puissante de la France et de la communauté internationale, il y a fort à craindre que le conflit s’étende au Proche Orient et se durcisse durablement.

Dans ce conflit grave et particulièrement dangereux, la France, qui a des liens étroits tant avec Israël qu’avec le Liban, doit s’appuyer sur sa liberté pour faire prévaloir le droit et la paix.    

Par SORIN Michel - Publié dans : Proche Moyen Orient
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Lundi 25 décembre 2006 1 25 12 2006 23:51

 

 

Mahmoud Abbas et Ehud Olmert se parlent enfin !

 En ce jour de Noël, je veux croire que les informations en provenance du Proche Orient sont annonciatrices de paix.

 « Israël ordonne "un allégement immédiat des restrictions" frappant les Palestiniens », titre Le Monde.fr

Libération.fr n’est pas en reste :

 « Reçu à Jérusalem, le chef de l'Autorité palestinienne s'est vu promettre 100 millions de dollars d'«aide humanitaire» et des «progrès dans le processus de paix ».

 Il faut noter aussi la rencontre entre le président palestinien et le premier ministre jordanien.

Il est vrai que la situation est, à ce point, désespérée dans les territoires palestiniens qu’une prise de conscience pourrait enfin conduire à des décisions positives.

 La menace iranienne, le fiasco israélien et les déchirements communautaires au Liban, l’affaiblissement des dirigeants palestiniens et israéliens, le rééquilibrage de la politique des USA après les succès démocrates, sont des réalités qui créent les conditions d’un rapprochement israélo-palestinien.

  On mesure mieux, dans cette perspective, l’intérêt du voyage que Ségolène Royal a effectué début décembre au Proche Orient.

Quant à Jean-Pierre Chevènement, je rappelle ici que, lors de son intervention du 13 novembre dernier devant la presse, il a présenté ses vingt chantiers prioritaires, dont le quatrième :

 « Faire de l’Europe un facteur de paix dans le monde ».

 "Au Proche et au Moyen-Orient l’intérêt de l’Europe c’est aussi une paix qui reconnaisse à chaque peuple ses droits : il ne saurait y avoir un droit international à plusieurs vitesses : droit au développement – c’est le cas de l’Iran -, droit à disposer d’un Etat viable – c’est le cas du peuple palestinien – droit à la sécurité, ce qui est particulièrement vrai pour Israël, droit sur lequel il doit être clair que nous ne saurions transiger. Rien ne saurait justifier à ce sujet les propos du président Ahmadinenejad. L’avenir du monde n’est pas dans la confrontation mais dans le dialogue des cultures et des civilisations".

Par SORIN Michel - Publié dans : Proche Moyen Orient
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Mardi 25 décembre 2007 2 25 12 2007 21:01

Organiser la coexistence avec courage et volonté

 

Il y a un an, le jour de Noël, j’avais titré « Palestine - Israël : des petits pas dans la direction de la paix : Mahmoud Abbas et Ehud Olmert se parlent enfin ! ». J’entendais ce matin à la radio qu’à Bethléem, le commerce est beaucoup plus actif que l’an dernier à Noël, ce qui est un bon indicateur de détente entre les communautés.

 

Pourtant, il y aurait de quoi être pessimiste en lisant les articles de journaux. Par exemple, celui-ci, paru le 23 décembre sur www.lemonde.fr  

 

« Israël prévoit la construction de 750 logements en 2008 dans deux colonies »

 

« Israël a dégagé dans son budget pour 2008 des sommes pour la construction de 740 logements dans deux colonies en Cisjordanie, a révélé, dimanche 23 décembre, le porte-parole du mouvement israélien La Paix Maintenant. L'information a été confirmée par le ministère des constructions israélien et dénoncée par l'Autorité palestinienne, qui réclame un arrêt total des constructions dans les colonies juives de Cisjordanie ».

 

En fait, ce n’est pas encore une décision, puisque le budget de l’Etat israélien sera voté cette semaine par la Knesset, le parlement. Mais ce projet semble contradictoire avec la démarche proclamée des dirigeants israéliens en faveur de la paix.

« DES NÉGOCIATIONS DE PAIX MISES À MAL »

Pour les Palestiniens, cette poursuite des colonisations menace les pourparlers de paix. "La prochaine séance de négociations se tiendra lundi et jusqu'à présent nous attendons une réponse claire d'Israël concernant le gel de la colonisation", a déclaré, samedi, à l'AFP, Yasser Abed Rabbo, membre de l'équipe de négociateurs palestiniens.

