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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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Articles RÉCents

17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 22:05

La crise est inhérente au capitalisme financier

 

 

Dans le mot crise, il y a décision (krisis). A l’évidence, nous vivons une crise du système capitaliste, qui appelle des décisions politiques à la hauteur de l’évènement.

 

A l’origine, le mot crise caractérisait « un brusque changement dans le cours d’une maladie, dû à la lutte entre l’agent d’agression et les forces de défense de l’organisme » (Petit Larousse).

 

Nous pouvons admettre que la société est malade du capitalisme, ce système, destructeur par nature, ne permettant pas un épanouissement de tous, mais la satisfaction de quelques-uns.

 

Depuis deux ans, le « brusque changement » qui est à l’origine de la crise est venu des USA et des prêts immobiliers. On peut le caractériser comme étant le résultat de la prise de pouvoir du capitalisme financier, celui-ci étant « l’agent d’agression » contre lequel la société doit se défendre (c’est le rôle des Etats).

 

Dans sa réponse à Martine Aubry (voir Jean-Pierre Chevènement a répondu à Martine Aubry, au nom du MRC - 16 juillet 2009), Jean-Pierre Chevènement a commencé par affirmer :

 

« Nous partageons l’idée que « la gauche doit changer », mais elle ne saurait, selon nous, surmonter ses divisions que si, tous ensemble, nous sommes capables de procéder à une analyse sérieuse et approfondie de la « globalisation financière » ou si vous préférez, du capitalisme financier de notre temps. Ce système qui a creusé les inégalités et entraîné un profond recul de la démocratie ne s’est pas installé d’hier. Sa crise implique que nous définissions des ripostes qui soient « à la hauteur ». Nous devons offrir un projet dans lequel le peuple français puisse se reconnaître ».

 

Avec la Fondation de recherche Res Publica, reconnue d'utilité publique (voir les publications sur le site de la Fondation), qu’il a créée et qu’il préside, l’ancien ministre et actuel sénateur du Territoire de Belfort s’efforce de promouvoir les réflexions de fond sur la crise.

 

La crise analysée par la Fondation Res Publica

Retrouvez ici les principales publications de la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement sur la crise et sur ses prémices, depuis 2007.

·                                 L'impact de la crise sur la stabilité de l'Euro, séminaire du 4 mai 2009

·                                 Crise du libre-échange mondial : comment en sortir ?, colloque du 27 avril 2009

·                                 L'Europe au défi de la crise, colloque du 14 février 2009

·                                 L'Allemagne, la crise, l'Europe, colloque du 12 janvier 2009

·                                 L'Etat face à la crise, colloque du 9 décembre 2008

·                                 Quelle politique agricole, au défi de la crise alimentaire mondiale ?, séminaire du 9 juin 2008*

·                                 Commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?, colloque du 17 mars 2008

·                                 Quel gouvernement économique de la zone euro ?, colloque du 18 février 2008

·                                 Crises financières à répétition: quelles explications? quelles réponses?, colloque du 17 10 2007

Voir sur le blog de Chevènement ses interventions, rassemblées dans le dossier "crise" de ce blog.
 

* J’ai participé à cette table ronde.


Cet article est le 78ème paru sur ce blog dans la catégorie
Capitalisme .

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 22:03

Le PS aurait intérêt à se saisir des propositions du MRC


Martine Aubry, responsable du Parti Socialiste, n’a pas eu un franc succès avec l’initiative qu’elle a prise, le 7 juillet, d’adresser une lettre aux responsables des partis de gauche se situant dans la perspective de participer au gouvernement de la France - voir, sur ce blog :


L'appel du PS au rassemblement de la gauche, initiative intéressante
- 12 juillet 2009

Michel Sorin : le PS ne s'en sortira pas sans se remettre en question - 13 juillet 2009

 

Sur le site de Rue89, Julien Martin, le 13 juillet, expliquait : Union de la gauche : pourquoi Martine Aubry prend un râteau.

 

« Après son piètre score aux européennes, le PS échoue à créer une union de la gauche en vue des régionales ».

Avec plus ou moins de doigté, tous ont dit non à Martine Aubry. Mardi dernier, la première secrétaire du PS a envoyé une lettre à tous les représentants des partis de gauche, à l'exception du NPA, pour les appeler à une « nouvelle démarche de rassemblement », à la création d'une « maison commune », dès les élections régionales de 2010 (…).

Mais le Parti socialiste, qui éprouve les pires difficultés à rassembler en son propre sein, ne parvient plus à convaincre les autres partis à gauche de se réunir autour de lui. Un second désaveu cinglant pour la première secrétaire socialiste, après l'échec des européennes. Des partis qui ont chacun des raisons à faire valoir pour justifier leur refus.

Raison n°1 : Les alliances avec le MoDem.  Raison n°2 : La faiblesse électorale du PS. Raison n°3 : Les expériences passées.

Concernant le Mouvement Républicain et Citoyen, qui n’avait pas répondu, le journaliste anticipait une réponse négative.

(…) L'échec d'une alliance aux élections européennes semble toujours très présent dans les esprits. Selon nos informations, son président (Jean-Pierre Chevènement) ne rendra public sa réponse à Martine Aubry que mercredi, mais le dernier édito publié le 29 juin sur son blog ne laisse guère la place au doute :

« Nous avons cherché depuis trois décennies à réconcilier la gauche avec l'exigence républicaine. (…) C'est peu dire que le PS ne nous en a pas été reconnaissant. Nous avons cependant résisté à la campagne de marginalisation lancée contre nous, depuis longtemps et redoublée depuis 2002. (…) Le MRC fera donc entendre sa voix en toutes circonstances. »

La presse, y compris celle dite de gauche, ne veut pas croire en la crédibilité de l’initiative de Martine Aubry, car elle ne croit pas dans la crédibilité du PS.

J’ai observé que, depuis la parution publique de la réponse de Jean-Pierre Chevènement, relayée par une dépêche de l’AFP, aucun organe de presse ne l’a évoquée. Sans doute parce qu’elle ne va pas dans le sens attendu. Voici cette réponse, parue le 15 juillet sur le site du MRC.

