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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 23:40

 

Il y a une place à prendre à gauche pour tenir le flambeau de l'intérêt national

 

La décision du Mouvement Républicain et Citoyen de présenter un candidat à l'Élection présidentielle française de 2017 est stratégique. Elle part du constat qu'il n'y a personne à gauche pour porter l'idée de la souveraineté populaire et nationale, pourtant fondamentale compte tenu de l'histoire de notre pays, de ses racines révolutionnaires et républicaines.

C'est donc pour aller au bout du chemin en avril 2017, sachant que les obstacles à franchir sont très hauts et nombreux. Le MRC, depuis sa création en 2003, n'a pu aller jusqu'au bout d'une élection présidentielle, le candidat Chevènement, en 2012 comme en 2007, se ralliant finalement au candidat du PS, dans le cadre d'un accord politique MRC-PS.

En 2002, la candidature de Jean-Pierre Chevènement se situait différemment, l'objectif étant de constituer un Pôle républicain, au-dessus des partis politiques.

Avec la candidature de Bastien Faudot, nous sommes dans l'innovation politique. La gauche est décomposée, disloquée, à la dérive depuis 1983, emportée par le néolibéralisme et l'utopie européiste. Il faut la réconcilier avec la République et le socialisme dans l'esprit de Jaurès, lui faire aimer la France, regagner la confiance des ouvriers et employés et de tous les citoyens des milieux populaires. C'est une perspective vraiment mobilisatrice.

C'est parti tôt car Bastien Faudot est jeune et a besoin de temps pour être connu. Et il aura beaucoup d'obstacles à franchir pour aller au bout. Mais ses convictions et ses capacités de débatteur, le fait qu'il portera des positions de fond, en rapport avec l'intérêt national, seront les bienvenus dans ce contexte politique dévasté pour la gauche. Bastien va contribuer à rapprocher le peuple de la politique et de la gauche. Soutenons-le ! Participons au meeting de présentation du candidat : Cabaret Sauvage, Paris 19ème, 7 février, de 14h à 17h (inscriptions sur le site du MRC).

Dans la presse :

- France Bleu, 28 janvier 2016 : L'élu belfortain Bastien Faudot candidat à l'Elysée

- France TV info, 27 janvier :

Bastien Faudot, candidat du MRC à la présidentielle 2017: Il manque à gauche une voix qui porte la question nationale

 

Il sera officiellement désigné ce mercredi soir. A 37 ans, Bastien Faudot, conseiller municipal de Belfort et conseiller départemental du Territoire, va représenter le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) à l’élection présidentielle de 2017. Il n’y a pas beaucoup de suspense, il est le seul candidat à la candidature. Il nous a expliqué le sens de cette démarche. Interview.

Quand il est né en 1978 à Belfort, Jean-Pierre Chevènement était déjà député de ce bout de France qu’est le Territoire. Bastien Faudot devrait bientôt porter les idées chevènementistes au plus haut niveau national, pour la présidentielle 2017. Même sans Jean-Pierre Chevènement, qui a quitté son propre mouvement il y a quelques mois, le MRC entend encore agiter la politique française. Jean-Luc Laurent, le président du MRC, l’a dit il y a une dizaine de jours dans Nice-Matin: son parti « doit s’inscrire dans l’exigence de renouvellement de la vie publique ». C’est donc le jeune porte-parole du parti qui portera l’étendard de cette gauche républicaine et souverainiste.

Pourquoi le Mouvement Républicain et Citoyen présente-t-il un candidat à la présidentielle 2017 ?

« Le choix a été fait en juin dernier, lors de notre dernier congrès. Le MRC est un membre critique de la majorité présidentielle. Nous avions décidé de faire partie de la majorité de François Hollande au lendemain du discours du Bourget. Mais la peinture du bureau du président de la République n’était pas encore sèche qu’il revenait sur la question clé de voûte pour nous: la réorientation de la politique européenne. En cédant aux exigences d’Angela Merkel, il a d’emblée écrit la suite du mandat. Tout le reste procède de ce choix originel. On ne peut pas faire peser sur les classes populaires le redressement de la dette, on ne peut pas améliorer les comptes publics, la situation économique, créer de l’emploi, par une politique d’austérité. Et puis il y a une évolution notoire depuis les attentats, un virage néoconservateur. On ne peut pas refermer le débat sur la question économique et sociale. Il manque à gauche une voix qui porte la question nationale, pas de manière honteuse et pas sous l’angle ethnique du Front national. »

Certains demandent une primaire à gauche. Le MRC pourrait-il y participer ?

« Je suis favorable à tout ce qui pourrait servir à déverrouiller le débat. Mais j’ai des doutes sur le périmètre de cette primaire, et le nombre de participants. Sans Mélenchon, sans Hollande, dont je doute fort qu’il se prête au jeu, quelle pourrait être cette primaire?

La dernière fois que le MRC a présenté un candidat à la présidentielle, en 2002, il n’y avait pas de candidat de gauche au second tour. Craignez-vous ce scénario ?

« On n’a déjà même plus de président de gauche, donc ce n’est pas grave. Aux régionales, dans le Nord Pas-de-Calais Picardie et en Paca, on a eu un 21 avril volontaire. »

Aux régionales en Bourgogne Franche-Comté, le MRC a fait liste commune avec plusieurs composantes de la gauche, dont le Parti communiste. Une telle alliance est-elle possible pour une présidentielle ?

« Il faudrait trouver un support politique cohérent. Ce n’est pas impossible mais… Pour une présidentielle, on change d’échelle, avec d’autres questions. On n’est par exemple pas forcément d’accord avec la gauche radicale et son anti-racisme pavlovien, faire de la morale ne suffit pas. Les Français sont attachés à la Nation. Il y a une dérive criminelle, et je pèse mes mots, de la gauche, qui a abandonné les symboles révolutionnaires au profit du Front national. »

Pour être candidat à la présidentielle, il faut 500 signatures d’élus. Est-ce un obstacle pour vous ?

