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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 23:50


Oui à une liste citoyenne pour réorienter l’Europe

 

Le constat est vite fait : lors des élections européennes, le NON républicain de gauche à la construction européenne, qui s’était exprimé lors du référendum le 29 mai 2005, ne sera pas représenté, compte tenu de la décision du Conseil national MRC dimanche 22 mars (voir articles précédents sur ce blog Européennes 2009).

 

Les militants présents à Nantes, ce 28 mars, à l’invitation du MRC 44, ont d’abord regretté l’échec des négociations avec le Front de gauche et cherché à comprendre ce qui s’était passé au niveau national. La méthode retenue par le MRC était-elle la bonne, sachant les différences avec les autres partis de gauche sur la question européenne ?

 

N’aurait-il pas été préférable de mettre en avant quelques points essentiels qui font l’originalité du MRC et de s’adresser directement aux citoyens pour chercher à présenter des listes dans les circonscriptions ?

 

Ce qui est le plus mal accepté par les militants, c’est le fait que, cette fois encore, comme en 2004, le MRC se fait remarquer par son absence aux élections européennes. Or, les campagnes électorales sont des moments privilégiés pour entrer en contact avec les citoyens.

 

En outre, la situation est particulière en raison de la crise économique et sociale, à propos de laquelle le MRC a beaucoup de choses à dire.

 

C’est pourquoi les militants présents ont retenu l’idée d’une liste citoyenne sur la circonscription Ouest, sur la base des positions républicaines du MRC et de ses propositions originales pour réorienter la construction européenne.

 

Une nouvelle rencontre est prévue à Nantes samedi 4 avril après-midi, afin d’avoir une idée plus précise de sa faisabilité, après consultation des militants et responsables du Grand Ouest et prise en compte de la position du secrétariat national le 1er avril.

 

 


Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie
Européennes 2009.

 

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 16:59

Le plan Geithner, favorable aux actionnaires et aux banquiers

 

La haute finance américaine est démocrate. Elle est satisfaite. Le plan Geithner, mis au point par le ministre des finances des USA, consiste à débarrasser les banques de leurs actifs pourris, laissant le soin aux contribuables de financer les pertes, selon la logique de la nationalisation des pertes et de la privatisation des profits.

Jean-Michel Quatrepoint* explique la décision, ce 27 mars, répondant aux questions de Philippe Cohen, dans un article paru sur le site de Marianne.
Auteur de « La crise globale* », l’auteur décrypte le plan Geithner qui marque selon lui, un véritable tournant dans la gestion de la crise par les autorités américaines.

Pourquoi le plan Geithner a-t-il été salué par une remontée spectaculaire de la Bourse à Wall Street ?

Jean-Michel Quatrepoint : Les marchés saluent le cadeau que Barack Obama vient de faire aux actionnaires et aux banquiers. Mais il faut revenir un peu en arrière pour le comprendre.

 

La déroute des banques offrait deux solutions aux pouvoirs publics :

- laisser les banques aller à la faillite ; ce fut  le choix, un peu naïf, d’Henry Paulson pendant un court instant : en bon libéral, il pensait que puisque Lehman Brothers avait failli, elle devait disparaître du paysage ;

- nationaliser les banques.

La haute finance américaine a été bouleversée par la faillite de Lehman Brothers. Dès lors, son discours implicite est devenu : sauvez-nous avec l’argent des contribuables ! Et SVP, débarrassez-nous des actifs pourris dont nous nous sommes gavés !

Du coup, le choix qui s’est offert à Obama a un peu évolué : il pouvait, soit nationaliser les grandes banques en difficulté, soit choisir de créer une « bad bank », qui consiste à débarrasser les établissements financiers de leurs actifs pourris.

 

Dans le premier cas, ce sont les actionnaires qui sont maltraités et les contribuables, ainsi que les créanciers, qui sont préservés. Dans le cas de la bad bank, c’est l’inverse : les contribuables sont spoliés et les actionnaires préservés.

C’est évidemment cette dernière option qui avait les faveurs de Wall Street. Notons que, chaque fois que progressait l’option bad bank, le Dow Jones montait et, qu’à l’inverse, il baissait dès que l’on évoquait l’hypothèse des nationalisations.

 

Notons aussi que cette dernière option avait ses partisans dans les deux camps, démocrates – Paul Krugman et Joseph Stieglitz étaient contre  la bad bank – et républicains. Car beaucoup de libéraux considèrent que les contribuables n’ont pas à payer pour les actionnaires.



C’est donc l’option de Wall Street qu’a choisie le Président américain.

JMQ : Oui. Quand on analyse le plan Geithner dans le détail, on s’aperçoit que la mécanique mise en place favorise grandement le lobby financier neworkais. Pourquoi ? Le plan met en place des enchères pour céder les créances douteuses. L’idée est de favoriser une évaluation à la hausse de ces actifs.

Sauf que le dispositif est léonin pour le contribuable : comme l’Etat fédéral garantit à 85% les emprunts consentis pour acheter ces actifs douteux, le risque pris par les acteurs privés est quasi-nul.

 

Ce qui fait qu’on en arrive à un nouvel épisode actualisant le fameux adage de la nationalisation des pertes et de la privatisation des profits : en cas de remontée des actifs douteux, l’Etat fédéral devra partager les profits avec les investisseurs privés, tandis que dans le cas inverse il assumera la totalité des pertes. Et voilà comment l’Etat, finalement, c’est-à-dire le contribuable, financera les orgies financières des années 2000 !


C’est une déception par rapport à l’image d’Obama comme pourfendeur du capitalisme financier ?

JMQ : Le Président américain n’était pas préparé à affronter la crise. Du coup, il a appelé auprès de lui des personnalités comme Larry Summers ou Tim Geithner qui sont avant tout des hommes de la finance, même s’ils sont, par ailleurs, des démocrates.

