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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 22:29

La droite au pouvoir voit poindre la crise sociale

 

Les élections prud’homales, le 3 décembre, ont été favorables aux syndicats les plus combatifs (voir Elections prud'homales : les causes de l'abstention (Gérard Beillard) - 13 décembre 2008).

 

Huit syndicats appellent à une "mobilisation massive" début 2009 (Le Monde, 24 novembre). La CGT, qui a confirmé sa position de première organisation représentative des salariés, a proposé aux autres syndicats de s’accorder sur une journée d’action en janvier.

Le mot d’ordre portera sur l'emploi, le pouvoir d'achat, les salaires, le service public et la protection sociale.

L'urgence sociale, ce sont "les plans de restructuration, les fermetures d'usine, la précarité de l'emploi et la question du pouvoir d'achat".

Huit syndicats appellent à la grève le 29 janvier (Nouvel Observateur, 15 décembre).

 

Ils ont lancé un appel, lundi 15 décembre, à une "journée nationale de mobilisation interprofessionnelle le 29 janvier", avec "dans tout le pays des grèves et des manifestations". Cet appel, de la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT, FO, la FSU, Solidaires et UNSA, s'adresse aux "salariés du privé et du public, aux chômeurs et retraités" explique un communiqué commun.

 

Bernard Thibault a également fait allusion au "malaise" dans l'éducation nationale : "Il y a des mobilisations qui n'attendront pas" le "rendez-vous interprofessionnel"…

 

Le gouvernement a montré qu’il prend au sérieux le risque de dérapage : Réforme du lycée : Darcos a cédé... quoiqu'il en ait dit (Rue89, 15 décembre).

 

Concernant une autre réforme (voir Travail le dimanche : le président Sarkozy veut libéraliser la société - 14 décembre 2008), il y a de la marche arrière dans l’air, de nombreux députés UMP ayant fait savoir leur opposition à la proposition de loi Maillé (lire Travail du dimanche : un compromis se dessine à l'UMP, ainsi que Les enjeux économiques, sociaux et sociétaux de la réforme, Le Monde, 15 décembre).

 

Le logement social est un autre terrain de revendications (lire Manifestation à Paris contre "l'aggravation de la crise du logement"  , Le Monde, 13 décembre).

Les manifestants protestaient contre "le désengagement de l'Etat" notamment du fait de la baisse (-7 %) du budget logement pour 2009 et des aides à la construction des HLM (-30 %). Tous exigeaient "des moyens pour le logement social", "des mesures en faveur de la mixité sociale" et une "politique de construction massive" (…).

Audiovisuel. Bernard Stiegler « Il faut suspendre la réforme de l’audiovisuel public » (L’Humanité, 5 décembre). Pour le philosophe, il faut repenser la télévision dans son ensemble ; il a raison. J’ai signé L'appel de Marianne pour le pluralisme et l'indépendance des médias.

 

Le pouvoir politique en France craint l’effet contagion des manifestations des jeunes en Grèce (Le gouvernement grec refuse d'entendre la colère des jeunes, Le Monde, 15 décembre).

Les jeunes sont les mal aimés des sociétés qui se sont mises sous le joug du néolibéralisme (lire Diplômés mais déclassés, les jeunes des pays de l'Europe du Sud cumulent les difficultés, Le Monde, 12 décembre).

En France, les offres d’emplois destinées aux jeunes diplômés se sont effondrées en raison de la crise économique - baisse de 32% entre octobre 2007 et 2008 - selon Catherine Rollot (Le Monde daté du 20 novembre).

 

Depuis 25 ans, la France a subi (et accompagné sans plaisir, parfois avec mauvaise humeur) les politiques néolibérales impulsées par le monde anglo-américain, relayé par les institutions européennes. Le président Sarkozy, depuis dix-huit mois, s’est lancé avec un plaisir non dissimulé dans la mise en œuvre de réformes qui ont en commun de rompre avec la logique républicaine et sociale des politiques issues de la Résistance.  

 

La crise du système capitaliste anglo-saxon le prend à contre-pied. Il va se heurter à des résistances sociales majeures et ne pourra, fort heureusement, mener à bien ses funestes projets libéraux.

Le moment est venu de préparer la relève de gauche sur la base d’une politique conforme aux attentes du peuple français.

 

Cet article est le 35ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 21:33

Barack Obama serait-il le Gorbatchev américain ?

 

J’ose cette comparaison entre Gorbatchev, qui a été l’homme de l’atterrissage en douceur du système soviétique, et Obama, qui pourrait bien être l’homme qui sortira les USA d’un système capitaliste militarisé, dématérialisé et ayant perdu tout sens moral.

- Hier, sur ce blog, j’évoquais la fraude de 50 milliards de dollars (voir Enorme fraude d'un financier américain, dérive de l'idéologie libérale -  13 décembre 2008). On constate, aujourd’hui, que des banques étrangères, notamment la BNB Paribas, pourraient être victimes de l’escroquerie (voir Le Monde, ce 14 décembre, Fraude Madoff : un scandale financier à 50 milliards de dollars).

- Aujourd’hui, je découvre l’information sur le site du Monde, selon laquelle un rapport, en attente de publication aux USA, évalue à 100 milliards de dollars le gaspillage de fonds publics américains distribués en Irak pour la reconstruction de ce pays, après son invasion par l’armée américaine en 2003. Voici le début de cet article :

 

Un rapport du gouvernement américain, non publié, déclare que les efforts menés par les Etats-Unis pour reconstruire l'Irak se sont soldés par une perte de 100 milliards de dollars, indique le New York Times. Ces efforts ont été paralysés par des querelles bureaucratiques et la méconnaissance de la société irakienne, indique ce rapport de 513 pages, qui dresse l'historique de l'aide américaine en Irak et dont le quotidien a pu se procurer une copie. Suite (cliquer sur le titre, ci-après) :

 

La reconstruction de l'Irak : 100 milliards de dollars envolés

 

Cette débauche de scandales financiers est le signe d’un très mauvais état de la démocratie américaine. Le fait que Obama soit le président élu est le signe d’une prise de conscience du peuple américain. Mais, comment celui-ci réagira-t-il face aux hausses d’impôts et de taxes, qui ne manqueront pas de se produire, quand il faudra prendre des mesures pour redresser le pays ?

 

Mon attention a été attirée par un article paru le 25 novembre sur le site de Vendredi, ce nouvel hebdomadaire qui propose « les meilleures infos du Net ». Je fais confiance à Philippe Cohen, son rédacteur en chef, qui en a, certainement, vérifié la crédibilité. Cet article renvoie à un site (voir Dedefensa.org : A notre sujet) qui traite des questions de défense internationale.

 

Voici des extraits du texte paru sous le titre Prospective (1) : La Grande Rébellion de 2012

 

La Grande Révolte de 2012

 

L’auteur parle des « dernières prévisions de Gerard Celente. Il s’agit d’un prévisionniste indépendant travaillant avec son réseau regroupé au sein du Trends Research Institute, en Californie, qui a une bonne notoriété aux USA (…).

Au reste, la chose est intéressante parce que ses prévisions, essentiellement pour l’évolution de la situation aux USA, s’accordent assez bien avec la situation actuelle, ses grandes tendances potentielles et l’état d’esprit perceptible dans ce pays.

Puis nous continuons dans la prévision au-delà de 2008, par l’affirmation de plus en plus envisagée dans les commentaires courants que l’actuelle crise aux USA est pire que la Grande Dépression, qu’elle va toucher la psychologie américaniste et pousser à des mouvements déstabilisants, jusqu’au terme d’une déstructuration de l’actuel système.

L’intérêt de cette sorte de prévision est moins dans son éventuelle précision, dans les détails qu'elle donne, dans l’excitation qu’on pourrait avoir à connaître l’avenir, que dans le constat que des développements de bon sens conduisent d’une façon de plus en plus convaincante à conclure à la nécessité d’une manifestation ou l’autre d’une révolte qui ne pourra plus être longtemps contenue.

