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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 22:55

La gauche républicaine, chaînon manquant de Chevènement


Alors que les élections européennes sont dans un mois et qu’il reste normalement trois ans de mandat au président de la République en place, le quotidien Libération vient de lancer une vigoureuse campagne en faveur de François Bayrou.


Dans un éditorial, hier 4 mai, Laurent Joffrin pose la question Comment battre Nicolas Sarkozy ? 

Sa réponse est claire : en rassemblant « les forces écologistes, les socialistes à l’ancienne comme Jean-Luc Mélenchon, le PS, les partisans de François Bayrou et même les gaullistes sociaux et républicains tentés par un Dominique de Villepin ».


Réponse de Benoît Hamon, porte-parole du PS, sur le même site de Libération, hier (voir Faut-il s'allier avec Bayrou ? Le débat agite le PS) : « Moi, je suggère à tous les socialistes qu’on s’attache d’abord à rassembler la gauche, à réunifier notre camp pour que le second tour soit un second tour socialistes contre Sarkozy et que nous l’emportions ».



Jean-Pierre Chevènement, le 22 juin 2008,
à l'issue du congrès du MRC, au Kremlin-Bicêtre


On voit bien que Libération cherche à favoriser le rapprochement de tous les anti-Sarkozy qui ont les mêmes conceptions de l’Europe, plutôt fédérale et intégrée, c’est-à-dire privilégiant la démarche communautaire portée par la Commission et le Parlement au sein des institutions européennes.


Je puis témoigner des sentiments profondément anti-Sarkozy des fonctionnaires de la Commission à Bruxelles. Car le président de la République a le tort, selon eux, de prendre appui sur les Etats et de mépriser les rouages communautaires de la construction européenne.


Quand Bayrou dit qu’avec Sarkozy, la France n’est plus la France, il pense en réalité que la France ne porte plus le projet européen communautaire. C’est cela qui est lui insupportable.


Pourquoi le PS ne parvient-il pas à prendre le dessus dans les sondages sur Bayrou ?
Parce qu’il ne se distingue pas de lui dans son projet politique réel sur l’essentiel, qui est la France dans l’Europe.


Le PS ne pourra coincer Bayrou que s’il s’en distingue vraiment
. En revenant à un projet républicain pour la France.

Le PS et la gauche, pour revenir à l’essentiel et regagner la confiance des citoyens, ont une solution à leur portée : se tourner vers Chevènement.


Bayrou et Chevènement sont les deux recours face à Sarkozy en 2012
.

- Le premier est le recours de droite pour revenir au consensus droite-gauche d’avant 2007 et sauver l’Europe giscardienne du traité constitutionnel européen.

- Le second est le recours de gauche pour refonder la France républicaine et réorienter l’Europe, afin qu’elle joue son rôle face à la crise du capitalisme.


Chevènement réunit les cadres du MRC

 

Demain, à partir de 18h, Jean-Pierre Chevènement réunit les cadres nationaux du MRC. Il veut que notre Mouvement se détermine en faveur d’une stratégie opérationnelle face à la crise profonde à laquelle le monde est confronté.

 

Comment imaginer la future sortie de crise, en sachant les écueils que sont l’Europe actuelle, la doctrine du libre-échange et le système monétaire (voir Débat sur le G20 au Sénat : Chevènement évoque trois tabous à lever - 30 avril 2009) ?

 

Comment voir l’avenir de la France ? C’est la grande question pour 2012.

 

Quelle stratégie pour le MRC ?

 

J’aurai la possibilité d’exprimer mon point de vue, après l’exposé de notre président. J’ai déjà dévoilé des éléments (voir Michel Sorin (MRC) : proposer le système républicain d'économie mixte - 3 mai 2009).

 

Trois éléments sont fondamentaux et indispensables : une bonne analyse de la crise, la personnalité de Jean-Pierre Chevènement, le peuple français. C’est ce dernier, le chaînon manquant, c’est-à-dire les citoyens, qu’il faut rendre présent dans notre dispositif.

 

Lors de notre congrès, en juin 2008, au Kremlin-Bicêtre, nous avons adopté, à l’unanimité, une stratégie : la refondation de la gauche sur des bases républicaines. Ce qui fait défaut, ce sont les moyens nécessaires pour entrer en contact avec les citoyens et mener le combat politique de terrain.

 

Nous sommes dans la situation d’une entreprise qui aurait un bon produit, mais qui n’aurait pas les moyens de distribution lui permettant de toucher le consommateur final.

 

Jean-Pierre Chevènement a su, par son talent, se donner les moyens, avec la Fondation Res Publica et son élection au Sénat, de produire des textes de très haut niveau, appréciés comme tels au niveau de nombreuses personnalités nationales et internationales.

 

Il manque l’organisation politique de la gauche républicaine, qui lui permettrait de porter ses idées auprès des français et de faire remonter celles des citoyens vers les responsables, au côté de lui.

 

Nombreux sont les militants qui m’ont fait savoir à quel point ils sont déçus par notre non participation sur des listes aux élections européennes. Certains sont à la limite de la rupture avec le MRC, à cause de son absence de visibilité nationale et locale.

 

Demain, j’espère que Jean-Pierre Chevènement aura cela en tête au moment où il accueillera les secrétaires et délégués nationaux du MRC.

 

Cet article est le 28ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 18:01

En attendant une répartition plus juste de ces aides

Bruxelles-AFLEC-3-41208-006-Parlement-europ-en.jpgLa Commission européenne avait annoncé le 19 mars 2007 qu’au printemps 2009 les Etats membres de l’Union européenne devraient publier la liste détaillée de tous les bénéficiaires des subventions agricoles au niveau national. Cette obligation était assortie de la mise en place sur Internet d’outils permettant de connaître le montant des fonds reçus par personne.

En France, le ministère de l’agriculture applique les textes européens, ce qui n’est pas le cas en Allemagne. En cliquant sur www.telepac.agriculture.gouv.fr, on trouve le montant des aides directes par entreprise et le montant des aides au développement rural.

 

Xavier Bonnardel dans Ouest-France, le 30 avril, commentait l’évènement :

 

En France, on joue le jeu. Sans enthousiasme. « On applique les textes, commente le ministère de l'Agriculture. Il y a besoin de rendre la Pac plus légitime. Les contribuables veulent qu'on leur rende des comptes sur l'utilisation de leur argent », confie un fonctionnaire.

Les agriculteurs font la grimace : « Si on montre du doigt des chiffres bruts, sans information sur l'exploitation (le nombre de personnes qui y travaillent, les productions en crise), on risque d'allumer des polémiques stériles », redoute Joël Limouzin.

Selon le président de la FRSEA des Pays de la Loire, une mise en perspective s'impose : « Avant, le soutien à l'agriculture se faisait par les prix et ça ne choquait personne. En 1992, l'Europe a décidé de baisser les prix agricoles et de verser aux agriculteurs des aides compensatoires pour préserver leur compétitivité. »

Voir aussi Aides agricoles : pas que des paysans

 

On comprend mieux pourquoi Michel Barnier tenait tant à amorcer la réorientation des aides (voir sur ce blog La réorientation des aides publiques aux agriculteurs est un bon début - 17 avril 2009).

Le ministre de l’agriculture (jusqu’aux élections européennes) sait bien qu’elles sont très inégalitaires et injustes, figées par des calculs prenant en considération la répartition historique des aides aux exploitations.
 

Laetitia Clavreul, sur le site du quotidien Le Monde, le 29 avril, expliquait les réactions des agriculteurs : Les subventions aux agriculteurs rendues publiques (extrait).


(…) En moyenne, les agriculteurs reçoivent 20 300 euros par an, et les subventions représentent souvent bien plus que leurs revenus. Mais ils savent que leurs voisins, leurs ennemis et même leurs amis iront voir combien ils touchent, et les prendront à partie. Pourtant, ce système, qui devait compenser l'alignement des prix européens sur les cours mondiaux, ils ne l'ont pas choisi. Beaucoup disent leur crainte de "trinquer" à cause des gros bénéficiaires, la publication des aides sans explication servant les intérêts des « anti-PAC ».


