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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 15:24

La récession économique produit des fruits amers

 

 

L’économie française est en récession depuis le second semestre 2008. Pour une durée indéterminée. Si la crise financière était suivie d’une crise monétaire (effondrement du dollar, euro beaucoup trop fort), il y aurait un grand risque de dépression, avec des conséquences encore plus désastreuses pour l’emploi.

 

Les chiffres du chômage, selon les statistiques officielles (Le Monde, 29 mai)

 

Voir Le nombre de chômeurs en hausse de 58 500 en avril. Extraits.

La montée du chômage s'est poursuivie en avril en France, le nombre de demandeurs d'emploi progressant de 2,4 % par rapport au mois précédent (+58 500 personnes) pour franchir la barre des 2,5 millions, selon les données publiées vendredi 29 mai par le ministère de l'économie et Pôle emploi.

 

Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi, qui avait augmenté de 63 400 personnes en mars, après 79 900 en février et une hausse record de 100 400 personnes en janvier, s'inscrit ainsi en progression de 24,6 % sur un an (…).

 

Fin avril 2009, en France métropolitaine, 3 571 500 personnes inscrites au Pôle emploi étaient "tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi" (3 785 600, DOM compris), dont 2 506 700 étaient sans emploi (catégorie A) et 1 604 800 exerçaient une activité réduite courte ou longue (catégories B et C), précise le ministère dans un communiqué.

 

Le nombre de demandeurs d'emploi toutes catégories confondues, y compris les personnes dispensées de recherche d'emploi, a franchi en avril le seuil des 4 millions de personnes à 4 003 500 personnes.

 

Selon les dernières prévisions publiées par l'Unedic, le nombre de demandeurs d'emploi, toutes catégories confondues, pourrait augmenter de près de 640 000 personnes cette année et celui des demandeurs d'emploi indemnisés de 411 000 allocataires.

 

Le chômage des jeunes, contre lequel le gouvernement a annoncé fin avril un plan d'urgence, enregistre une nouvelle augmentation en avril avec 20 800 demandeurs d'emplois de catégorie A supplémentaires dans la tranche d'âge des moins de 25 ans (+4,6 % sur le mois, +39,9 % sur un an).

 

Au niveau mondial (Le Monde, 28 mai), Le chômage pourrait toucher 239 millions de personnes en 2009.

 

Le rôle des Etats. Sur le même site, le 29 mai, Anne Rodier répond à la question Chômage : que peuvent faire les Etats ?

 

Concernant les jeunes, qui subissent le plus fortement les conséquences de la crise, Antoine Reverchon, le 18 mai, pour Le Monde, s’en prenait à Dix idées reçues sur le chômage des jeunes.

 

Pôle Emploi. Une chose est sûre (Le Monde, 29 mai) : "Le système du Pôle emploi est clairement surchargé". Ce sont les demandeurs d’emploi qui le disent.


Créé en décembre 2008, le Pôle emploi, qui réunit Assedic et ANPE, a pour but de simplifier les démarches des demandeurs d'emploi en leur permettant de n'avoir plus qu'un seul interlocuteur. Alors que le nombre de chômeurs ne cesse d'augmenter – il vient de franchir la barre des 2,5 millions – Pôle emploi est-il suffisamment efficace ? Les témoignages de demandeur d'emploi, lecteurs du Monde.fr, montrent que si le système gagne parfois en rapidité, il perd souvent en humanité et en simplicité.

 

Cet article est le 55ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 22:53

Cette Europe ne répond pas
aux attentes des peuples

 

Que s’est-il passé depuis le référendum européen du 29 mai 2005 ? Quelles leçons ont été tirées du refus de ratification par le peuple français du traité constitutionnel européen (TCE) ?

 

On pourra se reporter aux articles sur ce blog concernant cette période, il y a quatre ans (voir 2005 Référendum européen). Au nom du MRC 53, j’avais publié un communiqué à l’issue du scrutin, dont voici l’essentiel :

 

« Ce NON retentissant restera dans l’histoire comme la première intrusion des peuples dans la construction européenne et le début de la résistance populaire au néo-libéralisme en Europe (…). 

Le 29 mai ouvre de nouvelles perspectives pour la gauche. Il s’agit aujourd’hui de refonder la gauche sur des bases républicaines et de ne pas décevoir l’espérance du peuple, quand elle sera aux responsabilités aux niveaux national et européen ».

 

Hélas, cela ne s’est pas passé comme nous l’espérions. Le traité de Lisbonne, petit frère du TCE mort-né, est une imposture démocratique (voir, sur ce blog les articles rassemblés dans la rubrique 2007-08 Traité de Lisbonne).

 

C’est un mépris des peuples européens, comme l’a rappelé Jean-Pierre Chevènement dans l’émission que l’on peut voir sur son blog Jean-Pierre Chevènement invité de Jeu de dames sur Public Sénat mercredi 27 mai à 18h45 (seconde partie de l’émission "Jeu de dames" présentée par Hélène Risser, Perrine Tarneaud et Sonia Mabrouk).

Comment s’étonner du désintérêt que manifestent, en retour, les citoyens à l’égard des élections de nos représentants au Parlement européen ? Le taux de participation, le 7 juin, pourrait être inférieur à 40%, selon un sondage Ipsos réalisée les 22 et 23 mai, avant le lancement officiel de la campagne.

 

Les partis et mouvements qui avaient animé la campagne du non en 2005, aujourd’hui dispersés, comme ils l’étaient en 2007 lors de l’élection présidentielle, ont battu le rappel dans l'espoir de rallier une partie des électeurs tentés par l'abstention (Le Monde, 29 mai).

 

Sur le site Le Monde.fr, on peut lire les témoignages de lecteurs qui avaient voté non en 2005. Ils sont « partagés entre le boycott d'un vote sur une Europe qui ne leur ressemble pas et la poursuite du "combat" dans les urnes pour voir prendre forme l'Europe de leurs souhaits ».

Le titre de l’article reprend la déclaration de l’un d’eux : "J'ai bien l'intention de réparer l'affront de Lisbonne en allant voter". Mais cette attitude est loin d’être représentative de l’ensemble.

 

Je rappelle la position du MRC (voir Européennes : Chevènement et le MRC appellent à voter blanc ou nul - 14 mai 2009). C’est une position qui convient à Jean-Pierre Chevènement, dans la perspective des futures échéances électorales, mais elle ne convient pas à tous les militants. Beaucoup choisiront de voter pour les listes du Front de gauche, notamment dans l’Ouest, dans le but de contribuer à l’élection d’un député européen qui s’est opposé au TCE et au traité de Lisbonne (Jacques Généreux, en l’occurrence).

