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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 22:49

Bernanke, l’homme qui injecte des milliards de dollars

 

Hier, nous avons manifesté derrière le slogan « ça suffit ! Refusons de payer leur crise » (voir sur ce blog A Laval et ailleurs, ce 19 mars, le monde du travail était dans la rue).

 

Comment ce slogan pourrait-il devenir réalité sans remise en cause en profondeur du système capitaliste ? Le mal est venu des Etats-Unis d’Amérique. Allons voir de près les moyens qui sont pris au niveau financier pour faire tenir debout l’économie du pays.

 

Isabelle Mouilleseaux a observé le président de la FED, la banque centrale des USA, s’adresser en direct aux Américains sur la chaîne CBS, dans le but de les convaincre de consommer et de s’endetter afin de faire marcher la machine économique. Voici des extraits de l’article qu’on peut lire dans son intégralité sur www.edito-matieres-premieres.fr.

 

Bernanke a raison : seul, il n'y arrivera pas. Croyez-le


Les efforts déployés par la Fed sont absolument inouïs

Pas de doute, nous sommes confrontés à la pire crise économique depuis 1930. Les efforts déployés par la Fed sont absolument inédits :
politique de taux zéro ;
injections massives d'argent liquide dans les banques, les assurances et sur les marchés ;
programme d'aide au crédit hypothécaire et au marché immobilier -- la Fed vient de décider de porter à 750 milliards de dollars ses achats de titres adossés à des créances hypothécaires pour réduire le coût du crédit ;
programme de soutien aux prêts aux particuliers (étudiants, acheteurs de voitures...) et aux petites et moyennes entreprises (après le TARP, le TALF...). Ce programme, d'un budget initial de 200 milliards pourrait être porté à 1 000 milliards de dollars...


Une politique monétaire hyper-expansionniste

Bref, je ne compte plus les centaines de milliards de dollars injectés dans le système pour le sauver de la faillite et relancer la machine économique. Et je ne parle même pas de l'annonce fracassante de la Fed cette semaine d'acheter pour 300 milliards de dollars de T-Bonds américain dans les six mois : la planche à billets tourne à plein régime, la masse monétaire gonfle.


Le bilan de la Fed gonfle comme une grenouille voulant devenir un boeuf !

Il doit tourner autour de 2 000 milliards de dollars. De mémoire, le PIB américain est de l'ordre de 14 700 milliards de dollars... C'est vous dire l'ampleur des efforts consentis par la Fed. J'oubliais... Les 850 milliards du plan Obama, et les 150 milliards déjà distribués l'an passé par Bush viennent en plus.


Malheureusement, tous ces efforts ne suffiront pas : Bernanke le sait

Voilà pourquoi il s'adresse directement aux Américains sur CBS. Tous les efforts mis en place par la Fed et l'Etat seront vains si les Américains ne les soutiennent pas. Bernanke aura beau dire et beau faire, si ses compatriotes ne sortent pas, ne vont pas dans les magasins, ne s'achètent pas de voitures et des Ipod, ne prennent pas des crédits pour consommer... la machine ne redémarrera pas.


La confiance et la consommation sont au coeur de la problématique

Le succès ou l'échec des mesures consenties viendra de l'attitude des Américains dans les tous prochains mois. Le message a le mérite d'être clair. L'argent est là. L'offre est là. Il manque la demande... et la demande c'est vous, c'est nous. En s'adressant directement à ses compatriotes, Bernanke tente de leur donner l'envie de se battre, et essaye de leur redonner confiance.


Encore et toujours la consommation américaine

Déjà en août 2007, je vous disais dans l'Edito que les Etats-Unis allaient rentrer en crise parce que les Américains étaient sur-endettés et qu'ils devraient réduire leur consommation tôt ou tard pour faire face à leurs engagements. Depuis le début de l'automne dernier, je vous dis qu'aucune sortie de crise n'est possible tant que les Américains ne consommeront pas. 70% du PIB des Etats-Unis est généré par la consommation. Et la consommation américaine tire la croissance économique mondiale via ses importations -- à commencer par les pays ateliers comme la Chine.


Pour faire simple

La consommation est le moteur de la croissance américaine et la croissance américaine est le moteur de la croissance mondiale. Sur les deux dernières décennies, la consommation américaine carburait à l'endettement massif voire au surendettement. Mais maintenant, la donne a changé. Il faut rembourser. Le fond du problème ? Ben a besoin de voir les Américains s'endetter et consommer à nouveau.


Le comble contradiction : la réalité américaine
versus les souhaits de la Fed

Je vous dresse le paysage : Les Américains sont licenciés et mis au chômage. Leurs actifs boursiers et leur patrimoine immobilier ont fondu de moitié -- imaginez la situation des retraités ! Ils n'ont aucune épargne de précaution. Absolument aucune. En revanche, ils ont des montagnes de dettes et d'emprunts à rembourser... Cerise sur le gâteau : le peu d'argent qui leur reste en fin de mois après le paiement des traites et des factures, ils se mettent aujourd'hui à l'épargner ! (Des années qu'on n'avait pas vu ça... Ils savent que les temps vont être durs...).

Et voilà M. Bernanke qui les supplie de se remettre à emprunter et à consommer, au plus vite... Qu'il est grand l'écart entre les souhaits de la Fed et la réalité quotidienne des Américains.


