Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 22:12

Chevènement sera de grande utilité pour Hollande

 

Les élections 2012 doivent faire oublier la gifle qu’a reçue la gauche en 2002, en étant écartée brutalement du second tour de l’élection présidentielle le 21 avril. Qui avait prévu le résultat calamiteux de Jospin ? Pas lui et pas moi, qui soutenait Chevènement en pensant qu’il serait utile pour peser sur les orientations de la gauche.

Ce résultat était la sanction du choix très contestable du gouvernement Jospin, sur la période 2000-2002, de céder aux pressions néolibérales du capitalisme financier, ce qui avait pour conséquence de voir se dissoudre un peu plus le lien avec les milieux populaires (11% des employés et ouvriers ont voté Jospin le 21 avril).

Voir Présidentielle : la gauche va dans le mur sans les classes populaires - 17 mai 2011

 

Sommes-nous certains que la gauche a retenu la leçon ? Non. C’est pourquoi il faut mener le combat politique menant à la refondation de la gauche sur des bases républicaines, ce qui est la raison d’être du Mouvement Républicain et Citoyen depuis son congrès de juin 2008. Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Laurent, président d’honneur et président du MRC, persistent et signent. Les trois livres publiés en 2011 sont là pour faire connaître les positions de l’ancien ministre.

"Sortir la France de l'impasse": l'urgence de l'histoire et Affiche "2012: Sortir la France de l'impasse avec Jean-Pierre Chevènement"

"Le monde qu'on leur prépare"

La France est-elle finie ?

 

La primaire PS - qui répondait à la nécessité de rentrer dans la logique présidentielle en faisant désigner le candidat socialiste par un électorat plus large que les seuls adhérents - a été un succès médiatique mais l’électorat qui s’est déplacé n’est pas représentatif, car les couches moyennes et supérieures étaient surreprésentées, ainsi que les plus de 50 ans.

Voir l’étude réalisée à Montpellier, publiée le 20 octobre sur le site de Libération Jeunesse et milieux populaires, grands absents de la primaire.

 

Le contenu politique n’était pas très différent entre les deux finalistes, Aubry et Hollande. La percée de Montebourg a surpris mais elle était la récompense du principal initiateur de cette innovation et s’explique, en partie, par l’afflux sur son nom d’électeurs antilibéraux extérieurs au PS. Voir Primaire PS : Montebourg emprunte une voie nouvelle, porteuse d'avenir - 9 octobre 2011.

 

François Hollande l’a emporté nettement. Voir Primaire PS : François Hollande (56%), candidat PS à la présidentielle - 16 octobre 2011. Ses bonnes relations avec le MRC devraient faciliter les discussions sur le fond.

Voir le Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen

Le MRC félicite François Hollande pour son investiture aux Présidentielles par la convention nationale du Parti socialiste après sa victoire aux primaires. Le débat va donc pouvoir enfin s’engager.
La gravité de la crise actuelle oblige toute la gauche à se hisser à la hauteur des défis à relever.
Jean-Pierre Chevènement qui avait vu venir la crise de l’euro, vient de présenter son projet pour sortir la France de l’impasse.
Le MRC, qui incarne la sensibilité républicaine sans laquelle la gauche ne pourra pas bâtir l’équation de la réussite pour 2012, est aux côtés de
Jean-Pierre Chevènement pour préparer l’alternative aux dégâts de la mondialisation financière et de la déréglementation libérale.

 

La politique étant l’art de peser sur le cours des évènements et de sentir les rapports de force, le MRC va donc accentuer ses efforts d’explication de sa démarche pour que la gauche se mette « à la hauteur des défis à relever ». C’est la justification de la candidature de Chevènement. Tout faire pour que la gauche accède à la présidence de la République en 2012, sur la base d’un programme évitant les déceptions du peuple français au moment de sa mise en œuvre.

C’est au candidat PS de mesurer l’intérêt d’avoir à ses côtés les républicains du MRC dans la campagne électorale, dont on n’imagine pas aujourd’hui à quel point elle sera âpre. Pour ma part, ayant travaillé avec Hollande et Chevènement, je suis persuadé qu’ils se mettront d’accord, mais cela peut prendre du temps et passer par les candidatures des deux au premier tour de l’élection présidentielle.

 

Cet article est le 129ème paru sur ce blog dans la catégorie   Gauche France 

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Gauche France
commenter cet article
22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 23:53

Comment la société chinoise a pu engendrer ces comportements ?

 

La Chine, « c'est le pays le plus peuplé au monde -1,3 milliards d'habitants-, mais c'est surtout la nouvelle superpuissance économique du XXI° siècle. La Chine, hier introvertie et trop occupée à suivre son Grand Timonier » (Topic piloté par Pierre Haski).

 

Le dirigeant de Rue89 a montré la vidéo enregistrée pour la surveillance de la ville. Incroyable ! Je vous invite à regarder et à lire les commentaires de Pierre Haski.

La vidéo qui choque les Chinois « au plus bas niveau moralement » (Pierre Haski, Rue89, 20 octobre)

C'est une vidéo qui choque la Chine. Elle choque tous ceux qui s'inquiètent de voir émerger, avec la prospérité, une société sans valeurs, capable de voir une fillette par terre, écrasée par une voiture, et de passer son chemin en la contournant. La scène s'est déroulée à Foshan, une de ces villes industrielles de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, où s'est développé « l'atelier du monde », attirant des travailleurs de toute la Chine, déracinés, fraîchement urbanisés.

Yue Yue, une gamine de deux ans, est heurtée par une camionnette alors qu'elle échappe au contrôle de ses parents. Le véhicule s'arrête, puis repart en l'écrasant une seconde fois avec la roue arrière. Il n'y a aucun témoin, mais un premier passant arrive et continue son chemin sans prêter attention au corps de la fillette. Puis un deuxième, un vélo, une voiture, une camionnette qui l'écrase à son tour et s'enfuit, etc. Tout un cortège d'adultes -18 au total- filmés par la caméra de video-surveillance du quartier, et que la vision d'une gamine blessée à terre n'arrête pas.

De longues minutes plus tard, une femme, une collecteuse d'ordures portant un lourd ballot, s'arrête et lance l'alerte. Puis la mère de Yue Yue arrive, et prend la fillette dans ses bras.

Mort clinique

Vendredi, une semaine après l'accident, l'hôpital de Fosha a annoncé que Yue Yue avait succombé à ses blessures, trop graves pour être soignées. Selon les médias chinois cités par Aujourd'hui la Chine, Chen Xianmei, la première à s'être arrêtée pour porter secours à la fillette, a été récompensée par le gouvernement local d'une somme de 20.000 RMB (2275 euros).

Mais c'est l'indifférence des autres qui a fait débat, et qui a choqué lorsque la vidéo a été diffusée par la télévision du Guangdong et reprise massivement sur le web. Elle tend un miroir cruel à une Chine qui se voit désormais en grande puissance, dont les dirigeants prônent l'« harmonie » au sein de la société, et un comportement « civilisé » des citoyens.

Sur les réseaux sociaux, les internautes chinois se lâchent, et certains, selon une sélection établie par le site ChinaSmack, estiment que la Chine « a atteint son niveau le plus bas moralement », que ces comportements sont le fruit d'une montée d'égoïsme qui veut que chacun s'occupe de ses propres affaires.

