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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 22:16

Une analyse pointue de l’évolution du monde

 

Les médias nationaux n’ont pas daigné se déplacer à Belfort, hier, pour entendre le discours du président du Mouvement Républicain en clôture de l’université d’été du MRC (voir, à ce sujet, l’article paru ce jour sur le blog de Christine Tasin Les républicains oubliés des médias ...).

Une dépêche de l’agence AFP, parue hier, s’en fait l’écho quand même (voir Chevènement et Lienemann appellent à un grand parti de gauche).

 

Julien Ricaud, qui était présent à Belfort, a fait un compte rendu des débats (voir Le MRC réussit le pari d'une université d'été studieuse et rassembleuse).

 

Je propose de découper le discours de Jean-Pierre Chevènement en quatre parties et de les présenter successivement sur ce blog. Voici la première partie, qui concerne la position de la gauche à l’égard du libéralisme et de la globalisation.

I – Le ralliement à contretemps de la gauche au libéralisme.

La crise de la gauche en France et en Europe tient pour l'essentiel, à mon sens, au fait qu'elle s'est progressivement résignée à accepter comme une fatalité la domination du capital financier, la dictature de l'actionnariat et la loi des multinationales qui, au nom de la globalisation, mettent en concurrence les territoires et les mains-d'œuvre.

 

La mondialisation est une stratégie. Les « armées de réserve industrielle » des pays à bas coûts de production pèsent sur les salaires et la protection sociale en France et en Europe occidentale, mais les pays émergents comme la Chine ne sont pas les premiers responsables de cette régression.

 

Le capitalisme financier qui les domine, eux aussi, n'a pas attendu l'émergence de ces pays pour opérer, dès les années quatre-vingt, le grand renversement du partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital au profit de ce dernier. C'est ce capital financier qui met en œuvre la stratégie de la globalisation. Le chômage a été le principal moyen utilisé pour opérer une véritable déflation salariale, ainsi en France à partir de 1983.

La dérégulation qui a suivi s'insérait dans un dessein libéral néo-conservateur, né dans le monde anglo-saxon et mis en œuvre à partir de la victoire électorale en Grande-Bretagne de Mme Thatcher en 1979 et de M. Reagan aux Etats-Unis, l'année suivante.

 

Cette volonté de déréglementation généralisée théorisée au départ par des économistes comme Friedrich Hayek et Milton Friedman, a correspondu à la volonté des Etats-Unis d'ouvrir les marchés aux produits de leurs multinationales et à leurs investissements, en cassant l'intervention des Etats dans l'économie et en faisant reculer partout, y compris à domicile, l'Etat providence.

 

Cette politique a été mise en œuvre, au niveau mondial, par le GATT, devenu OMC en 1994, et par les politiques d'ajustement structurel du FMI.

Elle a été relayée par l'Europe libérale à travers l'Acte Unique de 1987 et le traité de Maastricht de 1992.

Elle a enfin été parachevée politiquement par le rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine, et l'ouverture de celle-ci aux multinationales dans les années 78-80, et surtout par l'implosion du communisme en 1989-91, suivie de l'application de thérapies de choc libérales aux ex « pays socialistes ».

 

Pour la première fois depuis 1914, l'économie de marché coïncidait à nouveau avec les limites de la planète. C'est ce capitalisme financier qui n'a pu se développer et ne peut se survivre qu'avec le soutien de l'Hyperpuissance américaine, qui se débat aujourd'hui dans d'insolubles contradictions.

 

On se souvient des théories de Francis Fukuyama proclamant, au début des années quatre-vingt-dix « la fin de l'Histoire ». En France, François Furet, dès 1989, déclarait « la Révolution française terminée », en fait, selon lui, depuis Gambetta.

 

La gauche n'avait plus qu'à se convertir au libéralisme. Ce qu'elle a fait avec peut-être plus de réticences apparentes en France que dans le reste de l'Europe, avec Tony Blair en Grande-Bretagne, Massimo d'Allema et Walter Veltroni en Italie et Gerhard Schröder en Allemagne, mais qu'elle a fait quand même, à mots couverts, pour finir aujourd'hui par un ralliement officiel au libéralisme, sous couleur de « modernité ».

 

Ralliement si tardif qu'il s'opère aujourd'hui à contretemps : pour s'afficher « moderne », on se dit libéral, au moment où la globalisation libérale entre dans une crise systémique qui, pour la première fois, ouvre la perspective de sa remise en cause !

A son Université d'été de La Rochelle, le parti socialiste a donné le sentiment de se désintéresser des questions de fond, qu'il s'agisse de la crise économique mondiale ou des risques d'une nouvelle guerre froide sur notre continent. Le débat sur l'Europe qui avait traversé le parti socialiste lui-même en 2005 a été refermé. Cette attitude n'est pas tenable dans la durée.

La gauche européenne qui a longtemps défendu « l'Etat-Providence », retarde de plusieurs guerres, pour n'avoir pas su inscrire son projet dans une analyse d'ensemble de l'évolution du capitalisme financier contemporain et de la crise de la globalisation libérale.


II – Une méconnaissance de la nature même de la globalisation.

Comme ses homologues européens, le parti socialiste en France méconnaît, dans la plupart de ses composantes, le rôle central des Etats-Unis dans la globalisation. Ce sont eux qui, dès les années soixante-dix, l'ont impulsée en faisant du dollar la monnaie mondiale, et en se comportant comme si cette monnaie était seulement la leur.

 

John Mc Cain est toujours sur cette ligne quand il déclare : « Le libre-échange sert la politique extérieure des Etats-Unis. » Terrible cécité : La crise financière actuelle n'est pas seulement la conséquence d'une politique bancaire aventurée. Elle résulte du fait que, depuis longtemps, les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens. Leur déficit commercial dépasse 700 milliards de dollars, soit 6 % de leur PIB. L'endettement des ménages américains, encouragé par le Trésor et le Federal Reserve Board, équivaut à ce même PIB. L'épargne américaine est dramatiquement insuffisante.