En réalité, Barack Obama est confronté à quatre puissants lobbys qui s’opposent à tout changement dans la société américaine :

-          le lobby militaro-industriel, qu’il ne peut pas bousculer compte tenu des impératifs de défense du pays ;

-          le lobby pharmaceutique qu’il doit affronter s’il veut imposer une réforme efficace de la sécurité sociale ;

-          le lobby de l’automobile et du pétrole, totalement immobiliste ;

-          et le lobby financier, qui a toujours été proche des démocrates.

 

Il faut bien reconnaître que le plan Geithner semble marquer sa défaite en rase campagne devant le lobby financier.

* Jean-Michel Quatrepoint, journaliste, est l’auteur d’un livre que je conseille vivement : « La crise globale. On achève bien les classes moyennes et on n’en finit pas d’enrichir les élites » (2008, Editions Mille et une nuits). Voici un extrait de la page de garde.

 

La crise « est la conséquence des dérives d’un processus entamé, voilà près de trente ans, lorsque le capitalisme anglo-saxon a décidé de revenir aux sources du libéralisme et de s’imposer aux quatre coins du monde. Dans les années quatre-vingt-dix, l’alliance sino-américaine, Internet et la financiarisation de l’économie, ont fait croire au triomphe définitif de la mondialisation. Trop rapide, trop forte, trop brutale, elle a débouché, après le 11 septembre 2001, sur une sorte de spirale infernale, une fuite en avant des pays occidentaux dans une économie de la dette. Les Anglo-Saxons ont joué les apprentis sorciers ».

 

Voir aussi l’Intervention de Jean-Michel Quatrepoint lors de la table ronde sur la mondialisation régulée, organisée le 28 novembre 2005 par la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement.

 

Cet article est le 7ème paru sur ce blog dans la catégorie Amérique du Nord. Il aurait pu être classé dans la catégorie Capitalisme (voir USA : l'effondrement du dollar aurait de graves conséquences en Europe 21 mars 2009).

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 20:01

Le Front de gauche, loin des positions du MRC sur l’Europe

 

Les négociations ont été qualifiées de pénibles par les représentants du MRC. Toutefois, elles auront été utiles, car permettant de cerner les différences entre le Front de gauche et le Mouvement Républicain et Citoyen sur les questions de réorientation de l’Europe.

 

Voir la Déclaration de Jean-Pierre Chevènement en tant que Président du MRCà ce sujet, parue le 24 mars sur son blog, et la note rédigée le 23 mars par Sami Naïr et mise en ligne ce 26 mars.

 

Les positions du MRC dans la négociation avec le Front de Gauche

Notre position de départ pour les négociations avec toutes les forces de gauche y compris le Parti Socialiste était centrée autour de trois grands axes :

1) une mondialisation régulée,
2) une Europe sociale qui protège,
3) une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire.

Nous n’avons pas eu de discussions de fond avec le Parti Socialiste. En revanche, nous avons eu plusieurs rencontres avec le Front de Gauche, d’abord en présence du Parti Communiste et du Parti de Gauche, puis de ces deux forces et la Gauche Unie de Christian Picquet, en fin de négociations.
Ces trois mouvements se sont mis d’accord entre eux et, dans les discussions, nous ont opposé un front commun.

1) Sur la mondialisation régulée : nous avons plaidé pour une analyse sérieuse de la crise mondiale dont les Etats-Unis constituent l’épicentre et la principale cause. Nos interlocuteurs ont d’abord refusé de mentionner les Etats-Unis puis ils ne l’ont accepté qu’au détour d’une formule vague.

Ils n’ont pas non plus accepté d’intégrer la notion de régulation, arguant que leur objectif n’était pas de réguler le capitalisme.

Nous avons fait des propositions très précises (qui se trouvent dans notre texte originel) sur la réforme du FMI, les activités de la Banque Mondiale et l’O.M.C. Aucune de nos propositions n’a été retenue. Les déclarations relatives à la situation internationale comme aux institutions internationales se contentent de dénonciations et ne proposent en réalité strictement rien de précis.

2) Sur une Europe sociale qui protège : nous avons été très vivement contesté au nom de l’«identité européenne » conçue comme espace de libre échange ouvert. La critique du « protectionnisme » a été faite au nom du refus du « repli national ». Nous avons essayé de porter le débat sur le fond, mais cela fût impossible : le Parti de Gauche excipant de son fédéralisme européen (« nous sommes pour une Assemblée Constituante Européenne »), le Parti communiste au nom du refus d’un espace européen qui serait fermé au « reste du monde ». Il nous a été impossible d’ouvrir une discussion théorique sur la question.

Sur la Banque centrale : nous voulions une réforme de ses statuts et de ses missions afin de mettre l’Euro au service des européens et non comme c’est le cas actuellement au service du capitalisme financier. Refus de nos partenaires de prendre en considération cette proposition.

Nous voulions la création d’un Gouvernement Economique de la zone euro. Nos partenaires ont refusé cette proposition, sous prétexte qu’elle créerait une Europe à plusieurs cercles. Même refus, pour la même raison, de la création de « coopérations renforcées » au niveau européen.
Même refus, pour la même raison, d’un « Europe à géométrie variable ».

Nous avons proposé que le Pacte de stabilité soit transformé en Pacte pour l’emploi et la croissance. Sur la notion de « pacte », nos partenaires ont refusé au prétexte qu’il n’y aurait pas un accord européen sur cette question ; sur la notion de « croissance et emploi », ils ont également refusé au prétexte que ce serait « favoriser le productivisme ». Et ils ont introduit dans le texte final la critique du « productivisme », n’acceptant de faire référence à la croissance qu’implicitement et à travers le terme vague de « développement ».

Nous avons proposé un Traité social pour lutter contre le dumping social à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union et fixant des critères de convergence fiscaux. Nos partenaires ont refusé et préféré la notion plus vague de « bouclier social ».

Nous avons fait des propositions en matière d’Europe de l’énergie et notamment concernant l’avenir du nucléaire de quatrième génération. Refus de nos partenaires, sous prétexte du « désaccord » entre les diverses sensibilités politiques qui constituent le Front de gauche.

