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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 20:42

 

Contradictions entre le discours et la réalité

 

A part Le Figaro, laudateur inconditionnel du président de la République, les organes de presse ne sont pas avares de critiques après son discours de Versailles, hier. Nicolas Sarkozy, avec l’appui de son conseiller Henri Guaino, veut apparaître, en temps de crise, plus ouvert au maintien de notre système social et républicain, qu’il avait combattu avant son élection. Mais, quand il cite Jaurès, il ne manque pas d’apparaître comme un usurpateur.

 

Toutefois, rares sont ceux qui mettent le doigt sur les contradictions entre ses discours et la réalité de sa politique, comme je l’ai fait (voir Sarkozy à Versailles : le discours de Guaino, avant les actes de Fillon - 22 juin 2009).

 

Claude Nicolet (MRC Nord, secrétaire national) l’a fait aussi. Sur son blog, ce 23 juin, il a commenté le discours de Versailles, en pointant les contradictions du président.

 

Discours de Nicolas Sarkozy au Congrès de Versailles :

ça commence à gauche, ça finit (très) à droite


En réalité, la substantifique moelle du discours de Nicolas Sarkozy se situait dans sa première phrase: "Nous vivons dans une démocratie apaisée où tout le monde s'écoute". Sauf que lui, il s'en va ! Ce sont les autres qui doivent écouter et se contenter d'un "débat" qui n'en est pas un. Les limites de l'exercice sont très rapidement atteintes. Car  cette contradiction structurait l'intervention du chef de l'Etat

Une intervention dans laquelle on sent clairement l'influence d'Henri Guaino, le conseiller spécial du Président. Une première partie dans laquelle bien des républicains en général, et des hommes et des femmes de gauche en particulier, peuvent se retrouver. Le rappel au volontarisme de l'Etat, à la force de la République ou encore à la volonté de mettre en avant "le récit national", ce qui "fait France", rencontre chez nous un certain écho.

Lire la suite...


(…) "L'Europe doit changer"
dit-il, c'est vrai. Depuis 20 ans nous le disons. Mais là encore il y a les mots et la réalité. Elle doit changer pour rester la même. Elle doit même tellement changer que le chef de l'Etat soutient Mr Barroso, le Président sortant de la Commission! Elle doit tellement changer qu'il n'en dit pas un mot devant les parlementaires. Les élections européennes viennent d'avoir lieu: 60% d'abstention: pas un mot sur ce refus de vote des Français. " L'Europe doit changer". Mystères et boules de gomme. Comprenne qui pourra (…).


Mais la question sociale a un rapport essentiel avec les projets politiques d'émancipation et de ruptures avec les forces qui aliènent. Forces du capital, de domination sociale ou culturelle, force politique. Or, le président de la République a t-il évoqué ces points dans son intervention d'hier ? Bien sûr que non.


Le grand défi de la gauche
sera de proposer un projet politique au peuple français, qui soit un projet républicain d'émancipation et de libération des liens ténus qui entravent les hommes et les femmes. Le chef de l'Etat a t-il fixé une telle perspective? Pas à ma connaissance.

 
Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie La droite en France .

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 21:42

 

L’art du trompe-l’œil et du vrai-faux changement

 

Le président de la République n’ignore pas la gravité de la crise économique, qui risque de mettre à mal sa crédibilité politique. C’est pourquoi il multiplie les discours exceptionnels, à Genève (voir A Genève, Sarkozy dénonce «le capitalisme financier», Libération, 16 juin) ou à Versailles, ce 22 juin, où il prétend tirer les conséquences de la crise, sans changer de politique économique et sociale.

 

Ce discours est habile. C’est celui de son conseiller spécial, Henri Guaino, par lequel il refuse la politique de la rigueur, chère à son premier ministre, qui ne dit mot, mais n’en pense pas moins car il sera maintenu à la tête du gouvernement pour continuer les réformes libérales annoncées pendant la campagne présidentielle (voir l’article de Philippe Cohen, ce 22 juin, sur le site de Marianne Sarkozy retrouve Guaino et oublie Fillon).

 

Le quotidien Le Monde se laisse prendre au jeu du président avec ce titre, ce 22 juin : Sarkozy veut mettre la France "en mouvement" grâce à l'emprunt.

 

Comme il le dit, "L'Europe doit changer" car "elle ne pourra plus fonctionner après la crise comme avant". Dans cette intervention devant le Congrès, c’est la seule allusion à l’Europe, comme s’il ne savait pas le poids de l’Union européenne sur nos choix nationaux (voir Parlement européen : c'est là que l'on rêve des Etats-Unis d'Europe - 21 juin 2009).

 

En fait, le président cherche à enfumer l’atmosphère pour mieux faire accepter sa politique libérale. Jusqu’à présent, cela lui a bien réussi dans ses relations avec les organisations syndicales (voir Sommet social : le président Sarkozy est peu crédible face à la crise - 20 février 2009).

 

Les priorités de la seconde partie de son quinquennat seront la réforme des collectivités locales, le rendez-vous sur les retraites de 2010 et la "qualité de la dépense publique". Il n’est pas sûr qu’il parviendra à ses fins aussi facilement que pendant ces deux années passées.

 

Voici le commentaire critique que m’a transmis Jacky Eouzan (MRC 22) :

 

En venant à Versailles devant le congrès, Nicolas SARKOZY voulait plus qu'un symbole, il voulait un plébiscite. Il l'a eu quant à la forme. Quant au fond, outre la construction de prisons tout un symbole, il nous a annoncé un emprunt pour renflouer les caisses, qui sera une nouvelle fois remboursé par les classes moyennes puisque les privilégiés seront protégés par le bouclier fiscal.

Il veut nous faire croire que cet emprunt va servir à financer des emplois industriels, alors qu'il aille le dire à Gandrange dont les ouvriers savent ce que les promesses de Nicolas 1er veulent dire, qu'il aille le dire à Bruxelles dont ont sait que toutes les mesures de protection nationale sont exclues en fonction des traités existants et le seront d'avantage encore après l'application du traité de Lisbonne.

Mais il y a pire, il va s'attaquer aux retraites par répartition et au régime de la sécurité sociale. C'est à dire aux acquis du Conseil National de la Résistance. A qui fera-t-il  croire que ce que le  Conseil National de la résistance a réussi à construire, alors que la France était à genoux après la seconde guerre mondiale, que le pays était à reconstruire, et qu'il allait supporter le prix d'une première guerre coloniale (Indochine), nos aînés ont réussi a construire un système de solidarité nationale quasi unique au monde, qui a supporté une seconde guerre coloniale ainsi que la décolonisation, et qu'aujourd'hui encore, alors que nous sommes la cinquième puissance économique du monde, nous serions incapables de maintenir. 

