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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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Articles RÉCents

5 mars 2023 7 05 /03 /mars /2023 18:46

La financiarisation de l'agriculture, facilitée par l'opacité des procédures
 

 

Le quotidien Ouest-France s'est fait l'écho de l'inquiétude du monde agricole français devant la financiarisation de la terre. Voir l'article de Fanette Bon, réservé aux abonnés (28 février 2023) : Main basse sur les terres agricoles.

 

Auparavant, le 26 février, Antonin Le Bris avait recueilli les propos de l'auteur du livre "Hold-Up sur la terre" qui décrit le phénomène. Voir

 

De grands groupes industriels rachètent les terres agricoles, un "phénomène invisible"

 

Dans son livre « Hold-up sur la terre » (éditions Seuil), la journaliste Lucile Leclair a enquêté sur le rachat des terres par de grandes firmes, principalement du secteur agroalimentaire et de la dermo-cosmétique. « Derrière une campagne en apparence paisible se livre une bataille sans précédent », écrit-elle. Elle en décortique le système, les failles qui permettent d’en arriver là et les conséquences de l’accaparement croissant mené par ces grands groupes.

 

 

Des centaines d’hectares de terres agricoles rachetées par des grands groupes à des prix inaccessibles pour les paysans : ce phénomène est en train de transformer radicalement lagriculture française. La journaliste Lucile Leclair, autrice de plusieurs ouvrages sur le monde agricole, dénonce cette situation dans son dernier livre, Hold-up sur la terre (éditions Seuil).
 

Votre livre enquête, Hold-up sur la terre, dénonce l’accaparement des terres agricoles par de grandes firmes. Qui sont-elles ?

De grandes entreprises d’envergure internationale, dans deux secteurs : l’agroalimentaire et la dermo-cosmétique. Leur objectif est double. D’abord, faire face à la compétition féroce qui se joue sur le marché des produits alimentaires pour sécuriser leur approvisionnement : acquérir une exploitation agricole, c’est s’assurer de la quantité produite. Et au niveau de la qualité, pouvoir faire varier la production de manière plus fine et s’adapter plus facilement à l’évolution de la demande des consommateurs.

 

Vous parlez d’un phénomène secret, qui se joue à l’abri des regards ?

Sur les 26 millions d’hectares de terres agricoles en France, on ne sait pas quel est le pourcentage détenu par des groupes. Car ces achats échappent à l’appareil statistique. Il est aussi invisible parce qu’au-dessus des champs, il n’y a pas d’enseigne. De plus, ces grands groupes ont une architecture complexe, composée d’une société mère et de ses filiales. Quand la filiale est nommée, on ne remonte pas forcément jusqu’au groupe immédiatement. Un peu à l’image du système bancaire.

« Pourquoi ce comité n’est pas ouvert au public ? »

La terre, censée nourrir les hommes, ne serait donc soumise à aucun contrôle ?

Il existe un acteur incontournable, les Safer (Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural), présentes dans chaque département français. C’est l’organe de régulation du marché foncier agricole. Mais aujourd’hui, cet organe est plus vulnérable que lors de sa création en 1960. Au départ, elles étaient financées à 80 % par des fonds publics. À partir des années 1980, ces aides publiques ont commencé à diminuer, jusqu’au coup de grâce en 2017. Depuis, les Safer se financent à hauteur de 2 % par de l’argent public, qui provient des Régions ; à 8 % grâce à des expertises qu’elles mènent pour les collectivités territoriales. Et le reste, ce sont les commissions qu’elles touchent sur les ventes… Elles sont juges et parties, ce qui fait leur fragilité !

 

D’autant plus que – vous l’expliquez dans votre livre – les firmes utilisent des moyens détournés pour passer sous le radar des Safer…

Oui, aujourd’hui, les Safer ne sont pas armées pour fermer la porte aux grands groupes. La dernière loi Sempastous leur permet d’intervenir sur les transactions en parts de société (lorsqu’une firme s’associe à un agriculteur, puis rachète peu à peu les parts pour devenir propriétaire). Mais le texte n’est pas suffisamment précis pour contrer l’arrivée de ces groupes à la campagne. Et les moyens accordés pour assumer cette nouvelle mission se révèlent insuffisants.

 

L’opacité des prises de décisions au sein des Safer n’arrange rien, selon vous ?

Les ventes se jouent à huis clos, dans ce parlement où sont représentés les syndicats du monde agricole, les élus des collectivités territoriales et des associations du milieu rural. Rassemblés en collège, ils votent, en général une fois par mois, dans ce qu’on appelle un comité technique. Cela représente, selon la dynamique du marché local, de dix à quatre-vingts ventes à chaque fois, qui sont validées ou non. On peut se poser la question : pourquoi ce comité n’est pas ouvert au public, comme un conseil municipal, par exemple ?

« Un sentiment très partagé »

Comment le monde agricole vit-il l’arrivée de ces grands groupes ?

Il y a un sentiment très partagé. Des agriculteurs proches de la retraite peuvent vendre leurs terres à de grands groupes industriels et garder le silence face à ces transactions. Il y a une vraie omerta, un malaise des agriculteurs sur ce sujet, qui sont parfois perçus comme des traîtres. Et en même temps, on comprend la difficulté d’un agriculteur, qui, à la retraite, touche environ 700 € en moyenne (pour un indépendant) et qui souhaite avoir un petit bagage supplémentaire pour arrondir la fin de ses jours.

 

Pour ceux qui travaillent pour ces groupes, cela présente des avantages ?

J’ai rencontré des agriculteurs, ouvriers salariés. Ce sont eux qui travaillent dans ces groupes, pas des indépendants. Ils sont conscients que d’avoir un salaire tous les mois, des vacances, c’est quelque chose d’intéressant. En tant que salarié, vous bénéficiez d’un outil de travail, d’une ferme, sans vous imposer des prêts sur vingt ou trente ans. Car le taux d’endettement des agriculteurs a été multiplié par quatre depuis les années 1980.

