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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 22:10

 

Le gouvernement doit revoir sa gestion du lait

 

Madame la Commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fisher Boel, a réussi, en fin d’année 2008, à persuader les 27 ministres de l’agriculture de continuer le processus de libéralisation de la filière laitière, malgré la crise*. Pour des raisons de pure idéologie néolibérale, et aussi dans le but de faire des économies. La décision a été prise, avec l’accord du ministre français de l’agriculture, Michel Barnier.

 

Tous les outils d’intervention, donc de régulation, seront supprimés. Mis en place sous un gouvernement de gauche en 1984, avec l’opposition du principal syndicat agricole et de la droite, les quotas laitiers ont parfaitement rempli leur mission :

- Chaque Etat membre de l’UE a un volume de production à ne pas dépasser chaque année.

- L’industrie agroalimentaire a besoin de stabilité dans son approvisionnement en lait.

- Les producteurs ont besoin de stabilité des prix pour pouvoir produire dans la durée.

 

La fin de ce dispositif des quotas laitiers est prévue en 2015. C’est un coup violent porté aux petites exploitations laitières et à un système de production artisanal familial contribuant à l’aménagement du territoire.

Cela signifie que l’Europe choisit un modèle de production laitière industrielle de type capitaliste, ce que souhaitent le Danemark, la Suède, le Royaume-Uni et la Suède, notamment.

Sensibles aux impératifs du marché mondial, dans lequel la volonté exportatrice de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande compte pour beaucoup, ces pays soutiennent la politique de dérégulation de la Commission européenne.

 

On est en droit de s’étonner que l’Europe soit le seul endroit au monde où cela existe. Les grands pays producteurs (USA, Canada, Nouvelle-Zélande) maintiennent les multiples régulations qu’il a fallu créer au fil du temps, car il s’agit de vaches, produisant du lait tous les jours. Cette particularité induit la nécessité d’encadrer le marché laitier.

 

Les producteurs sont effarés de voir des variations exorbitantes de prix du lait. En 2008, les pouvoirs publics leur ont demandé de produire davantage, car le marché manquait de beurre et de poudre de lait, ce qui a provoqué une hausse aberrante des prix à la production. Depuis le début de l’année 2009, il y a trop de production par rapport à la consommation, qui s’est ralentie. La concurrence est vive avec les pays exportateurs dont les systèmes de production extensifs leur donnent un avantage évident en matière de prix.

 

Autant de signaux alarmistes pour les industriels, qui ont décidé d’imposer de fortes baisses de prix (30% d’un seul coup !), ce qui est une première pour les 90 000 producteurs de lait qui étaient habitués à une régularité de leurs paies de lait.

 

Car, un malheur ne venant jamais seul, il s’ajoute un autre élément qui défavorise les producteurs. Un service de l’Etat (direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), par une injonction en mai 2008, a fait cesser les pratiques antérieures de fixation des prix, afin d’éviter les distorsions de concurrence. Les discussions interprofessionnelles (représentants des producteurs et des collecteurs de lait) avaient pourtant l’intérêt de préserver l’égalité de traitement entre les producteurs et la stabilité des prix.

 

Ainsi, par souci d’appliquer le grand principe des traités européens (la concurrence libre et non faussée), l’Etat a contribué à accentuer la chute brutale des prix, fragilisant un peu plus la filière laitière au moment où les marchés de matières premières agricoles et énergétiques connaissaient une volatilité sans précédent.

 

Le prix payé en avril (210 euros les 1000 litres) est nettement inférieur au coût de production, car les charges, liées au pétrole, ont fortement augmenté depuis un an. C’est ce qui a motivé les manifestations, ce 19 mai, devant les préfectures à l’initiative des syndicats, pendant que des producteurs ciblaient plutôt les laiteries. En Bretagne, des centrales d’achat étaient également visées.

 

La décision du gouvernement de désigner deux médiateurs ne peut, à elle seule, calmer les producteurs, qui sont chauffés à blanc par des décisions de très mauvais effet. Les mouvements de revendication économique dans lesquels sont impliqués les producteurs de lait ont été, historiquement, les plus spectaculaires en agriculture.

 

La situation actuelle donne à penser que les pouvoirs publics vont avoir de grandes difficultés à redresser la barre. Le président de la République sera conduit à se retourner vers l’Union européenne.

 

Il faudra lui rappeler que ce sont les ministres de l’agriculture qui prennent les décisions concernant la Politique Agricole Commune (PAC). Il en suffit d’un, par exemple celui de la France, pour bloquer une mauvaise décision (à condition d'avoir des alliés, puisque la majorité qualifiée s'applique aux décisions agricoles). Et, d’autre part, c’est un service de l’Etat qui est à l’origine de la disparition de l’interprofession laitière. Qui en porte la responsabilité, sinon le Premier Ministre ?

 

* Voir Démantèlement de la PAC : l'Union européenne persiste dans l'erreur - 9 mai 2009

   

Cet article est le 126ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 22:49

Des problèmes de niveau de vie et de démocratie

 

Marie-Françoise Bechtel* avait préparé cette réunion portant sur l’avenir de Cuba, 50 ans après sa révolution. Elle en a réalisé un compte rendu, à lire sur le site du MRC, en cliquant sur

Cuba, cinquante ans après la Révolution, quelles perspectives?

Lors du 5ème Sommet des Amériques, à Trinité-et-Tobago, du 17 au 19 avril 2009, Cuba était le seul pays absent, car exclu en 1962 de l’Organisation des Etats américains (OEA), cette même année qui vit John Kennedy décréter un embargo commercial contre Cuba.

