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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 22:00

Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis

« J'observe que tout est bon pour fuir le débat de fond. Insinuations odieuses, ou tout simplement ridicules comme celles de Mme Voynet. La monnaie unique peut nous quitter demain. C'est un étourdissant concert de tous les Maastrichtiens pour faire oublier les responsabilités qui sont les leurs et qui les empêche de voir les solutions qui, demain, seraient praticables pour permettre à la France de s'en sortir à moindres frais » (Jean-Pierre Chevènement, 18 novembre, Surtout fuir le débat de fond).

Le débat de fond finira par s’imposer, vu que notre pays s’approche d’une panne totale de financement, qui risque de déboucher sur une crise qui ébranlera les fondations de la République.

 

Simone Wapler, La Chronique Agora, 18 novembre :

(…) Certes, nous ne savons pas encore quand la France sera en cessation exacte de paiement. Mais ce que nous pouvons surveiller, c'est le taux auquel nos créditeurs acceptent de nous prêter de l'argent -- c'est-à-dire l'évolution des rendements de nos obligations souveraines. Dès qu'ils dépassent les 6%, un pays bascule dans l'insolvabilité. C'est ce qui s'est produit en Irlande, en Grèce, au Portugal, en Italie... et qui risque de se passer en France. A l'heure où j'écris ces lignes, ce taux est à 3,51%. Autrement dit, nous n'avons pas une grande marge de sécurité avant les 6%... Et je pense que tout pourrait aller très vite : sans croissance et sans accroissement des recettes fiscales, nous n'avons aucune solution pour combler nos déficits et rassurer nos créanciers. Et à quelques mois de l'échéance électorale de 2012, quel politicien aura assez de tripes pour regarder la situation en face ? Prédire la crise, annoncer des mesures d'austérité, inciter la population à se serrer la ceinture... comment se faire élire sur un tel programme ?

Il faudrait une volonté politique considérable pour renverser la situation ; au lieu de cela, l'élection présidentielle de 2012 ne servira sans doute qu'à révéler nos faiblesses (…).

 

Congr-s-MRC-2008-036.jpgNous connaissons un homme d’Etat, capable de mener le pays dans la tempête. C’est Chevènement. Voir Les 10 propositions de Chevènement pour sortir la France de l'impasse.

Téléchargez et distribuez le numéro de Citoyens Militants de décembre 2011, dont le texte, ci-après, à relire avec attention, car l’essentiel y est.

 

Chevènement : déclaration de candidature

 

1. Tout au long de cette année, j’ai beaucoup réfléchi et écouté. J’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République en 2012, comme je l’avais annoncé, « pour faire bouger les lignes ». Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant elles.

2. Nous sommes en effet à la veille de très fortes secousses. Avec la crise de l’euro, l’Europe se trouve dans l’oeil du cyclone.

3. Ceux qui nous dirigent ou qui aspirent à le faire, pas plus que nos gouvernants de 1940, ne se sont préparés à y faire face. Or, dans cette période de tempêtes, il faudra maintenir le cap des intérêts de la France et de la République, qu’ils ont souvent perdu de vue depuis longtemps (cf.8). C’est pourquoi je suis candidat, pour aider à trouver un chemin.

4. La crise de la monnaie unique a, en effet, sa cause dans la monnaie unique elle-même, que nos dirigeants ont soutenue tous ensemble, à Maastricht, il y a vingt ans. L’erreur du traité que j’ai combattu a consisté à vouloir transférer à un aréopage de banquiers irresponsables la souveraineté moné­taire de dix-sept pays très différents par leurs structures économiques, leurs langues, leurs cultures et leurs options politiques. Or, au lieu de converger, leurs économies ont divergé. L’écart s’est creusé entre l’Allemagne industrielle et excédentaire au Nord et les pays du Sud de l’Europe déficitaires et en voie de désindustrialisation rapide. La monnaie unique était censée unir. Elle divise. Les politiques de rigueur conjuguées conduisent à une récession généralisée.

5. Le sommet de Bruxelles n’a rien réglé. Il n’a posé que des rustines. Les res­sources disponibles du Fonds européen de solidarité financière sont insuffi­santes : 250 milliards face aux 3 400 milliards de dettes des cinq pays « sous tension ». Cette insuffisance ouvre la voie à l’ingérence extérieure. Après la Grèce, qui renâcle devant sa mise en tutelle, c’est le tour de l’Italie d’être attaquée et mise sous le contrôle du FMI. La rigueur s’impose par diktat. Au sommet du G20, à Cannes, la crise de l’euro a occulté le reste : la réforme du système monétaire international n’a pas progressé.

6. Il y a pourtant des solutions pour réconcilier l’Europe avec le progrès et avec la démocratie, essentiellement deux :

a) Pour sauver la monnaie unique, adosser le Fonds européen de solidarité financière aux ressources de la Banque Centrale européenne, comme l’avait proposé initialement le gouvernement français, afin de casser la spéculation. Donner à la Banque Centrale européenne les mêmes prérogatives que la Banque Centrale américaine qui détient 2 000 milliards de bons du Trésor américain et soutient la croissance aux Etats-Unis.

b) A défaut d’un accord du gouvernement allemand sur cette première solution, le compte à rebours de la dissociation de la zone euro est enclenché. Mais il est encore possible de limiter les dégâts :

- il faudrait organiser de manière négociée la mutation de la monnaie unique en monnaie commune, projet raisonnable, soutenu il y a une vingtaine d’années par M. Bérégovoy et par M. Balladur ;

- il faudrait pour cela négocier un système de parités stables et ajustables pour corriger les écarts de com­pétitivité entre les différents pays tout en préservant l’euro comme « toit européen commun ». Cet euro pourrait être utilisé dans les échanges extérieurs, les monnaies nationales étant réservées aux transac­tions internes. Il n’est pas déshonorant de rectifier une erreur et de revenir à un système monétaire moins rigide et plus souple.

 

7. Malheureusement les dirigeants de l’Europe ne sont pas capables de faire des choix viables et cohérents, soit pour sauver la monnaie unique en réformant son architecture, ce que j’ai toujours proposé, soit pour revenir à une monnaie commune, plus robuste. Ils manquent du plus élémentaire réalisme pour sortir de l’impasse à moindres frais.

 

8. Face aux secousses inévitables, il faut garder le cap des intérêts supérieurs de la France et de la République. Ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire, l’ont le plus souvent perdu de vue. Or, il n’est pas de cap pour qui ne connaît pas le port. Quels sont ces intérêts majeurs que dans les années à venir il faudra conserver à l’esprit ? J’en vois quatre :

a) D’abord une monnaie moins chère que l’euro actuel surévalué de 25 %. Une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation. Notre base industrielle a rétréci de moitié depuis trente ans. Or, sans base productive solide, pas de protection sociale efficace ! Voilà trente ans que je le répète : une industrie moderne c’est la condition de tout le reste : exportations, recherche, emploi, y compris dans les services, avenir de la jeunesse.

b) Deuxièmement, il faut organiser une Europe de la croissance, avec politique monétaire active, une monnaie non surévaluée, un commerce ouvert aux concurrences loyales, un plan d’inves­tissements dans les secteurs d’avenir (transition énergétique, transports et villes durables, etc.). Il n’est pas normal que l’Europe soit le seul continent voué à la stagnation économique.

c) Troisièmement il faut préserver, avec la démocratie et les droits du Parlement, notre souveraine­té budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure. Pas question de brader l’atout nucléaire de la France. Nos centrales nous donnent une électricité 40 % moins chère que celle qu’il faudrait produire en substitut. Pas question de laisser partir en fumée des centaines de milliards investis depuis un demi-siècle ! Pas question de sacrifier sur l’autel de la règle d’airain budgétaire, la dissuasion nucléaire qui garantit notre sécurité à long terme. Pas question de sacrifier non plus notre siège de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU ou notre réseau diplomatique, le deuxième du monde.

d) Il faut enfin redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain. Une Europe non pas fédérale – ce n’est pas mûr – mais confédérale, appuyée sur ses nations et sur la démocratie qui vit en chacune d’elle, une Eu­rope à géométrie variable, avec une monnaie non pas unique mais commune. Pour construire cette « Europe européenne » une France forte est nécessaire.