« Lutte ouvrière, le NPA ou Jacques Cheminade y sont arrivés, avec un réseau d’élus moins important que le nôtre et un positionnement politique plus exotique. Si nous n’y arrivons pas, c’est qu’on n’a pas été bon. Et je ne doute pas qu’on le sera. »

 

A lire aussi: Bastien Faudot (MRC) : « L’Europe est dans l’impasse »

 

Cet article est le 181ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Bastien Faudot, en séance du Conseil national du MRC, le 30 juin 2013

Bastien Faudot, en séance du Conseil national du MRC, le 30 juin 2013

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Published by Michel SORIN - dans MRC national
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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 14:58

 

Organisons-nous pour proposer une politique à la hauteur des besoins

 

La situation de l'agriculture, de l'élevage tout particulièrement, est une grande source d'inquiétudes, le temps d'espérer un changement de politique agricole européenne étant malheureusement passé. Il faut maintenant prendre le problème à bras-le-corps. En partant des besoins de la population en matière d'alimentation, sans se limiter à l'horizon national et européen. Et en remettant la politique au premier plan. Il y a des choix collectifs à faire après avoir bien mesuré les enjeux et défini les moyens possibles.

Comment faire ? Il y a des bases de réflexion, à partir desquelles des citoyens volontaires pourraient travailler. Je propose de créer un groupe AGRAL (Agriculture et alimentation) qui ferait des propositions en amont des partis politiques.

 

Voici des liens avec des articles agricoles publiés sur les blogs MRC 53 (424 articles agricoles depuis 2006) et CiViQ (96 articles agricoles depuis le début 2014).

Voir (MRC 53) : AGRICULTURE et PAC et (CiViQ) :  Agriculture Alimentation

 

Sélection d'articles

Agriculture Pour une nouvelle PAC (1er mars 2005, site du MRC 92). Réflexions de Michel Sorin, délégué national MRC à l'agriculture

Intervention de Michel Sorin (MRC) sur l'agriculture - Libourne 16 mars 2007 (blog MRC 53, 1er avril 2007). A l'invitation de Patrick Nivet, MRC Gironde.

Pour des politiques agricoles de maîtrise des productions et de sécurité alimentaire

Intervention prononcée par Michel Sorin, Ingénieur agronome, responsable des questions agricoles au MRC, lors de la table-ronde « Quelle politique agricole au défi de la crise alimentaire mondiale ? » de la Fondation Res Publica, Paris, 9 juin 2008.

Des orientations nouvelles pour l'agriculture (par Michel Sorin, secrétaire national du MRC à l'agriculture, 10 octobre 2009, site MRC)

Agriculture et alimentation : 8 juin 2011 - intervention de Michel Sorin à Surgères (17). Blog MRC 53, 27 juin 2011. Soirée-débat à l'initiative de Serge Maupouet (MRC 17).

Lycée agricole Laval : 50 ans d'agriculture mayennaise (4) par Michel Sorin. A l'occasion des 50 ans du Lycée agricole de Laval (blog CiViQ, 13 octobre 2014).

Michel Sorin invite les citoyens à réfléchir à l'évolution de l'agriculture. (10 septembre 2015).

Atelier Agriculture de l'université de rentrée MRC : éléments de réflexion (21 septembre 2015)

Université de rentrée 2015 MRC : compte rendu de l'atelier Agriculture (28 septembre 2015)

L'agriculture européenne, grande victime de l'accord de libre-échange (22 janvier 2016)

Il y a le feu dans l'élevage français, laitier et porcin, Bretagne en tête (24 janvier 2016)

 

Cet article est le 425ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

Les éleveurs européens participant à la grande manifestation devant les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles le 7 septembre 2015

Les éleveurs européens participant à la grande manifestation devant les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles le 7 septembre 2015

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 23:52

 

Face à la politique néolibérale européenne, les éleveurs ne sont pas soutenus

 

La situation des éleveurs laitiers est quasi désespérée, car ils ne peuvent compter sur personne. La Commission européenne, qui pilote l'agriculture, a décidé de laisser le pilotage au marché, selon la doctrine néolibérale en vigueur dans cette instance, comme au niveau d'une majorité de chefs d’État et de gouvernement. Cela revient à confier le pilotage aux industriels de l'agroalimentaire, qui jouent la carte de l'exportation de produits laitiers - à des prix qui tirent à la baisse les prix payés aux éleveurs. La grande distribution prend sa part de la valeur ajoutée au passage et les producteurs sont impuissants, n'étant soutenus ni par le gouvernement, ni par leurs représentants professionnels du syndicat majoritaire (FNSEA) car l’État a remis ses pouvoirs aux technocrates libéraux de la Commission européenne et les syndicats majoritaires cautionnent l'orientation néolibérale de la Commission.

Dans le quotidien Les Echos, le 28 juillet 2015, un article de Nicolas-Jean Brehon* posait bien le problème. Voir La mauvaise bataille des producteurs de lait

Extrait. (…) La France est le pays qui a le plus de potentiel laitier : l'eau, l'herbe, le climat, l'histoire, des groupes internationaux, une image d'excellence, des fromages réputés. Mieux, les barrages se déroulent dans la région qui a tous les atouts. Normand, qu'as-tu fait de tes talents ? C'est aussi simple que ça.

Et pendant ce temps, nos concurrents se frottent les mains. La fin des quotas libère les dynamiques laitières. Trois grands pays laitiers s'enfoncent dans la brèche; l'Allemagne, les Pays- Bas et l'Irlande. « Produisez tout ce que vous pouvez, on prend tout », disent les laiteries aux éleveurs. Quand les Français doutent encore du fameux potentiel du marché chinois et ne savent pas ce qu'ils vont faire, les concurrents se préparent. C'est aussi simple que ça.

Enfin, le monde politique a été d'une incroyable lâcheté. Chaque camp se renvoie la responsabilité de la fin des quotas laitiers. Cette guéguerre politique est pitoyable. L'abandon des quotas laitiers a été initié, acté, formalisé, et rappelé par des gouvernements de gauche et de droite. Pis, on continue de tromper le monde de l'élevage. Les quotas laitiers ont assuré une production laitière partout en France. Aujourd'hui, alors que le cadre réglementaire a changé, on continue à faire croire aux éleveurs que cela va durer.