Après trois décennies de réformes économiques qui ont placé la richesse au coeur des valeurs de la nouvelle société là où l'idéologie communiste avait tenté d'imposer un égalitarisme forcené et une solidarité obligatoire, ce constat inquiète une partie des Chinois.

La morale par la loi ?

Parmi les réactions, une partie du débat a porté sur la nécessité de légiférer et de créer un crime de non-assistance en personne en danger qui n'existe pas. Dans le China daily, un quotidien très officiel, les arguments sont partagés, entre ceux qui pensent que la loi peut générer des comportements éthiques, et ceux qui pensent que ces valeurs humaines ne peuvent passer par la loi.

D'autres réactions font référence au « Nanjing judge », l'affaire d'un juge de Nankin (Nanjing) en 2006 : un homme qui a vu une victime d'accident et l'amenée à l'hôpital, a ensuite été condamné en justice. L'hôpital et la victime se sont retournés contre lui pour payer les frais, et un juge a estimé que s'il avait amené cette femme à l'hôpital, c'est qu'il se sentait coupable et qu'il était sûrement l'auteur de l'accident. CQFD. C'est vrai que cette affaire revient souvent dans les commentaires, mais à voir l'indifférence des passants, on ne les sent pas réfléchir au « Nanjing judge » avant de passer leur chemin...

Cette affaire en rappelle une autre, elle aussi autour d'une fillette accidentée, celle-là miraculée au contraire. Elle s'appelle Yi Yi, et a survécu à l'accident du TGV chinois à Wenzhou, au sud de Shanghai. Mais surtout, elle a été découverte vivante alors que les autorités avaient décidé d'interrompre les opérations de sauvetage, estimant qu'il ne pouvait plus y avoir de survivants.

Un journal avait osé une lettre ouverte à Yi Yi, très amère, dans laquelle on trouvait ces phrases : « Nous voulions te le dire : ces adultes que tu vois se sont demandés un nombre incalculable de fois si notre époque a oublié l'amour, l'attention portée aux autres et la confiance. Nous sommes emplis de complaintes, nous sommes en colère. »

On pourrait les écrire aujourd'hui à propos de Yue Yue. Et peut-être que les Yi Yi et Yue Yue d'aujourd'hui aideront la Chine à trouver en elle-même les valeurs humanistes qui sont si souvent absentes. Vendredi, à l'annonce de sa mort, un internaute a publié cette phrase terrible sur Weibo, le site de micro-blogging chinois : « Adieu, je te souhaite de ne pas renaître en Chine dans une autre vie ».

 

Pour info : Pressions sur la Chine : salaires augmentés, vers une monnaie flexible - 23 juin 2010 

 

Cet article est le 13ème sur ce blog dans la catégorie Asie.

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Asie
commenter cet article
21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 23:02

La FSU confirme sa 1ère place dans l’enseignement

 

Les élections professionnelles dans la fonction publique ont été marquées par les conséquences de l’innovation mal préparée du vote par Internet décidé par le ministère de l’éducation nationale. Le taux de participation est passé de 60% à moins de 40%, alors que la campagne électorale avait été animée.

Rappel : Ce 20 octobre 2011, élections professionnelles chez les fonctionnaires - 20 octobre 2011.

Voir Elections professionnelles dans l'éducation nationale : une chute "historique" de la participation (Le Monde, 21 octobre). La participation en berne (Acteurs publics, Sylvain Henry, 21 octobre) : Lire la suite.

C’est le chiffre fort des élections professionnelles du 20 octobre dans la fonction publique d’État : à l’Éducation nationale, où 1 million d’enseignants et de fonctionnaires étaient appelés à voter, le taux de participation a dégringolé à 38,3 %, contre 60 % en 2008. La faute, selon les syndicats, au recours au vote électronique, expérimenté pour la première fois. Le seul ministère à faire moins bien est celui de l’Enseignement supérieur, où la participation n’a pas dépassé 30,4 %.

À l’inverse, les agents des ministères économiques se sont montrés les bons élèves du scrutin avec un taux de participation estimé à 80 %, devant l’Intérieur (76,7 %), la Défense (73,9 %), les Affaires sociales (72,1 %), l’Écologie (66,4 %), l’Agriculture (65 %), la Culture (57,7 %), les services du Premier ministre (51,1 %) et les Affaires étrangères (42,8 %).

900 000 inscrits dans l'hospitalière

Le mauvais chiffre de la participation dans l’éducation nationale devrait “plomber” la participation globale, alors que 2,7 millions de fonctionnaires et d’agents non titulaires étaient appelés à voter, dont environ 1,8 million d’agents de la fonction publique d’État et 900 000 dans l’hospitalière, pour élire leurs représentants dans des instances équivalentes aux comités d’entreprise du privé. Ainsi, un électeur sur deux seulement aurait voté.

Vendredi 21 octobre, en milieu de journée, seuls les résultats du ministère de l’Éducation nationale étaient connus, les autres ministères devant dépouiller manuellement les votes. La FSU se maintient en tête avec 40,62 %, ce qui devrait lui permettre d’obtenir 7 sièges sur un total de 15 sièges au comité technique ministériel. L’Unsa a obtenu 20,72 % des voix, soit 4 sièges, FO 10,09 % (1 siège), le Sgen-CFDT 9,99 % (1 siège), la CGT 6,47 % (1 siège) et Solidaires 5,79 % (1 siège).

 

“Un déni de démocratie”. Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, réagit pour Acteurs publics aux résultats des élections professionnelles du 20 octobre dans l’éducation nationale. Elle regrette la très faible participation (38,3 %), liée selon elle aux dysfonctionnements du vote électronique, et se félicite du bon résultat de la FSU (40,6 %).  Lire la suite (propos recueillis par Sylvain Henry) :

 

Comment expliquez-vous le faible taux de participation : 38,3 % contre plus de 60 % lors des précédents scrutins dans l’éducation nationale ?
Rendre le vote électronique obligatoire dans l’ensemble de l’éducation nationale n’était pas une bonne idée. Quand un test a été mené en début d’année [en mars 2011 dans les académies de Clermont-Ferrand, Bordeaux, Caen, la Guyane et Versailles, ndlr], de nombreux dysfonctionnements sont apparus. Il n’était pas raisonnable de généraliser du jour au lendemain cette procédure nouvelle pour plus d’1 million d’enseignants et d’agents. Mais le ministre Luc Chatel, malgré nos alertes successives, n’a pas voulu nous écouter. Et les dysfonctionnements se sont renouvelés… Des milliers de personnes n’ont pas pu voter en raison de problèmes techniques et d’un manque d’information devant la grande complexité de la procédure. C’est un déni de démocratie.

 

Certains personnels n’ont-ils pas volontairement boudé le scrutin ?
Les effets de la RGPP [Révision générale des politiques publiques, ndlr] ont peut-être démobilisé les personnels, avec ces trop nombreuses suppressions de postes et restructurations de services. Mais cela n’explique pas cette baisse énorme de 20 points de la participation, alors que la campagne a été très active. La FSU avait ainsi proposé de nombreux débats et avait mobilisé les personnels pour la journée d’action du 27 septembre. En instaurant le vote électronique, le ministère n’a pas pris la mesure de l’enjeu de cette élection, qui permettait aux personnels d’élire directement leurs représentants aux comités techniques. Nous y étions favorables, puisque la FSU avait signé en 2008 les accords de Bercy instaurant les nouvelles règles de représentativité. Cette élection du 20 octobre est un rendez-vous social manqué.

