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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 15:26

 

Par pétition, ils demandent au gouvernement de pratiquer la concertation

La Fédération des acteurs de la solidarité (dont la Coorace*) lance une pétition pour demander au gouvernement de maintenir un volume élevé de contrats aidés et de mettre en place une concertation ambitieuse pour en améliorer la qualité (Alternatives économiques, 6 septembre 2017).
 


 

A la recherche d’économies à réaliser, le gouvernement s’est attaqué cet été à différentes mesures sociales, dont les contrats aidés qui aident pourtant des centaines de milliers de personnes à sortir du chômage. Si 459 000 contrats aidés ont été signés par des personnes éloignées de l’emploi en 2016, seuls 310 000 le seront en 2017 – le gouvernement ne souhaitant pas augmenter significativement les crédits insuffisants prévus par l’exécutif précédent – et 200 000 en 2018, selon les annonces récentes du Premier ministre.

Une mesure à contre temps

Cette position est d’autant plus paradoxale que le taux de chômage vient d’augmenter en juillet. Plus de 3,5 millions de nos concitoyens sont toujours totalement privés d’emploi, 2,5 millions d’entre eux depuis plus d’un an. Si des signaux de reprise économique sont apparus, ils ne se traduisent pas, dès aujourd’hui, par des créations d’emploi suffisantes. Dans ce contexte, réduire le volume de contrats aidés, c’est commencer un quinquennat en détruisant des emplois et condamner une centaine de milliers de nos concitoyens au chômage.

Le gouvernement justifie ce choix en pointant l’inefficacité et le coût des contrats aidés, et explique qu’il sera plus efficace d’investir dans la formation des demandeurs d’emploi. Associations d’insertion recrutant et accompagnant des personnes très éloignées du marché du travail, employeurs associatifs, économistes et syndicalistes, nous contestons cette analyse et dénonçons ce choix aux conséquences immédiates désastreuses pour notre tissu social et les plus fragiles d’entre nous.

Un marchepied efficace pour les personnes…

Pour beaucoup de chômeurs, en particulier les jeunes peu ou pas qualifiés, les personnes en situation de handicap et les chômeurs de longue durée, être recruté par une entreprise est aujourd’hui mission impossible. Ils suscitent en effet la défiance des employeurs et ont perdu confiance en eux et en leurs compétences. Beaucoup vivent la pauvreté depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, avec ses conséquences dramatiques : diminution des ressources, sous-alimentation et problèmes de santé inhérents, habitat précaire et indigne, perte de l’estime de soi. Autant de souffrances et d’obstacles au retour à l’emploi durable.

Les contrats aidés, en permettant l’accès quasi-immédiat à un emploi, brisent ce cercle vicieux du chômage et de l’exclusion. La personne travaille, acquiert un salaire et des droits sociaux, développe une expérience professionnelle et des compétences, et, retrouve, enfin, ce sentiment d’utilité et ces liens sociaux dont nous avons tous besoin.

Si le gouvernement juge que le taux de retour à l’emploi de droit commun après la fin d’un contrat aidé est trop faible – ce que la situation globale de l’emploi peut par ailleurs largement expliquer – nous constatons que la reprise d’une activité rémunérée est toujours positive pour les personnes qui craignent de retomber dans le chômage et les minima sociaux. Plutôt que de réduire le nombre de contrats de travail de ce type, il convient donc de les préserver, et même d’en accroître le nombre, puisque plus de 3,5 millions de personnes sont aujourd’hui totalement privées d’emploi, et d’en améliorer la qualité.

Les associations, notamment celles spécialisées dans l’insertion par l’activité économique, le travail adapté et protégé et l’accompagnement socioprofessionnel, ont développé une expertise d’accompagnement, de tutorat renforcé sur le lieu de travail et de mise en relation avec les entreprises, dont le gouvernement pourrait s’inspirer.

Le gouvernement pourrait également renforcer l’accès à la formation des personnes en contrat aidé en suivant les recommandations de différentes études du ministère du Travail. Elles montrent en effet que la formation des chômeurs est beaucoup plus efficace lorsqu’elle s’appuie sur un accompagnement personnalisé et une articulation avec une situation de travail, afin de mettre en œuvre immédiatement les acquis de la formation. C’est ce que font les postes d’insertion par l’activité économique et ceux du travail adapté et protégé, mais aussi une bonne partie des autres contrats aidés. Associer, plutôt qu’opposer, contrats aidés et formation, créerait ainsi des parcours cohérents et complets, donnant réellement aux personnes les chances de retrouver un emploi durable.

et bénéfique pour la société

Enfin, nous tenons à rappeler que les contrats aidés sont aussi une formidable richesse pour notre société. Ces emplois participent en effet au développement social et économique de territoires marqués par le chômage de masse, le déclin industriel et la pénurie d’emplois disponibles. Grâce à eux, nombre d’associations, mais aussi de collectivités locales, peuvent mener à bien leurs missions d’intérêt général, telles que la solidarité de proximité, les activités périscolaires et l’éducation populaire, l’aide aux personnes âgées et aux personnes handicapées, l’accès au sport, aux loisirs et à la culture ou encore des pans entiers de la transition écologique. La ministre du Travail estime que la politique de l’emploi n’a pas à financer ces missions souvent très appréciées de la population. Mais qui d’autre, si l’Etat fait défaut, assurera le maintien d’activités assurant à la fois l’accès à l’emploi au bénéfice de personnes éloignées du marché du travail et le soutien d’actions à très forte utilité sociale ?

Les contrats aidés sont, associés avec la formation, le levier le plus efficace pour y parvenir, l’expérience le prouve. Mais, oui, il convient d’améliorer encore les politiques proposées aux personnes privées d’emploi, de sorte que celles-ci ne versent pas dans l’exclusion. Cela suppose une concertation avec les associations qui les mettent en œuvre depuis des années, les personnes qui en bénéficient ou en ont bénéficié, et plus largement, l’ensemble des acteurs de l’emploi et du mouvement associatif. Nous demandons donc au gouvernement de revenir sur ces orientations, de maintenir un volume élevé de contrats aidés et de mettre en place une concertation ambitieuse, nous associant, pour en améliorer la qualité, notamment via l’accès à la formation professionnelle. Et après les baisses successives de crédits sur les aides au logement, le logement social, les parcours de sortie de la prostitution ou la politique de la ville, nous souhaitons lui rappeler que plus de 8,8 millions d’entre nous vivent sous le seuil de pauvreté, dans un état d’urgence social où les associations et les collectivités locales se retrouvent souvent seules en premières ligne pour sortir les personnes de l’exclusion et garantir la cohésion sociale.