Les gouvernants ont un choix simple : ou jouer la carte économique de la compétitivité, miser sur les dynamiques laitières et accepter les concentrations de la production dans le Grand Ouest, ou jouer la carte politique de l'équilibre du territoire et tout faire pour préserver les fermes et l'outil de transformation, y compris dans les régions en déprise laitière. Mais il faut assumer ce choix et assumer les coûts (800 millions par an dans les deux cas). Qui va choisir, qui va payer ? Qui osera poser le problème en ces termes ?

La profession a moins besoin de prix que d'un cap. C'est aussi simple que ça.

* Nicolas-Jean Brehon est professeur à l'Idrehea, institut des hautes études de droit rural et d'économie agricole.

 

Revue de presse (Ouest-France) :

- 7 janvier 2016, Hervé Plagnol : Agriculture. Ces éleveurs inquiets de ne pas passer 2016

- 13 janvier 2016, Antonin Garnier : Agriculture. Toute l'Europe prise dans la tourmente

- 13 janvier 2016, Xavier Bonnardel :Les légumiers eux aussi embourbés dans la crise

- 14 janvier 2016, Christophe Violette : Crise du porc. Les raisons de la colère

- 15 janvier 2016, Guillaume Le Du : Le marché du lait se dégrade

- 21 janvier 2016, Christophe Violette : Crise agricole. Le spectre de la faillite hante les éleveurs

 

Rappel :

- Vidéo de l'INA (1982) sur la grève du lait (1972) : Historique de la grève du lait, il y a dix ans

- Université de rentrée 2015 MRC : compte rendu de l'atelier Agriculture

Cet article est le 424ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

Manifestation des éleveurs européens le 7 septembre 2015 devant les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles

Manifestation des éleveurs européens le 7 septembre 2015 devant les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 18:34

 

Les républicains de gauche doivent s'affirmer face aux républicains de droite

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC 53) était réuni à Saint-Berthevin le 18 janvier 2016, à l'initiative de Michel Sorin, responsable départemental et régional. Il a débattu de la situation politique nationale avant de prendre position sur la candidature MRC à l'élection présidentielle et de décider de l'action à mener au niveau du département de la Mayenne.

- Situation politique nationale :

. Le pays vit une période dangereuse pour la cohésion nationale et le maintien de son identité républicaine et sociale. Le gouvernement est confronté à une évolution du capitalisme et de la mondialisation qu'il n'a pas su décrire et analyser, donnant l'impression d'accompagner les forces néolibérales qui dominent l'économie.

. Un an avant le lancement de la campagne de l'élection présidentielle, le président de la République doit impérativement engager la France dans le rassemblement des forces progressistes afin de consolider le modèle social républicain français.

- Candidature MRC à l'élection présidentielle :

. Le Conseil national du MRC, le 20 décembre 2015, avait adopté un texte d'orientation - dans le prolongement du congrès de juin 2015 - intitulé « Vers la République souveraine », dont les principaux titres sont significatifs :

- Europe, urgence démocratique

- La gauche entre renoncements et espoirs

- S'adresser aux citoyens

- Vers la République souveraine, un projet de renouveau jalonné de dix balises :

- L'alliance des productifs pour le plein emploi

- Un nouveau contrat fiscal

- La préservation des biens communs et le développement des services publics

- L'école et la promesse d'avenir pour la jeunesse

- La fabrique de la République

- Ouvrir un nouvel âge démocratique

- Reconquérir notre souveraineté

- Le choix de la Nation

- Bâtir l'Europe du commun

- Une France indépendante et la coopération comme République universelle

. Le Conseil national du MRC avait également adopté la procédure de désignation du candidat qui portera ce projet lors de l'élection présidentielle.

Un seul candidat s'est fait connaître à l'issue de l'appel à candidatures : Bastien Faudot, 37 ans, élu municipal et départemental à Belfort, porte-parole national du MRC.

Il est demandé aux adhérents de voter lors de réunions organisées par les responsables fédéraux. Le résultat des votes sera connu le 27 janvier et proclamé le 7 février lors d'un meeting national, Paris 19ème.

- Actions à mener en Mayenne vers les citoyens :

Il sera proposé des rencontres locales avec les citoyens afin de débattre avec eux de l'urgence de rassembler les forces progressistes à tous les niveaux de la vie publique.

Rappel :

- 23 décembre 2015 : Le MRC sera présent en 2017 pour reconstruire une force républicaine

Le texte adopté à la majorité (7 abstentions) par le Conseil national vise la reconquête de la souveraineté du peuple français : reconquête de la souveraineté populaire, car la démocratie est mise en cause au niveau européen, et reconquête de la souveraineté nationale, qui est le droit du peuple à décider de son avenir.

- 27 décembre 2015 : Conseil national du MRC : Michel Sorin a parlé au nom du MRC 53

Notre candidature MRC doit être le début du sursaut de la gauche, le déclic qui va conduire au rassemblement des républicains de gauche sur un programme de redressement national et d'affirmation de la souveraineté du peuple français.

Cet article est le 60ème sur ce blog dans la catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

Bastien Faudot, le 30 juin 2013, lors du Conseil national du MRC

Bastien Faudot, le 30 juin 2013, lors du Conseil national du MRC

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 23:46

 

La loi incite les élus locaux à fusionner les communes sans l'avis des citoyens

 

Réduire le nombre de collectivités locales est l'obsession du gouvernement, car cela lui permet de montrer à la Commission européenne que la France de François Hollande met en œuvre des réformes.

Avant de voir tous les projets de communes nouvelles qui sont allés au bout, rappelons les articles parus sur les blogs du MRC 53 et de Réseau CiViQ, qui rapportaient le cas des communes de Saint-Berthevin et du Genest-Saint-Isle, près de Laval, en Mayenne, dont les maires avaient pourtant appliqué à la lettre les directives du préfet de la Mayenne.

Leur projet n'a pas abouti parce que des obstacles avaient été sous-estimés, en particulier l'appartenance des deux communes à des intercommunalités différentes d'une part, et la réactivité de citoyens du Genest-Saint-Isle face à la méthode un peu à la hussarde des maires, insuffisamment participative, d'autre part.

- Voir, 31 oct. 2015, (blog CiViQ,) : St-Berthevin et Le Genest : abandon du projet de commune nouvelle et (blog MRC 53) : Commune nouvelle : le projet de St-Berthevin avec Le Genest n'est plus.

