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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 17:46

Faciliter le vivre ensemble et l’égalité homme-femme

 

André Gerin a présidé le 16 juin 2009 son tout dernier Conseil municipal en tant que premier magistrat de la Ville de Vénissieux (Lire la suite ...). Mais c’est le député (PCF) André Gerin qui est à la une de l’actualité.

 

La proposition de résolution qu’il a signée (avec d’autres députés de divers horizons) vise à créer « une commission d’enquête parlementaire de trente membres afin de dresser un état des lieux de la pratique du port de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, de mieux comprendre le phénomène et de définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national ».

 

On peut se demander si cette initiative n’est pas en relation directe avec les déclarations de Barack Obama au Caire, suivies par celles de Nicolas Sarkozy à Caen (voir sur ce blog Le président Obama cherche à changer la donne au Proche Orient - 6 juin 2009).

 

Le président des USA s’est exprimé en faveur de la liberté des femmes : "Il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple en dictant ce qu'une musulmane devrait porter".

 

Et le président français a déclaré partager cet avis, omettant de « rappeler que les jeunes filles n'ont pas le droit de porter le foulard dans les écoles publiques » en France.

 

André Gerin est bien placé pour observer la tendance, dans certains milieux islamistes intégristes (ce sont souvent des femmes nouvellement converties), à marquer leur différence en portant des habits leur dissimulant (quasi) entièrement le visage.

 

Au nom de la liberté, on peut tout accepter. Mais, au nom de la conception qu’on se fait de la vie en société et des rapports égalitaires entre les hommes et les femmes, on peut aussi examiner cette question en vue de prendre une décision d’ordre réglementaire. La démarche parlementaire semble bien adaptée.

 

Voici des articles de presse qui évoquent cette question :

 

Burqa : vers un "islam apaisé et des lumières"  (Nouvel Observateur, 18 juin),

 

Burqa : le gouvernement n’écarte pas une loi (Libération, 19 juin),

 

Burqa : un vieux débat relancé, mais Sarkozy a changé de camp (Rue89, 18 juin),

 

En fait, l’initiative du député du Rhône et de sa soixantaine de collègues, en majorité UMP, n’est pas bien perçue à gauche, celle-ci étant très divisée à propos de la laïcité. Voici ce qu’en dit le journal en ligne Riposte Laique qui a édité le livre « Les dessous du voile » :

 

« Nous ne considérons pas que le combat laïque et républicain appartienne à la seule gauche. Nous connaissons de vrais laïques, qui ne votent pas à gauche, et qui pourtant défendent bec et ongles la séparation du religieux et du politique, et l’esprit de la loi de 1905, avec bien plus de pugnacité que nombre d’élus socialistes, communistes ou écologistes ».

 

La crainte de ce journal, concernant la proposition de André Gerin, est la récupération qu’en fera le président de la République (voir Le probable marchandage islamo-Sarko : interdire la burqa, mais financer les mosquées).


Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie
Laïcité et communautarismes.

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 22:37

Fuite en arrière, face aux aspirations de la jeunesse

 

Ce n’est pas de la fraude électorale. C’est un plan, préparé depuis longtemps, pour éviter la défaite électorale. Le président Ahmadinejad savait que le résultat des urnes lui serait défavorable. Il a persuadé le Guide suprême Khamenei (qui détient le pouvoir religieux, au-dessus du pouvoir politique en Iran) qu’il n’y avait pas d’autre solution que la fraude massive pour préserver son pouvoir.

 

Ainsi, pour éviter une « révolution de velours à la tchèque », les deux dirigeants ont opté pour une révolution de type autoritaire, une sorte de fuite en arrière, dont les conséquences sont imprévisibles.

 

Ces informations sont tirées de l’article paru le 16 juin sous la signature de Jean-Pierre Perrin dans Libération (cliquer sur le titre) :

Les dessous d’une élection fabriquée 

L’organisation de la fraude était d’abord destinée à sauver le pouvoir absolu du Guide suprême. Trois jours après le scrutin, le camp réformiste reste toujours aussi déterminé. Peut-il sortir vainqueur de cet affrontement ?


           Y a-t-il vraiment eu une fraude et de quelle ampleur?


Il semble que la fraude ait été préparée bien avant les élections
. Depuis les scrutins de décembre 2006 (municipales et Assemblée des experts, l’une des principales institutions de la République islamique), qui avaient été très défavorables à ses partisans, Ahmadinejad était sur la défensive. Il s’attendait, semble-t-il, à perdre cette présidentielle. A l’exception d’un sondage américain le donnant largement vainqueur, les autres enquêtes d’opinion, cette fois iraniennes, le donnaient battu.


D’après des informations glanées au ministère de l’Intérieur, des
bassidji («volontaires» des milices islamiques) sont venus, le jour du scrutin, remplacer certains fonctionnaires chargés de collecter les résultats. «Cette fraude est la conséquence d’un plan très sophistiqué, machiavélique, préparé de longue date, avec une feuille de route», souligne le chercheur Michel Makinsky.


Selon des fuites obtenues auprès d’experts dans ce même ministère, les vrais scores des candidats sont radicalement différents de ceux annoncés officiellement : le réformateur Mir Hussein Moussavi serait ainsi arrivé en tête avec 19 millions de voix (sur 42 millions de votants), devant le second candidat réformateur, Mehdi Karoubi, qui a recueilli 13 millions de suffrages, Ahmadinejad n’arrivant qu’en troisième position avec 5,7 millions. Dès lors, un second tour aurait dû avoir lieu sans la présence du candidat ultraradical.


Quel a été le rôle du Guide Ali Khamenei ?


Il semble qu’il était prêt à accepter la victoire de Moussavi. Ce serait Ahmadinejad qui l’aurait convaincu d’entériner la fraude et de le déclarer vainqueur avec les chiffres qu’il avait lui-même fabriqués. Le président sortant aurait emporté la décision du Guide en lui expliquant que les deux candidats arrivés en tête souhaitaient limiter son pouvoir absolu.


Est-on en train d’assister à une révolution ?


Avant les élections, Yadollah Javani, le chef des Gardiens de la révolution avait mis en garde contre les risques d’une «révolution de velours» semblable à celle qui avait triomphé du communisme en Tchécoslovaquie. Mais, pour le moment, le camp réformateur exige uniquement que le verdict des urnes soit respecté. A aucun moment, il n’a remis en cause la légitimité du régime islamique.


Après le scrutin qui les donnait perdants, les deux candidats réformateurs ont d’ailleurs voulu rencontrer immédiatement le Guide. Mais si les leaders réformateurs fédèrent tous les opposants à Ahmadinejad, une large partie des jeunes veulent aller plus loin et remettent en cause les valeurs islamiques, désirant une vie plus libre, plus à l’occidentale, moins corsetée par les interdits. Principal handicap de cette avant-garde, elle ne dispose d’aucune organisation, même clandestine. La mouvance réformatrice, elle-même très divisée, n’a pas non plus de véritables partis pour la représenter, hormis un syndicat étudiant. Les partisans de Mahmoud Ahmadinejad sont, eux, mieux structurés.