« Pointer la configuration dans son ensemble »

L’impact de l’avancée de cette agriculture de firme est aussi environnemental ?

L’un des premiers impacts négatifs, c’est la standardisation accentuée qui en résulte. Aujourd’hui, un groupe peut avoir dix fermes qui répondent toutes au même besoin de l’entreprise de produire un produit unique. Il est très important, aussi, de percevoir l’activité de ces entreprises au niveau global. Oui, certaines pratiquent le bio. Mais en regardant de plus près, on s’aperçoit que l’exportation, qui fait partie du fonctionnement de ces groupes, est indissociable du transport international, très coûteux en termes d’énergie.

 

Une fois ce constat fait, pourquoi personne n’agit ?

Ce qui est intéressant, ce n’est pas tant de pointer du doigt des groupes individuellement et de faire du name and shame pour dénoncer telle ou telle entreprise, mais de pointer la configuration dans son ensemble. Il y a plusieurs niveaux d’action : les Safer, par exemple, mériteraient d’être modernisées et mieux financées pour assurer leur mission. Et s​ans tomber dans une idéalisation de l’action locale qui ferait changer le système – alors que des arbitrages au niveau national sont nécessaires – il ne faut pas minimiser la capacité de mobilisation du monde agricole et des citoyens.

Cet article est le 3239 ème sur le blog MRC 53 - le 470ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Terres agricoles près de Valenciennes en juillet 2022

Terres agricoles près de Valenciennes en juillet 2022

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4 mars 2023 6 04 /03 /mars /2023 18:13

L'intersyndicale appelle à mettre le pays à l'arrêt le 7 mars et à dénoncer l'injustice faite aux femmes le 8 mars

 

Rappel (27 février 2023) : Retraites : le 7 mars, les syndicats appellent à mettre le pays à l'arrêt


 

En Mayenne, Ouest-France annonce (2 mars) les deux mobilisations des 7 et 8 mars.


 

En Mayenne, plusieurs syndicats appellent à une mobilisation mardi 7 mars 2023 contre la réforme des retraites à Laval. Le 8 mars, dans le cadre journée internationale de lutte pour les droits des femmes, un autre rassemblement est prévu au niveau du parvis des droits de l’Homme, toujours à Laval.


« Contre la réforme des retraites, mettons la France à l’arrêt ! » indique le communiqué de presse. En Mayenne, l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa appelle à se mobiliser « par la grève et la manifestation », mardi 7 mars 2023, au niveau du rond-point de Lactalis à Laval à partir de 11 h.


 

« Dénoncer l’injustice de cette réforme envers les femmes »

 

Dans le même communiqué, les organisations syndicales mayennaises « se saisissent du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, pour dénoncer partout l’injustice sociale majeure de cette réforme des retraites envers les femmes ». Cette intersyndicale appelle à un rassemblement le 8 mars à 11 h, au niveau du parvis des droits de l’Homme à Laval.

 

Voir aussi (Ouest-France, 4 mars) : En Mayenne, les travailleurs de La Poste appelés à se mobiliser mardi 7 mars

 

Cet article est le 3238 ème sur le blog MRC 53 - le 84ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

L'intersyndicale 53 à la tête de la manifestation contre le projet de réforme des retraites le 11 février 2023 à Laval (Mayenne)

L'intersyndicale 53 à la tête de la manifestation contre le projet de réforme des retraites le 11 février 2023 à Laval (Mayenne)

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3 mars 2023 5 03 /03 /mars /2023 20:50

Cette organisation des éleveurs veut réguler le marché laitier européen


 

L'EMB - European Milk Board - a été fondé en 2006 par des organisations de producteurs laitiers (pour la France, Association des producteurs de lait indépendants Apli et Coordination Rurale CR) afin d'influer sur la politique européenne dans le sens de la régulation du marché laitier.

 

Voir Positions de l'EMB et Programme de responsabilisation face au marché.

 

Le 28 février 2023, au Salon de l'agriculture à Paris, les responsables EMB, notamment Boris Gondouin (Apli), se sont exprimés devant la presse.

 

Voici le communiqué de presse EMB :

Freiner l’augmentation des volumes sur le marché laitier et mettre fin au dumping par les marques de distributeurs

 

Des surplus sur le marché, des prix au producteur en baisse et des revenus beaucoup trop faibles pour les éleveurs. À l’image d’un fil rouge, ce problème caractérise l’évolution du secteur laitier, mais également la conjoncture actuelle. Pour contrer cette situation fatale, l’European Milk Board (EMB) a été fondé en 2006. Dans la foulée, l’EMB a développé un concept aligné sur le marché, le Programme de responsabilisation face au marché (PRM) afin de prévenir les crises dans le secteur et a mis ce dernier à disposition de l’UE.
 
Activer le PRM et freiner l’augmentation des volumes
« Aujourd’hui, les éleveurs laitiers en Europe font à nouveau face à une chute des prix qui menace les exploitations » déclare Kjartan Poulsen, président de l’EMB. Après un épisode bref et exceptionnel de prix partiellement rémunérateurs, une augmentation des volumes de lait et un recul de la demande contribuent à un déséquilibre néfaste sur le marché.

Lors de sa conférence de presse au Salon de l’Agriculture à Paris, le Comité directeur de l’EMB a revendiqué un élément crucial : La Commission européenne doit faire examiner le marché par l’agence de surveillance et engager maintenant des mesures de réduction des volumes appropriées telles que décrites dans le PRM.
 
