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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 22:10

Dans la gauche refondée,
être l’aiguillon républicain

 

Les élections européennes auront lieu le 7 juin. Le MRC ne sera présent ni sur ses propres listes, ni sur celles du Front de gauche, ce qui n’est pas facile à vivre pour les militants.

 

Je renvoie aux articles parus sur ce blog, classés dans la catégorie Européennes 2009, pour les explications de cette situation, et au précédent article pour les conséquences en termes d’orientation politique du MRC (voir MRC : pour Chevènement, priorité à la refondation de la République - 7 mai 2009).

 

J’ai précisé, dans une réponse ce soir au commentaire de Pascal Langlois, ce qu’était la réunion du 6 mai, qui a vu le président du MRC présenter un rapport très précis sur la situation politique et proposer une inflexion des orientations qui avaient été décidées lors du dernier congrès, en juin 2008, à son initiative.

 

Voici l’une des quinze interventions de la soirée du 6 mai, sans compter celles de Jean-Luc Laurent et de Jean-Pierre Chevènement.

 

Intervention de Michel Sorin

 

Au-delà de l’analyse de la situation que vient de faire Jean-Pierre Chevènement, je voudrais le dissuader de s’éloigner de la stratégie de refondation de la gauche, qui est la nôtre depuis le congrès du Kremlin-Bicêtre. C’est une stratégie de rupture avec le néolibéralisme, valable sur le long terme.

 

Il ne fallait pas s’attendre à un changement rapide des partis de gauche. Nous devons persévérer et continuer de jouer le rôle d’aiguillon républicain dans la recomposition de la gauche.

 

La crise est notre alliée, Jean-Pierre Chevènement notre atout, mais à une condition : qu’il ait la possibilité de s’adresser directement au peuple français. C’est là que le MRC, parti de la gauche républicaine, a son rôle à jouer. C’est, actuellement, le maillon faible du dispositif.

 

Plutôt que de se résigner à l’affaiblissement de notre Mouvement, il faut prendre les moyens d’en faire une véritable organisation politique. C’est la condition de notre indépendance.

 

Jean-Pierre Chevènement a su se donner les moyens de continuer à exister, en tant qu’homme d’Etat, par l’intermédiaire de la Fondation Res Publica et de son élection au Sénat. Mais son investissement à la présidence du MRC est insuffisamment valorisé, ce qui constitue un handicap pour l’efficacité de son action politique.

 

Nous avons une excellente analyse de la crise, mais elle est réservée à une élite politique. Nous ne touchons pas suffisamment les milieux populaires. Réévaluons notre stratégie, sans la remettre en cause. Rappelons-nous ce que nous disions, à l’époque du CERES, quand nous parlions du mouvement d’en bas et du mouvement d’en haut.

 

Nos orientations doivent être durables, au-delà des échéances électorales, pour lesquelles c’est la tactique, adaptée à chaque échéance, qui doit intervenir. Précisons, en des termes à la portée de tous, la direction que nous voulons donner à notre pays et à l’Europe, celle-ci ne devant pas être un frein, mais un appui à une politique de progrès social.

 

Dans la perspective de refondation républicaine de la gauche, nous aurions intérêt, à l’avenir, à rechercher une vraie concertation sur les questions de fond avec les autres composantes nouvelles (Parti de gauche, Debout La République), qui jouent aussi le rôle d’aiguillon dans la vie politique nationale, et sont proches de nous par certains aspects.

 

De nombreux militants, dans les départements, ont été meurtris par l’échec de nos initiatives auprès des partis de gauche, en vue d’alliances sur les listes de candidats aux élections européennes. Notre absence renouvelée aux élections contribue au malaise qui s’est emparé d’eux, certains ayant fait le choix de soutenir les listes du Front de gauche, lors des élections du 7 juin.

 

Il faut les rassurer, en réaffirmant notre stratégie, en précisant nos orientations face à la crise et en redéployant notre organisation pour la rendre plus efficace.

 

Cet article est le 30ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 22:47

Aller au devant du peuple, débattre avec les citoyens

 

Hier soir*, j’ai eu l’impression d’un passage en force. Jean-Pierre Chevènement a mal vécu l’épisode de la recherche, vaine, d’accords avec les partis de gauche, en vue des élections européennes. Il en déduit que la stratégie qu’il avait proposée au congrès du MRC en juin 2008 n’est pas opérationnelle.

 

Pas question, dans l’immédiat, d’une refondation républicaine de la gauche. Les partis de gauche n’y sont pas prêts. Et, face à la crise, leurs réactions ne sont pas à la hauteur de ce qu’il faudrait. Il convient de se mettre à distance afin d’agir en toute indépendance, mais pas trop loin de manière à être là quand les conditions du rassemblement de la gauche seront réunies.

 

C’est, quand même, une inflexion significative des orientations adoptées lors du congrès de juin 2008 au Kremlin-Bicêtre. La Conseil national, qui sera réuni fin juin, est-il habilité à décider d’une telle révision stratégique ? Je n’en suis pas aussi sûr que notre président. On en débattra.

 

Ce qui est sûr, c’est que Jean-Pierre Chevènement est déterminé à refonder la République en France, considérant que le besoin est pressant et que la crise du capitalisme libéral offre des opportunités à saisir.

 

Mais je suis persuadé que de nombreux cadres du MRC interviendront en faveur du maintien de la stratégie de la refondation de la gauche sur des bases républicaines. C’était déjà le cas, hier soir, lors de ce séminaire du secrétariat national du MRC, si l’on observe de près le contenu des interventions.

 

Ce qui est positif, c’est la volonté de Chevènement d’aller au devant du peuple, de débattre de notre programme avec les membres des autres partis politiques, pas seulement de gauche, les citoyens pouvant ainsi se faire leur propre opinion, parce que mieux informés et de manière contradictoire.

 

Concernant le scrutin du 7 juin, la position du MRC est le vote blanc, compte tenu de l’absence de réponse positive de la part des partis de gauche à nos propositions de rassemblement à l’occasion de ces élections européennes.

 

* voir l’article La gauche devrait mettre en avant Chevènement pour contrer Bayrou - 5 mai 2009


 

Les membres du secrétariat national du MRC,
lors du congrès du MRC, le 22 juin 2008, Le Kremlin-Bicêtre


Cet article est le 29ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 22:55

La gauche républicaine, chaînon manquant de Chevènement


Alors que les élections européennes sont dans un mois et qu’il reste normalement trois ans de mandat au président de la République en place, le quotidien Libération vient de lancer une vigoureuse campagne en faveur de François Bayrou.


Dans un éditorial, hier 4 mai, Laurent Joffrin pose la question Comment battre Nicolas Sarkozy ? 

Sa réponse est claire : en rassemblant « les forces écologistes, les socialistes à l’ancienne comme Jean-Luc Mélenchon, le PS, les partisans de François Bayrou et même les gaullistes sociaux et républicains tentés par un Dominique de Villepin ».


