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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 23:48

Et si Chevènement se mettait à parler au peuple ?

 

Le face à face entre Jean-Pierre Chevènement et Eric Zemmour ne manquait pas d’intérêt, samedi soir 21 février sur France 2 (émission de Laurent Ruquier). On peut voir la vidéo sur Dailymotion en deux parties : partie 1 et partie 2 (celle qui nous intéresse ici) et sur Eric Zemmour : Le blog de ceux qui l'aiment.

 

Le journaliste du Figaro connaît bien le président du MRC. Il l’a soutenu lors de l’élection présidentielle de 2002 et regrette son relatif effacement actuel. Ses questions étaient pertinentes et, tout compte fait, ont permis à Jean-Pierre Chevènement de s’expliquer. Je cite de mémoire :

 

- Depuis 40 ans, vous avez servi des « princes » (Guy Mollet, François Mitterrand, Lionel Jospin et Ségolène Royal) parce que, ne sachant pas parler au peuple, vous êtes obligés de passer par eux…

 

- Vous parlez comme de Gaulle et vous agissez comme Guy Mollet (Max Gallo dixit)…

 

- Vous rompez souvent, mais vous ne parvenez pas à couper le cordon qui vous relie au PS…

 

On voudrait bien pouvoir affirmer que Zemmour se trompe, mais il faut reconnaître qu’il y a une part de vrai dans ces observations. La troisième correspond exactement à ce que me confiait Anicet Le Pors - lui aussi soutien du candidat Chevènement en 2002 - après une réunion (voir La citoyenneté selon Anicet Le Pors - 15 mai 2003 à St-Berthevin).

 

- Chevènement a toujours en tête un nouvel Epinay avec le PS. Il ne sait pas se positionner indépendamment du PS (Le Pors était-il dans un état d’esprit différent vis-à-vis du PCF ?...).

 

La charge de Zemmour a peut-être porté : hier, rencontrant Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon, en compagnie du stimulant Georges Sarre, Jean-Pierre Chevènement a semblé ravi de prendre ses distances avec le PS (voir Elections européennes : rencontre MRC-PCF-PG pour un Front de gauche).

 

Dans un contexte de crise profonde, Jean-Pierre doit jouer désormais sa carte d’homme de la nation et de l’Etat républicain à reconstruire. Il doit se nourrir de relais populaires pour pouvoir parler au peuple. Qui peut, mieux que lui, représenter la France et la République, laïque et sociale, la France et l’Europe, dans le respect des nations et de la démocratie ?

 

La France et l’Europe ont besoin de repartir sur de nouvelles bases, après une crise qui montre la faillite de l’idéologie libérale portée par le président élu en 2007. Le peuple attend qu’on lui propose une alternative républicaine.

 

Jean-Pierre Chevènement est l’homme de la situation, capable de reconstruire une gauche républicaine et sociale, comme le voulait Jaurès en son temps.

 

Face au système Sarkozy, la seule approche possible et souhaitable est d’obtenir la confiance du peuple français pour refonder la Nation, l’Etat, la République, et réorienter fondamentalement la construction européenne.

 

Cet article est le 94ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT.

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 11:45

Employeurs et Etat, face à la question salariale

 

L’initiative est venue de l’échelon départemental du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Nous étions réunis, hier, pour répondre à la question : faut-il manifester notre solidarité à l’égard des travailleurs de Guadeloupe, de Martinique et des départements d’Outre-mer, engagés dans des luttes sociales ?


La réponse des organisations présentes (LO, NPA, MRC, POI, PCF, Les Verts, Association Les 3 Mondes) a été positive (Les 3 Mondes, à titre de soutien).
Elles appellent les autres à les rejoindre.


Remarque : FSU, Solidaires et CGT avaient demandé d’excuser leur absence.


Décisions prises
 :


- organisation d'un rassemblement de solidarité le jeudi 26 février à partir de 17 h 30, place du Jet d'eau, à Laval ;


- demande d'audience à la préfecture et au Medef dans l'après-midi du 26 février ;


- exploration des possibilités d'organiser plus tard une réunion publique d'information et de solidarité avec un intervenant extérieur compétent sur la situation aux Antilles.


TEXTE ADOPTE PAR LES ORGANISATIONS PRESENTES

Depuis plus d'un mois, les travailleurs de Guadeloupe sont en grève générale. Malgré l'extension de cette grève à la Martinique, à la Guyane et à la Réunion, le gouvernement n'apporte pas de réponse qui puisse satisfaire les revendications des grévistes contre la vie chère, les bas salaires (demande d'augmentation de 200 euros par mois) et le chômage.

Le pourrissement de la situation a même conduit à un premier mort le mercredi 18 février. Plus que jamais, le combat des travailleurs de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de la Réunion est le nôtre.

Après la réussite des premières manifestations du lundi 16 février et du samedi 21 février à Paris et dans plusieurs villes, les organisations signataires vous appellent à manifester votre solidarité avec la population en lutte dans les départements d'outre-mer en vous rassemblant le jeudi 26 février à partir de 17 h 30, place du Jet d'eau à Laval.


Premières organisations signataires
 (24 février, 12h) : Lutte Ouvrière, Mouvement républicain et citoyen, Nouveau parti anticapitaliste, Parti communiste français, Parti de gauche, Parti des radicaux de gauche, Parti ouvrier indépendant, Les Verts, UD-CGT, FSU, Mouvement de la Paix ; avec le soutien des 3 Mondes, de l'UD-FO, de la Fédération de l'enseignement FO (FNEC-FP.FO).



Le MRC 53 s’inscrit dans cette démarche, comme l’a fait le MRC 75 lors des manifestations à Paris (voir la position de Georges Sarre, le 17 février, sur son blog Antilles : ne nous trompons pas de combat !).


A noter l’article paru précédemment sur ce blog :
La crise du capitalisme met à nu les injustices sociales aux Antilles - 17 février 2009.

 

Revue de presse :

Violences en Guadeloupe : Elie Domota s’exprime
(Vendredi, 19 février, Voir le sujet d'origine)

 

Sarkozy annonce des états généraux en Guadeloupe (Le Monde, 19 février)


Guadeloupe : Paris dit « statut », le LKP crie « faux débat »
(Rue89, 22 février)

Elie Domota critique un "Etat qui se débine" en Guadeloupe, les négociations se tendent (Nouvel Observateur, 24 février).