L’élection d’Obama, la forme qu’elle a prise, l’appréciation acceptable que c’est la crise, ou l’Histoire qui l’a imposée (chose que même un George Friedman n’est pas loin d’admettre), constituent déjà une “révolte” par rapport aux normes du système. La “récupération” d’Obama est en bonne voie, mais elle ne pèsera, devant la prochaine poussée de crise, que ce qu’a pesé la précédente “récupération”, celle de l’été dernier.

En d’autres mots, Obama et les événements derrière Obama («History makes présidents», nous dit Friedman), présentent une large palette d’opportunité pour envisager un avenir assez proche de celui que nous annonce Celente. Peut-être même, notre BHO, transformé prestement en American Gorbatchev”, sera-t-il lui-même le machiniste ou le détonateur de quelque chose qui ressemblerait effectivement à une “tax rebellion”.

Un tel mouvement serait bien dans la manière des mouvements publics et communautaires aux USA ; il aurait le charme gracieux de rejoindre, en une boucle historique presque parfaite, dans sa forme et dans sa signification, la “Boston Tea Party” du 16 décembre 1773; cette révolte contre une fiscalité imposée par l’Angleterre est l’événement symboliquement considéré comme le détonateur immédiat de la révolte des colonies contre l’Angleterre du roi Georges, menant à l’indépendance des colonies et à la fondation des Etats-Unis d’Amérique.

Borchgrave, journaliste et commentateur sérieux et réputé, n’hésite pas à comparer, d’ailleurs plutôt à l’avantage du premier, les prévisions de Celente avec celle du NIC 2008. Ce que nous devons retenir, effectivement, c’est la grande cohésion qu’est en train d’acquérir la prévision, à partir de sources et de milieux très différents, pour envisager un futur déstructuré pour les USA.

Le système lui-même, complètement à bout de souffle et tanguant de crise en crise, est évidemment totalement impliqué puisque les prévisions concernent nécessairement des changements de structure des moyens économiques et technologiques par rapport à la société, plutôt que le contraire, cela sous la pression des crises systémiques centrales, de l’énergie et du climat.

Lire l’ensemble de l’article Prospective (1) : La Grande Rébellion de 2012

 

Cet article est le 5ème paru sur ce blog dans la catégorie Amérique du Nord

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 15:29

La consommation, religion d’Etat en France ?

 

Les consommateurs sont intéressés par l’ouverture des magasins le dimanche, mais les salariés ne le sont pas. S’agit-il bien des mêmes personnes qui répondent aux sondeurs ?...

 

Le fait est que la ministre de l’économie, Christine Lagarde, a déclaré, en septembre dernier, que l’ouverture des magasins le dimanche serait un moyen d’accroître la croissance économique, ce qui est loin d’être prouvé (voir Le Crédoc relativise l'intérêt de l'ouverture des magasins le dimanche (Le Monde, 27 novembre).

 

Certains députés de la majorité ont marqué clairement leur opposition (voir Des députés UMP rejoignent le front contre le travail dominical, Le Monde, 21 novembre), ce qui n’a pas empêché le président de la République d’imposer la mise à l’ordre du jour mardi, à l’Assemblée nationale, de la proposition de loi Mallié portant sur l’extension du travail dominical.

 

A force de vouloir la rupture avec les équilibres nécessaires de la vie sociale, le président prend le risque de voir un nouveau front se constituer face à lui, dans lequel vont se glisser beaucoup de ceux qui ont contribué à son élection il y a dix-huit mois. Car les députés de droite, contestataires, ont des arguments qui portent (Le Monde, 26 novembre) :

 

Le travail le dimanche, une mauvaise idée


C'est sans doute l'ironie de l'histoire. La liberté d'entreprendre et l'économie de marché triomphent partout et dans le même temps le profit voulu pour lui-même, recherché par tous les moyens et déconnecté de l'économie réelle, montre toute la puissance de sa nocivité.

Cela doit nous conduire sur le plan national à ne pas laisser au seul marché le soin de réguler l'activité. Ainsi, la proposition de loi en débat sur le travail dominical accroît quatre risques : la régulation des commerces par le seul marché, la compétition entre les territoires, la dichotomie entre le consommateur et le citoyen et l'inégalité entre les salariés.


Tout d'abord on veut limiter l'ouverture dominicale à certaines zones géographiques, des "groupements urbains d'un million d'habitants". Si la volonté de ne pas soumettre l'ensemble des territoires à cette autorisation est louable, il faut en craindre les effets. Que deviendront les commerces concurrents qui, situés du mauvais côté de la frontière, verront partir leurs clients du week-end vers "la zone" ? Et les commerces de proximité qui ont besoin d'un flux de passants pour vivre ? Ils seront à l'évidence appauvris et demanderont aux pouvoirs publics d'ouvrir à leur tour le dimanche. Alors, le marché aura eu raison des pseudo-frontières administratives ; d'ailleurs, c'est le cas partout. Et nous aurons abouti à un résultat dont visiblement personne ne souhaite l'avènement : la généralisation sans restriction du travail dominical.


Cette compétition entre les commerces affectera les territoires. Il est à craindre que le phénomène de "pompe aspirante" soit accentué, quand tout le monde en constate déjà la nuisance pour nos commerces de centre-ville. La logique pure de marché prévalant ainsi entre les territoires produira les effets habituels : une concentration accrue du commerce dans les mains d'un petit nombre d'opérateurs, et donc en un petit nombre de lieux.


Car c'est une des conséquences fréquentes de la liberté du marché livrée à elle-même : elle conduit presque toujours à des situations d'oligopole dont le bien-fondé social et économique n'est pas démontré. Remarquons, d'ailleurs, que les représentants des artisans, du commerce de proximité et des PME sont opposés à la perspective d'un élargissement du travail dominical car ils n'auraient pas les moyens de lutter contre cette concurrence déloyale.

Les sondages produisent des résultats partagés à souhait, et leurs commentaires sont parfois déviés. D'abord, la majorité de l'opinion n'est pas orientée aussi clairement en faveur de l'ouverture dominicale qu'on veut bien le dire. Ensuite, ceux qui accueillent volontiers cette perspective lorsqu'ils sont dans la posture des consommateurs deviennent très réservés lorsqu'ils peuvent être concernés comme travailleurs.


On veut bien avoir des services et des commerces à portée de la main, sauf s'il faut se lever de bonne heure le dimanche pour que cela fonctionne...
Comment l'encouragement d'une telle schizophrénie pourrait nous procurer une croissance importante et durable ? A moins de considérer que la richesse se réduit à sa seule expression quantitative et monétaire, ce qui est indéfendable. Et à supposer que l'extension de l'ouverture dominicale crée des emplois, ce qui n'est pas démontré : toutes les études montrent qu'un emploi créé dans la grande distribution en détruit trois dans le commerce de détail.

Il est dit que les salariés concernés par ce projet seraient protégés par le volontariat ; ils ne pourraient donc encourir aucune sanction pour avoir refusé de travailler le dimanche. Il ne manquerait plus que ça ! Mais qui pourra reprocher à un chef d'entreprise, en bon gestionnaire, de privilégier la progression de carrière de ceux qui auront fait l'effort de se mobiliser les dimanches ? Personne. L'instauration du travail dominical sans limitation dans certains secteurs produira donc, à coup sûr, deux catégories de salariés, du fait d'une discrimination exagérément positive liée à la bonne marche de l'activité.


LES LIMITES DU VOLONTARIAT

Et puis, chacun connaît les limites du volontariat : sans faire de procès d'intention aux chefs d'entreprise, il est peu probable que les salariés sollicités le dimanche puissent avoir d'autre choix que celui d'accepter. Parfois même, les parents isolés seront mis dans la situation de devoir travailler le dimanche pour préserver leur métier et son évolution, avec la conséquence que l'on imagine sur la garde de leurs enfants : devront-ils dépenser la majeure partie de leur rémunération bonifiée (lorsqu'ils l'auront obtenue) pour rémunérer leur assistante maternelle ? Il est difficile d'entrevoir, dans les situations de ce genre, un réel progrès social.