 

Le financement de l'économie des Etats-Unis n'est possible que parce que celle-ci capte 80 % de l'épargne mondiale ! Le monde marche ainsi sur la tête. Pour enrayer la chute du dollar, les Etats-Unis ont choisi avec M. Bush la fuite en avant dans le domaine de la politique extérieure, avec le dessein de contrôler l'essentiel des richesses pétrolières et gazières mondiales.

 

Malgré un budget militaire colossal de plus de 450 milliards de dollars, à lui seul la moitié des budgets de la défense dans le monde, les Etats-Unis se trouvent aujourd'hui enlisés militairement en Irak et en Afghanistan. Le choix est aujourd'hui entre le désengagement ou l'escalade. Logique avec lui-même, M. Mc Cain déclare que les troupes américaines resteront en Irak cent ans, s'il le faut.

C'est cette logique globale que les gauches européenne et française, dans leur majorité, se refusent à comprendre. Elles vivent dans l'illusion irénique qu'un retrait américain d'Irak suffirait à résoudre le problème.

 

La crise de la globalisation libérale et le destin de l'Empire américain sont étroitement liés : on ne peut envisager une refondation progressiste de l'ordre international et l'organisation à l'échelle mondiale d'un nouveau « New-Deal » que dans le cadre d'un monde multipolaire régi par le droit et d'institutions internationales rénovées.

 

C'est cette absence de vision historique et géopolitique qui explique l'incapacité de la gauche française et européenne à proposer une politique réellement alternative.

Bien entendu, cette incapacité s'enracine aussi dans un attachement à l'hégémonie américaine, lié à un passé révolu. J'ai parlé d'« occidentalocentrisme » à propos de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy.

 

En réalité, cet occidentalocentrisme se retrouve largement dans la pensée de la majorité des dirigeants du PS, ce qui explique leurs contradictions dans le domaine de la politique extérieure, y compris européenne. C'est ainsi qu'ils se révèlent incapables de remettre en cause l'orientation libérale de la construction européenne : beaucoup de dirigeants socialistes ont volé au secours de Nicolas Sarkozy pour faire approuver le traité de Lisbonne.

 

C'est ainsi encore qu'on voit certains de ces dirigeants se lancer dans de dangereuses surenchères sur la situation en Géorgie, comme si celle-ci n'était pas aussi le résultat de la politique américaine mise en œuvre pour s'assurer le contrôle des richesses pétrolières et gazières autour de la Mer Caspienne.

 

Ce n'est pas un hasard si Nicolas Sarkozy utilise Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet pour mettre en œuvre sa politique. Celle-ci reflète le consensus de l'Establishment financier et des élites bien pensantes pour mettre en œuvre la politique que j'ai décrite comme « du pareil au même ».

Nous sommes donc confrontés à l'incapacité actuelle de la gauche française à « penser mondial ». La plupart des courants majoritaires du parti socialiste ne se distinguent guère dans la surenchère social-libérale.

Ils veulent tous « adapter la France à la mondialisation ». Ils comptent avant tout sur les difficultés et les échecs de la droite pour revenir au pouvoir en 2012.

 

Or, à préparer une alternance sans alternative, ils prennent le risque de se couper non seulement des couches populaires abandonnées à la droite dure ou à la gauche radicale, mais aussi de cette fraction consciente de l'électorat qui entend se déterminer d'abord en fonction des intérêts du pays et d'un projet politique convaincant que j'appelle le « courant républicain », soit deux à trois millions d'électeurs, une minorité donc, mais bien souvent capable de faire la décision.

Beaucoup d'hommes de gauche sincères se bercent encore de l'illusion que l'Union européenne à vingt-sept puisse agir par elle-même pour infléchir le cours de la globalisation libérale, ce dont à mon sens elle est absolument incapable sans une reprise de conscience politique de ses nations, et d'abord de la nôtre.

L'incapacité de la gauche française et européenne à « penser mondial » s'enracine donc dans la crise de l'idée républicaine et dans le discrédit de la nation comme vecteur principal de notre responsabilité vis-à-vis du monde : telle est la thèse que je voudrais au moins esquisser en conclusion de notre Université d'été.
 

Pour lire la suite de l’intervention de Jean-Pierre Chevènement, voir sur son blog  ou sur celui du MRC www.mrc-france.org le texte complet :

 

Aider le peuple français à renouer avec son Histoire pour construire une Europe des peuples dans le monde multipolaire de demain

 

Jean-Pierre Chevènement invité de France Culture lundi 8 septembre à 18h20

L'émission "En toute franchise" dure 10 minutes et est podcastée sur le blog

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 10:01

L’efficacité ne se mesure pas en petites phrases !

 

Nouvelle pause sur ce blog, due cette fois à l’université d’été, organisée par les amis du MRC 90 les 6 et 7 septembre à Belfort, à laquelle je participerai en compagnie de Gérard Beillard.

 

Voir Université d'été MRC (Belfort, 6 et 7 sept) : faire bouger la gauche - 2 septembre 2008

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 09:38

Assurer l’indépendance énergétique de l’Europe

 

Sur proposition de son secrétaire national, Gérard Pierre, le MRC a publié hier un texte d’orientation concernant la politique énergétique de la France dans le cadre de l’Union européenne. Bien sûr, cette question est à l’origine de clivages majeurs au  niveau national et au sein de la gauche. Raison de plus pour en débattre. Cela concerne tous les citoyens. Chacun pourra cliquer sur Climat et énergies pour prendre connaissance des textes déjà parus sur ce blog à ce sujet.

 

Voir aussi sur Rencontres CIVIQ les interventions de Gérard Pierre et Michel Lemosquet lors de la rencontre du 26 octobre 2006 à St-Berthevin. Gérard Pierre intervenait en tant que membre du collectif qui a signé le manifeste "Sauvons le Climat".

 

Voici la position du Mouvement Républicain et Citoyen, que chacun peut consulter sur le site du MRC.

 

Energie, développement durable : le choix du progrès

 

Le projet de loi relatif au Grenelle de l'environnement rappelle les engagements des chefs d'Etat de l'Union Européenne en matière de lutte contre le changement climatique, le 3 fois 20 :
-20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
-20% d'augmentation de l'efficacité énergétique.
-20% d'augmentation des énergies renouvelables.

Réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre est le seul des trois engagements qui a un véritable impact écologique.

 

L'augmentation inéluctable des prix du gaz et du pétrole aura une incidence qui devrait permettre d'être plus exigeant vis-à-vis de cet engagement, car il représentera une véritable taxe carbone.

 

Mais imposer 20% d'énergie renouvelable, en France, n'est pas un objectif écologiquement intéressant contrairement à d'autres pays.

Toujours en France, l'utilisation des énergies renouvelables pour la production d'électricité n'est intéressante ni pour le climat, ni pour l'indépendance énergétique. Ce n'est pas le cas pour les pays qui utilisent les ressources fossiles pour cette production. Dans ces pays, chaque kWh produit par de l'énergie renouvelable réduit automatiquement les émissions de CO2.

 

L'Union devrait se donner un seul objectif, celui de diminuer ses rejets de gaz à effet de serre, et laisser la liberté aux pays membres d'améliorer l'efficacité énergétique ou de recourir aux énergies renouvelables pour atteindre cet objectif.

 

Pourquoi demander à tous les pays le même pourcentage de réduction ? Il est plus équitable et plus efficace de moduler ce pourcentage en fonction des rejets actuels par habitant de chaque pays, afin d'arriver, à terme, à un rejet uniforme pour chaque Européen.

L'Union devrait avoir une politique d'approvisionnement énergétique en développant avec les pays producteurs des contrats à longs termes, basés sur des collaborations durables. Une telle politique serait profitable à l'ensemble des pays qui la compose.

Il est clair que le souci de protéger le climat sera promoteur du vecteur électricité, à condition que le mode de production ne fasse pas appel aux énergies fossiles carbonées.

 

Le nucléaire doit jouer un rôle important dans la réduction des gaz à effet de serre. Il faudra à terme passer à la génération IV pour obtenir la durabilité de ce type de production. L'effort de recherche et développement doit se poursuivre.

Le transport collectif doit être développé, mais les Français sont attachés à leur voiture. Pour accompagner ce changement, il faut promouvoir les transports collectifs comme alternative à la voiture et prévoir un moyen de transport individuel propre et durable.

 

La voiture hybride est donc intéressante pour les déplacements urbains et périurbains. Elle doit être développée et améliorée ; la voiture hybride rechargeable ou la voiture tout électrique, dans un pays où l'électricité est produite sans gaz à effet de serre, est le moyen de déplacement individuel le plus économique et le plus écologique.

Pour le chauffage des habitations et des bureaux, il faut étudier la possibilité de développer des réseaux de chaleur où la source ne produirait pas de gaz à effet de serre.

Là, les énergies renouvelables (solaire thermique…) d'une part, et l'énergie nucléaire (pompe à chaleur…) d'autre part, peuvent apporter chacune des solutions complémentaires.

Enfin l'État, en termes d'aménagement du territoire, doit dans ses directives prendre en compte les problèmes énergétiques et en particulier s'efforcer de rapprocher les lieux de vie des lieux de travail.

 

En conclusion, au moins trois choix énergétiques sont possibles, ayant des conséquences différentes.

-          Le premier est de continuer à consommer les énergies fossiles, c'est un choix de développement non durable.

-          - Le deuxième consiste à n'utiliser que des énergies renouvelables, c'est un choix de « non développement », mais durable.

-          Le troisième est de ne rien négliger : ni les énergies renouvelables, ni la gestion raisonnable de l'énergie afin d'en réduire la consommation, ni l'indispensable développement de l'énergie nucléaire.

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 21:07

Derrière le masque Darcos, la dérive à l’anglo-saxonne

 

Sur proposition de son secrétaire national, Michel Vignal, le Mouvement Républicain et Citoyen a fait connaître sa position sur la situation de l’école publique à l’heure de la rentrée. Voici le texte paru ce 4 septembre sur le site du MRC. Il appelle des remarques et des commentaires de la part des internautes qui le liront, l’école faisant partie des questions très importantes et fort discutées.

 

Rentrée 2008 : une école en crise, une politique gouvernementale incapable d'y faire face

Aujourd'hui, l'Ecole publique ne tient plus pleinement son rôle d'institution majeure de l'Etat républicain, dont la mission est de donner à chaque élève, futur citoyen, les clés de sa liberté, grâce à une solide maîtrise du savoir. Pour la redresser et la refonder, il faudrait faire le pari de la qualité, et mettre l'accent tout à la fois sur le travail, l'exigence et l'implication forte de l'Etat.

Les tropismes libéraux de la droite ruinent les quelques velléités de redressement. La gauche, attachée historiquement à l'Ecole, doit refuser les dérives inspirées par une idéologie libérale-libertaire, à l'œuvre depuis plus de trente ans dans le domaine pédagogique, comme sur des structures marquées de plus en plus par la concurrence et le marché.

Avec cette rentrée 2008, la politique Sarkozy-Darcos avance masquée : au delà des mots qui rappellent les grands principes et peuvent être marqués par le bon sens, c'est globalement un grave affaiblissement de l'école républicaine qui est engagé.

Quel jugement porter sur les principales mesures mises en œuvre ou annoncées ?

1- Pour l'école primaire


Le MRC est depuis longtemps partisan de programmes simples, structurés, rigoureux, qui redonnent toute leur place à une solide progressivité des apprentissages.

 
Les nouveaux programmes, qui mettent l'accent sur les apprentissages fondamentaux (l'orthographe, la grammaire, la rédaction, le calcul opératoire, …) et le recours à des exercices plus systématiques et à la mémoire, comportent des éléments positifs. Des bases solides ne sont en rien contradictoires avec le développement de la compréhension et de l'esprit critique des élèves.

En revanche, quand Darcos, poussé par la volonté de Sarkozy de réduire le nombre de fonctionnaires, décide de supprimer deux heures hebdomadaires pour les élèves en fermant les écoles le samedi matin, c'est une faute grave contre l'école primaire. Ce n'est pas en travaillant moins que les élèves amélioreront leurs résultats.

