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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 23:52

Le rassemblement de la gauche n’est pas impossible

 

Certains militants, républicains de gauche, ne comprennent pas ce qui sépare Jean-Pierre Chevènement de Jean-Luc Mélenchon. Ils souhaiteraient les voir s’associer dans la perspective de refonder la gauche.

Cette phrase, extraite de mon article daté du 22 avril 2010, ne concerne pas tous les soutiens du Front de Gauche, certains préférant la division, mais elle m’est revenue à l’esprit en lisant ce titre du Journal du Dimanche daté du 7 novembre "Chevènement et Mélenchon ont le même électorat potentiel".

 

Mélenchon et Chevènement sont deux fortes personnalités politiques de gauche. Ils sont actuellement tous les deux candidats à l’élection présidentielle 2012 et pourraient faire partie de la nouvelle majorité de la gauche dans six mois, si celle-ci l’emportait le 6 mai prochain.

 

A la demande de Christine Tasin, pour Riposte Laïque, j’avais essayé de montrer, avec ma subjectivité, mais le plus honnêtement possible, ce qu’ont été les parcours des deux anciens ministres. Voici ce texte, daté du 12 mars 2010.

 

Chevènement et Mélenchon : deux républicains, vus par Michel Sorin - 22 avril 2010 

 

L’évolution de Jean-Luc Mélenchon ne me surprend pas. Il ne faut, ni la diaboliser, ni l’occulter. Je le connais depuis les années 1980, au PS. C’était un brillant orateur et un bon organisateur de courant interne. Il venait du syndicalisme étudiant et du trotskisme lambertiste (Organisation communiste internationaliste) et se tenait au sein du mitterrandisme, mais en périphérie de celui-ci. Il est resté proche de Jospin et de Fabius.

 

Pour ma part, j’étais engagé depuis 1973 avec Chevènement au CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste), qui s’est transformé en « Socialisme et République » au moment où Mélenchon et Dray ont créé le courant « La Gauche socialiste ».

Il n’y avait pas d’atomes crochus entre les deux courants de gauche du PS, tous les deux opposés à la « 2ème gauche rocardienne », réticente vis-à-vis de l’Etat (tendance libérale).

 

La « Gauche socialiste » de Mélenchon était un courant de gauche classique, poussant les feux sur le plan social, sur le mode contestataire, dans un parti de type social-démocrate.

Autour de Chevènement, la préoccupation était plus liée au pouvoir d’Etat et à la transformation de la société par la loi et la gestion publique. Chevènement est un homme d’Etat recherchant l’efficacité et la cohérence dans l’exercice des responsabilités publiques (maire, parlementaire, ministre).

Mélenchon est d’abord un tribun cherchant à mobiliser les masses pour faire progresser la gauche. C’est pourquoi il est si proche de Chavez, président du Venezuela, et si éloigné des références gaulliennes, mendésistes et républicaines de Chevènement.

 

C’est sur l’Europe que les positions divergent le plus.

Le NON de Mélenchon, le 29 mai 2005, à la ratification du Traité constitutionnel européen, était d’abord antilibéral et en faveur d’un processus constituant européen, faisant de l’Union européenne une entité politique se substituant aux nations.

Le NON de Chevènement était d’abord républicain, se référant à la souveraineté populaire, avec en point de mire la réorientation de la construction européenne, fondée sur la coopération entre les nations.

 

A partir du référendum européen, leurs stratégies divergent nettement.

- Mélenchon veut rassembler la gauche de la gauche, afin de créer un rapport de forces électoral vis-à-vis du PS se traduisant, dès que possible, par une prise de contrôle (stratégie de Die Linke en Allemagne vis-à-vis du SPD).

- Chevènement veut amener le PS à une refondation de l’ensemble de la gauche de gouvernement sur des bases républicaines, en influant sur le projet politique à présenter en 2012 (stratégie de type congrès d’Epinay du PS en 1971).                                                    1/2

 

La stratégie de rassemblement de la gauche de la gauche correspond bien à la personnalité et aux objectifs, notamment européens, de Mélenchon. Cela le conduit à s’éloigner de la République et à se rapprocher de l’écologie, afin de convaincre les militants du NPA et des Verts de s’entendre pour devenir plus forts ensemble que le PS. Les dérapages sur la question de l’islamisme et de la laïcité s’expliquent par la nécessité de coller à l’électorat d’extrême gauche, plutôt communautariste.

 

La stratégie de refondation républicaine de la gauche conduit Chevènement à se rapprocher du PS pour amener sa direction sur les orientations européennes du MRC (remise en cause des institutions de Bruxelles et de la politique de concurrence, gouvernement économique de la zone euro, Europe à géométrie variable pour des politiques de coopération renforcée, politique commerciale protégeant notre modèle social).

 

Si je dois résumer ce qui peut expliquer l’incapacité de ces deux hommes à s’accorder (on a pu le constater en 2009 lors de la recherche d’un accord entre le Front de gauche et le MRC pour les élections européennes – le président du Parti de Gauche n’acceptait que le SMS comme moyen de liaison avec le président du MRC), c’est la conception du rôle de la Nation républicaine, clé de voûte de la démocratie aux yeux de Chevènement, y compris dans la politique européenne, pour laquelle des compromis d’organisation sont possibles, à condition de respecter la volonté des peuples (le Parlement européen ne peut jouer qu’un rôle mineur et il est largement sous l’influence des forces libérales).

 

Pour Mélenchon, le prolétariat ne peut se libérer au niveau national. Sa vue des rapports sociaux est mondialiste, les nations européennes ayant des Etats qui favorisent les tendances politiques conservatrices, de son point de vue. L’Europe est considérée comme le bon niveau pour renverser le rapport des forces en faveur du travail, par la conquête de la majorité du Parlement européen.

 

Les deux cherchent à promouvoir une République laïque et sociale mais, derrière les mots, il y a deux personnalités politiques que tout sépare.

 

Témoignage.

- J’ai le souvenir, après l’élection présidentielle de 2002, sur les ondes de France Inter, de déclarations fort maladroites de Mélenchon, appelant au dépassement de la conception républicaine de Chevènement, et ne craignant pas d’affirmer que celui-ci avait fait son temps.

- Quand je l’ai rencontré, il y a deux ans à Laval, où il était venu soutenir le porteur de la pancarte « casse-toi, pôvre con », poursuivi en justice pour offense au chef de l’Etat, ses premiers mots étaient pour souligner son désaccord avec Chevènement.

 

Il ne peut donc y avoir le moindre espoir de voir ces deux personnalités consentir à rapprocher leur point de vue. Du moins, en temps de paix…

 Cet article est le 130ème paru sur ce blog dans la catégorie  Gauche France  

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 12:05

Le candidat qui propose des solutions face à la crise

 

La preuve que la candidature Chevènement dérange ? Les propos de Michel Rocard, ce matin sur France Inter, clairvoyants sur l’énergie nucléaire mais inappropriés vis-à-vis de son éternel adversaire au sein du PS des années 1970-80. Rappel : Présidentielle 2012 : Chevènement candidat pour que la France gagne - 6 novembre 2011. 

