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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 12:18

Sarkozy : retrait du bouclier fiscal ou retraite ?

 

Le président de la République n’ira pas au bout de son mandat. Ses options politiques néolibérales, qui l’ont fait élire il y a deux ans, et qu’il continue de défendre devant les députés UMP (voir l’article paru sur le site de Libération ce 18 mars : Bouclier fiscal : Sarkozy raille le «mal de mer» de ses «amis politiques») le condamnent face au mouvement populaire.

 

Au moment où la crise économique répercute ses conséquences sociales, le peuple français ne tolèrera pas de telles injustices (voir l’article paru ce 18 mars sur le site du Monde : Bouclier fiscal : "834 contribuables ont reçu un chèque moyen de 368 000 euros"). Extraits des déclarations de Didier Migaud, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale :

 

« S'agissant du bouclier fiscal nouvelle version, les résultats font apparaître un doublement du coût au bénéfice exclusif des contribuables les plus aisés. A l'inverse, s'agissant des contribuables non imposables à l'ISF, la facture a été divisée par deux ! En élargissant le dispositif aux contributions sociales et en faisant passer le plafonnement de 60 % à 50 % des revenus, la loi TEPA a accentué l'injustice du dispositif. En 2008, 834 contribuables dotés d'un patrimoine supérieur à 15,5 millions d'euros ont reçu un chèque moyen de 368 000 euros. Ils se sont partagés 307 millions d'euros. Ils représentent 6% des bénéficiaires, mais deux tiers du coût du bouclier (…).

 

Au-delà de la suppression du bouclier, une réforme fiscale s'impose pour rendre notre fiscalité plus intelligible, plus juste et plus efficace. L'impôt étant de moins en moins progressif, il ne joue plus qu'un rôle mineur dans la redistribution, alors que les inégalités de revenus ont fortement augmenté depuis 2002, comme l'ont montré l'Insee et le CPO. Il faut absolument revoir la part dans notre système des impôts directs et des impôts indirects, celle du progressif et du proportionnel. Le gouvernement s'était engagé sur une revue générale des prélèvements obligatoires. Nous l'attendons toujours (…) ».

 

Une seconde journée d’action et de mobilisation aura lieu demain (voir sur ce blog Les manifestations du 19 mars sous le signe d'un ras-le-bol général - 13 mars 2009).

 

Près de 4 français sur 5 sont favorables à ce mouvement social, selon les sondages d’opinion. Les syndicats sont unis, prenant en compte l’inquiétude du monde du travail. Sur le site du quotidien Le Monde, le 16 mars, sous le titre « Semaine à risques sur le plan social pour Nicolas Sarkozy », on pouvait lire :

« A peine sorti du conflit aux Antilles, le gouvernement français doit faire face jeudi à une nouvelle vague de grèves et de manifestations tous azimuts pour exiger des réponses sociales à la crise. Les huit syndicats soutenus par douze partis et mouvements de gauche s'attendent à mobiliser autant de monde que le 29 janvier, qui avait vu selon eux 2,5 millions de personnes descendre dans la rue.

"Comme les mécanismes ne sont pas changés, nous ne sortirons pas de la crise de cette façon et au contraire elle va s'aggraver si nous ne réussissons pas par le rapport de forces et c'est l'objet du 19 mars, à obtenir un changement de tendance", a déclaré lundi Maryse Dumas, numéro 2 de la CGT, sur France Info. Les centrales syndicales ont d'ores et déjà annoncé qu'elles n'entendaient pas en rester là et qu'elles se reverraient vendredi pour décider des suites à donner au mouvement ».


Lire aussi le point de vue de Jean-Claude Mailly (FO) sur le site du Nouvel Observateur, ce 18 mars :
Mailly sur le 19 mars : "Une mobilisation aussi importante que celle du 29 janvier".

 

François Krug, le 17 mars, sur le site Eco89, posait la bonne question : Grève : Sarkozy pourra-t-il rester inflexible ?

 

Cet article est le 48ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 21:56

Conflit d’intérêts, conflit de générations… au suivant !

 

La couleur rouge (brique) de ses hauts plateaux a déteint sur la colère d’une partie de ses habitants de la capitale Antananarivo (Tananarive - pour tout savoir sur l’île, cliquer sur Madagascar).

 

Le président de la République, Marc Ravalomanana, réélu en décembre 2006 pour un second mandat de 5 ans, est prié de démissionner par Andry Rajoelina, soutenu par l’armée malgache (voir l’article paru ce 16 mars sur le site du Monde Madagascar : l'armée occupe les bureaux du président).

 

Pour Sylvain Urfer, fondateur de l'Observatoire de la vie publique à Antananarivo, "le rapport de force joue désormais clairement en faveur d'Andry Rajoelina" (Le Monde, 13 mars A Madagascar, "il n'est plus question de revenir en arrière"

Sur le site de Rue89, le 31 janvier 2009, on pouvait lire Les raisons de la colère contre le président de Madagascar.

La colère des Malgaches a décuplé quand ils ont été informés de la cession de trois cent mille hectares de terres à Daewoo, la firme multinationale coréenne (voir l’article de Rémi Carayol, paru le 24 février sur le site de Libération Madagascar, la braderie de l’île).

 

Un ami malgache, qui habitait Laval avant de rejoindre Nantes, a été très clair sur la situation de son pays. Voici ce qu’il écrit :

 

Concernant la situation à Madagascar, il s'agit de problèmes multiples qui  minent la société malgache. Les principaux sont :

 

- La mauvaise gouvernance : le président confond l'argent public et les intérêts de sa société (celle-ci ne paie ni TVA ni frais de douane alors que c'est devenu l'une des plus grandes  sociétés agroalimentaires de l'Océan Indien).

- Il a aussi créé des Sociétés annexes dans tous les secteurs existants (bâtiment, travaux publics etc.) et acquis des marchés sans appels d'offres. Par conséquent, cela crée un conflit d'intérêt avec le patronat local.

 

- Le conflit de génération : les jeunes sont totalement acquis aux causes défendues par le jeune Maire, dont la pauvreté grandissante de la population (de loin le plus grand problème).

 

- La corruption généralisée mais je dirais surtout la corruption institutionnalisée (députés, sénateurs et membres du bureau politique proches du Président sont grassement payés - un député arrive à gagner jusqu'à presque 4000 euros ! d'où l'écart entre les pauvres 30 euros par mois et les riches).

 

- La vente de terrain aux Coréens et aux étrangers ; le président qui s'est acquis un avion à 60 millions de dollars dans un pays pauvre comme le notre ; le manquement à la démocratie…

 

Maintenant l'Armée est divisée après que le président a opté pour la violence afin de mater les manifestants. Mais une partie de l'Armée réclame sa démission. Nous espérons qu'une solution soit trouvée dans les deux ou trois semaines qui viennent.