L'aide personnalisée instituée pour les élèves en difficulté, qui justifie cette réduction selon le ministre, est bienvenue, mais elle aurait dû être financée tout en maintenant pour tous les élèves l'horaire ancien. C'est, sur ce point, une véritable régression scolaire qui va entraîner l'amenuisement de l'enseignement dans de nombreuses disciplines.

2- Dans l'enseignement secondaire

Nous sommes partisans d'accroître le rôle des dispositifs de soutien. La généralisation de « l'accompagnement éducatif » pour les élèves volontaires, dans les collèges, et les stages de soutien initiés dans les lycées, vont dans le bon sens.


En revanche, le projet de réforme du lycée vise à réduire, là aussi, le nombre d'heures de cours donnés aux élèves par des professeurs qualifiés, pour faire des économies massives de postes.
Et cela, au prix d'un mensonge pour le primaire, comme pour le secondaire : la France n'est pas le pays où les horaires annuels des élèves sont les plus élevés d'Europe. Elle est simplement dans une bonne moyenne. Notre école va donc régresser.


Le ministre Darcos veut faire le « lycée light » qu'Allègre avait tenté d'imposer. Allègement des connaissances acquises, allègement de l'encadrement professoral, seront le résultat de cette réforme, si elle aboutit.

3- Au niveau des personnels


Les conditions d'enseignement vont souvent être rendues plus difficiles, du fait des 11 200 suppressions de postes en septembre 2008 et des 13 500 prévues pour 2009. Le ministère s'oriente aussi vers une utilisation accrue des heures supplémentaires et, plus gravement, vers l'appel à des vacataires de droit privé. Ainsi, le noyau dur des professeurs fonctionnaires, au statut protecteur, pourra progressivement être déstabilisé (la Poste a connu sur plusieurs années une telle évolution).
L'annonce brusque et succincte, par Nicolas Sarkozy, d'une réforme de la formation des enseignants, fait craindre le pire.


Certes, le contenu de la formation dans les IUFM nécessite de profonds changements. Le MRC est critique sur toute forme de « pensée unique » sur le plan pédagogique, orientation qui est loin d'ailleurs d'avoir montré son efficacité. Toutes les conceptions et méthodes doivent être enseignées aux futurs professeurs afin qu'ils puissent exercer leur liberté pédagogique.

Mais le projet vise, là aussi pour réaliser des économies importantes de postes, à liquider toute formation professionnelle sérieuse, derrière l'affichage trompeur d'un recrutement au niveau du Master.


4- Enfin, le principe de « concurrence » va davantage s'appliquer dans l'enseignement.


L'autonomie renforcée des établissements que souhaite Nicolas Sarkozy, alliée à la marche accélérée en cette rentrée 2008 vers la suppression totale de la carte scolaire, vont encore accroître la concurrence et les inégalités entre les établissements scolaires puisque le gouvernement n'a pas pris les mesures permettant d'améliorer la qualité des établissements en difficulté et d'accroître résolument le brassage social.


Déjà, un rapport de l'Inspection générale, montre que les mesures prises à la rentrée 2007 ont contribué à faire régresser la mixité sociale. Les plus pauvres, les plus démunis culturellement et financièrement seront assignés à leur territoire-ghetto et se retrouveront entre eux, avec très peu d'espoir de réussite et d'élévation sociale.

La détérioration de la situation de certains établissements publics, notamment dans les quartiers difficiles, favorise auprès des familles la concurrence des établissements privés de plus en plus attractifs, et de fait, favorisés par la politique du gouvernement qui porte atteinte à l'école publique.

Au total, les mesures mises en œuvre ou annoncées en cette rentrée de septembre 2008, demandent explications et convictions, pour montrer les contradictions et les enjeux.

 

Derrière des mots rassurants, malgré quelques mesures acceptables, l'essentiel est inspiré par une conception libérale de l'Ecole, une dérive accentuée à l'anglo-saxonne, avec des écoles à plusieurs vitesses.

Le combat pour une école républicaine est plus que jamais d'actualité.

 

 

Voir les propositions et réflexions, émises sur ce blog, relatives à L'école.

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 20:16

 

Pétition contre la privatisation de la Poste

 

Les réunions se suivent avec entrain. Après celle du 2 juillet dernier (voir Les partis de gauche : leurs priorités pour la présidence française UE), le comité de liaison de la gauche n’a pas manqué, aujourd’hui, de prendre position sur la privatisation de la Poste.

 Hier, les organisations syndicales (CGT, SUD, CFDT, FO, CFTC, CGC) ont appelé ensemble (ce qui est rarissime) les salariés de La Poste à des grèves et manifestations le 23 septembre 2008, afin de mettre en échec le projet de modification du statut et d’ouverture du capital, voulu par le président de La Poste, avec l’appui du gouvernement.

Il me semble que nous tenons là l’opportunité de mettre en échec le pouvoir dans sa volonté de privatiser les services publics. C’est toute la France qui doit faire comprendre à ses représentants élus qu’ils doivent trouver d’autres solutions pour organiser le service postal.

Je reviendrai sur le contenu du projet et les réactions qu’il provoque. Dans l’immédiat, je me limite aux positions adoptées par les partis de gauche (dépêche AFP, 3 septembre).

Pétition commune PS, PCF, MRC, PRG contre la privatisation de la Poste

 

Les leaders des partis de la gauche François Hollande (PS), Marie-George Buffet (PCF), Jean-Pierre Chevènement (MRC) et Jean-Michel Baylet (PRG) ont décidé mercredi de lancer une pétition commune contre la privatisation de la Poste.

La rencontre a eu lieu au siège du PS, dans le cadre du "Comité de liaison de la gauche", en l'absence des Verts qui préféraient un "débat de fond".

François Hollande, premier secrétaire du PS, veut néanmoins "que les Verts soient pleinement associés aux décisions".

