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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 20:43

L’Europe de la libre concurrence ne défend pas ses intérêts

 

Les incohérences de la construction européenne sautent aux yeux et le président de la République est aux premières loges pour les voir. Son double discours ne pourra tenir longtemps et l’impasse dans laquelle s’est engagée l’Europe va bientôt éclater au grand jour. Ce sera entre juillet et décembre 2008, lors de la présidence française.

 

Depuis la fin des années 1980, la vision idéologique néolibérale, dominante parmi les élites européennes et mondiales, s’est emparée de l’Europe pour la déconstruire, à la grande satisfaction des anglo-saxons et de tous les partisans du grand marché sans entraves.

 

Voici l’article paru ce 10 février sur www.marianne2.fr sous la signature de Jean-Michel Quatrepoint (www.lalettreA.fr).

« L'Europe à la sauvette de Nicolas Sarkozy »

« L'histoire retiendra que c'est par un vote à la sauvette, sans aucun débat dans le pays, ni véritable discussion au Parlement, que la France a ratifié le traité européen, dit de Lisbonne. Une copie conforme du projet de Constitution rejeté par le peuple français.

 

Tout le talent de Nicolas Sarkozy aura été de faire croire qu'il avait obtenu de profonds amendements au texte. Que cette Constitution, dont il était loin d'être un thuriféraire, n'était plus qu'un mini-traité. Sous-entendu, peu contraignant.


Las ! Au-delà de la trouvaille sémantique, il s'agit bel et bien de repasser le même plat, non plus aux peuples dont on ne peut prévoir les réactions, mais aux Parlements, dont on est sûr du vote.

 

Les élites du Vieux Continent estiment depuis longtemps que la construction européenne, du moins telle qu'ils la conçoivent, est une chose trop importante pour la faire dépendre des humeurs changeantes du bon peuple.

Un double discours pour plaire à la fois à Bruxelles et aux Français


Nicolas Sarkozy a vite compris qu'une élection présidentielle ne se gagnait pas seulement à Paris, mais qu'il fallait être adoubé par l'establishment européen. C'est une donnée incontournable. Pour accéder à l'Élysée, il ne faut pas apparaître comme un opposant à la construction européenne.

Jacques Chirac, mais aussi Edouard Balladur s'étaient résignés à voter « oui » au Traité de Maastricht, car ils savaient qu'un « non » sonnerait le glas de leurs ambitions présidentielles. Tous ceux - de Philippe Seguin à Laurent Fabius, en passant par Charles Pasqua, Jean-Pierre Chevènement et tant d'autres - qui ont contesté la manière dont l'Europe se construit depuis près de vingt ans, l'ont appris à leurs dépens.


Fort de ce constat, Nicolas Sarkozy, qui est loin d'être un européiste convaincu, a donc accepté les conditions des partenaires de la France, et surtout d'Angela Merkel : des retouches cosmétiques au texte, et l'abandon du référendum.

 

Nicolas Sarkozy tient ses engagements. Mais en même temps, il ne se passe pas de jour sans qu'il fulmine contre Bruxelles, Francfort, Berlin, telle ou telle directive de l'eurocratie, les quotas de pêche, les délocalisations… Ses discours sont très au point. Ils sont, même, saisissants de vérité. Lorsqu'il s'adresse aux marins pêcheurs, aux ouvriers de Gandrange, lorsqu'il fustige les patrons voyous, le capitalisme financier, le comportement de la BCE, il apparaît profondément sincère.

L'hérésie de l'Europe à vingt-sept


Or, plus la France est insérée dans un faisceau de contraintes européennes, moins son personnel politique, à commencer par le président, dispose de marges de manœuvre. On ne peut pas dénoncer le matin les dérives de la construction européenne, et le soir signer un traité qui les avalise et les accentue.

 

L'erreur historique, à laquelle les Anglo-Saxons nous ont habilement conduits, aura été de privilégier, il y a quinze ans, l'élargissement à l'approfondissement. Et d'imposer une vision idéologique, pour ne pas dire naïve, de la libre-concurrence.

 

Dans un monde lourd de menaces, où personne ne fait de cadeau à personne, l'Europe à Vingt-sept est une hérésie. C'est une Europe qui ne sait pas et ne veut pas défendre ses intérêts. C'est une Europe sans vision géopolitique, sans réelle volonté d'exister.


Nicolas Sarkozy nage en pleine contradiction. Et cela, l'opinion publique le sent. Il ne faut pas chercher plus loin, au-delà de l'aspect bling-bling de sa présidence, les raisons de sa chute dans les sondages ».

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 22:24

Libéraliser les échanges ou nourrir le monde ?

 

La Banque mondiale a été la première à reconnaître son erreur. Elle avait oublié l’agriculture pendant vingt ans. Le Fonds Monétaire International (FMI), dirigé par Dominique Strauss-Kahn, et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), piloté par Pascal Lamy, restent sur leurs positions néolibérales. L’OMC maintient le cap du libre-échange intégral, pour ne pas dire intégriste. La gravité des conséquences de la hausse des prix des produits alimentaires va obliger ces organisations à réviser leurs politiques. Espérons-le.

 

Cet article de Frédéric Lemaître, paru sur www.lemonde.fr le 8 février (édition du Monde du 9 février) apporte de l’eau au moulin de ceux (dont je fais partie, voir les articles « agriculture et PAC » sur ce blog) qui préconisent la réaffirmation des politiques agricoles et alimentaires afin de répondre aux besoins immenses et urgents de centaines de millions d’habitants de cette planète.

 

« Une crise alimentaire majeure se profile »

 

Il y a un an, à la fin du mois de janvier, quand les Mexicains sont descendus dans la rue pour protester contre l'augmentation du prix de la galette de maïs, beaucoup ont souri. En septembre, quand le même motif a poussé les associations de consommateurs italiens à boycotter vingt-quatre heures durant l'achat de pâtes, le folklore a également semblé prévaloir. A tort, dans les deux cas. Ces mouvements sont en fait le reflet d'une crise majeure : les difficultés accrues que rencontrent de par le monde des centaines de millions de personnes pour se nourrir. La raison est simple : viande et céréales sont devenus inabordables pour les plus modestes, dans les campagnes mais aussi dans les villes, un phénomène nouveau.