En réalité, ce Gouvernement  a trouvé judicieux d'endetter le pays pour mieux creuser encore et plus les déficits publics. Cette réunion de Versailles qui n'apporte rien à personne entre dans cette ligne de déficit puisqu'elle coûte entre 400.000 et 500.000 euros. Elle n'aura servi qu'à flatter le narcissisme de Nicolas 1er tout en justifiant les sacrifices à venir.

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie La droite en France .

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 22:53

 

Les Etats ne rêvent pas, ils préfèrent Barroso

 

Bruxelles-AFLEC-3-41208-006-Parlementeuropeen--T-.jpgLes élections européennes ont rendu leur verdict dans les 27 Etats de l’UE (voir Résultats des élections européennes 2009). Il ne suffit pas de constater que le vent a été plutôt favorable aux partis conservateurs, car ce qui se passe à Bruxelles et à Strasbourg ne se réduit pas aux clivages entre la droite et la gauche.

 

Il y a la démarche intergouvernementale des Etats d’un côté et la logique communautaire du Parlement de l’autre, celui-ci représentant directement les peuples. Les eurodéputés représentent les citoyens de leur pays et doivent avoir en tête l’intérêt général européen, s’il existe. Entre les deux, il y a une troisième institution, la Commission, que chacun veut tirer à soi. Les Etats veulent en faire un simple exécutif de leurs décisions. Le Parlement veut en faire le gouvernement de l’Union.

 

Sur son blog, le 7 juin, Jean Quatremer a présenté Le Parlement européen, mode d’emploi. Il faut lire ce texte pour bien comprendre ce qui va se passer d’ici la fin de l’année au sein des instances européennes.

 

Créé en 1958, le Parlement européen (qui s’appelait au départ l’Assemblée parlementaire de la CEE) était composé de députés élus par les Parlements nationaux des Etats membres et n’avait aucun pouvoir. Il faut attendre 1970 pour que les Etats attribuent au Parlement européen (il prendra de lui-même ce nom en 1962, mais il ne sera reconnu qu’en 1986 par l’Acte Unique) des pouvoirs budgétaires (sauf sur le volet agricole) et 1979 pour qu’il soit élu au suffrage universel direct.

Ce n’est qu’avec l’Acte Unique de 1986 qu’il obtient d’être associé à l’élaboration des lois européennes (mais le dernier mot revient toujours au seul Conseil des ministres, l’instance où siègent les Etats). En 1991, le traité de Maastricht, qui entre en vigueur en novembre 1993, lui donne un pouvoir de codécision avec le Conseil des ministres, mais seulement dans quelques domaines législatifs limités.

Les traités d’Amsterdam (1997) et de Nice (2001) étendront la procédure de codécision, qui fait du Parlement l’égal du Conseil des ministres, à environ 70 % des directives et règlements. Si le traité de Lisbonne entre en vigueur, la codécision deviendra la procédure législative normale et le Parlement aura enfin le pouvoir de se prononcer sur l’ensemble du budget européen, y compris, donc, sur la politique agricole commune.


•    Le contrôle de la Commission européenne

Ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement qui nomment le président de la Commission, mais en tenant compte du résultat des élections européennes. Ensuite, le Parlement européen doit approuver cette désignation. De même, les eurodéputés doivent investir l’ensemble de la Commission, une fois celle-ci désignée par le Conseil européen en accord avec le Président. Le Parlement a innové en instaurant des auditions préalables des commissaires.

En 2004, il a ainsi contraint le Président de la Commission, sous la menace d’un refus d’investiture, à demander le remplacement du commissaire italien désigné. Il peut aussi censurer à tout moment l’exécutif européen, à la majorité des deux tiers des voix exprimés représentant au moins la moitié des députés. En 1999, la Commission Santer a préféré démissionner plutôt que de s’exposer une telle censure.

•    L’initiative législative

Elle appartient exclusivement à la Commission dans le domaine du marché intérieur. Le Parlement, à la différence des Parlements nationaux, ne peut pas déposer de propositions de directives, mais peut seulement demander à la Commission de le faire. Cette restriction, instaurée par les traités, vise à préserver la cohérence de l’action communautaire, celle-ci étant assurée par la Commission censée représenter l’intérêt général européen.

•    Les pouvoirs législatifs

Le Conseil des ministres a dû apprendre à compter avec le Parlement qui dispose depuis 1993 d’un pouvoir d’amendements des propositions de la Commission et peut même rejeter définitivement un texte. Mais pour qu’un amendement s’impose au Conseil des ministres, il faut qu’il réunisse au minimum la majorité absolue des eurodéputés et non une simple majorité relative. Là aussi il s’agit de tenir compte du fait que l’Union est avant tout une union d’Etats souverains qui ne peuvent se voir imposer un texte qu’à condition qu’il fasse largement consensus entre les composantes politiques et nationales du Parlement. En l’absence d’accord entre le Parlement et le Conseil, à l’issue de deux lectures et d’une procédure de conciliation, le texte est définitivement abandonné. Cela arrive rarement. On peut notamment citer les directives sur les biotechnologies, les OPA ou la brevetabilité des logiciels.

•    Le pouvoir budgétaire

Le Parlement ne peut se prononcer aujourd’hui que sur les dépenses non agricoles du budget européen et à condition de rester dans le cadre des « perspectives financières » adoptées par le Conseil du chef d’Etat et de gouvernement. Il ne peut voter de nouvelles ressources, le pouvoir fiscal appartenant aux seuls Etats membres et à leur Parlement.

•    Le statut des députés

Jusqu’à présent, chaque député européen avait droit à la même indemnité que les députés de son pays d’origine, indemnité payée par les différents budgets nationaux. D’où des différences étonnantes : de 760 euros par mois pour un Hongrois à 11.779 euros par mois pour un Italien, 6735 euros pour un Français. A compter de juillet prochain, ils auront tous droit à la même indemnité, 7000 euros brut par mois directement payés par le budget communautaire. 


 

La semaine dernière, les chefs d’Etat et de gouvernement, réunis à Bruxelles, ont reconduit Barroso à la tête de la Commission (voir Barroso reçoit le soutien unanime des Vingt-Sept, Le Monde, 19 juin). Mais, en réalité, la reconduction du président de la Commission européenne n’est pas assurée. Il faut l’accord du Parlement.