Mais la transparence sera-t-elle totale ?
Pas si simple. Certains bénéficiaires pourront rester discrets, car il ne sera pas facile de distinguer qui se cache derrière certaines sociétés, et encore moins de savoir combien un même individu en détient, ce que ne révélera pas le moteur de recherche. Le ministère disait, mardi 28 avril, se refuser à publier une liste des principaux destinataires, et voulait se contenter de répondre à l'obligation de mettre en place "un outil de transparence". Mais les équipes du ministre de l'agriculture, Michel Barnier, lui ont préparé le terrain en décryptant les données à l'avance. Il sera en outre moins difficile pour le ministre de justifier les aides, puisqu'il a, en février, annoncé leur rééquilibrage.


Les données révélées jeudi ne devraient pas manquer de surprendre
. On trouvera parmi les plus aidés, non des agriculteurs, mais des entreprises des secteurs laitier, volailler ou porcin, qui touchent différentes aides, dont des soutiens à l'exportation. Certains montants pourraient s'élever à plusieurs millions d'euros. Chez Lactalis, par exemple, on relativise. La somme qui sera publiée sera à mettre en relation avec les "10 milliards de chiffres d'affaires" de la société, souligne Luc Morelon, porte-parole. "Le grand public sera capable de comprendre", juge-t-il. On trouvera aussi des associations, comme les Restos du coeur, qui touchent des subventions pour l'aide alimentaire. Les fonds de la PAC, caverne d'Ali Baba, servent aussi à cela.

Pour sa part, Eric de la Chesnais, sur le site du Figaro, avait abordé cette question dès le 15 décembre 2008 : Le Figaro - Economie : PAC : les primes versées.    

   Cet article est le 124ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 16:56

Le MRC doit présenter son projet politique aux citoyens

 

Je continue de réfléchir aux propositions que je présenterai lors de la réunion de réflexion que la direction du MRC organise le 6 mai (voir sur ce blog Michel Sorin plaide pour un MRC plus proche des attentes populaires - 24 avril 2009).

 

Nous avons une place particulière dans le paysage politique français, une petite place, certes, mais que nous devons mieux occuper et faire connaître.

 

Nous sommes le parti de la République et du progrès social. Cela signifie que nous voulons associer République et un système mixte, dans lequel les moyens de production sont possédés, pour l’essentiel, par des capitaux privés, mais aussi des capitaux publics quand il s’agit d’activités liées directement à l’intérêt général de la société.

Autrement dit, nous associons les deux systèmes, capitaliste et socialiste, mais en mettant en avant la maîtrise par les citoyens de leur avenir, y compris en ce qui concerne la gestion de l’économie, considérant que, selon le contexte historique et géographique, il revient au pouvoir politique (l’Etat) de décider démocratiquement de la meilleure combinaison du moment pour faire fonctionner l’économie au mieux, en termes d’efficacité et d’intérêt général.

Les qualificatifs capitaliste et socialiste ne peuvent caractériser correctement le système républicain d’économie mixte (privée, mutualiste, coopérative, publique…) que nous préconisons, le capitalisme et le socialisme pouvant être définis de la façon suivante :

Capitalisme : les détenteurs de capitaux, possesseurs (à titre privé) des moyens de production, contrôlent le pouvoir économique et financier. Celui-ci maîtrise le pouvoir politique, par le biais de l’Etat (cas des USA et… de la France). Quand les grands moyens de production sont nationalisés, on peut parler de capitalisme d’Etat (cas actuel de la Chine).

Socialisme : les principaux moyens de production sont possédés et gérés par la collectivité (la nation, ou les collectivités locales ou territoriales). Dans ce cas, le pouvoir politique issu de la société maîtrise directement l’ensemble de l’économie.

Aujourd’hui, le socialisme n’est pas à l’ordre du jour, mais le capitalisme s’est dévoyé sous l’impulsion de l’idéologie néolibérale des années 1980 (Reagan, Thatcher) et en l’absence d’alternative, depuis la reddition du pseudo socialisme d’Etat de l’URSS, à la fin de ces années 1980 (l’Etat étant lui-même contrôlé par un seul parti, le parti communiste).

On peut considérer que les deux systèmes ont échoué, l’un (le socialisme d’Etat) par dérive bureaucratique et totalitaire, l’autre (le capitalisme financier) par dérive néolibérale. C’est un échec, mais ce n’est pas la mort de ces deux systèmes. Le socialisme reste une utopie, ou un objectif à très long terme. Le capitalisme reste ultra dominant dans le monde actuel.

Le Parti socialiste a été créé pour mettre fin au capitalisme. Lors de sa refondation, en 1971, son nouveau dirigeant, François Mitterrand, affirmait qu’adhérer au PS, c’était vouloir rompre avec le capitalisme. Elu chef de l’Etat, en 1981, il se heurtait à un capitalisme revanchard, dopé à l’idéologie néolibérale, et ne voyait d’autre solution que la fuite en avant dans une Europe fort accommodante avec le néolibéralisme.

Le PS a accompagné cette évolution, se plaçant en contradiction flagrante avec ses buts initiaux. Il soutient le capitalisme et l’Europe, se limitant à vouloir préserver un vernis social qui ne trompe que les croyants inconditionnels.

En France, les deux principaux partis de gauche, le PS et le PCF, n’ont pas de vision claire de l’avenir, tant leur passé est lourd à porter. Ils ne s’en sortiront pas seuls, sans un aiguillon extérieur qui les aide à refonder la gauche.

A vrai dire, il y a deux aiguillons potentiels : le MRC et le Parti de Gauche, animés par Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Mélenchon.

- Le premier a opté pour la refondation de toute la gauche, incluant le PS et le PCF. Le second s’est allié au PCF en vue de rassembler la gauche de la gauche, dans un premier temps, afin d’établir un rapport de forces avec le PS, dans le cadre d’une future alliance à gauche, dans un second temps.

- Le premier est plus familier du pouvoir d’Etat et du mouvement républicain d’en haut pour aboutir à ses fins. Le second privilégie le mouvement social d’en bas et ce qu’il appelle « l’insurrection civique » pour atteindre son objectif.

Les deux aiguillons pourraient-ils se rapprocher, après les élections européennes, constatant leur complémentarité dans le cadre de la perspective du rassemblement de la gauche ? On peut le souhaiter mais en douter, compte tenu des divergences, qui ne sont pas nouvelles, mais qui sont apparues au grand jour au moment des négociations entre le MRC et le Front de gauche.

Que doit faire le MRC pour être utile et partie prenante dans la recomposition de la gauche ?

Le PS et le PCF n’ont pas d’avenir dans leur état actuel. Le PS sort de la faillite néolibérale dans un état comparable à celui de la SFIO après la guerre d’Algérie. Il a besoin de se ressourcer au contact de forces politiques qui ont résisté au néolibéralisme. Le MRC peut l’y aider, à condition de préciser son propre projet et de s’organiser de manière efficace.

Je propose, donc, de réfléchir au contenu de notre système républicain d’économie mixte, s’inscrivant dans une perspective socialiste, mais se réalisant dans un présent et un avenir, à court terme, qui restera capitaliste. Il faut impérativement associer République et progrès social, ce qui implique de remettre en cause le capitalisme sous sa forme actuelle et l’orientation néolibérale et atlantiste de la construction européenne.

Jean-Pierre Chevènement, dans son intervention au Sénat le 30 avril (voir Débat sur le G20 au Sénat : Chevènement évoque trois tabous à lever - 30 avril 2009), a pointé sur quoi doit porter la rupture avec le système actuel, qui a failli : la propriété des banques, la régulation du commerce international, une nouvelle monnaie de réserve.

 

Patrick Quinqueton avait proposé des éléments pour actualiser notre projet politique (voir Face à la crise, le MRC prépare les éléments d'un projet politique - 17 novembre 2008). En voici les grands titres. Ils devront être développés en tenant compte de l’évolution de la crise.

