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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 23:55

Libéralisation ou régulation, c’est bien la question !

 

La revue « L’Eleveur laitier » publie en octobre 2011 (n° 195) un « Gros plan » sur la contestation libérale au sein de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). « La FNPL tarde à poser les vrais débats qui permettront aux éleveurs de se préparer à 2015. Le besoin de restructuration est dans toutes les têtes mais reste encore tabou ».  

 

Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère (l’antenne de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, qui est la seule organisation professionnelle vraiment reconnue par le gouvernement et dont la FNPL est la branche laitière), déclare « La mise en oeuvre précipitée de la contractualisation pour soi-disant préparer l'après-quotas, a jeté les producteurs dans un rapport de force totalement déséquilibré. Leur avenir dépend du bon vouloir des entreprises ».

 

Pascale Le Cann, rédactrice de cet article, montre bien le mécontentement des partisans de l’option libérale, qui regrettent les tergiversations des dirigeants de la FNPL, trop réceptifs, selon eux, aux thèses des syndicats minoritaires qui préconisent la régulation par la maîtrise de l’offre laitière. Ils demandent de libéraliser la production afin de répondre à la demande du marché. C’est bien la question : libéralisation ou régulation.

 

La FDSEA du Finistère n'hésite plus à contester certaines décisions de la FNPL. Elle refuse ouvertement le maintien de la TFA (taxe fiscale affectée), un dispositif défendu par la FNPL, qui pénalise les éleveurs dépassant leur quota alors que la France est en sous-réalisation. Les Finistériens n'hésitent pas à dire que la contractualisation, elle aussi soutenue par la FNPL, est un échec.

 

Ces dissensions affaiblissent la FNPL. Difficile de poser le débat de la restructuration sans exposer ses rivalités au grand jour. Avec le risque de voir l'Ouest quitter la maison. L'ambiance sur le terrain ne facilite pas les choses.

Car les syndicats minoritaires se sont affirmés depuis quelques années. Arc-boutés sur une maîtrise de la production que Bruxelles a jetée aux oubliettes, ils ont poussé la FNPL à rester sur ce combat populaire mais dépassé. De plus, la grève du lait a fait mal. Violemment attaquée sur le prix du lait qu'elle avait ardemment défendu, la FNPL est ressortie presque inhibée du conflit.

 

Cette pression des minoritaires complique encore l'émergence d'un débat de fond. Le problème est que ce sont les éleveurs qui en font les frais. Ils voient l'Europe du Nord se battre pour conquérir nos marchés. Ils voient les laiteries préparer un nouveau système de quotas via les contrats pour mieux se développer hors de nos frontières. Ils voient les coopératives se débattre pour inventer un autre mode de développement d'ici à 2015.

 

Les éleveurs qui cherchent à se préparer en s'agrandissant sont la cible de critiques de la part de leurs pairs, alors qu'il s'agit d'une stratégie d'évolution parmi d'autres. La FNPL ne dessinera pas seule le visage de la production laitière après 2015. Mais son statut de syndicat majoritaire au service de la défense des producteurs de lait l'oblige à trouver le courage de lancer le débat. Quitte à aborder les sujets qui fâchent, tels la compétitivité ou la restructuration. Il en va de l'adaptation des éleveurs au nouveau monde qui les attend en 2015.  

 

Cet article est le 263ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 23:54

Regrouper les producteurs pour peser politiquement

   

AG-Office-du-lait-Avranches-221111-027-T.jpgSylvia Daberitz (photo, au côté de Anton Sidler) est directrice de l’EMB (European Milk Board), qui rassemble de nombreuses organisations de producteurs de lait issues des différents pays européens (pour la France, l’OPL - branche laitière de la Coordination rurale - et l’Apli, qui est l’association des producteurs de lait indépendants, à l’origine de la révolte des producteurs de lait en septembre 2009).

 

Elle était intervenue lors de l’assemblée générale de l’Office du lait le 22 novembre à Avranches - voir Première Assemblée générale de l'Office du lait à Avranches (Manche) - 22 novembre 2011.

 

La stratégie, les activités et les objectifs de l’EMB

 

En duo avec Anton Sidler, producteur de lait dans l’Orne, délégué de l’Apli à l’EMB, Sylvia Daberitz avait présenté la stratégie de l’EMB, qui est de défendre les intérêts des producteurs en prenant appui sur trois piliers : être politiquement forts, regrouper les forces économiques des producteurs et développer « le lait équitable » en tant que marque (dans les magasins) et slogan politique vers les consommateurs.

 

L’EMB veut être une agence de surveillance (suivre la demande, le coût de production du lait) dans le but d’établir une fourchette de prix permettant de faire évoluer la production. Cette agence doit faire la transparence, qui intéresse tous les acteurs du marché.

 

L’EMB milite pour faire adopter des instruments de régulation (réserve stratégique, renoncement volontaire au volume contre rémunération), stockage limité dans le cadre d’une gestion souple des volumes.  

 

Les activités de l’EMB : échanges d’informations sur ce qui se passe en Europe, organisation des manifestations à Bruxelles, rencontres dans les différents pays (exemple : rencontres de jeunes en Allemagne), travaux sur les coûts de production, rencontres avec les parlementaires européens, la Commission européenne et les ministres.

 

L’objectif de l’EMB est de regrouper 30% de la production laitière européenne.

 

Anton Sidler évoque l’initiative de pétition européenne, qui pourrait être relayée par le Parlement européen, dès le début de l’année 2012. Il faudra chercher des signatures. A Bruxelles, le dialogue est possible avec les membres de la Commission européenne, du Parlement européen (Commission agricole). Les portes sont ouvertes au niveau européen, y compris le bureau du commissaire Ciolos.

 

Commentaires et explications de Michel Sorin

 

Les producteurs de lait, dans leur majorité, souhaitent une organisation de la filière laitière qui répartisse correctement la valeur ajoutée et rémunère de manière stable les producteurs (actuellement, la spéculation financière et la volonté des industriels s’imposent dans la fixation des prix). Cela passe par une nouvelle forme de régulation (les quotas seront supprimés en 2014) et une réorientation de la PAC. Or, l’Europe ne veut pas remettre en cause le modèle libéral et, de leur côté, les organisations professionnelles majoritaires (autour de la FNSEA et des coopératives) veulent continuer à piloter la filière, de connivence avec les industriels.  

