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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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La droite en France

Jeudi 28 septembre 2006 4 28 09 2006 14:21

 

Voici pourquoi la gauche doit gagner en 2007

 La presse aujourd’hui livre aux citoyens et aux partis de gauche de bonnes raisons de préparer les échéances électorales 2007 dans un esprit de rassemblement et de solidarité autour d’un projet républicain ambitieux.

 

  Le journal Le Monde cite l’ancien président Giscard d’Estaing, qui affirme en toute modestie que, « depuis 25 ans, il ne s’est rien passé en France, il n’y a eu aucun projet ».

1981, la fin de l’histoire nationale ? Ce n’est pas l’avis de Jean-Pierre Chevènement, qui a vu dans la politique giscardienne à partir du septennat de Giscard en 1974, la « vraie rupture, après la seconde guerre mondiale » vis-à-vis de ce qu’avait été le volontarisme de l’Etat républicain, initié par de Gaulle en 1944 puis en 1958 (intervention JPC à l’université d’été du MRC le 10 septembre dernier).

 Qui, mieux que Giscard d’Estaing, peut symboliser la soumission des élites politiques aux forces du marché mondialisé, leur mépris du peuple et leur manque d’ambition pour la nation française ?

  Et, aujourd’hui, qui, mieux que son disciple Sarkozy, dans un autre registre mais avec autant de savoir-faire, peut porter les couleurs de ces élites éblouies par l’Amérique de Bush et soucieuses avant tout de préserver leurs privilèges et leur mode de vie, quitte à rendre la société invivable pour une grande partie de la population ?

Avoir osé évoquer l’arrogance de la France devant Bush, parce que ses dirigeants et son peuple refusaient d’accompagner Bush en Irak en 2003, est significatif de la pensée sarkozienne. Trois ans plus tard, l’épopée irakienne est un véritable fiasco pour l’ami de Sarkozy l’américain (voir Libération, ci-après).

Le président de l’UMP est dangereux pour la France mais, par ses excès même, il pourrait bien apporter sa contribution au rassemblement et à la victoire de la gauche en 2007.

 

 Editorial de Pierre Haski, dans Libération, 28 septembre 2006

 Un diplomate européen en poste à Bagdad résumait récemment ainsi la situation en Irak : «Si les Américains partent, c'est un désastre ; s'ils restent, ça s'aggravera...» 

 

Ce choix entre deux mauvaises solutions donne la mesure du piège dans lequel George W. Bush s'est jeté tout seul, et dont, à défaut de pouvoir en sortir, il fait mine de maîtriser parfaitement l'évolution. Avec aplomb, le président américain continue à proclamer qu'il gagne la «guerre contre le terrorisme» quand ses propres services de renseignements affirment le contraire.

Avec les élections de la mi-mandat en ligne de mire, George W. Bush parvient encore à endormir une partie de son opinion publique, alors que le nombre de victimes américaines en Irak vient de dépasser les 2 700 et que la guerre civile, qu'on l'appelle ainsi ou pas, fait rage entre les communautés, et au sein de chaque communauté. Seul le Kurdistan tire son épingle du jeu et prend doucement le large, au risque de faire éclater la fédération irakienne.

Le bilan serait déjà accablant si on se limitait à la seule situation intérieure irakienne. Il devient effrayant lorsqu'on analyse les conséquences régionales et internationales du fiasco irakien : un cadeau fait à l'Iran dans sa quête de puissance, et un sérieux coup de pouce pour le mouvement jihadiste dans le monde.

George W. Bush et son inamovible complice Donald Rumsfeld, ont sans doute commis là une profonde erreur historique, entraînant avec eux quelques-uns de leurs alliés comme Tony Blair. Une erreur que le peuple irakien, qui s'est brièvement cru libéré d'un sinistre dictateur, paie aujourd'hui chèrement. Et dont le monde n'a pas fini de subir l'impact négatif.