Jean-Pierre Chevènement répond à la lettre de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste

 

Madame la Première Secrétaire, chère Martine,

J’ai bien reçu votre lettre du 7 juillet 2009. Nous partageons l’idée que « la gauche doit changer », mais elle ne saurait, selon nous, surmonter ses divisions que si, tous ensemble, nous sommes capables de procéder à une analyse sérieuse et approfondie de la « globalisation financière » ou si vous préférez, du capitalisme financier de notre temps. Ce système qui a creusé les inégalités et entraîné un profond recul de la démocratie ne s’est pas installé d’hier. Sa crise implique que nous définissions des ripostes qui soient « à la hauteur ». Nous devons offrir un projet dans lequel le peuple français puisse se reconnaître.

A cet égard, nous sommes trop conscients des insuffisances que la gauche a manifestées après 1983 aussi bien que dans la période dite de la « gauche plurielle » (1997-2002) pour proposer de revenir à des formules qui ont montré leurs limites. Il a manqué et il manque encore à la gauche un « projet ».

 

Nous sommes donc partisans d’Etats généraux de la gauche où chacun pourrait exposer ses analyses et ses propositions, non pas sur un sujet particulier mais sur l’ensemble de la démarche qui permettrait de rendre un espoir à notre peuple.

Nous ne voulons pas noyer sous des initiatives particulières qui brouilleraient encore plus le message de la gauche, l’autocritique salubre et nécessaire et les propositions à la fois audacieuses et réalistes qui pourraient retisser un lien de confiance, aujourd’hui fortement distendu entre la gauche et les couches populaires.


Pour ce qui le concerne, le Mouvement Républicain et Citoyen avait proposé, lors de son dernier Congrès, les 28 et 29 juin 2008, au Kremlin-Bicêtre, une « refondation républicaine » de toute la gauche. Qu’entendons-nous par là ? Qu’en toutes choses l’intérêt du pays soit notre boussole. C’est cette exigence républicaine qui pourrait permettre de déboucher sur la création d’un grand parti de toute la gauche seul capable de fournir l’électrochoc nécessaire. Nous constatons que notre offre n’a rencontré aucun écho de la part de la direction du parti socialiste, jusqu’à votre lettre du 7 juillet 2009 évoquant une « maison commune », aux contours, il est vrai, pour le moins imprécis.

Le redressement de la construction européenne, le rôle que la France peut y prendre, la conception républicaine de la nation sont évidemment des questions clés. L’est également l’élaboration d’un nouveau modèle de développement qui soit soutenable dans la durée et tienne compte de la nouvelle multipolarité du monde. Entre les Etats-Unis et la Chine dont la relation structurera le XXIe siècle, la France et l’Europe ont des intérêts légitimes à défendre, à commencer par ceux de nos couches populaires, particulièrement éprouvées par les délocalisations d’activités.

L’intérêt général de notre peuple et celui de l’Humanité tout entière ne sont pas contradictoires. Encore faut-il inventer un nouveau chemin. C’est à cela qu’une gauche digne de ce nom devrait consacrer ses efforts. Pour ne pas décevoir à nouveau, la gauche doit tenir un discours de vérité.

C’est dans cet esprit que le Mouvement Républicain et Citoyen est prêt à participer à la rentrée à une rencontre des partis de gauche qui permette de « débroussailler le terrain ».

Je vous prie de croire, Madame la Première Secrétaire et chère Martine, en l’assurance de ma meilleure pensée.

 

Lire aussi la dépêche AFP (16 juillet) : Appel d'Aubry au rassemblement: le MRC "prêt" à rencontrer les partis de gauche

 

Cet article est le 111ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 21:46

Greg LeMond, un chroniqueur pour Le Monde

 

Une série d’articles parus sur le site du quotidien Le Monde, avec la signature de Greg LeMond, triple vainqueur du Tour de France (1986, 1989, 1990), a éveillé mon attention. J’ai regardé de plus près, me souvenant des réticences de l’intéressé vis-à-vis des performances de son compatriote Lance Armstrong. Ce Greg a du talent et de la crédibilité.

 

Ses réponses aux questions des journalistes Henri Haget et Boris Thiolay (L’Express, 13 juillet 2007) valent le détour :

 

Cet homme est un pionnier: le premier Américain vainqueur du Tour de France à une époque (1986) où le cyclisme ignorait la mondialisation. Cette année-là, Greg LeMond triomphe de son équipier Bernard Hinault, et la photo des deux champions franchissant, main dans la main, la ligne d'arrivée, à l'Alpe-d'Huez, fera le tour de la planète. LeMond remportera encore la Grande Boucle en 1989 et en 1990, avant de quitter un peloton où l'EPO commence ses premiers ravages. Aujourd'hui, ce prospère businessman de 46 ans ne reconnaît plus le sport qui l'a fait roi. Les sacres de ses compatriotes, Lance Armstrong et Floyd Landis, entachés de soupçons, lui laissent un goût amer. En matière de lutte contre le dopage, selon lui «la révolution reste à faire».

 

Lire la suite : ''Les coureurs dopés sont comme des toxicomanes''

 

Greg LeMond suit le Tour de France 2009 en se mettant dans la peau d’un journaliste…

 

Cet été, pour la première fois de ma vie, je vais faire le Tour de France non pas en tant que coureur cycliste, mais dans la peau d'un "journaliste". Drôle d'idée m'objecterez-vous ? Je ne suis pas un journaliste et je n'ai jamais écrit dans un journal. Aussi, quand Le Monde m'a proposé de tenir la plume dans ses colonnes, je me suis demandé si j'aurais quelque chose d'intéressant à raconter sur le cyclisme. Si j'ai accepté de jouer les chroniqueurs, c'est parce que j'aime par-dessus tout le Tour de France. Même si je l'ai remporté il y a déjà fort longtemps, dix-neuf ans après, il coule toujours dans mon sang, il est toujours dans mon coeur.

Mais ces dernières années, le Tour est devenu une expérience douloureuse pour moi. Pour certains Américains, je suis le jaloux, ancien coureur du Tour de France, qui veut vivre sur sa gloire d'antan. C'est mal me connaître. La dernière fois que j'ai couru le Tour, c'était en 1991. J'avais terminé septième et réalisé que la course avait changé. Mais je ne savais pas très bien pourquoi (…).

 

Aujourd'hui, je veux pouvoir regarder le Tour de France sans avoir à me demander qui est propre ou qui triche, ce qui relève de l'athlète ou du médicament, d'un célèbre médecin italien ou espagnol... Quand dira-t-on enfin : "Ça suffit !" ? (…)

 

Voir cet article dans son intégralité (Le Monde, 4 juillet 2009) : Il est temps de dire "ça suffit !", par Greg LeMond - Sports - Le ....