9. Ces quatre grands repères ne sont guère présents à l’esprit de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger.

a) Selon Nicolas Sarkozy, « si l’euro explose, l’Europe disparaît ». Cela n’a pas de sens. La Grande- Bretagne n’est pas dans l’euro mais elle est dans l’Europe. Celle-ci existait avant l’euro. Elle existera après. Nicolas Sarkozy nous dit qu’il faut coller à l’Allemagne. Il faut certes dialoguer avec elle mais en s’appuyant sur nos propres atouts. Nos modèles sont différents et nos intérêts peuvent l’être temporairement. Trouvons avec l’Allemagne les compromis nécessaires. Nicolas Sarkozy nous fixe l’horizon du « triple A ». Ce n’est pas un projet républicain dans lequel le peuple puisse se reconnaître. C’est transférer la souveraineté populaire aux agences de nota­tion ! Au total, Nicolas Sarkozy ne nous offre à travers la règle d’or – en fait d’airain – que l’horizon d’une austérité à perpétuité.

b) François Hollande refuse, lui, d’inscrire la règle d’or dans la Constitution mais il l’appliquerait, en réduisant dès 2013 le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Je ne discerne pas la logique alternative qu’il propose. Il évoque les eurobonds mais l’Allemagne n’est pas prête à mutualiser sa dette avec celle des autres. Tout au plus accepterait-elle peut-être un emprunt européen pour finan­cer quelques travaux d’infrastructures…

c) Les invocations au fédéralisme qui se font entendre à gauche et à droite dissimulent le fait que ce fédéralisme ne peut être que coercitif et déboucher sur un espace disciplinaire.

Les Français ont besoin de repères clairs, sur l’Ecole, la sécurité, l’intégration, mais d’abord sur l’Europe car c’est par là que la maison brûle. Il faut donc une vision et d’abord pour remettre l’Europe sur ses pieds.

La France, depuis trop longtemps, minée par le doute, doit retrouver confiance en elle-même : les se­cousses sont inévitables et l’effort le sera aussi. Mais cet effort doit avoir un sens, et la justice être au rendez-vous.

Il faut enfin parler le langage de la vérité, y compris sur les moyens que nous prendrons. C’est le seul moyen d’éviter les déceptions après 2012. Nous ferons ainsi barrage à l’extrême droite.

Il faut remettre d’aplomb la République et refaire des citoyens. C’est pour cela que j’ai choisi de faire entendre ma voix.

 

Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 23:53

La gauche est mal à l’aise avec la question nationale

 

Dans un article publié le 1er novembre 2011 par Mémoire des luttes, Bernard Cassen tire les leçons des mouvements sociaux les plus récents (printemps arabe, indignés).

 

Europe : la rupture doit d’abord être nationale

 

Dans la plupart des pays d’Europe, la gauche radicale est très mal à l’aise avec la question nationale. Les textes, ouvrages et revues théoriques sur le sujet, qui rempliraient des bibliothèques entières, en appellent à Marx, Lénine, Rosa Luxemburg, Trotsky ou Jaurès pour prendre position sur la notion de patrie, sur les rapports entre classe et nation, sur le nationalisme, l’internationalisme, voire l’altermondialisme.

Ces débats, ou du moins ce qu’il en reste dans les termes de référence de la gauche, ne sont pas purement abstraits ou en lévitation sur les luttes politiques concrètes : ils structurent la conscience de leurs acteurs. Les attitudes de ces derniers à l’égard de la construction européenne en constituent un cas d’école. Avec cette construction, nous nous trouvons en effet devant une configuration historiquement inédite dont le point le plus sensible est l’articulation, en permanente évolution et variable selon les domaines, entre le périmètre d’intervention et de décision du national et celui - supra-étatique ou fédéral - de l’Union européenne (UE).

 

Depuis sa conversion au néolibéralisme, dans les années 1980, la social-démocratie a fait du mirage européen un alibi à son renoncement à toute transformation sociale nationale en profondeur : d’élection européenne en élection européenne, elle promet une « Europe sociale » dont la mise en place est constamment renvoyée aux calendes grecques. Et comment pourrait-il en être autrement dans le cadre de traités européens – qu’elle a votés avec enthousiasme – dont le principe directeur est la « concurrence libre et non faussée » et non pas la solidarité ?

 

En France, il est significatif que tous les candidats à l’élection primaire organisée par le Parti socialiste pour désigner son candidat à la présidence de la République aient subordonné leurs rares propositions ambitieuses pouvant avoir une incidence européenne à un accord, auquel personne ne croit, de l’ensemble de leurs partenaires de l’UE. Au prétexte du refus de l’ « isolement » de la France, cela revient à enterrer le sujet en toute bonne conscience…

 

La fuite en avant européiste n’épargne pas une bonne partie de la gauche radicale. Selon elle, toute mesure que prendrait un gouvernement progressiste décidant unilatéralement de désobéir aux politiques néolibérales de l’UE aurait un caractère « nationaliste » et risquerait de faire le jeu de l’extrême droite. Tout comme la social-démocratie, mais pour des raisons différentes, cette gauche-là tend à jeter aux oubliettes le fait national. Pour agir (ou plutôt pour être certaine de ne pas pouvoir agir), la première attend l’improbable approbation des autres gouvernements. Quant à la seconde, qui se réclame de l’internationalisme - dont l’UE serait une version certes très critiquable, mais pouvant être améliorée -, elle considère que la tâche prioritaire n’est pas de prendre des initiatives nationales, mais de faire émerger un souhaitable, mais très hypothétique « mouvement social européen ».

 

Avec le « printemps arabe » et les Indignés, l’histoire récente nous montre cependant qu’un mouvement social international ne peut se cristalliser et se développer de proche en proche qu’à partir d’une situation nationale de rupture. Pour tous ceux qui estiment que la construction européenne doit être refondée sur des bases radicalement différentes de celles du traité de Lisbonne, cette rupture ne peut provenir que d’un gouvernement disposant d’un fort appui populaire national. C’est cet acte inaugural qui, par-dessus la tête des autres gouvernements, sera un pôle de ralliement et de mobilisation des mouvements sociaux à l’échelle continentale.

 

Cet article est le 87ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 18:19

Chevènement ne cesse de tirer le signal d’alarme

 

Il est rageant de voir à quoi s’intéressent les médias (frivolité de Canal Plus, l’appartement de Chevènement à Paris les intéressant beaucoup plus que les menaces sur notre économie). Il faut résister, comme le fait Chevènement, et dire la vérité. Celle-ci s’imposera, tôt ou tard, éclatant au grand jour. Il faudra alors être prêts.

