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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 18:11

Le bilan des réformes de 1993 et 2003 est désastreux

 

Le dossier des retraites est suivi de près par Gérard Beillard, domicilié à Saint-Berthevin, ouvrier dans une entreprise de textile à Laval. Il était intervenu sur cette question lors du congrès MRC (voir Gérard Beillard, délégué de la Mayenne, est intervenu au congrès MRC - 23 juin 2008).  


Hier, sur ce blog, il avait traité le problème des retraites complémentaires (voir
Les pensions de retraite sont garanties jusqu'à la fin 2010, pas après - 27 avril 2009).

 

Ayant recherché les positions des centrales syndicales sur la question des retraites, il a retenu celles de La cgt, publiées le 27 mars 2008 sur le site de ce syndicat  La CGT fait 7 propositions.

 

La CGT : un bilan des réformes, des propositions

 

Quatre mesures sont pénalisantes :

 

- Près de 42 ans de cotisations seront exigés pour toucher une retraite à taux plein en 2020. Si plusieurs pays d’Europe affichent des objectifs similaires ou supérieurs, c’est en maintenant des mécanismes favorables de départ anticipé.

 

- Le taux de remplacement (montant de la pension, comparé au salaire avant retraite) est passé de 50% à 43% en 2008, conséquence de la désindexation des salaires qui servent à calculer le montant de la retraite pour les salariés du privé.

 

- Une baisse sensible de la valeur des pensions servies par les régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco (20 à 25%, pour une même somme affectée à l’achat de points de retraite).

 

- Une indexation des pensions servies sur les seuls prix, et non sur l’évolution du salaire moyen. Au bout de 15 ans de retraite, le pensionné aura perdu au moins 20% de pouvoir d’achat par rapport aux actifs.

 

Le monde du travail est attaché au droit à la retraite à 60 ans.

 

La présidente du Medef, Madame Parisot, veut reculer cet âge à 62 ou même 63 ans. Le gouvernement fait semblant de ne pas toucher à l’âge de 60 ans, mais allonge sans cesse la durée de cotisation exigée pour toucher une retraite à taux plein correcte :

-          En 1993, il a pris la décision de passer à 160 trimestres (40 ans) pour les salariés du privé.

-          En 2003, même décision pour les fonctionnaires. Et 164 trimestres pour tous en 2012, puis progressivement 167 trimestres en 2020.

-          En 2007, alignement des régimes spéciaux sur la durée de cotisation générale.

 

Dans les faits, cette exigence sans cesse accrue ne permettra plus aux salariés d’exercer leur droit au départ à 60 ans. La CGT réclame, et elle n’a pas tort, la reconnaissance de carrière complète à 60 ans, en intégrant toutes les périodes d’études, de formation, d’apprentissage, d’activité professionnelle ou d’inactivité forcé (chômage, recherche d’un premier emploi). Bien entendu, le choix de partir ou non à la retraite dès l’âge de 60 ans doit appartenir au salarié, et à lui seul, sans pression de l’employeur.

 

Il faut assurer l’égalité en matière de retraite.

 

Les gouvernements successifs ont mis en avant le principe d’égalité pour justifier leurs réformes régressives. Mais, en réalité, ils ont laissé de côté les inégalités les plus criantes.

 

La reconnaissance des travaux pénibles, dangereux et astreignants, par un départ anticipé à la retraite était réclamée par la CGT et d’autres syndicats, depuis longtemps. Elle était prévue dans l’article 12 de la loi 2003 sous forme d’une négociation interprofessionnelle devant établir la reconnaissance de la pénibilité en matière de retraite. Elle n’est toujours pas effective.

 

Chaque année, des salariés meurent prématurément en raison de leurs conditions de travail. L’espérance de vie d’un ouvrier est de 7 ans inférieure à celle d’un cadre. La mise en place d’un dispositif immédiat permettant de mettre fin à cette inégalité insupportable, et de réduire ensuite la pénibilité pour les salariés les plus jeunes par un effort sans précédent de prévention, reste à faire.

 

Le financement du dispositif pérenne de prévention et de reconnaissance de la pénibilité doit être assuré par les entreprises, les branches et un complément interprofessionnel.

 

Le rééquilibrage de la compensation entre les régimes de retraite.

 

Les gouvernements, au fil des réformes, ont organisé des transferts financiers entre les régimes. Chaque salarié du régime général paie en moyenne 300 à 400 euros par an à ce titre, les agents publics : 700 à 800 €. 2/3 de ces sommes vont aux régimes de retraite des non salariés (exploitants agricoles, commerçants, artisans).

 

La CGT n’est pas contre le principe d’une compensation démographique au profit des régimes en situation défavorable, salariés ou non salariés, car cela permet, par la solidarité, de sécuriser la retraite par répartition. Mais elle pose une condition : que les plus favorisés dans les professions bénéficiaires fassent des efforts proportionnels à leurs ressources.

Un récent rapport de la Cour des Comptes a mis en évidence le fait que, par divers mécanismes de forfaitisation et de niches fiscales et sociales, les professions indépendantes, agricoles et libérales, parviennent à réduire leurs contributions. Le taux de prélèvements sociaux, corrigé des effets d’assiette, est de 10 points plus bas pour ces professions jusqu’au plafond de la sécurité sociale. Il est de 30 points plus bas entre 1 et 4 plafonds !

 

L’épargne retraite

 

La CGT  refuse d’entretenir des illusions à propos de l’épargne retraite et, aussi, des primes sur salaires qui, au moment de la retraite, ne sont pas comptabilisées.

 

Gouvernement et patronat incitent les salariés à recourir à l’épargne individuelle pour compenser les baisses prévues des retraites. Avantages fiscaux, abondements des entreprises, tout est bon pour favoriser le recours à ces produits d’épargne.

 

Banques et compagnies d’assurances cherchent à tout prix à placer ces produits, semant de graves illusions sur ce qui reviendra aux salariés le jour de leur retraite.

Ces produits d’épargne sont très coûteux, pour un rendement aléatoire. Les entreprises, qui refusent d’augmenter les cotisations sur les retraites, placent des millions d’euros dans les retraites d’entreprise en capitalisation !

 

Les failles de ces produits d’épargne collective sont des coûts de gestion trop élevés, par rapport à ceux du système par répartition. Ils viennent s’imputer sur le montant de la rente future. La seule chose que connaît l’épargnant, c’est le montant de sa cotisation. Le niveau de la rente, lui, dépend des fluctuations des marchés financiers et de l’habilité du gestionnaire. Le niveau attendu de la future rente est souvent surestimé.

