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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 23:54

Entre Hamon et Mélenchon, la gauche va choisir

 

L’émission « A vous de juger » sur France 2 ce soir a mis en évidence le porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui a judicieusement choisi le mot « épreuve » pour parler de ce que nous allons vivre en 2009. La crise économique et sociale va déboucher sur une crise politique inéluctable, a-t-il précisé. Il a raison.

C’est pourquoi il est si important et urgent que la gauche se mette en ordre de marche et se rassemble autour de propositions anti-crise. Encore faut-il qu’elle fasse une bonne analyse de ce qu’est la crise. Benoît Hamon, lors du congrès du PS, a montré une vraie rupture avec les discours habituels des socialistes. Il s’est exprimé, le 4 décembre, à l’invitation du MRC lors de la Réunion publique du MRC avec Jean-Pierre Chevènement et Benoît Hamon : Face à la crise, que faire ?

 

Avant le congrès du PS, il s’est produit un évènement le 7 novembre, lendemain du vote des adhérents sur les motions, c’est-à-dire les textes d’orientation. Alors que la motion Hamon venait de frapper un grand coup (près de 19% des voix), les signataires de cette motion rassemblés autour de Jean-Luc Mélenchon décidaient de créer le parti de gauche (PG).

 

J’ai présenté sur ce blog la démarche de ces militants (voir Mélenchon jette les bases d'un nouveau parti de gauche à l'allemande - 8 novembre 2008).

 

Il est évident que ce nouveau parti cherche à se construire en recrutant des adhérents dans les autres partis de gauche. Parmi les militants du MRC, certains m’ont interrogé  sur les convergences possibles entre le PG et le MRC. Voici ce que j’ai répondu.

 

Mélenchon et Chevènement sont sur deux lignes stratégiques et ont une approche très différente de la politique.

 

-          Le premier pense qu’il n’y a plus rien à attendre du PS, car il a trop dérivé. Il faut donc créer un parti à sa gauche, qui va entrer en concurrence avec lui, avec l’objectif de prendre le dessus, dans une optique à dominante proportionnelle, ce qui implique une 6ème République parlementaire.

 

-          Le second veut refonder l’ensemble de la gauche dans un grand parti ou une fédération de partis, dans le but de désigner sur une base large le futur candidat à l’élection présidentielle. Sinon, la concurrence ne permettra jamais de gagner, dans une optique de maintien des institutions actuelles.

 

Leur approche est différente. L’un est un tribun socialiste révolutionnaire. L’autre est un républicain de gauche qui fait avancer les dossiers en les gérant et en jouant sur les rapports de force.

L’un vise la conquête de l’appareil communiste, l’autre l’appareil socialiste tout en espérant rassembler les républicains des deux rives.

 

J’ai parlé récemment à Mélenchon à Laval. Il m’a immédiatement parlé de ses différences avec Chevènement. Il se positionne en rupture critique vis-à-vis du PS, de l’Europe et du système.

 

Quant à notre président, je crois que son élection au Sénat (contre le PS et l’UMP) lui a donné une nouvelle motivation pour jouer lui-même la carte de la présidentielle en 2012, en tant que recours républicain de gauche, à la suite d’une crise politique grave à droite et à gauche, en étant au bon endroit au bon moment, au cœur de la République.

 

Ce 11 décembre, le MRC publiait une liste non exhaustive de ressources bibliographiques pour mieux saisir les différentes dimensions de la crise et les moyens d'y faire face.

 

Une bibliographie pour mieux comprendre la crise

 

Comprendre le monde :

Défis républicains, Jean-Pierre Chevènement, Fayard, 2004

Après l'Empire, Emmanuel Todd, Gallimard, 2002

Face à l'hyperpuissance, Hubert Vedrine, Fayard, 2003

Multilatéralisme: une réforme possible, Hubert Vedrine, Fondation Jean Jaurès, 2004

Continuer l'Histoire, Hubert Védrine (avec Adrien Abecassis et Mohamed Bouabdallah), Fayard, 2007

Un détournement, Nicolas Sarkozy et la politique de civilisation, Sami Naïr, Gallimard 2008

L’Empire face à la diversité, Sami Naïr, éditions Hachette, 2004

Actes des colloques de la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement :

Mondialisation régulée des échanges et préférence européenne, novembre 2005

Crises financières à répétition: quelles explications ? Quelles réponses ?, octobre 2007

Où va la société américaine ?, décembre 2006

La crise, sa nature, ses effets :

L'avenir du capitalisme, Jean-Luc Gréau, Gallimard, 2004

La trahison des économistes, Jean-Luc Gréau, Gallimard, 2008

Les économistes contre la démocratie : Pouvoir, mondialisation et démocratie, Jacques Sapir, Albin Michel, 2002

La fin de l’eurolibéralisme, Jacques Sapir, Le Seuil, 2006

La grande désillusion, Joseph Stieglitz, Poche, 2002

 

L'Europe et la crise :

La faute de M. Monnet, Jean-Pierre Chevènement, Fayard, L'idée républicaine, 2006

En finir avec l'eurolibéralisme, Mémoire des luttes et Utopie critique, Mille et Une Nuits, 2008

Quelques réflexions sur la gauche, Sami Naïr : Intervention à l'université d'été du MRC de Belfort, septembre 2008

Vous pouvez également retrouver sur le blog de Jean-Pierre Chevènement les dossiers : europe, mondialisation, délocalisations, protectionnisme, états-unis, politique industrielle, traité de lisbonne.

Les livres de Jean-Pierre Chevènement peuvent être achetés dans sa boutique en ligne.

 

Cet article est le 88ème paru sur ce blog dans la catégorie. Gauche France 2007-08

 

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 23:53

La crise économique, l’énergie et le climat, l’Irlande

 

Le président Sarkozy aura, les 11 et 12 décembre, à Bruxelles, un ordre du jour (un « agenda ») très chargé pour le dernier Conseil européen de la présidence française.

 

L’Union européenne doit apporter une réponse des 27 Etats membres à la crise économique et, aussi, clore les négociations sur le paquet énergie-climat. Ce sont les deux dossiers les plus importants, mais il y en a un autre qui titille le président : c’est le processus de ratification du traité de Lisbonne.

 

Crise économique : la démarche est laborieuse, car il manque la volonté de coordonner les politiques économiques des Etats. Les plans de relance sont nationaux. L’Allemagne rechigne à s’engager, ce qui la met à l’écart du mouvement d’ensemble en faveur du soutien à l’économie.

 

Energie-climat : la question difficile porte sur la solidarité financière vis-à-vis des pays de l’est de l’Europe, concernant les objectifs environnementaux de l’UE. Les centrales électriques au charbon produisent la quasi-totalité de l’électricité (95%) en Pologne et presque autant chez ses voisins. La prise en charge des droits d’émission de gaz à effet de serre est mal acceptée par 9 pays de l’est, qui mettent en avant leurs propres contraintes.

 

Ratification du traité de Lisbonne : le cas du référendum irlandais est le plus délicat, mais la situation particulière de la République tchèque, qui va prendre la présidence au 1er janvier, n’est pas banale non plus.

- Irlande : pas d’application du traité de Lisbonne tant que l’Irlande ne l’a pas ratifié.

 

Ce que j'ai entendu, le 3 décembre à Bruxelles (dans les locaux du parlement européen), de la bouche d'un  député européen influent (PPE), c'est la décision prochaine de proposer à l'Irlande un nouveau référendum à la façon danoise après leur refus de ratifier le traité de Maastricht en 1992.

Les danois ne voulaient pas avoir la même monnaie que les allemands; c'est la raison pour laquelle ils disaient non à l'euro. 
Alors, on les a fait voter sur la question suivante : acceptez-vous l'union monétaire, dont le Danemark ne fera pas partie ? Ils avaient répondu oui, ce qui avait permis la ratification du traité et l'adoption de l'euro.

De la même façon, les irlandais seront invités à se prononcer par un nouveau référendum sur une nouvelle question, à laquelle ils devraient répondre oui sans problème... 

Lire, à ce sujet, l’article paru le 8 décembre sur le site de La Tribune Traité de Lisbonne : l'irlandais Brian Cowen poursuit sa tournée des capitales.

 

Le site de Marianne (Sylvain Lapoix, 9 décembre), évoquait aussi le cas irlandais : Nouveau référendum irlandais: the yes needs the no to win against the no…

 

Sur son blog, hier, Jean Quatremer, apportait sa version de l’évènement : Lisbonne: la réforme de la Commission abandonnée.

 

- République tchèque : la ratification est reportée à une date indéterminée.

 

Lire, sur ce point, l’article paru hier sur le blog de Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles Lisbonne: nouveau pas de deux tchèque.