Bernanke a raison : sans eux, il n'y arrivera pas

Je pense que les Américains vont vouloir assainir leurs finances, purger leurs dettes, avant de repartir dans des crédits inconsidérés et une consommation effrénée. Et dans ce cas, la partie de Bernanke est bien mal engagée...

Les Américains ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement qu'ils vont devoir payer pour les erreurs commises par les autres... Le poids du fardeau devra être supporté par plusieurs générations d'Américains... Ils devront payer de leur poche l'endettement massif actuellement créé par l'Etat. A coups de prélèvements fiscaux et de dépenses qu'on aurait pu faire et qu'on ne fera pas.

A coup de dépréciation du dollar et d'inflation aussi, qui feront fondre la valeur de leur patrimoine... Mais ça, on ne leur dit pas... pas encore.


Cet article est le 66ème sur ce blog dans la catégorie Capitalisme.

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 22:08

 

La pression monte pour un changement de politique

 

Après le 29 janvier (voir sur ce blog 29 janvier : syndicats, travailleurs, citoyens dans les rues de Laval), ce 19 mars a été marqué par une participation citoyenne, plus importante encore, dans les rues ensoleillées de notre beau pays.

 

Ouest-France indique sur son site Grèves : Environ 300 000 manifestants dans les rues de l'Ouest - OF 19 03 09 avec cette précision :

 

manif-19-mars-2009-Laval-006-T.jpgLaval. Plus de 8 000 manifestants se sont réunis au square Boston. Dans le cortège, on retrouve beaucoup d'enseignants, de lycéens de salariés d'entreprises, des personnels de l'hôpital, des fonctionnaires de la Poste, de la SNCF... Il s'agit d'une des plus grosses manifestations de ces dernières années à Laval.

 

 Cette journée d’action et de mobilisation, à l’initiative des syndicats, et soutenue par les partis politiques de gauche (voir l’article paru hier sur ce blog Michel Sorin : le pouvoir politique doit entendre le mouvement social - 18 mars 2009) était un nouvel appel aux employeurs (le MEDEF et l’Etat, principalement) pour qu’ils changent de politique économique et sociale.

 

Le MEDEF est un adepte de la lutte des classes depuis que Jean Gandois a été remplacé à la présidence du patronat français par des « tueurs ». Voir, à ce sujet, l’article de Jacky Eouzan, mon collègue MRC des Côtes-d’Armor, qui fut le témoin du changement de cap du patronat NAÏVETÉ OU COMPLICITÉ ? ( Jacky Eouzan ).

 

La présidente actuelle du MEDEF a décidé de hausser le ton vis-à-vis de la CGT (voir sur le site de Marianne, ce 19 mars : Qui a gagné le match radiophonique Parisot - Royal? Réponse dans la rue….

 

La réponse de l’Etat est venue du Premier ministre ce soir, à la télévision : François Fillon exclut "tout nouveau plan de relance" (Le Monde, 19 mars).

 

Pourtant, les travailleurs et leurs organisations ont marqué des points ce 19 mars : Mobilisation réussie pour les syndicats, le gouvernement exclut toute nouvelle mesure (Le Monde) ou La preuve par trois millions (L’Humanité) ou encore Entre 1,2 et 3 millions de manifestants en France(Rue89).

 

Pour sa part, Elie Arié s’est fait accorder par le site de Marianne le droit de jouer sa petite musique critique : Manifs : trop de revendications tue la revendication (mais il signale que ce titre n’est pas de lui). Voici un extrait de son texte, paru ce 19 mars. Contrairement à lui, je pense que ces rassemblements font avancer les partis politiques de gauche vers une analyse critique commune de la situation.


(…) Non pas que ces manifs ne traduisent pas un sentiment général, justifié et très profond d’une société qui évolue dans une direction de plus en plus insupportable.

Mais il leur manque la condition nécessaire pour réussir : une analyse politique des raisons de cette évolution, débouchant sur un projet politique alternatif, donc sur une possibilité de succès.

La raison profonde de l’évolution tellement insupportable, on la connaît : la globalisation de l’économie, l’ Union Européenne du libéralisme économique que gauche et droite ont construite, auxquelles elles continuent de se rallier (ratification parlementaire du TCE rejeté par referendum, etc.), et se trouvent donc dans l'incapacité de proposer autre chose - et dont tout le reste découle inéluctablement : privatisations, délocalisations, démantèlement de l’ Etat-Providence, démantèlement des services publics, transfert de la richesse des pays occidentaux vers les pays dits « émergents ».

On la connaît, mais personne ne l’assume, car tout le monde est co-responsable. Alors, les manifs tournent à vide, ont des cibles artificielles (« Sarko » qui serait à l’origine des choix de la politique de droite et de gauche depuis 20 ans), et ne peuvent déboucher sur rien : pas de solution politique à un problème politique sans analyse politique.
  

 

Cet article est le 49ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 12:18

Sarkozy : retrait du bouclier fiscal ou retraite ?

 

Le président de la République n’ira pas au bout de son mandat. Ses options politiques néolibérales, qui l’ont fait élire il y a deux ans, et qu’il continue de défendre devant les députés UMP (voir l’article paru sur le site de Libération ce 18 mars : Bouclier fiscal : Sarkozy raille le «mal de mer» de ses «amis politiques») le condamnent face au mouvement populaire.