 

Université d'été MRC 2010 003 TLa base productive de la France s’effrite. Il faut le dire et en tirer les conséquences. Cela concerne l’industrie, mais aussi l’agriculture. Le candidat Chevènement a décidé d’en faire son principal thème de campagne*.

 

"Les élites mondialisées abandonnent les couches populaires au Front National". Jean-Pierre Chevènement était l'invité du Grand Journal de Canal Plus mardi 15 novembre. En voici les deux principaux extraits. LE GRAND JOURNAL 15/11 - "Sans usines, c'est la Fin de la France"

"Il faut se réindustrialiser". Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal de Saône et Loire, mardi 15 novembre 2011.

Crise de l'euro: la fin de la France ? Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans Les Echos, mercredi 16 novembre 2011.

 

Le sort de la monnaie unique se joue en Italie. Ce pays doit lever 300 milliards d'euros en 2012 à un taux qui dépasse 6 %. Intenable.
Le remplacement d
'hommes politiques élus par des technocrates européens non élus, MM. Monti en Italie comme Papadémos en Grèce (à quand M. Trichet à Matignon ?) ne réglera rien.
En effet, les ressources disponibles du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), soit 250 milliards d
'euros, sont radicalement insuffisantes pour faire face à la montagne de dettes des pays « sous tension » (plus de 3.000 milliards d'euros) et particulièrement au risque d'un défaut italien.
Le fameux « effet de levier » évoqué par le sommet européen de Bruxelles du 24 octobre 2011 pour multiplier les ressources du FESF par cinq a fait long feu : le « véhicule spécial » qui devait embarquer des « émergents » (Chine, Brésil, etc.) pour venir au secours de la monnaie unique est rentré vide du sommet du G20 à Cannes.

Après l'Italie, la France est en première ligne, compte tenu de la forte exposition des banques françaises dans la péninsule.

Le gouvernement français a fait une proposition intéressante : transformer le FESF en banque, pour l'adosser aux ressources théoriquement illimitées de la Banque centrale européenne. C'eût été le seul moyen de casser la spéculation pour, ensuite, relancer la croissance sur notre continent.

 

Devant le refus allemand, la proposition française a été malheureusement retirée. Ceux qui nous parlent de « saut fédéral » nous dissimulent qu'il débouche sur un espace disciplinaire et une mise sous tutelle que les peuples n'accepteront pas, car les technocrates européens ne pourront pas supprimer les élections En fait, nul ne veut voir que le vice constitutif de la monnaie unique est d'avoir méconnu les réalités nationales : on ne peut pas transférer la souveraineté monétaire de dix-sept pays si différents par leurs structures économiques, politiques et mentales à une Banque centrale indépendante calquée sur le modèle de la Bundesbank allemande. Là est le péché contre l'esprit. Et tant qu'on n'aura pas pris en compte les réalités nationales on ne résoudra pas durablement la crise de l'euro.
Il n
'y a aujourd'hui que deux chemins : soit on change l'architecture de la monnaie unique en étendant les prérogatives de la Banque centrale, soit on essaie de rectifier l'erreur initiale en revenant à l'idée de monnaie commune autrefois prônée par Pierre Bérégovoy.

Si la position du gouvernement allemand sur le rôle de la Banque centrale demeure inchangée, nous allons vers une dissociation de la zone euro à laquelle il vaudrait mieux se préparer pour en limiter les effets négatifs et ainsi préserver l'unité du marché européen. C'est le sens de la proposition que j'ai faite d'une mutation de l'euro de monnaie unique en monnaie commune. L'euro redeviendrait ce qu'était l'ECU, c'est-à-dire un panier de monnaies nationales dont les parités seraient périodiquement négociées pour tenir compte des écarts de compétitivité entre les pays. L'euro resterait la monnaie de transaction pour les échanges extérieurs. Les monnaies nationales seraient réservées aux échanges internes. Ainsi, un pôle européen respectueux des nations prendrait forme entre les Etats-Unis et la Chine. Le cours de l'euro serait fixé par les marchés. Il serait sans doute moins surévalué qu'aujourd'hui : cela redonnerait de l'air à la croissance et à l'investissement en Europe.

Le risque majeur pour la France, si l
'Italie et l'Espagne devaient reprendre leur liberté monétaire, serait de rester collée à l'Allemagne dans une petite zone euro réduite à un noyau dur - Allemagne, Benelux, Autriche, France, comme le proposaient, en 1994, MM. Schäuble et Lammers.
Ce qui reste de l
'industrie française ne résisterait pas à une nouvelle surévaluation de l'euro, conjuguée avec la dévaluation compétitive des pays du Sud. Or, malheureusement, les discours du président de la République (« il faut en tout point imiter l'Allemagne ») aussi bien que le tropisme des européistes benêts au sein du Parti socialiste nous enfermeraient dans ce cul-de-sac historique : la France, ayant abandonné sa base productive, deviendrait un parc d'attractions à l'extrémité du continent eurasiatique, où viendraient se reposer des guerriers économiques fatigués, allemands, chinois, japonais, américains, etc. Elle sortirait de l'Histoire. Je demande fermement que les candidats qui ambitionnent d'exercer la plus haute charge de l'Etat refusent clairement la perspective de cette petite zone euro qui serait tout simplement la fin de la France.

Source : Les Echos.fr

"L’alignement sur l’Allemagne est devenu le leitmotiv de Nicolas Sarkozy". Question du sénateur Chevènement au Ministre de l’industrie à propos de la désindustrialisation, séance du 15 novembre 2011.

* Rappel : Les 10 propositions de Chevènement pour sortir la France de l'impasse - 15 novembre 2011 ; Chevènement lance sa candidature pour sortir la France de l'impasse - 5 novembre 2011  

Cet article est le 150ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 20:46

Les choix à faire pour une politique de redressement

 

Après avoir écrit un gros livre « La France est-elle finie ? » (prix du livre politique 2011), puis un autre, plus directement tourné vers l’élection présidentielle, « Sortir la France de l’impasse », voici 10 propositions avec lesquelles Jean-Pierre Chevènement veut lancer le débat présidentiel avec les français.

 

Chevènement Le Mans 280111 002 TRappel : Présidentielle 2012 : la candidature Chevènement est à double détente - 7 novembre 2011 ;  "Je veux redresser la France" - Entretien de Jean-Pierre Chevènement à L'Est républicain, 14 novembre 2011;  "Une France sans usines, c'est la fin de la France: il nous faut un euro moins cher!" - Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Radio France Politique, 13 octobre 2011. Il répondait aux questions de Jean-François Achilli, Marie-Eve Malouines, Hubert Huertas et Benoît Bouscarel.

 

10 PROPOSITIONS

 

POUR SORTIR LA FRANCE DE L’IMPASSE

 

 

Un plan A et un plan B pour l’euro

Plan A : Une Banque centrale européenne réformée, incluant dans ses statuts le soutien à la crois­sance et à l’emploi, ainsi qu’une politique de change. Gouvernement économique de la zone euro démocratiquement contrôlé. Politique de monétisation de la dette publique.

Plan B : Organiser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune. L’euro-franc vaudrait 1 euro. Les monnaies nationales verraient leurs parités fixées dans une bande de fluctuation négociée pour tenir compte de la compétitivité relative des différents pays. Au sein de ce nouveau Système monétaire européen, l’euro constituerait un « toit commun européen ». Il serait utilisé dans les relations internationales.