 

La FSU reste malgré tout largement en tête dans l’éducation nationale, avec plus de 40 % des voix…
Les personnels de l’éducation nationale ont adressé un message clair et sans ambiguïté en plaçant largement en tête la FSU, loin devant la deuxième organisation syndicale [l’Unsa, avec 20,7 %, ndlr]. Ils nous font confiance pour porter à l’avenir leurs revendications. Elles sont malheureusement nombreuses.

 

Quels seront les combats de la FSU dans les mois à venir ?
Nous continuerons de nous battre contre les suppressions de postes. Dans l’éducation, nous serons mobilisés autour de trois chantiers phares : la prise en charge des élèves en difficulté dans le premier et le second degré, l’éducation prioritaire et la formation des enseignants, qui doit être repensée. Nous débattrons autour de ces thèmes pour être force de propositions. Et nous interpellerons les candidats à l’élection présidentielle en leur demandant de prendre position.

 

Lu dans l’Humanité (20 octobre) : Rencontre entre Jean-Marc Canon, secrétaire général des fonctionnaires CGT, première organisation syndicale dans la fonction publique, et Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première organisation chez les agents de l’État. /201123:53

Fonctionnaires « Le syndicalisme n’est pas condamné aux divisions »

Élections syndicales à la poste, la CGT arrive en tête (l’Humanité, 21 octobre)

C'est la CGT qui reste la première organisation syndicale, avec 7 points d'avance, avec 29,13% devant Sud, la CFDT et FO. Mais la confédération perd 4 points par rapport aux dernières élections.

Fonctionnaires : un vote faussé par l’incurie du gouvernement et son mépris de la démocratie sociale

Les agents de la fonction publique se sont présentés massivement aux urnes pour élire leurs représentants syndicaux. Mais la pagaille organisée dans l’éducation nationale a privé des dizaines de milliers d’enseignants de leur droit de vote. La FSU, qui est de loin la première organisation syndicale chez les enseignants, en est la principale victime.

Cet article est le 87ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 23:53

Un scrutin à risques pour les syndicats minoritaires

 

Les syndicats mesurent leurs forces, une première depuis les accords de Bercy.

« Le 2 juin 2008, la FSU, la CGT, la CFDT, l'Unsa, Solidaires et la CFE-CGC ont signé les accords de Bercy sur "la rénovation du dialogue social" afin d'ouvrir "une nouvelle ère de démocratie sociale dans la fonction publique". FO et la CFTC, hostiles aussi aux nouvelles règles dans le secteur privé, ont refusé de signer ce texte qui a été transposé dans la loi du 5 juillet 2010. Même si elle n'a pas été formellement écrite, les syndicats sont soumis désormais à la même règle que dans le secteur privé: seuls ceux qui auront atteint le seuil de 10% seront reconnus représentatifs et pourront donc négocier des accords avec l'Etat. Une recomposition syndicale va donc se profiler à compter du 20 octobre » (Le Monde, Michel Noblecourt, 20 octobre - voir ci-après).

 

Pour information : dans le secteur privé

Voir Les nouvelles règles de la représentativité syndicale

Représentativité syndicale : les règles de la démocratie sociale vont être définies par la loi - 16 avril 2008.

Les règles des relations sociales vont être modifiées par la volonté des principaux acteurs - 21 avril 2008.

Lire aussi l’article paru le 19 décembre 2006, sous le titre : Le Conseil économique et social propose une réforme de la représentativité syndicale

 

Parfum de primaire syndicale chez les fonctionnaires (le blog de Michel Noblecourt, 19 octobre 2011; Le Monde 20 octobre)

L'évènement fait moins de bruit que la "primaire citoyenne" du Parti socialiste mais il n'est pas moins majeur sur l'échiquier syndical: 2,4 millions de fonctionnaires de l'Etat et 1,1 million d'agents de la fonction publique hospitalière sont invités à renouveler, jeudi 20 octobre,  leurs représentants dans les commissions administratives paritaires  - qui équivalent aux conseils de prud'hommes - et les comités techniques (CT) qui jouent à peu prés le même rôle que les comités d'entreprise dans le secteur privé.  Pour la première fois, les contractuels de l'Etat peuvent participer au scrutin. Et dans l'éducation nationale, les 860 000 enseignants et les agents administratifs votent depuis le 13 octobre sur internet. Un vote électronique qui désoriente ces personnels au point que le principal syndicat d'enseignants du primaire, le SNUipp-FSU, constatant qu'à ce jour seuls 30% d'entre eux ont voté, a demandé à Luc Chatel, le ministre de l'éducation, de prolonger le scrutin de deux semaines au-delà de la clôture prévue le 20 octobre...

Ce scrutin du 20 octobre a un double enjeu. En premier lieu, il permettra de mesurer les rapports de force entre les syndicats. En 2008, lors des précédentes élections, la Fédération syndicale unitaire (FSU), implantée essentiellement dans l'éducation nationale, était arrivée en tête dans la fonction publique d'Etat avec 20,6%, loin devant Force ouvrière (15,4%), suivie par la CGT (15,2%), l'Unsa (14,6%), la CFDT (11,3%) et Solidaires (9,6%). Dans la fonction publique hospitalière, c'est la CGT (31,5%) qui faisait nettement la course en tête, devant la CFDT (24,4%), FO (22,1%) et Solidaires (9,1%). Chez les fonctionnaires de l'Etat, la CGT espère repasser devant FO, laquelle s'est livrée à une lutte féroce avec la CFDT chez les hospitaliers pour tenter de lui ravir sa seconde place.

Tous les leaders confédéraux ont mouillé la chemise dans cette bataille de la représentativité. Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT) et Jean-Claude Mailly (FO) ont chacun fait un tour de France des départements, n'hésitant pas à l'occasion à polémiquer durement entre eux. Tous ont brandi les mêmes talismans pour gagner des voix: la dénonciation de l'austérité salariale, en l'absence de tout accord avec l'Etat, dont sont victimes à leurs yeux les fonctionnaires, et de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui prévoit le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. FO a même édité un "livre noir de la RGPP" pour mettre en lumière ses effets nocifs sur "le service public républicain". Plus généralement, FO se veut à l'avant-garde de la lutte contre toute rigueur imposée par la crise financière. "La dette n'étant pas celle des travailleurs, affirme Jean-Claude Mailly dans FO-Hebdo du 19 octobre, le comité confédéral national [le parlement du syndicat] affiche sa détermination à combattre toute austérité, de droite, de gauche ou syndicale". Avis à Nicolas Sarkozy et François Hollande...

Le second enjeu donne à ce scrutin un parfum de primaire. Nicolas Sarkozy qui a réformé les règles de la représentativité syndicale dans le secteur privé - loi du 20 août 2008 - a voulu faire de même, pour la plus grande satisfaction de la CGT et de la CFDT, dans la fonction publique. Le 2 juin 2008, la FSU, la CGT, la CFDT, l'Unsa, Solidaires et la CFE-CGC ont signé les accords de Bercy sur "la rénovation du dialogue social" afin d'ouvrir "une nouvelle ére de démocratie sociale dans la fonction publique". FO et la CFTC, hostiles aussi aux nouvelles règles dans le secteur privé, ont refusé de signer ce texte qui a été transposé dans la loi du 5 juillet 2010. Même si elle n'a pas été formellement écrite, les syndicats sont soumis désormais à la même règle que dans le secteur privé: seuls ceux qui auront atteint le seuil de 10% seront reconnus représentatifs et pourront donc négocier des accords avec l'Etat. Une recomposition syndicale va donc se profiler à compter du 20 octobre.