La chute du prix du lait en 2009 a provoqué la révolte des producteurs (grève des livraisons de lait en septembre 2009, à l’initiative d’un nouveau mouvement, l’association des producteurs de lait indépendants (Apli), relié au niveau européen à d’autres organisations de producteurs au sein de l’EMB (European Milkboard).   

 

Cette année, les marchés ont permis une meilleure valorisation du lait au niveau des producteurs. L’Apli a cherché à mettre en place une organisation de la filière plus favorable aux producteurs. C’est le sens de l’Office du lait, nouvelle forme de l’interprofession laitière afin de remplacer celle qui a perdu sa légitimité en étant noyautée par les grands groupes industriels (le CNIEL). Les syndicats minoritaires (Coordination rurale et Confédération paysanne) ont rejoint l’Apli au sein de ce projet d’office du lait, dont l’animateur est Paul de Montvalon.  

  

Au moment où les pouvoirs publics français font le forcing pour imposer la contractualisation sous le contrôle des entreprises transformatrices, l’enjeu est que les contrats proposés par France Milkboard soient adoptés en masse par les producteurs, au détriment des contrats proposés par les industriels à leurs livreurs de lait. Actuellement, c’est l’attentisme qui prévaut. Dans certaines laiteries (par exemple, Vaubernier, fromager « le bon mayennais »), les producteurs se déterminent en faveur d’un contrat indépendant des industriels, ce qui est un premier pas. 

Cette initiative (l’office du lait) a besoin d’un débouché politique*, le ministre de l’agriculture attendant de vérifier sa représentativité pour le prendre en considération.

  

. * Voir mon article à l’issue de l’AG de l’Apli : Assemblée générale 2011 : l'Apli, après 2 ans d'existence, se structure - 18 septembre 2011. Voir aussi Office du lait : assemblée à Avranches (Sud Manche) le 22 novembre - 19 novembre 2011.

  

Les enjeux de la régulation du secteur laitier  

 

Voici la conclusion d’une analyse prospective effectuée en juillet 2009 par Marie-Sophie Dedieu et Frédéric Courleux (Service de la Prospective et de l’Evaluation, ministère de l’agriculture).  

 

Une analyse structurelle de la filière laitière met en évidence que la régulation de ce secteur ne peut reposer sur la seule coordination par le marché. Qu’il s’agisse des sources d’instabilité inhérentes aux industries lourdes et confrontées à une demande inélastique, du caractère captif du marché entre la production et la première transformation, ou de l’internalisation des externalités, l’intervention publique se justifie. Se pose alors la question des moyens et des outils pour corriger ces défaillances. Se pose aussi la question des liens entre ces outils et leur cohérence d’ensemble.

 

Les nouveaux modes de régulation à venir associeront sans doute marché, contrat et politiques publiques. Pour oeuvrer à leur conception, il s’agira, en première analyse, de tirer profit des expériences étrangères en la matière, de dresser le bilan coût/avantage des quotas laitiers dans leur configuration actuelle, et d’identifier les marges de manoeuvre autorisées dans le respect des règles de la concurrence pour pallier une situation de non atomicité.

 

Cet article est le 262ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC. 

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 23:51

Echange d’idées entre le candidat et des agriculteurs

 

Voici le programme que j’ai adressé à la presse à l’occasion de la venue en Mayenne de Jean-Pierre Chevènement, candidat à l’élection présidentielle, qui souhaite écouter les propos d’agriculteurs qui étaient en colère il y a deux ans lors des grèves de livraisons de lait. Il dira ce qu’il en pense et comment il voit l’évolution de l’agriculture et de la Politique Agricole Commune (PAC).

 

Jean-Pierre Chevènement en Mayenne

sur le thème de l’agriculture - 30 novembre 2011

 

Voici le programme du déplacement en Mayenne, mercredi 30 novembre, de Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), président de la Fondation Res Publica, ministre de la République sous les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, candidat à l’élection présidentielle 2012.

 

Rencontre avec la presse pendant le déjeuner, A La Bonne Auberge 170, rue de Bretagne à Laval, de 13h à 14h30 (il est demandé de s’inscrire).

 

Mayenne-Apli-180110-003-T.jpgAccueil à 15h à la ferme de Hervé et Sylvie Delogé, le Bas du Buis à Commer* (près de Mayenne). Photo : Hervé, à gauche, près d'un producteur de lait québécois, le 18 janvier 2010 à Mayenne.

 

Présentation de l’exploitation agricole, l’évolution de ses activités. Les difficultés de la production laitière. Grève des livraisons en septembre 2009 à l’initiative de l’Apli (Association des producteurs de lait indépendants).

 

Projet de réorganisation de la filière laitière en France et en Europe, présenté par Pierre Bougeard, jeune agriculteur près de la baie du Mont-St-Michel, président Apli 50.

 

Intervention de Jean-Pierre Chevènement.

 

Débat avec les agriculteurs présents et réponse aux représentants de la presse.

 

Au cours de ce déplacement en Mayenne, Jean-Pierre Chevènement, qui est candidat depuis le 6 novembre et progresse dans les sondages (voir Chevènement s'installe dans les débats et les sondages présidentiels - 23 novembre 2011), aura l’occasion de parler de l’agriculture, élément essentiel de l’économie productive du pays.

 

Voir La France doit reconstruire sa base productive (industrie, agriculture) - 16 novembre 2011

Chevènement, Res Publica et la dimension stratégique de l'agriculture - 10 novembre 2011

 

Le sénateur Jean-Pierre Chevènement a eu l’occasion d’intervenir sur la question agricole

 

Voir Négociations OMC, volet agricole : au Sénat, Chevènement propose - 26 juin 2009.

 

Il préconise une concurrence équitable dans les échanges internationaux et la réorientation de la Politique Agricole Commune sur la base de la sécurité alimentaire, qui peut être résumée ainsi

- autosuffisance agricole et alimentaire, au niveau européen et par grandes régions dans le monde ;

- soutien aux revenus et orientation des productions par le biais des marchés et des prix, en rompant avec les aides directes ;

- objectif de régulation souple (par le stockage, notamment), en y associant les producteurs et en recherchant un bon équilibre entre le système européen et les pays tiers.

 

* Commer est entre Laval et Mayenne, près de la RN 162 (route à droite en venant de Laval, 6 km après Martigné-sur-Mayenne). Au pied de l’église de Commer, prendre la direction de La Bazoge-Montpinçon et suivre l’indication « rue de la gare ». La ferme se situe dans le prolongement (3km), sur la gauche. 