Que peut faire le pouvoir ?


A l’évidence, il y a aujourd’hui deux camps en Iran. La défaite d’Ahmadinejad ne signifie pas qu’il soit dépourvu d’une base électorale, d’autant plus qu’il a distribué avant le scrutin une manne financière extraordinaire et qu’une partie des Iraniens sont sensibles à ses slogans nationalistes. Il a aussi derrière lui les
bassidji, soit environ deux millions d’éléments paramilitaires. La direction du camp réformateur est d’ailleurs très soucieuse d’éviter toute radicalisation du conflit. En revanche, elle a désormais un véritable leader, Bir Hossein Moussavi, bon tacticien, déterminé et opiniâtre.


Khamenei, le Guide suprême
, a demandé à Moussavi de calmer la rue. Sans succès. Après la proclamation des résultats, le régime s’attendait à des manifestations, mais sans doute pas de cette ampleur.

On peut noter en revanche que les Gardiens de la révolution, qui, comptent 170 000 hommes et 350 000 appelés ne sont pas intervenus en renfort. Est-ce parce qu’ils laissent les basses besognes aux bassidji et aux policiers des renseignements ? Ou parce qu’ils sont eux-mêmes divisés, une partie des officiers étant proche de Moussavi qui fut Premier ministre pendant la longue guerre Iran-Irak ?


Que font les religieux ?


Ils gardent le silence et discutent, notamment au sein de l’Assemblée des experts et des séminaires de la ville sainte de Qom. Car, en toile de fond, c’est le rôle du Guide qui se joue. Durant la campagne, la question de la limitation de son pouvoir absolu avait été posée par les candidats réformateurs, notamment lors des débats télévisés. Là est sans doute le véritable enjeu des élections. Inacceptable pour lui.
 

Voir aussi :

 

-          l’analyse de Marie-Claude Decamps (Le Monde, 15 juin) : Iran : la "troisième révolution" ?

-          les commentaires, ce 18 juin, de Zineb Dryef sur le site de Rue89 : Iran : les accusations de fraude électorale se précisent

 

Pour en savoir plus sur l’Iran :

 

Iran (Présentation du pays et données proposées par l'université canadienne de Laval).

Iran - Wikipédia

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 11:35

Mobiliser les citoyens sur la base d’un projet politique

 

 

Les derniers mots du texte que j’ai publié hier soir « rien n'indique que le rose et le vert se marient harmonieusement » (voir La gauche social-démocrate paie sa dépendance au néolibéralisme - 16 juin 2009) m’ont rappelé ce que j’avais écrit dans ma profession de foi de candidat aux élections législatives 2007.

 

Voici l’extrait de ce texte (voir Circulaire - profession de foi - de Michel Sorin, candidat MRC à Laval - 24 mai 2007), qui me semble d’actualité :   

La gauche a un objectif historique : construire­ un grand parti républicain et socialiste réunissant la gauche de gouvernement en France.

La gauche que je représente est :

- Républicaine car fidèle aux principes et aux valeurs de la République.
- Radicale car son projet est à l’opposé de celui de la finance mondialisée.

- Raisonnable car elle recherche le meilleur équilibre possible par le compromis.

Face une droite qui accepte le jeu de la mondialisation libérale (fonctionnant selon les intérêts du capital financier mondialisé), la gauche doit prendre en charge les intérêts du monde du travail, ce qui correspond dans le long terme à l’intérêt général de la société.

Tout récemment, le 17 mai 2007, sur mon blog j’ai résumé ainsi les principales orientations que la gauche, à mon avis, devrait adopter demain :

 - Construction d’une Europe in­dé­pen­dante et consolidation du modèle social et républicain national,

 - Adoption d’une politique énergétique cohérente et relance d’une croissance écologique, riche en emplois,

 - Nouvelles règles pour le commerce international et priorité à la sécurité alimentaire partout dans le monde.

La réorientation européenne et la recherche de l’in­dé­pen­dance stratégique de l’Europe ne font qu’un. C’est une nécessité absolue si l’on veut préserver notre modèle républicain et jouer un rôle dans la façon dont s’organise la vie sur la planète.

Le réchauffement climatique est une réalité qu’il faut combattre par une politique énergétique avisée. Celle-ci doit rechercher les économies d’énergie, l’efficacité  énergétique et la capacité, non seulement à ne pas polluer l’atmosphère, mais à relancer la croissance en la réorientant dans un sens plus écologique.

La libéralisation du commerce international n’est pas la priorité si l’on considère les besoins des populations dans le monde. La priorité, c’est la sécurité alimentaire, en quantité et en qualité. L’agriculture doit être productive et in­ten­sive, tout en étant économe et écologique, afin de nourrir une planète marquée par d’énormes disparités.

 

Dans un « Point de vue » publié le 16 juin sur le site de Libération, le philosophe Jean-Claude Monod (voir Jean-Claude MONOD - Fiche personnelle - Nonfiction), chercheur au CNRS, propose de relier le social et l’écologie dans la recherche d’un nouvel équilibre d’ensemble de la gauche.


Je ne partage pas complètement ce point de vue. Mais il a le mérite de poser des questions, mises sur le devant de la scène depuis les élections européennes.
Des compromis seront nécessaires entre les différentes sensibilités de la gauche, afin de proposer un projet républicain, social et écologique. Le mouvement Europe Ecologie, qui rassemble des tendances diverses et se situe au niveau européen sur des bases libérales, devra choisir entre les projets de la gauche et de la droite.

 

L’urgence d’une social-écologie (Extrait)


Bien au-delà d’un résultat conjoncturel, l’égalisation des niveaux électoraux du parti socialiste et des Verts pourrait constituer une chance de recomposition de l’équilibre d’ensemble de la gauche. Cette recomposition implique de reconnaître que le PS a perdu non seulement sa vocation hégémonique «naturelle» sur la constellation de la gauche de gouvernement, mais aussi les conditions de son hégémonie sur les demandes sociales «de gauche».


Hégémonie
n’est pas ici à entendre en un sens péjoratif, mais au sens qu’ont élaboré des théoriciens marxistes et post-marxistes comme Gramsci et, plus récemment, Ernesto Laclau : dans des sociétés démocratiques et capitalistes aussi complexes que les nôtres, la gauche ne représente plus «une» classe (ouvrière), elle doit construire des «chaînes d’équivalences» et organiser des alliances autour de mots d’ordre qui agrègent des demandes sociales diverses émanant de groupes transversaux.


Ces groupes ne se constituent plus à partir d’une identité de condition, mais à partir de leurs revendications ou de leurs aspirations. La gauche socialiste a un temps su combiner son identité de parti ouvrier et de chambre d’écho des mouvements sociaux, pour l’extension des droits des femmes, des homosexuels, des immigrés, des prisonniers, etc. Elle n’y parvient plus, pour des motifs à la fois intellectuels, organisationnels et sociologiques.


