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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 22:55

Lisbonne est un mauvais coup pour la démocratie

 

Lors du rassemblement du Comité national pour un référendum (CNR), le 2 février à Paris (Halle Carpentier), Jean-Pierre Chevènement a félicité par avance les députés et sénateurs qui voteront contre la révision constitutionnelle le 4 février à Versailles.

Ces parlementaires prendront date pour l’avenir, c’est-à-dire pour la libération… de la République, puis, un jour, de l’Europe elle-même.

Quant à celles et ceux qui voteront pour ou s’abstiendront, ce qui revient au même, comment pourraient-ils être crédibles, aux yeux du peuple, pour incarner, demain, l’opposition républicaine ?

 

Voici ce qu’il a dit cet après-midi à la Halle Parmentier (voir www.chevenement.fr).

 

" Nous sommes réunis ici pour défendre la souveraineté populaire. Celle-ci et la démocratie sont en effet une seule et même chose.

Les parlementaires réunis à Versailles, après demain 4 février 2008, auront à répondre à une question simple : peuvent-ils désavouer le peuple qui s'est prononcé, le 29 mai 2005, à 55% contre le projet de constitution européenne ?

Car il n'est pas vrai, comme l'a prétendu M. Sarkozy, que le traité de Lisbonne soit un traité « simplifié » et moins encore un « mini-traité ».

Ce subterfuge ne peut tromper personne. M. Giscard d'Estaing n'a-t-il pas lui-même déclaré le 17 juillet 2007, devant le Parlement européen, que le traité de Lisbonne n'apportait que « des changements cosmétiques à la Constitution européenne pour qu'elle soit plus facile à avaler » ? En vérité, nos dirigeants se moquent du peuple.

 

Alors, comment les représentants du peuple pourraient-ils couvrir une forfaiture par une autre ? Car ils auront à se prononcer lundi 4 février non sur le traité de Lisbonne mais sur une question préjudicielle : accepteront-ils la modification de la constitution qui rendra possible la ratification de Lisbonne par sa voie parlementaire ? Ils peuvent très bien mettre obstacle à ce déni de démocratie : il suffit que 2/5 des suffrages exprimés se prononcent contre le projet de révision constitutionnelle préalable. Cette minorité de blocage existe au sein du Congrès, pour peu que les parlementaires se souviennent des engagements qu'ils ont pris à travers les candidats qu'ils ont soutenu à l'élection présidentielle.

 

Accepter la révision constitutionnelle préalable, ce serait pour le Parlement couvrir l'intention du Président de la République de s'asseoir sur le suffrage universel. Il piétinerait à son tour la démocratie et ajouterait une forfaiture à une autre forfaiture.

Car comment qualifier autrement le vote de ceux qui, ayant soutenu la candidature de Ségolène Royal et de François Bayrou, viendraient à voter au Congrès le projet de révision constitutionnelle, ou -comble d'hypocrisie ! - à s'abstenir, en permettant ainsi à M. Sarkozy de réunir les 3/5 des suffrages exprimés requis par l'article 89 de la Constitution ?

Malheureusement, à l'heure qu'il est, nous savons que le 16 janvier 2008 à l'Assemblée nationale, seulement 50 députés socialistes, 21 communistes, 2 UMP, 3 non inscrits et un député MRC, Christian Hutin, soit au total 77 députés, ont voté contre le projet de révision constitutionnelle, contre 304 qui l'ont approuvé.

Je veux remercier ces 77 députés, je veux leur rendre hommage et leur souhaiter de continuer leur valeureux combat. Il ne sera pas sans lendemain.

Mais je veux aussi m'adresser aux autres : comment ne voient-ils pas que leur absence de courage - s'ils ne reprenaient pas leur vote - minerait la confiance qui leur a été faite et la démocratie elle-même ? Ils abaisseraient le Parlement et creuseraient encore plus le fossé entre le peuple et les élites dirigeantes. Et l'Europe, quelle légitimité aurait la poursuite de sa construction, dès lors qu'eux, les représentants du peuple français se seraient assis sur sa volonté ?

 

Et si des parlementaires de gauche devaient, en s'abstenant, continuer à servir la soupe à M. Sarkozy, au nom d'une idéologie européiste déconnectée de la démocratie voire contraire à elle, comment pourraient-ils faire croire demain qu'une opposition républicaine puisse encore s'incarner en eux ?

A l'inverse, ceux qui résisteront à Versailles le 4 février ne sauveront pas seulement l'honneur. Ils seront plus nombreux d'ailleurs que les quatre-vingts qui ont refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940 ! Ils incarneront l'avenir. Car c'est toujours de la République qu'il s'agit !

Ouvrons les yeux : M. Sarkozy est de plus en plus prisonnier de la contradiction qu'il creuse entre d'une part son volontarisme affiché, les promesses fallacieuses qu'il multiplie tous azimuts pour une « Europe qui agit et qui se protège » -je le cite- et d'autre part les verges qu'il donne pour se faire battre en souscrivant aux engagements de Lisbonne.

Car on ne nous fera pas croire que les textes n'ont pas d'importance : dans une Europe à 27 où la France ne pèsera plus que les ¾ de l'Allemagne en raison des nouvelles règles de pondération des votes au Conseil, et où, par conséquent, la parité fondatrice entre nos deux pays aura été rompue au détriment de l'équilibre nécessaire au progrès de la construction européenne, la voix de la France sera étouffée, voire réduite au silence.

Les initiatives de sa diplomatie seront bridées par la nécessité d'une consultation préalable du Conseil européen. Ce qui a été possible en 2003, le refus de cautionner l'invasion de l'Irak ne le sera plus aux termes des articles 17bis et 19 du nouveau traité car la France n'ira jamais contre les Etats-Unis et l'Union européenne coalisées. Aussi bien la défense européenne est-elle réduite à l'OTAN.

Lisbonne est un mauvais coup pour la démocratie : d'immenses domaines relèveront désormais de trois instances oligarchiques : la Commission européenne, la Banque Centrale Européenne, et la Cour de Justice de l'Union.

Quand la démocratie recule, les droits des travailleurs reculent avec elle. Dans un espace sans frontières élargi, aux termes du protocoles n° 6, par le principe de la « concurrence libre et non faussée », plus que jamais les territoires et les mains d'œuvres seront mis en concurrence, entraînant délocalisations, chômage, stagnation des salaires et du pouvoir d'achat, démantèlement de la protection sociale, d'autant que la politique monétaire continuera d'être régie par une Banque Centrale entièrement déconnectée du suffrage universel. Ce n'est pas, comme le rapporte Homère, sur le dos de Jupiter ayant pris la forme d'un taureau que l'Europe a été enlevée mais sur celui d'un canard sans tête ayant usurpé le visage de M. Trichet.