 

Ces deux derniers jours, Greg LeMond a signé trois articles, dont je conseille la lecture :

 

Une corporation où l'on accepte l'inacceptable, par Greg LeMond (Le Monde, 15 juillet),

 

Jetez l'oreillette, par Greg LeMond (Le Monde, 14 juillet),

 

Alberto, méfie toi !, par Greg LeMond (Le Monde, 14 juillet).

 

 

Cet article est le 4ème paru sur ce blog dans la catégorie Les sports.

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 18:15

 

La souveraineté reste nationale, qu’on se le dise à Bruxelles !

 

Notre République paie le prix de glissements non démocratiques, qui ont abouti en 50 ans à la dissolution de la France dans une Europe dont le but était l’effacement des nations dans un ensemble supranational, volontairement mal défini, car destiné à être soumis au leadership américain et à la domination du marché mondial.

 

Ce cycle était lié au social libéralisme, qui a imprégné les gouvernants pendant trente ans, de la fin des années 1970 à 2007, année de la crise du capitalisme financier. Celle-ci a eu pour conséquence de redonner de l’oxygène aux Etats, les seuls en mesure de prendre des décisions face à la faillite du système financier mondialisé.

 

Pour le président des USA, « la souveraineté des Etats est la "clé de voûte" de l'ordre international » (voir La diplomatie Obama, entre moralisme et réalisme, Le Monde, 13 juillet).

 

En Europe, quand ils ont été consultés par référendum (France, Pays-Bas, Irlande), les citoyens n’ont pas accepté de ratifier les traités européens qui organisent juridiquement les transferts de souveraineté au bénéfice des institutions européennes.

 

Mais les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de ne pas en tenir compte, en faisant voter la ratification du traité de Lisbonne par la voie parlementaire, et en commandant un second référendum en Irlande. Toutefois, la plus haute juridiction de la République fédérale d’Allemagne a clairement fait savoir que le traité de Lisbonne, tel qu’il a été adopté, va à l’encontre des principes démocratiques (voir Traité de Lisbonne : la leçon allemande de démocratie européenne - 4 juillet 2009).

 

Ce 14 juillet, jour chômé en France (fête nationale), le Parlement européen n’a pas hésité à réunir ses instances à Strasbourg, alors que le 21 juillet, jour chômé en Belgique (fête nationale), il cessera toute activité (voir Le PE boude le 14 juillet, Jean Quatremer). Le symbole vaut son pesant d’euros !

 

Cela ne doit pas gâcher notre plaisir de célébrer la fête de la Nation française (voir Tout savoir sur le 14 juillet - La fête nationale).

 

Voir aussi 14 juillet sur le blog de Xavier Dumoulin et l’article le plus lu sur ce blog : L'origine des trois couleurs du drapeau français, selon Xavier Dumoulin - 30 mars 2007.

 

Les paroles de La Marseillaise et le lien vers des chants révolutionnaires 

1er couplet 

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils et vos compagnes !

 Refrain 

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !

 2

Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !

 3

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

 4

Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

 5

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

 6

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

 7

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre

 

Lire le blog citoyen, socialiste et républicain de Xavier Dumoulin http://sr07.unblog.fr

 

 

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 22:54

La lettre de Martine Aubry,

une chance à saisir par la gauche

 

 

Permettez à l’ancien militant et responsable PS que je suis de ne pas écarter d’un revers de la main la proposition de Martine Aubry (voir L'appel du PS au rassemblement de la gauche, initiative intéressante - 12 juillet 2009).

 

J’ai lu les articles de presse parus ce 13 juillet, indiquant que Le désarroi des dirigeants du PS s'accentue (Le Monde, Jean-Michel Normand) et que La maison commune d'Aubry se construit sur du sable(Marianne2, Gérald Andrieu).

 

Mais il faut prendre au sérieux la tentative des dirigeants socialistes de se remettre en question après leur échec des élections européennes : Réarmement, dépassement, projet... : le nouveau langage socialiste (Le Monde, 13 juillet, Jean-Michel Normand).

 

Nous n’avons rien à gagner à l’affaiblissement durable du PS, car, pour longtemps, ce serait l’échec de la gauche et des forces du progrès.

 

En France, il y a deux grands partis de gauche : le PS et le PCF. La crise doit les amener à dépasser leur rupture du congrès de Tours, en 1920. L’auteur du livre « Les socialistes, les communistes et les autres » (Editions Flammarion, 1977) et, aussi, de « Le vieux, la crise, le neuf » (Flammarion, 1975) peut les y aider. Il s’agit, bien sûr, de Jean-Pierre Chevènement.

 

Sur le site du PS, on peut lire ceci :

Martine Aubry s'adresse aux responsables des partis et mouvements de gauche et écologistes

7 juillet 2009

Pour une nouvelle démarche de rassemblement à gauche afin de dégager les bases d'une politique alternative, Martine Aubry a adressé une lettre aux responsables des partis et mouvements de gauche et écologistes.

Lire la lettre de Martine Aubry

La situation du pays est grave. Il est traversé par une crise profonde. Profonde dans l’ampleur des dégâts sur les vies humaines : la montée du chômage, l’explosion des inégalités et de la précarité sont terribles. Profonde aussi dans sa signification. Cette crise est celle d’un système qui impose la rentabilité à court terme, l’accumulation de biens matériels et d’argent comme principes majeurs de la société. C’est aussi un modèle de société qui oppose les hommes et les territoires et détruit la planète.


Pourtant la droite, aujourd’hui emmenée par Nicolas Sarkozy qui fait sienne cette idéologie néolibérale, n’a pas été sanctionnée dans les urnes.

En cela, le résultat des dernières élections est un nouvel échec pour les forces de progrès, même si les résultats individuels ont été contrastés. Nous réunissons plus de voix que la droite mais nous apparaissons collectivement comme les perdants du scrutin du 7 juin. Et si certains partis de gauche se détachent à telle ou telle élection, nous sommes incapables de transformer notre force collective en alternative politique à la droite.


Pour gagner, nous devons surmonter les divisions de nos mouvements et ou de nos partis. Nous devons changer. Nous devons, d’une seule voix, convaincre les Français que nous incarnons, ensemble, une alternative solide et durable pour bâtir un autre modèle de développement, un nouveau modèle de société, un nouveau monde.


