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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 20:52

C’est ainsi qu’il va relancer l’Union européenne ?

 

C’était dimanche. Le porte-parole était en perdition à Neuilly-sur-Seine. Il décide de le rapatrier et de convoquer les télévisions… pour parler de la ratification du traité de Lisbonne ! Il emprunte à Guaino ce qui plaît aux Français (la critique du capitalisme financier, par exemple) et à Jouyet ce que Bruxelles veut entendre (la stratégie de développement durable).

 

 Il réaffirme que le traité ratifié est simplifié et ne contient que la partie institutionnelle du traité de 2004, ce qu’il avait dit pendant la campagne électorale. Un vrai mensonge, mais cela n’est pas gênant, car il est habitué. C’est comme cela qu’il a été élu. Il est persuadé que le peuple ne s’en apercevra pas. Mais il se trompe. Il ne connaît pas le peuple.

 

Régis Soubrouillard, ce jour, sur www.marianne2.fr, a titré « Allocution du président : sitôt prononcée, déjà oubliée ». Il écrit :

 

(…) Le Président a enfoncé les portes ouvertes sur le projet européen : une Europe plus protectrice, «grande puissance, faisant valoir son point de vue et défendant ses intérêts, comme le font toutes les autres grandes puissances dans le monde ». Il a également souhaité que la présidence française, qui démarrera le 1er juillet prochain, propose à ses partenaires « une stratégie de développement durable, une politique commune de l'immigration, une défense européenne et une refondation de la politique agricole ».

 

Jean-Pierre Chevènement, dimanche soir 10 février, sur son blog, www.chevenement.fr, commentait :

 

Le président Sarkozy se moque du monde. En faisant ratifier le traité de Lisbonne par la voie parlementaire, il a repris beaucoup plus que la partie institutionnelle de la Constitution européenne*. Si, par exemple, la «concurrence libre et non faussée» n'est plus un objectif de l'Union, elle reste, au terme du protocole n° 6, un principe que la Commission européenne est chargé de faire appliquer. De même un contrôle parlementaire limité au droit de saisine de la Cour de justice de l'union européenne n'est qu'un faux semblant de plus. Enfin l'OTAN consacrée comme cadre de la défense européenne, c'est l'Euramérique en marche, où la France disparaîtra.

Le président Sarkozy fait de grands moulinets verbaux : ainsi sur la monnaie, la politique commerciale ou industrielle, ou encore les dérives du capitalisme financier. Mais dès qu'il formule ses propos pour la présidence française de l'UE, il se garde bien d'aborder ces sujets qui fâchent. Il reprend des sujets rebattus (immigration, politique agricole, etc.). M. Sarkozy est un artiste dans la peinture en trompe l'œil. Mais les Français le jugeront et le jugent déjà sur les actes, et en particulier sur son incapacité à mettre en accord ceux-ci avec de tonitruantes proclamations.

 

* Un internaute, « Instit », habitué des commentaires sur le blog de Christine Tasin http://christinetasin.over-blog.fr, a apporté, le 10 février, les précisions suivantes, concernant le traité « simplifié ».

 

« Un traité simplifié, ne conservant que les dispositions institutionnelles qui avaient paru recueillir un consensus assez large pendant la campagne du référendum était une solution qui permettait de dépasser les oppositions entre partisans et adversaires de la Constitution. »

 

Cette phrase contient deux mensonges.

Premier mensonge : le traité de Lisbonne n’est pas un traité simplifié.

Second mensonge : le traité de Lisbonne ne conserve pas que les dispositions institutionnelles qui avaient paru recueillir un consensus assez large pendant la campagne du référendum.

 

1- Le traité de Lisbonne n'est pas un traité simplifié. Il est lisible ici :

 

http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i0439.pdf

Le traité de Lisbonne a 281 pages ! Par comparaison, le Traité Etablissant une Constitution pour l’Europe que nous avions reçu dans notre boîte aux lettres en 2005 n'avait que 191 pages.

 

2- Le traité de Lisbonne ne conserve pas que les dispositions institutionnelles qui avaient paru recueillir un consensus assez large pendant la campagne du référendum. En revanche, le traité de Lisbonne impose des politiques. A partir de la page 62, vous pouvez lire la troisième partie du traité de Lisbonne intitulée « Les politiques et actions internes de l'Union (articles 26 à 197) ». Cette troisième partie explique quelles doivent être les politiques concernant :

 

- le marché intérieur (articles 26 et 27)

- la libre circulation des marchandises (articles 28 à 37)

- l'union douanière (articles 30 à 32)

- la coopération douanière (article 33)

- l'interdiction des restrictions quantitatives entre les Etats membres (articles 34 à 37)

- l'agriculture (articles 38 à 44)

- la pêche (articles 38 à 44)

- les travailleurs (articles 45 à 48)

- le droit d'établissement (articles 49 à 55)

- les services (articles 56 à 62)

- les capitaux et les paiements (articles 63 à 66)

- l'espace de liberté, de sécurité et de justice (articles 67 à 76)

- les contrôles aux frontières (article 77)

- l'asile (article 78)

- l'immigration (article 79)

- la coopération judiciaire en matière civile (article 81)

- la coopération judiciaire en matière pénale (articles 82 à 86)

- la coopération policière (articles 87 à 89)

- les transports (articles 90 à 100)

- les règles de concurrence

- les règles applicables aux entreprises (articles 101 à 106)

- les aides accordées par les Etats (articles 107 à 109)

- les dispositions fiscales (articles 110 à 113)

- le rapprochement des législations (articles 114 à 118)

- la politique économique (articles 120 à 126)

- la politique monétaire (articles 127 à 133)

- l'emploi (articles 145 à 150)

- la politique sociale (articles 151 à 161)

- le fonds social européen (articles 162 à 164)

- l'éducation, la jeunesse et les sports (article 165)

- la formation professionnelle (article 166)

- la culture (article 167)

- la santé publique (article 168)

- la protection des consommateurs (article 169)

- les réseaux transeuropéens (articles 170 à 172)

- l'industrie (article 173)

- la cohésion économique, sociale et territoriale (articles 174 à 178)

- la recherche et le développement technologique (articles 179 à 190)

- l'espace (article 189)

- l'environnement (articles 191 à 193)

- l'énergie (article 194)

- le tourisme (article 195)

- la protection civile (article 196)

- la coopération administrative (article 197).