En échange de toutes les concessions qu'il a faites à Lisbonne, M. Sarkozy n'a rien obtenu parce qu'il a refusé de s'appuyer sur le « non » qu'avait exprimé le peuple français le 29 mai 2005.

En revanche, les parlementaires qui diront « non » le 4 février à Versailles prendront date pour l'avenir. Leur résistance préparera la libération. La libération de la République ! Et un jour, celle de l'Europe elle-même ! "

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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 21:35

Valider le traité en laissant les peuples à la porte

 

Depuis le 3 janvier, le collectif mayennais, composé de citoyens et d’organisations de diverses sensibilités politiques, allant de la gauche aux gaullistes républicains, a mené des actions d’information et de sensibilisation en direction de la représentante de l’Etat, de la presse mayennaise, des citoyens et des élus du peuple, afin d’obliger le président de la République à organiser un grand débat public sur la construction européenne, dans le cadre d’un référendum.

 

Nous l’avons souligné : il existe une possibilité d’obliger le chef de l’Etat à corriger le tir ; elle est dans les mains des parlementaires, députés et sénateurs, appelés à voter, le 4 février après-midi, en Congrès à Versailles, le projet de révision de la Constitution française, mettant celle-ci en conformité juridique avec le traité de Lisbonne. S’il n’obtenait pas les 3/5èmes requis des suffrages exprimés, il serait obligé d’organiser un référendum pour ratifier le traité de Lisbonne.

 

Notre démarche a consisté à tenter de faire valoir nos arguments auprès de nos interlocuteurs, citoyens, parlementaires, représentante de l’Etat, journalistes.

 

Nous n’avons pas réussi à obtenir un rendez-vous avec trois des cinq parlementaires mayennais.

 

- Jean Arthuis a mis les formes en téléphonant  à Michel Sorin, expliquant qu’il est favorable à la ratification par la voie parlementaire et qu’en conséquence, il ne voit pas l’intérêt de se rencontrer pour affirmer un désaccord.

- Marc Bernier a répondu par écrit en justifiant le traité de Lisbonne et sa ratification par la voie parlementaire, affirmant qu’il s’agit d’un traité simplifié et non d’une Constitution, et qu’il faut parvenir à un accord entre les 27 pays membres de l’Union européenne afin de débloquer les institutions européennes. Toute l’argumentation du pouvoir est reprise, clairement, dans cette lettre, mais sans proposer ce que nous demandions : une rencontre pour présenter nos arguments.

- Yannick Favennec semble accaparé par ses diverses fonctions. Il nous a répondu par son secrétariat qu’il n’avait pas de temps disponible pour une rencontre.

 

Deux parlementaires ont accepté de recevoir une délégation du collectif : François Zocchetto, le 23 janvier et Guillaume Garot, le 31 janvier.

 

François Zocchetto a déclaré avoir été très attentif aux propos de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des questions européennes, puis troublé par les déclarations de Valéry Giscard d’Estaing et, surtout, de son ancien professeur, Didier Maus, spécialiste de droit constitutionnel, qui pose la question fondamentale « Le Parlement peut-il désavouer le peuple ? » et répond ainsi « A partir du moment où chacun reconnaît que le traité de Lisbonne (2007), reprenant l’essentiel du traité de Rome (2004), constitue une étape très significative du processus d’intégration européenne, que l’on soit favorable ou défavorable au traité, peut-on passer outre à la décision du peuple de mai 2005 en l’annulant par un vote du Parlement ? ».

 

Ce trouble n’a pas empêché le sénateur centriste de prendre position en faveur de la révision constitutionnelle, car il tient compte en priorité du principe de réalité : l’Europe doit être débloquée et fonctionner. A côté de ce principe, celui du parallélisme des formes entre les deux traités (2005 et 2008) lui paraît secondaire. 

Voir l'article paru sur ce blog le 23 janvier pour prendre connaissance du compte rendu de la rencontre.

 

Guillaume Garot a admis que le texte de Lisbonne n’est pas simple ; il est difficile à caractériser mais il a, selon lui, le mérite de remettre en marche la construction  européenne. C’est pourquoi il souhaite qu’il soit ratifié. Il y a besoin de ce traité pour que l’Europe puisse fonctionner à 27. Par rapport au traité de Nice, des avancées existent, le Parlement est revalorisé. Le traité de Lisbonne n’est pas identique au TCE, il n’est pas constitutionnalisé.

 

En résumé, le député PS est favorable au traité et au référendum. Il ne veut pas être responsable du fait qu’il ne sera pas soumis à référendum. Mais il ne veut pas bloquer le processus de ratification du traité de Lisbonne en votant contre la révision constitutionnelle le 4 février, car cela créerait une situation de crise très grave de l’Union européenne.

Voir l'article paru sur ce blog le 31 janvier pour prendre connaissance du compte rendu de la rencontre.

 

Auprès des citoyens, nous avons continué l’action, engagée en novembre 2007, du comité départemental pour un référendum. Plus d’un millier de lettres ont été adressées aux parlementaires mayennais par notre intermédiaire.

 

Le collectif était représenté par Jacques OMNES, ce 2 février après-midi, à la Halle Parmentier à Paris, lors de la manifestation organisée par le Comité National pour un Référendum (CNR).

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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 22:56

Le sujet du mois : le référendum pour l’Europe

 

Désormais mon premier article du mois reprend les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog. C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évolueront dans le temps, selon l’actualité et mes priorités.  

La liste des articles publiés en janvier montre que le thème du référendum pour ratifier le Traité de Lisbonne a été ma principale préoccupation le mois dernier (presque la moitié des articles), la PAC et l’agriculture étant 2ème, loin derrière.