 

 

Cet article est le 12ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 15:13

Décision dangereuse pour la sécurité de la France

 

Le président de la République veut laisser les empreintes de ses propres choix sur la politique de la France, quitte à bousculer les consensus.
Extrait de OTAN en emporte Sarkozy ! (Site de Marianne, Antidote, 14 mars) :
« Nicolas Sarkozy procède avec la diplomatie de la France comme avec les institutions. Il souhaite inscrire sa propre pratique dans les textes. Il est là, le péché le plus grave du sarkozysme.
Ainsi, ceux qui déclarent que l'indépendance nationale est mise en cause par notre retour dans le commandement intégré de l’OTAN sont des menteurs. « Mensonges éhontés », vitupérait le Président de la République mercredi dernier » (…).
Sur le site de Libération, le 12 mars, dans son blog Secret Défense, Jean-Dominique Merchet, donne son avis sur cette décision présidentielle :

Depuis trente ans, l'une des choses les plus précieuses qui existait en France était le consensus sur les questions de défense entre la droite et la gauche (PS). Ce consensus est aujourd'hui sérieusement mis à mal par la décision du président Nicolas Sarkozy de "reprendre toute sa place" au sein de l'Otan. Aucune urgence ne justifiait cette décision - dont les conséquences pratiques sont, somme toute, limitées. Il faut y voir essentiellement un choix idéologique, qui n'est pas condamnable en soi, de réintégrer ce que le président de la République appelle "la famille occidentale". Mais l'avions-nous jamais quittée, cette famille ?


Depuis la fin des années 70, puis l'élection de François Mitterrand à l'Elysée, la droite et la gauche de gouvernement s'entendaient sur une forme de consensus autour des affaires de défense et des grands choix de politique étrangère. C'était une force considérable pour le chef de l'Etat, de quelque bord qu'il soit. C'était aussi, et peut-être même surtout, un grand atout pour les militaires qui savaient que pour l'essentiel la nation les soutenait, que leurs actions ne feraient pas l'objet de polémiques électorales et qu'une alternance ne mettrait pas en cause les grands choix de défense.


La question n'est pas de savoir si, en pratique, la décision du retour dans l'Otan est fondée : c'est un dossier éminemment complexe et technique - que nous nous sommes efforcés d'éclairer par ailleurs, en plaidant pour une approche pragmatique, celle du rapport coût/gains.

Mais dans le coût de ce retour, comment oublier le coût politique ? C'est-à-dire la profonde division des partis sur cette question. Le consensus est, au mieux, fissuré. La droite a été priée de rentrer dans le rang et de faire taire les critiques en son sein (Villepin, Juppé). Le PS et le MoDem, qui n'appartiennent pas historiquement à des courants farouchement anti-atlantistes, s'y opposent, comme l'extrême droite et l'extrême gauche.


Le risque, c'est que demain, la légitimité des opérations militaires françaises soient contestée par une partie de l'opinion
, parce qu'elles seront alors vues comme la conséquence (ou le prix à payer) du retour de la France dans l'Otan. Une partie des Français estimera alors que l'armée française ne mène pas la guerre de la France, mais qu'elle agit pour le compte d'une coalition dominée par Washington. Ce jour-là, les militaires français (qui auront certes obtenus quelques postes d'influence et parleront un fluent english) risquent de se sentir bien seuls, coupés d'une partie importante de leur concitoyens.


Dès le 16 février,
Jean-Pierre Chevènement demande un vote du Parlement sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN

Jean-Pierre Chevènement a demandé lundi un vote du Parlement sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, qui doit être officialisé les 3 et 4 avril au sommet du 60e anniversaire de l'OTAN à Strasbourg et Kehl.

"Le Parlement doit se prononcer. Ça, c'est la moindre des choses", a déclaré le sénateur du Territoire de Belfort sur RTL, ajoutant que ce vote était "incontournable".

Il a rappelé que le retour de la France dans le commandement intégré "est une inflexion majeure de la politique qui avait été décidée par le général de Gaulle en 1966 (...) pour éviter que la France ne soit entraînée dans des guerres qui ne soient pas les siennes". Or, a-t-il estimé, le retour de la France dans le commandement intégré est une décision "dangereuse pour la sécurité de la France".

"Je ne vais pas jusqu'à exiger un référendum comme l'a fait M. (François) Bayrou, mais enfin, ça le mériterait peut-être", a dit M. Chevènement, qui a demandé "un peu de logique", à l'heure où l'on demande un vote du Parlement "pour la moindre petite opération extérieure"

 

 Un colloque aura lieu lundi 30 mars 2009 à 18h à l’Assemblée Nationale (voir, à ce sujet Colloque de la Fondation Res Publica : Sécurité européenne : OTAN, OSCE, Pacte de Sécurité).

 

 A lire dans la presse quelques articles que j’ai sélectionnés :

 

La France et l'OTAN, la messe atlantiste est dite, par Laurent Zecchini (Le Monde, 10 mars)

 

Le retour dans le bercail atlantique est inopportun et inefficace (Le Monde, Louis Gautier, 20 février)

 

Pourquoi il faut s'opposer à une France atlantiste, par Hubert Védrine (Le Monde, 5 mars)

           

OTAN, il faut agir ! (Marianne, Laurent Pinsolle, 15 mars).

 

En Mayenne, avec ses amis de Debout La République, Philippe Serre (06.07.12.13.55) a créé le Comité Mayennais contre le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.

 

Face à la décision du Président Sarkozy de rejoindre le commandement intégré de l'OTAN, des mayennais viennent de constituer une Comité de citoyens décidés à s'opposer à ce projet que le gouvernement entend faire adopter en engageant sa responsabilité afin d'empêcher l'expression des parlementaires de sa majorité en désaccord avec lui sur ce point.

 

Le Général de Gaulle avait décidé le retrait de la France du commandement militaire intégré de l'OTAN le 7 mars 1966. Depuis plus de 40 ans, la France a pu ainsi mettre en oeuvre une politique étrangère indépendante, fondée sur la paix et la coopération entre les peuples. Dans la même ligne, Jacques Chirac a ainsi refusé l'engagement de l'armée française en Irak, en février 2003.

 

La décision de M. Sarkozy constitue une très inquiétante rupture avec la politique étrangère française. Elle est la porte ouverte à des aventures militaires. Elle est contraire à l'aspiration des français. Le Comité demande l'organisation d'un référendum.

 

 

Cet article est le 9ème paru sur ce blog dans la catégorie Justice Police Défense.

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 15:30

Le tournant libéral et européen du PS en 1983

 

Le parti socialiste a besoin de beaucoup de temps pour fermer ce que Jospin présentait, en 1983, comme étant une parenthèse libérale. Cela m’incite à évoquer cette période (j’étais premier secrétaire du PS en Mayenne depuis 1979 et délégué au congrès PS en 1983).