Objectif : relancer la croissance en France et en Europe par une monnaie moins surévaluée et rendre possible la réindustrialisation de nos économies.

 

Une politique industrielle capable de sauver la protection sociale

Développer à nouveau une base industrielle, et ce, sur l’ensemble de la chaîne de valeur (recherche, conception, production, assemblage, marketing). L’Etat doit intervenir par une Banque Publique d’investissement, une politique de recherche et d’innovation, la mobilisation des élites des grandes écoles, les partenariats entre grandes entreprises et ETI/PME. Condition sine qua non d’une telle politique : un taux de change de l’euro ou de l’euro-franc compétitif.

Objectif : reconstituer une base productive à forte intensité technologique, capable de fournir des emplois nombreux et bien payés, un financement solide à la Sécurité sociale et un avenir à notre jeunesse.

 

Un secteur bancaire et financier remis sous contrôle

Par la nationalisation ou la mise sous tutelle des banques de dépôt, la séparation des activités com­merciales et de marché, la réglementation et l’interdiction de certaines pratiques bancaires.

Objectif : garantir l’épargne des français et le crédit aux entreprises ; mettre fin à la dictature des agences de notation et des marchés financiers ; réduire le poids de la finance dans l’économie.

 

Une politique de reprise en main de la dette publique et du déficit

Par la souscription directe de titres de dette par les particuliers ; par la consolidation des recettes fiscales par une politique de croissance et la mise à contribution des grandes entreprises.

Objectif : « nationaliser » la dette publique à moyen terme et la soustraire à la spéculation ; évi­ter des politiques d’austérité qui, tuant la croissance, augmenteraient encore le déficit et la dette ; renouer avec une contribution fiscale « normale » des grands groupes.

 

Un système social et fiscal orienté vers la reconstruction d’une base productive

Par un « retour à la normale » de la contribution des grands groupes (taxe forfaitaire sur le CA), le basculement des cotisations familiales et maladies vers des impôts à assiette large (TVA, CSG), la mise en place de droits antidumping social ou environnemental aux frontières de l’UE, ou à défaut, de celles de la France. Les Français les plus riches doivent participer à l’effort national par une taxa­tion accrue du patrimoine immobilier au-delà d’un certain seuil.

Objectif : accompagner la politique industrielle par une politique fiscale active favorable à l’industrie et à l’emploi, et construire un système fiscal robuste dans la mondialisation. Lutter contre les injus­tices par un partage plus juste de l’effort.

 

Une politique énergétique combinant indépendance, sécurité, technologie et réduction des gaz à effet de serre

Par la modernisation et la consolidation de la filière nucléaire, comme atout technologique de la France contrôlé par l’État et source d’élecricité bon marché, par l’investissement dans les énergies renouvelables (notamment l’énergie hydraulique et le solaire thermique), la recherche progressive d’économies d’énergie.

Objectif : assurer des prix stables et raisonnables aux Français, avec une énergie sûre et indépen­dante du contexte international

 

Un nouveau souffle pour l’école de la République

Par la priorité donnée à la lutte contre l’échec scolaire à l’école maternelle et primaire et à la for­mation de jeunes diplômés de niveau bac+3.

Objectif : réduire de 4 à 1 l’échec scolaire en maternelle primaire et porter à 50% le nombre de jeunes poursuivant leurs études jusqu’au niveau de la licence (bac + 3). Cette élévation du niveau d’éducation des jeunes sera par ailleurs un facteur décisif de la compétitivité de l’économie fran­çaise.

 

Une immigration maîtrisée, une intégration républicaine solide

Par l’ouverture de la naturalisation à tous ceux qui remplissent de simples critères d’intégration, à commencer par l’acquisition de la langue française, système préférable au droit de vote des étran­gers aux élections locales. Par un effort considérable de l’école pour les jeunes issus de l’immigra­tion.

Objectif : lutter contre la tendance à la communautarisation de la société française, affirmer le socle de valeurs républicaines qui fait du peuple français un peuple de citoyens.

 

Une sécurité renforcée, une justice plus efficace

Par une action tenace, qui ne s’accommode pas de virages incessants et de réformes mal préparées : prévenir autant que possible en resserant les liens entre la police et la population, dissuader en tout état de cause, et réprimer autant que nécessaire. La justice devra recevoir de nouveaux moyens et travailler plus étroitement avec les forces de police et de gendarmerie.

Objectif : réduire les violences faites aux personnes dans des proportions significatives (20%), traiter avec fermeté la question de la délinquance juvénile qui est un problème central pour de nom­breux quartiers.

 

Une France force d’équilibre entre les pôles de demain

Maintenir notre indépendance stratégique et faire de la France le principal vecteur d’une « Europe européenne », capable de maîtriser son destin et d’être elle-même un pôle dans le monde multipo­laire de demain.

Par un jeu assumé des atouts de la France, des coopérations européennes à géométrie variable, avec les pays qui le souhaitent, un renforcement de la coopération de la France avec le monde euro-médi­terranéen.

Objectif : Faire émerger une Confédération européenne démocratique et appuyée sur les nations. Placer la France au coeur des relations entre les pays développés, les pays émergents et les pays pauvres, notamment en Afrique.

 

Retrouvez la campagne en ligne de Jean-Pierre Chevènement sur : www.chevenement2012.fr

 

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 22:36

Ne laissons pas la démocratie faire défaut en Europe

 

L’histoire s’accélère en Europe. La démocratie s’est mise au pas de la finance. Les gouvernements changent selon le bon vouloir des marchés, mettant aux responsabilités des hommes qui ont fait leurs preuves chez Goldman Sachs. L’Allemagne conservatrice semble ravie de cette situation qui lui ouvre des perspectives de domination de l’ensemble de la zone euro.

 

Contre la finance, la voix des peuples doit se faire entendre (Patrick Quinqueton, MRC)

 

Universit-d--t-MRC2009-017-copie-1.jpgLe premier frappé a été le peuple grec. Il a été sommé d’accepter un plan d’austérité, qui n’a d’ailleurs fait qu’aggraver sa situation, et qui a été imposé de l’étranger. Puis il s’est vu infliger des « contrôleurs » étrangers, comme s’il était soumis à un régime d’occupation. Puis il a été privé de la possibilité de dire par référendum ce qu’il en pense. Puis il lui est imposé un gouvernement d’union nationale, ce qui le prive de la possibilité de sanctionner par les urnes les responsables du sort qui leur est fait.

 

C’est maintenant au tour du peuple italien : la démission de M. Berlusconi déplait aux marchés financiers, parce qu’ils s’accommodaient plutôt bien d’un personnage corrompu. Mais la démocratie a son rythme – jugé trop lent par les marchés et les agences de notation – et les « réformes » (entendez par là : des mesures consistant à prendre de l’argent dans la poche des pauvres pour le placer dans la poche des riches, sans que ceux-ci ne contribuent réellement) ne peuvent pas attendre.

 

Le poids des marchés financiers dans les décisions économiques, sociales et même politiques, relayé par les chefs d’Etat et de gouvernement européens, fait fi des principes républicains les plus établis.

 

La crise du surendettement européen, c’est d’abord la conséquence d’un choix absurde lors du traite de Maastricht : créer une monnaie unique dans une zone à l’intérieur de laquelle les divergences économiques sont majeures : d’un côté, la croissance par le « dumping » social et commercial de l’Allemagne et de quelques pays de l’Europe du nord, et de l’autre la désindustrialisation massive de l’Europe du sud, qui atteint la France.

