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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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Articles RÉCents

3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 21:59

Un républicain qui décrit les racines du mal africain

 

Mon collègue Serge Lezement, membre du secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a en charge le développement du MRC en Normandie, a recommandé la lecture d’un livre dont l’auteur, Michel Tsiba, était, comme lui, membre du PS, puis du Mouvement des Citoyens (MDC), à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen (14).

 

Après avoir travaillé pendant quelques années dans son pays natal, le Congo Brazzaville, en tant que haut fonctionnaire, il l’a quitté à la suite du coup d’Etat qui a porté au pouvoir le président actuel, Denis Sassou Nguesso. Il habite, maintenant, près d’Evreux (27).

 

Retrouver ce livre en cliquant sur http://www.publibook.com/boutique2006/detailu-4425-PB.html.

 

Pour en savoir plus sur la République démocratique du Congo, et sur son président, je propose une revue de presse :

Denis Sassou Nguesso en route vers le pouvoir à vie (Rue89, 3 juillet),

L'affaire des "biens mal acquis" relancée à Paris - Afrique - Le ... (Le Monde, 6 mai),

 

La chasse aux biens mal acquis entrouverte - Libération (Libération, 7 mai),

 

Congo : Sassou Nguesso candidat à la présidentielle, Afrique ... (Nouvel Observateur, 7 juin),

 

Sassou Nguesso - Pillage du Congo-Brazzaville (vidéo),

 

 

Cet article est le 13ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 11:16

Le MRC et les élections européennes, principaux titres

 

Depuis 22 mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent).  C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités.  

 

Les titres en juin se répartissent ainsi :

 

- Le MRC, la gauche et Jean-Pierre Chevènement (8 articles),

- L’Europe et les élections européennes (6 articles),

- Les questions internationales - Iran, Chine, USA (4 articles),

- Le capitalisme financier et la crise (3 articles)

- Sarkozy à Versailles et nouveau gouvernement (3 articles),

- La crise laitière (1 article),

- Le port du voile intégral (1 article),

- Informations liées à l’attentat de Karachi (1 article),

- Le jumelage entre Saint-Berthevin et Wehingen (1article).

 

Depuis trois ans, 1186 articles - classés en 50 catégories - sont parus sur ce blog.

 

 

Titres des articles parus en juin 2009 sur http://mrc53.over-blog.com

 

30 juin 2009 - Madoff, l'homme qui sait tromper son monde, pur produit de la finance

 

30 juin 2009 - Après le Conseil national, Chevènement écrit aux militants du MRC

 

29 juin 2009 - Michel Sorin devant le Conseil national (28 juin) : le MRC doit changer

 

28 juin 2009 - Des dissidents du MRC, proches du Front de gauche, s'organisent

 

27 juin 2009 - Après les élections européennes, le MRC réunit son Conseil national

 

26 juin 2009 - Iran : la méthode Obama à l'origine du repli fondamentaliste du régime

 

26 juin 2009 - Négociations OMC, volet agricole : au Sénat, Chevènement propose

 

24 juin 2009 - Gouvernement : Sarkozy II prépare le combat des régionales 2010

 

23 juin 2009 - Sarkozy à Versailles : le commentaire de Claude Nicolet (MRC Nord)

 

22 juin 2009 - Sarkozy à Versailles : le discours de Guaino, avant les actes de Fillon

 

21 juin 2009 - Parlement européen : c'est là que l'on rêve des Etats-Unis d'Europe

 

20 juin 2009 - Karachi : l'Etat savait mais ne voulait pas que l'enquête avance

 

19 juin 2009 - André Gerin (PCF) veut clarifier la question du port du voile intégral

 

18 juin 2009 - Iran : le fondamentalisme du régime, incompatible avec la démocratie

 

17 juin 2009 - Le projet de la gauche doit être républicain, social et écologique

 

16 juin 2009 - La gauche social-démocrate paie sa dépendance au néolibéralisme

 

15 juin 2009 - Crise laitière : la politique européenne est la principale responsable

 

14 juin 2009 - Jumelage entre Saint-Berthevin et Wehingen : 40 ans de vie commune

 

11 juin 2009 - Un rayon de soleil au PS : le jeune fabiusien Guillaume Bachelay

 

10 juin 2009 - Michel Sorin : un socialisme républicain et écologique de type nouveau

 

9 juin 2009 - Elections européennes : en Mayenne, UMP et écologistes devant le PS

 

8 juin 2009 - Européennes : l'électorat populaire antilibéral est resté à la maison

 

7 juin 2009 - Elections européennes : transfert électoral du PS vers les écologistes

 

7 juin 2009 - Européennes : l'UE à la recherche de la légitimité démocratique

 

6 juin 2009 - Le président Obama cherche à changer la donne au Proche Orient

 

5 juin 2009 - La Chine, vingt ans après Tiananmen, a les clés de l'avenir du monde

 

4 juin 2009 - Crise du surendettement, crise de l'emploi, à comparer à celle de 1929

 

2 juin 2009 - USA : General Motors nationalisé et le dollar menacé d'implosion

 

 

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 22:54

Plaider coupable pour éviter de dire la vérité

 

Comment ne pas être impressionné par le verdict : 150 ans de prison ! Pour donner bonne conscience à l’Amérique ? Pour ne pas aller enquêter sur les organismes de contrôle ?