Le Mexique et l'Italie ne sont pas des cas isolés. Les émeutes de la faim se multiplient. Le Maroc, l'Ouzbékistan, le Yémen, la Guinée, la Mauritanie et le Sénégal ont également été le théâtre de manifestations directement liées à l'augmentation du prix de produits alimentaires de première nécessité. "Ce phénomène inquiète bien davantage les gouvernements que l'augmentation du prix de l'essence", confiait, au Forum de Davos en janvier, le responsable d'un grand organisme international.

Signe de l'inquiétude grandissante : alors que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) tente de boucler dans les semaines à venir un accord libéralisant les échanges de produits agricoles, les pays sont, au contraire, de plus en plus nombreux à limiter les exportations de céréales, en instaurant des quotas ou en relevant les taxes de manière parfois prohibitive. Après l'Argentine et l'Ukraine, la Russie et la Chine (exportatrice de maïs) viennent d'adopter de telles politiques restrictives. Leur objectif est clair : privilégier le marché intérieur pour éviter les tensions sociales.

L'envolée des prix en 2007 est, il est vrai, impressionnante. Sur un an, l'indice de la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, a bondi de près de 36 %. "En valeur absolue, nous ne sommes pas à des records historiques, mais on a rarement vu de telles variations", constate Abdulreza Abbassian, économiste à la FAO.

Plusieurs facteurs se conjuguent. L'augmentation de la demande, la stagnation de l'offre et les coûts croissants du transport maritime.

L'augmentation de la demande est une bonne nouvelle. En s'embourgeoisant, Brésiliens, Chinois et Indiens adoptent de nouveaux goûts alimentaires. En moins d'une génération, la consommation de viande par Chinois est passée de 20 à 50 kilos, ce qui a une incidence directe sur la demande de céréales fourragères. Vu la croissance économique des pays émergents, tout indique que ce phénomène va se poursuivre. Comme on dénombre par ailleurs 28,5 millions de bouches supplémentaires à nourrir par an - la population doit passer de 6,5 milliards aujourd'hui à environ 9 milliards dans la deuxième moitié du siècle -, la demande n'est pas près de diminuer.

De son côté, l'offre est à la peine. En raison d'aléas climatiques, les récoltes ont souvent été médiocres voire mauvaises dans plusieurs greniers de la planète comme l'Ukraine et l'Australie. Les stocks n'ont jamais été aussi bas depuis trente ans. L'Europe, qui croulait jadis sous ses réserves, devrait cette année importer 15 millions de tonnes de céréales. Un record.

La flambée des cours du pétrole provoque, de son côté, un double effet négatif : elle renchérit le coût du transport maritime, qui représente désormais le tiers du prix des céréales. Surtout, elle rend les biocarburants de plus en plus attractifs. Sucre, maïs, manioc, oléagineux sont donc détournés de leur finalité nourricière. "Dans certains pays africains, l'huile de palme est directement indexée sur le prix du pétrole. Les Africaines qui font leur marché n'ont plus les moyens de s'en procurer", constate Josette Sheeran, directrice général du Programme alimentaire mondial (PAM). Celle-ci tire la sonnette d'alarme. "Le PAM nourrit environ 90 millions de personnes sur les 860 millions qui souffrent de la faim. L'augmentation des céréales nous oblige à faire un choix : soit nourrir 40 % de moins, soit diminuer de 40 % les portions offertes", résume-t-elle. En Haïti, les plus pauvres en sont réduits à se nourrir de galettes d'argile.

Pression démographique, croissance économique, réchauffement climatique... A ces trois raisons souvent mises en avant s'en ajoute une quatrième, tout aussi fondamentale : l'erreur des politiques menées jusqu'à présent. Dans son rapport sur le développement publié en octobre 2007, la Banque mondiale le reconnaît sans fard : pendant vingt ans, les responsables ont tout bonnement oublié l'agriculture. Alors que 75 % de la population pauvre mondiale vit dans les espaces ruraux, seulement 4 % de l'aide publique va à l'agriculture dans les pays en développement. Prenant le contre-pied de la politique privilégiée jusqu'ici par le Fonds monétaire international (FMI) et par elle-même, la Banque mondiale reconnaît que la croissance de l'agriculture et donc la réduction de la pauvreté dépendent d'investissements publics dans les infrastructures rurales (irrigation, routes, transports, énergie...).

Ces efforts seront d'autant plus nécessaires que le réchauffement climatique constitue, d'après les experts, un danger majeur pour l'agriculture mondiale. "Les zones touchées par la sécheresse en Afrique subsaharienne pourraient augmenter de 60 à 90 millions d'hectares (...) d'ici à 2060. (...) Le nombre de personnes souffrant de malnutrition pourrait augmenter de 600 millions d'ici à 2080", prévoyait l'ONU en 2007. Chaque étude semble plus pessimiste que la précédente. Le 1er février, la revue Science a publié les prévisions de l'université Stanford de Californie selon lesquelles le sud de l'Afrique pourrait perdre plus de 30 % de sa production de maïs, sa principale récolte, d'ici à 2030. De leur côté, l'Indonésie et l'Asie du Sud-Est verraient leurs principales cultures diminuer d'au moins 10 %. "C'est inquiétant. On ne pensait pas que cela irait si vite", reconnaît la FAO.

Il va donc falloir produire davantage. Certains préconisent d'augmenter les surfaces agricoles, mais le réchauffement climatique et l'urbanisation croissante vont plutôt réduire l'espace disponible. Accroître le rendement est également possible. Mais l'agriculture intensive consomme davantage d'eau, un bien qui devient rare et précieux. Reste le développement des organismes génétiquement modifiés, mais leur utilisation est, on le sait, contestée.

