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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 22:05

Les députés européens, stimulés par les syndicats

 

Plusieurs milliers de syndicalistes de toute l'Europe avaient manifesté, le 16 décembre, dans les rues de Strasbourg. Les députés au Parlement européen en ont tenu compte. Ils ont repoussé, le lendemain, le texte présenté par la présidence française, fruit d’un laborieux compromis entre les 27 gouvernements des pays membres de l’Union européenne, élaboré le 10 juin 2008, sous présidence slovène.

 

Cela me rappelle la rencontre de notre groupe de l’AFLEC*, le 3 décembre dernier, à Bruxelles, avec Anne Van Lanker, députée belge (flamande) PSE au Parlement européen, sur le thème de l’Europe sociale.

 

Elle a, d’abord, rappelé la très grande diversité sociale au sein des 27 membres de l’UE, laquelle s’est accrue depuis l’entrée des 12 pays d’Europe centrale. Les revenus moyens (100) varient de 39 (Bulgarie) à 285 (Luxembourg). Les taux du chômage s’échelonnent de 4% (Danemark) à 11% (Slovaquie). La pauvreté va de 8% (Suède) à 22% (Lituanie).

 

L’orientation politique de la Commission Barroso est plus nettement libérale (Mac Creevy et Kroes, notamment) et plus marquée à droite que précédemment, ce qui ne satisfait pas le PSE.

 

L’eurodéputée a insisté sur le fait que le social ne fait pas partie des compétences européennes. C’était le choix de Jacques Delors, qui souhaitait que le social reste de prérogative nationale et relève de la coopération entre les Etats.

Ce qui est grave, c’est que la fiscalité est aussi de compétence nationale, la redistribution ne pouvant se faire, au niveau européen, que par les fonds structurels (au  bénéfice des pays les moins développés). Ce qui est communautaire, c’est le marché intérieur et la concurrence. Ils empiètent trop sur le social.

 

J’en arrive à la directive sur le temps de travail, qui a fait l’objet d’un vote défavorable du Parlement européen. Pour lire l’article du Monde, 17 décembre, cliquer sur le titre.

   

Les eurodéputés rejettent la semaine de plus de 48 heures

 

Les eurodéputés demandent aux Vingt-Sept de revoir leur copie. Ils ont rejeté, mercredi 17 décembre, un texte qui maintenait l'autorisation pour les gouvernements de l'Union européenne de déroger, sous certaines conditions, à la limite du temps de travail hebdomadaire de l'Union européenne, établie à quarante-huit heures.

 

Selon cette directive, la durée maximale de travail pourra atteindre soixante ou soixante-cinq heures sur sept jours pour les employés acceptant, à titre individuel, de déroger à la norme européenne déjà en vigueur des quarante-huit heures. Ces dérogations à la semaine hebdomadaire normale de quarante-huit heures sont toutefois encadrées plus strictement que dans la législation en vigueur actuellement.

 

Mais les députés européens ne l'ont pas entendu de cette oreille. L'amendement clé des députés, qui supprime cette dérogation ("opt out" en anglais), a été adopté par quatre cent vingt et une voix contre deux cent soixante-treize et onze abstentions. L'avenir du texte, contre lequel plusieurs milliers de syndicalistes de toute l'Europe avaient manifesté, mardi, dans les rues de Strasbourg, est désormais suspendu à une procédure de conciliation entre le Parlement et les Vingt-Sept, qui s'annonce difficile (…).

 

Voir aussi le communiqué de presse, daté du 22 décembre, sur le site d’ATTAC : Directive sur le temps de travail : le Parlement européen réagit.

 

* Un déplacement de deux jours à Bruxelles (3 et 4 décembre) était organisé par l’AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ... en relation avec Georges Garot, président de la Maison de l’Europe en Mayenne et vice-président de la fédération nationale des Maisons de l’Europe. Georges Garot a été député au Parlement européen de 1997 à 2004, responsable des questions agricoles pour le PSE (voir Georges Garot - Wikipédia).

   

Cet article est le 38ème sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 18:11

L’ouverture à la concurrence est aussi un choix Sarkozy

 

Le rapport de la commission Ailleret a servi de base (de justification ou d’habillage) au choix du président Sarkozy en vue de l’élaboration du projet de loi qui sera présenté au Parlement à la fin du premier semestre 2009.

 

Le président s’est exprimé le 18 décembre, avant de rencontrer les syndicats le lendemain. Le statut SA choisi est le signe de sa volonté d’aller vers la privatisation du service public postal. La possibilité d’ouvrir aux capitaux privés par la Bourse étant exclue en raison de la conjoncture très défavorable, il restait le financement public, auquel le président ne cesse de faire appel, au risque de saturer la Caisse des Dépôts et Consignations, seule banque publique.

 

Nous arrivons à la fin d’un processus lancé en 1997 (ouverture du marché postal de l’UE à la concurrence pour le courrier de plus de 350 grammes ou taxé cinq fois le prix de base - directive 97/67/CE adoptée le 15 décembre 1997 par la Commission européenne).

 

Et rappelons-le, l’achèvement du marché intérieur des services postaux au 1er janvier 2009 était prévu et programmé par la directive postale du 10 juin 2002 (voir l’article paru sur ce blog le 2 octobre 2008 MRC : la mobilisation populaire face à la privatisation de La Poste). 

 

Remettre en cause l’ouverture du capital de La Poste, c’est contester une décision qui a été prise avec l’accord des représentants de la France à l’Union européenne. C’est contrarier le mouvement de dépossession des peuples qui a caractérisé depuis cinquante ans la construction européenne.

 

Aujourd’hui, les directives européennes ont une force juridique supérieure à la loi nationale. C’est pourquoi le président de la République continue le processus décidé dans le cadre européen.

 

Mais il oublie de préciser que les représentants de son gouvernement, Dominique Bussereau et Hervé Novelli, ont négocié (1er et 2 octobre 2007) l’accord politique sur l’ouverture du marché postal, ayant abouti à la directive européenne 2008/6/CE concernant l’achèvement du marché intérieur des services postaux, publiée le 20 février 2008.

 

Les Etats membres de l’UE ont le choix des modalités d’ouverture de ce marché : « laisser aux forces du marché le soin de fournir le service universel, charger une ou plusieurs entreprises d’en fournir tel ou tel volet ou de couvrir telle ou telle partie du territoire, ou avoir recours à des procédures de passation de marchés publics ».

 

Paul Quilès est souvent cité comme étant l’un des ministres ayant participé à la libéralisation du service public postal. Il a fait connaître, sur son blog, son opposition au projet Sarkozy (voir "Pourquoi il faut refuser la privatisation de la Poste" - Le Monde, 1er octobre 2008).

