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  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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Etats Union européenne

Jeudi 30 novembre 2006 4 30 11 2006 20:30

 

Le parti antilibéral de gauche réalise une percée spectaculaire

 La presse et les partis politiques français ont peu commenté les élections législatives du 22 novembre aux Pays-Bas. Et, pourtant, nous avons une bonne raison de nous intéresser à ce pays qui avait refusé par référendum (près de 62%) de ratifier le traité constitutionnel européen, trois jours après le NON français du 29 mai 2005 (près de 55%).

 Avant d’évoquer les résultats de ces élections, je ferai référence à un article du Monde, daté du 30 mai 2006 (un an après le référendum), qui rapporte les propos de Paul Scheffer, sociologue, professeur à l’université d’Amsterdam.

 Cet entretien aide à comprendre les sentiments des Néerlandais vis-à-vis de l’Union européenne.

  « Les Néerlandais aspirent à une Europe plus protectrice »

 Le titre de l’article est éloquent. Le sociologue explique : « L’Europe ne doit pas être seulement un espace de libéralisation économique mais un espace de protection (…).

 Le sentiment majoritaire est que le préalable constitutionnel n’est pas nécessaire et que des progrès peuvent être enregistrés, sans ce texte, dans des domaines essentiels : la recherche, les sciences, l’immigration ou la politique extérieure (…). C’est uniquement une Europe se définissant comme au service des démocraties nationales, sources de souveraineté » qui peut s’imposer, affirme M Scheffer.

 Depuis 2003, un équilibre gouvernemental fragile

 Les élections législatives précédentes, qui avaient eu lieu en janvier 2003 (scrutin proportionnel à un seul tour), avaient abouti à la formation d’un gouvernement dirigé par la droite chrétienne-démocrate, alliée au parti libéral et à un petit parti réformateur. La majorité était fragile (deux sièges sur 150 dans la Deuxième Chambre).

 Ce gouvernement n’a pu aller au bout de la mandature, suite à une motion de défiance votée fin juin par les élus du petit parti réformateur.

 Des élections 2006 qui confirment l’éclatement du paysage politique

 Les élections anticipées, le 22 novembre, n’ont pas été favorables à la majorité sortante mais la principale formation d’opposition, le parti travailliste, a chuté encore plus lourdement. « Une droite éclatée, une gauche extraordinairement éclatée », selon le commentaire du vice-premier ministre, libéral. L’ancien responsable du parti réformateur « a déploré la qualité d’une campagne qui n’a que rarement mis en avant les questions de fond et s’est limité à l’émotion, l’amusement et l’infantilisation » (Le Monde du 24 novembre dernier).

 Victoire des antilibéraux de gauche

 Le principal gagnant est le SP, formation antilibérale de gauche, qui « triple sa représentation (de 9 à 26 sièges) et devient le troisième parti du royaume. Issue de la gauche maoïste des années 1970, cette formation, qui a joué un rôle important dans la victoire du non à la Constitution européenne lors du référendum de 2005, plaide pour un pays plus humain, plus social, plus solidaire.

 Le SP a basé une partie de son succès sur son opposition à l’Europe de Bruxelles, qui incarne à ses yeux l’ultralibéralisme et une menace pour les conquêtes sociales néerlandaises ».

 Le premier ministre sortant, Jan Peter Balkenende, à la tête du groupe chrétien démocrate (41 sièges) fera-t-il alliance avec le parti travailliste (32 sièges), ce qui ne suffira pas, cependant, pour constituer une majorité (76 sièges) ?

 Un pays difficilement gouvernable

 On peut retenir de ce scrutin hollandais que le pays est difficilement gouvernable, les principaux partis de droite et de gauche, qui approuvaient le traité constitutionnel européen, ayant perdu des sièges. Le SP, principal vainqueur, a bénéficié du mécontentement des citoyens, dans le prolongement du NON du 1er juin 2005. Reste à savoir ce que ce parti fera de sa victoire.

Par SORIN Michel - Publié dans : Etats Union européenne
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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 12 2006 12:03

 

Allemagne « prédatrice » ou Allemagne « européenne » ?

 « L’Union doit avoir une claire vision de son futur ». C’est ce qu’affirme Georges Garot, président de la Maison de l’Europe en Mayenne, dans la Lettre d’information n° 15 qui vient de paraître (voir, après les fêtes, cette Lettre sur www.maison-europe-mayenne.org ).