 

Cet article est le 44ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 21:04

Au Salon de l’agriculture, Sarkozy vend l’espoir au rabais

 

Loin des manifestants, le président de la République a inauguré, samedi, le Salon de l’agriculture à Paris (voir Nicolas Sarkozy a inauguré le salon de l'agriculture, Nouvel Observateur, 21 février).

 

La leçon de l’an dernier avait été retenue (voir Interdiction de manifester devant Sarkozy au Salon de l'agriculture, Rue89, 21 février).

 

Le président voulait adresser un message d’espoir à l’agriculture. En fait, il sait que le monde agricole est saisi par l’inquiétude. Les privilégiés n’y échappent pas, ce qui est nouveau.

La volonté du ministre de l’agriculture de redistribuer les aides publiques doit être saluée (voir le précèdent article sur ce blog Sarkozy : une loi pour l'agriculture avant le démantèlement de la PAC - 19 février 2009). Il fait ce qui aurait dû être fait après la réforme de la PAC de 2003.

 

A ce sujet, voici ce qu’écrit Laetitia Clavreul (Le Monde, 21 février) :

 

La France redistribue et dévoile les aides agricoles

 

Dans les allées du Salon de l'agriculture, qui a ouvert ses portes samedi 21 février, les visiteurs s'extasient devant les bêtes de compétition, mais les réflexions des agriculteurs, elles, se focalisent sur la réorientation des aides de la politique agricole commune (PAC).

Les arbitrages du gouvernement seront officialisés lundi 23 février. Puis, le 30 avril, seront publiés pour la première fois les montants des aides touchées par chaque exploitation. Deux événements qui constituent un symbole fort, après des années où l'on se gardait bien, en France, de déballer sur la place publique les débats et les données sur les subventions.

Depuis que l'adoption du bilan de la PAC, fin novembre 2008, a donné à Paris la possibilité de modifier les critères de distribution des aides directes (8 milliards d'euros), les uns se réjouissent, sachant qu'ils toucheront plus, et les autres tirent la sonnette d'alarme, car leurs revenus vont baisser.

Depuis dix-huit mois, le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, plaide pour une PAC plus équitable, et prévoit de rééquilibrer les soutiens au profit des laissés-pour-compte du système, notamment l'élevage ovin, l'agriculture de montagne ou la "bio".

La Confédération paysanne est ravie que la France prenne enfin le virage du soutien à l'agriculture durable. Mais à la FNSEA, le principal syndicat agricole, la future réorientation des aides a révélé des débats entre céréaliers et éleveurs, restés jusque-là discrets. En témoignent leurs communiqués, d'une rare violence.

Le syndicat s'est au final dit favorable à une évolution, mais le sujet y reste ultrasensible. En 2003, lors de la dernière réforme de la PAC, c'est lui qui avait bloqué le changement, restant arc-bouté sur les mécanismes du passé.

Au ministère, on promet que la réorientation, en termes de sommes prélevées, sera "raisonnable". Les céréaliers, premiers concernés par une baisse car ils étaient les plus favorisés, devraient être rassurés par la mise en place d'un système d'assurance qui les couvrirait en cas de retournement des marchés.

Maintes fois pris à parti, M.Barnier semble avoir tenu bon. "Si on ne renforce pas la légitimité de la PAC, alors certains pourraient tout perdre", prévient-il. "Il faut donner du sens à la politique agricole", estime de son côté l'Elysée, qui veut ainsi préparer le secteur à la prochaine réforme de la PAC, en 2013.

La France, première bénéficiaire des aides, sait qu'elle doit s'adapter à une PAC plus préoccupée par l'environnement et le soutien aux zones fragiles, si elle veut que le budget agricole européen ne soit pas trop amputé en 2010, comme le veulent les Britanniques. En outre, à partir de 2013, pour la première fois, la France versera plus qu'elle ne touchera. Si les aides ne correspondaient pas aux attentes de la société et d'une partie des paysans, le front anti-PAC pourrait grossir.

Cette question de la légitimité des soutiens pourrait prendre encore plus de sens, une fois les montants perçus rendus publics. Là aussi, il s'agit d'un long débat porté par la Confédération paysanne. En militant pour la transparence, son idée n'était pas de condamner les aides, mais d'en pointer les dérives et de réclamer une distribution plus favorable aux petites exploitations. En bref, que l'argent public soit mieux utilisé.

Le combat d'agriculteurs dans sa mouvance ainsi que la pression des médias et d'associations ont poussé Bruxelles à rendre obligatoire la publication, au plus tard le 30avril, de tous les montants par le biais de sites Internet nationaux. Jusque-là, la France avait traîné des pieds. Il suffira désormais de taper les coordonnées des exploitations sur www.telepac.gouv.fr pour savoir combien elles touchent.

On sait déjà que 56 % des subventions vont aux 20 % des agriculteurs les mieux dotés, que les plus aidés se situent au nord de la Loire, où les exploitations sont plus grandes. On sait aussi que 5 300 structures sur environ 390 000 touchent plus de 100 000 euros par an, et trente-sept plus de 300 000 euros. Que devrait-on découvrir de plus? Comme dans d'autres pays, où le voile a été davantage levé, que certains gros agriculteurs, que certaines entreprises voire des multinationales, que des hommes politiques ou des personnalités touchent des sommes considérables, quand en moyenne, les exploitants perçoivent 20 000 euros.

Mais il ne s'agira que d'une transparence en trompe-l'œil, regrette la Confédération paysanne. "Un bénéficiaire peut être à la tête de plusieurs structures", note Jacques Pasquier, son secrétaire national. Le syndicat demande la constitution d'un registre national par bénéficiaire. Le ministère de l'agriculture dit se consacrer à la lourde tâche de la publication des données pour toutes les exploitations. Mais, au nom de la nécessaire légitimité de la PAC, on ne s'y dit pas opposé à aller plus loin, mais plus tard

 

Lire aussi le point de vue d’un enseignant chercheur "Un débat franco-français" (Le Monde, 21 février).

 

Le ministre, Michel Barnier, a annoncé, ce 23 février, que 1,4 milliard d’aides seront réorientées en 2010 en France (18% des aides directes). Les céréaliers seront les principaux contributeurs et les bénéficiaires seront l’élevage à l’herbe, les éleveurs caprins et ovins, l’agriculture biologique et celle de montagne. Voir Agriculture : 1,4 milliard d'euros redistribués aux filières en difficulté (Le Monde, 23 février).