 

Après l’article paru le 28 mai sur ce blog (voir De crise en crise, le capitalisme vit pour le profit maximum immédiat), le procès Madoff est l’occasion de revenir sur les pratiques du capitalisme financier.

 

Sur le site du quotidien Le Monde, ce 30 juin, Sylvain Cypel rapporte les faits concernant le jugement et constate que tout n’est pas dit : Malgré la sentence, le mystère "Madoff" persiste.

 

Dans La Chronique Agora, ce jour, Philippe Béchade, analyste financier, évoque le sujet avec humour et précision.

La fin du procès Madoff et le silence de la SEC

Justice est faite ! Bernard Madoff a écopé de 150 ans de prison. Le citoyen américain le plus haï du 21ème siècle finira donc son existence derrière les barreaux. Il disposera de tout le temps nécessaire pour tenter de convaincre l'administration pénitentiaire de lui délivrer le champagne millésimé et les douceurs de la mer Caspienne nécessaires à son équilibre métabolique quotidien.

Tout le monde a son avis sur l'affaire Madoff
... nous ne serons pas le dernier à vous infliger le nôtre. Nous avions jusqu'à présent traité l'escroc par le mépris, en lui reconnaissant comme seul titre de gloire d'avoir repoussé toutes les limites connues en termes d'arnaque et de trahison de la confiance d'épargnants dont le profil allait du simple restaurateur au prix Nobel de la paix, en passant par son avocat personnel.

Bernard Madoff a procuré à l'humanité une nouvelle unité de mesure (50 milliards d'euros) en matière de désastre financier. Elle est bien plus commode que le Kerviel (cinq milliards d'euros), un peu trop étriqué pour rendre compte de l'ampleur des pertes spéculatives des banques sur les dérivés de crédit (3 000 milliards de dollars selon des estimations concordantes de Paul Krugman et de Nouriel Roubini).

Et que dire des déficits budgétaires accumulés par les Etats-Unis ? Le Trésor US reconnaît que le total se rapproche des 13 000 milliards de dollars, soit 200 Madoff : Bill Bonner n'exagère en aucun cas lorsqu'il évoque -- pour vous alerter -- un facteur multiplicateur de 200 au sujet du schéma de Ponzi
de la dette fédérale américaine.

Mais revenons-en au procès de l'escroc du millénaire. Notre grand étonnement (le terme est faible) est que les médias et même ses victimes, interrogés quelques minutes après le prononcé de la sentence, ne mettent pas l'accent sur
un fait troublant
 : le système de défense adopté dès son inculpation pour fraude par le sieur Madoff (le "plaider coupable") a justement empêché que soient menées des investigations permettant de faire toute la lumière sur le montage de l'escroquerie.

Les plaignants ne savent pas grand-chose
 ; ils n'en sauront donc probablement pas davantage sur les possibles complicités familiales -- celles de son épouse, de ses fils, de ses frères qui géraient de nombreuses sociétés du groupe et feignent de tout ignorer... mais qui ne seront pas inquiétés. Idem sur la troublante complaisance de la SEC, qui a délibérément omis d'enquêter malgré l'envoi de renseignements très documentés mettant en évidence une arnaque pyramidale.

Et LA question qui va continuer de tarauder les victimes reste la suivante : où est passé l'argent ?
En limitant les procédures d'investigation à l'identification des biens de Bernard Madoff -- et à leur confiscation -- la justice américaine s'épargne (ou même s'interdit) le devoir de traiter l'affaire en profondeur et de mettre en évidence les responsabilités extérieures au clan Madoff.

A en croire la justice américaine, les 150 ans de prison sont censés dissuader les futurs escrocs... Cependant, leurs potentiels complices ont appris du cas Madoff qu'ils ne craignent pas grand-chose tant qu'il subsiste de bonnes raisons de ne pas faire éclater toute la vérité.

La lourdeur symbolique de la sentence pourra peut-être donner bonne conscience à l'Amérique
... mais Wall Street n'est pas dupe. Les milieux d'affaires savent qu'il faudrait en passer par une profonde réforme des organes de contrôle pour que cela ne se reproduise plus, sous une forme ou sous une autre.

Nous formulons l'espoir que le grand public gardera quelque temps en mémoire que
des rendements miraculeusement élevés, réguliers et sans risque, cela n'existe pas
. Il est toujours possible de gagner beaucoup d'argent très vite -- en minimisant les pertes potentielles lors des moments critiques. Malgré tout, la règle intangible pour qui opère sur les marchés est de renoncer à l'illusion du jackpot permanent... même si c'est l'ex-directeur du Nasdaq qui vous affirme le contraire, les yeux dans les yeux, au beau milieu du carré VIP du club le plus huppé de Miami Beach.

Il faut savoir se reposer, prendre du recul, attendre son heure, ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, ne pas user en permanence du même levier... et surtout ne jamais céder à la facilité
.

(…) Il n'y avait donc rien à jeter, sinon le sieur Madoff en prison... en espérant qu'il ne cherchera pas à meubler les 149 ans, 11 mois et 29 jours qui lui restent à purger en écrivant
un livre-confession
.