 

Nicolas Sarkozy ment aux Français.

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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 22:21

La question de la responsabilité de la France

 

Je reçois des informations qui me sont adressées par Bernard Patureau, vice secrétaire général de l’association Ibuka France (« Souviens-toi »), qui milite pour le devoir de Mémoire et contre le négationnisme à propos du génocide des tutsis au Rwanda en 1994 (voir, à ce sujet, les articles parus » les 5 et 21 janvier 2008 sur ce blog, catégorie « Afrique ; voir aussi le site d’Ibuka France : http://one.xthost.info/ibukafrance).

 

Il vient de m’informer qu’un film intéressant concernant le Rwanda, sous forme d’une fiction, est programmé sur Arte le 22 février à 21h.

Voici un extrait de ce film sur http://www.dailymotion.com/video/7273543.

 

Le réchauffement des relations entre la France et le Rwanda est engagé depuis quelques mois, comme l’indiquait Philippe Bernard, journaliste au Monde (édition datée du 25 janvier 2008), avant la visite de Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, à Kigali, le 26 janvier.

 

(…) « Cette visite "s'inscrit dans le cadre du processus de normalisation progressive de nos relations", a expliqué, mercredi, le Quai d'Orsay, en confirmant le principe. A Kigali, la secrétaire d'Etat à la coopération régionale Rosemay Museminali a salué "ce geste de relance de la coopération".

Le premier signal du réchauffement des relations franco-rwandaises avait été donné, à la mi-septembre 2007, par le séjour à Kigali d'une délégation diplomatique française conduite par Jean de Gliniasty, directeur de l'Afrique au Quai d'Orsay. Le processus a connu une accélération en décembre avec l'entrevue entre les présidents Nicolas Sarkozy et Paul Kagamé au sommet Union européenne-Afrique de Lisbonne. Le président français avait alors prononcé des mots traduisant sa volonté de dénouer le profond contentieux entre les deux pays tenant au rôle de la France dans le génocide des Tutsis, en 1994, dont le régime rwandais actuel est issu. Le génocide "nous oblige à réfléchir, France comprise, à nos faiblesses ou à nos erreurs", avait alors déclaré M. Sarkozy. Il avait précisé que sa formulation avait été "pesée", afin de "respecter toutes les sensibilités".

Le Rwanda avait rompu ses relations diplomatiques en novembre 2006, au lendemain de la publication de l'ordonnance du juge français Jean-Louis Bruguière désignant le président Kagamé comme l'instigateur de l'attentat du 6 avril 1994 qui avait coûté la vie à son prédécesseur, Juvénal Habyarimana, et donné le signal déclencheur du génocide. Le juge avait aussi délivré neuf mandats d'arrêt internationaux visant des dignitaires rwandais actuels.

Depuis six mois, Paris et Kigali discutent des moyens de vider ce contentieux. M. Kouchner, qui a noué des liens avec M. Kagamé à l'époque du génocide, a pris publiquement ses distances avec les accusations du juge Bruguière ». 

Par ailleurs, on pouvait lire, le 30 janvier, sur www.lefigaro.fr, un article de Filip Reyntjens, professeur à l’université d’Anvers, intitulé : « Les curieuses vérités de Kouchner sur le Rwanda ». L’auteur, qui fait siennes les positions du juge Bruguière et des pouvoirs publics français…avant Kouchner, adopte la posture des négationnistes du génocide. 

« Étonnante opinion que celle publiée sur l'avenir des relations franco-rwandaises par Bernard Kouchner dans Le Figaro du 26 janvier. Puisqu'il veut «respecter la vérité», essayons de la découvrir. Même si Kouchner dit ne pas savoir qui a commandité l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, il ne croit pas que Kagamé «ait sciemment décidé d'allumer l'étincelle qui embraserait son pays». On ne sait pas sur quoi cette croyance est basée, et dès lors quelle vérité est respectée.

Kouchner ne peut pas «cautionner cette vision simpliste et infamante qui fait des Tutsis les responsables de leur propre malheur». Il tombe ici dans le vieux piège qui veut que FPR = Tutsis. Or, ce n'est pas Kagamé ni le FPR qui ont été victimes du génocide, mais les Tutsis de l'intérieur. Si donc le FPR a commis l'attentat, sachant quelles en seraient les conséquences, ce ne sont pas les Tutsis qui ont été responsables de leur malheur, mais bien le FPR.

Le ministre français des Affaires étrangères et européennes avance ensuite un argument d'autorité qu'il a déjà utilisé par le passé : «il y était», et donc il sait. Que sait-il ? Qu'a-t-il vu pendant les quarante-huit heures passées à Kigali à la mi-mai 1994 ? Se rendait-il compte que, pendant son séjour, au moment où il était «témoin» du génocide, le FPR commettait des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité à une échelle inouïe ?

Toujours dans le respect pour la vérité, Kouchner reconnaît que la France a commis des erreurs politiques, mais il affirme qu'il ne transigera pas sur la complicité de crimes et sur l'honneur de l'armée française. Or, une commission rwandaise «chargée d'enquêter sur le rôle de la France dans le génocide», dite «commission Mucyo», a déposé son rapport chez Kagamé il y a plusieurs mois. D'après son président, la commission disposerait «des preuves permettant de déférer de hauts responsables français devant la justice internationale». Sans croire un instant en l'honnêteté de la démarche rwandaise, il est permis de se poser la question de savoir ce qui arrivera lorsque la vérité rwandaise s'avère être différente de celle de Kouchner.

Bernard Kouchner affirme enfin que la normalisation des relations avec le Rwanda est une nécessité, et qu'elle est même conforme au droit international. Il est vrai que l'absence de relations diplomatiques doit être une exception, mais Kouchner semble oublier que c'est le Rwanda qui les a rompues, après qu'un juge d'instruction français eut simplement fait son devoir.