 

Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, dont l’engagement en faveur de la logique communautaire est connu, a rédigé une série d’articles à ce sujet (on les retrouve sur son blog « Coulisses de Bruxelles ») :

 

Daniel Cohn-Bendit : « tout sauf Barroso » ! (16 juin),

 

Cinq raisons de ne pas reconduire Barroso (18 juin),

 

Les Vingt-sept remettent le sort de Barroso entre les mains du Parlement européen (19 juin).

 

Compte tenu du résultat des élections européennes, favorable aux conservateurs, les chefs d’Etat et de gouvernement, qui sont eux-mêmes conservateurs, pour la grande majorité d’entre eux, ont choisi un conservateur, Barroso, parce qu’il a fait preuve de docilité et de flexibilité depuis cinq ans vis-à-vis des Etats, notamment sous la présidence française (crise financière, crise géorgienne).

 

Si le Parlement accepte le choix des Etats, cela signifiera qu’il se soumet à la volonté des Etats, notamment de la France et de l’Allemagne, les plus influents. Les eurodéputés qui militent pour une approche communautaire de l’Europe (il en existe aussi au PPE) vont tenter de refuser Barroso, en repoussant le vote à l’automne, quand le traité de Lisbonne aura été ratifié par les 27 Etats, y compris l’Irlande par un nouveau référendum (voir Traité de Lisbonne : l'Irlande prête à revoter en octobre (Le Monde, 19 juin).

 

S’ils y parviennent, les Chefs d’Etat et de gouvernement devront choisir une autre personnalité (au PPE, mais plus proche de la conception communautaire du fonctionnement européen) qui soit acceptable par la majorité (absolue, en sièges) des eurodéputés.

 

Pour en savoir plus sur le projet d’Europe fédérale, qui n’est pas le mien, voir les articles suivants :


Les «Etats-Unis d’Europe»
(Libération, 3 juin, Bernard Guetta),


Le Parlement, «bras armé» de l’Union politique
(Libération, 2 juin, Vincent Peillon),

 

L'Europe doit rejoindre le groupe des Etats-continents, par Valéry Giscard d'Estaing (Le Monde, 18 juin)

 

 Cet article est le 49ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 21:34

Des pratiques illégales au service d’intérêts particuliers

 

L’épisode conflictuel qui avait opposé Chirac à Balladur en 1995 a donné lieu à un rebondissement judiciaire pour des faits de corruption lors de vente d’armes, ce qui pourrait être lourd de menaces pour les personnalités politiques concernées, notamment le président Sarkozy (qui, au moment des faits, en 1994, était ministre du Budget du gouvernement Balladur) et ses amis.

 

Le pouvoir judiciaire, qui a été malmené par le président de la République et la ministre de la Justice, depuis deux ans, pourrait être revanchard.

 

L'attentat de Karachi de 2002, une affaire politique très française

 

Selon Oriane Raffin, qui signe un article dans le journal « 20 minutes », daté du 19 juin, l’attentat de Karachi, en 2002, au Pakistan, trois jours après la réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République, aurait un lien avec la décision de Jacques Chirac, en 1996, de cesser de verser des commissions promises par la France lors de l’achat de sous-marins, une partie de ces commissions étant reversée en France (« rétro-commissions » qui auraient servi au financement de la campagne de Balladur en 1995). A l’époque, les commissions étaient légales, mais pas les rétro-commissions.  C’est à ce niveau que l’ancien ministre du Budget serait concerné par l’enquête.

 

L’attentat de 2002 à Karachi
Le 8 mai 2002, un attentat à la voiture piégée contre un bus affrété par la DCN (les anciens arsenaux d’Etat) fait 14 morts à Karachi, au Pakistan, Parmi eux, 11 ingénieurs français travaillant pour la DCN ou ses sous-traitants. Pas de doute, la France et un des symboles de son armée, sont visés.

L’enquête a abandonné la piste Al-Qaïda
L’attentat de Karachi intervient quelques mois seulement après le 11 septembre 2001. Les premiers soupçons se portent immédiatement sur la piste terroriste et Al-Qaïda.

Ce jeudi, on a appris que les juges antiterroristes avaient changé de piste. Selon l’avocat de sept familles de victimes de l’attentat, Me Olivier Morice, joint par 20Minutes.fr, ils travaillent désormais sur une véritable affaire d’Etat, impliquant plusieurs pays, dont la France.

Les militaires et services pakistanais auraient commandité l’attentat en représailles au non-paiement de commissions, promises par la France lors de l’achat de sous-marins français. Une façon de «punir» la France, qui n’aurait pas tenu ses promesses.

L’opposition de 1995 entre Edouard Balladur et Jacques Chirac au cœur de l’affaire
Pour comprendre pourquoi la France n’aurait pas tenu ses engagements et renoncé à verser les commissions promises, il faut remonter dans le temps. De 1993 à 1995, Edouard Balladur est le Premier ministre de François Mitterrand. Un accord tacite avec Jacques Chirac prévoit qu’il lui laissera la place dans la course à l’Elysée, en 1995. Mais Balladur change d’avis… Populaire à l’époque, il décide de se lancer dans la campagne présidentielle, mettant fin ainsi à une «amitié de 30 ans». Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua le soutiennent. Mais c’est Jacques Chirac qui gagne.

Or, selon l’avocat des familles, dans le cadre du marché conclu avec le Pakistan, des «rétrocommissions étaient versées», c’est-à-dire qu’une partie de l’argent revenait en France. Ces rétrocommissions auraient servi au financement de la campagne électorale de 1995 d’Edouard Balladur.

Une fois arrivé au pouvoir, Jacques Chirac, avec son ministre de la Défense Charles Million, aurait alors décidé d’arrêter le versement des commissions au Pakistan, afin de réduire les moyens de son principal adversaire politique.

Comment les enquêteurs sont-ils arrivés à cette piste?
Elle a surgi en 2008, dans le cadre d’une enquête sur des faits présumés de corruption et de ventes d’armes. Lors d’une perquisition au siège de la DCNS (ex DCN), des policiers découvrent des documents portant sur des sociétés par lesquelles ont transité des commissions versées en marge de contrats d’armements.

Un de ces documents, baptisé Nautilus et non signé, faisait état d'une «instrumentalisation» de militants islamistes par des membres des services secrets pakistanais et de l'armée. Il indiquait que «l'attentat de Karachi a été réalisé grâce à des complicités au sein de l'armée (pakistanaise) et au sein des bureaux de soutien aux guérillas islamistes» des services secrets pakistanais.

Selon Mediapart, l’auteur de la note «Nautilus» serait un «ancien membre des services secrets français, ex-agent de la Direction de la surveillance du territoire (DST)», Claude Thévenet.