 

Cet article est le 24ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 23:53

Les producteurs québécois les mieux rémunérés

 

Mon ami Jean-François Messier me signale cet article de Claudette Samson (Le Soleil) qui met en exergue la réussite du système de gestion de l’offre canadien. Au moment où plusieurs craignent de voir le système canadien de gestion de l'offre se faire engloutir dans la négociation pour un accord de libre-échange avec la région Asie-Pacifique, l'Université de Laval crée la Chaire de leadership en enseignement de la mise en marché collective des produits agricoles.

Pour le président de l'Union des Producteurs Agricoles (UPA), Christian Lacasse, il n'y a pas de doute que la mise en marché collective des produits agricoles a fait toute la différence pour les producteurs québécois, qui sont les mieux rémunérés au Canada.

La mise en marché collective des produits agricoles à l'université

 

Ce système unique, mis sur pied par les producteurs eux-mêmes il y a une quarantaine d'années, demeure méconnu, indiquait mardi la titulaire de la chaire, la professeure Annie Royer, de la faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation.

La mise en marché collective est, selon elle, un système économique efficace, qui permet de coordonner la production agricole tout en abaissant les coûts des transactions et en assurant une répartition équitable des revenus pour les agriculteurs.

La mise sur pied de cette chaire est rendue possible grâce à la contribution de 300 000 $ en cinq ans de l'Union des producteurs agricoles (UPA).

Pour le président de l'UPA, Christian Lacasse, il n'y a pas de doute que ce système a fait toute la différence pour les producteurs québécois, qui sont les mieux rémunérés au Canada. Cela a permis d'assurer la stabilité dans les fermes, disait-il en marge de l'annonce qui se déroulait à l'Université Laval.

 

Négociation de libre-échange

L'intention manifestée la semaine dernière par le premier ministre Stephen Harper de participer à la négociation d'une zone de libre-échange avec la région Asie-Pacifique a semé l'inquiétude parmi plusieurs groupes. Des spécialistes estiment que notre système protectionniste risque de ne pas survivre à de tels échanges, et ce, même si M. Harper a bien défendu le système à ce jour. Christian Lacasse, lui, dit faire confiance au premier ministre pour protéger la gestion de l'offre.

Il estime, par ailleurs, qu'il y a des mythes à défaire, notamment celui voulant que la mise en marché collective nuise à la diversification de la production. Il en prend pour exemple la production laitière. Depuis 15 ans, on a vu émerger une panoplie de fromages de spécialité, et c'est la mise en marché collective qui a favorisé cette diversification, dit-il.

 

Cet article est le 261ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

  

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 23:55

 

L’électorat populaire fera le président 2012 de la République

 

L’élection présidentielle est loin d’être faite, à cinq mois du premier tour. Jean-Pierre Chevènement, deux semaines après s’être engagé dans la campagne, s’est installé dans les débats et les sondages. Sa progression est significative (de 1 à 3%). Aussi n’est-il pas étonnant qu’il soit soudain l’objet de violentes attaques. C’est la preuve que sa candidature gêne.

Sur France Inter, le 18 novembre, dans son édito politique, Thomas Legrand a insisté sur les raisons des non réactions du côté de François Hollande. Voir L'édito politique : On ne critique pas Chevènement - France Inter

 

L’enjeu de cette élection, comme les précédentes, est le comportement de l’électorat populaire. En 2002, il avait fui Lionel Jospin, ce qui avait été à l’origine de sa chute dès le premier tour. En 2007, Ségolène Royal avait pu regagner la confiance d’une partie des employés et ouvriers, qui font la moitié de l’ensemble de l’électorat. Mais cela n’avait pas suffi. Actuellement, l’indécision et la volatilité des intentions de vote ne permettent pas de se faire une idée précise du résultat 2012.

 

France Soir : Sondage 2012 : Hollande en tête, mais en baisse

Ouest-France (http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Sondage.-Presidentielle-2012-l-ecart-Sarkozy-Hollande-se-reduit_6346-2013792-fils-tous_filDMA.Htm)

Chevènement Le Mans 280111 002 TJean-Pierre Chevènement était l'invité de Mardi Politique sur RFI, mardi 22 novembre 2011. Il répondait aux questions de Clarisse Vernhes (RFI), Roselyne Febvre (France 24), Acacio Pereira (20 Minutes) et Saïd Mahrane (Le Point).

Il a bien distingué populisme et réaction populaire. Voir "Il y a un rejet des élites financières. Vous appelez ça populisme, moi je l'appelle réaction populaire"

Verbatim express

A propos de Danielle Mitterrand : je ressens de l'émotion. Je salue une femme résistante, une femme libre qui, à la tête de sa fondation France Libertés, agissait pour les causes qu'elle croyait justes. Elle ne se situait pas sur un plan politique. Elle se situait sur le plan des grandes causes humaines

 

Je pense que le candidat socialiste a trébuché tout seul. En 2002, j'ai dit des choses qui paraissent évidentes aujourd'hui : j'ai dénoncé la dictature des marchés financiers, j'ai proposé l'extension des missions de la BCE, j'ai demandé une politique industrielle, j'ai marqué des repères fermes sur l’École.

 

Est-ce que mes idées sont de trop ? Est-ce que d'autres les soutiennent avec autant de fermeté, de cohérence, de continuité ? D'autres sont-ils aussi légitimes que moi pour poser le problème de la monnaie unique, que j'ai combattue dès le départ avec le Traité de Maastricht alors que toutes nos élites de gauche et droite s'en portaient garantes ?

 

L'industrie est la base de tout et je vois la désindustrialisation depuis 1982. Il faut changer les règles de l'euro mais il faut surtout que ce soit une monnaie moins chère.

Il faut permettre le "quantitative easing" qui pourrait permettre de financier un plan d'investissement à l’échelle européenne. Aujourd'hui la BCE est la seule Banque centrale à se priver de ce privilège. Il faut aussi qu'il y ait un gouvernement économique pour coordonner tout cela.

 

On a dit beaucoup de bêtises, notamment que si les allemands avaient peur de l'inflation, c'était à cause du nazisme. Le nazisme n'a pas résulté de l'inflation mais de la déflation. Si aujourd'hui les Allemands ont peur de l'inflation c'est parce qu'on leur a confisqué leur épargne en 1948.

 

La France a de grands groupes mais ils font leur chiffre d'affaire à l’étranger. Il faudrait qu'ils se soucient davantage de leurs sous-traitants : les PME, PMI.

