Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 16:21

 

L’objectif : restructurer le paysage politique à gauche

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a tenu son congrès les 1er et 2 décembre 2018 à Paris. Voir (17 décembre 2018) : Congrès MRC 2018 : rassembler la gauche républicaine et populaire

Le texte d’orientation adopté engage les dirigeants du MRC pour les deux ans à venir. Voir cette motion adoptée par 73 % des délégués : Notre fil rouge : la République, sociale et souveraine.

En voici un extrait significatif.

(…) En premier lieu, l’alliage d’une nouvelle gauche républicaine

Le MRC dispose d’un corpus intellectuel, d’une compréhension du monde beaucoup plus puissante que ne le sont ses forces militantes et son réseau d’élus. Ce handicap rend de fait singulièrement difficile la perspective de trouver un écho au sein de la société d’abord, jusqu’à la sphère médiatique qui est un support incontournable pour s’adresser aux citoyens.

 

En revanche, nous avons la capacité de mettre notre force idéologique et notre légitimité historique, au service d’une nouvelle étape. Celle-ci a été engagée dès décembre 2017, le Conseil national avait alors adopté un appel à la construction d’une « majorité de transformation». Dans un premier temps, l’objectif de rassemblement des familles de la gauche républicaine doit être considéré comme prioritaire  à partir de trois considérations : la souveraineté populaire comme source de la légitimité politique, la Nation citoyenne et laïque comme espace de la démocratie et l’internationalisme comme horizon.

 

Au-delà, la gauche républicaine, sociale et souverainiste que nous incarnons est disponible pour contribuer à l’émergence d’une force politique nouvelle qui doit avoir pour ambition de rassembler toute la gauche. Nous appelons tous les citoyens révoltés par les injustices d’un monde conçu par et pour les puissants, les militants politiques fatigués par la sclérose des vieilles boutiques, les responsables et élus conscients de l’impasse dans laquelle se trouve aujourd'hui la gauche, à ouvrir enfin une ère nouvelle sans laquelle les citoyens resteraient privés de perspective pour longtemps.

La première étape doit donc consister à agir pour rassembler les composantes aujourd’hui dispersées de la gauche républicaine.

Elles existent en particulier au sein du courant l’Union et l’Espoir porté par Emmanuel Maurel au congrès qui défendait une orientation politique proche de la nôtre. Nous avons pu le vérifier en particulier avec le lancement de la plateforme Nos Causes Communes lors du colloque du 9 juin organisé au Sénat et plus encore avec l’organisation de nos Universités de rentrée communes en septembre à Marseille. Dans le prolongement de l’intérêt qui a été constaté par ces initiatives, il est décidé de structurer Nos Causes Communes en association avec des antennes départementales et un conseil scientifique pour en faire un outil de débat ouvert à toute la gauche et la réarmer idéologiquement.

Elles existent également chez nos amis de République et Socialisme qui nous ont fait part de leur disponibilité pour participer à l’initiative de Nos Causes Communes. Elles existent peut-être aussi au sein du Parti Communiste Français avec lequel nous avons livré certains combats communs depuis le Traité de Maastricht en 1992 puis lors du référendum de 2005. Elles existent encore ailleurs, de façon plus diffuse, chez les nombreux militants qui ont choisi de prendre des distances avec l’engagement politique mais avec lesquels nous avons conservé des liens.

 

Cette perspective d’un alliage de la gauche républicaine suppose que le MRC se rende dès aujourd’hui disponible pour préparer un dépassement qui trouverait tout son sens dans la construction de la maison commune de la gauche républicaine. Le MRC doit être co-fondateur de cette dynamique.

La longue marche entamée il y a 25 ans avec la création du MDC a permis de maintenir vivant l’idéal républicain au sein d’une gauche qui s’en était majoritairement détourné. La résilience du MRC a été rendue possible par l’abnégation de nombreux militants déterminés à ne pas abandonner un combat que nous avons trop souvent livré seuls. La crise politique que nous traversons et l’évolution favorable de nos partenaires peut nous permettre de briser cette solitude et de redonner une jeunesse organique à nos idées.
 

Le travail entamé avec les amis d’Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann peut s’orienter vers la construction d’une force neuve qui sera demain en capacité de restructurer le paysage politique à gauche. Le MRC est en capacité de jouer un rôle clé dans cette étape fondatrice. C’est le choix que nous invitons les militants du MRC à faire avec nous pour que notre congrès soit un congrès de mutation au service de nos idées et in fine, de toute la gauche, et non une séquence d’attentisme qui conduirait à faire de notre solitude un isolement.

Concrètement, il est proposé d’engager le processus de création d’une nouvelle force politique à parité avec nos partenaires d’APRèS, dont le congrès fondateur pourrait se tenir en 2019  où les participants décideront du nom, des statuts, du mode d’organisation et de fonctionnement et fixeront les orientations.

Le MRC sera quoi qu’il arrive maintenu pendant les deux années suivantes. Les adhérents du MRC seront parties prenantes de ce processus et souverains pour prendre toutes les décisions. Ils seront consultés au moment du congrès fondateur de cette nouvelle force politique et lors du prochain congrès ordinaire du MRC qui aura lieu en décembre 2020 et qui décidera de la suite à donner au dispositif. Durant ces deux années, l’adhésion au MRC vaut adhésion à la nouvelle force politique. Le Conseil National est chargé avec la direction nationale de la mise en œuvre de ces décisions.

Avec ce projet de mutation, le combat du MRC ne disparaît pas. Il ne se dissout pas. Il s’intègre dans une aventure politique nouvelle  en mesure d’impulser la refondation républicaine dont la gauche a depuis si longtemps besoin. Nous en avons formulé le souhait depuis bien longtemps. Nos amis y sont prêts. Il nous revient de répondre présents (...).

 

Conclusion

La gauche est au milieu du gué. Elle doit faire des choix pour les échéances de demain, parce qu’elle ne peut plus se permettre d’échouer dans les urnes si elle veut espérer se relever, elle doit aussi les faire en pensant à plus long terme, car nous devons collectivement construire aujourd’hui ce que nous voudrons être demain en nous adressant aux Français.