A l'aube du XXIe siècle, l'agriculture est donc redevenue un problème majeur pour l'humanité.

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 23:13

Le Parlement ferme la parenthèse ouverte par le peuple

 

La France rentre le rang, au grand soulagement de tous ceux qui n’avaient pas digéré le rejet par le peuple français du traité constitutionnel européen lors du référendum du 29 mai 2005 (près de 55% de NON). 

Le Parlement français a adopté, le 8 février, le projet de loi autorisant la ratification du traité européen de Lisbonne
. Les sénateurs l’ont fait par 265 voix contre 42 et 13 abstentions. Auparavant, les députés s’étaient prononcés dans le même sens par 336 voix contre 52 et 22 abstentions.

 

Le président français est autorisé à ratifier le traité, sur la base de l’article 52 de la Constitution (« Le président de la République négocie et ratifie les traités »). Il n’était pas obligé d’organiser un référendum, ayant obtenu du Parlement, réuni en Congrès, le 4 février à Versailles, l’accord de celui-ci de modifier la Constitution (560 voix contre 181).

 

Les différences entre le texte rejeté en 2005 et celui qui vient d’être ratifié sont minimes :

- Ce n’est plus officiellement une Constitution,

- Les symboles de l’Union (hymne, drapeau, devise) ont été abandonnés, 

- La concurrence libre et non faussée n’est plus un objectif, mais reste un moyen imposé à tous.

 

La ratification par la voie parlementaire en France (et dans les autres Etats membres de l’Union) avait été la condition imposée par les 18 pays qui avaient ratifié le TCE en 2005 pour accepter une renégociation.

 

Le président français s’est plié sans déplaisir à cette condition, lui qui avait reconnu dans les couloirs du Parlement européen, à Strasbourg, que le peuple français, s’il était à nouveau consulté, voterait NON une seconde fois (il ajoutait que le résultat serait le même dans les autres pays européens).

 

Il est, donc, bien clair que les nouvelles institutions européennes seront adoptées (sous réserve de toutes les ratifications) sans l’accord des peuples, sauf en Irlande (le référendum étant imposé par la Constitution de ce pays), mais avec le consentement de leurs représentants élus. La responsabilité de ceux-ci est, donc, très importante.

 

Il faudra suivre de près la mise en place de ces innovations institutionnelles (présidence du Conseil européen, haut représentant aux affaires étrangères, notamment) pour lesquelles de nombreuses questions restent en suspens.

 

Et, au-delà des institutions, le plus important reste la volonté politique de réorienter la construction européenne afin que l’Union soit en capacité de prendre les bonnes décisions économiques et monétaires, suite à la crise financière et bancaire, et compte tenu de l’évolution de la mondialisation et du capitalisme. L’adhésion des peuples en dépend. Nous devons, plus que jamais, être vigilants vis-à-vis de ce que feront les dirigeants de l’Union en notre nom.

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 22:08

Les Berthevinois aspirent à l’harmonie municipale

 

J’ai pu vérifier, au hasard des rencontres avec les Berthevinois, qu’il existe une insatisfaction à l’égard du tête-à-tête municipal entre la majorité et l’opposition ces dernières années, que l’on retrouve, tel quel, dans l’offre actuelle des deux listes de candidats.

 

Certains expriment leur souhait que je fasse une liste, sinon ils n’iront pas voter le 9 mars. D’autres disent qu’ils n’ont pas oublié 2001 et la liste dissidente qui a fait perdre la gauche.

 

J’en déduis qu’il faut rebattre les cartes et repartir sur de nouvelles bases au niveau municipal. Créer les conditions d’un dépassement des querelles anciennes et présenter une liste attractive avec des Berthevinois qui n’ont pas été mêlés à la crise des années 2000-2001.

 

Mon rôle est de passer le témoin à de nouvelles générations afin de redonner le goût de la vie municipale à nos concitoyens, notamment les jeunes.

 

Mon devoir est, donc, de constituer une liste républicaine et citoyenne pour rassembler les Berthevinois, avec des candidats et candidates qui veulent représenter honnêtement leur métier et leur quartier au sein du Conseil municipal, leur objectif étant de traiter les dossiers en pensant à l‘intérêt général et en défendant les valeurs de solidarité et de coopération, d’égalité et de fraternité.

Un but commun : favoriser la qualité des relations humaines, ainsi que le dynamisme social et économique, sur tout le territoire communal. 

 

L’hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne, dans son édition datée du 7 février, en rubrique Saint-Berthevin, a publié deux articles concernant l’élection municipale, dont celui-ci :



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Le Courrier de la Mayenne reprend ici une partie du texte paru sur ce blog le 4 février 2008.

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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 23:39

La demande de céréales en croissance forte

 

Dans son Edito Matières Premières de la Chronique Agora (editomp@publications-agora.fr) paru le 5  février, Isabelle Mouilleseaux a choisi de parler des matières premières agricoles. La situation est pittoresque, mais pas drôle pour tout le monde. Voici son texte, à la portée de tous.

 

« La planète a 55 jours de stock devant elle ! »

 

« Les stocks mondiaux de céréales ont été divisés par deux depuis 2000. L'envolée des produits agricoles continue ! Et à mon humble avis, nous sommes loin de toucher la fin de ce rally haussier.

 

En 2007, les céréales ont vu leurs prix exploser
En cause : les mauvaises récoltes qui touchent la plupart des pays producteurs. Dame Météo fait ses caprices et n'épargne personne ! Sécheresse, inondations... on a tout vu ! Ajoutez à cela les politiques de subventions inadaptées, notamment en Europe, et vous avez la petite goutte qui fait déborder le vase !

Le blé gagne ainsi 110% en un an, le soja 78% sur un an, le maïs 70% sur 15 mois. Le riz et l'avoine affichent des hausses de plus de 30% en moins d'un an...