 

Pour information, voici les éléments du dossier paru dans Ouest-France concernant le scrutin du 7 juin.

Plus de 375 millions d'électeurs sont invités à renouveler le Parlement européen entre le 4 et le 7 juin prochain dans les 27 Etats membres de l'Union européenne.

Circonscriptions.

Pour ce scrutin, la France est divisée en huit circonscriptions : Est (9 élus), Ile-de-France (13 élus), Massif central-Centre (5 élus), Nord-Ouest (10 élus), Ouest (9 élus), Sud-Est (13 élus), Sud-Ouest (10 élus) et Outre-mer (3 élus).

Déroulement.

Les bureaux de vote seront ouverts de 08h00 à 18h00, 20h00 dans les grandes villes. Les résultats seront publiés à partir de 22h00 à l'heure de fermeture du scrutin dans les autres pays de l'Union européenne.

Nombre d'élus.

Compte tenu de l'entrée de nouveaux pays depuis le dernier scrutin en 2004, le nombre de représentants français est passé de 78 à 72. Le nombre de députés à désigner varie selon la population du pays concerné. L'Allemagne dispose ainsi de 99 sièges (le maximum), Malte de 5 (le minimum).

Les élus au Parlement européen ne siègent pas par délégation nationale mais se regroupent suivant leurs affinités en groupes politiques de dimension européenne. Dans le Parlement sortant il y avait huit groupes dont celui des non-inscrits.

Mode de scrutin.

Les représentants au Parlement européen sont élus pour cinq ans. En France, c'est un scrutin de liste par circonscription à la proportionnelle, sans panachage ni vote préférentiel. La répartition des sièges se fait à la plus forte moyenne. Les listes n'ayant pas obtenu 5% des suffrages exprimés dans la circonscription ne participent pas à la répartition des sièges.

Parité.

Dans le Parlement sortant les représentants français se répartissaient de la façon suivante : 35 femmes (44,87%) et 43 hommes (55,13%).

Participation.

En France, le taux de participation aux élections européennes a été de 60,7% en juin 1979, date de la première élection des eurodéputés au suffrage universel, 56,70% en juin 1984, 48,80% en juin 1989, 52,76% en juin 1884, 46,76% en juin 1999 et de 42,76 en juin 2004.

 Cet article est le 28ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 22:04

Une révolution souterraine est à l’œuvre ... mais laquelle ?

 

L’état du monde m’inquiète. Les dirigeants financiers de la planète semblent agir comme s’il ne s’était rien passé. Ils veulent conserver leurs avantages acquis, sans voir que ce sont des privilèges insupportables, qui seront balayés par la colère populaire, si rien n’est fait pour les réduire en douceur.


Les marchés voient que l’argent coule à flot …


Ce soir, la lettre signée Isabelle Mouilleseaux (publications Agora, diffusion gratuite) révèle que les marchés font comme si les nouvelles de l’économie réelle étaient bonnes.


Depuis mars dernier, le rebond des marchés est impressionnant. En trois mois, le CAC a rebondi de 33%, le Dax de 39%, et les indices Dow Jones et S&P 500 de respectivement 29% et 37%. L'euphorie est de mise. Le résultat est époustouflant.

Pas de doute, les centaines de milliards de dollars injectés à tous les niveaux par les banques centrales et les gouvernements de la planète font leur effet. L'argent coule à flot, et les marchés apprécient. Continueront-ils d'apprécier lorsque le flot cessera et que le moment sera venu de payer l'ardoise ?


Mais surtout, une fois ces sommes astronomiques absorbées et digérées par le système, l'économie sera-t-elle à même de prendre la relève pour assurer la croissance, la vraie ? Celle qui est générée par la création de richesse (biens et services), non celle artificiellement créée par la création monétaire excessive et l'endettement. Toute la question est là...

En attendant, il y a au moins deux préalables à toute reprise économique : la stabilisation (prix et volume) du marché immobilier américain et la solide reprise de la consommation américaine. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le flou règne sur ces questions (…).


L’argent est devenu une religion

 

Sur le site du quotidien Le Monde, le 2 mai, on  pouvait lire que, aux USA, dans les milieux de la finance, la vie reprenait comme avant.

 

La finance, comme si de rien n'était, par Frédéric Lemaître

 

(…) Au sud de l'île de Manhattan, à Wall Street, là où, c'est bien connu, travaillent les plus brillants cerveaux de la planète, l'heure est de nouveau à la fête. En tout cas, on s'y prépare. Assez discrètement pour ne pas provoquer la colère des "cols bleus" de Chrysler et de General Motors (encore des syndiqués qui n'ont rien compris), mais assez bruyamment pour que New York se reprenne à espérer.

 

Si tout se passe comme prévu : les réjouissances devraient se tenir à la mi-janvier 2010. Au moment de la réception des bonus. Car, c'est ça, la bonne nouvelle qui change tout : les banques américaines ayant au premier trimestre renoué avec les profits, le temps des primes est revenu. Les spécialistes ont fait leurs calculs : six des principales banques américaines ont déjà mis de côté 36 milliards de dollars pour les primes à venir. La banque Goldman Sachs, par exemple, au coeur du système, a provisionné 4,7 milliards de dollars. Si elle continue à ce rythme durant les neuf mois suivants, elle pourra verser une prime de 569 220 dollars à chaque salarié au début de l'année prochaine. Soit presque autant qu'en 2007, année record, rappelle le New York Times (…).


Ce 28 mai, ce journaliste fait le constat que rien n’a changé dans l’opacité du système et, les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous allons, à coup sûr, vers la prochaine crise.

 

La prochaine crise économique a déjà commencé, par Frédéric Lemaître

 

(…) Aidées par les Etats, les banques ont le sentiment que, pour elles, le gros de la crise est passé. Tout doit donc redevenir comme avant. Reconstituer les marges est même une nécessité absolue. Et prendre à nouveau des risques.

 

Peu importe que le G20 de Londres ait jugé, en avril, que "les principaux échecs de la régulation et des contrôles du secteur financier ont joué un rôle essentiel dans la crise".

 

Peu importe que Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité des marchés financiers, dénonce, dans Le Monde du 26 mai, le fait qu'"une part très substantielle des marchés financiers n'est, de fait, pas réellement contrôlée ou opère en toute opacité".