 

Au moment où la crise économique répercute ses conséquences sociales, le peuple français ne tolèrera pas de telles injustices (voir l’article paru ce 18 mars sur le site du Monde : Bouclier fiscal : "834 contribuables ont reçu un chèque moyen de 368 000 euros"). Extraits des déclarations de Didier Migaud, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale :

 

« S'agissant du bouclier fiscal nouvelle version, les résultats font apparaître un doublement du coût au bénéfice exclusif des contribuables les plus aisés. A l'inverse, s'agissant des contribuables non imposables à l'ISF, la facture a été divisée par deux ! En élargissant le dispositif aux contributions sociales et en faisant passer le plafonnement de 60 % à 50 % des revenus, la loi TEPA a accentué l'injustice du dispositif. En 2008, 834 contribuables dotés d'un patrimoine supérieur à 15,5 millions d'euros ont reçu un chèque moyen de 368 000 euros. Ils se sont partagés 307 millions d'euros. Ils représentent 6% des bénéficiaires, mais deux tiers du coût du bouclier (…).

 

Au-delà de la suppression du bouclier, une réforme fiscale s'impose pour rendre notre fiscalité plus intelligible, plus juste et plus efficace. L'impôt étant de moins en moins progressif, il ne joue plus qu'un rôle mineur dans la redistribution, alors que les inégalités de revenus ont fortement augmenté depuis 2002, comme l'ont montré l'Insee et le CPO. Il faut absolument revoir la part dans notre système des impôts directs et des impôts indirects, celle du progressif et du proportionnel. Le gouvernement s'était engagé sur une revue générale des prélèvements obligatoires. Nous l'attendons toujours (…) ».

 

Une seconde journée d’action et de mobilisation aura lieu demain (voir sur ce blog Les manifestations du 19 mars sous le signe d'un ras-le-bol général - 13 mars 2009).

 

Près de 4 français sur 5 sont favorables à ce mouvement social, selon les sondages d’opinion. Les syndicats sont unis, prenant en compte l’inquiétude du monde du travail. Sur le site du quotidien Le Monde, le 16 mars, sous le titre « Semaine à risques sur le plan social pour Nicolas Sarkozy », on pouvait lire :

« A peine sorti du conflit aux Antilles, le gouvernement français doit faire face jeudi à une nouvelle vague de grèves et de manifestations tous azimuts pour exiger des réponses sociales à la crise. Les huit syndicats soutenus par douze partis et mouvements de gauche s'attendent à mobiliser autant de monde que le 29 janvier, qui avait vu selon eux 2,5 millions de personnes descendre dans la rue.

"Comme les mécanismes ne sont pas changés, nous ne sortirons pas de la crise de cette façon et au contraire elle va s'aggraver si nous ne réussissons pas par le rapport de forces et c'est l'objet du 19 mars, à obtenir un changement de tendance", a déclaré lundi Maryse Dumas, numéro 2 de la CGT, sur France Info. Les centrales syndicales ont d'ores et déjà annoncé qu'elles n'entendaient pas en rester là et qu'elles se reverraient vendredi pour décider des suites à donner au mouvement ».


Lire aussi le point de vue de Jean-Claude Mailly (FO) sur le site du Nouvel Observateur, ce 18 mars :
Mailly sur le 19 mars : "Une mobilisation aussi importante que celle du 29 janvier".

 

François Krug, le 17 mars, sur le site Eco89, posait la bonne question : Grève : Sarkozy pourra-t-il rester inflexible ?

 

Cet article est le 48ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 21:56

Conflit d’intérêts, conflit de générations… au suivant !

 

La couleur rouge (brique) de ses hauts plateaux a déteint sur la colère d’une partie de ses habitants de la capitale Antananarivo (Tananarive - pour tout savoir sur l’île, cliquer sur Madagascar).

 

Le président de la République, Marc Ravalomanana, réélu en décembre 2006 pour un second mandat de 5 ans, est prié de démissionner par Andry Rajoelina, soutenu par l’armée malgache (voir l’article paru ce 16 mars sur le site du Monde Madagascar : l'armée occupe les bureaux du président).

 

Pour Sylvain Urfer, fondateur de l'Observatoire de la vie publique à Antananarivo, "le rapport de force joue désormais clairement en faveur d'Andry Rajoelina" (Le Monde, 13 mars A Madagascar, "il n'est plus question de revenir en arrière"

Sur le site de Rue89, le 31 janvier 2009, on pouvait lire Les raisons de la colère contre le président de Madagascar.

La colère des Malgaches a décuplé quand ils ont été informés de la cession de trois cent mille hectares de terres à Daewoo, la firme multinationale coréenne (voir l’article de Rémi Carayol, paru le 24 février sur le site de Libération Madagascar, la braderie de l’île).

 

Un ami malgache, qui habitait Laval avant de rejoindre Nantes, a été très clair sur la situation de son pays. Voici ce qu’il écrit :

 

Concernant la situation à Madagascar, il s'agit de problèmes multiples qui  minent la société malgache. Les principaux sont :

 

- La mauvaise gouvernance : le président confond l'argent public et les intérêts de sa société (celle-ci ne paie ni TVA ni frais de douane alors que c'est devenu l'une des plus grandes  sociétés agroalimentaires de l'Océan Indien).