Un livre dans lequel il révèlerait comment il a obtenu que la SEC ne déclenche jamais d'enquête sur sa (non) activité sur les marchés... comment il a pu négocier avec la justice son maintien dans son penthouse
à 18 millions de dollars durant toute la durée de l'instruction alors que certains de ses clients ruinés se suicidaient... comment aucun nom -- autre que le sien -- n'est jamais mentionné dans le montage de la fraude... comment l'absence d'audit de ses sociétés par un expert comptable digne de ce nom (sinon une officine fantôme basée à Londres) n'a jamais éveillé le moindre soupçon.

Mais arrêtons-nous là pour l'instant. Il peut vous apparaître vain de poser trop de questions auxquelles nous n'aurons probablement jamais de réponse. Mais
ne jamais s'en poser, c'est faire le jeu des Madoff et des médias qui vous abreuvent de ravissantes légendes économiques modernes pour contribuables naïfs -- et qui n'ont pour principale fonction que de vous détourner des vrais sujets du moment.


Cet article est le 76ème paru sur ce blog dans la catégorie
Capitalisme .

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 15:46

Vers l’adoption d’un « programme de salut public »

 

La ligne est tracée. Le Mouvement Républicain et Citoyen dispose de sa feuille de route. Son président, Jean-Pierre Chevènement, l’a formulée dans l’édito du bulletin d’information « Citoyens MILITANTS » que recevront les adhérents début juillet.

 

Actualité de l’idée républicaine* !

 

La crise du capitalisme financier mondialisé est profonde. Ses effets sont ravageurs (plans sociaux, chômage, inégalités, précarité). Mais la gauche n’apparaît pas comme un recours. Elle est elle-même en crise.

La social-démocratie était une bonne idée au milieu du siècle dernier. Elle apportait de substantiels avantages aux travailleurs d’Europe Occidentale, à la faveur de la rente de situation que créaient le communisme alors triomphant et la peur qu’il inspirait aux classes dirigeantes d’Occident.

Ce temps est derrière nous : La victoire du néo-conservatisme libéral à la fin des années soixante-dix et la mondialisation financière ont créé un rapport de forces déséquilibré entre le capital et le travail. Parallèlement les taux de syndicalisation ont chuté. La puissance syndicale s’est défaite ; dans toute l’Europe, et pas seulement en France, la social-démocratie est en crise.

En France, c’est la gauche qui a rétabli la Bourse, mis la nation en congé au nom de l’Europe, libéré les mouvements de capitaux, instauré, à travers l’Acte Unique, le primat de la concurrence dans toutes les politiques et à travers le traité de Maastricht, l’indépendance de la Banque Centrale Européenne.

Elle a accepté de désarmer commercialement l’Europe à travers le GATT puis l’OMC. Elle a ouvert le cycle court du social-libéralisme en 1983.

L’an dernier encore, en 2008, le PS adoptait ses statuts à l’unanimité pour les mettre en phase avec cette orientation. Ce cycle s’est brutalement refermé avec la crise du capitalisme financier mondialisé. Certains prétendent que les idées socialistes ont triomphé. N’est-ce pas plutôt les idées que les socialistes avaient reniées ?

 

Nous avons cherché depuis trois décennies à réconcilier la gauche avec l’exigence républicaine : sur la nation, son indépendance, sur l’Ecole et la priorité à donner à la formation, à la recherche et à la technologie, sur la politique industrielle, sur une Europe des peuples, sur une concurrence équitable plutôt qu’un libre échangisme débridé, sur le civisme, sur la conception républicaine de la décentralisation, de la défense, de la sécurité, de l’immigration, etc.

C’est peu dire que le PS ne nous en a pas été reconnaissant. Nous avons cependant résisté à la campagne de marginalisation lancée contre nous, depuis longtemps et redoublée depuis 2002.

Nous continuons à porter haut le drapeau de l’idée républicaine. Celle-ci, revisitée à la lumière d’une recherche exigeante, peut seule fournir la base d’un ressourcement.

 

Le PS tarde à admettre ce qui pourrait passer pour une autocritique. Progressivement coupé des couches populaires depuis le tournant libéral de 1983, il voit aujourd’hui s’éroder l’électorat des couches moyennes qui lui restait. « L’effet essuie-glaces » sur lequel il a toujours compté pour revenir aux affaires n’est plus garanti. Les « quadras » s’interrogent à juste titre sur l’avenir que leur réservent leurs caciques.

Pour ce qui concerne le MRC, il entend peser sur l’élection présidentielle de 2012. Nous n’avons pas en effet pour vocation de rouvrir le cycle du social libéralisme.

La question de primaires ouvertes de toute la gauche a été évoquée. Il va de soi que nous ne saurions cautionner un énième rafistolage du PS social-libéral. Ces primaires n’auraient de sens que si elles étaient co-organisées entre plusieurs partis de gauche, et permettaient le débat seul capable d’enclencher une nouvelle dynamique. Le MRC fera donc entendre sa voix en toutes circonstances.

D’ici là nous avons deux objectifs :

- la réussite de notre Université d’été à Toulouse les 5 et 6 septembre à laquelle nous avons invité Arnaud Montebourg, Jean-François Kahn et Paul Quilès.
- l’élaboration d’un « programme de salut public » mettant l’accent sur les initiatives à prendre pour dégager la France de l’étreinte mortelle du capitalisme financier mondialisé : reconstitution d’un Ministère de l’Industrie digne de ce nom, contrôle du crédit, revitalisation de notre tissu économique, définition des règles d’une concurrence équitable, réforme fiscale permettant l’effort partagé, construction d’une Europe des peuples, élaboration d’un nouveau modèle de développement à l’échelle mondiale.