 Il ajoute :  « La France a une responsabilité particulière (…). Après le blocage*, ses partenaires sont en droit d’attendre qu’elle propose des solutions pour sortir de l’immobilisme et ouvrir des perspectives politiques consensuelles. Puisse notre pays saisir l’opportunité d’en lancer le débat devant les citoyens, au cours de la campagne présidentielle ! »

 *Le blocage est, bien sûr, le refus du peuple français de ratifier le TCE.

 Georges Garot semble éprouver quelques difficultés à admettre que ce refus peut se révéler salutaire pour l’avenir de l’Union et de la République française dans l’Europe. Il ne lui vient pas à l’esprit que la France n’est pas seule en cause dans ce « blocage » et qu’il peut y avoir des solutions autres que constitutionnelles.

 Le point de vue d’Alfred Grosser, sous le titre « L’Allemagne à l’avant-garde de l’Europe », dans Ouest-France, ce 29 décembre, suit la même logique.

 Il cite « le grand journal Süd-deutsche Zeitung, qui vient de consacrer un gros supplément clair et franc, critique mais positif, à la construction européenne.

 Une page est consacrée à la France sous le titre « L’ami incertain » ou sur lequel on ne peut pas compter. Il n’y a, en effet, pas de couple franco-allemand si l’un des deux partenaires ne connaît plus l’Europe qu’au travers de critiques, de griefs destinés à détourner le regard des défaillances nationales ».

 Désolé, Monsieur Grosser, l’Allemagne n’est pas à l’abri de critiques sur sa politique économique, comme le font Jean-Pierre Chevènement et Guillaume Duval, ci-après.

 Jean-Pierre Chevènement :

 La France et l’Europe ont besoin d’une Allemagne européenne 

Celui qui était alors candidat à l’élection présidentielle avait pointé ce problème le 13 novembre dernier, devant les journalistes, en présentant les priorités de sa politique en vue de l’élection présidentielle.

 Extraits de sa déclaration, concernant le premier chantier de sa première priorité

 « La réorientation de la construction européenne pour relancer la croissance et l’emploi »

« Le rapport franco-allemand est la condition sine qua non de la réorientation de l’Europe. Il nous faudra gagner l’Allemagne à une conception qui privilégie la croissance interne en Allemagne et en Europe plutôt que la croissance de ses exportations hors d’Europe. L’Allemagne réalise 70 % de ses exportations vers l’Europe au sens large, y compris la Russie , et son PIB est le tiers du PIB européen.

 Cette réorientation européenne irait dans le sens des intérêts du monde du travail en Allemagne même, où il existe plus de quatre millions de chômeurs mais elle ne correspond pas à la politique actuelle du gouvernement Merkel qui prévoit une hausse de trois points de la TVA et une baisse à 30 % de l’impôt sur les sociétés. Cette politique est celle des milieux dirigeants de l’industrie et de la banque. Elle ne répond pas aux intérêts du monde du travail ni de l’Allemagne elle-même.

Il faudra faire prendre conscience à l’opinion publique allemande de la nécessité d’un changement de cap « européen ». Ce sera une de nos tâches.

 Le retournement probable de la conjoncture américaine et mondiale peut créer, à bref délai, les conditions favorables à cette réorientation. Nous avons besoin d’une Allemagne européenne.

 A cette condition nous pouvons accepter, non pas une nouvelle Constitution européenne, mais un petit traité institutionnel pour faciliter les prises de décision ».

 Guillaume Duval :

 « L'Allemagne prédatrice. Sa politique porte une responsabilité très lourde dans le marasme économique de l'Europe ».

 L’intérêt de l’article, ci-après, paru le 28 décembre dans Libération sous la signature de Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques, et sous le titre « L’Allemagne prédatrice », est de mettre en évidence la responsabilité de l’Allemagne dans le projet européen.

« L'Allemagne prend la présidence de l'Union européenne au 1er janvier. Fidèle à l'héritage d'Helmut Kohl, son père spirituel en politique, Angela Merkel voudrait faire de cette présidence un temps fort de la relance de l'intégration européenne, au moment où on fête les 50 ans du traité de Rome.

 Sur le plan institutionnel, la tâche s'annonce difficile, du fait en particulier des élections françaises qui gênent toute initiative majeure. Et l'idée qu'on lui prête de vouloir faire revivre le projet de traité constitutionnel rejeté en 2005 par les électeurs français et néerlandais, ne paraît guère destinée à un grand avenir.