 

L’intervention de Janette Habel

 

Du compte rendu de la table ronde du 17 mars, je retiens l’intervention de Janette Habel, universitaire (Institut des Hautes études d’Amérique latine), qui avait publié un remarquable article dans Le Monde Diplomatique, en janvier 2009

Voir Cuba en quête d’un modèle socialiste renouvelé

Janette Habel a présenté une analyse des défis internes. Elle a relevé d’abord que Cuba vivait dans un environnement mondial en crise mais où pèse encore l’embargo américain. Les éléments les plus importants pour analyser la situation interne sont les suivants :
- les difficultés économiques importantes ne sont toujours pas surmontées,
- la société a acquis depuis la révolution une sensibilité égalitaire qui est aujourd’hui fortement ancrée.

Or, cette sensibilité a été heurtée par les réformes économiques faites durant la « période spéciale » qui a suivi l’effondrement de l’URSS et qui ont conduit à creuser des inégalités sociales sans qu’aujourd’hui le niveau de vie de 1989 ait été retrouvé et alors que le niveau d’homogénéité sociale a également régressé.

Raul Castro a indiqué que des « changements structurels » étaient nécessaires et souligné l’insuffisance des salaires ce qui a suscité beaucoup d’espoir dans la population, mais ces changements tardent à se réaliser.

La fracture générationnelle est très forte : les jeunes de 20 ans n’ont connu que des difficultés matérielles et ils ont des aspirations non satisfaites (voyages, accès à Internet). Il y a de nouvelles exigences de la part d’une société civile émergente, d’autant que les vingt ans écoulés depuis la chute de l’URSS et la rupture des échanges avec Moscou ont été très durs.

Il y a un débat dans le pays sur la nature des changements à apporter : faut-il s’en tenir à l’économie de commandement qui manque d’efficacité et qui n’est pas suffisamment productive, avec 55% de terres non cultivées alors que le pays est fertile ?

Comment répondre simultanément aux défis politiques : les institutions ont été taillées pour Fidel Castro, des adaptations sont donc nécessaires alors que la génération historique qui a fait la révolution va disparaître. Comment passer de la légitimité révolutionnaire à une légalité institutionnelle ?

Il y a à Cuba de nombreux débats, largement ignorés ici. Dans la perspective du Congrès du Parti communiste cubain qui devrait se tenir à l’automne 2009, des intellectuels, des militants s’interrogent sur les raisons de l’effondrement de l’URSS. On analyse les problèmes du socialisme réel. Il y a de nombreuses discussions d’écrivains et d’artistes depuis le Congrès de l’UNEAC (Union des écrivains et artistes). C’est un débat ouvert.

Il y a même eu une « guerre des courriels » pour demander la révision des politiques passées de censure culturelle, qui a débouché sur une synthèse critique qui a été publiée. Ces débats font apparaître des aspirations à plus de démocratie : participation, autogestion, possibilité de discuter et de critiquer.

Raul Castro a lui-même appelé au débat mais la révocation sans explication satisfaisante de plusieurs dirigeants comme Carlos Lage (ex-premier ministre de fait) et Felipe Perez Roque (ancien ministre des Affaires Etrangères) ont rappelé les méthodes du passé. Les relations avec l’Amérique latine et notamment les pays amis (Venezuela, Bolivie, Equateur, mais aussi Brésil) et la réponse à apporter aux premiers gestes du président Obama font l’objet de discussions. Des sensibilités différentes s’expriment, même si le front anti-impérialiste est maintenu sous l’œil vigilant de Fidel Castro toujours présent.

Quant aux problèmes économiques, on sent que plusieurs voies s’ouvrent entre lesquelles le nouvel exécutif n’a peut-être pas encore tranché : 
une voie à la vietnamienne ou à la chinoise avec forte ouverture économique sans ouverture politique, une voie qui serait un statu quo un peu aménagé avec des réformes graduelles et une voie empirique privilégiant la libéralisation du petit commerce et le développement des PME ainsi qu’une ouverture démocratique.

Il n’y a pas de courants politiques clairement identifiés mais la société cubaine, du moins ses intellectuels et ses responsables politiques, réfléchissent à l’après-Fidel.

La conclusion de Sami Naïr

Sami Naïr a d’abord souligné la « nécessité de Cuba ». Sans Cuba, a-t-il dit, il n’y aurait pas eu Lula ni Chavez. Ce qui n’empêche pas qu’il y ait aussi une relation dialectique entre l’Amérique latine et Cuba avec la question de la transformation, de la réforme des structures à Cuba. La question du passage à la légalité institutionnelle à Cuba ne passe pas par la rupture.

Le symbole de Cuba est celui du sacrifice pour une cause, idée qui chez nous n’a malheureusement plus de vie. Sans l’intervention de l’armée cubaine en Namibie, l’Afrique du Sud de l’apartheid n’aurait pas disparu. Cuba a formé des milliers de combattants du Vietnam ainsi que de nombreux cadres de l’OLP. C’est cette action dont on veut tenter de détruire l’image. De même, cas exemplaire, celui du Che, aujourd’hui victime d’une hostile campagne médiatique.

Derrière tout cela, il y a une véritable volonté d’éradiquer l’expérience cubaine. A Cuba, derrière la révolution socialiste et l’anti-impérialisme, il y a une révolution beaucoup plus profonde et d’ailleurs unique :

Cuba est la première nation d’Amérique latine qui pratique une intégration totale de ses citoyens. Ni le Brésil, ni la Bolivie, ni le Venezuela, en dépit d’efforts considérables, n’en ont fait autant. Le premier décret pris par Fidel mettait fin aux « enfants naturels », rendant par là légitimes les créoles et les Noirs. Le peuple cubain n’acceptera pas de revenir sur tout cela. Malgré une guerre de 50 ans, qui a été totale et impitoyable, Cuba perdure.

La République est au-dessus des ethnies, des confessions et même des idéologies. C’est ce concept que nous avons formé ici en France que Cuba met en pratique. Nous mesurons l’effort colossal que cette entreprise volontariste demande et c’est pour cela que Cuba a droit à notre admiration et à notre solidarité.

 

* Marie-Françoise Bechtel est secrétaire national du MRC à la formation et à la diffusion des idées.