Comme beaucoup d’entre vous, j’ai appelé de mes voeux une nouvelle démarche de rassemblement à gauche. Une « Maison commune » ouverte à tous les chemins que nous pouvons emprunter ensemble. Le Parti Socialiste aborde cette démarche sans préalable. Les formes que doit prendre cette démarche sont à inventer collectivement.


Bien sûr, nos partis et nos mouvements représentent tous une histoire particulière, des valeurs et des projets qui leur donnent une légitimité politique. Les enjeux changent, les solutions de demain ne sont pas celles d’hier, mais les valeurs et les combats menés demeurent notre socle commun.


Le Parti Socialiste est né des rapports entre capital et travail dans l’entreprise. Il a su unir, à force de luttes, l’aspiration à la justice sociale et l’attachement aux libertés. Il a apporté une puissante contribution à l’établissement de la protection sociale. Ces combats sont plus que jamais d’actualité. Mais, ils sont perdus s’ils ne prennent pas compte les nouveaux impératifs de notre société : la mondialisation, la société numérique, les chocs démographiques et écologiques.


Ces évolutions - pensées et régulées - peuvent être positives. Aujourd’hui, elles sont créatrices de nouvelles formes d’inégalités. Et si l’écologie politique a reçu un écho favorable lors des dernières élections, c’est aussi parce que les hommes comprennent l’urgence environnementale. Ils perçoivent ces enjeux environnementaux comme une nouvelle ligne de fracture entre ceux qui peuvent résister, se protéger et ceux qui, déjà, subissent la dégradation de la planète. Ils veulent qu’on pense aux générations futures.


Tous ensemble, nous devons relever les nouveaux défis de cette société exsangue. Nous aspirons à une société post-productiviste fondée sur une croissance sélective, sobre, socialement responsable et post-matérialiste portant le bien être, l’émancipation de chacun, le soin et le respect de l’autre.


Nous pouvons répondre aux aspirations des Français si nous sommes résolus à mettre en commun nos analyses, à partager nos perspectives et à proposer des solutions pour préparer un autre avenir.

Cela suppose que nous acceptions tous de réévaluer nos certitudes pour dégager ensemble les bases d’une politique alternative. Le Parti socialiste y est prêt.


Clairement, notre objectif est de participer à l’élaboration d’un projet commun de la gauche en 2012, mais aussi de mettre en oeuvre une stratégie politique électorale commune pour l’emporter. Nous pensons que la « maison commune » doit accueillir tous les citoyens qui se reconnaissent dans cette démarche de changement.


Nous avons déjà eu les uns et les autres des contacts informels. Je vous propose que nous entrions de plain-pied collectivement dans cette démarche. N’oublions pas que c’est toujours en étant unis que nous avons connus nos plus belles victoires au service de nos concitoyens, en 1936, en 1981 et en 1997, mais aussi récemment nos plus belles victoires locales.


Nous devons accorder à ce dialogue tout le sérieux nécessaire en nous donnant le temps qu’il faut, mais sans en perdre : pour nous, notre rassemblement doit s’engager dès les élections régionales. Elles sont un enjeu majeur pour la gauche, le Parti socialiste est prêt à travailler dans chaque région avec l’ensemble des partis de gauche et les écologistes, sur un projet commun et une réflexion commune sur notre stratégie électorale.


Au-delà, ce rassemblement pourrait se décliner sous la forme d’initiatives communes, par exemple sur la question de l’emploi à la rentrée -qui va être sans doute la plus difficile jamais connue particulièrement pour les 650 000 sortants du système scolaire- ou à l’automne sur le climat dans la perspective du sommet de Copenhague. Nous pourrions aussi décider du principe de ripostes communes aux atteintes contre les droits sociaux, et les libertés publiques ou locales.


Les hommes et les femmes que nous représentons réclament l’unité. Ils ont raison et la crise qu’ils subissent nous crée plus que jamais des obligations. Nous devons marquer notre volonté de changer la donne politique.

Pour inventer et porter ensemble un autre modèle de société, fondé sur nos valeurs de progrès, de justice sociale, de solidarité et de préservation des équilibres écologiques et des libertés collectives. Voilà pourquoi je vous propose de nous rencontrer au   plus tôt selon les formes dont nous pourrons convenir.


Je sais le chemin du rassemblement exigeant mais je m’y engage pleine d’espoir et d’optimisme, consciente de notre responsabilité historique et de l’attente populaire.


Cet article est le 110ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation
.

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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 19:45

Clarifier les positions socialistes sur le fond est un préalable

 

 

L’organisation, le 7 juillet, à Marcoussis, d’un séminaire de réflexion sur les grands choix de société était le signe que le PS n’était pas mort, puisqu’il bougeait encore… Voir l’article paru le 7 juillet sur le site du quotidien Le Monde Le PS en séminaire pour jeter les bases d'"un projet de société").

Avant de s'atteler à la définition d'un programme en bonne et due forme, l'équipe dirigeante veut définir "un projet de société". Plutôt que de commencer à produire une batterie de propositions, le séminaire de Marcoussis doit jeter les bases du renouveau des idées du PS.
Dans la foulée (restons sur la métaphore sportive, après Marcoussis, haut lieu du rugby), le 10 juillet, le PS lance L'appel au rassemblement d'Aubry en vue des régionales. L’initiative ne concerne pas que les élections régionales. En arrière-plan, il y a les élections nationales en 2012.

Pour Martine Aubry, les habitants de ce qu'elle appelle la "maison commune" de la gauche doivent garder en ligne de mire la prochaine élection présidentielle, dans trois ans. "Notre objectif est de participer à l'élaboration d'un projet commun de la gauche en 2012, mais aussi de mettre en œuvre une stratégie politique électorale commune pour l'emporter. Nous pensons que la 'maison commune' doit accueillir tous les citoyens qui se reconnaissent dans cette démarche de changement", écrit-elle.


La société française semble mûre pour un examen de conscience, en vue de changements politiques profonds
.

 

A cet égard, les titres choisis par le quotidien l’Humanité ce soir sont significatifs :

 - L’aspiration à l’égalité revient en force

 - FÊTE DE L’HUMANITÉ : JEAN JAURÈS EN VEDETTE

 

Pourtant, un autre titre exprime des réserves vis-à-vis de l’initiative du PS « LE PS PEINE À IMPOSER SON LEADERSHIP. Malmenés aux européennes, les socialistes échouent à convaincre leurs partenaires de reconduire des alliances sans choix clairs ».