La demande pour les céréales et produits agricoles, bétail compris, ne cesse de croître. Non seulement parce que la population s'accroît, mais aussi parce que des millions d'individus voient leur pouvoir d'achat augmenter. En Chine, en Inde, au Brésil... les gens veulent maintenant améliorer la qualité nutritionnelle de leur alimentation et la diversifier. Les Chinois découvre le lait, le chocolat, le maïs... et ils aiment !

Conséquence : sur les dix dernières années, huit fois sur dix la consommation a dépassé la production. Vous imaginez l'impact sur le stock mondial !

Le marché étant très tendu, inélastique (on ne peut pas s'arrêter de manger !) et sans stock ! Par conséquent, la moindre incertitude fait grimper les cours.

L'impact des biocarburants : le cas révélateur du maïs

Souvenez-vous du discours de Bush en janvier 2007. Son objectif est clair : réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis. Et pour cela, l'Etat est prêt à investir massivement dans le secteur de l'éthanol. Une volonté politique qui a mis le feu aux cours du maïs ! Du coup, alléchés par les profits, les agriculteurs américains ont massivement accru la part de leurs terres cultivables consacrée au maïs.

Il faut ensuite ajouter à la demande "éthanol" la demande des éleveurs de bétail. En effet, jamais la demande mondiale de viande n'a été aussi forte. Conséquence : toujours plus d'élevages de poulets, de bœufs et de production d'œufs, de lait... voilà qui participe à la hausse des prix du maïs. Il faut bien nourrir tous ces animaux ! Un drame pour les populations sud-américaines dont l'aliment de base est le maïs (pensez à la fameuse tortilla !). Pendant que les investisseurs engrangent des plus-values, les populations pauvres ont faim et les émeutes se multiplient, à commencer par le Mexique !

Le jeu dangereux des vases communicants
A votre avis : que se passe-t-il quand on attribue massivement les terres arables disponibles à une culture céréalière au détriment des autres ? Parfaitement ! Les autres cultures en pâtissent. Il y aura moins de terres consacrées au blé, au soja, au riz... donc moins de production. C'est exactement ce qui s'est passé en 2007.

Le souci, c'est que la demande de blé, de riz ou de soja augmente elle aussi ! Et pour compliquer le tout, les problèmes n'arrivent jamais seuls. La sécheresse s'est abattue sur les autres grands pays producteurs, à commencer par l'Australie et l'Inde. Même aux Etats-Unis le rendement à l'hectare est en fort recul. Sécheresse dans une région, grand froid dans l'autre, les céréales américaines ont souffert.

Il s'est d'ailleurs passé exactement la même chose en Europe : la récolte de blé est en recul, les plantations de colza (qui donne le biocarburant) ayant été favorisées aux dépens du blé par les agriculteurs (…) ».

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 16:57

Le traité de Lisbonne, enfant illégitime de Sarkozy

 

A Versailles, le 4 février, le Parlement réuni en Congrès a donné au président de la République la majorité des 3/5èmes qu’il sollicitait pour que la ratification du traité de Lisbonne se fasse par la voie parlementaire jeudi et vendredi, à la sauvette, sans débat public. 

La Constitution française, qui avait été révisée prématurément avant le référendum du 29 mai 2005, a subi une nouvelle révision, hier. Espérons que celle-ci aura le même sort que la précédente. Il faudrait pour cela un accident de parcours dans les votes de ratification. Seule, l’Irlande est obligée d’organiser un référendum, mais le vote parlementaire, au Royaume-Uni, pourrait se révéler plus incertain que prévu. 

Des coups de théâtre sont possibles, tant cette construction européenne, fragile et bancale, manque de ciment populaire et a été bâtie avec les matériaux flottants, très peu sécurisants, que sont la concurrence libre et non faussée, la suprématie de la finance mondialisée et du libre-échange, l’abaissement des pouvoirs publics nationaux, l’allégeance atlantiste aux USA et à l’OTAN.

 

Le grand argument en faveur du traité de Lisbonne, avancé par les deux parlementaires mayennais que nous avons rencontrés (les trois autres n’ont pas proposé de rendez-vous), c’est qu’il va sortir l’Union européenne de la crise. 
Même s’il était ratifié par les 27 nations qui la composent actuellement, ce traité n’offre aucune garantie de sortie de crise car il ne traite pas des vrais problèmes de l’Europe, face à la mondialisation et à l’évolution du capitalisme financier, qui menacent l’économie européenne.

 

Voici le commentaire de Jean-Pierre Chevènement, hier, sur son blog www.chevenement.fr (selon une dépêche de l’AFP).

Une construction de l'UE « frappée d'illégitimité »

Jean-Pierre Chevènement a prévenu lundi que la construction européenne fondée sur "un déni de démocratie apparaîtra vite comme frappée d'illégitimité", après l'adoption par les parlementaires de la révision constitutionnelle, préalable à la ratification du traité de Lisbonne.
"181 voix contre la révision constitutionnelle", dont "près de 120 parlementaires socialistes, c'est mieux qu'un baroud d'honneur qui a été livré au Congrès de Versailles", estime dans un communiqué le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC).
Mais "ce n'est pas la bataille d'arrêt qu'une direction socialiste aurait pu livrer et gagner si le Parti socialiste avait été à l'unisson de la volonté du peuple français et particulièrement de son électorat", ajoute l'ancien ministre, partisan d'un référendum.
Dénonçant un "triomphe momentané de l'hypocrisie", il prévient: "cela ne durera pas toujours: la poursuite de la construction européenne sur la base d'un déni de démocratie apparaîtra vite comme frappée d'illégitimité".

 

Le site www.marianne2.fr offre, ce 5 février, l’information la plus complète sur le vote des parlementaires.

