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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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Articles RÉCents

29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 21:41

 

Cette loi projette la fusion des communes dans les intercommunalités


Marcel Collet, qui vit sa retraite dans une commune rurale du Nord Mayenne (53440 Marcillé-la-ville) - après avoir travaillé et résidé dans la région parisienne (il était élu dans une ville de plus de 100 000 habitants de 1977 à 1983) - continue de militer. Voir sa lettre à Bernard Thibault, publiée sur le blog du MRC 53, le 16 mai 2009 : Marcel Collet, militant syndicaliste CGT 53, interpelle son dirigeant

Le 26 mai 2018, à Laval, Marcel Collet participait à la manifestation populaire contre la politique libérale de Macron. Et il avait la loi NOTRe en ligne de mire, car elle favorise la concentration des collectivités locales. Voir loi NOTRe, loi du 7 août 2015, nouvelle organisation territoriale de la République.

L’ancien syndicaliste et élu municipal a écrit une lettre qui concerne les habitants des 240 communes mayennaises dont la population est inférieure à 5 000 habitants. Il voudrait les sensibiliser au danger que constitue cette loi pour les petites communes et ses habitants. En appui, il cite l’exemple du Loir-et-Cher, département rural qui a des points communs avec la Mayenne.

A l’initiative de Maurice Leroy, élu de droite, et avec l’appui de l’administration départementale (Etat, Conseil général), le regroupement de 105 communes (plus du tiers du département) avait été lancé en 2014. Il avait fallu l’opposition d’élus de gauche et sans étiquette, pendant plus d’une année, pour faire échouer ce projet.


Au verso de la lettre, afin de mettre en évidence le danger qui plane sur les petites communes, Marcel Collet a reproduit un article publié par Public Sénat, sous la signature de Natacha Gorwitz, le 6 février 2015). Voir Un rapport préconise la suppression des 36.000 communes

Le commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), dans un rapport publié le 21 janvier 2015, a jeté un pavé dans la mare : il ne préconise pas moins, entre les lignes, que la dissolution à terme des 36 000 communes de France dans près d’un millier d’ ‘intercos’, qui seraient élus au suffrage universel.

Tout juste en place depuis fin mars 2014, et placé sous la tutelle du premier ministre, le CGET a été sollicité par le gouvernement en juin dernier, pour apporter son expertise sur les pistes de « rationalisation des intercommunalités », l’un des objectif du projet de loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe). Dans ce texte, le gouvernement n’a eu de cesse de défendre l’élévation de 5 000 à 20 000 habitants le seuil pour les intercommunalités. Une disposition que les sénateurs ont d’ores et déjà rejetée, à une large majorité, lors de l’examen du projet de loi adopté le 27 janvier dernier.

Or, ce rapport du CGET conforte avec force la position du gouvernement puisqu’il préconise également que ce seuil de 20 000 habitants soit « considéré comme un plancher ». Derrière cette mesure, un objectif : la « mutualisation des moyens ». Cela pourrait concerner près de 14 millions d’habitants qui vivent actuellement dans des intercommunalités de moins de 20 000 habitants.

Mais le rapport va plus loin. Il suggère que le nombre total d’intercommunalités ne devrait pas être supérieur à 1000 (2108 actuellement) et encourage, par conséquent « la fusion de communes », « et surtout les créations de communes nouvelles ».

La réaction des associations d’élus locaux ne s’est pas fait attendre. Surtout qu’à terme, le rapport suggère que la clause de compétence générale des communes soit transférée aux intercommunalités, qui seraient élues au suffrage universel. Derrière « le renforcement de l’échelon intercommunal » préconisé par le rapport, les élus locaux voient le risque de la « désintégration des communes membres ».

L’Association des Maires de France (AMF) et l’Associations des Maires Ruraux de France sont montées au créneau. La première dénonce la « vision dogmatique » de « cénacles parisiens », la seconde condamne « des évolutions hors sols » qui n’obéissent qu’à un principe - « hors concentration urbaine, point de salut ».

« Aucune écoute n’a pas été portée aux associations d’élus » ni aux « maires », précise Vanik Berberian, président de l’AMRF. Ce dernier ironise sur le vocable du rapport qui privilégie la notion de « territoire vécu » à celle, apposée dans le projet de loi de « bassin de vie » pour délimiter les nouvelles intercos. L’AMF craint qu’à terme, la suppression de « la collectivité préférée des Français » ne conduise « à l’impuissance publique, lit de toutes les démagogies ». 