 

ELEMENTS POUR UN PROJET POLITIQUE

 

Un monde nouveau et multipolaire

 

La mondialisation sans règles, à partir du leadership américain, a vécu. Les issues n’en sont pas évidentes pour autant, dès lors que l’élection du nouveau président des Etats-Unis peut fonctionner comme une relégitimation du leadership américain, sans pour autant s’accompagner des changements indispensables. Pourtant, tout devrait nous conduire vers un monde multipolaire.

 

1 – Une nouvelle ONU, plus légitime donc plus  efficace
2 – La reconstruction du système financier mondial 

3 – Un commerce doté de clauses sociales et environnementales  

4 – Des groupements géographiques d’Etats souverains 

5 – Une action politique commune et concertée contre le terrorisme  

6 – Le dialogue entre toutes les civilisations 

7 – Des politiques migratoires négociées et organisées 

8 – Un nouvel équilibre stratégique respectant l’indépendance de la France 

9 – L’action sans exclusive pour le développement humain 

 

Une phase radicalement nouvelle de l’histoire européenne


La capacité propulsive de l’Europe de Bruxelles a vécu. Et pourtant, jamais autant qu’aujourd’hui le besoin d’une action commune des nations européennes n’a paru plus indispensable.

 

1 – Un vrai gouvernement économique de la zone euro 

2 – L’ouverture et la coopération avec la Russie et en Méditerranée 

3 – L’objectif de la sécurité d’approvisionnement en énergie 

4 – De grands travaux pour les territoires de l’Europe 

5 – L’agriculture orientée vers la sécurité alimentaire 

6 – L’appui et non l’entrave aux services publics et d’intérêt général 

7 – Une politique commerciale qui protège notre modèle de développement 

8 – Une alliance équilibrée entre les grands pays européens et l’Amérique 

 

Un projet pour la France qui rassemble les français

 

Il est temps de trouver des motifs de vivre ensemble dans le monde d’aujourd’hui, de trouver une signification nouvelle au « rêve français ». Nous devons nous appuyer, à l’intérieur et à l’extérieur, sur la capacité propulsive de la révolution française, et notamment de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il faut sortir du discours moraliste « citoyen » pour donner un contenu précis à cette qualité, en introduisant des rites citoyens qui aient un sens à notre époque (cérémonies d’admission des nouveaux citoyens, service national, vote obligatoire, etc.).

 

1 – Les services publics, outil de l’intérêt général 

2 – Un impôt franchement redistributif et assumé par tous 

3 – L’égalité des droits entre les citoyens, quelle que soit leur origine 

4 – Un nouveau dynamisme des institutions 

5 – Des collectivités locales, parties prenantes de la puissance publique 

6 – Un nouveau service civique, qui rassemble chaque génération 

7 – La sécurité sociale sauvegardée et étendue à de nouveaux domaines 

8 – L’égalité entre les hommes et les femmes, en France et ailleurs 

9 – Un vrai travail sur l’histoire commune de la France 

 

Un modèle de développement résolument tourné vers l’avenir

 

Le pari sur l’intelligence est ce qui permettra à la France de rester dans le peloton de tête des nations industrialisées et ce qui permettra à tous les français de prendre leur part à la réussite collective.

 

1 – L’école pour tous, outil de savoir et d’émancipation 

2 – La reconnaissance financière de la valeur du travail 

3 – La recherche et la culture, facteurs de croissance et de développement 

4 – L’industrie, objectif d’action des partenaires sociaux 

5 – La nationalisation, instrument au service de la politique industrielle 

6 – L’égal accès des jeunes à la vie sociale et professionnelle 

7 – La construction de logements répondant aux besoins 

8 – Des réseaux numériques tournés vers le progrès de chacun et l’accès de tous 

9 – Un système de santé de bonne qualité pour tous 

 

Cet article est le 27ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 17:24

Les syndicats, moins unis, à la croisée des chemins

 

1er-mai-2009-a-Laval-003-T.jpgCe 1er mai était un mutant. Rien à voir avec la grippe, à première vue. Et, pourtant, le pouvoir politique pourrait bien être confronté à un virus social, dont il aura du mal à se défaire.

 

Un mutant, parce que, hier, ce n’était pas un 1er mai traditionnel. D’ailleurs, en Mayenne, il n’y avait pas de manifestation le 1er mai (sauf en 2002, mais il y avait des raisons particulières, liées au contexte électoral, entre les deux tours de l’élection présidentielle).

 

Un mutant, parce que ce 1er mai était dans la continuité des mobilisations sociales des 29 janvier et 19 mars (voir 1er mai pour une politique fondée sur la justice et la solidarité - 29 avril 2009). Mais il n’avait pas la tonicité de ces dernières. C’était le début d’un long week-end, ce qui n’est pas favorable à la mobilisation.

 

Le quotidien Ouest-France, ce 2 mai, a probablement surestimé la participation à Laval :

De 4 000 à 4 500 personnes pour un 1er mai revendicatif

Lire également la page nationale de OF : La crise dope le traditionnel rendez-vous du 1er Mai.

 

En Mayenne (voir photo), il manquait l’une des huit centrales syndicales. Force Ouvrière avait refusé de s’y associer, considérant qu’une procession tous les deux mois ne peut faire plier le gouvernement et le patronat. A noter que cette absence touchait une quarantaine de départements, mais, pas Paris. La position de FO avait été indiquée par son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, le 1er mai, sur le site de Marianne Mailly veut la grève générale mais rejette le NPA.

 

Au niveau national, dès hier soir, le site Rue89 révélait 1er Mai: plus de monde qu'en 2008, moins que le 19 mars.

 

Ce qui était confirmé par Libération, ce 2 mai. François Wenz-Dumas considère que la mobilisation en demi-teinte pourrait infléchir la stratégie des syndicats. Voir Un 1er Mai moins historique qu’espéré.

 

L’Humanité, ce 2 mai, affirme Premier mai : la force de l'unité et Le Monde voit plus loin La rentrée, véritable échéance pour la crise sociale.

 

La suite ?

« Les syndicats se retrouveront lundi pour en discuter. Un avenir délicat, après déjà trois manifestations unitaires réussies : 29 janvier, 19 mars et 1er mai, qui n'ont pas fait beaucoup ciller le gouvernement » (Ouest-France).


« Solidaires et FO prônent une journée de grève générale et de manifestations en semaine, en mai ou en juin. La FSU n’est pas contre, mais propose aussi une grande manifestation nationale un week-end. Les cinq autres ne veulent pas de la grève générale, et pourraient donc reprendre cette idée d’une manifestation unique un week-end. Personne en tout cas ne veut prendre le risque de voir une nouvelle journée d’action sur le modèle des trois précédentes mobiliser moins que ce 1er mai 2009 » (Libération).


Cet article est le 53ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie
.

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 20:15

Le MRC et Chevènement, la crise et le G20, principaux titres

 

Depuis 20 mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent).  C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités.  

 

Les titres en avril se répartissent ainsi :

 

- Le MRC et Jean-Pierre Chevènement (9 articles),

- La crise économique et sociale, le G20 (8 articles),

- L’agriculture, le vin et la pêche (4 articles),

- Les retraites et la santé (3 articles)

- Les déclarations et les réformes Sarkozy (3 articles),

- Le Parlement européen (1 article),

- Le football anglais et le néolibéralisme (1 article),

- France Palestine Solidarité 53 (1 article).

 

Depuis près de trois ans, 1131 articles - classés en 50 catégories - sont parus sur ce blog.