« Israéliens et Palestiniens ont tenu, le 12 décembre, une première séance de discussions, conformément aux décisions de la conférence de paix du 27 novembre à Annapolis (Etats-Unis). Ils s'étaient alors engagés à relancer les négociations en panne depuis 7 ans pour résoudre leur conflit en 2008. Ces négociations sont basées sur la "Feuille de route", un plan de paix international par étapes qui prévoit dans sa première phase un gel de la colonisation et un arrêt des violences ».

 

Dans un autre article du journal « Le Monde », publié le 12 décembre 2007, Michel Bôle-Richard  écrit (extrait) :

 

« Les Arabes israéliens sont confrontés à un racisme croissant »

 

Le racisme entre juifs et Arabes d'Israël n'a jamais été aussi fort, dénonce l'Association pour les droits de l'homme en Israël (ACRI), dans son rapport annuel. Publié samedi 8 décembre, ce rapport de 70 pages estime que les incidents racistes envers les Arabes ont augmenté de 26 % en 2006. « Nous sommes une société qui vit dans un régime démocratique mais dont les institutions sont minées et dans laquelle les résidents ont un statut différent », indique Sami Michaël, le président de l'ACRI, qui note l'accroissement des remarques racistes, des politiques discriminatoires et des violences policières.

 

Sur www.lemonde.fr en date du 22 décembre dernier, nous avions un autre indice de l’ambiguïté de la politique d’Israël envers ses minorités, le correspondant du Monde, Michel Bôle-Richard se faisant l’écho d’une enquête de l’armée israélienne, elle-même.

 

« Vexations, violences, lot quotidien des Palestiniens aux barrages israéliens »

 

Nous ne voulons pas que l'image d'Israël, dans l'esprit des Palestiniens, soit un soldat à un barrage. Nous n'avons pas le désir de contrôler la vie des Palestiniens", a expliqué, à Paris, le 17 décembre, à l'occasion de la conférence des donateurs, Tzipi Livni, la ministre israélienne des affaires étrangères.

Chaque jour pourtant, les Palestiniens sont confrontés à des barrages et à des check-points (563 fixes, plus 74 "volants" au mois de novembre selon OCHA, l'Agence des Nations unies pour les affaires humanitaires), qui limitent considérablement leur liberté de déplacement. Ils sont soumis au bon vouloir des soldats et doivent affronter d'interminables files d'attente, subir des vexations, des humiliations, voire des violences verbales ou physiques.

C'est à la suite d'un incident particulièrement significatif survenu il y a quelques mois près d'Hébron que l'armée a décidé d'ordonner une enquête. Un officier et cinq soldats avaient "braqué" un taxi, ligoté son chauffeur, s'étaient emparés du véhicule et, peu après, avaient tiré sur un Palestinien et l'avaient laissé blessé sur le bord de la route sans s'occuper de son sort.

A la suite de cet incident, qualifié d'"exceptionnel", le général Gadi Shamni, qui commande la région centre d'Israël, a donc décidé d'en savoir plus sur le comportement de ses soldats et a ordonné une enquête auprès de mille d'entre eux. Les conclusions ont surpris l'état-major.

Il ressort de cette investigation qu'un soldat sur quatre a été témoin actif ou passif de violences exercées à l'encontre de Palestiniens (…).

"Il ne fait aucun doute que les soldats opérant dans les territoires occupés ont le sentiment de jouir d'une immunité, ce qui mène inévitablement à une augmentation du nombre et de la gravité des infractions commises", explique Michael Sfard, avocat de Yesh Din.

Dans son rapport, cette organisation constate que le nombre des poursuites contre les soldats pour des faits liés à la drogue en 2006 est "sept fois supérieur au total des poursuites concernant des atteintes physiques ou aux propriétés des Palestiniens pendant presque sept ans". 

En ce 25 décembre, restons optimistes et rappelons les perspectives définies par Jean-Pierre Chevènement le 13 novembre 2006 devant la presse.

  

« Faire de l’Europe un facteur de paix dans le monde »

 

« Au Proche et au Moyen-Orient l’intérêt de l’Europe c’est aussi une paix qui reconnaisse à chaque peuple ses droits : il ne saurait y avoir un droit international à plusieurs vitesses : droit au développement – c’est le cas de l’Iran -, droit à disposer d’un Etat viable – c’est le cas du peuple palestinien – droit à la sécurité, ce qui est particulièrement vrai pour Israël, droit sur lequel il doit être clair que nous ne saurions transiger. Rien ne saurait justifier à ce sujet les propos du président Ahmedinejad. L’avenir du monde n’est pas dans la confrontation mais dans le dialogue des cultures et des civilisations ».