 

Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

 

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 23:44

Les syndicats font des propositions de financement

 

Comme prévu, la commission Ailleret, composée d'élus, de syndicalistes et de dirigeants de La Poste, prône un changement de statut de l'établissement public, qui permettrait une prise de participation de la Caisse des dépôts. C’est Anne Michel qui l’écrit sur le site du Monde, ce 9 décembre.

La Poste, qui sollicite de l'Etat le droit d'adopter le statut de société anonyme (SA) pour financer sa croissance, sera bientôt fixée sur son sort. Dans quelques jours, le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, aura en main le rapport commandé à la commission Ailleret – du nom de son président, l'ex-directeur général d'EDF – pour analyser "les différentes voies de développement" s'offrant à l'entreprise publique.

Ce document doit être examiné, mercredi 10 décembre et jeudi 11 décembre, par les membres de cette instance composée d'élus, de syndicalistes et de dirigeants de La Poste. Dans un "projet de rapport" dont Le Monde a eu connaissance, la commission Ailleret explique être parvenue au consensus sur plusieurs "grands principes" : la confirmation des missions de service public de l'entreprise (acheminement du courrier, transport de la presse, accessibilité bancaire, etc.) et la nécessité de clarifier leur financement, le maintien du caractère public de La Poste et de son unité, le maintien de la présence postale sur le terrain, et la nécessité d'une politique de développement du groupe (…). Lire la suite : La Poste : un rapport recommande l'ouverture du capital.


Les syndicats ont fait des contre-propositions, qui sont évoquées dans cet article du Monde. Lors d’une conférence de presse, ce 9 décembre, la CFTC des Postes et des Télécommunications, FO COM et SUD-PTT, ont présenté leurs arguments dans un document, dont voici le contenu :


Contre le changement de statut de La Poste, des propositions pour le
financement du service public postal !

 

Lors de cette rencontre, l’objectif des fédérations syndicales CFTC des Postes et des Télécommunications, FO COM et SUD-PTT est double : réfuter les arguments des privatiseurs et présenter des solutions pour le financement du service public postal.

 

I. De faux arguments

Pour justifier le changement de statut, les dirigeants de La Poste, souvent repris par les membres du gouvernement, avancent trois arguments, présentés comme des évidences. En fait, leur réalité est toute relative.


I.1 « Le fardeau de la dette »

Depuis l’annonce de son projet de privatisation, cet été, le président de La Poste ne cesse de se plaindre d’une dette qui ne permettrait pas d’emprunter et donc d’assurer le développement de La Poste dans un environnement devenant totalement concurrentiel à compter de 2011 pour le courrier.

Cette affirmation mérite plusieurs remarques :

Comparativement à d’autres entreprises, et notamment d’autres postes, cet endettement n’est pas rédhibitoire.

Aucune analyse n’est avancée pour expliquer l’origine de cette dette. Or, si aucune action n’est engagée pour la réduire structurellement, l’injection de 3 à 3,5 milliards d’euros comme le demande la direction de La Poste ne saurait améliorer durablement la situation.

En fait, cette dette est essentiellement la conséquence de deux phénomènes : le manque de compensation de la part de l’Etat pour les missions de service public assurées par l’entreprise publique d’une part (au moins 850 millions d’euros par an) et l’organisation (métiérisation) mise en oeuvre à La Poste depuis 2004, d’autre part.

 

I.2 Trois milliards d’euros sont nécessaires pour le développement de La Poste

Dès l’annonce du projet du projet de privatisation, le président Bailly a chiffré le besoin financier aux alentours de 3 milliards. Si le chiffre est relativement précis, la destination de ces fonds reste, en revanche, beaucoup plus obscure. Personne aujourd’hui, à la direction de La Poste, ne précise le pourquoi d’un tel besoin. Au contraire, les informations évoluent au fil du temps et des circonstances ou opportunités.

Dans un premier temps, il s’agissait de développer l’entreprise à l’international pour compenser les effets conjugués de la baisse de trafic courrier et de la libéralisation totale de ce secteur en 2011.

Dans un deuxième temps, la rénovation des bureaux de poste a été évoquée, puis les besoins de développement de La Banque Postale… Très récemment, un haut responsable de l’entreprise a expliqué que 2 milliards seraient consacrés au désendettement et 1 milliard aux investissements.

Cette dernière information, outre qu’elle ne répond pas à la question posée (le pourquoi), est très inquiétante. En effet, à quoi correspond l’urgence absolue accordée au désendettement ? A rendre la dot de la mariée plus attirante dans le cadre d’une ouverture du capital ou à redonner des marges de manoeuvre dans le cadre d’un nouvel endettement pour effectuer des investissements qu’il serait malvenu d’annoncer dans la situation économique actuelle, ou les deux ? !

 

I.3 C’est l’Europe !

Le président de la République l’a encore rappelé lors de son intervention au congrès des maires de France, les postes française et luxembourgeoise sont les deux seules postes européennes à ne pas posséder le statut de société anonyme. Certains de ses proches, comme Henri Guaino, n’hésitent pas à franchir le Rubicon en prétendant que le changement de statut est une obligation européenne. En réalité, ces deux affirmations sont fausses, selon même les traités européens !

D’une part, l’Europe n’impose pas la privatisation des entreprises publiques. Le statut des entreprises reste de la responsabilité des Etats !

D’autre part, les postes polonaise, tchèque, espagnole, islandaise et chypriote ne sont pas des sociétés anonymes (Rapport Ecorys du 11 septembre 2008 pour la commission européenne sur le développement du secteur postal 2006-2008).

Par ailleurs, même si la quasi totalité des postes européennes étaient des sociétés anonymes, en quoi cela justifierait-il le changement de statut de La Poste française.

Leur bilan est-il aussi brillant que certains le prétendent ?… Pas sûr du tout.

 

Toujours lors de son intervention au congrès des maires de France, Nicolas Sarkozy prenait la poste allemande en exemple… pas forcément une « bonne pioche » à l’heure où elle est

contrainte de céder DHL aux Etats-Unis après avoir accusé plusieurs milliards d’euros de perte et où sa banque avoue une perte de 364 millions d’euros liée à la faillite de Lehmann Brothers. Pour la sauver de la banqueroute, la Deutsch Post a dû voler pour la deuxième fois au secours de sa banque.

La Poste française mérite un modèle différent !

 

II. Des propositions pour le financement du service public postal

 

II. 1 Un développement conforme aux valeurs du service public

 

C’est maintenant une évidence, le développement des opérateurs postaux ne passe pas obligatoirement par des opérations de fusions et d’acquisitions à l’international.

L’actualité récente démontre même plutôt le contraire. Le président de La Poste allemande vient d’ailleurs d’annoncer un recentrage de son activité sur le territoire national.

 

Il est toutefois incontestable que La Poste doit relever des défis relatifs, par exemple, à la baisse du trafic courrier et à l’internationalisation des échanges. Il est donc nécessaire de lui accorder les moyens d’un développement raisonné dans l’intérêt général.

Ce développement doit respecter les missions de service public et même en améliorer l’exécution. Il est donc prioritaire d’intégrer dans ce développement les conditions d’exercice des 4 missions essentielles confiées à La Poste : le service universel du courrier, l’aménagement du territoire, l’accessibilité bancaire et l’aide à l’acheminement et à la distribution de la presse.

 

L’amélioration de la qualité de service de ces activités nécessite un fonctionnement plus démocratique des instances prévues, au niveau territorial, pour identifier les besoins et proposer des solutions pour les satisfaire. Evidemment, ces missions devront être compensées à leur juste prix.

 

Le développement international, aussi bien dans le secteur du courrier que dans celui du colis, doit être prioritairement effectué dans le cadre européen. Des partenariats dans d’autres pays doivent être conclus, en fonction d’opportunités de traitements d’activités et non en fonction d’intérêts capitalistiques. En effet, les partenariats, qui ont démontré leur efficacité, doivent être la norme.

 

Pour ce qui concerne La Banque Postale, il faut mettre fin aux velléités de ses dirigeants de vouloir voler de leurs propres ailes en cherchant de s’affranchir de la maison mère. Il doit concrétiser la formule d’une banque pas comme les autres en distribuant des produits et des prestations qui la démarquent des autres établissements financiers et qui correspondent aux besoins de toutes les populations. Ce développement peut parfaitement être compatible avec sa participation à un pôle public financier, en étant son réseau de distribution.

Dans ce cadre de développement, La Poste pourrait tout à fait autofinancer les besoins financiers de ses activités en concurrence, à la condition que ses missions de service public lui soient normalement compensées. Le financement de ces missions représente donc le noeud du problème.

 

II.2 Un financement public pour le service public

 

Il serait illusoire de penser que des fonds privés puissent un jour pérenniser le financement d’un service public. Pour autant, le caractère public du financement ne garantit pas qu’il soit satisfaisant, la situation de La Poste aujourd’hui en est une illustration. C’est pourquoi il est nécessaire de constituer un système durable permettant un financement pérenne des missions de service public.