 

Titres des articles parus en janvier 2008 sur http://mrc53.over-blog.com

 

Colloque des Amis de Louis Malassis : Michel Petit et la conclusion de Jo Guenanten – 1 01

Laïcité : les propos de Sarkozy à Rome révèlent une pensée catholique d’un autre âge – 2 01

Le comité départemental pour un référendum s’ouvre à de nouveaux membres – 3 01

Le Comité départemental pour un référendum (CDR 53) a défini ses actions – 4 01

Génocide des tutsis en 1994 au Rwanda : B Patureau milite pour le devoir de Mémoire - 5 01 

Rwanda, reconstruction après le génocide : 2ème partie du texte de Bernard Patureau – 5 01

Les organisations et citoyens appelant à un référendum se sont réunis à Laval le 3 janvier – 6 01

La PAC est malade de l’aveuglement néolibéral de la Commission européenne – 7 01

Michel Sorin : la non participation des députés PS au Congrès est un soutien à Sarkozy – 8 01

Congrès : la direction du PS cherche à masquer les contradictions entre ses députés – 9 01

La campagne pour un référendum est animée en Mayenne par une équipe motivée – 10 01

 

Temps de travail : JY Boulin (CNRS) voit une triple régression dans les projets Sarkozy – 11 01

Crises financières : actes du colloque de la Fondation Res Publica, 17 octobre 2007 – 12 01

Le gouvernement a confirmé la suspension de la culture de maïs transgénique Monsanto – 13 01

Traité de Lisbonne : le chercheur altermondialiste RM Jennar récuse des contrevérités – 14 01

Agriculture et société : le constat de Jean Le Douar, journaliste breton de Ouest-France – 15 01

Le citoyen Gérard Beillard écrit à Ségolène Royal à propos de la ratification du traité – 16 01

La campagne pour un référendum est ouverte en Mayenne – 16 01

Le collectif pour un référendum (CDR 53), reçu par JY Delort (Courrier de la Mayenne) – 18 01

Didier Maus : le NON du 29 mai 2005 ne peut pas être annulé par un vote du Parlement – 18 01

Politique de civilisation : Sami Naïr souligne les contradictions du président Sarkozy – 19 01

L’Avenir agricole a reproduit l’appel du collectif mayennais à un nouveau référendum – 19 01

 

Michel Sorin* et la PAC : la Commission européenne refuse d’appliquer les textes – 21 01

L’association Ibuka du Montargois (Loiret) aide les rescapés du génocide du Rwanda – 21 01

Des images qui parlent : Nicolas Sarkozy dit toujours la vérité, mais elle change – 22 01

Avec Xavier Dumoulin, Danielle Mitterrand livre le fond de sa mémoire et de sa pensée -22 01 08

Le Collectif pour un Référendum (CDR 53) a rencontré le sénateur François Zocchetto 23 01

Le Collectif pour un Référendum (CDR 53) remet aux Mayennais un message d’alerte – 24 01

Le Collectif pour un Référendum (CDR 53) a rencontré la représentante de la préfète 25 01

Crise immobilière, crise financière, crise de confiance : les USA sur la mauvaise pente 26 01

Le rapport Attali contribue à amplifier la confusion qui caractérise la politique du pouvoir – 27 01

Elections municipales à St-Berthevin : Michel Sorin* décide d’y mettre son grain de sel – 28 01

Elections régionales en Allemagne : la gauche radicale entre au parlement de Hesse – 29 01

Le journal Ouest-France présente la démarche de Michel Sorin pour les municipales – 30 01

Le Collectif pour un Référendum (CDR 53) a rencontré le député Guillaume Garot – 31 01 08

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 23:41

Eviter de bloquer le processus de ratification

 

Notre délégation, composée de Manuel Ari, Monique Cadot, Marcel Collet, André Garry, Jacques Omnès, Philippe Serre et Michel Sorin, a rencontré Guillaume Garot, député PS, à sa permanence parlementaire, rue Cardinal Suhard à Laval, ce 31 janvier entre 15h et 16h.

 

Nous lui avons présenté nos positions, qu’il a écoutées avec attention.

 

- Il ne s’agit pas d’un mini traité simplifié, tenant compte du vote du 29 mai 2005. C’est, pour l’essentiel, la reprise du traité constitutionnel de 2004. Ne pas le soumettre à référendum pose un problème démocratique. Le PS et sa candidate s’étaient engagés en faveur d’un référendum.

 

Les parlementaires de gauche, s’ils le veulent, ont la possibilité d’obliger le président de la République à organiser un référendum. Encore faut-il qu’ils votent contre le projet de loi révisant la Constitution, le 4 février à Versailles. Les socialistes ont une lourde responsabilité historique, au regard des principes démocratiques.

 

- La forme devient une question de fond. Les questions européennes ont de plus en plus de répercussions sur la politique intérieure dans chaque pays. Les débats publics animés, qui avaient précédé la ratification des traités de Maastricht (1992) et de Rome (TCE, 2005), montraient à l’évidence l’intérêt des citoyens pour ces consultations.

 

Didier Maus, spécialiste de droit constitutionnel, a souligné l’importance du référendum dans la République française, depuis 1946. Après celui de 2005, un nouveau référendum s’imposait, le traité de Lisbonne étant très proche du précédent, en dehors du caractère constitutionnel, qui a disparu.

 

Guillaume Garot nous a fait part de sa position politique sur le sujet

 

Le député reconnaît la qualité des débats publics en 1992 et 2005, même si, à titre personnel,  il a mal vécu ce dernier. Pendant la campagne présidentielle en 2007, Ségolène Royal s’était prononcée pour un référendum si un nouveau traité était signé. Mais, c’est Sarkozy qui a été élu. Il avait annoncé que le futur traité ne serait pas soumis à référendum.

 

Certes, le texte de Lisbonne n’est pas simple ; il est difficile à caractériser mais il a, selon lui, le mérite de remettre en marche la construction européenne. C’est pourquoi il souhaite qu’il soit ratifié. Pour autant, il n’accuse pas les opposants d’être contre l’Europe ; ils sont contre cette Europe-là. Il y a besoin de ce traité pour que l’Europe puisse fonctionner à 27. Par rapport au traité de Nice, des avancées existent, le Parlement est revalorisé. Le traité de Lisbonne n’est pas identique au TCE, il n’est pas constitutionnalisé.

 

Le 4 février, il s’abstiendra dans le vote au Congrès sur la révision de la Constitution. Ensuite, lors du vote à l’Assemblée nationale, le groupe socialiste présentera une motion référendaire afin qu’il soit acté que la gauche voulait un référendum. S’il n’y en a pas, ce sera la volonté de la seule majorité.

 

Récapitulons : le député Guillaume Garot est favorable au traité et au référendum. Il ne veut pas bloquer le processus de ratification du traité de Lisbonne, mais il ne veut pas être responsable du fait qu’il ne sera pas soumis à référendum.

 

Il est persuadé que, si la majorité des 3/5èmes n’était pas obtenue par le président de la République lundi à Versailles (ce qu’il ne croit pas possible, même avec le plein des voix de gauche), cela créerait une situation de nature à bloquer le processus de ratification du traité et à mettre l’Europe dans une crise très grave.

 

Nous réaffirmons notre position, à l’opposé de la sienne

 

Nous lui répondons qu’il adopte ainsi une position d’affichage, pour dissimuler le fait que les socialistes veulent se rapprocher des positions des autres partis socialistes et sociaux démocrates européens, après avoir subi leurs critiques après le référendum de 2005.