3) Sur une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire : nous avons proposé l’idée d’une Europe indépendante, comme acteur stratégique dans la formation d’un monde multipolaire. L’idée a été rejetée au nom du refus de l’Europe « puissance ».

Nous avons proposé un partenariat stratégique avec la Russie, l’idée a été rejetée.
Vis-à-vis de l’Afrique, nous avons proposé la remise en question des accords de Cotonou : l’idée a été abandonnée.

Sur la question des migrations, nous avons proposé une gestion des flux migratoires conforme au droit et respectueuse de la dignité des personnes, ce qui signifie en France l’abrogation des lois Sarkozy sur l’immigration. Notre proposition a été rejetée au prétexte qu’il fallait se contenter de la notion de « régularisation des sans-papiers avec une stratégie de codéveloppement ».

Nous avons proposé une conception de la construction européenne fondée sur le refus du Traité de Lisbonne et l’articulation de la Nation, comme espace privilégié d’expression de la démocratie dans le processus de construction de l’Europe. Nous avons souligné que notre conception de la Nation était citoyenne, républicaine et universaliste ; qu’elle incarne une communauté civique radicalement opposée aux communautarismes ethniques et confessionnels. Nous souhaitions voir, au titre de l’expression de notre identité fondamentale, une référence dans le texte à cette conception de la Nation. Elle nous a été refusée.

Si l’on prend les trois textes sur lesquels nous avons travaillé et notamment le dernier en date du 19 mars, on s’apercevra qu’un certain nombre de nos idées ont été intégrées, notamment sur l’analyse de la crise, mais que sur tout le reste nous avons fait d’énormes concessions. Malgré cela, nous n’avons pu aboutir. Tout semble s’être passé comme si nos partenaires voulaient rendre impossible l’Accord sur le fond. C’est dommage pour la gauche, pour l’Europe que nous voulons, pour la France républicaine.

En réalité, nos interlocuteurs ne voulaient pas d’un accord, comme en témoigne la parution dans L’Humanité du 19 mars (date de notre dernier sommet) de la liste quasi complète des candidats (voir les documents joints ci-dessous).

Humanité 19 mars (1/2)  (430.97 KB)
Humanité 19 mars (2/2)  (286.02 KB)

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 23:50

Une liste de citoyens, financée par les citoyens ?

 

Comment faire pour que les idées à l’origine du NON républicain à la ratification du traité constitutionnel européen, lors du référendum de 2005, se retrouvent dans la campagne Grand Ouest des élections européennes ?

 

C’est le sujet de réflexion qui sera à l’ordre du jour de la rencontre à Nantes, samedi 28 mars à 15h, organisée par le MRC 44. J’y participerai.

 

Ce sera l’occasion de faire le point après la réunion du Conseil national du MRC, dimanche dernier (voir les précédents articles parus sur ce blog à ce sujet, dont le dernier MRC Européennes : Michel Sorin est intervenu lors du Conseil national - 24 mars 2009).

 

La décision prise par Jean-Pierre Chevènement, et approuvée majoritairement par le Conseil national, de ne pas engager la participation du MRC sur des listes du Front de gauche, ne clôt pas la réflexion.

 

Nous ne devons pas nous interdire de faire preuve d’imagination, afin d’intéresser les citoyens à la politique et les amener à s’impliquer directement, d’une façon novatrice.

 

Le traité de Lisbonne sera-t-il ratifié par les 27 pays de l’Union européenne ?

 

C’est de moins en moins certain, non seulement parce qu’il ne sera pas facile de faire revoter les Irlandais, mais aussi parce que les Tchèques, à l’initiative de leur président Klaus, n’y mettent pas de la bonne volonté…

Lire cet article paru ce 25 mars sur le site du quotidien Le Monde, signé Martin Plichta :

Le correspondant du quotidien Libération à Bruxelles apporte, sur son blog « Coulisses de Bruxelles » quelques précisions intéressantes. Voir Exit Topolanek! et cette conclusion :


Beaucoup à Bruxelles s’inquiètent aussi du sort du traité de Lisbonne, que le Sénat tchèque ne devrait pas ratifier avant l’automne : « Lisbonne est très fragilisé par cette situation », a estimé le coprésident du groupe vert, Daniel Cohn-Bendit.

« Topolanek a perdu tout moyen de pression sur le Sénat », a surenchéri le député conservateur, Elmar Brock (Allemagne) : « Cela pourrait signifier l’enterrement du processus de ratification. Le président Vaclav Klaus a remporté son combat contre l’Europe ». À tout le moins, le rôle de l’europhobe Président de la République se trouve renforcé en cette période de transition. C’est en effet à lui qu’il revient de désigner un successeur à Topolanek ou de décider d’élections anticipées,  solution que préconise l’ODS.


Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 11:14

Mener au bout le débat sur le Front de gauche

 

C’était prévu : la décision à prendre par le Mouvement Républicain et Citoyen, lors de son Conseil national, serait difficile. On le savait. Les membres du secrétariat national avaient été informés des discussions avec les initiateurs du Front de gauche. Sauf des dernières, depuis mercredi soir.

 

Comme Michel Vignal, j’avais préparé mon intervention la veille, en croyant que l’accord serait au bout du chemin. Dès la prise de parole de Jean-Pierre Chevènement, en ouverture de séance, le choix était fait. Notre président se sent incapable de porter la ligne politique du Front de gauche et de faire campagne avec des partis, dont les dirigeants refusent de débattre sur le fond (Jean-Luc Mélenchon n’était pas présent dans les réunions les plus importantes).

 

Quelle est cette ligne politique, pour autant qu’il soit possible de la définir ?

 

Jean-Pierre pense qu’elle est plus proche du NPA que d’un futur gouvernement de gauche. Il s’est déclaré sidéré par l’évolution du PCF, qui semble très influencé par la ligne de Toni Negri (auteur de « Après l’Empire »). On ne pose plus la question du pouvoir d’Etat. Seules comptent les luttes sociales (dérive qualifiée de « mouvementiste »), ce qui revient à se rallier à la domination des USA.