Université d'été MRC 2011 063 TJean-Pierre Chevènement a toujours été indépendant, ne craignant pas les polémiques. Il a trouvé ce 7 novembre en Philippe Cohen, dans Marianne, un commentateur avisé de sa candidature. En effet, celle-ci est à double détente : d'abord en direction de François Hollande et, si le candidat PS ne montre pas suffisamment d'intérêt pour le programme de salut public, Chevènement se tournera vers l'ensemble des français.

 

Chevènement candidat, la balle est dans le camp d'Hollande

Personne n'y croyait et pourtant le sénateur de Belfort a annoncé samedi soir sur France 2 sa candidature à l'élection  présidentielle de 2012. Un remake de la catastrophe de 2002 ? Pas si sûr. Analyse.

Histoire ne se répète pas, elle bégaie. Beaucoup de commentateurs seront tentés d’interpréter la candidature de Jean-Pierre Chevènement comme une inutile répétition de la douloureuse expérience de 2002 : avec Jean-Luc Mélenchon, Éva Joly et à présent Jean-Pierre Chevènement, il ne manque plus qu'un candidat des radicaux de gauche, une nouvelle Christiane Taubira, pour réitérer la configuration de premier tour qui n’avait pas permis à Lionel Jospin de se qualifier pour le second en avril 2002. Et encore : à l’époque, en novembre 2001, Jean-Marie Le Pen était bien moins haut dans les sondages que sa fille aujourd’hui.

Pourtant, on aurait tort de décalquer purement et simplement la présidentielle de 2002 sur celle qui se prépare. La crise financière, et la forme particulière qu’elle revêt en Europe avec les dettes publiques, bouleverse tous les calculs pré-électoraux. On voit bien que la campagne de 2012 sera une campagne de temps de crise et que les événements viendront sans cesse percuter son bon déroulement. En outre, la cuvée Chevènement 2012 n’a pas grand-chose à voir avec celle de 2002. À l’époque, l'ex-maire de Belfort avait l’ambition de « turbuler » le système et de devenir ainsi le troisième homme de la campagne, ce qu’il fut un court moment, en janvier 2002
Cette foi-ci, l’ambition est autre. Il s’agit d’une candidature d’idées. Depuis sa semi-retraite politique, Chevènement s’est plongé dans le monde des idées. L’essentiel de ses activités s’est recentré autour de sa fondation fondation, Res publica. On y trouvera des textes et des débats sur les sujets à la fois essentiels et évités par la plupart des hommes et des femmes politiques : la géopolitique, les ambitions des grandes puissances (Chine, Allemagne), le Printemps arabe, l’industrie, la défense, etc.

Autre différence de taille, il n’y a pas, entre François Hollande et Jean-Pierre Chevènement, l’antagonisme qui existait entre ce dernier et Lionel Jospin. « Je ne suis pas candidat contre François Hollande » , a déclaré Chevènement au Parisien.
Les deux hommes dialoguent. Le candidat du PS respecte Chevènement, et il aurait tort de traiter sa décision avec mépris, comme seront tentés de lui suggérer certains de ses soutiens. François Hollande a montré, pendant et après les primaires, son extrême habileté politique. Il a soigneusement évité toute polémique avec ses concurrents, les ménageant même quand ils ne le ménageaient point. Nul doute qu’il cherchera à faire une place à Chevènement.

Autre chose est de savoir comment il le fera. 


Jean-Pierre Chevènement décevrait s’il se contentait de solder sa tentative, autrement dit de renoncer, contre quelques « circonscriptions » aux législatives, des «circos» comme on dit à présent dans les appareils de la gauche. Il est trop intelligent et aussi trop fier pour finir sa carrière dans des négociations d’appareil telles qu’elles sont en train de s’opérer entre le PS et Europe-Écologie-les-Verts. Pour François Hollande, la candidature Chevènement peut même s’avérer utile pour rééquilibrer le rapport des forces au sein de la gauche dans lequel, jusqu’alors, les Verts et le Modem – dont on ne connaît pas encore la trajectoire – semblent plus forts que le Front de gauche et la gauche républicaine.

En réalité, la candidature Chevènement – que ce dernier a décidé voici trois semaines, non sans hésitations, peu après les primaires PS – n’a de sens que si elle se situe par rapport à l’incroyable crise économique dans laquelle nous sommes installés. Chevènement a une vision singulière de la situation et propose une stratégie différente pour la France au moment où Nicolas Sarkozy, lui, continue de se raccrocher à Angela Merkel comme si le pays n’avait aucune marge de manœuvre. Chevènement propose une alternative articulée autour de quelques grands points :


1)  une nouvelle négociation avec l’Allemagne : soit notre partenaire accepte de modifier les statuts de la Banque centrale européenne (BCE) pour lui permettre d’élever un mur d’argent contre les attaques des marchés ; soit la France met en place un plan B et nous passons de la monnaie unique à la monnaie commune, permettant à chaque pays de retrouver les voies de la croissance.


2)  La nationalisation de la dette française par une souscription auprès des citoyens résidents.


3)  La reconstruction de l’industrie ravagée par un euro trop fort et l’absence de stratégie de l’État.


4)  La mise sous tutelle des banques par un plan comparable à celui que mit en place Roosevelt après la crise de 1929.

Pour imposer ses idées dans la campagne, Chevènement ne dispose que de peu de moyens en argent et en hommes. Sa campagne sera surtout médiatique. Il n’a obtenu pour l’heure que 250 promesses de signatures, toutes glanées à gauche, précise son staff. Le camp hollandiste, qui a déjà ignoré les prétentions du Che au Sénat, sous l'influence de Jean-Pierre Bel -  peut être tenté d’ignorer sa tentative en espérant qu’il n’ira pas au bout, ou encore qu’il ne dépasserait pas les 2% dans les intentions de vote.

Une phrase de Jean-Pierre Chevènement n’a sûrement pas échappé au candidat du PS, lorsqu’il a indiqué que l’on « pouvait aider François Hollande à se mettre à la hauteur »... Phrase qui peut certes paraître méprisante, mais qui peut aussi être interprétée comme une main tendue si, comme le suggère Arnaud Montebourg, le candidat du PS consent à écouter son message.

 

Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 23:42

Où trouver de l’argent ? Là où il y en a en masse !

 

La Lettre du Lundi, parue le 30 octobre 2011, faisait la comparaison entre 1789 et aujourd’hui. Le point commun est le manque d’argent dans les caisses de l’Etat. Qu’ont-ils fait en 1789 ? Ils ont nationalisé les biens du clergé. En 2012, il faudra taxer lourdement les très hauts revenus et les grandes fortunes.

En 1789, Talleyrand propose de nationaliser les biens du clergé pour résoudre la « crise financière ». Quels sont les biens du clergé du XXIe siècle ? Comment les taxer ? Pourquoi les taxer ?

 

Les biens du clergé

 

1789 : les impôts ne rentrent plus, les épargnants (le « marché financier » de l’époque) refusent de prêter de l’argent à l’État. La faillite menace le royaume de France.
Pour trouver une solution à cette « crise financière », Louis XVI réunit les États Généraux au mois de mai, avec en tête un seul objectif : trouver de l’argent.
Passons sur les événements et péripéties qui jalonnent les premiers mois des États et arrivons-en au cœur de notre sujet : la résolution de la crise financière.

