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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 21:29

Début d’une série de crises et recul de la démocratie

 

Les rédacteurs de La Lettre du Lundi avaient prévu la crise grecque dans de précédents articles publiés l’été dernier. Ce 5 novembre, ils font le bilan de ce qui vient de se passer à Bruxelles, à Cannes et Athènes. Aujourd’hui la Grèce, demain la France ? Les rédacteurs (qui ne révèlent pas leur identité, afin de préserver leur tranquillité) n’en doutent pas. Voici leur lettre de ce 5 novembre.

 

τραγδία… tragôidía… tragédie

 

Les récents épisodes de la tragédie grecque ont eu pour principal effet de mettre en lumière, de révéler la nature profonde, les craintes et ambitions des différents protagonistes qui y ont participé.

 

- D’un côté Angela Merkel et la presse allemande – le journal populaire Bild notamment (voir ci-contre une accroche d’article de ce journal que l’on pourrait traduire par « Vendez vos îles, Grecs ruinés, et l’Acropole par la même occasion ! ») – qui traitent Papandréou et les Grecs avec tout le mépris, le dédain et la condescendance dont ils sont capables.

- Au centre, se voulant le plus visible possible, le Prince-Président, soufflé d’orgueil et bouffi de suffisance, qui s’auto-congratule et se considère comme un des dirigeants les plus importants de la planète. Convoquant Papandréou pour le morigéner comme on le fait d’un laquais désobéissant, il roucoule comme une colombe dès qu’Obama lui manifeste la moindre attention.

- Dans la coulisse, le lobby bancaire, mené par Charles Dallara, directeur général de l’Institute of International Finance, qui s’affaire pour que les décisions politiques cadrent avec ses intérêts

Sans oublier tous ceux qui exhortent les Grecs à sortir de l’Union européenne et à abandonner l’euro, rêvant – pour des raisons parfois peu avouables – de précipiter la chute de la monnaie unique.

 

Quelques rappels
  
En premier lieu, ne soyons pas trop étonnés par ce qui se déroule aujourd’hui. Ce scénario, nous l’avions envisagé et décrit dès cet été dans deux billets, Les marches d’Odessa et Timeo Danaos. Nous vous proposons de les relire car, rédigés « à froid » avant le déclenchement de la crise grecque, ils sont vierges de l’influence de la pression du quotidien, qui perturbe bien plus souvent l’analyse qu’elle ne l’éclaire.
  
En second lieu, rappelons le deal proposé à la Grèce le 27 octobre par le trio Merkel-Sarkozy-Dallara :

• Les banques renoncent, sur la base du volontariat, à la moitié de leurs créances sur la dette publique grecque ;

• Un nouveau prêt de 100 milliards d’euros est accordé, sous conditions, à la Grèce d’ici 2014. Les conditions ? Plan d’austérité draconien, privatisations en série et contrôle permanent de la politique budgétaire grecque par une « troïka » composée de représentants de l’Union européenne, de la BCE et du FMI. En clair, une mise sous tutelle économique de la Grèce par des institutions chargées de pérenniser la structure du système financier actuel.

Ceci posé, quels enseignements tirer des événements de ces derniers jours ?
     
Un recul démocratique majeur
  
Papandréou, qui voulait faire ratifier par référendum l’accord ci-dessus mentionné, a du bien vite faire machine arrière devant la réaction et les menaces du lobby bancaire et du couple Merkel-Sarkozy (comme le dit servilement Paris Match, « il s’était attiré les foudres des Dieux européens, le président de la République française Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel »). On ne peut dire aujourd’hui si cet accord aurait été ou non ratifié par le peuple, celui-ci n’ayant plus son mot à dire sur des décisions qui vont changer complètement le sort et l’avenir du pays.
     
Une première victoire du lobby bancaire et financier…
  
À l’inverse, on peut affirmer qu’une bataille importante a été gagnée par le lobby bancaire dans sa volonté de soumettre le politique à ses intérêts. Le meilleur indicateur a été l’évolution en Bourse des actions des banques : à la hausse lorsque l’accord du 27 octobre a été conclu, elles ont plongé à l’annonce du référendum avant de remonter quand Papandréou a jeté l’éponge.
  
De façon très révélatrice, très significative, la plupart des commentateurs ont présenté cet abandon du référendum comme une bonne nouvelle, un « soulagement », se faisant l’écho d’un Christian Estrosi qui avait jugé le recours au peuple « totalement irresponsable ». Ces réactions montrent à quelle vitesse nous sommes en train de sortir du modèle républicain que nous avons connu pour entrer dans une « démocratie sous contrôle », à la russe ou à la chinoise.
     
… en attendant la prochaine
  
Nous en verrons une nouvelle preuve lors des prochaines « crises » qui ne manqueront pas de toucher l’Italie, l’Irlande ou le Portugal… en attendant la France. Dans tous les cas, le discours adressé aux citoyens sera le même que celui qui a été tenu aux Grecs : « tenez-vous à carreau, acceptez ce que nous vous proposons et dîtes merci, sinon ce sera pire encore. »

Lorsque nous avons commencé la rédaction des premiers billets de La Lettre du Lundi il y a près de trois ans, nous nous étions alors définis comme « extrêmement préoccupés par l’évolution que prennent nos institutions, l’économie, les relations sociales et désireux d’offrir aux lecteurs de La Lettre un point de vue et une analyse que l’on ne retrouve pas souvent dans les médias grand public ».
  
Au fil de nos billets, nous n’avons cessé de vous alerter sur ce qui était en train de se préparer : importance croissante des lobbies et, plus particulièrement, du lobby financier ; faillite, mise sous tutelle, voire quasi-disparition des États-nations ; transfert des compétences régaliennes aux TGE (très grandes entreprises) ; accélération du développement des inégalités ; naissance d’une nouvelle aristocratie tirant sa puissance d’une incroyable concentration des richesses ; marchandisation de l’ensemble des activités humaines et de l’homme lui-même ; régressions démocratiques majeures dans les pays occidentaux.
  
Ce qui se préparait est maintenant une réalité. Ce qui arrive aujourd’hui aux Grecs nous arrivera demain, se généralisera demain : ce n’est que la première étape d’un processus qui ne s’arrêtera pas. Pardonnez-nous de nous « auto-citer » une fois de plus mais, pour reprendre l’image utilisée dans Les marches d’Odessa, le landau a commencé sa descente. Pour l’arrêter, il n’y aurait qu’une solution dont la probabilité d’occurrence est quasi-nulle : dynamiter l’escalier.

 

Cet article est le 85ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 14:51

Pour une Europe libre, indépendante et démocratique

 

Les grecs ont été humiliés par les propos du tandem Merkel-Sarkozy (pour aller vite, « Merkozy ») à Cannes. Dans ce contexte, l’appel lancé par le compositeur Míkis Theodorákis prend toute son importance.

