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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 17:21

Un plan climat européen montrerait le bon exemple

 

Le groupe AFLEC* de St-Berthevin, en visite à Bruxelles les 3 et 4 décembre, afin de mieux connaître le fonctionnement des institutions européennes, était admis à pénétrer dans l’hémicycle du Parlement européen jeudi 4, entre 9h30 et 10h. Les députés débattaient en séance plénière du « paquet énergie-climat » proposé par la Commission européenne, en vue d’un accord des 27 chefs d’Etat et de gouvernement, lors du Conseil européen, les 11 et 12 décembre à Bruxelles.

 

Le ministre Jean-Louis Borloo était présent, la France assurant la présidence de l’Union européenne pendant ce semestre qui s’achève à la fin 2008. J’ai trouvé un site de presse qui évoque ce débat. C’est celui de La Tribune, en lien avec EurActiv.fr. Cet article, paru le 5 décembre, décrit les différences d’approche entre les groupes de pays européens (lire aussi sur le Site d'EurActiv.fr).

 

"Paquet énergie-climat" : le parlement européen craint de ne pas être entendu

 

Plusieurs députés européens sont montés au créneau, lors de la session plénière du 4 décembre à Bruxelles, pour protester contre une prise en compte insuffisante des avis de leur assemblée dans les négociations sur le paquet énergie-climat.

 

Au cours du débat en plénière du Parlement européen sur l’état des négociations du paquet énergie-climat, le ministre français de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, a fait face aux reproches de nombreux eurodéputés quant à la prise en compte de leur avis dans les négociations du paquet énergie-climat.

 

«Le travail fourni sur le fond est bien ici, au Parlement européen», a lancé le président du Parti socialiste européen (PSE), Martin Schulz. «La décision du Conseil n’est pas la plus intelligente», a-t-il poursuivi, fustigeant une réunion tardive des chefs d’Etat et de gouvernement, les 11 et 12 décembre à Bruxelles. «Nous ne signerons pas d’accord si vous mettez le Parlement européen devant un fait accompli. Toutes les négociations doivent se faire en trilogue», a confirmé la Britannique Avril Doyle (PPE-DE), rapporteur de la directive sur le système d'échange de quotas d'émissions (ETS).

 

«Jamais le Parlement européen n’a pu se prononcer en plénière sur le paquet», a pour sa part déploré le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels. «C’est inacceptable!», a-t-il dénoncé. Il a réclamé un accord «dans la transparence démocratique»: «une politique climatique ambitieuse ne peut pas se décider derrière des portes closes et à l’insu des citoyens».

 

Rapporteur de la directive sur la réduction des émissions de CO2 dans l’industrie automobile, un texte bouclé quelques jours auparavant (EurActiv.fr, 03/12/08), l’Italien Guido Sacconi (PSE) s’est félicité de l’aboutissement des négociations dans ce domaine. «J’ai pensé qu’il fallait clore ce dossier avant le Conseil européen, afin que personne ne puisse y toucher.»

 

«Pas de déni démocratique»

Dans le même sens, le Britannique Martin Callanan (PPE-DE), qui participe aux trilogues entre Conseil, Parlement et Commission, s’est plaint d’avoir reçu des documents de 60 pages venant de la Présidence seulement une heure avant de commencer les négociations. «Ce n’est pas une bonne façon de procéder, a-t-il dit au ministre français. Il est important que toute cette législation, très technique, soit étudiée de près.»

 

«Il n’y a pas de déni démocratique», a répondu Jean-Louis Borloo, qui a invoqué une nécessaire accélération du calendrier pour parvenir aux objectifs fixés par les échéances de Poznan et de Copenhague (2009), et donc la nécessité d'un accord en première lecture. Il s’exprimait dans l’enceinte du PE avant de rejoindre ses homologues pour un conseil des ministres européens de l’Environnement.

 

Les parlementaires européens devaient à l'origine voter sur le texte à la session plénière de fin décembre. Sous la pression de la délégation allemande, soudée pour limiter l'impact de la législation sur le climat sur son industrie, le vote avait été avancé au 4 décembre. Le Parlement européen ayant des positions plus "vertes" que le Conseil, un vote des députés avant le Conseil européen des 11 et 12 décembre rendait un accord en première lecture difficile. La Présidence française a donc réussi à faire à nouveau modifier la date de la décision du PE. Le vote aura finalement lieu le 17 décembre (EurActiv.fr, 25/11/2008).

 

«Trois blocs de pays»

Quoiqu’il en soit, certains députés participent, depuis plusieurs semaines, aux trilogues entre Commission européenne, Parlement européen et Conseil, afin de trouver un accord sur le texte. La veille du débat, la dernière réunion de ce type s’était terminée à 2h du matin. Trois réunions devraient encore se tenir d’ici le Conseil européen des 11 et 12 décembre. Enfin, des représentants du Conseil, de la Commission et du Parlement se réuniront une dernière fois en trilogue avant la plénière.

 

Devant le Parlement, Jean-Louis Borloo a reconnu que la directive sur le système communautaire d’échange de quotas de CO2, dite «ETS», constituait le point le plus difficile des négociations. «Il y a trois grands blocs de pays, a-t-il expliqué :

 

- «Les Pays baltes, qui se sont attelés à démonter les centrales nucléaires», et qui sont sur une «île énergétique». «Eux mettent en avant des problèmes techniques matériels et spécifiques», a poursuivi le ministre.

 

- «Ensuite, il y a les pays les moins performants sur le plan énergétique, et qui dépendent d’une énergie très carbonée.» Parmi eux : la Pologne, qui dépend du charbon à 94%. «Il faut trouver des systèmes de progressivité qui ne modifient ni les objectifs globaux ni le calendrier», a estimé M. Borloo.

 

- Enfin, le troisième bloc est formé par «des pays attentifs au coût du système», parmi lesquels la France. «Ils sont très attentifs au coût de la nécessaire solidarité entre nous et au choix de la pré-affectation des crédits» dégagés dans le cadre de la directive ETS.

 

Face à cela, Jean-Louis Borloo a préconisé deux solutions, qui pourraient être adoptées ensemble ou séparément : la progressivité des enchères, et un mécanisme d’inclusion carbone (ou taxe carbone) pour limiter les délocalisations des industries européennes à cause des quotas payants.

«Il ne faut pas que le prix de l’énergie augmente», a-t-il affirmé. Egalement interrogé par plusieurs députés sur le financement des technologies de captage et de stockage de CO2, il a assuré que ce financement serait inclus dans les accords «sous une forme ou une autre, maintenant ou un peu plus tard» (EurActiv.fr, 4/11/2008).

 

Quelques heures plus tard, en marge du Conseil Environnement, le ministre français a par ailleurs estimé que les Etats membres étaient d’accord sur 90% des points à négocier, et que les 10% restants seraient résolus lors du Conseil européen. «Tout le monde est dans l’idée que c’est par la compétitivité qu’on sauvera le climat», a-t-il ajouté.


Sur ce même sujet, voici quelques articles apportant d’autres informations, complémentaires :


-
Dernière ligne droite pour le plan climat européen (Le Monde, 5 décembre) ;

- "La crise ne rend pas moins pertinente la lutte contre le changement climatique" (Le Monde, 1er décembre) ;

- Sarkozy négocie avec les pays de l'Est sur le climat (Nouvel Observateur, 6 décembre).

 

Ajoutons cet article paru le 5 décembre sur le site du Monde, qui conteste la mise à l’écart du méthane dans les efforts à réaliser pour lutter contre les gaz à effet de serre (lire Climat : alerte au méthane, par Benjamin Dessus).