Au mois d’octobre, un jeune ambitieux de 35 ans, Talleyrand, évêque d’Autun, propose une solution radicale : nationaliser les biens du clergé, dont la valeur représente environ dix fois le montant du budget annuel de la France.
Âprement discuté, le principal argument pour soutenir cette proposition est le suivant : l’immense fortune du clergé s’est constituée à l’aide des dons de l’ensemble des fidèles, c’est-à-dire de toute la Nation. Les biens du clergé doivent donc, en toute logique, revenir à la Nation.
En moins d’un mois, l’affaire est pliée et, le 2 novembre 1789, les biens de l’Église deviennent propriété de l’État.
  
2011 : la croissance économique s’est arrêtée, le chômage progresse, la République croule sous les dettes – plus de 1 800 milliards d’euros – et dépense chaque année une centaine de milliards d’euros de plus qu’elle n’engrange en recettes.
Nicolas Sarkozy, auquel l’Histoire décernera sans doute le titre de plus mauvais Président de la Cinquième République, a multiplié les cadeaux fiscaux à ses amis et obligés depuis le début de son mandat, réduisant d’autant les recettes de l’État. Soudainement paniqué et atteint dans son orgueil de Narcisse à l’idée que la France perde son « triple A » qui rassure ses créanciers, il multiplie les effets de manche et, d’un hebdomadaire « sommet de la dernière chance » aux conciliabules journaliers, il s’agite aussi inutilement que dangereusement.
Comme en 1789, la question reste la même : où trouver de l’argent ? À part augmenter la TVA, raboter quelques niches fiscales et dégrader encore un peu plus le service public, le Président du Fouquet’s ne sait trop que faire. Comme un enfant qui a cassé son jouet, il jure que « c’est pas de sa faute, c’est la faute à la crise ».  

2012 : comme en 1789, il faut désormais envisager des mesures radicales. Mais quels sont, aujourd’hui, les biens du clergé à nationaliser ?
Avant de poursuivre la lecture de ce billet, nous vous invitons au préalable à lire ou relire celui consacré à notre « troisième proposition pour 2012 » : la répartition des richesses.
Dans ce billet, nous avancions deux mesures pour parvenir à une meilleure répartition des richesses dans notre pays. La première consistait à taxer très lourdement, 90 % par exemple, tous les revenus supérieurs à 330 000 € par an. La seconde concernait le capital : dans le cadre d’un impôt imposant toute fortune supérieure à un million d’euros, nous proposions de taxer très fortement tout patrimoine supérieur à 100 millions d’euros.
Aujourd’hui, nous allons plus loin : imposons à 90 % toute fortune supérieure à 100 millions d’euros, réalisant de facto une nouvelle nationalisation des biens du clergé, version XXIe siècle.
  
Quelques chiffres
  
Selon le magazine Challenges, en 2010, en France, 377 personnes ou groupes familiaux détenaient un patrimoine égal ou supérieur à 100 millions d’euros, depuis Bernard Arnault jusqu’au propriétaire de Pixmania ou des vins Chapoutier (voir liste intégrale ici).
Le total de ces 377 fortunes ? Un peu plus de 270 milliards d’euros, soit, à une quinzaine de milliards près, le montant total des dépenses de l’État français en 2011.
  
Nous n’aborderons pas ici la question du « comment employer cet argent », dont la ou plutôt les réponses pourraient remplir plusieurs volumes d’une bibliothèque et susciter des polémiques sans fin. Notre objectif est plus simple : souligner les écarts de richesses ahurissants qui existent dans notre pays et montrer pourquoi, si nous voulons « sauver la République », nous devons réduire ces écarts de façon spectaculaire.
Compte tenu de la hausse vertigineuse des prix de l’immobilier ces dernières années, le patrimoine de l’ensemble des Français est aujourd’hui estimé à 10 000 milliards d’euros. Quand au patrimoine médian, il est de moins de 100 000 , ce qui signifie que 50 % des Français ont un patrimoine inférieur à ce chiffre.
À l’inverse, 377 personnes ou groupes familiaux, qui doivent représenter un total d’environ 1 200 individus, se partagent 270 milliards, soit environ 716 millions par « personne ou groupe familial » ou 225 millions par individu : selon le mode de calcul choisi, un écart de 1 à 7 160 ou de 1 à 2 250 par rapport au patrimoine d’un « Français moyen »
Imposer une taxation à 90 % au-delà de 100 millions d’euros reviendrait à ramener de 1 à 1 000 l’écart de fortune entre les plus riches et le « Français moyen ». La proposition est donc infiniment plus modérée qu’il n’y paraît de prime abord : nous restons à des années-lumière d’une « société égalitaire ». Et pourtant…
  
« Vous êtes dingue ! »
  
« Taxer à 90 % la fraction du patrimoine supérieure à 100 millions d’euros ? Vous êtes dingue ! C’est une blague ? C’est du collectivisme, tout cet argent est le fruit d’une vie de travail. Pourquoi spolier ces (pauvres) gens ? »
Voilà peu ou prou le type d’objection que l’on entendrait si cette proposition était avancée par un homme – ou une femme – politique d’envergure, un(e) candidat(e) à la présidentielle, par exemple. Pour y répondre, prenons un peu de hauteur.
Nous ne citerons pas ici les nombreux billets qui, sous une forme ou sous une autre, ont abordé et analysé depuis trois ans cette question centrale : la concentration des richesses nous mène droit à la fin de la démocratie.
- D’une part, le véritable pouvoir est déjà entre les mains d’un « réseau » d’environ 2 000 personnes, dont les « 377 » font partie, faisant de notre République une oligarchie, ou plutôt une ploutocratie.
- D’autre part, face à des inégalités de plus en plus criantes, il n’y a déjà plus qu’une solution, ou plutôt trois, pour maintenir l’ordre social : « bourrer les crânes » en abêtissant la populace (laissons crever l’école publique) et en contrôlant la communication (TV, presse…) ; réprimer (la presse encore indépendante, les syndicats, les juges… tous les contre-pouvoirs qui « osent l’ouvrir ») ; diviser, dresser les individus les uns contre les autres (salariés du privé contre « fainéants de fonctionnaires », parents d’élèves contre professeurs, blancs contre noirs et arabes, etc.).
  
Réduire violemment et irrémédiablement (une fois que l’argent est pris, on ne le rend pas !) le gouffre social et financier qui s’est creusé en France est, en définitive, indispensable si l’on veut sauver la démocratie et éviter de poursuivre le chemin déjà entamé vers une république impériale, oligarchique et ploutocratique (pardonnez la pédanterie et la longueur de l’expression). Cette nécessité n’est ni de droite ni de gauche, elle est tout simplement républicaine.

 

Qui rédige La Lettre du Lundi ? Pour le savoir, Cliquer ici

 

Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 18:16

Et si, cette fois-ci, c’était lui l’homme de la Nation ?