Les politiques doivent mettre fin au dumping par les marques de distributeurs
 « La situation est tendue », a indiqué Boris Gondouin, représentant français au Comité directeur de l’EMB, en pointant du doigt une autre évolution négative sur le marché laitier : Les politiques dans de nombreux pays européens autorisent les chaînes de distribution à évincer des rayons les marques nationales et équitables lancées par les producteurs eux-mêmes pour les remplacer par leurs propres marques, pratiquant ainsi un réel dumping, particulièrement depuis la crise sanitaire liée à la Covid et la guerre en Ukraine. D’importantes manifestations de diverses organisations et filières ont eu lieu en Europe, à l’instar de celles début février en Belgique et en France pour dénoncer ces pratiques commerciales déloyales. « Les politiques doivent intervenir à ce stade et mettre fin à ce comportement déloyal », clame Boris Gondouin. « Sans règles appropriées, nous atteindrons bientôt un point de non-retour qui aura évincé et détruit de nombreuses initiatives. » 

Comme l’EMB l’a également constaté lors de sa conférence de presse, la position des producteurs sur le marché doit être renforcée. « Le secteur a besoin d’organisations de producteurs fortes et transversales qui puissent négocier avec plusieurs laiteries. La politique est appelée à soutenir et promouvoir ces structures. Dans l’idéal, ces organisations de producteurs devraient être transnationales afin de couvrir le marché sur plusieurs régions », a affirmé Kjartan Poulsen, appelant, par la même occasion, les producteurs de lait européens à rejoindre des organisations de producteurs appropriées dans le but de renforcer l’impact et le pouvoir de négociation des producteurs laitiers.

Cet article est le 3237 ème sur le blog MRC 53 - le 469ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Au Salon de l'agricilture, le 2 mars 2018, Boris Gondouin (à gauche) et le président EMB au stand de Faire France Le lait équitable.

Au Salon de l'agricilture, le 2 mars 2018, Boris Gondouin (à gauche) et le président EMB au stand de Faire France Le lait équitable.

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2 mars 2023 4 02 /03 /mars /2023 21:30

Seconde partie de cette contribution sur la contre-réforme des retraites

 

Le Conseil national du MRC a décidé de réunir un congrès, convoqué pour le samedi 1er avril 2023. Une motion d'orientation est proposée au débat militant. Voir Congrès.
Dans ce cadre, l’Union interdépartementale MRC Limousin-Poitou-Charentes a constitué un groupe de travail et rédigé une contribution aux débats sur la contre-réforme des retraites.

Serge Maupouet a coordonné la rédaction de cette contribution, qui est ici publiée en deux parties. La 1ère est ici : Congrès MRC 2023 : contribution du MRC Limousin-Poitou-Charentes.

La seconde est à voir, ci-après.

Contribution du MRC Limousin–Poitou-Charentes sur la contre-réforme des retraites

 

Alors que le système actuel n’est pas en péril financier (déficit de 2,9 milliards d’euros en 2018, selon le Conseil d’Orientation des Retraites et, pour la décennie 2030 autour de 10 milliards de déficit par an sur un volume de prestations de 350 milliards), le problème réside essentiellement dans la réduction des volumes des ressources affectées aux retraites : le déficit n’est pas la conséquence des dépenses liées aux retraites, mais celle de la restriction de ressources affectées aux retraites (non compensation des allégements ou exonérations de cotisations sociales décidés par l’État pour la Sécurité sociale). D’autant que les réserves du système actuel de retraites sont conséquentes (130 à 150 milliards).


Un autre volant du problème réside dans la situation des finances publiques, suite à la stratégie de réduction d’impôts du premier quinquennat Macron, en faveur du capital et des plus riches. Cela, et la crise du Covid, ont conduit à une hausse de 16 points de la dette publique. La réactivation du respect des critères de convergence du traité de Maastricht et du Pacte de stabilité et de croissance de 1997 (3% de déficits budgétaires et une dette inférieure à 60% du PIB), avec une surveillance multilatérale et des procédures pour déficit excessif (amende possible entre 0,2 et 0,5% du PIB) induira inéluctablement une politique d’austérité qui pèsera sur les classes populaires et moyennes. On peut rappeler ici la recommandation CSR 2019.1.4 de la Commission européenne adressée à la France en 2019 dans le cadre du « semestre européen » ; d’où les explications du Président Macron relatives au fait que la réforme dégagerait des marges de manœuvre budgétaires pour financer d’autres politiques publiques – dépendance, école, santé, transition écologique, etc. Déshabiller Pierre pour habiller Paul.


La protection sociale n’est pas de la compétence de l’Union Européenne, mais, par le biais d’une définition « libérale » de la notion de dépenses publiques, celle-ci entre dans le calcul du déficit budgétaire, et donc dans le collimateur de la Commission européenne. Ajoutez-y « la concurrence libre et non faussée », et vous avez le ressort essentiel de la dégradation de notre modèle social. Et d’aucuns sont partie prenante de cette dégradation.

Par conséquent, la question du financement des retraites revient non pas à poser les questions paramétriques de la réforme actuelle, dont le point central porte sur le recul de l’âge légal de 62 ans (depuis 2010) à 64 ans, mais bien les questions relatives aux recettes.

 

D’une part, il faut s’opposer à la réforme actuelle car :

- avec un passage à 64 ans, les salariés les plus modestes risquent de ne plus accéder à la retraite, alors que l’espérance de vie en bonne santé, selon l’INSEE, n’était en 2020 que de 64,4 ans pour les hommes et 65,9 ans pour les femmes et que les ouvriers vivent moins longtemps en bonne santé que les cadres ;

- avec un passage à 43 annuités pour avoir le taux plein, la décote, pour tous ceux ne pouvant valider 172 trimestres, entraînera une baisse générale des pensions ;

- la pension minimum annoncée à environ 1 200 € brut (en additionnant pension de base et retraite complémentaire, et avant prélèvements sociaux) sera essentiellement illusoire, car elle ne sera pas atteinte sans avoir cotisé à temps plein 43 annuités au SMIC, ce qui exclura les temps partiels et, par voie de conséquence, beaucoup de femmes ;

- seuls certains critères de pénibilité seraient pris en compte (charges lourdes, vibrations mécaniques...), la réforme va précariser les travailleurs ayant commencé à travailler jeune et dans des métiers où les critères de pénibilité sont nombreux ;

- le gouvernement s'obstine à présenter le montant des retraites comme un prélèvement fait sur la richesse nationale ; il refuse de mentionner qu’en contrepartie les retraités paient des impôts et des taxes. Ils assument aussi, bénévolement, une bonne part de la vie démocratique en s’impliquant dans les collectivités locales. Ils participent également à la vie associative tant dans le sport, la culture, que l’aide à la personne, à tel point que les dons aux associations et les frais de bénévolat sont officiellement reconnus par les impôts. Combien cela coûterait-il de payer à leur place des professionnels pour répondre à ces besoins ? C'est pourtant aussi ce qui nous attend si l’on retarde l'âge de la retraite.