   

Cet article est le 118ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 21:18

Un virtuose giscardien de l’Europe de Bruxelles

 

Un article sur le site de La Tribune rappelle l’existence d’un comité des sages, mis en place sous la présidence française de l’Union européenne, à l’initiative de Nicolas Sarkozy (voir Coulisses de Bruxelles, UE: Un comité des « sages » pour l’avenir ... de l’Europe, 20 octobre 2008, Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles).

 

Sur le Site d'EurActiv.fr, on trouve beaucoup d’informations précises relatives aux institutions européennes. La Tribune, le 18 février, publie cet article (cliquer sur le titre) :


Avenir de l'Union : le comité des sages a entamé ses auditions


Le comité des sages, présidé par l'ancien premier ministre espagnol, Felipe Gonzalez, a entamé ses auditions
le 11 février au matin. Des experts seront auditionnés sur dix à douze thèmes dont la citoyenneté européenne et le changement climatique.


Si son expérience ne semble pas être plébiscitée en France, le député européen Alain Lamassoure (PPE-DE) n'étant que troisième sur la liste UMP du Sud-Ouest, ce n'est pas le cas à Bruxelles. Le député français est en effet le premier à avoir été auditionné par le comité, sur le thème de la citoyenneté et des valeurs européennes.


Proposant une "approche nouvelle" au comité, Alain Lamassoure a estimé que la construction européenne ne doit pas avoir pour base unique ses aspects économiques, comme c'est le cas depuis le traité de Rome de 1957. "On ne partirait pas d'un citoyen européen vu comme un simple acteur économique", a expliqué le député européen à EurActiv.fr. "Il s'agit au contraire de voir l'Europe avant tout comme un "espace de vie"", ajoute-t-il.


Les sages auraient, selon le député, trouvé son idée "très novatrice". Ils ont été "intéressés par cette approche qui ne nécessite ni un nouveau traité ni de dépenses supplémentaires", poursuit-il.

Le 21 janvier, le président du groupe, Felipe Gonzalez, a indiqué que les sages se pencheraient sur la question de la pertinence de l'UE à l'égard de ses citoyens et du reste du monde. Il a ajouté vouloir aborder le problème du maintien du modèle européen de cohésion sociale au XXIème siècle, fondé sur l'agenda de Lisbonne, dont il estime les résultats insatisfaisants. Le groupe devrait également étudier, selon son président, les problèmes de l'énergie et du changement climatique, des flux de migration, du terrorisme et du crime organisé, ainsi que des zones de conflit (…).


Concernant Alain Lamassoure, j’ai eu l’occasion de l’écouter le 3 décembre 2008, au Parlement européen, à Bruxelles, quand il a reçu le groupe de l’AFLEC (voir AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ...
).

 

Il avait l’ironie mordante envers le président Sarkozy. Cause ou conséquence de sa disgrâce à l’UMP ? Il sera en 3ème position sur la liste UMP du Sud-ouest, ce qui ne lui assure pas d’être réélu au Parlement européen le 7 juin prochain.

 

A partir de mes notes, j’avais rédigé un compte rendu de son intervention.Je l’avais mis à la disposition des membres de la commission culturelle de l’AFLEC (voir le document préparé par Paul Siloret EUROPE sur l'Europe politique et institutionnelle - patienter pour la vision du montage. Au côté de Bernadette Bréhin, face à Alain Lamassoure, on me reconnaîtra… ?).

 

Intervention du député européen Alain Lamassoure sur les institutions européennes

 

Les règles actuelles de l’Europe datent d’un demi-siècle. Elles ont été établies par 6 pays dans un but de faire du commerce ensemble. Aujourd’hui, le nombre de sujets traités a beaucoup augmenté et il y a 27 pays.

 

A l’origine, il y a la guerre et un personnage atypique, Jean Monnet, marchand de Cognac qui se veut au service de la paix. En 1942, il prépare les lendemains de guerre. Il s’agit de créer les conditions d’une relation qui rende la guerre impossible. C’est une idée de génie. Après les horreurs de la guerre, la France et l’Allemagne doivent se mettre d’accord sur un sujet économique d’intérêt commun, qui en entraîne d’autres et conduise à l’union politique de l’Europe.

 

Le premier sujet est le charbon (nord-est de la France, Sarre, Luxembourg, Belgique) et, puis, le fer (suppression des droits de douane) ; c’est le début du marché commun (CECA, 1951).

 

Les institutions sont originales. La commission européenne fait appel aux compétences techniques et à l’indépendance d’experts. Elle a le monopole des propositions. Les décisions sont prises par les représentants des Etats (ministres des affaires étrangères). Les réunions sont secrètes et les décisions prises à l’unanimité (votes). Les élus des parlements nationaux forment l’assemblée parlementaire européenne, sans pouvoir de décision. Les forces vives sont représentées dans le comité économique et social européen.

 

La méthode Jean Monnet a formidablement réussi, même si la paix a d’autres motifs (volonté de réconciliation, rencontres, jumelages). Les sondages indiquent que, des deux côtés, en France et en Allemagne, on se considère comme les peuples les plus proches.

 

La seconde réussite est historique : mariage des économies, monnaie unique. Avec la crise financière, l’euro attire des pays tels que le Danemark, la Suède, et même le Royaume-Uni. Les Irlandais, qui ont l’euro, ont rejeté le traité de Lisbonne, mais l’Islande, sans l’euro, victime de la crise financière, se tourne vers l’euro.

 

Il y a deux problèmes, nés de notre réussite :

-          le mode de décision initial, à 6 pays, a été maintenu mais n’est plus adapté à 27 pays.

-          La règle de l’unanimité a été conservée ; il faut passer à la décision à la majorité des pays.

Il a fallu 12 ans pour adopter la composition de la confiture, 30 ans pour le statut-type de la SA européenne, 50 ans pour le mandat d’arrêt européen. Il faudrait abandonner le principe de la souveraineté nationale (comme dans une famille, on établit des règles et ceux qui ne sont pas contents s’en vont !).

 

A partir de 1986, de nouvelles règles (des lois européennes) et normes ont permis le développement du marché intérieur (commerce, économie au sens large, sans concurrence déloyale) et la circulation libre des personnes.