- Motifs intellectuels
 : le socialisme a été pensé dans le cadre de la société industrielle ascendante et triomphante, pour rendre possible une autre organisation de la production.


Le productivisme implicite
de cette philosophie politique a été mis en cause depuis des décennies, par des théoriciens restés marginaux, comme André Gorz, dont la conclusion était la nécessité d’une refondation du socialisme sur deux piliers, le social élargi au-delà de la base ouvrière initiale, et l’écologique, en rupture avec la glorification stalinienne de la grande industrie.

Faute d’avoir opéré cette refonte du socialisme en social écologisme, le socialisme risque d’être balayé par l’urgence écologique et par l’inquiétude, scientifiquement fondée, pour l’avenir très proche de la Planète. Avoir fait de cette inquiétude un souci «bobo» en lui opposant le primat du social a été une erreur durable de certaines franges du PS.


Au plan doctrinal
, la social-démocratie européenne ne semble offrir qu’un horizon de protection et de préservation des acquis de l’Etat-Providence, là où une social-écologie pourrait prendre motif de la faillite du capitalisme spéculatif et destructeur pour proposer un projet mobilisateur, enthousiasmant, d’invention de modes de production fondés non sur l’exploitation indéfinie des ressources et des hommes, mais sur un souci de justice et de viabilité. Les inventions sociales en matière de commerce équitable, de microcrédit, de banque pour les pauvres, de notation sociale des entreprises, pourraient ici se conjuguer avec les propositions de reprise en main du secteur bancaire, de taxation des banques d’affaires et de contrôle des banques de dépôt, etc (…).

 

Cet article est le 105ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 22:42

 

La refondation républicaine de la gauche, de toute urgence

 

C’est au moment où la gauche est au plus mal qu’elle peut trouver l’énergie pour se redresser. Postulat optimiste, me direz-vous. Certes, mais il n’est pas possible de laisser le peuple français en déshérence au moment où la crise va faire sentir ses effets redoutables.

 

Le pouvoir est atteint de schizophrénie (voir sur le site de Marianne Sarkozy à l'OIT: ce qu'il dit à l'extérieur ne se voit pas à l'intérieur).Il brouille les cartes, afin de laisser croire qu’il protège les Français.

 

L’opposition manque de percussion, car elle est faible et divisée.

 

Le médecin Elie Arié délivre son diagnostic sur le site de Marianne, dont il est un habitué, dans un article daté du 15 juin : Encéphalogramme plat à gauche.

 

La gauche renaîtra le jour où elle sera capable de dire : « Voilà les quatre ou cinq mesures essentielles qui nous distinguent de la droite et que nous mettrons en oeuvre si nous sommes élus » - à condition que ces mesures apparaissent à la fois comme essentielles et crédibles.

L’analyste Frédéric Lemaître, sur le site du quotidien Le Monde, ce 16 juin, met le doigt sur la contradiction entre la dureté de la crise et la faiblesse de la gauche en Europe.

 

La social-démocratie, victime inattendue de la crise, par Frédéric Lemaître

 

Tel le crime, le théorème était presque parfait. La droite, c'est le camp du capital. Donc du capitalisme. Puisque celui-ci est en crise, la droite l'est également. La gauche ne pouvait donc que gagner les élections européennes. Problème : dans toute l'Union, les électeurs ont retourné leur bulletin de vote contre la gauche social-démocrate. Est-ce parce que les 21 gouvernements de droite ne gèrent pas la crise si mal que cela ? Sans doute. Mais cela n'explique pas tout puisqu'en Allemagne, où les deux partis sont au pouvoir, la CDU obtient un score bien supérieur à celui du SPD. C'est donc que la gauche n'est pas crédible. Soit parce que son bilan ne plaide pas en sa faveur, soit parce qu'elle n'incarne pas l'avenir. Deux hypothèses qui se renforcent plus qu'elles ne s'excluent.

 

La première n'est que trop évidente : la gauche ne gère pas mieux que la droite. La situation catastrophique de l'Espagne, de la Grande-Bretagne et du Portugal, dirigés par des socialistes, le prouve. Surtout, que les partis conservateurs soient l'émanation politique des thèses libérales ne saurait occulter que la social-démocratie, par opportunisme ou aporie intellectuelle, n'a cessé, ces dernières décennies, de s'adapter à la fameuse "loi du marché".

 

Bien sûr, il y a l'exemple britannique, que nul n'incarne mieux que Gordon Brown, principal artisan de la dérégulation durant ses dix ans passés au ministère des finances. Aujourd'hui le système est à bout de souffle. Voir les membres du Parlement jadis le plus respecté du monde se vautrer dans l'argent comme de vulgaires parvenus de la City illustre jusqu'à la caricature la dérive des années Blair.

 

La gauche anglo-saxonne n'est pas la seule à s'être laissé séduire par les sirènes libérales. Même les Allemands y ont succombé. Comme le montrent le score correct de Die Linke (7,5 % des voix) et celui du SPD (20,8 %), le plus bas depuis la seconde guerre mondiale, la gauche allemande n'a toujours pas fait le bilan des années Schröder. Doit-elle se féliciter que la politique libérale du prédécesseur socialiste d'Angela Merkel ait rendu à l'Allemagne sa compétitivité de jadis ou au contraire juger trop lourd le prix payé : développement du travail précaire et émergence de travailleurs pauvres à l'ouest ? Le SPD n'a pas plus tranché que son homologue français.

 

Pourtant, le PS dispose d'une "déclaration de principes" adoptée en juin 2008. Un document important puisque le parti ne s'est plié à cet exercice qu'à cinq reprises depuis 1905. On y lit qu'"être socialiste, c'est ne pas se satisfaire du monde tel qu'il est". Ou que "les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d'inégalités, porteur d'irrationalité, facteur de crises". Mais ce document a été rédigé à la va-vite, en trois réunions. Résultat : sitôt publié, sitôt oublié.

 

Surtout, comment ne pas relever les contradictions du texte et certaines réformes conduites par les socialistes ?

 

Qui a libéré les marchés de capitaux ? Pierre Bérégovoy, ministre des finances de François Mitterrand de 1988 à 1991. Qui a rendu plus attractive la fiscalité sur les stock-options ? Dominique Strauss-Kahn, titulaire du même portefeuille une décennie plus tard. Qui, en 2000, jugeait qu'il fallait réduire l'impôt sur le revenu, y compris des plus riches "afin d'éviter la fuite ou la démotivation des contribuables aux revenus les plus élevés" ? Laurent Fabius, dans les mêmes fonctions.