Il faut lire attentivement cette dernière phrase. « Des alliances sans choix clairs », bien sûr, les partis de gauche les refusent, car ils ont déjà donné.

 

Mais, après Marcoussis, le PS n’est-il pas engagé dans un mouvement de révision profonde de ses idées, sachant que le cycle du congrès d’Epinay-sur-Seine est épuisé depuis longtemps ? L’affirmer est prématuré, car, en préalable, le PS doit préciser sa pensée, afin de montrer sa volonté de sortir de sa torpeur intellectuelle.
           

La gauche française s'endort dans les bras de l'Europe (Gaël Brustier, Marianne, 12 juillet). Gaël, qui était secrétaire national MRC, pose les bonnes questions. La gauche française s’est dissoute dans la social-démocratie européenne. Elle peut en sortir par le haut en dépassant le clivage entre la première et la deuxième gauche.

 


"L'appel d'Aubry au rassemblement sent le double jeu", estime Mélenchon
(Le Monde, 11 juillet). Cette réaction est logique, venant de Jean-Luc Mélenchon, dont la stratégie repose sur le postulat que le PS ne peut choisir d’autre voie que le libéralisme, ce qui a conduit le Parti de Gauche (PG) à rechercher une alliance avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

 

L'offre d'Aubry ne convainc ni Mélenchon, ni le PRG (Nouvel Observateur, 12 juillet), pas plus que Les Verts et Europe Ecologie, engagés avec Cohn-Bendit dans une stratégie de différenciation écologiste au premier tour des scrutins, dans l’espoir de supplanter le PS partout où c’est possible.

 

L’initiative de Martine Aubry suscite des réactions qui étaient prévisibles (voir PS, entre écologistes-démocrates et gauche radicale, cherche alliés - 5 juillet 2009). Cela conforte le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), qui soutient les initiatives de Gauche Avenir (voir Forum sur l'Etat de la gauche) et de Robert Hue (Le MRC s'associe à l'appel à un « pacte unitaire de progrès »).

 

Cet article est le 109ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 21:41

Redéfinir ce que sont la droite et la gauche aujourd’hui

 

Dans le bulletin Citoyens Militants MRC de juillet et août 2009, après un édito du président (voir Après le Conseil national, Chevènement écrit aux militants du MRC - 30 juin 2009), on trouve, en page 2, un texte de Jean-Luc Laurent sur le clivage droite-gauche, que je reproduis ci-après.

 

L’auteur est membre du secrétariat national MRC, chargé de la coordination. C’est sur lui que s’appuie Jean-Pierre Chevènement pour faire fonctionner ce qui n’est pas tout à fait un parti politique, mais qui peut le devenir… Jean-Luc Laurent a, par ailleurs, des mandats électifs : municipal (maire du Kremlin-Bicêtre, président de la Communauté de communes du Val de Bièvre) et régional (vice-président du Conseil régional d'Ile-de-France).

 

Grandeur et misère du clivage gauche-droite

 

La gauche et la droite s’enracinent dans la Révolution française. Elles traduisaient alors la distribution spatiale de la première assemblée nationale.

Progressivement, le clivage droite-gauche a pris une épaisseur idéologique et s’est installé comme véritable colonne vertébrale de la vie politique française.

 

Au fil des siècles, ce partage en deux de la vie politique a successivement connu des périodes d’affermissement ou de crise. S’il n’a pas toujours revêtu le même sens, si sa ligne de fracture s’est révélée changeante, il a toujours offert un cadre de compréhension et d’appréhension au débat d’idées contradictoire.

A l’exception des périodes de guerre où il s’est effacé derrière la nécessité de rassembler la Nation, il a maintenu un jeu de bascule entre deux piliers de notre devise : la liberté ou l’égalité. La première, comprise comme faculté de l’individu, s’étant toujours opposée à la dynamique collective induite par la seconde.

 

La gauche s’étant détournée du peuple et la droite de la Nation,
ce clivage a perdu toute consistance idéologique

 

Depuis l’avènement de la gauche au pouvoir en 1981, ce clivage s’est peu à peu délité jusqu’au constat amer d’un déclin inexorable au seuil des années 2000 : près des 2/3 des Français l’estiment périmé et inopérant pour juger de l’action politique de leurs représentants. L’abstention massive des élections européennes de juin dernier en apporte un fracassant témoignage.

 

En vérité, cette défiance envers le clivage droite-gauche commence à s’exprimer dès 1983 avec l’ouverture de la parenthèse libérale par le parti socialiste, que ce dernier n’aura jamais refermée. C’est ainsi que l’Europe s’est substituée à l’union de la gauche.

En soutenant l’intégration européenne en 1992, la droite, héritière du gaullisme, a apporté aussi sa contribution au dépérissement d’un clivage qui charriait avec lui la politisation du corps social. La désillusion des électeurs s’est alors fixée progressivement dans l’abstention. La gauche s’étant détournée du peuple et la droite de la Nation, ce clivage a perdu toute consistance idéologique.

 

Cependant, il serait inconséquent de l’entretenir artificiellement et de manière pavlovienne, en se contentant de le définir en opposition à la politique menée par Nicolas Sarkozy.

De même, la gauche ne doit pas faire l’impasse sur l’analyse critique de son action. De la crise économique à la dépression de la gauche, le contexte actuel s’avère paradoxalement fécond pour proposer une redéfinition doctrinale du clivage droite-gauche, à partir des enjeux qui caractérisent le monde d’aujourd’hui. Notre crédibilité est alimentée par notre constance : la France a besoin d’une refondation républicaine.

 

Face à un libéralisme tentaculaire qui a infusé au sein de toutes les formations de l’échiquier politique, nous devons nous mobiliser pour offrir la République et la puissance publique comme salut.

C’est ainsi que nous serons utiles à la gauche et à la France.

 


            Jean-Luc Laurent (3ème à partir de la gauche) 
lors de la réception organisée à l'hôtel de ville de  Belfort,
le 6 septembre 2008 (université d'été du MRC)

Cet article est le 35ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 21:42

La République doit s’affirmer face aux intégrismes


Le temps du laisser-faire est révolu. De nombreuses associations se mobilisent face à la progression des communautarismes, ainsi que des pratiques sectaires et fondamentalistes, en France.


L’initiative des députés républicains - voir sur ce blog André Gerin (PCF) veut clarifier la question du port du voile intégral - 19 juin 2009 – fait suite à la pétition initiée par Riposte Laique concernant le port du voile intégral. Ce journal en ligne, dans son édition datée du 6 juillet, posait ainsi, très clairement, le problème.