 

A six mois du second tour de l’élection présidentielle, le 6 mai 2012, le sénateur Chevènement s’est lancé avec une grande détermination dans la compétition électorale. Sans être sûr d’être candidat jusqu’au bout, mais en pensant que cette troisième tentative (en 2006, c’était un faux départ) pourrait être la bonne, qui sait ? Ce monde est si surprenant que tout peut arriver, y compris ce qui n’est pas prévu. N’oublions pas que les favoris à cette élection si particulière sont rarement les élus.

 

Ce qui me met sur la voie d’une surprise possible, ce sont deux indices : la gravité de la crise, comparable à celle des années 1930, d’une part et la petite forme du candidat sortant, qui sera présent dans la compétition, n’en doutons pas, d’autre part.

                                      

Université d'été MRC 2010 044 TJean-Pierre Chevènement est un des rares hommes d’Etat capables de transcender les clivages politiques. Il peut attirer des électorats qui, aujourd’hui, se prononcent pour les trois candidats les plus en vue ou se déclarent actuellement abstentionnistes.

 

Sa présence au second tour, dans le contexte de crise accentuée, est une possibilité, même si ce n’est pas le plus probable, j’en conviens… A défaut, il pourra influer sur les orientations du candidat de la gauche.  Il y a matière, comme on peut le constater au vu de ses déclarations de candidature.

 

Photo : Voir Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande - 9 septembre 2010

"J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat". Jean-Pierre Chevènement a annoncé officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 lors du 20h de France 2, samedi 5 novembre 2011. Il répondait aux questions de Laurent Delahousse.

A propos de la crise : Je suis un de ceux, avec le regretté Philippe Seguin, qui ont combattu le traité de Maastricht, la monnaie unique. Le vice est dans la monnaie unique car elle a juxtaposé 17 pays très différents par leurs structures économiques, leur langue, leur culture, leurs options politiques. Les écarts se sont creusés : l'Allemagne excédentaire, industrielle au nord et les pays d'Europe du sud, déficitaires, en voie de désindustrialisation. Il y a des courants républicains très différents qui, sans se dire ouvertement chevènementistes, défendent des idées proches de miennes et je salue le progrès des idées d'Arnaud Montebourg au sein du PS.

A propos de sa non-participation aux primaires socialistes : je me serais mis à la merci du résultat donc d'une ligne politique qui n'est pas la mienne.

Je pense qu'il y a deux solutions à la crise actuelle : soit on renforce la Banque centrale européenne et alors on peut garder la monnaie unique, soit on ne peut pas car l'Allemagne s'y refuse et il faut envisager la mutation de la monnaie unique en une monnaie commune.

J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes c'est à dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis. Nous sommes dans l’œil du cyclone.

A propos de sa responsabilité dans le 21 avril 2002 : le problème est de savoir ce qu'ont dit les candidats. J'ai mis en garde contre l'omnipotence des marchés financiers, j'ai proposé de redresser l'Europe, de la réindustrialiser, de fixer des repères clairs en termes de sécurité, d'école. En 2002 j'avais le tort d'avoir raison avant tout le monde. Je n'accepte pas que ceux qui font le lit du Front national en se ralliant au néolibéralisme puissent me transformer en bouc émissaire.

A propos de François Hollande : c'est un homme intelligent. On peut l'aider à se mettre à la hauteur.

Je développerai quatre repères fondamentaux* dans la période troublée qui est devant nous : une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation, la croissance plutôt que la récession, la souveraineté de la France, les droits du parlement c'est-à-dire souveraineté budgétaire et fiscale et enfin une Europe redressée, confédérale, démocratique. Je veux mettre d'aplomb la République.

* Quatre repères d’intérêt vital pour la France et la République

"Je veux avoir un débat franc, ouvert, devant tous les Français" - Entretien de Jean-Pierre Chevènement à BFM TV, 6 novembre 2011. Il répondait aux questions de Stéphanie de Muru et Rachid M’Barki.

Dans la presse : Jean-Pierre Chevènement candidat à la présidentielle (Le Monde, 6 novembre) ; Chevènement candidat à l'élection présidentielle de 2012 (Rue89, 6 novembre)

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 23:52

Réconcilier l’Europe avec la raison, la nation et la gauche

 

Après le G20 et le psychodrame grec, jamais l’Europe n’a autant montré au monde ses faiblesses structurelles. La France ne se reconnaît pas dans sa créature qui lui échappe et la rend impotente.

 

C’est le moment qu’a choisi Jean-Pierre Chevènement pour confirmer sa candidature à l’élection présidentielle, avec l’espoir qu’elle soit utile aux citoyens et aux autres candidats.

- En 2001, il venait de quitter le gouvernement Jospin, en désaccord avec les options néolibérales de celui qui s’apprêtait à être candidat sur la base de la ligne Strauss-Kahn.

- En 2011, la gauche est dans l’opposition depuis 2002 et le PS a choisi Hollande, dont les options sont plus compatibles avec celles de Chevènement. La grande différence avec 2001, c’est la perception par les citoyens de la réalité de la politique menée depuis 1983 par la gauche et par la droite et l’aggravation de la crise, depuis la crise financière de 2008.

 

Le candidat socialiste est installé confortablement en tête des sondages. Son point faible est que le projet adopté par le PS n’a pas pris en compte la profondeur de la crise.

C’est à ce niveau que Chevènement sera utile, en présentant des propositions qui apporteront une crédibilité à la gauche. Sa candidature accroît les chances de gagner l’élection présidentielle et de réussir la sortie de crise.

 

Colloque mondialisation Montebourg JPC 300811 007 TAvec Chevènement, c’est la politique de la France dans l’Europe qui sera clairement posée, dans le cadre d’options de gauche.

Voici  le texte de l’entretien qu’il a accordé au Parisien/Aujourd’hui en France, daté du 6 novembre.

"Je suis un candidat patriote"

Jean-Pierre Chevènement a officialisé ce samedi soir au journal télévisé de France 2 sa candidature à l'élection présidentielle de 2012. Dans une interview au «Parisien» - «Aujourd'hui en France», l'ancien ministre, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), dessine les axes de sa future campagne.

Le Parisien: Vous êtes donc candidat ?
Jean-Pierre Chevènement: Oui. J’ai beaucoup réfléchi, écouté. Et je suis candidat à l’élection présidentielle pour faire bouger les lignes. Ma candidature se veut pédagogique à l’égard des citoyens mais aussi des autres candidats. Ceux qui nous dirigent ne sont malheureusement pas préparés à faire face aux secousses très fortes qui sont devant nous.

La crise que traverse le pays a-t-elle été l’élément déclencheur ?
Assurément car cette crise est sous- analysée. Voilà vingt ans, j’ai pris position contre le traité de Maastricht que tous ceux qui nous dirigent ont soutenu. Le vice est dans la conception de la monnaie unique : on ne peut pas transférer la souveraineté monétaire de 17 pays très différents par leurs structures économiques, leurs langues et leurs options politiques à un aréopage de banquiers centraux, irresponsables et obnubilés par l’inflation. Après hier, le défaut partiel de la Grèce, aujourd’hui l’Italie, demain l’Espagne, ce qui nous menace, c’est une récession généralisée
! Nicolas Sarkozy ne nous offre qu’une austérité à perte de vue : son horizon est le maintien du triple A . La souveraineté populaire a été transférée aux agences de notation! Quant à François Hollande, il promet de réduire le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2013 sans remettre en cause la logique actuelle de la monnaie unique. Pour sortir de l’impasse, la solution consiste à donner à la Banque centrale européenne les mêmes prérogatives que la Banque centrale américaine afin qu’en rachetant les titres de dette des Etats, elle puisse casser la spéculation et doper la croissance.