 

Nous sommes persuadés qu’il est possible de faire jouer la minorité de blocage (2/5èmes des suffrages exprimés) par addition de l’ensemble des parlementaires de gauche et de ceux de la majorité qui sont opposés à la révision constitutionnelle.

 

Cela créerait les conditions pour réorienter la politique européenne, notamment sur le plan économique et monétaire, le référendum permettant aux citoyens d’avoir le dernier mot sur une question de cette importance, qui engage l’avenir du pays pour longtemps.

 

Nous constatons que Guillaume Garot a passé sous silence le fait que le traité de Lisbonne, comme le TCE, est profondément libéral et atlantiste. S’il avait été appliqué en 2003, il n’aurait pas permis à la France et à l’Allemagne de rester à l’écart de l’invasion de l’Irak. L’Union européenne se serait associée à l’initiative intempestive des USA.

 

Les socialistes représentent au Parlement tous ceux qui ont voté non en 2005 et qui s’opposent à la politique de Sarkozy. Ils doivent faire du référendum une question de principe, comme de Gaulle, qui est parti après un référendum en 1969. C’est un problème de légitimité. Les parlementaires ne peuvent se substituer au peuple pour décider ce qu’il avait refusé le 29 mai 2005. Mais il est normal qu’ils ne soient pas contraints de respecter la discipline de vote de groupe, s’agissant d’un sujet qui place le parlementaire en phase directe avec l’histoire.

 

Des lettres aux parlementaires, signées notamment à Mayenne (près de 500), ont été remises au député de la Mayenne. Celui-ci a bien noté que les électeurs, les 9 et 16 mars, tiendront compte de son vote le 4 février à Versailles.

 

Enfin, le texte de la déclaration de Nicolas Sarkozy, le 9 mai 2004, à Aubervilliers, au Conseil national de l’UMP, a été remis à Guillaume Garot, en espérant qu’il en fasse bon usage…

 

Déclaration très importante du futur président de la République

 

« Si l’Europe reste la seule affaire des responsables politiques et économiques, sans devenir la grande affaire des peuples, reconnaissons que l’Europe sera, à plus ou moins brève échéance, vouée à l’échec. Bien sûr, l’Europe doit être au service des peuples, chacun peut le comprendre. Mais l’Europe ne peut se construire sans les peuples, parce que l’Europe, c’est le partage consenti d’une souveraineté et la souveraineté, c’est le peuple.

 

A chaque grande étape de l’intégration européenne, il faut donc solliciter l’avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du peuple. Si nous croyons au projet européen, comme j’y crois, alors, nous ne devons pas craindre la confrontation populaire. Si nous n’expliquons pas, si nous ne convainquons pas, alors comment s’étonner du fossé qui risque de s’amplifier chaque jour davantage entre la communauté européenne et la communauté nationale ?

 

Je le dis comme je le pense, simplement je ne vois pas comment il serait possible de dire aux Français que la Constitution européenne est un acte majeur et d’en tirer la conséquence qu’elle doit être adoptée entre parlementaires, sans que l’on prenne la peine de solliciter directement l’avis des Français ».

 

Voir la vidéo en se reportant à l’article paru le 22 janvier dernier sur ce blog (Sarkozy, 9 mai 2004).

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 11:02

Réamorcer la pompe du débat à Saint-Berthevin

 

Le quotidien Ouest-France a décidé d’être très présent lors des élections municipales qui auront lieu les 9 et 16 mars 2008. L’article, paru ce matin dans la rubrique St-Berthevin, reflète bien le sens de la déclaration que j’ai communiquée à la presse lundi (voir l’article paru sur ce blog le 28 janvier).

Le rédacteur de ce texte a cru bon d’ajouter le qualificatif « retraité », ce qui n’est pas exact puisque je suis en préretraite. Cela signifie que je suis tout disposé à conduire une activité à plein temps pour St-Berthevin, si les Berthevinois le souhaitent.

 

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 22:00

Les sociaux démocrates : non à la gauche

 

Dimanche dernier, les élections aux parlements de Hesse (Francfort) et de Basse Saxe ont confirmé la progression de La Gauche (Die Linke) sur l’ensemble du territoire allemand, après le succès obtenu par ce nouveau parti lors des élections législatives en 2005 (voir, sur ce blog, l’article paru le 30 octobre 2007, catégorie « Etats Union européenne »).

 

Dans un contexte différent, la gauche française pourrait évoluer vers une situation comparable.

 

- En Allemagne, les sociaux démocrates (SPD) refusent de se tourner vers les élus Die Linke, sous prétexte que leur origine est, pour une part, néo-communiste (issue de l’ancien parti communiste de l’Allemagne de l’Est). Ils se disent contraints de faire alliance avec les chrétiens démocrates (ce qui est le cas du Parlement national et cela en prend le chemin en Hesse). Mais la réalité, c’est que les deux grands partis allemands ont des idées politiques très proches, notamment sur la construction européenne et sur l’économie libérale.

 

- En France, les socialistes (PS) partagent avec l’UMP les mêmes conceptions de l’Europe, ce qui les conduit à rejeter un référendum pour ratifier le traité de Lisbonne (l’abstention, le 4 février, au vote du Congrès à Versailles, a cette signification).

 

Voici des extraits d’articles parus sur les sites du Monde et de Libération. 
D’abord, une synthèse (28 janvier, www.lemonde.fr) :

 

« L'Allemagne à cinq »

 

(…) « Le résultat des deux élections régionales qui ont eu lieu dimanche 27 janvier en Allemagne reflète fidèlement le paysage politique tel qu'il est sorti du dernier scrutin national, en 2005. Et tel qu'il sera, selon toute vraisemblance, au cours des prochaines années. C'est surtout vrai de la Hesse (région de Francfort). Dans l'autre Land appelé aux urnes, la Basse-Saxe, la domination de la démocratie chrétienne n'a pas été contestée, même si elle a été entamée.

Le Parlement de Hesse, en revanche, va ressembler au Bundestag. Les deux partis de masse, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et le Parti social-démocrate (SPD), sont au coude-à-coude, avec un peu plus d'un tiers des suffrages. Les libéraux (FDP) et les Verts oscillent entre 7 % et 9 %. Mais, surtout, la gauche radicale - Die Linke - franchit le seuil des 5 % de voix (comme d'ailleurs en Basse-Saxe) ».