Cet article est le 3072 ème sur le blog MRC 53 - 59ème dans la catégorie Collectivités territoriales

Marcel Collet, le 24 juin 2010, lors de la manifestation à Laval en faveur des retraites

Marcel Collet, le 24 juin 2010, lors de la manifestation à Laval en faveur des retraites

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 16:56

 

Face au néolibéralisme, construire une alternative populaire républicaine

Ce n’était pas une « marée populaire » - comme il avait été imprudemment avancé par certains - mais c’était un embryon de mouvement populaire organisé dans la perspective de constituer une alternative à la politique néolibérale du président de la République.

Au niveau national, une soixantaine d’organisations étaient parties prenantes des initiatives. En Mayenne, une dizaine. Voir (24 mai 2018) : Le MRC 53 s'est associé à la manifestation du 26 mai 2018 à Laval
A la suite d’un vote interne, la CGT avait accepté de prendre la responsabilité de l’organisation de ces manifestations, avec d’autres organisations syndicales (FSU et Solidaires), les partis politiques et associations étant invités à s’y joindre dans le respect des différences entre les uns et les autres.
En Mayenne, la participation populaire était canalisable... Le MRC était présent. Gérard Beillard a répondu aux questions du journaliste. Voir Ouest-France, 26 mai 2018 : Marée populaire. 300 manifestants anti-Macron à Laval

À l’appel des partis politiques, syndicats et associations de la Mayenne, tous bras dessus, bras dessous, trois cents personnes se sont mobilisées contre la politique du gouvernement, ce samedi 26 mai 2018. Puis ont défilé en centre-ville (...)

« Pour nous, cette grande première est un succès, un signe fort pour Laval et une lueur d’espoir pour l’avenir car les forces progressistes de gauche, partis, syndicats, collectifs, associations, qui pour certaines ne se parlaient plus, se sont toutes rapprochées dans des super-conditions de dialogue afin de construire ce mouvement , estime Jean-Marc Bédue, de la France insoumise.  Dans ce pays, il y a une opposition. L’idée de la mobilisation d’aujourd’hui est de la rendre visible. »

« Même si des gens ne manifestent pas, parce que ce n’est pas dans leurs habitudes, ils sont outrés, désabusés et ont peur » , selon Martine, Jean-Yves et Marie-Annick, de Génération. s Mayenne, qui défilent côte à côte. Il y avait « de la colère » et du « ras-le-bol »dans la bouche de Gérard, 64 ans, un autocollant CGT collé sur la poitrine, rencontré place du 11-Novembre, lieu de rassemblement.

Pourquoi ce Berthevinois militant MRC (Mouvement républicain et citoyen) qui touche une retraite de 1 200 € par mois est-il là ? « Parce qu’on a peur ! Tout ce qu’on a acquis après la guerre est en train de disparaître. La privatisation à tout va, ça suffit ! S’attaquer aux services publics, ça suffit ! Moi, je suis pour une Europe de marché, mais régulée, et je réclame des salaires décents pour tous. »

Cet article est le 3071 ème sur le blog MRC 53 - le 167ème catégorie Gauche France

La tête du cortège à l'entrée du Pont de l'Europe à Laval (Mayenne) lors de la manifestation populaire du 26 mai 2018.

La tête du cortège à l'entrée du Pont de l'Europe à Laval (Mayenne) lors de la manifestation populaire du 26 mai 2018.

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 22:48

 

Se rassembler face à la politique libérale du président Macron

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen milite pour la reconstruction de la gauche sur des bases républicaines. Il prépare une alternative politique au néolibéralisme afin de répondre aux mouvements sociaux et aux aspirations des citoyens.

Dans ce cadre, il participera aux manifestations du 26 mai pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

Communiqué de Catherine Coutard, vice-présidente du MRC

Le modèle social français est l’outil pour que l’Égalité, valeur centrale de notre devise républicaine, s’inscrive dans la réalité. Ce modèle social a été redéfini dans ses moyens et ses objectifs par le programme du Conseil National de le Résistance. Il est au cœur de la cohésion nationale. Pourtant, notre modèle social appuyé sur des services publics, subit depuis bientôt 30 ans des réformes qui au final le font régresser alors que de nouvelles solidarités sont à inventer (4ème âge…)  et que le chômage de masse entraîne toujours plus de familles dans la pauvreté. 
Le MRC appelle à participer aux manifestations du 26 mai 2018 avec de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives  qui sont rassemblées contre la politique libérale d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, et sont unies pour l'égalité, la justice sociale et la solidarité. 