Etes-vous le candidat de la fin de l’euro ?
L’abandon de la monnaie unique au profit d’une monnaie commune n’est pas un tabou pour moi, si l’Allemagne persiste dans son refus d’étendre les missions de la Banque centrale. La monnaie unique, qui méconnaît les réalités nationales, a creusé un gouffre entre une Allemagne industrielle et excédentaire et les économies du sud de l’Europe, déficitaires et en voie de désindustrialisation. Si la Grèce et surtout l’Italie devaient un jour faire défaut, ce serait le début d’un processus de dissociation de la monnaie unique. Il faudrait alors préparer le passage le plus harmonieux possible de la monnaie unique à une monnaie commune. Celle-ci utilisable dans les échanges extérieurs coexisterait avec des monnaies nationales réservées aux transactions intérieures.

 

Quels sont les points clés de votre programme ?
Nos dirigeants sont comme ceux de 1940 : ils ne sont pas préparés à faire face à des événements qu’ils ne comprennent pas, car ils sont la conséquence des choix faits par eux il y a vingt ans. Quatre repères d’intérêt vital pour la France et pour la République motivent ma candidature. D’abord une monnaie moins chère : l’euro, surévalué de 25
%, écrase notre compétitivité. Notre base industrielle, sans laquelle nous ne pourrons maintenir une protection sociale efficace, a rétréci de moitié depuis trente ans. Deuxièmement, la croissance plutôt que la récession. Troisièmement, la sauvegarde de notre souveraineté budgétaire et fiscale : notre dissuasion nucléaire elle-même peut être menacée par des restrictions budgétaires. Enfin, une France forte est nécessaire pour construire une Europe européenne appuyée sur les nations. L’Europe n’est pas mûre pour une fédération qui serait aujourd’hui un espace essentiellement disciplinaire : le « saut fédéral » que certains préconisent à droite comme à gauche serait un saut dans le vide, sans élastique et sans retour. Ce qu’il faut, c’est une Europe européenne à forme confédérale.

Le projet socialiste vous paraît-il à la hauteur de l’enjeu ?
Il y a quelques bonnes idées mais il est irréalisable dans un contexte de croissance réduite à 1
%, et encore… Son défaut est de ne pas chercher une issue progressiste à la crise de l’euro.

François Hollande a-t-il les épaules pour diriger le pays dans un contexte de crise grave ?
L’expérience, cela s’acquiert… François Hollande est un homme fin et intelligent. Mais, en fidèle héritier de Jacques Delors, il a été pour le traité de Maastricht, puis pour la Constitution européenne. Je ne suis pas candidat contre François Hollande. Je veux aider la gauche et la France à se mettre à la hauteur des défis. Cela ne peut se faire autrement que sur la place publique : il faut un dialogue ouvert et franc. Je tiendrai un discours de vérité pour éviter toute déception ultérieure.

Le candidat socialiste a déjà mis en garde contre les risques d’éparpillement de la gauche…
Nous n’en sommes pas là. Ma voix manquerait si on ne l’entendait pas s’élever aujourd’hui. Je ne suis motivé que par le souci de servir le pays dans une période critique. Pourquoi la voix de Mme Joly serait-elle légitime et pas la mienne
?

Un nouveau 21 avril 2002 est-il possible ?
En 2002, déjà, j’ai mis en garde contre l’omnipotence des marchés financiers, j’ai proposé une politique industrielle, le redressement de l’Europe, des repères clairs pour l’école, la sécurité, l’intégration : je n’ai eu le tort que d’être en avance sur les événements. Ceux qui, depuis des décennies, ont fait le lit du Front national par leur ralliement au néolibéralisme essaient de renverser les rôles pour me faire porter le chapeau. Une voix républicaine doit s’élever pour proposer une politique conforme à l’intérêt national. Elle fera barrage au Front national.

Le patriotisme n’est-il pas un peu vieux jeu ?
Non. Le patriotisme, c’est l’amour des siens, le nationalisme, c’est la haine des autres. La nation est le cadre irremplaçable de la démocratie et de la souveraineté. Je suis un candidat patriote, ce qui ne m’empêche pas de vouloir redresser l’Europe.

En cas de victoire en 2012, seriez-vous prêt à participer à un gouvernement de gauche et des écologistes ?
Je ne demande rien pour moi-même. Je veux débattre, y compris avec les écologistes. Qui sait que la fermeture du tiers de notre parc nucléaire coûterait 250 Mds€ et renchérirait de 40
% la facture d’électricité pour les Français? Pour un contrat de gouvernement, il faudrait surmonter des divergences très importantes. Ce n’est pas ma perspective.

Quel type de campagne allez-vous mener ?
J’irai dans les usines. L’avenir de la France passe par sa réindustrialisation. La reconquête de l’électorat ouvrier, cela me paraît essentiel. Les couches populaires se reconnaîtront dans ma campagne.

Avez-vous vos 500 parrainages ?
Beaucoup de maires m’ont promis de me soutenir. J’ai déjà à peu près la moitié de mes parrainages. Je crois en la dynamique de ma campagne.

Vous étiez ministre en 1981, vous êtes candidat à l’élection présidentielle trente ans plus tard : n’est-ce pas la campagne de trop ?
Dans une période de crise, les Français ont besoin d’un homme d’expérience et de caractère. Le renouvellement, je le ferai autour de moi en défendant les intérêts de notre jeunesse sans la flatter à travers un « jeunisme » démagogique.

Propos recueillis par Eric Haquemand
Source : LeParisien.fr

Voir Chevenement2012.fr: la campagne en ligne est lancée

Rappel : Crise de l'euro : Chevènement s'exprimera samedi à 20h sur France2 - 4 novembre 2011

Cet article est le 149ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 21:29

Début d’une série de crises et recul de la démocratie

 

Les rédacteurs de La Lettre du Lundi avaient prévu la crise grecque dans de précédents articles publiés l’été dernier. Ce 5 novembre, ils font le bilan de ce qui vient de se passer à Bruxelles, à Cannes et Athènes. Aujourd’hui la Grèce, demain la France ? Les rédacteurs (qui ne révèlent pas leur identité, afin de préserver leur tranquillité) n’en doutent pas. Voici leur lettre de ce 5 novembre.

 

τραγδία… tragôidía… tragédie

 

Les récents épisodes de la tragédie grecque ont eu pour principal effet de mettre en lumière, de révéler la nature profonde, les craintes et ambitions des différents protagonistes qui y ont participé.

 

- D’un côté Angela Merkel et la presse allemande – le journal populaire Bild notamment (voir ci-contre une accroche d’article de ce journal que l’on pourrait traduire par « Vendez vos îles, Grecs ruinés, et l’Acropole par la même occasion ! ») – qui traitent Papandréou et les Grecs avec tout le mépris, le dédain et la condescendance dont ils sont capables.

