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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 22:25

 

Le gouvernement ne peut plus cacher la réalité

Nous ne sommes pas en récession, mais cela y ressemble. Les licenciements économiques (+ 5%), les jeunes (+ 4%), ont fait passer la barre des deux millions de chômeurs de catégorie 1, en octobre (+ 2,4%, + 46900).

Voici le tableau qu’on pouvait voir sur le site de Marianne le 27 novembre, signé Sylvain Lapoix.

Plus de deux millions de chômeurs en France en octobre!

 

42200 chômeurs de plus ? 45000 ? Les chiffres officiels sont bien pires : selon la Dares , le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 46900 en octobre, soit +2,4% par rapport au mois précédent. Sur l’année, l’augmentation aura été de +4,4% portant le nombre de chômeurs de catégorie 1 au delà de la barre symbolique des deux millions, à 2 004 500. En septembre, la hausse avait été de 8000 chômeurs, cinq fois moins. Plus de doute possible : la crise devient sociale.

Les moins de 25 ans durement frappés


Parmi les populations concernées, les jeunes de moins de 25 ans sont les plus frappés avec +4,3% de chômeurs sur le mois et +8,3% sur l’année. Les 25-59 ans sont 2,1% de plus en octobre à chercher un emploi (+3,5% sur l’année) et les plus de 60 ans 1,2% (+4,1% sur l’année).

En cause : licenciements économiques, fins de CDD et de contrats d’intérim


Les motifs du chômage sont très clairement marqués par la crise économique. Les fins de contrat d’intérim explosent de 11,5%,
alors qu’elles avaient décru de 1,5% en septembre . Au deuxième rang, les licenciements économiques, qui avait baissé de 2,6% en septembre, bondissent de 5,5%. Les non renouvellements de CDD mettent au chômage 2,7% de personnes en plus.

La tentative (ratée) de préparer l’opinion


Envoyés successivement au charbon, Eric Woerth et Laurent Wauquiez avaient bien tenté de donner un signal pour éviter la surprise.
Le premier avait insisté sur le fait que les heures supplémentaires n’empêcheraient pas la crise économique de générer du chômage. Le second avait avancé la fourchette , alors pessimiste, de 40 à 50.000 chômeurs de plus, annonçant une hausse plus importante qu’en août (+2,2%), et censée amorcer une année de hausse.

Difficile pour Christine Lagarde de brandir un de ses fameux euphémismes :
les 0,14% de croissance au troisième trimestre dont elle s’était félicitée n’ont pas empêché le recul de 5,5% des offres d’emplois à l’ANPE, sous les 300.000, totalisant 9,9% de baisse sur l’année. La récession «technique» n'est pas là mais le recul social la précède.

OCDE et Insee, les prochains chiffres qui vont faire mal


La ministre de l’Economie n’est pas au bout de ses peines :
elle qui s’agaçait déjà en juin dernier du « pessimisme » de l’Insee devra réagir jeudi 4 décembre à la publication du taux de chômage en France. Selon l’OCDE, il pourrait atteindre les 7,5% (contre 7,2% en septembre) et continuer de croître jusqu’en 2010 avec un pic à 8,7%. L’organisme table sur une homogénéisation du profil des demandeurs d’emplois , ne se concentrant plus sur les jeunes : du fait du ralentissement de la consommation et de la crise de confiance dans les entreprises, la croissance devrait freiner et l’emploi piler avec elle.

En attendant, fidèle à elle-même,
Christine Lagarde s’accroche aux réformes Sarkozy contre le chômage : création du Pôle emploi, augmentation de 100.000 du nombre de contrats aidés en 2009 et extension aux bassins d’emploi en difficulté du contrat de transition professionnel. Seul oubli dans le communiqué de Bercy: le total de 2 millions de demandeurs d’emploi, psychologiquement trop violent, peut-être. Tant qu’il y a de l’espoir…


Les associations de chômeurs en alerte rouge

 

Attention danger !" En lançant, jeudi 13 novembre, une campagne d'information sous ce titre, le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) cherche à mettre en garde les demandeurs d'emploi sur l'application de la loi du 1er août 2008 "relative aux droits et devoirs des demandeurs d'emploi", dont l'un des objectifs est de diminuer le nombre d'offres d'emplois non pourvues (…).

La suite de cet article paru le 14 novembre sur le site du Monde : Chômage : les associations dénoncent le nouveau dispositif, "machine à radiation"

 

La déflation menace l’économie

 

Je reçois gratuitement les courriels d’information sur les matières premières (www.publications-agora.fr). Ils contiennent des analyses et des prospectives intéressantes.

Voici un extrait de la publication parue le 28 novembre signée Isabelle Mouilleseaux.

 

 (…) Nous entrons dans un cercle vicieux

Si nous consommons moins, l'activité ralentit. Les entreprises doivent donc produire moins pour éviter d'accumuler des montagnes de stocks. Les fermetures d'usines et le chômage partiel font leur apparition. Les plans de licenciements commencent à tomber... C'est autant de demande potentielle en moins, car un chômeur consomme moins qu'un actif ! Le cercle vicieux est activé...

 

La valeur réelle de la dette augmente

La déflation va poser un autre souci majeur à l'économie mondiale : la valeur réelle des dettes augmente (contrairement à l'inflation qui allège la dette). Or jamais le monde ne s'est autant endetté que ces dernières années. Toutes les opérations financières ont été réalisées avec un endettement massif pour maximiser les retours sur investissement. Et les individus se sont aisément endettés pour acheter l'immobilier au prix fort et satisfaire leurs frénésies de consommation. Non seulement les actifs achetés au prix fort perdent leur valeur, mais en plus la valeur réelle de la dette qui a servi à les acheter s'accroît !

 

Pris en étau !

A votre avis : que font les individus et les entreprises (banques incluses) arrivés à ce stade ? Ils vendent leurs actifs pour rembourser leurs dettes. Et que se passe-t-il lorsque beaucoup d'actifs arrivent sur le marché alors qu'il n'y a pas d'acheteurs ? La valeur des actifs fond. C'est sans doute l'effet le plus dramatique d'une déflation : la valeur réelle de la dette augmente alors que celle des actifs diminue...

 

Tomber en déflation ? Rien de plus simple...

En revanche, en sortir est un terrible challenge. 20 ans que le Japon s'escrime à sortir de sa déflation... Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. La déflation commence à s'installer. Lentement mais sûrement. Elle n'est pas encore là, comme ce fut le cas dans les années 30. Voilà pourquoi il va falloir se battre. A coups de centaines de milliards de dollars.