"Nous avons décidé trois choses, a-t-il résumé : réunion chaque mois à rythme régulier, avec réunion préparatoire; préparation d'un Forum, en octobre, avec pour thème "l'alternative politique dans la nouvelle phase de la mondialisation" et un sur le "progrès". Par ailleurs, sortira en fin de semaine "une pétition commune contre la privatisation de la Poste, sur le projet de loi tel qu'il nous est présenté", en liaison avec les syndicats et collectifs.

"Il faut qu'on lève des millions de signatures par rapport à un mauvais projet qui aboutirait à retirer la présence des services publics sur le territoire", assure le député de Corrèze.

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, s'est en outre réjouie que "beaucoup de responsables de gauche vont se retrouver à la Fête de L'Humanité la semaine prochaine".

Pour Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de Gauche (PRG) qui avait voté en juillet la réforme de la Constitution, à la différence de la gauche, "nous sommes des partis différents" mais "les uns, les autres respectueux des positions de chacun". "La question est de montrer que nous sommes tous réunis pour une véritable alternative au pouvoir actuel", a-t-il dit.

Pour Jean-Pierre Chevènement, cette réunion a été "cordiale et constructive", notamment sur la "dangereuse privatisation" de la Poste.

Sur le RSA, également abordé, "nous sommes avec les radicaux de gauche relativement ouverts, plutôt pour un vote positif, pour une mesure qui va quand même dans le bon sens. Le PS a une position réservée", a observé M. Chevènement.

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 21:31

La réflexion, préalable à l’action politique

 

« Refonder la gauche sur des bases républicaines et offrir au peuple français une alternative véritable au fondamentalisme de marché dont l'échec est partout visible ». C’est par ces mots que Jean-Pierre Chevènement a conclu son commentaire de l’université d’été du PS à La Rochelle (voir sur son blog Chevènement (MRC): «il est temps que le PS se reprenne»).

 

Le président du Mouvement Républicain et Citoyen aura l’occasion dimanche, en fin de matinée, à Belfort, de présenter ses idées, en conclusion de l’université d’été du MRC.

 

Voici les principaux points du programme (voir Université d'été : le programme final).

 

L’état de la gauche, les enjeux et les perspectives de la refondation républicaine

 

La gauche ne va pas bien. Est-ce, comme certains le disent, un problème de leadership ? Est-ce, comme d’autres le prétendent, une absence de programme ? Est-ce dû simplement à l’habileté manoeuvrière de l’actuel président de la république ? Et si la gauche avait, tout simplement, perdu ses repères, sa capacité à penser le monde d’aujourd’hui, et par suite, sa capacité à agir politiquement dans la France telle qu’elle est ? C’est sur ce sujet que le MRC se propose de réfléchir lors de son Université d’été de Belfort, les 6 et 7 septembre 2008.

 

Samedi matin (10h), 1ère table ronde « L’état de la gauche : les forces sociales, les idées, les organisations » (présidence de Christian Hutin, député MRC du Nord) :

 

- Anicet Le Pors (ancien ministre communiste de la fonction publique, conseiller d’Etat honoraire),

- Patrick Quinqueton (haut fonctionnaire, élu local en Lorraine, responsable associatif, secrétaire national du MRC).

 

Les forces sociales qui ont construit historiquement la gauche (les cadres de la République et les classes populaires) sont en déshérence. Depuis un quart de siècle, les évolutions sociologiques sont importantes. Les classes populaires ont été rejetées à la périphérie des villes. Avec la montée des idées libérales, s’est développée une sorte d’hyper-individualisme de consommateur qui s’accommode mal des combats collectifs. Les couches populaires se sont paupérisées. Les inégalités se sont creusées. L’Etat et les services publics ont été affaiblis dans leur capacité à répondre aux besoins collectifs.

Les idées libérales ont triomphé, paradoxalement avant même l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Du coup, celle-ci s’est un peu perdue entre les concessions au libéralisme ambiant et la recherche de paradigmes de substitution, soit dans un discours désincarné sur les droits de l’homme ou le développement durable, soit dans un localisme sans perspectives, soit dans un discours de radicalité sans débouchés. Dans le même temps, les idées républicaines cèdent le pas devant les obscurantismes de toutes sortes et les replis communautaires.

Les organisations de gauche sont à bout de souffle. Les syndicats, les mouvements d’éducation populaire sont très affaiblis. Le PS est un parti d’élus et n’a plus vraiment de projet fédérateur. Le PCF a beaucoup perdu de militants et s’est effondré électoralement. Le projet d’un mouvement républicain n’a pas rassemblé. L’affaiblissement de la gauche n’est pas une réalité exclusivement française. C’est toute la gauche européenne qui s’est affaiblie.

 

Débat avec les participants

 

Après-midi (14 h 30), 2ème table ronde «Les défis à relever. Les valeurs sur lesquelles reconstruire la gauche» (présidence de Marie-Françoise Bechtel (secrétaire nationale du MRC) :

  - Louis Gautier (auteur de « Table rase – Y a-t-il encore des idées de gauche ? », ancien conseiller pour la défense du Premier ministre),

- Jacques Nikonoff (porte-parole du M’PEP, Mouvement politique d’éducation populaire, ancien président d’ATTAC),

- André Brie (député européen d’Allemagne Fédérale, dirigeant de « Die Linke » au Mecklemburg-Vorpommern).

 

Pour renouer avec les classes populaires, pour redonner une perspective à la gauche, plusieurs défis sont devant nous.

Le premier est le défi de la République, qu’il s’agit de décliner non comme un paradis perdu à retrouver, mais comme un outil dans le monde d’aujourd’hui pour renouer avec les couches populaires, sur l’école, le droit au travail, la sécurité sociale et la sécurité publique, les services publics, le civisme.

Un autre défi important est celui d’infléchir la mondialisation. La crise financière, la crise alimentaire, la crise énergétique sont des manifestations d’un monde déséquilibré. La loi du plus fort au niveau international, sur le terrain économique comme sur le terrain politique et militaire, est la cause de bouleversements internes qui ne sont pas maîtrisables. L’Europe ne joue manifestement pas cette fonction, puisqu’elle ne se fixe comme objectif que d’y améliorer, difficilement d’ailleurs, l’insertion des pays européens. Le défi d’un monde multipolaire régi par le droit est un des défis de la gauche.