- Au centre, se voulant le plus visible possible, le Prince-Président, soufflé d’orgueil et bouffi de suffisance, qui s’auto-congratule et se considère comme un des dirigeants les plus importants de la planète. Convoquant Papandréou pour le morigéner comme on le fait d’un laquais désobéissant, il roucoule comme une colombe dès qu’Obama lui manifeste la moindre attention.

- Dans la coulisse, le lobby bancaire, mené par Charles Dallara, directeur général de l’Institute of International Finance, qui s’affaire pour que les décisions politiques cadrent avec ses intérêts

Sans oublier tous ceux qui exhortent les Grecs à sortir de l’Union européenne et à abandonner l’euro, rêvant – pour des raisons parfois peu avouables – de précipiter la chute de la monnaie unique.

 

Quelques rappels
  
En premier lieu, ne soyons pas trop étonnés par ce qui se déroule aujourd’hui. Ce scénario, nous l’avions envisagé et décrit dès cet été dans deux billets, Les marches d’Odessa et Timeo Danaos. Nous vous proposons de les relire car, rédigés « à froid » avant le déclenchement de la crise grecque, ils sont vierges de l’influence de la pression du quotidien, qui perturbe bien plus souvent l’analyse qu’elle ne l’éclaire.
  
En second lieu, rappelons le deal proposé à la Grèce le 27 octobre par le trio Merkel-Sarkozy-Dallara :

• Les banques renoncent, sur la base du volontariat, à la moitié de leurs créances sur la dette publique grecque ;

• Un nouveau prêt de 100 milliards d’euros est accordé, sous conditions, à la Grèce d’ici 2014. Les conditions ? Plan d’austérité draconien, privatisations en série et contrôle permanent de la politique budgétaire grecque par une « troïka » composée de représentants de l’Union européenne, de la BCE et du FMI. En clair, une mise sous tutelle économique de la Grèce par des institutions chargées de pérenniser la structure du système financier actuel.

Ceci posé, quels enseignements tirer des événements de ces derniers jours ?
     
Un recul démocratique majeur
  
Papandréou, qui voulait faire ratifier par référendum l’accord ci-dessus mentionné, a du bien vite faire machine arrière devant la réaction et les menaces du lobby bancaire et du couple Merkel-Sarkozy (comme le dit servilement Paris Match, « il s’était attiré les foudres des Dieux européens, le président de la République française Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel »). On ne peut dire aujourd’hui si cet accord aurait été ou non ratifié par le peuple, celui-ci n’ayant plus son mot à dire sur des décisions qui vont changer complètement le sort et l’avenir du pays.
     
Une première victoire du lobby bancaire et financier…
  
À l’inverse, on peut affirmer qu’une bataille importante a été gagnée par le lobby bancaire dans sa volonté de soumettre le politique à ses intérêts. Le meilleur indicateur a été l’évolution en Bourse des actions des banques : à la hausse lorsque l’accord du 27 octobre a été conclu, elles ont plongé à l’annonce du référendum avant de remonter quand Papandréou a jeté l’éponge.
  
De façon très révélatrice, très significative, la plupart des commentateurs ont présenté cet abandon du référendum comme une bonne nouvelle, un « soulagement », se faisant l’écho d’un Christian Estrosi qui avait jugé le recours au peuple « totalement irresponsable ». Ces réactions montrent à quelle vitesse nous sommes en train de sortir du modèle républicain que nous avons connu pour entrer dans une « démocratie sous contrôle », à la russe ou à la chinoise.
     
… en attendant la prochaine
  
Nous en verrons une nouvelle preuve lors des prochaines « crises » qui ne manqueront pas de toucher l’Italie, l’Irlande ou le Portugal… en attendant la France. Dans tous les cas, le discours adressé aux citoyens sera le même que celui qui a été tenu aux Grecs : « tenez-vous à carreau, acceptez ce que nous vous proposons et dîtes merci, sinon ce sera pire encore. »

Lorsque nous avons commencé la rédaction des premiers billets de La Lettre du Lundi il y a près de trois ans, nous nous étions alors définis comme « extrêmement préoccupés par l’évolution que prennent nos institutions, l’économie, les relations sociales et désireux d’offrir aux lecteurs de La Lettre un point de vue et une analyse que l’on ne retrouve pas souvent dans les médias grand public ».
  
Au fil de nos billets, nous n’avons cessé de vous alerter sur ce qui était en train de se préparer : importance croissante des lobbies et, plus particulièrement, du lobby financier ; faillite, mise sous tutelle, voire quasi-disparition des États-nations ; transfert des compétences régaliennes aux TGE (très grandes entreprises) ; accélération du développement des inégalités ; naissance d’une nouvelle aristocratie tirant sa puissance d’une incroyable concentration des richesses ; marchandisation de l’ensemble des activités humaines et de l’homme lui-même ; régressions démocratiques majeures dans les pays occidentaux.
  
Ce qui se préparait est maintenant une réalité. Ce qui arrive aujourd’hui aux Grecs nous arrivera demain, se généralisera demain : ce n’est que la première étape d’un processus qui ne s’arrêtera pas. Pardonnez-nous de nous « auto-citer » une fois de plus mais, pour reprendre l’image utilisée dans Les marches d’Odessa, le landau a commencé sa descente. Pour l’arrêter, il n’y aurait qu’une solution dont la probabilité d’occurrence est quasi-nulle : dynamiter l’escalier.

 

Cet article est le 85ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 14:51

Pour une Europe libre, indépendante et démocratique

 

Les grecs ont été humiliés par les propos du tandem Merkel-Sarkozy (pour aller vite, « Merkozy ») à Cannes. Dans ce contexte, l’appel lancé par le compositeur Míkis Theodorákis prend toute son importance.

 

L'appel de Mikis Theodorakis (l’Humanité, 4 novembre)

 

Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis a appelé les grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent.

Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Mikis Theodorakis, figure emblématique de la résistance à la junte des colonels, a averti que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant "partenaires européens", c’en sera "fini de nous en tant que peuple et que nation". Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une "fourmi" face à ses "partenaires", alors que le peuple le voit comme "brutal et offensif". Si cette politique continue, "nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre".
Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Mikis Théodorakis a également adressé une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux grecs. Extraits :

"Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elles-mêmes générées sous forme de dettes.
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté  et d’Europe. (…)

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. (...)
Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme."

 

Rappel : Sommet européen : un plan menant à la récession et à la dépendance - 27 octobre 2011

 

            Cet article est le 84ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 23:15

Ce système monétaire rigide va s’écrouler, selon Krugman

 

S’il y a quelqu’un qui a quelque chose à dire sur la crise monétaire européenne et sur la façon dont l’Europe est gérée, c’est bien Jean-Pierre Chevènement. Mais il est rarement invité par les grandes chaînes de télévision. Une exception bienvenue est à signaler sur France 2 demain (journal de 20h présenté par Laurent Delahousse).