(…) Nous savons que la gauche actuelle, dont nombre d’entre nous sont issus, a perdu tout repère républicain, et contribue, par dogmatisme et démagogie, à aggraver une situation déjà dramatique. Nous savons que l’irresponsabilité de cette gauche est une aubaine pour une droite qui, sous la direction de Nicolas Sarkozy, joue la carte de l’islam et du communautarisme pour en finir avec la République laïque et sociale.

Inutile de tourner autour du pot : c’est de la survie de la France, de la Nation, des acquis de l’histoire de notre République et avant tout de l’égalité des sexes et de la laïcité dont il est question, rien de moins !

L’islam et le libéralisme jouent de concert, pour en finir avec notre pays, et ses valeurs égalitaires, issues de la Révolution française.

Notre journal, avec ses faibles moyens, mais fort de la détermination de sa rédaction, de ses correspondants et des ses lecteurs, entend tout mettre en œuvre, lors de sa troisième année, pour impulser le réveil des consciences qui, seul, peut encore empêcher la catastrophe de se produire : une France communautarisée, où les enclaves musulmanes, de plus en plus imposantes, comme à Rotterdam, à Bruxelles, à Roubaix, et dans les périphéries des grandes villes, font la loi, et imposent la charia contre la République, la burqa et le voile contre la liberté des corps et des esprits.

Il faut que rapidement la Résistance républicaine et laïque, que nous appelons de nos vœux, soit plus forte que le fascisme politico-religieux, sinon, notre modèle, issu des Lumières, n’existera plus, et les régressifs nous renverront, nous et surtout nos descendants, au Moyen-Age (…).


Le volontarisme de Riposte laïque
ne laisse pas les parlementaires indifférents. Sur le site du quotidien Le Monde (2 juillet), Stéphanie Le Bars observait que, Du voile à l'école au port de la burqa, le débat a changé.


Hier, 9 juillet, elle présentait les premières réflexions de la mission Gerin La mission sur la burqa penche pour un état des lieux plutôt qu'une loi.

                Voir l’Intervention d’André Gérin, présentant la mission parlementaire sur le voile intégral


Auparavant, l’une des personnes auditionnées, Abdennour Bidar, s’était exprimée le 29 juin sur le même site : Aucune justification religieuse à la burqa, par Abdennour Bidar.

 


Sur le thème du communautarisme, je renvoie au livre* de Julien Landfried, qui avait été présenté le 24 novembre 2007, par Mireille Popelin dans le journal en ligne : Contre le communautarisme, de Julien Landfried - Riposte Laique.

* "Contre le communautarisme" Editions Armand Colin - de Julien Landfried : cofondateur de l’Observatoire du communautarisme (www.communautarisme.net).

Voir aussi une vidéo Julien Landfried - Actualité.

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Laïcité et communautarismes.

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 22:53

En 2009, en France, les élites financières n’ont pas compris

 

Je prends connaissance en même temps du rapport Houillon, portant sur les rémunérations excessives des grands patrons, et du livre de Jean Nicolas, concernant la rébellion française (avant 1789).

 

L’auteur fait le lien entre ce qu’il a étudié (1661-1789) et le comportement des élites financières actuelles. Cela ne me surprend pas. Plusieurs fois, sur ce blog, j’ai fait allusion à 1789 à propos du sentiment des Français à l’égard des privilèges. L’oppression du peuple par les pouvoirs politiques soutenant le capitalisme financier est comparable à celle qu’exerçait la monarchie sur le peuple avant la Révolution.

 

Connaissant le tempérament français, j’en déduis qu’en temps de crise, il y aura un clash (Sarkozy commence à le pressentir, si l’on en juge à son nouveau comportement…).

 

D’abord, je renvoie à l’article paru sur ce blog le 28 mai dernier : De crise en crise, le capitalisme vit pour le profit maximum immédiat.

 

Puis, j’introduis une pincée de stress ressenti par les économistes, lors des 9e Rencontres d'Aix-en-Provence, du 4 au 6 juillet : Et si la crise économique ne faisait que commencer ?, par Frédéric Lemaître (Le Monde, 6 juillet).

 

Certes, Les grosses fortunes françaises pâtissent de la crise (Le Monde, 9 juillet)

 

« La crise a fait fondre de 27 % la valeur totale des 500 plus grandes fortunes professionnelles de France en un an, la faisant passer à 194 milliards d'euros, selon le classement 2009 publié dans le magazine Challenges jeudi 9 juillet ».

 

Et Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, qui n’est pas le dernier à (bien) vivre du capitalisme, observait, dans sa chronique du 7 juillet, avec une pointe d’ironie Le capitalisme et la Suisse, victimes de la crise boursière.

 

« La valeur des actifs financiers (aux USA) a chuté en 2007-2009. La somme perdue, selon les derniers chiffres que nous ayons vu, se monte à 13 000 milliards de dollars environ. En gros, les maisons et les actions ont chuté d'un tiers environ (…). Les riches ont beaucoup perdu. Ils ont dû subir environ 85% des pertes, soit un total de 10 000 milliards environ ».

 

Le rapport Houillon

En France
, quoi qu’en pense la présidente du MEDEF, les grands patrons ne semblent pas avoir tiré les conséquences de la crise du capitalisme : Rémunérations excessives des grands patrons: le rapport Houillon ... (site de l’ancien premier ministre, de Villepin, 8 juillet)


Le député-maire UMP de Pontoise, Philippe Houillon, a présenté ce mardi le rapport de sa mission d'information sur les rémunérations des dirigeants. Contre l’avis de la présidente du Médef, Laurence Parisot, ce rapport préconise l’élaboration d’une loi cadre sur les salaires des grands patrons.


Le rapport juge que l'autorégulation prônée par le patronat français avec son "code de bonne conduite" de 2008 n'a pas fonctionné. "Compte tenu de l'ampleur de la crise actuelle et de ses conséquences parfois dramatiques pour des centaines de milliers de salariés, le maintien du statu quo est devenu impossible", lit-on dans les conclusions de ce document.


Les 16 propositions faites par la mission Houillon
au terme d'un travail de sept mois vont beaucoup plus loin que les mesures prises par le gouvernement face aux nombreux abus révélés ces derniers mois par la presse, qui ont fait scandale en cette période de crise.