 

Sous la houlette de Jean-Pierre Chevènement, notre courant de pensée (le CERES - Centre d’étude, de recherche et d’éducation socialistes), qui était allié à François Mitterrand depuis le congrès de Metz (1979), s’est battu contre ce tournant libéral lors du Congrès de Bourg-en-Bresse, en 1983, ce qui lui a valu de quitter la majorité. Jean-Pierre Chevènement en a tiré les conséquences en démissionnant du gouvernement (il était ministre de la technologie et de l’industrie) de Pierre Mauroy en 1983.

 

Depuis 26 ans, le PS s’est maintenu dans sa logique de soutien à l’Europe libérale, justifiant son vote en faveur de la ratification du traité constitutionnel européen le 29 mai 2005 (référendum) et du traité de Lisbonne en 2008 (Parlement).

 

L’hebdomadaire Marianne avait publié, le 21 février 2009 (n° 618), une libre opinion du philosophe Paul Thibaud, sous le titre « Une gauche imperturbable et stérile » (voir La tribune de Paul Thibaud).

 

Dans l’édition du 14 mars (n° 621), il offre à Jean-Pierre Chevènement l’opportunité de répondre. Pour l'ancien ministre et actuel président du Mouvement Républicain et Citoyen, le PS a sacrifié ses valeurs au capitalisme financier. Et reste incapable de réinventer un système de valeurs collectives.

 

Voilà pourquoi notre gauche est muette

 

Selon Paul Thibaud (Marianne du 21 février), la gauche, depuis 1962, n’est plus capable de refonder et de « relancer le destin national ». Son échec dans la décolonisation la poursuivrait encore aujourd’hui à travers le désir de revanche incarné de 1958 à 1981 par François Mitterrand, qui aurait étouffé tout effort de refondation intellectuelle et morale.

Paul Thibaud incrimine l’immobilisme idéologique, celui du programme commun contre le « mouvement d’émancipation culturelle et générationnelle » de 1968 débouchant sur le vide politique. C’est la raison pour laquelle la victoire politique de 1981, celle d’un « volontarisme politique artificiel », se serait révélée « creuse ». La gauche serait toujours aujourd’hui sur la ligne mitterrandienne (« la foi sans les œuvres », d’où un « immobilisme agité, velléitaire, dangereux, qui déprime les Français »).

Certes, il y a du vrai dans la description de Paul Thibaud : François Mitterrand n’était pas porté sur l’autocritique, mais de Gaulle non plus. Il s’est servi de l’Union de la gauche pour venir au pouvoir, mais surtout il a substitué au projet de transformation sociale de 1981 – non sans hésitation, d’ailleurs – une Europe technocratique et libérale tournant le dos aux aspirations populaires.

La relance par de Gaulle de l’histoire nationale, après 1962, s’est exprimée dans des choix (des institutions stables, la dissuasion, la sortie de l’Otan, l’indépendance de notre politique extérieure) beaucoup plus que dans une modernisation économique entamée, elle, par la IVe République, sur la base du programme du Conseil national de la Résistance, programme d’union nationale mais marqué par la gauche. Pour relancer de nouveau l’histoire nationale, en 1981, la gauche devait rebattre les cartes en matière économique et sociale.

Ce n’est pas la passion de la revanche (passion bien ordinaire) qui a nourri l’immobilisme idéologique de la gauche, c’est son incapacité à rendre compte du tournant qu’elle a opéré dans les années 80, en cédant au vent néolibéral qui soufflait d’Amérique : revalorisation de la Bourse, réhabilitation du profit et d’abord dans le partage de la valeur ajoutée, sacralisation du principe de la concurrence à travers l’Acte unique, libération des mouvements de capitaux et enfin, et peut-être surtout, dévalorisation de la nation à travers le mythe européen.

 

Cette incapacité à « refonder » va de pair avec le choix libéral et européen qui renvoie la nation aux oubliettes. La vision instrumentale de l’Union de la gauche a relégué à l’arrière-plan l’effort conceptuel qui avait été fait pour donner à la gauche un projet moderne : politique et restructurations industrielles à travers les nationalisations, priorité à la recherche et à sa valorisation, modernisation du « dialogue social », etc. Cette politique a été bel et bien torpillée par l’ouverture de la « parenthèse libérale » en mars 1983.

Naturellement, on peut discuter à l’infini de la faisabilité d’une « autre politique ». Constatons simplement où a conduit « la seule politique possible » : à l’éloignement des couches populaires à l’égard de la gauche et à la crise actuelle de la mondialisation libérale à laquelle le PS a sacrifié l’originalité de son projet et de ses valeurs.

Relancer le destin national ? De Gaulle n’y pouvait parvenir seul dans les années 60 avec l’appui d’une droite qui se méfiait de lui. La translation opérée de droite à gauche à travers la stratégie d’union de la gauche était alors le seul moyen de sauver ce que la Ve République apportait de fondamentalement positif (des institutions stables, une défense moderne reposant sur la dissuasion, une politique extérieure indépendante). Mais cela supposait aussi que la gauche fût capable d’innover par une politique industrielle et par un projet national adaptés.

La stérilité actuelle de la gauche procède de son autotrépanation de 1983, de son incapacité à avoir su devancer la crise (bien au contraire elle a contribué – en pratique et en théorie – à installer le capitalisme financier dans notre pays) et de son absence de réponse face à ses développements. Elle s’est réfugiée dans une vieille incantation (Europe ! Europe ! Europe !), plutôt que de chercher dans une vision moderne de la République, en France et en Europe, le moyen de refonder un système de valeurs et de croyances collectives. C’est pourquoi le PS se trouve pris à contre-pied par la crise au moment même où il vient de ratifier le traité de Lisbonne et d’officialiser son ralliement au libéralisme. Et voilà pourquoi « notre gauche » est muette.

Je partage cependant la conclusion de Paul Thibaud : « C’est encore à la gauche de renouer avec l’éthique de responsabilité, le devoir de faire société, de retrouver la capacité de synthèse qui donne espoir à un peuple, à une nation. » Mais peut-être lui faudrait-il d’abord se réconcilier avec la nation, dans sa conception républicaine, évidemment…

Cet article a été publié le 13 mars sur
Le blog de Jean-Pierre Chevènement.

 

 

Cet article est le 95ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT.

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 23:20

Le mouvement social, pour enclencher une autre politique

 

La journée d’action du 29 janvier avait mobilisé plus de deux millions de personnes en France.

 

  -     29 janvier : Sarkozy hésite sur la réponse à donner aux syndicats - 1 février 2009

  -     29 janvier : syndicats, travailleurs, citoyens dans les rues de Laval - 29 janvier 2009

  -     Le mouvement du 29 janvier s'attaque à la posture libérale de Sarkozy - 2 février 2009

 

Aujourd’hui, les mêmes syndicats, soutenus par les partis de gauche, appellent  à faire pression sur le gouvernement et le patronat pour obtenir de nouvelles réponses sociales à la crise économique.