 Pourtant l'Allemagne pourrait apporter une contribution majeure à la relance du projet européen, si elle rompait enfin durablement avec les politiques économiques et sociales excessivement restrictives suivies depuis plus de dix ans maintenant outre-Rhin.

 Ces politiques portent une responsabilité très lourde dans le marasme économique de la zone et sont, de ce fait, une des causes principales de la méfiance que suscite désormais le projet européen en France et ailleurs. En particulier parmi les couches populaires.

Depuis le milieu des années 90, l'Allemagne s'inflige en effet une austérité dont on peine en général à mesurer toute l'ampleur de ce côté-ci du Rhin. C'est bien simple : entre 1995 et 2006, la masse salariale totale distribuée au sein de l'économie allemande n'a progressé que de 9,5 % en valeur nominale, c'est-à-dire sans même en déduire l'inflation, selon les chiffres de la Commission européenne.

 Alors que, dans le même temps, cette masse salariale progressait de 49 % en France, de 56 % dans l'ex-Europe à 15, de 103 % en Espagne et de 128 % au Royaume-Uni...

 Résultat : en onze ans, la demande intérieure allemande ne s'est accrue que de 9 % à prix constant ­ c'est-à-dire une fois l'inflation déduite ­ contre 21 % en Italie, 29 % en France, 43 % au Royaume-Uni et 61 % en Espagne. Bref, durant toute cette période, l'économie allemande a été, avec une constance remarquable, un boulet pour l'Europe.

 En cause, au premier chef, les politiques économiques et sociales extrêmement rigoureuses menées par les gouvernements depuis le milieu des années 90 afin d'abaisser le coût du travail allemand. Et particulièrement par ceux que Gerhard Schröder, le prédécesseur social-démocrate d'Angela Merkel, a dirigés jusque fin 2005.

 Ceci était l'effet d'un syndrome classique : en 1998, la gauche revenait au pouvoir pour la première fois après seize ans d'opposition et elle s'est sentie obligée d'en rajouter, par rapport aux chrétiens démocrates, dans l'austérité et la remise en cause du modèle social allemand pour rassurer les milieux d'affaires et les convaincre de sa crédibilité en matière économique...

 Après les importantes dépenses publiques suscitées par la réunification de 1989 et la hausse des coûts salariaux qui en avaient résulté au début des années 90, une certaine rigueur s'imposait en effet pour que l'économie allemande retrouve sa compétitivité. Mais cela fait au moins cinq ans maintenant que cette question est réglée : la balance allemande des opérations courantes, qui était devenue ­ légèrement ­ déficitaire en 1991, est de nouveau excédentaire depuis 2001.

 Et ces surplus se sont constamment accrus depuis, pour devenir à présent colossaux, avec presque 160 milliards d'euros d'excédent commercial en 2006. Soit 6,9 % du PIB allemand ou encore 9 % de toutes les richesses produites en France en un an !

 Ces excédents sont généralement vus en France comme le signe du retour en forme de l'économie allemande. Une erreur de diagnostic : c'est en effet surtout l'effondrement de l'investissement au sein de l'économie allemande, tombé de 21,4 % du PIB en 2000 à 17,1 % en 2005, qui les explique. Un trou que la remontée de l'investissement à 17,6 % du PIB, observée en 2006, est encore très loin de combler.

Alors que, dans le même temps, l'épargne s'accroissait de 19,5 % du PIB en 2001 à 22,1 % l'an dernier, freinant la consommation et traduisant l'inquiétude persistante des Allemands devant l'avenir, ainsi que le déséquilibre massif du partage salaires-profits dans les entreprises.

 Ce qui n'est pas rassurant, c'est que ces surplus commerciaux gigantesques sont accumulés aux dépens des voisins européens de l'Allemagne, contribuant en particulier à mettre leurs industries en difficulté. En effet les excédents allemands à l'égard du reste du monde stagnent depuis quatre ans déjà tandis que ceux dégagés avec les autres européens ont continué de croître. Au point de représenter 100 milliards d'euros en 2006, pratiquement les deux tiers du total.

 Depuis le début des années 2000, la poursuite des politiques de baisse du coût du travail voulues par les gouvernements allemands est donc devenue prédatrice : il s'agit désormais d'un véritable dumping social vis-à-vis de ses voisins européens. En particulier de la France qui affiche un déficit extérieur aussi important à l'égard de l'Allemagne que de la Chine.