 

Plus discrets qu'hier mais aussi déterminés, les opérateurs poursuivent leurs pratiques opaques. Exemple : il ne se passe pas un mois sans qu'une banque ou une Bourse crée une "plate-forme alternative", une Bourse d'un nouveau genre dont le principe est de travailler à l'abri des regards. Le nom anglais est plus explicite : les Anglo-Saxons parlent de "dark pools". Tout est dit. Vous avez aimé les subprimes, les Credit Default Swaps et autres produits titrisés dans lesquels, à votre insu, votre banquier avait placé une partie de vos économies ? Demain, vous adorerez Xetra Midpoint, Smartpool, Chi-X-Delta et NeuroDark.

 

Outre l'opacité, la cupidité a été l'autre facteur déclenchant de la crise. Là aussi, tout change pour que rien ne change. Certes, les parts variables des rémunérations vont légèrement baisser, mais aux Etats-Unis, la part fixe va, elle, s'accroître de 50 % à 100 %, selon les banques.

Comme l'a expliqué dans Les Echos (du 25 mai) Kenneth Lewis, directeur général de Bank of America, une des plus grandes banques du pays qui ne doit son salut qu'aux 45 milliards de dollars injectés par l'Etat, son objectif est de rembourser au plus vite cette aide (…).

 

Comment en est-on arrivé là ? Une partie de la réponse figure dans un petit essai passionnant, à la fois philosophique et économique, que vient de publier Charles-Henri Filippi. Dans L'Argent sans maître (éd. Descartes et Cie, 96 p., 15 euros), cet ancien collaborateur de Laurent Fabius, qui fut jusqu'à récemment patron de la filiale française d'HSBC, explique comment, au fil des siècles, l'argent, qui était un moyen d'émancipation, est devenu une religion. Surtout, il démontre comment la cupidité, "stimulant individuel", est, elle, devenue un véritable "système de gouvernance" et le "fondement institutionnalisé d'un enrichissement sans cause réelle et sans limite sérieuse"(…).

 

Sur le site des Echos, ce 28 mai, l’éditorialiste Jean-Marc Vittori minimise les responsabilités des banquiers dans la crise, préférant mettre en avant « les révolutions de l’économie » :

 

Une crise, sire ? Non, une révolution ! Quand le monde subit un choc économique d'une telle violence, ce n'est pas seulement que les banquiers ont cassé la baraque. C'est aussi que des forces profondes agissent. Le krach est un séisme révélant le mouvement de plaques tectoniques dans les entrailles de l'économie. Une révolution souterraine est à l'oeuvre en ce moment.

Lire cet article : ANALYSE Le partage des richesses au coeur du séisme économique        

 

 Cet article est le 75ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme .

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 22:41

Inventer de nouvelles réponses économiques

 

Les contradictions dans lesquelles se débat le ministre de l’agriculture reflètent celles d’un système à bout de souffle, qui peine à relever les défis de l’alimentation du monde au 21ème siècle.

 

Dans mon précédent article sur la crise laitière (voir Michel Sorin (MRC) : la baisse brutale du prix du lait, inadmissible - 19 mai 2009), j’appelais le gouvernement à revoir sa gestion du lait.

 

J’ai reçu l’approbation de lecteurs engagés dans la campagne des élections européennes. Ainsi, Jacques Généreux, tête de liste du Front de gauche dans l’Ouest, m’a remercié pour mes « précieuses analyses » et Christine Tasin, n°2 de la liste Debout La République dans l’Ouest (le n°1, Christian Le Chevalier, est abonné à ce blog depuis le début) a invité les lecteurs de son blog à « lire l’excellent dossier » que j’ai réalisé sur le sujet.

 

Ces appréciations apportent de l’eau à mon moulin : nous devons reconstruire la politique de la France et de l’Europe, en prenant appui sur le refus des politiques néolibérales créatrices d’inégalités et d’injustices partout où elles sont mises en œuvre, c’est-à-dire presque partout dans le monde.

 

Cela suppose d’inventer des réponses économiques aux attentes sociales, en pensant mondial. La Politique Agricole Commune avait été initiée par Edgard Pisani, avec l’assentiment du président de Gaulle, dans le cadre restreint de six nations, dont la France et l’Allemagne, qui avaient des vues divergentes sur le sujet.

 

La situation a bien changé en 50 ans. Ce n’est plus la même Europe et la France s’est éloignée de ses principes gaullistes et républicains. Il faut partir des réalités et innover. Cela concerne toutes les forces politiques. La crise laitière est un excellent test de la capacité du gouvernement à s’engager dans la voie de la vraie réforme, celle qui rompt avec le néolibéralisme.

 

Ambiguïté de Michel Barnier

 

Le ministre de l’agriculture et de la pêche, Michel Barnier, est l’homme du système, qu’il connaît bien de l’intérieur. Il a été commissaire européen et aspire à le redevenir, tout en dirigeant les listes de l’UMP aux élections au Parlement européen. En tant que ministre, il a conduit la négociation entre les 27 ministres de l’agriculture de l’Union européenne, qui a abouti à la suppression des quotas et des mesures de régulation de la production laitière.

 

Mais, le 25 mai, à Bruxelles, il dénonçait la réforme de la PAC et la suppression des quotas « Je n’accepterai pas, en ce qui me concerne, la suppression des quotas laitiers, a-t-il dit, demandant de revenir sur cette réforme qu’il avait pourtant qualifiée à l’époque de compromis dynamique, au nom de la présidence française de l’UE » (site du quotidien Le Monde, 27 mai).

 

Dans un « point de vue » paru le 26 mai dans le quotidien Ouest-France, Paul Burel décrit le passage d’une économie laitière encadrée par des réglementations de la PAC à un système libéralisé mettant nos produits en concurrence directe avec ceux de pays, comme la Nouvelle-Zélande ou l’Australie, dont les conditions de production n’ont rien à voir avec les nôtres. Il reproche au pouvoir politique d’avoir mal préparé la filière à cette évolution.

 

L'industrie laitière face à la concurrence

 

Trop de lait au robinet de la production, pas assez à celui de la consommation. Quand l'acheteur russe ou saoudien se dérobe, c'est le producteur de l'Ouest qui trinque. Le manque d'appétit d'un consommateur mondial désarçonné par la crise généralisée explique évidemment, en partie, la colère actuelle dans les campagnes. Mais il est davantage le déclencheur occasionnel que le moteur profond d'une éruption qui s'inscrit dans la continuité de secousses trop répétitives pour être imputées à la seule conjoncture.

En fait, l'industrie laitière française - et plus largement européenne - est en train de vivre en accéléré, et douloureusement, le passage d'une économie hyperrégulée et sécurisée, pour ne pas dire administrée, à une économie de marché soumise aux aléas de l'offre et de la demande. Soumise aussi parfois, pour certains de ses acteurs, à la tentation de croire au miracle de la hausse permanente, comme certains l'ont peut-être fait en 2007 quand le prix du lait s'est mis à flamber.