Réponse de Benoît Hamon, porte-parole du PS, sur le même site de Libération, hier (voir Faut-il s'allier avec Bayrou ? Le débat agite le PS) : « Moi, je suggère à tous les socialistes qu’on s’attache d’abord à rassembler la gauche, à réunifier notre camp pour que le second tour soit un second tour socialistes contre Sarkozy et que nous l’emportions ».



Jean-Pierre Chevènement, le 22 juin 2008,
à l'issue du congrès du MRC, au Kremlin-Bicêtre


On voit bien que Libération cherche à favoriser le rapprochement de tous les anti-Sarkozy qui ont les mêmes conceptions de l’Europe, plutôt fédérale et intégrée, c’est-à-dire privilégiant la démarche communautaire portée par la Commission et le Parlement au sein des institutions européennes.


Je puis témoigner des sentiments profondément anti-Sarkozy des fonctionnaires de la Commission à Bruxelles. Car le président de la République a le tort, selon eux, de prendre appui sur les Etats et de mépriser les rouages communautaires de la construction européenne.


Quand Bayrou dit qu’avec Sarkozy, la France n’est plus la France, il pense en réalité que la France ne porte plus le projet européen communautaire. C’est cela qui est lui insupportable.


Pourquoi le PS ne parvient-il pas à prendre le dessus dans les sondages sur Bayrou ?
Parce qu’il ne se distingue pas de lui dans son projet politique réel sur l’essentiel, qui est la France dans l’Europe.


Le PS ne pourra coincer Bayrou que s’il s’en distingue vraiment
. En revenant à un projet républicain pour la France.

Le PS et la gauche, pour revenir à l’essentiel et regagner la confiance des citoyens, ont une solution à leur portée : se tourner vers Chevènement.


Bayrou et Chevènement sont les deux recours face à Sarkozy en 2012
.

- Le premier est le recours de droite pour revenir au consensus droite-gauche d’avant 2007 et sauver l’Europe giscardienne du traité constitutionnel européen.

- Le second est le recours de gauche pour refonder la France républicaine et réorienter l’Europe, afin qu’elle joue son rôle face à la crise du capitalisme.


Chevènement réunit les cadres du MRC

 

Demain, à partir de 18h, Jean-Pierre Chevènement réunit les cadres nationaux du MRC. Il veut que notre Mouvement se détermine en faveur d’une stratégie opérationnelle face à la crise profonde à laquelle le monde est confronté.

 

Comment imaginer la future sortie de crise, en sachant les écueils que sont l’Europe actuelle, la doctrine du libre-échange et le système monétaire (voir Débat sur le G20 au Sénat : Chevènement évoque trois tabous à lever - 30 avril 2009) ?

 

Comment voir l’avenir de la France ? C’est la grande question pour 2012.

 

Quelle stratégie pour le MRC ?

 

J’aurai la possibilité d’exprimer mon point de vue, après l’exposé de notre président. J’ai déjà dévoilé des éléments (voir Michel Sorin (MRC) : proposer le système républicain d'économie mixte - 3 mai 2009).

 

Trois éléments sont fondamentaux et indispensables : une bonne analyse de la crise, la personnalité de Jean-Pierre Chevènement, le peuple français. C’est ce dernier, le chaînon manquant, c’est-à-dire les citoyens, qu’il faut rendre présent dans notre dispositif.

 

Lors de notre congrès, en juin 2008, au Kremlin-Bicêtre, nous avons adopté, à l’unanimité, une stratégie : la refondation de la gauche sur des bases républicaines. Ce qui fait défaut, ce sont les moyens nécessaires pour entrer en contact avec les citoyens et mener le combat politique de terrain.

 

Nous sommes dans la situation d’une entreprise qui aurait un bon produit, mais qui n’aurait pas les moyens de distribution lui permettant de toucher le consommateur final.

 

Jean-Pierre Chevènement a su, par son talent, se donner les moyens, avec la Fondation Res Publica et son élection au Sénat, de produire des textes de très haut niveau, appréciés comme tels au niveau de nombreuses personnalités nationales et internationales.

 

Il manque l’organisation politique de la gauche républicaine, qui lui permettrait de porter ses idées auprès des français et de faire remonter celles des citoyens vers les responsables, au côté de lui.

 

Nombreux sont les militants qui m’ont fait savoir à quel point ils sont déçus par notre non participation sur des listes aux élections européennes. Certains sont à la limite de la rupture avec le MRC, à cause de son absence de visibilité nationale et locale.

 

Demain, j’espère que Jean-Pierre Chevènement aura cela en tête au moment où il accueillera les secrétaires et délégués nationaux du MRC.

 

Cet article est le 28ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 18:01

En attendant une répartition plus juste de ces aides

Bruxelles-AFLEC-3-41208-006-Parlement-europ-en.jpgLa Commission européenne avait annoncé le 19 mars 2007 qu’au printemps 2009 les Etats membres de l’Union européenne devraient publier la liste détaillée de tous les bénéficiaires des subventions agricoles au niveau national. Cette obligation était assortie de la mise en place sur Internet d’outils permettant de connaître le montant des fonds reçus par personne.

En France, le ministère de l’agriculture applique les textes européens, ce qui n’est pas le cas en Allemagne. En cliquant sur www.telepac.agriculture.gouv.fr, on trouve le montant des aides directes par entreprise et le montant des aides au développement rural.

 

Xavier Bonnardel dans Ouest-France, le 30 avril, commentait l’évènement :

 

En France, on joue le jeu. Sans enthousiasme. « On applique les textes, commente le ministère de l'Agriculture. Il y a besoin de rendre la Pac plus légitime. Les contribuables veulent qu'on leur rende des comptes sur l'utilisation de leur argent », confie un fonctionnaire.

Les agriculteurs font la grimace : « Si on montre du doigt des chiffres bruts, sans information sur l'exploitation (le nombre de personnes qui y travaillent, les productions en crise), on risque d'allumer des polémiques stériles », redoute Joël Limouzin.

Selon le président de la FRSEA des Pays de la Loire, une mise en perspective s'impose : « Avant, le soutien à l'agriculture se faisait par les prix et ça ne choquait personne. En 1992, l'Europe a décidé de baisser les prix agricoles et de verser aux agriculteurs des aides compensatoires pour préserver leur compétitivité. »

Voir aussi Aides agricoles : pas que des paysans

 

On comprend mieux pourquoi Michel Barnier tenait tant à amorcer la réorientation des aides (voir sur ce blog La réorientation des aides publiques aux agriculteurs est un bon début - 17 avril 2009).

Le ministre de l’agriculture (jusqu’aux élections européennes) sait bien qu’elles sont très inégalitaires et injustes, figées par des calculs prenant en considération la répartition historique des aides aux exploitations.
 

Laetitia Clavreul, sur le site du quotidien Le Monde, le 29 avril, expliquait les réactions des agriculteurs : Les subventions aux agriculteurs rendues publiques (extrait).