Dans la « grande chaudière » de notre nation, dont parlait Renan, la gauche républicaine et sociale, si elle veut un jour gagner, doit théoriser et mettre en pratique ce dont elle a eu peur ces vingt dernières années : la fierté d’elle-même, la confiance en ses ressources et en ses idées.
 

Cet article est le 3 119 ème sur le blog MRC 53 - le 247ème dans la catégorie MRC national

Catherine Coutard (MRC Drôme) le 1er décembre 2018 lors du congrès MRC

Catherine Coutard (MRC Drôme) le 1er décembre 2018 lors du congrès MRC

Partager cet article
Repost0
17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 23:42

 

Notre fil rouge : la République sociale, laïque et souveraine

 

Le congrès 2018 du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) devait départager deux motions d’orientation par le vote des adhérents. Voir les Titres des articles publiés en octobre 2018 sur le blog du MRC 53.

En fait, ce qui faisait débat était le choix stratégique de fonder un nouveau parti.

 

La motion présentée par le président sortant, Jean-Luc Laurent, a été votée à une large majorité (73 % des mandats). Chacun a pu s’exprimer samedi 1er décembre. Les signataires de la motion 2 ont exprimé leur désaccord de fond avec les orientations de la motion majoritaire. Puis les délégués se sont retrouvés par motion et la commission des résolutions a examiné les amendements votés par les congrès locaux (dont l’amendement Sorin-Maupouet plaidant en faveur de la synthèse et cherchant à préserver l’unité du MRC).

 

Dimanche 2 décembre, après le rapport de la commission des résolutions, suivi d’un débat, les délégués ont voté, adoptant (73,5 %) la motion majoritaire amendée Notre fil rouge : la République, sociale et souveraine.

Ensuite, c’était l’élection du président, Jean-Luc Laurent, celui-ci proposant aux délégués d’entériner sa liste de membres du secrétariat national (exécutif dirigeant) et la liste des membres du bureau national, respectant la représentation proportionnelle par motion. Voir le Président et le secrétariat national élu, le bureau national désigné.

Le président a publié ce communiqué après le congrès. Voir Rassembler la gauche républicaine et populaire.

« Rassembler la gauche républicaine et populaire »

Le 8ème congrès du MRC, qui s’est tenu à Paris les 1er et 2 décembre 2018, s'est achevé par la victoire de la motion portée par Jean-Luc Laurent et la direction nationale à 73,5 % des suffrages. Jean-Luc Laurent a été réélu président du MRC avec 73 % des voix.     

    
La motion majoritaire, intitulée « Notre fil rouge : la République sociale, laïque et souveraine » affirme une orientation claire : combattre la politique mortifère conduite par Emmanuel Macron et préparer une alternative.      

 

Le congrès a évidemment débattu du mouvement des gilets jaunes qui remet au cœur de la vie politique la question sociale.   


Durant son discours de clôture, Jean-Luc Laurent a déclaré : "La République c'est l'ordre public face aux violences inacceptables mais c'est aussi l'ordre social. Je conseille au Président de la République de faire pour une fois du "En même temps" : assurer l'ordre public et l'ordre social. Une conférence nationale sur les salaires et le pouvoir d’achat couplée avec l’annulation des hausses de taxe sur les carburants prévues en janvier prochain, est une urgence absolue. La colère qui s'exprime est juste et légitime au regard du déclassement social subi par les citoyens. Depuis la monnaie unique, il n'y a plus d'ajustement par la monnaie mais par la dévaluation sociale. Notre réponse c'est la République : la liberté plutôt que le libéralisme, l'égalité plutôt que le communautarisme, la fraternité plutôt que les fractures. Notre combat c'est la République en vrai et pour tous".     

       
Pour les élections européennes, le MRC confirme son choix de rechercher une convergence politique et électorale avec la France insoumise.    

      
Le rassemblement de la gauche ne se décrète pas, il se construit. Le MRC fait le choix de s’inscrire dans la construction d’une nouvelle maison de la gauche républicaine avec Marie-Noëlle Lienemann et Emmanuel Maurel, dont le congrès fondateur se tiendra début 2019.
 

 

Cet article est le 3 118 ème sur le blog MRC 53 - le 246ème dans la catégorie MRC national 

Le congrès MRC 2018 est ouvert samedi 1er décembre à Paris

Le congrès MRC 2018 est ouvert samedi 1er décembre à Paris

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 23:44

 

Les gouvernants français sont sourds devant la colère des manifestants

Le mouvement des Gilets jaunes est issu de l’entêtement des dirigeants politiques français et européens à maintenir des politiques d’austérité économique. Cela est bien expliqué par Bruno Moschetto, responsable des questions économiques au Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), dans le texte publié sur le site du MRC le 26 novembre 2018. Voir aussi une vidéo de Xerfi Canal (10 octobre 2017) : Crises financières et régulations bancaires.