 

A partir de 2001, une Convention pour l’avenir de l’Europe (une centaine de personnes désignées, représentatives des différentes institutions européennes) est chargée par les chefs d’Etat et de gouvernement de préparer une Constitution européenne, c’est-à-dire de nouvelles institutions. Pour être validé, le texte constitutionnel, adopté par tous les chefs d’Etat et de gouvernement, doit être ratifié par tous les peuples (par voie parlementaire ou par référendum, c’est-à-dire une autorité supérieure au gouvernement), membres de l’Union européenne. Le processus n’ira pas jusqu’au bout, les peuples français et néerlandais (Pays-Bas) les 29 mai et 1er juin 2005, par référendum, ayant refusé la ratification, alors que d’autres Etats membres la repoussaient, craignant l’échec.

 

Un nouveau traité institutionnel est adopté à Lisbonne en décembre 2007, dans la continuité du précédent, mais avec quelques modifications. La consigne est donnée de n’utiliser que la voie parlementaire pour le ratifier. Un seul pays, l’Irlande, est obligé, pour respecter sa propre constitution, de ratifier par référendum, ce qu’il fait en 2008. Le vote non l’emporte. Les traités imposent la ratification à l’unanimité, ce qui est très difficile à obtenir. Il faudrait changer cette règle.

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Si tous les autres pays ratifiaient le traité de Lisbonne (ce n’est pas encore le cas, pour différentes raisons), il suffirait du refus des 4 millions d’irlandais pour empêcher les 495 millions d’autres de mettre en œuvre ce traité.

Le cas s’était produit en 1992 à l’occasion de la ratification du traité de Maastricht (décision de créer l’euro). Les danois avaient voté non. Ils ne voulaient pas avoir la même monnaie que les allemands. Le problème a été résolu en leur demandant de voter une seconde fois, mais sur une question modifiée « Acceptez-vous l’union monétaire, dont le Danemark ne fera pas partie ? ». La réponse avait été oui, ce qui avait permis la création de la monnaie unique européenne.

Ce subterfuge pourrait être utilisé, à nouveau, dans le cas irlandais. Il est très important pour les citoyens que le traité de Lisbonne puisse s’appliquer (même si ceux-ci ne comprennent pas grand-chose à l’Europe ; plus de la moitié des citoyens ne vote pas aux élections européennes).

 

Car, avec le traité de Lisbonne, le pouvoir européen sera d’importance comparable à celui de l’Assemblée nationale. Les deux principaux groupes (Parti populaire européen et Parti socialiste européen) préparent séparément un texte législatif afin de modifier l’élection du président de la Commission européenne. Au lieu d’être un super haut fonctionnaire, il serait élu par la majorité du parlement européen, un peu comme un maire.

 

Selon la couleur politique de la majorité parlementaire (PPE ou PSE), le président de la Commission serait PPE ou PSE. Il y a un enjeu de pouvoir, qui devrait inciter les citoyens à aller voter. Le fait qu’une personnalité politique soit élue par 500 millions de citoyens n’est pas sans incidence sur le poids politique qu’elle aura, à côté des chefs d’Etat et de gouvernement. Notre président de la République française pourrait ainsi découvrir qu’il y a quelqu’un de plus important que lui !...

 

Le traité de Lisbonne permet aussi de clarifier et distinguer les compétences. A l’Europe la responsabilité de la politique énergétique et des gaz à effet de serre ; aux nations, tout ce qui est social et éducatif. Les citoyens ont réellement intérêt à ce que ce traité de Lisbonne s’applique.

 

En réponse aux questions, Alain Lamassoure indique que l’Europe est dirigée par le club des dirigeants nationaux, à quasi huis clos - la presse, sauf Ouest-France, traite l’actualité du point de vue national et la télévision est très peu présente sur les informations européennes (2%, TF1 n’a pas de correspondant à Bruxelles).

 

Le député au Parlement européen montre que les responsables politiques nationaux ont tendance à reporter sur l’Europe des responsabilités qui ne lui incombent pas.

Par exemple, une tempête sur le golfe de Gascogne en décembre 2001 : pour le président Chirac, c’était la faute à l’Europe. Autre exemple significatif : le premier ministre Jospin qui affirme que le naufrage du Prestige est lié à la sécurité maritime, donc de compétence européenne, alors que, suite à l’affaire de l’Erika, deux ans avant, la législation européenne avait été revue, obligeant au contrôle strict des pétroliers. La France n’avait que très partiellement mis en œuvre les recommandations européennes après contrôle des pétroliers (le Prestige aurait dû être retiré de la circulation maritime si la France avait fait son travail).

 

De nombreux sondages (par exemple, du journal Sud Ouest) montrent que les Français rejettent beaucoup de choses sur l’Europe, alors qu’elle n’y est pour rien. Avec le traité de Lisbonne, le président de la République française ne pourra plus dire « C’est la faute à l’Europe ».

 

Une politique commune de l’immigration pourra s’appliquer (maîtrise des flux, conditions d’intégration des étrangers, comme au Canada). Actuellement, ce sont des accords bilatéraux (par exemple, France et Sénégal, Italie et Libye) qui sont en application.

 

La question du changement climatique sera traitée au niveau européen (15% des gaz à effet de serre, dont France 1,5%, au niveau mondial).

 

Dans l’immédiat, il y aura les élections européennes : place à la démocratie !

 

 

Cet article est le 42ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 18:21

Pas de remise en cause des dogmes néolibéraux

 

Le président de la République a reçu les organisations représentatives des employeurs et des salariés le 18 février, puis en a rendu compte à la télévision (voir Intervention radiotélévisée de M. le Président de la République à l’issue de la réunion avec les partenaires sociaux).

 

- Commentaire du Mouvement Républicain et Citoyen (site du MRC) :

 

Les mesures annoncées lors du sommet social ne sont pas à la hauteur de la situation

 

Le président traite séparément des mesures sociales, du soutien à l’économie, et de l’appui aux banques : cela le condamne à ne pas être à la hauteur des enjeux.

Les mesures proposées, limitées (à peine un centième des sommes consacrées au confortement du système financier), certes nécessaires en redonnant un peu de pouvoir d’achat aux salariés modestes, sont très modestes, notamment au regard des mesures sociales du plan américain beaucoup plus massives.