Plutôt que par le respect de la vérité, Bernard Kouchner semble être inspiré par la realpolitik, et notamment — il le dit lui-même — par le rôle «incontournable» du Rwanda en République démocratique du Congo, pays qu'il a occupé et pillé et où cinq millions de personnes ont péri à cause des guerres imposées par des voisins. Le régime de Kigali a l'habitude de raisonner en termes de puissance et de faiblesse. Il considérera la démarche de Bernard Kouchner comme un signe de faiblesse qu'il exploitera dès que l'occasion se présentera. Lorsque ce moment viendra, il sera très difficile d'entretenir des relations normales telles que le chef de la diplomatie française se les imagine ».

Cette opinion est contredite par l’envoyée spéciale en Afrique du journal belge Le Soir, Colette Braeckman.

A lire sur son blog : Rwanda. Un nouveau témoin confirme les accusations portées contre des Français à propos de l’attentat.

 

Voir aussi sur le même blog : Jean Hatzfeld ou l’impossible réconciliation

et le communiqué de presse d’Ibuka Rwanda http://ibukafrance.forumactif.com/tables-rondes-conferences-debats-journees-de-reflexions-f10/communique-de-presse-d-ibuka-rwanda-t1095.htm

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 20:43

L’Europe de la libre concurrence ne défend pas ses intérêts

 

Les incohérences de la construction européenne sautent aux yeux et le président de la République est aux premières loges pour les voir. Son double discours ne pourra tenir longtemps et l’impasse dans laquelle s’est engagée l’Europe va bientôt éclater au grand jour. Ce sera entre juillet et décembre 2008, lors de la présidence française.

 

Depuis la fin des années 1980, la vision idéologique néolibérale, dominante parmi les élites européennes et mondiales, s’est emparée de l’Europe pour la déconstruire, à la grande satisfaction des anglo-saxons et de tous les partisans du grand marché sans entraves.

 

Voici l’article paru ce 10 février sur www.marianne2.fr sous la signature de Jean-Michel Quatrepoint (www.lalettreA.fr).

« L'Europe à la sauvette de Nicolas Sarkozy »

« L'histoire retiendra que c'est par un vote à la sauvette, sans aucun débat dans le pays, ni véritable discussion au Parlement, que la France a ratifié le traité européen, dit de Lisbonne. Une copie conforme du projet de Constitution rejeté par le peuple français.

 

Tout le talent de Nicolas Sarkozy aura été de faire croire qu'il avait obtenu de profonds amendements au texte. Que cette Constitution, dont il était loin d'être un thuriféraire, n'était plus qu'un mini-traité. Sous-entendu, peu contraignant.


Las ! Au-delà de la trouvaille sémantique, il s'agit bel et bien de repasser le même plat, non plus aux peuples dont on ne peut prévoir les réactions, mais aux Parlements, dont on est sûr du vote.

 

Les élites du Vieux Continent estiment depuis longtemps que la construction européenne, du moins telle qu'ils la conçoivent, est une chose trop importante pour la faire dépendre des humeurs changeantes du bon peuple.

Un double discours pour plaire à la fois à Bruxelles et aux Français


Nicolas Sarkozy a vite compris qu'une élection présidentielle ne se gagnait pas seulement à Paris, mais qu'il fallait être adoubé par l'establishment européen. C'est une donnée incontournable. Pour accéder à l'Élysée, il ne faut pas apparaître comme un opposant à la construction européenne.

Jacques Chirac, mais aussi Edouard Balladur s'étaient résignés à voter « oui » au Traité de Maastricht, car ils savaient qu'un « non » sonnerait le glas de leurs ambitions présidentielles. Tous ceux - de Philippe Seguin à Laurent Fabius, en passant par Charles Pasqua, Jean-Pierre Chevènement et tant d'autres - qui ont contesté la manière dont l'Europe se construit depuis près de vingt ans, l'ont appris à leurs dépens.


Fort de ce constat, Nicolas Sarkozy, qui est loin d'être un européiste convaincu, a donc accepté les conditions des partenaires de la France, et surtout d'Angela Merkel : des retouches cosmétiques au texte, et l'abandon du référendum.

 

Nicolas Sarkozy tient ses engagements. Mais en même temps, il ne se passe pas de jour sans qu'il fulmine contre Bruxelles, Francfort, Berlin, telle ou telle directive de l'eurocratie, les quotas de pêche, les délocalisations… Ses discours sont très au point. Ils sont, même, saisissants de vérité. Lorsqu'il s'adresse aux marins pêcheurs, aux ouvriers de Gandrange, lorsqu'il fustige les patrons voyous, le capitalisme financier, le comportement de la BCE, il apparaît profondément sincère.

L'hérésie de l'Europe à vingt-sept


Or, plus la France est insérée dans un faisceau de contraintes européennes, moins son personnel politique, à commencer par le président, dispose de marges de manœuvre. On ne peut pas dénoncer le matin les dérives de la construction européenne, et le soir signer un traité qui les avalise et les accentue.

 

L'erreur historique, à laquelle les Anglo-Saxons nous ont habilement conduits, aura été de privilégier, il y a quinze ans, l'élargissement à l'approfondissement. Et d'imposer une vision idéologique, pour ne pas dire naïve, de la libre-concurrence.

 

Dans un monde lourd de menaces, où personne ne fait de cadeau à personne, l'Europe à Vingt-sept est une hérésie. C'est une Europe qui ne sait pas et ne veut pas défendre ses intérêts. C'est une Europe sans vision géopolitique, sans réelle volonté d'exister.


Nicolas Sarkozy nage en pleine contradiction. Et cela, l'opinion publique le sent. Il ne faut pas chercher plus loin, au-delà de l'aspect bling-bling de sa présidence, les raisons de sa chute dans les sondages ».

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 22:24

Libéraliser les échanges ou nourrir le monde ?