 

Après une précision apportée par Sami Naïr, principal négociateur du MRC, Jean-Luc Laurent, qui présidait la séance, m’a donné la parole en 4ème position. Voici le texte de mon intervention.

 

Conseil national MRC - 22 mars 2009

 

Intervention de Michel Sorin (Mayenne)

 Secrétaire national, chargé du développement du MRC dans le Grand Ouest

 

Bonjour à tous !

 

Le monde est à un tournant vertigineux de son histoire

 

Les USA et le capitalisme financier, qui dominaient le monde, sont cul par-dessus tête.

 

-          Aux USA, la planche à billets fonctionne à plein régime pour enrayer la récession économique, à coup de milliards de dollars injectés par la banque centrale. Une telle création monétaire n’a pas d’équivalent dans l’histoire. Les conséquences pour le dollar sont imprévisibles ; elles menacent l’euro et l’économie européenne. Que va faire la Banque Centrale Européenne ? Que va faire l’Europe ?

 

-          Nous sommes au-delà d’une crise. C’est la remise en cause foudroyante du capitalisme financier, du pouvoir des banques et de la finance mondialisée. Le capitalisme, en tant que système de production des richesses, n’en sort pas indemne.

 

Comme les nationalismes sont des maladies des nations, le capitalisme financier de ces trente dernières années est une maladie du capitalisme. Il ne s’agit pas de rêver à une forme de socialisme se substituant au capitalisme. Il s’agit d’imaginer une organisation volontaire des Etats encadrant le capitalisme. On peut appeler cela de la régulation. En fait, c’est tout simplement le rôle des Etats, qui est de définir le cadre d’action de l’économie.

 

Il s’agit de mieux affirmer le primat du politique sur l’économie, comme sur la plupart des activités humaines. C’est le moment de redéfinir le cadre politique souhaitable pour que les citoyens soient associés convenablement aux décisions les plus importantes.

 

C’est là que notre bonne vieille République, laïque et sociale, revient en force, et nous avec. Dans un tel contexte, nous ne devons pas lâcher notre stratégie adoptée en juin dernier, lors de notre congrès. Et, plus que jamais, nous devons faire corps, MRC et Jean-Pierre Chevènement, ensemble, à chaque temps fort de la vie politique nationale.

 

Les élections européennes sont un temps fort

 

Dans le Grand Ouest, nous en sommes persuadés. C’est pourquoi nous avons majoritairement désapprouvé les propos tenus, notamment en bureau national, le 4 février, par ceux qui croient que seule l’élection présidentielle est importante. En fait, l’échéance électorale du 7 juin a son importance dans la longue marche vers la refondation républicaine de la gauche. Il nous faut poser des jalons pour une nouvelle donne à gauche. Comment ?

 

Avons-nous le choix des partenaires ?

 

-          Le PS veut se refaire une santé en se réunifiant autour de la perspective d’une Europe de gauche, favorable au traité de Lisbonne.

 

-          Il reste le Front de gauche. Certes, il ne semble pas avoir besoin de nous pour mener sa vie, et notre projet républicain ne l’intéresse pas vraiment.

 

Pourtant, avec nous, il gagnerait en crédibilité républicaine et pourrait montrer qu’une force de gauche (socialiste, communiste et républicaine, antilibérale, exigeante en matière de valeurs et principes démocratiques, y compris au niveau européen) peut exister entre le PS et l’extrême gauche.

C’est le meilleur moyen de limiter l’influence du NPA et de faire comprendre au PS que la seule voie d’avenir est dans l’alliance à gauche, ouverte aux républicains de progrès, et dans la réorientation de la construction européenne.

 

Le PCF et le PG gagneront à nous avoir avec eux et nous gagnerons à être de plain pied sur le terrain, dans une campagne électorale. Il nous faut conserver nos adhérents et en persuader d’autres de nous rejoindre. Reconnaissons-le : nous manquons d’oxygène et notre vie militante est en train de se réduire dangereusement. Il faut réagir. N’attendons pas du PS qu’il nous sauve la vie.

 

Et, pourtant, nous avons un grand homme d’Etat à la tête de notre Mouvement. Nous avons besoin de lui, comme il a besoin de nous. Il a besoin d’un Mouvement structuré, uni dans l’action politique, dans un pays qui, lui-même, a besoin d’une révolution démocratique et républicaine.

 

Poser publiquement les conditions d’un accord avec le Front de gauche

 

Jean-Pierre Chevènement vient de dire que le Front de gauche ne veut pas de nous, alors que, c’est l’évidence, notre présence lui apporterait un plus. Ce n’est pas à nous de dire non. Il faut aujourd’hui poser quelques conditions qui correspondent au respect de ce que nous sommes et attendre la réponse qui nous sera faite.

 

Le combat de la refondation de la gauche commence maintenant. Nous devons nous y engager à fond. Je comprends la position de Jean-Pierre Chevènement mais, contrairement à lui, je crois qu’il est décisif pour le MRC de s’engager dans cette campagne. Il faut continuer les discussions dans la clarté.

 

Voir, sur ce blog, l’article paru hier MRC Européennes : Michel Sorin se distingue de Jean-Pierre Chevènement  - 23 mars 2009, et les commentaires sur le site de Jean-Pierre Chevènement :

Elections européennes : la position du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen

 

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 19:12

Il a manqué une pression publique sur le Front de gauche

 

De nombreux membres du Conseil national du MRC étaient dépités, hier soir, après une journée de débats intéressants sur la question de la participation du MRC au Front de gauche initié par le PCF et le PG en vue des élections européennes (voir sur ce blog Européennes : le MRC rompt les négociations avec le Front de gauche - 22 mars 2009).

 

Fallait-il aller aussi loin dans l’élaboration d’un texte commun, sachant que les partenaires étaient multiples, divers et fuyants ? Ce n’est pas sûr. Une confrontation politique dès le début des discussions, portant sur l’essentiel, et testant la volonté réelle des partenaires potentiels, aurait été une meilleure démarche.