La sortie de la crise exigera beaucoup plus, avec une remise en cause des structures et des méthodes de l’économie financière, ainsi que du dumping social pratiqué par les entreprises, qui ne sortent pas du dogme du libre échange.

Il manque au président un projet politique qui rassemble les Français pour faire face à la crise. Les événements actuels des Antilles le montrent bien : c’est en s’appuyant sur le sens civique et la capacité d’initiative des citoyens, sur le principe d’égalité en donnant un avenir à la sécurité sociale et aux services publics, que notre pays retrouvera, avec d’autres, son dynamisme.

 

- Commentaire du Parti de Gauche (blog de Jean-luc Mélenchon) :

 

Pirouette et causette

« Pirouettes et causettes ne font pas une politique à la hauteur des circonstances. Il est consternant de voir le Chef de l’État incapable de s’élever au dessus de ses certitudes idéologiques de libéral buté. Lire la suite ».


- Compte rendu par Julien Martin (site Rue89)

Nicolas Sarkozy impose son plan social aux syndicats

"Le compte n'y est pas", ont logiquement estimé les syndicats, qui maintiennent la nouvelle journée de mobilisation syndicale prévue le 19 mars, malgré la concession faite à la CFDT de créer un fonds d'indemnisation sociale de trois milliards d'euros maximum (financé par l'Unedic et les fonds de la formation professionnelle) pour l'emploi et la formation professionnelle.

En attendant, Rue89 présente ces mesures et décrypte leur processus de décision, des pistes lancées le 5 février à la télévision aux annonces définitives de ce mercredi... à la télévision !

La veille (17 février), sur le site de Libération, on pouvait lire le point de vue, clairvoyant, du conseiller spécial du président de la République : Pour Henri Guaino, la situation sociale est «dangereuse».

Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie La droite en France .

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 20:29

L’Etat offre 300 millions d’euros pour calmer les céréaliers

 

Juste avant le Salon de l’agriculture, le président de la République s’est déplacé dans une ferme à Daumeray (49). Il a voulu répondre aux inquiétudes du monde agricole après les décisions européennes en novembre 2008 relatives au « bilan de santé » de la Politique Agricole Commune (PAC).

 

Le président et son ministre de l’agriculture sont sous les menaces électorales des producteurs en grandes cultures d’Ile-de-France, le ministre Barnier étant le chef de file de la liste UMP dans cette circonscription aux élections européennes.

 

ORAMA (en grec « ce que l’on voit ») regroupe les productions spécialisées de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), c’est-à-dire blé, maïs, graines oléagineuses et protéagineuses (au niveau national : 325 000 exploitations, 14 millions d’hectares).

 

De tous temps, ces agriculteurs du Bassin Parisien ont su défendre leurs intérêts (proximité de Paris, disponibilité, ressources financières). Ils ont été largement bénéficiaires de la distribution des aides PAC.

 

Lors de la négociation entre les 27 ministres de l’agriculture de l’Union européenne, en novembre 2008, concernant le bilan à mi-parcours 2006-2013 de la PAC, Michel Barnier a obtenu la possibilité de redistribuer jusqu’à 25% des aides publiques européennes (en prenant aux uns - les céréaliers - pour donner à d’autres, qui en ont le plus besoin – producteurs d’ovins et de bovins à viande dans des systèmes herbagers, notamment).

 

Des intérêts divergents au sein de la puissante FNSEA

 

A l’intérieur de la FNSEA, les intérêts divergent entre céréaliers (ORAMA) et éleveurs de vaches allaitantes (Fédération Nationale Bovine, présidée par Pierre Chevalier), concernant la réorientation des aides (9 milliards d’euros par an).

 

Les Jeunes Agriculteurs (le syndicat des jeunes, lié à la FNSEA, mais autonome) interviennent dans le débat, avec des positions proches des syndicats minoritaires - la Confédération paysanne et la Coordination rurale). Ils craignent que la réforme de la PAC mène à « un simple soutien uniforme à l’hectare, déconnecté de la réalité et de la diversité des territoires et des productions ».

 

Ce choix conduit à « l’agrandissement et à la restructuration des exploitations, à la concentration des productions dans certaines régions et à la désertification des campagnes ». Les JA refusent « la convergence des aides » et « la politique agricole des hectares ».

 

Le président de la FRSEA Midi-Pyrénées et secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau*, plaide pour « un rééquilibrage des aides économiques de la PAC en faveur de l’élevage herbager » (L’Avenir agricole, 13 février 2009).

 

De leur côté, les Bretons (producteurs de lait et de viande porcine) craignent d’être pénalisés (Ouest-France, 7-8 février 2009, « Aides PAC : les Bretons craignent le hold-up ». Ils militent pour la régionalisation des aides.

 

Dans le cadre de la redistribution nationale, la Bretagne pourrait perdre 150 millions d’euros ; le revenu moyen des chefs d’exploitation tomberait alors à 11 000 euros par an (actuellement 13 000 €).

 

Les éleveurs allaitants (veaux élevés au pis) veulent maintenir le couplage des aides, c’est-à-dire le lien entre les aides et le nombre de vaches dans le troupeau, ce qui permet de garantir le maintien de l’élevage dans les grands bassins allaitants (Massif central, notamment).

 

Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, qui est lui-même producteur de lait en Bretagne, a le plus grand mal à arbitrer le débat. Il est bien possible que sa décision de ne pas accepter la proposition de Sarkozy de prendre la tête de liste UMP aux élections européennes dans l’Ouest soit en rapport direct avec ces difficultés internes à la FNSEA.

 

Sarkozy partage la crainte de démantèlement de la PAC

 

Afin de calmer les esprits (Ouest-France, 13 février), le président de la FNSEA a exigé du gouvernement qu’il apporte sa contribution (300 millions d’euros, voir le site du Monde, ce 19 février, Sarkozy renonce à geler les crédits de l'agriculture en 2010).

 

Lors de son allocution à Daumeray, le président Sarkozy a annoncé un projet de loi qui sera présenté au Parlement français avant la fin 2009.
 
 

"Je préfère que nous portions nous-mêmes les changements dans le cadre de la nouvelle politique agricole plutôt que nous attendions tranquillement que la catastrophe arrive en 2013", a-t-il justifié.