La pétition peut être signée en cliquant ici.

 

* La réduction du nombre de contrats aidés va fragiliser fortement de nombreuses structures, associations en tête, estime Jean Burneleau, de la Coorace (qui fédère les associations et entreprises de l’économie sociale et solidaire). Voir Baisse des contrats aidés : « des associations risquent de ne pas y survivre »

Cet article est le 3012ème sur le blog MRC 53 - le 140ème catégorie Travail Economie

Manifestation de l'ensemble des syndicats à Laval le 29 janvier 2009

Manifestation de l'ensemble des syndicats à Laval le 29 janvier 2009

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 22:20

 

Ce n’est pas une réforme, c’est une démolition du code du travail

Le président de la république bourgeoise - qui occupe par surprise et par défaut la fonction de président de la République française depuis le mois de mai 2017 - mise sur la division des forces représentatives des travailleurs pour imposer par la loi les ordonnances réformant le code du travail. Voir (Le Monde, 1er septembre 2017) : Réforme du code du travail : ce que contiennent les ordonnances

Les journalistes membres du SNJ-CGT ont fait un résumé de ces ordonnances

 

Les ordonnances Macron dans les grandes lignes

 

Une entreprise peut, par accord d’entreprise, baisser les salaires, modifier le temps de travail, les congés, les majorations d’heures supplémentaires…

 

En cas de licenciement illégal, l'indemnité prud'homale serait plafonnée. Les patrons n’auront plus qu’à planifier et provisionner les licenciements.

 

Le plancher de 24 heures hebdomadaire pour un contrat à temps partiel n'est plus la règle dans la loi. Les temps d'astreinte peuvent être décomptés des temps de repos.

 

Les conventions collectives ou accords de branches ne prévalent plus sur les accords d’entreprises. Les employeurs pourront aller en dessous des grands acquis des salariés, voir même de les supprimer.

 

Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées. Le dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu à l’ensemble des salariés, y compris les ouvriers.

 

Création d’une instance unique DP, CE, CHSCT. Cette instance enlève la plupart des prérogatives existantes qui permettent aux salariés d’être informés et de se défendre à l’entreprise. Le nombre de délégués seraient au moins divisés par deux. A terme, les syndicats n’auront plus de mot à dire et les salariés encore moins de moyens pour se défendre.

 

Jusqu’à maintenant un patron ne pouvait pas licencier plus de 10 salariés sur une période de 30 jours, sans avoir l’obligation de déclencher un Plan de licenciement économique. Désormais, ce seuil serait porté à 30 salariés. C’est donner la possibilité permanente aux patrons de virer des salariés pour réorganiser et faire des gains de productivité.

 

Une multinationale pourra fermer une entreprise en difficulté sur le territoire Français sans que les profits colossaux qui sont réalisés dans le monde soient pris en compte. Sachant qu’il est déjà facile pour une entreprise de plomber ses comptes au travers des jeux d’écritures.

 

Une mesure peut-être imposée par référendum contre l'avis de 70% des syndicats. Dans la majorité des cas, ces référendums se font sur fond de pressions et de chantage à l’emploi sur les salariés.

 

Une entreprise peut licencier sans avoir de difficultés économiques. Les employeurs n’auraient plus d’obligations envers les licenciés d’offres de reclassement individuelles, ils pourraient juste donner un accès internet en interne sur des offres « d’emplois accessibles ».

 

Après un accord d'entreprise, un salarié qui refuse un changement dans son contrat de

travail peut être licencié pour faute. Modifications des conditions salariales, du temps de travail, des conditions de travail …

 

Une entreprise ou un groupe de moins de 1000 salariés pourrait mettre en œuvre un plan de licenciement avant une cession de fonds de commerce ou d’activité. Fini le transfert et l’obligation de reprise automatique des salariés.

 

La durée du congé en cas de décès d'un proche (enfant, conjoint-e,...) n'est plus garantie par la loi.

 

La visite médicale d'embauche transformée en une ... visite d'information.

 

Par simple accord d’entreprise, on peut passer de 10h à 12h de travail par jour et de 44h à 46h de travail maximum par semaine.

 

Augmentation du nombre de semaines consécutives où l'on peut travailler 44h (ou 46h).


 

Les journalistes CGT et les ordonnances : c’est mille fois non !

Inversion de la hiérarchie des normes, primauté de l’accord d’entreprise, périmètre du plan social, rupture conventionnelle collective, plafonnement des indemnités, fusion des institutions représentatives du personnel : autant d’expressions qui démolissent le code du travail.

Les ordonnances Macron vont permettre aux patrons de presse de vider le contenu des articles du code du travail concernant la profession et de déroger à la convention collective sans avoir à la dénoncer.

 

Sur le site de la CGT : Actions et mobilisations le 12 septembre

 

Rappel (2 août 2017) : Réforme du code du travail par ordonnances adoptée par le Parlement


 

Cet article est le 3011ème sur le blog MRC 53 - le 139ème catégorie Travail Economie

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 22:16

 

Un rappel utile avant la rentrée politique de septembre


 

Ce blog a 11 ans et plus de 3 000 articles publiés. Son existence continue après une suspension en 2014, le temps du lancement du blog de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne).

 

Le rythme de parution des articles est variable. Après les Titres des articles parus en janvier et février 2017 sur le blog MRC 53, voici les titres des 27 articles publiés depuis le début mars.