 

Pourtant, d’après un calcul de la Fédération des Sociétés d’Assurances, un salarié devrait placer depuis l’âge de 30 ans l’équivalent d’un mois de salaire tous les ans pour espérer au mieux une augmentation de 15% du niveau de ses revenus à la retraite. Quel salarié pourrait placer une somme pareille ?

 

Alors qu’ils sont mis en place depuis quelques années, il faut demander que soit assurée la plus grande transparence sur ces produits d’épargne collective, notamment sur les coûts de gestion et les niveaux de rente escomptés.

 

Quant au système d’épargne retraite individuelle, il faut mettre en garde les éventuels souscripteurs. Le choix d’épargner relève de la décision individuelle, mais il ne faut pas confondre produits d’épargne et système de retraite. La CGT a fait remarquer que ce système d’épargne retraite mis en place en Grande-Bretagne a fait faillite.

 

Le problème financier

 

La question décisive est celle de l’équilibre financier des régimes de retraite à moyen et long terme. Le trou de la Sécurité sociale n’est pas une fatalité. Depuis 20 ans, gouvernements et patronat ont refusé de donner des moyens complémentaires à la protection sociale et bien sûr aux systèmes de retraite.

 

Chacun sait bien que la clé principale du financement est dans le développement de l’emploi. Quatre millions d’emplois supplémentaires apporteraient la moitié des besoins de financement nécessaires pour la retraite, via les cotisations. C’est à peu près le nombre de salariés disponibles aujourd’hui pour un vrai emploi.

 

Le compromis de 2003, passé par le patronat sur le recyclage en faveur de la retraite des cotisations UNEDIC, ne tient pas debout.

-          D’une part, que veut dire un excédent UNEDIC quand plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé ?

-          D’autre part, la priorité dans l’affectation des moyens est dans le retour à l’emploi. Augmenter le nombre de salariés en emploi est la meilleure garantie pour l’équilibre financier de notre système de retraite.

Siphonner les ressources de l’UNEDIC est donc quelque chose d’aberrant. Toutes les organisations syndicales s’étaient opposées à cette mesure lors du rapport Charpin sur les retraites en 1999.

 

Une priorité doit être accordée à l’emploi des jeunes et des seniors. Six salariés, environ, sur dix ne sont plus en activité lorsqu’ils liquident leurs droits à la retraite. La priorité n’est pas le cumul emploi-retraite, mais le maintien dans l’emploi jusqu’à 60 ans.

 

Le second problème est celui du déséquilibre dans le partage de la valeur ajoutée, au détriment du salarié socialisé. L’entreprise a réduit sa contribution au financement de la protection sociale.

En 15 ans, la part des cotisations sociales dans le PIB a reculé de 2,5 points, ce qui représente un gain considérable pour les entreprises et un manque à gagner correspondant pour la Sécurité sociale.

 

La CGT fait cinq propositions pour apporter les ressources complémentaires. Elles sont discutables, mais elles ont le mérite d’exister.

 

1 – Tous les éléments de rémunérations complémentaires sont à soumettre à la cotisation pour la retraite.

2 – Une contribution sur les revenus financiers des entreprises doit être instaurée, à une juste valeur.

3 – La contribution des entreprises doit être modulée afin de pénaliser celles qui licencient et recourent à une main-d’œuvre précaire.

4 – Le fonds de réserve pour les retraites, dont la fonction de « lissage » des besoins serait confirmée, doit être doté d’une ressource pérenne, à hauteur des besoins, prélevée sur les dividendes versés par les entreprises.

5 – Au bout du compte, les salariés pourraient consentir une hausse de leurs cotisations, afin de permettre l’équilibre des régimes et sécuriser le droit à la retraite pour tous et par répartition, qui est le modèle le plus sûr pour accéder à une retraite convenable et juste, socialement.

 

Cet article est le 12ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites.

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 20:47

 

Maintien des règles actuelles pour les régimes complémentaires

 

Début 2009, alerte sur le montant des retraites complémentaires ! Elles étaient menacées à partir d’avril si les partenaires sociaux (les représentants du patronat et des salariés, au niveau national) ne trouvaient pas un accord garantissant le financement des pensions entre 60 et 65 ans, l’âge minimal pour avoir une retraite complémentaire complète étant fixé à 65 ans.

 

La retraite complémentaire (voir Ma retraite complémentaire), c’est important, puisqu’elle représente, en moyenne, 1/3 de la retraite des non cadres et jusqu’à 2/3 de celle des cadres.

 

Le 23 mars, un accord était trouvé, qui n’en était pas un, puisque c’était une simple reconduction jusqu’à fin 2010 des règles actuelles (voir Retraites complémentaires : le statu quo au moins jusqu'à fin 2010 ...).

 

Congres-MRC-2008-023-T.jpgGérard Beillard, ouvrier dans une usine textile de Laval, domicilié à Saint-Berthevin, milite au MRC 53. Il s’est chargé des questions liées au travail, à la protection sociale et aux retraites (voir l’un de ses articles sur ce blog Gérard Beillard (MRC 53) : la santé, vers un système à l ...).

 

Gérard Beillard et Michel Sorin, délégués de la Mayenne au congrès du Mouvement Républicain et Citoyen,
le 21 juin 2008, dans la salle du Kremlin-Bicêtre (Val-de Marne)

Voici le texte qu’il m’a remis, portant sur les négociations entre les partenaires sociaux

 

La négociation sur les retraites complémentaires Arrco et Agirc du privé s’est ouverte depuis le début de l’année. Suite à la journée de mobilisation du 29 janvier des salariés de tous les secteurs d’activité, ce contexte social a contraint le Medef à être très prudent, assez loin de ses déclarations précédentes sur la nécessité de supprimer immédiatement le droit de partir en retraite à 60 ans, sans pour autant vouloir la garantir.

 

Ont été réaffirmées les exigences des salariés d’un maintien au droit au départ en retraite à 60 ans dans les régimes complémentaires et d’un niveau de pension leur permettant de répondre à leurs besoins une fois en retraite.

 

La CGT a décliné un certain nombre d’objectifs et de propositions pour assurer ces droits et les financer. En ce qui concerne l’âge de départ en retraite, elle a demandé que ce droit à la retraite complémentaire à 60 ans sans abattement soit directement assuré par chacun des régimes Arrco et Agirc, sans passer par la structure Association pour la Gestion du Fonds de financement (AGFF), qui n’est pas pérenne.

 

Pour le niveau des droits, un taux de remplacement doit être garanti sur la durée, de façon à assurer là aussi une véritable solidarité entre les générations.