Traité de Lisbonne : ceux qui ont dit « non »

Versailles vaut bien un baroud d'honneur ! Réunis en Congrès lundi 4 février, les 577 députés et 331 députés devaient voter, un à un, pour ou contre la modification de la Constitution nécessaire à adopter le traité de Lisbonne par voix parlementaire. Sur les 741 votes exprimés (sur 893 présents), une grosse poignée, 181, ont exprimer leur refus de soumettre au vote des deux chambres un texte presque similaire à celui rejeté par référendum en 2005. Certes, leurs votes n'ont pas empêché aux « pour » de dépasser les 60% nécessaires pour adopter la modification. L'adoption du traité de Lisbonne pourra donc se poursuivre passant mercredi 6 février à la majorité simple à l'Assemblée nationale avant d'être voté au Sénat jeudi. Mais, faute de permettre un débat dont les Français ont été privés sur l'Union européenne, ces quelques non auront au moins eu le mérite de dessiner les contours d'une opposition à la volonté du Président de se passer de l'avis populaire sur ce dossier.

Près d'un député socialiste sur deux a voté non
Le Parti socialiste (PS) avait donné consigne de s'abstenir lors du Congrès, du fait de sa position - très théorique - en faveur du référendum. Non pas que cela change quoique ce soit (les abstentions n'étant pas comptées) seulement qu'il ne fallait pas freiner le processus mais tout de même «marquer sa mauvaise humeur», comme préconisait le partisan du «oui» Pierre Moscovici. Malgré cela, au Sénat (30) comme à l'Assemblée (91), le PS reste le plus gros réservoir de non. Parmi les députés, et contre les diagnostics de la direction, le camp des légitimistes ayant suivi la consigne ne compte que deux parlementaires de plus que celui des opposants. Notons que 17 députés et 15 sénateurs socialistes ont tout de même voté «oui», ce qui a le mérite de la franchise !

A gauche, ce sont les communistes, radicaux et divers gauche qui ont le plus tenu leur position de 2005 : tout le groupe sénatorial et la quasi totalité des membres de la Gauche démocratique et radical à l'Assemblée se sont opposés à la modification constitutionnelle.

A droite, outre des « nonistes » militants (Nicolas Dupont-Aignan en tête, non-inscrit), on trouve une poignée d'UMP qui se sont opposés, dont Jacques Myard à l'Assemblée et Charles Pasqua au Sénat. Même si la majorité présidentielle (Nouveau centre compris) ne réunit que 9 « non ».

 

La liste des « non »

Députés :
Groupe UMP (3 / 318) : MM. Patrick Labaune, Franck Marlin et Jacques Myard.

Groupe SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE (91 / 204) : Mme Sylvie Andrieux, MM. Jean-Paul Bacquet, Jean-Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean-Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean-Pierre Dufau, William Dumas, Jean-Louis Dumont, Mme Laurence Dumont, MM. Jean-Paul Dupré,
Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Mme Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Mme Valérie Fourneyron, MM. Michel Françaix, Jean-Claude Fruteau, Mme Geneviève Gaillard, MM. Daniel Goldberg, David Habib, Mme Sandrine Hurel, MM. Christian Hutin, Jean-Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean-Pierre Kucheida, Mme Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean-Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mme Martine Lignières-Cassou, MM. François Loncle, Jean Mallot, Mme Marie-Lou Marcel, M. Philippe Martin, Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, MM. Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean-Luc Pérat, Jean-Claude Perez, Mme Catherine Quéré, M. Simon Renucci, Mmes Marie-Line Reynaud, Chantal Robin-Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, M. Christophe Sirugue, Mme Christiane Taubira, MM. Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean-Michel Villaumé.

Groupe GAUCHE DEMOCRATE ET REPUBLICAINE (21 / 24) : Mme Marie-Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean-Pierre Brard, Mme Marie-George Buffet, MM. Jean-Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean-Paul Lecoq, Alfred Marie-Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean-Claude Sandrier et Michel Vaxès.

Groupe NOUVEAU CENTRE (2 / 22) : MM.
Philippe Folliot et Jean-Christophe Lagarde.

Non inscrits (4 / 9) : Mme Véronique Besse (MPF), MM. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Jean Lassalle (Modem) et François-Xavier Villain (divers droite).

Sénateurs :
Groupe UMP (4 / 159) : MM. André Lardeux, Roland du Luart, Mme Lucette Michaux-Chevry et M. Charles Pasqua.

Groupe SOCIALISTE (30 / 96) : MM. Bernard Angels, David Assouline, Mmes Maryse Bergé-Lavigne, Alima Boumediene-Thiery, MM. Jean-Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre-Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus-Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean-Pierre Godefroy, Claude Haut, Mmes Annie Jarraud-Vergnolle, Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Jean-Pierre Masseret, Marc Massion, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean-Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.

Groupe COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN (23 / 23) : Mme Eliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie-France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, MM. Robert Bret, Jean-Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier-Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean-François Voguet.

Groupe RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE ET SOCIAL EUROPEEN (1 / 16) : M. Bernard Seillier (MPF)

Non-inscrits (2 / 6) : MM.
Philippe Darniche (MPF) et Bruno Retailleau (MPF).

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 22:02

Rassembler la gauche et les républicains pour gagner

 

Depuis 2001, la gauche à St-Berthevin a perdu « le goût de la vie » (slogan que notre municipalité avait emprunté au titre du livre de Robert Buron « Par goût de la vie », qui était le recueil par Jean Offredo des propos du maire de Laval, quelques mois avant sa mort en 1973). 

Pour retrouver le goût de la vie, elle doit se rassembler. C’est un préalable pour gagner l’élection municipale du 9 mars.

Le texte qui suit est un appel à la réflexion et à la raison, en prenant appui sur le passé et les leçons qu’il faut en tirer.