 

L'appel de Mikis Theodorakis (l’Humanité, 4 novembre)

 

Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis a appelé les grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent.

Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Mikis Theodorakis, figure emblématique de la résistance à la junte des colonels, a averti que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant "partenaires européens", c’en sera "fini de nous en tant que peuple et que nation". Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une "fourmi" face à ses "partenaires", alors que le peuple le voit comme "brutal et offensif". Si cette politique continue, "nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre".
Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Mikis Théodorakis a également adressé une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux grecs. Extraits :

"Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elles-mêmes générées sous forme de dettes.
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté  et d’Europe. (…)

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. (...)
Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme."

 

Rappel : Sommet européen : un plan menant à la récession et à la dépendance - 27 octobre 2011

 

            Cet article est le 84ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 23:15

Ce système monétaire rigide va s’écrouler, selon Krugman

 

S’il y a quelqu’un qui a quelque chose à dire sur la crise monétaire européenne et sur la façon dont l’Europe est gérée, c’est bien Jean-Pierre Chevènement. Mais il est rarement invité par les grandes chaînes de télévision. Une exception bienvenue est à signaler sur France 2 demain (journal de 20h présenté par Laurent Delahousse).

Jean-Pierre Chevènement au journal de 20h de France 2 samedi 5 novembre

MRC national 002Après la crise grecque et le G 20 perturbé, avant la crise italienne et la montée en puissance des oppositions populaires aux politiques néolibérales perpétuées en Europe, le sénateur Chevènement confirmera avec détermination son intention de se présenter à l’élection présidentielle afin de faire bouger les lignes de la politique française (voir Pour sortir la France de l'impasse, Chevènement sera candidat en 2012- 9 octobre 2011). Il est vrai que le PS est inaudible sur la question monétaire européenne, qui est pourtant stratégique. Alors que le MRC a une position claire, qui sera exprimée par son président d’honneur demain soir. Celui-ci n’est pas resté sans voix pendant cette crise, comme l’indiquent ces liens que chacun peut consulter :

L'Europe ne peut pas se faire sans la démocratie

Nicolas Sarkozy veut mettre l'Europe toute entière à la diète

"Il faut consulter les peuples" (Entretien de Jean-Pierre Chevènement à L'Est républicain, 4 novembre 2011)

Il est temps de changer de route - Question d’actualité de Jean-Pierre Chevènement concernant le sommet européen, Sénat. Voir aussi Séance du 27 octobre 2011 (compte rendu intégral des débats). Cet accord est un faux accord. M. Sarkozy a dû se plier à toutes les conditions imposées par Mme Merkel.

(…) Je considère qu’il ne s’agit pas d’un bon accord. Ces mécanismes sont des rustines ou des promesses de rustine. Cet accord est un trompe-l’œil. Et il en sera ainsi, me semble-t-il, tant que nous n’aurons pas adopté une position sérieuse adossant les moyens du Fonds de stabilité financière aux ressources de la Banque centrale européenne.

Dans l’immédiat, un triple constat s’impose. Tout d’abord, l’euro caracole à 1,40 dollar… Bonjour, la réindustrialisation de la France ! Ensuite, les politiques de rigueur généralisées conduiront l’Europe à la récession et l’enfermeront encore plus dans la spirale des déficits et de la dette, aucune initiative de croissance n’étant prise à l’échelle de la zone euro. Enfin, l’encadrement des budgets nationaux se resserre. Après la souveraineté monétaire, ce sont les souverainetés budgétaire et fiscale qui vont disparaître. M. Juppé parle de fédéralisme. Je considère pour ma part qu’il s’agit d’un fédéralisme du pauvre, purement coercitif (…).

 

Paul Krugman fait de l'humour sur le dos des élites européennes.  

Voir Le trou dans le seau de l'Europe (Marianne, Le Vent des blogs, 4 novembre).

 

(…) Vous voyez ce que je veux dire lorsque je dis que la situation est drôle, dans le genre humour noir ? Ce qui rend cette histoire vraiment douloureuse est que rien de tout ça n'aurait dû arriver.

Prenons des pays comme la Grande-Bretagne, le Japon et les Etats-Unis, qui ont des dettes importantes ainsi que des déficits mais qui malgré tout restent capables d'emprunter à de faibles taux d'intérêt. Quel est leur secret ? La réponse tient en grande partie au fait qu'ils maintiennent la valeur de leur monnaie et les investisseurs savent qu'en un clin d'œil, ils pourraient financer leurs déficits en imprimant leur monnaie. Si la Banque Centrale Européenne, dans le même temps, soutenait les dettes européennes, la crise s'allègerait considérablement.

Est-ce que cela n'engendrerait pas une inflation ? Probablement pas : qu'importe ce que Ron Paul et consorts peuvent penser, la création de monnaie n'engendre pas l'inflation dans une économie déprimée. De plus, l'Europe a réellement besoin d'une inflation globale un peu plus haute : une inflation globale trop faible condamnerait les états européens du sud à des années de déflation sévère, garantissant virtuellement à la fois une continuité dans le fort taux de chômage et des défauts de paiement en série.

Mais une telle création, ne cesse-t-on de nous répéter, est hors de question. Les statuts qui régissent la banque centrale sont censés interdire ce genre de choses, bien que l'on imagine que des avocats malins trouveraient le moyen de rendre cette création possible. Cependant, le problème plus général est que tout le système euro a été mis en place pour combattre la dernière guerre économique. C'est une Ligne Maginot construite pour empêcher que les évènements des années 1970 ne se répètent, ce qui est pire qu'inutile lorsque le vrai danger vient d'une répétition des évènements des années 1930.

Et cet état de fait, comme je l'ai dit, est tragique.

L'histoire européenne d'après guerre est profondément édifiante. Des décombres de la guerre, les Européens ont construit un système de paix et de démocratie, et ce faisant, ont bâti des sociétés qui, bien qu'imparfaites - quelle société ne l'est pas ? - sont probablement les plus décentes de l'histoire de l'humanité.

Pourtant, cette réussite est menacée parce que l'élite européenne, de toute son arrogance, a bloqué le continent en un système monétaire qui a recréé la rigidité du modèle d'excellence, et - tout comme le modèle d'excellence des années 30 - celui-ci s'est transformé en piège mortel.

Peut-être qu'aujourd'hui les dirigeants européens vont proposer un vrai plan de sauvetage crédible. Je l'espère, mais je n'y crois pas.

 La triste vérité est que le système euro semble de plus en plus voué à l'échec. Et une vérité encore plus triste est que vu comme le système se comporte, l'Europe se porterait sans doute mieux s'il s'écroulait plutôt aujourd'hui que demain.