 

 

Titres des articles parus en avril 2009 sur http://mrc53.over-blog.com

 

30 avril 2009 - Débat sur le G20 au Sénat : Chevènement évoque trois tabous à lever

 

30 avril 2009 - Le personnel des hôpitaux publics fait de la résistance à la loi HPST

 

29 avril 2009 - 1er mai pour une politique fondée sur la justice et la solidarité

 

28 avril 2009 - Gérard Beillard (MRC 53) à propos des retraites : s'inspirer de la CGT

 

27 avril 2009 - Les pensions de retraite sont garanties jusqu'à la fin 2010, pas après

 

26 avril 2009 - En France, les jeunes sont de plus en plus touchés par le chômage

 

25 avril 2009 - Colloque de la Fondation Res Publica sur le libre-échange le 27 avril

 

24 avril 2009 - Michel Sorin plaide pour un MRC plus proche des attentes populaires

 

23 avril 2009 - Jean-Pierre Chevènement, un homme d'Etat, dans Le Nouvel Economiste

 

22 avril 2009 - Michel Sorin : le MRC doit s'accorder sur une stratégie opérationnelle

 

21 avril 2009 - Le capitalisme pourrait ne pas survivre, miné par la crise financière

 

20 avril 2009 - La réussite des clubs anglais de football est liée au néolibéralisme

 

19 avril 2009 - Les faux pardons de Royal en réponse aux vraies bourdes de Sarkozy

 

18 avril 2009 - Le vin rosé d'assemblage, initiative européenne de bien mauvais goût

 

17 avril 2009 - La réorientation des aides publiques aux agriculteurs est un bon début

 

16 avril 2009 - Les quotas de pêche 2009, remis en cause par les artisans pêcheurs

 

15 avril 2009 - Face à la crise, 12 députés et 12 sénateurs confrontent leurs idées

 

14 avril 2009 - Les eurodéputés : toujours plus d'atlantisme et de néolibéralisme

 

13 avril 2009 - AG de la Confédération Paysanne 53 : l'exposé de Lucien Bourgeois

 

12 avril 2009 - G20, Londres : sauver les banques et le libre échange, ne rien changer

 

11 avril 2009 - Le monde du travail vers des luttes sociales efficaces et radicales

 

10 avril 2009 - Patrick Quinqueton, MRC : la crise économique, le social, le politique

 

9 avril 2009 - Gauche Avenir propose une méthode pour un nouveau Front populaire

 

8 avril 2009 - Européennes : la position du MRC 17 après la décision du MRC national

 

7 avril 2009 - Réforme territoriale : Les Verts avec Balladur, Chevènement contre

 

6 avril 2009 - Alliance atlantique OTAN : la France s'est rangée derrière l'Amérique

 

5 avril 2009 - G20 : la refondation du système monétaire international, non abordée

 

4 avril 2009 - Michel Sorin : de nombreux indices d'une situation prérévolutionnaire

 

3 avril 2009 - Finance mondiale : les grands Etats corrigent certains abus du système

 

2 avril 2009 - Laval : l'association de solidarité France Palestine Mayenne, relancée

 

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 22:32

Sur le gril : les banques, le libre-échange, le dollar

 



Jean-Pierre Chevènement, le 6 septembre 2008, à Belfort, lors de l'université d'été du MRC, en conversation avec André Brie, député européen allemand, dirigeant de Die Linke



Visiblement, Jean-Pierre Chevènement est heureux d’être dans les 12 sénateurs membres, avec 12 députés, du groupe de travail parlementaire sur la crise. Il est intervenu, ce 30 avril, dans le débat organisé par le Sénat, après le G20 à Londres (voir G20, Londres : sauver les banques et le libre échange, ne rien changer - 12 avril 2009 - sur ce blog).

 

Avant d’en venir à ce qu’il a dit à la tribune du Sénat, un mot sur le colloque que la Fondation Res Publica a organisé le 27 avril (voir Colloque de la Fondation Res Publica sur le libre-échange le 27 avril - 25 avril 2009 - sur ce blog).

 

Sur le site de Marianne, le 29 avril, a été présenté un résumé de la première partie de l’intervention de Hakim El Karaoui : La crise est d'abord celle de la mondialisation.

 

Voici le texte de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, que l’on trouve sur son blog (cliquer sur le titre).

 

Dans le débat sur le G20, trois tabous à lever : la propriété des banques, la régulation du commerce international, une nouvelle monnaie de réserve

 

Intervention (extrait) du sénateur Chevènement lors du débat du 30 avril 2009 consacré aux suites du G20 et de la crise financière internationale.

 

(…) A mes yeux le système financier est inséparable du système productif. Le document de travail distribué à la Commission mixte notait « une déformation du partage des revenus du capital et du travail », lui-même à l’origine du « développement irresponsable du crédit aux Etats-Unis ».

La fuite en avant dans l’endettement, la titrisation et les produits dérivés ont résulté de l’insuffisance de la demande liée à la déflation salariale, elle-même issue d’un libre-échange déséquilibré avec des pays dont les coûts de revient salariaux sont inférieurs de dix à vingt fois aux nôtres.

Les deux problèmes essentiels, celui de l’assainissement financier et celui de la relance économique sont donc étroitement connectés.

Il ne suffit pas d’injecter des capitaux dans le système bancaire pour l’assainir. Il est même choquant de voir le contribuable venir au secours de banquiers faillis qui ne souhaitent, une fois remis en selle, que recommencer le grand jeu de la mondialisation inégale, de la course à des taux de rentabilité exorbitants qui étaient censés justifier leurs extravagants bonus, et de reprendre leurs pratiques déresponsabilisantes de titrisation.

Il faudrait au moins exiger que les banques conservent à leur bilan les risques les plus lourds et ne puissent titriser qu’une partie de leurs prêts, comme l’a suggéré le rapport du groupe de travail.

Nos concitoyens ne peuvent accepter que la dette publique prenne simplement le relais de la dette privée, creusée par ceux-là mêmes qu’on maintient en place, alors qu’ils n’ont rien perdu de leur arrogance et de leurs prétentions financières.

 

Oui, la question de la nationalisation des banques se pose, comme je l’avais suggéré, dès les 8 et 15 octobre 2008, dans le débat sur la crise financière et sur la loi de refinancement de l’économie. Elle se pose notamment pour Dexia et pour la banque issue de la fusion de la Caisse Nationale d’Epargne et des Banques Populaires.

La renationalisation de tout ou partie du système bancaire en France comme ailleurs, obéit à une double nécessité. Politique d’abord : il est normal que celui qui paye commande. Economique ensuite : la reprise du crédit ne se fera que par une entente coopérative entre les banques.
Comme l’a bien montré Jean-Luc Gréau, c’est à l’Etat d’organiser et de surveiller cette entente coopérative durant toute la période nécessaire au retour à la normale.

J’en arrive maintenant aux plans de relance économique. Dominique Strauss-Kahn a mis en cause la frilosité des pays européens. Certes un nouveau plan de relance axé sur l’investissement, la préservation du tissu productif, les revenus les plus bas, les chômeurs et les jeunes ne doit pas être exclu, mais il est légitime de s’aviser que l’injection de crédits publics n’aboutisse pas, comme on dit, à « arroser le sable ». Il est malheureusement trop évident que l’effort du contribuable a servi jusqu’ici, pour l’essentiel, non pas seulement en France, mais d’abord aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, à renflouer le système bancaire, en vertu du principe : « On prend les mêmes et on recommence ».

Un traitement insuffisant de la crise ne sera pas toléré, car aussi bien, cela ne marche pas : le risque principal aujourd’hui est dans le mitage du système « banques-assurances » par ses engagements irraisonnés (plus de 60 trillions de CDS – crédit default swaps) dit produits dérivés, sujet non traité par le Sommet de Londres. Il est vrai que le redressement de nos économies pose un problème d’une immense ampleur.

Pour redonner un horizon à nos démocraties et ramener durablement la confiance, il faut une perspective de progrès partagé : un progrès des rémunérations égal à celui de la productivité, un partage plus honnête des salaires et du profit.

 

On m’objectera que ce progrès n’est pas compatible avec le libre échange généralisé, notamment vers les pays à très bas coût salariaux. Mais c’est cela qu’il faut revoir, en instaurant une concurrence équitable, je n’ai pas dit un repli autarcique, mais une régulation négociée des échanges internationaux permettant une sortie de crise à l’échelle mondiale et d’abord en Europe et aux Etats-Unis, à partir d’une revalorisation salariale substantielle, à l’abri d’une protection modérée, corrigeant les distorsions de salaires abusives.