Mais c'est l'étape suivante qui sera la plus importante. En 2014, les trois fonctions publiques - celle de l'Etat, l'hospitalière et celle des collectivités territoriales - voteront le même jour et les scrutins auront désormais lieu tous les quatre ans. A partir de cette date, une nouvelle règle de validation des accords entrera en vigueur. "Seuls les accords signés par une ou plusieurs organisations syndicales ayant recueilli au moins 50% des voix lors des dernières élections professionnelles seront valides". Jusqu'en 2013, une phase transitoire prévoit qu'un accord sera valide s'il est signé par deux syndicats représentant 20% des voix et en l'absence d'opposition des syndicats majoritaires. Ces élections sont donc un galop d'essai au parfum de primaire avant le grand saut de 2014. Cette année là, la révolution culturelle de la représentativité produira pleinement ses effets. Sans que ses acteurs sachent quelle recomposition syndicale en découlera.  

Elections professionnelles au lycée: les petits syndicats à la trappe (Marianne, Jean-Paul Brighelli, 11 octobre 2011)

Alors que se profilent les élections professionnelles dans l'enseignement (13 et 20 octobre), les premières depuis le vote en 2008 de la loi dite « de la représentativité syndicale », notre blogueur associé Jean Paul Brighelli signe la chronique d'une mort annoncée : celle des petits syndicats. Le déroulé de ces élections étant par ailleurs, par leur complexité décourageante, « l'une des plus grandes carabistouilles du quinquennat » (…).

 

Cet article est le 86ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

 

 

 

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
commenter cet article
19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 17:54

Quels moyens prendre pour renforcer la sécurité alimentaire ?

Controverses Marciac 3et4 aout 2011 076 TLucien Bourgeois, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, a préparé le prochain colloque sur le thème La dimension stratégique de l'agriculture

Lucien Bourgeois, lors des Controverses de Marciac (Gers) le 3 août 2011

 

Lucien Bourgeois et Pierre Conesa, membres du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica :

« Après les émeutes de la faim de 2008, la volatilité croissante des prix des produits agricoles et donc des prix des produits alimentaires attire à nouveau l'attention sur les problèmes de sécurité alimentaire dans tous les pays de la planète. La crise économique, la forte augmentation prévisible de la population mondiale et les dérèglements climatiques ne vont pas faciliter les moyens d'atteindre cet objectif. Autant de raisons de s'intéresser aux dimensions stratégiques de ce secteur de production qui a été négligé depuis de nombreuses années. »

Colloque du lundi 7 novembre 2011, 18h à Maison de la Chimie, 28, rue Saint Dominique 75007 Paris (présenter une pièce d'identité à l'entrée). Avec la participation de :

- Sébastien Abis, administrateur au Centre international des hautes études en agronomie méditerranéenne (CIHEAM) ;

- Hervé Gaymard, ancien ministre de l’agriculture

- Régis Hochart, représentant de la Confédération paysanne au Conseil économique, social et environnement (CESE), auteur du récent rapport du CESE sur la PAC

- Philippe Tillous-Borde, Directeur Général de Sofiprotéol

- Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica

Pour assister au colloque, il est indispensable de s’inscrire au préalable (Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes) : par courriel : info@fondation-res-publica.org ; par lettre : Fondation Res Publica, 52, rue de Bourgogne - 75007 Paris ; par téléphone : 01.45.50.39.50

 

Il est utile de lire :

 

Quelle politique agricole, au défi de la crise alimentaire mondiale ? - table-ronde du 9 juin 2008

 

L'avenir de la politique agricole commune - colloque du 26 juin 2006

 

Crise économique et sécurité alimentaire : les politiques agricoles ont-elles encore un avenir ?

 

Controverses de Marciac (Gers) : commentaires de Lucien Bourgeois

 

Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17)

 

La Fondation Res Publica est une fondation reconnue d'utilité publique depuis le 30 novembre 2005.
Présidée par Jean-Pierre Chevènement, elle a organisé plus de 60 colloques et séminaires sur les thèmes "République, Mondialisation, Dialogue des civilisations et des nations".
Ses dernières contributions portent sur l'avenir de la zone euro, la nécessité d'un système monétaire international repensé, la mise en place de protections commerciales, ou encore la politique de l'Allemagne en Europe.

Visitez le site www.fondation-res-publica.org

 

Cet article est le 253ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 23:50

Les réactions de la Confédération paysanne, du PS et du PCF

 

Pac 2014 - Les principaux points de la réforme de la Pac (Terre-net)

PAIEMENT UNIQUE A L'HECTARE

Jusqu'ici des Etats comme la France ou l'Italie fondaient la clé de répartition des aides d'un exploitant à l'autre sur des niveaux de production arrêtés en 2000-2002, favorisant de fait ceux qui produisaient beaucoup. D'ici 2019, un système de paiement unique à l'hectare rééquilibrera les subventions au profit de l'agriculture extensive.

ENVELOPPES NATIONALES

Les Etats d'Europe de l'Est voient leur part rééquilibrée. Modérément toutefois. Roumanie, Bulgarie et les trois pays baltes verront ainsi leur enveloppe augmenter d'ici 2019 (dans le meilleur des cas de 33,7%) mais resteront en-dessous de la moyenne européenne à l'hectare (54% dans le cas de la Lettonie). La France, elle, restera le premier bénéficiaire et ne verra sa part d'aides directes diminuer que de 1,5%.

PLAFONNEMENT DES AIDES

Les aides seront plafonnées de manière progressive à partir de 150.000 euros par an et par exploitation. Aucune ne pourra toucher plus de 300.000 euros par an. Elles pourront toutefois déduire leurs coûts salariaux: une ferme touchant 390.000 euros d'aides mais versant pour 240.000 euros de salaires échappera ainsi à un quelconque plafonnement.

AIDES "VERTES"

Quelque 30% des subventions seront conditionnées au respect de mesures environnementales : pâturages permanents, diversification des cultures (au moins trois différentes), et maintien de réservoirs de biodiversité ou d'éléments de paysage (haies, arbres) sur au moins 7% des terres arables. Les producteurs bio seront exemptés de ces obligations.

AGRICULTEURS ACTIFS

Seuls les agriculteurs actifs seront désormais éligibles et non plus, comme cela a été le cas par le passé, des aéroports ou des clubs de golf. En revanche, la reine d'Angleterre, avec ses fermes, pourra continuer à figurer parmi les bénéficiaires de la Pac.

JEUNES AGRICULTEURS

Les moins de 40 ans pourront bénéficier d'une prime à l'installation durant au maximum cinq ans.

CRISES/COURS

En cas de crise, Bruxelles pourra puiser dans une réserve de 3,5 milliards d'euros pour prendre des mesures d'urgence. Des mécanismes d'intervention subsisteront, et la création de fonds de mutualisation ou d'assurances sera favorisée.

DEVELOPPEMENT RURAL

Des aides cofinancées par les Etats et le budget européen pourront servir à financer la préservation des écosystèmes, l'agriculture bio, la lutte contre le changement climatique, le développement des zones rurales, les zones de montagne ou défavorisées, les transferts de compétence et l'innovation.