 

Les syndicats et la gestion du "ras-le-bol général", par Michel Noblecourt (Le Monde, 13 mars)

 

Et là, tu la vois, ma grève ? (L’Humanité, 13 mars).


Déclaration commune de 12 organisations de gauche pour la manifestation du 19 mars


(…) Conscientes que l'unité est une force essentielle face à l'obstination gouvernementale et       patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier.
Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l'action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.

Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l'augmentation des salaires, du SMIC, des minima sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout autre mode de développement
fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.


Signataires du texte
: Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, Gauche Unitaire, le Parti de gauche, le PS, le MRC, La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire.

Le Mouvement Républicain et Citoyen appelle ses adhérents et sympathisants à se joindre aux grèves et manifestations interprofessionnelles organisées partout en France le 19 mars

Le libre-échange, adulé depuis presque trente ans, avec la course au profit maximum et la déréglementation généralisée, a entraîné une sévère déflation salariale et débouche aujourd’hui sur une récession économique de grande ampleur. L’insuffisance du plan de relance français et l’impuissance de l’Union Européenne condamnent des millions de personnes supplémentaires au chômage.

Il est temps de réorienter fermement la construction européenne et de promouvoir des politiques publiques ambitieuses pour la réindustrialisation nécessaire de notre pays comme pour la pérennité de notre système de retraite, pour l’Ecole et la Recherche comme pour la construction de logements décents et abordables

De ces politiques peut venir la relance attendue de notre économie face à la grande crise qui s’annonce dévastatrice pour la France et l’Europe et pour l’avenir de notre modèle social.

 

Cet article est le 47ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 23:50

Le Conseil national MRC reporté au 22 mars

 

Le Front de gauche, créé à l’initiative du PCF et du Parti de Gauche (PG), s’ouvre au MRC et à de nombreuses autres organisations politiques. Un accord est intervenu avec Unir, le courant minoritaire du nouveau parti anticapitaliste (NPA). C’était prévisible depuis l’intervention de Christian Picquet au meeting, dimanche dernier, au Zénith de Paris. Voir «Le NPA s’enferme dans une bulle médiatique sondagière».

 

En ce qui concerne le MRC (voir Européennes : militants MRC, en attente de clarification stratégique - 11 mars 2009), le secrétariat national, réuni le 11 mars, a pris connaissance de l’état des discussions. Il en a déduit le report du Conseil national du 15 au 22 mars, afin de laisser le temps d’aller au bout des discussions. Il est prévu une rencontre samedi 14 mars et une autre, au sommet, la semaine prochaine.

 

J’ai pu constater, lors de cette réunion du secrétariat national, l’accord explicite de Jean-Pierre Chevènement avec ma réflexion stratégique (voir Européennes : Michel Sorin souhaite que le MRC montre le chemin - 9 mars 2009).

  

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 13:03

Le conseil national, le 15 mars, prendra une décision

 

En m’exprimant clairement sur la situation du MRC avant la réunion de son conseil national dimanche (voir Européennes : Michel Sorin souhaite que le MRC montre le chemin - 9 mars 2009), j’ai déclenché de nombreuses réactions de militants, par courriel le plus souvent.

 

J’en ai retenu quelques-unes, parmi les plus représentatives. En voici des extraits.

 

Des sympathisants et des militants s’expriment

 

Un sympathisant (commentaire à l’article paru sur ce blog Européennes : le MRC dans l'attente du texte commun MRC - PCF - PG - 5 mars 2009)

 

Que se passera t il si le MRC ne trouve pas un accord avec les PC/PG ? Va t il y aller tout seul ? A-t-il quelque chose à dire ? S'est-il préparé pour ?
Mon sentiment est que NON et cela me désole. Il semblerait que l'"on" ne veuille pas donner au MRC les moyens de développer une vraie lisibilité pour essayer d'en faire une force qui compte.

 

Un adhérent

 

De ce que j’entends par différents camarades du MRC,  Jean-Pierre Chevènement pourrait – après la fin de non recevoir du PS sur le texte de Sami Naïr – être tenté par une position de repli sur ces élections (son fameux « il n’y a qu’une élection qui compte : la présidentielle »).

S’il veut le faire, c’est très simple, il suffit de déclarer que le PCF et le PG ne sont pas au diapason de nos exigences sur l’Europe (…).

Un retrait serait dramatique pour les faibles forces du MRC et notre avenir politique – coupant net toute dynamique politique, quelle visibilité aurons nous à terme – militants de la gauche républicaine – si nous sommes absents ? J’ai un peu de mal à comprendre ce que Jean-Pierre veut faire de son outil politique à l’horizon des prochaines années (…).

 

Un adhérent

(…) Pour autant, j'ai l'impression que JPC est sur la ligne suivante : si on ne parvient pas à un bon texte, il vaut mieux ne pas participer pour rester nous-mêmes et ne pas être l'objet de débauchage (…).

Un parti politique est fait, par raison d'être, pour participer aux élections. Sinon il se réduit à être un club de pensée. A titre personnel, cela ne me gène pas, puisque je ne fais pas de la "politique" pour être présent ou élu quelque part, mais simplement pour participer au débat public en fonction de mes convictions, et pour tenter d'orienter l'évolution sociétale vers ce qui me semble le plus juste pour le Bien commun.

Donc, MRC je suis et je reste quelque soit la décision qui sera finalement prise. 

Mais, on peut comprendre que certains militants aient envie de militer aussi pour participer à des élections et faire concrètement campagne ! Et ceux-là finiront par rallier le Parti de Gauche si le MRC reste sur la touche : ils préfèreront faire campagne pour des idées qui leur sembleront proches des nôtres, même si elles ne sont pas identiques, plutôt que de rester à ne rien faire. Or, j'ai l'impression que JPC occulte cette dimension (…).

A mon sens, il faut ici peser le fait que le dynamisme créé ne peut guère nous nuire, et ne peut sans doute au contraire que nous être profitable. Nom de nom, qu'est-ce qu'on risque donc vraiment à y aller ? Faire seulement 4% ? Et alors !!!!  On a déjà fait moins que cela aux législatives et on a survécu !

Enfin, une alliance "de raison" pour les Européennes ne signifie quand même pas un mariage indissoluble ! C'est en ce sens que je partage ce passage de ton propre texte :


"Au-delà des différences existantes entre PCF, PG et MRC
, ces trois partis ont le mérite de poser des jalons pour créer les conditions d’une nouvelle donne à gauche.

 

C’est un point de départ. Il ne faut pas chercher l’accord parfait sur tous les sujets, mais se limiter à ce qui est essentiel pour mener une vie commune pendant deux mois, en s’engageant à limiter les interventions publiques à cet essentiel."