 

Comment sortir de ce bourbier ?

Cela coûtera horriblement cher, il va falloir injecter des centaines de milliards dans le système bancaire, les marchés et l'économie. Si vous êtes excédé de voir des centaines de milliards d'argent public injectés dans le "système", mieux vaut vous y habituer rapidement. Nous sommes probablement très loin du compte.

Cet article est le 30ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

 

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 22:15

 

La division de la gauche a facilité la montée du nazisme

 

Ce jour où Oskar Lafontaine participait, à St-Ouen (93), au congrès fondateur du nouveau parti de gauche (PG) - voir Mélenchon à la recherche d'une nouvelle majorité de gauche" - je me suis tourné vers la gauche allemande.

 

J’avais rapporté sur ce blog les difficultés internes du SPD dans le land de Hesse (Francfort) – voir Allemagne : le SPD n'exclut plus de s'allier avec Die Linke en Hesse - 15 août 2008.

 

En fait, le SPD a fait capoter le projet de Mme Ypsilanti, qui voulait former une coalition de gauche incluant le parti Die Linke (La Gauche).

 

Edouard Husson* qui, chaque semaine, écrit son journal sur le site de Marianne, est revenu sur « la débâcle de Hesse » dans « Ma semaine allemande », par Édouard Husson (Marianne, 22 novembre) :

 

Le prix de l’humour politique involontaire est décerné à Franz Müntefering pour l’entretien qu’il a accordé au Spiegel de la semaine du 10 novembre. Il y affirme n’être pour rien dans la débâcle du SPD en Hesse – Madame Ypsilanti, qui voulait former une coalition de gauche incluant Die Linke a perdu le soutien de quatre membres du SPD au moment du vote. De deux choses l’une : si le secrétaire général du SPD dit la vérité, il révèle son incapacité à saisir l’enjeu que représentait la formation de cette coalition pour les prochaines élections générales (septembre 2009) et l’on peut douter de sa capacité à diriger la future campagne du SPD aux élections générales de septembre 2009; s’il avait au contraire conscience de l’enjeu, c’est qu’alors il ne dit pas la vérité sur le comportement de la direction berlinoise face aux débats internes au SPD de Hesse.

L’interprétation la plus clémente de ce qui s’est passé est que MM. Steinmeier et Müntefering ont été satisfaits d’écarter Madame Ypsilanti, dont l’étoile aurait grandi dans le parti – au détriment de l’aile schroederienne – si elle avait réussi à constituer un gouvernement SPD-Verts-Die Linke. Et il est probable qu’ils suivaient l’affaire de très près et ont beaucoup fait pour que « l’union de la gauche » échoue en Hesse. Ils finiront par la faire, pris de panique devant les mauvais sondages, dans quelques mois, sans Madame Ypsilanti, dont le talent politique leur fera défaut.
 

 

* Édouard Husson est historien de l’Allemagne contemporaine. Il était intervenu (voir L’Allemagne, entre Europe et mondialisation), lors du colloque de la Fondation Res Publica, le 17 mars 2008, qui avait pour thème L'Allemagne au sommet de l'Europe ?  

 

La semaine précédente (15 novembre) dans Marianne, Edouard Husson avait publié un article très intéressant, concernant la division de la gauche au moment de la naissance de la première République allemande, en 1918 (cliquer sur le titre) :

Ma semaine allemande : les tragiques divisions de la gauche

 

Quatre-vingt-dixième anniversaire du renversement de l’Empire allemand. Le 9 novembre 1918, une première république était fondée en Allemagne. Cependant, avant même que les nazis ne fussent en mesure de tuer la République, celle-ci était quasiment mort-née car la gauche allemande se divisa d’emblée à son sujet. Il y eut même deux proclamations de la République, le 9 novembre 1918, l’une par Philippe Scheidemann, au nom du SPD, et l’autre par Karl Liebknecht, au nom de ce que l’on appelle aujourd’hui « la gauche », Die Linke.

Contrairement à une légende bien enracinée, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg n’étaient pas des « bolcheviques » - le parti communiste allemand, fondé en janvier 1919, n’était pas à l’origine affilié à Moscou. C’est important à répéter lorsqu’on nous rebat les oreilles concernant le PDS et Die Linke aujourd’hui. Le PDS d’après 1989 n’a fait que renouer avec la tradition du début 1919, celle d’un parti communiste allemand indépendant de Moscou. En s’alliant à Oskar Lafontaine voici trois ans, le PDS a retrouvé l’esprit de la première révolution allemande, celle du 9 novembre 1918, lorsque les spartakistes étaient encore membres de l’USPD, le « SPD indépendant», qui s’était séparé du SPD en pleine Première Guerre mondiale en refusant de cautionner plus longtemps le soutien social-démocrate à la guerre.

Suffirait-il de changer les noms ? Oskar Lafontaine n’a-t-il pas quitté le gouvernement de Gerhard Schröder, entre autres raisons, du fait de l’entrée de l’Allemagne dans une nouvelle guerre des Balkans, la guerre du Kosovo ? Le PDS, et aujourd’hui Die Linke, ne sont-ils pas, depuis la réunification, les partis politiques allemands qui prônent une politique étrangère pacifique correspondant aux aspirations profondes de la population allemande – exactement comme l’USPD et le KPD étaient les seuls partis, début 1919, à répondre aux attentes de paix de la population (avant que le traité de Versailles ne vienne tout gâcher) ?  

Le drame de la première révolution allemande vint du comportement de la direction du SPD. Friedrich Ebert, premier chancelier (puis premier président de la République), auteur de la célèbre formule
« Je hais la révolution comme la peste », sabota d’emblée le travail des « conseils », qui n’étaient en rien des « soviets », là aussi contrairement à une légende tenace mais des sortes d’Etats généraux permanents de la gauche, au sein duquel siégeaient ensemble SPD et USPD.

Ces conseils avaient un programme modéré (journée de travail de huit heures, négociations collectives dans les entreprises, nationalisations de l’industrie lourde, démocratisation de l’accès au grade d’officier). Rien n’aurait dû détourner Ebert d’appliquer ce programme mais,
realpoliticien au petit pied, il laissa pourrir les délibérations des conseils, passa un accord secret avec les élites d’Ancien régime puis, lorsque l’extrême gauche sortit de l’USPD et se radicalisa (soulèvements à partir de janvier 1919), il la fit réprimer par les milices fascistes qu’étaient déjà les corps francs.