 

Liste des articles publiés de mars à août 2017 sur le blog du MRC 53

L'accroissement du déficit commercial de la France : l'euro en question (15 août)

Réforme du code du travail par ordonnances adoptée par le Parlement (02 août)

La Tribune de Chevènement dans Le Monde, loin de faire l'unanimité (26 juillet)

Dans une Tribune, Chevènement amende la réforme du Code du travail (25 juillet)

Rencontre MRC Ouest 8 juillet 2017 Saintes - synthèse des échanges (24 juillet)

Avenir de la gauche : le MRC bien placé pour proposer une orientation (23 juillet)

Michel Sorin au Conseil national MRC : refonte complète du Mouvement (21 juillet)

Conférence des territoires : le point de vue de Jean-Marc Nicolle (MRC) (20 juillet)

Les responsables Ouest du MRC étaient à Saintes (17) le 8 juillet 2017 (16 juillet)

Le MRC 17 organise une rencontre des MRC de l'ouest de la France (22 juin)

2017 en France : un changement politique comparable à celui de 1958 (15 juin)

L'agriculture française est en souffrance, mise à mal par le libéralisme (08 juin)

Tract du MRC 17 aux citoyens : militez avec nous pour d'autres choix (06 juin)

Législatives 2017, Bruno Chevalier : être de gauche et aimer la France (05 juin)

Législatives 2017 dans les Hauts-de-Seine (92) : pas de candidat MRC (22 mai)

Législatives : Bruno Chevalier (MRC), candidat dans la 6ème circ. (44) (22 mai)

Législatives 2017 : Serge Lèzement (MRC), candidat dans le Calvados (21 mai)

Jacques Mézard, sénateur PRG du Cantal, est ministre de l'agriculture (19 mai)

Législatives : Bruno Chevalier (MRC) est candidat en Loire-Atlantique (18 mai)

Qui sont les ministres du premier gouvernement E Macron - E Philippe (18 mai)

1er gouvernement Macron-Philippe, libéral, élitaire, franco-européen (17 mai)

Présidentielle, 2ème tour : le MRC vote Macron mais ne le soutient pas (25 avril)

La gauche aborde, dispersée, le premier tour de la présidentielle 2017 (21 avril)

Le MRC appelle à voter B Hamon sur la base d'un accord avec le PS (15 avril)

Présidentielle : B Faudot se retire et prépare un accord avec B Hamon (15 mars)

Intervention de Michel Sorin au Conseil national MRC - 12 mars 2017 (14 mars)

Présidentielle : les 7 points essentiels des propositions FAUDOT 2017 (04 mars)


 

Cet article est le 3010ème sur le blog MRC 53 - le 73ème, catégorie Titres des articles du mois précédent

Michel Sorin, lors de la campagne des élections régionales en décembre 2015 en Mayenne.

Michel Sorin, lors de la campagne des élections régionales en décembre 2015 en Mayenne.

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 22:30

 

Deux réponses différentes pour la France, avec ou sans sortie de l’euro

 

Les chiffres du commerce extérieur de la France au premier semestre 2017 marquent une forte dégradation du solde (exportations-importations). La France creuse son déficit pendant que l’Allemagne augmente son excédent, dans des proportions qui donnent le vertige. Ce déséquilibre structurel est, pour une part importante, lié à l’existence de l’euro, monnaie unique pour les deux pays, alors que leurs performances économiques sont divergentes.

Le constat et l’explication sont dans cet article du quotidien Ouest-France (10 août 2017, Jacques Sayagh) : Le Made in France reste cloué au sol

Airbus un peu moins performant, le pétrole un peu plus cher : le commerce extérieur plonge au premier semestre. L'Allemagne, elle, continue de briller sur les marchés étrangers.

Le constat

Le Made in France ne parvient pas à remonter la pente à l'étranger. Le déficit du commerce extérieur s'est creusé de 8 milliards d'euros entre le premier semestre 2017 et les six derniers mois de 2016.

Les entreprises françaises ont acheté beaucoup plus de produits auprès des autres pays (ou plus cher) qu'elles n'en ont vendus. Et c'est comme ça depuis 2004... « Ce déficit n'est pourtant pas une fatalité, notamment pour la France, qui a une base exportatrice forte, du fait de ses champions nationaux dans l'aéronautique, la navale, le luxe ou l'alimentation », rappelle Sylvain Broyer, responsable de la recherche économique à la banque Natixis.

Mais sa force est aussi sa faiblesse. Et le moindre accroc chez ses stars, comme une performance un peu moins flamboyante d'Airbus au premier semestre, écrase négativement la balance. Sans compter le prix du pétrole qui remonte.
 

L'explication

D'abord, un problème de taille de nos petites et moyennes entreprises. « Elles sont souvent trop petites pour exporter », indique Sylvain Broyer. L'économiste s'interroge aussi sur le positionnement de l'industrie française : « La France a des coûts de production élevés par rapport au niveau intermédiaire de la gamme de ses produits. »

De quoi la désavantager par rapport à ses voisins. « L'Espagne est, elle aussi, sur une gamme moyenne, mais à des coûts plus faibles. Quant aux produits allemands, ils sont chers mais de grande qualité », souligne Sylvain Broyer.Si bien que la part des exportations dans la richesse française ne dépasse pas 20 %. C'est moitié moins que l'Allemagne.

Et pourtant…
La France va mieux. Selon la Banque de France, la croissance devrait atteindre 1,6 % cette année (contre 1,1 % en 2016). Mais chez nous, la reprise est portée par la demande intérieure. L'immobilier des particuliers, notamment.

Les entreprises, elles aussi, recommencent à investir et achètent leurs machines... à l'étranger. « En France, la croissance contribue à creuser le déficit commercial. Ce n'est pas le cas en Allemagne. » Bilan : quand la France creuse son déficit, l'Allemagne a dégagé un excédent de 257 milliards l'an dernier. Des déséquilibres incompatibles avec une monnaie unique.

D'où l'urgence de l'harmonisation qu'Emmanuel Macron appelle de ses voeux.

Une autre explication est fournie par l’économiste JACQUES SAPIR, sur son blog (11 août 2017) : Le déficit commercial et l’Euro

Les derniers chiffres du commerce extérieur confirment ce que nous savions depuis des années. L’Euro est, pour la France, un piège mortel. L’accroissement récent du déficit commercial avec les autres pays montre bien la nature même de ce piège. Le problème, ici n’est pas conjoncturel. Cela fait plus de 15 ans que le commerce extérieur de la France est régulièrement en déficit. Au-delà d’accidents qui peuvent être liés à la conjoncture, et qui peuvent accroître ou diminuer ce déficit, la question de l’Euro doit donc être posée.

La publication de l’édition 2017 du External Sector Report du FMI a souligné ce problème. Dans ce rapport, les économistes et les statisticiens du FMI calculent, par rapport à la balance courante mais aussi à la balance des capitaux, les écarts du taux de change réel (soit corrigé de l’inflation) entre les pays. On voit que cet écart est aujourd’hui dramatique entre l’Allemagne, dont la monnaie est largement sous-évaluée, et la France l’Italie et l’Espagne. Si l’Euro n’existait pas, les taux de change se seraient modifiés, à la hausse pour l’Allemagne, et à la baisse pour la France bien évidemment. Ces résultats ne sont que la confirmation de ceux du même rapport de l’année précédente. Déjà, le External Sector Report 2016 montrait bien l’ampleur du problème.