 

* Ce déplacement était organisé par l’AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ... en relation avec Georges Garot, président de la Maison de l’Europe en Mayenne, ancien député au Parlement européen (1997-2004). Nous avons participé à des rencontres de grand intérêt avec des députés au Parlement européen et des fonctionnaires de la Commission européenne.

 

Cet article est le 42ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 23:56

Une analyse rigoureuse et très documentée

 

La Haute Assemblée s’est enrichie d’un remarquable parlementaire en la personne de Jean-Pierre Chevènement. Le sénateur du Territoire de Belfort est intervenu lors de la séance du 1er décembre sur les questions de Défense (voir les Interventions en séance publique en cliquant sur www.senat.fr).

 

Cette intervention est reproduite sur le site du président du MRC sous le titre Le sénateur Chevènement s'oppose au projet de budget de la Défense.

 

Voici la seconde partie :

 

II – Modèle d’armée et défense nationale

J’aimerais me placer dans une perspective de longue durée pour répondre à la question de fond : est-ce que le modèle d’armée que nous sommes en train de recalibrer en forte baisse – 5.600 postes supprimés en 2009 et 54.000 sur toute la durée de la loi de programmation – correspond véritablement à l’intérêt de la Défense Nationale ? Personnellement j’émets un doute très fort.

A) Si je mets à part la dissuasion, convenablement dotée et dont les programmes s’exécutent sans trop de retard, je constate que pour le reste, nous sommes en train de constituer une petite armée de métier essentiellement dédiée à des opérations de projection lointaine.

Quand le Président Jacques Chirac, en 1996, a suspendu – c’est-à-dire, en fait, supprimé – le service national, je n’y ai pas été favorable. J’observe que le Président de la République, aujourd’hui, demande à M. Luc Ferry de réfléchir à un service civique volontaire.

 

Rien, du point de vue de la cohésion nationale et du civisme, ne remplacera l’obligation du service qui assurerait à la défense nationale trois avantages décisifs :
- Un lien étroit avec la nation à quoi rien ne pourra se substituer.
- Une réserve de puissance et de mobilisation en cas de circonstances exceptionnelles.
- Enfin, nous nous sommes privés avec le service national d’une ressource abondante, diversifiée et peu chère
.

 

 C’est grâce au service national que nous avons pu maintenir pendant plusieurs décennies un effort d’équipement qui dépassait 60 % de l’effort global, ce qui contribuait de manière décisive à l’indépendance de nos industries de défense. Ainsi dans le dernier budget que j’ai eu la charge de préparer, celui de 1991, les crédits du titre V consacré à l’équipement atteignaient 103 milliards de francs, c’est-à-dire plus de 15 milliards d’euros hors inflation, soit environ 22,5 milliards d’euros 2008 si on tient compte de la dérive des prix, à comparer avec les 12,3 milliards d’aujourd’hui, montant du programme 146 « Equipement des forces » dans le projet de loi de finances 2009. Le déséquilibre qui s’et créé du fait de la professionnalisation entre dépenses de fonctionnement et dépenses d’équipement n’a jamais pu être corrigé. Les objectifs du « modèle d’armée 2015 » n’ont pu être atteints, malgré deux lois de programmation dont l’application est restée pour l’une comme pour l’autre, en deçà des ambitions initiales.

B) Le Président Sarkozy a pris acte de ce retard. Conscient des insuffisances de l’équipement, il a décidé une très forte déflation des effectifs, abandonnant le modèle d’armée 2015 jugé insoutenable, le but affiché étant de pouvoir équiper correctement une armée plus petite. Telle est la logique de la loi de programmation Mais correspond-elle aux besoins de la Défense Nationale ? Je ne le crois pas.

C) Nous sommes en-dessous de l’effort nécessaire pour parer aux risques de tensions, de crises, de conflits dont l’horizon est chargé. C’est justement parce que la France est une puissance essentiellement pacifique qu’elle doit limiter ses interventions militaires extérieures à la préservation de la légalité internationale pour autant qu’elles demeurent proportionnées et maintenir pour ce qui la concerne directement une posture de défense réellement dissuasive.

1. Le XXIe siècle qui commence comporte pour la France un grave risque d’effacement. Ce risque est d’abord dans l’esprit du temps car selon le mot de Thémistocle l’indépendance de la cité réside moins dans l’épaisseur de ses murailles que dans le ventre de ses citoyens. Je me bornerai à observer la désuétude du patriotisme trop souvent confondu aujourd’hui avec le nationalisme qui est à ses antipodes.

a) L’effacement de la France peut résulter de son absorption plus ou moins conscience dans un Empire, dont la tête est ailleurs. A cela contribue essentiellement l’idéologie « occidentaliste » dont la formulation la plus claire a été développée par M. Balladur, dans un petit livre trop peu remarqué, intitulé « Pour une Union occidentale ».

b) L’effacement de la France peut aussi résulter du triomphe des communautarismes et de la perte du lien civique ; antichambre de la guerre civile. Ces deux risques ne sont pas antagonistes. Ils peuvent être et sont d’ailleurs complémentaires.

La France est en Europe et l’Europe n’est pas à l’abri de conflits – on l’a vu dans les Balkans ou dans le partenariat entre l’Europe de l’Ouest et la Russie. A cet égard la responsabilité de la France est essentielle.

2. Outre l’effacement de la France un second risque tient à ce qu’on appelle la mondialisation. Celle-ci a tellement rétréci la planète que nous pouvons être entraînés dans toutes sortes de conflits d’intensité faible ou forte, où le ressentiment accumulé, au fil des derniers siècles, contre les Européens peut se cristalliser de manière soudaine et irrationnelle, en se répercutant le cas échéant, au sein même de la société française. La meilleure manière de parer à ce risque est de maintenir l’idée des valeurs universelles et de combattre la tentation du « deux poids, deux mesures ».

Nous ne devons pas entrer dans le schéma de Samuel Huntington du « choc des civilisations ». Le Nord est pluriel, le Sud aussi, mais l’Humanité est une : tel devrait être le message de la France car la vocation de notre pays a quelque chose à voir, disait Malraux avec la liberté du monde, c’est-à-dire avec le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La France a toujours été contre les Empires. C’est pourquoi l’idée de rejoindre l’organisation militaire intégrée de l’OTAN est une grave erreur. A quoi sert l’OTAN depuis la disparition de l’Union Soviétique ? Il faudrait nous le dire. Il paraît que l’Institut John Hopkins a été chargé de réfléchir sur un « nouveau concept stratégique de l’OTAN ». Nous aimerions, Monsieur le Ministre, être informés de cette réflexion. L’élargissement à l’Est de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie est au cœur même de l’espace russophone et contraire à l’intérêt de la France. Il est contraire à l’intérêt européen bien compris. Le Président de la République a soutenu à Bucarest, au sommet de l’OTAN, le projet de déploiement des systèmes antimissiles en Tchéquie et en Pologne. Cette approbation n’est pas cohérente avec le souci par ailleurs manifesté en Géorgie de maîtriser le conflit, souci que j’approuve. Le Président de la République doit vouloir développer parallèlement « une Europe de la Défense efficace ». Quelles sont aujourd’hui, Monsieur le Ministre, les manifestations de cette politique européenne ?

Il n’y a rien à gagner à réintégrer la structure militaire intégrée de l’OTAN, sinon une implication toujours plus grande dans les OPEX et un accroissement de 10 % cette année de notre contribution financière à l’OAN, soit 115 millions d’euros.