 

Certes, ces différents risques ne sont pas l'intention des promoteurs de la proposition de loi en débat. Ils y sont cependant contenus en germe. Et il est tout de même très malvenu qu'un tel message soit adressé aux Français par les temps qui courent.

La crise mondiale devrait nous inviter à prendre le temps de réfléchir à ses causes et à ses conséquences. Alors que l'absence de repères personnels et sociétaux est de plus en plus cruelle, il n'est pas acceptable de faire courir aux Français ce risque de généralisation du travail dominical, proche ou lointain. Et, dans cette proposition de loi, ce risque est plus proche qu'on veut bien l'admettre. Pour cette raison, même s'il faut trouver les moyens de régler localement les situations aujourd'hui irrégulières, il n'est pas souhaitable qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de notre Assemblée.

La liste complète des députés signataires est disponible sur  www.travail-dimanche.com.


La gauche a des alliés, au-delà des députés de la majorité
(voir, ce 14 décembre, sur le site de Vendredi, un article de Patrice de Plunkett Travail le dimanche : le front Eglise-syndicats, face aux ultralibéraux) :

Alors que le projet de loi sur l’ouverture des magasins le dimanche doit être discuté dès mardi prochain, le cardinal-archevêque de Paris André Vingt-Trois a qualifié vendredi de « malsaine » l’évolution de la société qui permettrait une « généralisation des dérogations du repos hebdomadaire » pour travailler le dimanche.


Voir aussi sur la Toile Travail le dimanche : les droits et devoirs de chacun - La solution.

 

 

Cet article est le 34ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 17:13

Le capitalisme américain laissé à lui-même

 

Les Etats-Unis d’Amérique n’ont pas mérité d’être « l’hyper puissance » mondiale et vont payer cher les libertés qu’ils ont prises avec les règles de simple bon sens, sinon de bonne gestion. L’élection en 2000, puis la réélection en 2004, de George W. Bush à la présidence, feront tache dans l’histoire de cette grande nation.

 

Le président Obama n’a pas la tache facile

 

Bill Bonner, cofondateur de La Chronique Agora, est un financier qui a horreur des déficits. Dans sa chronique parue hier, il s’émeut de voir le président élu considérer que les déficits n’ont pas d’importance, compte tenu de la gravité de la situation économique du pays. Selon lui, les renflouements n’auront pas d’effets, car le gouvernement américain ne dispose pas d’épargne. Il a le choix entre l’emprunt et la création monétaire, ce qui ne peut rien résoudre.

 

Du « Financial Times », il extrait « Tout en notant que le déficit budgétaire américain pourrait déjà dépasser les 1 000 milliards de dollars, M. Obama a ajouté : 'nous comprenons que nous devons fournir une perfusion sanguine au patient dès maintenant pour nous assurer qu'il soit stabilisé. Ce qui signifie que nous ne pouvons pas nous soucier du déficit' (…).
Bill Bonner poursuit : Nous allons assister à plus de transfusions qu'aux urgences à Baltimore le samedi soir... ce sera un vrai bain de sang. Les déficits des Etats-Unis dépasseront les 2 000 milliards de dollars avant la fin
(…) ».


Le spécialiste adulé de la voltige financière, auteur de la plus grosse fraude !


J’emprunte à Georges Ugeux, banquier d'affaires international, dont le blog est référencé sur le site du Monde (« La finance au-delà des mythes »), l’information sur ce financier de haute voltige qui a fraudé la bagatelle de 50 milliards de dollars (13 décembre).

$ 50 milliards : la plus grosse fraude de Wall Street

 

On croyait avoir tout  vu depuis quelques mois dans le monde de la finance. Mais ce qui vient d’être découvert  dépasse l’entendement et l’imagination. L’arrestation de Bernard (« Bernie ») Madoff pour une fraude de $ 50 milliards continue à poser des questions sur l’absence de réglementation  du secteur des hedge funds.


De quoi s’agit-il ? D’un système pourtant bien connu aux Etats-Unis, le « Ponzi scheme » qui consiste à recueillir des fonds de nouveaux investisseurs pour les distribuer…aux anciens. Je pense que le terme le plus courant utilise en français est la « cavalerie ». Là où l’investisseur croit que son argent fructifie et lui apporte des rendements, il sert en fait à alimenter cette roue infernale de la fraude. Ce petit jeu a une fin : la culbute.
La fraude a été commise par une personne qui est une des gloires de Wall Street, puisqu’il a même été Président du Conseil d’Administration du NASDAQ, dont il a développé les activités de cotations auprès des sociétés de haute technologie. C’est à cette époque, où je cherchais à attirer les mêmes sociétés au NYSE, que je l’ai rencontré à plusieurs reprises.


Aujourd’hui, il a 70 ans et a convoqué, mercredi dernier ses enfants et ses proches collaborateurs pour leur avouer ce qu’il avait fait, sachant qu’il allait être arrêté incessamment. «  Je suis fini, je n’ai plus rien, tout ceci n’était qu’une fraude » aurait-il dit.


Mais il est impossible qu’il ait pu agir seul. Cette fraude se faisait a travers un fonds qui lui-même investissait en « hedge funds » et s’est étalée sur vingt ans. C’est la raison pour laquelle cette activité a échappé à toute forme de réglementation. Les tentatives de la SEC de réglementer cette activité en 2007 s’étaient heurtées a un jugement d’appel auprès d’un tribunal de Washington qui a donne raison aux gestionnaires de hedge funds, par ailleurs grands financiers du système politique.


On se demande cependant comment les commissaires aux comptes ont pu approuver ses comptes ou se laisser berner pour des montants de cette ampleur. Mais comme toujours, ce sont les investisseurs qui vont payer la facture. Selon les mots d’Arthur Levitt, un ancien Président de la SEC, « ils ne retrouveront pas un penny ».


Lire aussi dans Le Monde, 12 décembre Une figure de Wall Street inculpée pour une fraude qui pourrait atteindre 50 milliards de dollars.

 

Cet article est le 57ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 10:44

La faiblesse syndicale est un handicap pour les salariés

 

Le taux d’abstention, extrêmement élevé, lors des élections prud’homales du 3 décembre 2008, a nécessairement des causes multiples. Gérard Beillard, ouvrier dans une entreprise textile de Laval et militant du MRC 53, m’a transmis ses réflexions à ce sujet.

 

Les causes de l’abstention croissante aux élections prud’homales

 

Les élections prud’homales 2008 ont été marquées par un fort recul de la participation des salariés du privé. Il y a plusieurs causes mais, avant de les énumérer, je tiens à exprimer ma solidarité avec ces femmes et ces hommes qui s’emploient à faire fonctionner une justice de proximité. Ceux qui leur font appel s’accordent pour souligner la qualité de leur travail.

 

Venons-en au recul de la participation. Depuis 1979 (taux d’abstentions : 37%), ce taux a augmenté par paliers : 54% (1987), 67% (1997, 2002), 74,5% (2008).

 

Les causes :

 

-          Les syndicats, tous confondus, n’ont pas réagi lorsque la gauche au pouvoir, en 1983, a fait une politique de restriction sur les salaires. Les salariés n’ont pas accepté ce virage libéral, même si certains syndicats se sont laissés aller dans ce sens.

 

-          La gauche s’est rendu complice des néolibéraux en s’accommodant de cette économie de marché qu’elle n’a pas voulu réguler et réformer dans le sens de la justice sociale, quand elle était au pouvoir. Les couches populaires se sont lassées, voyant les syndicats empêtrés entre négociation et contestation.

 

-          Le MEDEF en a profité pour changer la conception du travail, effaçant ce qui restait de collectif entre salariés pour passer complètement dans l’individualisme. Il a réussi à diviser pour régner. La crise aidant et le pouvoir politique s’affaissant, les citoyens se sont refermés sur eux-mêmes.

 

-          La droite, arrivée au pouvoir décomplexée, a commencé à s’en prendre sans vergogne aux acquis sociaux (soit disant pour sauver le système social !), sans que le PS dénonce les dérives de cette économie de marché devenue incontrôlable.