L’Euro provoquait un écart de change de 19% à 23% avec l’Allemagne. Ceci s’est aggravé en un an. Si l’on regarde les résultats de l’édition de 2017 de External Sector Report on constate d’ailleurs cette aggravation. L’écart entre la France et l’Allemagne, du à la rigidité de l’Euro, atteint désormais de 24% à 28%.

Il est clair que l’Euro a abouti à un déséquilibre massif au niveau des taux de changes virtuels. Comme l’Euro a supprimé la possibilité de rééquilibrer les niveaux par des dépréciations et des appréciations de taux de change, il ne laisse que deux solutions : la dévaluation interne (ce que le gouvernement tente de faire) ou les transferts budgétaires dont on sait qu’ils sont impossibles politiquement.

On constate aussi que les politiques visant à améliorer la compétitivité de nos entreprises en transférant une partie des charges sociales sur les impôts, ce que fait le CICE, ne fonctionne pas. Ces politiques se traduisent en réalité par des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, cadeaux qui sont immédiatement utilisés pour accroître les dividendes des actionnaires. 

On le constate donc à nouveau. La seule solution pour sauvegarder une industrie française et pour réduire le déficit commercial est une sortie de l’Euro. Le plus tôt sera le mieux.

 

L’option Ouest-France, c’est de faire confiance au président de la République, Emmanuel Macron, pour rechercher un accord avec l’Allemagne et les autres partenaires de la zone euro afin de réduire les déséquilibres économiques au sein de la zone euro.

L’option Sapir, c’est la sortie de l’euro car les autres solutions sont impossibles à réaliser.

 

Cet article est le 3009ème sur le blog MRC 53 - le 148ème dans la catégorie France et Europe

 

Le 8 novembre 2016, visite de l'entreprise industrielle GYS à Saint-Berthevin (Mayenne) par Bastien Faudot, candidat à l'élection présidentielle 2017

Le 8 novembre 2016, visite de l'entreprise industrielle GYS à Saint-Berthevin (Mayenne) par Bastien Faudot, candidat à l'élection présidentielle 2017

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 22:31

 

Les groupes de gauche (socialistes, communistes, insoumis) ont voté contre

 

Le 1er août 2017, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi d’habilitation à prendre par ordonnances les mesures réformant le code du travail (selon les termes officiels « les mesures pour le renforcement du dialogue social »). Voir Habilitation pour réformer par ordonnances le droit du travail

421 députés ont voté pour, 74 députés ont voté contre et 23 députés se sont abstenus. Voir l'analyse du scrutin.

 

Les groupes de gauche ont fait le plein de leurs voix contre le projet de loi :

- Groupe Nouvelle Gauche (31 membres) : Joël Aviragnet, Ericka Bareigts, Delphine Batho, Marie-Noëlle Battistel, Gisèle Biémouret, Christophe Bouillon, Jean-Louis Bricout, Luc Carvounas, Alain David, Laurence Dumont, Olivier Dussopt, Olivier Faure, Guillaume Garot, David Habib, Christian Hutin (MRC), Régis Juanico, Marietta Karamanli, Jérôme Lambert, Stéphane Le Foll, Serge Letchimy, Josette Manin, George Pau-Langevin, Christine Pires Beaune, Dominique Potier, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Valérie Rabault, Hervé Saulignac, Cécile Untermaier, Hélène Vainqueur-Christophe, Boris Vallaud.

- Groupe La France insoumise (17 membres) : Clémentine Autain, Ugo Bernalicis, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Caroline Fiat, Bastien Lachaud, Michel Larive, Jean-Luc Mélenchon, Danièle Obono, Mathilde Panot, Loïc Prud'homme, Adrien Quatennens, Jean-Hugues Ratenon, Muriel Ressiguier, Sabine Rubin, François Ruffin, Bénédicte Taurine.

- Groupe de la Gauche démocrate et républicaine (16 membres) : Bruno Nestor Azerot, Huguette Bello, Moetai Brotherson, Alain Bruneel, Marie-George Buffet, André Chassaigne, Pierre Dharréville, Jean-Paul Dufrègne, Elsa Faucillon, Sébastien Jumel, Jean-Paul Lecoq, Jean-Philippe Nilor, Stéphane Peu, Fabien Roussel, Gabriel Serville, Hubert Wulfranc.

 

Pour information, cet article du Monde Diplomatique (juillet 2017) :

- Imaginer un salariat sans subordination Danièle Linhart

- Imaginer un salariat sans subordination | Le Club de Mediapart

Danièle Linhart est une sociologue française, née en 1947, travaillant sur l'évolution du travail et de l'emploi. Elle est directrice de recherche émérite au CNRS et professeure à l'université de Paris X (Wikipédia). Voir aussi (22 mai 2015) : L'entreprise de dépossession - La Vie des idées

Cet article est le 3008ème sur le blog MRC 53 - le 138ème catégorie Travail Economie

Réforme du code du travail par ordonnances adoptée par le Parlement
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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 22:19

 

Vouloir amender le projet Macron est se placer dans une position d’acceptation

 

La Tribune de Jean-Pierre Chevènement et de Patrick Quinqueton, publiée par Le Monde (voir cet article paru le 25 juillet Dans une Tribune, Chevènement amende la réforme du Code du travail) mettait sur un piédestal le modèle allemand de participation des salariés aux processus de décision dans les entreprises, ce qui est appelé communément la Codétermination (définition La Toupie). Voir aussi ce qu’écrit Hans Böckler-Stiftung : La codétermination* en Allemagne

Dans cette Tribune, les signataires donnent l’impression de cautionner la réforme du Code du travail et de vouloir compléter celle-ci par la codétermination afin de lui donner de meilleures chances de réussite. C’est opter franchement pour le soutien à la démarche du président de la République, pendant que la gauche à l’Assemblée nationale et une majorité de français s’opposent à cette réforme libérale.

Voici deux réactions qui m’ont été communiquées par des militants du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Gérard Beillard et Alain Gély.

- Gérard Beillard (MRC 53)

S’inspirer de l’ordo-libéralisme et de la codétermination qui se pratiquent en Allemagne, c’est une façon de ne pas vouloir prolonger l’histoire sociale de la France. C’est effacer les combats contre le capital et les contreparties obtenues pour les plus faibles. C’est accepter la logique de produire pour un maximum de résultat financier en engageant le minimum d’effort en matière de dépenses, d’énergie et de facteur humain.