 

En Mayenne, le MRC 53 s’est associé aux organisations qui souhaitent participer à une manifestation à Laval (CGT, FSU, Solidaires, France Insoumise, PCF, Générations, UNLSD, ATTAC et les Verts).

Dans une situation où les résistances à la politique gouvernementale se multiplient, un collectif national regroupant syndicats, associations et mouvements politiques a lancé un appel à une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

En Mayenne, la CGT, la FSU, Solidaires, la France Insoumise, le PCF, le MRC, Générations, l’UNLSD, ATTAC et les Verts appellent l’ensemble de la population à déferler dans les rues de Laval avec leurs instruments de musique, leurs slogans, leurs pancartes, leurs banderoles…

SAMEDI 26 MAI, 10h30 place du jet d’eau et à 12h au square de Boston pour un pique-nique citoyen et solidaire.

 

Cet article est le 3070 ème sur le blog MRC 53 - le 166ème catégorie Gauche France

Manifestation des personnels de la Fonction publique à Laval le 22 mai 2018

Manifestation des personnels de la Fonction publique à Laval le 22 mai 2018

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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 22:15

 

Contre les réformes libérales et pour la reconquête des services publics

Hier, les syndicats de la fonction publique appelaient les agents à faire grève et à manifester dans la rue.

En Mayenne :

- Voir France Bleu, 22 mai : Plus de 700 personnes dans les rues de Laval pour défendre la fonction publique

- Voir aussi Ouest-France, 22 mai : Plus de 500 personnes mobilisées pour le service public à Laval

Au niveau national :

- Les syndicats avaient lancé cet appel le 15 mai :

Les 9 organisations représentatives de la Fonction publique ont été reçues par Olivier Dussopt ce jour concernant leur préavis de grève du 22 mai prochain.

Elles ont rappelé au Ministre les principales raisons de cette grève : nécessité d’un dialogue social respectueux des représentants des personnels, rejet du projet de suppression de 120 000 emplois et d’un recours accru au contrat, désaccord sur la remise en cause des CAP et CHSCT... et leur exigence de mesures permettant une réelle amélioration du pouvoir d’achat pour toutes et tous et les agent-es.

Le Ministre n’a apporté aucune réponse satisfaisante aux organisations. Cela confirme qu’il n’y a pas de véritables concertations ouvertes par le gouvernement.

Les organisations syndicales attachées à une Fonction publique rendant des services de qualité à toutes et tous les usager-es sur l’ensemble du territoire, aux valeurs et principes d’égalité, ́ de solidarité et de justice sociale, à la nécessité aussi de conforter les agent-es dans leurs rôles et dans leurs missions réaffirment la nécessité d’une forte mobilisation le 22 mai prochain.

Elles appellent toutes et tous les agent-es à être en grève et à manifester pour faire entendre leurs exigences.

- Voir aussi l’Appel de la Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics

Cet article est le 3069 ème sur le blog MRC 53 - le 42ème catégorie Services publics

Le 22 mai 2018, à Laval (Mayenne), devant la gare ferroviaire, départ de la manifestation organisée par les syndicats représentatifs du personnel de la Fonction publique

Le 22 mai 2018, à Laval (Mayenne), devant la gare ferroviaire, départ de la manifestation organisée par les syndicats représentatifs du personnel de la Fonction publique

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 16:59

 

La première année du quinquennat a clarifié les enjeux politiques

Après une année de présidence jupitérienne et un an avant les élections au parlement européen, la situation politique s’est éclaircie en France. La volonté du président Emmanuel Macron est de se présenter comme étant une évidence à la tête de son pays afin de se projeter vers la nouvelle Europe, cette puissance politique de l’avenir, au côté des Etats-Unis d’Amérique, face à la Chine.

Le projet du président de la République est global, à la fois sociologique - il rassemble les catégories sociales favorisées : la bourgeoisie d’affaires, grands propriétaires, professionnels impliqués dans la mondialisation - et idéologique - il galvanise les valeurs libérales, autant culturelles qu’économiques. Ce projet correspond à ce qu’attendent impatiemment les élites de l’oligarchie européenne, qui ne cessent d’appeler aux réformes libérales en France.

Voir (21 avril 2018) : Pour une alternative républicaine au projet élitaire de Macron

Ma conviction est qu’il existe une voie étroite mais réelle pour un projet républicain alternatif au néolibéralisme européen, prenant appui sur la citoyenneté et la capacité du peuple français à se prendre en mains. En mobilisant les énergies et les intelligences citoyennes.