 

Cet article est le 8ème paru sur ce blog dans la catégorie Amérique.

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 20:18

Vers un congrès MRC ouvert à toute la gauche républicaine ?

 

La non participation du MRC à la campagne des élections européennes, puis la décision de recommander le vote blanc ou nul, sont à l‘origine de débats contradictoires entre les militants.

 

La proposition de Jean-Pierre Chevènement d’actualiser le texte adopté par le congrès du Kremlin-Bicêtre en juin 2008 est l’occasion d’approfondir la réflexion concernant le rôle du MRC au sein de la gauche. De nombreux commentaires sont publiés sur ce blog. Les plus nombreux concernent l’article La médecine Chevènement : reconstruire l'Etat et l'Europe autrement  - 11 mai 2009.  

 

Alain Girard, responsable du MRC en Charente-Maritime, considère que le moment est venu de rebattre les cartes dans le Mouvement présidé par Jean-Pierre Chevènement. Il conclut son billet ainsi : « Il est temps de recomposer le MRC sur ce qui a été fait car il ne faut pas rogner ce qui a été en son temps positif mais pour  l'heure il faut vraiment poser l'urgence d'un congrès extraordinaire car nous aurons tout à reconstruire ».

 

Je lui ai répondu ceci :

 

Je retiens ta proposition de congrès extraordinaire, car il s'agit de décider de l'orientation du MRC, dans le contexte de la nouvelle configuration politique de la gauche (que nous n'avions pas anticipée lors du congrès du Kremlin-Bicêtre en juin 2008) et de l'aggravation de la crise (que nous avions prévue).

Le 1er avril, quand il avait évoqué la nécessité de mettre à jour la motion de notre congrès, concernant la partie opérationnelle de notre stratégie, Jean-Pierre Chevènement n'avait pas exclu la possibilité d'avancer le congrès, dont la date normale est en 2010.

Après les élections européennes, le 7 juin, nous aurons un Conseil national le 28 juin. Dans la perspective des élections régionales de mars 2010, il serait utile de préciser notre stratégie au cours d'un congrès anticipé en octobre 2009.

 

J’ajoute que nous devrions enclencher au plus tôt une démarche d’ouverture en direction des citoyens intéressés par notre réflexion sur la recomposition de la gauche. Pourquoi pas prendre l’initiative d’un congrès extraordinaire de la gauche républicaine ?

 

Claude Nicolet apporte sa contribution à la réflexion, sur son site (Claude Nicolet - Accueil) qu’il vient de créer, alors qu’il préside la fédération MRC du Nord et exerce des responsabilités électives dans l’agglomération de Dunkerque. J’emprunte au site du MRC 77 le titre de son texte (cliquer dessus).

 

Claude Nicolet : “Quelles perspectives pour la Gauche française ?”


Voici des extraits de sa réflexion :


(…) Face au défi qui est devant nous, c'est l'ensemble du modèle idéologique dominant en Europe qu'il faut remettre en cause. Ce modèle qui avait fait consensus entre une partie de la gauche européenne, de la sociale démocratie, de la droite et de la démocratie chrétienne*.


Ce "compromis historique avec la droite est caduque" disent les socialistes français. Ils ont raison, mais il faut alors aller au bout de la logique du raisonnement et cesser de faire la promotion par exemple du traité de Lisbonne qui en reste l'illustration. Je mesure la difficulté d'une telle rupture, mais il faut s'interroger sur les outils intellectuels, politiques et démocratiques pour "penser" les temps nouveaux.


Or, la violence de la crise, remet à l'ordre du jour la question sociale avec une évidence qui crève les yeux. Comment y répondre? Voilà ce qui doit être la première des préoccupations de la gauche.


Ce n'est pas en se préoccupant de la "concurrence libre et non faussée" qu'elle y répondra. C'est en s'interrogeant sur les mécanismes de régulation qu'il faut mettre en oeuvre au niveau national et européen, c'est en s'interrogeant sur le rôle de la Banque Centrale Européenne comme outil au service d'un projet politique et démocratique (…).


Or c'est à la gauche de le faire. Bien sûr que c'est difficile puisqu'elle a en partie contribué à mettre en place ce système. Mais ce n'est pas en niant le problème qu'on le fera disparaître. Ce sera en défendant les services publics que l'on continue de dépecer et de livrer à l'espace marchand. Aujourd'hui les privatisations se poursuivent, les politiques de baisse des coûts du travail se poursuivent, ce qui contribue à renforcer la précarité et la pauvreté. Les délocalisations ne cessent pas y compris au sein de l'Union Européenne. La politique industrielle se mesure uniquement à l'aune de la compétitivité.


Voyons ce qui se passe au niveau mondial
. La Chine vient de comprendre avec l'impact de la crise sur son modèle de croissance économique, combien elle était dépendante des exportations. Elle a compris qu'elle devait maintenant à tout prix développer son marché intérieur. En effet les campagnes chinoises restent pour beaucoup plongées dans le sous-développement. Le gouvernement chinois, sait que cela doit passer par un fort investissement de mesures sociales, il a donc décidé d'investir 93 milliards d'euros dans le système de santé et d'assurance maladie. Que fait Barak Obama aux Etats Unis d'Amérique : il veut étendre la protection sociale beaucoup plus largement en refondant le système d'assurance maladie, dans son fameux discours de Philadelphie (pendant la campagne électorale), il avait mis au coeur de sa réflexion la question des délocalisations, de la politique industrielle, de l'emploi.


Le grand retournement idéologique
, celui qui met un terme à la domination de "l'Ecole de Chicago" et à la prééminence du néo-libéralisme, se fait sous nos yeux (…).