Un fossé financier qui ne cesse de s'accroître


Le rapport remarque que le revenu annuel moyen des dirigeants des plus importantes sociétés françaises était en 2007 d'environ cinq millions d'euros, soit 312 fois plus que le revenu médian des Français pour une personne seule (15.780 euros). Neuf des 17 premiers revenus des patrons du CAC 40 ont augmenté en 2008, est-il relevé.

"Si l'on rapporte l'utilité sociale d'un dirigeant mandataire social à celle d'un chirurgien, d'un gardien de la paix ou d'un pompier, on peut légitimement s'interroger sur le fossé financier qui les sépare", lit-on dans le document.

"Entre 1997 et 2007, la rémunération moyenne des dirigeants de grandes sociétés cotées a progressé de 15 % chaque année quand, dans le même temps, celle des salariés évoluait de 3 % par an", constate Philippe Houillon dans un entretien au Parisien.

Les actions gratuites, stock-options (droit d'acheter des actions à un cours déterminé avec revente profitable à la clef), "parachutes dorés" (indemnités de départ), "retraites-chapeau" (venant s'ajouter aux sommes versées par la Sécurité sociale) persistent, souligne-t-il. Il précise à titre d'exemple qu'Antoine Zacharias, ancien P-DG de Vinci perçoit 2,2 millions d'euros de retraite-chapeau chaque année, Jean-René Fourtou (Vivendi) et Alain Joly (Air Liquide) 1,2 million d'euros chacun, Bertrand Collomb (Saint-Gobain) un million d'euros.

Ces éléments de rémunération sont souvent versés à des dirigeants en situation d'échec, explique le document, qui juge vain d'espérer une autorégulation du monde patronal.


La mission Houillon émet 16 propositions


Les députés recommandent donc le vote d'une loi-cadre avec 16 propositions.

Les députés préconisent la transformation du comité des sages constitué par le patronat en un observatoire des rémunérations, dont la composition et les possibilités de saisine seraient élargies.

Le rapport suggère de réduire de cinq à trois le nombre de mandats sociaux détenus par un même dirigeant, de limiter les jetons de présence, d'interdire le cumul d'un contrat de travail et d'un mandat social, d'encadrer les stock-options et de remplacer les "retraites-chapeaux" par un système par capitalisation sur la base de cotisations personnelles du chef d'entreprise.

Les députés proposent aussi de plafonner à un million d'euros les rémunérations et avantages consentis aux mandataires sociaux restant déductibles de l'impôt sur les sociétés.

Un aménagement des procédures d'attribution des rémunérations dans les sociétés et un droit de regard des syndicats sur les rémunérations sont également proposés.


Harmoniser les règles au niveau européen


Au total, les députés souhaitent mieux encadrer la rémunération des dirigeants en inscrivant dans le marbre, donc dans la loi, le principe d’un salaire correspondant "à l'intérêt général de l'entreprise". Question de définition, ledit intérêt général devrait tenir compte de la moyenne des rémunérations des dirigeants d'entreprise du même secteur, des performances économiques réalisées ainsi que du traitement social des salariés.

Selon les députés, il est en effet "permis de douter que les niveaux atteints par les rémunérations de la majorité des mandataires sociaux des sociétés du CAC 40, présente aujourd'hui une corrélation étroite avec les résultats de leur gestion, alors qu'il en va tout autrement du commun des chefs d'entreprise français, notamment ceux à la tête des TPE et des PME".


Un tel tableau des élites financières françaises renvoie au livre de Jean Nicolas
, présenté sur le site de Marianne, ce 9 juillet « Les élites de 2009 sont aussi aveugles que celles de 1789 »

L'historien Jean Nicolas a étudié plus de 1800 émeutes populaires survenues en France entre 1661 et 1789. Arrivé à la conclusion que la rébellion est une exception française, il explique que l'aveuglement des élites françaises en 2009 est le même que celles de 1789. De là à affirmer que la rentrée sera chaude...

            La rébellion française (1661-1789), de Jean Nicolas, Folio histoire, 1064 pages, 12,10 €.


Cet article est le 77ème paru sur ce blog dans la catégorie
Capitalisme .

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 19:27

La privatisation partielle est un recul de la solidarité nationale

 

 

Deux faits récents concernant le système de santé ont été peu commentés. Pourtant, ils ont une grande importance par leurs conséquences dans la vie des Français, notamment les plus pauvres.

 

Le premier est l’adoption par le Parlement le 24 juin du projet de loi Bachelot sur l’hôpital (voir Hôpital. Le projet de loi Bachelot adopté - France - Le Télégramme et, pour ceux qui s’intéressent aux débats parlementaires qui ont accompagné l’adoption de cette loi, Assemblée nationale - Santé : réforme de l'hôpital).

 

« Après les députés mardi, les sénateurs ont approuvé par 174 voix contre 154 l'accord trouvé le 17juin entre les membres des deux assemblées réunis en commission mixte paritaire (CMP). L'UMP et les centristes ont voté pour le texte de Roselyne Bachelot, l'ensemble de la gauche contre ce «démantèlement du service public hospitalier».

 

Le texte sort considérablement allongé de près de six mois de débats parlementaires. Alors que le projet initial comptait 33 articles, le texte est désormais long de 148 articles. Mais sa version finale revient très largement au projet de la ministre de la Santé.

De nombreux amendements ont été adoptés, principalement au Sénat, pour répondre aux inquiétudes des professionnels de santé qui ont manifesté contre la réforme. Dans une grogne sans précédent, les «mandarins» s'étaient alarmés du projet du gouvernement de faire du directeur des hôpitaux les «vrais patrons». Députés et sénateurs se sont mis d'accord sur ce point précisant que le projet médical de chaque hôpital sera élaboré par le président de la commission médicale d'établissement «avec le directeur».

 

Hormis cette petite concession, les autres points-clés du texte ont été adoptés. Les directeurs de CHU seront désormais nommés en conseil des ministres. Les conseils d'administration, aujourd'hui présidés par les maires, seront transformés en conseils de surveillance dans lesquels élus, personnels et personnalités qualifiées seront représentés à parts égales. Le conseil ne sera pas obligatoirement présidé par un élu.

 

Le texte institue des Agences régionales de santé (ARS), qui regrouperont sur un territoire donné les différents services de l'État et de l'assurance-maladie. Les directeurs généraux des ARS seront nommés en conseil des ministres, le préfet de région ayant la haute main sur le conseil de surveillance. Le projet de loi reprend la proposition phare du rapport de Gérard Larcher, la création de «communautés hospitalières de territoire». Cette formule permet à des établissements publics (hôpitaux, maternités...) d'une même zone géographique de se regrouper ».