- Voir aussi, 9 octobre 2015 (blog MRC 53) : Communes nouvelles : Saint-Berthevin et Le Genest-Saint-Isle se lancent

A noter, un autre cas concret, en Maine-et-Loire, signalé par Daniel Salé*, conseiller municipal d'une des communes engagées (Le Plessis-Macé) dans le projet de commune nouvelle qui a abouti à la création de la commune de Longuenée-en-Anjou.

Voir (Ouest-France, Marianne Deumié, 6 janvier 2015) : Longuenée-en-Anjou. Jean-Pierre Hébé, maire de la commune nouvelle

Déclaration de Daniel Salé : Nous croyons être une assemblée légitime parce que nos votes pour la commune nouvelle étaient majoritaires dans chacune de nos communes. Nous le pensons d’autant plus que ces votes majoritaires ont été actés par le Préfet.

Le problème, c’est que nous n’avons pas été élus par l’ensemble des électeurs de la commune nouvelle, mais par seulement les électeurs de nos communes d’origines. Pour obtenir cette vraie légitimité cela nécessiterait de nouvelles élections municipales. Et ce nouveau conseil municipal pourrait alors délibérer en toute légitimité.

Pendant 4 ans, nous allons nous arroger du vote des électeurs. Cela est difficilement supportable. Et je crois qu’il y a là un déni de démocratie. En conséquence, je m’abstiendrai ou voterai blanc lors des votes.

Rappel : la législation du 16 décembre 2010 concernant les Communes nouvelles (voir sur le site du Courrier des maires Communes nouvelles, mode d'emploi) permet aux élus municipaux qui le souhaitent de mettre à l'étude une nouvelle organisation territoriale par rapprochement entre communes. Ensuite, la LOI n° 2015-292 du 16 mars 2015 relative à l'amélioration du régime de la commune nouvelle est incitative par les dotations financières de l’État.

Voir cette présentation faite le 9 décembre 2015 par Localtis des expériences nouvelles : Bouquet d'expériences sur les Communes nouvelles

La loi du 16 mars 2015 relative à "L’amélioration du régime de la commune nouvelle, pour des communes fortes et vivantes" offre des perspectives intéressantes aux communes qui souhaitent se regrouper, sur une base volontaire, pour unir leurs forces, mutualiser leurs moyens et être  mieux représentées auprès des autres collectivités et de l’Etat.
Les communes nouvelles bénéficieront d’un statut plus souple, mieux adapté à leur spécificité et au respect de l’identité des communes fondatrices. Elles bénéficient également de dispositions financières favorables si elles sont constituées avant le 1er janvier 2016.
Le dispositif offre de nombreuses possibilités et les élus pourront déterminer eux-mêmes la gouvernance qu’ils souhaitent mettre en oeuvre, la place des communes fondatrices et le rôle des maires délégués garants de la cohésion communale. 
Les élus qui se sont lancés depuis 2013 ont participé à ces évolutions grâce à leur expérience et les premiers résultats qui en découlent :  mutualisation des services et des équipements,  économie sur les achats, préservation voire augmentation des dotations de l'Etat. Ils souhaitent exister au sein d'intercommunalités plus vastes, se dotent une gouvernance en rédigeant des chartes de fonctionnement, innovent sur le rôle des maires des communes déléguées.

Au 1er janvier 2016, le bilan de la création des communes nouvelles est le suivant :

- En Mayenne, le point était fait par Ouest-France (30 décembre 2015). Voir Quelles communes fusionneront le 1er janvier ?

- En Maine-et-Loire, département le plus créatif de France, le site Le kiosque (6 janvier 2016) annonce Plus que 224 communes au lien de 357 en Maine et Loire

- Au niveau national, le bilan est présenté par :

- Wikipédia : Liste des communes nouvelles créées le 1er janvier 2016

- Maire info (Franck Lemarc, 4 janv. 2016) : 230 communes nouvelles de plus au 1er janvier 2016