 

Il a manqué la pression publique sur les négociations, qui aurait pu contribuer à responsabiliser les acteurs de ces difficiles tractations. Le fait est que cela se termine mal. Nous sommes nombreux à ne pas être satisfaits du dénouement, tel qu’il nous a été présenté au Conseil national et quasi imposé par Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Laurent.

 

Lors de mon intervention en matinée (voir un futur article sur ce blog), j’avais demandé que le Conseil national, après avoir pris acte de l’état des négociations, prenne position sur les quelques points-clés, conditionnant notre participation au Front de gauche. C’était à Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon de prendre la responsabilité de nous accueillir dans leur maison commune ou de nous en refuser l’accès.

 

D’autres intervenants ont repris cette idée, mais le président de notre Mouvement ne l’a pas retenue dans son projet de résolution, soumis au vote. Des militants de Paris et du Rhône ont rédigé un texte reprenant cette proposition et m’ont demandé (par l'intermédiaire de Christine Meyer) de le présenter, ce que j’ai accepté. Tout cela était fort improvisé.

 

La rédaction, que j’ai transmise au secrétariat national, est la suivante :

 

A l’issue du débat portant sur les élections européennes, Jean-Pierre Chevènement a présenté un projet de résolution, qui a été amendé à l’initiative de plusieurs membres du Conseil national.

 

Pour sa part, Michel Sorin s’est fait le porte-parole des membres du Conseil national qui, comme lui, sans remettre en cause le travail des négociateurs MRC, considèrent que la négociation n’est pas allée à son terme.

 

De leur point de vue, le Conseil national doit alerter le Front de gauche sur l’irrecevabilité pour le MRC du texte émanant des négociations, en précisant les points qui font problème. Si des réponses positives n’étaient pas apportées, les organisations partenaires du Front de gauche prendraient la responsabilité de la rupture des négociations.

 

Avant de lire le texte qui suit, Michel Sorin a tenu à souligner que la crise, avec les licenciements et la détresse sociale qu’elle véhicule, impose au MRC d’infléchir sa position dans les discussions avec les partis de gauche.

 

Texte rédigé par plusieurs membres du Conseil national et présenté par Michel Sorin

 

Le Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen rappelle la pertinence de son projet républicain pour contrecarrer la mondialisation libérale, réorienter profondément la construction européenne et changer de politique en France. Ce projet est validé par la crise terrible de la mondialisation libérale, qui appelle à un sursaut de la puissance publique, adossée à la citoyenneté. Il faut donner une suite au NON du 29 mai 2005 et aux mobilisations sociales en cours.

 

C’est l’avenir de toute la gauche politique qui est en jeu.

Le Front de gauche,

-          s’il traduit politiquement cette souveraineté populaire qui s’exprime dans la rue,

-          s’il réaffirme le rôle de l’Etat-Nation dans la mise en œuvre de la souveraineté nationale,

-          s’il reprend le discours fort d’une croissance économique permettant de sauver notre tissu industriel,

peut être un moment de mobilisation des militants, des électeurs de gauche, et, en ce sens, une étape vers la reconstruction d’un large parti de gauche.

 

Sur ces bases, le MRC souhaite que le Front de gauche offre une perspective politique, un espoir aux citoyennes et aux citoyens. Mais il constate que les négociations entre le MRC et le Front de gauche achoppent sur des questions essentielles pour l’identité républicaine du MRC. En conséquence, il alerte les organisations du Front de gauche sur la lourde responsabilité qu’elles prendraient en fermant, de fait, la porte aux républicains du MRC.

 

Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 23:42

Le PCF et le PG n’ont ni besoin ni envie du MRC

 

Ma participation, ce dimanche, au Conseil national du MRC a été assez active puisque je suis intervenu dans les débats en matinée afin de présenter la position adoptée le 7 mars à Nantes lors de la rencontre du MRC Grand Ouest sur les élections européennes (voir, ci-après) et, sollicité par plusieurs militants, dont Christine Meyer (Nantes) et Marinette Bache (Paris), cet après-midi, j’ai présenté un texte soumis au vote, en contradiction avec celui de Jean-Pierre Chevènement (56 voix pour celui-ci, 15 voix pour le mien, 5 abstentions).

Le texte majoritaire est à lire sur le site du MRC Elections européennes : la position du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen

Position du MRC Grand Ouest concernant les élections européennes - Nantes 7 mars 2009

 

Dans le cadre de la stratégie adoptée lors du congrès 2008 (refondation de la gauche sur des bases républicaines), les élections européennes doivent permettre au Mouvement Républicain et Citoyen de poser des jalons pour une nouvelle donne à gauche en participant à des listes de rassemblement pour réorienter la construction européenne. Le MRC est le ferment de l’unité entre la gauche et les républicains.

 

Ayant opté pour un rapprochement avec les autres partis de gauche, membres du parti socialiste européen, partisans du traité de Lisbonne, le PS n’a pas donné suite à notre proposition.

 

Par contre, l’initiative du PCF et du Parti de Gauche de lancer l’idée d’un Front de gauche, ouvert à différentes organisations de la gauche républicaine, doit être considérée avec intérêt par le MRC.

 

Ce qui compte, c’est de prendre appui sur le refus du peuple français de ratifier un traité qui voulait constitutionnaliser une doctrine, le libéralisme en économie.

 

Sur cette base, il est possible de rassembler des hommes et des femmes, qui ont foi dans la gauche et la République, et qui veulent être représentés au Parlement européen par des députés de conviction antilibérale.

 

Politiquement, c’est la meilleure façon de limiter l’influence de l’extrême gauche et de montrer aux socialistes que la seule voie d’avenir pour accéder aux responsabilités nationales est l’alliance à gauche, ouverte aux républicains de progrès.

 

Les militants et responsables MRC du Grand Ouest, réunis à Nantes le 7 mars, demandent à Jean-Pierre Chevènement et aux membres de la direction nationale de faire tout leur possible pour rapprocher les positions du PCF, du PG et du MRC, en ce qui concerne les orientations politiques et la composition des listes, afin que le Conseil national du MRC puisse décider de rejoindre le Front de gauche aux élections européennes.