 

Rassembler la gauche et les républicains pour gagner les élections municipales à St-Berthevin

 

Le goût de la vie avec une municipalité de gauche

 

Au moment où le retour de la gauche est possible à Laval, la situation de St-Berthevin fait peine à voir. Quand on en parle aux Berthevinois, personne ne croit, à cinq semaines du scrutin, aux chances de la gauche de l’emporter. Et, pourtant, le maire en place ne suscite pas l’enthousiasme des masses.

La raison de ce désamour de la gauche avec son électorat est à chercher du côté de la gauche elle-même, de son incapacité à se rassembler depuis sa terrible division de 2001.

 

Le passé doit être rappelé pour en tirer les leçons.

 

En 1990, lors d’élections intermédiaires, la rupture de Bernard Gastineau avec le maire Bernard Le Godais avait été sanctionnée par les électeurs. C’est la liste de la majorité présidentielle de l’époque (que je conduisais avec l’appui actif d’Alain Viot) qui l’avait emporté au second tour (54%).

 

En 1995, notre liste avait été réélue dès le premier tour (51,5%). A chaque fois, en plus des électeurs de gauche, nous avions bénéficié des suffrages de républicains (10 à 15% de l’électorat) qui votaient à droite lors des élections nationales.

 

Quand, Alain Viot et moi, avons fait route ensemble, nous avons gagné. Quand l’un s’est écarté, ou a écarté l’autre, nous avons perdu. Je lui ai rappelé cette vérité le soir de l’élection de Guillaume Garot le 17 juin dernier. Avec le silence pour réponse.

 

A partir de 2000, Alain Viot a cru bon de faire route séparée, alors que j’avais évoqué avec lui la possibilité qu’il me succède à la mairie. En 2001, ce fut un gâchis pour la gauche à St-Berthevin. Aujourd’hui, nous pouvons avoir l’impression que le PS n’existe plus. Après ce que nous avons fait dans les années 1970, 1980 et 1990, il n’y a pas de quoi être fier du bilan actuel.

 

En 2003, la division de la droite n’a pas bénéficié à la liste conduite par Alain Viot. Les séquelles dévastatrices de 2001 sont à l’origine de cet échec, d’extrême justesse, face à Yannick Borde.

 

Après vingt années au Conseil municipal, dont un peu plus de dix ans comme maire, je me suis alors placé en dehors de la vie municipale, à un poste d’observateur attentif, sans me désengager de la politique. J’ai eu davantage de temps disponible à partir de mars 2004, étant en préretraite.

 

Le Mouvement républicain et citoyen (MRC), que j’anime aux niveaux local et départemental (avec la responsabilité du secteur agricole au niveau national) n’a pas été sollicité à St-Berthevin pour participer au rassemblement de la gauche, face à la liste conduite par le maire sortant. Pourtant, la gauche républicaine, avec sa volonté de résister au libéralisme, est indispensable pour gagner.

J’en ai parlé à Guillaume Garot, mais je n’ai constaté aucun résultat.

 

Lors des élections cantonales de mars 2004 (canton de St-Berthevin), j’ai obtenu 10,5% des voix et me suis désisté, sans réserve, pour Alain Viot qui, d’ailleurs, m’avait remercié pour cela. Il avait, ensuite, au second tour, raté l’élection de très peu. Un regret : St-Berthevin est le seul canton de l’agglomération lavalloise, qui a échappé à la gauche en 2004. Les divisions avaient laissé des traces.

 

Lors de l’élection présidentielle du printemps 2007, j’avais soutenu Ségolène Royal, dès le premier tour. En juin dernier, j’ai participé aux élections législatives - première circonscription de la Mayenne - dans le cadre d’un accord national avec le PS. J’ai soutenu Guillaume Garot au second tour et participé à sa victoire (voir, à ce sujet, ma profession de foi* sur mon blog).

 

Créons les conditions d’un dépassement des querelles anciennes.

Présentons aux électrices et électeurs une liste attractive.

Afin de redonner le « goût de la vie » aux Berthevinois !

 

* Cette profession de foi, très lue sur la Toile, a été publiée le 24 mai 2007 sur ce blog, catégorie « 2007 Législatives ».

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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 23:02

Quel gouvernement économique de la zone euro ?

 

Le prochain colloque de la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, aura lieu lundi 18 février 2008 à 18h à la Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique 75007 Paris.

 

Il tentera de répondre à la question « Quel gouvernement économique de la zone euro ? »

Quel bilan pour l'agenda de Lisbonne ? Quel bilan de la gestion de l'euro ? Quels sont les moyens d'une politique de change ? Quelle politique monétaire dans une zone euro hétérogène ? Quelles stratégies ont adopté nos voisins ? Vers quelle politique économique voulons-nous aller dans la zone euro ? Quels problèmes soulèverait une sortie de l'euro ?

Les invités (liste provisoire) :

  • Jean-Pierre Robin, chroniqueur économique au Figaro
  • Jean-Luc Gréau, Economiste, auteur de L'Avenir du capitalisme (Gallimard, 2005)
  • Dominique Garabiol, directeur à la CNCE (Caisse nationale des caisses d'épargne)
  • Gérard Lafay, professeur de sciences économiques à l'Université Panthéon-Assas Paris II
  • Françoise Bouvier, maître de conférences à l'Université de Franche-Comté
  • André Gauron, conseiller maître à la Cour des comptes
  • Loïc Hennekinne, ambassadeur de France
  • Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, directeur de La Lettre A
  • Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica

    Inscrivez-vous à l'adresse électronique res-publica@wanadoo.fr (Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes). Pour consulter les travaux de la Fondation Res Publica, fondation reconnue d'utilité publique par décret du 30 décembre 2005, une seule adresse :
    www.fondation-res-publica.org.

A noter que les actes du colloque du 21 novembre 2007, sur le thème « L’Asie du Sud-Est entre ses géants », sont disponibles sur www.fondation-res-publica.org

Débat final

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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 22:55

Lisbonne est un mauvais coup pour la démocratie

 

Lors du rassemblement du Comité national pour un référendum (CNR), le 2 février à Paris (Halle Carpentier), Jean-Pierre Chevènement a félicité par avance les députés et sénateurs qui voteront contre la révision constitutionnelle le 4 février à Versailles.