 

La solution peut résider dans la création d’un Etablissement Public de Financement du Service Public. Sa constitution nécessite, au minimum, 2 principes :

 l’identification et la quantification des besoins,

 la perception et l’hébergement des fonds perçus au titre de la compensation des missions de service public.

Les partenaires du pôle public financier siègeraient dans cet établissement.

La création de cet établissement public, dans la forme présentée, permettrait, de plus d’arrimer La Banque Postale au groupe La Poste.

Enfin, ce type d’établissement ne contrevient nullement aux directives européennes.

 

Ce sont ces propositions que les fédérations CFTC Postes et Télécommunications, FO COM et SUD-PTT ont la volonté de porter dans le débat public dans la perspective d’un référendum sur l’avenir du service public postal.

 

 

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Services publics

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 23:38

Extrême  volatilité des cours des matières premières

 

Sait-on ce qui attend le monde en 2009 ? Les indices sont alarmants en ce qui concerne l’économie. La crise n’épargne aucune zone géographique de la planète. Le monde va devoir payer la folie d’avoir laissé la finance s’engager sans contrôle dans des innovations sans fin, dont le seul but était de maximiser les profits financiers à très court terme.

 

Les dirigeants des Etats-Unis d’Amérique en portent la plus lourde responsabilité, mais les complicités n’ont pas manqué en Europe et, partout, dans le monde. Toute l’organisation économique est à reconsidérer. Une telle catastrophe fait perdre toute crédibilité au capitalisme financier, voire au capitalisme dans sa finalité profonde, qui est l’accumulation du capital, alors que la finalité d’une société humaine est d’organiser la vie économique et sociale en bonne intelligence.

 

Voici deux articles qui abordent la question de la grande variation des cours des matières premières et la nécessité d’organiser une régulation, sans laquelle il est impossible d’organiser la vie économique.

 

Isabelle Mouilleseaux publie chaque jour des informations sur les matières premières (voir www.publications-agora.fr). Ce 8 décembre, elle s’exprimait ainsi (extraits). Pour lire l’article en entier et dans son contexte, cliquer sur le titre.

 

L'économie s'enfonce ; les matières premières plongent


La semaine qui vient de s'écouler confirme très nettement la gravité de la situation ; les indicateurs montrent partout une contraction brutale de l'économie, tant aux Etats-Unis qu'en Europe.


Nous sombrons dans les profondeurs de la crise
. Et contrairement à ce qui se passe habituellement, pas une seule zone géographique n'est épargnée, ce qui assombrit davantage encore les perspectives, plus un seul moteur n'étant opérationnel. Les Etats-Unis sont en récession depuis un an, l'Europe le sera l'année prochaine. Partout l'activité industrielle s'effondre. Même la Chine, dont la croissance ralentit fortement, nous a annoncé la semaine dernière un indice des directeurs d'achats (PMI) catastrophique. Cet indice donne la température du secteur manufacturier.


Face à l'ampleur du mouvement, les Chinois ont baissé leur taux d'intérêt de 1%, ont laissé se déprécier le yuan contre dollar et ont massivement diminué les réserves obligatoires des banques afin de soutenir le crédit et de relancer l'économie qui s'enlise (…).


Les Banques centrales frappent fort. Très fort. La BCE a fait un geste historique en abaissant son taux de 75 points de base. La Banque de Suède les a baissé de 1,75% et la Banque d'Angleterre de 1%, ramenant ainsi son taux directeur à 2%. Du jamais vu depuis 1939 ! Normalement, les marchés auraient dû fortement rebondir. Il n'en a rien été. Le CAC a perdu plus de 8% sur la semaine. Les investisseurs en veulent plus encore.


Enfin, le coup de grâce est venu vendredi des Etats-Unis où les destructions d'emploi sont massives et en très forte hausse. 533 000 emplois détruits rien qu'en novembre ; 1,25 million depuis septembre ! On n'avait pas vu cela depuis 1974. La récession, qui a débuté il y a an, s'est à présent propagée à tous les secteurs de l'économie.


Quel calvaire pour le consommateur américain
 : il est surendetté, la valeur de ses actifs s'est effondrée et son taux d'épargne est quasi inexistant. Et voilà qu'on le met à la porte. Je persiste à croire que si la consommation américaine devait s'arrêter, la récession serait d'une violence inouïe.

Il est également de plus en plus probable que les classes moyennes connaissent des difficultés de remboursement sur leurs cartes de crédit. Si ce devait être le cas, nous aurions alors une réplique de ce que nous avons connu avec les subprime.


Inutile de vous dire que les matières premières se sont fortement repliées cette semaine, tant sont fortes les craintes d'une récession mondiale sévère (…).


Ce même 8 décembre, on pouvait lire sur le site du Monde économie un article signé Adrien de Tricornot, qui reprend des avis critiques de personnalités qualifiées (cliquer sur le titre).

 

Les dégâts économiques de fluctuations brutales

 

Entre l'été et l'automne, les cours des matières premières ont d'abord atteint des records historiques, avant de chuter à leur plus bas niveau depuis six ans... Le prix du baril de pétrole a été divisé par trois, ceux du cuivre et du blé par deux et demi.

 

L'effondrement n'a pas empêché des fluctuations erratiques au jour le jour, des mouvements de yo-yo comme sur les marchés boursiers. Les tentatives de prévisions et de couverture des fluctuations des prix alimentaires ou énergétiques sont ainsi déjouées, remettant en question le fonctionnement des marchés à terme, les empêchant de jouer leur rôle d'assureur contre les variations futures des cours. Censés prévoir ces variations, ces marchés réagissent en réalité à très court terme.

La volatilité qui les affecte illustre "leur forte sensibilité à toute nouvelle information qui arrive aux oreilles des opérateurs", explique Alexandre Gohin, directeur de recherches à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Rennes.

 

Les matières premières se sont "financiarisées" à l'excès. On peut parier sur des contrats à terme - des "futures" - sans qu'il soit nécessaire in fine d'acheter de la marchandise. Dans l'envolée des prix de cet été, déconnectée du ralentissement économique mondial, Albert Edwards, stratégiste de la Société générale, pointe une "aberration exceptionnellement forte".

 

Dans l'incrédulité générale, il avait alors prédit que le prix du baril allait redescendre rapidement, vers les 60 dollars : "L'indice CRB des matières premières évolue normalement en fonction de la production industrielle mondiale. Mais les matières premières sont devenues une catégorie d'investissement, un actif spéculatif.
Dans une bulle, tout le monde se copie et cela change la structure du marché. On pouvait prévoir l'effondrement, l'effet domino",
explique-t-il. "La chute brutale des cours va continuer, à l'exception de l'or", qui restera une valeur refuge, estime M. Edwards : il prévoit non seulement une récession dans les pays développés en 2009, mais encore une croissance "proche de zéro" dans les pays émergents.


Mais la volatilité renforce l'incertitude pour les agents économiques. Fixer à l'avance, par des contrats à terme, les coûts du carburant ou d'une matière première peut se révéler perdant. "Ne pas se couvrir est un choix certes risqué. Mais se couvrir peut être aussi dangereux ! Il ne faut en tout cas pas se couvrir au-delà des besoins de la production prévue...", explique un cadre dirigeant de l'agroalimentaire.


Comment nourrir la planète dans de telles conditions ?
"Les producteurs agricoles ne peuvent pas réagir immédiatement à ces variations extrêmes, tout simplement parce que les décisions de production sont annuelles pour de nombreuses activités agricoles", explique M. Gohin. Ils doivent donc anticiper la rentabilité future... sans l'aide des indications de marché. "Clairement, la volatilité actuelle ne facilite pas ses prises de décision", poursuit-il. Les outils de régulation des prix, quand ils existent, permettent cependant d'atténuer ces fluctuations. Les agriculteurs européens ont été longtemps protégés par la politique agricole commune (PAC). Malgré sa réforme récente, ils restent "mieux protégés que de nombreux autres producteurs, par les aides directes d'une part et par les prix minimums d'autre part". D'autres producteurs, "tout spécialement nord-américains, bénéficient également d'importants filets de sécurité (aides directes contre-cycliques, assurances subventionnées...)", explique M. Gohin.