 Si Angela Merkel veut vraiment relancer l'Europe, c'est donc d'abord à l'accroissement de la demande intérieure allemande qu'elle doit s'atteler, plutôt que de tenter de ressusciter des chimères institutionnelles moribondes. Avec une croissance du PIB de 2,5 %, dont 1,8 % dû à la demande intérieure, l'année 2006 a certes marqué un progrès dans ce sens.

 On aurait tort cependant d'en attribuer le mérite à l'action du nouveau gouvernement : ce rebond est en effet dû plutôt à son inaction.

 Plusieurs mois avant les élections de septembre 2005, le gouvernement Schröder, conscient de son impopularité, avait lâché du lest par rapport à la politique hyper-restrictive qu'il avait menée jusque-là. Par la suite, le nouveau gouvernement de grande coalition d'Angela Merkel a mis de nombreuses semaines à se constituer puis à se mettre au travail. Et c'est grâce à ce retard que l'année 2006 a été moins mauvaise que d'habitude pour l'économie allemande.

 Mais, pour l'avenir, il y a tout lieu d'être de nouveau inquiet au vu de la hausse de trois points de TVA intervenue au 1er janvier et des nombreuses mesures programmées dans les prochains mois afin de poursuivre la baisse du coût du travail allemand.

 Il est grand temps que les voisins de l'Allemagne, et en particulier les femmes et les hommes politiques français, se décident à placer Angela Merkel et ses alliés sociaux-démocrates devant leurs responsabilités européennes et somment le gouvernement allemand de faire le nécessaire en termes de soutien à la demande intérieure afin de diminuer ses excédents commerciaux à l'égard des autres pays de l'Union.

 Pour pouvoir relancer l'Europe il faut rompre en effet avec la langue de bois d'une amitié franco-allemande mal comprise, car fondée sur les non-dits et l'hypocrisie ».

Par SORIN Michel - Publié dans : Etats Union européenne
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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 07 2007 19:42

 

La réalité britannique embellie par le talent de Blair 

 Dans la dernière publication n°550 du journal en ligne des Amis de ReSPUBLICA (http://www.gaucherepublicaine.org), l’éditorialiste Evariste présente un commentaire du livre écrit par Philippe Auclair (correspondant de Marianne en Grande-Bretagne) et intitulé « Le royaume enchanté de Tony Blair ». Le talent de communicateur de l’ancien premier ministre britannique est bien connu mais la réalité de sa politique l’est moins.

 Evariste nous aide à mieux la cerner, sans prétendre à l’objectivité (Lien permanent vers cet article)

 « La troisième voie de Tony Blair : surtout pas de cela chez nous ! » 

(…) « Je me suis donc plongé tout le week-end dans un livre qui m’a paru sérieux. Son auteur est Philippe Auclair, il est amoureux de la Grande-Bretagne, a épousé une Anglaise, et a découvert ce pays en 1976. Ce n’est pas un gauchiste, il est catholique, correspondant respecté de Marianne. On ne sent pas le laïcard de compétition, il est même plutôt compréhensif avec le modèle communautariste du pays dans lequel il vit, défend plutôt la discrimination positive et la politique du droit des minorités. On peut donc penser que la lecture de Respublica l’irriterait parfois.

 Pourtant, la lecture de son livre, « Le royaume enchanté de Tony Blair », sorti fin 2006, est une charge sans concession contre la mystification et l’imposture blairistes, et devrait ouvrir les yeux à tous ceux qui veulent que notre pays s’inspire de l’exemple venu d’outre-Manche.

 On nous dit donc que les Anglais n’ont officiellement que 1,5 million de sans-emplois, soit 5 % de la population, alors qu’en France, on plafonnait encore à 10 % il y a un an. Petit détail, le nombre de malades incapables de travailler était de 600.000 en 1981. Il est passé à 2,7 millions en 2006. Sur ce chiffre, 42,2 %, soit 1,3 million, pourrait travailler. Pourquoi ne le font-ils pas ? D’abord parce qu’on gagne d’avantage en étant invalide qu’en étant chômeur. Ensuite parce que cela arrange le gouvernement, qui voit ainsi son nombre officiel de chômeurs rester dans les plus faibles de l’Europe. Les vrais chiffres sont donc de 2,6 millions de chômeurs en Grande-Bretagne, soit 8,8 % de la population. Première imposture.