 

-          Les syndicats sont trop éparpillés. Dans certains domaines, ils devraient se rencontrer et décider une contre-offensive, au lieu de se déchirer.

 

Ceux qui misent sur la négociation à tout prix (les « réformistes ») ont constaté qu’ils se sont fait avoir sur les retraites et sur l’orientation de la sécurité sociale. La négociation un pas en avant et un pas en arrière n’est peut-être pas le plus efficace.

Le mot « réformiste » va dans le bon sens, à condition que les réformes soient dans l’intérêt des salariés, ce qui, semble-t-il, n’était pas le cas.

 

Les syndicats « contestataires » devraient s’ouvrir plus à la communication, s’intéresser de plus près à ce que revendiquent les salariés et jouer un rôle plus collectif, en relation avec les autres syndicats. La diversité des syndicats est une bonne chose pour notre démocratie, à condition qu’ils jouent collectif et sur les bons terrains. Ils devraient débattre plus souvent entre eux des enjeux. Les organisations d’employeurs (MEDEF, CGPME, FNSEA) sont plus solidaires entre elles que les représentants de salariés !

 

Les syndicats seraient plus crédibles, aux yeux des salariés, s’ils manifestaient ensemble, mais ce n’est pas souvent le cas. Dans certains dossiers comme les retraites, la sécurité sociale, le travail le dimanche, les licenciements, les emplois précaires, la société que nous voulons pour le 21ème siècle, il faudrait qu’ils travaillent ensemble pour le progrès social.

 

Enfin, avant les élections prud’homales, les syndicats sont très peu passés dans les ateliers pour expliquer les enjeux de ces élections. Manque de temps, de moyens, de délégués ?... En tout cas, il reste beaucoup à faire en matière de communication.

 

Rien à voir avec le savoir faire du pouvoir dans l’opération de sauvetage des banques, sous la houlette du président de la République, ce qui profite aux banquiers incendiaires ; ils vont pouvoir reconstituer leurs marges sans droit de regard de l’Etat dans les conseils d’administration. Cet argent n’aurait-il pas été mieux utilisé s’il avait été affecté aux citoyens qui en ont le plus besoin pour maintenir leur pouvoir d’achat et, ainsi, éviter la récession ?

 

La vraie question est celle du rapport de forces : comment des syndicats, divisés et faibles, peuvent-ils discuter et négocier convenablement avec un MEDEF renforcé par le soutien d’un pouvoir politique fort ?

 

 

Pour en savoir plus sur les élections prud’homales

 

Concernant les résultats des élections prud’homales, voici quelques éléments d’information tirés de l’article de Rémi Barroux dans Le Monde daté du 5 décembre.

 

Cinq millions de salariés ont voté, soit un salarié sur quatre. 19 millions d’électeurs, salariés et employeurs, étaient appelés à élire près de 15 000 conseillers prud’homaux. Le résultat des élections donne une indication de la représentativité des syndicats. Premier constat, la CGT renforce sa première place avec 33,8% des voix (+ 1,6%). Dans L’Humanité, le 5 décembre, voici ce qu’en disait Bernard Thibault « Le résultat du vote gêne beaucoup de monde ».

 

A la deuxième place, la CFDT accuse une baisse de 3 points (22,1%). En recul aussi, FO obtient 15,9%, puis la CFTC baisse aussi (8,9%). La CGE-CGC progresse (8,2%), suivie par l’UNSA (6,2%) et Solidaires (3,8%) qui sont aussi les gagnants de ce vote.

 

On peut s’étonner que ces élections ne se déroulent pas sur les lieux de travail, ce qui favoriserait la participation (aux élections professionnelles, celle-ci est autour de 65%).

 

Pour en savoir plus sur ces élections, voir Prud’homales: où est la démocratie sociale? (MediaPart, 8 décembre), et aussi Le faux test syndical des prud'homales, par Michel Noblecourt (Le Monde, 1er décembre), Elections prud'homales, mode d'emploi (Libération, 2 décembre) ou Quel enjeu pour les élections prud'homales (France 2, 1er décembre).

 

 

Cet article est le 33ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 23:54

Entre Hamon et Mélenchon, la gauche va choisir

 

L’émission « A vous de juger » sur France 2 ce soir a mis en évidence le porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui a judicieusement choisi le mot « épreuve » pour parler de ce que nous allons vivre en 2009. La crise économique et sociale va déboucher sur une crise politique inéluctable, a-t-il précisé. Il a raison.

C’est pourquoi il est si important et urgent que la gauche se mette en ordre de marche et se rassemble autour de propositions anti-crise. Encore faut-il qu’elle fasse une bonne analyse de ce qu’est la crise. Benoît Hamon, lors du congrès du PS, a montré une vraie rupture avec les discours habituels des socialistes. Il s’est exprimé, le 4 décembre, à l’invitation du MRC lors de la Réunion publique du MRC avec Jean-Pierre Chevènement et Benoît Hamon : Face à la crise, que faire ?

 

Avant le congrès du PS, il s’est produit un évènement le 7 novembre, lendemain du vote des adhérents sur les motions, c’est-à-dire les textes d’orientation. Alors que la motion Hamon venait de frapper un grand coup (près de 19% des voix), les signataires de cette motion rassemblés autour de Jean-Luc Mélenchon décidaient de créer le parti de gauche (PG).

 

J’ai présenté sur ce blog la démarche de ces militants (voir Mélenchon jette les bases d'un nouveau parti de gauche à l'allemande - 8 novembre 2008).

 

Il est évident que ce nouveau parti cherche à se construire en recrutant des adhérents dans les autres partis de gauche. Parmi les militants du MRC, certains m’ont interrogé  sur les convergences possibles entre le PG et le MRC. Voici ce que j’ai répondu.

 

Mélenchon et Chevènement sont sur deux lignes stratégiques et ont une approche très différente de la politique.

 

-          Le premier pense qu’il n’y a plus rien à attendre du PS, car il a trop dérivé. Il faut donc créer un parti à sa gauche, qui va entrer en concurrence avec lui, avec l’objectif de prendre le dessus, dans une optique à dominante proportionnelle, ce qui implique une 6ème République parlementaire.

 

-          Le second veut refonder l’ensemble de la gauche dans un grand parti ou une fédération de partis, dans le but de désigner sur une base large le futur candidat à l’élection présidentielle. Sinon, la concurrence ne permettra jamais de gagner, dans une optique de maintien des institutions actuelles.

 

Leur approche est différente. L’un est un tribun socialiste révolutionnaire. L’autre est un républicain de gauche qui fait avancer les dossiers en les gérant et en jouant sur les rapports de force.

L’un vise la conquête de l’appareil communiste, l’autre l’appareil socialiste tout en espérant rassembler les républicains des deux rives.

 

J’ai parlé récemment à Mélenchon à Laval. Il m’a immédiatement parlé de ses différences avec Chevènement. Il se positionne en rupture critique vis-à-vis du PS, de l’Europe et du système.

 

Quant à notre président, je crois que son élection au Sénat (contre le PS et l’UMP) lui a donné une nouvelle motivation pour jouer lui-même la carte de la présidentielle en 2012, en tant que recours républicain de gauche, à la suite d’une crise politique grave à droite et à gauche, en étant au bon endroit au bon moment, au cœur de la République.

 

Ce 11 décembre, le MRC publiait une liste non exhaustive de ressources bibliographiques pour mieux saisir les différentes dimensions de la crise et les moyens d'y faire face.