Or le sommet de Londres se borne à fulminer une excommunication contre le protectionnisme au nom d’une lecture biaisée de l’histoire des années trente.

 

Les mêmes qui ont failli veulent persévérer : alors que le commerce international devrait se contracter de 9 % en 2009, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le protectionnisme, ceux-là mêmes qui ont présidé à une mondialisation qu’ils disaient « heureuse » mais qui s’est révélée catastrophique, entendent à nouveau et encore plus « libéraliser » le commerce international à Doha, en juillet prochain.

 

Il n’y a aucune guérison à attendre de ces mauvais médecins. Il faudrait, au contraire mettre en place une régulation par grandes zones économiques, regroupant des pays de niveau comparable en termes de salaires, sans se fermer à une raisonnable concurrence des pays à bas coûts, ceux-ci étant fortement incités, en contrepartie, à développer leur marché intérieur, leur système de sécurité sociale, et la protection de leur environnement.

 

Une nouvelle régulation des flux commerciaux à l’échelle mondiale nécessaire, dès lors que les écarts salariaux vont de 1 à 20, devrait bien évidemment faire l’objet d’une grande négociation internationale entre les pays du G20. Je me réjouis encore une fois à cet égard des progrès effectués pour institutionnaliser ces sommets, que ce soit au niveau des ministres des finances ou à celui des chefs d’Etat et de gouvernement.

Le FMI, dont l’action a été si critiquable vis-à-vis des pays du Sud endettés, voit tripler le montant de ses moyens financiers. Mais cela ne remédiera pas aux déséquilibres fondamentaux dont souffre l’économie mondiale du fait notamment du déficit abyssal de la balance commerciale américaine et de la fragilité du dollar.

Le problème du système monétaire international n’a pas été abordé à Londres par le G20, alors même que le Federal Reserve Board, la Banque centrale américaine n’a pas seulement pris en charge dans son bilan des actifs douteux colossaux, comme l’ont relevé messieurs Arthuis et Marini, mais elle a commencé à monétiser la dette publique américaine, en achetant 300 milliards de dollars de bons du Trésor.

 

Le Président de la Banque Centrale de Chine a mis le doigt sur un problème essentiel en proposant de créer un nouveau système de réserves monétaire constitué, comme les DTS émis par le FMI, d’un panier de monnaies. Qu’en pense le gouvernement français, qui se souvient peut-être de la mise en cause par le général de Gaulle, en 1964, du privilège du dollar ?

Il n’est pas normal que le monde dépende des émissions de monnaie des Etats-Unis. Ceux-ci doivent sortir du modèle rentier dans lequel ils se sont enfermés. Tout montre que cet objectif est inaccessible sans une remise en cause d’un libre échange généralisé et dogmatique qui, en comprimant les salaires dans les pays anciennement industrialisés, est, avec le privilège du dollar, à l’origine de la crise actuelle.

 

Le G20 sera très utile pour négocier les transitions nécessaires. La réforme du système monétaire international doit être mise à l’ordre du jour du prochain sommet du G20.

Le travail du groupe sur la crise constitué au sein du Parlement français n’a aucune raison de s’interrompre. Bien au contraire, nous devons multiplier nos échanges, comme l’a d’ailleurs suggéré le Président de la République, avec les Parlements voisins et les institutions européennes. Nos propositions doivent nourrir le débat public : c’est aussi ce qu’attendent du Parlement nos concitoyens.


Cet article est le 6ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur.

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 18:53

L’hôpital public doit rester le pilier du système de santé

 

Les manifestants des personnels hospitaliers étaient nombreux, le 28 avril, dans les rues, notamment à Paris, comme on peut le constater sur le blog de Marinette Bache, membre MRC du Conseil de Paris (voir l’article du 28 avril Défendre l’hospitalisation publique).

 

Appel des médecins hospitaliers pour organiser les Etats Généraux de l’hôpital public (extraits).


“En 1958, la grande réforme menée par le Professeur Robert Debré allait permettre à la médecine française de devenir en 30 ans “la meilleure du monde”. Cinquante ans plus tard, le Parlement va-t-il voter la loi “Bachelot” qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d'une médecine mercantile ? Le maître-mot n'est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n'est plus le malade mais le compte d'exploitation de l'hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants. Cette loi cale l'hôpital sur l'entreprise. Elle donne tous les pouvoirs au Directeur de l'Hôpital, nommé et révoqué par le Directeur de l'Agence Régionale de Santé, lui-même nommé et révoqué par le Conseil des Ministres (…).


Il faut repenser l'organisation hospitalière
pour répartir de manière harmonieuse sur le territoire, sans redondance, les structures de soins et les spécialités en prenant en compte aussi leur niveau de technicité et l'accueil des urgences ; organiser la continuité des prises en charge au fur et à mesure de l'évolution du type de soins que demandent les malades (…).


Soyons clairs
. Si cette loi n'est pas amendée, elle s'appliquera sans nous, médecins et chirurgiens de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris. Demain, côte à côte, et pour la première fois, infirmières, agents hospitaliers et administratifs, médecins seront dans la rue. Preuve que les mentalités ont changé, que l'union est faite pour que soit supprimé le volet hospitalier de la loi “Bachelot” et pour que s'ouvre enfin un débat à la hauteur de l'enjeu : il est encore temps et il est urgent d'organiser les Etats Généraux de l'hôpital public.


La question de l’évolution du système santé est revenue souvent sur ce blog (voir Le MRC craint une privatisation du système de santé (Sécu, loi HPST) - 12 février 2009).

 

Ladislas Polski, secrétaire national MRC à la santé, a préparé un texte, que Xavier Dumoulin a mis en ligne sur le Blog citoyen, socialiste et républicain pour 2009.

 

L’hôpital, pilier de la république sociale

Depuis plusieurs années, les gouvernements de droite n’ont cessé de fragiliser l’hôpital public au profit du secteur privé.

La Tarification à l‘activité (T2A) a introduit à l‘hôpital l‘obsession de la rentabilité

- Avec la T2A, l’hôpital public et les cliniques privées sont mis au même plan, et tant pis pour les missions que l’hôpital est seul à assumer : l’accueil de tous les patients sans sélection, la formation initiale des professionnels, l’ensemble des missions sociales de l’hôpital ne peuvent se quantifier en actes. 

- Les dotations forfaitaires (MIGAC) prévues pour pondérer ce mode de financement sont largement insuffisantes.  Les soignants de l’hôpital ne cessent de le répéter : la quête de la stricte rentabilité qu’impose le T2A ne peut qu’aboutir à une sélection des malades les plus rentables et à une dangereuse et inflationniste course à l’acte 


Aujourd’hui, la loi
Hôpital, patients, santé et territoires poursuit l’évolution de notre système de santé vers une logique concurrentielle, lucrative, et génératrice d’inégalités. 


Les groupements de coopération sanitaire prévus par la loi Bachelot vont opérer le rapprochement d’établissements de santé publics et privés, sous l‘impulsion des nouvelles Agences Régionales de Santé


Conséquence? A coup sûr, la disparition de certaines activités du secteur strictement public et, à terme, l‘impossibilité pour de nombreux patients d‘accéder à des soins de qualité

Parallèlement, les établissements de santé privés pourront désormais participer à l’enseignement universitaire et bénéficier ainsi du renfort de médecins en formation payés par la collectivité. 


Nicolas Sarkozy a dit qu‘il faut un vrai patron à l’hôpital. Aussi donne-t-il toute latitude aux directeurs d’hôpitaux pour gérer leurs établissements comme des entreprises. Aussi ces directeurs pourront-ils désormais être issus du secteur privé.

Quant aux médecins, ils pourront être recrutés sous un statut de droit privé, avec une rémunération comportant une part variable.