«J'avais été chargé par les instances dirigeantes de la DCN de recouper un certain nombre d'informations parce que la DCN avait peur que les services officiels, comme la DGSE ou la DST, lui livrent des informations inexactes ou tronquées sur ce qui s'est réellement passé au Pakistan», confie l’ancien espion sur le site internet.

L'avocat des familles estime maintenant qu'il «semblerait logique que des magistrats puissent entendre des hauts responsables français sur cette affaire».

 

L’Etat était informé des vraies raisons de l’attentat de Karachi et de ses commanditaires. La preuve : Karachi: dès 2002, la DGSE a mené une opération de «représailles» contre des militaires pakistanais (site Mediapart, 19 juin)

 

Selon des informations recueillies par Mediapart, les services secrets français ont mené en 2002 une opération de représailles – «casser des genoux» – contre des militaires pakistanais suspectés d'être impliqués dans l'attentat de Karachi. Le 8 mai 2002, cet attentat fit quatorze morts dont onze Français, employés de la Direction des chantiers navals (DCN).

 

L'opération a été le fait du service «Action» de la Direction générale des services extérieurs (DGSE). Cette information a été confirmée le 14 mai devant un juge antiterroriste par l'ancien agent de la DST, Claude Thévenet.

 

Ce dernier a reconnu être l'auteur du fameux rapport «Nautilus»: il révèle que l'attentat aurait été causé par le non-versement de commissions dues par l'Etat français, sur fond de règlement de comptes entre chiraquiens et balladuriens.

 

C'est aujourd'hui la thèse privilégiée par les juges. Une thèse qualifiée de «grotesque et de fable» par le président de la République. Jointe par Mediapart, Sandrine Leclerc, fille d'une victime, se dit «très fâchée et même en colère contre Nicolas Sarkozy».

 

Voir aussi  Attentat de Karachi: l'enquête s'oriente vers une «affaire d'Etats» (Libération, 19 juin),

 

Attentat de Karachi : interrogé, Sarkozy qualifie les informations de "grotesques" (Nouvel Observateur, 19 juin),

 

Derrière les onze morts de Karachi, le duel Chirac-Balladur (Rue89, 19 juin).

 

Cet article est le 11ème paru sur ce blog dans la catégorie Justice Police Défense.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 17:46

Faciliter le vivre ensemble et l’égalité homme-femme

 

André Gerin a présidé le 16 juin 2009 son tout dernier Conseil municipal en tant que premier magistrat de la Ville de Vénissieux (Lire la suite ...). Mais c’est le député (PCF) André Gerin qui est à la une de l’actualité.

 

La proposition de résolution qu’il a signée (avec d’autres députés de divers horizons) vise à créer « une commission d’enquête parlementaire de trente membres afin de dresser un état des lieux de la pratique du port de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, de mieux comprendre le phénomène et de définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national ».

 

On peut se demander si cette initiative n’est pas en relation directe avec les déclarations de Barack Obama au Caire, suivies par celles de Nicolas Sarkozy à Caen (voir sur ce blog Le président Obama cherche à changer la donne au Proche Orient - 6 juin 2009).

 

Le président des USA s’est exprimé en faveur de la liberté des femmes : "Il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple en dictant ce qu'une musulmane devrait porter".

 

Et le président français a déclaré partager cet avis, omettant de « rappeler que les jeunes filles n'ont pas le droit de porter le foulard dans les écoles publiques » en France.

 

André Gerin est bien placé pour observer la tendance, dans certains milieux islamistes intégristes (ce sont souvent des femmes nouvellement converties), à marquer leur différence en portant des habits leur dissimulant (quasi) entièrement le visage.

 

Au nom de la liberté, on peut tout accepter. Mais, au nom de la conception qu’on se fait de la vie en société et des rapports égalitaires entre les hommes et les femmes, on peut aussi examiner cette question en vue de prendre une décision d’ordre réglementaire. La démarche parlementaire semble bien adaptée.

 

Voici des articles de presse qui évoquent cette question :

 

Burqa : vers un "islam apaisé et des lumières"  (Nouvel Observateur, 18 juin),

 

Burqa : le gouvernement n’écarte pas une loi (Libération, 19 juin),

 

Burqa : un vieux débat relancé, mais Sarkozy a changé de camp (Rue89, 18 juin),

 

En fait, l’initiative du député du Rhône et de sa soixantaine de collègues, en majorité UMP, n’est pas bien perçue à gauche, celle-ci étant très divisée à propos de la laïcité. Voici ce qu’en dit le journal en ligne Riposte Laique qui a édité le livre « Les dessous du voile » :

 

« Nous ne considérons pas que le combat laïque et républicain appartienne à la seule gauche. Nous connaissons de vrais laïques, qui ne votent pas à gauche, et qui pourtant défendent bec et ongles la séparation du religieux et du politique, et l’esprit de la loi de 1905, avec bien plus de pugnacité que nombre d’élus socialistes, communistes ou écologistes ».

 

La crainte de ce journal, concernant la proposition de André Gerin, est la récupération qu’en fera le président de la République (voir Le probable marchandage islamo-Sarko : interdire la burqa, mais financer les mosquées).


Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie
Laïcité et communautarismes.

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 22:37

Fuite en arrière, face aux aspirations de la jeunesse

 

Ce n’est pas de la fraude électorale. C’est un plan, préparé depuis longtemps, pour éviter la défaite électorale. Le président Ahmadinejad savait que le résultat des urnes lui serait défavorable. Il a persuadé le Guide suprême Khamenei (qui détient le pouvoir religieux, au-dessus du pouvoir politique en Iran) qu’il n’y avait pas d’autre solution que la fraude massive pour préserver son pouvoir.

 

Ainsi, pour éviter une « révolution de velours à la tchèque », les deux dirigeants ont opté pour une révolution de type autoritaire, une sorte de fuite en arrière, dont les conséquences sont imprévisibles.

 

Ces informations sont tirées de l’article paru le 16 juin sous la signature de Jean-Pierre Perrin dans Libération (cliquer sur le titre) :

Les dessous d’une élection fabriquée 

L’organisation de la fraude était d’abord destinée à sauver le pouvoir absolu du Guide suprême. Trois jours après le scrutin, le camp réformiste reste toujours aussi déterminé. Peut-il sortir vainqueur de cet affrontement ?


           Y a-t-il vraiment eu une fraude et de quelle ampleur?