 

La décision du président de la République a provoqué des réactions (voir La Poste: levée de boucliers de la gauche et des syndicats, Libération, 19 décembre) et Impostures pour La Poste !, Marianne, 22 décembre).

 

L’avis du comité national sur la position de Sarkozy – 19 décembre 2008

 

Après les déclarations du Président, plus forte doit être la mobilisation

 

Le « comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal » condamne les affirmations du président Sarkozy dans les Vosges le 18 décembre sur le devenir de la Poste. Il dénonce le mépris dont fait preuve le président qui annonce le changement de statut de la poste et d’ouverture de son capital à des investisseurs publics.

 

Le comité national s’oppose à une telle décision, il dénonce cette offensive contre ce « noyau dur du service public » et appelle au renforcement de la mobilisation contre la privatisation de la poste. Une fois de plus le Président n’hésite pas à déformer la vérité pour justifier ses mauvais coups. Notamment quand il déclare que : « Quoiqu’il arrive La Poste sera en concurrence le 1er janvier 2011, ce sont les règles Européennes, c’est pas moi qui les ai négociées, c’est ainsi » (N Sarkozy à Darney le 18 12 2008).

 

La vérité, que le comité national tient à rappeler, est toute autre : Ce sont bien Mrs Bussereau et Novelli secrétaires d’Etat respectivement chargés des transports et des entreprises et du commerce extérieur qui ont négocié lors du conseil Européen des 1er Et 2 octobre 2007 pour la France l’accord politique qui a abouti à l’ouverture du marché postal (…).

 

Ce n’est pas à Sarkozy de décider de l’avenir de La Poste, bien de la nation, c’est à la population qu’il revient de se prononcer sur l’avenir du service public postal afin qu’il réponde à ses attentes.

 

Le comité invite d’ores et déjà à venir signer l’appel national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal devant les bureaux de poste de tout le pays le samedi 10 janvier 2008.

Il se joindra à la manifestation nationale du 29 janvier 2008.

 

L’avis du comité national sur le rapport Ailleret - 17 décembre 2008

 

Commission Ailleret : Un rapport ficelé et téléguidé

 

Le Comité national constate que le rapport remis aux pouvoirs publics par Monsieur Ailleret ne répond ni à la déontologie propre à ce type d’exercice, ni aux attentes légitimes des usagers et des salariés de La Poste.

 

En effet, les déclarations officielles affirmaient que la commission devait présenter plusieurs options afin d’orienter la décision du Gouvernement. La réalité dissipe cette

pseudo-objectivité : le rapport s’inscrit du début à la fin dans la perspective, jugée nécessaire, d’une transformation de La Poste en société anonyme.

 

Les voies alternatives ne sont jamais creusées et les présupposés des privatiseurs toujours privilégiés. Les propositions des organisations syndicales sont mentionnées mais ni discutées ni prises en compte. Dès lors, l’exercice formel du rapport apparaît comme l’alibi d’une décision préétablie.

 

Il n’est guère étonnant que, sur le fond, le rapport sacrifie à tous les lieux communs prônant le changement de statut. Il n’apporte aucune solution pour le financement et le développement des missions de service public, se contentant de recenser les dispositifs actuels dont on connaît l’insuffisance et la fragilité. Le rapport Ailleret est un texte de circonstance destiné à cautionner un projet ficelé sur la privatisation de La Poste.

 

Le Comité national n’est pas dupe de cette manipulation. Il est résolu à renforcer sa campagne de mobilisation auprès des usagers, des citoyens et des élus afin que se développe le débat public pouvant aboutir à un référendum sur l’avenir de La Poste.

 

Les manoeuvres n’y changent rien : La Poste appartient à la collectivité, c’est à celle-ci de décider de l’avenir de ce grand service public.

 

Cet article est le 16ème sur ce blog dans la catégorie Services publics.

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 20:42

Vers un capitalisme d’Etat à caractère autoritaire

 

Entre le début et la fin de cette année 2008, il s’est produit beaucoup d’évènements importants, qui ont eu des conséquences sur la gestion politique de la France par le président de la République. Je n’évoque pas ici la présidence française européenne, qui fera l’objet d’un article distinct.

 

Hier (voir Les spécificités du système éducatif français, selon Philippe Barrieu), je me suis autorisé à glisser ce constat, réaliste mais critique, de l’action de Nicolas Sarkozy :

 

Le président de la République est très malin pour semer la zizanie politique chez ses adversaires socialistes. Il l’est moins pour comprendre que sa politique libérale, dans le contexte actuel, ne peut que monter la société contre lui. Et comme il veut tout régenter, s’il persiste sur cette voie, il court le risque de n’avoir le choix qu’entre la démission et la capitulation…

 

Aujourd’hui, je vais étayer ces observations par des analyses lues, récemment, dans la presse.

 

- D’abord, cet édito de Pierre Haski, daté du 20 décembre, dont je prends connaissance ce jour grâce à Vendredi, dont le but est de rassembler « les meilleures infos du Net ».

 

Sarkozy ou les contresens de la com en temps de crise

Je participais le 19 décembre au "Téléphone sonne" de France Inter avec Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, qui tentait d'expliquer que Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos n'avaient pas "reculé" sur la réforme des lycées, mais simplement décidé d'"avancer plus lentement". Au-delà de ce beau mariage de la sémantique et de la langue de bois, il y a une véritable interrogation sur la "méthode Sarkozy" à l'issue de cette année douloureuse.

Les derniers jours ont été chauds: la réforme de l'audiovisuel public imposée par la force alors que le débat parlementaire agité ne permettait plus de tenir le calendrier décidé par le président; la loi sur le travail le dimanche reportée à janvier et vidée de sa substance suite à la fronde de députés UMP; la réforme des lycées reportée aux calendes (allez, j'ose...) grecques pour cause de risque d'émeutes "à la Grec" justement... Une série désastreuse pour un président qui a fait de la volonté sa marque de fabrique, et qui, c'est peu de le dire, n'aime pas les revers (…).


Un surprenant éloge de la lenteur après une année catastrophique

Alors que l'année 2008 s'achève (ouf!), et que l'Insee nous promet une année 2009 littéralement catastrophique sur le plan de l'emploi et de la (dé)croissance, il est assez surprenant d'entendre cet éloge de la lenteur dans la bouche du porte-parole préféré de Nicolas Sarkozy!

Il y a, en fait, un véritable contresens dans l'action et la communication gouvernementales en ce moment. A entendre Frédéric Lefebvre défendre d'arrache-pied la réforme imposée de l'audiovisuel public, celle, édulcorée, du travail du dimanche, ou celle mort-née du lycée, on se demande à quelles priorités correspondent ces choix au moment où le pays entre de plain-pied dans la récession. Et à entendre vendredi matin Xavier Darcos, pas vraiment inspiré, mettre en cause l'extrême gauche dans l'agitation lycéenne contre son projet de réforme, on est au-delà du contresens, on est dans l'absurde.