Faut-il le rappeler, le secteur laitier a vécu longtemps à l'abri d'une politique agricole commune très protectrice avec ses quotas, ses prix garantis, ses aides à l'export. Le grand mouvement de libéralisation de l'économie mondiale mené sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce et profitable, dans l'ensemble, à l'entreprise France, fait tomber un à un les pans de cette protection.

Ainsi, l'industrie laitière, comme les autres, doit apprendre à nager, sans les brassières de la Politique agricole commune, dans les eaux d'une adversité mondiale accrue. Sur un marché global qui perd progressivement ses règles, elle prend de plein fouet la concurrence des gros producteurs néo-zélandais, australiens et autres, qui peuvent élever leur cheptel dans des conditions de prix incomparables, en tirant les cours mondiaux du lait et du beurre durablement vers le bas.

Le hic, c'est que les acteurs de la filière ne se sont pas toujours bien préparés à cette profonde mutation. Le pouvoir politique moins que quiconque, Michel Barnier en tête. Le ministre de l'Agriculture a quelque difficulté à articuler sa nouvelle préoccupation de défense des intérêts français avec ses indéniables convictions européennes, à faire rimer son libéralisme assumé et son interventionnisme naissant. Il tonne aujourd'hui contre « le prix insupportable » du lait, mais il avalisait, il y a un an, la fin du système de régulation minimale des prix qui garantissait, vaille que vaille, les revenus et la paix dans les campagnes.

Il peste à juste titre contre « la seule loi du marché », qui est « toujours la loi du plus fort et du moins disant » mais, depuis la disparition du mécanisme d'entente sur les prix, il a laissé le trio producteur-industriel-distributeur se débrouiller quasiment seul et renouer avec ses vieilles querelles frontales, au risque de voir les plus grands tordre le bras des plus petits et de tarir dangereusement les vocations dans un secteur crucial pour des régions comme l'Ouest.

Du trop de régulation, on est sans doute passé au pas assez de régulation. On en paye aujourd'hui le prix. Au pire moment, dans l'urgence, y compris électorale, qui n'est pas forcément bonne conseillère.

Le marché des produits laitiers est de deux sortes : les produits de grande consommation (yaourts, fromages) bien valorisés et les produits industriels (beurre, poudre de lait) moins bien valorisés. A noter que la chute actuelle des prix est liée aux problèmes de débouchés, notamment de la seconde catégorie. Les coopératives laitières proposent d’en tenir compte dans le prix payé aux producteurs (Ouest-France, Jean-Paul Louédoc, 21 mai).

 

Prix du lait : les propositions de Coop de France


 
« Prix différenciés pour des volumes différenciés ».
Pour Gilbert Keromnès, président de la section laitière de Coop de France Ouest, ce système à deux vitesses directement lié aux débouchés « est une voie à explorer pour sortir de la crise ». La fédération des coopératives travaille depuis longtemps sur ce dossier. Des contrats prototypes existent, mais il faudra passer par une phase expérimentale avant une application à grande échelle.

Gilbert Keromnès donne un exemple : « Le producteur s'engagera individuellement et contractuellement auprès de sa coop à fournir 90 % de son volume de lait à un prix A pour le marché des produits de grande consommation (yaourts, fromages...) valorisés en France et 10 % à un prix B, inférieur, pour des produits industriels (beurre, poudre de lait). » Le chantier de la contractualisation n'aboutira pas au mieux avant 2010. Il faudra en effet veiller « à la transparence du système » et éviter que le lait B ne vienne « polluer » le lait A à cause de cloisons pas assez étanches.

  Cet article est le 127ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 22:08

Pas de haine, pas besoin de réconciliation entre français et allemands

 

Lors des cérémonies du 40ème anniversaire de jumelage entre Wehingen et Saint-Berthevin, le 23 mai à Wehingen (voir Jumelage entre Wehingen et Saint-Berthevin : une belle oeuvre d'art - 25 mai 2009), l’émotion a été forte pendant les interventions de Jean Chauvin, au monuments aux morts, et de Bernard Le Godais, au cours des allocutions officielles de la soirée.

 

Bernard Le Godais a évoqué les raisons de son engagement militant pour l’Europe 

   

Le co-fondateur du jumelage avait tenu à participer à l’évènement, malgré des difficultés physiques handicapantes.  

Son fils, Philippe Le Godais, a prononcé son discours, lequel a été remarquablement traduit par Erich Mayer*.  

 

Jean Chauvin*, au monument aux morts, a relaté des faits qui le touchent personnellement 

  

Ces faits concernent son père, Auguste Chauvin 

  

            Voici le texte de son intervention, en français, puis en allemand :

 

JUMELAGE  SAINT-BERTHEVIN  WEHINGEN

40e  anniversaire   samedi 23 mai 2009

Monument aux morts de Wehingen

 

Chers amis,

 

Pardonnez moi de ne pas m'exprimer aujourd'hui en qualité de Président du Comité de Jumelage, mais je souhaite vous faire part de quelques pensées personnelles.

Comme beaucoup le savent déjà, je fais partie des victimes du nazisme. Mon père, Auguste Chauvin, résistant français, a été arrêté et torturé par la police française de Vichy, condamné par un tribunal nazi et fusillé avec 31 Français et 5 Espagnols par la Wehrmacht en 1943.

 

Comme Fernand Zalkinov, résistant juif d'origine russe, fusillé à 19 ans, il aurait pu écrire : « Je ne ressens aucune haine contre qui que ce soit ».

Comme Guido Brancadoro, résistant d'origine italienne, fusillé à 20 ans  il aurait pu écrire:«  Ce sont les Français qui me livrent, et je crie « Vive la France », les Allemands m'exécutent et  je crie « Vive le peuple allemand et l'Allemagne de demain ».

 

J'entends souvent parler de « réconciliation» à propos des jumelages  franco-allemands. Comme beaucoup de Résistants et enfants de Résistants, je n'ai jamais eu  besoin de me réconcilier avec les Allemands. Nous avons toujours su qu'il y avait eu des opposants allemands au régime nazi. C'est pour eux d'ailleurs qu'a été créé dès 1933 le premier camp de concentration à Dachau.

Ils ont, pour moi, sauvé l'honneur de l'Allemagne, comme les Résistants français ont sauvé l'honneur de la France. Quant aux dictateurs, aux tortionnaires et aux bourreaux, ils n'ont jamais demandé pardon. Il n'y a donc pas de réconciliation possible avec eux.