Le défi européen n’est pas le moindre. L’enjeu est de passer d’une Europe de marché à une Europe de projets. Il nous faut réhabiliter la nation républicaine pour redresser l’Europe. Le « détour » de Jean Monnet ne conduit, référendum après référendum, qu’à se détourner des citoyens. Seules les nations, s’appuyant sur la volonté des peuples, peuvent redonner à l’Europe le dynamisme qu’elle n’a plus.

 

Débat avec les participants

 

Dimanche matin (9h30), 3ème table ronde « La stratégie : Quel projet, appuyé sur quelles classes sociales ? Quelle organisation de toute la gauche ? »

- présidence d’Etienne Butzbach (maire de Belfort, président de la Communauté Belfortaine),

- Marie-Noëlle Lienemann (députée européenne, vice-présidente du Conseil régional du Nord-PDC, 1ère adjointe au maire d’Hénin-Beaumont, présidente de la Fédération des coopératives d’HLM, membre du bureau national du PS)

- Henri Emmanuelli (député des Landes, président du Conseil général des Landes, membre du bureau national du PS)

- Olivier Dartigolles (porte parole du PCF)

- Sami Naïr (professeur de sciences politiques, ancien député européen MRC)

 

Le discours de la gauche, qui s’adressait aux « travailleurs » et aux « citoyens », s’adresse désormais à des ensembles mous, comme « les gens », « la population », ou à des populations définies négativement, comme « les plus défavorisés » ou « les exclus », voire « les victimes ». Il lui appartient de préciser à qui elle s’adresse, quelles couches sociales elle entend mobiliser positivement dans un projet de transformation.

En termes politiques, il faut renouveler l’équation de la gauche par un « bing bang » de toute la gauche. Rien ne serait pire que l’acquiescement à la construction d’un pôle social-libéral d’un côté et d’un pôle révolutionnaire de l’autre. C’est avec toute sa capacité de transformation et de gestion réunies que la gauche pourra peser sur l’avenir du pays, et partant, sur celui de l’Europe et du monde.

L’échéance de 2012 doit servir à la refondation républicaine. Il nous faut une forte structuration de la gauche. La « gauche plurielle », reprise actuellement par le groupe de liaison de la gauche, sont des concepts trop lâches. Des choix sont à faire sur la structure (parti, fédération, confédération), sur le mode de mise en oeuvre (forums de l’unité, assises de la gauche), sur la désignation du candidat à la présidentielle (vote des militants, collège plus large), sur l’unité ou la pluralité de candidatures, etc.

 

11 h 30 Intervention de clôture - Jean-Pierre Chevènement (Président du MRC)

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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 17:42

La situation de la gauche et la guerre en Géorgie

 

Depuis plusieurs mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur http://mrc53.over-blog.com. C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités.  

 

Les titres en août se répartissent ainsi :

- la gauche en France et en Allemagne (4 articles),

- la guerre en Géorgie (3 articles),

- la crise économique et financière (2 articles)

- le service de l’Etat - service public, fonction publique - (2 articles),

- le génocide des tutsis au Rwanda (2 articles),

- les Jeux Olympiques et la Chine (1 article),

- le plan Bachelot contre la sécurité sociale (1 article),

- la crise alimentaire et la politique agricole (1 article),

- les langues régionales (1 article).

 

Titres des articles parus en août 2008 sur http://mrc53.over-blog.com

 

31 août 2008 - PS : des rapprochements mais aussi des divisions à La Rochelle

 

15 août 2008 - Pause de l'été, sans oublier la guerre est-ouest en Géorgie

 

15 août 2008 - Crise alimentaire non résolue mais production de blé en hausse

 

15 août 2008 - Allemagne : le SPD n'exclut plus de s'allier avec Die Linke en Hesse

 

14 août 2008 - Le rapport de la commission rwandaise sur le génocide est contesté

 

13 août 2008 - Congrès du PS : remettre la gauche en mouvement est la priorité n°1

 

12 août 2008 - La Russie montre sa force militaire pour marquer sa zone d'influence

 

11 août 2008 - La gauche allemande, divisée, cherche la voie qui conduit au pouvoir

 

10 août 2008 - Un an après le début de la crise financière, l'économie est en panne

 

 9 août 2008 - Guerre en Ossétie du sud : la fracture est-ouest passe en Géorgie

 

 8 août 2008 - La Chine et les JO : la preuve de la réussite économique nationale

 

 7 août 2008 - Génocide des Tutsis au Rwanda : la France visée par un rapport

 

 6 août 2008 - La conception française du service public, vue par Anicet Le Pors

 

 5 août 2008 - Fonction publique : l'itinéraire de Jacques Fournier, fonctionnaire

 

4 août 2008 - Langues régionales : les débats ne sont pas clos depuis le 21 juillet

 

3 août 2008 - Les dirigeants du Crédit agricole n'avaient plus les pieds sur terre

 

2 août 2008 - Le plan Bachelot : contre le déficit de la sécu et contre la sécu

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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 22:55

Les dirigeants socialistes semblent loin des réalités 

 

Faisons le point après l’université d’été du PS à La Rochelle. Certes, il ne fallait pas attendre de cette université d’été qu’elle apporte des clarifications sur les textes d’orientation qui seront déposés dans trois semaines en vue du congrès de Reims. Mais nous en savons un peu plus sur les stratégies de rapprochements entre certains dirigeants, dans le but de constituer une majorité au congrès et lors de l’élection du premier secrétaire par les adhérents.

 

La première observation concerne la présidente de la Région Poitou-Charentes qui, à ce titre, comme chaque année, a ouvert les travaux de l’université d’été. Son intervention est reproduite sur son site Désirs d’avenir : Discours de Ségolène Royal lors de l'ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle. En voici un extrait significatif.