Les jeunes n'ont pas besoin de l'extrême gauche pour sentir que c'est un avenir plein d'incertitudes qui les attend, et ils sont de moins en moins sûrs, avec leurs parents et leurs enseignants, que l'école de la République les prépare au mieux pour ce monde en pointillés. Le maintien des suppressions de poste dans l'éducation nationale contribue à brouiller les pistes au moment où il faudrait les éclairer.


Donner des signes concrets d'équité au cœur de la crise mondiale

Plutôt que de chercher des boucs émissaires, Nicolas Sarkozy, ses ministres et ses porte-parole devraient parler clairement aux Français, aux adultes qui se sentent tous menacés aujourd'hui dans leur statut social, comme aux jeunes qui se demandent à quel monde on les prépare. Et surtout donner des signes concrets d'équité au cœur de la crise mondiale et pas seulement française que nous traversons.

Et l'opposition n'est pas épargnée par le reproche. Ni le gouvernement ni l'opposition n'ont aujourd'hui le discours adapté à l'ampleur de la crise qui s'annonce : quelle France sortira de cette tempête? Quels sont ses atouts? Ses faiblesses? Le modèle social doit-il changer? Quels sacrifices seront nécessaires et qui les assumera (…) ?

Voir le sujet d'origine sur le site de Rue89.

 

- Dans un autre registre, lire l’article paru sur le site de Marianne (Juan, 14 décembre) : Nicolas et ses petites contrariétés

 

- Dans Vendredi, le 20 décembre, Malakine reproduit, sur son blog, les propos d’Emmanuel Todd. 
 Avec ce titre fort : Emmanuel Todd : « L’Etat fort au service du capital, c’est le fascisme ».

Voici un extrait, qui concerne le président dans sa politique intérieure (voir horizons.typepad.fr).


(…) Une dérive autoritaire est-elle à redouter ?


Nous assistons aujourd'hui, en France, à une course de vitesse entre la remontée d'une vraie gauche (ce qui se passe au Parti socialiste est très intéressant) et une tentation autoritaire à droite. Les signes sont clairs. Le paradoxe du sarkozysme, c'est une grande agitation doublée d'un autoritarisme naturel.

Il faut prendre très au sérieux les bavures policières, l'obsession du sécuritaire, la mise en tutelle de l'audiovisuel, y compris par l'intermédiaire du propriétaire de TF1. Lorsque l'État se met à servir directement les intérêts des grands groupes privés, cela rappelle de bien mauvais souvenirs. Et arrêtons de penser que le retour de l'État est lié à la gauche. L'État fort au service du capital, c'est le fascisme.

Cela dit, restons raisonnables : la France a une vraie culture libérale qui la met à l'abri du fascisme. Le pire qu'elle ait produit, ce sont les divers régimes bonapartistes. La forme française classique de l'autoritarisme de droite est une dictature non fasciste. Mais après tout, Nicolas Sarkozy a été élu à cause de la peur et de l'insécurité, il pourrait, demain, être tenté de profiter d'une flambée de violence.


Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie La droite en France

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 19:06

L’Etat se désengage de sa mission éducative

 

Le Lycée agricole de Laval (Etablissement Public Local d'Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole) offre des parcours de formation initiale, par apprentissage ou par la formation continue dans les domaines de l'agriculture, de la filière cheval, de l'industrie agroalimentaire et de l'environnement.

L’EPLEFPA de Laval est un établissement public qui délivre des formations de qualité à 700 élèves.

 

Moins d’heures de cours, moins d’élèves, suppression de postes : le 26 novembre 2008, une trentaine d’enseignants du lycée agricole alertaient les élus par un « avis d’obsèques » concernant la 1ère technologique, une classe de 1ère professionnelle, ainsi que 32 places en seconde et BEPA (OF, 27 novembre).

 

Le secrétaire départemental du syndicat national de l’enseignement technique agricole public (SNETAP-FSU), Yoann Vigner, informait que la dotation globale horaire (DGH) de l’établissement, en 2009-2010, allait baisser de près de 9%, soit 3200 heures de cours sur un total de 5000 heures en moins dans les Pays de la Loire.

 

Cette information était confirmée quelques jours plus tard (OF, 5 décembre). Gérard Pigois, secrétaire régional du SNETAP-FSU, rappelait les mesures de limitation d’effectifs entraînant des regroupements et fermetures de classes (il n’y aurait plus de classe de 4ème à la rentrée 2009 en Pays de la Loire).

 

Le directeur régional de l’agriculture et de la forêt, qui devait venir à Laval expliquer ces mesures (OF, 8 décembre), s’est décommandé « au motif qu’il n’avait pas été prévenu de la présence de parents d’élèves et de la presse ».

 

Ce « refus du dialogue social » avait motivé le projet de blocage de l’établissement à partir du 16 décembre. La direction a préféré fermer l'établissement pour la semaine, avant les vacances de Noël.

 

Ouest-France a relaté les initiatives des élèves et des enseignants de ce Lycée dans son édition du 17 décembre (voir Laval.maville.com Deux cents élèves ont bloqué le lycée agricole).

 

En fait, les régressions de budget se renouvellent chaque année, depuis quatre ou cinq ans. L’an dernier, les enseignants avaient présenté aux parents d’élèves et aux élus la note du ministère de l’agriculture et de la pêche, concernant la rentrée 2008-2009 (voir Le budget de l'enseignement agricole public en baisse, les personnels inquiets - 9 décembre 2007).

 

Ce désengagement de l’Etat s’inscrit dans une logique globale de réduction des moyens affectés aux services publics. On peut se demander si l’enseignement privé compensera  ou si les parents verront une offre éducative minorée pour leurs enfants.

 

Le lycée agricole de Laval, soutenu financièrement par la Région des Pays de la Loire en ce qui concerne les principaux investissements, a développé les formations de la filière cheval, tout en continuant de répondre à la demande éducative en agriculture. C’est l’un des principaux établissements du grand ouest. La résistance de ses enseignants et de ses élèves à la politique de désengagement de l’Etat mérite d’être saluée comme il convient.

 

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie L'école

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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 22:13

La réforme la moins chère et la plus urgente

 

Le ministre Xavier Darcos avait exprimé une ferme volonté de réformer le lycée, mais il a dû, lui aussi, faire marche arrière (voir l’article précédent paru, hier, sur ce blog (La réforme du lycée est reportée d'un an en raison des manifestations - 20 décembre 2008).

Il admet qu’il va falloir repartir à zéro, tant les incompréhensions et les oppositions à son projet de réforme sont grandes (Xavier Darcos et les lycéens se donnent rendez-vous à la rentrée (Le Monde, 21 décembre).