  

Par SORIN Michel - Publié dans : La droite en France
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Dimanche 24 décembre 2006 7 24 12 2006 11:59

 

La clarification en marche…

 Depuis l’accord PS - MRC du 9 décembre (ratifié par le MRC le 10 et par le PS le 12 décembre), qui a clarifié les positions de la candidate socialiste, deux figures médiatiques qui ont été ministres de gouvernements de gauche ont exprimé leur intention de soutenir le candidat de la droite.

L’un, Bernard Tapie, en précisant que le soutien de Jean-Pierre Chevènement  à Ségolène Royal le poussait dans les bras de Sarkozy… L’autre, Bernard Kouchner, en indiquant qu’il verrait d’un bon œil se mettre en place une union nationale autour du futur président Sarkozy… Il est vrai que ce même Bernard Kouchner, lors des élections européennes de 1994, avait osé soutenir ouvertement la liste radicale conduite par Bernard Tapie, alors qu’il figurait en bonne position sur la liste socialiste…A la veille de Noël 2006, il ose rappeler qu’il est membre du PS, ce qui ne l’empêche pas de faire les yeux doux au candidat de la droite !

 A ces deux personnalités médiatiques, il me vient l’idée de conseiller de lire un ouvrage recommandé par Pierre Cassen dans l’article reproduit ci-après, publié le 18 décembre 2006 dans le n° 496 du journal en ligne ReSPUBLICA sur le site www.gaucherepublicaine.org

  

« La face karchée de Sarkozy »

 Philippe Cohen, Richard Malka et Riss

 « Si vous avez envie de bien rigoler, pour le prix de 14,50 euros, en lisant la vie de Sarkozy, dans une bande dessinée de 155 pages (éditions Fayard), qui va de son enfance dorée des années 60 à sa campagne pour 2007, précipitez-vous chez le libraire. D'abord, le dessin de Riss, avec le rictus permanent qu'il a réussi en croquant un Sarkozy obsédé par sa réussite personnelle (" Je vais les niquer tous ", ne cesse-t-il de dire tout au long de l'histoire) est vraiment bon, tout comme d'autres portraits, comme celui de Chirac ou de Pasqua.

 

Ensuite, la carrière de Sarkozy défile, tout au long de ces pages. Son adhésion à dix-neuf ans à l'UDR sera le début de plusieurs moments marquants de sa carrière.

 

Le scénario, raconté avec beaucoup d'humour, de sa prise de la mairie de Neuilly, où il "niqua" un Pasqua alors au sommet de l'appareil RPR est croustillante. L'épisode des années Balladur, où il orchestre le complot contre Chirac, qui l'avait adopté comme le fils qu'il n'a jamais eu, est également à déguster. Il ne faut jamais oublier qu'à cette époque, Sarkozy a été capable, avec un discours libéral, de creuser le déficit de Bercy, de manière clientéliste, de 1000 milliards de francs, malgré toutes les privatisations. Cela lui sera sans doute rappelé pendant la campagne.

 

Son rôle lors de la guerre civile Chirac-Balladur, les fuites dans la presse qu'il a organisées, les contrôles fiscaux qui tombèrent sur les proches de Chirac, expliquent que l'actuel président n'ait pas très envie de voir le maire de Neuilly lui succéder à l'Elysée.

 

Cette BD décrypte longuement la manière particulière de Sarkozy d'apprivoiser les médias, et de créer les conditions pour être au coeur de l'événement. Les " chiens de garde ", comme l'avait dit Serge Halimi, des grandes chaînes de télévision et de la presse écrite ne sortent pas grandis par la lecture de cet ouvrage.

 

Elle insiste également sur l'absence de réelle conviction du ministre de l'Intérieur, et là-dessus, il ressemble à Chirac, obsédé par les sondages et par l'opinion, et capable de changer de position à 180 degrés, au nom du réalisme. Ainsi, les auteurs mettent-ils en parallèle, avec cruauté, les discours du libéral Sarkozy de 2002, et ceux du néo-républicain de Lyon et de Nîmes.

 

L'épisode de son allégeance aux Etats-Unis, les propos qu'il a tenus là-bas sont fidèlement reproduits, ce qui fait mal à un futur candidat aux présidentielles. Le communautarisme du ministre de l'Intérieur, et la création du Conseil Français du Culte Musulman, sont également fort bien décortiqués. Les déboires conjugaux de Sarkozy sont traités dignement, sans occulter quand même le boomerang que lui a valu la sur - médiatisation de son couple.