La droite française
, globalement unifiée au sein de l'UMP, ainsi que Forza Italia en Italie par exemple, comprennent ce retournement et s'y adaptent avec le talent du caméléon. Elles savent surtout que dans cette période de troubles sociaux, la demande d'ordre est importante. Ces droites y répondent et renforcent leur emprise sur la société et le mouvement social. Car il n'est pas question pour elles de renoncer en quoi que ce soit aux immenses avantages acquis par les privilégiés grâce à 30 ans de politiques en leur faveur : liberté des mouvements de capitaux, compétitivité fiscale, politique en faveur de la rente et du capital contre les revenus du travail, concurrence acharnée des mains d'oeuvre au niveau mondial... C'est bien une politique de classe, au service de la rente financière qu'il faut maintenir.


Une perspective ne peut donc s'inscrire que dans une analyse sérieuse de cette situation et de la mondialisation financière. La gauche dans son ensemble en aura-t-elle la capacité en commençant par mettre fin à son éparpillement? Car le seul phénomène visible aujourd'hui est celui de sa division. Si ce phénomène se poursuit, elle deviendra bientôt inutile aux yeux des Français. Alors elle ne sera plus qu'une force résiduelle.


En revanche, si elle trouve en elle-même les moyens de se rassembler et de parler au peuple de ses difficultés, en parlant de la réalité du monde, en osant aborder de front ses responsabilités, elle pourra se mettre dans la situation de gagner et de reprendre le pouvoir.


Car c'est bien de cela dont il s'agit. Cela passe donc par la réinterrogation critique du projet européen qui a piégé la gauche. Cela passe par la réinterrogation par la gauche de sa relation avec la France et la Nation républicaine comme levier à l'échelle du monde au service de l'émancipation des peuples. Cela passe par la réinterrogation de la question sociale au service de la justice.


Vaste programme, mais nous devons penser à l'échelle de l'histoire et pas uniquement d'une élection. Cela s'appelle une refondation.


J’observe, par ailleurs, que Elie Arié, militant MRC à Paris, ancien secrétaire national, électron libre de talent, que j’ai souvent cité sur ce blog, vient de publier ce 17 mai un article intellectuellement intéressant mais démobilisateur, sur le site de Marianne (voir Chevènement, le PS, le Front de Gauche et l'Europe).

 

* Voir La Fondation Terra Nova cherche la voie qui mène à l'Europe fédérale - 15 mai 2009 et les commentaires.

 

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 14:02

La base militante du monde du travail est en colère

 

Il est de toutes les manifestations de travailleurs et propose très souvent des pétitions à la signature des citoyens, à Mayenne et dans les cantons limitrophes du Nord Mayenne. Ne lui demandez pas son âge : il en fait dix de moins qu’en réalité.

 

Marcel Collet travaillait dans la région parisienne avant de prendre sa retraite à Marcillé-la-Ville. Sa référence : le Conseil National de la Résistance. C’est un syndicaliste, un résistant, un homme de gauche, qui pousse au rassemblement de la gauche et des républicains de progrès, notamment les gaullistes.

 

Je l’avais rencontré le 1er mai, lors de la manifestation à Laval. Je ne savais pas que, le lendemain matin, il allait prendre la plume pour réagir aux propos de Bernard Thibault, sur France-Inter. Et sa lettre, elle fait le tour de la France, car elle a été mise en ligne et reçoit un accueil chaleureux.

 

Par exemple, ce site à Istres (13), le 8 mai, qui publie UN COMMUNIQUE D'UN SYNDIQUE CGT 

 
Ou encore depuis le 10 mai, les Unions Syndicales Solidaires de la région PACA :

Camarade THIBAULT entends-tu la colère qui gronde dans les manifs et les usines ?


Lettre ouverte à Bernard THIBAULT, Secrétaire général de la CGT


manif-retraites-240610-009-T.jpgMarcel Collet, militant CGT depuis 1955


Je viens d’écouter ta déclaration sur FRANCE-INTER ainsi que celles de J.C MAILLY de Fo et F. CHEREQUE de la CFDT.
Je ne suis pas surpris, ce n’est pas la 1ère fois que tu tiens des propos démoralisateurs qui permettent que tu ais droit aux compliments du MEDEF et des ministres de SARKO.

Par cette lettre, je veux te faire part du grave mécontentement qu’éprouve un grand nombre de militants qui sont scandalisés par les conséquences du virage réformiste de notre CGT depuis quinze ans (pour la plupart des membres du bureau confédéral et plusieurs secrétaires de fédérations REFORMISME est devenu synonyme de COLLABORATION). Je reviendrais un peu plus loin sur ta déclaration de ce jour.

 

Hier, je participais à ma 42ème manif du 1er mai (interdite de 1954 à 1967). C’est la 3ème qui connait un tel succès.

En 1968, nous étions environs 100 000 manifestants dans les rues de Paris. Le succès de cette manif nous aida considérablement au cours des semaines suivantes pour développer les luttes qui permirent des résultats fructueux.

2002 fut également un grand 1er Mai dirigé contre les dangers de l’extrême droite (LE PEN en particulier).

 

En conséquence, (mis à part 2002) le 1er Mai 2009, est le plus important depuis plus d’un demi-siècle. Hier à Laval, selon les infos de France Bleue Mayenne, nous étions près de 4000, c’est quinze à vingt fois plus que les années précédentes (y compris en 1968 il y avait moins de 300 participants). Ce succès est le résultat de l’action unitaire mais également et surtout du mécontentement qui touche l’ensemble des travailleurs, retraités, chômeurs, lycéens, étudiants etc.

 

Quelques mots sur des propos que tu tenais à la radio, début avril « Il est souhaitable que le 1er Mai nous soyons encore plus nombreux que le 19 Mars » s’exprimer ainsi est vraiment irresponsable de penser que le premier jour d’un long week end on va mobiliser autant qu’un jour de travail. C’est aussi la démonstration, à quel point les membres du Bureau Confédéral sont coupés de la base !