- Il a aussi créé des Sociétés annexes dans tous les secteurs existants (bâtiment, travaux publics etc.) et acquis des marchés sans appels d'offres. Par conséquent, cela crée un conflit d'intérêt avec le patronat local.

 

- Le conflit de génération : les jeunes sont totalement acquis aux causes défendues par le jeune Maire, dont la pauvreté grandissante de la population (de loin le plus grand problème).

 

- La corruption généralisée mais je dirais surtout la corruption institutionnalisée (députés, sénateurs et membres du bureau politique proches du Président sont grassement payés - un député arrive à gagner jusqu'à presque 4000 euros ! d'où l'écart entre les pauvres 30 euros par mois et les riches).

 

- La vente de terrain aux Coréens et aux étrangers ; le président qui s'est acquis un avion à 60 millions de dollars dans un pays pauvre comme le notre ; le manquement à la démocratie…

 

Maintenant l'Armée est divisée après que le président a opté pour la violence afin de mater les manifestants. Mais une partie de l'Armée réclame sa démission. Nous espérons qu'une solution soit trouvée dans les deux ou trois semaines qui viennent.

 

 

Cet article est le 12ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 15:13

Décision dangereuse pour la sécurité de la France

 

Le président de la République veut laisser les empreintes de ses propres choix sur la politique de la France, quitte à bousculer les consensus.
Extrait de OTAN en emporte Sarkozy ! (Site de Marianne, Antidote, 14 mars) :
« Nicolas Sarkozy procède avec la diplomatie de la France comme avec les institutions. Il souhaite inscrire sa propre pratique dans les textes. Il est là, le péché le plus grave du sarkozysme.
Ainsi, ceux qui déclarent que l'indépendance nationale est mise en cause par notre retour dans le commandement intégré de l’OTAN sont des menteurs. « Mensonges éhontés », vitupérait le Président de la République mercredi dernier » (…).
Sur le site de Libération, le 12 mars, dans son blog Secret Défense, Jean-Dominique Merchet, donne son avis sur cette décision présidentielle :

Depuis trente ans, l'une des choses les plus précieuses qui existait en France était le consensus sur les questions de défense entre la droite et la gauche (PS). Ce consensus est aujourd'hui sérieusement mis à mal par la décision du président Nicolas Sarkozy de "reprendre toute sa place" au sein de l'Otan. Aucune urgence ne justifiait cette décision - dont les conséquences pratiques sont, somme toute, limitées. Il faut y voir essentiellement un choix idéologique, qui n'est pas condamnable en soi, de réintégrer ce que le président de la République appelle "la famille occidentale". Mais l'avions-nous jamais quittée, cette famille ?


Depuis la fin des années 70, puis l'élection de François Mitterrand à l'Elysée, la droite et la gauche de gouvernement s'entendaient sur une forme de consensus autour des affaires de défense et des grands choix de politique étrangère. C'était une force considérable pour le chef de l'Etat, de quelque bord qu'il soit. C'était aussi, et peut-être même surtout, un grand atout pour les militaires qui savaient que pour l'essentiel la nation les soutenait, que leurs actions ne feraient pas l'objet de polémiques électorales et qu'une alternance ne mettrait pas en cause les grands choix de défense.


La question n'est pas de savoir si, en pratique, la décision du retour dans l'Otan est fondée : c'est un dossier éminemment complexe et technique - que nous nous sommes efforcés d'éclairer par ailleurs, en plaidant pour une approche pragmatique, celle du rapport coût/gains.

Mais dans le coût de ce retour, comment oublier le coût politique ? C'est-à-dire la profonde division des partis sur cette question. Le consensus est, au mieux, fissuré. La droite a été priée de rentrer dans le rang et de faire taire les critiques en son sein (Villepin, Juppé). Le PS et le MoDem, qui n'appartiennent pas historiquement à des courants farouchement anti-atlantistes, s'y opposent, comme l'extrême droite et l'extrême gauche.


Le risque, c'est que demain, la légitimité des opérations militaires françaises soient contestée par une partie de l'opinion
, parce qu'elles seront alors vues comme la conséquence (ou le prix à payer) du retour de la France dans l'Otan. Une partie des Français estimera alors que l'armée française ne mène pas la guerre de la France, mais qu'elle agit pour le compte d'une coalition dominée par Washington. Ce jour-là, les militaires français (qui auront certes obtenus quelques postes d'influence et parleront un fluent english) risquent de se sentir bien seuls, coupés d'une partie importante de leur concitoyens.


Dès le 16 février,
Jean-Pierre Chevènement demande un vote du Parlement sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN

Jean-Pierre Chevènement a demandé lundi un vote du Parlement sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, qui doit être officialisé les 3 et 4 avril au sommet du 60e anniversaire de l'OTAN à Strasbourg et Kehl.

"Le Parlement doit se prononcer. Ça, c'est la moindre des choses", a déclaré le sénateur du Territoire de Belfort sur RTL, ajoutant que ce vote était "incontournable".

Il a rappelé que le retour de la France dans le commandement intégré "est une inflexion majeure de la politique qui avait été décidée par le général de Gaulle en 1966 (...) pour éviter que la France ne soit entraînée dans des guerres qui ne soient pas les siennes". Or, a-t-il estimé, le retour de la France dans le commandement intégré est une décision "dangereuse pour la sécurité de la France".