Cet article est le 148ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 21:32

La Fondation Jean Jaurès (G Fuchs) fait trois propositions

 

La présidence française du G20 avait l’ambition de proposer des mesures contre l’instabilité des prix des matières premières agricoles, mais elle va devoir admettre la faiblesse de son bilan - voir G20 : la régulation des matières premières reste un voeu pieux (La Tribune, 2 novembre).

 

Pourtant, les enjeux sont très importants, au regard de la situation alimentaire du globe - voir Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17).

 

La Fondation Res Publica organise un colloque sur le thème des enjeux stratégiques de l’agriculture - Voir Colloque de la Fondation Res Publica le 7 novembre sur l'agriculture - 19 octobre 2011.

Colloque du lundi 7 novembre 2011, 18h à Maison de la Chimie, 28, rue Saint Dominique 75007 Paris. Avec la participation de :

- Sébastien Abis, Administrateur au Centre international des hautes études en agronomie méditerranéenne (CIHEAM) 

- Hervé Gaymard, Ancien ministre de l’agriculture 

- Régis Hochart, Représentant de la Confédération paysanne au CESE, auteur du récent rapport du CESE sur la PAC

- Philippe Tillous-Borde, Directeur Général de Sofiprotéol

- Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica

La Fondation Jean Jaurès a publié le 26 octobre un point de vue de Gérard Fuchs, responsable du secteur Coopération internationale. Il a été repris sur le site du journal Le Monde, ce 3 novembre :

 

Le G20 et la faim dans le monde 

 

Synthèse : La tenue du G20 en France, dont la présidence française a fait de la lutte contre la volatilité des prix une de ses priorités, permet de revenir sur le drame de la faim dans le monde, qui touche environ un milliard de personnes, un chiffre à nouveau en augmentation.

 Les situations les plus aigues ont des causes souvent concomitantes : sécheresses et autres catastrophes naturelles, guerres, importations à bas prix des pays du Nord… Quant à celles de sous-alimentation chronique, les actions nécessaires sont à chercher davantage en profondeur, et en partant d’une vérité d’évidence : la façon la plus simple d’éviter la faim sur un territoire est d’abord que celui-ci nourrisse par lui-même sa population.

Cela signifie presque partout un accroissement des productions existantes, par l’utilisation d’une multitude de moyens souvent très coûteux. Mais il y a également une agriculture d’autosubsistance qu’il faut s’efforcer de préserver, et pour cela résoudre plusieurs problèmes.

Le premier est celui de la propriété de la terre, très complexe parce que reposant le plus souvent sur des flous juridiques. Un flou qui permet aujourd’hui aux gouvernements des pays pauvres eux-mêmes de céder à de grandes sociétés étrangères l’usage de milliers d’hectares jusque-là utilisés pour une agriculture de subsistance. Une première proposition serait alors qu’une partie des fonds que le G20 a décidé de donner aux pays en développement soit explicitement destinée à la mise en place de registres cadastraux, rendant ainsi impossible toute expropriation non justifiée et non compensée et dotant notamment les petits agriculteurs d’une sécurité propice à leur expansion. Cette proposition suppose bien sûr que le G20 honore ses engagements financiers, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui et constitue encore un autre problème.

L’autre menace pour les agricultures vivrières est celle que représentent les importations de produits alimentaires auxquelles les pays du Sud ont dû consentir. Les agricultures locales s’en trouvent affaiblies, avec à la clé un exode rural non maîtrisé et le développement des bidonvilles, et quand les prix des produits importés s’envolent, ce sont les émeutes de la faim qui éclatent. Il serait nécessaire alors de réguler les importations vivrières, afin de fournir aux agriculteurs locaux la protection dont ils ont encore besoin pour améliorer leur productivité, mais cette position va à l’encontre du libre-échange. Une deuxième proposition devrait alors être débattue à l’OMC pour faire accepter, dans le domaine de l’agriculture vivrière, le droit de zones comme la CEDEAO ou l’Union européenne de se doter de protections visant à maintenir le plus possible d’autosuffisance alimentaire.

Enfin, les fluctuations du prix des matières premières, notamment agricoles, constituent un troisième problème. Celles-ci peuvent être « normales », conséquences d’événements climatiques ou politiques imprévus, mais aussi résulter de spéculations financières découplées de la possession de matières premières, qui jouent sur des produits dérivés. C’est là que la seule réponse imaginable suppose un strict contrôle international des produits dérivés liés aux matières premières alimentaires. En attendant davantage de régulation, et à l’image de mécanismes déjà mis en place mais abandonnés sous la pression d’idéologues libéraux, il pourrait être créé un Fonds, au niveau de certaines communautés régionales, qui représenterait un filet de sécurité appréciable.

Les déclarations du G20 ne sont jamais suivies d’effets et la plupart du temps, les sommes promises aux pays les plus pauvres n’arrivent pas à leurs destinataires. Certes, il n’est pas question d’affirmer qu’il est facile de changer le monde, mais il faut combattre un certain fatalisme : la mondialisation peut être régulée par des instances politiques capables d’imposer leurs priorités au monde économique et financier, des instances qui devraient elles-mêmes être représentatives et démocratiques afin que ces priorités découlent du souci premier de la dignité et donc des besoins de tous.

 

Voir aussi Le G20 et la faim dans le monde - Les notes - Publications - Fondation Jean-Jaurès

 

Attac : "Le G20, un fiasco annoncé" (Le Monde, 3 novembre)

 

Cet article est le 254ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 23:55

Chevènement, la primaire PS et l'euro, principaux titres du mois

 

Depuis 49 mois, au début de chaque mois, nous reprenons les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur les listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et nos priorités.   

 

Depuis 5 ans, 1951 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.

 

Michel SorinLes  30 titres en octobre se répartissent ainsi :

- Chevènement et le MRC (9 articles),

- La primaire PS (6 articles),

- La crise financière, l’euro (5 articles),

- Les élections professionnelles - Etat, éducation (2 articles),

- Enquête sur les banlieues, rapport Kepel, l’islam (2 articles),

- Agriculture, le projet de réforme de la PAC (1 article),

- Les élections sénatoriales (1 article),

- La droite (1 article),

- Affaire Karachi (1 article),

- La Chine, un fait divers inquiétant (1 article),

- Une femme flic écrivain à St-Berthevin, Danielle Thiéry (1 article).