Mais il faut aller plus loin, prendre le contre-pied d’un gouvernement qui organise la régression sociale des salariés et lutter pour que l’État-providence soit réorienté vers les citoyens : exiger la remise en cause des exonérations de cotisations (poursuivies depuis 1993, accrues en 2015 avec le Pacte de responsabilité et de solidarité), la suppression de cadeaux fiscaux, l’élargissement de l’assiette aux revenus financiers pour compléter la cotisation par la contribution, des hausses de salaires plutôt que le recours à des primes, prévoir des mesures en faveur des femmes pour revenir sur les réformes régressives qui, depuis 1993, les ont particulièrement pénalisées (rétablissement du bénéfice pour les mères des huit trimestres supplémentaires par enfant, de la majoration de 10% du montant de la pension par enfant à partir du troisième).

Nous devons refuser collectivement la réforme par la régression et imposer une autre réforme, pour le progrès social, dans une logique de solidarité nationale et d’humanisme républicain.

Cet article est le 3236 ème sur le blog MRC 53 - le 263 ème dans la catégorie MRC national

Au départ de la manifestation de l'intersyndicale contre la contre-réforme des retraites, le 11 février 2023 à Laval (Mayenne)

Au départ de la manifestation de l'intersyndicale contre la contre-réforme des retraites, le 11 février 2023 à Laval (Mayenne)

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2 mars 2023 4 02 /03 /mars /2023 19:08

Première partie de cette contribution sur la contre-réforme des retraites

 

Le Conseil national du MRC a décidé de réunir un congrès, convoqué pour le samedi 1er avril 2023. Une motion d'orientation est proposée au débat militant. Voir Congrès.
Dans ce cadre, l’Union interdépartementale MRC Limousin-Poitou-Charentes a constitué un groupe de travail et rédigé une contribution aux débats sur la contre-réforme des retraites.

Contribution du MRC Limousin–Poitou-Charentes sur la contre-réforme des retraites

 

Serge Maupouet, qui a coordonné la rédaction de cette contribution, en a autorisé la publication, qui se fera en deux parties. Voici la première partie.

 

Nous croyons utile de rappeler certains principes fondamentaux ou fondateurs de la conception du système de retraites en France, pour étayer les raisons de la lutte du Mouvement Républicain et Citoyen contre l’actuelle prétendue réforme des retraites, prétendue car une réforme est théoriquement un changement pour permettre un progrès. Or, ici, avec ce que le gouvernement propose, il n’y a pas de progrès, il y a des régressions.

 

La retraite par répartition a été obtenue par le monde du travail, à la Libération, dans le prolongement du programme du Conseil national de la Résistance (CNR) : en mars 1944, ce programme tendait à la réalisation d’un « plan complet de Sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ». En matière de retraite, ceci exigeait de bâtir une assurance vieillesse et de construire un système garantissant la pérennité de pensions de retraite décentes.

 

Plusieurs principes fondamentaux ou fondateurs sont alors retenus pour cette reconstruction : l’obligation, le modèle assurantiel et la répartition.

Tout d’abord, l’obligation : tous les salariés sont obligatoirement assujettis à l’assurance vieillesse. Il y a ici un contrat social, une exigence de solidarité et une brique nécessaire à l’établissement d’une confiance à long terme dans le système mis en place.

Ensuite, est fait le choix du financement par les bénéficiaires, c’est-à-dire la mise en place d'un modèle assurantiel. Pourquoi ce choix ?

- Parce que la cotisation ouvrière est alors perçue comme un élément essentiel pour asseoir la dignité du travailleur, et placer le système en rupture avec toute idée d’assistanat ou de bienfaisance.

- Ceci est d’ailleurs en pleine cohérence avec le projet d’ensemble de la Sécurité sociale qui ne se limite pas à rechercher l’amélioration des conditions de vie : il s’agit de permettre la fondation d’un « ordre social nouveau » – sur la base d’un idéal républicain de Fraternité et de Justice – au sein duquel les travailleurs seraient détachés de tout « sentiment d'infériorité » par rapport aux classes possédantes. Dans ce projet émancipateur, il est alors crucial que ce soit la cotisation de l’ouvrier, produit de son travail, qui lui ouvre droit à la prestation induite.

- Ce choix vient aussi justifier la gestion de la Sécurité sociale par les représentants des syndicats. Le financement se fait par cotisations professionnelles, de manière bipartite, par les assurés et les employeurs, sans participation de l’État. Aujourd’hui, on peut estimer que 80 % du financement du système social repose toujours sur le travail.

Enfin, est tranchée la question de la capitalisation ou de la répartition, au bénéfice de la répartition :

- Avec un système fondé sur la répartition, il est possible de servir des retraites sans attendre le délai requis par une capitalisation qui devrait s’étendre sur des décennies avant d’ouvrir des droits.

- Même si, à l’époque de la création du système, ce n’est pas encore un argument de ceux qui la mettent en place, la « solidarité générationnelle » s’instaure de fait, et la prise de conscience de son importance est majeure depuis les années 1990 : le système de répartition est un fondement de notre système social.

 

Ces quelques rappels sont utiles pour porter la réflexion au-delà de considérations purement paramétriques, et prendre en compte le fait que la question du financement des retraites c’est plus largement la question du financement de l’État-providence du XXIe siècle, alors que la situation sociale se dégrade. Ainsi, l’espérance de vie ne progresse plus, deux tiers des plus de 60 ans sont au RSA, au chômage ou en-dehors de l’emploi, et trop de seniors liquident leurs pensions alors qu’ils sont déjà en inactivité y compris pour raisons de santé... Même si certains voudraient travailler plus, ils ne le peuvent pas.