 

Maintenant j’arrive aux déclarations de ce jour (ce matin 2 Mai sur France Inter) dans l’ordre de l’émission : J. C MAILLY, B. THIBAULT, F. CHEREQUE. Déclaration correcte de S.G de FO qui propose que, après les succès du 1er Mai, il faut organiser une grève nationale inter- professionnelle, ensuite (j’ai vraiment l’impression qu’avec Chéreque, vous vous êtes partagés le sale boulot) tu es le 2ème intervenant pour dire qu’il n’est pas possible de demander aux travailleurs de faire grève, vu qu’ils ont de grosses difficultés financières (quel mépris pour les salaires les plus pauvres ! ) CHEREQUE ferme le banc, en affirmant que le gouvernement devrait tenir compte de la mobilisation du 1er Mai. Il n’est pas interdit de rêver, penser que l’on peut faire reculer avec deux manifs par trimestre c’est s’inscrire dans le domaine du rêve et de l’illusion !

 

Je rappelle qu’en 1968, nous étions plus de neuf millions en grève (avec occupation des entreprises), des millions d’autres salariés n’étaient pas dans le mouvement, beaucoup d’entre eux nous ont rejoint dans les luttes dans les années suivantes. Parmi les grévistes, des millions étaient payés au SMIC, quelquefois moins, notamment les jeunes qui subissaient des abattements et les salariés de l’agriculture. Dans la ville où je travaillais Argenteuil dans le Val d’Oise, sur environ 10 000 grévistes, de nombreux smicards notamment les femmes et les immigrés étaient très engagés dans le mouvement. Sur les fiches de paies du mois de juin, un bon en avant 35% de plus pour le SMIC et 55 % sur les SMAG (Salaire Minimum Agricole Garanti). L’action commune des OS avec les ouvriers qualifiés, les employés, les techniciens, et une partie des cadres avait été positive pour tous.

 

Deux exemples récents démontrent que les travailleurs les plus pauvres n’hésitent pas à s’engager dans l’action, nos camarades de Guadeloupe et de Martinique, encore plus mal payés qu’en métropole se sont engagés dans une lutte difficile et ils ont imposés les résultats que l’ont connait (44 jours de grève en Guadeloupe).

 

Depuis un an, les sans papiers ont aussi démontrés que des travailleurs mal payés et pauvres peuvent faire reculer Patronat et Gouvernement, il est vrai qu’ils ont le soutien de nombreux militants de la base, si bien que le Bureau Confédéral a du prendre le train en marche et soutenir la lutte des sans papiers !

 

Avant de conclure, je veux ajouter quelques mots sur les dizaines de milliers de salariés qui luttent, quelquefois depuis plusieurs mois, notamment dans la métallurgie, la chimie, l’enseignement, l’EDF, la santé, la poste etc. J’ai une pensée particulière pour les camardes de l’EDF qui vont recevoir pour le mois d’avril des fiches de paie amputée de 40 à 60 %. Je pense aussi aux enseignants qui depuis cinq ans, ont perdu la valeur de plusieurs semaines de salaires sans obtenir des résultats suffisants. Les directions confédérales portent une partie importante de la responsabilité de cette situation, jusqu’à présent, elles n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour réaliser le Tous ENSEMBLE, EN MEME TEMPS. En 1968, dans un contexte, avec des points communs avec celui que nous connaissons en 2009, la CGT n’a pas appelé à la grève générale mais nous avons distribués des millions de tracts appelant à la généralisation des grèves, le résultat fut concluant.

Il est grand temps que la Direction Confédérale entende cette volonté d’agir Tous Ensemble.

 

A de nombreuses occasions, nous avons imposé des acquis considérables, notamment en 1953, 1968, 1995. C’est possible, dès maintenant, à condition que la CGT retrouve ses couleurs.

J’ose espérer que ces aspirations qui grandissent partout à la base seront enfin entendues (…).

 


Cet article est le 54ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 22:55

Le traité de Lisbonne, point de passage obligatoire

 

Claude Nicolet (MRC) m’a alerté sur la parution d’un livre intéressant sur l’Europe. Terra Nova est un think tank progressiste indépendant ayant pour but de produire et diffuser des solutions politiques innovantes, en France et en Europe. Ses liens avec le PS sont de même nature que ceux de la Fondation Res Publica avec le MRC.

 

L’auteur du livre « L’Europe contre l’Europe » est le président de la Fondation Terra Nova, Olivier Ferrand.

Spécialiste de l’Europe, il a été conseiller du Premier ministre Lionel Jospin sur les affaires européennes, puis conseiller du Président de la Commission européenne Romano Prodi. Il a participé à l’élaboration du traité constitutionnel comme sherpa français, puis à la campagne politique du référendum comme responsable national du parti socialiste pour les questions européennes.

Résumé.

Aujourd’hui, l’Europe ne se heurte plus à la coalition des souverainismes, mais d’abord à elle-même. Ce sont les partisans de l’Europe qui pourraient bien en être les principaux fossoyeurs. Telle est la thèse paradoxale de ce livre. L’Europe d’aujourd’hui – ses méthodes, ses acteurs, ses politiques – se dresse contre l’Europe de demain. Elle menace de se diluer en une grande Suisse, ou de muter, avec la dynamique de l’élargissement, en une Europe-monde sans frontières.

Le mythe de l’Europe fédérale est-il mort ? Il y a un nouvel espoir. Le Parlement européen, le seul organe proprement démocratique de l’Union, a désormais les moyens d’un « coup de force » politique. A lui d’agir. A nous, la nouvelle génération européenne, de le mandater pour sortir l’Europe de l’ornière.

Europessimisme, eurosclérose, euroscepticisme. Crise des institutions, crise du projet, crise des frontières. Crise de la chaise vide, crise agricole, crise de l’euro… L’Europe a fabriqué pour désigner ses difficultés une palette linguistique presque aussi large que les Inuits pour décrire la neige.

Mais la crise actuelle de l’Europe est différente de toutes les précédentes. Elle traduit la bataille qui se noue, depuis le début des années 1990, autour du changement de nature de la construction européenne : la transition de l’Europe économique d’hier à l’Europe politique de demain. Et cette transition est en échec : l’Europe ne parvient pas à franchir le Rubicon fédéral.