 

 

Cet article est le 14ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 23:39

Poser des jalons pour une nouvelle donne à gauche

 

A l’occasion des réunions auxquelles j’ai participé au sein du Mouvement Républicain et Citoyen, que ce soit aux niveaux national, régional et local, mais aussi à travers les échanges par courriel ou par téléphone que j’ai eus avec des militants ou des sympathisants, je ressens la nécessité de remettre les élections européennes dans la perspective politique qui est la nôtre.

 

Samedi dernier, à Nantes, lors de notre rencontre interrégionale Grand ouest (circonscription électorale pour les élections européennes), nous avons eu de vrais débats et des interrogations concernant la décision que prendra le conseil national le 15 mars (voir sur ce blog Européennes : le MRC dans l'attente du texte commun MRC - PCF - PG - 5 mars 2009).

 

Voici ma contribution personnelle à ce débat, les réflexions que je porterai le 15 mars.

 

Le MRC est le ferment de l’unité entre la gauche et les républicains

 

En juin 2008, réunis en congrès au Kremlin-Bicêtre, nous étions en plein accord avec Jean-Pierre Chevènement, qui proposait de refonder la gauche sur des bases républicaines.

 

La difficulté est dans le chemin à prendre pour atteindre cet objectif. Au moment où nous allons débattre, en conseil national, le 15 mars, des modalités de notre engagement dans les élections européennes, je propose de répondre à quelques questions importantes.

 

Que constatons-nous ?

 

Le parti socialiste (PS) refait son unité sur la question européenne, en s’alignant sur les positions des autres partis social démocrates européens (traité de Lisbonne), dans l’espoir de les infléchir dans un sens plus social et moins libéral, de manière à se démarquer des partis de droite, au niveau du Parlement européen.

 

Le parti communiste français (PCF) a accepté l’offre du parti de gauche (PG) de constituer un front de gauche, ouvert à d’autres composantes, afin de marquer le refus de l’Europe libérale sur la base du non majoritaire le 29 mai 2005 lors du référendum de ratification du traité constitutionnel européen (TCE).

 

Le nouveau parti anticapitaliste (NPA) est un parti qui inscrit son action dans les luttes sociales, sans chercher à participer à des coalitions de gauche visant à accéder au pouvoir au niveau national.

 

Où cela conduit-il ?

 

Dans l’immédiat, c’est-à-dire aux élections européennes, le PS et le NPA - dont les positionnements politiques sont traditionnels et complémentaires (social démocratie et extrême gauche) - sont bien partis pour tirer leur épingle du jeu électoral.

 

C’est moins clair pour le front de gauche, car sa démarche apparaît excessivement et exclusivement d’opposition à l’Europe et de division de la gauche, sans capacité de créer une dynamique de rassemblement populaire autour d’un projet politique pour la France.

 

Qu’est-ce qui intéresse les Français ?

 

Ils attendent désespérément que la gauche soit capable de réunir les conditions d’une alternative au pouvoir en place. Or, elle n’en prend pas le chemin, en raison de ses divisions et de son manque de crédibilité face à la crise.

 

Que peut faire le MRC ?

 

D’abord, rappeler où il veut aller, par quel chemin, et, en ce qui concerne les élections européennes, choisir ce qui permet de se rapprocher le plus possible de ce chemin.

 

Concrètement, quelle décision dimanche 15 mars ?

 

Le MRC veut refonder la gauche sur des bases républicaines et tout faire pour qu’une alliance de la gauche et des républicains soit en position, le moment venu, de porter son candidat (homme ou femme) à la présidence de la République française.

 

Au-delà des différences existantes entre PCF, PG et MRC, ces trois partis ont le mérite de poser des jalons pour créer les conditions d’une nouvelle donne à gauche.

 

C’est un point de départ. Il ne faut pas chercher l’accord parfait sur tous les sujets, mais se limiter à ce qui est essentiel pour mener une vie commune pendant deux mois, en s’engageant à limiter les interventions publiques à cet essentiel.

 

Ce qui compte, c’est l’accord sur la démarche commune, qui est de prendre appui sur le refus du peuple français de ratifier un traité qui voulait constitutionnaliser une doctrine, le libéralisme en économie. Les évènements, depuis, ont montré la nécessité de réorienter l’Europe.

 

Sur cette base, il est possible de rassembler des hommes et des femmes, qui ont foi dans la gauche et la République, et qui veulent être représentés au Parlement européen par des députés de conviction antilibérale.

 

Politiquement, c’est la meilleure façon de limiter l’influence de l’extrême gauche et de montrer aux socialistes que la seule voie d’avenir pour accéder aux responsabilités nationales est l’alliance à gauche, ouverte aux républicains de progrès.

 

 

Cet article est le 13ème paru sur ce blog dans la catégorie Européennes 2009.

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 22:30

Un évènement : la présence d’une femme au 2ème tour

 

Ma collègue au secrétariat national du MRC, Aimée Gourdol, chargée du droit des femmes, a eu la bonne idée de publier un document relatant l’évolution des droits des femmes, depuis que l’élection du président de la République a lieu au suffrage universel. Le voici.

 

Présidentielle au suffrage universel

Une chance pour les droits des femmes

 

Depuis la réforme constitutionnelle de 1962, le Président de la République est élu au suffrage universel ce qui tendrait à faire de lui un élu de la Nation tout entière. En pratique, du moins jusqu'à une période récente, les seuls prétendants sérieux à la fonction Suprême étaient ceux qui disposaient de la logistique d'un grand parti. On peut se demander si les conflits internes (et malheureusement chroniques…) au PS ne sont pas en train de changer la donne ?

 

Pour les femmes, ce changement constitutionnel majeur aura des répercussions, peut-être insoupçonnées tant de l'initiateur de la réforme, le Général de Gaulle, que de la majeure partie des acteurs politiques de l'époque et de ce ceux qui suivirent.

D'une part, le dialogue “ direct ” entre le prétendant à l'Elysée et l'ensemble du peuple, permettra aux femmes de populariser leurs revendications (à cet égard, la télévision sera une immense caisse de résonance) ; d'autre part, l'élection elle-même sera l'opportunité pour certaines femmes de se tracer un destin national, cela en dépit d'un score négligeable.

 

Pour la première fois dans l'histoire de France, la présence en 2007 d'une femme au deuxième tour de l'élection présidentielle aura été le fruit d'une longue et quasi fortuite maturation de l'opinion publique, qui bousculera les habitudes des personnels politiques établis.

 

Des électrices invisibles et peu considérées

 

Electrices et éligibles dans les même conditions que les hommes ” depuis l'ordonnance du 21 avril 1944(1), les femmes n'en restaient pas moins quasi invisibles dans la sphère politique et leurs droits de citoyennes se déclinaient sur le mode inférieur.