 

Je suis un homme de gouvernement sérieux, responsable, ce que ne sont pas les autres. Les français qui m'ont connu dans différents ministères ont gardé un certain souvenir de l'action que j'ai menée. Ils savent que je me détermine en homme d’État, notamment sur l'euro.

 

Faire appel aux fonds chinois pour soutenir le FESF est une hérésie. Nous avons avec la Chine quelques contentieux. Les conditions d'une concurrence loyale avec la Chine sont loin d'être réunies. Elle aspire à être reconnue comme une pleine économie de marché, ce qu'elle n'est pas.

 

Je ressens une véritable angoisse pour l'avenir de la France, pour les générations futures. Je me dis que nous n'avons pas le droit de leur laisser un pays à la dérive. Je pense que ceux qui ont enterré la Nation l'ont fait trop vite. Il faut construire une Europe réaliste, confédérale, à géométrie variable et qui soit un pôle dans un monde multipolaire.

 

A propos du vote Front National : Certains français se laissent aller à des réactions de colère qui les mènent dans l'impasse.

 

Je ne crois pas qu'on va pouvoir amener l'Allemagne autrement que dans une période de crise profonde à changer son point de vue. Elle est arc-boutée sur une orthodoxie monétariste à courte vue. Malheureusement nous sommes aujourd'hui dans un alignement de la France sur l'Allemagne. Nous devons dialoguer mais ne pas nier que nous avons des divergences sur les questions monétaires et économiques, sur le nucléaire. Discutons !

 

Ce que nous appelons fédéralisme aujourd'hui c'est la fin de la démocratie. On nomme des gouverneurs à Rome ou Athènes.

M. Zapatero est l'exemple d'un socialisme imbécile. Je ne l'ai jamais entendu définir une autre perspective que la rigueur.

J'espère que la France échappera à un nouveau plan de rigueur. Je ne pense pas qu'il faille se placer dans cette optique étroitement budgétaire. Le triple A de M. Sarkozy, c'est triple zéro. M. Hollande doit faire l'effort de sortir de cette logique sarkozienne. Il faut se remettre dans une logique de dynamique, de croissance.

 

Si je suis candidat, malgré tous les inconvénients que je devinais, c'est tout simplement par patriotisme. Il n'y a que des oui-ouistes dans l'état major de François Hollande. Il n'y a que des Maastrichtiens là dedans.

 

A propos de l'accord PS-EELV : Je pourrais faire la liste de tout ce qui, dans cet accord, me hérisse le poil. Je regrette que le Parti Socialiste accepte de se mettre dans le main de cette organisation. C'est le syndrome de Stockholm. Il est temps de redresser la barre. Cet accord n'était pas opportun. Je souhaite qu'il y ait une gauche sérieuse, solide, responsable, républicaine, à la hauteur des défis sur tous les sujets. La France sera dans une crise grave.

 

Je ne crois pas qu'on puisse parler de droitisation. Les peuples sanctionnent l'incapacité, l'impuissance de leurs dirigeants, l'absence de démocratie réelle et le fait que nos orientations soient choisies par la BCE, la Commission.

 

Il y a un rejet des élites financières. Vous appelez ça populisme, moi je l'appelle réaction populaire. Peut-on faire confiance à ceux qui nous ont fourvoyés pour nous sortir de l'ornière ? Il faut se séparer du social-libéralisme pour aller vers un socialisme républicain, une gauche républicaine.

 

A propos de la situation en Égypte : Je ne pense pas qu'on puisse aller vers la démocratie avec un régime militaire. Je sais très bien que la démocratie est un processus et qu'elle implique un esprit de responsabilité.

 

Cet article est le 151ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 23:56

Les consommateurs, meilleurs alliés des producteurs de lait

  

AG Office du lait Avranches 221111 029 TPaul de Montvalon, éleveur dans le Maine-et-Loire, a présidé la première assemblée générale de l’Office du lait à Avranches (Manche) ce 22 novembre 2011. La salle Victor Hugo, près du Jardin des plantes, avait fait le plein - 800 personnes annoncées, 1 200 selon certains, presque toutes producteurs de lait, dont beaucoup de jeunes, venant de toute la France, mais aussi de Belgique, d’Allemagne, d’Espagne, car la démarche est profondément ancrée dans la coopération entre producteurs de tous les pays d’Europe.

 

Tout est parti de l’Apli, l’Association des producteurs de lait indépendants, née de l’initiative, fin 2008, d’un groupe de producteurs du sud-ouest autour de Pascal Massol. C’était une révolte de paysans indignés par la baisse du prix du lait à la production. D’où les grèves de livraisons en septembre 2009, parties de France et communiquées à presque tous les pays de l’Union européenne. Et des épandages massifs de lait qui avaient suscité l’émotion dans l’opinion publique.

 

Deux ans après, le prix du lait est remonté à un niveau plus normal, mais une nouvelle crise reste possible. C’est la raison pour laquelle les producteurs réunis à Avranches veulent une autre organisation de la filière et une répartition plus juste de la valeur ajoutée. Voir Office du lait : assemblée à Avranches (Sud Manche) le 22 novembre -  19 novembre 2011 et L'Office du lait veut être une interprofession laitière plus représentative - 21 novembre 2011.

 

Le président a tenu à remercier le député maire d’Avranches, Gwénaël Huet, qui a soutenu le mouvement des producteurs de lait et mis cette salle à disposition gratuite à l’occasion de l’assemblée générale. Il a cité les noms des nombreux élus qui avaient demandé de les excuser.

 

En matinée, ont été abordés la situation juridique de l’Office du lait, dont les membres fondateurs, réunis la veille, ont élu le Conseil d’administration et le Bureau. Il y a eu modification des statuts.

 

Il y aura dans quelques mois les élections de "grands électeurs", trois par région administrative. Le cumul avec les responsabilités dans un syndicat ou une entreprise de transformation laitière ne sera pas autorisé. Dans tous les pays d’Europe, il y a des conflits d’intérêt au sein des Coopératives laitières (producteurs élus, gestionnaires d’entreprises de transformation du lait).

 

L’interprofession laitière actuelle ne sert à rien. L’Office du lait doit prendre sa place. Les allemands sont en avance dans l’organisation de producteurs. Le Milk Board allemand rassemble 20 000 producteurs alors que France Milk Board n’en rassemble qu’à peine 3 000. Il s’agit d’organisations de producteurs transversales, rassemblant les producteurs de toutes les laiteries, pour lesquelles des demandes d’agrément ont été faites. FMB sera adhérente à l’Office du lait.