BUDGET STABLE... SANS L'INFLATION

Le budget de la Pac restera stable... calculé en prix courants: entre 2013 et 2019 il passera ainsi de 59,8 à 59,9 milliards d'euros. Mais si l'ont tient compte de l'inflation, il passera en prix constants de 57,4 à 50,2 milliards d'euros, et sa part dans le budget de l'UE sera réduite de 39% à 33%.

QUOTAS SUCRIERS

Bruxelles propose leur abrogation, afin de mettre un terme aux limitations à l'export imposées aux producteurs européens de sucre.

 

La Confédération paysanne

 

La Commission Européenne l’avait annoncé dès novembre : malgré l’aggravation des crises globales et les défis auxquels l’agriculture européenne fait face, elle ne changerait pas le cadre néolibéral dans lequel s’inscrit la PAC depuis 30 ans. Laisser les marchés entre les mains de la spéculation montre que nos institutions européennes obéissent à d’autres intérêts qu’à ceux des paysans et des consommateurs (12 octobre), plus d'infos

Politique Agricole Commune : L'avenir s'assombrit.

Ce jour même, la Commission dévoile les propositions règlementaires qui seront mises en discussion dans les prochains mois au Parlement Européen et au Conseil Européen des ministres et chefs d'État. La Confédération paysanne estime que les propositions de la Commission anéantissent la volonté d'intégrer dans la construction de la PAC les grands enjeux auxquels l'agriculture va être confrontée pour nourrir durablement les populations, plus d'infos

 

Parlement européen (Le Foll, Le Hyaric)

 

Réforme de la PAC : « Des propositions très insuffisantes qui ne reflètent pas les souhaits du Parlement européen » (www.deputes-socialistes.eu, Stéphane Le Foll, 12 octobre).

 « Cette proposition est très incomplète », estime Stéphane Le Foll, membre de la commission agriculture au Parlement européen. « Le Parlement européen s’est déjà exprimé lors du vote des rapports Dess et Lyon en faveur d’une nouvelle politique agricole commune forte, durable, dotée d’un budget qui ne doit pas être diminué. Force est de constater que nous n’avons actuellement aucune certitude sur le volume du budget qui sera consacré à l’agriculture ».

« Nous pouvons être d’accord avec les orientations générales de la Commission, visant à distribuer les aides de manière plus équitable et plus tournées vers l’environnement. La fin des références historiques, La convergence des niveaux d’aides par hectare, l’aide aux petites exploitations, la dégressivité/plafonnement des aides en fonction de l’emploi, sont des mécanismes qui introduisent plus de justice et une meilleure légitimité des aides, qu’il faudra encore améliorer dans notre travail législatif. Nous pouvons être beaucoup plus critiques sur la partie verdissement des aides. La Commission nous propose un dispositif sans ambition qui ne permettra pas d’engager l’agriculture européenne vers des changements de modèles de production, corollaires à une agriculture performante économiquement écologiquement et socialement et capables de répondre à des objectifs de sécurité alimentaire et environnementaux ».

Sur le registre des aides, Stéphane Le Foll se félicite que la Commission ait proposé que des aides puissent rester couplées à la production, notamment pour des secteurs fragiles et vitaux pour le développement de certaines régions.

L’eurodéputé déplore que la Commission n’ait pas présenté de propositions sur la régulation des marchés agricoles, pour faire face à la très forte volatilité des prix, à l’origine de plusieurs crises récentes. Stéphane Le Foll rappelle que le Parlement européen avait pourtant exigé que l’Union se dote d’un certain nombre d’outils pour juguler les crises, dont des instruments de gestion de l’offre. Les systèmes d’assurance proposés par la Commission n’y suffiront pas.

Se mêler de la réforme de la PAC (Patrick Le Hyaric, 18 octobre, Edito La Terre)

(…) Ainsi, la Commission ne propose pas de s’attaquer à la question principale de la rémunération du travail par des prix. Elle envisage simplement un « filet de sécurité au revenu » et une « clause de perturbation des marchés ». Cela pourrait être mieux que rien. Mais cela ne changera rien. Face à cette volatilité extrême des prix à la production, due à la spéculation, il n’est proposé ni  système de régulation, à partir de la production, ni instrument de stabilisation des marchés. Or la Commission propose d’accepter cette volatilité en demandant aux agriculteurs de souscrire une assurance. Ces mêmes assurances qui  sont en partie responsables de la spéculation sur les produits agricoles. Ce serait donc aux agriculteurs d’alimenter ces rapaces de la finance et de payer avec les contribuables les dégâts causés par l’ultralibéralisme.

Les quotas sucriers comme les quotas laitiers sont définitivement abandonnés et les droits de plantation des vignes supprimés. Ainsi, aucun mécanisme de maîtrise ou d’orientation des productions n’est envisagé pour obtenir des prix rémunérateurs et stables. Quant aux aides directes, elles continuent d’avoir un défaut majeur : celui d’un paiement à la surface et non une aide soutenant le travail, c’est-à-dire un paiement par actif travaillant sur les exploitations. De même, aucune indication nette et efficace n’est mise en débat pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée dans la chaîne de production et de valorisation alimentaire. Pourtant l’une des causes principales de la baisse des revenus paysans est bien le pillage du travail par les secteurs économiques d’am ont et d’aval de la production agricole.

Le projet de plafonnement des aides est positif. Mais le montant doit être abaissé pour soutenir réellement les petits et moyens exploitants. L’aide aux rotations obligatoires pour la diversification des cultures et l’aide aux prairies permanentes est intéressante. Par contre aucune proposition nouvelle n’est avancée pour lancer en Europe un grand plan protéines, pourtant indispensable pour notre souveraineté alimentaire, la valorisation des territoires et l’environnement et les équilibres économiques.

On le voit, toutes celles et ceux qui agissent pour la souveraineté alimentaire, une rémunération convenable du travail paysan, la défense de l’emploi agricole, agro-alimentaire et rural, la valorisation de tous les territoires, doivent s’emparer de ce débat, s’engager pour influencer la nature des propositions pour une réforme progressiste de la PAC, favorable au travail et à la vie rurale.

Des idées nouvelles émergent en ce moment, dont certaines que nous défendons ici depuis des décennies pour peser sur le cours des choses. Mettons-les plus largement en débat. C’est du droit fondamental à l’alimentation pour toutes et tous, c’est de la sécurité alimentaire dont il s’agit.

Cet article est le 252ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 17:33

Comment assurer la survie de notre modèle social ?

 

Difficile d’être plus concis ! Le communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement tient en 4 lignes.

Que le débat commence : Je félicite François Hollande pour sa victoire aux primaires socialistes, qui permet au débat présidentiel de s'ouvrir.

Pour sortir la France de l'impasse, il va falloir parler sérieusement de la crise de l'euro et de la réindustrialisation du pays, condition de la survie de notre modèle social.

Rappel : Pour sortir la France de l'impasse, Chevènement sera candidat en 2012 - 9 octobre 2011.