L’article de Libération, signé Nathalie Versieux, apporte des précisions fort intéressantes (29 janvier, sur www.liberation.fr) :

« La gauche radicale perce et dérange »

 

Die Linke (la Gauche) a réussi son pari : le jeune parti est parvenu à s’établir à l’ouest du pays, et même à y bouleverser le jeu jusqu’alors bien rodé des coalitions entre les quatre partis traditionnels : SPD, CDU, Verts et Libéraux du FDP.

Le parti de la gauche radicale fondé par Oskar Lafontaine et Gregor Gysi a dépassé dimanche la barre des 5 % en Hesse (5,1%) et en Basse Saxe (7,1%) et s’assure ainsi une entrée historique dans ces deux Parlements régionaux, avec respectivement 6 et 11 élus.

L’avancée de l’extrême gauche est surtout lourde de conséquences pour le SPD et les Verts. Elle obligera vraisemblablement les Sociaux démocrates à conclure en Hesse une alliance «contre-nature» avec les chrétiens-démocrates, comme cela avait déjà été le cas à Berlin en novembre 2005.

«Espace vide». Die Linke est née en juin 2007 de la fusion entre la WASG (les déçus de la sociale-démocratie autour d’Oskar Lafontaine) et die Linkspartei-PDS (héritier de l’ancien Parti communiste est-allemand dont l’avocat Gregor Gysi est la figure de proue).

Traditionnellement bien implantée en ex-RDA, die Linke avait réussi à entrer pour la première fois en avril 2007 dans un parlement régional ouest-allemand, à Brême. «Die Linke occupe de façon très intelligente l’espace laissé vide par le SPD sur sa gauche», constate le politologue Thorsten Faas de l’université de Duisbourg. Ex-sociaux-démocrates, abstentionnistes, altermondialistes, vote protestataire de gauche s’y retrouvent.

Le mouvement «profite» aussi de la paupérisation d’une frange de la société allemande depuis les réformes libérales du gouvernement Schröder. Et ce, même dans les régions où le parti était jusqu’alors quasi inexistant : en Hesse, die Linke comptait, avant les élections, 2 000 adhérents seulement; et 2 600 en Basse Saxe.

Mais les partis traditionnels, «toujours ancrés dans une logique de guerre froide»,  selon un sympathisant d’extrême-gauche, refusent toute idée d’une alliance avec ceux qu’ils considèrent comme les survivants de la dictature communiste. Or les alliances traditionnelles SPD-Verts ou CDU-FDP (Libéraux) ne sont plus possibles maintenant qu’il faut partager le gâteau du pouvoir en cinq.

«Créativité». Du coup, aucune majorité claire ne se dessine en Hesse. La percée de l’extrême gauche risque même de coûter au SPD une victoire qui lui semblait acquise : la tête de liste sociale -démocrate, Andraa Ypsilanti, refuse de gouverner avec le soutien de l’extrême gauche. Une coalition entre le SPD et la CDU semble inévitable.

Gerhard Schröder avait, de la même façon, perdu le pouvoir en novembre 2005, en refusant une alliance pourtant possible en théorie avec les Verts et les néo-communistes.

«Les partis traditionnels vont devoir faire preuve de créativité à l’avenir, prévient Thorsten Faas. La situation est tout à fait nouvelle en Allemagne. A plus ou moins long terme, on devra s’habituer à ce que désormais cinq partis et non plus quatre se partagent le pouvoir.»

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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 21:17

Des Berthevinois représentant  leur quartier

 

Si l’on mesure la qualité de la démocratie par l’implication des citoyens et des citoyennes dans la préparation de l’élection municipale de St-Berthevin, force est de constater que le niveau baisse… Comment faire pour relancer la vie démocratique dans cette petite ville (7 000 habitants) dont les habitants semblent avoir perdu le goût du débat et de la confrontation ?

 

Je pourrais proposer des explications mais je préfère m’engager concrètement dans l’action. La liste du maire sortant, Yannick Borde, a été publiée dans la presse. Celle de l’opposition, on le sait depuis quelques jours, sera conduite par Alain Viot. Sa composition sera rendue publique à la mi-février.

 

Afin d’introduire un peu d’animation dans cette élection, je vais mettre mon expérience à la disposition des Berthevinois, en leur proposant une démarche nouvelle, qui s’appuie sur les citoyens dans chaque quartier.

 

J’ai découpé notre territoire communal en 22 quartiers, répartis sur 7 zones territoriales :

 

            Zone territoriale                                 Quartier

 

            Centre sud                               Haut Bourg, Coupeau

 

            Centre nord                              Alain Gerbault, Sévigné, la Poterie

 

            La Forêt                                   Concise, Picardie

 

            Le Lac                                     Pasteur, Coubertin, St-Exupéry, Colbert

 

            Les pourtours du Lac                 Lac II, Côteaux du Lac, Clos Beauchêne, Provostière(+camp.)

 

Les Loges                                  Loges industrie, Loges habitat (campagne sud-est, inclus)

 

A l’ouest du Vicoin                     Ecrille, Concorde, Clos Manet, Carteries, Campagne ouest

 

Je propose que chaque quartier et chaque zone territoriale soient représentés par une femme ou un homme qui ait le souci de l’intérêt général et de la vie de son quartier. Le groupe de quartier aura son mot à dire, voire le dernier mot, sur la désignation de cette personne.

 

Nous allons contribuer à faire vivre la citoyenneté à Saint-Berthevin.

 

* Michel Sorin, ancien conseiller municipal de St-Berthevin (1983 - 2003, dont maire entre novembre 1990 et mars 2001), 62 ans, domicilié à St-Berthevin depuis 1973, d’abord au Printania (immeuble situé près de l’église) jusqu’en 1978, puis rue du Poitou (quartier Concise, ZT de la Forêt) depuis 1978.

 

NB- Mes recherches généalogiques m’ont amené à découvrir, récemment, que Pierre Derenne, arrière grand-père de mon arrière-grand-mère maternelle, avait été maire de St-Berthevin, entre 1803 et 1808 (désigné par l’administration impériale). Son fils, Pierre Derenne, et son petit-fils, Jean-Baptiste Derenne, ont été, aussi, conseillers municipaux de St-Berthevin. C’est une famille de laboureurs qui vivaient à Corbusson.

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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 22:13

Un rapport d’inspiration libérale loin de la réalité

 

Sur www.liberation.fr le 23 janvier, on pouvait prendre connaissance des principales mesures proposées par le rapport Attali afin de « libérer la croissance », c’est-à-dire créer les conditions d’une croissance plus forte et d’un chômage moins élevé dans une France qui jouerait le jeu à fond de la libéralisation tous azimuts.