Amender le projet Macron, c’est accepter l’idéologie néolibérale qui le sous-tend et la volonté du président de la République d’imposer une marche forcée vers une Europe libérale sur le modèle allemand. C’est prendre la responsabilité d’en finir avec le modèle républicain et social solidaire. C’est considérer que nos concitoyens ne sont pas capables de décider ce qu’ils veulent pour leur pays.

Cessons d’être des idiots utiles de l’idéologie néolibérale qui vise à détruire l’équilibre social à la française.

- Alain Gély (MRC Ile-de-France)

C'est positif dans la mesure où cela témoigne d'un regain d'intérêt pour l'entreprise (en reprenant ici une idée, bonne celle-ci, du rapport Gallois) et reprend des critiques de l'entreprise dans le capitalisme financier mondialisé.

Je crois qu'on peut retenir cette contribution mais assortie de quelques remarques :

- il y a des erreurs historiques surprenantes de leur part ; en particulier : la planification, apparue puis développée dans le cadre de l'économie de guerre après 1914,  n'a pas grand chose à voir avec la charte d'Amiens de 1906 qui préconise le syndicalisme révolutionnaire, ou  d'action directe (reconstruction par le prolétariat de ses propres institutions), et la "double besogne" (améliorer le sort immédiat des travailleurs tout en préparant la société future) ;

- la planification n'a pas non plus, comme on le croit souvent à tort, grand chose à voir avec le marxisme d'avant Staline : elle est en est même à certains égards, dans sa version soviétique centralisée et microéconomique, la négation ! En revanche une « planification à la française », ardente obligation mise en œuvre par de Gaulle, constitue une référence utile en ce qu'elle fixe des objectifs à l'Etat tout en organisant un vaste débat avec les interlocuteurs sociaux ;

- il y a des lacunes sérieuses : quid des PME et, surtout, des "fausses PME" que constituent les holdings financiers et autres donneurs d'ordre pilotant avec peu de salariés d'énormes réseaux de sous-traitants ? Il suffirait, pour contourner la codétermination, de transférer le pouvoir vers de telles structures (quand il n'y est pas déjà !) Mais ces lacunes ne sont évidemment pas une raison pour rejeter cette proposition ;

- sur le fond politique, on semble vouloir faire un « bon usage du macronisme » » en se plaçant dans une logique d'amendement de ses projets de redéfinition du code du travail, ce qui me semble politiquement naïf. L'article présente ainsi le projet Macron comme un assouplissement du code du travail alors qu'il s'agit plutôt d'un durcissement, voire d'une entreprise de destruction ; par ailleurs, on a l'air d'accepter l'ordolibéralisme sous prétexte qu'il marcherait (ou qu'il pourrait être « En marche » ?) alors que ce ne serait pas une raison suffisante pour l'importer !

La codétermination n'est évidemment pas à rejeter - sous le prétexte polémique de « collaboration de classes » ou en référence à une hypothétique pureté du syndicalisme - mais devrait s'inscrire dans un projet plus vaste de démocratie économique et de République sociale. Il s'agirait de refonder le projet socialiste des années 70-80 en tenant compte des évolutions survenues depuis, non pour l'ânonner mais pour s'y ressourcer. Cela nécessite en premier lieu de désigner et de combattre ce qui était à l'époque et demeure plus que jamais l'ennemi principal de l'égalité citoyenne et du progrès social : "dompter les requins de la finance" ou au moins préconiser des moyens concrets de limiter leur nocivité.

Cet article est le 3007ème sur le blog MRC 53 - le 137ème catégorie Travail Economie

Gérard Beillard (MRC 53), retraité de l'industrie textile Laval, militant CGT

Gérard Beillard (MRC 53), retraité de l'industrie textile Laval, militant CGT

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 22:50

 

Il propose de s’inspirer de l’Allemagne en introduisant la codétermination

 

La Fondation Res Publica a publié le 24 juillet 2017 une Tribune parue dans le quotidien Le Monde (édition des 23 et 24 juillet) sous la signature de Jean-Pierre Chevènement et de Patrick Quinqueton. Puisque le président de la République a pris comme référence l’ordo-libéralisme allemand, pourquoi ne pourrait-il s’inspirer aussi du modèle allemand en ce qui concerne la participation des salariés aux processus de décision économique ?

 

Voici le texte de cette Tribune :

Osons la codétermination pour réformer le code du travail !

Si la réforme du code du travail obéit à une logique compréhensible, la crainte légitime est que ce " droit du travail de terrain " ouvre la voie à une réduction des coûts salariaux sans contrepartie solide en matière d'investissement et d'emploi. Des " contrats de projet ", d'un à huit ans, se substitueraient progressivement au contrat à durée déterminée. 

Cette mutation prend acte du passage d'un capitalisme " fordiste " national à un capitalisme financier mondialisé beaucoup plus fluide, soumis à la pression des fonds " activistes " et aboutissant à la segmentation internationale de la production. Cette mutation ne sera supportable qu'en l'absence d'un nouveau choc économique qui ferait s'écraser le nouveau régime du droit du travail. Les employeurs ne sauront, aussi bien, pas forcément anticiper l'évolution de leurs marchés. Pour dynamiser et rendre cette réforme efficiente, les ordonnances doivent prévoir une nouvelle distribution du pouvoir au sein de l'entreprise. La prépondérance du pouvoir des actionnaires n'est pas tenable sur le long terme. Il faut penser une réforme du statut de l'entreprise faisant leur place aux salariés et aux acteurs de long terme. 

La réforme du droit du travail doit donner aux entreprises de notre pays et à leurs salariés le dynamisme et l'énergie pour réussir, alors même que les atouts scientifiques, technologiques et la capacité de travail et d'initiative ne manquent pas dans notre pays. Est-ce là la manifestation d'un gauchisme récurrent ? Il suffit de franchir le Rhin pour se convaincre du contraire. Pourquoi ne pas regarder avec plus d'attention, et dans la durée, les atouts que la République fédérale d'Allemagne tire de la mise en place de la " codétermination " (Mitbestimmung) ? C'est sous l'autorité et la responsabilité des chanceliers Konrad Adenauer puis Helmut Schmidt que s'est organisée cette participation des salariés aux processus de décision économique, par les lois du 21 mai 1951 puis du 1er juillet 1976. Dans les entreprises allemandes de plus de cinq cents salariés, les travailleurs sont représentés au conseil de surveillance à raison du tiers de ses membres et, dans celles de plus de deux mille salariés, à raison de la moitié. Bien sûr, la codétermination ne fonctionne pas parfaitement, et loin de là car, comme toute obligation, celle-ci, qui figure dans le droit des sociétés, connaît des -stratégies de contournement. Mais ce sont plusieurs milliers d'entreprises qui ont, en Allemagne, une organisation dans laquelle les représentants des salariés ont à connaître les stratégies de développement de ces mêmes entreprises, et un pouvoir susceptible d'influer sur les décisions.