 

La Banque mondiale a été la première à reconnaître son erreur. Elle avait oublié l’agriculture pendant vingt ans. Le Fonds Monétaire International (FMI), dirigé par Dominique Strauss-Kahn, et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), piloté par Pascal Lamy, restent sur leurs positions néolibérales. L’OMC maintient le cap du libre-échange intégral, pour ne pas dire intégriste. La gravité des conséquences de la hausse des prix des produits alimentaires va obliger ces organisations à réviser leurs politiques. Espérons-le.

 

Cet article de Frédéric Lemaître, paru sur www.lemonde.fr le 8 février (édition du Monde du 9 février) apporte de l’eau au moulin de ceux (dont je fais partie, voir les articles « agriculture et PAC » sur ce blog) qui préconisent la réaffirmation des politiques agricoles et alimentaires afin de répondre aux besoins immenses et urgents de centaines de millions d’habitants de cette planète.

 

« Une crise alimentaire majeure se profile »

 

Il y a un an, à la fin du mois de janvier, quand les Mexicains sont descendus dans la rue pour protester contre l'augmentation du prix de la galette de maïs, beaucoup ont souri. En septembre, quand le même motif a poussé les associations de consommateurs italiens à boycotter vingt-quatre heures durant l'achat de pâtes, le folklore a également semblé prévaloir. A tort, dans les deux cas. Ces mouvements sont en fait le reflet d'une crise majeure : les difficultés accrues que rencontrent de par le monde des centaines de millions de personnes pour se nourrir. La raison est simple : viande et céréales sont devenus inabordables pour les plus modestes, dans les campagnes mais aussi dans les villes, un phénomène nouveau.

Le Mexique et l'Italie ne sont pas des cas isolés. Les émeutes de la faim se multiplient. Le Maroc, l'Ouzbékistan, le Yémen, la Guinée, la Mauritanie et le Sénégal ont également été le théâtre de manifestations directement liées à l'augmentation du prix de produits alimentaires de première nécessité. "Ce phénomène inquiète bien davantage les gouvernements que l'augmentation du prix de l'essence", confiait, au Forum de Davos en janvier, le responsable d'un grand organisme international.

Signe de l'inquiétude grandissante : alors que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) tente de boucler dans les semaines à venir un accord libéralisant les échanges de produits agricoles, les pays sont, au contraire, de plus en plus nombreux à limiter les exportations de céréales, en instaurant des quotas ou en relevant les taxes de manière parfois prohibitive. Après l'Argentine et l'Ukraine, la Russie et la Chine (exportatrice de maïs) viennent d'adopter de telles politiques restrictives. Leur objectif est clair : privilégier le marché intérieur pour éviter les tensions sociales.

L'envolée des prix en 2007 est, il est vrai, impressionnante. Sur un an, l'indice de la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, a bondi de près de 36 %. "En valeur absolue, nous ne sommes pas à des records historiques, mais on a rarement vu de telles variations", constate Abdulreza Abbassian, économiste à la FAO.

Plusieurs facteurs se conjuguent. L'augmentation de la demande, la stagnation de l'offre et les coûts croissants du transport maritime.

L'augmentation de la demande est une bonne nouvelle. En s'embourgeoisant, Brésiliens, Chinois et Indiens adoptent de nouveaux goûts alimentaires. En moins d'une génération, la consommation de viande par Chinois est passée de 20 à 50 kilos, ce qui a une incidence directe sur la demande de céréales fourragères. Vu la croissance économique des pays émergents, tout indique que ce phénomène va se poursuivre. Comme on dénombre par ailleurs 28,5 millions de bouches supplémentaires à nourrir par an - la population doit passer de 6,5 milliards aujourd'hui à environ 9 milliards dans la deuxième moitié du siècle -, la demande n'est pas près de diminuer.

De son côté, l'offre est à la peine. En raison d'aléas climatiques, les récoltes ont souvent été médiocres voire mauvaises dans plusieurs greniers de la planète comme l'Ukraine et l'Australie. Les stocks n'ont jamais été aussi bas depuis trente ans. L'Europe, qui croulait jadis sous ses réserves, devrait cette année importer 15 millions de tonnes de céréales. Un record.

La flambée des cours du pétrole provoque, de son côté, un double effet négatif : elle renchérit le coût du transport maritime, qui représente désormais le tiers du prix des céréales. Surtout, elle rend les biocarburants de plus en plus attractifs. Sucre, maïs, manioc, oléagineux sont donc détournés de leur finalité nourricière. "Dans certains pays africains, l'huile de palme est directement indexée sur le prix du pétrole. Les Africaines qui font leur marché n'ont plus les moyens de s'en procurer", constate Josette Sheeran, directrice général du Programme alimentaire mondial (PAM). Celle-ci tire la sonnette d'alarme. "Le PAM nourrit environ 90 millions de personnes sur les 860 millions qui souffrent de la faim. L'augmentation des céréales nous oblige à faire un choix : soit nourrir 40 % de moins, soit diminuer de 40 % les portions offertes", résume-t-elle. En Haïti, les plus pauvres en sont réduits à se nourrir de galettes d'argile.

Pression démographique, croissance économique, réchauffement climatique... A ces trois raisons souvent mises en avant s'en ajoute une quatrième, tout aussi fondamentale : l'erreur des politiques menées jusqu'à présent. Dans son rapport sur le développement publié en octobre 2007, la Banque mondiale le reconnaît sans fard : pendant vingt ans, les responsables ont tout bonnement oublié l'agriculture. Alors que 75 % de la population pauvre mondiale vit dans les espaces ruraux, seulement 4 % de l'aide publique va à l'agriculture dans les pays en développement. Prenant le contre-pied de la politique privilégiée jusqu'ici par le Fonds monétaire international (FMI) et par elle-même, la Banque mondiale reconnaît que la croissance de l'agriculture et donc la réduction de la pauvreté dépendent d'investissements publics dans les infrastructures rurales (irrigation, routes, transports, énergie...).