 

En tous domaines, l’intérêt général est à redéfinir. Actualité de l’idée républicaine !

 

* Voir Chevenement.fr | le blog de Jean-Pierre Chevènement

 

 Cet article est le 34ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 21:54

Contribuer avec les républicains à refonder la gauche

 

Les débats étaient d’un bon niveau, hier, en Conseil national. Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Laurent ont écouté les interventions, puis ont apporté des réponses qui ont été plutôt bien reçues par les participants.

 

Auparavant, Guillaume Vuilletet avait présenté son rapport sur les élections européennes et Patrick Quinqueton avait dessiné les grandes lignes de l’université d’été qui aura lieu les 5 et 6 septembre à Toulouse. J’y reviendrai.

 

Voici le texte de mon intervention, en matinée. Jean-Pierre Chevènement a répondu sur certains points, l’après-midi.

 

Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) - 28 juin 2009

Intervention de Michel Sorin (MRC 53, secrétaire national)

 

Nous sommes à mi-chemin entre deux congrès. C’est le moment de décider de corriger le tir, si nous en constatons le besoin.

 

Il y a un an, dans cette même ville, nous étions unanimes pour adopter la motion que nous proposait Jean-Pierre Chevènement :

 

-          D’abord, l’analyse de la situation (anticipation de la crise - le « tsunami », que nous pressentions de grande ampleur - et les explications de la crise.

-          Ensuite, la stratégie de refondation de la gauche sur des bases républicaines.

-          Enfin, la perspective d’un grand parti de la gauche, condition du succès à l’élection présidentielle.

 

Pas de problème sur la 1ère partie (nous étions en plein dans le mille).

 

Sur la stratégie, nous n’avons pas de raison d’en changer. Les élections européennes ont confirmé la division et l’affaiblissement de la gauche. Au lieu d’aller vers l’unité, elle est allée vers la dispersion.

 

-          Les Verts ont choisi de faire bloc avec d’autres groupes pour constituer une force écologiste au niveau européen. Ils ont réussi, prenant des voix au PS, au point d’obtenir le même nombre de sièges que lui.

-          Le PCF a amélioré légèrement sa performance de 2004, en faisant alliance avec des dissidents du PS et du NPA. Il a maintenu ses deux sièges, mais l’opération a surtout permis à Jean-Luc Mélenchon d’être élu, ce qui le conforte dans son choix de faire exister son parti, entre un PS défaillant et un NPA peu à l’aise.

-          Le PS voulait être seul Il l’est dans la défaite et il tombe de haut, car il était à son apogée en 2004.

 

Les conséquences sont claires :

 

-          Le PS est affaibli et ne sait pas où il va.

-          Les Verts sont incités à faire le choix de l’autonomie écologiste, se rapprochant de leurs homologues allemands qui sont tentés de faire alliance avec la droite quand la gauche n’est pas en situation de s’imposer.

-          Le Front de gauche a envie de prolonger l’expérience, imitant Die Linke en Allemagne.

 

Tout cela ne nous rapproche pas de la création d’un grand parti de la gauche, comme nous l’espérions lors de notre congrès. Toutefois, l’affaiblissement du PS et le succès des écologistes sont de nature à inciter le PS à rechercher de vraies alliances à gauche, dans la mesure où les écologistes vont opter pour l’autonomie.

 

Notre stratégie en est confortée. Plus que jamais, nous devons être partie prenante de la refondation de la gauche, qui se fera avec le PS, le PCF, le PG, le PRG et nous.

Mais, dans cette recomposition, il nous faut occuper clairement le terrain de la gauche républicaine, ce qui suppose de faire l’effort de rassembler les républicains, en créant une organisation autrement plus dynamique que ne l’est le MRC.

 

Mes camarades, il n’est pas possible de continuer ce que nous faisons depuis plusieurs mois. Nous condamnons notre Mouvement à rester dans l’anonymat politique.

 

-          D’un côté, Jean-Pierre Chevènement a proposé de revenir à la stratégie de refondation républicaine, considérant que la gauche est dans l’incapacité de rebondir et d’être à la hauteur des enjeux de la crise.

-          De l’autre, la majorité des membres du Secrétariat national lui ont répondu que notre avenir est dans la gauche et que notre stratégie est la refondation de la gauche. Bien sûr, nous n’oublions pas qu’à la rentrée, nous serons à six mois des élections régionales et que la question de notre présence active va se poser, espérons-le dans d’autres termes qu’aux élections législatives et européennes.

 

Je ne suis pas d’accord avec Jean-Pierre Chevènement quand il oppose les deux démarches : refondation républicaine et refondation de la gauche. Comme je l’ai dit en tirant les enseignements des élections européennes, nous devons rassembler les républicains, dans le cadre de l’objectif de refondation de la gauche.

 

Notre MRC est bien loin de rassembler les républicains. Ce devrait être notre ambition, en précisant que nous agissons dans le but de participer à la refondation de la gauche sur des bases républicaines.

 

Notre MRC est indispensable parce qu’il est le seul à traiter en même temps la question sociale et la question nationale. Il est le seul à faire le lien, sérieusement, entre la République et la gauche.