En fait, celles-ci sont dues essentiellement à la suppression de postes d’enseignants. Comment ce gouvernement pourra-t-il procéder à des réformes libérales pendant que la crise s’avance à une vitesse qu’on n’a jamais connue ?

 

Le président de la République est très malin pour semer la zizanie politique chez ses adversaires socialistes. Il l’est moins pour comprendre que sa politique libérale, dans le contexte actuel, ne peut que monter la société contre lui. Et comme il veut tout régenter, s’il persiste sur cette voie, il court le risque de n’avoir le choix qu’entre la démission et la capitulation…

 

Pour ma part, je veux être constructif. Ayant participé aux conférences organisées par l’AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ... animées par Philippe Barrieu, professeur d’économie politique au lycée Ambroise Paré et à l’université populaire de Laval, il me semble important d’évoquer ici les réflexions de ce professeur.

 

Que dit Philippe Barrieu du système éducatif français ?

 

Il considère le système éducatif en France comme un cas d’école, révélateur des blocages de la société. D’un côté, des constats assez bien partagés sur les succès et les difficultés du système français. De l’autre, l’incapacité collective à réformer ce qui devrait l’être, sans toucher à ce qui fonctionne bien.

 

Un constat qui n’est pas flatteur

 

Au-delà de progrès incontestables, qui semblent s’arrêter depuis une dizaine d’années, le niveau moyen est faible sur deux aspects : le supérieur (après la licence) et la formation professionnelle qualifiée, au-delà du baccalauréat.

 

Les classements internationaux sont plus que médiocres : les universités (selon les critères, contestés, de Shangai) et les acquis des élèves âgés de 15 ans (classement PISA). De plus, une enquête du CNDP montre un recul du niveau d’acquisition des connaissances (deux ans entre 1980 et 2002). Le plus préoccupant est le décrochage d’une forte minorité d’élèves (classement PÏSA).

 

Le gros point noir est l’aggravation des inégalités sociales à l’école. Les résultats scolaires sont très liés à l’origine sociale des élèves.

 

Comment remédier à ces difficultés ?

 

Ce n’est pas un problème de moyens insuffisants. La France met 6% du PIB dans l’éducation, ce qui est correct. L’effort financier par élève progresse. Mais la dépense est mal répartie : trop dans le secondaire et les grandes écoles, pas assez pour le primaire et le supérieur universitaire.

 

Les résultats modestes et les inégalités sociales peuvent s’expliquer par l’inadaptation de ce qui est enseigné aux élèves (enseignement trop encyclopédique, trop de matières différentes, trop de théories, pas assez de savoirs pratiques et de mise en autonomie). Ce type d’enseignement favorise le bachotage.

 

Les réformes pourraient être de mieux définir les savoirs fondamentaux et les enseignements optionnels, de séparer l’essentiel de l’accessoire dans chaque discipline et de développer en priorité la capacité de l’élève à l’apprentissage, la curiosité et l’autonomie.

 

Le système français est fondé sur la spécialisation unique de l’enseignant (une seule matière), sur un excès de formalisme (y compris dans l’évaluation, notamment le baccalauréat), le cours magistral et la transmission passive du savoir.

 

Par contre, ce qui relève de l’apprentissage personnel, du travail dirigé, de la réalisation d’objectifs, du comportement individuel …passe au second plan. L’élève « idéal » est un être attentionné mais passif, soumis à la règle et à l’enseignant. Mais le problème, c’est que cela ne marche plus, ou mal.

 

Il faudrait beaucoup plus d’interdisciplinarité, de travaux dirigés orientés vers la découverte et la réalisation, moins d’épreuves académiques. Bref, former aux savoirs faire plus qu’aux simples savoirs.

 

En conclusion, s’agissant de la France, notre compétitivité par les prix est illusoire. Elle ne peut venir que de l’effort structurel et, en premier lieu, la formation. Le cas de la Finlande montre le lien entre la prospérité économique et la qualité du système éducatif.

 

Parmi toutes les réformes, celle du système éducatif est sans doute la moins chère et la plus urgente.

 

 

La conférence est mise en ligne sur le site de l’AFLEC*. Voir La Réforme du Système Educatif.

  

* J’avais déjà mentionné ces Conférences d'économie politique organisées par l'AFLEC Saint ...  dans un article paru sur ce blog le 20 octobre 2006.

 

Cet article est le 14ème paru sur ce blog dans la catégorie L'école

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 22:46

Une réforme libérale, précipitée et non nécessaire

 

Pourquoi le ministre Darcos s’attaque-t-il aux maternelles et aux lycées, alors que c’est ce qui marche le mieux dans notre système éducatif ? Pourquoi cette précipitation, si ce n’est pour prendre de vitesse les lycéens ? Pourquoi vouloir libéraliser, au moment où le libéralisme est mis en cause partout, dans le monde, comme étant à l’origine de la crise ?

 

Autant de questions qui restent posées, car la réforme du lycée est reportée d’un an, mais maintenue avec fermeté par le gouvernement. Les manifestations des lycéens et des enseignants ont révélé l’immaturité de la réforme. Le fait qu’elle soit reportée est un bon point. Mais le problème reste entier.

 

Voici une brève revue de presse, qui donne les positions du ministre et des lycéens.

 

Réforme de la classe de seconde : Xavier Darcos dévoile les premières mesures (Le Monde, 14 décembre) ;

 

Xavier Darcos reporte la réforme du secondaire (Le Monde, 15 décembre) ;

 

Lycéens dans la rue : paroles de contestataires (Rue89, 18 décembre).

 

Michel Vignal*, secrétaire national MRC à l’éducation, a fait connaître, le 19 décembre, sa position, au nom du Mouvement Républicain et Citoyen (cliquer sur le titre).

 

La réforme du lycée porteuse d'une grave régression

 

Suite à la mobilisation des lycéens et des professeurs, l’application de la réforme du lycée a été reportée d'un an par le couple Darcos-Sarkozy. C’est un recul. Il faut obtenir le retrait de cette réforme d’inspiration libérale.

Le MRC constate en effet que cette réforme vise à réduire fortement le nombre d’heures de cours donnés aux élèves, afin de réduire encore le nombre de postes d’enseignants. Ce sont, pourtant, près de 60 000 postes de personnels de l’éducation nationale qui ont été supprimés depuis cinq ans, et 13 500 sont déjà prévus au budget 2009.

Cette réforme mettrait en cause la diversité et la qualité des connaissances transmises car elle organise une baisse de 15 à 20%, selon les options ou modules à dominantes choisis, du temps consacré à l’enseignement des savoirs des différentes disciplines. Véritable « usine à gaz » du fait de sa complexité, elle ne faciliterait pas l’orientation des lycéens, en particulier ceux issus des milieux sociaux les plus démunis culturellement.