Les grandes puissances continentales de demain : Etats-Unis, Russie, Chine, Inde peuvent chercher à nous entraîner dans leurs inévitables rivalités. Et même des puissances moindres mais soutenues par divers fanatismes peuvent nous entraîner dans des guerres que nous n’aurions pas voulues. Et si notre intérêt est de nous en tenir éloigné, la plus sûre manière de les prévenir est de disposer de capacités militaires réellement dissuasives.
 

Cet article est le 3ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 22:36

60ème anniversaire de la déclaration universelle

 

De retour de Bruxelles, où j’ai participé* à des rencontres de grand intérêt avec des députés au Parlement européen et des fonctionnaires de la Commission européenne, je reçois de la Maison de l’Europe en Mayenne ce message qui concerne la Déclaration universelle des droits de l'homme.

 

La Maison de l'Europe en Mayenne diffusera en boucle un diaporama de 10 minutes sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme afin de marquer le 60ème anniversaire de sa signature, mardi 9décembre de 10h à 12h30 et mercredi 10 décembre de 10h à 12h30 et de 14h à 18h, dans le Hall d'exposition de l'Espace régional à Laval.

En effet, la déclaration universelle a été signée le 10 décembre 1948 à Paris. Ce diaporama a été réalisé par le Ministère des Affaires étrangères et européennes et le Secrétariat d'État chargé des Droits de l'Homme. Nous sommes cordialement invités à venir redécouvrir le préambule et les 30 articles de cette déclaration universelle, illustrés par de magnifiques photos d'actualité.

Relais EUROPE Direct - 43 quai Gambetta - 53 000 LAVAL - Tel : 02.43.67.22.70

 

Sur cette question des droits de l’homme, il est utile de consulter Droits de l'homme - Wikipédia et aussi Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - Wikipédia.

 

* Ce déplacement de deux jours à Bruxelles était organisé par l’AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ... en relation avec Georges Garot, président de la Maison de l’Europe en Mayenne et vice-président de la fédération nationale des Maisons de l’Europe. Georges Garot a été député au Parlement européen de 1997 à 2004, responsable des questions agricoles pour le PSE (voir Georges Garot - Wikipédia).

 

Cet article est le 35ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 17:45

La ministre Lagarde, évasive sur les aides de l’Etat

 

Les dernières informations économiques confirment les craintes évoquées dans un précédent article sur ce blog (voir Récession économique, chômage en très forte hausse, crise sociale - 30 novembre 2008).  

 

Dans son bulletin, ce 2 décembre, pour La Chronique Agora, Philippe Béchade observe que la tempête arrive (lire Les Etats-Unis en récession et l'Europe dans la tourmente : les indices boursiers vont avoir du mal à s'en remettre), une récession s’annonçant au début de l’année 2009. L'activité industrielle a continué de se dégrader en novembre dans la Zone euro. L’industrie automobile est en alerte rouge.


En guise de hors-d'oeuvre, les immatriculations ont reculé de 5,4% en novembre en France d'après le CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles) ; Peugeot voit ses ventes plonger de 17% en novembre.
 

En Mayenne, ce 2 décembre, Ouest-France (Guillaume LE DU) se fait l’écho de l’inquiétude de la CFDT, concernant les sous-traitants de l’automobile. « C'est environ 50 % de l'activité métallurgique qui va cesser son activité en fin d'année », affirme Marcel Placé, secrétaire départemental des métaux CFDT.


Les équipementiers automobiles au point mort

Chômage partiel. Les métaux CFDT indique que le secteur métallurgie (notamment les équipementiers automobiles) emploie 11 000 salariés en contrat à durée indéterminée (CDI). Le secteur souffre de la crise automobile. Selon le syndicat, 700 emplois intérimaires auraient été perdus, dans le département, depuis le 1er décembre 2007. Par exemple, l'usine Valeo (470 salariés) qui a compté jusqu'à 120 intérimaires, en janvier 2008, n'en compte plus aujourd'hui... « La demande de chômage partiel représente 110 000 heures de travail en janvier », affirme Marcel Placé, secrétaire du CE de Salmson. Le chômage partiel (salarié payé 50 % de sa rémunération) se multiplie (Valeo, Auto Cast etc.) mais on a aussi un plan social, comme chez Gevelot.

Gevelot. L'équipementier automobile dont le client principal est Peugeot-Citroën, est victime des baisses de commandes de ses donneurs d'ordre. Un plan social de 47 suppressions de poste est en cours dans ses trois usines françaises dont celle de Laval. Le site Lavallois (288 salariés) perdrait 17 postes : 14 à l'usine et trois au centre technique et de développement. L'usine sera fermée du 12 décembre au 5 janvier. L'équipementier qui fabrique des pièces de boîtes de vitesse, des pistons de frein et des colonnes de direction, pourrait fermer dès le 8 décembre avec du chômage partiel. Les congés et autres RTT pris dès le 28 novembre, pourraient ne pas suffire. Depuis le 15 septembre dernier, l'usine ne compte plus d'intérimaires. Il y en a eu jusqu'à 30.

Valeo. Les 470 salariés de Laval ont appris que l'usine (qui fabrique des radiateurs automobiles) fermerait du 16 décembre au 5 janvier. Les salariés qui n'ont plus de congés ou de RTT, seront placés en chômage partiel. De deux à quatre jours de chômage partiel sont déjà prévus en janvier. « Comme il n'y a plus d'intérimaires, les employés des bureaux se retrouvent en production », dit la CFDT. Le transfert d'une partie de l'activité du site de Laval vers celui de la Suze (Sarthe) est suspendu.

Auto-Cast. L'équipementier de Laval, qui fabrique des turbos pour les moteurs, compte 160 salariés. Ils subissent la crise depuis le mois de septembre avec 6 jours de chômage partiel puis 10 jours en octobre et encore 10 jours en novembre. L'avenir est incertain pour la fonderie si elle ne trouve pas rapidement des contrats. La CFDT indique l'usine pourrait fermer en février à défaut de nouvelles commandes venant d'Honeywell ou Scania, ses habituels donneurs d'ordre.

Métallurgie sinistrée. La liste des entreprises touchées par la crise est longue (STSM, Fonderie Mayennaise, Rapido, Salmson, Gys, le Joint Français, Maisonneuve, Alcad, Techni Industrie, Gruau, Tenneco). Selon la CFDT, plus de 4 500 salariés en CDI se voient imposer des prises de congés, des jours de chômage partiel. « C'est environ 50 % de l'activité métallurgique qui va cesser son activité en fin d'année », affirme Marcel Placé. Le syndicat réclame d'urgence la mise en place d'une cellule de crise pour repérer les effets de la crise. La CFDT réclame également que « les aides financières promises par le gouvernement soient débloquées. »


Sur le site du Monde
, le 19 novembre, Stéphane Lauer apportait un éclairage intéressant sur les raisons de la crise, notamment aux USA : Industrie automobile : les raisons de la crise (extraits) :


L'industrie automobile, aussi bien européenne qu'américaine, est la première grande victime de la crise financière
. La vitesse à laquelle le secteur subit les conséquences du ralentissement économique a quelque chose de sidérant. Les ventes s'effondrent de part et d'autre de l'Atlantique. Les annonces de fermeture d'usines se multiplient. Aucun constructeur n'échappe à une révision drastique de ses perspectives de bénéfices. La soudaineté et la rapidité du désastre s'expliquent par plusieurs raisons.