Ces efforts seront d'autant plus nécessaires que le réchauffement climatique constitue, d'après les experts, un danger majeur pour l'agriculture mondiale. "Les zones touchées par la sécheresse en Afrique subsaharienne pourraient augmenter de 60 à 90 millions d'hectares (...) d'ici à 2060. (...) Le nombre de personnes souffrant de malnutrition pourrait augmenter de 600 millions d'ici à 2080", prévoyait l'ONU en 2007. Chaque étude semble plus pessimiste que la précédente. Le 1er février, la revue Science a publié les prévisions de l'université Stanford de Californie selon lesquelles le sud de l'Afrique pourrait perdre plus de 30 % de sa production de maïs, sa principale récolte, d'ici à 2030. De leur côté, l'Indonésie et l'Asie du Sud-Est verraient leurs principales cultures diminuer d'au moins 10 %. "C'est inquiétant. On ne pensait pas que cela irait si vite", reconnaît la FAO.

Il va donc falloir produire davantage. Certains préconisent d'augmenter les surfaces agricoles, mais le réchauffement climatique et l'urbanisation croissante vont plutôt réduire l'espace disponible. Accroître le rendement est également possible. Mais l'agriculture intensive consomme davantage d'eau, un bien qui devient rare et précieux. Reste le développement des organismes génétiquement modifiés, mais leur utilisation est, on le sait, contestée.

A l'aube du XXIe siècle, l'agriculture est donc redevenue un problème majeur pour l'humanité.

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 23:13

Le Parlement ferme la parenthèse ouverte par le peuple

 

La France rentre le rang, au grand soulagement de tous ceux qui n’avaient pas digéré le rejet par le peuple français du traité constitutionnel européen lors du référendum du 29 mai 2005 (près de 55% de NON). 

Le Parlement français a adopté, le 8 février, le projet de loi autorisant la ratification du traité européen de Lisbonne
. Les sénateurs l’ont fait par 265 voix contre 42 et 13 abstentions. Auparavant, les députés s’étaient prononcés dans le même sens par 336 voix contre 52 et 22 abstentions.

 

Le président français est autorisé à ratifier le traité, sur la base de l’article 52 de la Constitution (« Le président de la République négocie et ratifie les traités »). Il n’était pas obligé d’organiser un référendum, ayant obtenu du Parlement, réuni en Congrès, le 4 février à Versailles, l’accord de celui-ci de modifier la Constitution (560 voix contre 181).

 

Les différences entre le texte rejeté en 2005 et celui qui vient d’être ratifié sont minimes :

- Ce n’est plus officiellement une Constitution,

- Les symboles de l’Union (hymne, drapeau, devise) ont été abandonnés, 

- La concurrence libre et non faussée n’est plus un objectif, mais reste un moyen imposé à tous.

 

La ratification par la voie parlementaire en France (et dans les autres Etats membres de l’Union) avait été la condition imposée par les 18 pays qui avaient ratifié le TCE en 2005 pour accepter une renégociation.

 

Le président français s’est plié sans déplaisir à cette condition, lui qui avait reconnu dans les couloirs du Parlement européen, à Strasbourg, que le peuple français, s’il était à nouveau consulté, voterait NON une seconde fois (il ajoutait que le résultat serait le même dans les autres pays européens).

 

Il est, donc, bien clair que les nouvelles institutions européennes seront adoptées (sous réserve de toutes les ratifications) sans l’accord des peuples, sauf en Irlande (le référendum étant imposé par la Constitution de ce pays), mais avec le consentement de leurs représentants élus. La responsabilité de ceux-ci est, donc, très importante.

 

Il faudra suivre de près la mise en place de ces innovations institutionnelles (présidence du Conseil européen, haut représentant aux affaires étrangères, notamment) pour lesquelles de nombreuses questions restent en suspens.

 

Et, au-delà des institutions, le plus important reste la volonté politique de réorienter la construction européenne afin que l’Union soit en capacité de prendre les bonnes décisions économiques et monétaires, suite à la crise financière et bancaire, et compte tenu de l’évolution de la mondialisation et du capitalisme. L’adhésion des peuples en dépend. Nous devons, plus que jamais, être vigilants vis-à-vis de ce que feront les dirigeants de l’Union en notre nom.

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 22:08

Les Berthevinois aspirent à l’harmonie municipale

 

J’ai pu vérifier, au hasard des rencontres avec les Berthevinois, qu’il existe une insatisfaction à l’égard du tête-à-tête municipal entre la majorité et l’opposition ces dernières années, que l’on retrouve, tel quel, dans l’offre actuelle des deux listes de candidats.

 

Certains expriment leur souhait que je fasse une liste, sinon ils n’iront pas voter le 9 mars. D’autres disent qu’ils n’ont pas oublié 2001 et la liste dissidente qui a fait perdre la gauche.

 

J’en déduis qu’il faut rebattre les cartes et repartir sur de nouvelles bases au niveau municipal. Créer les conditions d’un dépassement des querelles anciennes et présenter une liste attractive avec des Berthevinois qui n’ont pas été mêlés à la crise des années 2000-2001.

 

Mon rôle est de passer le témoin à de nouvelles générations afin de redonner le goût de la vie municipale à nos concitoyens, notamment les jeunes.

 

Mon devoir est, donc, de constituer une liste républicaine et citoyenne pour rassembler les Berthevinois, avec des candidats et candidates qui veulent représenter honnêtement leur métier et leur quartier au sein du Conseil municipal, leur objectif étant de traiter les dossiers en pensant à l‘intérêt général et en défendant les valeurs de solidarité et de coopération, d’égalité et de fraternité.

Un but commun : favoriser la qualité des relations humaines, ainsi que le dynamisme social et économique, sur tout le territoire communal. 

 

L’hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne, dans son édition datée du 7 février, en rubrique Saint-Berthevin, a publié deux articles concernant l’élection municipale, dont celui-ci :



CCI00012--1----CM-7-02-08-MS-St-Berthevin.jpg

Le Courrier de la Mayenne reprend ici une partie du texte paru sur ce blog le 4 février 2008.

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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 23:39

La demande de céréales en croissance forte

 

Dans son Edito Matières Premières de la Chronique Agora (editomp@publications-agora.fr) paru le 5  février, Isabelle Mouilleseaux a choisi de parler des matières premières agricoles. La situation est pittoresque, mais pas drôle pour tout le monde. Voici son texte, à la portée de tous.