 

Et lorsque je lis que le 13 février dernier, 5000 manifestants ont défilé à Dresde se réclamant du souvenir des SS, lorsque je lis que des slogans nazi ont été proférés en Autriche devant le camp de Mauthausen, mon sang se glace et j'en appelle à la vigilance «pour ne plus jamais revoir cela».

 

Devant ce monument, je souhaite dédier ces instants de recueillement à toutes les victimes de toutes les guerres et de toutes les dictatures, avec une pensée particulière pour tous ceux qui se sont battus pour les Droits de l'Homme et pour notre liberté.

 

PARTNERSCHAT SAINT-BERTHEVIN  WEHINGEN

40.Jubiläum   samstag  23. mai 2009

Ehrenmal Wehingen

Liebe Freunde,

 

Erlauben Sie mir, dass ich heute nicht in meiner Eigenschaft als Vorsitzender des Partnerschaftskomitees spreche. Ich möchte Ihnen vielmehr ein paar persönliche Gedanken vortragen.

 

Wie viele auch unter Ihnen wissen, gehöre ich zu den Opfern des Nationalsozialismus.

Mein Vater, Auguste Chauvin, wurde als französischer Widerstandskämpfer von der französischen Polizei des Vichy-Regimes verhaftet und gefoltert, von einem Nazi-Tribunal verurteilt und 1943 mit 31 Franzosen u nd 5 Spaniern von der Wehrmacht erschossen.

 

Wie Ferdinand Zalkinov, ein jüdischer Widerstandskämpfer russischer Herkunft, erschossen mit 19 Jahren, hätte er schreiben können: „Ich empfinde keinen Hass gegen irgend jemanden“.

Wie Guido Brancadoro, ein Widerstandskämpfer italienischer Herkunft, erschossen mit 20 Jahren, hätte er schreiben können: „Die Franzosen haben mich ausgeliefert und ich rufe: „Es lebe Frankreich“, die Deutschen richten mich hin und ich rufe: „Es lebe das deutsche Volk und das Deutschland von morgen“.

 

Wenn man über die deutsch-französischen Partnerschaften redet, höre ich oft das Wort „Versöhnung“. Wie viele Widerstandskämpfer und Kinder von Widerstandskämpfern brauchte ich mich nie mit den Deutschen zu versöhnen. Wir wussten immer, dass es deutsche Gegner des Nazi-Regimes gab. Für sie wurde übrigens schon 1933 das erste Konzentrationslager in Dachau errichtet. Sie haben für mich die Ehre Deutschlands gerettet, wie die französischen Widerstandskämpfer die Ehre Frankreichs gerettet haben. Die Diktatoren, die Folterer und die Henker haben nie Vergebung verlangt. Mit ihnen kann es deshalb keine Versöhnung geben.

 

Wenn ich lese, dass am vergangenen 13. Februar 5000 Demonstranten durch die Straßen Dresdens gezogen sind und sich bei ihrem Marsch auf das Andenken an die SS berufen haben,

Wenn ich lese, dass in Österreich vor dem Lager Mauthausen laut Naziparolen verkündet werden,

dann stockt mir das Blut in den Adern, und ich rufe zur Wachsamkeit auf, damit so etwas nie wieder geschieht.

 

Vor diesem Denkmal möchte ich diese Augenblicke der inneren Sammlung allen Opfern aller Kriege und aller Diktaturen widmen, mit einem besonderen Gedenken all jener, die für die Menschenrechte und unsere Freiheit gekämpft haben.

 

Erich Mayer* (à gauche) et Jean Chauvin*

lors d'une visite le 22 mai à Wehingen
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Cet article est le 47ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

   

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 22:39

L’Europe des peuples se construit par l’amitié entre villages

 

Pourquoi pas, sur ce blog, apporter mon témoignage d’un jumelage qui poursuit son chemin, quarante ans après avoir été lancé en 1969 par les maires de Wehingen (près de 4000 habitants, au sud de Stuttgart, Jura souabe, Bade Wurtemberg, Allemagne) et de Saint-Berthevin (7000 habitants, près de Laval, Mayenne, Pays de la Loire, France) ? Ce que je viens de vivre, du 21 au 24 mai, le vaut bien.

 

Anton Hugger et Bernard Le Godais ont été des pionniers, relayés par les associations et les citoyens. Ce qui m’a impressionné pendant ces trois jours de festivités à Wehingen, c’est la bonne entente et la simplicité des relations entre les deux délégations, dépassant les clivages politiques, religieux, générationnels. La qualité de l’organisation et le contenu des messages diffusés ont aussi une grande importance.

 

Sous la responsabilité de Josef Bär, bürgermeister de Wehingen, et de Werner Haag, président du comité de jumelage, la réussite de cette rencontre tient pour beaucoup à la géniale personnalité de Erich Mayer, le même qui avait organisé les festivités pour le 1200ème anniversaire de la dénomination officielle de Wehingen (793-1993).

 

Je retiens, pour ma part, les points forts musicaux (chorale des men voices et harmonie des anciens de la musique jeudi soir, chorale intercommunale pendant la cérémonie religieuse œcuménique, samedi), la visite du musée des fossiles (Fossilienmuseum) à Dotternhausen avec les remarquables prestations de Erich Mayer et de Sophie Heinzelmann, la visite de la brasserie Hirsch à Wurmlingen, vendredi.

 

Les moments les plus émouvants furent sans conteste, samedi :

-          l’évocation poignante par Jean Chauvin, au monument aux morts, de la mort de son père Auguste Chauvin, livré par la police de Vichy et fusillé par les nazis à Nantes pendant la guerre, en 1943 ;

-          le témoignage personnel de Bernard Le Godais, lors de la soirée officielle, concernant sa captivité en Allemagne et les raisons de son engagement militant en faveur de l’Europe et de la réconciliation franco-allemande, après la guerre, qui ont conduit, notamment, à ce jumelage.

 

40ansjumWeh-230509-178-LeGodaisSorinBorde-T.jpgEntre les 12 et 14 juin, ce sera au tour de Yannick Borde, maire de Saint-Berthevin, et de Jean Chauvin, président du comité de jumelage, de recevoir les amis de Wehingen et de fêter les 40 ans du jumelage.


 

Une brochette de maires de Saint-Berthevin :
Bernard Le Godais (1965-1990), entouré de Michel Sorin (1990-2001) et Yannick Borde (depuis 2003)


Cet article est le 46ème paru sur ce blog dans la catégorie
France et Europe.