D'abord, l'industrie automobile est d'une extrême sensibilité aux variations de consommation. Quoi de plus facile pour les ménages ou les entreprises de retarder de six mois, voire plus, l'achat d'un véhicule, alors qu'il s'agit d'un poste lourd pour le budget. Ensuite, l'industrie automobile subit de plein fouet la crise du crédit. Dans les pays développés, les trois quarts des voitures sont achetées à crédit. Lorsque l'accès à celui-ci est plus difficile, l'impact sur les ventes est immédiat.

Troisième raison : l'organisation en flux tendu du secteur. Il suffit d'une baisse des fréquentations des show room des concessionnaires pour que les usines soient obligées de réduire les cadences, voire de fermer partiellement. Le stockage de véhicules produits, mais non vendus se révélant plus coûteux que la mise en chômage partiel d'une partie des salariés.

Une fois ce contexte posé, la situation de l'industrie automobile aux Etats-Unis et en Europe n'a pas grand-chose à voir. Aux Etats-Unis, ces problèmes conjoncturels viennent en effet se greffer sur une crise structurelle lourde (…).


Le point de vue d’un sociologue
est exprimé dans Le Monde (25 octobre 2008, propos recueillis par Nathalie Brafman) sous le titre Quatre roues, cinq crises : où va l'automobile ?

Auteur de "Mobilités, trajectoires fluides" (éd. de l'Aube, 2005), Bruno Marzloff est sociologue et consultant spécialiste des enjeux de mobilité. Selon lui, nous ne pourrons plus, demain, nous servir de notre voiture comme nous le faisons aujourd'hui, du moins en ville, et les constructeurs devront aussi changer de logique (…).

 

Sur le site de Marianne, le 29 novembre, Edouard Husson évoque cette question, à sa façon, dans sa rubrique hebdomadaire : Ma semaine allemande: L'industrie automobile crie «Au secours, je péris !». 

 

Au Sénat, lors de la séance des questions d’actualité au gouvernement, le 27 novembre, Jean-Pierre Chevènement a interpellé la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, Christine Lagarde, sur le sauvetage de l’industrie automobile (voir Intervention).

La question du sénateur Chevènement et la réponse de la ministre Lagarde (extraits) :


Madame le ministre, le sauvetage de notre industrie automobile doit devenir une priorité absolue pour le Gouvernement
. L’enjeu est de taille : 3 millions de personnes directement et indirectement employées sont concernées. Cela représente 10 % de notre PIB, si l’on inclut les activités de commerce et de réparation (…).


La logique industrielle libre-échangiste, en l’absence de toute protection, conduit, et je pèse mes mots, à la disparition potentielle des sites de production français. Toute la production française – je dis bien « toute » – peut être réalisée en Europe centrale et orientale ou dans des pays d’Asie, faute de protection du marché européen. Nous perdrions alors notre marché et l’accès aux marchés voisins : nous serions doublement perdants, à l’exportation comme à l’importation.


La nécessité d’un plan européen s’impose à l’évidence. Les États-Unis ont déjà annoncé un programme de 25 milliards de dollars. La Commission européenne avance le chiffre de 40 milliards d’euros. Qu’en est-il vraiment, puisqu’il s’agit essentiellement de l’addition de plans nationaux ?

Madame la ministre, pouvez-vous nous donner des montants précis et décrire les modalités concrètes d’une telle aide ? Celle-ci ne peut se limiter ni à une baisse de la TVA, qui profitera à toutes les voitures, quelle que soit leur origine, ni à quelques incitations en faveur de la production de véhicules propres.


J’insisterai sur deux points. En premier lieu
, ces aides ne peuvent pas être accordées sans contreparties précises, notamment en ce qui concerne l’emploi des salariés. Par ailleurs, le Gouvernement est-il prêt à envisager l’implication de la puissance publique dans le capital des entreprises françaises notoirement sous-capitalisées ?

 En second lieu, une taxe anti-dumping social et une écotaxe pour égaliser les conditions de concurrence avec les pays à bas coût salarial et refusant toute protection environnementale sont-elles prévues ?

Madame la ministre, lors du prochain Conseil européen qui se réunira dans quelques jours, la France, qui préside l’Union européenne, soulèvera-t-elle le problème de la protection du marché européen, seule à même de garantir la pérennité de notre industrie ?


Mme Christine Lagarde, ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi.


Monsieur le sénateur
, nous n’attendrons pas le prochain Conseil européen : nous avons déjà engagé ce dialogue avec l’ensemble des États membres, mais aussi, plus largement, avec les pays du G20. En effet, nous devons faire face à deux problèmes simultanés : le développement de tous les pays du monde et la stratégie industrielle de la France, au cœur de l’Europe.


Lors du sommet du G20 à Washington
, – je vous renvoie au communiqué final de cette réunion – a été prise la résolution de ne pas avoir recours au protectionnisme. Nous le savons, pour l’avoir éprouvé lors des crises précédentes, le protectionnisme n’est pas une bonne solution et ne peut mener qu’à des crises beaucoup plus graves encore.


Pour suivre les interventions du sénateur Chevènement, cliquer sur www.senat.fr.

 

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 22:31

 

La banque, la finance, le libre-échange, sur la sellette

 

La réunion publique organisée par le Mouvement Républicain et Citoyen le 4 décembre à Paris est la première du genre, depuis que Jean-Pierre Chevènement a accepté de prendre la présidence opérationnelle du MRC en juin dernier. C’est un test de la capacité de ce jeune parti à initier une réflexion en profondeur sur la manière de répondre à la question « Que faire, face à la crise ? »

 

Les interventions de trois experts reconnus pour le haut niveau de leurs travaux précéderont celles de trois élus et responsables politiques, de 18h30 à 21h, salle Paul Delouvrier du Conseil régional, 33 boulevard des Invalides, Paris 7ème.

 

Jacques Sapir sera le premier à s’exprimer sur le thème de « la reprise en main par l'Etat de la banque et de la finance (dernier ouvrage paru : "Le nouveau XXIè siècle", Seuil, 2008) ». En consultant Jacques Sapir - Wikipédia sur la Toile, on trouve cette description sous le titre  

Critique des politiques économiques dominantes

Jacques Sapir est connu pour des interventions qu'il a faites dans plusieurs débats importants aux frontières de l'économie, de la politique économique et de la politique. Il a été l'un des économistes qui se sont opposés aux politiques néo-libérales inspirées du « Consensus de Washington » en Russie. Il fut l'un des rares économistes à annoncer le krach financier de 1998 et à prédire que la Russie s'en relèverait par des politiques hétérodoxes. La pertinence de ses analyses lui a valu d'être choisi pour prononcer la Edward Hewett Memorial Lecture lors de la Convention annuelle de l'American Association for the Advancement of Slavic Studies en 2001.

Il a pris position contre le Traité constitutionnel européen en 2005 ainsi que pour un retour à des formes modérées de protectionnisme. Il développe une analyse critique de la mise en place de l'Euro, en particulier dans un article de 2006, « La Crise de l’Euro : erreurs et impasses de l’Européisme », où il annonçait la fragilité de la monnaie européenne en cas de choc financier international majeur. Depuis l'automne 2007, il est un analyste écouté de la crise financière globale née sur le marché hypothécaire américain (dite aussi "Crise des subprime").

Ernst Hillebrand interviendra en suite sur le thème de « l'incontournable réorientation de la gauche en Europe » (il écrit dans Le Débat, la Revue socialiste, etc.). Il est directeur du bureau parisien de la Fondation Friedrich Ebert – voir fes Paris.