Par SORIN Michel - Publié dans : Proche Moyen Orient
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Mardi 22 juillet 2008 2 22 07 2008 23:11

Un Etat, deux Etats, quelle solution possible ?

 

De nombreux articles de presse ont été écrits à l’occasion du soixantième anniversaire de la création de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948.

 

Le quotidien Le Monde titrait dans son édition du 14 mai 2008 « Société israélienne : soixante ans, trois ruptures » :

-          l’immigration est en baisse constante,

-          l’économie est passée du kibboutz collectif au libéralisme,

-          l’idéal de « nouvelle frontière » n’est plus.

 

Dans un autre article du même journal, daté des 18 et 19 mai 2008, un correspondant à Jérusalem observe que « l’impasse du processus de paix ravive chez certains Palestiniens l’intérêt pour un Etat binational ».

 

Tout récemment, un autre titre du Monde, signé Michel Bôle-Richard , dans l’édition du 20 juillet, attirait mon attention :

« Des militants anti-apartheid juifs sud-africains « choqués » par leur visite en Cisjordanie occupée ».

(…) « Avec un groupe de 22 Sud-Africains, défenseurs des droits de l'homme, membres de l'ANC, magistrats, journalistes, syndicalistes, écrivains, blancs, noirs, indiens, une dizaine de juifs, Andrew Feinstein a, pendant cinq jours, du 6 au 10 juillet, sillonné les territoires occupés de Hébron à Naplouse, en passant par Jérusalem et la "barrière de sécurité", rencontré des organisations de défense des droits de l'homme, visité Tel Aviv, tenté d'appréhender le conflit israélo-palestinien. Il ne s'agissait pas de trouver des solutions, ni de juger, encore moins de faire des comparaisons avec le régime de l'apartheid que tous ont connu et subi ».

 "Il n'est pas question de dénier à Israël le droit d'exister, mais je dois avouer que je suis choqué par ce que j'ai vu", déplore Geoff Budlender, lui aussi juif. Ce juriste a été frappé par l'extension de la colonisation, par "la façon de traiter un peuple comme s'il était de seconde classe, par les pesanteurs de l'occupation militaire et le contrôle de tous les aspects de la vie quotidienne des Palestiniens, par la séparation de plus en plus marquée de deux communautés" (…).

« Ce qui a frappé ces vétérans de la lutte anti-apartheid est le poids de l'occupation, l'importance des restrictions et la volonté d'établir une séparation complète ».

 

Le 30 avril 2008, j’avais été alerté par un article paru ce jour-là sur le site de Libération www.liberation.fr, sous la signature de Stéphane Hessel*. Je le reproduis ici dans son intégralité.

 

« Les Israéliens trahis par leur Etat »

 

Au retour d’un nouveau séjour en Palestine et en Israël en avril 2008, j’éprouve une angoisse qu’il me faut partager d’urgence avec mes lecteurs juifs et non-juifs.

Par son interdépendance croissante qui implique un haut degré de solidarité entre ses parties, la société internationale du vingt-et-unième siècle impose aux gouvernements de chacun des Etats qui la composent une constante recherche de légitimité. Ses postulats sont la conformité avec un certain nombre de principes inscrits depuis le milieu du siècle précédent dans les textes fondamentaux du droit international, initialement en 1945 dans la Charte des Nations Unies, puis de décennie en décennie dans des pactes, traités, conventions, statuts de tribunaux internationaux.

Pour un Etat, si fort soit-il militairement ou économiquement, perdre cette légitimité c’est mettre inévitablement en péril son avenir et en danger la sécurité de ses habitants.

Or, depuis quarante ans Israël a perdu cette légitimité en bafouant jusqu’ici impunément ses principes, valeurs et accords qu’elle est censée respecter en tant que membre de l’organisation qui lui a donné naissance.

Bénéficiant de la sympathie que lui vaut le souvenir de la Shoah et du soutien que lui accorde pour l’instant le plus puissant des Etats membres (lui-même en perte de légitimité en Irak), Israël assure sa survie par l’écrasante supériorité de ses armes.

Les gouvernements israéliens successifs ont assumé l’illégitimité en poursuivant l’occupation militaire de territoires qui ne lui sont pas reconnus, en y multipliant l’implantation de colonies, en traitant leur population par l’oppression, le harcèlement et le mépris au rebours du droit humanitaire et en restant sourds aux résolutions adoptées par l’instance chargée, au plan mondial, du maintien de la paix et au règlement des conflits.

Quarante ans après la fin de la guerre des Six jours, Israël n’a pas trouvé un gouvernement capable d’entamer sérieusement la nécessaire négociation avec les Palestiniens qui serait en mesure de lui rendre sa légitimité, de garantir sa sécurité véritable et de lui donner un avenir.