Mais ce n'est pas le cas des paysans des pays pauvres
. "Le manque de prévisibilité des prix est un des obstacles majeurs à l'augmentation des productions vivrières en Afrique", explique Bernard Bachelier, directeur de la Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (FARM). Selon une étude de la FARM et du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), qui sera présentée le 16 décembre, les consommateurs urbains ont subi en Afrique la hausse des prix importés tels que le blé et le lait, alors que "cette hausse n'a bénéficié que rarement aux producteurs africains, et seulement très partiellement", résume M. Bachelier. Ces derniers ont été handicapés par les aléas climatiques, le fonctionnement des marchés, les problèmes de transport ou l'impossibilité d'accéder au crédit pour acheter des engrais. Maintenant, les prix mondiaux baissent. En Afrique, la saison ayant été bien pluvieuse, les récoltes seront bonnes... "et les prix vont baisser pour tout le monde. Les paysans africains, à de rares exceptions près, n'auront pas eu le temps de profiter de la hausse", conclut M. Bachelier.


De son côté, la volatilité des produits énergétiques, particulièrement élevée, "tend à rendre plus difficiles les décisions d'investissement" dans le secteur, explique
Jean-Marie Chevalier, professeur à l'université Paris-Dauphine. "Une volatilité persistante - et on ne voit pas pour quelle raison elle pourrait cesser - est de nature à repousser, et peut-être, à réduire les investissements dont on a besoin pour assurer l'équilibre entre l'offre et la demande dans le futur", redoute-t-il. Pourtant, la baisse brutale de l'or noir n'a pas fait disparaître la question fondamentale de sa rareté future : "L'argument structurel est vrai, mais il n'explique pas les variations du prix, lié au cycle économique et à la spéculation. Le pétrole sera peut-être à 250 dollars dans cinq ans. Mais il va d'abord continuer à baisser jusqu'à 30 dollars, 20 dollars ? Qui sait ?", estime M. Edwards.


Dans ce contexte, l'argument de la baisse invoqué par les compagnies pour ne pas investir est "grotesque et malhonnête" juge
Jean-Paul Pollin, professeur d'économie à l'université d'Orléans. Si les pétroliers pensent que les prix vont remonter, ils devraient lancer des investissements : "Ils ont largement la possibilité de se financer pour ce faire, dit-il. En réalité, les producteurs ne sont pas les victimes mais largement les acteurs de ces fluctuations des prix de matières premières. C'est bien parce qu'ils ne planifient pas leurs investissements sur le long terme que les marchés sont aussi volatils. Pour cette raison, on peut penser qu'une régulation de ces prix pourrait être une bonne idée", dit M. Pollin, qui préconise un accord mondial à cet effet sous l'égide du Fonds monétaire international. Quand l'assureur - le marché à terme - se transforme en casino, la régulation revient à l'ordre du jour.

 

Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 21:21

Le territoire souffre de la globalisation financière

 

Depuis qu’il a été élu sénateur du Territoire de Belfort, le 21 septembre 2008, Jean-Pierre Chevènement multiplie les Interventions en séance publique. Il saisit l’opportunité de l’examen des différentes parties du budget de l’Etat pour présenter son avis sur l’action du gouvernement et les orientations de la majorité parlementaire (voir www.senat.fr).

 

Le 4 décembre 2008, l’ancien ministre de l’Intérieur (1997-2000) est intervenu -  Intervention 2  - pour Enrayer le déclin de l'aménagement du territoire. Voici des extraits de son texte, dans lesquels, s’adressant au secrétaire d’Etat, Hubert Falco, il aborde le contexte et ses propositions.

 

La logique de la mise en concurrence des territoires

 

(…) Dans le contexte de la globalisation financière, votre tâche apparaît digne de Sisyphe : notre pays subit en effet, depuis les années quatre-vingt-dix, la distension croissante des liens entre les entreprises et les territoires, du fait d’une ouverture sans limites aux mouvements de capitaux, résultant de l’Acte Unique européen d’abord, puis aux mouvements de marchandises, sous l’impulsion de l’OMC depuis 1994, réduisant de 14 % à 1% de 1992 à aujourd’hui le montant pondéré des droits de douane aux frontières de l’Union européenne.

 

C’est la dictature des actionnaires et du profit financier qui s’est imposée aux entreprises et aux nations, réduisant bien souvent les managers et les hommes politiques au rang de spectateurs impuissants. Les entreprises françaises réalisent de plus en plus leurs chiffres d’affaires et leurs bénéfices à l’étranger. Un mouvement de délocalisation des activités productives vers les pays à bas salaires frappe notre pays.

 

Dans ces conditions la croissance potentielle en France, comme d’ailleurs dans le reste de l’Europe, s’est réduite d’abord à 2 % puis à 1 %. La part de l’Europe à vingt-cinq dans le commerce mondial est aujourd’hui de 20 % contre 30 % en 1980, tandis que celle de la Chine a crû de 2,5 % à 14 %. Notre déficit commercial reflète cette perte d’attractivité.

L’avidité des actionnaires a aussi creusé les inégalités entre les entreprises elles-mêmes, au détriment des petites et dans les rémunérations, dont l’écart n’a jamais été aussi grand. La France populaire s’est réfugiée dans des zones périurbaines loin des centres-villes.

 

Dans ce contexte de globalisation financière qui fracture la société française, il est bien difficile, Monsieur le Ministre, de mener à bien une politique d’aménagement du territoire rationnelle.

L’erreur – mais elle vous est antérieure – consiste à substituer à la logique d’aménagement du territoire, à partir d’une vision d’ensemble que seul l’Etat peut assurer, une autre logique qui consiste à mettre en concurrence les territoires entre eux. C’est ce que symbolise, me semble-t-il, le passage de la DATAR à la DIACT. Ce sont les évolutions soi-disant « naturelles » du marché qui commandent.

 

La Puissance publique n’intervient plus guère qu’à la marge, du fait même de l’insuffisance de ses moyens. Cette évolution se pare du masque du girondinisme pour mieux fustiger l’Etat jacobin, ce pelé, ce galeux d’où viendrait tout le mal. Cette idéologie est pernicieuse. Les temps nous obligent au contraire à organiser, y compris en matière d’aménagement du territoire, le grand retour de l’Etat (…).

Conduire de vraies politiques en faveur de l’industrie et de l’aménagement du territoire


Je me bornerai à vous suggérer quelques pistes pour enrayer un déclin de l’aménagement du territoire qui n’était que trop prévisible.

Un mot sur la DIACT (l’ancienne DATAR) d’abord. Il est regrettable que les activités de prospective aient été progressivement délaissées. La qualité des hommes et des équipes n’est pas en cause. C’est un mal plus général qui a également conduit à l’abandon du Commissariat Général du Plan, pour un vague Centre de prospective et d’analyses soi-disant stratégiques.

En réalité, c’est toute l’Administration économique de l’Etat qu’il faudrait reconstruire pour faire face à la crise économique actuelle. Les Etats nationaux, parce qu’ils ont seuls la légitimité de la démocratie, ont été appelés au secours en catastrophe. On a juxtaposé dans une certaine improvisation les plans nationaux tant en ce qui concerne le sauvetage des banques que la relance économique. Les règles européennes en matière de concurrence ont été suspendues. L’erreur serait de croire que cette suppression pourrait n’être que temporaire.

 

Le temps est venu de concevoir à nouveau des politiques industrielles et des politiques d’équipement. Pour prendre un exemple, la juxtaposition de soixante-et-onze pôles de compétitivité ne saurait remplacer un Ministère de l’Industrie qui seul peut disposer d’une vue d’ensemble, éviter doublons et gaspillages, et donner les impulsions nécessaires en matière de recherche finalisée.

Il lui faudra aussi guider les choix du Fonds d’investissement stratégique dévoilé par le Chef de l’Etat. Avec 6 milliards de fonds propres, plus 14 milliards de ressources d’emprunts, ce fonds ne suffira pas à défendre nos entreprises dont la capitalisation boursière a diminué de moitié mais atteint encore, pour les entreprises du CAC 40, plus de 700 milliards d’euros. Les fonds souverains étrangers disposent de capacités financières infiniment plus grandes : plusieurs milliers de milliards de dollars.

C’est pourquoi il faudra aller beaucoup plus loin, Monsieur le Ministre, sur la voie de la réglementation des OPA voire de leur interdiction quand elles émanent d’entreprises non « opéables », comme c’était le cas pour le raid réussi de Mittal sur Arcelor. Car les entreprises ont une nationalité, celle de leur pays d’origine qui retentit sur l’emploi, la recherche et les choix d’implantation.

 

Faut-il rappeler les conséquences du rachat de Pechiney par Alcan ? Celles d’Arcelor par Mittal ne sont que trop visibles. Dussé-je me faire taxer de patriotisme économique – quelle injure par les temps qui courent ! -, il est important de préserver la nationalité française de la plupart de nos entreprises en favorisant des pactes d’actionnaires stables.

L’Etat doit se doter des moyens durables d’une politique industrielle digne de ce nom. Assez de RGPP ! Il y a des équipes d’ingénieurs compétents à reconstituer au sein même du service public sur les décombres de l’ancien ministère de l’Industrie jadis mis à sac par M. Madelin et par ses successeurs.