 

Titre des articles parus en octobre 2011 sur http://mrc53.over-blog.com

Sarkozy, dans la situation de Giscard avant 1981, en plus impopulaire (28)

Sommet européen : un plan menant à la récession et à la dépendance (27)

Euro : Jean-Luc Gréau pointe les erreurs accumulées depuis vingt ans (26)

Chevènement rejette la sortie du nucléaire, atout industriel de la France (25)

Fondation Res Publica : quelles solutions pour le système monétaire ? (24)

Présidentielle 2012 : le MRC veut amener la gauche à relever les défis (23)

Fillette écrasée en Chine : les chinois se posent des questions morales (22)

Elections fonction publique : difficultés de vote à l'éducation nationale (21)

Ce 20 octobre 2011, élections professionnelles chez les fonctionnaires (20)

Colloque de la Fondation Res Publica le 7 novembre sur l'agriculture (19)

PAC 2014 : les propositions Ciolos restent sur une posture néolibérale (18)

Chevènement : Hollande candidat, le débat présidentiel peut s'ouvrir (17)

Primaire PS : François Hollande (56%), candidat PS à la présidentielle (16)

Démondialiser, c'est démanteler la mondialisation libérale (B Cassen) - 15

Primaire PS : le clivage Aubry-Hollande cache 2 stratégies différentes (14)

Primaire PS : le vote Montebourg est un vote républicain et socialiste (13)

Guilluy : le rapport Kepel montre le lien entre identité et démographie (13)

Primaire PS : Aubry et Hollande sont bien les deux enfants de Delors (12)

Présidentielle 2012 : vers un axe Montebourg Chevènement Hollande (11)

Primaire PS 9 octobre : Montebourg fait souffler un vent rafraîchissant (10)

Primaire PS : Montebourg emprunte une voie nouvelle, porteuse d'avenir (9)

Pour sortir la France de l'impasse, Chevènement sera candidat en 2012 (9)

Danielle Thiéry était à la bibliothèque de Saint-Berthevin le 4 octobre (8)

Karachi : d'un attentat (11 français morts en 2002) à une affaire d'Etat (7)

Le livre de JM Quatrepoint, Mourir pour le yuan, lu par Coralie Delaume (6)

Banlieues (Kepel) : failles des politiques publiques, montée de l'islam (6)

Jean-Michel Quatrepoint : le nouvel équilibre du monde avec la Chine (4)

Euro : des cadres du MRC proposent de passer de l'euro à l'euro franc (3)

JP Chevènement publie un nouveau livre pour faire bouger les lignes (2)

Sénat : Jean-Pierre Bel (PS), président rassembleur, élu dès le 1er tour (1er)

Cet article est le 49ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 18:21

Contraint d’être candidat, il ne pourra éviter la défaite

 

Comment croire que cet homme - que 12 millions de téléspectateurs ont vu hier soir - n’a pas pris sa décision d’être candidat dans six mois à l’élection présidentielle ? Impossible. Peut-on imaginer que les conditions seront favorables à sa réélection ? Difficile.

 

Revue de presse

Quand Sarkozy joue la crise pour 2012 (Nouvel Observateur, Jean-Gabriel Fredet, 28 octobre)

Le triple A, cauchemar de l'Élysée (Le Point, Romain Gubert, 28 octobre)

Sarkozy trop occupé à nous « protéger » pour être candidat (Rue89, Mathieu Deslandes, 27 octobre)

Présidentielle : pourquoi le cas Sarkozy est désespéré (Rue89, Eric Dupin, 22 octobre)

 

Rappel : Giscard et Sarkozy : la même pente libérale proaméricaine – 28 septembre 2006

Eric Zemmour compare les parcours de Giscard et de Sarkozy – 26 septembre 2007

 

Pour info (Le Point, 28 octobre)

L'Italie prise pour cible

A Bruxelles, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont tapé sur les doigts de Silvio Berlusconi comme on le fait pour un mauvais élève. A y regarder de près, pourtant, sa situation, si elle n'est pas bonne, n'est pas (encore) catastrophique. L'Italie souffre de deux maux : une dette publique (120 % du PIB, contre 86 % en France) trop lourde et, surtout, une croissance anémiée. Mais, une fois payé le service de sa dette, elle est en excédent budgétaire (1,9 % en 2012), contrairement à la France (- 2,5 %), qui, elle, continue de payer ses fonctionnaires en s'endettant. Le déficit commercial et le chômage sont moindres en Italie qu'en France. Mieux encore, la part de la dette publique détenue par des étrangers est bien moins importante en Italie (45 %) qu'en France (65 %). Alors, pourquoi l'Italie fait-elle si peur ? Sans doute parce que Berlusconi a perdu tout crédit et, pis encore, parce que aucun leader à gauche ne se lève. Mais aussi (surtout ?) parce que, si la mèche grecque se consume et serpente jusqu'à l'Italie, la France, où une banque (Dexia) vient d'exploser, sera le pays le plus menacé de la zone euro (390 milliards de dollars d'engagements en Italie, contre 162 milliards pour l'Allemagne). Pas très agréable.

Chiffre : 1 692,7 milliards d'euros

C'est le montant de la dette publique française. Elle représente 86,2 % de la richesse produite par la France en un an. Entre avril et juin, elle a augmenté de 46,4 milliards d'euros.

CDS, les milliards de l'absurde

Plus connus sous leur abréviation que sous leur nom (credit default swap), ces instruments hautement spéculatifs sont des " assurances " contre ceux qui achètent des dettes souveraines. En cas de non-remboursement des dettes par le débiteur, les émetteurs des CDS prennent le relais. Plus le pays est mal noté, plus le CDS est élevé. Problème : en cas de la faillite d'un Etat, tout le monde sait que les banques et les assurances qui émettent ces produits seraient incapables de prendre le relais. Le 19 octobre, le CDS à cinq ans sur la France s'établissait à 194 points de base. Traduction : il en coûte 194 000 euros pour s'assurer contre une exposition à 10 millions d'euros d'obligations souveraines

Cet article est le 44ème paru sur ce blog dans la catégorie La droite en France.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 23:53

Euro trop fort, rigueur généralisée, pertes de souveraineté

 

La nuit dernière, réunis à Bruxelles, les dirigeants de la zone euro ont sauvé les meubles, tout en continuant la même route, qui n’est pas la bonne. Tel était le sens de la question d’actualité posée par Jean-Pierre Chevènement au Sénat ce 27 octobre concernant le sommet européen.

Chevènement Le Mans 280111 002 TIl est temps de changer de route

L’arbre grec ne doit pas cacher la forêt, c’est-à-dire la crise de la monnaie unique dans son ensemble. Cinq pays sont actuellement sous tension : outre la Grèce, le Portugal, l’Irlande, et plus gravement l’Espagne et l’Italie. La dette cumulée de ces pays dépasse 3000 milliards d’euros. Ces pays doivent emprunter à des taux voisins ou supérieurs à 6 %. Ce n’est pas tenable. Les ressources du Fonds européen de stabilité financière – 440 milliards d’euros – sont insuffisantes, comme il ressort des chiffres.
Le gouvernement français avait fait une proposition intéressante : transformer le Fonds européen de stabilité financière en banque pour l’adosser aux ressources illimitées de la Banque Centrale européenne. Cette proposition a été écartée par l’Allemagne. Elle n’est plus sur la table mais le problème de l’insuffisance des ressources du Fonds européen de stabilité financière reste.