 

Jean-Luc Gréau sera le 3ème orateur de la soirée sur le thème « Sortir du libre-échange ». Economiste, auteur de « L’avenir du capitalisme » et de « La trahison des économistes » (Le Débat-Gallimard, 2008), il a été, à plusieurs reprises, invité des colloques de la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement (voir Intervention de Jean-Luc Gréau).

 

Marie-Noëlle Lienemann (voir Marie-Noëlle Lienemann - Wikipédia) a participé à l’université d’été du MRC à Belfort le 6 septembre 2008. Députée au Parlement européen, elle a fondé Gauche Avenir avec Paul Quilès et milite au PS en faveur de la refondation de la gauche (lire son intervention lors du congrès de Reims "La France a besoin de la gauche").

 

Benoît Hamon est député au Parlement européen et mieux connu depuis sa candidature à la direction du PS au congrès de Reims. Voici un extrait de son « positionnement politique » sur Benoît Hamon - Wikipédia.

Hamon milite pour une forte intervention de l'État dans l'économie, ainsi que pour des réglementations permettant d'encadrer le capitalisme. Il propose notamment la nationalisation d'établissements bancaires afin de créer un pôle financier public, et, au niveau européen, plaide pour des restrictions au libre-échange[11]. Benoît Hamon s'est prononcé en faveur d'une gauche décomplexée qui propose des solutions et qui agit aussi à chaque fois que cela est nécessaire aux côtés des syndicats dans le mouvement social pour la sauvegarde des services publics notamment. Il considère que la gauche ne doit retenir aucun de ses coups face à une droite qui ne retient aucun de ses coups contre les plus modestes des français.

 

Jean-Pierre Chevènement interviendra sur le thème « La France dans le monde qui vient ». Le sénateur du Territoire de Belfort, président du MRC, cherche avec ténacité à créer les conditions d’un sursaut républicain en France, à l’initiative d’une gauche qui saurait où elle habite et d’où elle vient. Il a lancé, le 2 octobre 2008, un Appel à une refondation de toute la gauche.

La participation de Benoît Hamon, qui vient d’être confirmée ce jour, le conforte dans sa volonté de réveiller la conscience républicaine du PS et de contribuer à bâtir le projet politique dont la France a besoin.  

Voir l’invitation Réunion publique du MRC avec Jean-Pierre Chevènement et Benoît Hamon : Face à la crise, que faire ?

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

 

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 18:14

 

Le parti socialiste et l’avenir de la gauche

 

Depuis plusieurs mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur http://mrc53.over-blog.com. C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités.  

 

Les titres en novembre se répartissent ainsi :

- le congrès du PS et le lancement du PG (14 articles),

- La Poste, la santé, l’école, les retraites (6 articles),

- Chevènement, le MRC et Debout La République (4 articles),

- la politique économique du gouvernement (3 articles)

- La politique agricole aux USA et en Europe (2 articles),

- Les USA, Barack et Michelle Obama (2 articles),

- la gauche en Allemagne (1 article),

- l’Afrique (1 article),

- la presse (1 article),

 

Depuis deux ans, 960 articles - classés en 50 catégories - sont parus sur ce blog.

 

 

Titres des articles parus en novembre 2008 sur http://mrc53.over-blog.com

 

30 novembre 2008 - Récession économique, chômage en très forte hausse, crise sociale

 

29 novembre 2008 - Allemagne : l'affrontement entre le SPD et Die Linke n'est pas nouveau

 

28 novembre 2008 - Michel Sorin : le PS doit se rassembler pour refonder la gauche

 

28 novembre 2008 - Le Collectif Pas touche au Livret A pour un pôle public financier

 

27 novembre 2008 - Sénat : Chevènement intervient sur la politique économique et la dette

 

27 novembre 2008 - Privatisation de La Poste : le comité national alerte les maires

 

26 novembre 2008 - PS : Martine Aubry devra choisir la rénovation et l'ancrage à gauche

 

25 novembre 2008 - Michel Sorin : le PS avec Aubry à sa tête et Royal dans l'opposition

 

24 novembre 2008 - Le gaulliste Dupont Aignan largue les amarres et crée un vrai parti

 

23 novembre 2008 - Mélenchon quitte le PS : les réflexions d'Alain Gély (MRC Paris 14ème)

 

22 novembre 2008 - Michel Sorin : l'aléa démocratique accroît les tensions Royal-Aubry

 

22 novembre 2008 - PAC : Commissaire et ministres persistent dans l'erreur libérale

 

21 novembre 2008 - Michel Sorin : les adhérents PS votent ce soir pour Royal ou Aubry

 

20 novembre 2008 - Mouvements sociaux de masse en faveur de l'éducation nationale

 

19 novembre 2008 - Congrès du PS : les réflexions d'Alain Gély (président MRC Paris 14e)

 

18 novembre 2008 - Michel Sorin décrit la situation au PS et les raisons des difficultés

 

17 novembre 2008 - Face à la crise, le MRC prépare les éléments d'un projet politique

 

16 novembre 2008 - Michel Sorin : le congrès PS ne prendra fin que le 22 novembre

 

16 novembre 2008 - Vendredi, nouvel hebdo tout Net, indépendant, audacieux et courageux

 

15 novembre 2008 - JP Chevènement : les USA ne pourront, seuls, sortir de la crise

 

14 novembre 2008 - Sami Naïr (MRC) : Barack Obama, un autre regard sur le monde

 

13 novembre 2008 - PS : Royal et Hamon, chacun avec sa stratégie de rénovation à gauche

 

12 novembre 2008 - Patrick Nivet critique la réforme Bachelot de l'organisation sanitaire

 

11 novembre 2008 - PS : Ségolène Royal diffuse un texte, base d'une nouvelle majorité

 

10 novembre 2008 - Le congrès du PS à Epinay en 1971, raconté par Jean-Pierre Chevènement

 

9 novembre 2008 - Le conflit du Kivu (RD Congo) est lié au génocide des Tutsi au Rwanda

 

8 novembre 2008 - Mélenchon jette les bases d'un nouveau parti de gauche à l'allemande

 

7 novembre 2008 - PS : le vote des adhérents est favorable à Royal, Aubry et Hamon

 

6 novembre 2008 - USA : Michelle, une influence réelle sur le candidat Barack Obama

 

5 novembre 2008 - B Obama élu, la politique agricole des USA restera interventionniste

 

5 novembre 2008 - Hôpitaux : Patrick Nivet, médecin administrateur, conteste la réforme

 

4 novembre 2008 - Jacky Eouzan (MRC 22) met en cause les démolisseurs au gouvernement

 

3 novembre 2008 - Retraites : le gouvernement s'aligne sur les propositions européennes

 

2 novembre 2008 - Privatisation de La Poste : la droite hésite mais maintient le cap

 

 

 

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

 

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 22:25

 

Le gouvernement ne peut plus cacher la réalité

Nous ne sommes pas en récession, mais cela y ressemble. Les licenciements économiques (+ 5%), les jeunes (+ 4%), ont fait passer la barre des deux millions de chômeurs de catégorie 1, en octobre (+ 2,4%, + 46900).

Voici le tableau qu’on pouvait voir sur le site de Marianne le 27 novembre, signé Sylvain Lapoix.

Plus de deux millions de chômeurs en France en octobre!