Ces rappels des principes fondateurs viennent aussi permettre de relever que le monde du travail subit une offensive néo-libérale sans précédent, offensive qui recherche :  

- la baisse des prélèvements obligatoires et des cotisations sociales des employeurs ;

- la baisse des dépenses publiques ;

- une réduction du champ de la protection sociale ;

- l’accroissement de la rémunération du capital au détriment de la rémunération du travail ;

- l’extension des domaines ouverts au marché, des privatisations (y compris en bradant notre patrimoine national), la réduction voire le démantèlement des services publics ;

- la financiarisation de l’économie.

Cet article est le 3235 ème sur le blog MRC 53 - le 262 ème dans la catégorie MRC national 

Le samedi 11 février 2023 a vu de grandes manifestations contre le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites. Ici, à Laval (Mayenne).

Le samedi 11 février 2023 a vu de grandes manifestations contre le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites. Ici, à Laval (Mayenne).

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1 mars 2023 3 01 /03 /mars /2023 23:50

En février, la réforme des retraites a été vivement contestée dans les rues

 

Ce blog existe depuis 2006 (plus de 3200 articles ont été publiés). Il a continué d’exister après une suspension en 2014, le temps du lancement du blog de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne). Plus de 500 articles ont été publiés sur ce blog CiViQ.

Le sens politique de ce blog MRC 53 est de contribuer à reconstruire la gauche en s’opposant aux politiques néolibérales que le peuple français subit depuis la "parenthèse libérale" ouverte par François Mitterrand en 1983 (Voir article du 30 décembre 2022).

Cette refondation républicaine de la gauche ne doit pas seulement se faire en haut, par les organisations politiques au niveau national, mais elle doit aussi se faire en bas, c’est-à-dire par les militants et les citoyens dans les communes et les départements.

 

Le rythme de parution des articles est variable.

Après les Titres des articles publiés en janvier 2023 sur le blog MRC 53, voici les titres des articles publiés en février 2023.

 

 

Titres des articles publiés en février 2023 sur le blog MRC 53

 

David Cayla : le néolibéralisme est une forme de gestion du capitalisme - 28 février
 

Retraites : le 7 mars, les syndicats appellent à mettre le pays à l'arrêt - 27
 

Congrès MRC 2023 : quatrième partie du projet de motion d'orientation - 26
 

Congrès MRC 2023 : troisième partie du projet de motion d'orientation - 25
 

Congrès MRC 2023 : 2ème partie du texte à débattre avec les adhérents - 24
 

Congrès MRC : première partie du texte à débattre avec les adhérents - 23
 

Retraites : le mouvement social sera plus largement mobilisé le 7 mars - 22
 

L'histoire du système de santé français raconté par Nicolas Da Silva - 21
 

Refuser le tout-marché, c'est poser la question de la place du travail - 20
 

La crise sociale française actuelle aura un caractère historique inédit - 19
 

EDF subit l'absence de politique française et européenne de l'énergie - 18
 

Retraites : en Mayenne, 5ème journée à Mayenne et à Château-Gontier - 17
 

Sauvons Le Climat : sortir de l'emploi massif des combustibles fossiles - 16
 

Retraites : la pétition en ligne franchit la barre du million de signatures - 15
 

Retraites : en Mayenne, deux manifestations prévues jeudi 16 février - 14
 

Mai 68 a exercé une influence certaine sur l'engagement des jeunes - 13
 

Retraites : après 4 journées de forte mobilisation, une 5ème le 16 février - 12
 

Retraites : environ 10 000 personnes ont longé la Mayenne le 11 février - 11
 

Retraites : une 4ème manifestation le 11 février à Laval à 14h - 10
 

Appel de Michel Sorin à participer aux manifestations samedi 11 février - 08
 

Retraites : toutes générations dans la manifestation le 7 février à Laval - 07
 

Retraites : le média mayennais Leglob-journal au côté des manifestants - 06
 

Retraites : départ de la manif place de la gare à Laval mardi 7 février - 05
 

La GRS et les retraites : les vraies raisons de l'obstination du pouvoir - 03

Cet article est le 3234 ème sur le blog MRC 53 -87ème, cat. Titres des articles du mois précédent

A Laval (Mayenne), le 11 février 2023, une chorale en soutien de la manifestation contre le projet de réforme des retraites

A Laval (Mayenne), le 11 février 2023, une chorale en soutien de la manifestation contre le projet de réforme des retraites

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28 février 2023 2 28 /02 /février /2023 20:56

C'est la doctrine des élites pour qui l'Etat doit être au service du marché


 

David Cayla était en visioconférence le 25 janvier 2023, invité par le collectif "Exigence démocratique", coordonné par Céline Piot, universitaire à Bordeaux, qui introduisait le débat en souhaitant que l'apport de David et le débat qui suivra permettent à chacun un éclairage et une formation sur le néolibéralisme.

Rappel concernant David Cayla et le néolibéralisme :

- (11 avril 2019) : David Cayla pose l'alternative entre le projet néolibéral et la démocratie

- (29 nov. 2020) : David Cayla, auteur de Populisme et néolibéralisme

- (30 déc. 2022) : David Cayla : éléments d'un agenda pour une économie démocratique

David Cayla précise qu'il intervient ici de manière non partisane, se situant dans l'histoire des idées, afin de mieux comprendre le monde d'aujourd'hui. Le néolibéralisme est une doctrine - ce qui diffère d'une théorie - voulant être une science dominante, ce qui est plus large que l'économie.

Il a écrit deux ouvrages sur ce thème du néolibéralisme :

- "Populisme et néolibéralisme. Il est urgent de tout repenser" (2020, Deboeck Supérieur),

- "Déclin et chute du néolibéralisme" (2022, Deboeck Supérieur).