 

Ce livre, outre l'humour des dessins, et de certaines répliques, est également un défilé de toute l'histoire du RPR et de Chirac, à laquelle Sarkozy a participé, de la trahison de Chaban en 1974, à celle de Giscard en 1981, puis le sévère échec de Chirac en 1988, qui donna naissance à la révolte des quadras du RPR, que Sarkozy contribua, avec Juppé et Chirac, à écraser dans l'oeuf.

 

Le double jeu de Sarkozy pendant le CPE est fort bien décodé.

 

Naturellement, la multiplication des portraits, au mur, tout au long de l'histoire, de ses victimes, dont les derniers sont Gaymard et Villepin, avec une croix barrant leur portrait, ne peut que faire rire ceux qui, comme moi, sont bons publics avec ce genre d'humour.

 

Si vous avez, autour de vous, des amis qui sont prêts à voter Sarkozy, n'hésitez pas, offrez-leur cette bande dessinée pour les fêtes, et lisez là avant, vous ferez d'une pierre deux coups » !  

Par SORIN Michel - Publié dans : La droite en France
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Jeudi 17 mai 2007 4 17 05 2007 14:43

 

Tout est possible, même la réussite de Sarkozy…

 

Comment le nouveau président de la République va-t-il mettre en œuvre ce qu’il a promis pendant la campagne ? Le rajeunissement est réel. Tout va être fait pour gagner les élections législatives. C’est le sens de la majorité présidentielle élargie, qui doit permettre au président de gouverner. Peut-être pense-t-il déjà à sa réélection dans cinq ans ?

Eric Zemmour, dans un article paru ce jour sur www.lefigaro.fr, pense que le premier des ministres, François Fillon (avec l’aide du second, Alain Juppé), a la lourde responsabilité de concilier les politiques contradictoires que le candidat de l’UMP a présentées successivement pendant la campagne électorale. « Tout est possible », l’échec comme la réussite… Voici le texte d’Eric Zemmour.  

 « Europe, marché, mondialisation : Fillon va devoir faire la synthèse des deux Sarkozy »

 « Une campagne présidentielle est grosse de plusieurs possibles. En jargon politique, cela appelle le rassemblement. Rassembler les différences, jusqu'aux contraires parfois, pour atteindre le rivage majoritaire. La campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy n'échappe pas à cette règle d'airain de la Ve République.

 On peut distinguer deux campagnes en une, deux sociologies électorales, deux Sarkozy.

 D'abord, une ligne libérale, marchande, ouverte sur le monde, une sociologie bourgeoise, un électorat des « beaux quartiers », qu'il a reçus en héritage de Balladur, qui lui-même l'avait reçu de Pompidou, et pour remonter plus loin, des Orléanistes. Ils ont approuvé son bouclier fiscal, la suppression des droits de succession, le service minimum, l'assouplissement du marché du travail, la réforme annoncée de l'État. C'est le Sarkozy I, celui d'hier et de toujours, qui brocardait le « modèle social français » et donnait en exemple les Anglais de Tony Blair. Celui que les socialistes attendaient au coin du bois du « libéral, communautariste, atlantiste ». Qu'ils n'ont jamais pu atteindre.

Car la campagne révéla un Sarkozy II : patriote et social. Qui exalta Jeanne d'Arc et Jaurès, de Gaulle et Zola. C'est ce Sarkozy-là qui déjoua les pièges de ses opposants. Qui lui permit d'atteindre 31 % des voix dès le premier tour. Qui redonna à la droite un électorat populaire, d'ouvriers et d'employés, de salariés parfois très modestes, réunis surtout autour du Bassin parisien, de l'Est et du Sud-Est de la France, ces « pays » où naquit la Révolution française, soucieuse d'égalité et de méritocratie, les terres des « Marches » aussi, au patriotisme farouche, qui ont subi toutes les invasions de la France, les endroits enfin où résident aujourd'hui les populations d'immigrés les plus importantes ; sans oublier ces « rurbains », qui ayant justement fui leurs banlieues, lui firent un triomphe. C'est l'électorat composite qu'il a arraché de haute lutte à Jean-Marie Le Pen.