L’accord de Bruxelles ce matin parle de « l’optimisation du Fonds européen de stabilité financière. Il a retenu deux options de base pour obtenir un « effet de levier » capable d’augmenter les ressources du Fonds européen de solidarité financière
- Un mécanisme de garantie partielle de 20 à 30 % sur les émissions de dette des pays sous tension.
- Et par ailleurs la création d’un ou de plusieurs « véhicules spéciaux », c’est-à-dire de fonds d’investissements ouverts aux investisseurs internationaux, privés et publics.

Le Président Von Rompuy a agité le chiffre de 1000 milliards pour indiquer l’effet de « maximisation » qui serait ainsi obtenu. Ces perspectives sont très aléatoires :
- Les pays sous tension craignent de voir s’instaurer un double régime pour leurs dettes : celles qui seront garanties à 20 et 30 % et les autres avec des taux d’intérêts différents.
- Quant à la création des « véhicules spéciaux », elle nous met à la merci des investisseurs internationaux : Chine et FMI, c’est-à-dire du Congrès américain.

Nous n’avons aucune assurance sur la mise en œuvre opérationnelle de ces deux mécanismes. Ce sont des rustines ou des promesses de rustines. Dans l’état actuel des choses, les ressources du Fonds européen de solidarité financière restent insuffisantes. L’accord obtenu est un trompe l’œil.
Vous nous faites aller de « sommet décisif » en « sommet historique ». Il en sera ainsi tant qu’une solution viable où la Banque centrale européenne acquérrait les mêmes prérogatives que la FED américaine n’aura pas été adoptée.

Dans l’immédiat que voyons-nous ? Trois choses :
1. un euro qui caracole à 1,40 dollar. Ce n’est pas un signe de bonne santé pour notre économie et sa compétitivité. Les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne sont d’accord sur un point : un euro cher, trop cher pour que les pays de l’Europe méditerranéenne puissent espérer restaurer leur compétitivité. Ils deviendront un vaste Mezzogiorno. Quant à la réindustrialisation de la France, Bonjour les dégâts !
2. Et par ailleurs des politiques de rigueur généralisées qui conduiront l’Europe à la récession et l’enfermeront encore plus dans la spirale des déficits et de la dette. Aucune initiative de croissance n’est prise à l’échelle de l’Europe et de la zone euro.
3. Enfin, l’encadrement des budgets nationaux se resserre. Après la souveraineté monétaire, c’est la souveraineté budgétaire et fiscale qui va disparaître.

Monsieur Juppé parle de fédéralisme. Mais c’est le fédéralisme du pauvre qui se met en place, un fédéralisme purement coercitif qui vise à faire de l’Europe un espace essentiellement disciplinaire.
Il est temps de changer de route. Monsieur le Premier ministre, de réconcilier l’Europe avec le progrès et la démocratie. Cela passe par une révision d’ensemble de l’architecture de la zone euro et particulièrement du rôle de la Banque Centrale. Vous étiez bien partis. Il est dommage que vous ayez abandonné en route vos positions sur la Banque Centrale.
D’autres, je l’espère, sinon vous, les reprendront.

 

Revue de presse

Sommet européen: les principales décisions (Libération, 27 octobre). Le sommet a débouché sur un ensemble de mesures pour résoudre la crise, dont l'effacement de 50% de la dette grecque envers ses créanciers privés et le renforcement du Fonds de stabilité de la zone euro.

Sapir : l'accord signé ne fait que prolonger l'agonie de l'euro (Jacques Sapir, Marianne, 27 octobre)

L’accord réalisé cette nuit ne fera que prolonger l'agonie de l'Euro car il ne règle aucun des problèmes structurels qui ont conduit à la crise de la dette. Mais, en plus, il compromet très sérieusement l'indépendance économique de l'Europe et son futur à moyen terme. C'est en fait le pire accord envisageable, et un échec eût été en fin de compte préférable.

Nos gouvernements ont sacrifié la croissance et l'indépendance de l'Europe sur l'autel d'un fétiche désigné Euro.

 

Jeudi 27 octobre, le jour où l'Europe est devenue un clochard (Cécile Chevré, La Quotidienne d’Agora)

 

Cet article est le 83ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 23:10

Il fallait choisir entre euro et libre-échange mondial

 

Jean-Luc Gréau, membre du conseil scientifique de la Fondation Res Publica, a publié une tribune dans le quotidien Le Monde, daté du 26 octobre 2011.

 

Inventer d'urgence un nouveau système de crédit

 

Au moment de tenter à nouveau de surmonter la crise des dettes souveraines européennes et la monnaie unique, beaucoup sont tentés de voir dans le désastre en cours l'effet principal d'un échec politique. L'Europe aurait été incapable de trouver l'organisation adéquate pour harmoniser les économies et les politiques menées en son sein. Ce serait oublier tout ce qui s'est dit et tout ce qui s'est fait depuis le 11 décembre 1991, date de conclusion de l'accord de Maastricht.

La monnaie unique nous a été présentée comme un facteur déterminant de la prospérité future de l'Europe, l'instrument qui nous manquait pour consolider nos économies et affronter la compétition internationale qui ne cessait de s'élargir.

Grâce à la force intrinsèque de la nouvelle monnaie, grâce aux conditions d'emprunt favorables qui en découleraient tant pour les emprunteurs publics que privés, et grâce à sa qualité de future monnaie de réserve concurrente du dollar, les économies concernées trouveraient le chemin d'une croissance substantielle et stable. "La monnaie unique sera le garant du plein-emploi", croyait pouvoir dire Michel Sapin, ministre de l'économie, durant la campagne référendaire de 1992.

Parallèlement, les économistes apôtres de l'expérience soutenaient qu'elle constituait un double rempart, d'abord contre les dévaluations abusives, étrangement qualifiées de "compétitives" dans leur jargon inimitable, contre la gestion laxiste des budgets, ensuite. Opter pour la monnaie unique revenait à dire adieu à une certaine manière de gérer les économies et les Etats, basée sur la facilité, à emprunter le chemin de l'innovation et de la compétitivité créatrice des vraies richesses. Enfin on pouvait escompter que les autorités européennes joueraient le rôle de gardiens vigilants de la nouvelle monnaie.

Notre thèse, à l'inverse, est que la monnaie unique a surgi de cerveaux marqués du double sceau de l'inculture économique et historique.

Premier point : en 1991 et 1992, nous avions un choix crucial à opérer entre l'unification monétaire et le libre-échange mondial. Sachant que les pays qui ont réussi leur unification monétaire, tels que les Etats-Unis, tout au long du XIXe siècle, et l'Allemagne du zollverein (union douanière), avaient opté pour un régime de protection commerciale, destiné tant à consolider leurs industries naissantes qu'à donner la priorité aux échanges intérieurs et à la cohésion du système économique national, il nous fallait décider entre les deux paris de l'unification monétaire ou de la mondialisation commerciale.