"Je ne vais pas jusqu'à exiger un référendum comme l'a fait M. (François) Bayrou, mais enfin, ça le mériterait peut-être", a dit M. Chevènement, qui a demandé "un peu de logique", à l'heure où l'on demande un vote du Parlement "pour la moindre petite opération extérieure"

 

 Un colloque aura lieu lundi 30 mars 2009 à 18h à l’Assemblée Nationale (voir, à ce sujet Colloque de la Fondation Res Publica : Sécurité européenne : OTAN, OSCE, Pacte de Sécurité).

 

 A lire dans la presse quelques articles que j’ai sélectionnés :

 

La France et l'OTAN, la messe atlantiste est dite, par Laurent Zecchini (Le Monde, 10 mars)

 

Le retour dans le bercail atlantique est inopportun et inefficace (Le Monde, Louis Gautier, 20 février)

 

Pourquoi il faut s'opposer à une France atlantiste, par Hubert Védrine (Le Monde, 5 mars)

           

OTAN, il faut agir ! (Marianne, Laurent Pinsolle, 15 mars).

 

En Mayenne, avec ses amis de Debout La République, Philippe Serre (06.07.12.13.55) a créé le Comité Mayennais contre le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.

 

Face à la décision du Président Sarkozy de rejoindre le commandement intégré de l'OTAN, des mayennais viennent de constituer une Comité de citoyens décidés à s'opposer à ce projet que le gouvernement entend faire adopter en engageant sa responsabilité afin d'empêcher l'expression des parlementaires de sa majorité en désaccord avec lui sur ce point.

 

Le Général de Gaulle avait décidé le retrait de la France du commandement militaire intégré de l'OTAN le 7 mars 1966. Depuis plus de 40 ans, la France a pu ainsi mettre en oeuvre une politique étrangère indépendante, fondée sur la paix et la coopération entre les peuples. Dans la même ligne, Jacques Chirac a ainsi refusé l'engagement de l'armée française en Irak, en février 2003.

 

La décision de M. Sarkozy constitue une très inquiétante rupture avec la politique étrangère française. Elle est la porte ouverte à des aventures militaires. Elle est contraire à l'aspiration des français. Le Comité demande l'organisation d'un référendum.

 

 

Cet article est le 9ème paru sur ce blog dans la catégorie Justice Police Défense.

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 15:30

Le tournant libéral et européen du PS en 1983

 

Le parti socialiste a besoin de beaucoup de temps pour fermer ce que Jospin présentait, en 1983, comme étant une parenthèse libérale. Cela m’incite à évoquer cette période (j’étais premier secrétaire du PS en Mayenne depuis 1979 et délégué au congrès PS en 1983).

 

Sous la houlette de Jean-Pierre Chevènement, notre courant de pensée (le CERES - Centre d’étude, de recherche et d’éducation socialistes), qui était allié à François Mitterrand depuis le congrès de Metz (1979), s’est battu contre ce tournant libéral lors du Congrès de Bourg-en-Bresse, en 1983, ce qui lui a valu de quitter la majorité. Jean-Pierre Chevènement en a tiré les conséquences en démissionnant du gouvernement (il était ministre de la technologie et de l’industrie) de Pierre Mauroy en 1983.

 

Depuis 26 ans, le PS s’est maintenu dans sa logique de soutien à l’Europe libérale, justifiant son vote en faveur de la ratification du traité constitutionnel européen le 29 mai 2005 (référendum) et du traité de Lisbonne en 2008 (Parlement).

 

L’hebdomadaire Marianne avait publié, le 21 février 2009 (n° 618), une libre opinion du philosophe Paul Thibaud, sous le titre « Une gauche imperturbable et stérile » (voir La tribune de Paul Thibaud).

 

Dans l’édition du 14 mars (n° 621), il offre à Jean-Pierre Chevènement l’opportunité de répondre. Pour l'ancien ministre et actuel président du Mouvement Républicain et Citoyen, le PS a sacrifié ses valeurs au capitalisme financier. Et reste incapable de réinventer un système de valeurs collectives.

 

Voilà pourquoi notre gauche est muette

 

Selon Paul Thibaud (Marianne du 21 février), la gauche, depuis 1962, n’est plus capable de refonder et de « relancer le destin national ». Son échec dans la décolonisation la poursuivrait encore aujourd’hui à travers le désir de revanche incarné de 1958 à 1981 par François Mitterrand, qui aurait étouffé tout effort de refondation intellectuelle et morale.

Paul Thibaud incrimine l’immobilisme idéologique, celui du programme commun contre le « mouvement d’émancipation culturelle et générationnelle » de 1968 débouchant sur le vide politique. C’est la raison pour laquelle la victoire politique de 1981, celle d’un « volontarisme politique artificiel », se serait révélée « creuse ». La gauche serait toujours aujourd’hui sur la ligne mitterrandienne (« la foi sans les œuvres », d’où un « immobilisme agité, velléitaire, dangereux, qui déprime les Français »).

Certes, il y a du vrai dans la description de Paul Thibaud : François Mitterrand n’était pas porté sur l’autocritique, mais de Gaulle non plus. Il s’est servi de l’Union de la gauche pour venir au pouvoir, mais surtout il a substitué au projet de transformation sociale de 1981 – non sans hésitation, d’ailleurs – une Europe technocratique et libérale tournant le dos aux aspirations populaires.