Les deux dernières semaines de l’année 2015 ont vu se succéder au Journal officiel, entre le 22 et le 31 décembre, des salves d’arrêtés préfectoraux portant création de communes nouvelles. Il s’agit de la publication officielle d’arrêtés pris tout au long de l’année. Cette dynamique a été impulsée par la loi portée par l'ancien président de l'AMF, Jacques Pélissard (loi relative à l'amélioration du régime de la commune nouvelle du 16 mars 2015, lire Maire info du 17 mars 2015).
230 communes nouvelles ont été officiellement créées dans cette période, consacrant à ce stade la fusion de 772 communes.
Ces 230 communes nouvelles regroupent 815 115 habitants, soit une moyenne de 3 543 habitants par commune nouvelle. Mais cette moyenne recouvre de fortes disparités : la plus petite regroupe 239 habitants (Mièges, dans le Jura), tandis que la plus importante (Cherbourg-en-Cotentin) en compte presque 82 000. 48 communes nouvelles sur 230 comptent moins de 1000 habitants, et 8 seulement plus de 10 000 habitants.
En ce qui concerne le nombre de communes fusionnées, mêmes disparités. En moyenne, les communes nouvelles comptent 3,35 communes fusionnées. La très grande majorité (192 communes nouvelles sur 230) fusionne moins de 5 communes. 9 opérations sont de plus grande envergure, avec 10 communes fusionnées ou plus, dont 4 dans le seul Maine-et-Loire. La plus importante fusion est celle de la commune nouvelle de Petit Caux, en Seine-Maritime, qui regroupe 18 communes (9 213 habitants).
Les tendances observées depuis le début de la dynamique en faveur des communes nouvelles se confirment très nettement : le nombre de créations de communes nouvelles est très inégal d’un territoire à l’autre. C’est la Normandie qui est la championne toute catégorie en la matière, regroupant à elle seule le quart des créations de 2015 (64 sur 230), avec 14 communes nouvelles dans l’Orne, 32 dans la Manche, 15 dans l’Eure. Vient ensuite la région Pays-de-la-Loire, essentiellement grâce au département du Maine-et-Loire qui a vu se créer 21 communes nouvelles. En fin de liste, on trouve la Bretagne (8 créations), le Nord-Picardie (6), Paca (2). Il n’y a eu aucune création de commune nouvelle en Corse.
Pour Vincent Aubelle, enseignant à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée et spécialiste des communes nouvelles, cette inégale répartition n’a rien de surprenant : « Le grand ouest a de toute façon toujours été précurseur en matière d’intercommunalité, explique-t-il ce matin à Maire info.En Normandie notamment, il existe depuis toujours une grande tradition de solidarité entre les communes ». Au-delà, le chercheur note deux phénomènes différents dans ce grand ouest : « La Normandie crée de très nombreuses communes nouvelles, plutôt de petites tailles, ce qui est une façon de répondre à un extrême morcellement des communes. Dans le Maine-et-Loire, c’est un phénomène un peu différent : il y a un peu moins de communes nouvelles créées, mais elles sont beaucoup plus grandes, regroupant souvent plus de dix communes. » Cas presque unique dans le pays : ce sont souvent, en Maine-et-Loire, des communautés de communes entières qui se transforment en communes nouvelles. « Le mouvement, explique Vincent Aubelle, a été lancé par le pays des Mauges, dont les élus ont estimé que cette évolution était nécessaire pour que les plus petites communes puissent continuer d’exister face aux grandes agglomérations de la région, Nantes, Angers ou Cholet. » Et ce n’est pas fini, puisqu’il est déjà prévu que trois EPCI du département basculent en communes nouvelles « d’ici le mois de juin ».
La liste n’est en réalité pas tout à fait complète : selon les derniers chiffres de l’AMF, ce sont 266 communes nouvelles qui ont été délibérées en 2015, pour un total de 950 communes regroupées. La Direction générale des collectivités locales (DGCL) indique que des arrêtés pourront continuer d’être publiés après le 1er janvier 2016. Une trentaine de communes nouvelles supplémentaires devraient donc être officialisées dans les jours qui viennent – à moins que certaines aient été refusées par les préfets, ce qui est toujours possible, mais peu probable. Un cas particulier est enfin à signaler : c’est celui des communes nouvelles qui fusionneraient « à cheval » sur deux départements. Un cas, au moins, se pose, celui des communes d’Ingrandes, dans le Maine-et-Loire, et Fresne-sur-Loire, en Loire-Atlantique. Les conseils municipaux ont délibéré dans ce sens, mais il faut attendre un décret en Conseil d’État pour que les limites des deux départements soient redéfinies.

Voir sur le site de l'AMF : un dossier très complet

Cet article est le 54ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Les recommandations du préfet de la Mayenne

Les recommandations du préfet de la Mayenne

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 23:42

 

Cette Europe ira de plus en plus mal parce que sur des bases supranationales

 

Le 16 décembre 2015, nous avons assisté à la première Rencontre organisée par République Moderne à l'Assemblée nationale sur le thème « Souveraineté et Europe ». Voir, à ce sujet, les deux articles publiés sur le blog du MRC 53 concernant cet évènement :

- (30 déc. 2015) : Jean-Pierre Chevènement, séparé du MRC, préside République Moderne

- (31 déc. 2015 : Souveraineté et Europe : Chevènement a relancé République Moderne

 

Coralie Delaume* intervenait après JP Chevènement, Alain Supiot, Stéphane Rozès, Jacques Mézard, Pierre-Alain Muet et Régis Debray. Marie-Françoise Bechtel était la maîtresse de cérémonie, sous la présidence de Jean-Pierre Chevènement, président-fondateur de République Moderne.

 

* Voir (28 avril 2014) Entretien avec Coralie Delaume sur l'Europe

  Voir aussi (29 mars 2014) Europe, les Etats désunis : premier livre, réussi, de Coralie Delaume

et (26 janvier 2015) Table ronde MRC le 20 sept. 2014 à Caen : Europe, lever les tabous

 

Voici l'essentiel de son intervention le 16 décembre 2015.

 

Au premier tour des élections régionales 2015, le vote FN a été un vote de classe. Les employés et ouvriers, les moins diplômés (sans le baccalauréat), les plus exposés aux effets délétères de la mondialisation, forment les principaux bataillons de cet électorat. Il ne faut pas y voir une pulsion fascisante mais une demande de démocratie.

L'Union européenne est une structure de surplomb qui enferme l'action dans des structures contraignantes. La démocratie n'est pas possible dans ce système, si l'on n'en change pas.

Les votes négatifs de 2005 sont changés en votes positifs en 2008 en France. Ailleurs (Irlande), on fait revoter les peuples.

Par contre, au Danemark, on respecte le vote des citoyens. Tout récemment, un référendum posant la question d'accroître l'intégration dans l'UE (davantage de coopération) a vu une bonne participation au scrutin (72%) et un vote NON (53%).

En Grèce, ce qui s'est passé entre janvier et juillet 2015 (Syriza au pouvoir) est édifiant.

- Le président Juncker de la Commission européenne a affirmé « Il ne peut y avoir de démocratie contre les traités européens ».

- La Banque Centrale Européenne a montré qu'elle pouvait faire sortir un pays de sa propre monnaie s'il n'accepte pas les conditions de l'UE. Il suffit de couper les financements des banques grecques.

Le gouvernement grec a décidé d'organiser un référendum, suite au harcèlement sur Tsipras.

La BCE a fait pression pour sidérer la population, ce qui n'a pas empêché les grecs de voter largement NON. Et le plus incroyable, c'est que la victoire du NON s'est transformée en OUI, le premier ministre, devant le constat de l'affaiblissement des banques de son pays, ayant fini par signer le mémorandum refusé par son peuple.

Ainsi, la preuve a été faite que, dans les conditions d'exercice du pouvoir par les institutions européennes, il ne peut y avoir de choix contre les traités européens. La Grèce a changé de gouvernement afin de mettre en œuvre les décisions européennes.

On observe que les trois institutions indépendantes (Commission, BCE, Cour de justice) européennes se renforcent entre elles. Exemple : le sauvetage de l'euro par la BCE. Celle-ci fait une politique monétaire accommodante, hétérodoxe, pour parvenir à ses fins. Des plaignants allemands ont saisi le tribunal de Karlsruhe contre la BCE, laquelle a demandé à la Cour de justice de Luxembourg de se prononcer. Elle a validé la politique monétaire de la BCE.