Que pense le PS de ces réformes ? Qu'elles ont contribué au succès international des groupes français et donc à la grandeur du pays ? Que ce sont de nécessaires compromis avec le capitalisme qui nous entoure ? Qu'elles ont participé aux excès de la finance et à l'accroissement des inégalités ? Nul ne le sait. Le rapport de la gauche à l'argent reste un impensé. D'où le malaise de nombreux électeurs et militants. Comme partout en Europe.

 

Heureusement pour elle, la gauche française n'a pas connu de scandale comparable au SPD quand M. Schröder est devenu l'un des (riches) dirigeants de Gazprom moins d'un mois après avoir quitté la chancellerie.

Malgré tout, certains parcours individuels de ministres ou de leurs conseillers à la tête de grands organismes internationaux ou de grandes entreprises privées (Capgemini, Casino, Cetelem, Lazard, demain France Télécom...) brouillent les frontières entre la gauche et la droite et déstabilisent l'opinion. Vu le chacun pour soi qui règne Rue de Solferino, comment ne pas penser que, pour nombre de leaders socialistes, l'exercice du pouvoir est davantage vécu comme un accélérateur de carrière que comme une mission reçue d'électeurs soucieux de changements collectifs ? Ce n'est pas un hasard si, malgré les limites évidentes du sympathique attelage, nombre d'électeurs de gauche se sont reportés sur une liste conduite par un éternel rebelle qui ne briguera pas l'Elysée et une magistrate symbole de la lutte contre l'argent fou.

 

Pendant vingt ans (1988-2008), la social-démocratie a pu, au nom de la construction européenne et de l'euro, faire accepter le libéralisme au nom du fédéralisme.

Moins d'Etat mais plus d'Europe. Ce cycle s'achève et, comme le prouve l'engagement de certains socialistes en faveur de José Manuel Barroso, la gauche européenne n'a plus ni leader ni programme crédible. Et rien n'indique que le rose et le vert se marient harmonieusement.

 

Cet article est le 104ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 22:54

Les acteurs de la filière laitière à côté de la plaque

 

La politique ultralibérale de la Commission européenne, entérinée par les ministres de l’agriculture des 27 Etats membres, est à l’origine des graves perturbations économiques de la filière laitière.

 

Je renvoie aux articles précédents parus sur ce blog, sous la rubrique AGRICULTURE et PAC :

 

- Michel Sorin (MRC) : la baisse brutale du prix du lait, inadmissible - 19 mai 2009

 

- Crise laitière : libéralisation de la filière, ambiguïté du ministre - 27 mai 2009

 

La politique européenne est tellement inepte que des personnalités, connues pour leur pensée libérale, ont pris des positions critiques. Deux cas précis : Philippe Vasseur et Philippe Chalmin.

 

Philippe Vasseur, ancien ministre de l’agriculture (voir Philippe Vasseur (homme politique) - Wikipédia), a pris la plume dans Le Monde du 27 mai (extrait) :

La question de fond qui se trouve posée est de savoir si un secteur aussi sensible que le lait (et d'une façon plus générale l'agriculture soumise à une forte volatilité des cours) peut s'accompagner d'une politique rigide de déréglementation. Les "experts" européens semblent s'en convaincre, puisqu'ils préparent une réforme de la politique agricole commune (PAC) prévoyant, notamment, la disparition des quotas laitiers.

Voir l’ensemble du texte : La crise laitière, ou l'échec d'une réglementation souple, par ...

 

Philippe Chalmin, qui a publié récemment un livre (voir Le monde a faim par Philippe Chalmin), a fait paraître un « point de vue » ce 15 juin dans Ouest-France, sous le titre :

 

Crise du lait, crise de confiance

 

Ce qui frappe, dans la crise du lait, c'est le contraste entre la posture des discours et la réalité des faits.
Longtemps, le monde du lait a vécu dans la sécurité des protections européennes. La mise en place de quotas dans les années 1980 semblait devoir les pérenniser. Les prix garantis pour le beurre et la poudre de lait étaient totalement décalés des prix mondiaux. On sait ce qu'il en coûtait à Bruxelles pour le stockage et le soutien à l'exportation. Mais n'était-ce pas le prix à payer pour une activité indispensable à l'équilibre de nombre de territoires ?

Et puis la notion même de prix mondial n'était-elle pas discutable ? 4 à 5 % seulement de la production de lait sont échangés à l'international. Et, sur ce marché, les prix ont toujours eu tendance à s'aligner sur les prix de revient du pays exportateur le plus efficient au monde, la Nouvelle-Zélande. À peu près la moitié des niveaux européens.

Face à cela, la politique européenne a suivi peu à peu une logique de marché : suppression programmée des quotas et, dans un premier temps, augmentation des tonnages ; baisse des prix garantis ; remise en cause des mécanismes d'intervention. Cela allait dans le sens d'une concentration des exploitations et des zones de production. C'était le choix - conscient - de la banalisation du lait, et de la condamnation de nombre de régions de production.

Les marchés mondiaux, en 2007 et en 2008, ont semblé conforter ce choix : une sécheresse en Océanie a provoqué un doublement des prix du beurre et de la poudre. Dans cette ambiance euphorique, en 2008, nombre d'acteurs de la filière lait ont cru que les débouchés internationaux seraient durables et rémunérateurs. Nul ne s'inquiéta alors de la suppression, en France, de l'accord interprofessionnel qui permettait d'atténuer les variations régionales.

Un an plus tard, la Nouvelle-Zélande revient sur les marchés. Les prix retombent à leurs niveaux de 2006, au niveau international, et surtout à la production : le beurre du marché et l'argent du beurre se sont évaporés ! L'indignation est générale, on nous a trompés !

En réalité, tout le monde s'est trompé :

- Bruxelles en jouant le « tout libéral » ;

- les industriels en poussant les feux sur des productions sans débouchés soumis à une concurrence impitoyable ;

- les producteurs en prenant les hausses de 2007 et de 2008 pour argent comptant, sans comprendre dans quel engrenage ils entraient ;

- et puis les distributeurs dont la propension à répercuter les hausses des matières premières est plus forte que pour les baisses... Mais ils ne sont pas, dans cette affaire, les principaux responsables.

Maintenant, il faut tirer des leçons :

- il y a une logique à une exception laitière et la suppression - ou l'augmentation - des quotas est une ineptie irresponsable ;

- si, néanmoins, les quotas devaient disparaître, il faut, pour la France, inventer des mécanismes permettant de maintenir la production laitière dans les zones sensibles ;

- l'Europe n'a pas vocation à aller sur le marché international et les industriels doivent en tirer les conséquences ;

- enfin, le lait doit s'inscrire dans une logique contractuelle.

Mais, pour signer un contrat, il faut être deux - ou trois - et se faire confiance : la confiance est ce qui manque le plus dans le monde laitier français.

Cet article est le 128ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 22:11

 

La proximité franco-allemande est une réalité concrète

 

40ansjumSt-BWeh130609-088-FeuillBarBorMaier-T.jpgDu 11 juin à 19h au 14 juin à 9h, Saint-Berthevin recevait Wehingen pour fêter 40 ans de jumelage.