Il semble que la fraude ait été préparée bien avant les élections
. Depuis les scrutins de décembre 2006 (municipales et Assemblée des experts, l’une des principales institutions de la République islamique), qui avaient été très défavorables à ses partisans, Ahmadinejad était sur la défensive. Il s’attendait, semble-t-il, à perdre cette présidentielle. A l’exception d’un sondage américain le donnant largement vainqueur, les autres enquêtes d’opinion, cette fois iraniennes, le donnaient battu.


D’après des informations glanées au ministère de l’Intérieur, des
bassidji («volontaires» des milices islamiques) sont venus, le jour du scrutin, remplacer certains fonctionnaires chargés de collecter les résultats. «Cette fraude est la conséquence d’un plan très sophistiqué, machiavélique, préparé de longue date, avec une feuille de route», souligne le chercheur Michel Makinsky.


Selon des fuites obtenues auprès d’experts dans ce même ministère, les vrais scores des candidats sont radicalement différents de ceux annoncés officiellement : le réformateur Mir Hussein Moussavi serait ainsi arrivé en tête avec 19 millions de voix (sur 42 millions de votants), devant le second candidat réformateur, Mehdi Karoubi, qui a recueilli 13 millions de suffrages, Ahmadinejad n’arrivant qu’en troisième position avec 5,7 millions. Dès lors, un second tour aurait dû avoir lieu sans la présence du candidat ultraradical.


Quel a été le rôle du Guide Ali Khamenei ?


Il semble qu’il était prêt à accepter la victoire de Moussavi. Ce serait Ahmadinejad qui l’aurait convaincu d’entériner la fraude et de le déclarer vainqueur avec les chiffres qu’il avait lui-même fabriqués. Le président sortant aurait emporté la décision du Guide en lui expliquant que les deux candidats arrivés en tête souhaitaient limiter son pouvoir absolu.


Est-on en train d’assister à une révolution ?


Avant les élections, Yadollah Javani, le chef des Gardiens de la révolution avait mis en garde contre les risques d’une «révolution de velours» semblable à celle qui avait triomphé du communisme en Tchécoslovaquie. Mais, pour le moment, le camp réformateur exige uniquement que le verdict des urnes soit respecté. A aucun moment, il n’a remis en cause la légitimité du régime islamique.


Après le scrutin qui les donnait perdants, les deux candidats réformateurs ont d’ailleurs voulu rencontrer immédiatement le Guide. Mais si les leaders réformateurs fédèrent tous les opposants à Ahmadinejad, une large partie des jeunes veulent aller plus loin et remettent en cause les valeurs islamiques, désirant une vie plus libre, plus à l’occidentale, moins corsetée par les interdits. Principal handicap de cette avant-garde, elle ne dispose d’aucune organisation, même clandestine. La mouvance réformatrice, elle-même très divisée, n’a pas non plus de véritables partis pour la représenter, hormis un syndicat étudiant. Les partisans de Mahmoud Ahmadinejad sont, eux, mieux structurés.


Que peut faire le pouvoir ?


A l’évidence, il y a aujourd’hui deux camps en Iran. La défaite d’Ahmadinejad ne signifie pas qu’il soit dépourvu d’une base électorale, d’autant plus qu’il a distribué avant le scrutin une manne financière extraordinaire et qu’une partie des Iraniens sont sensibles à ses slogans nationalistes. Il a aussi derrière lui les
bassidji, soit environ deux millions d’éléments paramilitaires. La direction du camp réformateur est d’ailleurs très soucieuse d’éviter toute radicalisation du conflit. En revanche, elle a désormais un véritable leader, Bir Hossein Moussavi, bon tacticien, déterminé et opiniâtre.


Khamenei, le Guide suprême
, a demandé à Moussavi de calmer la rue. Sans succès. Après la proclamation des résultats, le régime s’attendait à des manifestations, mais sans doute pas de cette ampleur.

On peut noter en revanche que les Gardiens de la révolution, qui, comptent 170 000 hommes et 350 000 appelés ne sont pas intervenus en renfort. Est-ce parce qu’ils laissent les basses besognes aux bassidji et aux policiers des renseignements ? Ou parce qu’ils sont eux-mêmes divisés, une partie des officiers étant proche de Moussavi qui fut Premier ministre pendant la longue guerre Iran-Irak ?


Que font les religieux ?


Ils gardent le silence et discutent, notamment au sein de l’Assemblée des experts et des séminaires de la ville sainte de Qom. Car, en toile de fond, c’est le rôle du Guide qui se joue. Durant la campagne, la question de la limitation de son pouvoir absolu avait été posée par les candidats réformateurs, notamment lors des débats télévisés. Là est sans doute le véritable enjeu des élections. Inacceptable pour lui.
 

Voir aussi :

 

-          l’analyse de Marie-Claude Decamps (Le Monde, 15 juin) : Iran : la "troisième révolution" ?

-          les commentaires, ce 18 juin, de Zineb Dryef sur le site de Rue89 : Iran : les accusations de fraude électorale se précisent

 

Pour en savoir plus sur l’Iran :

 

Iran (Présentation du pays et données proposées par l'université canadienne de Laval).

Iran - Wikipédia

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 11:35

Mobiliser les citoyens sur la base d’un projet politique

 

 

Les derniers mots du texte que j’ai publié hier soir « rien n'indique que le rose et le vert se marient harmonieusement » (voir La gauche social-démocrate paie sa dépendance au néolibéralisme - 16 juin 2009) m’ont rappelé ce que j’avais écrit dans ma profession de foi de candidat aux élections législatives 2007.

 

Voici l’extrait de ce texte (voir Circulaire - profession de foi - de Michel Sorin, candidat MRC à Laval - 24 mai 2007), qui me semble d’actualité :   

La gauche a un objectif historique : construire­ un grand parti républicain et socialiste réunissant la gauche de gouvernement en France.

La gauche que je représente est :

- Républicaine car fidèle aux principes et aux valeurs de la République.
- Radicale car son projet est à l’opposé de celui de la finance mondialisée.

- Raisonnable car elle recherche le meilleur équilibre possible par le compromis.

Face une droite qui accepte le jeu de la mondialisation libérale (fonctionnant selon les intérêts du capital financier mondialisé), la gauche doit prendre en charge les intérêts du monde du travail, ce qui correspond dans le long terme à l’intérêt général de la société.

Tout récemment, le 17 mai 2007, sur mon blog j’ai résumé ainsi les principales orientations que la gauche, à mon avis, devrait adopter demain :

 - Construction d’une Europe in­dé­pen­dante et consolidation du modèle social et républicain national,

 - Adoption d’une politique énergétique cohérente et relance d’une croissance écologique, riche en emplois,

 - Nouvelles règles pour le commerce international et priorité à la sécurité alimentaire partout dans le monde.