 

« La planète a 55 jours de stock devant elle ! »

 

« Les stocks mondiaux de céréales ont été divisés par deux depuis 2000. L'envolée des produits agricoles continue ! Et à mon humble avis, nous sommes loin de toucher la fin de ce rally haussier.

 

En 2007, les céréales ont vu leurs prix exploser
En cause : les mauvaises récoltes qui touchent la plupart des pays producteurs. Dame Météo fait ses caprices et n'épargne personne ! Sécheresse, inondations... on a tout vu ! Ajoutez à cela les politiques de subventions inadaptées, notamment en Europe, et vous avez la petite goutte qui fait déborder le vase !

Le blé gagne ainsi 110% en un an, le soja 78% sur un an, le maïs 70% sur 15 mois. Le riz et l'avoine affichent des hausses de plus de 30% en moins d'un an...

La demande pour les céréales et produits agricoles, bétail compris, ne cesse de croître. Non seulement parce que la population s'accroît, mais aussi parce que des millions d'individus voient leur pouvoir d'achat augmenter. En Chine, en Inde, au Brésil... les gens veulent maintenant améliorer la qualité nutritionnelle de leur alimentation et la diversifier. Les Chinois découvre le lait, le chocolat, le maïs... et ils aiment !

Conséquence : sur les dix dernières années, huit fois sur dix la consommation a dépassé la production. Vous imaginez l'impact sur le stock mondial !

Le marché étant très tendu, inélastique (on ne peut pas s'arrêter de manger !) et sans stock ! Par conséquent, la moindre incertitude fait grimper les cours.

L'impact des biocarburants : le cas révélateur du maïs

Souvenez-vous du discours de Bush en janvier 2007. Son objectif est clair : réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis. Et pour cela, l'Etat est prêt à investir massivement dans le secteur de l'éthanol. Une volonté politique qui a mis le feu aux cours du maïs ! Du coup, alléchés par les profits, les agriculteurs américains ont massivement accru la part de leurs terres cultivables consacrée au maïs.

Il faut ensuite ajouter à la demande "éthanol" la demande des éleveurs de bétail. En effet, jamais la demande mondiale de viande n'a été aussi forte. Conséquence : toujours plus d'élevages de poulets, de bœufs et de production d'œufs, de lait... voilà qui participe à la hausse des prix du maïs. Il faut bien nourrir tous ces animaux ! Un drame pour les populations sud-américaines dont l'aliment de base est le maïs (pensez à la fameuse tortilla !). Pendant que les investisseurs engrangent des plus-values, les populations pauvres ont faim et les émeutes se multiplient, à commencer par le Mexique !

Le jeu dangereux des vases communicants
A votre avis : que se passe-t-il quand on attribue massivement les terres arables disponibles à une culture céréalière au détriment des autres ? Parfaitement ! Les autres cultures en pâtissent. Il y aura moins de terres consacrées au blé, au soja, au riz... donc moins de production. C'est exactement ce qui s'est passé en 2007.

Le souci, c'est que la demande de blé, de riz ou de soja augmente elle aussi ! Et pour compliquer le tout, les problèmes n'arrivent jamais seuls. La sécheresse s'est abattue sur les autres grands pays producteurs, à commencer par l'Australie et l'Inde. Même aux Etats-Unis le rendement à l'hectare est en fort recul. Sécheresse dans une région, grand froid dans l'autre, les céréales américaines ont souffert.

Il s'est d'ailleurs passé exactement la même chose en Europe : la récolte de blé est en recul, les plantations de colza (qui donne le biocarburant) ayant été favorisées aux dépens du blé par les agriculteurs (…) ».

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 16:57

Le traité de Lisbonne, enfant illégitime de Sarkozy

 

A Versailles, le 4 février, le Parlement réuni en Congrès a donné au président de la République la majorité des 3/5èmes qu’il sollicitait pour que la ratification du traité de Lisbonne se fasse par la voie parlementaire jeudi et vendredi, à la sauvette, sans débat public. 

La Constitution française, qui avait été révisée prématurément avant le référendum du 29 mai 2005, a subi une nouvelle révision, hier. Espérons que celle-ci aura le même sort que la précédente. Il faudrait pour cela un accident de parcours dans les votes de ratification. Seule, l’Irlande est obligée d’organiser un référendum, mais le vote parlementaire, au Royaume-Uni, pourrait se révéler plus incertain que prévu. 

Des coups de théâtre sont possibles, tant cette construction européenne, fragile et bancale, manque de ciment populaire et a été bâtie avec les matériaux flottants, très peu sécurisants, que sont la concurrence libre et non faussée, la suprématie de la finance mondialisée et du libre-échange, l’abaissement des pouvoirs publics nationaux, l’allégeance atlantiste aux USA et à l’OTAN.

 

Le grand argument en faveur du traité de Lisbonne, avancé par les deux parlementaires mayennais que nous avons rencontrés (les trois autres n’ont pas proposé de rendez-vous), c’est qu’il va sortir l’Union européenne de la crise. 
Même s’il était ratifié par les 27 nations qui la composent actuellement, ce traité n’offre aucune garantie de sortie de crise car il ne traite pas des vrais problèmes de l’Europe, face à la mondialisation et à l’évolution du capitalisme financier, qui menacent l’économie européenne.

 

Voici le commentaire de Jean-Pierre Chevènement, hier, sur son blog www.chevenement.fr (selon une dépêche de l’AFP).

Une construction de l'UE « frappée d'illégitimité »

Jean-Pierre Chevènement a prévenu lundi que la construction européenne fondée sur "un déni de démocratie apparaîtra vite comme frappée d'illégitimité", après l'adoption par les parlementaires de la révision constitutionnelle, préalable à la ratification du traité de Lisbonne.
"181 voix contre la révision constitutionnelle", dont "près de 120 parlementaires socialistes, c'est mieux qu'un baroud d'honneur qui a été livré au Congrès de Versailles", estime dans un communiqué le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC).
Mais "ce n'est pas la bataille d'arrêt qu'une direction socialiste aurait pu livrer et gagner si le Parti socialiste avait été à l'unisson de la volonté du peuple français et particulièrement de son électorat", ajoute l'ancien ministre, partisan d'un référendum.
Dénonçant un "triomphe momentané de l'hypocrisie", il prévient: "cela ne durera pas toujours: la poursuite de la construction européenne sur la base d'un déni de démocratie apparaîtra vite comme frappée d'illégitimité".