Austérité économique et crise financière

L'austérité économique est une dure réalité alors qu'une nouvelle crise financière est plus qu'une probabilité. D’ailleurs celle-là risque d’appeler celle-ci. D’où la nécessité de réduire l’une pour évacuer l’autre.   
L'austérité économique ne date pas d'hier. Elle est apparue progressivement après l'épuisement du long fleuve tranquille des trente glorieuses et l’aboutissement de la longue marche vers la monnaie unique. Depuis trente ans, la France comme nombreuses de ses pareilles vit dans un contexte de désinflation compétitive. Certes celle-ci a réussi puisque les taux d'inflation et par là d'intérêt, sont devenus quasi nuls, voire négatifs.  
Mais chacun sait que la prospérité économique s'extériorise par la population en quasi plein emploi et les prix à la consommation légèrement orientés à la hausse. Nous sommes bien loin et même très loin de ce contexte. D'où une érosion régulière des revenus des ménages dont la contraction a déclenché le mouvement des gilets jaunes, nos sans culottes d'aujourd'hui. La hausse des taxes sur les carburants n’est qu’un épiphénomène et un révélateur de la profondeur du malaise social.  Il est grand temps d'adopter une politique économique réaliste de nature à tempérer la colère des manifestants et d’améliorer leur pouvoir économique de vivre. 
D’ailleurs l’irruption soudaine et brutale des revendications des gilets jaunes, cette crise de nature tout à fait nouvelle -atomisée et disséminée par les réseaux sociaux et véhiculée par les téléphones mobiles- a tétanisé le gouvernement ainsi que l’avait fait en Mai 68 la conjugaison des mouvements étudiants et ouvriers. Mais à l’époque la réponse du gouvernement fut immédiate et déboucha sur les Accords de Grenelle, à concertation tripartite sous l’animation de Georges Pompidou lesquels se traduisirent par une augmentation de tous les revenus et en particulier du SMIC de 30%. Une telle relance ouvrait une période de prospérité d'une quinzaine d'années jusqu’à l'ouverture de tous les facteurs de production, capital et travail, à la mondialisation lors du tournant libéral de 1983.  
A l’heure actuelle il se révèle important d’avoir un œil critique sur la notion de pouvoir d’achat qui relève de la seule économie de marché. Pour acheter il faut disposer d’avoirs monétaires -en poche ou en compte- utilisables sur les marchés des biens et des services. Pour les plus modestes d’entre nous, ce n’est malheureusement pas le cas.  Les ressources non monétaires nécessaires pour vivre ne peuvent provenir que des prestations sociales : chômage, santé et retraites, opportunément financées par les prélèvements obligatoires alors que leur contraction est régulièrement réclamée. Une telle réduction des services publics -par définition non marchands- ne fait qu’ajouter la crise à la crise.  
L’augmentation des revenus directs ou de transferts entraînerait un retournement de ce cycle déflationniste et permettrait ainsi le financement de l'économie réelle, vocation première des banques commerciales.  Cela nécessite le retour à une inflation maîtrisée après laquelle court désespérément Mario Draghi, en dépit des conseils que lui avait prodigués il y a une demi-douzaine d’années, l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard, pour lequel le taux d'inflation cible devait être porté de 2% à 4,5 %. La pratique d’une politique de bas taux d’intérêt n’a pas entraîné une relance de la demande de consommation et par là d’investissement. Notre corps économique se situe dans un état d’encéphalogramme plat.   
Une inflation significative appelant des hauts taux d’intérêt tirerait l'économie vers le haut et notamment la masse salariale et impliquerait naturellement d'abandonner, ne fut-ce que pour deux ou trois semestres, une politique trentenaire de l'offre et de la remplacer temporairement par une politique de la demande à fondement keynésien. L’adoption d’une telle « autre » politique nécessite le rejet absolu des contraintes européennes issues de Maastricht, c’est-à-dire le triple fixisme cambiaire, monétaire et budgétaire et de jeter celles-ci momentanément à la rivière. Une telle politique répondrait à un premier impératif : sacrifier la monnaie pour sauver l'économie. 
Une crise financière, pour l'instant seulement potentielle, pourrait apparaître rapidement au coin de la rue et ce dans des contextes nationaux différents. D’abord un foyer de crise pourrait survenir en Italie où les banques commerciales – en particulier la plus ancienne d’entre-elles la Monte di Paschi di Sienna - ont financé l'austérité économique par des crédits qui se sont transformés en créances compromises et dont le montant se situerait à plus de 350 milliards d'euros. Un tel chiffre donne le vertige compte tenu de la modestie des fonds de sauvetage des banques, qu’ils soient italiens ou européens. Après la Grèce, l'Italie aurait à connaître des plans significatifs de financement des pertes bancaires par l’État c’est-à-dire par le contribuable, avant qu'un tel schéma ne touche la France par contagion due à l'interconnexion des banques européennes et mondiales entre elles. Cela serait la réalisation de l’hypothèse du fameux risque systémique.   
Le second foyer de crise financière se situerait au sein des banques allemandes notamment régionales à vocation mutualiste et surtout la Deutsche Bank, la première des banques commerciales à rayonnement international, lesquelles ne pourraient faire face à un risque de liquidité et de solvabilité dû au fait que les activités de marché n'ont pas été séparées des activités bancaires. En effet, la directive Barnier dont c'était la finalité, a été bloquée par les lobbies bancaires - allemands et français - défenseurs inconscients du modèle des soi-disant banques universelles qui sont aussi des banques d’investissement et surtout des banques de marché. En effet, l’on sait que ce sont les pertes nées des opérations de marché qui ont conduit il y a dix ans les plus grandes banques mondiales, notamment aux États-Unis, au Royaume Uni, à la faillite ou à leur nationalisation.   
En filigrane, après la série d’ajustements austéritaires, apparaît la nécessité d’adopter   un deuxième impératif : transformer la monnaie unique en monnaie commune ainsi que le préconise depuis plus d’un septennat le MRC dont la martingale gagnante a été reprise par le prix Nobel d’économie, Josef Stiglitz dans son dernier ouvrage de 2016 : « L’euro menace l’Europe »   
Il appartient à nos dirigeants de prendre la mesure de la réalité de l'austérité générale imposée aux populations, et d'adopter une politique de relance de la croissance qui s'impose afin d'inverser cette tendance mortifère, avant que l'éclatement des crises financières en Italie et en Allemagne n’entraîne tout vers le chaos. Pour l’instant en guise de réponse, nos dirigeants, sourds à la colère des manifestants, affirment qu’ils maintiendront le cap, qu’ils ne changeront pas de politique à court terme et choisissant de pérenniser la disette, menace la sauvegarde de la planète à long terme. Ce sont les conséquences d’un tel arbitrage qui sont difficilement admissibles par un grand nombre de citoyens.   
Face à un tel « non » à tout changement de politique, il appartiendra au pays réel (le peuple) de changer le pays légal (ses représentants). 