Ne l'ayant pas fait, nous avons laissé se développer les forces centrifuges liées au libre-échange au détriment de l'unité de la zone. L'Allemagne illustre cette contradiction. Pour retrouver une compétitivité tous azimuts, elle a délibérément ramené la rémunération de ses salariés au-dessous de leur productivité, mais au détriment de ses partenaires qu'elle écrase, tout en réduisant sa demande intérieure à leur détriment.

Deuxième point : la cohésion économique de l'Europe dépend moins des critères de gestion tels qu'ils sont définis dans les traités, à la mode d'un Gosplan soviétique, que de la capacité effective des différents membres de créer des tissus d'entreprises denses et diversifiés apportant la richesse, les emplois et les recettes fiscales.

Or, la monnaie unique ne pouvait par elle-même entraîner l'essor souhaitable. Le remède esquissé, consistant à doter d'infrastructures neuves les pays les plus "pauvres" en prélevant sur les pays les plus "riches" a subi un échec total. Les bénéficiaires des fonds de cohésion structurels de Jacques Delors sont entrés les premiers dans l'oeil du cyclone. Les transferts de ressources n'ont pas suffi, ils ont même incité certains pays, comme l'Espagne, à choisir un modèle de développement aberrant fondé sur l'essor sans limites du secteur du BTP.

Troisième point : la monnaie forte voulue par ses fondateurs a joué contre leurs objectifs. Ils s'imaginaient qu'elle tirerait les économies vers les hauteurs. Les entreprises choisiraient la haute technologie et les marchés de grand avenir, laissant derrière elles les vestiges de la deuxième révolution industrielle qui avait cependant fait la prospérité de l'Occident de l'après-guerre. Elles obéiraient ainsi au schéma, d'une simplicité confondante, qui assigne à l'Occident la supériorité technique et managériale pour laisser au reste du monde les productions vulgaires où la créativité et la qualification des personnes jouent un rôle secondaire.

L'expérience a démontré au contraire que les industries anciennes restaient indispensables, ce que les Allemands ont compris, et que nos concurrents de l'ancien tiers-monde étaient en mesure de nous égaler, voire de nous surpasser. L'euro surévalué est ainsi venu ajouter ses effets dommageables à ceux du libre-échange inconditionnel. C'est pourquoi les managers européens poursuivent le déménagement de leurs activités européennes vers les verts pâturages de l'Asie émergente.

Quatrième point : la zone euro n'a jamais été étanche. Nous vivons dans un monde étrange. Les créances nées d'un côté de l'Atlantique peuvent migrer en masse vers l'autre côté. C'est ainsi que le krach du marché hypothécaire américain a pu dévaster les comptes des banques européennes, puis nous avons plongé dans la grande récession. Celle-ci a provoqué à son tour une dégradation des comptes publics sans équivalent depuis la seconde guerre mondiale.

La plupart de nos dettes publiques, encore gérables à la veille du séisme de 2008, ne le sont plus, le seuil critique ayant été dépassé. Qui peut prétendre que les dettes grecque, irlandaise, portugaise, espagnole, italienne, voire française et belge, sont remboursables ? Et qu'adviendra-t-il à la surpuissante Allemagne si, demain, ses partenaires sont à terre ?

Cinquième point : comment se fait-il que les banques soient en faillite virtuelle du fait de leurs souscriptions de mauvaises dettes publiques, alors que leurs dirigeants n'ont cessé de dénoncer la gestion laxiste des Etats dont ils acceptaient les titres d'emprunt. La procédure qui a consisté à confier à de grandes banques sélectionnées, les "primary dealers", la prise ferme des nouveaux emprunts, débouche sur une aberration. Les Etats et les banques sont les otages les uns des autres. C'est ainsi que le profane doit comprendre le scénario de ces deux dernières années.

En 2009, il s'est agi de sauver les Etats, comme la Grèce et l'Irlande, pour sauver l'euro. En 2010, il s'agit de sauver les banques pour sauver, s'il en est temps encore, les économies en même temps que l'euro.

Il est sans doute trop tard. Impossible de remédier aux écarts de compétitivité au sein de la zone sans une reconfiguration ou un éclatement de l'euro, synonyme de crise des marchés du crédit à l'échelon occidental ou mondial. Impossible de réaliser la réduction des montants dus par les Etats pour les remettre à flot sans faire basculer les détenteurs des emprunts, banques ou compagnies d'assurances, vers la cessation de paiement.

Au moment où l'euro entre en agonie pour quelques semaines ou quelques mois, nous voudrions attirer l'attention sur ce qui devrait être l'impératif absolu de tout dirigeant politique et économique. Aucune économie ne peut vivre sans système de crédit en ordre de marche.

Dès lors que le nôtre est en péril grave, il convient d'envisager la recréation, en urgence, d'un nouveau système de crédit, doublement appuyé sur l'épargne intérieure et les nouvelles banques centrales à instituer, pour empêcher une dépression sans précédent historique. Cessons de gloser sur le fétiche euro et sur la gouvernance européenne, agissons pour la survie de nos économies et de nos populations.

Voir
le texte sur le site du Monde

 

 

A signaler, l’intervention de Jean-Pierre Chevènement sur France Musique le 25 octobre, en réponse aux questions de Christophe Bourseiller.

"Il faudrait que les hommes politiques qui négocient à Bruxelles réfléchissent aux raisons pour lesquelles ils en sont arrivés là"

 

Cet article est le 82ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 23:53

L’Allemagne a ses raisons, la France les siennes

 

Le très grave accident survenu à Fukushima, au Japon, a relancé avec vigueur l’option de la sortie du nucléaire, la fin de l’énergie nucléaire, exercice périlleux dans la mesure où, en France, la part de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité est aux environs de 75%.

Les écologistes avaient obtenu du PS un quasi ralliement à leurs thèses. C’est pourquoi ils souhaitaient très fort la désignation de Martine Aubry comme candidate du PS à l’élection présidentielle. François Hollande, qui sera ce candidat, est nettement plus réservé sur la question de la sortie du nucléaire. Il y aura donc des discussions plus tendues entre le PS et EELV, ce qu’on perçoit bien à la lecture de cet article paru dans Ouest-France ce 25 octobre sous la signature de Thierry Richard.

 

Hollande prêt au bras de fer avec les écologistes

La tension monte entre le PS et les Verts, qui s'apprêtent à discuter d'un éventuel accord de gouvernement. Deux dossiers chauffent les esprits : la sortie du nucléaire et l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Sortir du nucléaire ? François Hollande n'en prend pas le chemin. Le candidat du PS s'est donné pour objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 % à 50 % d'ici à 2025. Pas assez ambitieux pour les écologistes. « Il n'y aura pas d'accord de gouvernement si nous ne sommes pas d'accord sur le fait qu'il faut sortir du nucléaire », a prévenu Eva Joly, candidate d'Europe Écologie-Les Verts.