 

Même quand l’on déteste légitimement le bolchevisme auquel le KPD se rallia, dans le courant de 1919, pour échapper à l’écrasement, comment ne pas comprendre les accusations de « social-traître » ou « social-fasciste » proférées par les communistes allemands envers le SPD tout au long des années 1920.

La division de la gauche fut tragique au moment de résister à la montée en puissance du nazisme mais, contrairement à ce que dit notre bien-pensance, le SPD portait en l’occurrence la plus lourde responsabilité : la social-démocratie était à l’origine du fossé sanglant qui la séparait du KPD. Il est tragique que le communisme allemand soit revenu, en 1945, dans les fourgons de l’Armée Rouge, que le régime de RDA ait été imposé à vingt millions d’Allemands, mais l’Occident qui refusa toutes les offres de règlement de l’URSS dans les années 1950 a largement contribué à prolonger ce cauchemar. Laissons à la RDA sa fin pacifique et l’ouverture, finalement volontaire, du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989.

Ce qui est terrible dans l’actuelle politique allemande, c’est que le SPD n’a toujours pas pris la mesure, semble-t-il, de cette histoire tragique de la gauche allemande au XXe siècle.

Le 9 novembre 1989 refermait la parenthèse tragique ouverte en 1918-1919. On ne pouvait que se réjouir de l’évolution menant du SED (le parti communiste est-allemand inféodé à Moscou) au PDS, un parti communiste redevenu indépendant et démocratique.

 

 Die Linke est la preuve d’une possibilité de réunification de la gauche allemande dans l’esprit du socialisme démocratique indépendant (USPD) de 1917-1919. Ce que Madame Ypsilanti a voulu réaliser en Hesse, l’union de la gauche, c’était renouer définitivement avec ce qui devra être demain le comportement normal des partis de gauche en Allemagne : leur alliance pour donner une traduction concrète à la majorité politique potentielle qu’ils ont dans le pays.

Lorsque Franz Müntefering exige du SPD de Hesse une auto-critique (Süddeutsche Zeitung, 10.11.2008) pour avoir suivi la politique d’union de la gauche, qui a finalement échoué, de Madame Ypsilanti, il oublie de nombreuses réalités :

 

1. la direction nationale du SPD avait interdit à la présidente aujourd’hui démissionnaire du SPD de Hesse, lors des dernières élections de Land, de prôner l’union de la gauche, ce qui a empêché une victoire de celle-ci, pourtant possible ;

2. Après que Madame Ypsilanti eut patiemment recollé les pots cassés, c’est Franz Müntefering lui-même qui a provoqué, la semaine dernière, un nouvel échec de l’union de la gauche, pourtant à portée de main, en convainquant quatre députés SPD de lâcher la présidente du SPD du Land.

 

« Auto-critique » ? La référence à la grande époque des procès politiques communistes ne surgit pas là où on l’attendrait si l’on croyait la pensée dominante, consistant à diaboliser a priori Die Linke.

Le comportement le plus autoritaire ne se trouve plus, aujourd’hui, du côté de Die Linke mais du SPD. Franz Müntefering est le digne héritier de Friedrich Ebert.

Même si les circonstances ne sont pas aussi tragiques que dans l’entre-deux-guerres, le comportement des schroederiens n’est pas bon pour la démocratie allemande, qui a besoin d’une gauche allemande unie et forte.

 

Aujourd’hui il ne s’agit plus de lutter pour la vie de la République en Allemagne mais de se donner les moyens de résister à la perte de substance pour la démocratie que constitue une mondialisation que les élites veulent soustraire au contrôle des peuples. On lira à ce propos les analyses  lumineuses d’Emmanuel Todd dans son nouveau livre : Après la démocratie (éd. Gallimard, 2008).
 
Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 21:35

 

Aubry et Royal ensemble pour changer le PS ?

 

La première impression n’était peut-être pas la bonne. Dans un premier temps, après la confirmation de l’élection de Martine Aubry par le Conseil national du PS, on avait pu croire que Ségolène Royal camperait dans une attitude d’opposition. Mais elle en est sortie bien vite, aidée par ses proches.

 

Depuis leur rencontre au siège du PS mercredi, et avant celle prévue demain, il apparaît clairement que les deux femmes travaillent sur un projet d’accord pour la rénovation de leur parti.

 

C’est dans leur intérêt bien compris, car les adhérents du PS ont marqué leur préférence pour un changement en profondeur et un ancrage à gauche, non seulement en opposition à la politique de la droite au pouvoir, mais aussi dans un but positif de trouver des solutions à la crise.

 

C’est ce que j’avais conclu après avoir suivi les débats du congrès de Reims (voir Michel Sorin : le congrès PS ne prendra fin que le 22 novembre - 16 novembre 2008).

 

Quelques jours auparavant, j’avais titré mon article sur ce blog : PS : Royal et Hamon, chacun avec sa stratégie de rénovation à gauche -13 novembre 2008. Ces deux forces de renouvellement avaient la capacité de mobiliser les militants et je souhaitais qu’elles puissent s’entendre.

 

Deux articles de presse, ce jour, vont dans le sens du rapprochement Aubry-Royal :  

- Entre Martine Aubry et Ségolène Royal, le climat est à la détente (Jean-Michel Normand, Le Monde, 28 novembre)

- Le camp Royal veut participer à la direction du Parti socialiste (Le Monde, 28 novembre)

Mais ce sont des postures de négociation qui pourraient être balayées par des vents contraires. Il suffit de lire d’autres articles depuis deux jours pour s’en convaincre. Ainsi :
L’impasse des gauches européennes (Bernard Guetta, Libération, rubrique Rebonds, 26 novembre)  
Gauches françaises, gauches italiennes, même péril (Marc Lazar, Libération R, 27 novembre)
PS : troisième tour dans un an (Alain Duhamel, Libération R, 27 novembre)

 

Royal se taille un poste de première secrétaire bis du PS (Julien Martin, Rue89, 27 novembre)

 

Je ne partage pas l’ensemble des analyses présentées ci-dessus, même si elles ont toutes une part de vérité. Le PS a un tel besoin de renouvellement interne et de reconnaissance dans l’opinion publique qu’il en sortira par le haut. Il est au bord du précipice...

 

Dans ces conditions très difficiles, Aubry et Royal sont capables de s’entendre pour changer le PS et mettre en avant des plus jeunes, comme Hamon, Peillon, Bachelay, dotés de grandes qualités. A vérifier...