 

Une bibliographie pour mieux comprendre la crise

 

Comprendre le monde :

Défis républicains, Jean-Pierre Chevènement, Fayard, 2004

Après l'Empire, Emmanuel Todd, Gallimard, 2002

Face à l'hyperpuissance, Hubert Vedrine, Fayard, 2003

Multilatéralisme: une réforme possible, Hubert Vedrine, Fondation Jean Jaurès, 2004

Continuer l'Histoire, Hubert Védrine (avec Adrien Abecassis et Mohamed Bouabdallah), Fayard, 2007

Un détournement, Nicolas Sarkozy et la politique de civilisation, Sami Naïr, Gallimard 2008

L’Empire face à la diversité, Sami Naïr, éditions Hachette, 2004

Actes des colloques de la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement :

Mondialisation régulée des échanges et préférence européenne, novembre 2005

Crises financières à répétition: quelles explications ? Quelles réponses ?, octobre 2007

Où va la société américaine ?, décembre 2006

La crise, sa nature, ses effets :

L'avenir du capitalisme, Jean-Luc Gréau, Gallimard, 2004

La trahison des économistes, Jean-Luc Gréau, Gallimard, 2008

Les économistes contre la démocratie : Pouvoir, mondialisation et démocratie, Jacques Sapir, Albin Michel, 2002

La fin de l’eurolibéralisme, Jacques Sapir, Le Seuil, 2006

La grande désillusion, Joseph Stieglitz, Poche, 2002

 

L'Europe et la crise :

La faute de M. Monnet, Jean-Pierre Chevènement, Fayard, L'idée républicaine, 2006

En finir avec l'eurolibéralisme, Mémoire des luttes et Utopie critique, Mille et Une Nuits, 2008

Quelques réflexions sur la gauche, Sami Naïr : Intervention à l'université d'été du MRC de Belfort, septembre 2008

Vous pouvez également retrouver sur le blog de Jean-Pierre Chevènement les dossiers : europe, mondialisation, délocalisations, protectionnisme, états-unis, politique industrielle, traité de lisbonne.

Les livres de Jean-Pierre Chevènement peuvent être achetés dans sa boutique en ligne.

 

Cet article est le 88ème paru sur ce blog dans la catégorie. Gauche France 2007-08

 

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 23:53

La crise économique, l’énergie et le climat, l’Irlande

 

Le président Sarkozy aura, les 11 et 12 décembre, à Bruxelles, un ordre du jour (un « agenda ») très chargé pour le dernier Conseil européen de la présidence française.

 

L’Union européenne doit apporter une réponse des 27 Etats membres à la crise économique et, aussi, clore les négociations sur le paquet énergie-climat. Ce sont les deux dossiers les plus importants, mais il y en a un autre qui titille le président : c’est le processus de ratification du traité de Lisbonne.

 

Crise économique : la démarche est laborieuse, car il manque la volonté de coordonner les politiques économiques des Etats. Les plans de relance sont nationaux. L’Allemagne rechigne à s’engager, ce qui la met à l’écart du mouvement d’ensemble en faveur du soutien à l’économie.

 

Energie-climat : la question difficile porte sur la solidarité financière vis-à-vis des pays de l’est de l’Europe, concernant les objectifs environnementaux de l’UE. Les centrales électriques au charbon produisent la quasi-totalité de l’électricité (95%) en Pologne et presque autant chez ses voisins. La prise en charge des droits d’émission de gaz à effet de serre est mal acceptée par 9 pays de l’est, qui mettent en avant leurs propres contraintes.

 

Ratification du traité de Lisbonne : le cas du référendum irlandais est le plus délicat, mais la situation particulière de la République tchèque, qui va prendre la présidence au 1er janvier, n’est pas banale non plus.

- Irlande : pas d’application du traité de Lisbonne tant que l’Irlande ne l’a pas ratifié.

 

Ce que j'ai entendu, le 3 décembre à Bruxelles (dans les locaux du parlement européen), de la bouche d'un  député européen influent (PPE), c'est la décision prochaine de proposer à l'Irlande un nouveau référendum à la façon danoise après leur refus de ratifier le traité de Maastricht en 1992.

Les danois ne voulaient pas avoir la même monnaie que les allemands; c'est la raison pour laquelle ils disaient non à l'euro. 
Alors, on les a fait voter sur la question suivante : acceptez-vous l'union monétaire, dont le Danemark ne fera pas partie ? Ils avaient répondu oui, ce qui avait permis la ratification du traité et l'adoption de l'euro.

De la même façon, les irlandais seront invités à se prononcer par un nouveau référendum sur une nouvelle question, à laquelle ils devraient répondre oui sans problème... 

Lire, à ce sujet, l’article paru le 8 décembre sur le site de La Tribune Traité de Lisbonne : l'irlandais Brian Cowen poursuit sa tournée des capitales.

 

Le site de Marianne (Sylvain Lapoix, 9 décembre), évoquait aussi le cas irlandais : Nouveau référendum irlandais: the yes needs the no to win against the no…

 

Sur son blog, hier, Jean Quatremer, apportait sa version de l’évènement : Lisbonne: la réforme de la Commission abandonnée.

 

- République tchèque : la ratification est reportée à une date indéterminée.

 

Lire, sur ce point, l’article paru hier sur le blog de Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles Lisbonne: nouveau pas de deux tchèque.

 

Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

 

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 23:44

Les syndicats font des propositions de financement

 

Comme prévu, la commission Ailleret, composée d'élus, de syndicalistes et de dirigeants de La Poste, prône un changement de statut de l'établissement public, qui permettrait une prise de participation de la Caisse des dépôts. C’est Anne Michel qui l’écrit sur le site du Monde, ce 9 décembre.

La Poste, qui sollicite de l'Etat le droit d'adopter le statut de société anonyme (SA) pour financer sa croissance, sera bientôt fixée sur son sort. Dans quelques jours, le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, aura en main le rapport commandé à la commission Ailleret – du nom de son président, l'ex-directeur général d'EDF – pour analyser "les différentes voies de développement" s'offrant à l'entreprise publique.

Ce document doit être examiné, mercredi 10 décembre et jeudi 11 décembre, par les membres de cette instance composée d'élus, de syndicalistes et de dirigeants de La Poste. Dans un "projet de rapport" dont Le Monde a eu connaissance, la commission Ailleret explique être parvenue au consensus sur plusieurs "grands principes" : la confirmation des missions de service public de l'entreprise (acheminement du courrier, transport de la presse, accessibilité bancaire, etc.) et la nécessité de clarifier leur financement, le maintien du caractère public de La Poste et de son unité, le maintien de la présence postale sur le terrain, et la nécessité d'une politique de développement du groupe (…). Lire la suite : La Poste : un rapport recommande l'ouverture du capital.


Les syndicats ont fait des contre-propositions, qui sont évoquées dans cet article du Monde. Lors d’une conférence de presse, ce 9 décembre, la CFTC des Postes et des Télécommunications, FO COM et SUD-PTT, ont présenté leurs arguments dans un document, dont voici le contenu :


Contre le changement de statut de La Poste, des propositions pour le
financement du service public postal !

 

Lors de cette rencontre, l’objectif des fédérations syndicales CFTC des Postes et des Télécommunications, FO COM et SUD-PTT est double : réfuter les arguments des privatiseurs et présenter des solutions pour le financement du service public postal.

 

I. De faux arguments

Pour justifier le changement de statut, les dirigeants de La Poste, souvent repris par les membres du gouvernement, avancent trois arguments, présentés comme des évidences. En fait, leur réalité est toute relative.


I.1 « Le fardeau de la dette »

Depuis l’annonce de son projet de privatisation, cet été, le président de La Poste ne cesse de se plaindre d’une dette qui ne permettrait pas d’emprunter et donc d’assurer le développement de La Poste dans un environnement devenant totalement concurrentiel à compter de 2011 pour le courrier.

Cette affirmation mérite plusieurs remarques :

Comparativement à d’autres entreprises, et notamment d’autres postes, cet endettement n’est pas rédhibitoire.

Aucune analyse n’est avancée pour expliquer l’origine de cette dette. Or, si aucune action n’est engagée pour la réduire structurellement, l’injection de 3 à 3,5 milliards d’euros comme le demande la direction de La Poste ne saurait améliorer durablement la situation.

En fait, cette dette est essentiellement la conséquence de deux phénomènes : le manque de compensation de la part de l’Etat pour les missions de service public assurées par l’entreprise publique d’une part (au moins 850 millions d’euros par an) et l’organisation (métiérisation) mise en oeuvre à La Poste depuis 2004, d’autre part.