Il s'agit de décisions très politiques, que personne ne conteste. Cela vient du fait que les traités ont été ratifiés par les Etats. On peut parler de castration volontaire. Les Etats se sont volontairement rendu impuissants, acceptant des renoncements majeurs. La démocratie est court-circuitée dans les faits, ce qui provoque une frustration chez les citoyens.

Tout va continuer puisque la politique monétaire a été transférée au niveau européen et que la monnaie n'est pas adossée à une institution politique. Pour faire face aux divergences des économies, liées à l'euro, des instruments ont été mis en place (Merkel-Sarkozy) et deux paquets législatifs (two packs et six packs) ont été votés par le Parlement européen, ayant pour effet d'augmenter le pouvoir de la Commission européenne en matière de supervision des budgets des Etats membres, avec sanctions possibles.

Les Etats n'ont plus de pouvoir sur la monnaie et ils en ont moins sur leurs budgets. Ils en viennent à jouer sur le coût du travail pour gagner en compétitivité. Toute réorientation de l'Europe est devenue peu probable.

En conclusion, l'économie et la démocratie s'effondrent parce que l'Europe a été construite sur le mode supranational et non sur le mode international de coopération entre les nations.

Désormais, l'attention doit être portée en priorité sur la zone euro, qui évoluera mal, ce qui mettra en jeu l'existence même de l'euro.

Cet article est le 208ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Coralie Delaume, le 20 septembre 2014 à Caen, lors de l'université de rentrée du MRC

Coralie Delaume, le 20 septembre 2014 à Caen, lors de l'université de rentrée du MRC

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 18:00

 

En décembre, élections régionales , MRC et République moderne

Au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog. Voir Titres des articles du mois précédent. Depuis 2006, 2848 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog (en comptant les récapitulatifs mensuels). En 2015, 110 nouveaux articles ont été publiés sur ce blog.

Voici les titres des 15 articles parus en décembre 2015 sur le blog du MRC 53 :

Souveraineté et Europe : Chevènement a relancé République Moderne (31 décembre)

Jean-Pierre Chevènement, séparé du MRC, préside République Moderne (30)

Conseil national MRC : Martine Souvignet évoque l'économie numérisée (29)

Conseil national du MRC : Michel Sorin a parlé au nom du MRC 53 (27)

Elections régionales en Pays de la Loire : la victoire de Bruno Retailleau (27)

Déchéance : c'est la cohésion nationale que met en cause le président (25)

Elections législatives en Espagne : qualité des liens MRC – PODEMOS (24)

Le MRC sera présent en 2017 pour reconstruire une force républicaine (23)

Elections régionales 2015 : bonne stratégie du MRC mais peu d'élus (22)

Le collectif Sauvons le climat décortique l'Accord de Paris sur le climat (15)

Régionales 2015 Pays de la Loire : Clergeau ou Retailleau, président (10)

Régionales 2015 : ce qui s'annonce au second tour dans les régions (09)

Régionales 2015 : communiqué de presse du MRC 53 après le 1er tour (07)

Régionales 2015 : meeting L'Humain d'abord à Nantes le 1er décembre (03)

Régionales 2015 : la contribution de Michel Sorin concernant l'agriculture (02)

 

Cet article est le 87ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

Articles parus en décembre 2015 sur le blog du MRC 53 (Michel Sorin)
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 18:36

 

Ressourcement républicain de la gauche, RM s'adresse à tous les républicains

 

Après un premier essai manqué, en raison du désistement de Jean-Luc Mélenchon, nous étions nombreux à suivre avec intérêt - le 16 décembre 2015, salle Colbert de l'Assemblée nationale - la première Rencontre de République Moderne.

RM est un club créé en 1983 par Jean-Pierre Chevènement et relancé sur de nouvelles bases après la séparation intervenue avec le Mouvement Républicain et Citoyen, en juin 2015.

Voir renouvellement des instances du club "République moderne"

et Jean-Pierre Chevènement, séparé du MRC, préside République Moderne.

 

Ce club, nous dit Jean-Pierre Chevènement, a vocation à contribuer au ressourcement républicain de la gauche, tout en s'adressant à tous les républicains, y compris ceux qui sont membres du parti « Les Républicains ». Il tient à préciser qu'il n'est pas candidat à l'élection présidentielle de 2017.

République Moderne a prévu d'organiser quatre autres Rencontres d'ici juillet 2016, portant sur les affaires étrangères, les questions économiques et monétaires, les questions sociales, la transmission (notamment, l'école). Cette première traite des questions de souveraineté, de la Nation à l'Europe.

 

Jean-Pierre Chevènement exprime son point de vue. Selon lui, l'Europe s'est construite sur une erreur. Faute de peuple européen (demos), il n'y a pas de démocratie possible à ce niveau. La souveraineté a été transférée à des instances opaques. De plus, à partir de la première guerre du Golfe, les pays européens ont démissionné en ce qui concerne leur défense, s'alignant sur les USA. Ils n'ont pas pris conscience des défis migratoires.

La souveraineté appartient au peuple, c'est lui qui décide. Elle est nationale et populaire, la distinction entre les deux n'a plus de sens. C'est au niveau de la nation que s'exerce le pouvoir d’État. Il peut y avoir des délégations de compétences à des instances européennes mais à condition qu'il y ait un contrôle parlementaire. L'opacité des instances bruxelloises ne leur permet pas d'être efficaces.

Tout doit être passé au crible du doute. Il faut repartir avec des notions simples. L'Europe doit procéder des nations, être à la carte, construire un partenariat stratégique avec la Russie. Il faut la réorienter avec l'objectif qu'elle devienne une Europe européenne, selon l'expression du général de Gaulle, alliée des USA mais pas vassale. La France doit susciter une autre Europe.

Au niveau national, il faut à la France un gouvernement républicain énergique. Il faut changer de logiciel, faire une politique de salut public qui vide le FN de sa substance.

 

Alain Supiot, auteur du livre « La gouvernance par les nombres » (Fayard, avril 2015), observe que les institutions européennes ont démantelé les solidarités nationales sans en reconstruire d'autres. Dans toutes les juridictions européennes, il n'est question que de souveraineté de l'individu, de compétition, de mise en concurrence, avec réduction du social.