 

Cet article est le 98ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 18:08

 

Appel à concertation avec les partis politiques

 

Le collectif « Pas touche au Livret A ! » vient de saisir, ce 28 novembre, le PCF, la LCR, le MRC, les Verts et le Parti socialiste d'une demande d'entrevue afin  de débattre, dans le contexte actuel de crise financière, économique et sociale, de " la faisabilité d’initiatives, voire d’une proposition de loi, susceptibles d’être portées publiquement et conjointement"  pour la mise en place d'un "pôle public financier".

 

Voici le contenu du courrier qu’il a adressé aux partis qui ont avancé l’idée de créer un pôle public financier (au sein du PS, Benoît Hamon l’avait évoquée dans sa motion de congrès).

 

Notre Collectif s’est constitué autour d’un objectif : la défense du système de distribution et de centralisation du Livret A* au service du financement du logement social et de la lutte contre l’exclusion bancaire.

 

Le gouvernement a procédé, à travers la loi de modernisation de l’économie**, non seulement à  la libéralisation de ce système de financement, à la demande de banques commerciales ayant saisi la Commission européenne, mais également, ce qui n’était pas exigé par Bruxelles et redouté par le mouvement HLM soutenu par l’ensemble des associations d’élus locaux, à la remise en cause de la centralisation complète des fonds collectés sur Livret auprès de la CDC.

Au-delà, la LME prévoit l’extinction des missions d’intérêt général confiées au réseau des Caisses d’Epargne et cantonne la lutte contre l’exclusion financière auprès de la seule Banque postale.

 

Le groupe Caisse d’épargne*** a été durement affecté par une perte de trading de 750 millions d’euros. Il envisage de procéder à la fermeture d’un grand nombre d’agences et à la suppression de 4 500 emplois. Selon le journal Les Echos de ce jour le groupe Caisses d’épargne devrait connaître, en 2008, les premières pertes de son histoire.  La société Natixis est confrontée aux plus graves difficultés.

 

Aujourd’hui, le gouvernement envisage la privatisation de la Poste****. Il s’apprête également à rendre public un décret révisant à la baisse, par rapport aux engagements de Christine Lagarde lors du débat sur la LME, le taux de centralisation du Livret A auprès de la CDC (ce projet de décret a reçu un avis négatif de la commission de surveillance de la CDC et a amené l’Union sociale pour l’Habitat a protesté publiquement par voie de communiqué).

 

Ces jours derniers, le Président de la République a annoncé la création d’un Fonds stratégique, filiale de la CDC, qui constitue une menace de détournement et de dépeçage des actifs de la CDC, qui sont normalement la propriété de la République et ce dans la totale ignorance des prérogatives de contrôle du parlement sur la CDC et de l'autonomie de cette dernière vis-à-vis du pouvoir exécutif.

 

Au cours des dernières semaines, pour répondre aux enjeux de la crise financière, lutter contre la spéculation et réorienter le crédit,  la nécessité de mettre en place un « pôle public financier » est réapparue dans le débat public.

 

Comme vous le savez, cette proposition est partagée de longue date par différentes forces politiques, syndicales et associatives.

Nous souhaitons vivement vous rencontrer afin d’avoir un échange approfondi sur cette question et étudier la faisabilité d’initiatives, voire d’une proposition de loi, susceptibles d’être portées publiquement et conjointement par ces différentes forces.

 

 * Livret A : 4% aux épargnants, des liquidités aux banques par la loi - 18 juillet 2008

 

** La loi de modernisation de l'économie, adoptée par le Parlement - 23 juillet 2008

 

*** Le groupe Caisse d'Epargne devrait tomber dans le rouge cette année  (Les Echos, 28 novembre 2008)

 

**** Privatisation de La Poste : le comité national alerte les maires - 27 novembre 2008

 

 Cet article est le 22ème sur ce blog dans la catégorie Le logement

 

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 22:43

 

Le gouvernement sous-estime l’ampleur de la crise

 

Le nouveau sénateur Chevènement réveille la haute assemblée parlementaire par ses interventions toniques et fort argumentées. S’exprimant, hier, dans le cadre du débat budgétaire, il a montré le manque de volontarisme du budget 2009 de la France, parce que le gouvernement est pris à contre-pied par la crise et, de plus, il en sous-estime la gravité.

 

Voici cette intervention qu’on peut retrouver sur son blog, en cliquant sur le titre.

 

Croissance, Budget, déficit, dette : Jean-Pierre Chevènement interpelle le gouvernement

 

Un budget déflationniste et laxiste face à la crise

 

Le gouvernement nous a fait une présentation quelque peu lénifiante du projet de loi de finances pour 2009. Selon M. Woerth, si le déficit budgétaire va dépasser le seuil de 3 % du PIB en 2009, il ne s’agit que d’une « évolution conjoncturelle », je le cite. Le gouvernement aurait simplement choisi de laisser jouer les « stabilisateurs automatiques » : en d’autres termes, il ne change rien aux dépenses en dehors des hypothèses révisées sur la charge d’intérêt et les dépenses indexées. Il prend acte par avance de la baisse anticipée des recettes (7 Milliards) et nous présente un déficit budgétaire à hauteur de 57,6 Milliards d’euros. Dans ces conditions, la dette publique qui atteignait 1.269,3 Milliards d’euros au 30 juin 2008 devrait dépasser 66% du PIB dès 2009. Le gouvernement prétend faire rapidement diminuer la dette pour la ramener à 61,8 % du PIB en 2012. Objectif parfaitement irréaliste !

En fait vous réussissez ce miracle, M. le Ministre, de nous présenter un budget déflationniste et laxiste à la fois. C’est le contraire d’un budget volontariste face à la crise. Un seul exemple : le gouvernement en affichant une haute priorité pour l’université et la recherche supprime 900 emplois dans l’enseignement supérieur !

Vous êtes pris à contre-pied. Certes, vous renoncez à comprimer davantage les dépenses ou à recourir à des impôts nouveaux et de ce point de vue je ne saurais que vous approuver : il ne faut pas ajouter la crise à la crise.

 

Mais quelle frilosité, M. le Ministre, dans votre politique ! Certes M. Sarkozy a annoncé hier à Valenciennes un plan de relance dont on dit qu’il atteindrait 20 milliards d’euros, soit 1 % du PIB. Mais aux Etats-Unis, on parle de 5 à 700 milliards de dollars, soit 5 % du PIB, et M. Obama a annoncé vouloir créer 2,5 millions d’emplois nouveaux d’ici 2011. De même, M. Brown prévoit une relance budgétaire massive en Grande-Bretagne, avec la baisse de 2,5 points de la TVA et un déficit budgétaire qui pourrait atteindre 8 % du PIB.