Soixante cinq ans après le programme du Conseil national de la Résistance qui jetait les bases du modèle social français, est-ce de cela que nous voulons ? 

NON ! L’hôpital public doit rester le pilier d’un système de santé qui allie excellence médicale et égalité d’accès aux soins. Il faut

- intégrer dans tout plan de relance des investissements majeurs en direction de l’hôpital public,

- revenir sur le dogmatisme de l’application de la Tarification à l’activité : accorder à l’hôpital public des rémunérations forfaitaires à la hauteur des missions qu’il assume; permettre ainsi aux hôpitaux d’assainir leurs budgets, 

- réorganiser l’hôpital sans le soumettre à une logique de rentabilité,

- responsabiliser les acteurs du système hospitalier en développant une gouvernance démocratique et transparente de l’hôpital,

- développer dans les zones de faible densité médicale une nouvelle génération de dispensaires-pilotes, destinés à pratiquer une médecine ambulatoire en lien étroit avec la médecine hospitalière.


Sur ce même sujet, voir l’article paru sur le site de Libération, le 29 avril : L'hôpital fait bloc contre la loi Bachelot.

 

Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie Santé et sécu sociale.

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 22:18

Front commun syndical et politique pour le changement

 

C’est un 1er mai historique qui se prépare, la crise étant passée par là (voir Le monde du travail vers des luttes sociales efficaces et radicales - 11 avril 2009). L’intersyndicale continue sur sa lancée des 29 janvier et 19 mars. Sa plateforme de revendications et ses initiatives sont approuvées par les Français, comme le montre un sondage de L’Humanité, ce 29 avril.


Avant même que ne s’ébranlent les 280 défilés revendicatifs du 1er Mai, l’intersyndicale pourra se targuer d’avoir gagné la sympathie de l’opinion pour ses initiatives.

Le sondage CSA commandé par l’Humanité est sans appel. À 72 %, les Français soutiennent ou éprouvent de la sympathie à l’égard de la mobilisation du 1er Mai. Ils ne sont que 9 % à s’y déclarer hostiles ou opposés. Ils étaient 62 % à soutenir ou exprimer de la sympathie pour la journée du 19 mars, 69 % pour le 29 janvier.

Pour retrouver un même niveau d’adhésion de l’opinion à un mouvement social, il faut remonter à… l’année 2002.Le sondage montre que toutes les générations et toutes les catégories de la population éprouvent de la sympathie ou soutiennent cette journée de mobilisation.


Lire aussi sur le site de L’Humanité
Un Premier Mai sur fond de conflits sociaux

 

En Mayenne, les organisations syndicales appellent à manifester le 1er mai, à partir de 11h, près de la Salle polyvalente, Place de Hercé à Laval, vers le Square de Boston, où se déroulera la partie festive, avec animation musicale et la possibilité d’échanger autour d’un pique-nique (à apporter).

 

En Loire-Atlantique, les partis de gauche (à l'exception du NPA) ont appelé les citoyens à manifester le 1er mai en appui aux forces syndicales pour contester la politique du gouvernement, pour la défense des travailleurs, des retraités et des étudiants ».

 

Bruno Chevalier, responsable MRC 44, ajoute : « Devant la multiplication des plans sociaux, de la criminalisation de l'action syndicale et de la radicalisation à droite toute de ce gouvernement, il est important que chacun se mobilise pour faire de cette manifestation historique (il n'y avait pas eu d'unité syndicale pour le 1er mai depuis la Libération) un évènement politique et citoyen majeur de ce printemps ».

DECLARATION COMMUNE: Le 1er mai sera unitaire à gauche

Ensemble, les partis de gauche de Loire-Atlantique soutiennent et appellent à la participation de toutes et tous aux manifestations organisées le 1er mai à l’occasion de la fête des travailleurs pour
que cette journée soit porteuse de résistance à la politique du gouvernement, d’espoir pour les salariés et de changement de cap politique pour les Français.

Nous l’affirmons : la France connaît une crise sociale grave dont les principales victimes sont les salariés, les précaires et les chômeurs. Elle crée une désespérance pour les Français qui subissent une dégradation de leur qualité de vie avec un pouvoir d’achat qui baisse, une augmentation du chômage et de la précarité accentués par les vagues actuelles de licenciements et de suppressions d’emplois, dans le privé comme dans le public.

L’importance des mobilisations sociales des 29 janvier et 19 mars dernier a témoigné d’un rejet massif des choix politiques du gouvernement Sarkozy-Fillon et confirmé l’exigence d’un « bouclier social » à l’opposé du « bouclier fiscal » pour les plus riches, et de mesures en faveur de l’emploi et des salaires à l’opposé des choix du gouvernement qui distribue sans contrepartie sociale des milliards aux banques et aux grands groupes. De plus, pour lutter contre le chômage et le désespoir des jeunes, le Président ressort les mêmes recettes qui ont toujours échoué. Depuis 30 ans, on ne cesse d’accorder contrats aidés, primes et baisses des charges aux entreprises qui embaucheraient des jeunes. Nicolas Sarkozy ne fait aucune rupture avec cette politique qui échoue systématiquement et laisse les jeunes dans la précarité et la dépendance.

En rejetant les revendications formulées à l’occasion de ces manifestations par les organisations syndicales et sociales, Nicolas Sarkozy et son gouvernement démontrent leur incapacité à comprendre l’angoisse des Français et l’ampleur de la crise économique et sociale qui concerne tout le pays. C’est pourquoi, nous appelons à un front commun contre la politique de la Droite et du MEDEF qui réponde aux difficultés, aux inquiétudes et aux attentes des salariés.

Nous proposons qu’une politique nouvelle soit mise en place autour des choix de justice et de solidarité qui répondent aux inquiétudes et redonnent espoir aux salariés et aux Français : défense des emplois et lutte contre la précarité du travail dans les secteurs privé et public ; augmentation des salaires, des minima sociaux et des pensions de retraite ; défense et développement des services et de l’emploi publics (éducation, santé, etc.) ; réorientation des richesses vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques et territoriaux.

Nous réaffirmons notre attachement à un droit du travail protecteur des salariés et à un syndicalisme fort et respecté, nécessaire à la transformation sociale. Nous dénonçons les atteintes aux libertés qui visent à museler la contestation sociale et à entraver le travail des organisations syndicales.

Comme nous l’avons fait lors des précédentes mobilisations sociales, nous appelons à la réussite d'un 1er mai 2009 historique. C’est pourquoi, nous serons aux côtés des organisations syndicales et des salariés pour amplifier cette mobilisation populaire afin d’obtenir les changements de cap politiques nécessaires.


Les signataires
: Le Parti Socialiste de Loire-Atlantique (PS) - Le Parti Communiste de Loire-Atlantique (PCF) - Les Verts de Loire-Atlantique – L’Union Démocratique Bretonne (UDB) - Le Parti Radical de Gauche de Loire-Atlantique (PRG) – Le Mouvement Républicain et Citoyen de Loire-Atlantique (MRC) - Les Alternatifs de Loire-Atlantique – Le Parti de Gauche (PG) de Loire-Atlantique - Gauche Unitaire de Loire- Atlantique.

Sur le site du quotidien Le Monde, le 20 avril, Michel Noblecourt pointait le paradoxe qui voit les syndicats unis au sommet et concurrents à la base. Depuis le 1er janvier, dans toutes les entreprises, la loi du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale impose de nouvelles règles très exigeantes.

 

 Les paradoxes de l'unité d'action du "G8" syndical, par Michel Noblecourt

 

Triangle rouge à la boutonnière - histoire de symboliser les trois temps d'une journée (travail, sommeil, loisirs) -, les premiers syndicalistes français ont fait du 1er Mai, dès 1890, une journée de solidarité internationale. Il s'agissait de célébrer la victoire des ouvriers américains qui avaient obtenu, le 1er Mai 1886, la journée de huit heures et la mémoire de cinq syndicalistes pendus à la suite d'une manifestation violemment réprimée à Chicago. C'est ce symbole, et non la Fête du travail instaurée par le maréchal Pétain en 1941, que, pour la première fois, les huit syndicats du groupe des 8 (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires) vont célébrer ensemble le 1er Mai.