Jean-Pierre Chevènement au journal de 20h de France 2 samedi 5 novembre

MRC national 002Après la crise grecque et le G 20 perturbé, avant la crise italienne et la montée en puissance des oppositions populaires aux politiques néolibérales perpétuées en Europe, le sénateur Chevènement confirmera avec détermination son intention de se présenter à l’élection présidentielle afin de faire bouger les lignes de la politique française (voir Pour sortir la France de l'impasse, Chevènement sera candidat en 2012- 9 octobre 2011). Il est vrai que le PS est inaudible sur la question monétaire européenne, qui est pourtant stratégique. Alors que le MRC a une position claire, qui sera exprimée par son président d’honneur demain soir. Celui-ci n’est pas resté sans voix pendant cette crise, comme l’indiquent ces liens que chacun peut consulter :

L'Europe ne peut pas se faire sans la démocratie

Nicolas Sarkozy veut mettre l'Europe toute entière à la diète

"Il faut consulter les peuples" (Entretien de Jean-Pierre Chevènement à L'Est républicain, 4 novembre 2011)

Il est temps de changer de route - Question d’actualité de Jean-Pierre Chevènement concernant le sommet européen, Sénat. Voir aussi Séance du 27 octobre 2011 (compte rendu intégral des débats). Cet accord est un faux accord. M. Sarkozy a dû se plier à toutes les conditions imposées par Mme Merkel.

(…) Je considère qu’il ne s’agit pas d’un bon accord. Ces mécanismes sont des rustines ou des promesses de rustine. Cet accord est un trompe-l’œil. Et il en sera ainsi, me semble-t-il, tant que nous n’aurons pas adopté une position sérieuse adossant les moyens du Fonds de stabilité financière aux ressources de la Banque centrale européenne.

Dans l’immédiat, un triple constat s’impose. Tout d’abord, l’euro caracole à 1,40 dollar… Bonjour, la réindustrialisation de la France ! Ensuite, les politiques de rigueur généralisées conduiront l’Europe à la récession et l’enfermeront encore plus dans la spirale des déficits et de la dette, aucune initiative de croissance n’étant prise à l’échelle de la zone euro. Enfin, l’encadrement des budgets nationaux se resserre. Après la souveraineté monétaire, ce sont les souverainetés budgétaire et fiscale qui vont disparaître. M. Juppé parle de fédéralisme. Je considère pour ma part qu’il s’agit d’un fédéralisme du pauvre, purement coercitif (…).

 

Paul Krugman fait de l'humour sur le dos des élites européennes.  

Voir Le trou dans le seau de l'Europe (Marianne, Le Vent des blogs, 4 novembre).

 

(…) Vous voyez ce que je veux dire lorsque je dis que la situation est drôle, dans le genre humour noir ? Ce qui rend cette histoire vraiment douloureuse est que rien de tout ça n'aurait dû arriver.

Prenons des pays comme la Grande-Bretagne, le Japon et les Etats-Unis, qui ont des dettes importantes ainsi que des déficits mais qui malgré tout restent capables d'emprunter à de faibles taux d'intérêt. Quel est leur secret ? La réponse tient en grande partie au fait qu'ils maintiennent la valeur de leur monnaie et les investisseurs savent qu'en un clin d'œil, ils pourraient financer leurs déficits en imprimant leur monnaie. Si la Banque Centrale Européenne, dans le même temps, soutenait les dettes européennes, la crise s'allègerait considérablement.

Est-ce que cela n'engendrerait pas une inflation ? Probablement pas : qu'importe ce que Ron Paul et consorts peuvent penser, la création de monnaie n'engendre pas l'inflation dans une économie déprimée. De plus, l'Europe a réellement besoin d'une inflation globale un peu plus haute : une inflation globale trop faible condamnerait les états européens du sud à des années de déflation sévère, garantissant virtuellement à la fois une continuité dans le fort taux de chômage et des défauts de paiement en série.

Mais une telle création, ne cesse-t-on de nous répéter, est hors de question. Les statuts qui régissent la banque centrale sont censés interdire ce genre de choses, bien que l'on imagine que des avocats malins trouveraient le moyen de rendre cette création possible. Cependant, le problème plus général est que tout le système euro a été mis en place pour combattre la dernière guerre économique. C'est une Ligne Maginot construite pour empêcher que les évènements des années 1970 ne se répètent, ce qui est pire qu'inutile lorsque le vrai danger vient d'une répétition des évènements des années 1930.

Et cet état de fait, comme je l'ai dit, est tragique.

L'histoire européenne d'après guerre est profondément édifiante. Des décombres de la guerre, les Européens ont construit un système de paix et de démocratie, et ce faisant, ont bâti des sociétés qui, bien qu'imparfaites - quelle société ne l'est pas ? - sont probablement les plus décentes de l'histoire de l'humanité.

Pourtant, cette réussite est menacée parce que l'élite européenne, de toute son arrogance, a bloqué le continent en un système monétaire qui a recréé la rigidité du modèle d'excellence, et - tout comme le modèle d'excellence des années 30 - celui-ci s'est transformé en piège mortel.

Peut-être qu'aujourd'hui les dirigeants européens vont proposer un vrai plan de sauvetage crédible. Je l'espère, mais je n'y crois pas.

 La triste vérité est que le système euro semble de plus en plus voué à l'échec. Et une vérité encore plus triste est que vu comme le système se comporte, l'Europe se porterait sans doute mieux s'il s'écroulait plutôt aujourd'hui que demain.

Cet article est le 148ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 21:32

La Fondation Jean Jaurès (G Fuchs) fait trois propositions

 

La présidence française du G20 avait l’ambition de proposer des mesures contre l’instabilité des prix des matières premières agricoles, mais elle va devoir admettre la faiblesse de son bilan - voir G20 : la régulation des matières premières reste un voeu pieux (La Tribune, 2 novembre).

 

Pourtant, les enjeux sont très importants, au regard de la situation alimentaire du globe - voir Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17).

 

La Fondation Res Publica organise un colloque sur le thème des enjeux stratégiques de l’agriculture - Voir Colloque de la Fondation Res Publica le 7 novembre sur l'agriculture - 19 octobre 2011.

Colloque du lundi 7 novembre 2011, 18h à Maison de la Chimie, 28, rue Saint Dominique 75007 Paris. Avec la participation de :

- Sébastien Abis, Administrateur au Centre international des hautes études en agronomie méditerranéenne (CIHEAM) 

- Hervé Gaymard, Ancien ministre de l’agriculture 

- Régis Hochart, Représentant de la Confédération paysanne au CESE, auteur du récent rapport du CESE sur la PAC

- Philippe Tillous-Borde, Directeur Général de Sofiprotéol

- Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica

La Fondation Jean Jaurès a publié le 26 octobre un point de vue de Gérard Fuchs, responsable du secteur Coopération internationale. Il a été repris sur le site du journal Le Monde, ce 3 novembre :

 

Le G20 et la faim dans le monde 

 

Synthèse : La tenue du G20 en France, dont la présidence française a fait de la lutte contre la volatilité des prix une de ses priorités, permet de revenir sur le drame de la faim dans le monde, qui touche environ un milliard de personnes, un chiffre à nouveau en augmentation.