 

Le déséquilibre des régimes Arrco et Agirc va apparaître plus tôt que prévu, à cause des politiques salariales et d’emploi des entreprises. Pour autant, des solutions peuvent être trouvées, notamment avec l’utilisation des réserves des régimes.

 

Le Medef et toutes les autres organisations syndicales ont reconnu que la logique des accords successifs depuis 10 ans environ de baisse continue du rendement des régimes, et donc des futurs droits à la retraite, n’était plus tenable.

Il n’est pas normal qu’un ouvrier qui a travaillé 42 ans se retrouve avec une retraite mensuelle totale (de base + complémentaire) de l’ordre de 950 à 980 euros, tandis que des classes sociales gagnent 5 à 6 fois plus. Un jour, il faudra se pencher sur cette dérive, car c’est inadmissible.

 

Par contre, sur les autres solutions pour assurer l’équilibre des régimes, les positions sont différentes.

 

Le patronat refuse toute augmentation des cotisations et ne souhaite jouer que sur l’âge de départ, avec l’éventualité d’un décalage progressif de celui-ci.

 

Certaines organisations syndicales, comme la CGC et la CFTC, ne sont pas opposées à des discussions sur ce type de mesures, à condition qu’elles soient associées à quelques autres décisions ; d’autres veulent des efforts partagés, tels que la réalisation d’économies sur les droits familiaux et conjugaux.

 

La CGT a réaffirmé le besoin de traiter de la question des ressources des régimes de retraites. Ne pas vouloir la traiter ne peut qu’aboutir à remettre en cause le pacte de solidarité intergénérationnel en sacrifiant la retraite des jeunes et des futures générations.

 

Il faut garder la retraite par répartition, c’est la seule garantie et la plus juste pour nos concitoyens. Il faut regarder ce qui est arrivé aux retraites par capitalisation, le désarroi pour ceux qui ont de petites pensions et même pour les classes moyennes.  

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Cet article est le 11ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 22:34

Un plan de plus pour l’emploi, mais quelle efficacité ?

 

Par comparaison avec les autres pays européens, le taux d’emploi, en France, est très déséquilibré. Il est trop faible avant 25 ans et après 55 ans. Concernant les jeunes, ils font des études plus longtemps, mais ils ont beaucoup de mal à se stabiliser professionnellement avant 30 ans, faute de trouver un emploi adapté et durable.

 

Le lien entre le système éducatif et la vie active n’est pas au point, contrairement à la Finlande (meilleur système éducatif mondial), qui a réussi l’initiation des jeunes à la vie professionnelle dès la scolarisation.

 

Avec la crise, le chômage des jeunes a bondi de 32% en un an, ce qui incité le gouvernement à mettre en place un plan d’urgence (voir l’article du quotidien Le Monde, le 23 avril, Chômage des jeunes : le mal français).

 

Pour Florence Lefresne, économiste à l'Institut de recherches économiques et sociales, les propositions de Nicolas Sarkozy sur l'apprentissage ne suffiront pas à remédier au problème de l'emploi des jeunes. Lire sur le site du Monde le 24 avril "La politique de l'emploi doit être repensée dans son ensemble".

Le site Rue89 (Eco89, François Krug) publiait, le 23 avril, un article résumant bien le problème, historiquement :

Chômage des jeunes : Sarkozy condamné à l'échec ?

(…) Des parkings ? C'est un résumé peu flatteur des plans lancés à droite comme à gauche pendant trente ans. Au cours de cette période, le taux de chômage des jeunes a oscillé entre un minimum de 9,7% et un maximum de 23,1%, selon les chiffres de l'Insee. Fin 2008, il s'élevait à 20,4%.

Comme le montre cette chronologie des dix plans les plus importants, deux stratégies ont alterné : inciter les entreprises à embaucher à coups d'aides et d'exonérations, voire en réécrivant le code du travail, ou créer des emplois de toute pièce dans le secteur public et les associations.

Paradoxe : au sein du gouvernement, l'UMP Laurent Wauquiez penchait pour la solution privilégiée par la gauche, celle des emplois publics. Et Martin Hirsch, proche de la gauche avant son arrivée au gouvernement, misait au contraire sur le privé.

Faut-il compter sur les entreprises ?

Comme le montre notre chronologie, c'est la solution privilégiée par tous les gouvernements de droite, de Raymond Barre en 1977 à Dominique de Villepin en 2006. Le recrutement de jeunes qualifiés coûterait trop cher, et l'Etat doit donc encourager les entreprises :

o          En réduisant les charges, comme pour le Pacte national pour l'emploi des jeunes de Barre ou le Plan d'urgence du gouvernement Chirac en 1986

o          En prenant en charge une partie du salaire, comme pour le Contrat jeune en entreprise de Jean-Pierre Raffarin en 2002

o          En réduisant le salaire minimum appliqué aux jeunes, comme pour le Contrat d'insertion professionnelle d'Edouard Balladur en 1994, retiré après une vague de manifestations

o          En assouplissant le Code du travail, comme avec la période d'essai de deux ans du Contrat première embauche de Villepin en 2006, un projet lui aussi abandonné sous la pression (…).

Faut-il créer des emplois publics ?

C'est la solution privilégiée par la gauche. Les travaux d'utilité collective de 1984, les contrats emploi solidarité de 1990 et les emplois jeunes de 1997 ont tous suivi la même logique : créer des emplois de toute pièce dans le secteur « non marchand » (administration, collectivités locales, associations…), sans remettre en cause les emplois déjà existants.

Pour Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, cette stratégie de « traitement social du chômage » est encore la plus efficace : « Dans le secteur marchand, il y a un effet d'aubaine. Dans le public, vous pouvez augmenter le volume global et ce ne sera pas au détriment d'une autre catégorie. Les entreprises sont dans une logique d'ajustement très forte, et la seule entité qui peut contrebalancer cet effet, c'est l'Etat, en jouant le rôle de recruteur. »

Une seule solution : le plein emploi

Mais pour Mathieu Plane, le véritable problème est celui de l'enseignement et de la formation. Le taux de chômage des jeunes doit être interprété avec précaution, rappelle l'économiste de l'OFCE : « Il ne porte pas sur l'ensemble des jeunes, mais sur la population active de cette classe d'âge. C'est celle qui est sortie le plus tôt du système scolaire, elle est moins qualifiée que la moyenne des jeunes. Ça reporte le problème à la question de la qualification. »

Ce manque de qualification condamnerait une partie des jeunes à la précarité : « Les jeunes sont sur-représentés dans la précarité, dans les CDD et les intérims. Ils sont une variable d'ajustement très forte pour les entreprises. »

La seule solution, « c'est le plein emploi », résume Mathieu Plane. C'est-à-dire une situation où le rapport de force entre les recruteurs et les jeunes s'inverserait : « Le problème est lié au chômage de masse. Tant qu'on aura ce chômage de masse et qu'il n'y aura pas de tension sur le marché du travail, les entreprises ne se tourneront pas vers cette main-d'oeuvre. Ou alors il faudra mettre énormément d'aides sur les jeunes, mais ça ne fera que déplacer le problème. »

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

Michel Wieviorka : Plan de relance, et les jeunes dans tout ça ?