Il distingue le choix collectif du choix individuel, qui concerne chacun et a peu d'influence politique. Le choix collectif est fait par des responsables qui font des choix au nom de la société et doivent rendre des comptes, justifier leurs choix selon le principe de rationalité, argumenter.

Sous l'Ancien régime (monarchie de droit divin), il n'y avait pas de comptes à rendre.

En démocratie, en Etat de droit, les dirigeants prennent des risques légaux, juridiques. Ils doivent justifier leurs choix. Il faut un cadre normatif permettant de justifier l'utilité de la doctrine. Il en est ainsi de la doctrine néolibérale, comme dans d'autres domaines. Pour tout choix collectif, il y a des avantages et des inconvénients.

Le problème, c'est d'en quantifier les coûts et les gains et de leur donner une valeur. Il faut un élément extérieur à la décision, rationnel, qui détermine les prix. C'est l'école autrichienne d'économie (Ludwig von Mises) qui a le plus réfléchi à ce problème, dans les années 1920, suite à la guerre civile en Russie débouchant sur le système soviétique et la collectivisation des moyens de production.

Pour Mises, le système soviétique n'est pas rationnel. Il y a un Etat planificateur mais les marchés sont supprimés. Comment quantifier les coûts de production ? Le système est hémiplégique. L'Etat ne peut calculer les coûts. D'où l'idée que le marché peut être un élément de quantification.

Friedrich Hayek a pris le relais en théorisant sur le prix de marché défini grâce à l'apport d'informations par le marché, l'Etat étant au service du fonctionnement des marchés.

C'est cela la base du néolibéralisme. Toutefois, les marchés peuvent dysfonctionner, il peut se créer des monopoles quand la concurrence s'affaiblit. C'est alors le monopole qui décide du prix du marché.

Mais, pour les néolibéraux, le problème est l'intervention de l'Etat, qui fausse le prix du marché. Et il y a aussi le problème de l'étroitesse du marché (pas assez de marchandises). D'où l'idée d'ouvrir les frontières, du libre marché.

L'Etat est garant de la valeur de la monnaie. La fonction des marchés est de quantifier la valeur. Depuis les années 1930, pour les néolibéraux, l'Etat est l'arbitre régulateur, faisant respecter le code de la route. Ils s'opposent aux libéraux du 19ème siècle (les ricardiens) qui étaient pour le laisser-faire.

Selon la doctrine néolibérale, l'Etat intervient au service des marchés. Cela ne s'est pas appliqué dans les années 1930. Puis ce fut l'économie de guerre (l'Etat fixe les prix) et, avec les Accords de Bretton-Woods, la monnaie est contrôlée. Aux USA, l'Etat intervient sur les moyens de production. En France, ce sont les 30 Glorieuses. L'Etat prend le contrôle de l'agriculture, des matières premières, fixe des prix garantis. C'est à l'opposé de la doctrine néolibérale. On prolonge l'économie de guerre avec la reconstruction et la croissance dans l'après-guerre.

Vient ensuite le désengagement de l'Etat, la suppression des frontières afin de contourner le contrôle par les Etats. Sont mises en place une autorité de la concurrence, néolibérale, des agences de régulation des marchés, indépendantes de l'Etat, mais au service des marchés.

Les autorités européennes créent un marché du carbone, accordent des droits d'émission aux grandes entreprises. C'est ainsi que le marché décide d'un prix qui n'a rien à voir avec la pollution.

On en arrive à la création d'un marché artificiel de l'électricité. Voir (23 janvier 2023) : "Le scandale du marché européen de l'électricité": entretien avec David Cayla.

Il y a le problème des services non marchands, qui sont soumis à la concurrence (marché de l'éducation privée). L'Etat subventionne les ménages pour qu'ils puissent acheter ces services privés.

Une partie de la gauche adopte l'imaginaire néolibéral en proposant le revenu universel, oubliant le principe d'émancipation et le fait que l'Etat peut produire des services publics, évitant ainsi d'enfermer les gens dans le marché.

On en arrive à la définition du macronisme, qui consiste à rendre l'Etat le plus attractif possible afin d'attirer vers lui les capitaux étrangers et de faire en sorte que le taux de profit soit le plus élevé possible. Diminution de la fiscalité des entreprises et augmentation de la durée de cotisation des salariés. A l'opposé, contrôler les mouvements de capitaux, c'est avantager les industriels. C'est la régulation politique.

Un Etat néolibéral est au service du marché. Il renonce à sa capacité d'intervenir dans l'économie. C'est un Etat impuissant, qui accepte l'ouverture totale aux marchés financiers, aux paradis fiscaux, à l'évasion fiscale, sans demander de justificatif.

La liberté des mouvements de capitaux, qui est à l'origine des paradis fiscaux, résulte d'une décision européenne sous la présidence de Jacques Delors en 1986.

Les règles européennes sont le produit de cette idéologie néolibérale. Les gouvernements ne contestent pas ces principes, les responsables politiques étant acquis à l'idée d'adapter la France à la mondialisation; l'Europe ne pouvant rien faire (principe de servitude volontaire).

Le rôle de l'Etat, en se mettant au service des marchés et en décidant de son impuissance, est de gérer les calculs coûts-avantages.

 

Il faut sortir de cette conception de l'impuissance de l'Etat qui laisse le peuple de côté. Aucun industriel français n'avait intérêt au marché européen de l'électricité, complètement débile. Cette idéologie va contre les intérêts des industriels. Il faut revenir à la défense de l'intérêt collectif, patriotique.

 

Après cette intervention, David a répondu, pendant plus d'une heure, aux nombreuses et judicieuses questions posées par les participants à cette visioconférence très instructive.

Cet article est le 3233 ème sur le blog MRC 53 - le 144ème, catégorie Capitalisme

David Cayla, à Marseille, le 7 septembre 2018, lors de l'université d'été de la Gauche républicaine.