 

En réalité nous sommes prisonniers au sein de la zone euro, de la frilosité de Mme Merkel. Bien que l’Allemagne dispose d’une marge budgétaire conséquente, puisque son déficit budgétaire ne dépasse pas 0,5 % du PIB, le gouvernement fédéral refuse le rôle de locomotive européenne qui lui incomberait pourtant naturellement. La relance européenne sera insuffisante et elle ne contribuera pas à une stratégie de relance coordonnée à l’échelle mondiale, pourtant affirmée par le G20 à Washington le 15 novembre. Nous attendons donc du gouvernement et de la Présidence française de l’Union européenne beaucoup plus d’audace politique et stratégique.

Trente années de politiques inadaptées, à l’origine de la dette

 

En réalité, vous êtes victime de la campagne culpabilisatrice que vous avez vous-même orchestrée sur la base du rapport Pébereau sur la dette de 2006.

Puisqu’il est question de la dette, parlons-en : il n’est pas difficile de montrer que l’Etat a été depuis trente ans l’artisan de sa propre déshérence financière, pour reprendre l’expression de l’économiste Jean-Luc Gréau.

De 1974 à 1982 il a vécu sur l’illusion d’un retour rapide à la grande croissance des trente glorieuses. Puis, victime de sa propre politique de désinflation compétitive, il a accepté tout au long des années quatre-vingt, de payer des taux d’intérêt assassins. La dette publique qui était de 21 % en 1980 est passée à 32 % du PIB en 1991, mais le pire est venu quand, après avoir signé les accords de Maastricht, le gouvernement français, s’étant rendu prisonnier d’une parité fixe avec le mark allemand pour préparer l’union économique et monétaire, a installé l’économie française dans la récession en 1993, puis dans la stagnation, creusant les déficits et faisant bondir l’endettement public à 58 % du PIB en 1998 : plus vingt-six points d’endettement supplémentaires en sept ans de 1991 à 1998. Enfin, pour les dix dernières années, nous nous sommes installés dans la facilité.

 

Cette situation regrettable n’est devenue dramatique, que parce que vous l’avez dramatisée à souhait, à des fins politiques, pour faire accepter comme une nécessité la politique de rigueur budgétaire. La vérité est que la France n’est pas ruinée : sa position nette vis-à-vis de l’extérieur reste créditrice, même si elle est entamée par la succession des déficits commerciaux, indicateur au moins aussi préoccupant que celui de la dette publique.

Le Japon a une dette publique supérieure à 150 % de son PIB, mais il dispose des deuxièmes réserves de change du monde. A l’inverse, les Etats-Unis dont l’endettement conjugué des ménages et de l’Etat a gonflé la dette extérieure jusqu’à représenter dix-huit mois d’exportations, sont exposés à une crise de leurs paiements extérieurs et de leur monnaie, qui chacun le sait, est aussi la monnaie mondiale.
La France, quant à elle, n’est pas menacée de faillite par la taille de sa dette publique, comparable voire inférieure encore à celle de beaucoup de pays développés (Etats-Unis, Japon, Italie, Belgique). Ce qui la menace, c’est la perte de compétitivité du site de production national, notamment automobile, du fait de la surévaluation de l’euro, de l’atonie de la demande en Allemagne et en Italie, du processus continu de délocalisation au bénéfice des pays à bas coûts salariaux et de l’absence totale de protection du marché européen.

La dette publique n’est qu’un élément parmi d’autres. Les ménages français sont beaucoup moins endettés que les ménages américains : 60 % de leurs revenus contre 150% aux Etats-Unis, et même que les ménages britanniques ou espagnols. La dette doit être appréciée globalement, quels que soient les agents qui la portent.

Le grand atout de la France, c’est l’importance de son épargne, et particulièrement de l’épargne des ménages – près de 15 % de leurs revenus alors que l’épargne des ménages américains n’atteint que 0,6 % de ceux-ci. La dette française est soutenable. Elle est aux mains, pour plus de moitié, des résidents, et ceux-ci détiennent une partie de la dette publique étrangère. La France est un pays solvable. Le problème est de faire de notre remarquable capacité d’épargne un véritable levier de développement face à la crise.

Ainsi le problème de la dette doit être analysé dans la durée. En dehors d’une hypothèse de monétisation de la dette, chose concevable au Japon et même aux Etats-Unis, mais que la Banque Centrale européenne s’interdit, ou d’une hypothèse d’inflation qui diminue objectivement le montant de la dette en euros constants, la gestion de la dette publique doit essentiellement s’inscrire dans le meilleur « trend » de croissance possible pour l’économie française.

Le retour de l’Etat doit être durable pour servir l’intérêt à long terme du pays

 

C’est à cela que doit tendre la politique du gouvernement. Partout dans le monde on assiste à un grand retour du politique et n’ayons pas peur du mot, à un grand retour de l’Etat. La vraie question est de savoir comment vous le concevez : soit comme un expédient provisoire, une parenthèse interventionniste qu’on ouvre à regret, avec l’intention de la refermer dès que possible, et c’est bien évidemment la perspective dans laquelle vous vous placez. Vous faites comme si les critères de Maastricht n’étaient que momentanément suspendus, et que les règles européennes, en matière de concurrence et de prohibition des aides d’Etat, devaient à nouveau s’appliquer demain avec toute leur rigueur aveugle. C’est sous-estimer beaucoup l’ampleur de la crise.

Il faudrait vous placer dans une tout autre perspective, beaucoup plus audacieuse, celle d’un Etat anticipateur et programmateur, attaché à transformer durablement l’abondante épargne liquide dont nous disposons pour favoriser en France même des investissements de long terme qui garantiront notre croissance ultérieure : famille, éducation, recherche, innovation, infrastructures énergétiques et de transports ferroviaires, logement social, économies d’énergie, hôpital public, voitures propres.

Et il faudrait pour cela s’appuyer sur les collectivités locales auxquelles vous tenez la bride trop serrée.
Nos possibilités de croissance dans le long terme conditionnent la solvabilité future de la France. La dette publique est un problème intérieur dont je ne conteste pas qu’il faut le gérer avec sérieux. Ce qui est déterminant, c’est la balance extérieure de la France.