(…) En moyenne, les agriculteurs reçoivent 20 300 euros par an, et les subventions représentent souvent bien plus que leurs revenus. Mais ils savent que leurs voisins, leurs ennemis et même leurs amis iront voir combien ils touchent, et les prendront à partie. Pourtant, ce système, qui devait compenser l'alignement des prix européens sur les cours mondiaux, ils ne l'ont pas choisi. Beaucoup disent leur crainte de "trinquer" à cause des gros bénéficiaires, la publication des aides sans explication servant les intérêts des « anti-PAC ».


Mais la transparence sera-t-elle totale ?
Pas si simple. Certains bénéficiaires pourront rester discrets, car il ne sera pas facile de distinguer qui se cache derrière certaines sociétés, et encore moins de savoir combien un même individu en détient, ce que ne révélera pas le moteur de recherche. Le ministère disait, mardi 28 avril, se refuser à publier une liste des principaux destinataires, et voulait se contenter de répondre à l'obligation de mettre en place "un outil de transparence". Mais les équipes du ministre de l'agriculture, Michel Barnier, lui ont préparé le terrain en décryptant les données à l'avance. Il sera en outre moins difficile pour le ministre de justifier les aides, puisqu'il a, en février, annoncé leur rééquilibrage.


Les données révélées jeudi ne devraient pas manquer de surprendre
. On trouvera parmi les plus aidés, non des agriculteurs, mais des entreprises des secteurs laitier, volailler ou porcin, qui touchent différentes aides, dont des soutiens à l'exportation. Certains montants pourraient s'élever à plusieurs millions d'euros. Chez Lactalis, par exemple, on relativise. La somme qui sera publiée sera à mettre en relation avec les "10 milliards de chiffres d'affaires" de la société, souligne Luc Morelon, porte-parole. "Le grand public sera capable de comprendre", juge-t-il. On trouvera aussi des associations, comme les Restos du coeur, qui touchent des subventions pour l'aide alimentaire. Les fonds de la PAC, caverne d'Ali Baba, servent aussi à cela.

Pour sa part, Eric de la Chesnais, sur le site du Figaro, avait abordé cette question dès le 15 décembre 2008 : Le Figaro - Economie : PAC : les primes versées.    

   Cet article est le 124ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 16:56

Le MRC doit présenter son projet politique aux citoyens

 

Je continue de réfléchir aux propositions que je présenterai lors de la réunion de réflexion que la direction du MRC organise le 6 mai (voir sur ce blog Michel Sorin plaide pour un MRC plus proche des attentes populaires - 24 avril 2009).

 

Nous avons une place particulière dans le paysage politique français, une petite place, certes, mais que nous devons mieux occuper et faire connaître.

 

Nous sommes le parti de la République et du progrès social. Cela signifie que nous voulons associer République et un système mixte, dans lequel les moyens de production sont possédés, pour l’essentiel, par des capitaux privés, mais aussi des capitaux publics quand il s’agit d’activités liées directement à l’intérêt général de la société.

Autrement dit, nous associons les deux systèmes, capitaliste et socialiste, mais en mettant en avant la maîtrise par les citoyens de leur avenir, y compris en ce qui concerne la gestion de l’économie, considérant que, selon le contexte historique et géographique, il revient au pouvoir politique (l’Etat) de décider démocratiquement de la meilleure combinaison du moment pour faire fonctionner l’économie au mieux, en termes d’efficacité et d’intérêt général.

Les qualificatifs capitaliste et socialiste ne peuvent caractériser correctement le système républicain d’économie mixte (privée, mutualiste, coopérative, publique…) que nous préconisons, le capitalisme et le socialisme pouvant être définis de la façon suivante :

Capitalisme : les détenteurs de capitaux, possesseurs (à titre privé) des moyens de production, contrôlent le pouvoir économique et financier. Celui-ci maîtrise le pouvoir politique, par le biais de l’Etat (cas des USA et… de la France). Quand les grands moyens de production sont nationalisés, on peut parler de capitalisme d’Etat (cas actuel de la Chine).

Socialisme : les principaux moyens de production sont possédés et gérés par la collectivité (la nation, ou les collectivités locales ou territoriales). Dans ce cas, le pouvoir politique issu de la société maîtrise directement l’ensemble de l’économie.

Aujourd’hui, le socialisme n’est pas à l’ordre du jour, mais le capitalisme s’est dévoyé sous l’impulsion de l’idéologie néolibérale des années 1980 (Reagan, Thatcher) et en l’absence d’alternative, depuis la reddition du pseudo socialisme d’Etat de l’URSS, à la fin de ces années 1980 (l’Etat étant lui-même contrôlé par un seul parti, le parti communiste).

On peut considérer que les deux systèmes ont échoué, l’un (le socialisme d’Etat) par dérive bureaucratique et totalitaire, l’autre (le capitalisme financier) par dérive néolibérale. C’est un échec, mais ce n’est pas la mort de ces deux systèmes. Le socialisme reste une utopie, ou un objectif à très long terme. Le capitalisme reste ultra dominant dans le monde actuel.

Le Parti socialiste a été créé pour mettre fin au capitalisme. Lors de sa refondation, en 1971, son nouveau dirigeant, François Mitterrand, affirmait qu’adhérer au PS, c’était vouloir rompre avec le capitalisme. Elu chef de l’Etat, en 1981, il se heurtait à un capitalisme revanchard, dopé à l’idéologie néolibérale, et ne voyait d’autre solution que la fuite en avant dans une Europe fort accommodante avec le néolibéralisme.

Le PS a accompagné cette évolution, se plaçant en contradiction flagrante avec ses buts initiaux. Il soutient le capitalisme et l’Europe, se limitant à vouloir préserver un vernis social qui ne trompe que les croyants inconditionnels.

En France, les deux principaux partis de gauche, le PS et le PCF, n’ont pas de vision claire de l’avenir, tant leur passé est lourd à porter. Ils ne s’en sortiront pas seuls, sans un aiguillon extérieur qui les aide à refonder la gauche.

A vrai dire, il y a deux aiguillons potentiels : le MRC et le Parti de Gauche, animés par Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Mélenchon.

- Le premier a opté pour la refondation de toute la gauche, incluant le PS et le PCF. Le second s’est allié au PCF en vue de rassembler la gauche de la gauche, dans un premier temps, afin d’établir un rapport de forces avec le PS, dans le cadre d’une future alliance à gauche, dans un second temps.

- Le premier est plus familier du pouvoir d’Etat et du mouvement républicain d’en haut pour aboutir à ses fins. Le second privilégie le mouvement social d’en bas et ce qu’il appelle « l’insurrection civique » pour atteindre son objectif.

Les deux aiguillons pourraient-ils se rapprocher, après les élections européennes, constatant leur complémentarité dans le cadre de la perspective du rassemblement de la gauche ? On peut le souhaiter mais en douter, compte tenu des divergences, qui ne sont pas nouvelles, mais qui sont apparues au grand jour au moment des négociations entre le MRC et le Front de gauche.