David Cayla, à Marseille, le 7 septembre 2018, lors de l'université d'été de la Gauche républicaine.

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27 février 2023 1 27 /02 /février /2023 20:49

Ils attendent une réponse citoyenne, l'amorce d'un mouvement populaire


 

Il y a des signes qui ne trompent pas. Les cinq journées de mobilisation contre le projet de loi réformant les retraites étaient un test de la réponse citoyenne. Maintenant, le mouvement va entrer dans une nouvelle configuration.

 

En atteste l'unité des syndicats de la SNCF, appelant à une grève reconductible à partir du 7 mars. Voir (France Info, 27 février 2023) : Retraites : tous les syndicats représentatifs de la SNCF appellent à la grève

L'ensemble des syndicats engagés contre la réforme des retraites appellent à "mettre le pays à l'arrêt" le 7 mars.

La CFDT-Cheminots appelle à la grève reconductible à la SNCF à partir du 7 mars pour protester contre la réforme des retraites, indique lundi 27 février le syndicat dans un communiqué. Unsa-ferroviaire, Sud-Rail et la CGT-cheminots avaient déjà indiqué qu'ils appelaient à un tel mouvement.

Désormais, les quatre syndicats représentatifs à la SNCF appellent à une grève reconductible. L'intersyndicale de la RATP avait aussi appelé à une grève reconductible à partir du 7 mars. Le 7 mars, l'ensemble des syndicats engagés contre le report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans appellent à "mettre le pays à l'arrêt"


 

Dans un article paru le 27 février sous la signature de Baptiste Legrand A LIRE DANS OUEST FRANCE, on lit ceci : Retraites : comment de potentielles recettes d’une ampleur colossale se sont évaporées.

Au fil des ans, les exonérations de cotisations sociales se sont multipliées, contribuant à affaiblir le financement des régimes de retraites. La Cour des comptes elle-même pointe leur ampleur colossale.


 

Dans l'éditorial du journal en ligne ReSPUBLICA, le 27 février, la couleur est clairement annoncée : "Le 7 mars ou la possibilité d’un mouvement populaire inédit".

Car tout concourt, semble-t-il, à faire de cette date, le début d'une mobilisation sociale et citoyenne ayant peu de précédents, peut-être le Front populaire en 1936 et le mouvement de mai-juin 1968, les Gilets jaunes constituant une alerte que le pouvoir politique n'a pas voulu entendre.

Voir Préparer le blocage des flux à partir du 7 mars !

Cet article est le 3232 ème sur le blog MRC 53 - le 83ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

Plus de 10 mille personnes dans la rue à Laval (Mayenne) le 11 février 2023 lors de la manifestation intersyndicale contre le projet de loi réformant les retraites. Dont des militants et sympathisants de la CFTC.

Plus de 10 mille personnes dans la rue à Laval (Mayenne) le 11 février 2023 lors de la manifestation intersyndicale contre le projet de loi réformant les retraites. Dont des militants et sympathisants de la CFTC.

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26 février 2023 7 26 /02 /février /2023 21:45

Construire un projet d'avenir pour la France, pour relever la République

 

Depuis bientôt un an, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) est engagé au sein de la Fédération de la Gauche républicaine, pour bâtir un projet d’avenir pour les Français.

Son Conseil national a décidé de réunir un congrès samedi 1er avril 2023. Voir Congrès national du 1er avril 2023


 

Une motion d'orientation est proposée au débat avec les adhérents avant le vote du congrès national. En voici la 4ème et dernière partie, la conclusion.


 

MOTION D’ORIENTATION PRÉSENTÉE PAR LE CONSEIL NATIONAL

POUR LA FRANCE, RELEVER LA RÉPUBLIQUE !

Construire un projet d’avenir

(...)

La gauche fait face à cinq défis majeurs :

Le défi du travail

Le défi de l'écologie populaire

Le défi de la croissance

Le défi de la souveraineté

Le défi de la République


 

Répondre à ces défis, c’est proposer un horizon autant qu’un chemin aux Français.

 

Après son dernier congrès, le Mouvement Républicain et Citoyen a participé à la fondation de la GRS dans la perspective de la présidentielle de 2022.

 

Depuis, le MRC s’est engagé dans le rassemblement de la gauche républicaine au sein de la Fédération de la Gauche républicaine, qui rassemble le MRC, la GRS, LRDG, la NGS et L’Engagement.

 

La tâche qui est la nôtre désormais, forts de ce rassemblement plus large, est de nous investir à partir du MRC dans la construction de la Fédération de la Gauche républicaine.

 

C’est pourquoi, le MRC décide de ne plus participer à la GRS et, dans la période de construction de la Fédération de la Gauche républicaine que nous voulons conforter, décide d’accepter la pluralité d’appartenances aux différentes composantes de la Fédération.

 

Nos compatriotes attendent de la gauche qu’elle puisse se rassembler dans un grand parti républicain, humaniste par essence, capable de faire vivre le débat d’idées et attentif aux évolutions de la société. Ce grand parti rassemblant tous les républicains de gauche ne naîtra que dans la discussion et le respect des uns et des autres. C’est pourquoi des États généraux de la gauche sont indispensables dans les mois à venir.

 

En répondant politiquement à ces cinq défis et en élaborant un projet commun qui corresponde aux aspirations populaires, nous pourrons préparer l’alternative à la confusion du macronisme et à la violence de l’extrême-droite. Nous pourrons construire un projet d’avenir dans notre pays, qui suscite une adhésion populaire, l’adhésion de nos concitoyens. Nous pourrons alors gagner, pour les Français et pour relever la France.

...................

Précisions concernant le MRC

Ce congrès, le 1er avril 2023, marquera une date dans la vie du Mouvement Républicain et Citoyen, dont la création remonte à janvier 2003, dans le prolongement du Mouvement des Citoyens (MDC, 1993-2002), qui avait été créé après la rupture avec le PS.