 

Bref, il faut renverser l’ordre des facteurs et se préoccuper davantage des institutions publiques ou privées, Caisse des Dépôts ou autres institutions bancaires qui nous permettront de transformer utilement notre épargne dans l’intérêt national, notion trop souvent oubliée au profit de règles de gestion à courte vue.

C’est la protection et le développement du site de production France qui nous permettra de maîtriser à long terme le problème de la dette. Encore faut-il que le gouvernement prenne les moyens d’une politique ambitieuse, notamment vis-à-vis des banques, bref qu’il ne se contente pas de mesures palliatives mais inscrive ses choix dans une perspective où l’Etat n’aura pas peur de son ombre en Europe comme en France même. C’est évidemment une toute autre histoire. Encore faudrait-il avoir la volonté d’ouvrir cette page-là …


Voir les actes du colloque de la Fondation Res Publica (24 avril 2006) : Finances publiques et pérennité de l'Etat.

 

Voir aussi l’intervention, ce 27 novembre, de Jean-Pierre Chevènement au Sénat : Le sénateur Chevènement demande au gouvernement d'agir pour soutenir et protéger le secteur automobile

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen propose, le 4 décembre 2008, de réfléchir en profondeur aux moyens de sortir de la crise :

 

Réunion publique du MRC : Face à la crise, que faire ?

Le Mouvement Républicain et Citoyen vous invite jeudi 4 décembre à 18h30 à une réunion publique ouverte à tous, avec les thèmes et invités suivants :

- La reprise en main par l'Etat de la banque et de la finance, par Jacques Sapir, directeur d'études à l'EHESS (dernier ouvrage paru : "Le nouveau XXIè siècle", Seuil, 2008) ;

 
- L'incontournable réorientation de la gauche en Europe, par Ernst Hillebrand, directeur du bureau parisien de la Fondation Friedrich Ebert (voir ses articles dans Le Débat, la Revue socialiste, etc.) ;

 
- Sortir du libre-échange, par Jean-Luc Gréau, économiste (dernier ouvrage paru : "La trahison des économistes", Le Débat-Gallimard, 2008) ;

 
- La France dans le monde qui vient, par Jean-Pierre Chevènement, président du MRC, sénateur du Territoire de Belfort.

 

Cet article est le 2ème sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

 

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 18:29

 

Les maires et les citoyens en faveur du statut public

 

Le projet de la direction de La Poste, soutenu par le gouvernement, est maintenu, malgré les conditions économiques défavorables (voir l’article de Anne Michel, paru dans Le Monde, le 22 novembre Sur fond de manifestations, La Poste voit s'éloigner la perspective d'une mise en Bourse).

 

Samedi 22 novembre, en Mayenne, comme partout en France, ont eu lieu des manifestations contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal.

 

En Mayenne, le collectif mayennais pour la défense du service public postal (defendons.la.poste.53@voila.fr) était présent, de 10h30 à 12h devant de nombreux bureaux de poste, distribuant le tract « Ensemble, disons NON à la privatisation de La Poste » et proposant la signature de la pétition nationale "Appel pour la Poste".

 

Etant présent devant le bureau de poste de Saint-Berthevin, avec Gérard Beillard, aux côtés de René Lequiller et Joseph Couasnon, militants CGT, je puis témoigner du soutien massif apporté par les citoyens à notre démarche.

 

L’après-midi, à 15h, le collectif avait appelé au rassemblement, place du jet d’eau à Laval.

 

Rappel : la question de l’ouverture du capital de La Poste a fait l’objet de plusieurs articles sur ce blog :

 

MRC : la mobilisation populaire face à la privatisation de La Poste - 2 octobre 2008

 

Privatisation de La Poste : la droite hésite mais maintient le cap - 2 novembre 2008

 

Comme nous l’avions fait en Mayenne le 18 octobre dernier, lors de l’assemblée générale des maires et adjoints de la Mayenne, devant l’entrée de la salle polyvalente de Laval (voir Défense du service public postal, un collectif s'adresse aux maires 53 - 16 octobre 2008), le comité national était présent le 26 novembre, à Paris, lors du congrès des maires.

 

Voici le communiqué publié à cette occasion, hier 26 novembre, par le Comité National de mobilisation contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal.

 

Le Comité National alerte les maires

 

Le comité national de mobilisation contre la privatisation de La Poste, qui regroupe plus de 50 organisations syndicales, politiques et associatives, a organisé ce matin une distribution de tracts devant le congrès des maires. Les 5 000 tracts distribués ont permis d’alerter les maires sur les dangers d’une privatisation de La Poste et de démasquer la communication de La Poste et du gouvernement.

 

En effet, si, côté cour, ces derniers affirment que les missions de service public seront assurées en cas de changement de statut, côté jardin, les projets les plus régressifs fleurissent sur cette question.

 

La direction générale des entreprises (service de Bercy) présente dans une étude concernant le coût du service universel un étrange schéma où la distribution du courrier n’est plus assurée que 3 jours par semaine en zone rurale et 5 jours par semaine en zone urbaine. Certes, il ne s’agit pas (encore ?) d’une décision, mais que le gouvernement évoque ces possibilités représente déjà en soi une lourde menace et démontre combien le maintien et l’amélioration du service public sont bien éloignés des préoccupations de nos gouvernants.

 

Un projet de la direction de La Poste expose clairement la généralisation des CIDEX (distribution regroupée dans des batteries de boîtes aux lettres à l’entrée des villages ou de lotissements, par exemple). Selon ce projet, ce type de distribution qui ne représente qu’1 % du total de la distribution devrait atteindre 37 % dans 10 ans. Ce serait la fin, pour beaucoup, du contact quotidien avec le facteur, pourtant un élément essentiel du lien social.

 

La direction de l’Enseigne (nouvelle appellation du réseau des bureaux de poste) affirme que 3000 bureaux (près de 30 % des bureaux existants), qui ont moins de 18 heures d’ouverture hebdomadaire devraient être transformés en agences postales communales ou hébergés chez un commerçant avant fin 2010.

 

Le Livret A est l’instrument principal de lutte contre l’exclusion bancaire. Or, les dirigeants de La Poste rappellent que si La Banque Postale a l’obligation d’ouvrir un Livret A à toute personne qui en fait la demande, rien ne l’oblige à effectuer ce type d’opération dans l’ensemble des bureaux. Une réduction du nombre de bureaux permettant l’ouverture d’un Livret A représenterait un recul de l’accessibilité bancaire et des difficultés supplémentaires pour des usagers déjà en difficulté.