Que doit faire le MRC pour être utile et partie prenante dans la recomposition de la gauche ?

Le PS et le PCF n’ont pas d’avenir dans leur état actuel. Le PS sort de la faillite néolibérale dans un état comparable à celui de la SFIO après la guerre d’Algérie. Il a besoin de se ressourcer au contact de forces politiques qui ont résisté au néolibéralisme. Le MRC peut l’y aider, à condition de préciser son propre projet et de s’organiser de manière efficace.

Je propose, donc, de réfléchir au contenu de notre système républicain d’économie mixte, s’inscrivant dans une perspective socialiste, mais se réalisant dans un présent et un avenir, à court terme, qui restera capitaliste. Il faut impérativement associer République et progrès social, ce qui implique de remettre en cause le capitalisme sous sa forme actuelle et l’orientation néolibérale et atlantiste de la construction européenne.

Jean-Pierre Chevènement, dans son intervention au Sénat le 30 avril (voir Débat sur le G20 au Sénat : Chevènement évoque trois tabous à lever - 30 avril 2009), a pointé sur quoi doit porter la rupture avec le système actuel, qui a failli : la propriété des banques, la régulation du commerce international, une nouvelle monnaie de réserve.

 

Patrick Quinqueton avait proposé des éléments pour actualiser notre projet politique (voir Face à la crise, le MRC prépare les éléments d'un projet politique - 17 novembre 2008). En voici les grands titres. Ils devront être développés en tenant compte de l’évolution de la crise.

 

ELEMENTS POUR UN PROJET POLITIQUE

 

Un monde nouveau et multipolaire

 

La mondialisation sans règles, à partir du leadership américain, a vécu. Les issues n’en sont pas évidentes pour autant, dès lors que l’élection du nouveau président des Etats-Unis peut fonctionner comme une relégitimation du leadership américain, sans pour autant s’accompagner des changements indispensables. Pourtant, tout devrait nous conduire vers un monde multipolaire.

 

1 – Une nouvelle ONU, plus légitime donc plus  efficace
2 – La reconstruction du système financier mondial 

3 – Un commerce doté de clauses sociales et environnementales  

4 – Des groupements géographiques d’Etats souverains 

5 – Une action politique commune et concertée contre le terrorisme  

6 – Le dialogue entre toutes les civilisations 

7 – Des politiques migratoires négociées et organisées 

8 – Un nouvel équilibre stratégique respectant l’indépendance de la France 

9 – L’action sans exclusive pour le développement humain 

 

Une phase radicalement nouvelle de l’histoire européenne


La capacité propulsive de l’Europe de Bruxelles a vécu. Et pourtant, jamais autant qu’aujourd’hui le besoin d’une action commune des nations européennes n’a paru plus indispensable.

 

1 – Un vrai gouvernement économique de la zone euro 

2 – L’ouverture et la coopération avec la Russie et en Méditerranée 

3 – L’objectif de la sécurité d’approvisionnement en énergie 

4 – De grands travaux pour les territoires de l’Europe 

5 – L’agriculture orientée vers la sécurité alimentaire 

6 – L’appui et non l’entrave aux services publics et d’intérêt général 

7 – Une politique commerciale qui protège notre modèle de développement 

8 – Une alliance équilibrée entre les grands pays européens et l’Amérique 

 

Un projet pour la France qui rassemble les français

 

Il est temps de trouver des motifs de vivre ensemble dans le monde d’aujourd’hui, de trouver une signification nouvelle au « rêve français ». Nous devons nous appuyer, à l’intérieur et à l’extérieur, sur la capacité propulsive de la révolution française, et notamment de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il faut sortir du discours moraliste « citoyen » pour donner un contenu précis à cette qualité, en introduisant des rites citoyens qui aient un sens à notre époque (cérémonies d’admission des nouveaux citoyens, service national, vote obligatoire, etc.).

 

1 – Les services publics, outil de l’intérêt général 

2 – Un impôt franchement redistributif et assumé par tous 

3 – L’égalité des droits entre les citoyens, quelle que soit leur origine 

4 – Un nouveau dynamisme des institutions 

5 – Des collectivités locales, parties prenantes de la puissance publique 

6 – Un nouveau service civique, qui rassemble chaque génération 

7 – La sécurité sociale sauvegardée et étendue à de nouveaux domaines 

8 – L’égalité entre les hommes et les femmes, en France et ailleurs 

9 – Un vrai travail sur l’histoire commune de la France 

 

Un modèle de développement résolument tourné vers l’avenir

 

Le pari sur l’intelligence est ce qui permettra à la France de rester dans le peloton de tête des nations industrialisées et ce qui permettra à tous les français de prendre leur part à la réussite collective.

 

1 – L’école pour tous, outil de savoir et d’émancipation 

2 – La reconnaissance financière de la valeur du travail 

3 – La recherche et la culture, facteurs de croissance et de développement 

4 – L’industrie, objectif d’action des partenaires sociaux 

5 – La nationalisation, instrument au service de la politique industrielle 

6 – L’égal accès des jeunes à la vie sociale et professionnelle 

7 – La construction de logements répondant aux besoins 

8 – Des réseaux numériques tournés vers le progrès de chacun et l’accès de tous 

9 – Un système de santé de bonne qualité pour tous 

 

Cet article est le 27ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 17:24

Les syndicats, moins unis, à la croisée des chemins

 

1er-mai-2009-a-Laval-003-T.jpgCe 1er mai était un mutant. Rien à voir avec la grippe, à première vue. Et, pourtant, le pouvoir politique pourrait bien être confronté à un virus social, dont il aura du mal à se défaire.

 

Un mutant, parce que, hier, ce n’était pas un 1er mai traditionnel. D’ailleurs, en Mayenne, il n’y avait pas de manifestation le 1er mai (sauf en 2002, mais il y avait des raisons particulières, liées au contexte électoral, entre les deux tours de l’élection présidentielle).

 

Un mutant, parce que ce 1er mai était dans la continuité des mobilisations sociales des 29 janvier et 19 mars (voir 1er mai pour une politique fondée sur la justice et la solidarité - 29 avril 2009). Mais il n’avait pas la tonicité de ces dernières. C’était le début d’un long week-end, ce qui n’est pas favorable à la mobilisation.

 

Le quotidien Ouest-France, ce 2 mai, a probablement surestimé la participation à Laval :

De 4 000 à 4 500 personnes pour un 1er mai revendicatif

Lire également la page nationale de OF : La crise dope le traditionnel rendez-vous du 1er Mai.

 

En Mayenne (voir photo), il manquait l’une des huit centrales syndicales. Force Ouvrière avait refusé de s’y associer, considérant qu’une procession tous les deux mois ne peut faire plier le gouvernement et le patronat. A noter que cette absence touchait une quarantaine de départements, mais, pas Paris. La position de FO avait été indiquée par son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, le 1er mai, sur le site de Marianne Mailly veut la grève générale mais rejette le NPA.