Cet article est le 3 117 ème sur le blog MRC 53 - le 147ème catégorie Travail Economie

Les Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, à Saint-Berthevin (entrée de l'agglomération de Laval en Mayenne)

Les Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, à Saint-Berthevin (entrée de l'agglomération de Laval en Mayenne)

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 23:26

 

Ne mettez pas tous les politiques dans le même sac, certains ont alerté

 

Après plusieurs visites sur le site du rond-point du Châtelier à Saint-Berthevin (Mayenne) où les Gilets jaunes ont établi un de leurs campements, je puis affirmer que ce mouvement social est représentatif de la colère qui envahit beaucoup parmi nos compatriotes à l’égard de leurs gouvernants nationaux.

Voir cet article du blog MRC 53, publié le 19 novembre 2018 après la mobilisation réussie du samedi précédent, sous le titre : Les Gilets jaunes pourraient faire converger les électorats populaires.
 

Le comité de la Manche du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), par l’intermédiaire de son responsable, Jacques Declosmenil*, a un message politique à adresser aux manifestants. Le voici.

 

AUX GILETS JAUNES ET A CEUX QUI LES SOUTIENNENT

Le MRC a salué la légitimité de votre mouvement de rébellion "d'en bas" qui peut devenir un acteur significatif durable de la vie sociale (Cf. communiqué de presse du 19 novembre – voir Réflexions du comité MRC 50 relatives au mouvement des Gilets jaunes et, au niveau national, GILETS JAUNES : LE GOUVERNEMENT DOIT CESSER DE MÉPRISER LES FRANÇAIS !).

Ce mouvement est toutefois menacé par la récupération de la droite et de l’extrême droite. Il s'affiche aussi comme rejetant sans nuance le monde politique et notamment la gauche traditionnelle accusée de ne rien comprendre aux préoccupations des gens simples. Une stratégie politique claire fait défaut et vous renvoie vers une forme de "jacquerie ".

Face à un discours qui met tout le monde dans le même panier, nous tenons à affirmer que certains sont bien davantage coupables et responsables que d'autres. En effet, de longue date, le MRC a affirmé que la souveraineté populaire doit être être défendue, que l'économie de production doit être libérée de la rapacité de la finance mondialisée, que les services publics sont une identité positive pour la France et que la fracture territoriale de la République est insupportable...

Sur les préoccupations des gens simples, nous renvoyons à la profession de foi du candidat MRC aux élections législatives de juin 2017 dans la 1ére circonscription de la Manche qui, indiscutablement, portait la parole du peuple : " Tous les mêmes, tous pourris, avec ma retraite je ne m'en sors plus, j'ai peur de ne plus pouvoir assurer l'éducation de mes enfants, au travail c’est subir et se taire, je n'arrive plus à me soigner correctement..." Cette réalité nous la vivons, nous la connaissons et nous proposions des solutions :" Taxer les profits des grands groupes, des banques, des multinationales et pas les salariés, lutter contre la fraude et l'optimisation fiscale, limiter l’action des lobbys, plan de santé en faveur des hôpitaux publics..."

Des partis politiques ayant une colonne vertébrale culturelle et historique ont compris et alerté quand d'autres soutenaient la mondialisation heureuse et promettaient l'Europe sociale. Cette alerte, le MRC l'a sonnée bien avant la montée des idées des extrême-droites. Nous n'avons donc pas à être mis au banc des accusés. Nous sommes fiers de nos engagements et de nos combats. Malheureusement nos idées n'ont donc pas eu d'écho au sein de la société et dans la sphère médiatique, qui est un support incontournable pour s'adresser aux citoyens. Les électeurs ont préféré les partis ralliés au libéralisme, l’abstention ou les extrêmes, avec les conséquences que nous vivons. Nous disions la vérité et nous devions être exécutés.

Nous sommes donc légitimes pour vous dire que fonder votre action sur la volonté d'agir sans les organisations politiques et syndicales et parfois contre elles est un chemin dangereux.

La victoire ne sera possible que si votre mobilisation ne rejette pas ceux qui, depuis toujours, ont résisté, ont été les acteurs des luttes et à qui nous devons un modèle social qui ne saurait être piétiné. Demain, pour faire fructifier leur héritage, toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans l'action des "gilets jaunes" auront besoin des syndicats et des organisations politiques qui ont toujours dit la vérité au peuple.

Ensemble, nous devons prendre en main notre destin, pour changer le présent et l'avenir, pour créer de nouvelles formes d'expression démocratique et de contestation. Ne pas créer de nouveaux clivages : corps intermédiaires contre le peuple, écologie punitive contre les automobilistes, métropoles contre le péri-urbain, populations défavorisées française et immigrés... et les dépasser est vital. C'est indispensable pour aller ensemble vers un nouveau développement réconciliant Homme et Nature, pour construire un rapport de force mettant un terme à une Europe écrasée par le totalitarisme du marché, à l'injustice fiscale, à la domination de la finance, au sentiment d'abandon, au chômage et aux atteintes au pouvoir d'achat.

Ensemble, soyons fermes sur des valeurs et des principes et rassemblons tous nos compatriotes qui considèrent que l'accomplissement de la République a besoin de citoyens éclairés refusant la fatalité de l'injustice sociale et la domination des conservatismes de tous bords.
 

* Voir (28 janvier 2012) : Saint-Lô (Manche) : itinéraire de Jacques Declosmenil, militant sincère
 

Cet article est le 3 116 ème sur le blog MRC 53 - le 154ème dans la catégorie France et Europe

Le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, qui marque l'entrée de l'agglo de Laval en venant de Rennes

Le 17 novembre 2018, au rond-point du Châtelier, qui marque l'entrée de l'agglo de Laval en venant de Rennes

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 23:41

 

Comment structurer la mobilisation populaire et élargir les enjeux ?

 

Après la mobilisation réussie du 17 novembre 2018 - voir Les Gilets jaunes pourraient faire converger les électorats populaires - les « Gilets jaunes » ne désarment pas. Moins nombreux, ils continuent leur présence active dans les rond-points des périphéries des villes et villages, comme je l’ai constaté ce 20 novembre à Saint-Berthevin à l’entrée ouest de l’agglomération de Laval, en Mayenne.