En outre, en développant l’autonomie de chaque lycée pour la mise en œuvre de la réforme, elle va renforcer l’application du principe de concurrence à tous les niveaux, à l’intérieur de chacun d’eux dans le choix des nouveaux modules d’enseignement et des disciplines, et à l’extérieur entre les établissements eux-mêmes dont l’inégalité, déjà présente, va s’accroître avec cette nouvelle logique libérale. L’individu consommateur sera visé, bien loin de l’idéal de l’élève apprenti citoyen tel que l’a conçu l’école républicaine.

Xavier Darcos veut faire le « lycée light » : allègement des horaires, allègement des connaissances acquises, allègement de l’encadrement professoral, seraient le résultat de cette réforme, si elle aboutit.

Le MRC est partisan d’un lycée structuré assurant une solide maîtrise des différents savoirs. Un lycée déjà diversifié par l’existence des voies d’enseignement général, technologique et professionnelle entre lesquelles il faut développer les passerelles permettant aux élèves d’évoluer et de se réorienter.

Surtout, le lycée doit retrouver, partout, qualité et exigence afin de préparer un baccalauréat qui doit rester un examen national anonyme, d’un niveau suffisamment exigeant. Toutes les disciplines scolaires actuellement enseignées doivent y garder leur place car elles sont constitutives de cette culture générale qui doit être commune à tous les élèves afin de leur offrir les meilleures chances de réussite à l’université ou dans la vie professionnelle.

 

* Michel Vignal a été à l’origine de nombreux articles parus sur ce blog (voir, notamment MRC et rentrée scolaire 2008 : l'école républicaine encore affaiblie - 4 septembre 2008 et les articles répertoriés dans la catégorie L'école - celui-ci est le 13ème).

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 19:37

 

Pour un nouveau modèle social européen

 

Le 34ème congrès du parti communiste français s’est déroulé à La Défense (92) du 11 au 14 décembre. Le capitalisme, c’est l’impasse ; inventons ensemble un nouveau monde. Tel était, en substance, le sens de ce rassemblement.

L’Humanité a publié, hier, un supplément, qu’on peut retrouver en cliquant sur Congrès PCF : l'intégralité des travaux en PDF.

Voir aussi, sous une forme plus accessible, l’article de Christiane Chombeau, paru le 16 décembre sur le site Rue89 ; cliquer sur Orthodoxes, identitaires... : Buffet face aux chapelles du PCF.

J’ai été attentif à la partie des textes concernant l’Europe (voir, plus loin, le texte adopté par le congrès). Il me semble qu’un rapprochement est possible, sur le fond, avec le MRC en vue des élections européennes, le 7 juin 2009. Marie-George Buffet* a entendu Jean-Pierre Chevènement souhaiter que les partis de gauche s’accordent pour présenter une liste commune. Martine Aubry fera de même prochainement. Je suis persuadé que le MRC peut être l’artisan d’un rapprochement programmatique entre PCF et PS.

 

Changer l’Union européenne en profondeur, en refonder les principes

 

Les forces politiques qui ont piloté les traités successifs de l’Union, en l’enfonçant dans un processus néo-libéral et atlantiste, ont conduit la construction européenne dans une impasse.  

 

Les NON français, néerlandais, et irlandais et plus généralement nombre de manifestations de désenchantement et de colère vis-à-vis des politiques et du fonctionnement de l’actuelle Union européenne attestent d’une véritable crise de légitimité des choix actuels auprès de millions d’Européennes et d’Européens. La prétention scandaleuse de vouloir faire revoter les citoyens irlandais doit être combattue. Il faut être clair : le traité de Lisbonne est caduc.

 

Notre projet, c’est celui d’un changement de cap des politiques et de la conception de l’Union européenne, avec la construction de coopérations entre les peuples jusqu’à la mise en chantier d’un nouveau traité fondateur de l’Union européenne.

 

Le besoin d’une construction européenne donnant des atouts à chacun des peuples pour faire face aux nouveaux enjeux du monde, leur apporter des réponses est pressant. Mais que d’aspirations positives mais déçues parmi les Européens ! Aspirations à passer de la mise en concurrence des peuples à une ère du vivre ensemble, de la solidarité, de la coopération ; aspirations à mettre l’Europe au service des autres nations qui étouffent sous les dominations et à travailler ensemble à un monde de paix ; aspirations à être écoutés, respectés, partie prenante des choix fondamentaux.

 

Favoriser l’expression de ces attentes, aider nos concitoyens à mesurer l’ampleur des brèches ouvertes, notamment depuis la victoire du NON, débattre des obstacles à lever pour ouvrir la voie à des changements profonds, travailler dans la durée aux convergences les plus larges en France et en Europe: telle est notre ambition.

 

Nous voulons participer à la constitution d’un front progressiste européen, qui partage les grandes lignes d’un projet transformateur dans lequel d’innombrables Européens peuvent se reconnaître. Nous développons à cette fin des rapports étroits de coopération avec des formations politiques d’une grande diversité, notamment au sein du PGE et du groupe de la GUE, mais aussi avec des personnalités progressistes, des militants syndicaux ou associatifs, des acteurs des rassemblements sur l’ex-projet de traité constitutionnel ou du forum social européen. Cette démarche va de pair avec la recherche de partenariats de collaboration, d’échanges, avec les partis communistes et progressistes d’Europe et des DOM-TOM…

 

L’urgence d’une nouvelle politique et d’un nouveau projet européen se fait sentir. C’est dans cet esprit que nous mènerons la campagne des élections européennes de 2009.

 

* Marie-George Buffet était ministre de la jeunesse et des sports dans le gouvernement Jospin, de 1997 à 2002. Elle y a côtoyé Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’intérieur, entre 1997 et 2000.

 

Je suis reconnaissant à Marie-George Buffet d’avoir signé l’arrêté, en date du 14 juillet 2000, m’attribuant la médaille de bronze de la jeunesse et des sports, quand j’étais maire de Saint-Berthevin.

J’avais pu la remercier quand elle était venue à Laval, le 19 décembre 2005, animer le « forum sur l’alternative politique », au cours duquel je m’étais exprimé, au nom du MRC 53.

 

Cet article est le 100ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 23:32

Une nouvelle Europe va sortir de la crise

 

Les prochaines élections européennes auront lieu le 7 juin 2009. Les précédentes, le 13 juin 2004, avaient été gagnées par un PS euphorique, trois mois après avoir raflé la présidence de la quasi-totalité des régions aux élections régionales.

 

Les conditions étaient si favorables à son parti que François Hollande poussait le président Chirac à organiser un référendum pour ratifier le traité constitutionnel européen, persuadé que le oui l’emporterait, les quatre principaux partis aux élections européennes, le PS (28,9%), l’UMP (16,6%), l’UDF (12%) et Les Verts (7,4%), étant tous favorables au texte ratifié à l’unanimité des Etats membres.