 

Au niveau national, dès hier soir, le site Rue89 révélait 1er Mai: plus de monde qu'en 2008, moins que le 19 mars.

 

Ce qui était confirmé par Libération, ce 2 mai. François Wenz-Dumas considère que la mobilisation en demi-teinte pourrait infléchir la stratégie des syndicats. Voir Un 1er Mai moins historique qu’espéré.

 

L’Humanité, ce 2 mai, affirme Premier mai : la force de l'unité et Le Monde voit plus loin La rentrée, véritable échéance pour la crise sociale.

 

La suite ?

« Les syndicats se retrouveront lundi pour en discuter. Un avenir délicat, après déjà trois manifestations unitaires réussies : 29 janvier, 19 mars et 1er mai, qui n'ont pas fait beaucoup ciller le gouvernement » (Ouest-France).


« Solidaires et FO prônent une journée de grève générale et de manifestations en semaine, en mai ou en juin. La FSU n’est pas contre, mais propose aussi une grande manifestation nationale un week-end. Les cinq autres ne veulent pas de la grève générale, et pourraient donc reprendre cette idée d’une manifestation unique un week-end. Personne en tout cas ne veut prendre le risque de voir une nouvelle journée d’action sur le modèle des trois précédentes mobiliser moins que ce 1er mai 2009 » (Libération).


Cet article est le 53ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 20:15

Le MRC et Chevènement, la crise et le G20, principaux titres

 

Depuis 20 mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent).  C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités.  

 

Les titres en avril se répartissent ainsi :

 

- Le MRC et Jean-Pierre Chevènement (9 articles),

- La crise économique et sociale, le G20 (8 articles),

- L’agriculture, le vin et la pêche (4 articles),

- Les retraites et la santé (3 articles)

- Les déclarations et les réformes Sarkozy (3 articles),

- Le Parlement européen (1 article),

- Le football anglais et le néolibéralisme (1 article),

- France Palestine Solidarité 53 (1 article).

 

Depuis près de trois ans, 1131 articles - classés en 50 catégories - sont parus sur ce blog.

 

 

Titres des articles parus en avril 2009 sur http://mrc53.over-blog.com

 

30 avril 2009 - Débat sur le G20 au Sénat : Chevènement évoque trois tabous à lever

 

30 avril 2009 - Le personnel des hôpitaux publics fait de la résistance à la loi HPST

 

29 avril 2009 - 1er mai pour une politique fondée sur la justice et la solidarité

 

28 avril 2009 - Gérard Beillard (MRC 53) à propos des retraites : s'inspirer de la CGT

 

27 avril 2009 - Les pensions de retraite sont garanties jusqu'à la fin 2010, pas après

 

26 avril 2009 - En France, les jeunes sont de plus en plus touchés par le chômage

 

25 avril 2009 - Colloque de la Fondation Res Publica sur le libre-échange le 27 avril

 

24 avril 2009 - Michel Sorin plaide pour un MRC plus proche des attentes populaires

 

23 avril 2009 - Jean-Pierre Chevènement, un homme d'Etat, dans Le Nouvel Economiste

 

22 avril 2009 - Michel Sorin : le MRC doit s'accorder sur une stratégie opérationnelle

 

21 avril 2009 - Le capitalisme pourrait ne pas survivre, miné par la crise financière

 

20 avril 2009 - La réussite des clubs anglais de football est liée au néolibéralisme

 

19 avril 2009 - Les faux pardons de Royal en réponse aux vraies bourdes de Sarkozy

 

18 avril 2009 - Le vin rosé d'assemblage, initiative européenne de bien mauvais goût

 

17 avril 2009 - La réorientation des aides publiques aux agriculteurs est un bon début

 

16 avril 2009 - Les quotas de pêche 2009, remis en cause par les artisans pêcheurs

 

15 avril 2009 - Face à la crise, 12 députés et 12 sénateurs confrontent leurs idées

 

14 avril 2009 - Les eurodéputés : toujours plus d'atlantisme et de néolibéralisme

 

13 avril 2009 - AG de la Confédération Paysanne 53 : l'exposé de Lucien Bourgeois

 

12 avril 2009 - G20, Londres : sauver les banques et le libre échange, ne rien changer

 

11 avril 2009 - Le monde du travail vers des luttes sociales efficaces et radicales

 

10 avril 2009 - Patrick Quinqueton, MRC : la crise économique, le social, le politique

 

9 avril 2009 - Gauche Avenir propose une méthode pour un nouveau Front populaire

 

8 avril 2009 - Européennes : la position du MRC 17 après la décision du MRC national

 

7 avril 2009 - Réforme territoriale : Les Verts avec Balladur, Chevènement contre

 

6 avril 2009 - Alliance atlantique OTAN : la France s'est rangée derrière l'Amérique

 

5 avril 2009 - G20 : la refondation du système monétaire international, non abordée

 

4 avril 2009 - Michel Sorin : de nombreux indices d'une situation prérévolutionnaire

 

3 avril 2009 - Finance mondiale : les grands Etats corrigent certains abus du système

 

2 avril 2009 - Laval : l'association de solidarité France Palestine Mayenne, relancée

 

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 22:32

Sur le gril : les banques, le libre-échange, le dollar

 



Jean-Pierre Chevènement, le 6 septembre 2008, à Belfort, lors de l'université d'été du MRC, en conversation avec André Brie, député européen allemand, dirigeant de Die Linke



Visiblement, Jean-Pierre Chevènement est heureux d’être dans les 12 sénateurs membres, avec 12 députés, du groupe de travail parlementaire sur la crise. Il est intervenu, ce 30 avril, dans le débat organisé par le Sénat, après le G20 à Londres (voir G20, Londres : sauver les banques et le libre échange, ne rien changer - 12 avril 2009 - sur ce blog).

 

Avant d’en venir à ce qu’il a dit à la tribune du Sénat, un mot sur le colloque que la Fondation Res Publica a organisé le 27 avril (voir Colloque de la Fondation Res Publica sur le libre-échange le 27 avril - 25 avril 2009 - sur ce blog).

 

Sur le site de Marianne, le 29 avril, a été présenté un résumé de la première partie de l’intervention de Hakim El Karaoui : La crise est d'abord celle de la mondialisation.

 

Voici le texte de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, que l’on trouve sur son blog (cliquer sur le titre).

 

Dans le débat sur le G20, trois tabous à lever : la propriété des banques, la régulation du commerce international, une nouvelle monnaie de réserve

 

Intervention (extrait) du sénateur Chevènement lors du débat du 30 avril 2009 consacré aux suites du G20 et de la crise financière internationale.