 

Jacques Attali voulait être responsable du choix des personnes composant la Commission mise en place sur ce thème de « la libération de la croissance française ». Les 44 personnalités choisies sont, de fait, favorables à la libéralisation de l’économie. Elles ne représentent en rien la diversité du peuple français.

 

Ce rapport était demandé par le président de la République, qui avait annoncé qu’il mettrait en œuvre ses recommandations. En le recevant, il s’est montré plus réservé, indiquant qu’il « adhère à l’essentiel » des conclusions du rapport.  Selon lui, «notre pays a besoin d’une cure de modernisation intensive». «On va reprendre une très grande partie des propositions», affirme-t-il. Sauf deux : la suppression des départements, qui selon Nicolas Sarkozy se justifient par leur «légitimité historique», et la suppression du principe de précaution qui, d’après lui, ne serait «pas comprise» par les Français.

 

Cliquez ici pour télécharger le rapport Attali au format PDF

 

Principales propositions de ce rapport (qui en contient 316) :

Education et formation :
- Augmentation des métiers de la petite enfance à la rentrée 2008.
- Augmentation de la formation dans ces métiers.
- Sur l’université, généralisation d’une année de stage incluse dans le cursus.
- Création de 10 pôles universitaires de taille mondiale, sur 10 nouveaux campus, et développement des partenariats public-privé.

Environnement :
- Création de 12 éco-villes

Entreprises :
- Pour les PME, limiter les délais de paiement par la loi à 30 jours.

Numérique :
- Réduire la fracture numérique : avec le haut débit pour tous en 2011 et le très haut débit pour tous en 2016 ; en favorisant l’équipement en ordinateur des ménages défavorisés.

Rapports sociaux :
- En matière sociale : favoriser la négociation pour produire les règles sociales, revoir la représentativité pour les organisations syndicales, que la validation des accords se fasse par accord majoritaire.

Lutte contre le chômage :
- Sur le chômage des jeunes, créer un bonus-malus favorisant les entreprises qui embauchent des jeunes, notamment des jeunes de banlieue.
- Création de «contrats d’évolution», favorisant la sécurisation des parcours professionnels.
- Soutien individuel plus fort dans la recherche d’emploi.
- Développement de la formation pour les demandeurs d’emploi.

Commerce et service :
- Supprimer les numerus clausus sur les professions réglementées (taxis, pharmaciens…)
- Ouvrir à la concurrence les secteurs protégés, notamment la distribution.

Immigration :
- Accueillir plus de travailleurs immigrés qualifiés. 250 000 immigrés accueillis par an, cela correspond à 0,5% de croissance par an en plus. Accueillir plus d’étudiants, de chercheurs, d’artistes.

Services publics et fonctionnement de l'Etat :
- Evaluer l’efficacité des services publics et des agents de la fonction publique.
- Instaurer des primes de performance dans la fonction publique.
- Evaluer les projets de loi après mise en oeuvre.
- Renforcer l’échelon régional et supprimer les départements d’ici 10 ans.

Dette :
- Réduire les déficits par une baisse de 20 milliards d’euros par an de la dépense publique. Par exemple en désindexant pendant cinq ans les transferts de crédits de l’Etat vers les collectivités territoriales, et par la mise sous condition de ressources les allocations familiales.

Un séminaire gouvernemental se tiendra début février pour décider des mesures prioritaires. La «loi sur la modernisation économique» présentée au printemps
«inclura des mesures du rapport», a promis le chef de l’Etat.

Jean-Pierre Chevènement a réagi le 24 janvier (www.chevenement.fr) :

« Le rapport Attali aurait pu être écrit il y a 50 ans »

Le rapport Attali aurait pu être écrit il y a 50 ans. Il se serait alors appelé le « rapport Rueff-Armand », rapport d'inspiration libérale qui, depuis un demi-siècle, dort au fond des tiroirs.

Curieusement, dans ce rapport censé « libérer la croissance », il n'y a rien sur la monnaie, rien sur l'Europe, rien sur la mondialisation et sur la nécessité d'une protection sélective de nos industries.

C'est un rapport déconnecté du réel. Il convient à tout le monde à droite et à gauche, du moins au sein de ce qu'Alain Minc appelait le « cercle de la raison » : ceux qui ont tellement intériorisé les contraintes de l'existant qu'ils prennent les chauffeurs de taxi pour bouc émissaire de la crise qui nous vient d'Amérique.... On chercherait en vain dans le rapport Attali un mot sur la crise financière et la récession en marche et sur les moyens de l'enrayer. Dommage : Tant de frilosité étonne chez un esprit réputé si inventif.

 

Laurent Joffrin s’est exprimé ainsi dans son éditorial du 24 janvier sur www.liberation.fr (extrait) :

 

« Confusion »

(…) Mais à ce stade, on doit surtout souligner le sentiment de confusion qui émane du rapport. Après le programme de l’élection présidentielle, puis l’annonce d’une «politique de civilisation», nous voici nantis d’un troisième plan de gouvernement. Une telle profusion de projets ne vise-t-elle pas à masquer la minceur des résultats obtenus ?

Une clarification s’impose d’urgence. D’autant que le rapport Attali contredit le «Grenelle de l’environnement» sur des points importants, prône l’ouverture massive à l’immigration quand on prêche par ailleurs la fermeture ou encore reste d’un flou consommé sur ses sources de financement. L’opération de communication est claire. La stratégie du gouvernement un peu plus obscure.

Une contre-expertise du rapport Attali

 

Des « experts de gauche ont présenté une contre-expertise du rapport Attali » (www.lemonde.fr, 24 janvier).

 

Liem Hoang-Ngoc, maître de conférences à l'université Paris-I, a décrit le rapport Attali comme étant une "compilation d'idées dans l'air du temps" avec un diagnostic "archaïque", "d'une France datant du général de Gaulle".  Pour lui, la vraie cause du manque de croissance n'est pas "la panne de la consommation populaire" avancée par le rapport mais "la panne d'investissements" des entreprises, alors qu'il y a "une forte épargne boursière". Au lieu d'avoir "un discours anxiogène sur la dette, le gouvernement devrait mobiliser cette épargne", soutient-il.

 

Guillaume Duval, rédacteur en chef de la revue Alternatives économiques, préconise, lui, d'"investir dans le high tech" plutôt que de "créer des emplois de service à bas coût" comme "on l'a fait depuis vingt-cinq ans".

 

Ségolène Royal s’affiche avec Jacques Attali

 

Ségolène Royal a reçu mercredi 23 janvier des mains de Jacques Attali le rapport de la commission qu'il présidait, et jugé que le rapport avait le "mérite d'être là".
 