 

Une réponse solidaire des Etats membres est nécessaire : elle passe notamment par la possibilité reconnue à la Banque Centrale Européenne de soutenir la croissance dans l’ensemble de la zone euro par le rachat de titres de dette souveraine (des Etats membres). Le taux de l’euro par rapport au dollar doit baisser, pour favoriser la production dans les pays de la zone euro. A défaut, elle passera tôt ou tard par le retour à une monnaie commune coexistant avec des monnaies nationales ajustables. Quelle que soit l’issue, elle nécessitera de la rigueur. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de choix.

 

C’est pourquoi la démocratie a toujours toute sa place, n’en déplaise aux « marchés ». Un référendum, ce n’est pas un « obstacle à la mise en œuvre des réformes », c’est un moment de la démocratie. La démission d’un gouvernement, en démocratie, cela exige la reconstitution d’une majorité. Et le choix des dirigeants, dans une démocratie, ne peut qu’être le fait des citoyens, à travers un exercice qui demande un peu de temps et d’énergie et qui s’appelle : des élections.

 

Revue de presse

Après Papandréou et Berlusconi, à qui le tour ? (Le Monde, 10 novembre)

Au fil des semaines, la crise de la dette s'est muée en une vaste crise politique qui ébranle les gouvernements européens. Les sommets de crise à répétition et les déclarations rassurantes des dirigeants de la zone euro et du G20 n'auront rien changé. Cette semaine, le premier ministre grec, Georges Papandréou, et le président du conseil italien, Silvio Berlusconi, en ont fait les frais. Contraints d'annoncer leur démission, les deux dirigeants ont finalement succombé à la pression des marchés financiers. Mais leur départ pourrait faire tache d'huile. Dans la plupart des pays de la zone euro, les gouvernements ont subi des changements majeurs ou doivent encore livrer bataille pour conserver leur mandat (…).

Quand la démocratie fait défaut… (Nicolas Bardi, Parti pris Info, 11 novembre)

Les journaux s’emplissent de colonnes sur la crise financière européenne. La Grèce, l’Italie, vont-elle faire défaut ? Mais lorsqu’une caste d’économistes libéraux se comporte vis-à-vis des nations européennes comme des liquidateurs judiciaires, quand les parlements et les peuples se couchent, c’est véritablement la démocratie qui fait défaut (…).

Goldman Sachs, le trait d'union entre Mario Monti, Lucas Papadémos et Mario Draghi (Le Monde, Marc Roche, 14 novembre). Le président de la BCE, le président désigné du conseil italien et le nouveau premier ministre grec ont en commun d'avoir été associés à la banque américaine. La banque d'affaires américaine a en effet tissé en Europe un réseau d'influence unique sédimenté depuis des lustres grâce à un maillage serré, souterrain comme public (…).

Allemagne : la CDU propose d'élire le président européen au suffrage universel (Le Monde, Frédéric Lemaître, 14 novembre). Pour la chancelière, "le temps est venu d'une percée en Europe". Cela pourrait se traduire par des modifications au traité de Lisbonne permettant de renforcer le contrôle de l'Union européenne sur les politiques budgétaires des pays de la zone euro, mais cela pourrait également déboucher sur l'élection du président de la Commission européenne au suffrage universel "afin de donner un visage à l'Europe". Tel est en tout cas l'une des propositions de la motion adoptées par le congrès dont l'inspirateur est clairement Wolfgang Schäuble (…).

 

Cet article est le 115ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 21:13

Un fossé entre pays excédentaires et pays déficitaires

 

Tant que les différences seront aussi grandes entre les nations appartenant à la zone euro, l’avenir de la monnaie unique ne sera pas assuré. Jean-Michel QUATREPOINT, journaliste économiste, auteur de La crise globale et observateur avisé des évolutions économiques mondiales (voir Jean-Michel Quatrepoint : le nouvel équilibre du monde avec la Chine - 4 octobre 2011), a publié le 28 octobre un article sur le site de la Fondation Res Publica, dans lequel il souligne la cause profonde de la crise de l’euro : les déséquilibres des balances de paiement entre pays excédentaires et pays déficitaires.

 

Pas de sortie de crise sans résorption des déséquilibres des balances des paiements

Photo : Jean-Michel Quatrepoint, à gauche, aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Jacques Sapir (30 août 2011, Paris).

Colloque mondialisation Montebourg JPC 300811 001 TL’euro n’est pas sauvé. De sommet en sommet, les dirigeants européens ne font que gagner du temps. Et l’on peut craindre qu’il en soit de cet accord du 26 octobre, comme des précédents. Plus la crise s’aggrave, plus on cherche à la résoudre à travers des procédures financières aussi complexes qu’illisibles.

Tout a été dit ou presque sur cette crise sans précédent, l’égoïsme allemand, l’irresponsabilité des pays du Sud, le rôle des banques et des agences de notation. Mais bien peu cependant se sont penchés sur la cause première de cette crise des dettes souveraines : les déséquilibres des balances des paiements au niveau mondial.

 

C’est pourtant le cœur du problème. Pas seulement pour l’Europe, mais aussi pour les Etats-Unis et bien d’autres pays. Il y a désormais deux grandes catégories d’État : ceux qui accumulent, année après année, des excédents de balance des paiements, et ceux qui additionnent des déficits. Les statistiques élaborées par la Banque mondiale et le FMI sont riches d’enseignement, surtout quand on les analyse sur une assez longue période – cinq ans – de 2006 à 2010.

Premier constat : les additions ne tombent pas juste. Logiquement, la somme des balances des paiements (balance des biens et services, des revenus financiers plus solde des mouvements de capitaux) doit s’équilibrer. On en est loin. Chaque année, la divergence est plus grande. C’est le trou noir de la finance mondiale. Une fois éliminées les marges d’erreur, les différences de méthodes comptables, il reste encore un écart gigantesque que personne ne sait, ou plutôt ne veut, expliquer. Sans doute, parce qu’il faudrait se pencher en détail sur la réalité des statistiques chinoises, la comptabilité des grandes entreprises, le rôle des paradis fiscaux, l’argent des narcotrafiquants et du crime organisé. Mais de tout cela, ni l’OMC, ni le FMI, ni les banques centrales ne veulent en entendre parler. C’est l’omerta sur le trou noir.

Deuxième constat : en cinq ans, les déséquilibres entre les grandes zones et à l’intérieur de certaines zones, atteignent des sommes pharaoniques. Le sud-est asiatique a accumulé plus de 2 900 milliards de dollars d’excédents, dont environ 1 700 pour la Chine et 875 pour le Japon. Ils proviennent, pour plus des deux tiers, des soldes commerciaux. Une performance d’autant plus remarquable que ces pays sont tous importateurs de matières premières, notamment énergétiques.
Les autres champions de l’excédent sont précisément les pays pétroliers. Près de 700 milliards pour ceux du Golfe. Une centaine pour le Nigeria, 288 milliards pour la Norvège et 394 milliards pour la Russie. Au total, les grands pays pétroliers ont accumulé, sur cinq ans, 1 700 milliards de dollars d’excédents.