Chômage : 40 ans d'embarras des politiques à la télé

On licencie même dans les services à la personne

Tous nos articles sur le chômage

Ailleurs sur le Web

Chômage des jeunes: Wauquiez et Hirsch à front renversé, sur LeFigaro.fr

"Jeunes dans la crise", un document du Haut commissariat à la Jeunesse

L'évolution du taux de chômage des jeunes, sur le site de l'Insee

 

Cet article est le 51ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 19:43

Dans un monde protectionniste, l’Europe est naïve

 

Le débat sur le libre-échange commence à sortir de la confidentialité, grâce à certains médias et à la volonté de quelques personnalités (voir sur ce blog Le débat sur le protectionnisme se nourrit de l'échec du libéralisme - 15 février 2009).

 

Certes, le quotidien Le Monde (Protectionnisme : la tentation permanente, Thomas Wieder, 11 avril) veille au grain et voit « le retour rampant d’un patriotisme économique dont l’histoire est aussi ancienne que celle du capitalisme ».

 

Le site de Marianne, à l’initiative de Philippe Cohen, se distingue par son ouverture aux thèses protectionnistes (voir l’article signé Malakine, le 13 avril. Malakine, qui décrypte le curieux cheminement de l'économiste Patrick Artus : toute son analyse aboutit logiquement à des mesures de protection de l'industrie qu'il rejette par peur de choquer son milieu professionnel Artus, un protectionniste anti-protectionniste.


Le 27 février dernier, le site de Marianne publiait le texte de Guillaume Bachelay, secrétaire national du PS à la politique industrielle, aux entreprises et aux nouvelles technologies, qui annonçait la couleur d’entrée :
 

« Il est temps que les responsables européens acceptent de renoncer à une naïveté risible ». Peu de mots suscitent, parmi les dirigeants et les leaders d’opinion en Europe, autant de démagogie politique, de raccourcis historiques, d’approximations économiques et de haut-le-cœur moraux que « protectionnisme ». Pourtant, la crise mondiale du capitalisme, sa dureté, sa durée, devrait inciter à traiter ce sujet avec réflexion plutôt que par réflexe. Lire l’article : Protectionnisme, ouvrons le débat ! - Le retrouver sur le blog de Julien Landfried www.protectionnisme.eu.

Le même Julien n’est pas pour rien dans l’organisation du colloque de la Fondation Res Publica sur le libre-échange, lundi 27 avril 2009 à 18h à la Maison de la Chimie (28, rue Saint Dominique 75007 Paris). S’inscrire. Voici le programme.

Crise du libre-échange mondial : comment en sortir ?


Avec la participation de :

Jean-Luc Gréau, économiste, auteur de La trahison des économistes (Gallimard, 2008)

Hakim el Karoui, banquier d’affaires, auteur de L’avenir d’une exception (Flammarion, 2006)

Jacques Sapir, directeur d'études à l'EHESS, auteur de Le nouveau XXIè siècle (Seuil, 2008).

Jean-Marc Daniel, professeur d'économie à l'ESCP-EAP et directeur de la revue Societal

Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica

Cet article est le 74ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme .

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 22:52

Le parti de la République et du progrès social

 

En 2001, j’ai fait le constat déchirant que le Parti socialiste, mon parti depuis 1973, s’était éloigné, de fait, de l’électorat populaire en acceptant, depuis 1983, les politiques néolibérales portées par les USA et les Britanniques. Mes observations critiques, formulées auprès de François Hollande (j’étais membre du conseil national depuis 1997, en tant que responsable du PS en Mayenne), me rendaient suspect aux yeux des dirigeants socialistes. J’ai pu le vérifier dans leur comportement à mon égard.

 

Militant et responsable CERES (Centre d’étude, de recherche et d’éducation socialistes), puis Socialisme et République, resté au PS en 1993 sans rattachement à un courant interne (après la création du Mouvement des Citoyens, à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement), j’ai espéré en 1997 que Lionel Jospin ferme la parenthèse libérale, ouverte par François Mitterrand en 1983.

 

Hélas, la rupture entre le premier ministre et Jean-Pierre Chevènement en 2000 sonnait le glas de cette perspective. Le PS était loin de son anticapitalisme des années 1970. Il était de moins en moins républicain. Le débat d’idées avait disparu, laissant la place au carriérisme des cadres, et à un discours électoraliste masquant son refus de s’attaquer à la dérive libérale.

 

En décembre 2001, je mettais fin, à regret, à 28 ans d’engagement au sein de ce parti et décidais de soutenir la démarche présidentielle de Jean-Pierre Chevènement (j'ai accepté, par la suite, de participer aux élections législatives dans la première circonscription de la Mayenne).

 

Après une année de contacts préliminaires, mon adhésion au MRC s’est concrétisée en 2004. Au congrès de cette même année 2004, Georges Sarre me proposait la délégation nationale à l’agriculture et Jean-Pierre Chevènement, au congrès 2008, le secrétariat national à l’agriculture et la responsabilité du Grand Ouest.

 

Pourquoi rappeler cet itinéraire, aujourd’hui ?

 

- Parce que je le crois représentatif de celui de nombreux militants qui ont rejoint le MRC par dépit vis-à-vis d’un PS infidèle à sa raison d’être.

 

- Et, aussi, parce que j’ai envie de me projeter vers l’avant, au moment où le Mouvement Républicain et Citoyen se situe à la croisée des chemins, après sa recherche vaine d’une alliance à gauche aux élections européennes. Nous allons débattre collectivement du chemin à prendre, le 6 mai, secrétaires et délégués nationaux, à la demande de notre président.

 

Jean-Pierre Chevènement a raison de vouloir amender notre texte d’orientation, adopté au congrès de juin 2008 (voir Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche). Sa première partie, concernant l’analyse de la crise, n’est pas en cause (elle était anticipatrice). Par contre, la stratégie de la refondation de la gauche par la création d’un grand parti de toute la gauche ne sera pas opérationnelle avant longtemps.