 Il acclamait le Sarkozy pourfendeur de l'assistanat ; ses salles de meeting chaviraient lorsqu'il expliquait que l'islam devait se soumettre aux modes de vie et aux habitudes culturelles françaises - en particulier à propos des femmes. Non par racisme, comme le prétendent les bien-pensants de gauche. Mais souvent par réflexe égalitaire.

Cet électorat, parfois composé de fils d'immigrés, ou pieds-noirs, n'accepte pas qu'on ait troqué les anciennes exigences de l'assimilation, pour les tolérances différentialistes de « l'intégration ».

La critique acerbe de mai 1968 par Sarkozy résonnait dans ce contexte-là, puisque c'est la génération de mai 1968 qui a imposé un certain « différencialisme », rejeté les contraintes de l'assimilation, exalté les cultures d'origine.

Pour séduire ses électorats disparates, Sarkozy a ressuscité un classique de l'histoire politique française : la synthèse bonapartiste.

Dès son discours du 14 janvier à la porte de Versailles, il retrouvait les lignes magiques de l'Empereur : ordre et égalité. Dynamisme économique et protection. Nicolas Sarkozy n'hésitait pas à réclamer le retour de la « préférence communautaire ». Ce n'était pas encore le blocus continental, mais cela suffisait à exaspérer les apôtres du libre-échange et les dirigeants communautaires. Mais les aficionados du Sarkozy Ier le libéral firent mine de ne pas entendre son discours social et protectionniste, tandis que les nouveaux amis de Sarkozy II le plébiscitaient malgré ses projets de remise en cause du droit du travail.

La synthèse bonapartiste donna son plein régime sous de Gaulle et Pompidou, qui pouvaient marier, à l'abri de frontières françaises et européennes, colbertisme industriel et méritocratie, liberté et sécurité. Lors de ses visites innombrables et chaleureuses dans les usines, Sarkozy déclara sa flamme au monde ouvrier et à l'industrie française ; donna en exemple son sauvetage réussi d'Alstom.

Mais la mondialisation est une dérégulation ; elle crée de la liberté et du désordre ; libère l'économique de la tutelle du politique, et consomme son divorce avec le social ; provoque un transfert massif - comme en Angleterre - des industries de main-d'oeuvre dans les pays à bas salaires ; un accroissement formidable des richesses mais aussi des inégalités. Entre les pays et au sein des nations elles-mêmes.

La culture anglo-saxonne, d'éthique protestante, les tolère mieux que le logiciel français, d'essence catholique. Dès l'annonce de son élection triomphale, dimanche 6 mai au soir, Nicolas Sarkozy exhortait ses partenaires européens à entendre la voix des peuples qui voient dans l'Europe « le cheval de Troie » de la mondialisation.

Pendant la campagne, les responsables communautaires lui avaient d'avance répondu, Jean-Claude Trichet défendu l'euro fort, et le président de la Commission, Manuel Barroso, rejeté avec véhémence tout retour à la préférence communautaire ou à une politique industrielle européenne. Nicolas Sarkozy et la France sont terriblement isolés. Le journal britannique des milieux d'affaires, le Financial Times, lui lançait récemment en guise d'avertissement : « Sarkozy sera-t-il un libéral économique ou un interventionniste populiste ? »

Pendant toute la campagne, Sarkozy a refusé d'entrer dans ses débats idéologiques. Théologiques. Au nom du pragmatisme. De l'action. Qui, selon lui, devrait concilier les contraires, réconcilier l'économique et le social, le dynamisme des uns et la protection de tous. Cette conciliation, c'est la tâche herculéenne qui attend le nouveau premier ministre, François Fillon.

 A la vieille question de Lénine, « Que faire ? », Sarkozy a choisi de répondre : faire. Tout est possible ».