Lotissement des Feuillantines : Yannick Borde (maire de St-Berthevin), Josef Bär (maire de Wehingen) et Martin Maier (Wehingen, traducteur).

Ce matin, sur les visages, on pouvait lire le bonheur de l’échange accompli entre des femmes et des hommes séparés par la nationalité et la langue, par des traditions et une histoire, mais unis dans la volonté de partager des moments de convivialité et des informations concrètes, ensemble.

 

Les souvenirs de la rencontre à Wehingen étaient tout frais (voir sur ce blog Jumelage entre Wehingen et Saint-Berthevin : une belle oeuvre d'art - 25 mai 2009).

 

Voir aussi B Le Godais et Jean Chauvin (St-Berthevin) : témoignages à Wehingen - 26 mai 2009.

 

De plus, une délégation espagnole de Ceuti (voir Présentation des jumelages) était présente, ce qui renforçait le caractère international de ce rassemblement européen.

 

Parmi les temps forts, la cérémonie officielle samedi en soirée, a mis en évidence la fertilité de ce jumelage et rassemblé tous les participants dans un climat de grande cordialité, autour de Josef Bär et de Yannick Borde, maires de Wehingen et de St-Berthevin et des présidents des comités de jumelage : Werner Haag (Wehingen), Jean Chauvin et Camille Monnier (St-Berthevin).

 

La présentation d’un film concernant les débuts du jumelage, en 1969, réalisé initialement par Raymond Triboté, et rénové techniquement par Joseph Moussu, a beaucoup intéressé les présents, tout particulièrement celles et ceux qui ont vécu, à Wehingen et à St-Berthevin, ces moments inoubliables.

 

Vendredi, c’était la découverte de deux joyaux de notre département de la Mayenne :

 

-          le jardin des Renaudies, à Colombiers-du-Plessis (voir Parcs et Jardins de France - LES JARDINS DES RENAUDIES) ;

 

-          le château de Lassay (voir Château de Lassay - Wikipédia).

 

40ansjumSt-BWeh-0609-106.jpgSamedi matin, le maire de Saint-Berthevin proposait la visite commentée de trois sites d’intérêt majeur, qui ont fait l’objet de réalisations importantes récemment :

 

-          le nouveau lotissement des Feuillantines, au nord, près de la voie de contournement de l’agglomération berthevinoise ;

 

-          le site de promenade de Coupeau, au sud, dont l’aménagement est en cours (suppression du barrage sur le Vicoin et du plan d’eau, reconstruction d’un cadre naturel proche de la situation initiale) ;

  Julie et Rainer Linse, jeune couple de Wehingen, devant le site de Coupeau

-          le centre ville (aménagement de l’ancienne route nationale qui coupe la ville en deux), avec une présentation en images, en mairie, et visite sur place, ponctuée par l’inauguration de deux nouvelles sculptures.

 

Cet article est le 48ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 17:35

 

Un regard lucide sur le scrutin du 7 juin en France

 

J’avais déjà remarqué les écrits de Guillaume Bachelay avant le congrès du PS à Reims et sa nomination au secrétariat national, ayant en charge l’industrie. Ce matin, sur France Inter, il a montré qu’il sait débattre et parler juste. Ce soir, je découvre son point de vue sur le site du Monde. Il confirme que l’équipe Fabius est la plus qualifiée pour piloter la refondation du PS. A chacun d’en juger. Voici l’article du Monde.

 

Projet, stratégie, leadership : les socialistes doivent tirer les leçons du 7 juin, par Guillaume Bachelay

 

Si le Parti socialiste a subi un échec aux élections européennes, ce n'est pas la faute du mode de scrutin ou du découpage territorial. Ce n'est pas non plus à cause des médias, des sondeurs ou d'Yann Arthus-Bertrand. De telles certitudes en carton pâte reviennent, à la fin des fins, à penser que les élections seraient plus simples sans électeurs. Si l'on en juge par les résultats du 7 juin, cette perspective est à portée de main...

 

Pas de sursaut sans lucidité. Les couches populaires, les classes moyennes dans la galère, les jeunes et les retraités précarisés sont découragés, consternés, par l'incapacité du PS à se rassembler et à proposer. Certains nous font encore confiance. La plupart s'abstiennent. Beaucoup se tournent vers le vote écologiste comme un refuge d'espoir. D'autres préfèrent une droite qui donne - propagande à l'appui - l'impression de faire ce qu'elle peut plutôt qu'une gauche qui ne dit pas ce qu'elle veut. Inverser la vapeur suppose de tirer trois leçons.

 

La première leçon est politique. L'UMP a su mobiliser, pas nous. Elle a brandi un étendard : le bilan, certes maquillé, de la présidence française de l'Union européenne. Santé, poste, éducation, énergie, emploi - les prochains mois prouveront que décidément, quand l'Europe veut être libérale, elle peut l'être.

 

En temps réel et non à intervalles réguliers de cinq ans, la gauche devra mieux dénoncer la dérégulation opérée par les gouvernements conservateurs en Europe et dire quels contre-feux progressistes elle y oppose. A également pesé la synthèse des droites réussie par Nicolas Sarkozy qui lui assure mécaniquement, quel que soit le scrutin, un socle électoral d'un quart des votants. Autre facteur-clé : la droite convainc une majeure partie de l'électorat qui vieillit et vote, particulièrement sensible aux notions d'autorité et de sécurité. A cette élection, comme à d'autres dans le passé, nous avons payé chèrement le malaise socialiste sur ce sujet - d'autant plus inexplicable que, sur le terrain, la politique gouvernementale échoue et les élus de gauche agissent. Les plus de 60 ans avaient déjà montré leur poids lors de l'élection présidentielle de 2007. A l'avenir, préoccupons-nous davantage de leurs attentes.

 

De notre côté, malgré l'engagement de Martine Aubry dans la campagne, nous n'avons pas imposé notre thématique, celle d'une autre majorité politique en Europe. C'était le sens du "manifesto" du Parti socialiste européen et du rejet de José Manuel Barroso. L'ennui est que peu de gens connaissaient la substance de l'un et l'existence de l'autre. Notre plate-forme socialiste tirait des enseignements du non à la Constitution européenne, à commencer par l'indispensable harmonisation fiscale et sociale. Mais nous avons tardé à isoler quelques mesures emblématiques et concrètes. A cet égard, faire l'impasse sur les frontières de l'UE a été une faute collective : l'Europe à vingt-sept ne doit pas seulement être sociale, elle doit être différenciée. Redonner vie à l'ensemble européen dans la mondialisation suppose de lui fixer un cap et des limites. Tout cela a contribué à la grève du vote en général et au boycottage du bulletin socialiste en particulier.