A noter, toutefois, le haut niveau d’abstentions (57%) aux élections européennes, laissant percer une réelle distance des citoyens par rapport aux institutions européennes.

 

Le PS montrait l’exemple en confiant aux adhérents le soin de définir la position de leur parti, ce qu’ils firent en donnant une nette majorité (60%) au oui.

 

Ce qui s’est passé, ensuite, a montré que le peuple français ne suivait pas les dirigeants, puisque le vote non était majoritaire (à plus de 54%) au référendum du 29 mai 2005. Selon les sondages, les électeurs du PS, eux-mêmes, avaient majoritairement (plus de 60%) refusé la ratification, contre l’avis émis par les adhérents.

 

En fait, la souveraineté du peuple a été limitée par la décision du nouveau président de la République française de proposer à ses collègues européens d’adopter un nouveau traité, qui reprend l’essentiel (90%) du précédent. Cette fois-ci, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont donné le mot : pas de référendum !

C’est ainsi que le peuple français a été tenu à l’écart de la ratification, la représentation nationale se chargeant, le 8 février 2008, d’autoriser la ratification du traité de Lisbonne.

 

Si les peuples avaient été consultés, ils auraient probablement dit non, à nouveau, comme l’a fait le seul qui a été consulté, le peuple irlandais (en Irlande, la ratification d’un traité ne peut se faire que par référendum).

La ratification par tous les peuples, ou leurs représentants, étant nécessaire pour que le traité soit adopté, les irlandais vont devoir se soumettre à un second référendum en septembre 2009, après avoir obtenu des modifications du texte, qui seront avalisées à l’occasion d’une autre ratification.

 

Ce rappel étant fait, il faut se tourner vers l’avenir. La construction européenne, selon la méthode inspirée par Jean Monnet dans les années 1950, se heurte à de nombreuses difficultés, qui ont été plus ou moins bien surmontées jusqu’à présent. La crise financière d’origine américaine, la crise militaire en Géorgie, ont amené la présidence française à adopter des méthodes qui correspondent mieux à nos traditions, et beaucoup moins à celles en vigueur dans d’autres pays.

 

Reste à savoir si, sous d’autres présidences (en 2009, tchèque, puis suédoise), la mutation européenne ne s’arrêtera pas. Reste à voir, aussi, comment la crise économique va être gérée et si l’amorce de gouvernement économique de la zone euro va prendre de l’ampleur. On peut se demander comment l’euro va absorber les tensions qui ne vont pas manquer de se produire entre les économies des Etats membres. Les dogmes monétaristes de la Commission européenne vont-ils survivre ou être balayés par la nécessité de mettre l’emploi au cœur de la politique européenne ?

 

Le renouvellement des institutions communautaires (parlement, puis commission) viennent à point. Elles devront prendre en compte les bouleversements survenus récemment. Dans un tel contexte, les élections des députés au parlement européen prennent davantage d’importance.

 

En France, la question européenne a surtout divisé la gauche, ces derniers temps. La crise lui impose de rapprocher les points de vue de ses composantes. Le peuple espère lui donner sa confiance. Encore faut-il qu’elle soit à la hauteur des attentes populaires !

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen fera de ces élections européennes un test de la capacité des partis de gauche à se rassembler sur une liste commune. C’est également le souhait des responsables de Gauche Avenir, Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès.

 

Pour ma part, je propose que ce rassemblement s’étende aux républicains de progrès qui ont fait le choix de rompre avec le parti du président de la République et de se distinguer du président de la libre Vendée. C’est, du moins, ce que je souhaite dans la circonscription Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes).

 

Parlons de tout cela avec les citoyens. La politique, c’est l’affaire de tous, notamment la politique européenne. 2009 sera une année charnière, de crise économique très dure. Les conséquences sociales risquent d’être redoutables si le pouvoir politique ne prend pas les décisions qu’il faut dans l’intérêt général.

 

Avec mes amis du MRC, j’ai bien l’intention d’être utile dans ces moments difficiles de notre vie sociale et politique.

 

 

Cet article est le 2ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 23:02

De la confiance béate à la méfiance extrême

 

Les mauvaises nouvelles se succèdent allègrement, malgré des décisions qui semblent positives de la part des responsables monétaires et économiques. Par exemple, le président de la Fed, aux USA, qui accorde de l’argent gratuit aux banques américaines, dans le but louable de combattre la déflation qui menace. Mais cela ne suffit pas pour que les banques prêtent de l’argent. Celles-ci sont préoccupées, avant tout, par leurs bilans à reconstituer au plus tôt.

 

Les banques ont, incontestablement, les plus lourdes responsabilités dans l’ampleur de la crise. Les marchés financiers les suivent de près, quand ils ne les précèdent pas. Et les Etats, qui ont suivi bêtement la finance libérale sans la cadrer, ont été profondément fautifs.

 

Le directeur général du Fonds Monétaire International a écrit aux gouvernements pour les mettre en garde (Una Galani, Le Monde, 17 décembre) : 

 

Le retour des risques politiques et sociaux

Les marchés vont devoir à nouveau intégrer la variable politique
dans leur évaluation des risques. Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a attiré l'attention sur le fait que les gouvernements doivent rapidement empêcher la récession économique sous peine de laisser les troubles sociaux se généraliser. Les marchés feraient bien d'être attentifs eux aussi à cet avertissement.

L'année 2008 a été tumultueuse. Pourtant, les investisseurs se sont à peine émus des émeutes grecques ou des attaques terroristes de Bombay, de la même façon qu'ils ont superbement ignoré la guerre en Géorgie. De fait, depuis les attentats commis aux Etats-Unis en septembre 2001, les événements sociaux et géopolitiques n'ont eu aucun impact sur leurs placements. Mais aujourd'hui, cette bienheureuse indifférence touche peut-être à sa fin, et ce pour deux raisons.

La première est que la crise du crédit a rendu les investisseurs plus timorés face à toutes sortes de risques. La deuxième raison tient à l'interaction qui se développe entre le monde politique et la sphère financière. En mettant en oeuvre des plans de sauvetage et des nationalisations, les Etats se sont engagés plus avant sur le terrain des affaires. La prééminence du prisme politique gagne encore en puissance, maintenant que d'autres secteurs économiques viennent solliciter l'aide publique.

L'opprobre qui frappe le modèle de la finance libérale risque de rendre les orientations politiques défavorables aux investisseurs. La montée du chômage ne pourra qu'exacerber les tensions préexistantes, qu'elles soient de nature purement nationale ou liées à des frictions frontalières. Le mécontentement des peuples poussera les dirigeants affaiblis à prendre des mesures protectionnistes, nationalistes et anticapitalistes.