 

La stratégie de la refondation de la gauche, en tenant compte de la crise du capitalisme, est à maintenir. La convergence de l’ensemble de la gauche, assortie de l’organisation de primaires pour désigner le candidat, est nécessaire pour aller à la prochaine élection présidentielle avec des chances de succès.

 

Dans ce cadre, nous avons besoin de reformuler notre projet pour le rendre accessible au peuple. Les thèmes de la protection et de la République sont à mettre en avant, en raison de la gravissime crise économique et sociale (impliquant la réorientation de l’Europe) d’une part, et dans la perspective de crise politique nécessitant un recours aux fondamentaux républicains d’autre part.

 

Le MRC doit se transformer en un vrai parti, le parti de la République et du progrès social, afin de prendre part, de manière influente, à l’avenir de la gauche et de la France.

 

Pour cela, il doit lier trois éléments : la crise du capitalisme, les aspirations du peuple français et la personnalité de Jean-Pierre Chevènement.

 

Voir, à ce sujet, les deux articles précédents :

 

Michel Sorin : le MRC doit s'accorder sur une stratégie opérationnelle - 22 avril 2009

Jean-Pierre Chevènement, un homme d'Etat, dans Le Nouvel Economiste - 23 avril 2009

 

Cette question de la mutation du MRC en un vrai parti n’est pas d’abord liée aux moyens financiers. Elle dépend de notre capacité à croire en nous-mêmes, en nos forces militantes.

 

Au CERES, dans les années 1970, nous parlions du mouvement d’en haut et du mouvement d’en bas. Certes, c’était au sein d’un PS. Le principe reste valable. Cela revient à réaliser une petite révolution culturelle, mais c’est ce qui pourrait nous arriver de mieux.

 

L’échec des négociations avec le front de gauche pour les élections européennes incite certains d’entre nous à se tourner vers une stratégie de repli républicain, du type de la stratégie de Vincennes (lancement de la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement en septembre 2001). Ce serait une erreur.

 

Car la crise du capitalisme appelle le rassemblement de la gauche, afin de mettre en place de nouveaux instruments de régulation et de stabilité des marchés. Il faut remettre de l’ordre dans le capitalisme, à défaut de lui substituer un autre système dans l’immédiat.

 

Ce n’est pas d’un repli intellectuel dont nous avons besoin, mais d’une plongée dans les milieux populaires pour faire connaître nos idées, qui seraient bien reçues si elles étaient mieux connues.

 

C’est une nécessité pour que Jean-Pierre Chevènement puisse parler au peuple, ce qu’il est tout à fait capable de faire avec succès, mais le système politico-médiatique ne lui permet pas, actuellement, de le faire. Prenons-en les moyens, en nous organisant dans les départements et dans les régions.

 

Jean-Pierre Chevènement, homme d’Etat et du passé,

doit devenir un homme du peuple et de l’avenir,

pour sortir la France et l’Europe de la crise.

 

Cet article est le 26ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 22:53

L’étoffe d’un grand président de la République

 

Alors que je commençais ma vie professionnelle en Mayenne, en 1972, je m’étais abonné à la revue Repères, publication du CERES, dirigé par Jean-Pierre Chevènement. J’ai adhéré à la démarche politique de celui-ci et répondu positivement à la demande de Jean Offredo (collaborateur de Robert Buron au sein du mouvement Objectif socialiste) de rejoindre le PS.

 

Car, en 1971, lors du congrès d’Epinay-sur-Seine, l’ancien ministre Robert Buron (maire de Laval de 1971 à sa mort en 1973 - voir Robert BURON ?) avait adhéré au PS, voté la motion du CERES et contribué à faire élire François Mitterrand au poste de premier secrétaire.

 

C’est à dessein que je cite, dans l’ordre d’importance décroissante pour moi, ces trois hommes d’Etat qui ont le plus compté dans mon engagement politique : Chevènement, Buron, Mitterrand.

Ce qui m’incite à évoquer cette période de ma vie, c’est la lecture de l’article paru ce jour dans Le nouvel Economiste concernant Jean-Pierre Chevènement, deux pages à lire aussi sur son blog : portrait de Jean-Pierre Chevènement par Philippe Plassart et Julien Tarby, paru dans Le Nouvel Economiste, 23 avril 2009, n°1473, sous le titre :

La crise fait revenir la Nation au premier plan et démontre sa solidité

 

Je me souviens de réunions passionnantes avec Jean-Pierre Chevènement en 1974, dans le cadre du CERES, au sein du PS. Je le retrouve, beaucoup plus souvent, en 2009, dans le cadre des réunions du secrétariat national du MRC. Les conditions ne sont plus les mêmes, mais je suis toujours aussi séduit par la qualité de son raisonnement politique.

 

L’expérience qu’il a acquise pendant ces 35 années est prodigieuse. Sa culture politique n’a pas d’égal. Sa capacité d’homme d’Etat est sans équivalent. Les évènements lui donnent raison, après coup.

 

Mon intuition est que cet homme-là (qui a été élu sénateur du Territoire de Belfort en septembre 2008 en réussissant l’exploit de triompher au second tour du candidat UMP et du candidat PS) peut être vraiment utile à la France.

Il est en forme, à 70 ans tout juste. Il peut le faire ! Mais encore faut-il qu’il ait l’opportunité de le faire. Si cela doit se produire, ce sera comme avec de Gaulle. Ce sera la rencontre entre un homme et le peuple français.

 

Justement, le peuple est en péril, en raison de la crise, mais aussi de la politique du pouvoir en place. Le président de la République n’est pas l’homme de la situation. Il va se heurter à une résistance populaire de plus en plus forte. Le système politique français trouvera une solution pour sortir de l’impasse. Le président du MRC pourrait être l’homme de la situation.

 

La crise, le peuple, Chevènement.

Ces trois éléments, s’ils sont réunis, sont l’avenir de la France.

 

Cet article est le 96ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT.

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 22:51

Pour une gauche, non capitaliste et républicaine

 

La crise met à nu le capitalisme et révèle sa vraie nature (voir le précédent article sur ce blog Le capitalisme pourrait ne pas survivre, miné par la crise financière - 21 avril 2009).

 

Selon l’économiste Michel Beaud, qui a écrit des livres sur l’histoire du capitalisme (certains sont téléchargeables – voir Michel Beaud, économiste), c’est la meilleure et la pire des choses. Il détruit et crée en permanence. L’auteur conclut sur le risque de basculement du monde avec ce système, dangereux pour l’équilibre de la vie sociale. Voici un résumé de sa conclusion.