 

Congr-s-MRC-2008-036.jpgLe 15 octobre, à la veille du second tour de la primaire PS, le sénateur du Territoire de Belfort, qui sera bientôt élu à la présidence de la nouvelle commission de la défense au Sénat, avait accordé un entretien au journal Le Pays :

"Ce sont les événements qui vont faire bouger les esprits"

Le Pays: Les choix politiques faits depuis les années quatre-vingt ont mis, dites-vous, la France dans une impasse. Vos positions sont, vous le soulignez dans le livre, dans la droite ligne de ce vous disiez en 2002. Pourquoi seriez-vous entendu cette fois?
Jean-Pierre Chevènement: Il y a un fait massif : c’est la crise que j’avais vu venir depuis longtemps puisque je n’avais accepté ni la dérégulation financière ni la monnaie unique. Crise du capitalisme financier à partir de 2008, crise de l’euro depuis 2010. Cette dernière n’est pas le fait du hasard, elle résulte du vice constitutif de l’euro qui a voulu donner la même monnaie à dix-sept pays que tout opposait, structures économiques, orientations politiques, culture etc.

Il est difficile, aujourd’hui, de faire confiance pour nous en sortir à ceux qui nous ont conduits dans l’ornière. Je vous rappelle que l’Acte unique et le Traité de Maastricht ont été votés par la droite et le PS.

Et donc ?
Ce sont les événements qui vont faire bouger les esprits. Du moins, je l’espère.

Qu’est-ce qui, aujourd’hui, pourrait vous inciter à ne pas être candidat à l’élection présidentielle?
Ce qui pourrait m’amener à changer de point de vue ? Soit un événement majeur, hélas prévisible, c’est-à-dire la crise de l’euro, soit une évolution politique claire du candidat socialiste sur ces questions qui ne sont jamais abordées. J’ai très peu entendu parler de la crise de l’euro pendant la campagne des primaires. Nous dansons sur un volcan et chacun fait comme si en mai prochain nous allions nous offrir du muguet.

Comment l’Europe pourrait-elle s’identifier à un projet de monnaie unique qui apparaît de plus en plus comme un pont suspendu au-dessus du vide ? Il faut, pendant qu’il est encore temps, proposer une réforme profonde, essentiellement l’accroissement des missions de la Banque centrale européenne ou bien alors organiser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune. C’est le sens de mon livre.

La crise de l’euro pourrait vous inciter à ne pas être candidat?
Je parle de l’effondrement de l’euro : un événement tel qu’il dessillerait les yeux. Mon souci c’est qu’au milieu des secousses prévisibles, la France garde le cap de l’intérêt national.

 

Avez-vous les 500 signatures nécessaires pour vous présenter à l’élection présidentielle? Et les moyens financiers?
Je pars du principe que le mouvement se crée de lui-même. On apprend à marcher en marchant.

Concernant l’Europe,
beaucoup des solutions que vous avancez impliquent un profond changement de la position allemande.
J’ai proposé deux projets. Le premier reste encore jouable à l’heure qu’il est : il s’agit d’autoriser la banque centrale européenne (BCE) à racheter les titres de dettes publiques des pays menacés par la spéculation. C’est ce que fait la banque centrale américaine. Il s’agit de casser la spéculation et de soutenir la croissance à l’échelle européenne. C’est quand même plus intelligent de financer la recherche ou les TGV que de venir au secours des banques pour leur permettre de continuer comme avant à spéculer et à encaisser des bonus.

Il faut convaincre l’Allemagne qui a intérêt à la survie de la zone euro : celle-ci est le marché intérieur de son industrie. Si nous n’y parvenons pas, il faudra réaliser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune.

Faut-il mettre les banques sous tutelle?
Il faut un contrôle public du crédit. C’est une grave erreur d’avoir dénationalisé les banques et d’abord celles que le général de Gaulle avait nationalisées à la Libération (BNP, Société générale, Crédit lyonnais).

Vous écrivez « qu’un pays qui croit en lui et en ses valeurs suscite plus facilement le désir d’appartenance ». Vous ajoutez que « la repentance est un exercice malsain ». Certains ont compris que vous vouliez mettre sous le boisseau les pages peu reluisantes de l’Histoire de France.
C’est mal me connaître. Je préfère la conscience à la repentance. La conscience est un exercice de la raison, elle prend en compte à la fois les ombres et les lumières. Mais je ne me range pas au nombre de ceux qui passent leur temps à baver sur la France. Je considère que notre histoire n’est pas une faillite mais illustre simplement la difficulté que les idées républicaines ont eue à s’imposer. Par exemple, pendant les années 30 et 40 ou bien encore dans les guerres de décolonisation.

Croyance dans le progrès, dans les valeurs républicaines, défense de la Nation comme cadre naturel de la démocratie… Que répondez-vous à ceux qui trouvent votre approche, disons, un peu surannée?
Je leur réponds qu’ils n’ont rien à mettre à la place et que je préfère le fondamental à l’éphémère.

Vous êtes partisan du nucléaire. L’argument de la sûreté est « faible » selon vous. Vous pouvez affirmer qu’il n’y aura jamais d’accident grave sur le territoire national?
ll n’y a pas d’activité humaine sans risque mais on ne peut pas vivre sous l’empire de la peur. L’extraction minière ou l’industrie chimique ont fait un nombre de victimes incommensurablement supérieur au nucléaire qui, en France, n’en a fait aucune depuis soixante-dix ans. Moi je regarde la facture d’électricité. Je sais que le kWh d’électricité solaire photovoltaïque est huit à dix fois plus cher que le kWh d’électricité nucléaire. Et l’éolien deux fois plus cher. Est-ce que les Français sont prêts à voir leur facture augmenter de 50 % voire davantage ?

Concernant la primaire…
Je ne veux pas me mettre là-dedans. Dès le départ nous avons considéré que la loyauté, si nous participions aux primaires, imposerait de respecter la discipline en faveur du candidat qui en sortirait le mieux placé. Or, le PS étant l’organisateur, nous pouvions penser que celui qui serait désigné serait à l’image des choix politiques portés depuis une bonne vingtaine d’années…

Vous avez néanmoins cité Arnaud Montebourg…
C’est l’exception qui confirme la règle. Mais je reconnais qu’Arnaud Montebourg a marqué un point. Cela montre qu’il y a dans la société française une sensibilité importante qui remet en cause une mondialisation financière dont les dégâts sont partout visibles.

Propos recueillis par Céline Mazeau
Source : LePays.fr

 

 Cet article est le 147ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans CHEVENEMENT
commenter cet article
16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 23:52

Maintenant, il faut un projet de redressement national

 

François Hollande a obtenu un résultat conforme aux prévisions* après le 1er tour. Il devance largement Martine Aubry, ce qui est logique, dans la mesure où il a une démarche de rassemblement des Français quand sa concurrente se place sur le terrain, plus technique, de la gestion gouvernementale. Mais l’essentiel de ce qui les différencie n’a pas été dit. Voir Primaire PS : le clivage Aubry-Hollande cache 2 stratégies différentes - 14 octobre 2011.  

Ainsi se clôt la primaire qui était une innovation du parti socialiste. Entre 2,5 et 3 millions d’électrices et d’électeurs ont participé aux deux tours de scrutin qui a abouti au choix du candidat à l’élection présidentielle. C’est une satisfaction. Mais on a pu constater que les candidats, en dehors de Montebourg, n’ont pas posé les vrais problèmes politiques, que sont l’euro et les moyens de sortir de la crise. Hollande va devoir s’exprimer davantage s’il veut rassembler au-delà de son parti. 