Il s’agit d’un échec dont ma visite sur place me permet de mesurer la gravité.

En effet, la solution jusqu’ici préconisée officiellement par les partenaires d’Israël occidentaux et arabes de deux Etats souverains sur des espaces viables avec leurs deux capitales à Jérusalem n’est plus réaliste, puisque ces espaces ne sont plus disponibles.

Celle d’un Etat démocratique commun aux deux peuples est encore plus chimérique. Il reste un Etat sans légitimité avec un peuplement scindé, comportant des juifs maîtres et des Palestiniens voués à un régime de non-droit, enfermés comme à Gaza et demain en Cisjordanie dans des bantoustans, une situation comparable à l’apartheid.

A terme - et je dirais à très court terme -, cette situation ne peut que conduire à une explosion, à des risques majeurs dont on peut imaginer l’ampleur en voyant l’état de la jeunesse palestinienne. Elle n’a connu jusqu’ici qu’oppression et violence, ne connaît d’Israël que son armée et ne se sent pas d’avenir en paix. Elle sait aussi que son nombre constitue à terme sa force que rien ne pourra arrêter et que personne ne pourra les blâmer de combattre pour la liberté.

Pour les juifs qui ont fait confiance à un Etat pour assurer leur avenir, quand se réveilleront-ils de leur sommeil pour s’apercevoir qu’ils ont été trahis ?

Dernier ouvrage paru : Citoyen sans frontières. Conversations avec Jean-Michel Helvig. (Fayard, 2008).

* Stéphane Hessel - Wikipédia, ambassadeur de France.

 

La Fondation Res Publica (Site web de la Fondation), présidée par Jean-Pierre Chevènement, a organisé un colloque le 16 juin 2008 sur le thème Où va la société israélienne ? après celui du 26 mai Où va la société palestinienne ?

 

Voir aussi les articles parus sur ce blog Proche Moyen Orient

Par SORIN Michel - Publié dans : Proche Moyen Orient
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Jeudi 25 décembre 2008 4 25 12 2008 23:33

Besoin d’un sursaut de la conscience et de la volonté

 

Comment vivre Noël sans penser à ce que vivent les palestiniens ? Comme les années passées (voir les articles des 25 décembre 2006 et 2007 en cliquant sur Proche Moyen Orient), je fais le point de l’actualité palestinienne le jour de Noël.

 

Le Monde titre La situation s'envenime à Gaza et fait son édito (ci-après) sur Gaza, angle mort :

 

Pendant longtemps, Gaza fut le baromètre de la question palestinienne. Parce que l'étroite bande de terre est peuplée en majorité de réfugiés, et que c'est en grande partie dans les camps qu'a été entretenu le rêve d'un Etat indépendant. Parce que la première Intifada y éclata en 1987, qui fit comprendre à Israël que le problème palestinien dépassait de beaucoup le seul "cas" Arafat.

Aujourd'hui, Gaza est relégué dans l'angle mort du conflit israélo-palestinien. Ce n'est plus qu'une question sécuritaire en Israël. Une matière à rodomontades, surtout en période électorale, alors que chacun sait bien qu'il n'existe aucune réponse militaire, un bain de sang excepté, aux lancinants tirs de roquettes palestiniens sur Israël, qui entrent dans la catégorie des crimes de guerre, même s'ils ne sauraient être comparés à ceux du Hezbollah pendant l'été 2006.

Depuis la prise du pouvoir par les islamistes du Hamas, en juin 2007, Gaza a été abandonné par l'Autorité palestinienne et son président, Mahmoud Abbas, mais aussi par les pays engagés dans le conflit. Ce qui s'y passe devrait pourtant les alerter, à condition qu'ils dépassent la comptabilité des cycles récurrents des tirs et des représailles, des trêves et de leur suspension.

Du fait d'un blocus israélien d'un autre âge qui renforce le pouvoir qu'il est censé affaiblir, la survie de ce territoire ne tient plus qu'à un fil, la quasi-totalité de l'activité économique y a été réduite à néant, l'insécurité alimentaire est devenue la règle. Ces phénomènes sont entièrement artificiels. Ils sont le produit de décisions politiques, au mieux discutées, au pire tacitement acceptées. A dire vrai, ils s'inscrivent également dans un processus qui remonte précisément aux accords d'Oslo, lorsque progressivement la bande de terre fut coupée d'Israël sans qu'elle soit autorisée pour autant à disposer des moyens de son développement, pas même d'un simple port.