La relance par de Gaulle de l’histoire nationale, après 1962, s’est exprimée dans des choix (des institutions stables, la dissuasion, la sortie de l’Otan, l’indépendance de notre politique extérieure) beaucoup plus que dans une modernisation économique entamée, elle, par la IVe République, sur la base du programme du Conseil national de la Résistance, programme d’union nationale mais marqué par la gauche. Pour relancer de nouveau l’histoire nationale, en 1981, la gauche devait rebattre les cartes en matière économique et sociale.

Ce n’est pas la passion de la revanche (passion bien ordinaire) qui a nourri l’immobilisme idéologique de la gauche, c’est son incapacité à rendre compte du tournant qu’elle a opéré dans les années 80, en cédant au vent néolibéral qui soufflait d’Amérique : revalorisation de la Bourse, réhabilitation du profit et d’abord dans le partage de la valeur ajoutée, sacralisation du principe de la concurrence à travers l’Acte unique, libération des mouvements de capitaux et enfin, et peut-être surtout, dévalorisation de la nation à travers le mythe européen.

 

Cette incapacité à « refonder » va de pair avec le choix libéral et européen qui renvoie la nation aux oubliettes. La vision instrumentale de l’Union de la gauche a relégué à l’arrière-plan l’effort conceptuel qui avait été fait pour donner à la gauche un projet moderne : politique et restructurations industrielles à travers les nationalisations, priorité à la recherche et à sa valorisation, modernisation du « dialogue social », etc. Cette politique a été bel et bien torpillée par l’ouverture de la « parenthèse libérale » en mars 1983.

Naturellement, on peut discuter à l’infini de la faisabilité d’une « autre politique ». Constatons simplement où a conduit « la seule politique possible » : à l’éloignement des couches populaires à l’égard de la gauche et à la crise actuelle de la mondialisation libérale à laquelle le PS a sacrifié l’originalité de son projet et de ses valeurs.

Relancer le destin national ? De Gaulle n’y pouvait parvenir seul dans les années 60 avec l’appui d’une droite qui se méfiait de lui. La translation opérée de droite à gauche à travers la stratégie d’union de la gauche était alors le seul moyen de sauver ce que la Ve République apportait de fondamentalement positif (des institutions stables, une défense moderne reposant sur la dissuasion, une politique extérieure indépendante). Mais cela supposait aussi que la gauche fût capable d’innover par une politique industrielle et par un projet national adaptés.

La stérilité actuelle de la gauche procède de son autotrépanation de 1983, de son incapacité à avoir su devancer la crise (bien au contraire elle a contribué – en pratique et en théorie – à installer le capitalisme financier dans notre pays) et de son absence de réponse face à ses développements. Elle s’est réfugiée dans une vieille incantation (Europe ! Europe ! Europe !), plutôt que de chercher dans une vision moderne de la République, en France et en Europe, le moyen de refonder un système de valeurs et de croyances collectives. C’est pourquoi le PS se trouve pris à contre-pied par la crise au moment même où il vient de ratifier le traité de Lisbonne et d’officialiser son ralliement au libéralisme. Et voilà pourquoi « notre gauche » est muette.

Je partage cependant la conclusion de Paul Thibaud : « C’est encore à la gauche de renouer avec l’éthique de responsabilité, le devoir de faire société, de retrouver la capacité de synthèse qui donne espoir à un peuple, à une nation. » Mais peut-être lui faudrait-il d’abord se réconcilier avec la nation, dans sa conception républicaine, évidemment…

Cet article a été publié le 13 mars sur
Le blog de Jean-Pierre Chevènement.

 

 

Cet article est le 95ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT.

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 23:20

Le mouvement social, pour enclencher une autre politique

 

La journée d’action du 29 janvier avait mobilisé plus de deux millions de personnes en France.

 

  -     29 janvier : Sarkozy hésite sur la réponse à donner aux syndicats - 1 février 2009

  -     29 janvier : syndicats, travailleurs, citoyens dans les rues de Laval - 29 janvier 2009

  -     Le mouvement du 29 janvier s'attaque à la posture libérale de Sarkozy - 2 février 2009

 

Aujourd’hui, les mêmes syndicats, soutenus par les partis de gauche, appellent  à faire pression sur le gouvernement et le patronat pour obtenir de nouvelles réponses sociales à la crise économique.

 

Les syndicats et la gestion du "ras-le-bol général", par Michel Noblecourt (Le Monde, 13 mars)

 

Et là, tu la vois, ma grève ? (L’Humanité, 13 mars).


Déclaration commune de 12 organisations de gauche pour la manifestation du 19 mars


(…) Conscientes que l'unité est une force essentielle face à l'obstination gouvernementale et       patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier.
Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l'action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.

Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l'augmentation des salaires, du SMIC, des minima sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout autre mode de développement
fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.


Signataires du texte
: Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, Gauche Unitaire, le Parti de gauche, le PS, le MRC, La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire.