  L’Europe contre l’Europe

1 - LA CRISE EUROPEENNE ACTUELLE : L’ECHEC DE L’EUROPE FEDERALE

2 - LES RAISONS D’UN ECHEC : L’EUROPE CONTRE L’EUROPE

3 - SORTIR DE LA CRISE : TROIS SCENARIOS POUR L’EUROPE DE DEMAIN

Lire ce texte et comparer avec les propositions du MRC (voir La médecine Chevènement : reconstruire l'Etat et l'Europe autrement  -  11 mai 2009).


Cet article est le 44ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 22:49

Quelle liste de gauche veut reconstruire l’Europe ?

 

Le communiqué de presse diffusé ce 14 mai par le MRC (voir Elections européennes : le MRC pour un vote blanc ou nul) est dans la droite ligne de la position prise par Jean-Pierre Chevènement lors du Conseil national du MRC le 22 mars.

Je n’avais pas approuvé celle-ci. Je n’ai pris aucune part dans la rédaction de celui-là. Néanmoins, le fait majoritaire s’impose à moi et je reconnais la position du MRC.

 

D’abord, il faut bien la comprendre. Le point de départ est l’adoption par le secrétariat national du MRC d’un texte de base présenté à la discussion avec les partis de gauche (voir Texte de base adopté par le MRC le 7 janvier pour les européennes (3) - 12 janvier 2009). Le PS ne répond pas. Des réunions ont eu lieu avec le PCF et le PG, qui s’étaient mis d’accord pour présenter des listes communes.

 

Ces discussions n’aboutissent pas à un accord (voir Européennes : le MRC rompt les négociations avec le Front de gauche - 22 mars 2009). Le Parti de Gauche ne souhaite pas dans son ensemble cette alliance avec le MRC, car il est plutôt tourné vers l’accueil des militants de la Gauche unitaire, membres du Nouveau Parti Anticapitaliste. En outre, des divergences sur la République et l’Europe sont bien réelles entre la majorité des alliés du Front de gauche et le MRC.

 

Il est clair que les positions développées par Jean-Pierre Chevènement (voir La médecine Chevènement : reconstruire l'Etat et l'Europe autrement - 11 mai 2009) ne sont pas bien reçues à gauche. Elles le sont beaucoup mieux dans des partis classés à droite, notamment Debout La République. Mais il ne pouvait être question, après le congrès de juin 2008, de rechercher d’autres alliances qu’à gauche, dans la perspective de la refondation de la gauche sur des bases républicaines.

 

Le problème du MRC, c’est de représenter insuffisamment la gauche républicaine (voir La gauche devrait mettre en avant Chevènement pour contrer Bayrou - 5 mai 2009). La gauche est dans une situation de faiblesse programmatique telle que Bayrou a de bonnes chances de la devancer au second tour de la prochaine élection présidentielle.

 

Le MRC offre un projet républicain de gauche pour la France et l’Europe, face à la politique néolibérale du pouvoir en place, que la gauche devrait saisir si elle veut avoir des chances de l’emporter en 2012.

 

Les élections européennes ne permettent pas d’avancer dans cette voie. C’est regrettable. On peut prévoir que les résultats, le 7 juin, seront, pour les partis de gauche, une incitation à réfléchir. Le MRC renouvellera son offre, face à une crise qui aura pris de l’ampleur.

 

Pour ma part, je continuerai le combat au sein du MRC avec Jean-Pierre Chevènement, car je suis persuadé que c’est à partir de là que la gauche doit trouver son avenir (voir Michel Sorin (MRC) : proposer le système républicain d'économie mixte - 3 mai 2009).

 

Cet article est le 27ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 18:20

Ne pas confondre besoins et désirs solvables

 

Depuis plusieurs mois, je n’ai pas trouvé l’opportunité d’aborder les questions énergétiques. Lacune que je rattrape ce 12 mai en évoquant le livre de Jean-Marc Jancovici, qui donne un délai de trois ans pour sauver le monde.

 

Je signale un article paru sur le site du quotidien Le Monde, le 21 avril, sous le titre Les antinucléaires ont-ils perdu la bataille de l'opinion ? J’avais constaté une évolution sur ce point, qui ne peut que faire plaisir aux membres du collectif Sauvons le climat, mais je me garderai bien de conclure que l’énergie nucléaire est bien acceptée en France et dans le monde.

 

Elle est mieux acceptée parce qu’elle apparaît comme une moins mauvaise solution, dans la mesure où il faut diminuer la consommation des énergies fossiles, en raison des gaz à effet de serre, et parce que les énergies renouvelables ne  peuvent répondre à tous les besoins, même si la consommation énergétique était freinée, comme il faut le souhaiter (voir sur ce blog MRC : la 3ème voie, réaliste, pour une politique énergétique de l'UE - 5 septembre 2008).

 

Pour introduire la lecture du livre de Jean-Marc Jancovici, je conseille l’article paru le 11 mai sur le site Rue89, sous la signature de Sophie Verney-Caillat (extrait) :

 

Jean-Marc Jancovici : « On vit à crédit écologique »

Dans « C'est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde », Jean-Marc Jancovici nous force à voir une vérité qui dérange : notre économie vit comme si l'énergie était infinie et bon marché. Continuer à l'ignorer, c'est aller au-devant d'un chaos certain. Entretien.

Jean-Marc Jancovici est le « monsieur crise énergétique » de Nicolas Hulot, dont il avait contribué au pacte écologique. C'est à ce titre qu'il a participé au Grenelle de l'Environnement dans le groupe « changement climatique ». Cet ingénieur polytechnicien partage aussi son temps entre l'enseignement, l'écriture, et sa société de conseil en réduction d'impact climatique pour les entreprises, Carbone 4 (fondée avec son co-auteur l'économiste Alain Grandjean). Il a aussi créé les outils permettant de faire son bilan carbone personnel.