 

Voir aussi, à ce sujet, Européennes : Michel Sorin souhaite que le MRC montre le chemin - 9 mars 2009.  

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 12:03

L’économie de la zone euro en danger de dépression

 

L’article paru hier sur ce blog (voir USA : le capitalisme a perdu la tête, l'économie est en chute libre - 20 mars 2009) appelle un complément portant sur les conséquences des choix monétaires américains sur le dollar et, par ricochet, sur l’euro.

 

Mais, d’abord, il faut prendre connaissance  des avis pertinents de l’économiste Nouriel Roubini, publiés dans Forbes, le 5 mars, et repris par Contre Info le 9 mars 2009, concernant le système bancaire américain.

 

Le système bancaire US est insolvable, par Nouriel Roubini

 

Roubini met une nouvelle fois en garde contre le risque de récession - voire de dépression - en L, qui semble se confirmer avec une contraction au quatrième trimestre 2008 de 6% du PIB aux USA et en Europe, de 12% au Japon, et de 20% en Corée.

Comme la plupart des économistes, il estime que les autorités européennes n’ont pas pris conscience de la gravité des enjeux et font preuve d’une dangereuse frilosité en se refusant à agir résolument et rapidement.

La situation américaine n’est pourtant guère meilleure. Sur les 800 milliards du plan de relance d’Obama, 200 seulement seront alloués cette année, sur lesquels une centaine devraient disparaître en épargne des ménages.

Au total, l’effet de la relance serait donc inférieur à 1% du PIB en 2009. Mais il y a plus encore, l’économie mondiale ne repartira pas tant que de profondes reconversions n’auront eu lieu tant chez les exportateurs qu’aux USA.

Le système, bâti sur la surconsommation et le déficit américain d’une part et les économies exportatrices d’autres part, ne repartira pas en l’état, car le désendettement des ménages américains sera un processus long et douloureux.

Dans l’immédiat, la restructuration du système financier aux Etats-Unis est plus que jamais nécessaire. Avec le ralentissement économique, les pertes pourraient atteindre 3600 milliards de dollars, estime-t-il.

Conclusion : le secteur est en état de faillite, et la nationalisation s’impose, sans quoi les sommes gigantesques apportées par l’Etat ne servent qu’à tenter de protéger les actionnaires et les créanciers, pour le moment en pure perte.

 

Plus près de nous, dans notre zone euro, Les Echos, ce 21 mars, font état d’un recul de 17% de la production industrielle entre janvier 2008 et 2009.

 

Et, sur le site de Marianne, ce 21 mars, sous la plume de Malakine, on trouve une interrogation majeure concernant l’évolution future du dollar et les conséquences éventuelles pour l’euro et l’économie européenne. Cliquer sur le titre de l’article. En voici des extraits.

 

L'Amérique va-t-elle laisser sombrer le dollar ?

Pour répondre à la crise, les États-Unis mettent en œuvre une politique de forte création monétaire. Mais pour Malakine, l’ampleur de la dette extérieure et la situation d’insolvabilité potentielle du pays laissent penser que cela ne sera pas suffisant. Et si nous allions vivre la fin du dollar souverain ?

(…) La crise financière est désormais en passe de se muer en crise monétaire mondiale.

Vers un effondrement du dollar ?

(…) La valeur du dollar ne se maintient que grâce à la volonté des pays exportateurs de financer les déficits américains pour éviter que leur monnaie ne s’apprécie. Ces pays, principalement la Chine, sont aujourd’hui pris au piège, contraints de continuer à éponger les dettes américaines, car l’arrêt du financement des Etats-Unis entraînerait une volatilisation de leur épargne en dollar (près de 2000 milliards pour la Chine)

La perspective d’un effondrement du dollar est pourtant envisagée depuis bien longtemps, aussi bien par des analystes critique de la mondialisation (Todd, Sapir) que par ses derniers propagandiste. Ainsi, Alain Minc dans son dernier livre, y consacre un chapitre (Le jour où l’Euro vaudra 2,5 dollar) où il donne du crédit à l’hypothèse. Pour lui, « la conviction que les devises lourdes sont à l’abri d’un choc spasmodique relève d’un pari pascalien qui ressemble à celui que faisait les experts sur la capacité des ménages américains à s’endetter sans limite grâce à une base d’actifs en croissance perpétuelle »

L’hypothèse de l’effondrement du dollar a toujours été envisagée au terme d’un scénario où les investisseurs perdraient confiance, puis seraient gagnés par la panique pour vendre au plus vite leurs avoirs. Elle n’a jamais été envisagée consécutivement à une décision de l’administration américaine elle-même. Une chute du dollar dans une économie fondée sur la consommation et aussi dépendante des importations serait en effet un véritable cataclysme pour la population qui verrait son niveau de vie se réduire de 20 à 30 % !

On peut donc être surpris de voir la FED prendre un tel risque avec sa monnaie. L’Amérique est-elle à ce point aux abois, n’ayant en réalité déjà plus d’autres solutions pour financer son déficit qui atteindra cette année 12% du PIB ? A-t-elle à ce point confiance dans son statut d’hyperpuissance pour écarter tout risque sur sa monnaie ? A-t-elle délibérément décidé de faire filer sa monnaie pour se défaire d’un endettement extérieur intenable sur le long terme ?

La décision de recourir à la création monétaire pour financer ses déficits peut en effet constituer le signal qui déclenchera un processus de défiance, conduisant à la baisse du dollar, puis à sa chute brutale. Les marchés financiers n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir.

Dès hier, le dollar dévissait contre toutes les devises pour perdre 4 %, soit sa plus forte chute depuis 1985. Ce n’est sûrement que le début d’une longue glissade… L’hypothèse de la fin du roi-dollar n’a jamais été autant d’actualité.