 

Cette phrase justifie pleinement les craintes du monde agricole à l’égard de ce qui se prépare au niveau européen (voir, sur ce blog NJean Brehon critique le bilan de santé d'une PAC qui n'a plus de sens - 25 janvier 2009).

 

* J’avais rencontré Dominique Barrau le 20 décembre 2006, au siège de la FNSEA. Voir Deux jours de contacts fructueux à Paris sur le thème de la future politique agricole - 22 décembre 2006.

 

 

Cet article est le 117ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 22:40

Quinze régions, des villes métropoles, un Grand Paris

 

Un coin du voile a été levé par Dominique Perben, membre du comité Balladur (voir Réforme de l'organisation territoriale : rapport Balladur attendu - 28 décembre 2008).

 

La Lettre du Courrier des maires.fr, le 16 février, faisait état de l’entretien accordé par l’ancien ministre, actuel député (UMP) du Rhône, à la Gazette des communes.

 

Il faut attendre la semaine prochaine pour connaître le rapport officiel. Toutefois, ces déclarations en dessinent avec précision l’esquisse. Deux projets de lois seront ensuite présentés au Parlement, l’un concernant l’architecture d’ensemble, l’autre le Grand Paris.

 

Voici le texte paru dans la lettre du Courrier des maires, sous la signature de Jean-Baptiste Forray.  

Ce que le Comité Balladur devrait proposer selon Dominique Perben

« Le comité pour la réforme des collectivités locales devrait supprimer la clause de compétence générale des départements et des régions », a estimé Dominique Perben, membre du comité Balladur, dans un entretien accordé à la Gazette des communes, le 12 février 2009. 


Le calendrier sera tenu
. Les derniers réglages auront lieu dans la semaine du 23 février 2009 et, dans la foulée, en fonction de l'agenda du chef de l'Etat, le comité «Balladur» remettra son rapport à l'Elysée.


D'après Dominique Perben, député (UMP) du Rhône, en marge d'un déplacement de la mission temporaire du Sénat sur l'organisation et l'évolution des collectivités territoriales, les grandes lignes du document sont fixées. Ce n'est finalement pas un mais "2 projets de lois qui seront endossés au rapport" :
1. Le premier sera consacré à l'architecture locale sur l'ensemble du territoire,
2. le second au Grand Paris.


Sur le premier volet, la commission se prononcera, d'après Dominique Perben, en faveur d'une "quinzaine de régions". Elle se gardera de définir les contours de ces entités. Le dossier est explosif. "Mais nous tenons à afficher notre volonté là-dessus ", explique Dominique Perben.


Statut de métropole


Un nouveau statut de métropole
figurera bien au menu. Dominique Perben souhaite qu'il regroupe à la fois les compétences des conseils généraux et des communautés urbaines.
"Je suis plutôt favorable à 7 à 8 métropoles", confie Dominique Perben et le vice-président (UMP) du conseil général du Rhône de citer : Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Nantes, Nice, Strasbourg, Toulouse. "L'idée n'est pas pour autant de fermer cette possibilité aux autres agglomérations. Je souhaite, après une première phase, qu'elles puissent présenter leurs candidatures", escompte le député UMP.


La fusion des départements du Grand Paris au menu


Dominique Perben le confirme : «le comité planche bien sur la fusion des quatre départements du cœur de l'agglomération parisienne (NDLR : Paris, Hauts de Seine, Seine Saint-Denis et Val de Marne) dans une entité dotée des compétences du conseil général et de la communauté urbaine ». Une préconisation proche de celle du sénateur maire (UMP) des Pavillons-sous-Bois, Philippe Dallier.
Une option écartée lors de la réunion du 9 février 2009 par la conférence métropolitaine qui rassemble notamment la ville de Paris et le conseil régional d'Ile-de-France.
Le syndicat mixte d'études ouvert que ces collectivités vont créer, n'emporte pas l'adhésion du comité. "Les élus qui le souhaitent prônent en fait le statut quo", tranche Dominique Perben


Pente douce pour l'intercommunalité


Pour les intercommunalités, le comité s'oriente vers une option douce. A l'instar d'Alain Marleix, secrétaire d'Etat à l'Intérieur et aux collectivités territoriales, Dominique Perben penche pour une élection des élus communautaires à partir d'un fléchage sur les listes présentées lors des municipales de 2014. Un système inspiré par les modes de scrutins à Paris, Lyon et Marseille "PLM". «Aller plus loin ne serait sans doute pas conforme à la tradition française», soupèse l'ancien ministre de la décentralisation (novembre 1995-juin 1997).


Conseils généraux et régionaux


Les conseils généraux et les conseils régionaux selon ce schéma se transforment en collectivités spécialisées
. Les grands équilibres entre ces deux strates ne se trouvent guère modifiés. "Il n'y a pas beaucoup de compétences à bouger", jauge Dominique Perben. Le regroupement des deux niveaux d'administrations ne ferait pas partie des propositions du comité. Seule est envisagée la fusion, en 2014, des mandats de conseils généraux et de conseils régionaux. "Depuis que nous avons écarté la date de 2011 les esprits se sont beaucoup apaisés", se félicite Dominique Perben. «Les associations d'élus, dans les discussions informelles que nous pouvons avoir avec elles se montrent beaucoup plus ouvertes qu'elles ne l'ont été lors de leurs auditions», estime encore Dominique Perben.

 

Voir aussi le point de vue de Jean-Pierre Chevènement sur la réorganisation territoriale
Chevènement devant la mission du Sénat sur l'organisation territoriale -
18 janvier 2009.



Cet article est le 3ème sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales.

 

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 22:08

La France de Sarkozy, capable de relever le défi ?

 

La situation en Guadeloupe nécessite beaucoup de doigté de la part du gouvernement français. Or, il a montré plutôt le contraire depuis un mois. Il faut comprendre pourquoi nos concitoyens en sont arrivés au durcissement de leur mouvement de revendications.

 

Les Antilles françaises sont proches des Etats-Unis d’Amérique. L’élection de Barack Obama a pu les aider à redresser la tête, à se dire que, s’ils le veulent vraiment, ils pourront davantage prendre en mains leur destin. Ils savent qu’ils n’obtiendront une amélioration de leurs conditions de vie que s’ils créent un rapport de forces favorable.