Au fil de ses conférences, sur un ton jovial et spirituel, à la limite du moqueur, il répète que ce qu'il avance est « juste destiné à sauver la planète ». Pourquoi ? C'est très logique :

« Le prix de l'énergie conditionne la transformation du monde. Et si on n'a plus d'énergie abondante à un prix faible, l'économie freine. Or le prix du pétrole a été multiplié par dix entre 2000 et 2008. On l'avait tragiquement oublié. »(…)

  Cet article est le 43ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 21:07

 

Redonner vie à la citoyenneté et à la démocratie

 

La question de la participation des citoyens au scrutin européen commence à inquiéter la presse. L’article du quotidien Le Monde, ce soir, est très significatif à cet égard (voir L'UE craint une abstention massive aux européennes).

 

Le correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, dans un article paru sur son blog ce 11 mai, souligne les avancées réalisées grâce au Parlement européen sous la mandature 2004-2009 (voir Le Parlement européen, une législature au quotidien).

 

L’atonie citoyenne désole les partisans inconditionnels de l’Europe de Jean Monnet (voir l’article paru, hier, sur ce blog Les élections européennes, temps fort de l'information sur l'Europe - 10 mai 2009).

Mais la majorité présidentielle, en France, ne fait pas beaucoup d’efforts pour dissiper le malaise (voir, ce 11 mai, sur le site du Monde Européennes : service minimum du gouvernement contre l'abstention).

Belfort-6-7-09-08-010-T.jpgLa médecine Chevènement

 

Jean-Pierre Chevènement, depuis longtemps, a pointé les causes de cette situation, liées aux modalités, fort peu démocratiques, de la construction européenne et à la soumission de la puissance publique au marché.


Il en a conclu que l’Etat est à repenser, ainsi que le lien entre la puissance publique et le marché, ce qu’il appelle une politique de « salut public » pour la France et pour l’Europe.

 

Jean-Pierre Chevènement, le 6 09 2008, à Belfort, à la Citadelle (soirée de l'université d'été du MRC) avec le député européen Die Linke Andre Brie, invité.

 

La France, au feu de la crise, doit réactiver sa souveraineté qu’elle a confiée aux « eurocrates », porteurs de la doctrine du libre-échange, et aux milieux financiers, qui ont imposé un mondialisme inégalitaire.

 

Comment pourra-t-elle récupérer sa souveraineté ? En reconstruisant l’Europe sur la base de choix cohérents.

 

Espace économique homogène en matière de normes et système monétaire européen accompagné de politiques coopératives (budget, fiscalité, industrie, protection vis-à-vis de l’extérieur, politique de change), telles sont les orientations à retenir, impossibles à mettre en œuvre dans la composition actuelle de l’Union européenne.

 

Le principe est la reconquête de la responsabilité de l’Etat et la reconstruction de l’Europe sur la base de la souveraineté des nations et d’une construction européenne à géométrie variable, ce qui implique l’existence d’un bloc continental (incluant la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie) cimenté par une politique de développement industriel et technologique, et par un partenariat stratégique avec la Russie.

 

La reconquête de la souveraineté, qui nécessite de gros efforts dans la longue durée, est le seul moyen de redonner vie à la citoyenneté et à la démocratie, en France comme en Europe.

   

Cet article est le 43ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 22:39

Le pouvoir européen
une nébuleuse pour les citoyens



Le Parlement européen  (voyage d'étude AFLEC, 4 décembre 2008, Bruxelles)

 

Il y a beaucoup de critiques à formuler à l’encontre de l’Europe, mais encore faut-il faire un effort pour comprendre ce qu’elle est devenue depuis le 9 mai 1950*, date retenue comme étant le début de la construction européenne - voir Fête de l'Europe (9 mai).

 

Fêter l’Europe, c’est d’abord en parler sérieusement. Ainsi, l’article paru hier (voir Démantèlement de la PAC : l'Union européenne persiste dans l'erreur - 9 mai 2009).

 

* 9 mai 1950 : à l’initiative de Jean Monnet, la France (Robert Schuman) propose à l’Allemagne la mise en place d’une autorité commune pour le charbon et l’acier, ouverte aux autres pays d’Europe.

 

Voir l’article Formation citoyenne Histoire UE - MRC 53 - février 2005, rappel historique des grandes étapes de la construction européenne,complété par l’article Ratification du traité de Lisbonne : six Etats membres de l'UE en rade - 8 février 2009.

 

On a tendance à retenir les aspects pittoresques des initiatives européennes, par exemple celle concernant le vin rosé d’assemblage (voir Le vin rosé d'assemblage, initiative européenne de bien mauvais goût - 18 avril 2009).

 

… A ce propos, tout s’explique : Vin coupé : le négociateur français travaillait pour le lobby des importateurs (Observatoire de l’Europe, 29 04 09).

 

Mais la réalité européenne est fort complexe. Essayons d’aller à l’essentiel. D’abord, qu’en est-il de la campagne pour l’élection des députés au Parlement européen ? Le journaliste Eric Dupin a l’esprit de synthèse et d’objectivité. Il a fait le point sur son blog Les murmures d'Eric Dupin, le 4 mai : voir Batailles du 7 juin.

Voir, sur le même registre, la grille d’analyse présentée par Malakine, le 6 mai, sur le site de Marianne Le Front de gauche à la conquête de l'Europe.

 

On peut aussi consulter le blog du correspondant de Libération à Bruxelles : voir Européennes : l'UMP toujours largement en tête (5 mai, Jean Quatremer).