"Je pense que tout ce qui va dans le sens du déblocage de ce qui freine l'initiative doit être pris en considération", a jugé la présidente du Conseil régional Poitou-Charentes. "La France a besoin de réformes. Ce rapport a été fait pour aider la France et moi, je veux aider la France".

 

Chacun aura compris que, pour elle, il s’agit de ne pas rater le train de la modernité libérale. Une façon de se laisser porter par le courant dominant afin d’être présente lorsqu’il s’agira de départager la droite libérale et la gauche libérale. La gauche républicaine et sociale ne peut trouver sa place dans cette vision de l’avenir de la France.  

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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 19:24

Il serait temps que l’Europe prenne ses distances

 

Dans le secteur financier, tout particulièrement, l’Europe impose un alignement sur les USA, sous l’influence active du Royaume-Uni, dont l’économie repose sur la finance et le commerce planétaires. C’est la raison pour laquelle l’Union européenne est étroitement liée au capitalisme financier et au développement du libre-échange. La tentative de Tony Blair d’en prendre la présidence (dans le cadre des dispositions du traité de Lisbonne) est significative de la volonté des Britanniques de continuer cette politique européenne libérale.

 

L’actualité est riche d’informations sur la crise financière, la dernière en date, mais pas la moins spectaculaire, est cette énorme perte enregistrée par la Société Générale, révélatrice de la défaillance d’une banque en matière de contrôle de l’action de ses agents (la Société Générale a certainement des problèmes avec ses « radars »…) mais révélatrice aussi  d’un système financier devenu fou, opaque et aveugle.

 

Première source d’informations

 

Lire la dépêche de l’AFP, 25 janvier, sur le blog de Jean-Pierre Chevènement  www.chevenement.fr. 

 

« Cette affaire montre que "c'est le règne de l'opacité la plus totale, c'est la logique d'une finance

qui n'est pas seulement aveugle, mais qui est devenue folle", a déclaré le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), interrogé par l'AFP.
"Aveugle parce que l'opacité règne, et folle parce qu'on est très loin de l'économie réelle. On est dans le virtuel pur", a-t-il ajouté.
Selon M. Chevènement, "c'est la dure loi du profit à très court terme qui est en cause, beaucoup plus que ce trader désigné à la vindicte publique. Peut-être le mérite-t-il, mais je pense que l'arbre ne doit pas cacher la forêt".
"Il est pas souhaitable qu'on s'en tire en cherchant un bouc émissaire. Il faut faire une analyse plus profonde et se méfier de la méthode Coué. C'est quand même le sixième des capitaux de la Société Générale qui part en fumée!

On peut quand même s'interroger sur l'origine de ces pertes abyssales", a poursuivi l'ancien ministre, dont la fondation Res Publica vient de publier les actes d'un colloque sur "les crises financières à répétition" ».

 

Voir, à ce sujet, sur ce blog, l’article paru le 12 janvier dernier (catégorie Capitalisme) et les articles parus dans cette catégorie.

Deuxième source d’informations

Etant destinataire des chroniques Agora (abonnement gratuit), j’ai puisé des explications claires de la crise. Par exemple, celle-ci, signée Isabelle Mouilleseaux, le 22 janvier, dans son édito matières premières (editomp@publications-agora.fr) sous le titre « Sommes-nous entrés dans un grand marché baissier ? »

« La situation est grave car il s'agit d'une crise financière : le système financier est au bord de l'implosion. Je vais être honnête et directe avec vous : de tout temps, les crises les plus graves ont toujours été les crises financières. Or nous vivons actuellement la plus grave crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale. 1929 était avant tout une crise financière, qui s'est ensuite transmise à l'économie.

Que s'est-il passé en 1929 ? Les banques ont subi des revers violents en bourse. Ce qui a entraîné une hausse des coûts d'intermédiation et un credit crunch massif. C'est exactement ce qui est en train de se passer. Sauf qu'aujourd'hui, nous avons des armes monétaires, fiscales et budgétaires qui nous permettent d'atténuer les conséquences économiques. Mais pas de les éviter à mon avis.

Voici un tableau rapide de la situation financière actuelle :

1 - Les banques sont massivement embourbées dans le subprime… et ça va durer.
Elles affichent les unes après les autres des pertes monstrueuses : 10 milliards par-ci, 18 milliards par là. L'un d'entre vous d'ailleurs, dont le neveu est trader chez Calyon à New-York, m'a fait part des rumeurs qui circulent dans les salles de marché : Citigroup serait au bord de la faillite ! C'est une rumeur, certes. Mais elle donne une idée de l'ampleur des dégâts.

Regardez la Société Générale : 230 millions de provisions passées. Et selon certains il faudrait en passer jusqu'à 2 milliards !! Pire : on découvre que les banques chinoises ont, elles aussi, joué avec le subprime !

En clair : le subprime représente une masse de 500 milliards de dollars à digérer -- 100 milliards sont pour l'instant remontés à la surface, officiellement déclarés et provisionnés. Les 400 milliards qui restent sont dans le pipe et vont sortir dans les mois à venir. Accrochez-vous au cocotier ! L'iceberg va émerger…

2 – Les rehausseurs de crédit entrent dans la partie, aggravant la crise financière d'autant plus.
(…) Ils garantissent les émissions obligataires ainsi que les titres adossés aux opérations de titrisation (dont le subprime). Retenez ceci : ils sont sept et ils garantissent 2 400 milliards d'actifs ; leurs fonds propres sont très faibles. Pourquoi leur fait-on confiance alors ? Parce qu'ils sont notés "triple A" par l'agence de notation ! Sur ces sept rehausseurs de crédit, deux ont déjà perdu plus de 50% de leur valeur ces derniers jours pour cause de dégradation de la note "triple A" : leurs actifs se déprécient et ils sont dans l'incapacité de se recapitaliser -- les conditions de marché ne le permettant pas !

Cela veut dire quoi ? S'ils perdent leur "triple A", les titres qu'ils garantissent vont s'effondrer. C'est très grave. Pour l'instant, on estime les pertes potentielles pour les investisseurs et emprunteurs à quelque 200 milliards -- pour l'instant... Mais l'histoire de rehausseurs de crédit ne fait que commencer. Et rappelez-vous : lorsque la crise du subprime a commencé il y a quelques mois, tout le monde était très serein… les choses ont depuis beaucoup évolué ! »

Troisième source d’informations

Une bonne source puisqu’il s’agit de ma banque, qui avait eu la bonne idée d’organiser une réunion d’information le 22 janvier, lendemain d’un « lundi noir » boursier.

Voici ce que j’ai noté en ce qui concerne la description de la crise aux USA.