 

Qu'on en juge, aux débuts de la Cinquième République : l'adultère était inscrit dans la loi pénale et plus fortement sanctionné chez la femme, la gestion des biens relevait de la seule responsabilité du mari, l'autorité parentale était celle du père qui était seul “ chef de famille ”, il n'y avait pas de liberté de procréation et l'accès même à la contraception était interdit, les femmes n'avaient pas de possibilité de suivre des études, de travailler, d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de leur mari…

 

Sous la Quatrième République et aux débuts de la Cinquième, les élus politiques étaient, quasi exclusivement des hommes et des notables bien peu intéressés par les questions féminines. En 1965, l'élection présidentielle au suffrage universel, va bousculer cet entre soi, popularisant et nationalisant les revendications (légitimes !) des femmes.

 

Première constatation, les électrices sont plus nombreuses que les électeurs (52 % de femmes lors de l'élection présidentielle de 2007). On imagine mal un candidat se désintéresser de la majorité du corps électoral, d'autant que, progrès des études statistiques et des sondages aidant, il est devenu possible de différencier les intentions de vote des femmes de celles des hommes !

 

Des revendications féministes plus audibles

 

Election présidentielle de 1965 : déjà le candidat François Mitterrand affirmait que désormais les femmes pourraient “ prendre en main leur avenir ”. Lors de cette campagne, il s'est également déclaré favorable à la régulation des naissances, ce qui, pour l'époque, représentait une position avant-gardiste et courageuse : n'oublions pas que, jusque là, le PC s'était opposé à cette revendication des femmes.

Le Général de Gaulle, sur un registre beaucoup plus traditionaliste (mais certainement audible des femmes de l'époque !) compara la France à “ la ménagère (qui) veut avoir un aspirateur, elle veut avoir un frigidaire, elle veut une machine à laver ”2).

 

1969 : le Général de Gaulle a démissionné suite à l'échec du referendum sur la réforme du Sénat. Candidat, Georges Pompidou va s'employer à fédérer les voix gaullistes qui ne lui sont pas acquises d'emblée. Le second tour se jouera exclusivement à droite entre Georges Pompidou et Alain Poher. A gauche, notamment au PC on appelle à l'abstention.

 

Election prématurée, dominée par des luttes de personnes pour une présidence qui se terminera prématurément par le décès d'un Président qui n'aura pas entrepris d'action significative à l'égard des femmes.

 

1974 : l'élection se déroule alors que la bataille pour la légalisation de l'avortement fait rage. Les deux principaux candidats, François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing, se montrent prudents (bons pères de famille) afin de ne pas effrayer l'électorat conservateur des deux camps. Il n'empêche, c'est sous la présidence Giscard que les femmes obtiennent un Secrétariat d'Etat, le divorce par consentement mutuel, l'autorité parentale, l'interruption volontaire de grossesse.

 

1981 : le candidat Mitterrand, devra mener une campagne tout en finesse pour ne pas laisser l'avantage à son concurrent, Président sortant au bilan somme toute honorable vis-à-vis des femmes. Mitterrand présentera six mesures en faveur des femmes : égalité des chances devant l'emploi, égalité de rémunération, reconnaissance d'un statut aux conjointes de travailleurs indépendants (agriculteurs, commerçants, artisans), information sur la contraception, révision des conditions de l'obtention de l'IVG, respect de la dignité de la femme dans les images et représentations, aide aux femmes divorcées, chargées de familles et aux veuves. Surtout, François Mitterrand a su s'attirer l'adhésion de militantes connues qui ont pris ouvertement position en sa faveur : Simone de Beauvoir (pour la promesse d’un Ministère des Droits des femmes), Antoinette Fouque, Gisèle Halimi. Le 28 avril 1981 François Mitterrand s'exprime seul (Giscard a refusé l'invitation) devant un parterre de quelque 2000 femmes lors d'un meeting intitulé “ Quel président pour les femmes ? ”, organisé par l'association Choisir.

 

1988 : après l'ouverture de la parenthèse libérale de 1983, la campagne présidentielle se jouera, bilan contre bilan entre le Président sortant, François Mitterrand, et son Premier ministre de cohabitation, Jacques Chirac. Les féministes semblent avoir déserté le terrain de la lutte politique et les droits des femmes sont à peine évoqués par les deux protagonistes. Preuve s'il en fallait que la prise en main de leur sort par les intéressées elles-mêmes et la bataille politique dans ce qu'elle a de plus noble – la lutte pour les idées - sont indissociables de la progression des droits des femmes.

 

1995 : Les deux septennats Mitterrand n'ont pas vu, loin s'en faut, l'aboutissement de toutes les promesses du candidat mais cette année là, c'est la parité qui est, pour les femmes, à l'ordre du jour de la campagne. Lionel Jospin veut “ faire avancer cette grande idée de parité ”, et conditionner le financement des partis politiques à la place que chacun réserve aux femmes, notamment dans les assemblées élues. Edouard

Balladur (qui sera défait au premier tour) s'en tient à l'instauration de quotas féminins.

Quant à Jacques Chirac, il abandonne son conservatisme passé pour s'en prendre au “ machisme ” du monde politique et à “ l'exception française ” qui tient les femmes éloignées des cercles élus et décisionnels. Président de la République, il mettra en place l'Observatoire de la Parité mais ne saura pas éviter la calamiteuse affaire des “ Jupettes ” qui vit disparaître huit femmes entre le premier et le deuxième gouvernement Juppé.

 

Arrivé inopinément aux affaires en 1997, Lionel Jospin fera voter par le Congrès la loi constitutionnelle du 8 juin 2000 (“ La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ”) mise en oeuvre par la loi du 6 juin 2000.

La loi sur la parité a fait couler beaucoup d'encre, certains craignant une mise à mal de l'universalisme républicain. En fait, huit ans après la promulgation de la loi, l'Assemblé nationale ne compte que 18,5 % de femmes et le Sénat 22 %. Force est de constater que ce qui est mis à mal, par les partis parlementaires, autrement dit par ceux-là même qui l'ont votée, c'est la loi elle-même ! Il y a fort à parier que sans l'élection présidentielle au suffrage universel, la parité aurait conservé son statut de simple revendication féministe.

 

2002 : selon les sondages, c'est la revendication d'égalité salariale qui demeure la préoccupation numéro un des Françaises mais il s'agit là d'une revendication touchant aux choix économiques. Pressés par des contraintes européennes qui hypothèquent toute velléité en matière d'égalité professionnelle, les candidats optent pour des attitudes de séduction (mise en avant des épouses…) plutôt que de répondre aux préoccupations des électrices. Le résultat sera sans appel : Le Pen au deuxième tour !

Les femmes des milieux populaires ne sont pas en reste dans l'élimination du candidat socialiste : 14 % des employées ont voté Jospin, 21 % Chirac et… 18 % Le Pen.