On nous accuse, en France, d’avoir une dette insupportable, et d’hypothéquer l’avenir des futures générations. Il est vrai qu’avec près de 1.200 milliards d’euros de dettes, que Sarkozy a largement contribué à alimenter lors de son passage à Bercy, sous Balladur, la France paie des intérêts énormes, qui nuisent à l’efficacité de notre économie.

Les chiffres officiels de la Grande-Bretagne sont de 644 milliards, soit la moitié de la nôtre. Mais si, en France, on a des experts pour manipuler les chiffres, nous sommes des petits garçons face à nos amis les Anglais (j’ai failli dire les rosbeefs, mais je me suis rattrapé à temps). En effet, dans leurs chiffres officiels, ils ont juste oublié de faire figurer le montant des retraites des fonctionnaires, soit la modeste somme de 1000 milliards d’euros, la participation de l’Etat pour ses conventions public/privé, soit 145 milliards d’euros, et le passif de Network Rail, soit 30 milliards d’euros.
Au total donc, la Grande-Bretagne a une dette de 1.819 milliards d’euros, 50 % de plus que la France. Deuxième imposture.

Le système de crédit étant illimité, les chiffres que nous donne l’auteur donnent le vertige. L’endettement total des sujets de sa Majesté se monte en effet à 1,6 trillon d’euros, ce qui ne dit rien à personne. Mais cela signifie que chaque citoyen anglais devrait verser une année et demi de son salaire pour rembourser un tel passif du pays, qui se monte à 66.000 euros par personne.
On est donc loin du modèle économiquement vertueux dont on devrait s’inspirer.

 Bien que les salariés français soient d’horribles profiteurs des 35 heures qui ont ruiné le pays, dixit le Medef et la droite, tandis que les Anglais passent beaucoup plus de temps dans leur entreprise, une heure d’un travailleur hexagonal est plus productive de 10 % que l’heure de son homologue anglais.

Sinon, Philippe Auclair nous décrit le cauchemar de l’hôpital, où les délais pour obtenir un rendez-vous sont incroyablement longs. Il nous explique que le personnel doit passer 40 % de son temps dans la paperasse, car nos amis ont hérité d’un système bureaucratique et technocratique digne de l’URSS.

 Il nous décrit le désastre des chemins de fer, les plus chers d’Europe, ceux qui arrivent le plus souvent en retard, et dans lesquels les malheureux voyageurs voyagent les uns sur les autres.

 Il n’y a plus de carte scolaire en Grande-Bretagne, il y a trois types d’écoles. Les écoles privées élitistes, dont les tarifs dissuadent les classes populaires d’y envoyer leurs enfants. Les écoles confessionnelles, plus accessibles, mais dont l’inscription dépend du bon vouloir de la direction, et quelques appuis opportuns. Et enfin, malheur pour les enfants de pauvres, il leur reste la troisième catégorie.

 Pour l’impôt sur le revenu, Sarkozy serait un affreux gauchiste, chez nos amis britanniques, puisque le bouclier fiscal s’arrête à 40 % chez eux, et que le New Labour du camarade Tony s’est opposé de toutes ses forces à la mise en place d’une tranche à 50 %. Le contrat public/privé, qui se substitue aux services publics, s’avère juteux pour le privé, et un gouffre pour l’Etat et les citoyens.

 Tout au long de l’ouvrage, l’auteur explique que Tony Blair avait une qualité hors pair : cela a été un communicant exceptionnel. Il insiste également sur la sous-culture politique de beaucoup d’électeurs anglais.

 Tony Blair a d’autre part un profond mépris pour le Parlement, à qui il donne quelques lois à discuter pour les occuper, et leur faire croire qu’il a de l’importance. Mais le vrai pouvoir se situe autour de lui, où quelques conseillers triés sur le volet lui conseillent la politique du pays.

 Il finit son mandat avec un record d’impopularité, alors que les médias du monde entier l’encensent. Il a rendu les riches encore plus riches, sans que cela ne profite aux plus défavorisés.

 Il a toujours eu besoin d’agiter l’épouvantail Thatcher pour justifier sa politique de « moindre mal ».
Un bon conseil, achetez ce livre. Quand vous entendrez un socialiste ou un UMP vous dire que la France devrait s’inspirer de l’héritage de Tony Blair, sortez votre arme secrète, et passez-lui l’ouvrage.
Cela lui fera peut-être apprécier un peu plus le modèle de son pays, et surtout le dissuadera de vouloir nous importer celui du camarade Tony ! ».