Troisième constat : Il ne suffit pas d’être un producteur de matières premières pour avoir des excédents. Surtout quand ces pays n’ont pas les bases industrielles nécessaires pour fabriquer localement. Ainsi, le Brésil a un déficit de 85 milliards de dollars, tout comme le Canada (51 milliards), l’Australie (222 milliards), le Mexique (42 milliards), et l’Afrique du Sud (75 milliards). Tous ces pays sont inondés de produits asiatiques qui pénalisent leurs producteurs locaux.
Tout comme l’Inde (116 milliards de déficits) et même la Turquie (170 milliards)

Quatrième constat : Les Etats-Unis sont les champions des déficits : 2 600 milliards de dollars sur cinq ans. Il continue de se creuser, mois après mois, à l’égard de la Chine, du sud-est asiatique, des pays pétroliers et aussi de l’Allemagne. C’est la conséquence directe de la désindustrialisation américaine et de cette illusion que la finance et les nouvelles technologies compenseraient la délocalisation des industries manufacturières et des services. Si la reprise a avorté, si le chômage perdure, si la paupérisation gagne, c’est tout simplement parce que, depuis plus d’une décennie, les Etats-Unis dépensent plus qu’ils ne gagnent et que les hyper-profits de ses multinationales et de ses globocrates se sont, eux aussi, délocalisés.
L’explosion de la dette publique américaine n’est que la traduction des déficits de leur balance des paiements. Une dette largement financée par les excédents asiatiques et des pays pétroliers.

Et l’Europe ? Constatons d’abord qu’il y a deux Europe. Celle de l’euro et l’autre.

 

Au sein de cette dernière, il y a des champions du déficit. Le Royaume-Uni, prompt à sermonner les continentaux, a accumulé sur cinq ans, 300 milliards de déficits de sa balance des paiements. Et ce, malgré la City. C’est dire que son modèle… n’en est pas un. Pourquoi alors le pays n’est-il pas sous la pression des marchés ? D’abord, parce qu’il laisse filer sa monnaie. Ensuite, parce que la Banque d’Angleterre fait fonctionner la planche à billets. Enfin, parce qu’il y a la City et qu’elle ne va pas se tirer une balle dans le pied. Elle préfère spéculer sur l’euro, plutôt que sur la livre. Dans cette Europe des Dix, tous les ex-pays de l’Est sont déficitaires (250 milliards de dollars au total). Seuls la Suède (185 milliards) et le Danemark (49 milliards) ont enregistré, en cinq ans, des excédents.

Reste la zone euro. Prise globalement, elle n’aurait pas dû poser de problèmes. C’est du moins ce que nos élites, experts et europhiles béats nous ont seriné depuis plus de quinze ans. Selon eux, les balances commerciales et des paiements, à l’heure de la mondialisation et dans une même zone monétaire, n’avaient plus aucun sens. S’ils avaient été dans le vrai, il n’y aurait pas eu de crise de la dette souveraine. De fait, la zone euro est globalement équilibrée et même excédentaire. Mais, en son sein, ce ne sont que déséquilibres.

D’un côté, il y a les excédentaires à commencer par l’Allemagne (1036 milliards de dollars sur cinq ans), et les Pays-Bas (250 milliards). La performance de ces derniers s’explique par le rôle de ses ports et la localisation des profits et des sièges sociaux d’un certain nombre de multinationales. Les Pays-Bas, comme le Luxembourg et l’Irlande, pratiquent le dumping fiscal, à l’intérieur même de l’Europe. Mais, de cela aussi, il est interdit de parler.

De l’autre, il y a les déficitaires. En tête, l’Espagne avec 550 milliards de dollars, suivie par l’Italie (280 milliards) la Grèce (190 milliards), le Portugal (125 milliards) et la France, qui a accumulé, ces cinq dernières années, 175 milliards de dollars de solde négatif de ses paiements courants. On remarquera que jusqu’en 2003, notre balance était excédentaire. C’est à partir de cette date que l’on bascule dans le rouge. Et depuis, le trou ne cesse de se creuser. On ne réglera pas la crise de l’euro tant que l’on n’aura pas résolu ces déséquilibres entre les balances des pays membres. On ne sortira pas de la crise et de la dépression, tant que l’on n’aura pas rééquilibré les échanges entre les grandes zones excédentaires et les pays déficitaires.

 

Jean-Michel Quatrepoint interviendra lors du colloque de la Fondation Res Publica, le 14 novembre 2011, de 18h à 20h30, à Paris

Quelles solutions pour le système monétaire international ?

Avec la participation de :
- Christian de Boissieu, Président du Conseil d’Analyse Economique
- Jean-Michel Quatrepoint, Journaliste économique, membre du conseil scientifique de la Fondation Res Publica, auteur de Mourir pour le Yuan ? Comment éviter une guerre mondiale ? (Bourin Editeur, 2011)
- Paul Jorion, Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles, auteur de L’argent, mode d’emploi (Fayard, 2009) et Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard, 2009)
- Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des Economistes, auteur de Le Fabuleux destin d’une puissance intermédiaire (Grasset, 2011)
- Dominique Garabiol, administrateur et membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica
- Sami Naïr, Administrateur et membre du Conseil scientifique de la Fondation
- Et Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica

 

Cet article est le 114ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 19:44

Visites et échanges fructueux pendant trois jours

 

Une cinquantaine de membres du comité de jumelage de Saint-Berthevin (Mayenne) ont pris, le 28 octobre, la direction de l’Italie afin de répondre à l’invitation de nos amis de Caslino d’Erba, à l’occasion du 15ème anniversaire du jumelage. Pour situer, voir Photos aériennes de Caslino d'Erba (22030) - Como, Lombardia.

 

Saint-Berthevin (7000 habitants), près de Laval, s’est engagée en 1969 dans un premier jumelage avec Wehingen (Jura souabe, Bade Wurtemberg, Allemagne). Voir Mairie de Saint Berthevin Présentation des jumelages. Puis, dans un second, en 1990, avec Minehead (Somerset, ville côtière au sud-ouest de l’Angleterre). Un troisième, en 1996, avec Caslino d’Erba (1700 habitants), au nord de Milan, près du lac de Côme. Un quatrième, en 1998, avec Ceuti (région de Murcie, au sud de l’Espagne). Voir Le jumelage Ceuti Saint-Berthevin a 10 ans.

 

Caslino d'Erba 15ème anniversaire 004 (Copier)Voici le programme qui nous a été proposé par le maire, Donatella Pontiggia, et la présidente du comité de jumelage, Laura Camagni, lors de ce séjour du 29 octobre au 1er novembre. Il s’inscrit dans un projet plus vaste intitulé « Jumelage et volontariat », financé par l’Union européenne, comme le précise la brochure remise aux participants (extrait). Photo : Accueil par Donatella Pontiggia et traduction par Alessandro Camagni.

 

Les rencontres avec nos amis français de Saint-Berthevin ont toujours eu beaucoup de valeur et une importance particulière pour les membres du Comité de Jumelage, pour la Mairie et pour toute la population de notre petit village, qui grâce à ces moments-là se remplit de vie et d’animation, s’enrichit de nouvelles amitiés, d’idées et de valeurs.

 

Cette année nous avons choisi de célébrer quinze ans d’amitié, collaboration, échanges culturels et solidarité d’une façon nouvelle et spéciale, dans l’espoir de rendre encore plus intéressant, suivi et significatif cet événement. C’est en raison de la coïncidence en 2011 entre le 15ème anniversaire du Jumelage entre nos deux Communes, l’Année Européenne du Volontariat et le 150ème anniversaire de l’Unité d’Italie, que nous avons décidé de fêter en même temps ces trois événements, en valorisant comme ça surtout la cause du volontariat en Europe et son importance dans la société.