Cécile Duflot en a remis une couche, dimanche, jour de l'investiture de François Hollande. « La sortie du nucléaire est un horizon obligatoire », a-t-elle indiqué dans un entretien au Journal du dimanche. La secrétaire générale d'EELV a posé d'autres conditions à un accord avec le PS : le retour à la retraite à 60 ans, l'introduction de la proportionnelle dans les élections législatives... (…)

La décision de l’Allemagne de sortir du nucléaire est une référence pour les écologistes, ce que conteste Gérard Pierre (MRC).

Voir Allemagne : la fin du nucléaire passe par le charbon (Le Monde, Frédéric Lemaître, 24 octobre).

Energie : le choix contestable Allemand. Position de Gérard Pierre, secrétaire national à l'énergie au Mouvement Républicain et Citoyen, sur l’énergie nucléaire (site du MRC, 29 septembre).

En Mars 2011 l’Allemagne a décidé un moratoire sur le nucléaire et a fermé 7 centrales nucléaires. Elle s’engage à l’horizon 2022 vers la sortie du nucléaire. Les conséquences de cette décision ont été quasi immédiates. Pour compenser ce manque de production électrique, l’Allemagne a augmenté sa production à partir du charbon et de plus, importe de l’électricité. Depuis cette date, elle a émis 8 Millions de tonnes de CO2 supplémentaires, elle a importé une partie des 8 GW que produisaient ces centrales, ce qui a fait augmenter les prix de gros de l’électricité européenne de 12 % et les certificats d’émissions de CO2 de 10 %.

Cette décision prise de façon unilatérale fait courir un risque important de panne électrique généralisée pour l’ensemble des pays interconnectés. Depuis Mars, l’Allemagne importe une quantité d’énergie électrique journalière d’environ 65 GWh à ses voisins (France, Tchéquie, Suisse et Pologne). Mais ces pays, dont le nôtre, auront besoin de cette énergie particulièrement en hiver. Désormais le risque d’une panne électrique généralisée en Europe durant l’hiver est très important.

En France, surfant sur la vague anti-nucléaire, certains candidats potentiels à l’élection présidentielle proposent dans notre pays la diminution de la part du nucléaire, voire sa sortie. Les conséquences seront les mêmes qu’en Allemagne : augmentation du prix de l’électricité ajoutant des problèmes sociaux aux difficultés actuelles, augmentation des émissions de CO2 faisant courir aux générations futures le risque de sortir de l’optimum climatique actuel.

Nos concitoyens seront-ils assez naïfs pour écouter ces responsables politiques du cours terme qui s’appuient sur l’émotion à défaut de s’appuyer sur la raison ? La France est fille des Lumières, aussi il est permis d’en douter. La réponse sera donnée lors des prochaines élections présidentielles.

Par contre, Le Royaume-Uni embrasse le nucléaire (Le Monde, 11 octobre). Voir aussi Mohamed ElBaradei : "On ne peut se passer du nucléaire" (Le Monde, 28 septembre).

 

Dans son plus récent livre - Sortir la France de l'impasse - Jean-Pierre Chevènement traite de cette question (p 126). Le nucléaire, un des grands atouts de la France

 

L’accident de Fukushima a remis à la mode l’idée d’une « sortie du nucléaire ». Ce n’est pas parce que l’Allemagne a décidé, pour des raisons d’opinion publique, de sortir du nucléaire – industrie où, de surcroît, elle n’exerce aucun leadership technologique – que nous devons la suivre sur ce terrain.

L’argument de la sûreté est faible : la centrale de Fukushima avait été conçue pour résister à un tremblement de terre, pas à un tsunami. Elle a résisté au premier, pas au second. Une fois le risque identifié, on sait le traiter. Les risques d’un tsunami sont plus faibles en Europe occidentale qu’au Japon ; les autorités de sûreté y sont plus indépendantes, le contrôle public mieux assuré. Aucun accident grave n’y fut déploré depuis quarante ans que le nucléaire y a été massivement introduit. Surtout, la sécurité ne cesse de s’améliorer. Il y a quelque paradoxe à vouloir continuer l’exploitation des centrales actuelles pendant vingt ans tout en s’opposant à leur remplacement par des centrales de troisième ou de quatrième génération, beaucoup plus sûres.

 

Deuxième argument : le nucléaire s’opposerait au développement des énergies renouvelables. C’est méconnaître à la fois le coût beaucoup plus élevé de ces énergies et leur caractère intermittent. Il est probable que l’arrêt du nucléaire débouchera en Allemagne sur un recours accru aux énergies fossiles (gaz, charbon, lignite), fortement émettrices, à la différence du nucléaire, de gaz à effet de serre. Or, il nous faut organiser la transition énergétique pour lutter contre l’émission de gaz à effet de serre – ce que les écologistes réclament d’ailleurs – et préparer l’«après-pétrole».

 

Un accord se fera facilement sur la nécessité d’économiser l’énergie. Pour le reste, on ne peut, encore une fois, faire l’impasse sur le coût de électricité. Le kWh d’origine éolienne est près de deux fois plus cher que celui du nucléaire ou du gaz. Le solaire photovoltaïque près de dix fois plus cher en l’état actuel de la recherche. Cet écart ne se résorbera pas avant longtemps, à moins d’une percée technologique que les experts n’entrevoient pas pour le moment. Pourquoi les écologistes montrent-ils une telle confiance dans le progrès technique dès lors qu’il s’agit des énergies renouvelables, et une telle défiance s’agissant du nucléaire ?

Le choix du nucléaire est par ailleurs stratégique pour la France. Nous sommes, dans cette filière, au premier rang mondial. Le choix de l’Allemagne ne modifiera pas ceux de la Chine, de l’Inde et des grands pays émergents. Et c’est heureux, car ces derniers ne semblent pas prêts à accepter d’autres contraintes susceptibles de freiner leur décollage économique qu’un recours accru au nucléaire.

 

Dernier argument entendu : la France, pour ce qui la concerne, raterait le coche des énergies renouvelables. Cet argument n’est pas recevable : ce marché est mondial. Les entreprises chinoises, par exemple, fabriquent des panneaux photovoltaïques, et c’est plutôt en matière de recherche et d’innovation que la France peut prendre place.

Le pari de l’Allemagne sur les énergies renouvelables est un choix aléatoire, déstabilisateur pour ses grandes entreprises énergétiques, à terme coûteux pour son industrie, et potentiellement générateur d’émissions accrues de gaz à effet de serre.