Je leur ai posé la question « Et maintenant, qu’allez-vous faire ? ». La réponse n’est pas évidente. Voici les réflexions du comité de la Manche du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), qui m’a été transmise par son responsable, Jacques Declosmenil. Voir (28 janvier 2012) : Saint-Lô (Manche) : itinéraire de Jacques Declosmenil, militant sincère.
 

 

 

ET MAINTENANT ?

Le prix des carburants et les taxes sont l’élément déclencheur d'un mouvement de contestation générale dont la lame de fond est la colère populaire en réponse à la politique fiscale menée par le gouvernement, marquée du sceau de l'injustice : alors que pouvoir d'achat du plus grand nombre est menacé, sur 5 ans les plus riches économiseront 25 milliards d'euros !

Concernant le carburant, les mesures de compensation annoncées devraient s'élever à 500 millions d'euros alors que la nouvelle hausse des taxes sur le gazole rapportera 2,25 milliards d'euros en 2019! Il y a aussi une grogne face au sentiment d'un abandon de la France péri-urbaine.

Pour beaucoup de nos concitoyens, la voiture est le seul moyen de transport à leur disposition pour se rendre au travail. La légitimité du mouvement de rébellion, claque à l'hyper-individualisme, ne saurait donc être contestée au nom d'une écologie fondée sur une "fiscalité verte".

Une véritable transition écologique ce serait :

- investir dans les infrastructures de transport public, seule réelle alternative à la voiture ;

- taxer les transports aériens, maritimes, les poids lourds et autocars qui consomment beaucoup plus de kérosène et de diesel que les automobiles ;

- conforter le fret ferroviaire ;

-préserver les services publics de proximité ;

-investir dans le logement pour que l'offre soit plus proche des lieux de travail...

On ne peut pas culpabiliser le peuple indéfiniment.

 

Et maintenant, comment structurer la mobilisation populaire et élargir les enjeux ?

La citoyenneté ne va pas sans abnégation parce qu'elle implique la préférence pour le bien collectif par rapport à l’intérêt individuel. Il revient à la gauche avec le peuple de rappeler que le ressort de la citoyenneté c'est l'exercice de la souveraineté et donc l'action politique. Celle-ci doit former le citoyen à juger ce qu'est l’intérêt général en prenant appui sur sa capacité à raisonner.

Il lui revient aussi de souligner que l'agression subie par les gens modestes qui vivent de leur travail et les retraités a pour cause la course effrénée à la rentabilité financière inscrite dans la mondialisation libérale.

Les "gilets jaunes" doivent avoir bien conscience que le combat pour changer et parvenir à une juste répartition des richesses est un chantier immense. Une mobilisation forte et durable est indispensable pour inverser les politiques d'austérité imposées par les directives européennes, les banques, les multinationales et les grands groupes privilégiant les actionnaires.

 

L'Histoire nous enseigne que le bulletin de vote ne suffit pas et que le blocage des moyens de production par les syndicats est une arme essentielle pour y parvenir (1936, 1968). Sans nul doute, ceux qui ont manifesté le 17 novembre ont-ils de la défiance vis-à-vis de l'élite en général et le sentiment que la gauche politique et syndicale n'a pas été à la hauteur des enjeux. Ils ne doivent pas non plus sous-estimer les manoeuvres de l'extrême droite.

 

La République que veulent nos concitoyens, c'est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple. La citoyenneté est à la recherche d'un nouveau souffle dont le creuset doit être l'éducation populaire.

S'agissant des luttes, le temps n'est-il pas venu que citoyens "apolitiques" révoltés, hommes et femmes insoumis, indignés ou capables de dire non, militants de syndicats, d'associations, d'organisations politiques attachés à la République et à la justice sociale, réfléchissent collectivement au développement d'actions revendicatives.

Localement des comités de base, s'appuyant sur des objectifs unitaires et progressistes et ayant pour finalité de parvenir à des convergences nationales, pourraient en être les animateurs (initiatives citoyennes, mobilisations dans les entreprises, pressions sur les élus des collectivités et sur parlementaires ...) ?
 

Cet article est le 3 115 ème sur le blog MRC 53 - le 153ème dans la catégorie France et Europe

Le 17 novembre au rond-point du Châtelier à Saint-Berthevin, entrée de Laval en venant de Rennes (Mayenne)

Le 17 novembre au rond-point du Châtelier à Saint-Berthevin, entrée de Laval en venant de Rennes (Mayenne)

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 14:54

 

L’impasse d’une transition écologique qui n’est ni claire ni juste

 

La colère populaire s’est propagée par Internet. Mais il y avait depuis longtemps un mécontentement à l’égard du pouvoir politique, jugé insensible à la dégradation des revenus des catégories populaires en raison de l’augmentation des dépenses obligatoires pour les transports et la fiscalité, notamment.

Voir à ce sujet les différences géographiques et sociologiques en France (Le Vent Se Lève, 7 février 2018, Oscar Bockel) : Les trois France : entre périphéries et métropoles

A côté d’une France Métropolitaine qui bénéficie de la mondialisation, coexistent deux France périphériques. La première, « hyper périphérique », cumule anomie et forte précarité. La seconde, parvient à mieux supporter la mondialisation grâce à la résistance de structures sociales fortes, et fait même preuve d’un remarquable dynamisme. On a pris l’habitude d’opposer deux France, il en existe en réalité pas deux, mais trois.