Ce qui vaut pour le Ministère de l’Industrie vaut également pour l’aménagement du territoire.
Vous mettez l’accent à juste titre sur les réseaux numériques et sur les liaisons ferroviaires à grande vitesse. Ils constituent avec le bon niveau de formation de notre main d’œuvre, de puissants atouts pour la compétitivité de la France. Mais il y a encore trop de zones d’ombre en matière de téléphonie mobile en dehors des grands axes ou des grandes agglomérations.

 

Il n’y a pas de mystère à cela : c’est l’effet de l’abandon du service public au bénéfice des concessionnaires privés. C’est un plan d’ensemble qui serait nécessaire pour la téléphonie mobile comme pour l’accès au réseau à haut débit. Et puis, n’oubliez pas le réseau des villes moyennes et des petites villes qui contribue tant au charme et par conséquent aussi à l’attractivité de notre pays (…).
 

 

Cet article est le 4ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 15:12

 

Martine Aubry va faire du PS une ruche sans Royal

 

La partie est terminée, après plusieurs prolongations, car les deux équipes n’avaient pas réussi à se départager dans le temps réglementaire. Le congrès de Reims avait buté sur l’incapacité de la coalition « anti-Royal » à s’entendre sur une candidature commune à la fonction de premier secrétaire.

 

Aubry et Hamon ne pouvaient accepter que ce soit Delanoë, car il était trop lié à la direction sortante. Delanoë refusait d’appeler à voter pour celle qui l’avait fait échouer (en présentant une motion distincte) et la candidature Hamon était inacceptable par les partisans inconditionnels de l’Europe du traité constitutionnel et de son rejeton, le traité de Lisbonne.

 

Les uns et les autres ont alors misé sur l’élection du premier secrétaire, qui a mis face à face au second tour les deux femmes, Martine et Ségolène, Bertrand ayant préféré se mettre sur la touche en raison de sa contre-performance du 6 novembre. Benoît, au contraire, sortait du terrain avec les applaudissements du public et se portait en soutien actif à Martine, se souvenant qu’il avait porté le maillot de son équipe quand elle était au gouvernement.

 

Martine Aubry et Ségolène Royal finissaient la partie sur un résultat nul, mais l’arbitre avait vu le ballon franchir la ligne du but défendu par Royal, ce qui n’était pas prouvé car le match n’avait pas été filmé. Après de longues palabres, Martine Aubry était déclarée vainqueur, ce qui lui donnait le droit de constituer son équipe pour jouer dans le championnat national ces trois prochaines années.

 

Le dernier acte s’est déroulé hier, 6 décembre, lors du Conseil national. La nouvelle première secrétaire s’était entendue avec ses alliés (motions Hamon et Delanoë) sur un texte d’orientation, qu’elle a ensuite transmis à Ségolène Royal, sachant fort bien qu’elle ne pouvait le signer. La suite est logique : ne pouvant signer le texte, l’équipe Royal a décliné la proposition de participer de façon marginale au secrétariat national, qui est le gouvernement du PS.

 

Comme aux congrès d’Epinay-sur-Seine (1971) et de Metz (1979), notamment, le PS sort du congrès de Reims avec une majorité (coalition des trois courants Aubry, Hamon, Delanoë) et une minorité (Royal). C’est plutôt favorable pour conduire un action cohérente et forte.

 

L’ancienne candidate à l’élection présidentielle n’est certainement pas mécontente de cette situation, car elle a réussi à faire jeu égal avec sa rivale lors du vote des adhérents le 21 novembre et elle ne va pas avoir la responsabilité du résultat de la liste socialiste aux prochaines élections européennes (7 juin 2009).

 

Tout dépendra de la capacité de Martine Aubry à relancer le PS et à l’ouvrir sur le reste de la gauche. Si elle réussit, sa candidature à l’élection présidentielle s’imposera naturellement. Sinon, ce sera l’heure de Ségolène Royal.

 

Concernant la personnalité de la maire de Lille, je propose de lire le texte (paru 25 novembre, écrit le 2 juin 2008) de Xavier Dumoulin sur son blog Martine Aubry : Un réformisme moderniste chevillé au corps.

 

Concernant le déroulement du conseil national du PS, hier, j’ai retenu deux articles de presse :

 

- Le début de l'ère Aubry plombé par les divisions (Le Monde, 6 décembre),

- Aubry installe la direction du PS, les royalistes ne décolèrent pas (Rue89, 6 décembre).

Nouvelle direction : cliquer ici pour voir la liste complète.

 

            La première secrétaire s’est exprimée dans un discours de 90 minutes dont voici un extrait :

 

Le Président de la République rompt avec les fondements de la République

 

Rupture avec les fondements même de la République, ce fleuve dont la droite et la gauche formaient les deux rives.

 

Rupture historique avec le rôle de l’Etat dans notre histoire nationale dans ses fonctions régaliennes, celles d’assurer la sécurité, la justice, de promouvoir la solidarité nationale, et de porter une vision de l’avenir.

 

Rupture avec la décentralisation mise en place par le gouvernement de Pierre Mauroy, qui a partout conduit à une amélioration du service rendu au public, avec aujourd’hui des collectivités locales que l’on étrangle financièrement et dont on s’apprête à modifier les contours, les ressources, et les modes d’élection par strict souci politicien.

Je le dis ici au Président de la République : il est inacceptable et nous n’accepterons pas que les collectivités locales soient modifiées sans notre accord. Nous sommes prêts à mieux en définir les missions, à mieux articuler leurs actions, à améliorer encore l’efficacité, mais il n’y aura pas au sortir de la commission Balladur de « Big Bang » institutionnel sans nous. Nous nous y opposerons avec force.

 

Rupture avec le compromis social issu du Conseil National de la Résistance, quand la sécurité sociale est mise en péril, quand le système des retraites ne prend pas en compte les travaux pénibles et difficiles, quand les partenaires sociaux sont méprisés, les associations et les ONG tenus en lisière.

 

Rupture avec les libertés publiques. La scandaleuse interpellation de l’ancien directeur de l’information du quotidien Libération n’a été possible que parce que le mépris des libertés individuelles et le dévoiement du code de procédure pénale ont été élevés au rang de culture d’Etat. En témoignent l’explosion inquiétante du nombre des gardes à vue, la manière inacceptable dont sont trop souvent effectués les contrôles de police quand il s’agit de jeunes de nos quartiers, les conditions dégradantes de la rétention de sécurité.

 

Et que dire de cette incroyable atteinte à la liberté de la presse que représente le projet de loi sur l’audiovisuel public ! Un audiovisuel public que l’on veut mettre au pas en en nommant le PDG par décret présidentiel. Un audiovisuel dont on pille les ressources en transférant les recettes publicitaires aux chaînes privées amies. Saluons le travail, formidable de nos camarades députés qui se battent avec force pour empêcher le vote de cette loi.

 

Rupture avec la France des Droits de l’Homme par la réception en grandes pompes de Khadafi et de El Assad, quand la diplomatie est confondue avec le « business ».

 

Rupture avec l’esprit des institutions par une pratique personnelle du pouvoir, qui banalise et fragilise sa fonction.

 

Pour lui, la société n’existe pas ; il n’y a, face à face, que des individus et l’opinion. Il s’inspire de l’opinion et ne parle qu’aux individus, en les opposant les uns aux autres : les lève tôt contre les assistés, les vrais jeunes contre les racailles, les CDI contre les CDD, les Smicards contre les Rmistes, les bons immigrés contre les clandestins…

 

Ainsi, il oppose au lieu de réunir ; il joue de la peur, des peurs ; il instrumentalise l’événement et manipule les émotions. Il ne cherche pas à expliquer, à éduquer les citoyens ; mais toujours à simplifier.

 

Nicolas Sarkozy ne propose pas une vision et un projet à notre société. Il impose la loi du plus fort, le règne de l’argent et l’individualisme. Sa politique est vide : vide de valeurs, vide de solidarités, vide de sens. Faute de sens collectif, il donne des fausses réponses. Car il espère bien prospérer sur ce vide.

 

Et pour donner le change, il propose aux Français de se raccrocher à de fausses réponses qui sont autant de vrais dangers. Ainsi de sa politique sécuritaire –l’emploi du Taser, le honteux fichier EDVIGE- qui n’empêche pas l’insécurité d’augmenter, puisque là n’est pas son objectif : son objectif est de mettre en scène l’insécurité.

 

Ainsi du discours sur la « laïcité positive », qui n’est en réalité qu’une remise en cause de notre laïcité. Ainsi de la récupération du religieux : je pense aux discours du Latran et de Ryad, à cette affirmation étonnante pour un Président de la République de considérer qu’un prêtre vaut mieux qu’un instituteur pour l’éducation des enfants.