Le montant de la cotisation est fixé à 50 euros par individu. Ensuite, la cotisation à FMB sera à fixer.

 

Le collège des consommateurs est à mettre en place (Christian Manauthon s’en charge).

Nicolas Jeanson a présenté le rapport financier. Ensuite, Paul de Montvalon a lu son rapport moral. Tout cela a donné lieu à un vote de confiance à mains levées (pas d’opposition) en fin de matinée, avant le déjeuner.

 

Voir le compte rendu publié dans Agrisalon, ce 22 novembre :

Contractualisation laitière - L'office du lait et l'Apli en pleine crise de croissance

 

L’après-midi, il y a eu de nombreuses interventions très intéressantes, dont il sera rendu compte ultérieurement.

 

Cet article est le 260ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 23:48

Le rassemblement des producteurs garantit leur force

 

Les producteurs de lait qui seront réunis demain 22 novembre à Avranches à l’initiative du président de l’Office du lait, Paul de Montvalon, auront deux références en tête : le Canada et la Suisse.

 

Depuis 40 ans, les producteurs de lait québécois sont rassemblés dans une seule organisation et ont réussi à imposer au niveau fédéral une organisation de la filière laitière qui prend en compte l’intérêt général et, notamment, un niveau correct de rémunération des producteurs. Voir Eloge du système agricole canadien par Marcel Groleau (Québec, lait) - 25 janvier 2011. 

  

Depuis quelques années, la Suisse a opté pour la libéralisation de son système d’organisation de la filière laitière (voir Assemblée générale 2011 : l'Apli, après 2 ans d'existence, se structure - 18 septembre 2011). C’est cette expérience suisse, jugée catastrophique pour les producteurs, qui sert de laboratoire pour le dispositif de contractualisation introduit en France à l’initiative du ministre de l’agriculture.

 

Dans le journal La Manche libre, Pierre Bougeard et André Lefranc, producteurs de lait Apli 50, ont expliqué ce qui justifie la création de l’Office du lait.

 

Pour Pierre Bougeard et André Lefranc, ce qui est en cause c’est l’organisation de la filière laitière. Actuellement, c’est le Cniel, Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, composé des producteurs de lait affiliés à la FNPL (fédération nationale des producteurs de lait) et des transformateurs, coopératives laitières et entreprises privées.

La FNPL prétend représenter tous les producteurs de lait car tous sont obligés d’y cotiser. Mais la FNPL est la branche laitière de la FNSEA. Par ailleurs, il y a des ambiguïtés. Le président de la FNPL est producteur mais aussi président d’une coopérative. Vendeur de lait et acheteur à la fois, ces deux casquettes posent question, surtout quand la contractualisation définira les rapports entre les producteurs de lait et les transformateurs.

 

La FNPL veut que les producteurs s’organisent en fonction de leur laiterie. Avec l’Office du lait, nous souhaitons créer l’organisation des producteurs la plus large possible pour peser dans les négociations du prix du lait, d’égal à égal avec les industriels.

 

L’Office du lait, qui n’a pas vocation à faire du syndicalisme, souhaite rassembler plus large que la FNPL avec la création de cinq collèges : producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs et Etat. Nous avons déjà sorti notre contrat type, baptisé France Milk Board (FMB). Mais cela ne suffit pas. Le ministère de l’agriculture a notre projet dans les mains mais il nous demande combien nous sommes. Livrer ou vendre, il faut choisir.

 

Pour sa part, Paul de Montvalon appelle à poursuivre et confirmer le mouvement initié y a trois ans par l’APLI, à savoir changer le système pour bâtir une filière équitable au travers d’une agence de régulation, d’un regroupement des producteurs et d’un partage de la valeur ajoutée.

 

Il annonce la participation dans le débat, l’après-midi, de :

- André Pflimlin, ancien économiste à l’Institut de l’élevage, auteur d’un livre sur l’Europe laitière, publié en mars 2011 aux éditions France agricole,

- Sylvia Dâberitz, directrice de l’EMB (European Milk Board),

- Des délégations de producteurs belges et allemands, un producteur espagnol, peut-être des danois.

 

Cet article est le 259ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 23:49

François Lucas et Philippe Collin, dans L’avenir agricole

 

Les deux principaux syndicats agricoles minoritaires, Coordination rurale et Confédération paysanne,  sont parties prenantes de l’Office du lait et du contrat France Milkboard, dont l’assemblée générale aura lieu mardi 22 novembre à Avranches (voir Office du lait : assemblée à Avranches (Sud Manche) le 22 novembre - 19 novembre 2011).

Le président de l’Office du lait, Paul de Montvalon, a indiqué ce soir  

(…) L’équipe de l’Office du Lait soutenu par les 1000 éleveurs ambassadeurs et ambassadrices et les délégations européennes présentes invitent tous les producteurs laitiers, adhérents ou non, indécis ou déjà persuadés, à venir nous rejoindre le 22 novembre 2011 à Avranches pour poursuivre et confirmer le mouvement initié y a trois ans par l’APLI, à savoir changer le système pour bâtir une filière équitable au travers d’une agence de régulation, d’un regroupement des producteurs et d’un partage de la valeur ajoutée.

 

SPACE manif EMB 14 09 10 005 TFrançois Lucas, vice président de la Coordination rurale et Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, ont répondu aux questions de l’hebdomadaire L’avenir agricole, édition du 18 novembre 2011 (siège à Laval).

 

 « La PAC doit être un ciment, elle est devenue un solvant »

 

François Lucas, le vice-président de la Coordination rurale, estime que « le G20 n’a pas avancé d’un iota sur nos problématiques agricoles ». Pire, en annonçant un développement mondial de la production agricole, il cristallise des oppositions contre une agriculture dite productive.

 

Est-ce que la déclaration d’intention du G20 agricole s’est concrétisée ?

 

Le G20 n’a pas avancé d’un iota sur nos problématiques agricoles. La seule avancée concrète est le dispositif AMIS. Les déclarations du G20 se retournent contre nous. Par exemple, on cristallise les réactions négatives en laissant entendre que la production agricole mondiale va augmenter alors qu’au final, on ne fait rien pour. On n’est plus dans une logique d’économie productive. Sauf peut-être en Allemagne. Dans beaucoup de pays, l’agriculture ne représente plus un moteur économique. Si ce secteur était correctement géré, il pourrait même donner des gages aux agences de notation ! Même si ce n’est pas le but. Parmi les pépites dont dispose l’Union européenne, il y a l’agriculture. Il est urgent de maintenir et de fortifier ce secteur stratégique majeur qui détermine notre sécurité alimentaire.