Par SORIN Michel - Publié dans : Etats Union européenne
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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 07 2007 22:36

 

Le blairisme est le prolongement du thatcherisme

 J’ai reçu ce jour des informations intéressantes (« infoscitoyennes ») en provenance de la mouvance républicaine et antilibérale, concernant le débat de la gauche « résister-reconstruire » publié par l’Humanité.

 L’un des articles de presse, paru le 2 juillet, reprend un entretien de Jacqueline Sellem avec Philippe Marlière, professeur en sciences politiques à l’université de Londres. Celui-ci apporte un éclairage sur le bilan de Blair, qui complète celui de Philippe Auclair, paru également sur ce blog aujourd’hui. 

« Il serait suicidaire pour la gauche d’importer en France le blairisme » 

Faisant ces derniers jours le bilan des années Blair, les médias français parlaient de pragmatisme, de thatchérisme social, de modernisme, de social-démocratie... Qu’en pensez-vous ?

Philippe Marlière. En 1998, devant les députés français, Tony Blair déclarait : « Il n’y a pas de politique économique de droite ou de gauche, mais des politiques économiques qui marchent et d’autres qui ne marchent pas. » Il affichait ainsi son soi-disant modernisme politique et sa volonté de rompre avec « le vieux travaillisme ». Ce pragmatisme porté très haut a fait place à des choix beaucoup plus idéologiques.

 En fait, le blairisme est resté sur les rails du thatchérisme avec des correctifs à la marge pour les plus pauvres, les familles monoparentales. Il a mis en place un filet de sécurité pour ces catégories, mais n’a pas réduit les inégalités qui se sont, au contraire, largement accrues.

 Dans les services publics il n’a pas rompu avec le paradigme thatchérien. La rénovation des écoles, des hôpitaux s’est faite en associant étroitement le privé à leur construction et à leur gestion.

 Le choix de Blair et de Brown d’accompagner et non de réguler la mondialisation a fait que Londres et le Royaume-Uni sont devenus la plaque tournante d’une économie dérégulée, totalement flexible où seuls les plus riches peuvent s’en sortir.

 Un exemple : la spéculation immobilière qui chasse les classes moyennes des centres-villes. Derrière ce pragmatisme de façade, Blair a imposé des politiques rejetées non seulement par les syndicats, mais également par une grande partie des travaillistes, les médias et aussi par le public. Ainsi, la rénovation du métro de Londres a donné lieu à une longue bataille contre la gestion privée du service public. Le maire, Ken Livingstone, s’est opposé à cette privatisation, mais Blair et Brown sont passés outre démontrant que leur pragmatisme n’était qu’un slogan.

 Tony Blair est-il social-démocrate ?

Philippe Marlière. En France, à gauche, surtout à gauche du PS, ce terme est synonyme de droite. C’est un raccourci. Pendant les Trente Glorieuses, la social-démocratie n’a pas été forcément droitière, y compris en Grande-Bretagne. Elle a proposé un mode de redistribution assez égalitaire. Ce n’est pas la politique qu’a suivie Blair. Avec lui, les ouvriers, les fonctionnaires et les classes moyennes du privé ont été laissés de côté. Il est amusant de voir certains médias français parler d’un blairisme social, alors qu’en réalité il a repris les recettes néolibérales du thatchérisme, et a privilégié les tenants du capitalisme financier. Non, il a fait moins que le strict minimum. Après vingt ans de gouvernement ultralibéral, après les privatisations catastrophiques du thatchérisme, la population n’en pouvait plus du néolibéralisme et elle souhaitait une réelle rénovation des services publics et davantage d’égalité. Elle n’attendait pas la révolution mais une politique plus sociale-démocrate. Le blairisme n’a pas été à la mesure de cela. Blair a manqué d’audace alors qu’il s’appuyait sur une majorité absolue. Ce qui a caractérisé son action, c’est un profond pessimisme social.

 Tony Blair est-il de gauche ?

Philippe Marlière. Lorsqu’on est à la tête d’un gouvernement de gauche, fut-il hypercentriste, post-social-démocrate même, à quoi juge-t-on sa réussite ? À l’aune d’un combat en faveur de la justice sociale. Dans ce domaine, Blair a failli. Ce sont les riches qui ont prospéré sous le blairisme. Les autres catégories sociales ont eu beaucoup de mal.

 En Grande-Bretagne, les classes moyennes « galèrent », ce qui fait que le blairisme est devenu très impopulaire parmi les salariés et les cols blancs.