Ainsi du refuge dans une crispation identitaire qui oppose scandaleusement « identité nationale et immigration » et dénature ainsi l’identité de la France. Ainsi des discours – celui de Dakar, en particulier - reprenant les préjugés du colonialisme (…).


Cet article est le 99ème paru sur ce blog dans la catégorie
Gauche France 2007-08

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 21:49

Obama, un président porteur des aspirations du peuple

 

La transition Bush-Obama est longue, le président élu prenant ses fonctions le 20 janvier 2009. Pendant ce temps, la situation économique et sociale apparaît de plus en plus dans sa réalité (voir Etats-Unis : le chômage au plus haut depuis 15 ans, Nouvel Observateur, 5 décembre).

 

« La situation dont hérite Obama est un cauchemar ». Ce constat d’un spécialiste du monde des affaires concerne la crise économique, mais la politique étrangère et de sécurité n’est pas beaucoup plus confortable (voir l’article de Rémy Ourdan sur le site du Monde, paru le 1er décembre Les "guerres de l'Amérique", priorité de Barack Obama).

 

Le président a pris les moyens de rassembler le camp démocrate (voir Clinton succèdera à Rice au département d'Etat américain, Le Monde, 1er décembre).

 

Il s’engage dans la bonne direction en donnant la priorité aux investissements afin de moderniser les équipements du pays - infrastructures, nouvelles technologies, santé, énergie - voir Obama annonce un plan pour les infrastructures (Nouvel Observateur, 6 décembre).

 

Ce qui ressort des orientations de Barack Obama, c’est sa volonté de faire corps avec le peuple, de prendre en compte la réalité sociale.

 

Sa philosophie est à découvrir dans le discours mémorable qu’il a prononcé le 18 mars 2008 à Philadelphie. Claude Nicolet (qui était alors secrétaire national aux relations internationales du MRC) avait publié, le 5 avril, une tribune (voir, ci-après). Il y a un mois, il ajoutait ce commentaire :

 

« Je m'autorise à insister sur un point qui me parait important, c'est la volonté d'Obama de ne pas se laisser enfermer dans la question raciale. Autrement dit, le discours actuellement dominant sur nos médias qui consiste à dire que la France est en retard sur les questions liées aux discriminations (qu'il faut quand même regarder avec attention) et qui vise à instrumentaliser la victoire d'Obama relève selon moi de la manipulation.
Cette victoire est révélatrice de phénomènes bien plus importants. Certes la France a des difficultés sociales et économiques de taille et le racisme y a sa part, mais les réduire simplement à cela c'est prendre les choses par le petit bout de la lorgnette et refuser de s'attaquer au système c'est à dire au fonctionnement du capitalisme financier globalisé ».

Barack Obama ou le grand retour de la question sociale

 

Le 18 mars dernier, Barack Obama a prononcé un discours à Philadelphie dont l’importance fera probablement date. Le sénateur Obama, candidat à la candidature pour l’élection présidentielle aux Etats Unis d’Amérique était dans une situation difficile, suite à certaines déclarations du révérend Jeremiah Wright, dont il était très proche. Cet homme a, en effet, eu des propos très durs sur la politique intérieure et étrangère des Etats-Unis plaçant Barak Obama en situation délicate.

 

Se démarquant clairement des propos du pasteur, il a néanmoins refusé de le renier en affirmant « qu’il portait en lui les contradictions de la communauté ». Ce qu’il y a de passionnant et de remarquable dans ce discours, c’est qu’il procède d’un double mouvement. Il est à la fois une déconstruction et une mise en perspective permettant de produire une vision politique.

 

Il s’inscrit tout d’abord profondément dans l’histoire de ce pays sans en rejeter les contradictions, en particulier le « péché originel » de l’esclavage en décalage complet avec la déclaration d’indépendance.

Cette inscription dans l’histoire et dans le volontarisme que cela sous-entend, doit selon lui inciter à l’action. Rien n’a été donné, il a fallu se battre pour conquérir les droits civiques et civiles, lutter contre les discriminations pour « réduire l’écart entre la promesse de nos idéaux et la réalité du temps ». Le souhaitable est possible à condition de le vouloir pour tous car il ne peut se réaliser au détriment de l’Autre.

 

Il pose ainsi clairement la question raciale dans un long préambule à son intervention comme préalable à la bonne compréhension de la réalité américaine qu’il ne faut pas chercher à récuser, rappelant un certain nombre de vérités sur la société américaine, ses inégalités et les violences qu’elles engendrent. Mais « on ne peut ignorer la problématique de la race » dit il, elle est profondément enracinée dans l’identité du pays.

 

Cependant cette violence ne doit rien au hasard mais plutôt au résultat de l’histoire et des politiques qui furent menées aux Etats Unis d’Amérique. Ce pays porte en lui ces immenses contradictions et il ne sert à rien d’essayer de les nier ou de les contourner.

Pratiques inégalitaires dans tous les domaines n’ont eu comme résultat que « l’échec et le gâchis comme expérience légués aux générations futures ». Dès lors, le racisme devenait une « définition du monde ». La « colère noire » ne peut être comprise sans cela, et le révérend Wright porte en lui cet héritage.

Mais la force du discours d’Obama tient au fait qu’il analyse aussi les raisons de la « colère blanche » venant des milieux populaires ou de la classe moyenne qui n’avaient pas le « sentiment que son appartenance raciale était un privilège ».

 

Face à la discrimination positive, face aux aides sociales dont les blancs se sentaient exclus, face à ce qu’ils ressentaient comme une injustice et une inégalité, surtout pour ceux qui ne se sentent en rien responsables des crimes esclavagistes. La rancœur est grande et c’est sur ce terreau que la coalition néo libérale puis néo conservatrice s’est bâtie.

 

Il réussit à déconstruire et à expliquer au peuple américain, les maux dont souffre sa société.

Dès lors il faut voir en face les « vrais problèmes : une culture d’entreprise où les délits d’initiés, les pratiques comptables douteuses, la course aux gains rapides sont monnaie courante, une capitale sous l’emprise des lobbies et des groupes de pression, une politique économique au service d’une minorité de privilégiés (…). Il est temps maintenant de parler des écoles délabrées qui dérobent leur avenir à nos enfants, des urgences médicales aux files interminables et d’un système de santé qui s’effondre, des usines qui ont fermé leurs portes, des maisons qui sont à vendre, des entreprises qui délocalisent dans le seul but de faire du profit ».

 

Ce faisant, il subordonne en fait la question raciale à la question sociale et à l’organisation sociale de la société américaine.  Il propose alors de mettre en place un projet politique qui permettrait à l’individu de se réaliser et de s’émanciper en tentant de s’affranchir du déterminisme racial qui l’entrave tout en « assumant le passé sans en être victime ». Il ne s’agit pas d’une alliance des races mais bien d’une réflexion sur les structures économiques et sociales de la société américaines.

Le fait de voir revenir sous cette forme la question sociale au premier plan du discours d’un responsable politique américain qui peut devenir Président des Etats Unis d’Amérique, traduit incontestablement une évolution dans le rapport de force idéologique dans ce pays, mais aussi dans le monde.

 

Certes, Barack Obama est ancré dans la religion et y fait référence en permanence ; certes son approche très rapide du conflit israélo-palestinien est contestable, mais assurément  un discours différent en terme d’analyse politique, économique et sociale est apparu.

 

C’est donc en abordant de front ces questions économiques et sociales, qui constituent selon Obama le cœur des problèmes de la société de son pays, que l’on pourra aller « vers une union plus parfaite », mais qui ne peut se faire qu’à la condition que chaque citoyen entame le travail de perfection qui permettra à l’ensemble du peuple de prendre ce chemin. Car « les rêves des uns ne doivent pas se faire au détriment du rêve des autres ».

 

Il faut prendre la mesure des chocs qui sont entrain de se produire, crise économique et financière commencée cet été aux Etats Unis, contagion sur toutes les places boursières qui légitime à nouveau l’idée de nationalisation, effondrement de l’immobilier et d’une partie du crédit, renchérissement du coût de l’énergie et des matières premières, instabilité internationale majeure dans la corne de l’Afrique, en Irak, dans le Proche-Orient, en Afghanistan, tensions avec la Russie suite à l’extension de l’OTAN et à l’indépendance du Kosovo…La liste est longue.

 

La question de la place et de la fonction de l’Etat  va redevenir une question politique majeure dans les mois et les années à venir pour apporter de la régulation et de la sécurité aux citoyens. Pour qu’ils puissent vivre dans des sociétés où ne règne pas seulement la loi du plus fort.

 

Ce sont ces grands mouvements qu’il faut être aujourd’hui en capacité de percevoir pour bâtir de grands projets politiques, éventuellement à l’échelle d’un continent, mais aussi à coup sûr, cohérent au niveau mondial. C’est à cette échelle là qu’il faut désormais se placer.