La réorientation européenne et la recherche de l’in­dé­pen­dance stratégique de l’Europe ne font qu’un. C’est une nécessité absolue si l’on veut préserver notre modèle républicain et jouer un rôle dans la façon dont s’organise la vie sur la planète.

Le réchauffement climatique est une réalité qu’il faut combattre par une politique énergétique avisée. Celle-ci doit rechercher les économies d’énergie, l’efficacité  énergétique et la capacité, non seulement à ne pas polluer l’atmosphère, mais à relancer la croissance en la réorientant dans un sens plus écologique.

La libéralisation du commerce international n’est pas la priorité si l’on considère les besoins des populations dans le monde. La priorité, c’est la sécurité alimentaire, en quantité et en qualité. L’agriculture doit être productive et in­ten­sive, tout en étant économe et écologique, afin de nourrir une planète marquée par d’énormes disparités.

 

Dans un « Point de vue » publié le 16 juin sur le site de Libération, le philosophe Jean-Claude Monod (voir Jean-Claude MONOD - Fiche personnelle - Nonfiction), chercheur au CNRS, propose de relier le social et l’écologie dans la recherche d’un nouvel équilibre d’ensemble de la gauche.


Je ne partage pas complètement ce point de vue. Mais il a le mérite de poser des questions, mises sur le devant de la scène depuis les élections européennes.
Des compromis seront nécessaires entre les différentes sensibilités de la gauche, afin de proposer un projet républicain, social et écologique. Le mouvement Europe Ecologie, qui rassemble des tendances diverses et se situe au niveau européen sur des bases libérales, devra choisir entre les projets de la gauche et de la droite.

 

L’urgence d’une social-écologie (Extrait)


Bien au-delà d’un résultat conjoncturel, l’égalisation des niveaux électoraux du parti socialiste et des Verts pourrait constituer une chance de recomposition de l’équilibre d’ensemble de la gauche. Cette recomposition implique de reconnaître que le PS a perdu non seulement sa vocation hégémonique «naturelle» sur la constellation de la gauche de gouvernement, mais aussi les conditions de son hégémonie sur les demandes sociales «de gauche».


Hégémonie
n’est pas ici à entendre en un sens péjoratif, mais au sens qu’ont élaboré des théoriciens marxistes et post-marxistes comme Gramsci et, plus récemment, Ernesto Laclau : dans des sociétés démocratiques et capitalistes aussi complexes que les nôtres, la gauche ne représente plus «une» classe (ouvrière), elle doit construire des «chaînes d’équivalences» et organiser des alliances autour de mots d’ordre qui agrègent des demandes sociales diverses émanant de groupes transversaux.


Ces groupes ne se constituent plus à partir d’une identité de condition, mais à partir de leurs revendications ou de leurs aspirations. La gauche socialiste a un temps su combiner son identité de parti ouvrier et de chambre d’écho des mouvements sociaux, pour l’extension des droits des femmes, des homosexuels, des immigrés, des prisonniers, etc. Elle n’y parvient plus, pour des motifs à la fois intellectuels, organisationnels et sociologiques.


- Motifs intellectuels
 : le socialisme a été pensé dans le cadre de la société industrielle ascendante et triomphante, pour rendre possible une autre organisation de la production.


Le productivisme implicite
de cette philosophie politique a été mis en cause depuis des décennies, par des théoriciens restés marginaux, comme André Gorz, dont la conclusion était la nécessité d’une refondation du socialisme sur deux piliers, le social élargi au-delà de la base ouvrière initiale, et l’écologique, en rupture avec la glorification stalinienne de la grande industrie.

Faute d’avoir opéré cette refonte du socialisme en social écologisme, le socialisme risque d’être balayé par l’urgence écologique et par l’inquiétude, scientifiquement fondée, pour l’avenir très proche de la Planète. Avoir fait de cette inquiétude un souci «bobo» en lui opposant le primat du social a été une erreur durable de certaines franges du PS.


Au plan doctrinal
, la social-démocratie européenne ne semble offrir qu’un horizon de protection et de préservation des acquis de l’Etat-Providence, là où une social-écologie pourrait prendre motif de la faillite du capitalisme spéculatif et destructeur pour proposer un projet mobilisateur, enthousiasmant, d’invention de modes de production fondés non sur l’exploitation indéfinie des ressources et des hommes, mais sur un souci de justice et de viabilité. Les inventions sociales en matière de commerce équitable, de microcrédit, de banque pour les pauvres, de notation sociale des entreprises, pourraient ici se conjuguer avec les propositions de reprise en main du secteur bancaire, de taxation des banques d’affaires et de contrôle des banques de dépôt, etc (…).

 

Cet article est le 105ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 22:42

 

La refondation républicaine de la gauche, de toute urgence

 

C’est au moment où la gauche est au plus mal qu’elle peut trouver l’énergie pour se redresser. Postulat optimiste, me direz-vous. Certes, mais il n’est pas possible de laisser le peuple français en déshérence au moment où la crise va faire sentir ses effets redoutables.

 

Le pouvoir est atteint de schizophrénie (voir sur le site de Marianne Sarkozy à l'OIT: ce qu'il dit à l'extérieur ne se voit pas à l'intérieur).Il brouille les cartes, afin de laisser croire qu’il protège les Français.

 

L’opposition manque de percussion, car elle est faible et divisée.

 

Le médecin Elie Arié délivre son diagnostic sur le site de Marianne, dont il est un habitué, dans un article daté du 15 juin : Encéphalogramme plat à gauche.

 

La gauche renaîtra le jour où elle sera capable de dire : « Voilà les quatre ou cinq mesures essentielles qui nous distinguent de la droite et que nous mettrons en oeuvre si nous sommes élus » - à condition que ces mesures apparaissent à la fois comme essentielles et crédibles.

L’analyste Frédéric Lemaître, sur le site du quotidien Le Monde, ce 16 juin, met le doigt sur la contradiction entre la dureté de la crise et la faiblesse de la gauche en Europe.

 

La social-démocratie, victime inattendue de la crise, par Frédéric Lemaître

 

Tel le crime, le théorème était presque parfait. La droite, c'est le camp du capital. Donc du capitalisme. Puisque celui-ci est en crise, la droite l'est également. La gauche ne pouvait donc que gagner les élections européennes. Problème : dans toute l'Union, les électeurs ont retourné leur bulletin de vote contre la gauche social-démocrate. Est-ce parce que les 21 gouvernements de droite ne gèrent pas la crise si mal que cela ? Sans doute. Mais cela n'explique pas tout puisqu'en Allemagne, où les deux partis sont au pouvoir, la CDU obtient un score bien supérieur à celui du SPD. C'est donc que la gauche n'est pas crédible. Soit parce que son bilan ne plaide pas en sa faveur, soit parce qu'elle n'incarne pas l'avenir. Deux hypothèses qui se renforcent plus qu'elles ne s'excluent.