 

Le site www.marianne2.fr offre, ce 5 février, l’information la plus complète sur le vote des parlementaires.

Traité de Lisbonne : ceux qui ont dit « non »

Versailles vaut bien un baroud d'honneur ! Réunis en Congrès lundi 4 février, les 577 députés et 331 députés devaient voter, un à un, pour ou contre la modification de la Constitution nécessaire à adopter le traité de Lisbonne par voix parlementaire. Sur les 741 votes exprimés (sur 893 présents), une grosse poignée, 181, ont exprimer leur refus de soumettre au vote des deux chambres un texte presque similaire à celui rejeté par référendum en 2005. Certes, leurs votes n'ont pas empêché aux « pour » de dépasser les 60% nécessaires pour adopter la modification. L'adoption du traité de Lisbonne pourra donc se poursuivre passant mercredi 6 février à la majorité simple à l'Assemblée nationale avant d'être voté au Sénat jeudi. Mais, faute de permettre un débat dont les Français ont été privés sur l'Union européenne, ces quelques non auront au moins eu le mérite de dessiner les contours d'une opposition à la volonté du Président de se passer de l'avis populaire sur ce dossier.

Près d'un député socialiste sur deux a voté non
Le Parti socialiste (PS) avait donné consigne de s'abstenir lors du Congrès, du fait de sa position - très théorique - en faveur du référendum. Non pas que cela change quoique ce soit (les abstentions n'étant pas comptées) seulement qu'il ne fallait pas freiner le processus mais tout de même «marquer sa mauvaise humeur», comme préconisait le partisan du «oui» Pierre Moscovici. Malgré cela, au Sénat (30) comme à l'Assemblée (91), le PS reste le plus gros réservoir de non. Parmi les députés, et contre les diagnostics de la direction, le camp des légitimistes ayant suivi la consigne ne compte que deux parlementaires de plus que celui des opposants. Notons que 17 députés et 15 sénateurs socialistes ont tout de même voté «oui», ce qui a le mérite de la franchise !

A gauche, ce sont les communistes, radicaux et divers gauche qui ont le plus tenu leur position de 2005 : tout le groupe sénatorial et la quasi totalité des membres de la Gauche démocratique et radical à l'Assemblée se sont opposés à la modification constitutionnelle.

A droite, outre des « nonistes » militants (Nicolas Dupont-Aignan en tête, non-inscrit), on trouve une poignée d'UMP qui se sont opposés, dont Jacques Myard à l'Assemblée et Charles Pasqua au Sénat. Même si la majorité présidentielle (Nouveau centre compris) ne réunit que 9 « non ».

 

La liste des « non »

Députés :
Groupe UMP (3 / 318) : MM. Patrick Labaune, Franck Marlin et Jacques Myard.

Groupe SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE (91 / 204) : Mme Sylvie Andrieux, MM. Jean-Paul Bacquet, Jean-Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean-Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean-Pierre Dufau, William Dumas, Jean-Louis Dumont, Mme Laurence Dumont, MM. Jean-Paul Dupré,
Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Mme Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Mme Valérie Fourneyron, MM. Michel Françaix, Jean-Claude Fruteau, Mme Geneviève Gaillard, MM. Daniel Goldberg, David Habib, Mme Sandrine Hurel, MM. Christian Hutin, Jean-Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean-Pierre Kucheida, Mme Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean-Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mme Martine Lignières-Cassou, MM. François Loncle, Jean Mallot, Mme Marie-Lou Marcel, M. Philippe Martin, Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, MM. Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean-Luc Pérat, Jean-Claude Perez, Mme Catherine Quéré, M. Simon Renucci, Mmes Marie-Line Reynaud, Chantal Robin-Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, M. Christophe Sirugue, Mme Christiane Taubira, MM. Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean-Michel Villaumé.

Groupe GAUCHE DEMOCRATE ET REPUBLICAINE (21 / 24) : Mme Marie-Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean-Pierre Brard, Mme Marie-George Buffet, MM. Jean-Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean-Paul Lecoq, Alfred Marie-Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean-Claude Sandrier et Michel Vaxès.

Groupe NOUVEAU CENTRE (2 / 22) : MM.
Philippe Folliot et Jean-Christophe Lagarde.

Non inscrits (4 / 9) : Mme Véronique Besse (MPF), MM. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Jean Lassalle (Modem) et François-Xavier Villain (divers droite).

Sénateurs :
Groupe UMP (4 / 159) : MM. André Lardeux, Roland du Luart, Mme Lucette Michaux-Chevry et M. Charles Pasqua.

Groupe SOCIALISTE (30 / 96) : MM. Bernard Angels, David Assouline, Mmes Maryse Bergé-Lavigne, Alima Boumediene-Thiery, MM. Jean-Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre-Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus-Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean-Pierre Godefroy, Claude Haut, Mmes Annie Jarraud-Vergnolle, Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Jean-Pierre Masseret, Marc Massion, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean-Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.

Groupe COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN (23 / 23) : Mme Eliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie-France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, MM. Robert Bret, Jean-Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier-Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean-François Voguet.

Groupe RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE ET SOCIAL EUROPEEN (1 / 16) : M. Bernard Seillier (MPF)

Non-inscrits (2 / 6) : MM.
Philippe Darniche (MPF) et Bruno Retailleau (MPF).

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 22:02

Rassembler la gauche et les républicains pour gagner

 

Depuis 2001, la gauche à St-Berthevin a perdu « le goût de la vie » (slogan que notre municipalité avait emprunté au titre du livre de Robert Buron « Par goût de la vie », qui était le recueil par Jean Offredo des propos du maire de Laval, quelques mois avant sa mort en 1973). 

Pour retrouver le goût de la vie, elle doit se rassembler. C’est un préalable pour gagner l’élection municipale du 9 mars.