Nul ne sait quelles en seraient les conséquences exactes. Minc dans l’ouvrage précité nous dit que « ce sera (notons l’emploi du futur simple) la crise la plus violente, la plus globale, la moins maîtrisable » Naturellement, ce sera la fin officielle de l’imperium américain, ce qui en soi est plutôt une réjouissante nouvelle.

 

Mais la fin du dollar entraînera aussi d’imprévisibles désordres aussi bien sur les marchés des matières premières (vendues en dollar) ou dans les équilibres du commerce mondial. Des conséquences géopolitiques ne sont pas non plus à exclure, car les pays qui verront leurs réserves s’évaporer pourront avoir la légitime impression de s’être fait escroquer, les uns après avoir livré pendant des années du pétrole gratuitement, les autres des produits manufacturiers …

A court terme, la solution pour éviter la panique serait peut-être que le G 20 fasse des politiques « d’assouplissement quantitatif » une mesure de droit commun, autorisant les tous Etats à émettre des quantités de monnaie mesurées pour favoriser la relance. Encore une fois, la balle est dans le camp de l’Europe. Va-t-elle attendre passivement que l’Euro s’apprécie jusqu’à un niveau qui deviendra intolérable pour l’économie ou va-t-elle se mettre à son tour à racheter la dette publique de ses Etats membres ?

 

Elie Arié me signale, dans le New York Times, une tribune de Paul Krugman, le dernier prix Nobel d'économie, sur l'Europe et l'Euro. A lire sur le site de Marianne : http://www.marianne2.fr/Paul-Krugman-flingue-l-euro-et-les-dirigeants-europeens_a177254.html et Retrouvez le blog de Laurent Pinsolle


Selon lui, le constat du dernier prix Nobel d’économie est un nouveau soutien de poids aux idées des partisans de toujours d’une autre politique, une nouvelle preuve de la pertinence du combat enclenché par Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement au début des années 90.

 

Cet article est le 67ème sur ce blog dans la catégorie Capitalisme.

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 22:49

Bernanke, l’homme qui injecte des milliards de dollars

 

Hier, nous avons manifesté derrière le slogan « ça suffit ! Refusons de payer leur crise » (voir sur ce blog A Laval et ailleurs, ce 19 mars, le monde du travail était dans la rue).

 

Comment ce slogan pourrait-il devenir réalité sans remise en cause en profondeur du système capitaliste ? Le mal est venu des Etats-Unis d’Amérique. Allons voir de près les moyens qui sont pris au niveau financier pour faire tenir debout l’économie du pays.

 

Isabelle Mouilleseaux a observé le président de la FED, la banque centrale des USA, s’adresser en direct aux Américains sur la chaîne CBS, dans le but de les convaincre de consommer et de s’endetter afin de faire marcher la machine économique. Voici des extraits de l’article qu’on peut lire dans son intégralité sur www.edito-matieres-premieres.fr.

 

Bernanke a raison : seul, il n'y arrivera pas. Croyez-le


Les efforts déployés par la Fed sont absolument inouïs

Pas de doute, nous sommes confrontés à la pire crise économique depuis 1930. Les efforts déployés par la Fed sont absolument inédits :
politique de taux zéro ;
injections massives d'argent liquide dans les banques, les assurances et sur les marchés ;
programme d'aide au crédit hypothécaire et au marché immobilier -- la Fed vient de décider de porter à 750 milliards de dollars ses achats de titres adossés à des créances hypothécaires pour réduire le coût du crédit ;
programme de soutien aux prêts aux particuliers (étudiants, acheteurs de voitures...) et aux petites et moyennes entreprises (après le TARP, le TALF...). Ce programme, d'un budget initial de 200 milliards pourrait être porté à 1 000 milliards de dollars...


Une politique monétaire hyper-expansionniste

Bref, je ne compte plus les centaines de milliards de dollars injectés dans le système pour le sauver de la faillite et relancer la machine économique. Et je ne parle même pas de l'annonce fracassante de la Fed cette semaine d'acheter pour 300 milliards de dollars de T-Bonds américain dans les six mois : la planche à billets tourne à plein régime, la masse monétaire gonfle.


Le bilan de la Fed gonfle comme une grenouille voulant devenir un boeuf !

Il doit tourner autour de 2 000 milliards de dollars. De mémoire, le PIB américain est de l'ordre de 14 700 milliards de dollars... C'est vous dire l'ampleur des efforts consentis par la Fed. J'oubliais... Les 850 milliards du plan Obama, et les 150 milliards déjà distribués l'an passé par Bush viennent en plus.


Malheureusement, tous ces efforts ne suffiront pas : Bernanke le sait

Voilà pourquoi il s'adresse directement aux Américains sur CBS. Tous les efforts mis en place par la Fed et l'Etat seront vains si les Américains ne les soutiennent pas. Bernanke aura beau dire et beau faire, si ses compatriotes ne sortent pas, ne vont pas dans les magasins, ne s'achètent pas de voitures et des Ipod, ne prennent pas des crédits pour consommer... la machine ne redémarrera pas.


La confiance et la consommation sont au coeur de la problématique

Le succès ou l'échec des mesures consenties viendra de l'attitude des Américains dans les tous prochains mois. Le message a le mérite d'être clair. L'argent est là. L'offre est là. Il manque la demande... et la demande c'est vous, c'est nous. En s'adressant directement à ses compatriotes, Bernanke tente de leur donner l'envie de se battre, et essaye de leur redonner confiance.


Encore et toujours la consommation américaine

Déjà en août 2007, je vous disais dans l'Edito que les Etats-Unis allaient rentrer en crise parce que les Américains étaient sur-endettés et qu'ils devraient réduire leur consommation tôt ou tard pour faire face à leurs engagements. Depuis le début de l'automne dernier, je vous dis qu'aucune sortie de crise n'est possible tant que les Américains ne consommeront pas. 70% du PIB des Etats-Unis est généré par la consommation. Et la consommation américaine tire la croissance économique mondiale via ses importations -- à commencer par les pays ateliers comme la Chine.