 

Ces attaques directes contre le service public ont été formulées très récemment, c’est-à-dire dans le contexte, pour la direction de La Poste et de sa tutelle (Bercy), d’une ouverture du capital. C’est la preuve formelle qu’un changement de statut ne garantit en rien le maintien de service public, au contraire.

 

Ces éléments encouragent les organisations regroupées au sein du comité national à se mobiliser contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal.

 

 

Cet article est le 14ème sur ce blog dans la catégorie Services publics.

 

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 23:50

 

La route de la refondation de la gauche est longue

 

En proclamant Martine Aubry première secrétaire du PS, hier, salle de la Mutualité à Paris, le Conseil national n’avait pas la tête à faire la fête. Peut-être avait-il conscience que le PS d’Epinay était mort et qu’une période de transition allait commencer. François Hollande avait sauvé les apparences de la vie. Martine Aubry va prendre les problèmes à bras-le-corps et tenter d’y apporter des réponses.

 

Comme l’indiquait, ce soir, une dépêche Reuters rapportée par Le Monde, sous le titre « Martine Aubry, premier secrétaire aux pieds d’argile » : « Elue de justesse à la tête du Parti socialiste, Martine Aubry est confrontée à deux défis : construire une majorité et composer une direction, ce qui, au vu des divisions qui minent les socialistes, risque de virer au cauchemar ».

 

Le congrès de Reims n’a pas dégagé d’orientation majoritaire. L’alliance tactique entre Aubry, Delanoë et Hamon, était purement défensive, face aux assauts de la candidate aux élections présidentielles, passée et futures. Benoît Hamon, qui a fait une bonne campagne et un bon résultat le 20 novembre, ne veut pas participer à ce qui ressemblerait aux années Hollande.

 

« Le jeune député européen pose des conditions pour rejoindre la majorité "aubryste": un accord sur le contenu politique et sur la stratégie de rassemblement de la gauche. Il estime être le seul à porter le double message envoyé par les militants lors du congrès : ancrage à gauche et renouvellement ».

 

Martine Aubry a repoussé le prochain Conseil national au 6 décembre, afin de pouvoir présenter des orientations et une direction cohérentes.

 

Dans l’immédiat, attardons-nous sur l’analyse du passé en lisant des articles de presse concernant la période agitée que le PS vient de vivre.

 

Au-delà de la tragi-comédie socialiste, par Rémi Lefebvre (Le Monde, 25 novembre),

 

Un psychodrame malheureusement prévisible (Paul Quilès,  23 novembre),

 

Comment vote-t-on au Parti socialiste ? (Thomas Piketty, Libération, 25 novembre),

 

Maladie du PS, énarques et analyse inactuelle sur la défaite de 2012 (Le Monde, Opinions, 26 novembre),

 

Comment Aubry a conquis le PS (Christine Garin, Le Monde, 26 novembre)

 

Deux PS pour le prix d’un ! (Marianne, 26 novembre).

 

Et commençons à regarder vers l’avenir.

 

Ségolène Royal déjà en campagne pour 2012 ! (Marianne, 26 novembre),

 

Les douze travaux de Martine Aubry (Le Figaro, 26 novembre).

 

 

Tous les épisodes précédents sont à lire sur ce blog, en cliquant sur Gauche France 2007-08

 

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 22:48

 

Nouvelle donne dans le même parti socialiste

 

Le congrès PS de Reims, les 14, 15 et 16 novembre, s’était achevé sans adopter de motion d’orientation, en raison de l’incapacité entre les dirigeants des trois motions Aubry (24%), Delanoë (25%), Hamon (19%), potentiellement majoritaires ensemble, à s’accorder sur un candidat commun à présenter face à Ségolène Royal (29%) à l’élection du premier secrétaire.

 

Cette élection s’est déroulée sur deux jours, les 20 et 21 novembre, aucun des trois candidats n’obtenant la majorité absolue au premier tour. Ségolène Royal (43%) bénéficiait d’une grande part des voix qui s’étaient portées sur la motion Delanoë, alors que celui-ci avait demandé à ses électeurs de voter pour Martine Aubry, laquelle obtenait 34%, ce qui, en ajoutant les voix qui étaient allées sur Benoît Hamon (23%) devaient lui permettre d’emporter assez facilement le second tour.

 

Il n’en fut rien puisque les deux candidates du second tour arrivaient à quasi égalité le 21 novembre, le résultat enregistré les séparant de 42 voix en faveur de Martine Aubry. La commission de récolement a procédé aux vérifications et rendu son verdict ce soir : 102 voix en faveur de Martine Aubry, qui est donc élue au poste de premier secrétaire. Une première, historique, pour une femme au parti socialiste.

 

Son élection a été ratifiée par le conseil national à une forte majorité des deux tiers, qui correspond à la réalité du rapport de forces, désormais, entre la majorité et l’opposition au sein du parlement socialiste.

 

Il revient maintenant à Martine Aubry de composer son gouvernement (le secrétariat national) et le faire ratifier par le parlement (le conseil national). C’est alors qu’on verra le degré de changement et d’engagement des uns et des autres. Benoît Hamon et ses amis accepteront-ils de s’engager pleinement dans l’équipe Aubry si les proches de Bertrand Delanoë y sont très bien représentés ?

 

On peut prévoir une opposition tenace de la part de Ségolène Royal et une rivalité farouche entre les deux femmes. Reste à savoir si cela va entraver la rénovation du PS ou la favoriser. Les autres partis de gauche auront un rôle à jouer ; le MRC répondra présent.

 

Une courte revue de presse :

 

Elue premier secrétaire du PS, Martine Aubry se sent "une responsabilité lourde" (Nouvel Observateur, 25 novembre)

 

PS : Aubry enfin élue, Royal entre dans l'opposition (Rue89, 25 novembre)

 

Tous les épisodes précédents sont à lire sur ce blog, en cliquant sur Gauche France 2007-08

 

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 23:11

 

Les élections européennes en ligne de mire de DLR

 

Nicolas Dupont-Aignan a de la constance dans ses idées. En 1999, il créait un club de réflexion « Debout La République » avec des élus RPR opposés au traité d’Amsterdam. Depuis 2007, ce club avait coupé tout lien avec l’UMP. Hier, il s’est transformé en parti politique.

 

Il est vrai que le député de l’Essonne, qui se présente comme « gaulliste et républicain », avait voté Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007 et avait été élu à l’élection législative en l’absence de candidat UMP sur sa circonscription. Mais il est entré très tôt en opposition à la politique du président de la République et de son gouvernement, au point de siéger parmi les non inscrits.