J’ai eu plaisir à rencontrer François Hollande récemment, à Marciac (Gers), le 4 août 2011, où s’achevaient les deux journées d’étude sur la Politique Agricole Commune (PAC), dans le cadre des Controverses de Marciac. Le candidat était venu serrer des mains des visiteurs du festival de jazz de Marciac, alors qu’il était en vacances en Aquitaine.

Mais, ce qui est plus significatif, j’avais pu lui parler en tête à tête à la fin de l’université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) le 6 septembre 2010 à Valence(Drôme) - je précise que François Hollande était le responsable national du PS quand j’en étais responsable en Mayenne, de 1997 à 2001, et que nous avions de bonnes relations. 

Université d'été MRC 2010 042 TA Valence, le candidat était déjà très affûté. Il avait présenté ses cinq orientations essentielles avant de débattre avec Jean-Pierre Chevènement dans des conditions de haut niveau.

 

Voir Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande - 9 septembre 2010

Après avoir fait la liste des interrogations concernant la France de 2010, François Hollande précise les cinq défis à relever en 2012 :

-     La place de la France dans la mondialisation. Depuis dix ans, la France a reculé. Il faut retrouver un chemin productif. Il faut proposer au pays un pacte productif, et aux entreprises une logique coopérative tournée vers l’investissement.

-         La mutation écologique. La tendance est à renouveler les énergies, garder le nucléaire, moderniser sans catastrophisme. Les questions à régler : le coût lié à la taxe carbone, les déchets, le coût lié à l’augmentation du carburant.

-         La cohésion sociale et la redistribution. Les disparités se sont accrues entre les 2% les plus favorisés et le reste de la population. Il faudra une réforme fiscale transparente et réduire les déficits. Il n’est pas acceptable que 60% de l’endettement soit entre les mains de non résidents et que la charge de remboursement des emprunts soit le 2ème poste du budget.

-         La cohésion républicaine. Il s’agit de traduire les principes dans le quotidien : autorité, égalité, solidarité républicaines, fermeté face à la délinquance.

-         La jeunesse. Elle est sacrifiée (chômage, logement, sécurité, égalité…). Elle est électoralement minoritaire.  

Il faut rassembler la nation autour d’objectifs qui nous dépassent. Le rassemblement de la gauche est nécessaire au premier tour de l’élection présidentielle, ou au second. Le rêve français dans le récit national (en écho au rêve américain d’Obama), c’est l’égalité réelle, le progrès maîtrisé, les droits de l’Homme et du Citoyen (…).

 

Voir Présidentielle 2012 : vers un axe Montebourg Chevènement Hollande- 11 octobre 2011

François Hollande répond à Jean-Pierre Chevènement. Il commence par saluer ce qui est agréable et plaisant chez Jean-Pierre Chevènement, qui consiste à s’inscrire dans l’histoire longue ; nous sommes des acteurs d’un moment, continuateurs de ce qui a été fait avant nous. C’est le rêve du récit national. Actuellement, nous constatons la liquidation de l’esprit républicain. Jean-Pierre a raison d’aborder la politique planétaire, pas seulement hexagonale, avec le réalisme nécessaire.

Puis il revient sur les deux points mis en avant par Marie-Françoise Bechtel, animatrice du débat.

-          La crise n’est pas finie, les causes demeurent. Pas de régulation, sauf aux USA. Certains pays ont mis des taxes (Royaume-Uni, Allemagne). Il ne s’agit pas de moraliser ce qui n’a pas vocation à l’être. La spéculation sur les dettes souveraines n’est pas finie. La compétition entre Etats et marchés continue. En 2012, il y aura des déficits considérables, une croissance faible, une régulation à mettre en place.

-          L’Europe. En 2005, à propos du traité constitutionnel européen (TCE), il y a eu une grande controverse entre le oui, en faveur d’une autorité politique européenne, et le non.

Le traité de Lisbonne, avatar du TCE, n’a pas permis de disposer d’une force politique, face à la crise. Le refus du TCE n’a pas empêché l’Europe de dériver. Les traités ont été bousculés, sans que la croissance revienne. Il faut dépasser ce qui nous a, un moment, séparés. L’Europe à 27 n’a plus de sens, c’est un espace de droit et de vie commune. Il y avait une part d’utopie à vouloir faire une Europe fédérale, à dix, douze, pays, ce qui était l’idée initiale.

On revient à l’idée de Mitterrand : une confédération européenne. Avec quelques pays qui s’engagent (un noyau, monnaie unique, politiques coordonnées, pacte). Ce ne sera pas l’Europe d’avant, mais c’est une Europe nécessairement avec les Allemands.

En 2012, il faudra une gouvernance commune de l’euro. Entre Sarkozy (gouvernance à 16) et Merkel (à 27), c’est celle-ci qui a gagné. Le modèle allemand est tributaire du commerce mondial. Les excédents allemands sur la zone euro ne sont pas coopératifs. Le peuple allemand est traversé par des contradictions (baisse démographique et baisse de la demande intérieure). La gauche allemande est actuellement majoritaire.

Nous avons un devoir de cohésion sur la question européenne. Les citoyens s’étant mobilisés en 2005, il faut une clarification en 2012. La question de la valeur de l’euro nous a séparés. Entre 1997 et 2002, l’euro s’est déprécié de 20% par rapport aux autres monnaies. Depuis 2003, la valeur de l’euro a augmenté de 40% jusqu’en 2010. Les autres monnaies ont repris de la valeur en 2010 par rapport à l’euro. La Chine est un vrai problème, car sa monnaie est déstabilisatrice. La vocation de l’euro est la stabilité.

La donne ayant changé, nous devons donner des réponses communes à cette question de l’euro. Il n’est pas possible de se séparer sur la question européenne, sinon la gauche n’y arrivera pas.

Relancé par l’animatrice du débat, François Hollande  ajoute qu’il faut, à la fois, de la souplesse et de la force dans la gouvernance européenne. La plupart des pays européens font confiance en l’OTAN en matière de défense. L’idée européenne perd du terrain. Certes, l’idée d’un Etat européen n’est pas réaliste, même si c’est sympathique et utopique. Mais on se fait dépasser par les pays émergents. L’Europe est nécessaire, sinon les populismes s’imposeront. Un traité n’est plus possible. Le problème de l’Union, c’est de faire des enfants !

 

Université d'été MRC 2010 044 TJean-Pierre Chevènement constate que l’Europe avance en ordre dispersé. Le Secrétaire d’Etat américain, Kissinger, dans les années 1970, demandait le numéro de téléphone de l’Europe. En 2010, le président Obama ne pose pas cette question. Il téléphone à Merkel pour qu’elle soutienne le plan de financement à la Grèce, puis à Sarkozy. Celui-ci dit oui, aussitôt. Celle-là finit par s’y résigner. Obama n’a pas appelé Van Rompuy, Barroso ou Zapatero (l’Espagne avait la présidence tournante).

Il faut rompre avec « l’irreal » politique, selon l’expression d’Hubert Védrine. Il faut une volonté française et aller vers une Europe, république des peuples, en prenant appui sur la France et l’Allemagne. L’Europe de la non harmonisation fiscale a produit l’hypertrophie bancaire au Luxembourg.

Quant à l’euro, c’est clair, il ne faut pas accepter de sacrifier les intérêts français. Le Rhin, qui sépare la France et l’Allemagne, est beaucoup plus large qu’il n’y paraît.