 

La deuxième leçon, qui saute aux yeux, est idéologique : si l'échec du libéralisme économique se traduit par une déroute politique de la social-démocratie, c'est parce que celle-ci en a souvent appliqué les solutions et parfois accompagné les dérives. Que les socialistes français aient moins versé dans le social-libéralisme que d'autres ne change rien à l'affaire ! En privatisant l'économie et en individualisant la société, en prônant le développement durable sans contester le déploiement du capitalisme, la gauche gouvernementale a moins fait perdre la droite qu'elle ne s'est perdue elle-même. Que deux chefs de gouvernement sociaux-démocrates, José Luis Zapatero et Gordon Brown, approuvent la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne illustre ce dévoiement. La chute du New Labour britannique, fer de lance de la "troisième voie", en confirme l'impasse.

 

En France, au congrès de Reims de novembre 2008, le PS a utilement distingué modernisation et droitisation. Hélas, cette réorientation salutaire, à la fois radicale et efficace, de gauche tout simplement, a été éclipsée par les batailles de chiffonniers pour la direction, la vaine querelle des générations, le combat résiduel des courants et sous-courants, le refuge anesthésiant dans un localisme flirtant avec l'apolitisme à mesure que l'on se rapproche du centre-ville des grandes métropoles.

 

L'ultime leçon est stratégique : si l'UMP est en tête dans les régions, c'est la gauche, qu'elle se dise "réformiste" ou "mouvementiste", qui est majoritaire dans le pays. Majoritaire et impuissante car fragmentée en une multitude de partis et d'aspirants chefs. Alors même - fait rarement souligné - que l'émiettement politique des forces de gauche contraste avec son homogénéité idéologique, la plus forte depuis le programme commun d'il y a trois décennies, pensé et adopté avant la déferlante néolibérale amorcée dans les années Thatcher-Reagan. Intervention de la puissance publique face au capitalisme financier pour plus de transparence et de justice, encadrement du libre-échange commercial pour une mondialisation régulée, amélioration des conditions de travail et de la rémunération des salariés, "mutation verte" de l'appareil de production et des modes de consommation, ces options étaient communes aux projets du PS, d'Europe Ecologie, du Front de gauche, voire du NPA.

 

Ces trois leçons dessinent un horizon : rassembler les formations de la gauche autour d'un projet post-libéral et pas seulement antilibéral ; bâtir une organisation qui dépasse les bunkers actuels ; identifier le leader aux épaules assez solides pour mener la reconquête face à Nicolas Sarkozy.

 

Le projet post-libéral sera social-écologique. Il mêlera plus qu'il hiérarchisera croissance économique, progrès social, saut technologique, préservation environnementale, diversité culturelle, contre-pouvoirs démocratiques. Son point d'appui réside dans les politiques innovantes engagées par la gauche (déjà) unie dans les collectivités locales. Profitons des élections régionales pour organiser, sur le terrain et dès maintenant, des "rassemblements du changement" ouverts aux syndicats, aux associations, aux universitaires et aux scientifiques, aux citoyens qui pourront non seulement discuter le projet, mais le voter. Sur cette base, un contrat de législature pour 2012 pourra être élaboré entre les partis de gauche.

 

Leur unification en découlera. La fusion est impensable - le caporalisme est étranger à tous - et l'absorption irréalisable - quand bien même le voudrait-il, le PS n'est pas en mesure de pratiquer l'hégémonisme. C'est d'une fédération que la gauche a besoin. Cette "maison commune" est affaire de volonté plus que de procédures. D'autant qu'en ramenant, aux municipales puis aux européennes, le MoDem à ses basses eaux, les électeurs ont tranché la question des alliances.

 

L'incarnation, enfin, s'impose. Que cela plaise ou non, l'élection présidentielle structure le débat public et nos institutions. Se chercher un candidat, c'est donc rechercher un président. Avant de se lancer dans les expérimentations hasardeuses, réfléchissons : quel sens et quel bénéfice y a-t-il à mettre en concurrence devant les Français des personnalités pour incarner un projet qu'elles auront bâti ensemble ? Pour avoir mis dans des "primaires de personnes" toute son énergie, oubliant au passage d'en garder pour les idées, la gauche italienne a été laminée par Silvio Berlusconi. Méditons ce contre-exemple.

 

L'histoire l'a prouvé : les cycles politiques vont et viennent, tandis que les partis naissent, vivent et meurent. S'il trouve la force collective de se reconstruire, le PS ne se sauvera pas seulement lui-même : il préservera les chances d'une alternative imminente au libéralisme autoritaire de la droite européenne dont le sarkozysme est l'avatar français.

   

Cet article est le 103ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 22:20

Reconstruire la démocratie et l’Europe à partir des nations

 

 

Le PS est victime de la crise et de Sarkozy. Il a perdu son âme en se nourrissant du libéralisme économique et en ne luttant pas contre le capitalisme financier mondialisé.

 

La crise, dont l’amplitude dans l’échelle de gravité est comparable à celle de 1929, exige pour en sortir d’avoir les idées claires et solides.

 

Ce PS en est bien incapable, d’autant plus que Sarkozy, contrairement à son prédécesseur à l’Elysée, conduit une redoutable guerre de mouvement, dans le but de rendre impossible le retour de la gauche au pouvoir.

 

Ne nous y trompons pas : le président de la République est conscient d’être un rempart efficace, bien que fragile, pour les forces capitalistes contre les forces du progrès social.

Pour lui, Cohn-Bendit est un allié utile qui joue l’Europe libérale et communautariste contre le socialisme républicain national.

 

Depuis 1983, la gauche en France a choisi l’Europe au détriment du socialisme. On peut dire qu’elle s’est laissée entraîner par la grande mystification néolibérale des années 1980.

 

Avec la crise, si elle veut survivre, elle doit faire l’effort de sortir de l’idéologie libérale et de renaître à la vie politique démocratique dans un environnement économique capitaliste.

 

C’est une aventure passionnante que j’ai envie de vivre et j’invite les jeunes à s’investir, à la façon dont Robert Buron* le faisait, juste avant sa mort, en 1973, dans son dernier livre « Par goût de la vie** ». En manière de conclusion de son livre et de sa vie, il adressait une lettre ouverte aux jeunes qui veulent « changer le monde » :

 

« Investissez votre vie dans une entreprise qui en vaille la peine : le changement du monde et de vous-même ». Robert Buron était un économiste de formation. Le mot investir n’est pas choisi au hasard. Il rappelle qu’il y a quatre siècles l’économie ne voulait connaître que l’investissement à court terme. Seuls, quelques audacieux s’engageaient dans ce qu’on appelait alors « le prêt de la longue aventure ». Ce sont ceux-là qui, à la fin du XVème siècle, ont transformé le monde d’alors.

 

* Robert Buron - Wikipédia : ce fut Robert Buron qui prononça le discours de clôture du congrès socialiste d’Epinay-sur-Seine, en 1971.