L'Union européenne ne connaît que le « doux commerce » ou la guerre civile. Il a été demandé aux grecs, en préalable, de reconnaître leurs torts, puis de faire allégeance. Cela n'a rien à voir avec la souveraineté populaire.

Le tableau actuel de l'Europe, c'est la guerre du dernier mot, la guerre des juges. Le conflit de suprématie au niveau européen crée un blocage, le chaos des sources jurisprudentielles.

En résumé, ce qui domine, c'est la compétition et la souveraineté de l'individu, pas la solidarité. Trois propositions :

- Rendre l'économie à la politique,

- Se doter d'objectifs de solidarité (l'unité allemande a été réalisée sur cette base),

- Qui gardera le gardien ? Qui aura le dernier mot ?

 

Stéphane Rozès intervient en tant que consultant. Il constate un lien entre les difficultés françaises et le déclin européen. La gouvernance et la politique européennes ne sont pas adaptées au génie européen. « Chaque nation a une âme » (François Hollande, discours du Bourget). Chaque peuple est en friction avec les autres. A la Renaissance, le génie européen s'est répandu avec l'idée que l'homme est maître de son destin, de la nature.

Après la 2ème guerre mondiale, l'Europe est devenue une entité. Une France universaliste a tendu la main à une Allemagne divisée. L'Europe devait exister sous pression des USA face à l'est. La peur du communisme a favorisé la prospérité et la paix mondiale.

Entre la France et l'Allemagne, l'imaginaire est différent. En France, c'est la raison (Descartes, l'esprit est séparé du corps). En Allemand, il n'y a qu'un mot pour qualifier la culpabilité et la dette. On ne s'approprie pas le réel de la même façon en France et en Allemagne. En France c'est par les statistiques (l'appareil d’État, l'INSEE). En Allemagne, c'est par le bas, les réalités du terrain.

Sur la question de la Grèce, il y a eu un début de discussion et de compréhension mutuelle entre Merkel et Hollande. On ne fera jamais des grecs des allemands. Merkel juge Poutine irrationnel parce qu'il n'a pas cédé aux chiffres. Mais c'est la société qui fait l'économie. Le problème allemand, c'est de civiliser les passions allemandes par l'économie. En France, c'est différent, on passe par le politique.

La crise grecque (le Grexit) a été évitée parce que Hollande a bénéficié de l'aide de Merkel. Il ne l'aurait pas eu si Schäuble avait été à sa place.

Un pacte de sécurité est fait pour protéger. Pour le libéral, l'économie fait la société. Chaque peuple a le droit de défendre son modèle. Les frontières sont faites pour protéger. C'est sur cette base que viendra la renaissance européenne.

La France a un surmoi. Mitterrand disait « La France est notre patrie, l'Europe est notre avenir ». Hollande a constaté que les allemands ne sont pas universalistes, contrairement aux français.

La France est dépendante du fonctionnement de l'Europe. Le Pen instrumentalise, Sarkozy joue au sauveur, Hollande au médiateur. Ils intériorisent les contraintes.

L'élection présidentielle s'offrira à celui qui saura concilier le redressement français avec la renaissance européenne.

La suite dans un prochain article…

Cet article est le 207ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Autour de Jean-Pierre Chevènement et de Marie-Françoise Bechtel, les intervenants, salle Colbert, Assemblée nationale, 16 décembre 2015

Autour de Jean-Pierre Chevènement et de Marie-Françoise Bechtel, les intervenants, salle Colbert, Assemblée nationale, 16 décembre 2015

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 17:59

 

Une 1ère Rencontre RM a eu lieu le 16 décembre 2015 à l'Assemblée nationale

 

Le congrès 2015 du Mouvement Républicain et Citoyen avait cristallisé le désaccord stratégique entre Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur, et son successeur à la présidence, Jean-Luc Laurent, ce qui avait conduit l'ancien ministre à quitter le MRC. Voir (blog MRC 53, 20 juillet 2015) :

La République moderne de Chevènement pour sortir la France de l'ornière

Pourtant, les deux stratégies pouvaient être mises en œuvre dans la même formation politique car elles sont complémentaires : celle du MRC en tant que parti politique appartenant à la gauche républicaine et celle de Jean-Pierre Chevènement en tant qu'homme politique voulant créer des rapprochements d'idées afin de proposer une alternative républicaine aux politiques néolibérales. Cette alternative implique un ancrage à gauche et une ouverture à toutes celles et ceux pour qui la République est la communauté des citoyens.

Jusqu'à preuve du contraire, le MRC existe dans le prolongement des idées portées par Jean-Pierre Chevènement et ses amis depuis la fondation du CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste, créé en 1964) et son projet, comme celui de République moderne, n'a de sens et d'avenir qu'en prenant appui sur une double souveraineté, celle du peuple face au capital et celle de la nation citoyenne face à la tentation oligarchique au niveau européen.

On peut regretter la décision de Jean-Pierre Chevènement et de Marie-Françoise Bechtel mais c'est un fait : République moderne (voir La France en grand) et le Mouvement Républicain et Citoyen sont désormais des entités distinctes.

 

La première Rencontre organisée par République Moderne a eu lieu le 16 décembre 2015, salle Colbert à l'Assemblée nationale. Voir Un changement de logiciel pour vider le Front National de sa substance et faire la démocratie républicaine

 

Le club République Moderne dont le président est Monsieur Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, a organisé une première Rencontre autour de sa vice-présidente Madame Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne, de Régis Debray, philosophe, Alain Supiot, professeur au Collège de France, Jacques Mézard, sénateur du Cantal, président du groupe RDSE au Sénat, Pierre-Alain Muet, député socialiste du Rhône, Stéphane Rozès, politologue, et Coralie Delaume, essayiste. 

Le thème de la Rencontre était : 

« De la souveraineté nationale à l’Europe européenne »

Des débats qui se sont tenus dans la salle Colbert de l’Assemblée Nationale, entièrement remplie, a émergé l’idée que pour rester une puissance mondiale la France devait promouvoir à la fois une politique étrangère indépendante et l’idée d’une Europe européenne, englobant tous les pays européens, y compris la Russie. Ce point est capital. Car seule une Europe européenne ainsi comprise peut éviter au XXIème siècle un monde bipolaire autour des États-Unis et de la Chine. L’indépendance implique la souveraineté populaire. C’est le peuple qui, en dernier ressort, consent ou révoque les délégations de compétences.