 

L'événement est d'importance. En 2006, les syndicats avaient bataillé plusieurs mois, dans "une unité sans faille" selon la formule de Bernard Thibault, contre le contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin. Mais cette unité, déjà inédite, n'avait été qu'un feu de paille vite balayé par leur victoire commune. Cette année, le 1er Mai unitaire du "G8" est présenté comme "un nouveau temps fort de mobilisation", après ceux du 29 janvier et du 19 mars, pour "peser sur le gouvernement et le patronat" et obtenir un changement de politique économique et sociale face à la crise.

Exceptionnelle, cette unité n'en est pas moins très paradoxale. Unis au sommet, les syndicats s'affrontent comme jamais à la base, dans les entreprises (…).

 

 Cet article est le 52ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 18:11

Le bilan des réformes de 1993 et 2003 est désastreux

 

Le dossier des retraites est suivi de près par Gérard Beillard, domicilié à Saint-Berthevin, ouvrier dans une entreprise de textile à Laval. Il était intervenu sur cette question lors du congrès MRC (voir Gérard Beillard, délégué de la Mayenne, est intervenu au congrès MRC - 23 juin 2008).  


Hier, sur ce blog, il avait traité le problème des retraites complémentaires (voir
Les pensions de retraite sont garanties jusqu'à la fin 2010, pas après - 27 avril 2009).

 

Ayant recherché les positions des centrales syndicales sur la question des retraites, il a retenu celles de La cgt, publiées le 27 mars 2008 sur le site de ce syndicat  La CGT fait 7 propositions.

 

La CGT : un bilan des réformes, des propositions

 

Quatre mesures sont pénalisantes :

 

- Près de 42 ans de cotisations seront exigés pour toucher une retraite à taux plein en 2020. Si plusieurs pays d’Europe affichent des objectifs similaires ou supérieurs, c’est en maintenant des mécanismes favorables de départ anticipé.

 

- Le taux de remplacement (montant de la pension, comparé au salaire avant retraite) est passé de 50% à 43% en 2008, conséquence de la désindexation des salaires qui servent à calculer le montant de la retraite pour les salariés du privé.

 

- Une baisse sensible de la valeur des pensions servies par les régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco (20 à 25%, pour une même somme affectée à l’achat de points de retraite).

 

- Une indexation des pensions servies sur les seuls prix, et non sur l’évolution du salaire moyen. Au bout de 15 ans de retraite, le pensionné aura perdu au moins 20% de pouvoir d’achat par rapport aux actifs.

 

Le monde du travail est attaché au droit à la retraite à 60 ans.

 

La présidente du Medef, Madame Parisot, veut reculer cet âge à 62 ou même 63 ans. Le gouvernement fait semblant de ne pas toucher à l’âge de 60 ans, mais allonge sans cesse la durée de cotisation exigée pour toucher une retraite à taux plein correcte :

-          En 1993, il a pris la décision de passer à 160 trimestres (40 ans) pour les salariés du privé.

-          En 2003, même décision pour les fonctionnaires. Et 164 trimestres pour tous en 2012, puis progressivement 167 trimestres en 2020.

-          En 2007, alignement des régimes spéciaux sur la durée de cotisation générale.

 

Dans les faits, cette exigence sans cesse accrue ne permettra plus aux salariés d’exercer leur droit au départ à 60 ans. La CGT réclame, et elle n’a pas tort, la reconnaissance de carrière complète à 60 ans, en intégrant toutes les périodes d’études, de formation, d’apprentissage, d’activité professionnelle ou d’inactivité forcé (chômage, recherche d’un premier emploi). Bien entendu, le choix de partir ou non à la retraite dès l’âge de 60 ans doit appartenir au salarié, et à lui seul, sans pression de l’employeur.

 

Il faut assurer l’égalité en matière de retraite.

 

Les gouvernements successifs ont mis en avant le principe d’égalité pour justifier leurs réformes régressives. Mais, en réalité, ils ont laissé de côté les inégalités les plus criantes.

 

La reconnaissance des travaux pénibles, dangereux et astreignants, par un départ anticipé à la retraite était réclamée par la CGT et d’autres syndicats, depuis longtemps. Elle était prévue dans l’article 12 de la loi 2003 sous forme d’une négociation interprofessionnelle devant établir la reconnaissance de la pénibilité en matière de retraite. Elle n’est toujours pas effective.

 

Chaque année, des salariés meurent prématurément en raison de leurs conditions de travail. L’espérance de vie d’un ouvrier est de 7 ans inférieure à celle d’un cadre. La mise en place d’un dispositif immédiat permettant de mettre fin à cette inégalité insupportable, et de réduire ensuite la pénibilité pour les salariés les plus jeunes par un effort sans précédent de prévention, reste à faire.

 

Le financement du dispositif pérenne de prévention et de reconnaissance de la pénibilité doit être assuré par les entreprises, les branches et un complément interprofessionnel.

 

Le rééquilibrage de la compensation entre les régimes de retraite.

 

Les gouvernements, au fil des réformes, ont organisé des transferts financiers entre les régimes. Chaque salarié du régime général paie en moyenne 300 à 400 euros par an à ce titre, les agents publics : 700 à 800 €. 2/3 de ces sommes vont aux régimes de retraite des non salariés (exploitants agricoles, commerçants, artisans).

 

La CGT n’est pas contre le principe d’une compensation démographique au profit des régimes en situation défavorable, salariés ou non salariés, car cela permet, par la solidarité, de sécuriser la retraite par répartition. Mais elle pose une condition : que les plus favorisés dans les professions bénéficiaires fassent des efforts proportionnels à leurs ressources.

Un récent rapport de la Cour des Comptes a mis en évidence le fait que, par divers mécanismes de forfaitisation et de niches fiscales et sociales, les professions indépendantes, agricoles et libérales, parviennent à réduire leurs contributions. Le taux de prélèvements sociaux, corrigé des effets d’assiette, est de 10 points plus bas pour ces professions jusqu’au plafond de la sécurité sociale. Il est de 30 points plus bas entre 1 et 4 plafonds !

 

L’épargne retraite

 

La CGT  refuse d’entretenir des illusions à propos de l’épargne retraite et, aussi, des primes sur salaires qui, au moment de la retraite, ne sont pas comptabilisées.

 

Gouvernement et patronat incitent les salariés à recourir à l’épargne individuelle pour compenser les baisses prévues des retraites. Avantages fiscaux, abondements des entreprises, tout est bon pour favoriser le recours à ces produits d’épargne.

 

Banques et compagnies d’assurances cherchent à tout prix à placer ces produits, semant de graves illusions sur ce qui reviendra aux salariés le jour de leur retraite.

Ces produits d’épargne sont très coûteux, pour un rendement aléatoire. Les entreprises, qui refusent d’augmenter les cotisations sur les retraites, placent des millions d’euros dans les retraites d’entreprise en capitalisation !

 

Les failles de ces produits d’épargne collective sont des coûts de gestion trop élevés, par rapport à ceux du système par répartition. Ils viennent s’imputer sur le montant de la rente future. La seule chose que connaît l’épargnant, c’est le montant de sa cotisation. Le niveau de la rente, lui, dépend des fluctuations des marchés financiers et de l’habilité du gestionnaire. Le niveau attendu de la future rente est souvent surestimé.

 

Pourtant, d’après un calcul de la Fédération des Sociétés d’Assurances, un salarié devrait placer depuis l’âge de 30 ans l’équivalent d’un mois de salaire tous les ans pour espérer au mieux une augmentation de 15% du niveau de ses revenus à la retraite. Quel salarié pourrait placer une somme pareille ?

 

Alors qu’ils sont mis en place depuis quelques années, il faut demander que soit assurée la plus grande transparence sur ces produits d’épargne collective, notamment sur les coûts de gestion et les niveaux de rente escomptés.