La grande dépression des années 1930 a engendré la deuxième guerre mondiale. Il est heureux que, grâce aux progrès qu'ont connus les infrastructures sociales et la coopération politique, de telles tragédies nous seront sûrement épargnées. Mais si l'appel de M. Strauss-Kahn à une intervention publique musclée reste sans réponse, les émeutes qui secouent la Grèce pourraient bien n'être qu'un avant-goût de ce qui nous attend.


Le gouvernement français tire les conséquences budgétaires des mesures de relance annoncées par le président de la République
(Le Monde, 17 décembre) :

 

  L'Etat prévoit un déficit de 79,3 milliards d'euros en 2009

 

Quelques semaines à peine après l'annonce d'un plan de relance par Nicolas Sarkozy, le ministre du budget, Eric Woerth, a indiqué, mercredi 17 décembre, que le gouvernement tablait désormais sur un déficit budgétaire de l'ordre de 79,3 milliards d'euros en 2009, contre 57,6 milliards prévus initialement dans le projet de loi de finances 2009. Un chiffre qui prend en compte les mesures de relance qui doivent être votées en janvier (…).

Le président PS de la commission des finances de l'Assemblée, Didier Migaud, a pour sa part estimé que le déficit budgétaire total (Etat, Sécurité sociale, collectivités locales) allait frôler les "100 milliards d'euros", soit près de 5 % du PIB, calcule-t-on dans son entourage. "La France est rentrée dans cette crise beaucoup plus affaiblie que d'autres pays", a-t-il estimé, en demandant de nouveau à la majorité de revenir sur le paquet fiscal.


Les pays producteurs de pétrole constatent un recul de la demande et leur impuissance à maîtriser l’évolution des prix, qui sont très volatils
(Jean-Michel Bezat, Le Monde, 17 décembre) :

 

            L'inquiétude gagne les pays de l'or noir

(…) La perspective d'une forte baisse de la demande des pays industrialisés, et surtout d'un coup de frein en Chine et en Inde, risque alors d'accentuer l'effondrement des cours. Jusqu'où tomberont-ils ?  

(…) Avec son élargissement à la Russie, deuxième producteur mondial au coude-à-coude avec l'Arabie saoudite, l'OPEP assurerait 55 % de la production mondiale, renforçant son influence (sinon sa cohésion) et son pouvoir de marché. Moscou en a les moyens, puisque l'Etat a la main sur le robinet du pétrole à travers Transneft, comme il contrôle celui du gaz avec Gazprom.

Jusqu'à présent, la Russie a profité des effets de la baisse de production sur les cours sans payer son tribut, au grand dam de l'OPEP. Depuis 2000, le pays doit une bonne part de sa croissance à la vente du pétrole et du gaz. Leurs prix sont devenus "une question vitale" pour la poursuite du développement, a prévenu M. Medvedev. Trop vitale, selon de nombreux économistes : la Russie, dépendante des hydrocarbures, a besoin d'un baril à 75 dollars pour financer sa politique actuelle. Conjuguée à la fuite des capitaux, à l'inflation et à la remontée du chômage, l'effondrement des matières premières menace son équilibre (…).


L'OPEP décide une baisse record de sa production

 

Face à la chute des cours du brut, la riposte de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui fournit plus de 40 % de la production mondiale d'or noir, ne s'est pas fait attendre. Réunis mercredi 17 décembre à Oran en Algérie, ses membres ont approuvé une baisse de leur production de 2,2 millions de barils par jour (bpj), portant à 4,2 millions le total de la baisse par rapport au niveau de production de septembre, a annoncé le secrétaire général du cartel, Abdallah al-Badri (…).
 

Cet article est le 58ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

 

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 21:26

Une politique européenne faite par les nations

 

La présidence française s’est quasiment achevée avec le débat ce 16 décembre au Parlement européen. Comme le dit Cohn-Bendit : "Sarkozy a redonné de la crédibilité à la France dans l'UE". Au-delà, il a su faire exister l’Union européenne dans une période marquée par des troubles militaires et financiers, se glissant dans la brèche ouverte par l’effacement des USA.

 

En se comportant en vrai président de l’UE, alors qu’il n’était que président du Conseil européen, le président Sarkozy a montré l’ascendant des Etats sur les institutions européennes. En fait, il a interprété à l’anglaise ces institutions, ce qui a beaucoup plu à Gordon Brown. La Commission a été remise à sa place et le Parlement a joué son rôle, notamment sur le dossier énergie-climat.

 

La crise financière lui a permis de délaisser les dogmes, jusque-là intangibles. Il s’est affirmé subitement partisan de l’interventionnisme des Etats, de manière temporaire, quand ses amis actionnaires des grandes banques et firmes multinationales sont en difficulté, de manière à les remettre sur le droit chemin du profit. Pas question d’exiger un droit de regard de l’Etat dans les conseils d’administration, ce serait inconvenant.

 

On peut se demander si ce président tient vraiment à ce que s’applique le traité de Lisbonne qui renforce les institutions communautaires (Commission et Parlement). Voir sur ce blog les articles 2007-08 Traité de Lisbonne),

 

Il reste deux obstacles à la ratification du traité : la République tchèque - qui va présider le conseil européen au premier semestre  2009 et devrait procéder à une ratification parlementaire durant cette période - et l’Irlande, qui a été fortement incitée à accepter d’organiser un nouveau référendum avant la fin septembre 2009, de manière à ce que le traité s’applique à la mise en place de la nouvelle Commission, après le renouvellement du Parlement le 7 juin.

 

Voici Les dernières avancées de la présidence française de l'UE (Le Monde, 12 décembre).

 

Nicolas Sarkozy a tenu, vendredi 12 décembre à Bruxelles, sa conférence de presse de clôture du dernier conseil européen de la présidence française de l'Union européenne. L'occasion de mettre un dernier coup d'accélérateur sur les sujets non-résolus pendant la présidence, et de tirer le bilan des six mois de présidence Sarkozy.


Traité de Lisbonne.
Dossier le plus brûlant de la présidence française : sortir l'Europe de l'impasse, après le "non" irlandais au traité de Lisbonne. Vendredi, à Bruxelles, les Vingt-Sept ont décidé de faire revoter les Irlandais. En échange de concessions accordées à Dublin, comme le maintien de son commissaire à Bruxelles, l'Irlande devra organiser un nouveau référendum sur le traité d'ici à novembre 2009. Peu après, le premier ministre irlandais Brian Cowen a confirmé les termes de l'accord, indiquant qu'il était "prêt" à organiser un référendum.