La fracture territoriale est prise en compte par le chercheur au CNRS, politologue, Romain Pasquier, qui s’exprimait ici avant la journée d’expression de la colère populaire le 17 novembre. Voir (France 3 Bretagne, 16 nov. 2018) : Romain Pasquier politologue à propos des Gilets jaunes

Contrepoints répondait, le 13 novembre, à la question : Mouvement du 17 novembre : où se situent politiquement les gilets jaunes

La raison principale de la mobilisation semble ne pas être une opposition politique à proprement parler mais plutôt une absence complète de confiance dans les promesses politiques formulées. Voir Contrepoints, 17 novembre, Paul Salaun : La colère des gilets jaunes, conséquence de l'enfumage politique

Le politologue Jérôme Sainte-Marie, fondateur de PollingVox, voit dans la mobilisation du 17 novembre un mouvement né à la base qui pourrait avoir une traduction politique de grande importance (FigaroVox, entretien, Guillaume Perrault, 18 novembre). Voir Les «gilets jaunes» font converger des électorats populaires jusqu’ici opposés. Extrait.

Quelles conséquences politiques et électorales peut entraîner ce mouvement ?

Rappelons un instant que l'accession au pouvoir par Emmanuel Macron s'est faite par la réconciliation d'électeurs issus du centre, de la gauche et de droite, mais que cette diversité politique s'est accompagnée d'une certaine homogénéité sociale. Il me semble que ce soit alors créé un «bloc élitaire», rassemblant l'élite proprement dite, ceux qui aspirent à en faire partie, et enfin, ceux qui lui délèguent volontiers la gestion des affaires publiques. Cette polarisation a mis en difficulté et le Parti socialiste et le parti Les Républicains, supplantés dans leur vocation gouvernementale. En face, le «bloc populaire» n'existait que sous une forme négative, partagé de manière irréconciliable entre lepénistes et mélenchonistes. L'existence de ces quatre oppositions sans aucune formule d'alliance concevable est la meilleure garantie de pérennité du macronisme. Cependant, le mouvement des «gilets jaunes» peut constituer une rupture décisive. Mobilisation surgie de la base même du pays, ignorant les identités politiques ou syndicales, elle produit sans même s'en soucier une forme de réunification sociale. De ce fait, la polarisation que tente Emmanuel Macron entre «progressistes» et «populistes» prend une dimension sociologique de plus en plus visible. Avec un bloc élitaire bien en place et représenté prioritairement par LREM et un bloc populaire en gestation, la transformation de l'ordre politique français se poursuit et s'accélère.
 

A noter la prise de position du Mouvement Républicain et Citoyen (Jean-Luc Laurent, 15 novembre) sous le titre 17 novembre, la colère est légitime et juste !

La hausse brutale et continue du prix des carburants et l'augmentation des taxes annoncée pour 2019 a entraîné un vaste mouvement d'exaspération et de colère des citoyens. Ce mouvement spontané du 17 novembre prévoit de bloquer les routes pour exiger que des mesures soient prises par le Gouvernement en faveur des automobilistes. Les réponses du gouvernement et du président de la République qui viennent d'être annoncées, ne sont pas à la hauteur du ras-le-bol qui s'exprime. 

Le prix des carburants et les taxes ne sont que l’élément déclencheur d’un mouvement de contestation générale dont la lame de fond est la colère populaire face à la politique, et principalement la politique fiscale injuste menée par le Gouvernement. Il faut rappeler que la suppression de l'ISF et de la flat tax représentent 25 milliards d'économies pour les plus riches sur 5 ans.  

La légitimité d’un tel mouvement ne peut pas être contestée ni disqualifiée sous prétexte de transition écologique. Bien au contraire, cette colère montre bien l’impasse d’une transition écologique hypocrite, fondée sur une « fiscalité verte » punitive pour les classes moyennes et populaires qui refuse de prendre à bras le corps les véritables problèmes : investissement public dans le logement pour permettre à nos concitoyens de se rapprocher de leur lieu de travail et investissement dans les infrastructures de transport public, seule véritable alternative à la voiture ! 

Les citoyens comprennent que la fiscalité supplémentaire sur les carburants constitue après les cadeaux fiscaux et dans le cadre d'une politique d'austérité, une aubaine pour l'Etat : un centime d'Euro de taxe sur le gazole c'est une recette supplémentaire de 350 millions par an ! Les mesures de compensation annoncées par le gouvernement outre qu'il s'agit d'une usine à gaz, devrait s'élever à 500 millions d'euros de dépenses alors que la nouvelle hausse des taxes sur le gazole de 6,5 centimes en 2019 rapportera 2,25 milliards d'euros de recettes supplémentaires auxquels il faut ajouter les recettes supplémentaires qui viendront de s taxes supplémentaires sur l'essence. 

Cette politique est la "goutte d'eau qui fait déborder le vase". Car pour beaucoup de nos concitoyens la voiture est toujours le seul moyen de transport à leur disposition pour se rendre sur leur lieu de travail. Ces hausses inconsidérées constituent donc pour eux une atteinte à la liberté de circuler doublée d’une atteinte au droit à travailler ! 

Et le Communiqué commun APRES / MRC : 17 novembre : l’exaspération populaire est une aspiration à la justice sociale

Cet article est le 3114 ème sur le blog MRC 53 - le 152ème dans la catégorie France et Europe

Les Gilets jaunes le 17 novembre en fin de matinée au rond-point du Châtelier (entrée de l'agglomération de Laval par l'ouest, commune de Saint-Berthevin)

Les Gilets jaunes le 17 novembre en fin de matinée au rond-point du Châtelier (entrée de l'agglomération de Laval par l'ouest, commune de Saint-Berthevin)

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 23:49

 

Les prélèvements fiscaux sur les carburants ont servi de détonateur

 

La colère populaire s’est propagée par Internet. Mais il y avait depuis longtemps un mécontentement à l’égard du pouvoir politique, jugé insensible à la dégradation des revenus des catégories populaires en raison de l’augmentation des dépenses obligatoires pour les transports et la fiscalité, notamment.

Voir à ce sujet les différences géographiques et sociologiques en France : (Le Vent Se Lève, 7 février 2018, Oscar Bockel) : Les trois France : entre périphéries et métropoles

A côté d’une France Métropolitaine qui bénéficie de la mondialisation, coexistent deux France périphériques. La première, « hyper périphérique », cumule anomie et forte précarité. La seconde, parvient à mieux supporter la mondialisation grâce à la résistance de structures sociales fortes, et fait même preuve d’un remarquable dynamisme. On a pris l’habitude d’opposer deux France, il en existe en réalité pas deux, mais trois.