 

Ségolène Royal, première présidentiable

 

Bénéficiant d'une crise de la démocratie représentative, d'une absence de leadership au sein du PS et aussi d'un défaut de programme rassembleur, Ségolène Royal a gagné l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007. Coup de tonnerre dans le landernau politique : l'outsider a distancé deux sérieux “ éléphants ” : Dominique trauss-Kahn et Laurent Fabius ! La suite prouvera combien la pilule fut amère pour certains au PS qui ne soutiendront la candidate que du bout des lèvres ! Cette campagne a servi de révélateur : si l'électorat est prêt, par delà les choix politiques, pour une candidature féminine à la présidentielle ce n'est pas le cas d'une partie du personnel politique.

 

Quant aux féministes, si certaines soutiennent la candidature Royal (Antoinette Fouque, Yvette Roudy ou encore Maïté Albagly, secrétaire générale du Planning familial, qui dénonce dans Le Monde du 13 avril 2007 “ la boîte de Pandore du mépris misogyne ”), Gisèle Halimi, pour sa part, s'interroge sur la faiblesse du programme et les conséquences pour les droits des femmes, elle écrit dans le numéro 98 du journal Choisir : « Une femme à l'Elysée ? Oui. Mais pas n'importe laquelle, sur n'importe quel programme. Nous ne voterons pas les yeux (féministes) fermés ». Pensez au risque. En cas d'échec, quel terrible recul pour la cause des femmes… ” Marie-Victoire Louis ou Clémentine Autain font également partie de celles qui doutent… En fait, à l'image des partis de gauche, le mouvement féministe est profondément divisé.

 

Alors, soucieux des femmes ou non, le programme présidentiel de Ségolène Royal ?

Parmi les 100 propositions du pacte présidentiel, deux seulement concernent nommément les femmes: la proposition 39 sur la contraception gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans et la proposition 85 sur le respect l'égalité hommes femmes, notamment au travail. C'est peu évidemment ! Surtout, cela ne révèle ni une grande originalité ni un souci de cohérence à l'égard l'engagement féministe qui selon ses propres dires a conduit Ségolène Royal au socialisme.

En revanche, si on y regarde de plus près, certaines mesures, parce qu'elles touchent essentiellement les femmes, sont de nature à faire progresser l'égalité. Citons la revalorisation immédiate des petites retraites la mise en place d'un revenu de solidarité active (RSA) pour les bénéficiaires de minima sociaux reprenant le travail, la mise en place d'un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans.

 

Globalement, le programme de la candidate à l'égard des femmes est peu ambitieux, alors qu'il porte une grande attention à la famille ou aux jeunes, il ne se réclame, par exemple, pas du congé parental rémunéré et alterné entre la mère et le père, il est peu disert sur la manière d'atteindre l'égalité salariale… Or, les revendications des femmes aujourd'hui portent essentiellement sur le pouvoir d'achat et l'exigence de dignité (reconnaissance des savoirs et refus de la violence). Résultat, Ségolène Royal n'a pas bénéficié d'un surcroît de votes féminins comme on aurait pu l'espérer.

 

Présidentielle : l’élection majeure

 

Candidate défaite à la présidentielle, il n'en demeure pas moins que Ségolène Royal a mené une bataille dont certains diront qu'elle représentait une “révolution culturelle”. Cela lui vaut aujourd'hui, malgré ses nombreux détracteurs, une place inédite, incontournable, au sein de l'échiquier politique. Place qu'aucune autre campagne électorale, même victorieuse, ne lui aurait apportée.

 

D'autres avant elle, se sont essayé à l'exercice et y ont gagné un destin national alors même que représentantes de partis très minoritaires la notoriété leur semblait interdite.

 

Quoi que l'on pense de son extrémisme politique, qui se souviendrait aujourd'hui d'Arlette Laguiller si elle n'avait pas été immanquablement présente à chaque campagne présidentielle depuis 1974 ?

Ces quarante dernières années ont vu les droits des femmes progresser, en France, de manière considérable. L'élection présidentielle au suffrage universel a compté pour beaucoup dans cette avancée sociale et démocratique. A chaque étape, les féministes ont su profiter de cette opportunité pour interpeller les candidats sur les questions féminines qui, de “ problèmes de femmes ”, sont devenus des thèmes et des enjeux politiques nationaux.

 

Mise en place pour donner “ un homme fort ” au régime, l'élection du Président de la République au suffrage universel n'accorde pas seulement une légitimité populaire au vainqueur, elle apporte la notoriété aux concurrents et, de manière inattendue, fait des sujets qu'elle traite une “cause nationale”. Les femmes y ont beaucoup gagné.

 

 

(1) Article 17 de l'ordonnance du 21 avril 1944 signée du Général de Gaulle et portant organisation des pouvoirs publics en France après la Libération.

 

(2) Alexandre Borrell : “1965 : les candidats à la présidentielle crèvent le petit écran ”, Parlements, no

4, 2005 - Cité par Mariette Sineau “ La force du nombre, Femmes et démocratie présidentielle”, Editions de l'aube - Diffusion Seuil.

 

Cet article est le 3ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 22:59

La société guadeloupéenne doit se prendre en mains

 

L’accord signé en Guadeloupe après un mois et demi de grève générale est un bon point pour les 49 organisations coalisées sous l’enseigne LKP. Il reste à voir de quelle façon il va s’appliquer, sous le contrôle vigilant du porte-parole du mouvement, Elie Domota.

 

Tout commence avec cette lutte sociale victorieuse. Il faut déverrouiller l’économie, la mettre au service de la société. Les Guadeloupéens sont très attachés à la France (80% sont favorables à un statut en lien direct avec la République). Mais la réciproque n’est pas vraie. Les gouvernements successifs de la Vème République se sont peu impliqués dans le développement volontariste de l’île.

 

Certes, depuis une vingtaine d’années, le paysage guadeloupéen a beaucoup changé. L’habitat est en gros progrès, mais c’est l’emploi privé qui fait défaut. Le département vit grâce aux emplois publics et aux aides de l’Etat. Et la hausse des prix des produits de première nécessité a fait baisser le pouvoir d’achat des revenus les plus faibles à un niveau insupportable. La population est entrée dans une vraie colère, qui explique le succès de LKP.

 

Il ne suffit pas d’évoquer le poids historique, bien réel, de la colonisation. Il faut entamer un processus de développement économique endogène, à partir des atouts de ces îles antillaises françaises, la Martinique ayant des caractéristiques proches. Peut-être faudra-t-il nationaliser le commerce de gros pour éviter les profits excessifs des familles qui contrôlent ces activités ? En tout cas, la France a le devoir de prendre des initiatives afin de débloquer une situation devenue, au fil du temps, insupportable.

 

Je renvoie aux articles parus précédemment sur ce blog (voir A Laval, 26 février, manifestation de soutien aux Antillais en lutte - 27 février 2009).