Le Mouvement Républicain et Citoyen appelle ses adhérents et sympathisants à se joindre aux grèves et manifestations interprofessionnelles organisées partout en France le 19 mars

Le libre-échange, adulé depuis presque trente ans, avec la course au profit maximum et la déréglementation généralisée, a entraîné une sévère déflation salariale et débouche aujourd’hui sur une récession économique de grande ampleur. L’insuffisance du plan de relance français et l’impuissance de l’Union Européenne condamnent des millions de personnes supplémentaires au chômage.

Il est temps de réorienter fermement la construction européenne et de promouvoir des politiques publiques ambitieuses pour la réindustrialisation nécessaire de notre pays comme pour la pérennité de notre système de retraite, pour l’Ecole et la Recherche comme pour la construction de logements décents et abordables

De ces politiques peut venir la relance attendue de notre économie face à la grande crise qui s’annonce dévastatrice pour la France et l’Europe et pour l’avenir de notre modèle social.

 

Cet article est le 47ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 23:50

Le Conseil national MRC reporté au 22 mars

 

Le Front de gauche, créé à l’initiative du PCF et du Parti de Gauche (PG), s’ouvre au MRC et à de nombreuses autres organisations politiques. Un accord est intervenu avec Unir, le courant minoritaire du nouveau parti anticapitaliste (NPA). C’était prévisible depuis l’intervention de Christian Picquet au meeting, dimanche dernier, au Zénith de Paris. Voir «Le NPA s’enferme dans une bulle médiatique sondagière».

 

En ce qui concerne le MRC (voir Européennes : militants MRC, en attente de clarification stratégique - 11 mars 2009), le secrétariat national, réuni le 11 mars, a pris connaissance de l’état des discussions. Il en a déduit le report du Conseil national du 15 au 22 mars, afin de laisser le temps d’aller au bout des discussions. Il est prévu une rencontre samedi 14 mars et une autre, au sommet, la semaine prochaine.

 

J’ai pu constater, lors de cette réunion du secrétariat national, l’accord explicite de Jean-Pierre Chevènement avec ma réflexion stratégique (voir Européennes : Michel Sorin souhaite que le MRC montre le chemin - 9 mars 2009).

  

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 13:03

Le conseil national, le 15 mars, prendra une décision

 

En m’exprimant clairement sur la situation du MRC avant la réunion de son conseil national dimanche (voir Européennes : Michel Sorin souhaite que le MRC montre le chemin - 9 mars 2009), j’ai déclenché de nombreuses réactions de militants, par courriel le plus souvent.

 

J’en ai retenu quelques-unes, parmi les plus représentatives. En voici des extraits.

 

Des sympathisants et des militants s’expriment

 

Un sympathisant (commentaire à l’article paru sur ce blog Européennes : le MRC dans l'attente du texte commun MRC - PCF - PG - 5 mars 2009)

 

Que se passera t il si le MRC ne trouve pas un accord avec les PC/PG ? Va t il y aller tout seul ? A-t-il quelque chose à dire ? S'est-il préparé pour ?
Mon sentiment est que NON et cela me désole. Il semblerait que l'"on" ne veuille pas donner au MRC les moyens de développer une vraie lisibilité pour essayer d'en faire une force qui compte.

 

Un adhérent

 

De ce que j’entends par différents camarades du MRC,  Jean-Pierre Chevènement pourrait – après la fin de non recevoir du PS sur le texte de Sami Naïr – être tenté par une position de repli sur ces élections (son fameux « il n’y a qu’une élection qui compte : la présidentielle »).

S’il veut le faire, c’est très simple, il suffit de déclarer que le PCF et le PG ne sont pas au diapason de nos exigences sur l’Europe (…).

Un retrait serait dramatique pour les faibles forces du MRC et notre avenir politique – coupant net toute dynamique politique, quelle visibilité aurons nous à terme – militants de la gauche républicaine – si nous sommes absents ? J’ai un peu de mal à comprendre ce que Jean-Pierre veut faire de son outil politique à l’horizon des prochaines années (…).

 

Un adhérent

(…) Pour autant, j'ai l'impression que JPC est sur la ligne suivante : si on ne parvient pas à un bon texte, il vaut mieux ne pas participer pour rester nous-mêmes et ne pas être l'objet de débauchage (…).

Un parti politique est fait, par raison d'être, pour participer aux élections. Sinon il se réduit à être un club de pensée. A titre personnel, cela ne me gène pas, puisque je ne fais pas de la "politique" pour être présent ou élu quelque part, mais simplement pour participer au débat public en fonction de mes convictions, et pour tenter d'orienter l'évolution sociétale vers ce qui me semble le plus juste pour le Bien commun.

Donc, MRC je suis et je reste quelque soit la décision qui sera finalement prise. 

Mais, on peut comprendre que certains militants aient envie de militer aussi pour participer à des élections et faire concrètement campagne ! Et ceux-là finiront par rallier le Parti de Gauche si le MRC reste sur la touche : ils préfèreront faire campagne pour des idées qui leur sembleront proches des nôtres, même si elles ne sont pas identiques, plutôt que de rester à ne rien faire. Or, j'ai l'impression que JPC occulte cette dimension (…).

A mon sens, il faut ici peser le fait que le dynamisme créé ne peut guère nous nuire, et ne peut sans doute au contraire que nous être profitable. Nom de nom, qu'est-ce qu'on risque donc vraiment à y aller ? Faire seulement 4% ? Et alors !!!!  On a déjà fait moins que cela aux législatives et on a survécu !