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 17:20

Ce sont les sociétés qui font l’amitié entre les peuples

 

Avant de monter, ce soir, place de l’Europe, dans l’un des deux cars qui va conduire une centaine de personnes de Saint-Berthevin à Wehingen, en Allemagne, dans le cadre des cérémonies du 40ème anniversaire du jumelage entre les deux communes (retour dimanche soir), j’ai choisi d’évoquer les relations entre la France et l’Allemagne.


Par manque de temps, je vais me limiter à indiquer des liens. D’abord, le colloque organisé par la Fondation Res Publica sur le thème
L'Allemagne, la crise, l'Europe le 12 janvier 2009, avec Edouard Husson, maître de conférences à l’Université de Paris IV ; Ernst Hillebrand, directeur du bureau parisien de la Fondation Friedrich Ebert ; Lutz Meier, correspondant parisien du Financial Times Deutschland ; Hans Stark, secrétaire général du Cerfa (Comité d'Etude des Relations Franco-allemandes) à l'Ifri (Institut français des relations internationales) et Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica.

En ce qui concerne la coopération franco-allemande, je renvoie à Historique - Portail de la coopération franco-allemande | France ... et aux articles de presse qui ont relaté le renouveau récent des relations entre les deux gouvernements :

 

Aux côtés de Merkel, Sarkozy érige l'Allemagne en modèle (Le Monde, 11 mai)

 

Bruno Le Maire veut rattraper l'occasion manquée avec l'Allemagne en 1989 (Le Monde, 15 mai).


Sur le site de Marianne, on trouve un point de vue critique avec les réflexions que Malakine présente sur son site Horizons Oublions l'Allemagne ! (16 mai). Extrait :


(…) Avant d’abandonner définitivement l’échelle communautaire comme espace pertinent pour la conception d’une alternative raisonnable, il convient de se pencher sur le couple franco-allemand car là se situe la clé de toutes les évolutions possibles.

 

S’il est possible de convaincre l’Allemagne de changer de stratégie économique, on aura encore le droit de placer quelques espoirs dans l’UE. Si en revanche, l’analyse montre que les deux pays dérivent dans deux directions opposées, il sera temps de penser à autre chose : Retour à la nation souveraine ou construction d’une autre Europe (…).

 

Voir les différents articles de Malakine concernant l’Europe :


Dans l’immédiat, je vais voir l’évolution de la société allemande, en échangeant avec les amis de Wehingen, petite ville du Jura souabe (Le Heuberg, Bade Wurtemberg). Il y a dix ans, je conduisais la délégation en tant que maire de Saint-Berthevin.


Cet article est le 45ème paru sur ce blog dans la catégorie
France et Europe.

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 14:57

Signer la pétition en ligne pour obtenir un référendum

En avril 2009, Michel Vauzelle, député (PS) des Bouches-du-Rhône, président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA), s’engage pour la sauvegarde du service public qu’il qualifie comme "un avantage pour notre pays dans la compétition internationale" mais aussi "un instrument irremplaçable de protection des citoyens, qui garantit les principes d'égalité et de solidarité nationales".

Il lance une pétition en ligne[1] demandant l'inscription dans la Constitution d'une charte des services publics garantissant "le droit pour tous à des services publics de qualité et de proximité". Cette pétition revendique la signature de dizaines de députés, sénateurs, de nombreux élus locaux et de dizaines de milliers de citoyens; soucieux de l'avenir du service public (voir Michel Vauzelle - Wikipédia).

« Défendons notre modèle républicain. Inscrivons une charte des services publics dans la Constitution ». Premier signataire : Michel Vauzelle.

Pour signer la pétition pour un référendum sur les services publics : www.referendum-servicespublics.fr

Voici comment l’ancien Garde des Sceaux s’est exprimé sur le site du quotidien Libération, dans l’édition datée du 17 avril 2009.

Une loi constitutionnelle pour les services publics

Il y a quelques mois encore, le capitalisme régnait sur le monde presque sans contestation. Non seulement il gouvernait, mais on nous le présentait comme notre seul avenir possible.

Aujourd’hui, la crise crée tant de souffrance, d’anxiété et de scandale que le peuple, que l’on croyait dompté ou écrasé, se mobilise chaque jour davantage contre le système qui lui est imposé.

Le 19 mars a rassemblé plus que le 29 janvier et sans doute bien moins que le 1er mai à venir.

Aucune catégorie sociale n’ayant été épargnée, ni par la crise ni par M. Sarkozy, c’est l’ensemble du peuple qui entre en résistance. Sur chaque site, il y a un combat singulier, mais partout, c’est en fait le modèle de société républicain que défend le peuple. Il manifeste, mais il prend aussi la parole. Du coup, la haute finance a choisi de laisser passer l’orage.


Dans quelque temps, rien n’ayant changé, le règne de l’argent poursuivra son cours. Pour patienter, certains, non sans humour, ont lancé l’idée d’une «moralisation du capitalisme». Mais on ne moralise pas une morale. Or, le capitalisme est une morale, celle de l’argent. L’argent est roi absolu. Et selon le précepte de la monarchie absolue, le roi c’est la loi.


L’argent a volé au peuple sa souveraineté conquise en 1789
. La souveraineté du peuple reste comme un souvenir dans l’article 3 de la Constitution et le mot Nation est devenu tabou.

Si le capitalisme ne peut être moralisé, le peuple attend au moins qu’il soit remis à sa place. Pour cela, il faut défendre le modèle français de société et résister pied à pied contre le programme réactionnaire que M. Sarkozy impose à la France. Sa «réforme» est en effet une régression sociale et morale sans précédent depuis la Restauration de 1814.


Elle doit entraîner l’exercice du droit de «résistance à l’oppression» prévu par l’article II de la Déclaration de 1789. La résistance a commencé en 2005 lors du référendum européen avec le non du peuple à la dissolution du système social français. Pourtant, sans tenir compte de ce rejet par le peuple «souverain», la majorité européenne et M. Sarkozy ont entrepris de démolir, pan par pan, l’organisation de la solidarité et de l’égalité à la française.


Le démantèlement des services publics et la Révision générale des politiques publiques (RGPP) sont au cœur du dispositif de destruction actuellement en œuvre
. Ce doit être l’occasion d’un geste global et solennel. Il faut inscrire dans la Constitution la «charte des services publics».


Je déposerai à l’Assemblée nationale une proposition de loi constitutionnelle concernant «les services publics qui concourent à la politique économique et sociale de la Nation»
(article 11 paragraphe 1 de la Constitution).