Par ailleurs, la constitution sociale de l'entreprise qui résulte de la loi de 1952 (révisée en 1972 et en 1976) prévoit la mise en place d'un conseil d'entreprise ayant certaines compétences égales à celles du comité d'entreprise et des délégués du personnel en France, mais qui est présidé par un représentant des salariés. En outre, un syndicalisme puissant a le monopole de la négociation des salaires, dès lors que lui est reconnu, par sa puissance même, fondement de sa représentativité, la " capacité à négocier les salaires ". 

La codétermination allemande n'est pas du tout fondée sur un dialogue calme et serein, mais sur la confrontation d'idées et de réalités économiques sur lesquelles employeurs et salariés cherchent des compromis dynamiques. La loi " Hartz IV ", à l'initiative du chancelier Gerhard Schrö-der, avec ses emplois à un euro ou sa remise en question des allocations de chômage, n'est sans doute pas ce qui mérite le plus d'attention de ce côté-ci du Rhin. Les courbes démo-graphiques très différentes de la France et de l'Allemagne -conduisent naturellement les Français à s'inquiéter davantage de l'entrée des jeunes sur le marché du travail, et les Allemands du financement des retraites. Si l'Allemagne réussit, ce n'est pas principalement parce que son économie a été flexibilisée mais parce qu'elle a été organisée sur la base d'une anticipation partagée des perspectives de développement de l'entreprise. 
Portes entrouvertes 

Des avancées timides ont déjà été faites dans notre pays, qu'il ne faut pas laisser retomber. Bien sûr, la présence d'administrateurs salariés a été prévue par les lois de nationalisation qui ont correspondu à certains moments de l'histoire de notre pays. Mais
l'érosion de la sphère publique dans l'économie mondialisée ne permet plus de s'appuyer principalement sur ce modèle. Plus récemment, la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 a généralisé à toutes les grandes entreprises la représentation des salariés dans les conseils d'administration et de surveillance, et la loi n° 2015-994 du 17 août 2015 l'a étendue aux entreprises et groupes d'entreprise de plus petite taille. L'article L.225-27-1 du code de commerce fixe deux seuils pour la représentation des salariés au conseil d'administration, dans une proportion de deux à quatre, variant avec l'effectif : celui de mille salariés permanents dans la société et ses filiales situées sur le territoire français ; celui de cinq mille salariés permanents dans celles situées en France ou à l'étranger. Ce second seuil est celui qui joue le plus car les sociétés françaises sont largement internationalisées. Des portes ont été ouvertes, mais de manière timide. La formation des administrateurs syndicaux commence à se développer. Il est important de la soutenir. 

Le projet de loi d'habilitation du gouvernement prévoit, dans le 4° de l'article 2, que soient améliorées " les conditions de représentation et de participation des salariés dans les organes d'administration et de surveillance des sociétés dont l'effectif dépasse certains seuils ". Et si nous passions à la vitesse supérieure ? Et si nous utilisions avec audace cette ouverture pour préciser des conditions analogues à celles qui prévalent en Allemagne ? Nous fonderions alors un véritable système de codétermination à la française. La réforme du code du travail trouverait un sens " progressiste " si elle permettait un rééquilibrage des pouvoirs entre les actionnaires et les salariés au sein même de l'entreprise. Nous savons bien que la tradition française en matière de relations sociales, née de la charte d'Amiens et d'une conception de la négociation fondée sur l'irréductible opposition des classes, s'oppose à l'idée de la cogestion et de la codétermination. Mais il faut le reconnaître aujourd'hui : cette idéologie est dépassée. Personne n'envisage plus un retour à la planification car le système capitaliste a profondément muté. 

L'Allemagne a démontré la preuve de l'intérêt d'une gestion définie en commun par les représentants des entreprises et de leur personnel. Le renforcement du pouvoir des salariés dans l'entreprise serait un puissant correctif de l'assouplissement prévu de la législation du travail. Au moment où les " réformes " sont réclamées par le FMI, la Commission européenne et le patronat, sachons emprunter à l'Allemagne non pas seulement l'ordolibéralisme, mais aussi une conception des relations sociales qui a été, et reste, le fondement de sa réussite. Bref, allons dans le sens de ce qui marche.

Cet article est le 3006ème sur le blog MRC 53 - le 136ème catégorie Travail Economie

Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, le 1er décembre 2013, lors du colloque sur l'Europe

Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, le 1er décembre 2013, lors du colloque sur l'Europe

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 21:36

 

Les responsables et militants ont exprimé leurs analyses de la situation

 

Le 8 juillet à Saintes (Charente-Maritime), lors de cet après-midi d’échanges, à la fois sincères et chaleureux, un vrai débat politique a eu lieu entre des adhérents du Mouvement Républicain et Citoyen venant d’Aquitaine, du Limousin, de Poitou-Charentes (la Nouvelle Aquitaine) mais aussi de Normandie et des Pays de la Loire. Les uns ayant des responsabilités à des niveaux divers, d’autres étant plus engagés en tant qu’élus locaux ou dans des organisations syndicales et quelques autres étant seulement adhérents du MRC.

Comme tous les partis, le MRC a besoin de réfléchir à l’issue de cette période électorale printanière qui a bouleversé la vie politique française. Les militants de l’Ouest ont été les premiers à apporter leur contribution à cet effort de réflexion. Les autres régions suivront à l’automne.

La présence du président du MRC, Jean-Luc Laurent, a été bien perçue dans la mesure où il a pu se rendre compte de l’état d’esprit des adhérents de cette partie ouest du pays.

Un compte rendu détaillé des interventions a été transmis par Serge Maupouet à tous les participants.


 

En complément, un document résumant les échanges a été préparé afin d’assurer une information plus large concernant cette rencontre importante du 8 juillet. Voici ce document de synthèse.