(…) D’immenses défis surgissent, de grands dangers menacent. La circulation folle de l’argent détruit les économies. La crise alimentaire plonge dans la malnutrition ou la famine des centaines de millions de personnes. La spéculation sur les matières premières fait rage. Les délocalisations sauvages se multiplient. Le coût du pétrole renchérit les prix. La crise écologique et climatique précipite les échéances. Dans de trop nombreux pays, les nationalismes, le terrorisme et les guerres régentent ce que nous n’arrivons pas à organiser politiquement. La voilà, la mondialisation malheureuse, celle que nous subissons.

Car la mondialisation n'entraîne pas que des désastres. D’immenses progrès ont aussi été accomplis. Il n’est pas trop tard : soit la mondialisation provoque un progrès de civilisation. C’est possible. Soit elle est porteuse de toujours plus de malheurs. C’est là le danger. Et la réponse, c'est encore et toujours de la volonté politique. En particulier la nôtre, à nous, les socialistes, à l’échelle de la planète.

L'heure n'est plus aux diagnostics tièdes, aux appréciations timorées, mais à la lucidité radicale. Oui, il y a besoin de radicalité, car ce ne sont plus simplement les effets du système qu’il faut dénoncer, mais ses fondements et ses présupposés. Pour mettre l’économie au service de l’homme sans détruire les trésors de la planète.

Nous socialistes, nous ne voulons pas que ce capitalisme nous arrache notre avenir et réduise à néant notre espoir de vivre paisiblement en humains parmi d’autres humains.

Une autre politique est possible, telle est là notre responsabilité historique ! (…).



Ségolène Royal tire sa force de son implantation locale. Elle cherche à convaincre les militants socialistes de voter pour sa motion. Elle s’appuiera ensuite sur ses résultats de vote au congrès pour convaincre les autres de la rejoindre au sein d’une coalition majoritaire.

Voici le commentaire, ce 31 août, de l’envoyé du Monde.fr à La Rochelle, Nabil Wakim, sous le titre

 

Les alliances se précisent au Parti socialiste

 

Ségolène Royal, toujours dans la partie socialiste.

 

(…) L’ex candidate socialiste continue à tenir le même discours : elle ne veut pas de combinaisons ou d’alliances contre-nature. Quasiment absente de La Rochelle, elle a rassemblé ses militants, vendredi soir, pour les encourager à aller défendre sa contribution “Combattre et proposer” dans leurs fédérations. Si Royal semble isolée dans le parti, elle a toujours un fort soutien militant, qu’il est difficile de quantifier. Ses partisans répètent que sa contribution a rassemblé 7 000 signataires sur les 14 000 recueillies par l’ensemble des textes. Elle s’est montrée offensive, vendredi, contre Nicolas Sarkozy, avec un discours radical contre les “fondements du système” (…) (Lire sa contribution).

 

Bertrand Delanoë, l’autorité et la fidélité.

Le maire de Paris a lui aussi profité de La Rochelle pour rassembler ses partisans. Il a reçu un nouveau soutien appuyé de Lionel Jospin. Et pourrait engranger un soutien de François Hollande, qui a commencé un rapprochement. Même si certains partisans du premier secrétaire souhaitent l’ouvrir plus largement. Julien Dray affirme croire encore à une synthèse Royal-Hollande-Delanoë. Une hypothèse toutefois peu probable. Car Delanoë a le même avantage et le même inconvénient, selon le point de vue, que Ségolène Royal : il est à la fois clair dans sa stratégie et présidentiable. Ses proches s’y voient déjà : “Arriver en tête au Congrès est possible, estime l’un deux, car nous sommes les plus clairs sur nos objectifs”.  (Lire sa contribution)

Martine Aubry, la troisième femme.

La maire de Lille pourrait avoir réalisé la bonne opération du week-end. A l’origine signataire de la contribution du Nord, une “fédé” qui pèse lourd, elle a reçu le soutien appuyé des fabiusiens, d’une partie des Strauss-kahniens et d’Arnaud Montebourg. Benoît Hamon et Henri Emmanuelli n’ont pas exclu de rejoindre cette alliance hétéroclite, cimentée par une vision commune du parti plutôt que par un accord sur le fond. Martine Aubry n’a pas encore fait connaître son intention, mais elle pourrait se déclarer rapidement. Seul problème : cet attelage a conduit à la marginalisation de Pierre Moscovici, qui n’a pas renoncé au poste de premier secrétaire. (Lire la contribution portée par Martine Aubry)

Pierre Moscovici veut une “ligne claire”.

Le député du Doubs a peu goûté la manière dont s’est opéré un rapprochement entre certains de ses amis (Cambadélis, Montebourg) avec Martine Aubry et Laurent Fabius. Il a annoncé, comme prévu, son alliance avec les grands élus de la “Ligne claire” : le maire de Lyon, Gérard Collomb, le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, et Manuel Valls, notamment. Il reste ouvert à une alliance avec Aubry, mais sans les fabiusiens… et tout en restant candidat au poste de premier secrétaire. “Une question d’égo”, raillent ses adversaires. “Une question de cohérence, contre les combinaisons politiques”, répond-il. Mais au sortir de La Rochelle, il n’apparaît pas renforcé au sein du parti. (Lire sa contribution)

La gauche du PS, l’impossible alliance ?

Le duo Hamon-Emmanuelli, qui a annoncé une fusion avec le texte de Marie-Noëlle Lienemann, se serait donné une dizaine de jours pour trancher entre une alliance avec Martine Aubry, hypothèse qui leur permettrait de participer à une éventuelle majorité et le rapprochement avec les autres composantes de la gauche du PS. Jean-Luc Mélenchon a  déjà annoncé son intention de présenter une motion avec Marc Dolez, avec ou sans les autres composantes de la gauche du PS. (Lire les contributions de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli , de Jean-Luc Mélenchon , de Marie-Noëlle Lienemann , de Gérard Filoche , de Marc Dolez).

Au sortir de La Rochelle, le paysage politique socialiste est toujours un champ de bataille entre personnalités. A l’heure actuelle, trois ou quatre motions  (Delanoë, Royal, Aubry, Moscovici) issus de la majorité actuelle pourraient voir le jour : et tous peuvent prétendre arriver en tête lors du vote des militants. Mais d’ici au 23 septembre, date de dépôt des motions pour le congrès de Reims, les lignes peuvent encore beaucoup bouger.