 

La première n'est que trop évidente : la gauche ne gère pas mieux que la droite. La situation catastrophique de l'Espagne, de la Grande-Bretagne et du Portugal, dirigés par des socialistes, le prouve. Surtout, que les partis conservateurs soient l'émanation politique des thèses libérales ne saurait occulter que la social-démocratie, par opportunisme ou aporie intellectuelle, n'a cessé, ces dernières décennies, de s'adapter à la fameuse "loi du marché".

 

Bien sûr, il y a l'exemple britannique, que nul n'incarne mieux que Gordon Brown, principal artisan de la dérégulation durant ses dix ans passés au ministère des finances. Aujourd'hui le système est à bout de souffle. Voir les membres du Parlement jadis le plus respecté du monde se vautrer dans l'argent comme de vulgaires parvenus de la City illustre jusqu'à la caricature la dérive des années Blair.

 

La gauche anglo-saxonne n'est pas la seule à s'être laissé séduire par les sirènes libérales. Même les Allemands y ont succombé. Comme le montrent le score correct de Die Linke (7,5 % des voix) et celui du SPD (20,8 %), le plus bas depuis la seconde guerre mondiale, la gauche allemande n'a toujours pas fait le bilan des années Schröder. Doit-elle se féliciter que la politique libérale du prédécesseur socialiste d'Angela Merkel ait rendu à l'Allemagne sa compétitivité de jadis ou au contraire juger trop lourd le prix payé : développement du travail précaire et émergence de travailleurs pauvres à l'ouest ? Le SPD n'a pas plus tranché que son homologue français.

 

Pourtant, le PS dispose d'une "déclaration de principes" adoptée en juin 2008. Un document important puisque le parti ne s'est plié à cet exercice qu'à cinq reprises depuis 1905. On y lit qu'"être socialiste, c'est ne pas se satisfaire du monde tel qu'il est". Ou que "les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d'inégalités, porteur d'irrationalité, facteur de crises". Mais ce document a été rédigé à la va-vite, en trois réunions. Résultat : sitôt publié, sitôt oublié.

 

Surtout, comment ne pas relever les contradictions du texte et certaines réformes conduites par les socialistes ?

 

Qui a libéré les marchés de capitaux ? Pierre Bérégovoy, ministre des finances de François Mitterrand de 1988 à 1991. Qui a rendu plus attractive la fiscalité sur les stock-options ? Dominique Strauss-Kahn, titulaire du même portefeuille une décennie plus tard. Qui, en 2000, jugeait qu'il fallait réduire l'impôt sur le revenu, y compris des plus riches "afin d'éviter la fuite ou la démotivation des contribuables aux revenus les plus élevés" ? Laurent Fabius, dans les mêmes fonctions.

Que pense le PS de ces réformes ? Qu'elles ont contribué au succès international des groupes français et donc à la grandeur du pays ? Que ce sont de nécessaires compromis avec le capitalisme qui nous entoure ? Qu'elles ont participé aux excès de la finance et à l'accroissement des inégalités ? Nul ne le sait. Le rapport de la gauche à l'argent reste un impensé. D'où le malaise de nombreux électeurs et militants. Comme partout en Europe.

 

Heureusement pour elle, la gauche française n'a pas connu de scandale comparable au SPD quand M. Schröder est devenu l'un des (riches) dirigeants de Gazprom moins d'un mois après avoir quitté la chancellerie.

Malgré tout, certains parcours individuels de ministres ou de leurs conseillers à la tête de grands organismes internationaux ou de grandes entreprises privées (Capgemini, Casino, Cetelem, Lazard, demain France Télécom...) brouillent les frontières entre la gauche et la droite et déstabilisent l'opinion. Vu le chacun pour soi qui règne Rue de Solferino, comment ne pas penser que, pour nombre de leaders socialistes, l'exercice du pouvoir est davantage vécu comme un accélérateur de carrière que comme une mission reçue d'électeurs soucieux de changements collectifs ? Ce n'est pas un hasard si, malgré les limites évidentes du sympathique attelage, nombre d'électeurs de gauche se sont reportés sur une liste conduite par un éternel rebelle qui ne briguera pas l'Elysée et une magistrate symbole de la lutte contre l'argent fou.

 

Pendant vingt ans (1988-2008), la social-démocratie a pu, au nom de la construction européenne et de l'euro, faire accepter le libéralisme au nom du fédéralisme.

Moins d'Etat mais plus d'Europe. Ce cycle s'achève et, comme le prouve l'engagement de certains socialistes en faveur de José Manuel Barroso, la gauche européenne n'a plus ni leader ni programme crédible. Et rien n'indique que le rose et le vert se marient harmonieusement.

 

Cet article est le 104ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 22:54

Les acteurs de la filière laitière à côté de la plaque

 

La politique ultralibérale de la Commission européenne, entérinée par les ministres de l’agriculture des 27 Etats membres, est à l’origine des graves perturbations économiques de la filière laitière.

 

Je renvoie aux articles précédents parus sur ce blog, sous la rubrique AGRICULTURE et PAC :

 

- Michel Sorin (MRC) : la baisse brutale du prix du lait, inadmissible - 19 mai 2009

 

- Crise laitière : libéralisation de la filière, ambiguïté du ministre - 27 mai 2009

 

La politique européenne est tellement inepte que des personnalités, connues pour leur pensée libérale, ont pris des positions critiques. Deux cas précis : Philippe Vasseur et Philippe Chalmin.

 

Philippe Vasseur, ancien ministre de l’agriculture (voir Philippe Vasseur (homme politique) - Wikipédia), a pris la plume dans Le Monde du 27 mai (extrait) :

La question de fond qui se trouve posée est de savoir si un secteur aussi sensible que le lait (et d'une façon plus générale l'agriculture soumise à une forte volatilité des cours) peut s'accompagner d'une politique rigide de déréglementation. Les "experts" européens semblent s'en convaincre, puisqu'ils préparent une réforme de la politique agricole commune (PAC) prévoyant, notamment, la disparition des quotas laitiers.

Voir l’ensemble du texte : La crise laitière, ou l'échec d'une réglementation souple, par ...