 Ce n’est donc pas seulement la guerre en Irak qui explique la relative impopularité de Blair aujourd’hui...

Philippe Marlière. Vu de Grande-Bretagne, la guerre d’Irak n’explique qu’en partie cette impopularité. Elle est en effet un énorme fiasco, tout le monde le reconnaît, sauf Tony Blair. Elle a entraîné le décrochage de catégories qui étaient très blairistes. Ceux qu’on appelle en France les « bobos ». Des gens aisés qui ne veulent pas de hausse des impôts, qui mettent leurs enfants dans les écoles privées, mais qui sont progressistes sur les questions sociétales, d’environnement et de moeurs. Pour eux la guerre d’Irak, c’était trop.

 À ceux qui affirment en France que Blair s’en est bien sorti, excepté sur l’Irak, je dirais : Blair a échoué sur l’Irak et il a également échoué dans le domaine économique et social. Les résultats macroéconomiques sont peut-être corrects mais à qui a profité la croissance ? Aux riches, pas au peuple.

 Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn se sont à plusieurs reprises référés à Tony Blair. Y a-t-il une tentation blairiste au PS ?

Philippe Marlière. Incontestablement le Parti socialiste français et tous les partis qui siègent à Bruxelles dans le Parti socialiste européen (PSE) sont traversés par cette tentation. Il y a ceux qui pensent que Blair a fait le maximum. Vous avez cité Royal et DSK, je suis d’accord. Mais il y a encore des socialistes qui pensent que le blairisme n’a rien à voir avec la gauche sociale-démocrate, qu’il est tombé du côté de la droite et qu’il faut donc le combattre.

 DSK a bien étudié le blairisme, il a des contacts étroits avec ses dignitaires, il pense que le socialisme à la française doit s’en inspirer, c’est son horizon, c’est idéologique.

 Quant à Royal, sa campagne peut être qualifiée de blairiste. Elle se situe même en deçà comme on l’a vu a posteriori avec sa critique des 35 heures et du SMIC (incroyable ! Même Blair a revalorisé le SMIC). Elle a aussi adopté du blairisme son versant sécuritaire. Il me semble que dans ces moments de grande incertitude socio-économique, quand les plus défavorisés souffrent des restructurations, des délocalisations, d’un pouvoir d’achat rogné, un gouvernement de gauche devrait défendre ces catégories et non exacerber la dérégulation néolibérale en disant : soyez contents d’avoir un boulot même mal payé et flexible.

 Aujourd’hui, l’opposition politique majeure n’est plus entre la gauche et la droite, mais c’est une opposition qui traverse les partis sociaux-démocrates et qui met face à face blairistes et progressistes.

 Nicolas Sarkozy affiche lui aussi sa proximité avec Tony Blair...

Philippe Marlière. Que Nicolas Sarkozy se réfère à Blair sur le plan économique, approuve ses politiques sécuritaires et partage son admiration pour les États-Unis, c’est dans la logique des choses. C’est un fait connu ici, Blair souhaitait la victoire de Sarkozy. Entre les deux hommes, il existe une admiration et une sympathie mutuelle. Les politiques de Blair et les intentions déclarées de Sarkozy coïncident.

 Quels enseignements tirez-vous du blairisme pour la gauche française ?

Philippe Marlière. Il a pu prospérer électoralement dans des conditions politiques particulières, après vingt ans de thatchérisme et de défaite en rase campagne de la gauche britannique, depuis la grève des mineurs jusqu’à la reprise en main du Parti travailliste par Neil Kinnock. Celui-ci avait préparé le terrain avec les purges des éléments de gauche du Parti travailliste, pas seulement les trotskistes, mais des sociaux-démocrates bon teint, qui ont été mis de côté progressivement en une dizaine d’années.

 Le mode de fonctionnement du parti est devenu plébiscitaire et a renforcé les pouvoirs du leader. Quand Blair en prend la tête en 1994, il n’a plus qu’à mettre en oeuvre sa politique. C’est un premier point important. Ensuite, il est arrivé au pouvoir alors que les conservateurs faisaient l’objet d’un rejet viscéral et qu’il y avait un grand espoir populaire pour le changement.

 Malgré les échecs des dernières années, malgré tout ce qu’on peut reprocher à la gauche, et au PS en particulier, la France reste culturellement, idéologiquement, beaucoup plus à gauche que la Grande-Bretagne. La thèse de la « droitisation » de la société française, défendue par certains, n’est pas démontrée.