 

I.2 Trois milliards d’euros sont nécessaires pour le développement de La Poste

Dès l’annonce du projet du projet de privatisation, le président Bailly a chiffré le besoin financier aux alentours de 3 milliards. Si le chiffre est relativement précis, la destination de ces fonds reste, en revanche, beaucoup plus obscure. Personne aujourd’hui, à la direction de La Poste, ne précise le pourquoi d’un tel besoin. Au contraire, les informations évoluent au fil du temps et des circonstances ou opportunités.

Dans un premier temps, il s’agissait de développer l’entreprise à l’international pour compenser les effets conjugués de la baisse de trafic courrier et de la libéralisation totale de ce secteur en 2011.

Dans un deuxième temps, la rénovation des bureaux de poste a été évoquée, puis les besoins de développement de La Banque Postale… Très récemment, un haut responsable de l’entreprise a expliqué que 2 milliards seraient consacrés au désendettement et 1 milliard aux investissements.

Cette dernière information, outre qu’elle ne répond pas à la question posée (le pourquoi), est très inquiétante. En effet, à quoi correspond l’urgence absolue accordée au désendettement ? A rendre la dot de la mariée plus attirante dans le cadre d’une ouverture du capital ou à redonner des marges de manoeuvre dans le cadre d’un nouvel endettement pour effectuer des investissements qu’il serait malvenu d’annoncer dans la situation économique actuelle, ou les deux ? !

 

I.3 C’est l’Europe !

Le président de la République l’a encore rappelé lors de son intervention au congrès des maires de France, les postes française et luxembourgeoise sont les deux seules postes européennes à ne pas posséder le statut de société anonyme. Certains de ses proches, comme Henri Guaino, n’hésitent pas à franchir le Rubicon en prétendant que le changement de statut est une obligation européenne. En réalité, ces deux affirmations sont fausses, selon même les traités européens !

D’une part, l’Europe n’impose pas la privatisation des entreprises publiques. Le statut des entreprises reste de la responsabilité des Etats !

D’autre part, les postes polonaise, tchèque, espagnole, islandaise et chypriote ne sont pas des sociétés anonymes (Rapport Ecorys du 11 septembre 2008 pour la commission européenne sur le développement du secteur postal 2006-2008).

Par ailleurs, même si la quasi totalité des postes européennes étaient des sociétés anonymes, en quoi cela justifierait-il le changement de statut de La Poste française.

Leur bilan est-il aussi brillant que certains le prétendent ?… Pas sûr du tout.

 

Toujours lors de son intervention au congrès des maires de France, Nicolas Sarkozy prenait la poste allemande en exemple… pas forcément une « bonne pioche » à l’heure où elle est

contrainte de céder DHL aux Etats-Unis après avoir accusé plusieurs milliards d’euros de perte et où sa banque avoue une perte de 364 millions d’euros liée à la faillite de Lehmann Brothers. Pour la sauver de la banqueroute, la Deutsch Post a dû voler pour la deuxième fois au secours de sa banque.

La Poste française mérite un modèle différent !

 

II. Des propositions pour le financement du service public postal

 

II. 1 Un développement conforme aux valeurs du service public

 

C’est maintenant une évidence, le développement des opérateurs postaux ne passe pas obligatoirement par des opérations de fusions et d’acquisitions à l’international.

L’actualité récente démontre même plutôt le contraire. Le président de La Poste allemande vient d’ailleurs d’annoncer un recentrage de son activité sur le territoire national.

 

Il est toutefois incontestable que La Poste doit relever des défis relatifs, par exemple, à la baisse du trafic courrier et à l’internationalisation des échanges. Il est donc nécessaire de lui accorder les moyens d’un développement raisonné dans l’intérêt général.

Ce développement doit respecter les missions de service public et même en améliorer l’exécution. Il est donc prioritaire d’intégrer dans ce développement les conditions d’exercice des 4 missions essentielles confiées à La Poste : le service universel du courrier, l’aménagement du territoire, l’accessibilité bancaire et l’aide à l’acheminement et à la distribution de la presse.

 

L’amélioration de la qualité de service de ces activités nécessite un fonctionnement plus démocratique des instances prévues, au niveau territorial, pour identifier les besoins et proposer des solutions pour les satisfaire. Evidemment, ces missions devront être compensées à leur juste prix.

 

Le développement international, aussi bien dans le secteur du courrier que dans celui du colis, doit être prioritairement effectué dans le cadre européen. Des partenariats dans d’autres pays doivent être conclus, en fonction d’opportunités de traitements d’activités et non en fonction d’intérêts capitalistiques. En effet, les partenariats, qui ont démontré leur efficacité, doivent être la norme.

 

Pour ce qui concerne La Banque Postale, il faut mettre fin aux velléités de ses dirigeants de vouloir voler de leurs propres ailes en cherchant de s’affranchir de la maison mère. Il doit concrétiser la formule d’une banque pas comme les autres en distribuant des produits et des prestations qui la démarquent des autres établissements financiers et qui correspondent aux besoins de toutes les populations. Ce développement peut parfaitement être compatible avec sa participation à un pôle public financier, en étant son réseau de distribution.

Dans ce cadre de développement, La Poste pourrait tout à fait autofinancer les besoins financiers de ses activités en concurrence, à la condition que ses missions de service public lui soient normalement compensées. Le financement de ces missions représente donc le noeud du problème.

 

II.2 Un financement public pour le service public

 

Il serait illusoire de penser que des fonds privés puissent un jour pérenniser le financement d’un service public. Pour autant, le caractère public du financement ne garantit pas qu’il soit satisfaisant, la situation de La Poste aujourd’hui en est une illustration. C’est pourquoi il est nécessaire de constituer un système durable permettant un financement pérenne des missions de service public.

 

La solution peut résider dans la création d’un Etablissement Public de Financement du Service Public. Sa constitution nécessite, au minimum, 2 principes :

 l’identification et la quantification des besoins,

 la perception et l’hébergement des fonds perçus au titre de la compensation des missions de service public.

Les partenaires du pôle public financier siègeraient dans cet établissement.

La création de cet établissement public, dans la forme présentée, permettrait, de plus d’arrimer La Banque Postale au groupe La Poste.

Enfin, ce type d’établissement ne contrevient nullement aux directives européennes.

 

Ce sont ces propositions que les fédérations CFTC Postes et Télécommunications, FO COM et SUD-PTT ont la volonté de porter dans le débat public dans la perspective d’un référendum sur l’avenir du service public postal.

 

 

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Services publics

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 23:38

Extrême  volatilité des cours des matières premières

 

Sait-on ce qui attend le monde en 2009 ? Les indices sont alarmants en ce qui concerne l’économie. La crise n’épargne aucune zone géographique de la planète. Le monde va devoir payer la folie d’avoir laissé la finance s’engager sans contrôle dans des innovations sans fin, dont le seul but était de maximiser les profits financiers à très court terme.

 

Les dirigeants des Etats-Unis d’Amérique en portent la plus lourde responsabilité, mais les complicités n’ont pas manqué en Europe et, partout, dans le monde. Toute l’organisation économique est à reconsidérer. Une telle catastrophe fait perdre toute crédibilité au capitalisme financier, voire au capitalisme dans sa finalité profonde, qui est l’accumulation du capital, alors que la finalité d’une société humaine est d’organiser la vie économique et sociale en bonne intelligence.

 

Voici deux articles qui abordent la question de la grande variation des cours des matières premières et la nécessité d’organiser une régulation, sans laquelle il est impossible d’organiser la vie économique.

 

Isabelle Mouilleseaux publie chaque jour des informations sur les matières premières (voir www.publications-agora.fr). Ce 8 décembre, elle s’exprimait ainsi (extraits). Pour lire l’article en entier et dans son contexte, cliquer sur le titre.

 

L'économie s'enfonce ; les matières premières plongent


La semaine qui vient de s'écouler confirme très nettement la gravité de la situation ; les indicateurs montrent partout une contraction brutale de l'économie, tant aux Etats-Unis qu'en Europe.