 Relance. "Tout le monde a montré son accord absolu sur la gravité de la crise." Nicolas Sarkozy a affiché sa satisfaction, vendredi, en annonçant que les Vingt-Sept s'étaient entendus "sur la nécessité d'une
relance aux environs de 1,5 point de PIB", soit 200 milliards d'euros, pour tenter d'enrayer la crise économique qui sévit sur le continent.


TVA dans la restauration.
Echec, en revanche, sur la demande française d'appliquer des taux réduits de TVA au secteur de la restauration. L'Allemagne, hostile à cette idée, s'est opposée "catégoriquement" à ce que le plan comporte un engagement sur les taux réduits de TVA parmi les mesures à prendre pour combattre la récession.


Plan climat.
Le président a qualifié d'"historique" l'accord de l'UE sur son plan de protection du climat et de réduction des émissions de CO2.

Chine.
Nicolas Sarkozy a assuré, vendredi, qu'il retrouverait "les moyens de dialoguer sereinement avec la Chine", mais sans renoncer "aux valeurs européennes". Citant les rencontres du dalaï-lama avec plusieurs responsables européens, parmi lesquels le premier ministre belge, il a affirmé qu'il n'était pas le "seul responsable" de la dégradation des relations entre Pékin et l'Europe. "Il n'y a qu'une seule Chine. Je le dis pour Taïwan et pour le Tibet", a conclu le président de la République pour rassurer ses partenaires chinois.


République démocratique du Congo.
Le président français s'est montré très sceptique sur la nécessité d'envoyer une mission européenne en RDC, suggérant plutôt d'y déployer des forces africaines. "En RDC, le problème n'est pas du tout que l'Europe ne veut pas y prendre sa part. L'Europe est prête à y prendre sa part". Mais "quand il y a déjà 17 000 soldats de l'ONU et qu'on m'explique qu'il n'y en a que 800 qui servent, je me demande si c'est la peine d'en envoyer 3 000 de plus". Il a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait sur place en janvier, avec le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner.


… et
les commentaires d’un spécialiste, Arnaud Leparmentier (Le Monde, 13 décembre).


Il était radieux, il jubilait. Nicolas Sarkozy couronnait, vendredi 12 décembre, sa présidence de l'Union européenne (UE) par un accord sur le climat. Non pas après une nuit exténuante de négociations, mais, pile à l'heure, vers 13 heures. Du jamais-vu. "Je n'ai pas envie de négocier jusqu'à 4 heures du matin pour trois cacahuètes", a déclaré M. Sarkozy, en résumant, goguenard, sa présidence : "Je n'ai aucun regret." Pas un regret alors que les Européens ont été incapables de décider d'un plan de relance économique coordonné : les Britanniques et les Espagnols soutiennent la demande, tandis que les Français et les Allemands privilégient l'offre. L'habillage de la Commission ne fait guère d'illusion, alors que nul n'est prêt à augmenter la solidarité budgétaire en Europe.


L'essentiel est ailleurs : en six mois, l'humeur a radicalement changé en Europe
. Le Vieux Continent a vécu au rythme des crises financière et géorgienne et du tempérament de Nicolas Sarkozy. Le calendrier a été bouleversé, les réunions multipliées. Les partenaires ont été rudoyés, à l'instar du président polonais qui se vit refuser le micro : "Quand on est vingt-sept, on prend la parole une fois et pas six fois", a affirmé M. Sarkozy devant la presse. Les dirigeants réticents, mis face à leurs responsabilités : "C'est non négociable ? Prépare-toi à annoncer l'échec." Le tout en faisant fi des procédures. Mais les résultats sont là, meilleurs que d'habitude, et les dirigeants européens s'en sont satisfaits, ravis de sortir de leur immobilisme. "Les belles années de l'Europe, elles sont devant nous si on veut bien continuer à ce rythme", a assuré le chef de l'Etat.


Les Européens connaissent l'adage de Jean Monnet, l'un des pères de l'Europe : "Rien n'est possible sans les hommes, rien n'est durable sans les institutions." Et, dès le 1er janvier 2009, l'Europe peut retomber dans sa léthargie faute de leadership - la présidence va être exercée par les eurosceptiques Tchèques - et d'institutions adaptées, le traité de Lisbonne étant suspendu au second référendum irlandais.


Toutefois, certains acquis sont incontestables. L'Europe a surmonté le traumatisme de l'après-11 septembre 2001, lorsqu'elle s'était déchirée sur la guerre en Irak et le pacte de stabilité. Les crises géorgienne et financière lui ont permis de faire son unité et de croire en elle-même. La France se sent de nouveau chez elle en Europe, après être sortie du jeu à Nice en 2000. Jacques Chirac et Lionel Jospin s'étaient révélés incapables de préparer l'élargissement de l'UE aux pays de l'Est. Les experts avaient diagnostiqué "la fin du jardin à la française" en Europe (Daniel Vernet, Le Monde du 15 décembre 2000). Huit ans plus tard, la querelle française sur l'élargissement est close : les nouveaux membres n'ont pas entravé la volonté politique de Paris, qui a donné en échange des gages d'atlantisme.


Ces clarifications ne préparent pas un retour à l'
Europe de Jacques Delors, au contraire. Insensiblement s'opère une modification de la nature de la construction européenne, fondée sur le droit. Cette vision correspondait aux aspirations allemandes et des pères fondateurs, qui, instruits par l'histoire, se méfiaient des hommes politiques. La machine avait fini par se scléroser et M. Sarkozy a pu orchestrer un retour en force des Etats au nom du primat du politique.


Cette révolution néogaulliste, intergouvernementale
, accélère le déclin de la Commission, même si M. Sarkozy a veillé à emmener dans ses déplacements son président, José Manuel Barroso. L'institution bruxelloise peine à prétendre qu'elle incarne l'idéal européen, ce rôle étant de plus en plus dévolu au Parlement. Le président français veut la confiner à un rôle de gardienne des traités. Et encore ! Des traités soumis au bon vouloir des Etats, puisque M. Sarkozy veut des règles de concurrence et budgétaires assouplies. En décidant, vendredi, de conserver une Commission pléthorique, composée d'un commissaire par Etat, les Vingt-Sept ont enterré l'idée qu'elle puisse devenir un gouvernement fédéral de l'Europe.


S'y ajoutent deux victimes de la présidence Sarkozy : le premier ministre luxembourgeois,
Jean-Claude Juncker, qui préside le forum des ministres des finances de la zone euro et l'Espagnol Javier Solana, responsable européen de la politique étrangère. Leur poste doublonne avec celui du président du Conseil européen, dont l'expérience vient de monter qu'il fallait mieux qu'il fût fort.


Lire aussi
 Nicolas Sarkozy : "L'Europe m'a changé" (Nouvel Observateur, 16 décembre) et Nicolas Sarkozy plaide pour une Europe des nations, politique (Le Monde16 décembre).

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Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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