 

 

La fracture territoriale est prise en compte par le chercheur au CNRS, politologue, Romain Pasquier, qui s’exprimait ici avant la journée d’expression de la colère populaire le 17 novembre. Voir (France 3 Bretagne, 16 nov. 2018) : Romain Pasquier politologue à propos des Gilets jaunes

Contrepoints répondait, le 13 novembre, à la question : Mouvement du 17 novembre : où se situent politiquement les gilets jaunes

La raison principale de la mobilisation semble ne pas être une opposition politique à proprement parler mais plutôt une absence complète de confiance dans les promesses politiques formulées.

Voir (Contrepoints, 17 novembre, Paul Salaun) : La colère des gilets jaunes, conséquence de l’enfumage politique

 

Le politologue Jérôme Sainte-Marie, fondateur de PollingVox, voit dans la mobilisation du 17 novembre un mouvement né de la base qui pourrait avoir une traduction politique de grande importance (FigaroVox, entretien, Guillaume Perrault, 18 novembre). Voir «Les «gilets jaunes» font converger des électorats populaires jusqu'ici opposés»

Extrait. Si l'on considère dans leur originalité radicale l'émergence de ce mouvement d'opinion puis la mise en place de modalités d'action déconcertantes, force est d'admettre la réussite de cette mobilisation. Il y avait un doute énorme avant le 17 novembre sur la concrétisation de ce mécontentement virtuel, il est désormais levé. Rappelons que ceux qui sont allés sur les ronds-points, les péages autoroutiers et autres lieux de rassemblement, ne savaient pas très bien qui ils allaient y trouver et comment les choses se dérouleraient. Ils étaient donc dans un contexte plutôt anxiogène, à l'inverse du confort qu'offrent les manifestations habituelles, depuis longtemps assujetties à un rituel bien connu de tous, organisateurs, participants et forces de l'ordre.

En Mayenne (EN IMAGES - Plus de 2.000 gilets jaunes en Mayenne), la manifestation a dégénéré dans le centre ville de Laval. Voir la préfecture porte plainte pour dégradations.

Le parcours commençait par le rond-point du Châtelier à Saint-Berthevin, qui marque l’entrée de l’agglomération lavalloise. Les discussions avec quelques-uns des participants ont été intéressantes. Le président Macron et sa politique sont mises en cause. J’ai pu leur apporter quelques éléments d’information à ce sujet. Voir (21 avril 2018) : Pour une alternative républicaine au projet élitaire de Macron

Cet article est le 3113 ème sur le blog MRC 53 - le 151ème dans la catégorie France et Europe

Le 17 novembre 2018, vers 11 h, au rond-point du Châtelier, qui est l'entrée de Saint-Berthevin et de l'agglomération de Laval, en venant de Rennes

Le 17 novembre 2018, vers 11 h, au rond-point du Châtelier, qui est l'entrée de Saint-Berthevin et de l'agglomération de Laval, en venant de Rennes

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 23:46

 

Deux motions : ce congrès va trancher entre deux lignes politiques

 

Les 1er et 2 décembre 2018 à Paris, le Mouvement Républicain et Citoyen décidera de son proche avenir. Deux options stratégiques sont soumises au vote des adhérents, lors des congrès locaux qui seront réunis avant le 28 novembre.

La première option est présentée par Jean-Luc Laurent (motion 1), qui a dirigé le Mouvement depuis le précédent congrès en juin 2015. Elle a obtenu un vote majoritaire du Conseil national le 14 octobre et est quasiment entrée en application.

Préparée par des discussions avec Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann depuis une année, cette option est dans le prolongement du début de clarification stratégique opéré lors du congrès 2015 (ancrage à gauche du MRC et perspective de refonder la gauche sur des bases républicaines).

 

Il s’agit de cofonder dès le début de 2019 avec les ex-militants de l’aile gauche du Parti socialiste un nouveau parti, républicain, écologiste et socialiste, selon les qualificatifs donnés par Emmanuel Maurel, après avoir annoncé une scission du PS.

Dès juin, une initiative avait été lancée dans le cadre de l’association « Nos Causes Communes » sous la forme d’un débat au Palais du Luxembourg. Elle a été suivie d’une autre de plus grande ampleur les 7, 8 et 9 septembre à Marseille.

De plus, les futurs cofondateurs sont entrés en relation, ensemble et séparément, avec La France Insoumise dans la perspective des élections européennes de mai 2019. La liste complète sera soumise au vote des adhérents LFI avant la fin novembre.

La seconde option stratégique est présentée par Christian Hutin (motion 2), député MRC du Nord. Elle n’est pas favorable à la création d’un nouveau parti et réticente à la stratégie d’alliance durable avec La France Insoumise, préférant des alliances ponctuelles avec des partenaires selon les conditions électorales.

C’est donc l’avenir du MRC qui est en question.

Jean-Luc Laurent a précisé qu’un congrès fondateur d’une nouvelle formation politique serait organisé au début de l’année 2019. Les adhérents seraient invités à se prononcer sur cette question. Le MRC serait maintenu jusqu’au congrès de décembre 2020.

Il a laissé entendre que la question de la double appartenance (nouveau parti et MRC) serait du ressort des décisions de congrès. Le MRC 53 suggère aux congrès locaux de se saisir de cette question et de voter la double appartenance. Ainsi, la possibilité serait donnée pendant deux ans aux adhérents du MRC de se retirer du nouveau parti si les conditions leur apparaissaient insatisfaisantes. Ce filet de sécurité est sans doute nécessaire pour laisser le temps aux adhérents de mûrir leur décision définitive.
 