 

42200 chômeurs de plus ? 45000 ? Les chiffres officiels sont bien pires : selon la Dares , le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 46900 en octobre, soit +2,4% par rapport au mois précédent. Sur l’année, l’augmentation aura été de +4,4% portant le nombre de chômeurs de catégorie 1 au delà de la barre symbolique des deux millions, à 2 004 500. En septembre, la hausse avait été de 8000 chômeurs, cinq fois moins. Plus de doute possible : la crise devient sociale.

Les moins de 25 ans durement frappés


Parmi les populations concernées, les jeunes de moins de 25 ans sont les plus frappés avec +4,3% de chômeurs sur le mois et +8,3% sur l’année. Les 25-59 ans sont 2,1% de plus en octobre à chercher un emploi (+3,5% sur l’année) et les plus de 60 ans 1,2% (+4,1% sur l’année).

En cause : licenciements économiques, fins de CDD et de contrats d’intérim


Les motifs du chômage sont très clairement marqués par la crise économique. Les fins de contrat d’intérim explosent de 11,5%,
alors qu’elles avaient décru de 1,5% en septembre . Au deuxième rang, les licenciements économiques, qui avait baissé de 2,6% en septembre, bondissent de 5,5%. Les non renouvellements de CDD mettent au chômage 2,7% de personnes en plus.

La tentative (ratée) de préparer l’opinion


Envoyés successivement au charbon, Eric Woerth et Laurent Wauquiez avaient bien tenté de donner un signal pour éviter la surprise.
Le premier avait insisté sur le fait que les heures supplémentaires n’empêcheraient pas la crise économique de générer du chômage. Le second avait avancé la fourchette , alors pessimiste, de 40 à 50.000 chômeurs de plus, annonçant une hausse plus importante qu’en août (+2,2%), et censée amorcer une année de hausse.

Difficile pour Christine Lagarde de brandir un de ses fameux euphémismes :
les 0,14% de croissance au troisième trimestre dont elle s’était félicitée n’ont pas empêché le recul de 5,5% des offres d’emplois à l’ANPE, sous les 300.000, totalisant 9,9% de baisse sur l’année. La récession «technique» n'est pas là mais le recul social la précède.

OCDE et Insee, les prochains chiffres qui vont faire mal


La ministre de l’Economie n’est pas au bout de ses peines :
elle qui s’agaçait déjà en juin dernier du « pessimisme » de l’Insee devra réagir jeudi 4 décembre à la publication du taux de chômage en France. Selon l’OCDE, il pourrait atteindre les 7,5% (contre 7,2% en septembre) et continuer de croître jusqu’en 2010 avec un pic à 8,7%. L’organisme table sur une homogénéisation du profil des demandeurs d’emplois , ne se concentrant plus sur les jeunes : du fait du ralentissement de la consommation et de la crise de confiance dans les entreprises, la croissance devrait freiner et l’emploi piler avec elle.

En attendant, fidèle à elle-même,
Christine Lagarde s’accroche aux réformes Sarkozy contre le chômage : création du Pôle emploi, augmentation de 100.000 du nombre de contrats aidés en 2009 et extension aux bassins d’emploi en difficulté du contrat de transition professionnel. Seul oubli dans le communiqué de Bercy: le total de 2 millions de demandeurs d’emploi, psychologiquement trop violent, peut-être. Tant qu’il y a de l’espoir…


Les associations de chômeurs en alerte rouge

 

Attention danger !" En lançant, jeudi 13 novembre, une campagne d'information sous ce titre, le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) cherche à mettre en garde les demandeurs d'emploi sur l'application de la loi du 1er août 2008 "relative aux droits et devoirs des demandeurs d'emploi", dont l'un des objectifs est de diminuer le nombre d'offres d'emplois non pourvues (…).

La suite de cet article paru le 14 novembre sur le site du Monde : Chômage : les associations dénoncent le nouveau dispositif, "machine à radiation"

 

La déflation menace l’économie

 

Je reçois gratuitement les courriels d’information sur les matières premières (www.publications-agora.fr). Ils contiennent des analyses et des prospectives intéressantes.

Voici un extrait de la publication parue le 28 novembre signée Isabelle Mouilleseaux.

 

 (…) Nous entrons dans un cercle vicieux

Si nous consommons moins, l'activité ralentit. Les entreprises doivent donc produire moins pour éviter d'accumuler des montagnes de stocks. Les fermetures d'usines et le chômage partiel font leur apparition. Les plans de licenciements commencent à tomber... C'est autant de demande potentielle en moins, car un chômeur consomme moins qu'un actif ! Le cercle vicieux est activé...

 

La valeur réelle de la dette augmente

La déflation va poser un autre souci majeur à l'économie mondiale : la valeur réelle des dettes augmente (contrairement à l'inflation qui allège la dette). Or jamais le monde ne s'est autant endetté que ces dernières années. Toutes les opérations financières ont été réalisées avec un endettement massif pour maximiser les retours sur investissement. Et les individus se sont aisément endettés pour acheter l'immobilier au prix fort et satisfaire leurs frénésies de consommation. Non seulement les actifs achetés au prix fort perdent leur valeur, mais en plus la valeur réelle de la dette qui a servi à les acheter s'accroît !

 

Pris en étau !

A votre avis : que font les individus et les entreprises (banques incluses) arrivés à ce stade ? Ils vendent leurs actifs pour rembourser leurs dettes. Et que se passe-t-il lorsque beaucoup d'actifs arrivent sur le marché alors qu'il n'y a pas d'acheteurs ? La valeur des actifs fond. C'est sans doute l'effet le plus dramatique d'une déflation : la valeur réelle de la dette augmente alors que celle des actifs diminue...

 

Tomber en déflation ? Rien de plus simple...

En revanche, en sortir est un terrible challenge. 20 ans que le Japon s'escrime à sortir de sa déflation... Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. La déflation commence à s'installer. Lentement mais sûrement. Elle n'est pas encore là, comme ce fut le cas dans les années 30. Voilà pourquoi il va falloir se battre. A coups de centaines de milliards de dollars.

 

Comment sortir de ce bourbier ?

Cela coûtera horriblement cher, il va falloir injecter des centaines de milliards dans le système bancaire, les marchés et l'économie. Si vous êtes excédé de voir des centaines de milliards d'argent public injectés dans le "système", mieux vaut vous y habituer rapidement. Nous sommes probablement très loin du compte.

Cet article est le 30ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

 

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 22:15

 

La division de la gauche a facilité la montée du nazisme

 

Ce jour où Oskar Lafontaine participait, à St-Ouen (93), au congrès fondateur du nouveau parti de gauche (PG) - voir Mélenchon à la recherche d'une nouvelle majorité de gauche" - je me suis tourné vers la gauche allemande.

 

J’avais rapporté sur ce blog les difficultés internes du SPD dans le land de Hesse (Francfort) – voir Allemagne : le SPD n'exclut plus de s'allier avec Die Linke en Hesse - 15 août 2008.

 

En fait, le SPD a fait capoter le projet de Mme Ypsilanti, qui voulait former une coalition de gauche incluant le parti Die Linke (La Gauche).

 

Edouard Husson* qui, chaque semaine, écrit son journal sur le site de Marianne, est revenu sur « la débâcle de Hesse » dans « Ma semaine allemande », par Édouard Husson (Marianne, 22 novembre) :

 

Le prix de l’humour politique involontaire est décerné à Franz Müntefering pour l’entretien qu’il a accordé au Spiegel de la semaine du 10 novembre. Il y affirme n’être pour rien dans la débâcle du SPD en Hesse – Madame Ypsilanti, qui voulait former une coalition de gauche incluant Die Linke a perdu le soutien de quatre membres du SPD au moment du vote. De deux choses l’une : si le secrétaire général du SPD dit la vérité, il révèle son incapacité à saisir l’enjeu que représentait la formation de cette coalition pour les prochaines élections générales (septembre 2009) et l’on peut douter de sa capacité à diriger la future campagne du SPD aux élections générales de septembre 2009; s’il avait au contraire conscience de l’enjeu, c’est qu’alors il ne dit pas la vérité sur le comportement de la direction berlinoise face aux débats internes au SPD de Hesse.