 

(…) A mes yeux le système financier est inséparable du système productif. Le document de travail distribué à la Commission mixte notait « une déformation du partage des revenus du capital et du travail », lui-même à l’origine du « développement irresponsable du crédit aux Etats-Unis ».

La fuite en avant dans l’endettement, la titrisation et les produits dérivés ont résulté de l’insuffisance de la demande liée à la déflation salariale, elle-même issue d’un libre-échange déséquilibré avec des pays dont les coûts de revient salariaux sont inférieurs de dix à vingt fois aux nôtres.

Les deux problèmes essentiels, celui de l’assainissement financier et celui de la relance économique sont donc étroitement connectés.

Il ne suffit pas d’injecter des capitaux dans le système bancaire pour l’assainir. Il est même choquant de voir le contribuable venir au secours de banquiers faillis qui ne souhaitent, une fois remis en selle, que recommencer le grand jeu de la mondialisation inégale, de la course à des taux de rentabilité exorbitants qui étaient censés justifier leurs extravagants bonus, et de reprendre leurs pratiques déresponsabilisantes de titrisation.

Il faudrait au moins exiger que les banques conservent à leur bilan les risques les plus lourds et ne puissent titriser qu’une partie de leurs prêts, comme l’a suggéré le rapport du groupe de travail.

Nos concitoyens ne peuvent accepter que la dette publique prenne simplement le relais de la dette privée, creusée par ceux-là mêmes qu’on maintient en place, alors qu’ils n’ont rien perdu de leur arrogance et de leurs prétentions financières.

 

Oui, la question de la nationalisation des banques se pose, comme je l’avais suggéré, dès les 8 et 15 octobre 2008, dans le débat sur la crise financière et sur la loi de refinancement de l’économie. Elle se pose notamment pour Dexia et pour la banque issue de la fusion de la Caisse Nationale d’Epargne et des Banques Populaires.

La renationalisation de tout ou partie du système bancaire en France comme ailleurs, obéit à une double nécessité. Politique d’abord : il est normal que celui qui paye commande. Economique ensuite : la reprise du crédit ne se fera que par une entente coopérative entre les banques.
Comme l’a bien montré Jean-Luc Gréau, c’est à l’Etat d’organiser et de surveiller cette entente coopérative durant toute la période nécessaire au retour à la normale.

J’en arrive maintenant aux plans de relance économique. Dominique Strauss-Kahn a mis en cause la frilosité des pays européens. Certes un nouveau plan de relance axé sur l’investissement, la préservation du tissu productif, les revenus les plus bas, les chômeurs et les jeunes ne doit pas être exclu, mais il est légitime de s’aviser que l’injection de crédits publics n’aboutisse pas, comme on dit, à « arroser le sable ». Il est malheureusement trop évident que l’effort du contribuable a servi jusqu’ici, pour l’essentiel, non pas seulement en France, mais d’abord aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, à renflouer le système bancaire, en vertu du principe : « On prend les mêmes et on recommence ».

Un traitement insuffisant de la crise ne sera pas toléré, car aussi bien, cela ne marche pas : le risque principal aujourd’hui est dans le mitage du système « banques-assurances » par ses engagements irraisonnés (plus de 60 trillions de CDS – crédit default swaps) dit produits dérivés, sujet non traité par le Sommet de Londres. Il est vrai que le redressement de nos économies pose un problème d’une immense ampleur.

Pour redonner un horizon à nos démocraties et ramener durablement la confiance, il faut une perspective de progrès partagé : un progrès des rémunérations égal à celui de la productivité, un partage plus honnête des salaires et du profit.

 

On m’objectera que ce progrès n’est pas compatible avec le libre échange généralisé, notamment vers les pays à très bas coût salariaux. Mais c’est cela qu’il faut revoir, en instaurant une concurrence équitable, je n’ai pas dit un repli autarcique, mais une régulation négociée des échanges internationaux permettant une sortie de crise à l’échelle mondiale et d’abord en Europe et aux Etats-Unis, à partir d’une revalorisation salariale substantielle, à l’abri d’une protection modérée, corrigeant les distorsions de salaires abusives.

Or le sommet de Londres se borne à fulminer une excommunication contre le protectionnisme au nom d’une lecture biaisée de l’histoire des années trente.

 

Les mêmes qui ont failli veulent persévérer : alors que le commerce international devrait se contracter de 9 % en 2009, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le protectionnisme, ceux-là mêmes qui ont présidé à une mondialisation qu’ils disaient « heureuse » mais qui s’est révélée catastrophique, entendent à nouveau et encore plus « libéraliser » le commerce international à Doha, en juillet prochain.

 

Il n’y a aucune guérison à attendre de ces mauvais médecins. Il faudrait, au contraire mettre en place une régulation par grandes zones économiques, regroupant des pays de niveau comparable en termes de salaires, sans se fermer à une raisonnable concurrence des pays à bas coûts, ceux-ci étant fortement incités, en contrepartie, à développer leur marché intérieur, leur système de sécurité sociale, et la protection de leur environnement.

 

Une nouvelle régulation des flux commerciaux à l’échelle mondiale nécessaire, dès lors que les écarts salariaux vont de 1 à 20, devrait bien évidemment faire l’objet d’une grande négociation internationale entre les pays du G20. Je me réjouis encore une fois à cet égard des progrès effectués pour institutionnaliser ces sommets, que ce soit au niveau des ministres des finances ou à celui des chefs d’Etat et de gouvernement.

Le FMI, dont l’action a été si critiquable vis-à-vis des pays du Sud endettés, voit tripler le montant de ses moyens financiers. Mais cela ne remédiera pas aux déséquilibres fondamentaux dont souffre l’économie mondiale du fait notamment du déficit abyssal de la balance commerciale américaine et de la fragilité du dollar.

Le problème du système monétaire international n’a pas été abordé à Londres par le G20, alors même que le Federal Reserve Board, la Banque centrale américaine n’a pas seulement pris en charge dans son bilan des actifs douteux colossaux, comme l’ont relevé messieurs Arthuis et Marini, mais elle a commencé à monétiser la dette publique américaine, en achetant 300 milliards de dollars de bons du Trésor.

 

Le Président de la Banque Centrale de Chine a mis le doigt sur un problème essentiel en proposant de créer un nouveau système de réserves monétaire constitué, comme les DTS émis par le FMI, d’un panier de monnaies. Qu’en pense le gouvernement français, qui se souvient peut-être de la mise en cause par le général de Gaulle, en 1964, du privilège du dollar ?

Il n’est pas normal que le monde dépende des émissions de monnaie des Etats-Unis. Ceux-ci doivent sortir du modèle rentier dans lequel ils se sont enfermés. Tout montre que cet objectif est inaccessible sans une remise en cause d’un libre échange généralisé et dogmatique qui, en comprimant les salaires dans les pays anciennement industrialisés, est, avec le privilège du dollar, à l’origine de la crise actuelle.

 

Le G20 sera très utile pour négocier les transitions nécessaires. La réforme du système monétaire international doit être mise à l’ordre du jour du prochain sommet du G20.