 

La réforme de la PAC du commissaire Ciolos peut-elle révéler cette pépite que constitue l’agriculture ?

 

La PAC est dans un coma profond. Même si je sais que l’exercice qui consiste à plaire à 27 pays est impossible, cette réforme est pire que je ne le pensais. On a même l’impression que la PAC n’existe plus. Il y a un an, lors de la 1ère communication du commissaire Ciolos, j’étais moins critique. La PAC doit être un ciment, elle est devenue un solvant. Depuis quelques années, on a l’impression que l’agriculture est un boulet qui coûte des milliards d’euros. La PAC est un coût pour la Commission européenne. Quant au verdissement de cette politique, il ne fait que renforcer les organisations écologistes contre nous. La PAC n’a pas à être grise ou rouge ! La réflexion sur la PAC doit se détacher de l’obsession budgétaire et retrouver du bon sens : un budget ne fait pas une politique, mais une politique bien pensée doit engendrer un budget adapté.

 

« La PAC 2014 favorise la concentration des fermes »

 

SPACE manif EMB 14 09 10 044 TLe G20 de Cannes n’a pas convaincu Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne.

Sur la forme, l’agriculture a été marginalisée du débat. La faute à la crise de la zone euro. Sur le fond, il estime « scandaleux » que le fait de demander aux pays pauvres de faire des stocks soit présenté comme une avancée. Sur la réforme de la PAC, « le principe d’attribution de soutiens annuels liés aux seuls hectares et quel que soit le niveau des prix agricoles et le nombre de personnes travaillant sur chaque ferme n’est pas remis en cause ». Où est la volonté d’équité affichée, s’interroge le leader syndical ? C’est comme si cette PAC « investissait dans la concentration des fermes ».

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 23:28

La France rejointe par les autres pays européens

 

Le grand pari de l’Apli, l’Association des producteurs de lait indépendants, se jouera mardi 22 novembre à Avranches, lors de cette assemblée générale des producteurs de lait ayant opté pour le contrat France Milkboard (FMB) dans le cadre européen de l’EMB (European Milkboard).

Car c’est la lutte d’influence entre les contrats laitiers proposés par les industriels (intégration verticale, par l’entreprise) et les contrats transversaux FMB (qui garantissent l’indépendance des producteurs et visent la défense des producteurs au niveau européen).

Voir l’article de Ouest-France (17 novembre) : L'office du Lait réunit ses troupes

Il veut rassembler les éleveurs laitiers pour peser dans les négociations avec les grands groupes industriels.

Fort de la validité juridique de sa proposition de contrat collectif, conforme aux textes de la loi de modernisation agricole (LMA), les membres fondateurs de l'Office du lait (Apli, Confédération Paysanne, coordination rurale) invitent les producteurs de lait à l'assemblée générale. Elle aura lieu le mardi 22 novembre prochain, à la salle polyvalente d'Avranches, près du jardin des plantes.

En pleine confusion sur les négociations actuelles des contrats laitiers, l'Office du Lait veut faire avec les producteurs le point des démarches entreprises pour valider au plan français et européen sa proposition de contrat transversale : « Pour que les producteurs de lait puissent avoir un rapport équitable avec les entreprises, ils doivent peser sur la gestion des volumes et peser dans la négociation des prix. Des organisations de producteurs verticales liées à chaque entreprise ne peuvent pas remplir cette mission ».

Le diagnostic de Paul de Montvalon est sans appel. La réunion d'Avranches sera l'occasion pour l'Office du lait de valider ses propositions en lien avec les producteurs d'autres pays. En particulier avec les producteurs suisses du syndicat Uniterre, récemment condamnés par le tribunal de Fribourg après une action symbolique en 2009. Le modèle de contractualisation du lait, produit dans des conditions particulièrement difficiles, pour le Gruyère, a volé en éclat.

 

Lettre d’invitation par le président Paul de Montvalon voir OFFICE DU LAIT NATIONAL FRANCE MILK BOARD


Les membres fondateurs de l'Office du lait vous invitent à :
l'Assemblée de l'Office du Lait
le Mardi 22 Novembre 2011 à 9 h 30
à la Salle Polyvalente d'Avranches dans la Manche

Ordre du jour :    
*      Accueil
*      Rapport d'orientation
*      Les évolutions du projet de l'Office du Lait
*      Constitution des commissions
*      Vote de confiance

     12 h 30 : Déjeuner (voir bulletin de réservation en pièce jointe)
     14 h 00 : Table ronde sur le thème :

PRODUCTEURS DE L'OFFICE DU LAIT : NOUVEL ÉLAN POUR L'EUROPE.


Avec la participation de producteurs de différents pays européens.
Par votre présence, vous témoignerez de votre volonté de voir le système changer pour plus d'équité entre les acteurs de la filière laitière.
Nous, producteurs laitiers, devons enfin vendre notre production à sa juste valeur pour vivre sereinement de notre métier.
Alors, soyez là pour soutenir vos collègues qui s'investissent depuis des mois pour donner un nouvel élan à l'Europe laitière. La solidarité et la détermination de tous sont nécessaires pour l'aboutissement de ce projet.

Voir aussi la Lettre ouverte de la Confédération paysanne aux structures syndicales et aux groupements de producteurs

(…) Le chantage exercé par les industriels pour faire signer aux producteurs un contrat cadre en leur laissant entendre qu’ils seront pénalisés à la sortie des quotas s’ils ne le font pas est inadmissible. Les industriels laitiers outrepassent leurs droits. La législation actuelle n'impose pas de signature. La production est organisée et encadrée par le régime des quotas jusqu'en 2015. L'Europe n'a pas encore défini un cadre pour les OP et n'a pas encore pris de position sur la contractualisation. Celle-ci sera-t-elle finalement obligatoire ou facultative?

Toutes les structures syndicales, tous les groupements de producteurs, tous les responsables professionnels doivent appeler à ne pas signer ces contrats.

Chacun a bien conscience que ce qui nous est aujourd'hui proposé n'est pas satisfaisant. La France n'a pas la capacité à elle seule d'imposer son modèle, nous ne pouvons donc pas accepter que des contraintes soient appliquées en France alors qu'ailleurs en Europe la production laitière n’aurait aucun cadre.