 

Nous ne devons pas laisser partir les camarades qui portent le mieux la question sociale. Nous devons instaurer le dialogue entre la direction et les fédérations départementales, quelles que soient leurs positions.

 

A cet égard, la pratique de notre direction est inadaptée. La direction, c’est Jean-Pierre Chevènement avec Jean-Luc Laurent.

 

Je m’adresse directement à Jean-Pierre : il faut reconsidérer le management de notre « groupuscule » (c’est une citation, l’auteur se reconnaîtra). Tu ne dois pas te dérober à tes responsabilités.

 

Notre mouvement ne manque pas que de moyens. Il manque de lien entre sa direction et sa base. Il manque de communication et de participation. A plusieurs reprises, j’ai proposé mes modestes services. Je n’ai pas eu de réponse, ce qui est, en soi, une réponse.

 

Je m’exprime ici au nom des militants qui perdent espoir.

 

A mi-mandat, c’est le moment de se ressaisir. Le MRC doit changer pour jouer son rôle.

 

Cet article est le 33ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 22:54

 

Chevènement espère les revoir à l’université d'été du MRC

 

De retour du Conseil national du MRC, je prends connaissance d’un communiqué publié hier par la nouvelle association nationale « République et socialisme » animée par Lucien Jallamion, composée des militants MRC qui ont soutenu les listes du Front de gauche, le 7 juin, aux élections européennes.

 

Ce matin, Michel Jallamion (fédération de Paris) s’est exprimé en tant que membre du Conseil national, soulignant qu’il était solidaire de ces dissidents et a quitté la salle.

 

Jean-Pierre Chevènement a regretté ses propos excessifs et lui a conseillé de prendre du recul, souhaitant qu’il participe à l’université d’été du MRC à Toulouse les 5 et 6 septembre 2009.

 

D’autres membres du Conseil national, dont moi-même (j’y reviendrai), ont souhaité qu’un dialogue s’engage avec ces militants, qui n’ont pas accepté la position du MRC (voir Après les élections européennes, le MRC réunit son Conseil national - 27 juin 2009).

 

Voici le communiqué de République et socialisme, en date du 27 juin.

 

République et Socialisme, rassemblement national de militants de la gauche républicaine qui se sont investis de façon loyale et active dans le Front de Gauche avec le PCF, le Parti de Gauche et Gauche Unitaire à l’occasion des élections européennes de juin 2009 – son acte fondateur – a tenu, ce samedi 27 juin 2009 à Paris, son assemblée générale constitutive.

A cette occasion, ses militants, venus notamment de nombreuses fédérations du MRC (Chevènement) ou du PS en rupture de parti, ont décidé, dans un premier temps, de se constituer en association loi 1901, afin de favoriser l’adhésion la plus large sur la base des principes de la République sociale.

République et Socialisme se projette d’ores et déjà dans la perspective des élections régionales de 2010, à l’occasion desquelles elle ne restera pas inerte. Notre courant de pensée est dès lors ouvert à la discussion franche et fraternelle avec les partenaires du Front de Gauche pour que les choses changent dans notre pays.

 

Conformément aux statuts adoptés à cette occasion, un secrétariat national provisoire a été élu. Il se compose de :

 

Lucien Jallamion (75) Pierre Kerdraon (75) Bernard Jusserand (75) Pascal Langlois (76) Patrice Siard (76) François Martot (76) Laurent Bouvier (08) Boris Spirta (08) Gino Tognolli (54) Jacky Eouzan (22) Gwenael Doré (56) Bruno Valentin (12) Mario Mandes (32)

 

Cet article est le 106ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 15:35

La stratégie de refondation républicaine de la gauche, à préciser

 

 

Je m’apprête à participer, demain, à la réunion du Conseil national du MRC. La dernière fois, c’était le 22 mars et la décision concernant notre non participation aux élections européennes.

 

Voir les articles publiés sur ce blog et classés en catégorie Européennes 2009, notamment :

 

Européennes : le MRC rompt les négociations avec le Front de gauche - 22 mars 2009

MRC Européennes : Michel Sorin se distingue de Jean-Pierre Chevènement - 23 mars 2009

MRC Européennes : Michel Sorin est intervenu lors du Conseil national - 24 mars 2009

Pendant ces trois derniers mois, nous avons eu le temps de réfléchir à la situation politique, n’étant pas engagés dans la campagne électorale.

Notre président, Jean-Pierre Chevènement, a souhaité réunir la direction nationale en séminaire (secrétariat élargi) le 6 mai, ce qui lui a permis de vérifier que la majorité des responsables nationaux de notre Mouvement étaient favorables au maintien de la stratégie de refondation républicaine de la gauche, adoptée lors de notre Congrès du Kremlin-Bicêtre en juin 2008.

Voir MRC : intervention de Michel Sorin lors du séminaire du 6 mai 2009 - 8 mai 2009


Depuis cette réunion,
le secrétariat national a décidé de retenir la position de Jean-Pierre Chevènement (vote blanc ou nul), comme consigne de vote le 7 juin, ce qui n’a pas été du goût de tous les militants.

Celles et ceux, parmi les responsables départementaux et nationaux, qui ont appelé publiquement à voter pour le Front de gauche ont été sanctionnés (suspension de leurs responsabilités au sein du MRC jusqu’à la fin de l’année 2009). Cela concerne une dizaine de militants, d’autres s’étant mis en congé avant la campagne électorale. Le Grand Ouest a été épargné (certains, dans le Morbihan, se demandent par quel miracle républicain…).