Rencontre MRC Ouest à Saintes (17) – Samedi 8 juillet 2017 – Synthèse des échanges

Dans le contexte de l’après-campagnes présidentielle et législatives 2017, il a semblé indispensable à Michel Sorin (responsable MRC Pays de la Loire) et à Serge Maupouet (responsable MRC Limousin-Poitou-Charentes) de proposer aux camarades du MRC (Mouvement Républicain et Citoyen) dans l’Ouest (au sens large, de l’Aquitaine à la Normandie) une réunion permettant aux adhérents :

- d’avoir une meilleure perception des débats internes au Mouvement,

- de réfléchir à davantage de fluidité dans les relations entre les adhérents de base et ceux qui ont des responsabilités régionales et nationales,

- et de rechercher ensemble une liaison territoriale au sein du MRC.

 

Répondant à leur invitation, une vingtaine d’adhérents, dont des responsables départementaux, régionaux, nationaux, se sont réunis à Saintes (Charente-Maritime) le 8 juillet 2017. Jean-Luc Laurent, président du MRC, a pu participer à une partie de la réunion, tenant à être présent pour entendre directement les adhérents. Il a insisté sur le caractère précurseur de l’initiative prise dans l’ouest, le Conseil national, le 2 juillet, ayant décidé de l’organisation de ces réunions régionales ou inter-régionales à partir de septembre, en présence de membres du Secrétariat national.

 

Les débats du 8 juillet ont montré l’envie d’agir des militants, et l’urgence à développer le Mouvement en lui donnant les caractéristiques d’un parti politique de plein exercice, ce qui nécessite de changer en profondeur la conception même du MRC et son fonctionnement.

 

Les objectifs pourraient être de :

- donner au MRC (parti politique populaire, laïc, républicain et social) une place visible dans la vie politique française, en trouvant des solutions aux problèmes de l’accès aux media,

- permettre l’adhésion, notamment des jeunes et des personnes de condition modeste,

- assurer la formation des militants et des cadres par une relance de l’action de l’ARECA (Association Républicaine des Elus Citoyens et Apparentés),

- développer la démocratie interne sur la base d’un dialogue effectif entre le haut et le bas.

 

A sa fondation en 2003, la qualité des fondamentaux légués par Jean-Pierre Chevènement donnait au MRC deux décennies d’avance. En 2017, le constat doit être fait que le Mouvement n’a pas su trouver toute sa place. Son nom, fondé sur des notions essentielles et actuelles, n’est pas dévalué, mais beaucoup reste à faire pour faire mieux vivre et partager ses valeurs : avancer des idées simples, accessibles au grand public, continuer à en proposer de nouvelles qui soient originales – comme Bastien Faudot a pu le faire pendant sa campagne présidentielle – en les soumettant largement au débat militant, et en évitant l’écueil de l’intellectualisme pour être au contact des préoccupations quotidiennes des citoyens. Alors, le MRC, refondé, renforcé, développé, jouera un rôle majeur dans la recomposition de la gauche.

 

Il est vrai que le contexte actuel est difficile :

- le PS porte de lourdes responsabilités dans l’affaiblissement de toute la gauche ;

- le PCF est fragilisé ;

- Jean-Luc Mélenchon a mis en œuvre son projet de renouvellement de la gauche en créant une formation politique originale, La France insoumise, mais il ne pourra construire un projet crédible de gouvernement s’il continue de refuser la discussion avec les autres forces de gauche ;

- Benoît Hamon vient de jeter les bases d’une nouvelle structure politique ;

- Arnaud Montebourg a disparu du paysage mais pas ses amis, qui restent attelés au PS ;

- les Républicains dits « de l’autre rive » se sont extrêmement éloignés de la rive gauche ...

 

Mais il existe un espace politique à prendre. La reconstruction de la gauche exige d’être à l’écoute et en contact avec l’ensemble des partenaires, tout en construisant avec une confiance renouvelée notre propre chemin, en revisitant, actualisant, approfondissant notre réflexion politique par rapport aux enjeux actuels et d’avenir, et en nous renforçant en termes de structures et de forces militantes. Parmi les priorités du mouvement, sont à inscrire le développement des secteurs jeunesse, femmes, monde du travail et entreprises.

 

Nous avons conscience de l’affaiblissement actuel des partis de gauche. Depuis 1983, la perte des valeurs fondatrices de la gauche et l’oubli du peuple ont éloigné les électeurs, non seulement du Parti socialiste, mais aussi des formations de gauche qui n’ont pas su se détacher nettement de ce parti. Ils se sont réfugiés dans l’abstention, faute de voir émerger un débouché politique crédible. Ce phénomène s’est accompagné d’une dépolitisation politique qui profite aux forces conservatrices.

 

Le MRC doit porter la question de la redéfinition de la gauche – appuyée sur l’Humain, l’Egalité, la Fraternité, les autres valeurs communes en partage à gauche – afin de la reconstruire, remettre la question sociale en avant, être pleinement à l’écoute du monde du travail, refuser le démantèlement du droit du travail, porter la volonté de changer l’Union européenne, concevoir des outils et mettre en place des moyens pour renouer avec l’éducation populaire, nécessaire à l’émancipation des citoyens.

 

Le MRC doit devenir un point d’appui pour le rassemblement des gauches afin de gouverner, conduire une politique de transformation sociale. Le développement de son ancrage territorial sur l’ensemble du territoire national, une animation plus efficiente au niveau du Secrétariat national, le soutien aux initiatives régionales, en sont des préalables.

 

C’est pourquoi les composantes du MRC Ouest réunies le 8 juillet 2017, affirmant être favorables au développement et à l'action du MRC :

1 – constatent l’importance de notre ancrage régional et territorial pour la vie et le développement de notre mouvement et veulent faire reconnaître ce fait. Cet ancrage régional et territorial doit être étoffé et renforcé dans l’optique du développement et du renforcement du MRC sur l’ensemble du territoire.


2 – constatent la nécessité de fonctionner autrement en interne afin de concilier le mouvement d’en-haut et le mouvement d’en-bas, d’assurer une animation nationale plus efficiente, de mieux prendre en compte et soutenir les initiatives venant des fédérations au niveau du Secrétariat national, de relancer la formation des élus, des cadres, des militants.


3 – constatent la nécessité d’assurer une communication plus efficace en direction des citoyens, des élus, de la presse.