 

Voir aussi Le personnel des hôpitaux publics fait de la résistance à la loi HPST - 30 avril 2009.

 

A noter le point de vue de Elie Arié, médecin, publié sur le site de Marianne le 2 juillet sous le titre  Hôpital: une réforme dans l'indifférence générale.  

 

Ouest-France, ce 8 juillet, souligne la virulence des controverses entre les cliniques privées et les hôpitaux publics sur la question des tarifications (voir Cliniques et hôpitaux s'étripent sur les dépenses).  

 

Le second fait marquant est la déclaration du président de la République, le 4 juin, à Bordeaux, lors du congrès de la Mutualité française, lorsqu’il a souhaité que soient confiées de nouvelles responsabilités aux organismes complémentaires, ce qui serait de nature à modifier les contours de la sécurité sociale.

 

Il y aurait matière à « un vrai débat politique et de société », comme le note Elie Arié dans un message récent.

A cet égard, l’article paru ce 8 juillet sur le site du quotidien Le Monde pose bien le problème.

 

Le système de santé en voie de privatisation ?, par Cécile Prieur

 

Sans faire de vagues, sans provoquer ni polémique ni débat, Nicolas Sarkozy fait profondément bouger les lignes du système de santé français. Le discours qu'il a prononcé, le 4 juin, lors du congrès de la Mutualité française, à Bordeaux, pourrait transformer durablement les contours de la Sécurité sociale. Qu'a dit le président de la République ? Que les "ressources de la solidarité nationale ne sont pas infinies" et que "les régimes de base ne pourront pas tout financer". "La solidarité nationale, financée par des prélèvements obligatoires, continuera de remplir sa mission, a annoncé M. Sarkozy. Mais à ses côtés, d'autres formes de protection sont appelées à se développer (...). Je souhaite que soient confiées de nouvelles responsabilités aux organismes complémentaires."

 

S'il se concrétisait dans les années qui viennent, ce programme d'action pour l'assurance-maladie acterait un recul de la solidarité nationale. Un déplacement des lignes de partage entre assurance-maladie obligatoire et organismes complémentaires - mutuelles, instituts de prévoyance, assurances privées -, les seconds étant appelés à augmenter leur part de soins remboursés, revient à accepter une privatisation partielle du système de santé. Et s'il parait indolore pour une bonne part des Français, il se fera au détriment des millions de personnes qui détiennent une mutuelle de mauvaise qualité voire n'en ont pas du tout.

 

Aujourd'hui, la très grande majorité des Français (92 %) possède une couverture complémentaire. Mais ce taux important cache de très nombreuses disparités. Les salariés sont couverts par des contrats collectifs, offerts par leurs entreprises et souvent généreux dans leurs remboursements.

A l'inverse, les chômeurs, les professions libérales et les retraités doivent recourir à des contrats individuels, dont les primes sont souvent indexées sur l'âge des adhérents. Les personnes âgées, notamment, peuvent dépenser plusieurs milliers d'euros par an pour des couvertures complémentaires parfois peu performantes. Au titre des personnes détenant une complémentaire, se trouvent également les quatre millions de bénéficiaires de la couverture-maladie universelle (CMU) instaurée en 1999 pour les plus défavorisés et qui est accessible aux revenus inférieurs à 621 euros mensuels.

 

Restent les 7 % de Français qui échappent à toute couverture complémentaire. Pour ces personnes, qui ne peuvent bénéficier de la CMU, adhérer à une mutuelle représente un trop gros effort financier. La proportion de personnes "sans mutuelle" est ainsi de 15 % chez les ouvriers et de 18 % chez les chômeurs contre 5 % chez les cadres.

Or l'absence de couverture par une complémentaire est un facteur important de renoncement aux soins. Selon une étude de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), 32 % des personnes non couvertes déclarent avoir renoncé à se soigner en 2006, contre 19 % des bénéficiaires de la CMU et 13 % d'une complémentaire privée. Ces personnes sacrifient le plus souvent les soins bucco-dentaires, l'optique et les consultations médicales avec dépassements d'honoraires, c'est-à-dire les soins qui sont les moins remboursés par la "Sécu".

 

Pour tous ces Français, le projet présidentiel - transférer des pans de l'assurance-maladie obligatoire vers les complémentaires - se traduira par de nouveaux obstacles dans l'accès aux soins. Le gouvernement le sait pertinemment qui a décidé d'augmenter le plafond de l'aide à la complémentaire santé, une subvention qui finance en partie l'adhésion à une mutuelle. Fin 2008, un demi-million de personnes bénéficiaient de cette aide qui s'élevait en moyenne à 200 euros par an. Mais ce dispositif laisse de côté encore bien trop de "sans-mutuelle" : la population cible est en effet estimée à 2 à 3 millions de personnes.

 

En réalité, à moins de rendre obligatoire l'acquisition d'une mutuelle ou d'étendre le bénéfice de la CMU à des populations plus larges, l'augmentation du champ d'intervention des organismes complémentaires ne peut que creuser les inégalités de santé.

Le transfert annoncé se traduira en effet mécaniquement par une augmentation des primes. Or ce surenchérissement du prix des complémentaires serait bien plus inégalitaire qu'une augmentation des cotisations sociales, qui sont proportionnelles aux salaires.

 

Au nom de son refus d'augmenter les prélèvements obligatoires, M. Sarkozy tourne le dos à l'idée de redistribution entre hauts et bas revenus, portée par la Sécurité sociale. Ce ne sera plus chacun cotise en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins, qui était le dogme fondateur de la "Sécu", mais chacun reçoit en fonction de ce qu'il aura réussi (ou non) à payer.

 

Le plus regrettable, dans ce mouvement, est sans doute qu'il s'opère à bas-bruit, presque en catimini. La technicité du sujet permet en effet de masquer l'enjeu démocratique majeur qui se pose aux Français : sommes-nous prêts à payer plus pour notre système de santé ? Si oui, est-ce dans l'esprit de la Sécurité sociale ou en acceptant une privatisation progressive du système ?

Ces questions mériteraient un débat public clair. Et non d'être purement et simplement escamotées.

 

Cet article est le 38ème paru sur ce blog dans la catégorie Santé et sécu sociale.

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