 Tous les sondages qualitatifs montrent, à l’inverse, qu’il existe une forte attente sociale. C’est tout le génie stratégique de Sarkozy d’avoir fait voter en faveur d’une plate-forme néolibérale tout en ayant pris soin, le temps de la campagne électorale, de flatter l’électorat de gauche. Cela lui a permis de remporter une élection que la gauche aurait dû gagner.

 Il serait suicidaire pour cette dernière d’importer en France le blairisme et son pessimisme social, de promouvoir une politique qui viendrait décourager ce qui a au contraire besoin d’être réactivé : l’aspiration à davantage de solidarité et de justice sociale.

Par SORIN Michel - Publié dans : Etats Union européenne
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Mardi 30 octobre 2007 2 30 10 2007 20:51

Le SPD tente de se repositionner à gauche

 

Tout ce qui se passe en Allemagne est important pour la France et réciproquement. Mais il faut éviter des comparaisons rapides sans avoir précisé le contexte national. Il en est ainsi quand on évoque la situation de la gauche dans les deux pays.

 

La gauche allemande est divisée en deux partis, ce qui est récent. Lors des dernières élections législatives, le 18 septembre 2005, le parti social-démocrate SPD a fait élire 222 députés, le nouveau parti de gauche Linke 54, sur un total de 614 députés siégeant  au Bundestag (226 pour la droite CDU-CSU, 61 pour les libéraux FDP, 51 pour les Verts).

 

Aucune autre majorité n’étant possible, c’est la solution de secours qui a prévalu, c’est-à-dire la « grande coalition » entre la droite et la gauche social-démocrate. Il n’est pas certain que cet attelage reste en place jusqu’au terme normal des quatre années de mandat.

Après deux années, la chancelière Angela Merkel a creusé l’écart dans les sondages. Elle bénéficie, ainsi que la CDU-CSU, d’environ 38% d’intentions de vote, alors que le SPD n’en recueille que 27%. Le nouveau parti Die Linke (La Gauche) et les deux autres partis - Verts et libéraux-démocrates – sont autour de 10% chacun.

 

L’un des leaders de « La Gauche » est Oskar Lafontaine, démissionnaire en 1999 de la présidence du SPD pour protester contre une dérive libérale du vieux parti social-démocrate. Avec des démissionnaires du parti social-démocrate de RFA, il est associé à l’ex-parti du socialisme démocratique (PDS) issu de l’ancien parti communiste d’Allemagne de l’est.

Die Linke a bénéficié de la déception des militants SPD et de syndicalistes, mécontents de la politique de la « grande coalition ».

 

Depuis quelques mois, dans la perspective de son congrès, le SPD avait amorcé un virage à gauche dans le but de renouer avec l’électorat populaire. Son programme met en avant le « socialisme démocratique », qui « reste pour nous la vision d’une société solidaire, libre et équitable, dont la réalisation constitue pour nous un devoir permanent ».

 

Le président Kurt Beck, ministre-président de Rhénanie-Palatinat, s’est particulièrement engagé sur ce point, ce qui contraste avec la position de l’aile dite « pragmatique », très impliquée dans la mise en œuvre des réformes libérales voulues par l’ancien chancelier Gerhard Schröder. Lors de son congrès de Hambourg, du 26 au 28 octobre, ce nouveau programme a été adopté, ce qui est un succès pour Kurt Beck et l’aile gauche du parti.

 

Dans Le Monde daté du 30 octobre, Cécile Calla cite un député, pour qui « il s’agit d’un changement de cap, nous prenons davantage en compte les intérêts des salariés ». Le capitalisme est critiqué à plusieurs endroits du texte. Le « néolibéralisme » de la droite a été fustigé par Kurt Beck, qui a évité de critiquer le parti Die Linke, la droite chrétienne étant « l’adversaire pour l’accession à la chancellerie ».

 

« Nous devons nous rapprocher à nouveau du peuple, montrer de la chaleur », a affirmé Kurt Beck, qui a mis en avant :

- le principe d’un « Etat social prévoyant, la politique d’éducation étant un élément central de la politique sociale »,

- la protection de l’environnement, « la protection du climat et l’accès à l’énergie, aux ressources, étant devenus une question éminente de la sécurité internationale »,

- l’amélioration des conditions de travail et du pouvoir d’achat, en allant plus loin que l’accord obtenu en juin dernier avec les chrétiens-démocrates.

Par SORIN Michel - Publié dans : Etats Union européenne
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