4 – mettent en place à compter de ce jour, un comité de coordination composé des membres du Bureau de chacune des fédérations interdépartementales présentes (Aquitaine, Limousin-Poitou-Charentes, Pays de la Loire, Normandie).

Ce comité de coordination peut, entre autres possibilités et de manière non limitative, se concerter sur des positions à discuter à l’échelle du MRC Ouest, sur la réalisation de communiqués, de tracts, à propos d’un site MRC Ouest couvrant le territoire, sur des formations en direction des élus, des militants, des conférences en direction des citoyens, pour proposer des réunions à l’image de celle de ce jour, etc.


5 – soulignent l’importance de rencontres en interne comme celle de ce jour et en proposent une périodicité annuelle.

 

Cet article est le 3005ème sur le blog MRC 53 - le 222ème dans la catégorie MRC national

 

 

 

Photo : François Mas (33). Une partie des participants le 8 juillet 2017 à Saintes (17) autour de Jean-Luc Laurent, président du MRC, et de Serge Maupouet (MRC 17)

Photo : François Mas (33). Une partie des participants le 8 juillet 2017 à Saintes (17) autour de Jean-Luc Laurent, président du MRC, et de Serge Maupouet (MRC 17)

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 22:49

 

La gauche est morte. Vive la gauche républicaine, renouvelée et rassemblée !

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen a opté, lors de son dernier congrès, en juin 2015, pour une stratégie à gauche et pour présenter un candidat à l’élection présidentielle 2017.

Bastien Faudot n’a pu aller au bout de sa candidature, n’ayant pas obtenu suffisamment d’engagements de parrainage d’élus. La gauche, divisée, n’a pas accédé au second tour et elle a subi aux élections législatives les conséquences de sa défaite à l’élection présidentielle. Le MRC n’a pu faire élire qu’un seul candidat, Christian Hutin, député du Nord depuis 2007 (13ème circonscription, Dunkerque).

 

Réuni le 2 juillet 2017, le Conseil national du MRC a longuement débattu de la situation politique après les élections.

Nous sommes entrés dans une période de reconstruction de la gauche, dont on ne connaît pas la durée. Le MRC doit être partie prenante de cette reconstruction. C’est à reformuler les fondamentaux de la gauche républicaine qu’il faut nous atteler. Le MRC peut apporter une précieuse contribution sur ce point.

La situation actuelle fait penser à celle qui a suivi l’élection présidentielle de 1969, marquée par la division de la gauche et son échec dès le premier tour. Le congrès de refondation du PS à Epinay-sur-Seine a suivi deux ans après.

Voir* : Michel Sorin au Conseil national MRC : refonte complète du Mouvement

A l’issue des débats, le 2 juillet, le Conseil national a décidé d’organiser des réunions avec les adhérents dans les régions** à partir de septembre 2017 d’une part et de poursuivre les échanges et discussions avec les différents mouvements et personnalités à gauche d’autre part.

* Pour information, voici la réponse de Michel Sorin à l’un de ses interlocuteurs qui avaient commenté ce texte sur un réseau social et demandait en quoi le MRC pourrait contribuer à la reconstruction de la gauche. "Son originalité serait d'écrire la plateforme de rassemblement de la gauche républicaine, cette gauche présente dans les groupes politiques à l'Assemblée nationale, de la "Nouvelle gauche" (PS) à la "France insoumise" en passant par le groupe PCF, présente aussi ailleurs dans des groupes en formation (Mouvement du 1er juillet) ou chez de nombreux citoyens isolés. Ce MRC refondé devrait être capable de tisser des liens à la base entre les citoyens favorables à cette stratégie de conquête du pouvoir par une gauche renouvelée et rassemblée".

** Dans l’ouest, nous avons anticipé. Un document sera diffusé, suite à cette rencontre MRC ouest. Voir Les responsables Ouest du MRC étaient à Saintes (17) le 8 juillet 2017

Cet article est le 3004ème sur le blog MRC 53 - le 221ème dans la catégorie MRC national

Rencontre MRC ouest à Saintes (17) le 8 juillet 2017

Rencontre MRC ouest à Saintes (17) le 8 juillet 2017

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 21:37

 

Vers un congrès 2018 ouvert aux citoyens de la gauche républicaine


 

Dans son intervention, le 2 juillet 2017, en séance du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen, Michel Sorin a commencé par dire que c’est le moment de pleinement s’engager dans l’action politique car nous allons vivre une période de recomposition après la décomposition en cours - que nous avions vu venir depuis longtemps, sans savoir quelle forme elle prendrait.

Notre Mouvement a confirmé ses limites. Cela ne doit pas nous amener à renoncer mais à repartir sur des bases nouvelles en corrigeant nos erreurs.

Que dire de Macron et d’En Marche ? C’est une entreprise personnelle - bien pensée et bien mise en œuvre - de conquête et d’exercice du pouvoir national, en harmonie avec les institutions européennes et l’oligarchie financière, son projet étant libéral sur les plans économique et sociétal, avec un pouvoir politique fort et centralisé à l’intérieur, et une politique étrangère active afin de mettre la France en meilleure position au sein de l’Union européenne.

Pour cela, sa volonté est d’établir un groupe dominateur central au niveau national, avec deux oppositions principales autour de Le Pen et Mélenchon, après destruction du PS et de LR, leurs composantes étant disséminées dans des petits groupes impuissants.

Notre raison d’être est de constituer une gauche républicaine capable d’être le point d’appui du rassemblement de l’ensemble de la gauche de gouvernement. Nous y parviendrons en combinant l’action politique d’en haut, par des contacts avec toutes les organisations qui existent dans le champ de la gauche au niveau national, et d’en bas, par l’animation de groupes de citoyens se situant dans le champ de la gauche républicaine au niveau territorial.

Nous devons faire vivre les idées républicaines (notre logiciel) et mettre les citoyens républicains de gauche en position de débattre du projet de gouvernement de la France, ce que nous n’avons pu faire jusqu’à présent.

Cela nous conduit à organiser la refonte complète de notre Mouvement d’ici juin 2018. En étant à l’écoute des militants et responsables dans les régions.


 

Cet article est le 3003ème sur le blog MRC 53 - le 220ème dans la catégorie MRC national

Michel Sorin, intervenant le 15 décembre 2012 à Paris lors du congrès MRC (photo Bruno Chevalier)

Michel Sorin, intervenant le 15 décembre 2012 à Paris lors du congrès MRC (photo Bruno Chevalier)

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