 

Le choix de maintenir la filière nucléaire au cœur de notre approvisionnement énergétique est un choix capital. C’est une éclatante réussite industrielle qui témoigne de ce que peut accomplir un Etat stratège. Cette industrie contribue à l’emploi de milliers de travailleurs convenablement payés, ainsi qu’à nos exportations. Une gauche soucieuse à la fois de l’intérêt national et de son enracinement populaire – et j’ajoute : sensible à la question du réchauffement climatique – ne devrait pas rechigner à soutenir l’option nucléaire française.

Un président de la République comptable de l’intérêt général ne doit pas céder à la démagogie antinucléaire. L’industrie nucléaire est un des grands atouts de la France. Elle n’en compte pas tant, par ailleurs, qu’elle puisse à la légère brader celui-là. C’est à cela aussi qu’on jugera la capacité du prochain président de la République à porter « le destin de la France ».

Pour rendre confiance à la France, il doit la rendre consciente des atouts qui lui restent. Ils ne sont pas minces, mais ils ne doivent pas être gaspillés.

 

Rappel : Sortie du nucléaire : controverses Allemagne-France et gauche-gauche - 6 juin 2011

MRC et Res Publica : éléments d'une nouvelle politique énergétique - 26 juin 2011

 Cet article est le 66ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 23:42

Les dirigeants de la zone euro travaillent en aveugles

 

L’avenir de la zone euro n’est pas assuré parce qu’il y a une erreur de conception. C’est ce qu’affirmait Jean-Pierre Chevènement dans l’entretien ce 24 octobre accordé à François Vignal pour le site Internet de Public Sénat.

"Les dirigeants européens travaillent en aveugles"

 

Le sommet européen sur la crise de la dette dans la zone euro n’a pas abouti à une solution ce week-end. Un nouveau sommet est convoqué pour mercredi. Voyez-vous une porte de sortie à la crise ? Jean-Pierre Chevènement: Il y a une porte de sortie possible, c’est celle qui a été proposée par la France, à savoir l’adossement du Fond européen de stabilité financière (FESF) à la BCE. C’est le seul moyen de casser la spéculation. Malheureusement Mme Merkel et M. Trichet l’ont écartée. La politique d’austérité à perpétuité qu’on propose aux Etats en difficulté ne peut déboucher que sur la récession et l’aggravation de la situation, comme l’a d’ailleurs remarqué Joseph Stiglitz (prix Nobel d'économie 2001, ndlr).
Il me semble que les dirigeants européens travaillent en aveugles. Ils ne voient pas que la crise de l’euro procède de son vice constitutif : la monnaie unique a juxtaposé des économies trop différentes par leur structure et la culture des peuples concernés. Je ne vois pas d’autres solutions durables que la transformation de la BCE (Banque centrale européenne) pour en faire l’équivalent de la FED (Federal Reserve Act). A défaut, la seule perspective est l’effilochage de la zone euro.

Selon le journaliste Jean Quatremer, Nicolas Sarkozy et Angela Merckel ont critiqué Schröder, Jospin et Chirac pour avoir fait entrer la Grèce dans la zone euro. Croyez-vous possible une explosion de la zone avec une sortie de la Grèce ? C’est une critique superficielle. Le problème était posé d’emblée, en 1989, quand le Conseil européen de Madrid a adopté les statuts de la monnaie unique, qui par définition supprime toute possibilité d’ajustement entre les pays. J’entends bien Nicolas Sarkozy incriminer ses prédécesseurs : « Ils avaient peut-être une vision, mais ils ont omis de régler des questions qui n’étaient pas des détails », a-t-il dit. L’erreur était de signer le Traité de Maastricht. Mais Nicolas Sarkozy n’est pas le seul à l’avoir commise.

Le chef de l’Etat est-il à la hauteur ? Je pense qu’il a fait une proposition intéressante, celle d’adosser le FESF, transformé en banque, aux ressources de la BCE. Les moyens du FESF ne sont pas suffisants. Il a 440 milliards d’euros alors que le total des dettes des pays en difficultés est de 3.400 milliards…

Les Allemands bloquent sur l’augmentation du FESF... Les Allemands ont une culture de stabilité, ils ont l’obsession de l’inflation. L’Europe méditerranéenne n’a pas la même culture.

Et sur le risque d’explosion de la zone euro, est-elle possible ? Malheureusement, oui. Très peu de gens réalisent que c’est un risque bien réel. Il faut imaginer les solutions, j’en ai proposé deux dans mon nouveau livre, Sortir la France de l’impasse : le recours à la Banque centrale, ou à défaut, la transformation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune. Si la Grèce fait défaut et reprend sa liberté monétaire, on aura accompli un premier pas dans cette direction. On pourrait garder l’euro comme toit européen commun, c’est-à-dire un panier de monnaie pour les échanges internationaux. Puis cette monnaie commune pourrait accueillir la Grande-Bretagne ou les pays du sud de la Méditerranée. Puis, il faut penser l’après crise.

A court terme, pensez-vous que les dirigeants européens trouveront une solution à la crise de la dette de la zone euro ? Je crains qu’ils ne trouvent que des rustines. Source: Public Sénat

 

Rappel : Chevènement dénonce l'aveuglement des autorités européennes - 20 septembre 2011

Landfried (Fondation Res Publica) opte pour une Europe démocratique - 21 septembre 2011

Euro : des cadres du MRC proposent de passer de l'euro à l'euro franc - 3 octobre 2011 

Poursuite du programme de colloques de la Fondation Res Publica lundi 14 novembre 2011 à 18h à la Maison de la Chimie (28, rue Saint Dominique 75007 Paris). En voici le programme.

Colloque de la Fondation Res Publica: Quelles solutions pour le système monétaire international?

Avec la participation de :

  • Christian de Boissieu, Président du Conseil d’Analyse Economique
  • Jean-Michel Quatrepoint, Journaliste économique, membre du conseil scientifique de la Fondation Res Publica, auteur de Mourir pour le Yuan ? Comment éviter une guerre mondiale ? (Bourin Editeur : 2011)
  • Paul Jorion, Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles, auteur de L’argent, mode d’emploi (Fayard : 2009) et Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard : 2009)
  • Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des Economistes, auteur de Le Fabuleux destin d’une puissance intermédiaire (Grasset : 2011)
  • Sami Naïr, Administrateur et membre du Conseil scientifique de la Fondation
  • Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica

Pour assister au colloque, il est indispensable de s’inscrire au préalable (Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes) : par courriel : info@fondation-res-publica.org ; par lettre : Fondation Res Publica, 52, rue de Bourgogne - 75007 Paris ; par téléphone : 01.45.50.39.50

Pour consulter les travaux de la Fondation Res Publica, fondation reconnue d'utilité publique par décret du 30 décembre 2005, une seule adresse : www.fondation-res-publica.org.

 

Cet article est le 81ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

 

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