Elle pourrait faire l’objet d’un référendum, à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenu par un dixième* des électeurs inscrits sur les listes électorales (article 11, paragraphe 3).

Dans une Union européenne affaiblie par ses divisions face à la mondialisation, la France doit rappeler sa morale et sa conception de la gestion de l’avenir de l’humanité : «résister», même si l’argent est le plus fort.

* environ 4,4 millions de citoyens

Selon la Gazette.fr, le 18 mai, Michel Vauzelle se félicite du succès de sa pétition pour les ...

En un mois, 110.000 citoyens de toute la France ont signé cette pétition en ligne, affirme Michel Vauzelle pour qui ce chiffre "témoigne de l'attachement des Français au modèle républicain et social de notre pays".
Il souhaite que "les centrales syndicales et les fédérations d'usagers appellent à une signature massive" et enjoint les citoyens à "se tourner vers leurs députés et leurs sénateurs pour que leurs élus signent" aussi.

Selon le président de la région Paca, il sera ainsi "possible d'atteindre les quelque 4 millions de signatures avec l'appui (...) de tous ceux qui veulent défendre l'hôpital public, l'éducation nationale, la poste, la justice".

Merci à Jacques Bazillou d’avoir relayé l’initiative d’Hélène.

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Services publics

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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 22:10

 

Le gouvernement doit revoir sa gestion du lait

 

Madame la Commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fisher Boel, a réussi, en fin d’année 2008, à persuader les 27 ministres de l’agriculture de continuer le processus de libéralisation de la filière laitière, malgré la crise*. Pour des raisons de pure idéologie néolibérale, et aussi dans le but de faire des économies. La décision a été prise, avec l’accord du ministre français de l’agriculture, Michel Barnier.

 

Tous les outils d’intervention, donc de régulation, seront supprimés. Mis en place sous un gouvernement de gauche en 1984, avec l’opposition du principal syndicat agricole et de la droite, les quotas laitiers ont parfaitement rempli leur mission :

- Chaque Etat membre de l’UE a un volume de production à ne pas dépasser chaque année.

- L’industrie agroalimentaire a besoin de stabilité dans son approvisionnement en lait.

- Les producteurs ont besoin de stabilité des prix pour pouvoir produire dans la durée.

 

La fin de ce dispositif des quotas laitiers est prévue en 2015. C’est un coup violent porté aux petites exploitations laitières et à un système de production artisanal familial contribuant à l’aménagement du territoire.

Cela signifie que l’Europe choisit un modèle de production laitière industrielle de type capitaliste, ce que souhaitent le Danemark, la Suède, le Royaume-Uni et la Suède, notamment.

Sensibles aux impératifs du marché mondial, dans lequel la volonté exportatrice de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande compte pour beaucoup, ces pays soutiennent la politique de dérégulation de la Commission européenne.

 

On est en droit de s’étonner que l’Europe soit le seul endroit au monde où cela existe. Les grands pays producteurs (USA, Canada, Nouvelle-Zélande) maintiennent les multiples régulations qu’il a fallu créer au fil du temps, car il s’agit de vaches, produisant du lait tous les jours. Cette particularité induit la nécessité d’encadrer le marché laitier.

 

Les producteurs sont effarés de voir des variations exorbitantes de prix du lait. En 2008, les pouvoirs publics leur ont demandé de produire davantage, car le marché manquait de beurre et de poudre de lait, ce qui a provoqué une hausse aberrante des prix à la production. Depuis le début de l’année 2009, il y a trop de production par rapport à la consommation, qui s’est ralentie. La concurrence est vive avec les pays exportateurs dont les systèmes de production extensifs leur donnent un avantage évident en matière de prix.

 

Autant de signaux alarmistes pour les industriels, qui ont décidé d’imposer de fortes baisses de prix (30% d’un seul coup !), ce qui est une première pour les 90 000 producteurs de lait qui étaient habitués à une régularité de leurs paies de lait.

 

Car, un malheur ne venant jamais seul, il s’ajoute un autre élément qui défavorise les producteurs. Un service de l’Etat (direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), par une injonction en mai 2008, a fait cesser les pratiques antérieures de fixation des prix, afin d’éviter les distorsions de concurrence. Les discussions interprofessionnelles (représentants des producteurs et des collecteurs de lait) avaient pourtant l’intérêt de préserver l’égalité de traitement entre les producteurs et la stabilité des prix.

 

Ainsi, par souci d’appliquer le grand principe des traités européens (la concurrence libre et non faussée), l’Etat a contribué à accentuer la chute brutale des prix, fragilisant un peu plus la filière laitière au moment où les marchés de matières premières agricoles et énergétiques connaissaient une volatilité sans précédent.

 

Le prix payé en avril (210 euros les 1000 litres) est nettement inférieur au coût de production, car les charges, liées au pétrole, ont fortement augmenté depuis un an. C’est ce qui a motivé les manifestations, ce 19 mai, devant les préfectures à l’initiative des syndicats, pendant que des producteurs ciblaient plutôt les laiteries. En Bretagne, des centrales d’achat étaient également visées.

 

La décision du gouvernement de désigner deux médiateurs ne peut, à elle seule, calmer les producteurs, qui sont chauffés à blanc par des décisions de très mauvais effet. Les mouvements de revendication économique dans lesquels sont impliqués les producteurs de lait ont été, historiquement, les plus spectaculaires en agriculture.

 

La situation actuelle donne à penser que les pouvoirs publics vont avoir de grandes difficultés à redresser la barre. Le président de la République sera conduit à se retourner vers l’Union européenne.

 

Il faudra lui rappeler que ce sont les ministres de l’agriculture qui prennent les décisions concernant la Politique Agricole Commune (PAC). Il en suffit d’un, par exemple celui de la France, pour bloquer une mauvaise décision (à condition d'avoir des alliés, puisque la majorité qualifiée s'applique aux décisions agricoles). Et, d’autre part, c’est un service de l’Etat qui est à l’origine de la disparition de l’interprofession laitière. Qui en porte la responsabilité, sinon le Premier Ministre ?

 

* Voir Démantèlement de la PAC : l'Union européenne persiste dans l'erreur - 9 mai 2009

   

Cet article est le 126ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 22:49

Des problèmes de niveau de vie et de démocratie

 

Marie-Françoise Bechtel* avait préparé cette réunion portant sur l’avenir de Cuba, 50 ans après sa révolution. Elle en a réalisé un compte rendu, à lire sur le site du MRC, en cliquant sur

Cuba, cinquante ans après la Révolution, quelles perspectives?