 

Par ailleurs, est parue ce jour sur le site Rue89, le premier article concernant les élections dans les autres pays d’Europe. Voir En images, ces débats qui agitent l'Europe en campagne (1/3)

Du 4 au 7 juin, les Européens vont élire leurs représentants à l'Europarlement, même si l'apathie générale fait oublier que l'Europe est en campagne électorale. A quelques semaines du scrutin, partout dans l'Union, les politiques tentent laborieusement de mobiliser des électeurs largement tentés par l'abstention dans l'ensemble de l'Europe (66% d'abstentionnistes possibles selon le dernier Eurobaromètre).

Tour d'horizon des thèmes de campagne, qui doivent partout à la politique intérieure de chaque Etat, peu à l'Europe elle-même : Royaume-Uni : les eurosceptiques se mobilisent ; Pologne : Lech Walesa sème le trouble ;  Allemagne : Le SPD tente de rebondir ; Italie : Voter Berlusconi ou ne pas voter Berlusconi ; Espagne : Si, podemos ! 

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89 : Le blog des élections européennes

La réflexion de Slovar, chroniqueur associé du site Marianne, le 6 mai, est intéressante : voir Les élus européens sont-ils des nains politiques ?

Enfin, deux sources critiques :

- l’une d’un acteur engagé dans la campagne, Nicolas Dupont-Aignan, qui déclare sur le site de Debout La République : "Je ne serai jamais le flotteur droit de Nicolas Sarkozy"

Dans un chat réalisé par Lemonde.fr, le 7 mai, NDA précise face aux internautes le sens de la campagne européenne de DLR et précise, notamment, ses différences avec d'autres listes.

- l’autre, du site Le vrai débat : Droite et gauche votent ensemble 97% des textes au parlement européen

Dans 97% des cas en 2008, le PSE (parti socialiste européen, au sein duquel siègent les socialistes français) et le PPE (parti populaire européen, dont l'UMP) ont voté dans le même sens les textes qui leur étaient soumis au parlement européen. Soit 10 votes différents seulement sur un total de 535. C'est le résultat d'une étude dont les détails seront prochainement publiés.

Cet article est le 26ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 17:41

L’apport de la PAC :

une alimentation sûre, des prix stables

 

Tranquillement, la Commission européenne continue son travail de sape de la Politique Agricole Commune. Elle veut faire table rase de toutes les réglementations qui avaient été mises en place dans les années 1960, 1970 et au début des années 1980 (quotas laitiers).

 

Les ministres de l’agriculture ne la dissuadent pas. Michel Barnier et la présidence tchèque de l’Union européenne en sont réduits à constater que, grâce à la PAC, le secteur agricole résiste mieux à la crise que les autres activités, de « nombreux mécanismes » d’aide constituant autant d’amortisseurs (Ouest-France, Luc Vernet, 24 mars 2009).

 

La Commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fisher Boel, a rappelé qu’il n’était pas question de sauver les quotas laitiers

« Laissez-moi être claire comme du cristal, c’est non, non, non et non ».

 

Les producteurs sont consternés devant la façon dont est gérée la politique laitière. Du jamais vu. L’Europe a renoncé à réguler les marchés agricoles. Les quotas laitiers, augmentés de 1% par an, ne servent plus à rien.

 

Fin 2007, la France manquait de lait, d’où une incitation à produire. Fin 2008, trop de lait, les prix s’effondrent. Comme l’écrivait Hervé Plagnol dans Ouest-France, le 6 janvier 2009 

« Il faudra désormais avoir les nerfs solides pour être paysan. Au cours d’une année, les cours d’un produit peuvent varier du simple au double ».

 

Selon le même quotidien régional, le 8 mai, la Confédération paysanne annonce des prix en forte baisse, autour de 0,215 euro le litre, soit 30% de moins qu’en avril 2008.

 

La Fédération nationale des coopératives laitières attire l’attention des pouvoirs publics et de la Commission européenne « sur les causes de l’extrême volatilité des cours des produits industriels : les outils de régulation européens sont neutralisés, voire supprimés ».

 

Dans l’édition du 5 mai de ce journal, Marcel Denieul, président de l’interprofession laitière de l’Ouest, faisait ce constat alarmant dans la filière laitière

« L’Europe à 27 n’est pas construite et s’aligne sur le plus petit dénominateur commun. L’évolution de la PAC semble dictée par des géants, comme Arla et Campina ».

 

Les responsables agricoles sont tous d’accord sur un point. Les politiques français doivent retourner au charbon pour défendre la PAC à la française, sinon elle ne résistera pas aux révisions budgétaires de l’après 2013.

 

Le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, quittera ses fonctions après les élections européennes. Dans L’Avenir agricole daté du 24 avril 2009, il mettait en garde contre « un risque de surproduction. La production laitière est extrêmement fragile, extrêmement volatile ».

 

Pour sa part, dans le même hebdomadaire régional d’informations générales et agricoles, basé à Laval, édition du 8 mai (voir L'AVENIR AGRICOLE EN LIGNE), la Confédération paysanne, qui tenait son congrès les 28 et 29 avril, revendique « des outils efficaces de maîtrise de la production tels que les quotas laitiers, les droits à produire gérés administrativement, qui existent et sont à conforter et non pas à démanteler ».

 

Le syndicat préconise aussi de « supprimer les restitutions aux exportations qui font beaucoup de mal aux pays en développement » et créer des outils en productions porcine et céréalière qui « permettent d’avoir des prix plus réguliers dans l’intérêt de tous, producteurs et consommateurs ».

 

Voir un bon article de Laetitia Clavreul, paru le 7 mai sur le site du quotidien Le Monde : La politique agricole commune est l'affaire de tous, par Laetitia Clavreul

 

Pour en savoir plus sur la PAC : Toute l'Europe: La politique agricole commune (PAC)

 

JC Kroll et A Trouvé proposent de changer profondément la PAC - 5 février 2009

Intervention prononcée par Michel Sorin, Ingénieur agronome, responsable des questions agricoles au MRC, lors de la table ronde "Quelle politique agricole au défi de la crise alimentaire mondiale ?" organisée par la Fondation Res Publica le 9 juin 2008.

 

Cet article est le 125ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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