Enfin, une alliance "de raison" pour les Européennes ne signifie quand même pas un mariage indissoluble ! C'est en ce sens que je partage ce passage de ton propre texte :


"Au-delà des différences existantes entre PCF, PG et MRC
, ces trois partis ont le mérite de poser des jalons pour créer les conditions d’une nouvelle donne à gauche.

 

C’est un point de départ. Il ne faut pas chercher l’accord parfait sur tous les sujets, mais se limiter à ce qui est essentiel pour mener une vie commune pendant deux mois, en s’engageant à limiter les interventions publiques à cet essentiel."

 

 

Cet article est le 14ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 23:39

Poser des jalons pour une nouvelle donne à gauche

 

A l’occasion des réunions auxquelles j’ai participé au sein du Mouvement Républicain et Citoyen, que ce soit aux niveaux national, régional et local, mais aussi à travers les échanges par courriel ou par téléphone que j’ai eus avec des militants ou des sympathisants, je ressens la nécessité de remettre les élections européennes dans la perspective politique qui est la nôtre.

 

Samedi dernier, à Nantes, lors de notre rencontre interrégionale Grand ouest (circonscription électorale pour les élections européennes), nous avons eu de vrais débats et des interrogations concernant la décision que prendra le conseil national le 15 mars (voir sur ce blog Européennes : le MRC dans l'attente du texte commun MRC - PCF - PG - 5 mars 2009).

 

Voici ma contribution personnelle à ce débat, les réflexions que je porterai le 15 mars.

 

Le MRC est le ferment de l’unité entre la gauche et les républicains

 

En juin 2008, réunis en congrès au Kremlin-Bicêtre, nous étions en plein accord avec Jean-Pierre Chevènement, qui proposait de refonder la gauche sur des bases républicaines.

 

La difficulté est dans le chemin à prendre pour atteindre cet objectif. Au moment où nous allons débattre, en conseil national, le 15 mars, des modalités de notre engagement dans les élections européennes, je propose de répondre à quelques questions importantes.

 

Que constatons-nous ?

 

Le parti socialiste (PS) refait son unité sur la question européenne, en s’alignant sur les positions des autres partis social démocrates européens (traité de Lisbonne), dans l’espoir de les infléchir dans un sens plus social et moins libéral, de manière à se démarquer des partis de droite, au niveau du Parlement européen.

 

Le parti communiste français (PCF) a accepté l’offre du parti de gauche (PG) de constituer un front de gauche, ouvert à d’autres composantes, afin de marquer le refus de l’Europe libérale sur la base du non majoritaire le 29 mai 2005 lors du référendum de ratification du traité constitutionnel européen (TCE).

 

Le nouveau parti anticapitaliste (NPA) est un parti qui inscrit son action dans les luttes sociales, sans chercher à participer à des coalitions de gauche visant à accéder au pouvoir au niveau national.

 

Où cela conduit-il ?

 

Dans l’immédiat, c’est-à-dire aux élections européennes, le PS et le NPA - dont les positionnements politiques sont traditionnels et complémentaires (social démocratie et extrême gauche) - sont bien partis pour tirer leur épingle du jeu électoral.

 

C’est moins clair pour le front de gauche, car sa démarche apparaît excessivement et exclusivement d’opposition à l’Europe et de division de la gauche, sans capacité de créer une dynamique de rassemblement populaire autour d’un projet politique pour la France.

 

Qu’est-ce qui intéresse les Français ?

 

Ils attendent désespérément que la gauche soit capable de réunir les conditions d’une alternative au pouvoir en place. Or, elle n’en prend pas le chemin, en raison de ses divisions et de son manque de crédibilité face à la crise.

 

Que peut faire le MRC ?

 

D’abord, rappeler où il veut aller, par quel chemin, et, en ce qui concerne les élections européennes, choisir ce qui permet de se rapprocher le plus possible de ce chemin.

 

Concrètement, quelle décision dimanche 15 mars ?

 

Le MRC veut refonder la gauche sur des bases républicaines et tout faire pour qu’une alliance de la gauche et des républicains soit en position, le moment venu, de porter son candidat (homme ou femme) à la présidence de la République française.

 

Au-delà des différences existantes entre PCF, PG et MRC, ces trois partis ont le mérite de poser des jalons pour créer les conditions d’une nouvelle donne à gauche.

 

C’est un point de départ. Il ne faut pas chercher l’accord parfait sur tous les sujets, mais se limiter à ce qui est essentiel pour mener une vie commune pendant deux mois, en s’engageant à limiter les interventions publiques à cet essentiel.

 

Ce qui compte, c’est l’accord sur la démarche commune, qui est de prendre appui sur le refus du peuple français de ratifier un traité qui voulait constitutionnaliser une doctrine, le libéralisme en économie. Les évènements, depuis, ont montré la nécessité de réorienter l’Europe.

 

Sur cette base, il est possible de rassembler des hommes et des femmes, qui ont foi dans la gauche et la République, et qui veulent être représentés au Parlement européen par des députés de conviction antilibérale.

 

Politiquement, c’est la meilleure façon de limiter l’influence de l’extrême gauche et de montrer aux socialistes que la seule voie d’avenir pour accéder aux responsabilités nationales est l’alliance à gauche, ouverte aux républicains de progrès.

 

 

Cet article est le 13ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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