Cet article est le 3112 ème sur le blog MRC 53 - le 245ème dans la catégorie MRC national 

Bernard Thibault  (OIT), au côté de Patrick Quinqueton (MRC), le 7 septembre 2018 à Marseille, en ouverture des débats de "Nos Causes Communes"

Bernard Thibault (OIT), au côté de Patrick Quinqueton (MRC), le 7 septembre 2018 à Marseille, en ouverture des débats de "Nos Causes Communes"

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 13:28

 

De nombreux articles relatifs au congrès 2018 et aux projets du MRC

 

Ce blog existe depuis 2006. Plus de 3 100 articles ont été publiés. Il a continué d’exister après une suspension en 2014, le temps du lancement du blog de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne). Plus de 400 articles publiés sur ce blog CiViQ.

Le sens politique de ce blog est de contribuer à reconstruire la gauche en s’opposant aux politiques néolibérales que le peuple français subit depuis plus de trente ans. Les deux en même temps, selon l’expression à la mode…

Cette refondation républicaine de la gauche ne doit pas seulement se faire en haut, par les organisations politiques au niveau national, mais elle doit aussi se faire en bas, c’est-à-dire par les militants et les citoyens dans les communes et les départements. En même temps…

Le rythme de parution des articles est variable. Après les Titres des articles publiés en juin-juillet-sept 2018, voici les titres des articles publiés en octobre 2018.

Titres des articles publiés en octobre 2018 sur le blog du MRC 53

Le MRC reformule le projet qu'il présentera aux élections européennes (31 octobre)

Le MRC et APRES, prêts à fonder la Maison de la gauche républicaine (31 octobre)

David Cayla : amener l'économie à interagir avec les sciences sociales (28 octobre)

Coralie Delaume considère que le couple franco-allemand n'existe pas (27 octobre)

La retraite à points décortiquée par J-C Chailley (Résistance sociale) - 25 octobre

Bilan du MRC 2015-2018 par Alain Gély, membre du Conseil national (24 octobre)

Congrès MRC 2018 : les motions Laurent et Hutin validées, pas la 3ème (23 octobre)

Pour le bureau du MRC Lorraine, le congrès doit décider de l'agenda (21 octobre)

Le MRC national a voté pour un nouveau parti sans débat avec sa base (19 octobre)

Congrès 2018 : la motion Sorin-Maupouet pour la refondation du MRC (17 octobre)

Conseil national MRC 14 octobre 2018 : l'intervention de Michel Sorin (15 octobre)

Le Conseil national du MRC donne son aval aux projets de la direction (14 octobre)

Projet de motion Sorin-Maupouet au prochain congrès MRC 2018 (13 octobre)

Le congrès 2018 verra deux motions s'opposer sur le devenir du MRC (10 octobre)

Un nouvel avenir se dessine à gauche, avec la participation du MRC (09 octobre)

Congrès MRC 2018 : une contribution Sorin-Maupouet est proposée (07 octobre)

A Saintes, le 29 septembre 2018, le MRC Ouest a débattu de son avenir (01 octobre)
 

Cet article est le 3111 ème sur le blog MRC 53 - 82ème, cat. Titres des articles du mois précédent

Les 7, 8 et 9 septembre 2018, parc Chanot à Marseille, avait lieu l'université de rentrée organisée par l'association "Nos Causes Communes"

Les 7, 8 et 9 septembre 2018, parc Chanot à Marseille, avait lieu l'université de rentrée organisée par l'association "Nos Causes Communes"

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 23:12

 

Un texte d’orientation qui converge avec celui de La France Insoumise

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen dispose d’un texte de fond sur l’Europe depuis son adoption par le Conseil national, le 14 octobre 2018, avec des amendements qui ont été intégrés au texte et adoptés par la direction exécutive (secrétariat national) le 22 octobre.

Texte d’orientation du MRC pour les élections européennes 2019 :  Pour une Europe des peuples.pdf 

Pour une Europe des peuples !

Plan du document

De la crise de souveraineté à la tentation identitaire

Des « petits pas » à la mise au pas

Du rêve à la réalité

Changer de braquet

Rendre aux peuples la maîtrise de leur destin

Pour une Europe européenne

Pour une Europe confédérale

Pour une Europe du commun

Conclusion : L’heure du choix

Le projet européen est en danger de mort, pris en étau entre l’effondrement social et les résurgences identitaires. L’alternative est simple :

- ou bien il y a une prise de conscience qui assume un changement profond de la construction européenne, des objectifs qu’elle s’assigne et des moyens dont elle se dote,

- ou bien elle périra de ses contradictions originelles.

L’Europe de l’unique (politique monétaire unique, politique budgétaire unique) n’est pas viable. Plus qu’une correction de trajectoire, il faut une donne radicalement nouvelle dont l’ambition centrale doit consister d’abord à reconnecter le projet européen avec la souveraineté populaire, c’est-à-dire la démocratie et la puissance publique.

Il convient de s’entendre enfin sur la stratégie qui mérite d’être déployée. Plutôt que de s’inscrire dans une logique de négociation a priori, dans laquelle un gouvernement récemment élu tente de négocier pour obtenir des inflexions de Bruxelles et s’achève généralement par un échec, nous proposons d’y substituer la négociation a posteriori : d’abord une majorité élue sur un projet de rupture avec la mondialisation libérale met en œuvre son projet conformément au mandat qu’elle a reçu du peuple, ensuite vient le temps des négociations et des éventuels ajustements.

Ce processus du fait accompli vise à garantir le principe de primauté de la souveraineté populaire et nationale : c’est à l’Union européenne de s’adapter à la volonté des peuples et non l’inverse.
 

Cet article est le 3110 ème sur le blog MRC 53 - le 244ème dans la catégorie MRC national 

Catherine Coutard introduit la "table ronde" portant sur la souveraineté populaire face au marché. C'était à Marseille le 9 septembre 2018 dans le cadre de l'université de rentrée de "Nos Causes Communes"

Catherine Coutard introduit la "table ronde" portant sur la souveraineté populaire face au marché. C'était à Marseille le 9 septembre 2018 dans le cadre de l'université de rentrée de "Nos Causes Communes"

Partager cet article
Repost0