Dans la perspective de la réunion du Conseil national
, demain, le secrétariat a travaillé sur deux rapports : celui de Guillaume Vuilletet sur l’analyse des résultats des élections européennes et celui de Patrick Quinqueton concernant l’université d’été à Toulouse les 5 et 6 septembre.


La position du MRC, relative à l’élection municipale de Hénin-Beaumont
(Pas-de-Calais) demain, a fait l’objet d’un communiqué de presse (voir le blog de Jean-Pierre Chevènement Message de soutien à la liste de Pierre Ferrari pour l’élection municipale d’Henin-Beaumont).


Voici, pour information,
mon commentaire (publié ce 27 juin) :

 On se demande comment cette ville du bassin minier va sortir du pétrin dans lequel ses élus municipaux l'ont mise.

Si j'ai bien compris, Marie-Noëlle Lienemann a joué un rôle majeur dans le rassemblement de la gauche lors des élections 2008 et dans la victoire, au second tour. Mais, accaparée par ses autres mandats, elle n'a pas suivi d'assez près la gestion municipale depuis l'élection.

Au moment où elle aurait le temps, elle n'est plus en situation de rassembler. C'est dommage. D'autant que le délabrement de la gauche s'accompagne de la disparition de la droite locale au profit de l'extrême droite locale, animée par Marine Le Pen.

Faut-il s'étonner des divergences de vues entre les instances nationales et départementales du PS et du MRC ? Les unes et les autres ne disposent pas des mêmes informations et n'ont pas les mêmes préoccupations immédiates.

La position nationale du MRC et de son président, en soutenant la démarche de Pierre Ferrari et de sa liste de redressement de la gestion municipale sur des bases saines et de gauche, me semble la mieux adaptée, mais je reconnais ne pas disposer de tous les éléments du problème.
http://mrc53.over-blog.com


Je ressens, à l’issue de cette période électorale, qu’il y a
besoin de redonner un nouveau souffle au MRC, et je ne suis pas sûr qu’il y ait, au sommet, la volonté d’en prendre les moyens. Nous verrons, demain.


Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national
.

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 22:29

La société iranienne aspire à une ouverture sur le monde

 

Le pouvoir iranien a eu peur de la contagion démocratique et de la perspective de discuter avec Obama. Peur d’être amené à des concessions qui incitent le peuple à prendre toujours plus d’initiatives, mettant en cause les fondements du régime religieux, conservateur et dictatorial.

 

C’est pourquoi il s’est permis d’inventer un résultat des élections qui ne correspond en rien à celui des urnes.
Voir Iran : le fondamentalisme du régime, incompatible avec la démocratie - 18 juin 2009
et l’article paru sur le site du quotidien Le Monde le 15 juin sous le titre
Iran : la "troisième révolution" ?.

 

Pour l’heure, le régime a repris le contrôle des rues, par la force et en laissant faire suffisamment de violence pour que les manifestants restent chez eux. Mais la résistance est très vive au sein même du régime, attisée par la certitude partagée de la manipulation électorale. Au point que le président, prétendument réélu, n’est pas sûr de pouvoir former un gouvernement en respectant les formes légales.

 

Les plus grands dignitaires religieux refusent la tricherie et soutiennent la contestation. Les femmes étaient en première ligne avec les jeunes hommes dans les manifestations (voir Iran : les femmes en première ligne de la contestation, Le Monde, 26 juin).


La sévérité de la répression était mise en évidence, hier, par Jean-Pierre Perrin sur le site de Libération : Iran, la peur gagne du terrain.


Pour Obama : la légitimité de l'élection en Iran "pose question" (Le Monde, 23 juin). Le président des USA a réaffirmé, ce soir, qu’il n’entend pas changer de méthode. Il continuera de rechercher le dialogue avec tous les pays du Proche et du Moyen Orient.


Mais il admet que le comportement du pouvoir iranien avec son peuple aura des répercussions sur le contenu des propositions américaines (voir l’article paru ce 26 juin sur le site du Nouvel Observateur : Obama : la diplomatie avec l'Iran sera affectée).

A ce sujet, Riposte Laïque, qui a publié le livre « Les dessous du voile », refuse les intimidations de ceux qui soutiennent la dictature en Iran (voir l’article de Cyrano ce 26 juin dans Riposte Laique).

 
Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 17:21

 

Sortir des principes dogmatiques de Pascal Lamy

 

L’intervention, le 25 juin, du sénateur du Territoire de Belfort, telle qu’elle est rapportée sur son blog, est un régal, car elle est, à la fois, politique et technique, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde, convenons-en, sur un sujet aussi difficile que les négociations commerciales de l’OMC (poursuite du cycle de Doha de l’Organisation Mondiale du Commerce).

 

Le Sénat a organisé un débat sur le volet agricole des négociations OMC, afin de contribuer à l’élaboration de la position française. Le président du Mouvement Républicain et Citoyen s’adresse directement à la représentante du gouvernement, Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur.

 

Le texte entier est à lire sur le blog de Jean-Pierre Chevènement : Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée.

 

Je vais en faire un résumé, avant de reprendre dans son intégralité la conclusion.