 

Le capitalisme est devenu la principale force transformatrice des sociétés et du monde. C’est une réalité évolutive. La logique capitaliste engendre une totalité productive, marchande et monétaire, à la fois territorialisée et mondiale, en incessante mutation, de plus en plus autonome par rapport aux sociétés.

 

C’est pourquoi le capitalisme ne peut être réduit, ni à un mode de production, ni à un système économique.

 

C’est un système qui conforte les pouvoirs d’un petit nombre (oligarchie) et « comporte des dynamiques, à la fois créatrices et destructives, qui doivent être bridées non seulement au niveau des nations mais aussi aux niveaux des continents et du monde.

 

Sinon, la destruction massive des ressources et des équilibres terrestres, le totalitarisme d’un marché dominé par quelques grandes firmes mondiales, l’instauration progressive à l’échelle planétaire d’un « apartheid » par l’argent, risquent de provoquer durablement un basculement de plus en plus difficile à contenir ».

 

Bien sûr, comme nous avons pu le vérifier à Londres, début avril (voir G20, Londres : sauver les banques et le libre échange, ne rien changer - 12 avril 2009), même en crise, le système capitaliste est soutenu par tous les grands Etats. Il vit avec les crises et ne peut vivre sans crises.

Et, à chaque fois, il trouve les moyens de rebondir, avec la complicité des chefs d’Etat et de gouvernement (voir les actes du colloque de la Fondation Res Publica, le 17 octobre 2007 : Crises financières à répétition : quelles explications ? quelles réponses ?).

 

Mais cette crise est à la mesure des déséquilibres mondiaux hors du commun que les Etats n’ont rien fait pour résorber, bien au contraire dans le cas des USA de Bush.

« Avec une baisse du PIB de 1,3% en 2009, le monde connaîtrait sa plus forte récession depuis la Deuxième Guerre mondiale » (Les Echos, ce 22 avril).

Le MRC doit en tirer les conséquences

Nous devons en tirer les conséquences politiques. Le capitalisme n’est incontournable que par la volonté des peuples et de leurs représentants élus, qui n’ont pas envie de le remettre en cause. Dans le cas de la France, la gauche a abdiqué depuis la fameuse parenthèse libérale ouverte en 1983 par François Mitterrand. Elle a l’opportunité de se ressaisir, ayant sous ses yeux la faillite du capitalisme financier.


La stratégie du MRC s’en trouve confortée
(voir le texte adopté lors du congrès du Kremlin-Bicêtre, le 22 juin 2008 : Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche.

 

La refondation de la gauche est, plus que jamais, à l’ordre du jour. Il faut la resituer dans une perspective non capitaliste et la repenser au niveau opérationnel.

 

La Déclaration de Principe reste valable, en la complétant.

 

Cet article est le 25ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 17:18

Le totalitarisme du marché, menace pour l’humanité

 

La crise du capitalisme pourrait être mise à profit par les partis politiques de gauche pour réfléchir aux propositions qui iraient dans le sens d’une alternative à ce système.

 

Au début des années 1970, le PS de Robert Buron et de Jean-Pierre Chevènement était clairement anticapitaliste. Je me suis engagé sur cette base-là et les échecs de la gauche ne me détournent pas de la perspective socialiste.

 

Le capitalisme est-il notre horizon indépassable ?

Voici la définition qu’en donnait Michel Beaud, économiste (le Seuil,  Histoire du capitalisme de 1500 à 2000). Extrait de l’article paru sur ce blog le 26 juillet 2006 Formation citoyenne - Définitions - MRC 53 - février 2005.

 

« Le capitalisme domine plus que jamais le monde et nos sociétés. Après le capitalisme marchand (14ème et 15ème siècles), le capitalisme manufacturier (17 et 18èmes), le capitalisme industriel (19 et 20èmes), le 21ème siècle s’annonce comme celui du capitalisme  techno-scientique, élément décisif du basculement du monde en cours, dont on est loin d’avoir pris toute la mesure.

 

Il est devenu la principale force transformatrice des sociétés et du monde. C’est une réalité évolutive. La logique capitaliste engendre une totalité productive, marchande et monétaire, à la fois territorialisée et mondiale, en incessante mutation, de plus en plus autonome par rapport aux sociétés.

 

C’est pourquoi le capitalisme ne peut être réduit, ni à un mode de production, ni à un système économique ».

 

C’est un système qui conforte les pouvoirs d’un petit nombre (oligarchie) et « comporte des dynamiques, à la fois créatrices et destructives, qui doivent être bridées non seulement au niveau des nations mais aussi aux niveaux des continents et du monde.

 

Sinon, la destruction massive des ressources et des équilibres terrestres, le totalitarisme d’un marché dominé par quelques grandes firmes mondiales, l’instauration progressive à l’échelle planétaire d’un « apartheid » par l’argent, risquent de provoquer durablement un basculement de plus en plus difficile à contenir ».

 

Est-ce clair ? Ce système est dangereux, destructeur, inégalitaire, spontanément antidémocratique. Il doit être bridé par des règles sociales, sous le contrôle des Etats. Le contraire de ce qui a été fait depuis trente ans, à l’initiative des néolibéraux Reagan et Thatcher.

 

Voici quelques articles cueillis sur la Toile, qui alimenteront la réflexion à ce sujet.

Mis à nu, le capitalisme peut-il survivre ? (Elie Arié, Marianne, 20 avril) : La crise a ébranlé toutes les justifications idéologiques du capitalisme. Le système peut-il y survivre ?

Les quatre saisons du capitalisme, par Pierre-Antoine Delhommais (Le Monde, 18 avril)

 

Non, le capitalisme n'est pas responsable de la crise financière (Hugo Dixon, Le Monde, 2 avril)

 

Cet article est le 73ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme .

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 15:29

La crise, seul moyen de retour à la raison sportive ?

 

Depuis trois ans, trois clubs anglais sur quatre parviennent au sommet de la plus prestigieuse compétition européenne du football professionnel (demi-finales de la Ligue des Champions). Ce n’est pas par hasard. L’argent - c’est-à-dire le capitalisme financier mondialisé, produit de la doctrine néolibérale - est passé par là.

 

Le retour à la raison passe par la crise, qui ne va pas manquer de se répercuter sur cette activité, puis par un encadrement légal aux niveaux national et européen.

 

Dans l’immédiat, il est utile de comprendre le cheminement historique qui a conduit ce sport à devenir un produit marchand très intégré au système capitaliste.