Les propositions actuelles des industriels n'apportent aucune garantie quant à une gestion des volumes à produire en rapport avec le nécessaire équilibre du marché.

En matière de prix payé aux producteurs, les contrats proposés ne donnent pas aux agriculteurs les perspectives à long terme suffisantes pour pouvoir gérer leur exploitation avec sérénité. La signature portée sur le contrat doit être tripartite sur un document unique, rédigé de façon intelligible pour tous.

Tous les groupements de producteurs doivent tenir des Assemblées générales afin que personne ne se sente floué ou dépossédé de son droit de choix.

La Confédération paysanne est co-fondatrice de France Milk Board avec l'APLI et l'OPL. Le contrat proposé par FMB est une alternative à celui des industriels. Dans leurs propositions ils refusent de prendre en compte la nécessaire rémunération des producteurs et la pérennité de leurs outils.

Soucieux de l'intérêt des producteurs, nous vous invitons à construire ensemble une alternative crédible qui prenne en compte cette rémunération en garantissant un équilibre du marché gage de stabilité pour la filière toute entière.

Nous souhaitons un vrai débat, au grand jour, sur les enjeux de cette contractualisation et sur les clauses principales qui doivent y figurer (prix, volume, cessibilité, propriété du droit à produire, etc...)

Nous nous tenons à la disposition de tous ceux qui, dans un objectif de la défense collective, souhaitent apporter leurs compétences au service de l’intérêt général.

La Confédération paysanne demande aussi à tous d’apporter soutien aux producteurs qui, après avoir refusé de signer le contrat qui leur aura été proposé par leur laiterie ainsi qu’ils en ont le droit, feraient l’objet de mesures coercitives de la part de celle-ci. Pour notre part, nous serons à leurs côtés.

 

Rappel :

Assemblée générale 2011 : l'Apli, après 2 ans d'existence, se structure - 18 septembre 2011

Lait : Apli, Coordination rurale et Confédération paysanne ensemble - 17 septembre 2011

Les producteurs de lait indépendants (Apli) proposent un contrat laitier - 14 septembre 2011

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 22:00

Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis

« J'observe que tout est bon pour fuir le débat de fond. Insinuations odieuses, ou tout simplement ridicules comme celles de Mme Voynet. La monnaie unique peut nous quitter demain. C'est un étourdissant concert de tous les Maastrichtiens pour faire oublier les responsabilités qui sont les leurs et qui les empêche de voir les solutions qui, demain, seraient praticables pour permettre à la France de s'en sortir à moindres frais » (Jean-Pierre Chevènement, 18 novembre, Surtout fuir le débat de fond).

Le débat de fond finira par s’imposer, vu que notre pays s’approche d’une panne totale de financement, qui risque de déboucher sur une crise qui ébranlera les fondations de la République.

 

Simone Wapler, La Chronique Agora, 18 novembre :

(…) Certes, nous ne savons pas encore quand la France sera en cessation exacte de paiement. Mais ce que nous pouvons surveiller, c'est le taux auquel nos créditeurs acceptent de nous prêter de l'argent -- c'est-à-dire l'évolution des rendements de nos obligations souveraines. Dès qu'ils dépassent les 6%, un pays bascule dans l'insolvabilité. C'est ce qui s'est produit en Irlande, en Grèce, au Portugal, en Italie... et qui risque de se passer en France. A l'heure où j'écris ces lignes, ce taux est à 3,51%. Autrement dit, nous n'avons pas une grande marge de sécurité avant les 6%... Et je pense que tout pourrait aller très vite : sans croissance et sans accroissement des recettes fiscales, nous n'avons aucune solution pour combler nos déficits et rassurer nos créanciers. Et à quelques mois de l'échéance électorale de 2012, quel politicien aura assez de tripes pour regarder la situation en face ? Prédire la crise, annoncer des mesures d'austérité, inciter la population à se serrer la ceinture... comment se faire élire sur un tel programme ?

Il faudrait une volonté politique considérable pour renverser la situation ; au lieu de cela, l'élection présidentielle de 2012 ne servira sans doute qu'à révéler nos faiblesses (…).

 

Congr-s-MRC-2008-036.jpgNous connaissons un homme d’Etat, capable de mener le pays dans la tempête. C’est Chevènement. Voir Les 10 propositions de Chevènement pour sortir la France de l'impasse.

Téléchargez et distribuez le numéro de Citoyens Militants de décembre 2011, dont le texte, ci-après, à relire avec attention, car l’essentiel y est.

 

Chevènement : déclaration de candidature

 

1. Tout au long de cette année, j’ai beaucoup réfléchi et écouté. J’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République en 2012, comme je l’avais annoncé, « pour faire bouger les lignes ». Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant elles.

2. Nous sommes en effet à la veille de très fortes secousses. Avec la crise de l’euro, l’Europe se trouve dans l’oeil du cyclone.

3. Ceux qui nous dirigent ou qui aspirent à le faire, pas plus que nos gouvernants de 1940, ne se sont préparés à y faire face. Or, dans cette période de tempêtes, il faudra maintenir le cap des intérêts de la France et de la République, qu’ils ont souvent perdu de vue depuis longtemps (cf.8). C’est pourquoi je suis candidat, pour aider à trouver un chemin.

4. La crise de la monnaie unique a, en effet, sa cause dans la monnaie unique elle-même, que nos dirigeants ont soutenue tous ensemble, à Maastricht, il y a vingt ans. L’erreur du traité que j’ai combattu a consisté à vouloir transférer à un aréopage de banquiers irresponsables la souveraineté moné­taire de dix-sept pays très différents par leurs structures économiques, leurs langues, leurs cultures et leurs options politiques. Or, au lieu de converger, leurs économies ont divergé. L’écart s’est creusé entre l’Allemagne industrielle et excédentaire au Nord et les pays du Sud de l’Europe déficitaires et en voie de désindustrialisation rapide. La monnaie unique était censée unir. Elle divise. Les politiques de rigueur conjuguées conduisent à une récession généralisée.

5. Le sommet de Bruxelles n’a rien réglé. Il n’a posé que des rustines. Les res­sources disponibles du Fonds européen de solidarité financière sont insuffi­santes : 250 milliards face aux 3 400 milliards de dettes des cinq pays « sous tension ». Cette insuffisance ouvre la voie à l’ingérence extérieure. Après la Grèce, qui renâcle devant sa mise en tutelle, c’est le tour de l’Italie d’être attaquée et mise sous le contrôle du FMI. La rigueur s’impose par diktat. Au sommet du G20, à Cannes, la crise de l’euro a occulté le reste : la réforme du système monétaire international n’a pas progressé.