L’interprétation la plus clémente de ce qui s’est passé est que MM. Steinmeier et Müntefering ont été satisfaits d’écarter Madame Ypsilanti, dont l’étoile aurait grandi dans le parti – au détriment de l’aile schroederienne – si elle avait réussi à constituer un gouvernement SPD-Verts-Die Linke. Et il est probable qu’ils suivaient l’affaire de très près et ont beaucoup fait pour que « l’union de la gauche » échoue en Hesse. Ils finiront par la faire, pris de panique devant les mauvais sondages, dans quelques mois, sans Madame Ypsilanti, dont le talent politique leur fera défaut.
 

 

* Édouard Husson est historien de l’Allemagne contemporaine. Il était intervenu (voir L’Allemagne, entre Europe et mondialisation), lors du colloque de la Fondation Res Publica, le 17 mars 2008, qui avait pour thème L'Allemagne au sommet de l'Europe ?  

 

La semaine précédente (15 novembre) dans Marianne, Edouard Husson avait publié un article très intéressant, concernant la division de la gauche au moment de la naissance de la première République allemande, en 1918 (cliquer sur le titre) :

Ma semaine allemande : les tragiques divisions de la gauche

 

Quatre-vingt-dixième anniversaire du renversement de l’Empire allemand. Le 9 novembre 1918, une première république était fondée en Allemagne. Cependant, avant même que les nazis ne fussent en mesure de tuer la République, celle-ci était quasiment mort-née car la gauche allemande se divisa d’emblée à son sujet. Il y eut même deux proclamations de la République, le 9 novembre 1918, l’une par Philippe Scheidemann, au nom du SPD, et l’autre par Karl Liebknecht, au nom de ce que l’on appelle aujourd’hui « la gauche », Die Linke.

Contrairement à une légende bien enracinée, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg n’étaient pas des « bolcheviques » - le parti communiste allemand, fondé en janvier 1919, n’était pas à l’origine affilié à Moscou. C’est important à répéter lorsqu’on nous rebat les oreilles concernant le PDS et Die Linke aujourd’hui. Le PDS d’après 1989 n’a fait que renouer avec la tradition du début 1919, celle d’un parti communiste allemand indépendant de Moscou. En s’alliant à Oskar Lafontaine voici trois ans, le PDS a retrouvé l’esprit de la première révolution allemande, celle du 9 novembre 1918, lorsque les spartakistes étaient encore membres de l’USPD, le « SPD indépendant», qui s’était séparé du SPD en pleine Première Guerre mondiale en refusant de cautionner plus longtemps le soutien social-démocrate à la guerre.

Suffirait-il de changer les noms ? Oskar Lafontaine n’a-t-il pas quitté le gouvernement de Gerhard Schröder, entre autres raisons, du fait de l’entrée de l’Allemagne dans une nouvelle guerre des Balkans, la guerre du Kosovo ? Le PDS, et aujourd’hui Die Linke, ne sont-ils pas, depuis la réunification, les partis politiques allemands qui prônent une politique étrangère pacifique correspondant aux aspirations profondes de la population allemande – exactement comme l’USPD et le KPD étaient les seuls partis, début 1919, à répondre aux attentes de paix de la population (avant que le traité de Versailles ne vienne tout gâcher) ?  

Le drame de la première révolution allemande vint du comportement de la direction du SPD. Friedrich Ebert, premier chancelier (puis premier président de la République), auteur de la célèbre formule
« Je hais la révolution comme la peste », sabota d’emblée le travail des « conseils », qui n’étaient en rien des « soviets », là aussi contrairement à une légende tenace mais des sortes d’Etats généraux permanents de la gauche, au sein duquel siégeaient ensemble SPD et USPD.

Ces conseils avaient un programme modéré (journée de travail de huit heures, négociations collectives dans les entreprises, nationalisations de l’industrie lourde, démocratisation de l’accès au grade d’officier). Rien n’aurait dû détourner Ebert d’appliquer ce programme mais,
realpoliticien au petit pied, il laissa pourrir les délibérations des conseils, passa un accord secret avec les élites d’Ancien régime puis, lorsque l’extrême gauche sortit de l’USPD et se radicalisa (soulèvements à partir de janvier 1919), il la fit réprimer par les milices fascistes qu’étaient déjà les corps francs.

 

Même quand l’on déteste légitimement le bolchevisme auquel le KPD se rallia, dans le courant de 1919, pour échapper à l’écrasement, comment ne pas comprendre les accusations de « social-traître » ou « social-fasciste » proférées par les communistes allemands envers le SPD tout au long des années 1920.

La division de la gauche fut tragique au moment de résister à la montée en puissance du nazisme mais, contrairement à ce que dit notre bien-pensance, le SPD portait en l’occurrence la plus lourde responsabilité : la social-démocratie était à l’origine du fossé sanglant qui la séparait du KPD. Il est tragique que le communisme allemand soit revenu, en 1945, dans les fourgons de l’Armée Rouge, que le régime de RDA ait été imposé à vingt millions d’Allemands, mais l’Occident qui refusa toutes les offres de règlement de l’URSS dans les années 1950 a largement contribué à prolonger ce cauchemar. Laissons à la RDA sa fin pacifique et l’ouverture, finalement volontaire, du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989.

Ce qui est terrible dans l’actuelle politique allemande, c’est que le SPD n’a toujours pas pris la mesure, semble-t-il, de cette histoire tragique de la gauche allemande au XXe siècle.

Le 9 novembre 1989 refermait la parenthèse tragique ouverte en 1918-1919. On ne pouvait que se réjouir de l’évolution menant du SED (le parti communiste est-allemand inféodé à Moscou) au PDS, un parti communiste redevenu indépendant et démocratique.

 

 Die Linke est la preuve d’une possibilité de réunification de la gauche allemande dans l’esprit du socialisme démocratique indépendant (USPD) de 1917-1919. Ce que Madame Ypsilanti a voulu réaliser en Hesse, l’union de la gauche, c’était renouer définitivement avec ce qui devra être demain le comportement normal des partis de gauche en Allemagne : leur alliance pour donner une traduction concrète à la majorité politique potentielle qu’ils ont dans le pays.

Lorsque Franz Müntefering exige du SPD de Hesse une auto-critique (Süddeutsche Zeitung, 10.11.2008) pour avoir suivi la politique d’union de la gauche, qui a finalement échoué, de Madame Ypsilanti, il oublie de nombreuses réalités :

 

1. la direction nationale du SPD avait interdit à la présidente aujourd’hui démissionnaire du SPD de Hesse, lors des dernières élections de Land, de prôner l’union de la gauche, ce qui a empêché une victoire de celle-ci, pourtant possible ;

2. Après que Madame Ypsilanti eut patiemment recollé les pots cassés, c’est Franz Müntefering lui-même qui a provoqué, la semaine dernière, un nouvel échec de l’union de la gauche, pourtant à portée de main, en convainquant quatre députés SPD de lâcher la présidente du SPD du Land.