 

Leur cause est juste. Le secrétaire d’Etat à l’outre Mer, Yves Jégo, l’a reconnu. Il a parlé d’une triple crise. C’est vrai, mais le gouvernement est-il capable de répondre à l’appel des Guadeloupéens ? Nous n’allons pas tarder à le savoir.

 

Voici l’article signé Pierre Haski, paru ce 17 février sur le site Rue89, qui résume bien la situation et les enjeux.

 

Guadeloupe : Paris doit éviter tout recours à la force

 

La crise de la Guadeloupe est à un moment périlleux. Un mois d'indifférence, de pourrissement, de manoeuvres et de maladresses risque de déboucher sur la violence, ce qui serait le pire des scénarios pour ce département français dont tout le monde, y compris au gouvernement, reconnaît qu'il a de bonnes raisons de se révolter.


Il y a quelque paradoxe à lire le constat très lucide que fait Yves Jégo, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, des raisons de la révolte des Guadeloupéens, et d'entendre ensuite dans la foulée les appels au rétablissement de l'ordre par la force, alors que la "triple" crise dont parle le ministre appelle une réponse d'abord politique. Yves Jégo écrivait ainsi lundi dans le Figaro:

 

"La vérité, c'est qu'il ne s'agit pas d'un mouvement de protestation sporadique, mais bien d'une triple crise. Une crise économique qui frappe toute la planète et atteint plus vite les économies fragiles, une crise structurelle liée aux dérives ultimes mais encore observables de l'héritage d'une économie 'de comptoir' et enfin, et peut-être surtout, une crise existentielle, en tout cas une crise sociétale."


Pourtant, on entend aujourd'hui les mots de "sédition", l'épouvantail des "Trotskystes" faisant de l'entrisme dans le mouvement syndical guadeloupéen, et même, comble de l'horreur, l'ombre des indépendantistes!


La vérité exige qu'on évoque aussi cette "économie de comptoir" que dénonce à juste titre Yves Jégo, les abus insensés trop longtemps tolérés de la part de quelques grosses fortunes et grosses entreprises, comme les distributeurs de carburant épinglés dans un rapport commandé par le gouvernement et qui commence à circuler, ou encore la dépendance pernicieuse vis-à-vis des subsides de la métropole qui a généré clientélisme et assistanat dans une partie des populations des DOM.


Et comment qualifier la manière dont le pouvoir a géré cette crise ? L'absence de référence à la Guadeloupe lors de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy le 6 février apparaît aujourd'hui comme une faute majeure de la part d'un Président pourtant prompt à gérer personnellement la crise la plus mineure. Et la communication élyséenne nous vend aujourd'hui l'idée que le président de la République "reprend le dossier en mains", en recevant jeudi les élus d'Outre-mer !


Paris doit tout faire pour éviter que le sang ne coule à la Guadeloupe. Le durcissement du mouvement social guadeloupéen, sous la forme de barrages et de pressions sur les commerces, est une réponse au blocage des discussions avec le gouvernement et les employeurs de l'île. Ce serait une erreur grave d'y répondre par la force de la part d'un Etat coupable d'une indifférence complice pendant trop longtemps.

D'autant que derrière le conflit de la Guadeloupe, c'est tout l'outre-mer qui se réveille, et pose les mêmes questions de vie chère, de justice sociale et économique, de dignité. Le "manifeste des neuf intellectuels" antillais rendu public lundi permet, à ce propos, de replacer la révolte de la Guadeloupe dans un cadre plus large, bien au-delà de la simple revendication sur la vie chère qui a déclenché le mouvement.


Paris doit apporter une réponse globale à ce dossier que la crise a fait remonter au tout premier rang des priorités
. Dans le changement d'époque que provoque la crise économique mondiale, avec tous ses risques de conflit, de tentations du repli identitaire, et de démagogie, la crise guadeloupéenne a valeur de test de la capacité de la France à sortir par le haut d'un tel défi.


A lire aussi sur Rue89

Le manifeste des neuf intellectuels antillais
Guadeloupe : le créole, langue de la mobilisation
Tous les articles de Rue89 sur la Guadeloupe


Ailleurs sur le Web

L'Elysée veut prendre en main le dossier de la Guadeloupe, sur LeMonde.fr
Guadeloupe, Martinique, la possibilité des îles, par Yves Jego, sur LeFigaro.fr


En complément d’informations, voir aussi les articles que Le Monde a fait paraître ce jour sur son site :

 

L'outre-mer, une économie sous perfusion (Patrick Roger),

Les élus locaux craignent l'embrasement en Guadeloupe (avec l’agence Reuters).

 

De son côté, le site de L’Humanité expose Quelques vérités sur la Guadeloupe.

 

Cet article est le 43ème sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 12:54

Face à la crise, Sarkozy veut réformer le capitalisme

 

Le président de la République, face à la profondeur de la crise du système capitaliste (auquel il est très attaché), est persuadé qu’il y a un risque de contestation sociale d’une ampleur telle qu’elle peut déboucher sur une crise politique le mettant en cause.

 

C’est pourquoi son très proche ministre du Budget, Eric Woerth, a lancé une virulente attaque contre les paradis fiscaux, lors de son intervention devant le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le 15 février (voir la dépêche de l’Agence Reuters, citée dans L’Express Paris fustige les paradis fiscaux et annonce des représailles).

 

Le président de la République française veut obtenir, en accord avec l’Allemagne, que la question des paradis fiscaux soit mise à l’ordre du jour de la réunion du G20, qui aura lieu le 2 avril 2009 à Londres (voir l’article de Libération, le 16 novembre 2008 Une déclaration de principes pour le G20).

 

Je propose de consulter quelques documents apportant des informations sur ce sujet, qui n’a rien à voir directement avec la crise financière (née aux USA), mais qui est important pour les pouvoirs publics qui veulent la transparence des circuits financiers et de la fiscalité (voir l’article de Georges Ugeux sur son blog Démystifier la finance, pour Le Monde, le 7 décembre 2008  Les paradis fiscaux et la crise financière).

.

Voir aussi Un paradis fiscal, c'est quoi au juste? sur 20minutes.fr (28 février 2008)

 

Paradis fiscal - Wikipédia.

Résultats dans l'Actualité pour paradis fiscaux

Argent noir et paradis fiscaux Bastions du capitalisme mondialisé

 

Au fait, le Luxembourg est bien un paradis fiscal... (blog Nicolas Cori sur Libération, 23 10 08)

 

Cet article est le 65ème sur ce blog dans la catégorie Capitalisme.