 

L’article paru le 17 avril sur le site Rue89, sous la signature de Philippe Marlière, professeur à Londres, montre ce qui s’est passé ces vingt dernières années dans le football anglais (extraits).

 

Hillsborough : quand le football devint capitaliste

 

Le 15 avril 1989, 96 supporteurs de l'équipe de football de Liverpool meurent asphyxiés et piétinés dans le stade de Hillsborough à Sheffield. Leur équipe venait d'entamer la demi-finale de la coupe d'Angleterre contre Nottingham Forest. La rencontre est interrompue après 6 minutes (…).

Le football, sport populaire et de masse, est sur le point de disparaître. Il sera la victime expiatoire des mesures prises à la suite de ce dramatique événement.

Le rapport Taylor

En août 1989, Lord Taylor remet un rapport au gouvernement établissant les responsabilités de ce désastre. Les autorités sportives et la police sont violemment critiquées. Un deuxième rapport Taylor est rendu public en janvier 1990. Afin d'éviter de nouveaux Hillsborough, Taylor préconise que tous les stades de football de première et de deuxième division soient dotés de places assises (…).

Contrairement aux recommandations de Lord Taylor, les correctifs structurels (places assises, confort et sécurité accrus) ont fourni aux clubs un prétexte pour fortement augmenter les prix des billets. Au début des années 90, il en coûtait moins de 5 livres sterling pour assister à un match de première division. Aujourd'hui, il est difficile d'obtenir un billet pour moins de 40 livres.

Cette mesure a eu pour effet d'exclure des stades les classes populaires et les jeunes. Roy Keane, qui lui-même gagna plus de 400 000 livres par mois pour jouer au football, omet d'expliquer que si les publics sont de nos jours aussi calmes, c'est que les spectateurs présents sont d'âge mûr et appartiennent, en majorité, aux classes moyennes et supérieures. Les autres catégories de la population sont condamnées à regarder les matches au pub sur Sky Sports, la chaîne à péage de Rupert Murdoch.

Une activité capitaliste

Dans l'après Hillsborough, la Football Association (FA) décide que le football a besoin d'un rebranding radical. La FA cible les classes moyennes et tourne le dos au monde ouvrier, une clientèle associée au hooliganisme et dont le pouvoir d'achat est peu élevé.

Elle fait ainsi d'une pierre deux coups. D'une part, elle flatte le pouvoir thatchérien pour qui le football est une activité socialement nuisible. D'autre part, la FA comprend que la gentrification du football est une étape nécessaire pour en faire un business lucratif.

En avril 1991, la FA publie un document intitulé Blueprint for the Future of Football, qui projette la création d'un nouveau championnat en remplacement de la First Division. La Premier League se vend bien : la FA perçoit des droits de retransmission télévisée astronomiques. Le football est ainsi devenu une activité purement et brutalement capitaliste.

L'argent de la télévision a révolutionné la compétition sportive. Dotés d'une manne financière largement supérieure à tout autre pays européen (à l'exception du Real Madrid et de Barcelone qui s'appuient sur des socios nombreux et fidèles), les clubs anglais peuvent attirer les meilleurs coaches et joueurs dans le monde.

La domination du football anglais en Europe n'est que le reflet de sa domination économique. Puisque le football est une entreprise capitaliste, il attire en premier lieu les capitalistes. Les clubs de la Premier League sont la propriété de richissimes hommes d'affaires, pour la plupart étrangers, qui n'ont souvent aucune attache sportive avec leur club : Manchester United et Liverpool sont aux mains de business men étatsuniens, Manchester City a été racheté par un cheikh d'Abu Dhabi qui a récemment proposé 100 millions de livres sterling à l'AC Milan pour le transfert du brésilien Kakà.

Des clubs comme Chelsea (avec le russe Roman Abramovich) et Portsmouth (avec le franco-russo-israélien Alexandre Gaydamak) sont détenus par des personnalités aux activités et aux connections politiques les plus troubles.

Notons que la plupart de ces clubs sont fortement endettés du fait d'une masse salariale exorbitante. Par ailleurs, des clubs ont été achetés à crédit (Manchester United, Liverpool). La situation financière de ces grands clubs est par conséquent des plus incertaines et aléatoires (…).

Lire aussi l’article paru ce 20 avril sur le site de Marianne Foot : vivement la Crise !
Par Antidote. Les journalistes sportifs, si prompts à critiquer le bouclier fiscal, sont les premiers à se plaindre des impôts payés par les joueurs et de la fiscalité qui handicape le foot français. Petit plaidoyer contre les tartuffes en short et chaussures à crampons.

… et l’édito de Laurent Joffrin, le 18 avril, sur le site de Libération Dérive

 

Cet article est le 3ème paru sur ce blog dans la catégorie Les sports .

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 15:05

De la crise financière aux brouilles diplomatiques

 

Créer un groupe de travail parlementaire mixte (députés et sénateurs, majorité et opposition) est une bonne initiative (voir Face à la crise, 12 députés et 12 sénateurs confrontent leurs idées - 15 avril 2009).

Le recevoir à l’Elysée pour lui rendre compte des conclusions du G20 à Londres, début avril (voir Finance mondiale : les grands Etats corrigent certains abus du système - 3 avril 2009), est la preuve que le président de la République attache de l’importance aux travaux de ces parlementaires face à une crise financière aux conséquences redoutables pour les économies nationales.

 

Au cours du déjeuner, mercredi 15 avril, le président a voulu, comme d’habitude, se mettre en scène  et valoriser son rôle au cours du G20, ce qui passe systématiquement par des commentaires peu flatteurs concernant certains de ses collègues, chefs d’Etat et de gouvernement.

 

La presse n’était pas présente, mais son attention avait été attirée par l’article paru le 14 avril sur le site du quotidien Le Monde (cliquez ici), dans lequel la réception à l’Elysée était annoncée. C’est ainsi que Libération a pris ses dispositions pour obtenir, de bonne source, des échos de ce qui a été dit, notamment par le président de la République. Les journalistes Matthieu Ecoiffier et François Wenz-Dumas n’ont pas manqué, recoupant leurs informations (les convives étaient nombreux), de faire, le lendemain 16 avril, le récit de cette rencontre.

 

Ce qui pose surtout problème concerne le premier ministre espagnol. Le président a tenu, dans la conversation, à souligner que Zapatero a décidé de supprimer la publicité sur les chaînes de télévision publiques, imitant ainsi la France. Henri Emmanuelli, député PS des Landes, ayant relativisé la référence, le président a ironisé en faisant la comparaison avec Jospin (sans le citer), laissant entendre que Zapatero n’est peut-être pas très intelligent mais il a été réélu. Evidemment, c’est le qualificatif « pas très intelligent » qui a été retenu en Espagne. Pas le fait que Sarkozy porte une appréciation favorable sur Zapatero.