Ces parlementaires prendront date pour l’avenir, c’est-à-dire pour la libération… de la République, puis, un jour, de l’Europe elle-même.

Quant à celles et ceux qui voteront pour ou s’abstiendront, ce qui revient au même, comment pourraient-ils être crédibles, aux yeux du peuple, pour incarner, demain, l’opposition républicaine ?

 

Voici ce qu’il a dit cet après-midi à la Halle Parmentier (voir www.chevenement.fr).

 

" Nous sommes réunis ici pour défendre la souveraineté populaire. Celle-ci et la démocratie sont en effet une seule et même chose.

Les parlementaires réunis à Versailles, après demain 4 février 2008, auront à répondre à une question simple : peuvent-ils désavouer le peuple qui s'est prononcé, le 29 mai 2005, à 55% contre le projet de constitution européenne ?

Car il n'est pas vrai, comme l'a prétendu M. Sarkozy, que le traité de Lisbonne soit un traité « simplifié » et moins encore un « mini-traité ».

Ce subterfuge ne peut tromper personne. M. Giscard d'Estaing n'a-t-il pas lui-même déclaré le 17 juillet 2007, devant le Parlement européen, que le traité de Lisbonne n'apportait que « des changements cosmétiques à la Constitution européenne pour qu'elle soit plus facile à avaler » ? En vérité, nos dirigeants se moquent du peuple.

 

Alors, comment les représentants du peuple pourraient-ils couvrir une forfaiture par une autre ? Car ils auront à se prononcer lundi 4 février non sur le traité de Lisbonne mais sur une question préjudicielle : accepteront-ils la modification de la constitution qui rendra possible la ratification de Lisbonne par sa voie parlementaire ? Ils peuvent très bien mettre obstacle à ce déni de démocratie : il suffit que 2/5 des suffrages exprimés se prononcent contre le projet de révision constitutionnelle préalable. Cette minorité de blocage existe au sein du Congrès, pour peu que les parlementaires se souviennent des engagements qu'ils ont pris à travers les candidats qu'ils ont soutenu à l'élection présidentielle.

 

Accepter la révision constitutionnelle préalable, ce serait pour le Parlement couvrir l'intention du Président de la République de s'asseoir sur le suffrage universel. Il piétinerait à son tour la démocratie et ajouterait une forfaiture à une autre forfaiture.

Car comment qualifier autrement le vote de ceux qui, ayant soutenu la candidature de Ségolène Royal et de François Bayrou, viendraient à voter au Congrès le projet de révision constitutionnelle, ou -comble d'hypocrisie ! - à s'abstenir, en permettant ainsi à M. Sarkozy de réunir les 3/5 des suffrages exprimés requis par l'article 89 de la Constitution ?

Malheureusement, à l'heure qu'il est, nous savons que le 16 janvier 2008 à l'Assemblée nationale, seulement 50 députés socialistes, 21 communistes, 2 UMP, 3 non inscrits et un député MRC, Christian Hutin, soit au total 77 députés, ont voté contre le projet de révision constitutionnelle, contre 304 qui l'ont approuvé.

Je veux remercier ces 77 députés, je veux leur rendre hommage et leur souhaiter de continuer leur valeureux combat. Il ne sera pas sans lendemain.

Mais je veux aussi m'adresser aux autres : comment ne voient-ils pas que leur absence de courage - s'ils ne reprenaient pas leur vote - minerait la confiance qui leur a été faite et la démocratie elle-même ? Ils abaisseraient le Parlement et creuseraient encore plus le fossé entre le peuple et les élites dirigeantes. Et l'Europe, quelle légitimité aurait la poursuite de sa construction, dès lors qu'eux, les représentants du peuple français se seraient assis sur sa volonté ?

 

Et si des parlementaires de gauche devaient, en s'abstenant, continuer à servir la soupe à M. Sarkozy, au nom d'une idéologie européiste déconnectée de la démocratie voire contraire à elle, comment pourraient-ils faire croire demain qu'une opposition républicaine puisse encore s'incarner en eux ?

A l'inverse, ceux qui résisteront à Versailles le 4 février ne sauveront pas seulement l'honneur. Ils seront plus nombreux d'ailleurs que les quatre-vingts qui ont refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940 ! Ils incarneront l'avenir. Car c'est toujours de la République qu'il s'agit !

Ouvrons les yeux : M. Sarkozy est de plus en plus prisonnier de la contradiction qu'il creuse entre d'une part son volontarisme affiché, les promesses fallacieuses qu'il multiplie tous azimuts pour une « Europe qui agit et qui se protège » -je le cite- et d'autre part les verges qu'il donne pour se faire battre en souscrivant aux engagements de Lisbonne.

Car on ne nous fera pas croire que les textes n'ont pas d'importance : dans une Europe à 27 où la France ne pèsera plus que les ¾ de l'Allemagne en raison des nouvelles règles de pondération des votes au Conseil, et où, par conséquent, la parité fondatrice entre nos deux pays aura été rompue au détriment de l'équilibre nécessaire au progrès de la construction européenne, la voix de la France sera étouffée, voire réduite au silence.

Les initiatives de sa diplomatie seront bridées par la nécessité d'une consultation préalable du Conseil européen. Ce qui a été possible en 2003, le refus de cautionner l'invasion de l'Irak ne le sera plus aux termes des articles 17bis et 19 du nouveau traité car la France n'ira jamais contre les Etats-Unis et l'Union européenne coalisées. Aussi bien la défense européenne est-elle réduite à l'OTAN.

Lisbonne est un mauvais coup pour la démocratie : d'immenses domaines relèveront désormais de trois instances oligarchiques : la Commission européenne, la Banque Centrale Européenne, et la Cour de Justice de l'Union.