Par SORIN Michel - Publié dans : La droite en France
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Mardi 18 septembre 2007 2 18 09 2007 19:21

Politique de classe, néo-conservatrice et néo-libérale


Ce nouveau président de la République veut aller vite afin d'atteindre son but, sans laisser le temps de la réflexion aux Français. Il sait où il va, le MEDEF aussi, qui le soutient de toutes ses forces. Le peuple, qui l'a élu en pensant qu'il allait résoudre les problèmes de la France, serait bien avisé d'être très attentif à ce qui va se passer ces prochains mois et de ne pas se séparer se son esprit critique en tant que citoyen responsable. 

"Jamais un président de la République française n'aura autant incarné la défense des intérêts de la classe bourgeoise". C'est ainsi que commence l'article publié par L'Humanité Dimanche n°77, signé Jacques Nikonoff, ancien président d'ATTAC. Ce texte critique peut être lu également sur le site www.avenirdattac.net et sur le blog de Christine Tasin (voir en lien sur ce blog).

Ce président agité aurait l'intention de faire disparaître le préambule de la Constitution "Ainsi, les derniers vestiges du programme du Conseil national de la Résistance partiraient en fumée (...). C'est vrai, le monde a changé : jamais la richesse et la puissance n'ont été concentrées en si peu de mains. En 1944, le programme du CNR voulait l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie (...). 

Lorsque la crise financière en cours aura produit tous ses effets dévastateurs,et lorsque la politique néo-libérale et néo-conservatrice de Sarkozy aura effacé toutes les traces du gaullisme et des réformes sociales de l'après-guerre, la question se posera inévitablement de prendre des mesures d'intérêt général comparables à celles de 1944.

Je renvoie sur ce point à l'intervention magistrale de Jean-Pierre Chevènement le 9 septembre à l'université d'été du MRC (voir sur ce blog l'article paru le 10 septembre et sur www.chevenement.fr).

De même, à propos de la réintégration de la France dans l'OTAN et de la nouvelle politique française en Iran, voir ses communiqués. C'est vraiment un retour en arrière de plus de 40 ans et l'alignement sur les arrières-pensées de Bush.
- Publié dans : La droite en France
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 09 2007 23:50

L’avenir de Sarkozy est-il de ne pas être réélu ?

 

Eric Zemmour est grand reporter au service politique du Figaro. Il a le sens de l’observation et le prouve dans cet article, paru sur www.lefigaro.fr le 24 septembre.

 J’avais déjà eu l’occasion de rapprocher Giscard et Sarkozy (voir l’article paru sur ce blog le 28 septembre 2006, catégorie « La droite en France », intitulé « Giscard et Sarkozy : la même pente libérale proaméricaine »). Un encouragement pour la gauche à préparer sérieusement 2012 !

 

« Ce que les années Giscard peuvent apprendre à Nicolas Sarkozy »

 

« Pour le physique, ce n'est pas cela. On ne compare jamais Sarkozy à Giscard. Pas le même milieu social ni les mêmes parcours scolaire ou politique. Giscard est un polytechnicien-énarque, un haut fonctionnaire à la française, impérieux et conceptuel ; Sarkozy est un avocat d'affaires qui « fait des deals ».

 

Et pourtant. Avec Louis Napoléon Bonaparte, ils sont les deux plus jeunes présidents de la République de l'Histoire. Cela crée des liens. Un style. Sarkozy court ou pédale quand Giscard skiait ou jouait au tennis. Giscard abandonne le smoking pour descendre à pied les Champs-Élysées. Sarkozy choisit un photographe people pour la photo officielle de président. Ç'aurait pu être l'inverse. Giscard reçoit les éboueurs à l'Élysée ; Sarkozy, un enfant noir traité de « bamboula » par son prof. Ç'aurait pu être l'inverse. Giscard a décentralisé en province des Conseils des ministres. Sarkozy aussi. Giscard a nommé les premières femmes d'un gouvernement de la Ve. Sarkozy a appliqué une parité presque parfaite. On appelait le premier VGE, le second, Sarko. L'ère des sigles et des abréviations. De la décontraction. À l'américaine.