« Le 18 mars 1971, Robert Buron participe à Paris à un grand meeting d'union de la gauche avec les dirigeants du PCF et du Parti socialiste. Il lance un appel aux chrétiens à rallier la gauche. Robert Buron participe au congrès d'Épinay du Parti socialiste en 1971. Sa motion Vie nouvelle / Objectif 72 recueille 1,5% des suffrages. Il est maire de Laval de 1971 à sa mort en 1973 ».

** C’est par référence à ce livre que j’avais proposé à mon équipe municipale de Saint-Berthevin d’adopter le slogan « Par goût de la vie », ce qu’elle fit bien volontiers, en présence de la veuve de Robert Buron, au début des années 1990.

 

Sur la crise du PS, après les élections européennes, lire l’article de Michel Noblecourt, paru ce 10 .juin sur le site du quotidien Le Monde : Le navire PS prend l’eau sans qu'aucune brèche n’ait été colmatée.

Jean-Pierre Chevènement était, ce 10 juin, l’invité de Radio Classique. Il a répondu aux questions de Nicolas Pierron. Voir la vidéo sur le blog de JPC Face à l'Europe libérale, construire un projet pour les couches populaires

Voir aussi sur ce blog Gauche Avenir propose une méthode pour un nouveau Front populaire - 9 avril 2009.

 

Cet article est le 102ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 21:58

Le PS et Guillaume Garot, malmenés, notamment à Laval

 

Après des articles décrivant les résultats nationaux des élections européennes (voir Elections européennes : transfert électoral du PS vers les écologistes - 7 juin 2009 et Européennes : l'électorat populaire antilibéral est resté à la maison - 8 juin 2009), j’en viens à la Mayenne, avec le concours d’un bon observateur de la vie politique départementale.

 

Jean-Yves Delort, fidèle lecteur de ce blog, m’a autorisé à publier le texte qu’il a rédigé après le scrutin du 7 juin, à titre personnel (il n’est plus salarié du Courrier de la Mayenne). Je le remercie de sa contribution. Il ne faut pas en déduire qu’il partage les orientations militantes de ce blog.

 

Européennes en Mayenne : l’UMP s’impose, les Verts* devancent le PS

 

Une UMP encore plus triomphante qu’au niveau national (31% contre 28%) et un Parti socialiste encore plus faible (15% contre 16,4%) sont les principaux résultats étonnants de l’élection des députés au Parlement européen. Les autres surprises de cette élection de dimanche sont la forte percée des Verts qui arrivent en deuxième position et le bon score de la liste Libertas de Philippe de Villiers. 

 

L’UMP largement en tête

 

En obtenant près du tiers des suffrages, et en arrivant en tête dans plus de neuf communes sur dix, le parti de la majorité réalise la course en tête. Les électeurs mayennais ont voté d’abord pour le parti du Président Nicolas Sarkozy, soutenu sans exception par tous les responsables de l’UMP mayennaise. La défaite de 2004 (l’UMP derrière le P.S. et l’UDF) est oubliée. On n’a noté aucune défaillance à droite ; l’unité a payé.

Même si la campagne électorale a été plutôt discrète  (un seul meeting du candidat Christophe Béchu à Laval mardi dernier, quelques présences des militants et distribution de tracts sur les marchés), l’UMP mayennaise a vogué dans la lignée du mouvement national. A Laval et Mayenne, villes acquises à la gauche lors des dernières municipales, la liste de Christophe Béchu obtient 28 et 25% et arrive en tête. Sur 268 communes mayennaises, seules 17 ont choisi de mettre en tête une autre tête de liste que Christophe Béchu  (à Saint-Erblon, il est en tête avec le même nombre de voix que la liste Modem).

Les raisons nationales (la présidence de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Union européenne il y a quelques mois, des listes bien constituées, une stratégie électorale plutôt soft) ont largement joué. La Mayenne, selon son image traditionnelle amplifie la victoire de la droite en France. La vieille règle politique (pour des élections intermédiaires, le citoyen se défoule et choisit des petits partis) n’a pas joué à droite. 

 

Les Verts en tête dans sept communes

 

La surprise, elle vient de la liste des Verts Europe Écologie qui avec 15,3% des voix coiffe celle du parti socialiste. Et pourtant les Verts mayennais  n’avaient pas été particulièrement actifs durant la campagne électorale. La liste de Yannick Jadot arrive en tête dans sept communes (Deux-Evailles, Commer, Maisoncelles-du-Maine, Sacé, Montflours, Longuefuye, St Pierre-sur-Erve). Il s’agit le plus souvent de communes, soit ancrées à gauche, soit marquées par la présence d’élus sensibles à l’environnement.

Cette présence de la liste écologiste venue “brouiller les  cartes” dans le jeu traditionnel entre la droite et la gauche rappelle les élections européennes de 1994 lorsque la liste Tapie avait sérieusement devancé celle conduite par Michel Rocard.

Cinq ans plus tard c’est la droite qui, à son tour, avait été victime du même sort lorsque la liste Pasqua-de Villiers avait devancé celle de Nicolas Sarkozy. Si l’on ajoute au résultat des Verts, les 4% de la liste Alliance écologiste indépendante, le “pôle écologique” atteint quand même en Mayenne le cinquième des électeurs. Beau résultat.

 

Le PS : seulement 19% des voix à Laval

 

Le Parti socialiste arrive en troisième position, avec 15% des suffrages, légèrement moins qu’au niveau national. Quelle différence avec les dernières élections de 2004 où le PS était arrivé en première position avec près de 26% des voix ! Pourtant, le PS avait organisé une journée de débat  avec sa candidate au vieux château de Laval, il avait mobilisé ses militants et ses ténors (Guillaume Garot), développé un argumentaire pour une Europe sociale. Mais on pouvait avoir de sérieux doutes sur l’enthousiasme des militants.

Si cette journée  avec la candidate Bernadette Vergnaud et la mayennaise Sylvie Pichot avait été très pédagogique, elle avait sérieusement manqué d’élan. On avait pu entendre certains élus socialistes ironiser sur les interventions des orateurs au cours même de la réunion. Ça fait désordre. La liste socialiste arrive en tête seulement dans cinq communes mayennaises très marquées à gauche (Chalons-du-Maine, Port-Brillet, Voutré, Saint-Léger-en-Charnie, La Baconnière),

A Laval ou Mayenne, villes dirigées par des maires socialistes, la liste de l’UMP arrive en tête. A Laval, le PS n’atteint pas les 20% des voix. Faut-il  y voir un certain désaveu à l’égard des premières mesures prises par le nouveau maire Guillaume Garot (forte augmentation des impôts, projets locaux gelés...) ? Ce n’est pas impossible. 

 

En quatrième position, la liste de Philippe de Villiers Libertas, dépasse les 10% des voix, ce qui constitue un résultat honorable, le double du  taux français. Le MPF est en tête à Chammes et à Neau. Le résultat est en retrait toutefois par rapport à 2004 (13%) ; la Mayenne a contribué à l’élection du seul siège du MP. au Parlement européen. 