 Les situations les plus aigues ont des causes souvent concomitantes : sécheresses et autres catastrophes naturelles, guerres, importations à bas prix des pays du Nord… Quant à celles de sous-alimentation chronique, les actions nécessaires sont à chercher davantage en profondeur, et en partant d’une vérité d’évidence : la façon la plus simple d’éviter la faim sur un territoire est d’abord que celui-ci nourrisse par lui-même sa population.

Cela signifie presque partout un accroissement des productions existantes, par l’utilisation d’une multitude de moyens souvent très coûteux. Mais il y a également une agriculture d’autosubsistance qu’il faut s’efforcer de préserver, et pour cela résoudre plusieurs problèmes.

Le premier est celui de la propriété de la terre, très complexe parce que reposant le plus souvent sur des flous juridiques. Un flou qui permet aujourd’hui aux gouvernements des pays pauvres eux-mêmes de céder à de grandes sociétés étrangères l’usage de milliers d’hectares jusque-là utilisés pour une agriculture de subsistance. Une première proposition serait alors qu’une partie des fonds que le G20 a décidé de donner aux pays en développement soit explicitement destinée à la mise en place de registres cadastraux, rendant ainsi impossible toute expropriation non justifiée et non compensée et dotant notamment les petits agriculteurs d’une sécurité propice à leur expansion. Cette proposition suppose bien sûr que le G20 honore ses engagements financiers, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui et constitue encore un autre problème.

L’autre menace pour les agricultures vivrières est celle que représentent les importations de produits alimentaires auxquelles les pays du Sud ont dû consentir. Les agricultures locales s’en trouvent affaiblies, avec à la clé un exode rural non maîtrisé et le développement des bidonvilles, et quand les prix des produits importés s’envolent, ce sont les émeutes de la faim qui éclatent. Il serait nécessaire alors de réguler les importations vivrières, afin de fournir aux agriculteurs locaux la protection dont ils ont encore besoin pour améliorer leur productivité, mais cette position va à l’encontre du libre-échange. Une deuxième proposition devrait alors être débattue à l’OMC pour faire accepter, dans le domaine de l’agriculture vivrière, le droit de zones comme la CEDEAO ou l’Union européenne de se doter de protections visant à maintenir le plus possible d’autosuffisance alimentaire.

Enfin, les fluctuations du prix des matières premières, notamment agricoles, constituent un troisième problème. Celles-ci peuvent être « normales », conséquences d’événements climatiques ou politiques imprévus, mais aussi résulter de spéculations financières découplées de la possession de matières premières, qui jouent sur des produits dérivés. C’est là que la seule réponse imaginable suppose un strict contrôle international des produits dérivés liés aux matières premières alimentaires. En attendant davantage de régulation, et à l’image de mécanismes déjà mis en place mais abandonnés sous la pression d’idéologues libéraux, il pourrait être créé un Fonds, au niveau de certaines communautés régionales, qui représenterait un filet de sécurité appréciable.

Les déclarations du G20 ne sont jamais suivies d’effets et la plupart du temps, les sommes promises aux pays les plus pauvres n’arrivent pas à leurs destinataires. Certes, il n’est pas question d’affirmer qu’il est facile de changer le monde, mais il faut combattre un certain fatalisme : la mondialisation peut être régulée par des instances politiques capables d’imposer leurs priorités au monde économique et financier, des instances qui devraient elles-mêmes être représentatives et démocratiques afin que ces priorités découlent du souci premier de la dignité et donc des besoins de tous.

 

Voir aussi Le G20 et la faim dans le monde - Les notes - Publications - Fondation Jean-Jaurès

 

Attac : "Le G20, un fiasco annoncé" (Le Monde, 3 novembre)

 

Cet article est le 254ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 23:55

Chevènement, la primaire PS et l'euro, principaux titres du mois

 

Depuis 49 mois, au début de chaque mois, nous reprenons les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur les listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et nos priorités.   

 

Depuis 5 ans, 1951 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.

 

Michel SorinLes  30 titres en octobre se répartissent ainsi :

- Chevènement et le MRC (9 articles),

- La primaire PS (6 articles),

- La crise financière, l’euro (5 articles),

- Les élections professionnelles - Etat, éducation (2 articles),

- Enquête sur les banlieues, rapport Kepel, l’islam (2 articles),

- Agriculture, le projet de réforme de la PAC (1 article),

- Les élections sénatoriales (1 article),

- La droite (1 article),

- Affaire Karachi (1 article),

- La Chine, un fait divers inquiétant (1 article),

- Une femme flic écrivain à St-Berthevin, Danielle Thiéry (1 article).

 

Titre des articles parus en octobre 2011 sur http://mrc53.over-blog.com

Sarkozy, dans la situation de Giscard avant 1981, en plus impopulaire (28)

Sommet européen : un plan menant à la récession et à la dépendance (27)

Euro : Jean-Luc Gréau pointe les erreurs accumulées depuis vingt ans (26)

Chevènement rejette la sortie du nucléaire, atout industriel de la France (25)

Fondation Res Publica : quelles solutions pour le système monétaire ? (24)

Présidentielle 2012 : le MRC veut amener la gauche à relever les défis (23)

Fillette écrasée en Chine : les chinois se posent des questions morales (22)

Elections fonction publique : difficultés de vote à l'éducation nationale (21)

Ce 20 octobre 2011, élections professionnelles chez les fonctionnaires (20)

Colloque de la Fondation Res Publica le 7 novembre sur l'agriculture (19)

PAC 2014 : les propositions Ciolos restent sur une posture néolibérale (18)

Chevènement : Hollande candidat, le débat présidentiel peut s'ouvrir (17)

Primaire PS : François Hollande (56%), candidat PS à la présidentielle (16)

Démondialiser, c'est démanteler la mondialisation libérale (B Cassen) - 15

Primaire PS : le clivage Aubry-Hollande cache 2 stratégies différentes (14)

Primaire PS : le vote Montebourg est un vote républicain et socialiste (13)

Guilluy : le rapport Kepel montre le lien entre identité et démographie (13)

Primaire PS : Aubry et Hollande sont bien les deux enfants de Delors (12)

Présidentielle 2012 : vers un axe Montebourg Chevènement Hollande (11)

Primaire PS 9 octobre : Montebourg fait souffler un vent rafraîchissant (10)

Primaire PS : Montebourg emprunte une voie nouvelle, porteuse d'avenir (9)

Pour sortir la France de l'impasse, Chevènement sera candidat en 2012 (9)

Danielle Thiéry était à la bibliothèque de Saint-Berthevin le 4 octobre (8)

Karachi : d'un attentat (11 français morts en 2002) à une affaire d'Etat (7)

Le livre de JM Quatrepoint, Mourir pour le yuan, lu par Coralie Delaume (6)

Banlieues (Kepel) : failles des politiques publiques, montée de l'islam (6)

Jean-Michel Quatrepoint : le nouvel équilibre du monde avec la Chine (4)

Euro : des cadres du MRC proposent de passer de l'euro à l'euro franc (3)

JP Chevènement publie un nouveau livre pour faire bouger les lignes (2)

Sénat : Jean-Pierre Bel (PS), président rassembleur, élu dès le 1er tour (1er)

Cet article est le 49ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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