Quand la démocratie recule, les droits des travailleurs reculent avec elle. Dans un espace sans frontières élargi, aux termes du protocoles n° 6, par le principe de la « concurrence libre et non faussée », plus que jamais les territoires et les mains d'œuvres seront mis en concurrence, entraînant délocalisations, chômage, stagnation des salaires et du pouvoir d'achat, démantèlement de la protection sociale, d'autant que la politique monétaire continuera d'être régie par une Banque Centrale entièrement déconnectée du suffrage universel. Ce n'est pas, comme le rapporte Homère, sur le dos de Jupiter ayant pris la forme d'un taureau que l'Europe a été enlevée mais sur celui d'un canard sans tête ayant usurpé le visage de M. Trichet.

En échange de toutes les concessions qu'il a faites à Lisbonne, M. Sarkozy n'a rien obtenu parce qu'il a refusé de s'appuyer sur le « non » qu'avait exprimé le peuple français le 29 mai 2005.

En revanche, les parlementaires qui diront « non » le 4 février à Versailles prendront date pour l'avenir. Leur résistance préparera la libération. La libération de la République ! Et un jour, celle de l'Europe elle-même ! "

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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 21:35

Valider le traité en laissant les peuples à la porte

 

Depuis le 3 janvier, le collectif mayennais, composé de citoyens et d’organisations de diverses sensibilités politiques, allant de la gauche aux gaullistes républicains, a mené des actions d’information et de sensibilisation en direction de la représentante de l’Etat, de la presse mayennaise, des citoyens et des élus du peuple, afin d’obliger le président de la République à organiser un grand débat public sur la construction européenne, dans le cadre d’un référendum.

 

Nous l’avons souligné : il existe une possibilité d’obliger le chef de l’Etat à corriger le tir ; elle est dans les mains des parlementaires, députés et sénateurs, appelés à voter, le 4 février après-midi, en Congrès à Versailles, le projet de révision de la Constitution française, mettant celle-ci en conformité juridique avec le traité de Lisbonne. S’il n’obtenait pas les 3/5èmes requis des suffrages exprimés, il serait obligé d’organiser un référendum pour ratifier le traité de Lisbonne.

 

Notre démarche a consisté à tenter de faire valoir nos arguments auprès de nos interlocuteurs, citoyens, parlementaires, représentante de l’Etat, journalistes.

 

Nous n’avons pas réussi à obtenir un rendez-vous avec trois des cinq parlementaires mayennais.

 

- Jean Arthuis a mis les formes en téléphonant  à Michel Sorin, expliquant qu’il est favorable à la ratification par la voie parlementaire et qu’en conséquence, il ne voit pas l’intérêt de se rencontrer pour affirmer un désaccord.

- Marc Bernier a répondu par écrit en justifiant le traité de Lisbonne et sa ratification par la voie parlementaire, affirmant qu’il s’agit d’un traité simplifié et non d’une Constitution, et qu’il faut parvenir à un accord entre les 27 pays membres de l’Union européenne afin de débloquer les institutions européennes. Toute l’argumentation du pouvoir est reprise, clairement, dans cette lettre, mais sans proposer ce que nous demandions : une rencontre pour présenter nos arguments.

- Yannick Favennec semble accaparé par ses diverses fonctions. Il nous a répondu par son secrétariat qu’il n’avait pas de temps disponible pour une rencontre.

 

Deux parlementaires ont accepté de recevoir une délégation du collectif : François Zocchetto, le 23 janvier et Guillaume Garot, le 31 janvier.

 

François Zocchetto a déclaré avoir été très attentif aux propos de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des questions européennes, puis troublé par les déclarations de Valéry Giscard d’Estaing et, surtout, de son ancien professeur, Didier Maus, spécialiste de droit constitutionnel, qui pose la question fondamentale « Le Parlement peut-il désavouer le peuple ? » et répond ainsi « A partir du moment où chacun reconnaît que le traité de Lisbonne (2007), reprenant l’essentiel du traité de Rome (2004), constitue une étape très significative du processus d’intégration européenne, que l’on soit favorable ou défavorable au traité, peut-on passer outre à la décision du peuple de mai 2005 en l’annulant par un vote du Parlement ? ».

 

Ce trouble n’a pas empêché le sénateur centriste de prendre position en faveur de la révision constitutionnelle, car il tient compte en priorité du principe de réalité : l’Europe doit être débloquée et fonctionner. A côté de ce principe, celui du parallélisme des formes entre les deux traités (2005 et 2008) lui paraît secondaire. 

Voir l'article paru sur ce blog le 23 janvier pour prendre connaissance du compte rendu de la rencontre.

 

Guillaume Garot a admis que le texte de Lisbonne n’est pas simple ; il est difficile à caractériser mais il a, selon lui, le mérite de remettre en marche la construction  européenne. C’est pourquoi il souhaite qu’il soit ratifié. Il y a besoin de ce traité pour que l’Europe puisse fonctionner à 27. Par rapport au traité de Nice, des avancées existent, le Parlement est revalorisé. Le traité de Lisbonne n’est pas identique au TCE, il n’est pas constitutionnalisé.

 

En résumé, le député PS est favorable au traité et au référendum. Il ne veut pas être responsable du fait qu’il ne sera pas soumis à référendum. Mais il ne veut pas bloquer le processus de ratification du traité de Lisbonne en votant contre la révision constitutionnelle le 4 février, car cela créerait une situation de crise très grave de l’Union européenne.

Voir l'article paru sur ce blog le 31 janvier pour prendre connaissance du compte rendu de la rencontre.

 

Auprès des citoyens, nous avons continué l’action, engagée en novembre 2007, du comité départemental pour un référendum. Plus d’un millier de lettres ont été adressées aux parlementaires mayennais par notre intermédiaire.

 

Le collectif était représenté par Jacques OMNES, ce 2 février après-midi, à la Halle Parmentier à Paris, lors de la manifestation organisée par le Comité National pour un Référendum (CNR).

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