 

Le cycle de Doha n’a pu aboutir en 2008, en raison de l’opposition de l’Inde, qui a tenu à sauvegarder les intérêts de ses 700 millions de petits producteurs agricoles. Ensuite, ce sont les USA  qui ont demandé, fin 2008, un délai de réflexion après l’élection de leur nouveau président, Barack Obama.

 

Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, refuse de voir que ses propositions de libéralisation du commerce vont à l’encontre de ce qu’il faudrait faire, c’est-à-dire de la régulation. Il insiste pour que le cycle de Doha aille à son terme, continuant de faire preuve du libéralisme le plus dogmatique.

 

L’agriculture a des caractéristiques propres qui nécessitent un traitement particulier de ses producteurs, dont les produits sont essentiels à l’alimentation humaine.

 

Si le processus libéral initié par l’OMC devait se poursuivre, on irait tout droit vers le démantèlement de la Politique Agricole Commune (PAC). Déjà, il y a six mois, au moment de faire « le bilan de santé de la PAC », l’augmentation des quotas laitiers (en vue de leur suppression en 2014) était une décision regrettable.

 

Certes, l’évolution de la PAC, en raison de ses réformes libérales, est critiquable. Il faut rompre avec la pensée libérale dogmatique, rechercher la sécurité alimentaire, vérifier la nécessité des importations, comme le font les grands pays asiatiques. La seule référence aux avantages comparatifs, comme le fait l’OMC, est inacceptable.

 

Le sénateur Chevènement propose de revenir à des notions simples :

 

1- rechercher l’autosuffisance agricole à l’échelle des grandes régions du globe, le commerce agricole étant secondaire.

2- soutenir les revenus et orienter les productions par les marchés et par les prix, rompre avec le système des aides directes.

3- viser l’objectif de régulation, en faisant en sorte de ne pas trop s’éloigner des prix internationaux sur le long terme, et en tenant compte de multiples paramètres régionaux.

4- associer les producteurs aux mécanismes de régulation.

 

En bref, l’objectif est de trouver un bon équilibre entre le système interne à l’Europe et les relations avec les pays tiers, notamment africains.

 

JP Chevènement avance le concept d’une PAC renouvelée et viable, recherchant une certaine autosuffisance alimentaire, ne dépendant qu’à la marge des marchés et des prix mondiaux, afin d’éviter les trop grandes variations de prix et de revenus.

 

Il s’agit d’organiser les relations commerciales dans le cadre de grands espaces agricoles, ce qui permettra de maintenir les paysanneries, en Europe et ailleurs.

 

Cette orientation doit commander l’attitude de la France  et de l’Union européenne à l’OMC. Les négociations ont été engagées sur des bases faussées dès le départ. Il faut les réorienter.

 

Rappel du projet de l’OMC concernant l’agriculture (juillet 2008), comprenant trois points :

 

1. réduction globale du soutien interne censé avoir des effets de distorsion sur les échanges ;  
2. réduction des tarifs empêchant le libre accès aux marchés ;
3. suppression des aides à l’exportation.

 

Détail des 3 points en négociation :

 

1- réduction de la mesure globale de soutien censée fausser les échanges (-80% pour l’UE sur 5 ans),

2- réduction des tarifs, frappant plus fort l’UE, ramenant la protection tarifaire de l’agriculture européenne à presque rien, ce qui revient à désarmer l’UE pendant qu’un pays comme le Brésil, bénéficiant des avantages comparatifs, serait favorisé.

3- réduction de moitié, puis suppression, des aides à l’exportation. Ce point est plus acceptable. Les aides au stockage sont préférables pour adapter l’offre aux besoins de consommation.
 

Conclusion (reprise du texte dans son intégralité)

 

D’une manière générale, il faut opposer au libre-échangisme doctrinaire le principe d’une concurrence équitable dans les échanges internationaux. Nous voyons les produits industriels fabriqués dans les pays à bas coût envahir nos marchés à des prix de dumping, qu’il s’agisse de dumping social, monétaire ou environnemental. La France et l’Europe seraient bien inspirées de ne pas poursuivre dans le domaine agricole le désarmement unilatéral auquel elles ont procédé en matière industrielle.

De lourdes menaces pèsent sur l’avenir de l’agriculture française à l’OMC et au niveau européen dans le cadre de la révision de la PAC après 2013 dont on peut craindre le démantèlement, si la négociation de Doha aboutit à une diminution drastique de la protection douanière et des subventions agricoles.

Or nous savons très bien que d’autres intérêts sont en jeu, notamment dans les services, et que le gouvernement peut très bien être tenté de faire prévaloir l’intérêt de quelques multinationales sur celui des agriculteurs. Ces multinationales ne sont, bien souvent, françaises que de nom. Leur logique de développement, essentiellement financière, est très éloignée des intérêts de l’économie française.

Nous demandons à être rassurés quant à votre détermination pour éviter que la Commission européenne ne soit tentée, encore une fois, de brader les intérêts de l’agriculture. Ce n’est pas le protectionnisme qui a créé la crise économique actuelle. C’est la liberté absolue laissée aux capitaux de spéculer et aux multinationales de se déplacer, et dans une économie totalement ouverte, qui nous désarme face à la concurrence sauvage du dollar ou des pays à très bas coûts salariaux.