Nous sombrons dans les profondeurs de la crise
. Et contrairement à ce qui se passe habituellement, pas une seule zone géographique n'est épargnée, ce qui assombrit davantage encore les perspectives, plus un seul moteur n'étant opérationnel. Les Etats-Unis sont en récession depuis un an, l'Europe le sera l'année prochaine. Partout l'activité industrielle s'effondre. Même la Chine, dont la croissance ralentit fortement, nous a annoncé la semaine dernière un indice des directeurs d'achats (PMI) catastrophique. Cet indice donne la température du secteur manufacturier.


Face à l'ampleur du mouvement, les Chinois ont baissé leur taux d'intérêt de 1%, ont laissé se déprécier le yuan contre dollar et ont massivement diminué les réserves obligatoires des banques afin de soutenir le crédit et de relancer l'économie qui s'enlise (…).


Les Banques centrales frappent fort. Très fort. La BCE a fait un geste historique en abaissant son taux de 75 points de base. La Banque de Suède les a baissé de 1,75% et la Banque d'Angleterre de 1%, ramenant ainsi son taux directeur à 2%. Du jamais vu depuis 1939 ! Normalement, les marchés auraient dû fortement rebondir. Il n'en a rien été. Le CAC a perdu plus de 8% sur la semaine. Les investisseurs en veulent plus encore.


Enfin, le coup de grâce est venu vendredi des Etats-Unis où les destructions d'emploi sont massives et en très forte hausse. 533 000 emplois détruits rien qu'en novembre ; 1,25 million depuis septembre ! On n'avait pas vu cela depuis 1974. La récession, qui a débuté il y a an, s'est à présent propagée à tous les secteurs de l'économie.


Quel calvaire pour le consommateur américain
 : il est surendetté, la valeur de ses actifs s'est effondrée et son taux d'épargne est quasi inexistant. Et voilà qu'on le met à la porte. Je persiste à croire que si la consommation américaine devait s'arrêter, la récession serait d'une violence inouïe.

Il est également de plus en plus probable que les classes moyennes connaissent des difficultés de remboursement sur leurs cartes de crédit. Si ce devait être le cas, nous aurions alors une réplique de ce que nous avons connu avec les subprime.


Inutile de vous dire que les matières premières se sont fortement repliées cette semaine, tant sont fortes les craintes d'une récession mondiale sévère (…).


Ce même 8 décembre, on pouvait lire sur le site du Monde économie un article signé Adrien de Tricornot, qui reprend des avis critiques de personnalités qualifiées (cliquer sur le titre).

 

Les dégâts économiques de fluctuations brutales

 

Entre l'été et l'automne, les cours des matières premières ont d'abord atteint des records historiques, avant de chuter à leur plus bas niveau depuis six ans... Le prix du baril de pétrole a été divisé par trois, ceux du cuivre et du blé par deux et demi.

 

L'effondrement n'a pas empêché des fluctuations erratiques au jour le jour, des mouvements de yo-yo comme sur les marchés boursiers. Les tentatives de prévisions et de couverture des fluctuations des prix alimentaires ou énergétiques sont ainsi déjouées, remettant en question le fonctionnement des marchés à terme, les empêchant de jouer leur rôle d'assureur contre les variations futures des cours. Censés prévoir ces variations, ces marchés réagissent en réalité à très court terme.

La volatilité qui les affecte illustre "leur forte sensibilité à toute nouvelle information qui arrive aux oreilles des opérateurs", explique Alexandre Gohin, directeur de recherches à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Rennes.

 

Les matières premières se sont "financiarisées" à l'excès. On peut parier sur des contrats à terme - des "futures" - sans qu'il soit nécessaire in fine d'acheter de la marchandise. Dans l'envolée des prix de cet été, déconnectée du ralentissement économique mondial, Albert Edwards, stratégiste de la Société générale, pointe une "aberration exceptionnellement forte".

 

Dans l'incrédulité générale, il avait alors prédit que le prix du baril allait redescendre rapidement, vers les 60 dollars : "L'indice CRB des matières premières évolue normalement en fonction de la production industrielle mondiale. Mais les matières premières sont devenues une catégorie d'investissement, un actif spéculatif.
Dans une bulle, tout le monde se copie et cela change la structure du marché. On pouvait prévoir l'effondrement, l'effet domino",
explique-t-il. "La chute brutale des cours va continuer, à l'exception de l'or", qui restera une valeur refuge, estime M. Edwards : il prévoit non seulement une récession dans les pays développés en 2009, mais encore une croissance "proche de zéro" dans les pays émergents.


Mais la volatilité renforce l'incertitude pour les agents économiques. Fixer à l'avance, par des contrats à terme, les coûts du carburant ou d'une matière première peut se révéler perdant. "Ne pas se couvrir est un choix certes risqué. Mais se couvrir peut être aussi dangereux ! Il ne faut en tout cas pas se couvrir au-delà des besoins de la production prévue...", explique un cadre dirigeant de l'agroalimentaire.


Comment nourrir la planète dans de telles conditions ?
"Les producteurs agricoles ne peuvent pas réagir immédiatement à ces variations extrêmes, tout simplement parce que les décisions de production sont annuelles pour de nombreuses activités agricoles", explique M. Gohin. Ils doivent donc anticiper la rentabilité future... sans l'aide des indications de marché. "Clairement, la volatilité actuelle ne facilite pas ses prises de décision", poursuit-il. Les outils de régulation des prix, quand ils existent, permettent cependant d'atténuer ces fluctuations. Les agriculteurs européens ont été longtemps protégés par la politique agricole commune (PAC). Malgré sa réforme récente, ils restent "mieux protégés que de nombreux autres producteurs, par les aides directes d'une part et par les prix minimums d'autre part". D'autres producteurs, "tout spécialement nord-américains, bénéficient également d'importants filets de sécurité (aides directes contre-cycliques, assurances subventionnées...)", explique M. Gohin.


Mais ce n'est pas le cas des paysans des pays pauvres
. "Le manque de prévisibilité des prix est un des obstacles majeurs à l'augmentation des productions vivrières en Afrique", explique Bernard Bachelier, directeur de la Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (FARM). Selon une étude de la FARM et du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), qui sera présentée le 16 décembre, les consommateurs urbains ont subi en Afrique la hausse des prix importés tels que le blé et le lait, alors que "cette hausse n'a bénéficié que rarement aux producteurs africains, et seulement très partiellement", résume M. Bachelier. Ces derniers ont été handicapés par les aléas climatiques, le fonctionnement des marchés, les problèmes de transport ou l'impossibilité d'accéder au crédit pour acheter des engrais. Maintenant, les prix mondiaux baissent. En Afrique, la saison ayant été bien pluvieuse, les récoltes seront bonnes... "et les prix vont baisser pour tout le monde. Les paysans africains, à de rares exceptions près, n'auront pas eu le temps de profiter de la hausse", conclut M. Bachelier.


De son côté, la volatilité des produits énergétiques, particulièrement élevée, "tend à rendre plus difficiles les décisions d'investissement" dans le secteur, explique
Jean-Marie Chevalier, professeur à l'université Paris-Dauphine. "Une volatilité persistante - et on ne voit pas pour quelle raison elle pourrait cesser - est de nature à repousser, et peut-être, à réduire les investissements dont on a besoin pour assurer l'équilibre entre l'offre et la demande dans le futur", redoute-t-il. Pourtant, la baisse brutale de l'or noir n'a pas fait disparaître la question fondamentale de sa rareté future : "L'argument structurel est vrai, mais il n'explique pas les variations du prix, lié au cycle économique et à la spéculation. Le pétrole sera peut-être à 250 dollars dans cinq ans. Mais il va d'abord continuer à baisser jusqu'à 30 dollars, 20 dollars ? Qui sait ?", estime M. Edwards.