Les élections européennes, qui auront lieu en juin 2009, l’ont conduit à accélérer le pas (voir Nicolas Dupont-Aignan veut créer "la surprise" aux européennes, Le Monde, 24 novembre).

Voir aussi le site du Nouvel Observateur, 23 novembre (cliquer sur le titre) :

 

Dupont-Aignan lance son parti

 

Voici la dernière partie de l’article, sous le titre "Transcender le combat gauche-droite".

Se présentant comme un "gaulliste et un républicain" voulant "transcender le combat "gauche-droite", Nicolas Dupont-Aignan veut lancer DLR dans le combat électoral, en commençant par les européennes de 2009, pour lesquelles il espère pouvoir présenter des listes dans toutes les circonscriptions.
Récusant le qualificatif de "souverainiste", il a exclu toute alliance avec le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers.
Au départ un simple club fondé en 1999 avec des élus RPR opposés au traité européen d'Amsterdam, DLR table sur 10.000 adhérents à la fin 2008.

 

Récemment, le président de Debout La République avait répondu aux questions posées par le journal en ligne Riposte laïque (voir Dupont-Aignan affirme ses points de convergence avec Chevènement - 23 septembre 2008).

 

En réponse aux militants qui souhaitaient un accord entre le MRC et DLR aux élections européennes, j’avais précisé ma position dans un article paru le 24 septembre 2008 sur ce blog : Européennes : Michel Sorin pour l'alliance républicaine anti-libérale.

Mais j’ai pu constater, hier, lors de la réunion du Conseil national du MRC, que Jean-Pierre Chevènement reste sur une prudente réserve, à ce sujet. Pas de position pour le moment, mais il n’est pas interdit d’y réfléchir.

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie République

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 23:39

 

Alliance avec le PCF aux élections européennes

 

La décision de Jean-Luc Mélenchon de quitter le PS n’était pas une surprise. Il me l’avait laissé entendre lors de sa venue à Laval le 23 octobre dernier (voir Mélenchon jette les bases d'un nouveau parti de gauche à l'allemande - 8 novembre 2008).

 

Depuis longtemps, et surtout depuis la campagne référendaire européenne en 2005, il militait en marge du PS, au sein de l’association politique Pour La République Sociale (PRS) qu’il préside.

 

Pourquoi cette décision maintenant et pour quoi faire ? Les élections européennes approchent et l’idée de faire liste commune avec le PCF a fait son chemin. Elle a reçu l’appui de groupes et de personnalités (Mars-Gauche républicaine - Eric Coquerel ; Claude Debons ; Unir, minorité de la LCR - Christian Picquet) qui refusaient les traités européens, notamment le projet constitutionnel et le traité de Lisbonne, et voulaient s’engager dans la construction d’un nouveau parti à la gauche du PS.

 

Alain Gély, responsable du MRC dans le 14ème arrondissement de Paris, m’avait adressé ses réflexions concernant le congrès du PS (voir Congrès du PS : les réflexions d'Alain Gély (président MRC Paris 14e) - 19 novembre 2008).

 

J’avais séparé ce qui concernait l’initiative de Jean-Luc Mélenchon de créer le parti de gauche afin de le réintroduire dans un autre article. Voici des extraits de ce texte.

 

Les questions d’Alain Gély relatives à l’initiative Mélenchon-Dolez

 

La création annoncée d’un « parti de gauche » par Dolez et Mélenchon a été un des événements remarqués en marge du congrès du PS. Pour tenter d’en apprécier la portée, formulons quelques remarques, plutôt interrogatives qu’affirmatives, d’abord sur les aspects tactiques, ensuite sur les aspects stratégiques avant d’évoquer la question électorale :

 

-          Pourquoi maintenant ? Il est un peu surprenant de voir Mélenchon, qui était resté au PS après le virage libéral de 1983, la guerre du Golfe de 1991, le vote Maastrichtien de 1992, les votes TCE de 2005 et 2008, s’en aller aujourd’hui (…).

 

-          La question principale est donc : doit-on, peut-on construire un « Die Linke » en France, puisque telle est l’ambition affichée des initiateurs du « parti de gauche » ? Il y a sans aucun doute des attentes dans ce sens au sein de la population et chez les militants de gauche, surtout au moment où l’idéologie libérale semble vaciller.

 

L’idée de constituer un rassemblement des partis de « gauche acceptant de soutenir un gouvernement voire d’y participer » correspond à un réel besoin. Faut-il pour ceci créer un nouveau parti, ou de nouveaux partis à côté de ceux qui existent déjà (PS, PCF, Verts, MRC, PRG…) ou amorcer des convergences partielles ? Éventuellement. Établir des contacts avec la « gauche de gauche » allemande est certainement une nécessité.

 

En revanche, importer purement et simplement Die Linke en France ne semble pas crédible : la configuration institutionnelle est très différente en Allemagne et en France (Etat fédéral et régime parlementaire, cogestion…) ; idem pour l’arc politique (cinq partis dont deux et demi de gauche, en comptant les Grünen pour moitié à gauche). Il faudra voir quelles seront les structures, le programme et les alliances proposées par ce nouveau parti. En tout cas, des actions communes et un dialogue avec eux ne sont pas à rejeter.

 

-          Mais pour quelles perspectives électorales ? Il faut bien les évoquer même si on ne réduit pas l’activité politique à la préparation des élections. Il faut ici distinguer les présidentielles et les européennes.

 

o        Pour les présidentielles, on ne peut confondre les réticences légitimes vis-à-vis du « présidentialisme » qui ronge les partis démocratiques avec la possibilité qu’il y aurait d’abandonner l’élection du président de la République au suffrage universel ; tout indique que le peuple y tient, en dépit des déconvenues que cela a pu lui apporter... Accepter ce type de désignation du président sans verser dans le bipartisme, tel est l’enjeu. On ne développera pas ici, mais la voie est à rechercher du côté d’une clarification des rôles respectifs du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, de l’articulation possible entre une action gouvernementale et un mouvement populaire.

o        Pour les européennes, quel « programme commun » ? Reconstituer le non de gauche ? S’il s’agit d’accentuer la pression sur le PS, ce peut être utile. Si l’on prétend constituer un « parti de gauche » européen présent dans plusieurs pays, c’est tentant mais cela semble vraiment très ambitieux. Peut-on construire un tel parti en quelques mois ?

 

Cet article est le 83ème article paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08

 

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