 

Voir aussi JP Chevènement : les USA ne pourront, seuls, sortir de la crise - 15 novembre 2008

 

 

Cet article est le 4ème paru sur ce blog dans la catégorie Amérique du Nord

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 17:21

Un plan climat européen montrerait le bon exemple

 

Le groupe AFLEC* de St-Berthevin, en visite à Bruxelles les 3 et 4 décembre, afin de mieux connaître le fonctionnement des institutions européennes, était admis à pénétrer dans l’hémicycle du Parlement européen jeudi 4, entre 9h30 et 10h. Les députés débattaient en séance plénière du « paquet énergie-climat » proposé par la Commission européenne, en vue d’un accord des 27 chefs d’Etat et de gouvernement, lors du Conseil européen, les 11 et 12 décembre à Bruxelles.

 

Le ministre Jean-Louis Borloo était présent, la France assurant la présidence de l’Union européenne pendant ce semestre qui s’achève à la fin 2008. J’ai trouvé un site de presse qui évoque ce débat. C’est celui de La Tribune, en lien avec EurActiv.fr. Cet article, paru le 5 décembre, décrit les différences d’approche entre les groupes de pays européens (lire aussi sur le Site d'EurActiv.fr).

 

"Paquet énergie-climat" : le parlement européen craint de ne pas être entendu

 

Plusieurs députés européens sont montés au créneau, lors de la session plénière du 4 décembre à Bruxelles, pour protester contre une prise en compte insuffisante des avis de leur assemblée dans les négociations sur le paquet énergie-climat.

 

Au cours du débat en plénière du Parlement européen sur l’état des négociations du paquet énergie-climat, le ministre français de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, a fait face aux reproches de nombreux eurodéputés quant à la prise en compte de leur avis dans les négociations du paquet énergie-climat.

 

«Le travail fourni sur le fond est bien ici, au Parlement européen», a lancé le président du Parti socialiste européen (PSE), Martin Schulz. «La décision du Conseil n’est pas la plus intelligente», a-t-il poursuivi, fustigeant une réunion tardive des chefs d’Etat et de gouvernement, les 11 et 12 décembre à Bruxelles. «Nous ne signerons pas d’accord si vous mettez le Parlement européen devant un fait accompli. Toutes les négociations doivent se faire en trilogue», a confirmé la Britannique Avril Doyle (PPE-DE), rapporteur de la directive sur le système d'échange de quotas d'émissions (ETS).

 

«Jamais le Parlement européen n’a pu se prononcer en plénière sur le paquet», a pour sa part déploré le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels. «C’est inacceptable!», a-t-il dénoncé. Il a réclamé un accord «dans la transparence démocratique»: «une politique climatique ambitieuse ne peut pas se décider derrière des portes closes et à l’insu des citoyens».

 

Rapporteur de la directive sur la réduction des émissions de CO2 dans l’industrie automobile, un texte bouclé quelques jours auparavant (EurActiv.fr, 03/12/08), l’Italien Guido Sacconi (PSE) s’est félicité de l’aboutissement des négociations dans ce domaine. «J’ai pensé qu’il fallait clore ce dossier avant le Conseil européen, afin que personne ne puisse y toucher.»

 

«Pas de déni démocratique»

Dans le même sens, le Britannique Martin Callanan (PPE-DE), qui participe aux trilogues entre Conseil, Parlement et Commission, s’est plaint d’avoir reçu des documents de 60 pages venant de la Présidence seulement une heure avant de commencer les négociations. «Ce n’est pas une bonne façon de procéder, a-t-il dit au ministre français. Il est important que toute cette législation, très technique, soit étudiée de près.»

 

«Il n’y a pas de déni démocratique», a répondu Jean-Louis Borloo, qui a invoqué une nécessaire accélération du calendrier pour parvenir aux objectifs fixés par les échéances de Poznan et de Copenhague (2009), et donc la nécessité d'un accord en première lecture. Il s’exprimait dans l’enceinte du PE avant de rejoindre ses homologues pour un conseil des ministres européens de l’Environnement.

 

Les parlementaires européens devaient à l'origine voter sur le texte à la session plénière de fin décembre. Sous la pression de la délégation allemande, soudée pour limiter l'impact de la législation sur le climat sur son industrie, le vote avait été avancé au 4 décembre. Le Parlement européen ayant des positions plus "vertes" que le Conseil, un vote des députés avant le Conseil européen des 11 et 12 décembre rendait un accord en première lecture difficile. La Présidence française a donc réussi à faire à nouveau modifier la date de la décision du PE. Le vote aura finalement lieu le 17 décembre (EurActiv.fr, 25/11/2008).

 

«Trois blocs de pays»

Quoiqu’il en soit, certains députés participent, depuis plusieurs semaines, aux trilogues entre Commission européenne, Parlement européen et Conseil, afin de trouver un accord sur le texte. La veille du débat, la dernière réunion de ce type s’était terminée à 2h du matin. Trois réunions devraient encore se tenir d’ici le Conseil européen des 11 et 12 décembre. Enfin, des représentants du Conseil, de la Commission et du Parlement se réuniront une dernière fois en trilogue avant la plénière.

 

Devant le Parlement, Jean-Louis Borloo a reconnu que la directive sur le système communautaire d’échange de quotas de CO2, dite «ETS», constituait le point le plus difficile des négociations. «Il y a trois grands blocs de pays, a-t-il expliqué :

 

- «Les Pays baltes, qui se sont attelés à démonter les centrales nucléaires», et qui sont sur une «île énergétique». «Eux mettent en avant des problèmes techniques matériels et spécifiques», a poursuivi le ministre.

 

- «Ensuite, il y a les pays les moins performants sur le plan énergétique, et qui dépendent d’une énergie très carbonée.» Parmi eux : la Pologne, qui dépend du charbon à 94%. «Il faut trouver des systèmes de progressivité qui ne modifient ni les objectifs globaux ni le calendrier», a estimé M. Borloo.

 

- Enfin, le troisième bloc est formé par «des pays attentifs au coût du système», parmi lesquels la France. «Ils sont très attentifs au coût de la nécessaire solidarité entre nous et au choix de la pré-affectation des crédits» dégagés dans le cadre de la directive ETS.

 

Face à cela, Jean-Louis Borloo a préconisé deux solutions, qui pourraient être adoptées ensemble ou séparément : la progressivité des enchères, et un mécanisme d’inclusion carbone (ou taxe carbone) pour limiter les délocalisations des industries européennes à cause des quotas payants.

«Il ne faut pas que le prix de l’énergie augmente», a-t-il affirmé. Egalement interrogé par plusieurs députés sur le financement des technologies de captage et de stockage de CO2, il a assuré que ce financement serait inclus dans les accords «sous une forme ou une autre, maintenant ou un peu plus tard» (EurActiv.fr, 4/11/2008).

 

Quelques heures plus tard, en marge du Conseil Environnement, le ministre français a par ailleurs estimé que les Etats membres étaient d’accord sur 90% des points à négocier, et que les 10% restants seraient résolus lors du Conseil européen. «Tout le monde est dans l’idée que c’est par la compétitivité qu’on sauvera le climat», a-t-il ajouté.


Sur ce même sujet, voici quelques articles apportant d’autres informations, complémentaires :


-
Dernière ligne droite pour le plan climat européen (Le Monde, 5 décembre) ;

- "La crise ne rend pas moins pertinente la lutte contre le changement climatique" (Le Monde, 1er décembre) ;

- Sarkozy négocie avec les pays de l'Est sur le climat (Nouvel Observateur, 6 décembre).

 

Ajoutons cet article paru le 5 décembre sur le site du Monde, qui conteste la mise à l’écart du méthane dans les efforts à réaliser pour lutter contre les gaz à effet de serre (lire Climat : alerte au méthane, par Benjamin Dessus).

 

* Ce déplacement était organisé par l’AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ... en relation avec Georges Garot, président de la Maison de l’Europe en Mayenne, ancien député au Parlement européen (1997-2004). Nous avons participé à des rencontres de grand intérêt avec des députés au Parlement européen et des fonctionnaires de la Commission européenne.

 

Cet article est le 42ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 23:56

Une analyse rigoureuse et très documentée

 

La Haute Assemblée s’est enrichie d’un remarquable parlementaire en la personne de Jean-Pierre Chevènement. Le sénateur du Territoire de Belfort est intervenu lors de la séance du 1er décembre sur les questions de Défense (voir les Interventions en séance publique en cliquant sur www.senat.fr).

 

Cette intervention est reproduite sur le site du président du MRC sous le titre Le sénateur Chevènement s'oppose au projet de budget de la Défense.