 

« Auto-critique » ? La référence à la grande époque des procès politiques communistes ne surgit pas là où on l’attendrait si l’on croyait la pensée dominante, consistant à diaboliser a priori Die Linke.

Le comportement le plus autoritaire ne se trouve plus, aujourd’hui, du côté de Die Linke mais du SPD. Franz Müntefering est le digne héritier de Friedrich Ebert.

Même si les circonstances ne sont pas aussi tragiques que dans l’entre-deux-guerres, le comportement des schroederiens n’est pas bon pour la démocratie allemande, qui a besoin d’une gauche allemande unie et forte.

 

Aujourd’hui il ne s’agit plus de lutter pour la vie de la République en Allemagne mais de se donner les moyens de résister à la perte de substance pour la démocratie que constitue une mondialisation que les élites veulent soustraire au contrôle des peuples. On lira à ce propos les analyses  lumineuses d’Emmanuel Todd dans son nouveau livre : Après la démocratie (éd. Gallimard, 2008).
 
Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 21:35

 

Aubry et Royal ensemble pour changer le PS ?

 

La première impression n’était peut-être pas la bonne. Dans un premier temps, après la confirmation de l’élection de Martine Aubry par le Conseil national du PS, on avait pu croire que Ségolène Royal camperait dans une attitude d’opposition. Mais elle en est sortie bien vite, aidée par ses proches.

 

Depuis leur rencontre au siège du PS mercredi, et avant celle prévue demain, il apparaît clairement que les deux femmes travaillent sur un projet d’accord pour la rénovation de leur parti.

 

C’est dans leur intérêt bien compris, car les adhérents du PS ont marqué leur préférence pour un changement en profondeur et un ancrage à gauche, non seulement en opposition à la politique de la droite au pouvoir, mais aussi dans un but positif de trouver des solutions à la crise.

 

C’est ce que j’avais conclu après avoir suivi les débats du congrès de Reims (voir Michel Sorin : le congrès PS ne prendra fin que le 22 novembre - 16 novembre 2008).

 

Quelques jours auparavant, j’avais titré mon article sur ce blog : PS : Royal et Hamon, chacun avec sa stratégie de rénovation à gauche -13 novembre 2008. Ces deux forces de renouvellement avaient la capacité de mobiliser les militants et je souhaitais qu’elles puissent s’entendre.

 

Deux articles de presse, ce jour, vont dans le sens du rapprochement Aubry-Royal :  

- Entre Martine Aubry et Ségolène Royal, le climat est à la détente (Jean-Michel Normand, Le Monde, 28 novembre)

- Le camp Royal veut participer à la direction du Parti socialiste (Le Monde, 28 novembre)

Mais ce sont des postures de négociation qui pourraient être balayées par des vents contraires. Il suffit de lire d’autres articles depuis deux jours pour s’en convaincre. Ainsi :

L’impasse des gauches européennes (Bernard Guetta, Libération, rubrique Rebonds, 26 novembre)  

Gauches françaises, gauches italiennes, même péril (Marc Lazar, Libération R, 27 novembre)

PS : troisième tour dans un an (Alain Duhamel, Libération R, 27 novembre)

 

Royal se taille un poste de première secrétaire bis du PS (Julien Martin, Rue89, 27 novembre)

 

Je ne partage pas l’ensemble des analyses présentées ci-dessus, même si elles ont toutes une part de vérité. Le PS a un tel besoin de renouvellement interne et de reconnaissance dans l’opinion publique qu’il en sortira par le haut. Il est au bord du précipice...

 

Dans ces conditions très difficiles, Aubry et Royal sont capables de s’entendre pour changer le PS et mettre en avant des plus jeunes, comme Hamon, Peillon, Bachelay, dotés de grandes qualités. A vérifier...

 

Cet article est le 98ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 18:08

 

Appel à concertation avec les partis politiques

 

Le collectif « Pas touche au Livret A ! » vient de saisir, ce 28 novembre, le PCF, la LCR, le MRC, les Verts et le Parti socialiste d'une demande d'entrevue afin  de débattre, dans le contexte actuel de crise financière, économique et sociale, de " la faisabilité d’initiatives, voire d’une proposition de loi, susceptibles d’être portées publiquement et conjointement"  pour la mise en place d'un "pôle public financier".

 

Voici le contenu du courrier qu’il a adressé aux partis qui ont avancé l’idée de créer un pôle public financier (au sein du PS, Benoît Hamon l’avait évoquée dans sa motion de congrès).

 

Notre Collectif s’est constitué autour d’un objectif : la défense du système de distribution et de centralisation du Livret A* au service du financement du logement social et de la lutte contre l’exclusion bancaire.

 

Le gouvernement a procédé, à travers la loi de modernisation de l’économie**, non seulement à  la libéralisation de ce système de financement, à la demande de banques commerciales ayant saisi la Commission européenne, mais également, ce qui n’était pas exigé par Bruxelles et redouté par le mouvement HLM soutenu par l’ensemble des associations d’élus locaux, à la remise en cause de la centralisation complète des fonds collectés sur Livret auprès de la CDC.

Au-delà, la LME prévoit l’extinction des missions d’intérêt général confiées au réseau des Caisses d’Epargne et cantonne la lutte contre l’exclusion financière auprès de la seule Banque postale.

 

Le groupe Caisse d’épargne*** a été durement affecté par une perte de trading de 750 millions d’euros. Il envisage de procéder à la fermeture d’un grand nombre d’agences et à la suppression de 4 500 emplois. Selon le journal Les Echos de ce jour le groupe Caisses d’épargne devrait connaître, en 2008, les premières pertes de son histoire.  La société Natixis est confrontée aux plus graves difficultés.

 

Aujourd’hui, le gouvernement envisage la privatisation de la Poste****. Il s’apprête également à rendre public un décret révisant à la baisse, par rapport aux engagements de Christine Lagarde lors du débat sur la LME, le taux de centralisation du Livret A auprès de la CDC (ce projet de décret a reçu un avis négatif de la commission de surveillance de la CDC et a amené l’Union sociale pour l’Habitat a protesté publiquement par voie de communiqué).

 

Ces jours derniers, le Président de la République a annoncé la création d’un Fonds stratégique, filiale de la CDC, qui constitue une menace de détournement et de dépeçage des actifs de la CDC, qui sont normalement la propriété de la République et ce dans la totale ignorance des prérogatives de contrôle du parlement sur la CDC et de l'autonomie de cette dernière vis-à-vis du pouvoir exécutif.

 

Au cours des dernières semaines, pour répondre aux enjeux de la crise financière, lutter contre la spéculation et réorienter le crédit,  la nécessité de mettre en place un « pôle public financier » est réapparue dans le débat public.

 

Comme vous le savez, cette proposition est partagée de longue date par différentes forces politiques, syndicales et associatives.

Nous souhaitons vivement vous rencontrer afin d’avoir un échange approfondi sur cette question et étudier la faisabilité d’initiatives, voire d’une proposition de loi, susceptibles d’être portées publiquement et conjointement par ces différentes forces.

 

 * Livret A : 4% aux épargnants, des liquidités aux banques par la loi - 18 juillet 2008

 

** La loi de modernisation de l'économie, adoptée par le Parlement - 23 juillet 2008

 

*** Le groupe Caisse d'Epargne devrait tomber dans le rouge cette année  (Les Echos, 28 novembre 2008)

 

**** Privatisation de La Poste : le comité national alerte les maires - 27 novembre 2008

 

 Cet article est le 22ème sur ce blog dans la catégorie Le logement

 

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Published by SORIN Michel - dans Le logement
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