 

Philippe Chalmin, qui a publié récemment un livre (voir Le monde a faim par Philippe Chalmin), a fait paraître un « point de vue » ce 15 juin dans Ouest-France, sous le titre :

 

Crise du lait, crise de confiance

 

Ce qui frappe, dans la crise du lait, c'est le contraste entre la posture des discours et la réalité des faits.
Longtemps, le monde du lait a vécu dans la sécurité des protections européennes. La mise en place de quotas dans les années 1980 semblait devoir les pérenniser. Les prix garantis pour le beurre et la poudre de lait étaient totalement décalés des prix mondiaux. On sait ce qu'il en coûtait à Bruxelles pour le stockage et le soutien à l'exportation. Mais n'était-ce pas le prix à payer pour une activité indispensable à l'équilibre de nombre de territoires ?

Et puis la notion même de prix mondial n'était-elle pas discutable ? 4 à 5 % seulement de la production de lait sont échangés à l'international. Et, sur ce marché, les prix ont toujours eu tendance à s'aligner sur les prix de revient du pays exportateur le plus efficient au monde, la Nouvelle-Zélande. À peu près la moitié des niveaux européens.

Face à cela, la politique européenne a suivi peu à peu une logique de marché : suppression programmée des quotas et, dans un premier temps, augmentation des tonnages ; baisse des prix garantis ; remise en cause des mécanismes d'intervention. Cela allait dans le sens d'une concentration des exploitations et des zones de production. C'était le choix - conscient - de la banalisation du lait, et de la condamnation de nombre de régions de production.

Les marchés mondiaux, en 2007 et en 2008, ont semblé conforter ce choix : une sécheresse en Océanie a provoqué un doublement des prix du beurre et de la poudre. Dans cette ambiance euphorique, en 2008, nombre d'acteurs de la filière lait ont cru que les débouchés internationaux seraient durables et rémunérateurs. Nul ne s'inquiéta alors de la suppression, en France, de l'accord interprofessionnel qui permettait d'atténuer les variations régionales.

Un an plus tard, la Nouvelle-Zélande revient sur les marchés. Les prix retombent à leurs niveaux de 2006, au niveau international, et surtout à la production : le beurre du marché et l'argent du beurre se sont évaporés ! L'indignation est générale, on nous a trompés !

En réalité, tout le monde s'est trompé :

- Bruxelles en jouant le « tout libéral » ;

- les industriels en poussant les feux sur des productions sans débouchés soumis à une concurrence impitoyable ;

- les producteurs en prenant les hausses de 2007 et de 2008 pour argent comptant, sans comprendre dans quel engrenage ils entraient ;

- et puis les distributeurs dont la propension à répercuter les hausses des matières premières est plus forte que pour les baisses... Mais ils ne sont pas, dans cette affaire, les principaux responsables.

Maintenant, il faut tirer des leçons :

- il y a une logique à une exception laitière et la suppression - ou l'augmentation - des quotas est une ineptie irresponsable ;

- si, néanmoins, les quotas devaient disparaître, il faut, pour la France, inventer des mécanismes permettant de maintenir la production laitière dans les zones sensibles ;

- l'Europe n'a pas vocation à aller sur le marché international et les industriels doivent en tirer les conséquences ;

- enfin, le lait doit s'inscrire dans une logique contractuelle.

Mais, pour signer un contrat, il faut être deux - ou trois - et se faire confiance : la confiance est ce qui manque le plus dans le monde laitier français.

Cet article est le 128ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 22:11

 

La proximité franco-allemande est une réalité concrète

 

40ansjumSt-BWeh130609-088-FeuillBarBorMaier-T.jpgDu 11 juin à 19h au 14 juin à 9h, Saint-Berthevin recevait Wehingen pour fêter 40 ans de jumelage.

Lotissement des Feuillantines : Yannick Borde (maire de St-Berthevin), Josef Bär (maire de Wehingen) et Martin Maier (Wehingen, traducteur).

Ce matin, sur les visages, on pouvait lire le bonheur de l’échange accompli entre des femmes et des hommes séparés par la nationalité et la langue, par des traditions et une histoire, mais unis dans la volonté de partager des moments de convivialité et des informations concrètes, ensemble.

 

Les souvenirs de la rencontre à Wehingen étaient tout frais (voir sur ce blog Jumelage entre Wehingen et Saint-Berthevin : une belle oeuvre d'art - 25 mai 2009).

 

Voir aussi B Le Godais et Jean Chauvin (St-Berthevin) : témoignages à Wehingen - 26 mai 2009.

 

De plus, une délégation espagnole de Ceuti (voir Présentation des jumelages) était présente, ce qui renforçait le caractère international de ce rassemblement européen.

 

Parmi les temps forts, la cérémonie officielle samedi en soirée, a mis en évidence la fertilité de ce jumelage et rassemblé tous les participants dans un climat de grande cordialité, autour de Josef Bär et de Yannick Borde, maires de Wehingen et de St-Berthevin et des présidents des comités de jumelage : Werner Haag (Wehingen), Jean Chauvin et Camille Monnier (St-Berthevin).

 

La présentation d’un film concernant les débuts du jumelage, en 1969, réalisé initialement par Raymond Triboté, et rénové techniquement par Joseph Moussu, a beaucoup intéressé les présents, tout particulièrement celles et ceux qui ont vécu, à Wehingen et à St-Berthevin, ces moments inoubliables.

 

Vendredi, c’était la découverte de deux joyaux de notre département de la Mayenne :

 

-          le jardin des Renaudies, à Colombiers-du-Plessis (voir Parcs et Jardins de France - LES JARDINS DES RENAUDIES) ;

 

-          le château de Lassay (voir Château de Lassay - Wikipédia).

 

40ansjumSt-BWeh-0609-106.jpgSamedi matin, le maire de Saint-Berthevin proposait la visite commentée de trois sites d’intérêt majeur, qui ont fait l’objet de réalisations importantes récemment :

 

-          le nouveau lotissement des Feuillantines, au nord, près de la voie de contournement de l’agglomération berthevinoise ;

 

-          le site de promenade de Coupeau, au sud, dont l’aménagement est en cours (suppression du barrage sur le Vicoin et du plan d’eau, reconstruction d’un cadre naturel proche de la situation initiale) ;

  Julie et Rainer Linse, jeune couple de Wehingen, devant le site de Coupeau

-          le centre ville (aménagement de l’ancienne route nationale qui coupe la ville en deux), avec une présentation en images, en mairie, et visite sur place, ponctuée par l’inauguration de deux nouvelles sculptures.

 

Cet article est le 48ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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