Le travail du groupe sur la crise constitué au sein du Parlement français n’a aucune raison de s’interrompre. Bien au contraire, nous devons multiplier nos échanges, comme l’a d’ailleurs suggéré le Président de la République, avec les Parlements voisins et les institutions européennes. Nos propositions doivent nourrir le débat public : c’est aussi ce qu’attendent du Parlement nos concitoyens.


Cet article est le 6ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur.

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 18:53

L’hôpital public doit rester le pilier du système de santé

 

Les manifestants des personnels hospitaliers étaient nombreux, le 28 avril, dans les rues, notamment à Paris, comme on peut le constater sur le blog de Marinette Bache, membre MRC du Conseil de Paris (voir l’article du 28 avril Défendre l’hospitalisation publique).

 

Appel des médecins hospitaliers pour organiser les Etats Généraux de l’hôpital public (extraits).


“En 1958, la grande réforme menée par le Professeur Robert Debré allait permettre à la médecine française de devenir en 30 ans “la meilleure du monde”. Cinquante ans plus tard, le Parlement va-t-il voter la loi “Bachelot” qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d'une médecine mercantile ? Le maître-mot n'est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n'est plus le malade mais le compte d'exploitation de l'hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants. Cette loi cale l'hôpital sur l'entreprise. Elle donne tous les pouvoirs au Directeur de l'Hôpital, nommé et révoqué par le Directeur de l'Agence Régionale de Santé, lui-même nommé et révoqué par le Conseil des Ministres (…).


Il faut repenser l'organisation hospitalière
pour répartir de manière harmonieuse sur le territoire, sans redondance, les structures de soins et les spécialités en prenant en compte aussi leur niveau de technicité et l'accueil des urgences ; organiser la continuité des prises en charge au fur et à mesure de l'évolution du type de soins que demandent les malades (…).


Soyons clairs
. Si cette loi n'est pas amendée, elle s'appliquera sans nous, médecins et chirurgiens de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris. Demain, côte à côte, et pour la première fois, infirmières, agents hospitaliers et administratifs, médecins seront dans la rue. Preuve que les mentalités ont changé, que l'union est faite pour que soit supprimé le volet hospitalier de la loi “Bachelot” et pour que s'ouvre enfin un débat à la hauteur de l'enjeu : il est encore temps et il est urgent d'organiser les Etats Généraux de l'hôpital public.


La question de l’évolution du système santé est revenue souvent sur ce blog (voir Le MRC craint une privatisation du système de santé (Sécu, loi HPST) - 12 février 2009).

 

Ladislas Polski, secrétaire national MRC à la santé, a préparé un texte, que Xavier Dumoulin a mis en ligne sur le Blog citoyen, socialiste et républicain pour 2009.

 

L’hôpital, pilier de la république sociale

Depuis plusieurs années, les gouvernements de droite n’ont cessé de fragiliser l’hôpital public au profit du secteur privé.

La Tarification à l‘activité (T2A) a introduit à l‘hôpital l‘obsession de la rentabilité

- Avec la T2A, l’hôpital public et les cliniques privées sont mis au même plan, et tant pis pour les missions que l’hôpital est seul à assumer : l’accueil de tous les patients sans sélection, la formation initiale des professionnels, l’ensemble des missions sociales de l’hôpital ne peuvent se quantifier en actes. 

- Les dotations forfaitaires (MIGAC) prévues pour pondérer ce mode de financement sont largement insuffisantes.  Les soignants de l’hôpital ne cessent de le répéter : la quête de la stricte rentabilité qu’impose le T2A ne peut qu’aboutir à une sélection des malades les plus rentables et à une dangereuse et inflationniste course à l’acte 


Aujourd’hui, la loi
Hôpital, patients, santé et territoires poursuit l’évolution de notre système de santé vers une logique concurrentielle, lucrative, et génératrice d’inégalités. 


Les groupements de coopération sanitaire prévus par la loi Bachelot vont opérer le rapprochement d’établissements de santé publics et privés, sous l‘impulsion des nouvelles Agences Régionales de Santé


Conséquence? A coup sûr, la disparition de certaines activités du secteur strictement public et, à terme, l‘impossibilité pour de nombreux patients d‘accéder à des soins de qualité

Parallèlement, les établissements de santé privés pourront désormais participer à l’enseignement universitaire et bénéficier ainsi du renfort de médecins en formation payés par la collectivité. 


Nicolas Sarkozy a dit qu‘il faut un vrai patron à l’hôpital. Aussi donne-t-il toute latitude aux directeurs d’hôpitaux pour gérer leurs établissements comme des entreprises. Aussi ces directeurs pourront-ils désormais être issus du secteur privé.

Quant aux médecins, ils pourront être recrutés sous un statut de droit privé, avec une rémunération comportant une part variable.

Soixante cinq ans après le programme du Conseil national de la Résistance qui jetait les bases du modèle social français, est-ce de cela que nous voulons ? 

NON ! L’hôpital public doit rester le pilier d’un système de santé qui allie excellence médicale et égalité d’accès aux soins. Il faut

- intégrer dans tout plan de relance des investissements majeurs en direction de l’hôpital public,

- revenir sur le dogmatisme de l’application de la Tarification à l’activité : accorder à l’hôpital public des rémunérations forfaitaires à la hauteur des missions qu’il assume; permettre ainsi aux hôpitaux d’assainir leurs budgets, 

- réorganiser l’hôpital sans le soumettre à une logique de rentabilité,

- responsabiliser les acteurs du système hospitalier en développant une gouvernance démocratique et transparente de l’hôpital,

- développer dans les zones de faible densité médicale une nouvelle génération de dispensaires-pilotes, destinés à pratiquer une médecine ambulatoire en lien étroit avec la médecine hospitalière.


Sur ce même sujet, voir l’article paru sur le site de Libération, le 29 avril : L'hôpital fait bloc contre la loi Bachelot.

 

Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie Santé et sécu sociale.

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 22:18

Front commun syndical et politique pour le changement

 

C’est un 1er mai historique qui se prépare, la crise étant passée par là (voir Le monde du travail vers des luttes sociales efficaces et radicales - 11 avril 2009). L’intersyndicale continue sur sa lancée des 29 janvier et 19 mars. Sa plateforme de revendications et ses initiatives sont approuvées par les Français, comme le montre un sondage de L’Humanité, ce 29 avril.


Avant même que ne s’ébranlent les 280 défilés revendicatifs du 1er Mai, l’intersyndicale pourra se targuer d’avoir gagné la sympathie de l’opinion pour ses initiatives.

Le sondage CSA commandé par l’Humanité est sans appel. À 72 %, les Français soutiennent ou éprouvent de la sympathie à l’égard de la mobilisation du 1er Mai. Ils ne sont que 9 % à s’y déclarer hostiles ou opposés. Ils étaient 62 % à soutenir ou exprimer de la sympathie pour la journée du 19 mars, 69 % pour le 29 janvier.