Jean-Pierre Chevènement et Marie-Françoise Bechtel ont lancé un appel aux parlementaires et aux autres invités présents [1], quelle que soit leur origine politique, pour contribuer à l’élaboration d’un nouveau logiciel pour la France. Ils ont appelé à la formation d’un gouvernement de salut public. Celui-ci se distingue de l’union nationale, dès lors qu’il est en rupture avec les politiques erronées qui ont conduit la France là où elle en est aujourd’hui. Une telle refondation permettra à la France de faire vivre chez elle et dans le monde ses valeurs de liberté, de laïcité, d’égalité et de fraternité, qui sont plus que jamais des valeurs d’avenir. Seule une telle réorientation de la politique française autour d’un gouvernement républicain énergique permettra de vider le Front National de sa substance et de faire revivre la démocratie républicaine. » 

[1] Notamment :  M. Arnaud Montebourg, ancien ministre, Mme Marie-France Garaud, ancienne conseillère du Président Pompidou, MM. Gérard Bapt, Jean-Pierre Blazy, Jean-Michel Villaumé, député (PS), Christian Hutin, député (MRC), M. Pierre-Yves Collombat, sénateur (RDSE), M. Jean-Pierre Brard, ancien député-maire de Montreuil (PCF), M. François Morvan, responsable national de DLF, Mme Marielle Boullier-Gallo, ancienne députée européenne.

REVIVEZ LA RENCONTRE RM DU 16 DÉCEMBRE

Voir aussi (JP Chevènement, 7 décembre 2015) : Pour un gouvernement de salut public

 

Cet article est le 206ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Les intervenants autour de Jean-Pierre Chevènement et Marie-Françoise Bechtel, lors de la 1ère Rencontre de République Moderne, le 16 décembre 2015

Les intervenants autour de Jean-Pierre Chevènement et Marie-Françoise Bechtel, lors de la 1ère Rencontre de République Moderne, le 16 décembre 2015

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 20:50

 

Cette économie, non juridiquement cadrée, peut aussi asservir les citoyens

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) prépare son projet en vue de l'élection présidentielle. Voir (23 décembre 2015) : Le MRC sera présent en 2017 pour reconstruire une force républicaine

Le 20 décembre, il a adopté un texte intitulé « Vers la République souveraine », qui n'a pas été rendu public, car il doit être suivi de discussions complémentaires.

Parmi les nombreuses interventions qui ont précédé l'adoption de ce texte - et avant celle de Michel Sorin qui a parlé au nom du MRC 53 - voici celle de Martine Souvignet, secrétaire nationale à la citoyenneté, à l’égalité et à la laïcité :

Pour une république souveraine, réguler l’économie dite collaborative

Le MRC doit se préoccuper de la numérisation rapide et inéluctable de secteurs entiers de l’économie, dans les services en particulier immobilier, transports, tourisme… Cette « économie dite collaborative ou partagée » ignore les lois fiscales, contourne le code du travail et le salariat.

14% du total des emplois sont « ubérisables » dans le secteur des services et mettent en danger les services publics classiques…Pas négligeable, même si d’autres emplois sont créés mais souvent hors droit du travail.

Des fortunes favorisées par l’économie numérique, les GAFA , se sont construites en 5, 10 ans, alors qu’il fallait 2 ou 3 générations pour faire une dynastie de maîtres de forges ou …les Peugeot ou Michelin…

« Une poignée d’individus détient une puissance financière qui dépasse celle de beaucoup d’Etats… Des entités capables sur une échelle mondiale de développer des actions coordonnées plus efficaces que bien des politiques publiques » écrit Olivier Babeau, professeur à l’Université de Bordeaux, évoquant le don faramineux soi disant philanthropique de Zuckerberg…

 

Ce type d’économie numérisée s’inscrit dans la financiarisation de l’économie et les Etats-nations doivent pouvoir réagir, réguler, fiscaliser ces développements…

Il s’agit aussi pour les militants politiques que nous sommes de dénoncer l’attractivité trompeuse de cette économie numérique hyper ( ou post ?) libérale qui séduit les nouvelles générations car de nouveaux domaines semblent s’ouvrir à la rentabilité capitalistique sans investissements matériels importants et portent l’idée de l’accès mondial et libre de tous à tous les services…

 

La République ne sera souveraine que si elle régule aussi ce type d’activités qui, en période de chômage massif, donne à tout jeune, fasciné par ces acteurs non gouvernementaux (Facebook, Amazon), l’idée d’une création d’entreprise et de richesse hors normes, hors la loi, hors sol, hors droit du travail, hors la République…

 

« En donnant à des intérêts privés le pouvoir d’outrepasser les règles locales et d’interagir directement avec les populations, le numérique crée en effet les conditions d’un affaiblissement inouï des entités politiques traditionnelles », dit M.Babeau…

«  L’alliance des productifs » peut-elle inclure l’économie immatérielle qui ne produit pas mais financiarise des services par un non-salariat qui se développe hors droit du travail ?

 

Le MRC dans son projet présidentiel doit pouvoir être à l’avant-garde de cette réflexion et ne pas se cantonner à une réflexion classique sur des secteurs économiques classiques de grandes entreprises.

C’est un combat idéologique autant qu’économique car il s’agit de convaincre la nouvelle génération que la République, la loi, l’intérêt général, l’égalité des citoyens, ne sont pas des valeurs anachroniques et que faire de la politique, c’est pouvoir peser et combattre cette vision libérale apparemment collaborative, dite sympathique et novatrice (voir Blabla car…et son capital accumulé en 5 ans…).

Or, cette économie numérisée non juridiquement cadrée peut asservir le citoyen à terme : retour au travail du journalier sans droits sociaux, libre certes, libre dans la jungle de services numérisés mondialisés non régulés… Le contraire de la République souveraine.

 

Cet article est le 180ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Martine Souvignet, lors d'une réunion du Conseil national

Martine Souvignet, lors d'une réunion du Conseil national

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