 

L’absence des centristes européens

 

Est il possible de comparer les 9,6% du Modem de dimanche dernier avec les 17% de l’UDF obtenus en 2004 ? Non, car les centristes se sont divisés depuis cette date, la majorité des élus  se refusant, à l’exemple de Jean Arthuis et de François Zocchetto, à suivre l’itinéraire très individuel de François Bayrou. Le résultat semble dire qu’ils ont eu raison. La liste Modem de Sylvie Goulard recueille un peu plus qu’au niveau national. Elle est en tête à Denazé, à Montreuil-Poulay et à St Erblon. La Mayenne conserve une fibre centriste réticente à l’UMP.

Un des paradoxes de cette élection a  été la division des centristes mayennais alors qu’ils sont parmi les européens les plus fervents. Jacques Barrot était venu le 4 mai rappeler son enthousiasme pour l’Europe. La matinée-débat organisée par Jean Arthuis quelques jours plus tard à Laval sur l’Europe en Mayenne était davantage un débat de fond sur la Pac, la bio-éthique que sur la politique habituelle. La solution de la crise centriste passe t-elle par le départ de François Bayrou et un rassemblement des militants des deux camps ? Ce n’est pas impossible. 

 

Autres enseignements

 

Du coté des plus “petites” listes, on note que personne ne se détache vraiment : ni le nouveau parti anticapitaliste, ni le Front de gauche, ni le Front national, qui se situent entre 3 et 5% des voix ; pourtant les trois formations avaient convié les têtes de liste en Mayenne, notamment le Front de gauche qui avait tenu un meeting bien organisé au Vieux Château de Laval. Mais les électeurs n’ont pas suivi ; l’absentéisme (plus de 60% des électeurs) a aussi mordu sur les extrêmes. Le système de vote compliqué, la distance entre les questions locales et européennes, la volonté des partis (surtout les plus importants) de ne pas trop se mobiliser, ont dissuadé une majorité d’électeurs de se rendre aux urnes. 

 

La victoire de la droite en pleine crise économique et alors qu’elle est au pouvoir en France constitue une remarquable performance. Même si, dans l’ensemble, le rapport entre les blocs de droite et de gauche n’est pas vraiment modifié. Elle peut redonner confiance à l’UMP mayennaise en vue des élections régionales de l’an prochain. L’hypothèse d’un retour de la région Pays de la Loire à droite peut être sérieusement envisagée.

 

A gauche, le succès des Verts de Daniel Cohn-Bendit  aura t-il des conséquences sur les organisations politiques  (un parti plus renforcé) ou renforcera t-il les préoccupations environnementales, notamment à gauche ? Au Parti socialiste, la tendance favorable à Ségolène Royal (dont fait partie le maire de Laval)  peut-elle assurer un renouvellement des idées et des hommes ?   Finalement, ces élections que l’on disait secondaires risquent d’avoir plus d‘influence sur la vie politique que prévu.

 

Les principaux chiffres

 

Liste U.M.P. : 31,3% ; liste Europe Écologie : 15,30% ; liste Parti socialiste 15,09% ; liste Philippe de Villiers : 10,71% ; liste Modem : 9,62% ; liste NPA 4,74% ; liste Alliance écologique 4,10% ; liste Front de gauche 3,20% ; liste Front national : 3,18% ; liste Lutte Ouvrière : 1,51%. 

 

* Une précision : la liste Europe Ecologie était un rassemblement écologiste animé par D Cohn-Bendit, allant bien au-delà des Verts.

 

Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 21:53

La gauche n’a un avenir qu’en dehors du libéralisme

 

Comment faire comprendre à Martine Aubry qu’elle doit couper le cordon paternel qui la lie au libéralisme européen ? Sans quoi, elle ne réussira jamais à rassembler l’électorat populaire et perdra toutes les élections qui se présenteront.

 

Ses positions sur l’Europe ne la distinguent pas de Bayrou ou de Cohn-Bendit, ce qui explique la déperdition électorale qu’a subie le PS, hier, au bénéfice des écologistes, toutes tendances confondues.

 

L’électorat populaire n’a pas confiance dans ce parti qui n’a pas tenu compte du résultat du référendum du 29 mai 2005 et qui a accepté le subterfuge du traité de Lisbonne. Tant que le PS n’aura pas compris cette vérité de base, son déclin sera irrémédiable.

 

Voici le commentaire de Jean-Pierre Chevènement (sur son blog ce 8 juin) :

 

La droite l'emporte en fait par défaut

 

Les élections européennes n'en finissent pas de battre le record de l'abstentionnisme : 57% en 2004, 60% en 2009. Ce record, largement partagé hors de nos frontières, traduit le triple échec économique, politique et identitaire de l'Europe libérale et technocratique.

 

L'explosion du chômage et la délocalisation de nos industries reflètent la soumission de cette construction européenne au capitalisme financier mondialisé. Les peuples ne se reconnaissent pas dans cette machine d'impuissance, incapable de les défendre des concurrences les plus déloyales, celle du dollar, comme celle des pays à très bas coûts salariaux.

A cet égard, le traité de Lisbonne, véritable déni de démocratie, ne peut rien régler. Il faut tout remettre à plat. Voilà ce qu'ont voulu dire les 3/5 des électeurs qui ont refusé de s'exprimer dans un simulacre d'élection à un simulacre de Parlement.

Le fait dominant est la décomposition de la gauche sociale-libérale. L'échec du PS, en France, reflète son incapacité persistante à faire la critique du tournant libéral et européiste qui depuis les années 80 l'a progressivement coupé des couches populaires.

Le succès apparent de la droite en Europe, et particulièrement de l'UMP en France, doit être relativisé par le niveau sans précédent de l'abstention. Les listes de l'UMP n'ont rassemblé en réalité qu'11,2% des électeurs.

La poussée des écologistes reflète la désagrégation de l'électorat socialiste. Le reste est accessoire : il suffit de rapporter les scores obtenus au nombre des électeurs qui se sont exprimés, moins de deux sur cinq.

Pour la gauche, la solution à l'avenir serait de mobiliser les 3/5 des électeurs qui ont refusé de voter. Le MRC est prêt pour sa part à contribuer à une refondation républicaine dont la nécessité s'impose à l'évidence.

A défaut d'une révolution copernicienne, la gauche me paraît vouée à un déclin inexorable.

 

Le responsable du site Rue89, Pierre Haski, faisait, hier soir, un constat qui va dans le même sens : voir Des électeurs orphelins d'une gauche à reconstruire.

 

Sur le site du quotidien Le Monde, ce 8 juin, Françoise Fressoz ne voit pas d’avenir au PS. Voir Européennes : l'effet boomerang de l'antisarkozysme et"Triste soirée pour la social-démocratie européenne".

 

Sur le site de Libération, ce 8 juin, voir La carte de France des résultats.

 

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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