Le sénateur du Territoire de Belfort se rend très souvent en Allemagne (3/4 d’heure par la route). Le nom Chevènement vient de la partie allemande de Fribourg en Suisse.

Non à l’au-delà des nations. Le PS, avec ses nuances et ses courants, lui semble compliqué. Il faudrait simplifier, clarifier, en vue de 2012.  

* Georges Sarre félicite François Hollande et l'invite à porter un projet politique alternatif en 2012

 

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

 

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Présidentielle 2012
commenter cet article
15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 23:00

Le concept de démondialisation, porté par Montebourg

 

C’est avec Arnaud Montebourg que le thème de la Démondialisationa été popularisé, car relayé par les médias - voir Avec sa «démondialisation», Montebourg a fait mouche (Le Figaro, 10 octobre).

 

Seuls, parmi les personnalités politiques, Jean-Luc Mélenchon et Jean-Pierre Chevènement ont marqué leur proximité avec ce concept. Le Mouvement Politique d’éducation populaire (M’PEP) a été parmi les fondateurs de la « gauche démondialisatrice » - voir M'PEP - La démondialisation perce à la primaire socialiste (13 octobre).

 

L’économiste Jacques Sapir a fait de la démondialisation le titre d’un de ses livres – voir «La démondialisation» de Sapir, vers une économie alternative (Marianne, Laurent Pinsolle, 10 mai 2011).

 

Bernard Cassen a le mieux présenté l’historique de la démondialisation dans Mémoire des luttes :

Pour sortir de la crise : la démondialisation (Mémoire des luttes, Bernard Cassen, 1er octobre)

On l’a maintes fois écrit dans ces colonnes : la crise actuelle n’est pas seulement financière. Elle est systémique, dans la mesure où elle pousse au paroxysme, à l’échelle planétaire, les contradictions de ce qu’on a appelé la mondialisation libérale entre, d’un côté, le facteur humain et le facteur écologique et, d’un autre côté, la logique prédatrice et suicidaire du capitalisme dans sa phase néolibérale.

Cette phase, inaugurée il y a une trentaine d’années, ne s’est pas seulement imposée par la dynamique propre du capital et des entreprises multinationales, et de leur recherche frénétique du profit. Elle a bénéficié de l’appui complaisant (et parfois enthousiaste) des pouvoirs politiques. Ce sont eux, et eux seuls, qui avaient les moyens institutionnels de délivrer la finance de toutes les contraintes pesant encore sur elle. C’est ainsi que, aux Etats-Unis et sous la présidence de Bill Clinton, fut abolie en 1999 la loi Glass-Steagall de 1933 qui interdisait à un établissement financier d’exercer simultanément les métiers de banque de dépôt et de banque d’investissement. Cet exemple a ensuite été suivi dans la plupart des autres pays.

Les banquiers ont ainsi pu se mettre à spéculer impunément avec l’argent des déposants, quitte à les ruiner en cas de faillite. Ces dernières années, les Etats sont venus une fois de plus à leur secours en garantissant sur les fonds publics, donc avec les impôts des contribuables, un seuil minimum de remboursement des dépôts (100 000 euros en France).

La construction européenne est aussi un cas d’école de l’institutionnalisation des normes de la mondialisation libérale par les gouvernements conservateurs et sociaux-démocrates. Dans ses traités successifs, elle a en effet érigé au statut de « libertés fondamentales » les deux principaux piliers du système néolibéral : la liberté de circulation du capital et la liberté de circulation des biens et des services, c’est-à-dire le libre échange.

Curieusement, si l’imposition de limites à la liberté de circulation du capital n’est plus une question taboue, il n’en va pas de même pour le libre-échange. Toute forme de protection tarifaire contre le dumping social, fiscal et écologique est repoussée non seulement par les libéraux – ce qui est naturel -, mais aussi par la grande majorité des sociaux-démocrates et par une partie de l’extrême-gauche qui y voit naïvement une forme d’ « internationalisme » !

Les lignes commencent cependant à bouger. Des formes de « protectionnisme altruiste ». - c’est-à-dire de mesures visant à tirer vers le haut les salaires des pays « pauvres », et non pas à tirer vers le bas les salaires des pays « riches » - commencent à être discutées. Des sondages d’opinion montrent qu’une forte majorité des Français, mais aussi des Allemands, des Espagnols et des Italiens sont favorables à des formes de protection douanière au niveau européen ou, à défaut, national. Et même le projet du Parti socialiste français propose la mise en place d’« écluses » tarifaires entre l’Union européenne et les autres blocs économiques.

Il reste cependant beaucoup à faire pour que le refus du libre-échange occupe une place centrale dans toutes les stratégies de sortie de crise qui passent par le démantèlement des structures de la mondialisation libérale, en d’autres termes par la « démondialisation »*.

 

 * L’heure de la démondialisation est venue (Bernard Cassen, Mémoire des luttes, 22 août 2011)

 

Cet article est le 113ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Capitalisme
commenter cet article
14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 23:54

2011 pourrait marquer la fin de la dérive libérale du PS

La primaire du PS s’achève dans des conditions moins fraternelles qu’elle n’avait commencé : Aubry qualifie Hollande de "candidat du système" (Le Monde, 14 octobre).

Des craintes se font jour. Ainsi Laurent Joffrin, dans le Nouvel Observateur, ce 14 octobre PRIMAIRE PS. Aubry cogne Hollande au risque de blesser la gauche.

La décision de Montebourg*, à titre personnel Arnaud Montebourg : "Je voterai pour Hollande" (Le Monde, 14 octobre) vient s’ajouter aux décisions des autres non finalistes, Royal, Valls et Baylet, isolant davantage Aubry.

Les chances de Hollande de l’emporter assez largement dimanche soir (55%) sont bien réelles. On voit des écologistes, qui voteront Joly au 1er tour, se porter au secours d’Aubry. Voir (Marianne, 14 octobre) Primaires PS : Des élus EE-LV appellent à voter Aubry.

 

Alors que les deux finalistes ont donné l’impression d’être très proches sur le fond de leurs orientations politiques, le clivage en train de se faire entre eux pourrait bien être historique, marquant la fin d’un PS enfermé dans une idéologie libérale, dont le point de départ date de 1983 (décision de Mitterrand d’ouvrir l’Europe au néolibéralisme anglo-saxon).

Cela fait penser à l’impuissance des socialistes avec Guy Mollet, vaincue par l’alliance surprenante entre Mauroy, Defferre, Chevènement et Mitterrand en 1971. Ceux qui étaient avec Guy Mollet étaient à la gauche de la SFIO. Leur stratégie les confinait à l’impuissance.
Aujourd’hui, c’est la stratégie qui sépare les deux protagonistes de la finale de la primaire, le 16 octobre. Il me semble que, derrière le clivage entre ces deux candidats, on va voir apparaître deux stratégies différentes en ce qui concerne la conquête du pouvoir. Celle d'Aubry prolonge ce que nous avons vu depuis dix ans : une gauche libérale-libertaire alliée aux écologistes, qui mènent la danse. Celle de Hollande est un retour à la République.

Nous vivons une période historique, qu’on se le dise !…

 

* Primaire PS : le vote Montebourg est un vote républicain et socialiste - 13 octobre 2011 

 

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans Présidentielle 2012
commenter cet article