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 17:57

Faire reculer les intégristes du libre-échange

 

Le protectionnisme est la bête noire des libéraux, qu’ils sévissent dans les organismes internationaux (Strauss-Kahn craint le retour du protectionnisme, Nouvel Observateur, 13 février), ou à la Commission européenne (« si vous entendez le mot protectionnisme, c’est mauvais » selon Christian Ghymers, 4 décembre 2008 à Bruxelles - voir La crise, qui ne fait que débuter, va obliger l'Europe à se redéfinir - 31 janvier 2009).

 

Par bonheur, la crise a réhabilité les économistes qui, depuis longtemps, ramaient à contre-courant en critiquant l’idéologie du libre-échange. Jean-Luc Gréau était de ceux-là (lire son livre « La trahison des économistes », collection Le débat, aux éditions Gallimard, septembre 2008).

 

Voir Entretien de Jean-Luc Gréau à ...(accordé à Libération, 9 juillet 2007) et (site de Marianne, 10 février) une série de vidéos à vocation pédagogique.

 

La déglobalisation ou quand la mondialisation recule toute seule

Pour éclaircir le débat autour du plan de relance, Marianne2 propose une série de six analyses sur les mots de la crise par Jean-Luc Gréau, économiste, ancien collaborateur auprès du Medef et auteur de «La trahison des économistes». Aujourd'hui, il décrit la « déglobalisation » par laquelle, face à la crise, la demande reflue et, avec elle, la mondialisation. Un mot présent dans la presse anglo-saxonne... mais pas chez nous.

 Retrouvez les autres vidéos de la série Les mots de la crise, avec Jean-Luc Gréau.

 

Jean-Luc Gréau est intervenu dans de nombreux colloques de la Fondation Res Publica, dont celui du 9 décembre 2008 (voir Vers un Etat producteur de la norme).

 

Sur le site Pour un protectionnisme européen, on retrouve une solide documentation préparée par Julien Landfried (par ailleurs, collaborateur de Jean-Pierre Chevènement et membre du secrétariat national du MRC).

 

Sur le site de Marianne, le 14 février, Malakine présente une argumentation en faveur de cette théorie économique (voici l’introduction, Retrouvez cet article sur le blog de Malakine).

 

Il y a deux ans et demi, au lancement de la campagne présidentielle, nous étions peu à nous revendiquer protectionnistes, nous, les chercheurs d'alternative, lecteurs de Todd, de Sapir, d'El Karoui ou Gréau. Il était difficile de nous faire entendre tant le sujet était tabou, ostracisé, ignoré par tous ceux qui pensaient détenir la vérité révélée des lois de l'économie. La vérité c'était le libre échange, la concurrence, la compétitivité. En dehors de la recherche, l'innovation et la spécialisation, point de salut dans l'inévitable et salutaire compétition mondiale.

Cette époque est déjà bien lointaine. Aujourd'hui, tout le monde ne parle plus que de protectionnisme. Même Sarkozy est accusé d'en faire avec son pseudo plan de sauvetage de l'industrie automobile, qui pourtant ne la protège, ni de la concurrence extérieure, ni de l'effondrement de la demande.

Entre temps la crise est passée par là. Le centre économique du monde et son modèle se sont effondrés. Le marché autrefois jugé omniscient et infaillible est devenu synonyme de fraude, de cupidité et d'escroquerie. La mondialisation est en crise globale. Et il apparaît

chaque jour que la relance dans le cadre d'une économie ouverte est tout simplement impraticable, personne ne souhaitant avec de l'argent public stimuler l'économie des voisins (…).

Ce 15 février, sur le site Vendredi.info, on peut lire un article, signé Delphine Halgand (Voir le sujet d'origine).

 

La théorie protectionniste

 

Protectionnisme. Ce mot est sur toutes les lèvres, notamment dans celles des grands argentiers réunis à Rome ce week-end pour le G7. Les participants se sont engagés à ne pas céder au protectionnisme. La tentation est en effet réapparue avec la crise, notamment aux Etats-Unis à travers la clause "Buy American" du plan de relance et en France à travers le plan de soutien au secteur automobile. Il est donc temps de rappeler de quoi il est vraiment question, derrière ce mot redevenu à la mode.

Petit rappel: le protectionnisme est une politique économique qui vise à protéger l'économie nationale contre la concurrence étrangère grâce à des mesures variées: droits de douane, contingents, formalités administratives, normes, subventions, etc.

On oublie souvent que le protectionnisme moderne est né aux Etats-Unis, aujourd'hui symbole du libre-échange. Alexander Hamilton, ministre des Finances de 1789 à 1795 du premier gouvernement américain, rédigea en 1791 son Rapport sur les manufactures qui est considéré comme le premier texte exprimant la théorie moderne du protectionnisme, comme le rappelle Paul Bairoch dans son livre Mythes et paradoxes de l'histoire économique.

Dans la théorie libre-échangiste, le protectionnisme est néfaste à la croissance car il empêche une allocation optimale des ressources. Les pays se replient sur eux-mêmes et "chaque pays se voit infliger par les autres ce qu'il leur a infligé", explique l'économiste Daniel Cohen dans Le Monde du samedi 7 février.

Toutefois, les économistes et certains pays ont déjà démontré les bienfaits du protectionnisme dans certains cas. L'économiste allemand Friedrich List, a développé au XIXe siècle une théorie justifiant le protectionnisme pour "les industries naissantes". Il estimait que le protectionnisme était nécessaire à court terme pour amorcer le développement d'une industrie: "Le protectionnisme est notre voie, le libre-échange est notre but."

Cette théorie a été largement appliquée jusqu'à récemment dans les pays asiatiques* (Corée du Sud, Japon, Chine, Inde) qui ont protégé leurs industries non compétitives derrières des barrières commerciales élevées avant de s'ouvrir au marché. En revanche, la majorité des historiens économiques considèrent que la Grande Dépression a été aggravée par les mesures protectionnistes mises en place dans les années 30.

* A ce sujet, je me permets de recommander la lecture du support pdf de la conférence de Philippe Barrieu, le 28 janvier, pour l’AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ...

Voir La Mondialisation et les Pays Emergents.

Cet article est le 64ème sur ce blog dans la catégorie Capitalisme.

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