Je souhaite que la France défende ses intérêts qui sont aussi ceux de l’Europe. Celle-ci doit assumer pour l’essentiel son autosuffisance alimentaire. Elle doit veiller à l’équilibre de sa société où il n’est pas nécessaire que l’exode rural vienne gonfler le nombre des chômeurs. Elle doit veiller à la protection de ses paysages et à la qualité de son alimentation.

 

Bien entendu il convient de traiter à part les pays les moins avancés dont le destin est lié au nôtre – je pense à l’Afrique et aux Caraïbes. Ces pays ont besoin de pouvoir accéder à notre marché pour leurs productions qui généralement ne concurrencent guère les nôtres, pour des raisons climatiques. Ces pays en voie de développement ne sont pas ceux du groupe de Cairns. Ceux-ci ne sont plus depuis longtemps des pays en voie de développement.

La crise alimentaire de 2006-2008 a montré que l’équilibre alimentaire du monde était loin d’être assuré dans le long terme. La situation de l’Afrique est à cet égard particulièrement préoccupante. L’Europe, en raison de son histoire mais aussi de sa proximité géographique, a le devoir de s’en préoccuper si l’on veut éviter de grands mouvements migratoires. On ne peut confier cette mission aux seules lois du marché.

L’Afrique est le prolongement naturel de l’Europe. Notre continent a le droit de se protéger vis-à-vis des grands pays neufs qui n’ont pas les mêmes contraintes. L’Europe peut pourvoir pour l’essentiel à ses besoins alimentaires. Cet objectif d’une relative autosuffisance alimentaire ne nous coupera pas du marché mondial, mais le remettra à sa place qui ne saurait être la première. Car d’autres considérations économiques, sociales, sanitaires, environnementales, doivent primer.

C’est pourquoi nous attendons, Madame la Ministre, que la France utilise, le cas échéant, son droit de veto à l’OMC pour faire obstacle à la conclusion d’une négociation qui empêcherait une réorientation efficace de la politique agricole commune.

 

Mieux vaut une absence d’accord qu’une négociation bâclée, car l’avenir de l’agriculture française et européenne est incompatible avec l’acceptation du cadre libéral mondialisé.

 

L’OMC mériterait mieux son nom si les marchés étaient véritablement organisés. C’est l’organisation qui manque. Dans le sigle de l’OMC, le « O » aujourd’hui n’a pas sa place.

 

Nous ne voulons pas que notre agriculture disparaisse comme ont déjà disparu des pans entiers de notre industrie. Nous voulons une Europe qui protège et non une Europe ouverte et offerte, simple relais du libéralisme mondialisé.

 

Cet article est le 7ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur.

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 22:20

Mot d’ordre :
suivre la feuille de route de Versailles

 

Fillon IV, c’est beaucoup plus qu’un simple aménagement du gouvernement, en raison des départs annoncés des députés européens Barnier et Dati. C’est un gouvernement stratégique en vue de l’échéance des élections régionales en mars 2010, dans un contexte de crise de grande ampleur.

 

Les personnes sûres aux postes clés, la mise à l’écart des faibles pour des raisons diverses, des renforts préparés au combat et déstabilisateurs pour l’adversaire, tout a été fait pour créer les conditions d’une nouvelle victoire en 2010, dans la perspective de l’échéance présidentielle de 2012.

 

Versailles, c’était la mise en scène du chef dictant la feuille de route de son gouvernement. L’habileté du monarque républicain est réelle. Elle bénéficie de la faiblesse de l’opposition. Mais elle ne repose pas sur des bases solides.

 

Sarkozy est l’ami de Giscard. Il conduit un peu la même politique. Trois ans avant la fin de son mandat présidentiel, Giscard avait gagné les élections, son opposition était divisée. Et, pourtant, il n’a pas été réélu en 1981.

 

La crise, en 2009, n’a pas dit son dernier mot et les affaires judiciaires, non plus (voir Karachi : l'Etat savait mais ne voulait pas que l'enquête avance - 20 juin 2009), qui risquent de mettre à mal l’unité de la droite.

 

Les rapports publiés ne sont pas bons. Celui du président de la Cour des Comptes pointe le doigt sur la dérive des comptes publics. Celui de la Banque mondiale prévoit une récession mondiale forte (-3% en 2009). Une grave rechute n’est pas exclue, ouvrant la voie à une grande dépression économique.

 

Le président, qui ne voyait pas venir la crise, pourrait bien être pris au dépourvu par une prochaine aggravation du mal qui ronge l’économie capitaliste.

 

Le bouclier fiscal qui protège les hauts revenus serait remis en cause, en même temps que l’ensemble de la politique libérale du président. Dans ces conditions, l’habileté politique ne suffirait pas. Le peuple exigerait des mesures de salut public et le rassemblement des forces de progrès.
Politique fiction ? Nous verrons.

 

Dans l’immédiat, voici des informations concernant le changement de gouvernement :


Un gouvernement Fillon IV taillé sur mesure pour Sarkozy II
 (site Le Monde, 24 juin)
.

 

Sur Marianne, hier : Le guide des petits nouveaux du gouvernement.

 

Sur Le Nouvel Observateur, ce 24 juin : Sarkozy réclame de l'"audace" à ses ministres.

Sur Rue89, ce jour : Lellouche au Quai d'Orsay : la contradiction turque de Sarkozy.

Sur Le Monde, ce jour : Les dossiers chauds qui attendent le gouvernement.

 

Cet article est le 24ème paru sur ce blog dans la catégorie La droite en France .

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