 

Quant au système d’épargne retraite individuelle, il faut mettre en garde les éventuels souscripteurs. Le choix d’épargner relève de la décision individuelle, mais il ne faut pas confondre produits d’épargne et système de retraite. La CGT a fait remarquer que ce système d’épargne retraite mis en place en Grande-Bretagne a fait faillite.

 

Le problème financier

 

La question décisive est celle de l’équilibre financier des régimes de retraite à moyen et long terme. Le trou de la Sécurité sociale n’est pas une fatalité. Depuis 20 ans, gouvernements et patronat ont refusé de donner des moyens complémentaires à la protection sociale et bien sûr aux systèmes de retraite.

 

Chacun sait bien que la clé principale du financement est dans le développement de l’emploi. Quatre millions d’emplois supplémentaires apporteraient la moitié des besoins de financement nécessaires pour la retraite, via les cotisations. C’est à peu près le nombre de salariés disponibles aujourd’hui pour un vrai emploi.

 

Le compromis de 2003, passé par le patronat sur le recyclage en faveur de la retraite des cotisations UNEDIC, ne tient pas debout.

-          D’une part, que veut dire un excédent UNEDIC quand plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé ?

-          D’autre part, la priorité dans l’affectation des moyens est dans le retour à l’emploi. Augmenter le nombre de salariés en emploi est la meilleure garantie pour l’équilibre financier de notre système de retraite.

Siphonner les ressources de l’UNEDIC est donc quelque chose d’aberrant. Toutes les organisations syndicales s’étaient opposées à cette mesure lors du rapport Charpin sur les retraites en 1999.

 

Une priorité doit être accordée à l’emploi des jeunes et des seniors. Six salariés, environ, sur dix ne sont plus en activité lorsqu’ils liquident leurs droits à la retraite. La priorité n’est pas le cumul emploi-retraite, mais le maintien dans l’emploi jusqu’à 60 ans.

 

Le second problème est celui du déséquilibre dans le partage de la valeur ajoutée, au détriment du salarié socialisé. L’entreprise a réduit sa contribution au financement de la protection sociale.

En 15 ans, la part des cotisations sociales dans le PIB a reculé de 2,5 points, ce qui représente un gain considérable pour les entreprises et un manque à gagner correspondant pour la Sécurité sociale.

 

La CGT fait cinq propositions pour apporter les ressources complémentaires. Elles sont discutables, mais elles ont le mérite d’exister.

 

1 – Tous les éléments de rémunérations complémentaires sont à soumettre à la cotisation pour la retraite.

2 – Une contribution sur les revenus financiers des entreprises doit être instaurée, à une juste valeur.

3 – La contribution des entreprises doit être modulée afin de pénaliser celles qui licencient et recourent à une main-d’œuvre précaire.

4 – Le fonds de réserve pour les retraites, dont la fonction de « lissage » des besoins serait confirmée, doit être doté d’une ressource pérenne, à hauteur des besoins, prélevée sur les dividendes versés par les entreprises.

5 – Au bout du compte, les salariés pourraient consentir une hausse de leurs cotisations, afin de permettre l’équilibre des régimes et sécuriser le droit à la retraite pour tous et par répartition, qui est le modèle le plus sûr pour accéder à une retraite convenable et juste, socialement.

 

Cet article est le 12ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites.

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 20:47

 

Maintien des règles actuelles pour les régimes complémentaires

 

Début 2009, alerte sur le montant des retraites complémentaires ! Elles étaient menacées à partir d’avril si les partenaires sociaux (les représentants du patronat et des salariés, au niveau national) ne trouvaient pas un accord garantissant le financement des pensions entre 60 et 65 ans, l’âge minimal pour avoir une retraite complémentaire complète étant fixé à 65 ans.

 

La retraite complémentaire (voir Ma retraite complémentaire), c’est important, puisqu’elle représente, en moyenne, 1/3 de la retraite des non cadres et jusqu’à 2/3 de celle des cadres.

 

Le 23 mars, un accord était trouvé, qui n’en était pas un, puisque c’était une simple reconduction jusqu’à fin 2010 des règles actuelles (voir Retraites complémentaires : le statu quo au moins jusqu'à fin 2010 ...).

 

Congres-MRC-2008-023-T.jpgGérard Beillard, ouvrier dans une usine textile de Laval, domicilié à Saint-Berthevin, milite au MRC 53. Il s’est chargé des questions liées au travail, à la protection sociale et aux retraites (voir l’un de ses articles sur ce blog Gérard Beillard (MRC 53) : la santé, vers un système à l ...).

 

Gérard Beillard et Michel Sorin, délégués de la Mayenne au congrès du Mouvement Républicain et Citoyen,
le 21 juin 2008, dans la salle du Kremlin-Bicêtre (Val-de Marne)

Voici le texte qu’il m’a remis, portant sur les négociations entre les partenaires sociaux

 

La négociation sur les retraites complémentaires Arrco et Agirc du privé s’est ouverte depuis le début de l’année. Suite à la journée de mobilisation du 29 janvier des salariés de tous les secteurs d’activité, ce contexte social a contraint le Medef à être très prudent, assez loin de ses déclarations précédentes sur la nécessité de supprimer immédiatement le droit de partir en retraite à 60 ans, sans pour autant vouloir la garantir.

 

Ont été réaffirmées les exigences des salariés d’un maintien au droit au départ en retraite à 60 ans dans les régimes complémentaires et d’un niveau de pension leur permettant de répondre à leurs besoins une fois en retraite.

 

La CGT a décliné un certain nombre d’objectifs et de propositions pour assurer ces droits et les financer. En ce qui concerne l’âge de départ en retraite, elle a demandé que ce droit à la retraite complémentaire à 60 ans sans abattement soit directement assuré par chacun des régimes Arrco et Agirc, sans passer par la structure Association pour la Gestion du Fonds de financement (AGFF), qui n’est pas pérenne.

 

Pour le niveau des droits, un taux de remplacement doit être garanti sur la durée, de façon à assurer là aussi une véritable solidarité entre les générations.

 

Le déséquilibre des régimes Arrco et Agirc va apparaître plus tôt que prévu, à cause des politiques salariales et d’emploi des entreprises. Pour autant, des solutions peuvent être trouvées, notamment avec l’utilisation des réserves des régimes.

 

Le Medef et toutes les autres organisations syndicales ont reconnu que la logique des accords successifs depuis 10 ans environ de baisse continue du rendement des régimes, et donc des futurs droits à la retraite, n’était plus tenable.

Il n’est pas normal qu’un ouvrier qui a travaillé 42 ans se retrouve avec une retraite mensuelle totale (de base + complémentaire) de l’ordre de 950 à 980 euros, tandis que des classes sociales gagnent 5 à 6 fois plus. Un jour, il faudra se pencher sur cette dérive, car c’est inadmissible.

 

Par contre, sur les autres solutions pour assurer l’équilibre des régimes, les positions sont différentes.

 

Le patronat refuse toute augmentation des cotisations et ne souhaite jouer que sur l’âge de départ, avec l’éventualité d’un décalage progressif de celui-ci.

 

Certaines organisations syndicales, comme la CGC et la CFTC, ne sont pas opposées à des discussions sur ce type de mesures, à condition qu’elles soient associées à quelques autres décisions ; d’autres veulent des efforts partagés, tels que la réalisation d’économies sur les droits familiaux et conjugaux.

 

La CGT a réaffirmé le besoin de traiter de la question des ressources des régimes de retraites. Ne pas vouloir la traiter ne peut qu’aboutir à remettre en cause le pacte de solidarité intergénérationnel en sacrifiant la retraite des jeunes et des futures générations.

 

Il faut garder la retraite par répartition, c’est la seule garantie et la plus juste pour nos concitoyens. Il faut regarder ce qui est arrivé aux retraites par capitalisation, le désarroi pour ceux qui ont de petites pensions et même pour les classes moyennes.  

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Cet article est le 11ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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