Pour compléter le tableau, notamment sur les prétendus « reconstructeurs », lire l’article paru ce 31 août sous la signature d’Eric Dupin (Marianne) Quand la droite et la gauche du PS tentent de s'allier contre son centre.


Lire aussi, sur les sites de Paul Quilès
PS : regroupement à gauche et de Jean-Luc Mélenchon UN CIRQUE INACCEPTABLE.

 

Et, sur son blog, Jean-Pierre Chevènement a reproduit le communiqué de l’AFP paru ce jour Chevènement (MRC): «il est temps que le PS se reprenne».

 

Voir les textes parus sur ce blog à ce sujet Gauche France 2007-08 et, en particulier, Michel Sorin : le PS est placé devant un choix déterminant pour son avenir - 30 novembre 2007.

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 11:07

Russie-USA-Europe : une nouvelle donne

 

Relâche pendant deux semaines sur ce blog. Les Jeux Olympiques et la confrontation est-ouest continuent. Sur ce point, je renvoie à quelques articles de presse que j’ai retenus pour la qualité ou l’originalité de leur analyse.

 

- Bernard Guetta, Rebonds Libération, 14 août La vraie raison de cette guerre

 

- Charles Urjewicz, rebonds Libération, 14 août La route de l’Ossétie du Sud passe par le Kosovo

 

- Hélène Carrère d’Encausse, Le Figaro, 13 août Le président géorgien a rendu, malgré lui, un grand service à la Russie

- Malakine, Marianne, 14 août Medvedev offre une victoire diplomatique au «président de l'Europe»

 

Pendant cette pause estivale, consulter les articles parus sur ce blog est recommandé par l’auteur…

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 10:30

La Commission européenne comme si de rien n’était

 

Je ferai un point complet début septembre sur les questions de politique agricole et alimentaire. La crise alimentaire va faire sentir ses effets durablement sur les pays pauvres.

 

Voir, à ce sujet, l’article paru le 23 juillet 2008 sur le site du quotidien Le Monde La famine menace 14 millions de personnes

 

La Commission européenne, on l’a vu lors des négociations de l’OMC à Genève (voir OMC : les pays en développement en froid avec le libre-échange - 30 juillet 2008), n’a pas pris en compte la nouvelle donne mondiale liée à la crise alimentaire.

 

Les matières premières ont amorcé une baisse de leurs prix. Voir l’article paru le 7 août dernier sur le site du même quotidien Le prix des matières premières se replie.

 

La récolte 2008 de céréales est en hausse en France et dans le monde, ce qui va permettre de reconstituer les stocks. Patrick Gaudin (MRC 17) m’a signalé cet article paru dans L’Humanité (www.humanite.fr) le 24 juillet 2008, signé Gérard Le Puill.

Récolte céréalière en hausse

Céréales. Pour cette année, la récolte de blé tendre devrait progresser de 20 % en France. Reste l’inconnue des prix.

 

Les moissons sont déjà bien entamées dans plusieurs régions de France et, selon les derniers chiffres fournis par l’Office national interprofessionnel des grandes cultures (ONIGC), la récolte française de blé tendre devrait progresser de près de 20 % en 2008 par rapport à l’an dernier. Elle atteindrait plus de 36 millions de tonnes. À condition que le climat soit favorable à une récolte de qualité durant toutes les semaines qui nous séparent de la seconde moitié du mois d’août.

 

Pour le blé dur, destiné aux pâtes alimentaires et autres produits de semoulerie, la hausse de la production serait de 10 % et la récolte atteindrait 2,2 millions de tonnes. L’orge ne serait pas en reste avec 11,3 millions de tonnes, contre 9,6 millions de tonnes en 2007 et le maïs suivrait la même tendance.

 

Comme l’abondance concerne aussi les autres pays de l’Union européenne et les pays concurrents du pourtour de la mer Noire, il est possible que la flambée des cours constatée à partir de l’été 2007 ne soit pas au rendez-vous à la fin de cet été. Quoique.

 

La production mondiale de maïs sera en recul d’environ 5 % en 2008 par rapport à 2007 en raison des inondations qui ont affecté les semis de printemps au États-Unis.

 

De plus, la montée continuelle du prix du pétrole pourrait conduire les distilleries américaines à produire plus d’agrocarburants que l’an passé et à renchérir le prix des aliments à base de maïs au Mexique et ailleurs.

 

Au terme d’une année 2007 caractérisée par une faible récolte et des prix élevés, la France termine l’année céréalière avec un stock de report supérieur à celui de l’an dernier. L’explication est simple.

 

En janvier dernier, la Commission européenne avait décidé d’importer des céréales fourragères des pays tiers sans le moindre tarif douanier dans le but affiché de faire baisser les cours sur le marché intérieur de l’Union. Faute d’y parvenir vraiment, sa décision a entretenu des tensions et des prix élevés sur le marché mondial.

 

Ainsi, les licences d’importations de maïs délivrées par l’Union européenne au cours de la campagne qui s’achève se sont élevées à 14,6 millions de tonnes contre 5,5 millions de tonnes durant la campagne 2006-2007.

 

Des pays importateurs net comme l’Italie et l’Espagne ont couvert pratiquement tous leurs besoins en nutrition animale par des importations en provenance des pays tiers. La conjonction d’un euro fort avec la suppression de toute taxe aux frontières de l’Europe rendait plus intéressant le maïs ukrainien libellé en dollars. Et quid de la préférence communautaire.

 

Sans même attendre de connaître le volume et la qualité de la récolte de cet été, la Commission a prolongé d’un an la possibilité d’importer des céréales à droit nul. C’est bien la preuve que le marché intérieur européen n’est plus un marché commun régional, mais une zone de libre-échange qui accorde des concessions sans réciprocité.

S’agissant des céréales, cela peut conduire à terminer la campagne 2008-2009 avec des stocks pléthoriques en raison de la surévaluation de l’euro par rapport au dollar.

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