Pour faire simple

La consommation est le moteur de la croissance américaine et la croissance américaine est le moteur de la croissance mondiale. Sur les deux dernières décennies, la consommation américaine carburait à l'endettement massif voire au surendettement. Mais maintenant, la donne a changé. Il faut rembourser. Le fond du problème ? Ben a besoin de voir les Américains s'endetter et consommer à nouveau.


Le comble contradiction : la réalité américaine
versus les souhaits de la Fed

Je vous dresse le paysage : Les Américains sont licenciés et mis au chômage. Leurs actifs boursiers et leur patrimoine immobilier ont fondu de moitié -- imaginez la situation des retraités ! Ils n'ont aucune épargne de précaution. Absolument aucune. En revanche, ils ont des montagnes de dettes et d'emprunts à rembourser... Cerise sur le gâteau : le peu d'argent qui leur reste en fin de mois après le paiement des traites et des factures, ils se mettent aujourd'hui à l'épargner ! (Des années qu'on n'avait pas vu ça... Ils savent que les temps vont être durs...).

Et voilà M. Bernanke qui les supplie de se remettre à emprunter et à consommer, au plus vite... Qu'il est grand l'écart entre les souhaits de la Fed et la réalité quotidienne des Américains.


Bernanke a raison : sans eux, il n'y arrivera pas

Je pense que les Américains vont vouloir assainir leurs finances, purger leurs dettes, avant de repartir dans des crédits inconsidérés et une consommation effrénée. Et dans ce cas, la partie de Bernanke est bien mal engagée...

Les Américains ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement qu'ils vont devoir payer pour les erreurs commises par les autres... Le poids du fardeau devra être supporté par plusieurs générations d'Américains... Ils devront payer de leur poche l'endettement massif actuellement créé par l'Etat. A coups de prélèvements fiscaux et de dépenses qu'on aurait pu faire et qu'on ne fera pas.

A coup de dépréciation du dollar et d'inflation aussi, qui feront fondre la valeur de leur patrimoine... Mais ça, on ne leur dit pas... pas encore.


Cet article est le 66ème sur ce blog dans la catégorie Capitalisme.

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 22:08

 

La pression monte pour un changement de politique

 

Après le 29 janvier (voir sur ce blog 29 janvier : syndicats, travailleurs, citoyens dans les rues de Laval), ce 19 mars a été marqué par une participation citoyenne, plus importante encore, dans les rues ensoleillées de notre beau pays.

 

Ouest-France indique sur son site Grèves : Environ 300 000 manifestants dans les rues de l'Ouest - OF 19 03 09 avec cette précision :

 

manif-19-mars-2009-Laval-006-T.jpgLaval. Plus de 8 000 manifestants se sont réunis au square Boston. Dans le cortège, on retrouve beaucoup d'enseignants, de lycéens de salariés d'entreprises, des personnels de l'hôpital, des fonctionnaires de la Poste, de la SNCF... Il s'agit d'une des plus grosses manifestations de ces dernières années à Laval.

 

 Cette journée d’action et de mobilisation, à l’initiative des syndicats, et soutenue par les partis politiques de gauche (voir l’article paru hier sur ce blog Michel Sorin : le pouvoir politique doit entendre le mouvement social - 18 mars 2009) était un nouvel appel aux employeurs (le MEDEF et l’Etat, principalement) pour qu’ils changent de politique économique et sociale.

 

Le MEDEF est un adepte de la lutte des classes depuis que Jean Gandois a été remplacé à la présidence du patronat français par des « tueurs ». Voir, à ce sujet, l’article de Jacky Eouzan, mon collègue MRC des Côtes-d’Armor, qui fut le témoin du changement de cap du patronat NAÏVETÉ OU COMPLICITÉ ? ( Jacky Eouzan ).

 

La présidente actuelle du MEDEF a décidé de hausser le ton vis-à-vis de la CGT (voir sur le site de Marianne, ce 19 mars : Qui a gagné le match radiophonique Parisot - Royal? Réponse dans la rue….

 

La réponse de l’Etat est venue du Premier ministre ce soir, à la télévision : François Fillon exclut "tout nouveau plan de relance" (Le Monde, 19 mars).

 

Pourtant, les travailleurs et leurs organisations ont marqué des points ce 19 mars : Mobilisation réussie pour les syndicats, le gouvernement exclut toute nouvelle mesure (Le Monde) ou La preuve par trois millions (L’Humanité) ou encore Entre 1,2 et 3 millions de manifestants en France(Rue89).

 

Pour sa part, Elie Arié s’est fait accorder par le site de Marianne le droit de jouer sa petite musique critique : Manifs : trop de revendications tue la revendication (mais il signale que ce titre n’est pas de lui). Voici un extrait de son texte, paru ce 19 mars. Contrairement à lui, je pense que ces rassemblements font avancer les partis politiques de gauche vers une analyse critique commune de la situation.


(…) Non pas que ces manifs ne traduisent pas un sentiment général, justifié et très profond d’une société qui évolue dans une direction de plus en plus insupportable.

Mais il leur manque la condition nécessaire pour réussir : une analyse politique des raisons de cette évolution, débouchant sur un projet politique alternatif, donc sur une possibilité de succès.

La raison profonde de l’évolution tellement insupportable, on la connaît : la globalisation de l’économie, l’ Union Européenne du libéralisme économique que gauche et droite ont construite, auxquelles elles continuent de se rallier (ratification parlementaire du TCE rejeté par referendum, etc.), et se trouvent donc dans l'incapacité de proposer autre chose - et dont tout le reste découle inéluctablement : privatisations, délocalisations, démantèlement de l’ Etat-Providence, démantèlement des services publics, transfert de la richesse des pays occidentaux vers les pays dits « émergents ».

On la connaît, mais personne ne l’assume, car tout le monde est co-responsable. Alors, les manifs tournent à vide, ont des cibles artificielles (« Sarko » qui serait à l’origine des choix de la politique de droite et de gauche depuis 20 ans), et ne peuvent déboucher sur rien : pas de solution politique à un problème politique sans analyse politique.
  

 

Cet article est le 49ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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