Lors du 5ème Sommet des Amériques, à Trinité-et-Tobago, du 17 au 19 avril 2009, Cuba était le seul pays absent, car exclu en 1962 de l’Organisation des Etats américains (OEA), cette même année qui vit John Kennedy décréter un embargo commercial contre Cuba.

 

L’intervention de Janette Habel

 

Du compte rendu de la table ronde du 17 mars, je retiens l’intervention de Janette Habel, universitaire (Institut des Hautes études d’Amérique latine), qui avait publié un remarquable article dans Le Monde Diplomatique, en janvier 2009

Voir Cuba en quête d’un modèle socialiste renouvelé

Janette Habel a présenté une analyse des défis internes. Elle a relevé d’abord que Cuba vivait dans un environnement mondial en crise mais où pèse encore l’embargo américain. Les éléments les plus importants pour analyser la situation interne sont les suivants :
- les difficultés économiques importantes ne sont toujours pas surmontées,
- la société a acquis depuis la révolution une sensibilité égalitaire qui est aujourd’hui fortement ancrée.

Or, cette sensibilité a été heurtée par les réformes économiques faites durant la « période spéciale » qui a suivi l’effondrement de l’URSS et qui ont conduit à creuser des inégalités sociales sans qu’aujourd’hui le niveau de vie de 1989 ait été retrouvé et alors que le niveau d’homogénéité sociale a également régressé.

Raul Castro a indiqué que des « changements structurels » étaient nécessaires et souligné l’insuffisance des salaires ce qui a suscité beaucoup d’espoir dans la population, mais ces changements tardent à se réaliser.

La fracture générationnelle est très forte : les jeunes de 20 ans n’ont connu que des difficultés matérielles et ils ont des aspirations non satisfaites (voyages, accès à Internet). Il y a de nouvelles exigences de la part d’une société civile émergente, d’autant que les vingt ans écoulés depuis la chute de l’URSS et la rupture des échanges avec Moscou ont été très durs.

Il y a un débat dans le pays sur la nature des changements à apporter : faut-il s’en tenir à l’économie de commandement qui manque d’efficacité et qui n’est pas suffisamment productive, avec 55% de terres non cultivées alors que le pays est fertile ?

Comment répondre simultanément aux défis politiques : les institutions ont été taillées pour Fidel Castro, des adaptations sont donc nécessaires alors que la génération historique qui a fait la révolution va disparaître. Comment passer de la légitimité révolutionnaire à une légalité institutionnelle ?

Il y a à Cuba de nombreux débats, largement ignorés ici. Dans la perspective du Congrès du Parti communiste cubain qui devrait se tenir à l’automne 2009, des intellectuels, des militants s’interrogent sur les raisons de l’effondrement de l’URSS. On analyse les problèmes du socialisme réel. Il y a de nombreuses discussions d’écrivains et d’artistes depuis le Congrès de l’UNEAC (Union des écrivains et artistes). C’est un débat ouvert.

Il y a même eu une « guerre des courriels » pour demander la révision des politiques passées de censure culturelle, qui a débouché sur une synthèse critique qui a été publiée. Ces débats font apparaître des aspirations à plus de démocratie : participation, autogestion, possibilité de discuter et de critiquer.

Raul Castro a lui-même appelé au débat mais la révocation sans explication satisfaisante de plusieurs dirigeants comme Carlos Lage (ex-premier ministre de fait) et Felipe Perez Roque (ancien ministre des Affaires Etrangères) ont rappelé les méthodes du passé. Les relations avec l’Amérique latine et notamment les pays amis (Venezuela, Bolivie, Equateur, mais aussi Brésil) et la réponse à apporter aux premiers gestes du président Obama font l’objet de discussions. Des sensibilités différentes s’expriment, même si le front anti-impérialiste est maintenu sous l’œil vigilant de Fidel Castro toujours présent.

Quant aux problèmes économiques, on sent que plusieurs voies s’ouvrent entre lesquelles le nouvel exécutif n’a peut-être pas encore tranché : 
une voie à la vietnamienne ou à la chinoise avec forte ouverture économique sans ouverture politique, une voie qui serait un statu quo un peu aménagé avec des réformes graduelles et une voie empirique privilégiant la libéralisation du petit commerce et le développement des PME ainsi qu’une ouverture démocratique.

Il n’y a pas de courants politiques clairement identifiés mais la société cubaine, du moins ses intellectuels et ses responsables politiques, réfléchissent à l’après-Fidel.

La conclusion de Sami Naïr

Sami Naïr a d’abord souligné la « nécessité de Cuba ». Sans Cuba, a-t-il dit, il n’y aurait pas eu Lula ni Chavez. Ce qui n’empêche pas qu’il y ait aussi une relation dialectique entre l’Amérique latine et Cuba avec la question de la transformation, de la réforme des structures à Cuba. La question du passage à la légalité institutionnelle à Cuba ne passe pas par la rupture.

Le symbole de Cuba est celui du sacrifice pour une cause, idée qui chez nous n’a malheureusement plus de vie. Sans l’intervention de l’armée cubaine en Namibie, l’Afrique du Sud de l’apartheid n’aurait pas disparu. Cuba a formé des milliers de combattants du Vietnam ainsi que de nombreux cadres de l’OLP. C’est cette action dont on veut tenter de détruire l’image. De même, cas exemplaire, celui du Che, aujourd’hui victime d’une hostile campagne médiatique.

Derrière tout cela, il y a une véritable volonté d’éradiquer l’expérience cubaine. A Cuba, derrière la révolution socialiste et l’anti-impérialisme, il y a une révolution beaucoup plus profonde et d’ailleurs unique :

Cuba est la première nation d’Amérique latine qui pratique une intégration totale de ses citoyens. Ni le Brésil, ni la Bolivie, ni le Venezuela, en dépit d’efforts considérables, n’en ont fait autant. Le premier décret pris par Fidel mettait fin aux « enfants naturels », rendant par là légitimes les créoles et les Noirs. Le peuple cubain n’acceptera pas de revenir sur tout cela. Malgré une guerre de 50 ans, qui a été totale et impitoyable, Cuba perdure.

La République est au-dessus des ethnies, des confessions et même des idéologies. C’est ce concept que nous avons formé ici en France que Cuba met en pratique. Nous mesurons l’effort colossal que cette entreprise volontariste demande et c’est pour cela que Cuba a droit à notre admiration et à notre solidarité.

 

* Marie-Françoise Bechtel est secrétaire national du MRC à la formation et à la diffusion des idées.

 

Cet article est le 8ème paru sur ce blog dans la catégorie Amérique.

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