Deux autres dates ont compté dans la vie du MRC : 2015, le congrès du départ de Jean-Pierre Chevènement, en désaccord avec l'ancrage à gauche du Mouvement - et le congrès de décembre 2018, avec la décision de s'associer, dans le cadre d'un nouveau parti, avec les socialistes en rupture avec le PS.

Le MRC a continué d'exister, en mode mineur, depuis la création de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS) en février 2019, ses adhérents étant aussi membres de la GRS.

Ce congrès 2023 marque un nouveau départ, dans le cadre de la Fédération de la Gauche Républicaine, qui rassemble GRS, MRC, L'Engagement (amis d'Arnaud Montebourg), NGS (Nouvelle Gauche Socialiste) et LRDG (Les Radicaux de Gauche, qui n'avaient pas suivi, en 2017, le rapprochement du PRG avec les radicaux valoisiens).

Cet article est le 3231 ème sur le blog MRC 53 - le 261 ème dans la catégorie MRC national 

Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 7 septembre 2018 à Marseille, lors de l'université d'été de la Gauche républicaine

Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 7 septembre 2018 à Marseille, lors de l'université d'été de la Gauche républicaine

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25 février 2023 6 25 /02 /février /2023 15:42

Construire un projet d'avenir pour la France, pour relever la République

 

Depuis bientôt un an, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) est engagé au sein de la Fédération de la Gauche républicaine, pour bâtir un projet d’avenir pour les Français.

Son Conseil national a décidé de réunir un congrès samedi 1er avril 2023. Voir Congrès national du 1er avril 2023


 

Une motion d'orientation est proposée au débat avec les adhérents avant le vote du congrès national. En voici la 3ème partie (défis de la souveraineté et de la République).


 

MOTION D’ORIENTATION PRÉSENTÉE PAR LE CONSEIL NATIONAL

POUR LA FRANCE, RELEVER LA RÉPUBLIQUE !

Construire un projet d’avenir

(...)

La gauche fait face à cinq défis majeurs.

(...)

 

Le défi de la souveraineté

 

À l’international, la guerre en Ukraine a fait voler en éclats les postures des uns et des autres depuis plusieurs années. La France doit redevenir une puissance indépendante, dont la voix doit compter sur la scène internationale. L’Union européenne, institution technocratique, n’est plus viable en l’état. La crise sanitaire a montré l’absurdité de l’Europe maastrichienne sous hégémonie allemande, qui a dû se mettre entre parenthèses pour répondre à l'urgence. Alors qu’elle cherche à s’imposer à nouveau, avec la complicité et la faiblesse des dirigeants français, il est nécessaire de bâtir l’Europe européenne, cette maison commune, et de ramener les prérogatives de la Commission européenne à la simple exécution des décisions du Conseil, de limiter l’auto-production de législation par des organes supranationaux non contrôlés démocratiquement et de développer une Europe des projets, possiblement à géométrie variable.

La souveraineté de la France doit être respectée, tout comme sa capacité de défense nucléaire et son siège au Conseil de sécurité de l’ONU. Les impérialismes modernes ne pourront être combattus que par la coopération entre les États-nation, dans le dialogue et le partenariat. Les États-Unis veulent imposer un monde unipolaire qui est contraire à l’aspiration multipolaire de la nécessaire coopération internationale. Le rôle de l’OTAN doit aussi être maîtrisé afin de ne pas nous entraîner dans une escalade guerrière mortifère. L’affrontement et la guerre économique entre les États-Unis et la Chine ne sont pas un horizon acceptable, ils nécessitent que l’Europe européenne s’affirme d’autant plus.

 

Le défi de la République

 

Notre République est laïque, sociale et populaire. Elle est le meilleur garant de la concorde nationale. L’islamisme politique et les attaques contre la nation républicaine de ceux qui aspirent à la guerre civile sont les deux faces d’un même mal : celui où la discorde l’emporte sur la fraternité. Au relativisme ambiant, nous opposons la laïcité, comme condition de la vie en collectivité, car la liberté absolue de conscience et le libre-arbitre sont la preuve de notre liberté et de notre promesse républicaine française.

Parce qu’elle instruit et forme les citoyens de demain, l’École de la République doit bénéficier du soutien de l’État : diplômes anonymes et nationaux, revalorisation des professeurs, classes en effectifs réduits, programmes ambitieux. Les services publics sont le patrimoine de ceux qui n'en ont pas : l’hôpital public, la Poste, les centres d’impôts ou encore les services de santé de proximité doivent mailler le territoire pour garantir un accès à tous.

Parce que nous pensons que la République et ses principes sont un creuset précieux pour l’intégration de tous, nous n’avons pas peur de parler d’autorité de l’État, d’ordre public et de sécurité, de maîtrise des flux migratoires avec humanisme et fermeté, d’instruction civique et de service national citoyen et de défense. Notre capacité à intégrer et donc à assurer aux immigrés des conditions décentes doit conduire à des politiques migratoires plus restrictives et basées sur le co-développement plutôt qu’un accueil sans critères pour promouvoir la citoyenneté dans la communauté nationale et l’intégration à la République.

Alors que les libéraux ont rivalisé pour créer des institutions coupées du peuple où les groupes de pression excellent (commission européenne, loi Notre et loi Métropole, etc.), il est en outre nécessaire de consolider les institutions républicaines dans lesquelles se reconnaît le peuple : la commune cellule de base de la République, l’État-nation et le département, créations de la Révolution française. Les 500 000 élus municipaux bénévoles sont une chance pour la République et un atout pour relever le défi de la citoyenneté.

Cet article est le 3230 ème sur le blog MRC 53 - le 260 ème dans la catégorie MRC national 

Les responsables MRC Pays de la Loire, le 19 janvier 2018, avec le président national, Jean-Luc Laurent (bar-brasserie "La Passerelle de Marcel" à Nantes)

Les responsables MRC Pays de la Loire, le 19 janvier 2018, avec le président national, Jean-Luc Laurent (bar-brasserie "La Passerelle de Marcel" à Nantes)

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