Le texte qui suit est un appel à la réflexion et à la raison, en prenant appui sur le passé et les leçons qu’il faut en tirer.

 

Rassembler la gauche et les républicains pour gagner les élections municipales à St-Berthevin

 

Le goût de la vie avec une municipalité de gauche

 

Au moment où le retour de la gauche est possible à Laval, la situation de St-Berthevin fait peine à voir. Quand on en parle aux Berthevinois, personne ne croit, à cinq semaines du scrutin, aux chances de la gauche de l’emporter. Et, pourtant, le maire en place ne suscite pas l’enthousiasme des masses.

La raison de ce désamour de la gauche avec son électorat est à chercher du côté de la gauche elle-même, de son incapacité à se rassembler depuis sa terrible division de 2001.

 

Le passé doit être rappelé pour en tirer les leçons.

 

En 1990, lors d’élections intermédiaires, la rupture de Bernard Gastineau avec le maire Bernard Le Godais avait été sanctionnée par les électeurs. C’est la liste de la majorité présidentielle de l’époque (que je conduisais avec l’appui actif d’Alain Viot) qui l’avait emporté au second tour (54%).

 

En 1995, notre liste avait été réélue dès le premier tour (51,5%). A chaque fois, en plus des électeurs de gauche, nous avions bénéficié des suffrages de républicains (10 à 15% de l’électorat) qui votaient à droite lors des élections nationales.

 

Quand, Alain Viot et moi, avons fait route ensemble, nous avons gagné. Quand l’un s’est écarté, ou a écarté l’autre, nous avons perdu. Je lui ai rappelé cette vérité le soir de l’élection de Guillaume Garot le 17 juin dernier. Avec le silence pour réponse.

 

A partir de 2000, Alain Viot a cru bon de faire route séparée, alors que j’avais évoqué avec lui la possibilité qu’il me succède à la mairie. En 2001, ce fut un gâchis pour la gauche à St-Berthevin. Aujourd’hui, nous pouvons avoir l’impression que le PS n’existe plus. Après ce que nous avons fait dans les années 1970, 1980 et 1990, il n’y a pas de quoi être fier du bilan actuel.

 

En 2003, la division de la droite n’a pas bénéficié à la liste conduite par Alain Viot. Les séquelles dévastatrices de 2001 sont à l’origine de cet échec, d’extrême justesse, face à Yannick Borde.

 

Après vingt années au Conseil municipal, dont un peu plus de dix ans comme maire, je me suis alors placé en dehors de la vie municipale, à un poste d’observateur attentif, sans me désengager de la politique. J’ai eu davantage de temps disponible à partir de mars 2004, étant en préretraite.

 

Le Mouvement républicain et citoyen (MRC), que j’anime aux niveaux local et départemental (avec la responsabilité du secteur agricole au niveau national) n’a pas été sollicité à St-Berthevin pour participer au rassemblement de la gauche, face à la liste conduite par le maire sortant. Pourtant, la gauche républicaine, avec sa volonté de résister au libéralisme, est indispensable pour gagner.

J’en ai parlé à Guillaume Garot, mais je n’ai constaté aucun résultat.

 

Lors des élections cantonales de mars 2004 (canton de St-Berthevin), j’ai obtenu 10,5% des voix et me suis désisté, sans réserve, pour Alain Viot qui, d’ailleurs, m’avait remercié pour cela. Il avait, ensuite, au second tour, raté l’élection de très peu. Un regret : St-Berthevin est le seul canton de l’agglomération lavalloise, qui a échappé à la gauche en 2004. Les divisions avaient laissé des traces.

 

Lors de l’élection présidentielle du printemps 2007, j’avais soutenu Ségolène Royal, dès le premier tour. En juin dernier, j’ai participé aux élections législatives - première circonscription de la Mayenne - dans le cadre d’un accord national avec le PS. J’ai soutenu Guillaume Garot au second tour et participé à sa victoire (voir, à ce sujet, ma profession de foi* sur mon blog).

 

Créons les conditions d’un dépassement des querelles anciennes.

Présentons aux électrices et électeurs une liste attractive.

Afin de redonner le « goût de la vie » aux Berthevinois !

 

* Cette profession de foi, très lue sur la Toile, a été publiée le 24 mai 2007 sur ce blog, catégorie « 2007 Législatives ».

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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 23:02

Quel gouvernement économique de la zone euro ?

 

Le prochain colloque de la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, aura lieu lundi 18 février 2008 à 18h à la Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique 75007 Paris.

 

Il tentera de répondre à la question « Quel gouvernement économique de la zone euro ? »

Quel bilan pour l'agenda de Lisbonne ? Quel bilan de la gestion de l'euro ? Quels sont les moyens d'une politique de change ? Quelle politique monétaire dans une zone euro hétérogène ? Quelles stratégies ont adopté nos voisins ? Vers quelle politique économique voulons-nous aller dans la zone euro ? Quels problèmes soulèverait une sortie de l'euro ?

Les invités (liste provisoire) :

  • Jean-Pierre Robin, chroniqueur économique au Figaro
  • Jean-Luc Gréau, Economiste, auteur de L'Avenir du capitalisme (Gallimard, 2005)
  • Dominique Garabiol, directeur à la CNCE (Caisse nationale des caisses d'épargne)
  • Gérard Lafay, professeur de sciences économiques à l'Université Panthéon-Assas Paris II
  • Françoise Bouvier, maître de conférences à l'Université de Franche-Comté
  • André Gauron, conseiller maître à la Cour des comptes
  • Loïc Hennekinne, ambassadeur de France
  • Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, directeur de La Lettre A
  • Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica

    Inscrivez-vous à l'adresse électronique res-publica@wanadoo.fr (Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes). Pour consulter les travaux de la Fondation Res Publica, fondation reconnue d'utilité publique par décret du 30 décembre 2005, une seule adresse :
    www.fondation-res-publica.org.

A noter que les actes du colloque du 21 novembre 2007, sur le thème « L’Asie du Sud-Est entre ses géants », sont disponibles sur www.fondation-res-publica.org

Débat final

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