Pour retrouver un même niveau d’adhésion de l’opinion à un mouvement social, il faut remonter à… l’année 2002.Le sondage montre que toutes les générations et toutes les catégories de la population éprouvent de la sympathie ou soutiennent cette journée de mobilisation.


Lire aussi sur le site de L’Humanité
Un Premier Mai sur fond de conflits sociaux

 

En Mayenne, les organisations syndicales appellent à manifester le 1er mai, à partir de 11h, près de la Salle polyvalente, Place de Hercé à Laval, vers le Square de Boston, où se déroulera la partie festive, avec animation musicale et la possibilité d’échanger autour d’un pique-nique (à apporter).

 

En Loire-Atlantique, les partis de gauche (à l'exception du NPA) ont appelé les citoyens à manifester le 1er mai en appui aux forces syndicales pour contester la politique du gouvernement, pour la défense des travailleurs, des retraités et des étudiants ».

 

Bruno Chevalier, responsable MRC 44, ajoute : « Devant la multiplication des plans sociaux, de la criminalisation de l'action syndicale et de la radicalisation à droite toute de ce gouvernement, il est important que chacun se mobilise pour faire de cette manifestation historique (il n'y avait pas eu d'unité syndicale pour le 1er mai depuis la Libération) un évènement politique et citoyen majeur de ce printemps ».

DECLARATION COMMUNE: Le 1er mai sera unitaire à gauche

Ensemble, les partis de gauche de Loire-Atlantique soutiennent et appellent à la participation de toutes et tous aux manifestations organisées le 1er mai à l’occasion de la fête des travailleurs pour
que cette journée soit porteuse de résistance à la politique du gouvernement, d’espoir pour les salariés et de changement de cap politique pour les Français.

Nous l’affirmons : la France connaît une crise sociale grave dont les principales victimes sont les salariés, les précaires et les chômeurs. Elle crée une désespérance pour les Français qui subissent une dégradation de leur qualité de vie avec un pouvoir d’achat qui baisse, une augmentation du chômage et de la précarité accentués par les vagues actuelles de licenciements et de suppressions d’emplois, dans le privé comme dans le public.

L’importance des mobilisations sociales des 29 janvier et 19 mars dernier a témoigné d’un rejet massif des choix politiques du gouvernement Sarkozy-Fillon et confirmé l’exigence d’un « bouclier social » à l’opposé du « bouclier fiscal » pour les plus riches, et de mesures en faveur de l’emploi et des salaires à l’opposé des choix du gouvernement qui distribue sans contrepartie sociale des milliards aux banques et aux grands groupes. De plus, pour lutter contre le chômage et le désespoir des jeunes, le Président ressort les mêmes recettes qui ont toujours échoué. Depuis 30 ans, on ne cesse d’accorder contrats aidés, primes et baisses des charges aux entreprises qui embaucheraient des jeunes. Nicolas Sarkozy ne fait aucune rupture avec cette politique qui échoue systématiquement et laisse les jeunes dans la précarité et la dépendance.

En rejetant les revendications formulées à l’occasion de ces manifestations par les organisations syndicales et sociales, Nicolas Sarkozy et son gouvernement démontrent leur incapacité à comprendre l’angoisse des Français et l’ampleur de la crise économique et sociale qui concerne tout le pays. C’est pourquoi, nous appelons à un front commun contre la politique de la Droite et du MEDEF qui réponde aux difficultés, aux inquiétudes et aux attentes des salariés.

Nous proposons qu’une politique nouvelle soit mise en place autour des choix de justice et de solidarité qui répondent aux inquiétudes et redonnent espoir aux salariés et aux Français : défense des emplois et lutte contre la précarité du travail dans les secteurs privé et public ; augmentation des salaires, des minima sociaux et des pensions de retraite ; défense et développement des services et de l’emploi publics (éducation, santé, etc.) ; réorientation des richesses vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques et territoriaux.

Nous réaffirmons notre attachement à un droit du travail protecteur des salariés et à un syndicalisme fort et respecté, nécessaire à la transformation sociale. Nous dénonçons les atteintes aux libertés qui visent à museler la contestation sociale et à entraver le travail des organisations syndicales.

Comme nous l’avons fait lors des précédentes mobilisations sociales, nous appelons à la réussite d'un 1er mai 2009 historique. C’est pourquoi, nous serons aux côtés des organisations syndicales et des salariés pour amplifier cette mobilisation populaire afin d’obtenir les changements de cap politiques nécessaires.


Les signataires
: Le Parti Socialiste de Loire-Atlantique (PS) - Le Parti Communiste de Loire-Atlantique (PCF) - Les Verts de Loire-Atlantique – L’Union Démocratique Bretonne (UDB) - Le Parti Radical de Gauche de Loire-Atlantique (PRG) – Le Mouvement Républicain et Citoyen de Loire-Atlantique (MRC) - Les Alternatifs de Loire-Atlantique – Le Parti de Gauche (PG) de Loire-Atlantique - Gauche Unitaire de Loire- Atlantique.

Sur le site du quotidien Le Monde, le 20 avril, Michel Noblecourt pointait le paradoxe qui voit les syndicats unis au sommet et concurrents à la base. Depuis le 1er janvier, dans toutes les entreprises, la loi du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale impose de nouvelles règles très exigeantes.

 

 Les paradoxes de l'unité d'action du "G8" syndical, par Michel Noblecourt

 

Triangle rouge à la boutonnière - histoire de symboliser les trois temps d'une journée (travail, sommeil, loisirs) -, les premiers syndicalistes français ont fait du 1er Mai, dès 1890, une journée de solidarité internationale. Il s'agissait de célébrer la victoire des ouvriers américains qui avaient obtenu, le 1er Mai 1886, la journée de huit heures et la mémoire de cinq syndicalistes pendus à la suite d'une manifestation violemment réprimée à Chicago. C'est ce symbole, et non la Fête du travail instaurée par le maréchal Pétain en 1941, que, pour la première fois, les huit syndicats du groupe des 8 (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires) vont célébrer ensemble le 1er Mai.

 

L'événement est d'importance. En 2006, les syndicats avaient bataillé plusieurs mois, dans "une unité sans faille" selon la formule de Bernard Thibault, contre le contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin. Mais cette unité, déjà inédite, n'avait été qu'un feu de paille vite balayé par leur victoire commune. Cette année, le 1er Mai unitaire du "G8" est présenté comme "un nouveau temps fort de mobilisation", après ceux du 29 janvier et du 19 mars, pour "peser sur le gouvernement et le patronat" et obtenir un changement de politique économique et sociale face à la crise.

Exceptionnelle, cette unité n'en est pas moins très paradoxale. Unis au sommet, les syndicats s'affrontent comme jamais à la base, dans les entreprises (…).

 

 Cet article est le 52ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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