6. Il y a pourtant des solutions pour réconcilier l’Europe avec le progrès et avec la démocratie, essentiellement deux :

a) Pour sauver la monnaie unique, adosser le Fonds européen de solidarité financière aux ressources de la Banque Centrale européenne, comme l’avait proposé initialement le gouvernement français, afin de casser la spéculation. Donner à la Banque Centrale européenne les mêmes prérogatives que la Banque Centrale américaine qui détient 2 000 milliards de bons du Trésor américain et soutient la croissance aux Etats-Unis.

b) A défaut d’un accord du gouvernement allemand sur cette première solution, le compte à rebours de la dissociation de la zone euro est enclenché. Mais il est encore possible de limiter les dégâts :

- il faudrait organiser de manière négociée la mutation de la monnaie unique en monnaie commune, projet raisonnable, soutenu il y a une vingtaine d’années par M. Bérégovoy et par M. Balladur ;

- il faudrait pour cela négocier un système de parités stables et ajustables pour corriger les écarts de com­pétitivité entre les différents pays tout en préservant l’euro comme « toit européen commun ». Cet euro pourrait être utilisé dans les échanges extérieurs, les monnaies nationales étant réservées aux transac­tions internes. Il n’est pas déshonorant de rectifier une erreur et de revenir à un système monétaire moins rigide et plus souple.

 

7. Malheureusement les dirigeants de l’Europe ne sont pas capables de faire des choix viables et cohérents, soit pour sauver la monnaie unique en réformant son architecture, ce que j’ai toujours proposé, soit pour revenir à une monnaie commune, plus robuste. Ils manquent du plus élémentaire réalisme pour sortir de l’impasse à moindres frais.

 

8. Face aux secousses inévitables, il faut garder le cap des intérêts supérieurs de la France et de la République. Ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire, l’ont le plus souvent perdu de vue. Or, il n’est pas de cap pour qui ne connaît pas le port. Quels sont ces intérêts majeurs que dans les années à venir il faudra conserver à l’esprit ? J’en vois quatre :

a) D’abord une monnaie moins chère que l’euro actuel surévalué de 25 %. Une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation. Notre base industrielle a rétréci de moitié depuis trente ans. Or, sans base productive solide, pas de protection sociale efficace ! Voilà trente ans que je le répète : une industrie moderne c’est la condition de tout le reste : exportations, recherche, emploi, y compris dans les services, avenir de la jeunesse.

b) Deuxièmement, il faut organiser une Europe de la croissance, avec politique monétaire active, une monnaie non surévaluée, un commerce ouvert aux concurrences loyales, un plan d’inves­tissements dans les secteurs d’avenir (transition énergétique, transports et villes durables, etc.). Il n’est pas normal que l’Europe soit le seul continent voué à la stagnation économique.

c) Troisièmement il faut préserver, avec la démocratie et les droits du Parlement, notre souveraine­té budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure. Pas question de brader l’atout nucléaire de la France. Nos centrales nous donnent une électricité 40 % moins chère que celle qu’il faudrait produire en substitut. Pas question de laisser partir en fumée des centaines de milliards investis depuis un demi-siècle ! Pas question de sacrifier sur l’autel de la règle d’airain budgétaire, la dissuasion nucléaire qui garantit notre sécurité à long terme. Pas question de sacrifier non plus notre siège de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU ou notre réseau diplomatique, le deuxième du monde.

d) Il faut enfin redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain. Une Europe non pas fédérale – ce n’est pas mûr – mais confédérale, appuyée sur ses nations et sur la démocratie qui vit en chacune d’elle, une Eu­rope à géométrie variable, avec une monnaie non pas unique mais commune. Pour construire cette « Europe européenne » une France forte est nécessaire.

9. Ces quatre grands repères ne sont guère présents à l’esprit de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger.

a) Selon Nicolas Sarkozy, « si l’euro explose, l’Europe disparaît ». Cela n’a pas de sens. La Grande- Bretagne n’est pas dans l’euro mais elle est dans l’Europe. Celle-ci existait avant l’euro. Elle existera après. Nicolas Sarkozy nous dit qu’il faut coller à l’Allemagne. Il faut certes dialoguer avec elle mais en s’appuyant sur nos propres atouts. Nos modèles sont différents et nos intérêts peuvent l’être temporairement. Trouvons avec l’Allemagne les compromis nécessaires. Nicolas Sarkozy nous fixe l’horizon du « triple A ». Ce n’est pas un projet républicain dans lequel le peuple puisse se reconnaître. C’est transférer la souveraineté populaire aux agences de nota­tion ! Au total, Nicolas Sarkozy ne nous offre à travers la règle d’or – en fait d’airain – que l’horizon d’une austérité à perpétuité.

b) François Hollande refuse, lui, d’inscrire la règle d’or dans la Constitution mais il l’appliquerait, en réduisant dès 2013 le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Je ne discerne pas la logique alternative qu’il propose. Il évoque les eurobonds mais l’Allemagne n’est pas prête à mutualiser sa dette avec celle des autres. Tout au plus accepterait-elle peut-être un emprunt européen pour finan­cer quelques travaux d’infrastructures…

c) Les invocations au fédéralisme qui se font entendre à gauche et à droite dissimulent le fait que ce fédéralisme ne peut être que coercitif et déboucher sur un espace disciplinaire.

Les Français ont besoin de repères clairs, sur l’Ecole, la sécurité, l’intégration, mais d’abord sur l’Europe car c’est par là que la maison brûle. Il faut donc une vision et d’abord pour remettre l’Europe sur ses pieds.

La France, depuis trop longtemps, minée par le doute, doit retrouver confiance en elle-même : les se­cousses sont inévitables et l’effort le sera aussi. Mais cet effort doit avoir un sens, et la justice être au rendez-vous.

Il faut enfin parler le langage de la vérité, y compris sur les moyens que nous prendrons. C’est le seul moyen d’éviter les déceptions après 2012. Nous ferons ainsi barrage à l’extrême droite.

Il faut remettre d’aplomb la République et refaire des citoyens. C’est pour cela que j’ai choisi de faire entendre ma voix.

 

Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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