 

Giscard se fit photographier avec ses quatre enfants. On se souvient du petit Louis sous le bureau du ministre de l'Intérieur, ou des images glamour de la famille recomposée de Sarkozy lors de la passation des pouvoirs. Le mythe Kennedy hante les deux hommes. Giscard se baigne dans une piscine avec Gerald Ford, et Sarkozy mange des hot dogs avec George Bush. Modernité, télévision, Amérique, triptyque magique.

 

Giscard voulut transformer la Ve République en un vrai régime présidentiel. À l'américaine. Il rendit inutile son premier ministre : Jacques Chirac. Le poussant finalement à claquer la porte. Giscard inventa « l'ouverture » : « la décrispation ».

 

Déjà, il rêvait d'une « démocratie moderne », divisée entre républicains et démocrates, d'accord sur l'essentiel, qui pourraient travailler ensemble. À l'époque, il séduisit les centristes antigaullistes (Lecanuet, mais aussi JJSS, Françoise Giroud, jusqu'au radical de gauche, Robert Fabre). S'il avait gagné en 1981, il comptait tendre la main aux amis de Michel Rocard. Sarkozy achèvera son oeuvre, piochant dans les effectifs souvent brillants de la deuxième gauche : Jouyet, Kouchner, Besson, Bockel. La gauche américaine, disait Chevènement dans les années 1970.

 

Une gauche libérale, girondine. Qui préfère le contrat à la loi. Raymond Soubie, déjà conseiller de Barre, est revenu à la manoeuvre sociale sous Sarkozy. Une gauche européiste et atlantiste aussi. Sarkozy a tout de suite ressuscité la Constitution Giscard recalée par le référendum. Pour les symboles de l'État européen, disparus du minitraité, Sarkozy s'en charge, comme le drapeau étoilé sur la photo officielle, ou le défilé des armées européennes sur les Champs-Élysées. L'atlantisme est surtout exprimé par ses ministres : Hervé Morin annonce le retour de la France dans l'OTAN ; Bernard Kouchner menace l'Iran d'une guerre.

 

Enfin, Sarkozy, comme Giscard, a compris qu'à l'ère de la mondialisation chaque peuple se sent menacé dans son « identité nationale ». Un mot qu'utilisait déjà Giscard quand les gaullistes préféraient souveraineté ou indépendance. Un Giscard qui a prophétisé à la fin des années 1980 l'« invasion » venue des pays pauvres.

 

À étudier les difficultés et les contradictions du septennat giscardien, on devine et pressent ce qui risque de pourrir le quinquennat de Sarkozy. Sur le plan intérieur, à la politique de relance de Chirac, succéda la « rigueur » de Barre. La présidentialisation du régime encouragea les critiques contre le monarque Giscard ; l'interventionnisme giscardien ne permit jamais au premier ministre de jouer vraiment son rôle de fusible ; l'impopularité de Barre ne protégea pas le président.

 

Sur le plan extérieur, les gaullistes dénoncèrent « le parti de l'étranger ». On est encore loin de cette violence. Mais, lorsque, rédigeant un rapport sur la France dans la mondialisation, Hubert Védrine brocarde la « sainte alliance » occidentale, il exaspère l'aile droits-de-l'hommiste et occidentaliste du sarkozisme.

 

En Europe, Sarkozy doit affronter les contradictions - décuplées par l'élargissement à 27 - que commençait à rencontrer Giscard : quand on accélère la construction européenne, qu'on étend les domaines jetés dans la fournaise des compétences communautaires, on s'aperçoit que la France est souvent isolée en Europe.

 

Politique économique, Banque centrale européenne, euro fort, protectionnisme, politique industrielle, les positions de la France exprimées haut et fort par Sarkozy horripilent la plupart de nos partenaires.

 

Pendant sa campagne électorale, ce «souverainisme éclairé» bonapartiste et gaulliste lui a attiré de nombreux suffrages populaires, arrachés de haute lutte au FN, un simple groupuscule dans les années 1970. Grâce à ce choix audacieux, Sarkozy a quasiment retrouvé le score de Giscard au premier tour de 1974 (32 %).

 

Mais Valéry Giscard d'Estaing ne fut pas réélu ».

Par Michel Sorin - Publié dans : La droite en France
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