Pour comprendre cette crise, il faut remonter à la bulle Internet, en 2000-2001, de la « nouvelle économie », qui a laissé les entreprises sans capacité d’investir. Le tandem Bush - Greenspan (politique économique et politique financière) a fait un pari. Les entreprises étant « plombées », ils ont décidé de miser sur les consommateurs, par une politique monétaire agressive (taux d’intérêt très bas), ce qui a provoqué une augmentation de la consommation (+ 4% l’an) et l’achat de maisons à crédit (accroissement des crédits immobiliers).

En 2004, la Banque Centrale américaine (FED) a augmenté les taux d’intérêt, ce qui a provoqué  des difficultés de remboursement par les ménages. La réaction des banques a été la fuite en avant spéculative dans le « subprime », c’est-à-dire en prêtant à des ménages peu solvables (ou non solvables) dans des conditions facilitées à court terme (taux variables, bas pendant deux ans, remontant ensuite, différé de remboursement du capital, prise d’hypothèque afin de revendre la maison en cas de non remboursement).

En 2007, avec la montée des taux d’intérêt, les ménages « subprime » ne peuvent plus rembourser.  Le pays subit une crise immobilière généralisée, qui provoque la diminution  (50%) de la construction et de la vente de maisons. L’excès d’offre sur la demande entraîne une baisse des prix et une correction immobilière qui nécessitera environ quatre ou cinq ans.

Les établissements financiers ont revendu les crédits « subprime » en les mélangeant à d’autres sur le marché. Les instituts de crédit spécialisés les ont transformés en titres revendus à des banques d’investissement. Aux USA, le marché est globalisé, ce qui a facilité la transmission de la crise. Constatant les dégâts, les marchés financiers ont été pris de panique, la crise étant aggravée par la transmission à l’ensemble des marchés mondiaux.

Ainsi, les USA subissent trois crises : la crise immobilière, qui touche l’ensemble des ménages, la crise financière, qui est due à la pratique hyper spéculative des « subprimes », la troisième est la conséquence du choc pétrolier, qui affaiblit le pouvoir des consommateurs américains. Le tout se traduit par une crise de confiance, face à la baisse de la croissance (5% au 3ème trimestre ; 2,5% au 4ème trimestre 2007 et une quasi récession prévue au 1er trimestre 2008). Les indices convergent (commande de biens durables et vente de détail en régression, baisse des emplois privés et licenciements, diminution de la consommation…).

Le président de la FED, Ben Bernanke, constatant la baisse de la consommation des ménages, a décidé d’abaisser très fortement le taux d’intérêt directeur (- 0,75%) et le président Bush a accordé des aides fiscales aux ménages (140 milliards de dollars), ce qui a été mal perçu car inadapté à la situation de ces ménages. On verra la suite…

Pour tenter de comprendre cette succession de crises financières, celle-ci semblant plus aiguë que les autres, je rappelle que la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, met à la disposition de tous les internautes les actes du colloque qui a eu lieu sur ce thème le 17 octobre 2007. Voir www.fondation-res-publica.org.

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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 21:36

Obliger le président à organiser un  référendum

 

Nous avons été reçus, ce 25 janvier après-midi, par Anne Frackowiak, directrice de cabinet de la Préfète. La délégation était composée de Serge Faguet, Jacques Omnès, Philippe Serre et moi-même. Etaient excusés : Marcel Collet, Manuel Doumeau et Yannick Peltier.

 

Notre but était d’exposer à la représentante de l’autorité préfectorale nos arguments en faveur de l’organisation d’un référendum pour ratifier le traité européen de Lisbonne.

C’est le président de la République qui a pris la décision de faire ratifier ce traité par la voie parlementaire. Nous affirmons qu’il a eu tort et nous demandons aux citoyens de le faire savoir auprès des trois députés et deux sénateurs de la Mayenne, qui sont appelés à siéger en Congrès le 4 février à Versailles.

 

Car les parlementaires ont entre leurs mains la possibilité d’obliger le président Sarkozy à organiser un référendum, en s’opposant, le 4 février, au projet de loi constitutionnelle qui, pour être adopté, doit être voté par une majorité de 3/5èmes des suffrages exprimés, préalable indispensable à la ratification par le Parlement. Refuser de participer au vote ou s’abstenir revient à favoriser l’adoption du projet de loi, et donc à écarter le référendum, qui faisait pourtant partie du programme de la candidate du PS à l’élection présidentielle.

 

Madame la directrice de cabinet a noté les arguments que nous avons développés :

 

- le risque de voir s’agrandir le fossé entre le peuple et les dirigeants politiques, ce que soulignait fort justement Nicolas Sarkozy dans un discours le 9 mai 2004 (voir l’article paru le 22 janvier sur ce blog).

 

- le risque de contestation populaire de ce traité en raison du viol par l’Etat du résultat du référendum du 29 mai 2005. N’oublions pas qu’en 2005, comme aujourd’hui, 90% des parlementaires étaient favorables à la ratification du traité constitutionnel européen, alors que le peuple y était opposé à près de 55%. S’agissant, pour l’essentiel, du même traité, demander aux parlementaires de désavouer le peuple, c’est se mettre en marge des règles de la République. C’est  une régression démocratique que les Français n’accepteront pas.

 

- le non respect par le président de ses engagements de candidat : le traité n’a pas été renégocié en tenant compte des arguments des partisans du non en 2005. Il n’est pas prévu de gouvernement économique de la zone euro, ni de prise en compte par la Banque Centrale Européenne d’autres objectifs (la croissance) que l’inflation, ce qui laisse l’Europe désarmée et déséquilibrée, la seule au monde à être dans cette situation.

 

- le maintien, dans le traité, des orientations contestables du projet de constitution, notamment l’alignement, par l’OTAN, sur la politique militaire des USA, ce qui aurait pour effet de rendre impossible à l’avenir le non engagement de la France et de l’Allemagne dans une situation militaire du type de l’invasion de l’Irak en 2003.

 

- le refus d’un débat démocratique sur la construction européenne, sans lequel les citoyens ne se sentiront pas partie prenante de l’Union européenne.

 

Notre Collectif mayennais, notre interlocutrice l’a remarqué, a une assise très large, qui couvre des sensibilités politiques qui vont des gaullistes républicains à l’extrême gauche et rassemble des organisations politiques, syndicales et des citoyens à titre personnel, représentant environ 35% des Mayennais, si l’on se réfère à 2005.

 

Madame Frackowiak nous a assurés que, par l’intermédiaire de Madame Fabienne Buccio, préfète de la Mayenne, l’argumentation de notre collectif sera communiquée au président de la République.

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