Dans ce contexte, l'argument de la baisse invoqué par les compagnies pour ne pas investir est "grotesque et malhonnête" juge
Jean-Paul Pollin, professeur d'économie à l'université d'Orléans. Si les pétroliers pensent que les prix vont remonter, ils devraient lancer des investissements : "Ils ont largement la possibilité de se financer pour ce faire, dit-il. En réalité, les producteurs ne sont pas les victimes mais largement les acteurs de ces fluctuations des prix de matières premières. C'est bien parce qu'ils ne planifient pas leurs investissements sur le long terme que les marchés sont aussi volatils. Pour cette raison, on peut penser qu'une régulation de ces prix pourrait être une bonne idée", dit M. Pollin, qui préconise un accord mondial à cet effet sous l'égide du Fonds monétaire international. Quand l'assureur - le marché à terme - se transforme en casino, la régulation revient à l'ordre du jour.

 

Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 21:21

Le territoire souffre de la globalisation financière

 

Depuis qu’il a été élu sénateur du Territoire de Belfort, le 21 septembre 2008, Jean-Pierre Chevènement multiplie les Interventions en séance publique. Il saisit l’opportunité de l’examen des différentes parties du budget de l’Etat pour présenter son avis sur l’action du gouvernement et les orientations de la majorité parlementaire (voir www.senat.fr).

 

Le 4 décembre 2008, l’ancien ministre de l’Intérieur (1997-2000) est intervenu -  Intervention 2  - pour Enrayer le déclin de l'aménagement du territoire. Voici des extraits de son texte, dans lesquels, s’adressant au secrétaire d’Etat, Hubert Falco, il aborde le contexte et ses propositions.

 

La logique de la mise en concurrence des territoires

 

(…) Dans le contexte de la globalisation financière, votre tâche apparaît digne de Sisyphe : notre pays subit en effet, depuis les années quatre-vingt-dix, la distension croissante des liens entre les entreprises et les territoires, du fait d’une ouverture sans limites aux mouvements de capitaux, résultant de l’Acte Unique européen d’abord, puis aux mouvements de marchandises, sous l’impulsion de l’OMC depuis 1994, réduisant de 14 % à 1% de 1992 à aujourd’hui le montant pondéré des droits de douane aux frontières de l’Union européenne.

 

C’est la dictature des actionnaires et du profit financier qui s’est imposée aux entreprises et aux nations, réduisant bien souvent les managers et les hommes politiques au rang de spectateurs impuissants. Les entreprises françaises réalisent de plus en plus leurs chiffres d’affaires et leurs bénéfices à l’étranger. Un mouvement de délocalisation des activités productives vers les pays à bas salaires frappe notre pays.

 

Dans ces conditions la croissance potentielle en France, comme d’ailleurs dans le reste de l’Europe, s’est réduite d’abord à 2 % puis à 1 %. La part de l’Europe à vingt-cinq dans le commerce mondial est aujourd’hui de 20 % contre 30 % en 1980, tandis que celle de la Chine a crû de 2,5 % à 14 %. Notre déficit commercial reflète cette perte d’attractivité.

L’avidité des actionnaires a aussi creusé les inégalités entre les entreprises elles-mêmes, au détriment des petites et dans les rémunérations, dont l’écart n’a jamais été aussi grand. La France populaire s’est réfugiée dans des zones périurbaines loin des centres-villes.

 

Dans ce contexte de globalisation financière qui fracture la société française, il est bien difficile, Monsieur le Ministre, de mener à bien une politique d’aménagement du territoire rationnelle.

L’erreur – mais elle vous est antérieure – consiste à substituer à la logique d’aménagement du territoire, à partir d’une vision d’ensemble que seul l’Etat peut assurer, une autre logique qui consiste à mettre en concurrence les territoires entre eux. C’est ce que symbolise, me semble-t-il, le passage de la DATAR à la DIACT. Ce sont les évolutions soi-disant « naturelles » du marché qui commandent.

 

La Puissance publique n’intervient plus guère qu’à la marge, du fait même de l’insuffisance de ses moyens. Cette évolution se pare du masque du girondinisme pour mieux fustiger l’Etat jacobin, ce pelé, ce galeux d’où viendrait tout le mal. Cette idéologie est pernicieuse. Les temps nous obligent au contraire à organiser, y compris en matière d’aménagement du territoire, le grand retour de l’Etat (…).

Conduire de vraies politiques en faveur de l’industrie et de l’aménagement du territoire


Je me bornerai à vous suggérer quelques pistes pour enrayer un déclin de l’aménagement du territoire qui n’était que trop prévisible.

Un mot sur la DIACT (l’ancienne DATAR) d’abord. Il est regrettable que les activités de prospective aient été progressivement délaissées. La qualité des hommes et des équipes n’est pas en cause. C’est un mal plus général qui a également conduit à l’abandon du Commissariat Général du Plan, pour un vague Centre de prospective et d’analyses soi-disant stratégiques.

En réalité, c’est toute l’Administration économique de l’Etat qu’il faudrait reconstruire pour faire face à la crise économique actuelle. Les Etats nationaux, parce qu’ils ont seuls la légitimité de la démocratie, ont été appelés au secours en catastrophe. On a juxtaposé dans une certaine improvisation les plans nationaux tant en ce qui concerne le sauvetage des banques que la relance économique. Les règles européennes en matière de concurrence ont été suspendues. L’erreur serait de croire que cette suppression pourrait n’être que temporaire.

 

Le temps est venu de concevoir à nouveau des politiques industrielles et des politiques d’équipement. Pour prendre un exemple, la juxtaposition de soixante-et-onze pôles de compétitivité ne saurait remplacer un Ministère de l’Industrie qui seul peut disposer d’une vue d’ensemble, éviter doublons et gaspillages, et donner les impulsions nécessaires en matière de recherche finalisée.

Il lui faudra aussi guider les choix du Fonds d’investissement stratégique dévoilé par le Chef de l’Etat. Avec 6 milliards de fonds propres, plus 14 milliards de ressources d’emprunts, ce fonds ne suffira pas à défendre nos entreprises dont la capitalisation boursière a diminué de moitié mais atteint encore, pour les entreprises du CAC 40, plus de 700 milliards d’euros. Les fonds souverains étrangers disposent de capacités financières infiniment plus grandes : plusieurs milliers de milliards de dollars.

C’est pourquoi il faudra aller beaucoup plus loin, Monsieur le Ministre, sur la voie de la réglementation des OPA voire de leur interdiction quand elles émanent d’entreprises non « opéables », comme c’était le cas pour le raid réussi de Mittal sur Arcelor. Car les entreprises ont une nationalité, celle de leur pays d’origine qui retentit sur l’emploi, la recherche et les choix d’implantation.

 

Faut-il rappeler les conséquences du rachat de Pechiney par Alcan ? Celles d’Arcelor par Mittal ne sont que trop visibles. Dussé-je me faire taxer de patriotisme économique – quelle injure par les temps qui courent ! -, il est important de préserver la nationalité française de la plupart de nos entreprises en favorisant des pactes d’actionnaires stables.

L’Etat doit se doter des moyens durables d’une politique industrielle digne de ce nom. Assez de RGPP ! Il y a des équipes d’ingénieurs compétents à reconstituer au sein même du service public sur les décombres de l’ancien ministère de l’Industrie jadis mis à sac par M. Madelin et par ses successeurs.

Ce qui vaut pour le Ministère de l’Industrie vaut également pour l’aménagement du territoire.
Vous mettez l’accent à juste titre sur les réseaux numériques et sur les liaisons ferroviaires à grande vitesse. Ils constituent avec le bon niveau de formation de notre main d’œuvre, de puissants atouts pour la compétitivité de la France. Mais il y a encore trop de zones d’ombre en matière de téléphonie mobile en dehors des grands axes ou des grandes agglomérations.

 

Il n’y a pas de mystère à cela : c’est l’effet de l’abandon du service public au bénéfice des concessionnaires privés. C’est un plan d’ensemble qui serait nécessaire pour la téléphonie mobile comme pour l’accès au réseau à haut débit. Et puis, n’oubliez pas le réseau des villes moyennes et des petites villes qui contribue tant au charme et par conséquent aussi à l’attractivité de notre pays (…).
 

 

Cet article est le 4ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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Published by SORIN Michel - dans Chevènement sénateur
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