Les courbes statistiques, enfin, ne peuvent pas tout dire. Elles ne traduisent qu'imparfaitement une réalité qui devrait interroger au premier chef Israël et les autres acteurs du conflit : que faut-il attendre des générations nées depuis 1993 à Gaza, cloîtrées depuis toujours dans cette prison à ciel ouvert, qui n'ont jamais connu la normalité et pour qui l'avenir n'a aucun sens ?

En 2008, la Fondation Res Publica a organisé deux colloques complémentaires sur ce thème, l’un le 26 mai Où va la société palestinienne ? , et l’autre le 16 juin Où va la société israélienne ?.

 

En conclusion du premier, Jean-Pierre Chevènement s’exprimait ainsi (extraits) :

 

Conclusion de Jean-Pierre Chevènement

 

La situation actuelle est catastrophique. Le peuple palestinien est plongé dans la misère, privé des libertés élémentaires, en proie à une insécurité toujours plus grande, si j’en juge par le nombre de tués et de blessés en Cisjordanie et à Gaza qui n’a fait que croître dans des proportions exponentielles. La perspective politique se dérobe au fur et à mesure qu’on avance (la Conférence de Madrid date de 1992, les accords d’Oslo de 1993 !) (…)

 

Nous sommes en présence d’un peuple qui, aujourd’hui, est traité comme un « objet » des relations internationales. Il a été dit à juste titre que, sous l’Empire ottoman, sous le mandat britannique, pendant la période jordanienne, il n’y avait pas d’Etat palestinien… mais il y avait une société ! Quand ce peuple a voulu se doter d’un Etat, on lui a concédé l’Autorité palestinienne… mais on a interdit à l’Autorité palestinienne de devenir un Etat. Il me semble que l’absence d’un statut définitif à peu près clair au départ a fragilisé un processus de transition pour le moins chaotique, marqué par l’assassinat de Rabin, la venue au pouvoir de Netanyahu, puis celle de Ehud Barak. J’ai lu plusieurs versions de l’affaire de Camp David (celle de Shlomo Ben Ami diffère de celle de Charles Enderlin). On se rend bien compte que les conditions élémentaires n’étaient pas remplies, pas même sur le plan humain, si l’on considère les rapports entre Ehud Barak et Yasser Arafat. Cet échec a pesé lourdement sur la suite, il a été à l’origine d’une spectaculaire involution qui a conduit à cet état effroyable, indigne, insupportable devant lequel presque tout le monde se tait. Khaled Hroub a rappelé fort justement que l’Europe se tait et que les Etats-Unis soutiennent la politique israélienne.

Personne ne prend réellement au sérieux les propos qui ont été tenus à la Conférence d’Annapolis :
Y a-t-il une raison d’espérer qu’un Etat palestinien puisse naître à la fin de l’année ?
Ce sont des propos à caractère électoral ! (…)

 

Je voudrais attirer votre attention sur la situation mondiale actuelle.
Les Etats-Unis, pour préserver leur domination, se sont lancés dans une fuite en avant à tous égards, sur le plan économique comme sur le plan militaire. Militairement ils sont enlisés au Moyen-Orient.
Ne peut-on espérer du prochain Président, quel qu’il soit, qu’il essaye de résoudre ce problème qui s’apparente apparemment à la quadrature du cercle ?
Le bon sens n’est-il pas d’essayer de trouver un accord direct entre les Etats-Unis et l’Iran ? Accord qui modifierait très substantiellement la situation régionale parce que, depuis l’écrasement de l’Irak, l’Iran est devenu la puissance régionale dominante du monde arabe et musulman. A partir de là, n’est-il pas possible de reconstruire un processus de paix qui associerait le Hamas, dans des conditions déterminées, peut-être en organisant de nouvelles élections ? (…)

 

 Autrement dit, je ne vois pas d’issue en dehors d’un sursaut de la conscience et de la volonté. Cette volonté aujourd’hui n’existe pas mais à supposer qu’elle existe, il faudrait une base territoriale qui ne peut être que la Palestine dans ses frontières de 1967.
Quel gouvernement israélien pourrait ramener les colons de Cisjordanie en Israël ?
N’y aurait-il pas de solution ? (…)

 

Je voulais simplement vous confier ces quelques réflexions, en vous incitant à reprendre la réflexion historique indispensable pour éviter la tragédie que Régis Debray a fort bien décrite dans son dernier livre, une tragédie qui paraît aujourd’hui sans issue puisqu’elle nous renvoie à des identités meurtrières définies sous la seule garantie de l’autorité divine. Je fais donc appel à l’homme.


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Cet article est le 5ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

 

Par SORIN Michel - Publié dans : Proche Moyen Orient
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