 

Voici la seconde partie :

 

II – Modèle d’armée et défense nationale

J’aimerais me placer dans une perspective de longue durée pour répondre à la question de fond : est-ce que le modèle d’armée que nous sommes en train de recalibrer en forte baisse – 5.600 postes supprimés en 2009 et 54.000 sur toute la durée de la loi de programmation – correspond véritablement à l’intérêt de la Défense Nationale ? Personnellement j’émets un doute très fort.

A) Si je mets à part la dissuasion, convenablement dotée et dont les programmes s’exécutent sans trop de retard, je constate que pour le reste, nous sommes en train de constituer une petite armée de métier essentiellement dédiée à des opérations de projection lointaine.

Quand le Président Jacques Chirac, en 1996, a suspendu – c’est-à-dire, en fait, supprimé – le service national, je n’y ai pas été favorable. J’observe que le Président de la République, aujourd’hui, demande à M. Luc Ferry de réfléchir à un service civique volontaire.

 

Rien, du point de vue de la cohésion nationale et du civisme, ne remplacera l’obligation du service qui assurerait à la défense nationale trois avantages décisifs :
- Un lien étroit avec la nation à quoi rien ne pourra se substituer.
- Une réserve de puissance et de mobilisation en cas de circonstances exceptionnelles.
- Enfin, nous nous sommes privés avec le service national d’une ressource abondante, diversifiée et peu chère
.

 

 C’est grâce au service national que nous avons pu maintenir pendant plusieurs décennies un effort d’équipement qui dépassait 60 % de l’effort global, ce qui contribuait de manière décisive à l’indépendance de nos industries de défense. Ainsi dans le dernier budget que j’ai eu la charge de préparer, celui de 1991, les crédits du titre V consacré à l’équipement atteignaient 103 milliards de francs, c’est-à-dire plus de 15 milliards d’euros hors inflation, soit environ 22,5 milliards d’euros 2008 si on tient compte de la dérive des prix, à comparer avec les 12,3 milliards d’aujourd’hui, montant du programme 146 « Equipement des forces » dans le projet de loi de finances 2009. Le déséquilibre qui s’et créé du fait de la professionnalisation entre dépenses de fonctionnement et dépenses d’équipement n’a jamais pu être corrigé. Les objectifs du « modèle d’armée 2015 » n’ont pu être atteints, malgré deux lois de programmation dont l’application est restée pour l’une comme pour l’autre, en deçà des ambitions initiales.

B) Le Président Sarkozy a pris acte de ce retard. Conscient des insuffisances de l’équipement, il a décidé une très forte déflation des effectifs, abandonnant le modèle d’armée 2015 jugé insoutenable, le but affiché étant de pouvoir équiper correctement une armée plus petite. Telle est la logique de la loi de programmation Mais correspond-elle aux besoins de la Défense Nationale ? Je ne le crois pas.

C) Nous sommes en-dessous de l’effort nécessaire pour parer aux risques de tensions, de crises, de conflits dont l’horizon est chargé. C’est justement parce que la France est une puissance essentiellement pacifique qu’elle doit limiter ses interventions militaires extérieures à la préservation de la légalité internationale pour autant qu’elles demeurent proportionnées et maintenir pour ce qui la concerne directement une posture de défense réellement dissuasive.

1. Le XXIe siècle qui commence comporte pour la France un grave risque d’effacement. Ce risque est d’abord dans l’esprit du temps car selon le mot de Thémistocle l’indépendance de la cité réside moins dans l’épaisseur de ses murailles que dans le ventre de ses citoyens. Je me bornerai à observer la désuétude du patriotisme trop souvent confondu aujourd’hui avec le nationalisme qui est à ses antipodes.

a) L’effacement de la France peut résulter de son absorption plus ou moins conscience dans un Empire, dont la tête est ailleurs. A cela contribue essentiellement l’idéologie « occidentaliste » dont la formulation la plus claire a été développée par M. Balladur, dans un petit livre trop peu remarqué, intitulé « Pour une Union occidentale ».

b) L’effacement de la France peut aussi résulter du triomphe des communautarismes et de la perte du lien civique ; antichambre de la guerre civile. Ces deux risques ne sont pas antagonistes. Ils peuvent être et sont d’ailleurs complémentaires.

La France est en Europe et l’Europe n’est pas à l’abri de conflits – on l’a vu dans les Balkans ou dans le partenariat entre l’Europe de l’Ouest et la Russie. A cet égard la responsabilité de la France est essentielle.

2. Outre l’effacement de la France un second risque tient à ce qu’on appelle la mondialisation. Celle-ci a tellement rétréci la planète que nous pouvons être entraînés dans toutes sortes de conflits d’intensité faible ou forte, où le ressentiment accumulé, au fil des derniers siècles, contre les Européens peut se cristalliser de manière soudaine et irrationnelle, en se répercutant le cas échéant, au sein même de la société française. La meilleure manière de parer à ce risque est de maintenir l’idée des valeurs universelles et de combattre la tentation du « deux poids, deux mesures ».

Nous ne devons pas entrer dans le schéma de Samuel Huntington du « choc des civilisations ». Le Nord est pluriel, le Sud aussi, mais l’Humanité est une : tel devrait être le message de la France car la vocation de notre pays a quelque chose à voir, disait Malraux avec la liberté du monde, c’est-à-dire avec le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La France a toujours été contre les Empires. C’est pourquoi l’idée de rejoindre l’organisation militaire intégrée de l’OTAN est une grave erreur. A quoi sert l’OTAN depuis la disparition de l’Union Soviétique ? Il faudrait nous le dire. Il paraît que l’Institut John Hopkins a été chargé de réfléchir sur un « nouveau concept stratégique de l’OTAN ». Nous aimerions, Monsieur le Ministre, être informés de cette réflexion. L’élargissement à l’Est de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie est au cœur même de l’espace russophone et contraire à l’intérêt de la France. Il est contraire à l’intérêt européen bien compris. Le Président de la République a soutenu à Bucarest, au sommet de l’OTAN, le projet de déploiement des systèmes antimissiles en Tchéquie et en Pologne. Cette approbation n’est pas cohérente avec le souci par ailleurs manifesté en Géorgie de maîtriser le conflit, souci que j’approuve. Le Président de la République doit vouloir développer parallèlement « une Europe de la Défense efficace ». Quelles sont aujourd’hui, Monsieur le Ministre, les manifestations de cette politique européenne ?

Il n’y a rien à gagner à réintégrer la structure militaire intégrée de l’OTAN, sinon une implication toujours plus grande dans les OPEX et un accroissement de 10 % cette année de notre contribution financière à l’OAN, soit 115 millions d’euros.

Les grandes puissances continentales de demain : Etats-Unis, Russie, Chine, Inde peuvent chercher à nous entraîner dans leurs inévitables rivalités. Et même des puissances moindres mais soutenues par divers fanatismes peuvent nous entraîner dans des guerres que nous n’aurions pas voulues. Et si notre intérêt est de nous en tenir éloigné, la plus sûre manière de les prévenir est de disposer de capacités militaires réellement dissuasives.
 

Cet article est le 3ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 22:36

60ème anniversaire de la déclaration universelle

 

De retour de Bruxelles, où j’ai participé* à des rencontres de grand intérêt avec des députés au Parlement européen et des fonctionnaires de la Commission européenne, je reçois de la Maison de l’Europe en Mayenne ce message qui concerne la Déclaration universelle des droits de l'homme.

 

La Maison de l'Europe en Mayenne diffusera en boucle un diaporama de 10 minutes sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme afin de marquer le 60ème anniversaire de sa signature, mardi 9décembre de 10h à 12h30 et mercredi 10 décembre de 10h à 12h30 et de 14h à 18h, dans le Hall d'exposition de l'Espace régional à Laval.

En effet, la déclaration universelle a été signée le 10 décembre 1948 à Paris. Ce diaporama a été réalisé par le Ministère des Affaires étrangères et européennes et le Secrétariat d'État chargé des Droits de l'Homme. Nous sommes cordialement invités à venir redécouvrir le préambule et les 30 articles de cette déclaration universelle, illustrés par de magnifiques photos d'actualité.

Relais EUROPE Direct - 43 quai Gambetta - 53 000 LAVAL - Tel : 02.43.67.22.70

 

Sur cette question des droits de l’homme, il est utile de consulter Droits de l'homme - Wikipédia et aussi Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - Wikipédia.

 

* Ce déplacement de deux jours à Bruxelles était organisé par l’AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ... en relation avec Georges Garot, président de la Maison de l’Europe en Mayenne et vice-président de la fédération nationale des Maisons de l’Europe. Georges Garot a été député au Parlement européen de 1997 à 2004, responsable des questions agricoles pour le PSE (voir Georges Garot - Wikipédia).

 

Cet article est le 35ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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