 

Au passage, remarquons que, pour Sarkozy, la capacité d’un homme d’Etat se mesure à ses performances électorales. Il est impressionné par Berlusconi, qui a été réélu deux fois (et non trois, comme il a dit). Voici cet article de Libération.  

Sarkozy se voit en maître du monde


Festival de «moi je» hier à l’Elysée. De l’entrée au dessert, des tomates mozzarella à la mousse aux éclats de fruits et de chocolat, la vingtaine de parlementaires de tous bords conviés à déjeuner par le chef de l’Etat pour discuter régulation du capitalisme et paradis fiscaux ont eu droit, selon un convive, à «du Nicolas Sarkozy à 200 %, c’est-à-dire étrangement proche de sa propre caricature. On était en petit comité mais il parlait comme à la télé ou à un meeting de l’UMP !»


Ces députés et sénateurs que recevait le président de la République font partie d’un groupe de travail original constitué en novembre pour réfléchir sur la crise financière internationale. Ce club composé de 12 députés et 12 sénateurs, a donc décidé à l’issue du déjeuner de se baptiser «G24». «Le G24 est bicaméral et multipartis», résume Hervé Mariton (UMP), qui est avec Jean-Pierre Brard (apparenté communiste), Jean-Pierre Chevènement (MRC), Henri Emmanuelli (PS) ou Nicolas Perruchot (Nouveau Centre) un des piliers de cet aréopage placé sous la double responsabilité des deux présidents des commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, le socialiste Didier Migaud et le centriste Jean Arthuis.


Obama.
Arrivé un peu en retard dans la petite salle à manger, le Président «a tenu sa promesse de nous informer du contenu du G20. Il nous reverra avant le prochain conseil européen de juin», raconte un participant. Et s’il «a été plus bavard que d’habitude», il a mené son débriefing tambour battant, tutoyant les uns, charriant les autres, tout en tapotant ses SMS, ravi de se mirer dans la vitrine de cette mini-union sacrée face à la crise.


En plat de résistance, les premiers pas de Barack Obama sur la scène internationale
. «Obama est un esprit subtil, très intelligent et très charismatique. Mais il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n’a pas de position», assure Nicolas Sarkozy. Et il «n’est pas toujours au niveau de décision et d’efficience», dont lui-même ferait preuve.
Exemple : la taxe carbone. Compte rendu, version Sarkozy, de son échange avec Obama sur le sujet : «Je lui ai dit : "Je crois que tu n’as pas bien compris ce qu’on a fait sur le CO2. Tu as fait un discours, il va falloir des actes." Le pack énergie-climat que j’ai fait adopter sous la présidence française [de l’Union européenne, ndlr] prévoit en 2020 une baisse de 20 % des rejets de 1990. Nous, en Europe, il y a des sanctions contre les Etats et les entreprises. Lui, il s’engage seulement à revenir au niveau de 1990 et il n’y a pas de sanction.»


Nicolas Sarkozy tape aussi sur José
Manuel Barroso, le président de la commission européenne, «totalement absent du G20». Angela Merkel ? «Quand elle s’est rendu compte de l’état de ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position», s’autocongratule le Président.


Après ce compte rendu très personnel du G20, on passe aux choses sérieuses
: la régulation du système bancaire et les paradis fiscaux. Nicolas Sarkozy propose de «créer un véhicule pour mutualiser les actifs pourris des établissements bancaires», afin de ne pas refaire comme naguère avec le Crédit lyonnais une bad bank chargée d’écouler les actifs douteux. En même temps, il fait l’éloge de la titrisation, pourtant à l’origine de la crise américaine. «Il y a eu des excès, mais il faut la faire repartir», lâche Sarkozy. Henri Emmanuelli objecte un «ça se discute». «Henri, toi qui as été banquier, tu le sais très bien. La titrisation a permis le développement du monde depuis vingt ans», réplique le chef de l’Etat. «Je vais exiger de la Commission européenne que les banques aidées ou nationalisées cèdent des actifs, comme j’ai été obligé de le faire quand j’ai acheté 22 % du capital d’Alstom», poursuit-il, évoquant l’opération qu’il avait réalisée en 2004 lors de son passage au ministère de l’Economie.


Le centriste Jean Arthuis s’inquiète du coût pour le contribuable ? «S’il y avait une solution plus simple, je pense qu’on me l’aurait dite», appuie Sarkozy. Quand Jean-Pierre Brard tente une percée sur le terrain du pouvoir d’achat, il se fait aussitôt rembarrer : «On ne va pas parler de ça. On ne va pas retomber dans la politique politicienne !»


Au moment du dessert, Nicolas Sarkozy se fait servir «une compote de pomme comme un enfant», s’étonne le député (Verts) François de Rugy. En guise de douceur, le président de la République ne résiste pas à informer ses convives que «le gouvernement espagnol vient d’annoncer la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Et vous savez qui ils ont cité en exemple ?» «On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero», remarque Emmanuelli. «Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle», s’amuse Sarkozy en allusion à Lionel Jospin. Avant de revenir à son sujet de prédilection : «D’ailleurs, dans ma carrière politique, j’ai souvent battu des gens dont on disait qu’ils étaient plus intelligents et avaient fait plus d’études que moi.»«On a pensé à Villepin», lâche un convive. Conclusion du Président : «L’important dans la démocratie, c’est d’être réélu. Regardez Berlusconi, il a été réélu trois fois.»


Avant de se séparer, le locataire de l’Elysée a promis aux élus du «G24» de les inviter pour un quatrième déjeuner en juin. Les deux premiers ont eu lieu début novembre 2008 et le 30 mars dernier (…).


Lire les réactions en Espagne Le repas élyséen agite l’Espagne (Libération, 17 avril) et les commentaires d’Arnaud Leparmentier, sur le site du Monde, le 18 avril Nicolas Sarkozy et les risques diplomatiques du parler-cru.

Là-dessus, Ségolène Royal a cru bien faire, dans le droit fil de son intervention très médiatisée à Dakar, en demandant pardon à Zapatero au nom de la France, provoquant une contre-offensive (qu’elle cherchait) venant de l’UMP.

Voir, à ce sujet, l’article signé Pierre Haski sur le site de Rue89 (18 avril) : Les pardons de Ségolène Royal ou le comique de répétition.  

Cet article est le 72ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme .

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