 

Cette idée est née exactement de notre volonté de soutenir, avec les moyens dont nous disposons, tous ceux qui, à titre volontaire, aident tous les jours la communauté sans rien demander en échange. Quelle occasion aurait pu être meilleure, donc, que l’anniversaire de fraternité avec nos jumeaux français ?

 

Ce qu’on espère, grâce au défilé et à l’exposition de bienfaisance organisés en collaboration avec Operazione Mato Grosso, ainsi qu’à la soirée Gospel, dont le cachet sera entièrement destiné à l’association Noivoiloro, est de faire comprendre que les volontaires sont les vrais héros de l’Union Européenne et que leur travail aide réellement des millions de personnes chaque jour (…).

 

SAMEDI 29 OCTOBRE

 

10h - Place de la mairie : accueil par la municipalité et le comité de jumelage. Discours de bienvenue du maire.

10h30 – Lever des drapeaux et concert du Corps musical « L. Perosi » de Caslino d’Erba.

Répartition dans les familles d’accueil.

12h30 – Déjeuner en famille.

15h – Visite à l’association de volontaires SOS de Canzo (centre de secours intercommunal, aide sociale).

19h – Buffet avec les familles, dans la salle de gymnastique de l’école primaire.

21h - Concert du Chœur Gospel de l’association Noivoiloro (qui s’occupe de l’inclusion sociale des handicapés) dans l’église Sant’Ambrogio de Caslino d’Erba (récolte de fonds pour sa restauration).

 

DIMANCHE 30 OCTOBRE

 

7h - Départ pour Turin. A 10h, visite guidée du centre historique (le cœur des 150 ans de l’unité nationale). Voir Turin

 

13h30 - Oratorio Santa Giulia : pique-nique préparé par les familles.

Après-midi : promenade  autour du château de Valentino.

20h - dîner au restaurant « Osteria della Concordia » à Milan.

 

LUNDI 31 OCTOBRE

 

9h – Départ pour la visite d’une manufacture de soie (entreprise familiale LPM, 41 salariés, impression de tissus et commercialisation) dont le siège est à Como. Voir Côme (Italie)

 

Près du Lac de Côme, pique-nique préparé par les familles.

 

18h – Istituto Santa Chiara, Pontelambro. Soirée de bienfaisance.

Défilé des vêtements réalisés à la main par des jeunes campesinas des Andes et dessinés par le styliste Luigi Dall’Amico, nom bien connu du prêt-à-porter italien qui a travaillé à côté de Valentino, Ferré, Armani. Le profit de la vente vêtements est entièrement destiné à l’activité de l’Operazione Mato Grosso.

Soirée réalisée avec la collaboration des amis de l’Operazione Mato Grosso et des jeunes de Caslino d’Erba. À la soirée, participe aussi un groupe d’étudiants de l’Istituto Comprensivo de Pontelambro, placé sous la direction du professeur Domenico Bellantone.

 

20h30 – Oratoire Pontelambro : SOIRÉE OFFICIELLE. Allocutions, remise de cadeaux

                       

MARDI 1 NOVEMBRE

7h – Retour vers Saint-Berthevin (en passant par la Suisse).

 

Mon commentaire

 

Le groupe de Saint-Berthevin était conduit par Jean-Louis Fretellière, président de la section Italie du comité de jumelage de St-Berthevin, et Josette Clavreul, adjointe au maire de St-Berthevin (le maire, Yannick Borde, était excusé). Anne-Laure Mongason assure les traductions en italien pour le comité de jumelage de St-Berthevin.

J’y participais en tant que signataire du jumelage en 1996 (j’étais maire de Saint-Berthevin de 1990 à 2001) et, pour faciliter les échanges, j’avais invité Valérie Bouveri, qui parle parfaitement italien et connaît bien l’Italie.

 

A souligner : la remarquable organisation autour de Laura Camagni de l’équipe du comité de jumelage de Caslino d’Erba. La famille Camagni est la colonne vertébrale du jumelage. Marco Camagni a été le premier à se déplacer à St-Berthevin, en 1994, puis il avait fortement contribué à convaincre le maire, Giuseppe Sartorio, de s’engager dans le Jumelage. Alessandro Camagni assure toutes les traductions, avec beaucoup de savoir faire.

 

A noter, la participation de délégations des villes jumelées avec Saint-Berthevin :

Wehingen : Werner et Gabi Haag, Martin Maier,

Minehead : Martin Evans, Mrs Joan Passmore, Mrs Judy McKeon,

Ceuti : Feliciano Gallego et Anna Marti, Remedios Carreno Garcia et Felipe Garrido.

 

Pendant ce séjour, de nombreuses conversations ont eu lieu entre les responsables des comités de jumelage. Des idées ont été échangées. Un projet de site Internet présentant les infos des différentes villes jumelées est à l’étude. Il y a eu des échanges très intéressants de points de vue sur les questions politiques, au-delà des clivages habituels. C’est cela qui fait la richesse de ces rencontres de jumelage. Bravo à nos amis italiens de Caslino d’Erba. Ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait.

 

Cet article est le 86ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 17:25

La nécessaire mutation agroécologique de l’agriculture

Parmi les intervenants du colloque organisé par la Fondation Res Publica le 7 novembre 2011 (voir Chevènement, Res Publica et la dimension stratégique de l'agriculture - 10 novembre 2011), il y avait Régis Hochart (éleveur dans le Tarn-et-Garonne), désigné par la Confédération paysanne pour siéger dans le groupe Personnalités qualifiées au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Cet ancien porte-parole de la Confédération paysanne, qui m’avait reçu le 21 décembre 2006 (voir La Confédération paysanne présente au MRC son projet pour l'agriculture) était le rapporteur de l’avis du CESE sur la future PAC après 2013, adopté lors de la séance des 24 et 25 mai 2011.

Colloque-agriculture-Res-Publica-71111-144-T.jpgIl a résumé ainsi les orientations de son rapport.

La PAC parle peu de politique alimentaire. Ce doit être l’essentiel des objectifs d’une politique agricole (les denrées alimentaires de base font 70% du budget des ménages dans les pays pauvres). La volatilité des prix des produits agricoles et alimentaires est dramatique.

Les 3 piliers sur lesquels reposait le développement de l’agriculture dans les années 1950 étaient le recours aux ressources fossiles (aujourd’hui plus rares, plus chères et on sait qu’elles sont à l’origine des gaz à effet de serre), aux produits phytosanitaires (pesticides, dont les effets sur la santé sont avérés) et à la mécanisation. Les suppressions d’emplois en agriculture, normales dans les années 1950-60, sont devenues un non sens.

La future PAC devra orienter l’agriculture vers l’agroécologie et faire un retour à la maîtrise des productions et à une politique qui organise le marché, en faisant des stocks, non seulement pour l’aide alimentaire mais pour constituer des stocks tampon régulateurs.

Il faut poser la question des opérateurs financiers présents sur les marchés à terme, qui ne sont là que pour gagner de l’argent, au détriment des producteurs et des consommateurs.

Quant aux agrocarburants, il faut décider quel est le niveau souhaitable et ne pas laisser faire le marché. C’est une décision collective à prendre, sachant que 45% du maïs produit aux USA est transformé en éthanol.