 

Des amis m’ont signalé le témoignage d’un étudiant, Sadi Sainton, qui était présent en France métropolitaine pendant les manifestations contre le CPE, en 1996, et qui est actuellement  à l’université Antilles Guyane en Guadeloupe (voir HNS-info Témoignage de Sadi Sainton, étudiant à l'Université ... reprenant son courriel daté de fin février).

 

Voici un extrait de son message, qui a eu un grand succès sur la Toile.

 

Une grève contre la vie chère ?

Non. Pas vraiment. Le collectif qui mène la grève est un ensemble de 49 associations syndicales, politiques, associations de consommateurs et associations culturelles. Elle a déposé (un mois avant le début de la grève générale, et personne n'a jugé bon de s'en préoccuper) un cahier de 146 revendications réparties sur 10 chapitres. Parmi ces chapitres, un (un seul !) concerne la vie chère.

Mais alors qu'est-ce que cette grève?

Le collectif à l'initiative de cette grève s'appelle "LKP" : Lyannaj kont pwofitasyon (C'est du créole). Traduction "alliance contre le vol et les profits abusifs". C'est une mobilisation sans précédant. Le LKP parle de 100 000 personnes dans les rues (sur une population de 460 000, soit près du quart de la population). Au delà de la bataille des chiffres, une chose est sure: c'est historique. C'est la plus grande mobilisation de l'histoire de
la Guadeloupe et chaque sortie du LKP crée un nouveau record. Depuis une semaine, la Martinique emboîte le pas, la réunion depuis deux jours, et la Guyane s'y prépare.

Qu'est-ce que la "pwofitasyon"?

Surtout, ne pas traduire par "profit" (c'est un faux ami). La "pwofitasyon", ici peut se traduire comme je viens de dire par "profits abusifs". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne l'abus de pouvoir qu'un puissant exerce sur quelqu'un dont il sait déjà qu'il est plus faible que lui, pour le rendre encore plus subordonné (…).
 
Les domaines de "pwofitasyon" sont multiples chez nous. Le constat est le suivant. En Guadeloupe, les prix sont beaucoup plus élevés qu'en France et donc parmi les plus élevés d'Europe et du monde. On constate (pour les mêmes enseignes et les mêmes produits) des écarts de plus de 100% que l'éloignement (il faut bien payer le transport) n'explique pas (exemple : 84% sur les pâtes alimentaires). Selon tous les experts, après analyse de la chaîne, de la production au caddie du consommateur, en passant par le transport, le surcoût par rapport à l'hexagone ne devrait pas dépasser 10%. Les différences de prix constatées ressemblent donc fortement à.... du vol organisé.

Quelques exemples de "pwofitasyon" dénoncés par le LKP :

- L'essence que payaient les guadeloupéens était l'une des plus chères au monde. Il y a une crise internationale qui a fait exploser le cours du pétrole, certes, mais cela n'explique absolument pas le cours des prix en Guadeloupe (dans les DOM de manière générale). Aujourd'hui qu'un début lumière commence à être fait sur la question, plus personne ne le conteste.

- Le LKP a présenté à l'état son expertise des méthodes de fixation des prix, résultat : tout le monde est d'accord sur le constat qui consiste à dire que les prix sont anormaux (même ceux qui sont contre la grève générale comme forme choisie pour le dénoncer) .

 

Le secrétaire d'état aux DOM, monsieur Yves Jego envisage même une action en justice de l'Etat contre la SARA (Société Anonyme de Raffinage Antillaise) dont l'actionnaire principal (70%) est TOTAL. Vous m'accorderez sans doute que ce ne sont pas des nécessiteux. Et Jego (lui même), a dit que si, après enquête, il est démontré que la SARA a perçu des sommes indues (ce sera probablement le cas), cette somme devra être remise aux guadeloupéens sous la forme d'un fond pour la formation professionnelle.


N.B:
La SARA est en situation de monopole en Guadeloupe, pas de concurrence. C'est elle qui distribue l'essence.


- Quant aux prix de la grande distribution... une des pistes est de créer "un panier de la ménagère" constitué d'environ 100 produits sur lesquels la grande distributions n'aurait plus le droit de dépasser les prix de l'hexagone de plus de 10%, avec la création d'un organe bi-mensuel de contrôle des prix pour éviter de nouvelles dérives.



N.B: Les géants de la distribution sont en situation de quasi monopole. Il s'agit principalement du groupe Hayot (Bernard Hayot est dans le top 120 des fortunes françaises). En plus ils détiennent l'importation et ont le monopole de la distribution sur plusieurs grandes marques.

Pour accentuer le problème, les quelques concurrents existants sont des groupes amis (cousins, alliancés...) puisque ce circuit est aux mains d'une ethno-classe compacte et réduite (voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maîtres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l'émission :
http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV).

Les guadeloupéens sont asphyxiés et meurent de faim alors ?

Mais pas du tout !! C'est cette question qui m'a poussé à écrire ce mail. Un ami métropolitain m'a appelé aujourd'hui pour me demander si on tenait le coup. Au début j'ai commencé à répondre que malgré la durée du conflit, la mobilisation était toujours de mise. Il me coupe : "Non, je voulais dire...Arrivez vous à remplir le réfrigérateur" !

La Guadeloupe
est en grève générale depuis bientôt 4 semaines. Les hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits commerces de proximités sont ouverts, mais les rayons des magasins sont de plus en plus vides...

MAIS : La Guadeloupe s'organise
. L'UPG (Union des Producteurs Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pécheurs continuent à pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grève : les éleveurs continuent à s'en occuper et à vendre leur viande. La terre n'est pas en grève : les cultivateurs continuent à travailler leurs exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n'a jamais été aussi plein.

Les hyper marchés sont fermés, mais les marchés sont ouverts. Il y a mieux : des marchés populaires sont organisés devant les piquets de grève et un peu partout. Les producteurs y vendent leurs denrées aux prix auxquels ils ont l'habitude de vendre aux super marchés. Conséquence : ils ne perdent pas leur récolte ni leur revenus, et le porte feuille du consommateur apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne sont plus là.

Nous mangeons à notre faim et -fait intéressant- nous n'avons jamais autant consommé local !!
Je n'ai pas de purée mousseline, je n'ai plus de pâtes panzani... et alors ? J'ai des tubercules, des légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs, des fruits de mer... Et ça coûte moins cher que d'habitude. En fait, je crois que je n'avais jamais mangé aussi équilibré de ma vie (…).

 

Revue de presse :

 

Békés : Une affaire d'héritage (Le Monde, 1er mars)

Le surprenant succès du LKP, objet politique non identifié (Libération, 4 mars)

Fin de la grève en Guadeloupe, les négociations continuent en Martinique (L’Humanité, 5 mars)

La Réunion prend le relais de la contestation (Libération, 6 mars)

 

 

Cet article est le 46ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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