En résumé, il faut corriger les deux grandes erreurs de la PAC : l’absence de politique alimentaire et de régulation des prix.

Dans le débat, alors qu’il était question d’importants débouchés au Maghreb pour les céréales européennes, il a plaidé pour une agriculture contribuant à l’amélioration de la productivité des territoires et reposant sur les principes agronomiques. Que voulons-nous faire de l’agriculture ? La France dispose de 23 millions d’hectares de production agricole, mais l’Union européenne importe en produits agricoles l’équivalent de 28 millions d’hectares.

La PAC a des financements et des règlements qui doivent être rediscutés, comme doivent l’être les accords sur l’agriculture à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Voir l’avis du CESE 24 et 25 mai 2011 : La future PAC après 2013 - Conseil économique, social et environnemental (CESE) et CESE - présentation d'avis par Régis Hochart

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 19:26

Le colloque a confirmé la réhabilitation de l’agriculture

 

La Fondation Res Publica créée et présidée par Jean-Pierre Chevènement organisait le Colloque de la Fondation Res Publica le 7 novembre sur l'agriculture. C’était prévu depuis longtemps, sans aucun lien avec la campagne pour l’élection présidentielle.

 

Voir, à ce sujet, Parfois, Jean-Pierre Chevènement ne fait pas campagne (blog du Nouvel Obs, 8 novembre, Arthur Beckoules). Extrait.

Colloque-agriculture-Res-Publica-71111-140-T.jpg(…) Attentif comme un premier de classe version "carte vermeil"

Evidemment, c’est le chaos : alors qu’on croyait avoir un scoop en assistant à ce débat, nous voilà, preuve de notre amateurisme journalistique s’il en est, confronté à la dure réalité : c’est parti pour deux heures et plus si affinités sur la dimension stratégique de l’agriculture avec le Chè au premier rang, attentif comme un premier de classe version "carte vermeil", qui semble se délecter des prises de parole de chacun.

Outre le contenu du colloque qui s’est avéré riche en informations sur une question dont l’acuité n’est plus à prouver – nous ne vous fournirons pas ici un compte-rendu, c’est le travail de la Fondation –, le dernier enseignement à tirer de cette soirée à moitié gâchée (sortie vers 20h30) reste peut-être à constater qu’il est agréable (bien malgré nous, ce soir) qu’un homme politique n’ait pas cupidement travesti le contenu de cette conférence à ses fins personnelles, qu’il est bon de voir un candidat non pas déverser sa sauce messianique habituelle, mais tendre l’oreille deux heures durant, qu’il est truculent de se croire journaliste alors qu’on ne l’est pas !

PS : sans accointance politique, il faut préciser que l’auteur ne verse là ni dans le passéisme nostalgique ni dans une quelconque chevénementophilie, loin s’en faut !

Jean-Pierre Chevènement s’intéresse à la dimension stratégique de l’agriculture*. Il présidait les précédentes réunions de la Fondation Res Publica** sur ce thème, en 2006 et en 2008, auxquelles j’avais participé. Voir les actes, ci-après :

Quelle politique agricole, au défi de la crise alimentaire mondiale ? – Table ronde du 9 juin 2008

L'avenir de la politique agricole commune - Colloque du 26 juin 2006.

 

* Il m’a fait part de son intention de réaliser des rencontres avec des agriculteurs dans le cadre de sa campagne électorale, car l’agriculture, comme l’industrie, est un atout national productif qui n’est pas assez valorisé.

 

** La Fondation Res Publica est une fondation reconnue d'utilité publique depuis le 30 novembre 2005.
Présidée par Jean-Pierre Chevènement, elle a organisé plus de 60 colloques et séminaires sur les thèmes "République, Mondialisation, Dialogue des civilisations et des nations".
Ses dernières contributions portent sur l'avenir de la zone euro, la nécessité d'un système monétaire international repensé, la mise en place de protections commerciales, ou encore la politique de l'Allemagne en Europe.

 

Prochain colloque, au même endroit, lundi 19 novembre 2011 à 18h : Quelles solutions pour le système monétaire international?

 

Cet article est le 255ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 23:35

Que fait-on pour l’Europe ? Quelle construction voulons-nous ?

 

L’article comparant les parcours de Mélenchon et de Chevènement (voir Présidentielle 2012 : Mélenchon et Chevènement, proches et différents - 8 novembre 2011) provoque le débat*.

 

G-rard-Beillard-et-Michel-Sorin-balcon-29-04-09-002.jpgGérard Beillard m’a transmis sa réflexion concernant les positions du Front de gauche**. Il pose des questions à ses amis, membres dirigeants de Résistance sociale, adhérents de l’association République et socialisme, qui ont rejoint le Front de Gauche - ils étaient précédemment adhérents du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC). Voici ce texte.

 

Chers Amis,

 

L’appel de République et Socialisme à rejoindre le Front de Gauche m’amène à quelques interrogations et réflexions en rapport avec notre mouvance politique, anciennement commune.

 

Pourtant, je suis la plupart du temps d’accord avec République et Socialisme, et travailler avec le Front de Gauche ne me gêne en aucun cas. Mais, à condition de continuer à travailler aussi avec les autres formations de gauche (PS, MRC, écologie de gauche, POI, NPA et associations s’affirmant de gauche) sensibles à nos idées.

 

A titre personnel, je demande des éclaircissements à chaque parti de gauche.

 

Que fait-on pour l’Europe ? Quelle construction voulons-nous ? Sur ce point, il y a des divergences profondes entre la plupart des partis cités, ci-dessus, et ce que je pense. Europe fédérale, comme ils le souhaitent, ou Europe des nations, qui a ma préférence ?

 

De même, comment fait-on pour construire une Europe de gauche avec les autres partenaires européens, qui sont plutôt sociaux démocrates, alors que je suis socialiste républicain (je tiens à la République). Et comment fait-on, sachant qu’actuellement, les pays européens (et pas seulement eux) ont adopté des politiques libérales ?

 

Le moment est venu, après 30 ans de libéralisme, d’infléchir ces politiques libérales. La clé du renouveau est dans la réponse à ces questions. Si nous n’y répondons pas, nous ne serons pas crédibles, aux yeux de nos concitoyennes et concitoyens.

 

* Rappel : les positions stratégiques de Mélenchon et de Chevènement

 

C’est sur l’Europe que les positions divergent le plus.

Le NON de Mélenchon, le 29 mai 2005, à la ratification du Traité constitutionnel européen, était d’abord antilibéral et en faveur d’un processus constituant européen, faisant de l’Union européenne une entité politique se substituant aux nations.

Le NON de Chevènement était d’abord républicain, se référant à la souveraineté populaire, avec en point de mire la réorientation de la construction européenne, fondée sur la coopération entre les nations.

 

A partir du référendum européen, leurs stratégies divergent nettement.

- Mélenchon veut rassembler la gauche de la gauche, afin de créer un rapport de forces électoral vis-à-vis du PS se traduisant, dès que possible, par une prise de contrôle (stratégie de Die Linke en Allemagne vis-à-vis du SPD).

- Chevènement veut amener le PS à une refondation de l’ensemble de la gauche de gouvernement sur des bases républicaines, en influant sur le projet politique à présenter en 2012 (stratégie de type congrès d’Epinay du PS en 1971). 

                                                 

** Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, est candidat du Front de gauche (PCF, PG et d’autres mouvements, dont République et socialisme) à l’élection présidentielle. Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC, est également candidat.

 

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