Cela suppose - dans un premier temps - de ne pas mettre en avant le clivage droite-gauche, car il a perdu sa pertinence dans l’ambiance néolibérale de la politique actuelle. Mais, par nature, ce projet républicain sera porté pour l’essentiel par des forces de gauche, avec l’appui de républicains combattant le néolibéralisme et l’européisme atlantiste. L’engagement qui sera exigé des citoyens sera de se mettre au service du peuple et de la nation.

Le bloc élitaire macronien occupe une place centrale aux niveaux idéologique et politique en France. Nous ne pouvons en être surpris. Voir ce qu’écrivait Anicet Le Pors le 4 mai 2017, avant le second tour de l’élection présidentielle, sur son blog (voir ANICET LE PORS) :

Emmanuel Macron : cet homme est dangereux

Emmanuel Macron sera élu le 7 mai 2017 Président de la République. C’est le produit politique fabriqué par les efforts combinés de l’oligarchie financière, du MEDEF, des gouvernements Hollande, de la technostructure administrative, des opportunistes de tous bords, des stars de l’intelligentsia toujours avides de notoriété, de la totalité des médias ; bref, de tous ceux ayant joué un rôle dans la situation désastreuse actuelle et favorisé ou instrumentalisé la montée du Front national. Et cela dans le contexte d’une décomposition sociale profonde, d’une communauté des citoyennes et des citoyens désorientés, en perte de repères.

Son émergence est récente et il n’a cessé de cultiver l’ambiguïté pour se positionner électoralement au centre. Toutefois, on peut déceler à partir de plusieurs déclarations disparates une certaine cohérence idéologique, assez différente de celle qu’il veut accréditer ou qu’on lui prête. Cinq lignes de force peuvent être dégagées. 

  1. Un fervent de l’élitisme, hostile au monde du travail (...)

  1. La mise au pas des collectivités territoriales (...)

  2. L’abaissement du Parlement (...)

  3. Un gouvernement aux ordres (...)

  4. Un exécutif opaque et autoritaire (...)

 

Anicet Le Pors est le refondateur de la fonction publique moderne. Voir Anicet LE PORS : Macron et le statut des fonctionnaires

 

Il est aussi l’auteur du « Que sais-je ? » sur la citoyenneté. Voir La citoyenneté - Que sais-je ?


Cet article est le 3068 ème sur le blog MRC 53 - le 14ème dans la catégorie Réseau CiViQ

 

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen en 1789 marque le début d'une ère nouvelle, celle du peuple souverain

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen en 1789 marque le début d'une ère nouvelle, celle du peuple souverain

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 21:38

 

Au bout d’une année, il est urgent de lancer cette alternative citoyenne

 

Un an de macronisme. Nous savons maintenant ce qu’il est. Il est temps de lancer une alternative globale au projet Macron, qui est global.

 

Pour une alternative politique à Macron

 

Macron prolonge, en les radicalisant, les politiques de ses deux prédécesseurs, Sarkozy et Hollande qui étaient complices - et ce n’était pas l’effet du hasard - de la décision de ne pas tenir compte des résultats du référendum du 29 mai 2005. Ils voulaient graver dans le marbre constitutionnel les traités européens interdisant, de fait, toute autre politique que néolibérale dans un pays de l’Union européenne.

Le projet du président de la République est global, à la fois sociologique - il rassemble les catégories sociales favorisées : la bourgeoisie d’affaires, grands propriétaires, professionnels impliqués dans la mondialisation - et idéologique - il galvanise les valeurs libérales, autant culturelles qu’économiques. Ce projet correspond à ce qu’attendent impatiemment les élites de l’oligarchie européenne, qui ne cessent d’appeler aux réformes libérales en France.

Le président Macron utilise l’autorité de l’État pour passer en force car il n’ignore ni la robustesse du modèle social républicain, issu de la Révolution française, ni la résistance démocratique dont est capable le peuple français quand l’enjeu est décisif pour la souveraineté nationale. Il sait que son bloc élitaire d’adaptation à la mondialisation libérale est en fait minoritaire sociologiquement dans le pays.

Ayant réussi au niveau national à défaire la droite et la gauche, en rassemblant les libéraux réformateurs de droite, du centre et de gauche, il lui reste à accomplir la même performance au niveau européen lors des élections de mai 2019, afin de consolider son pouvoir en France.

La seule question qui vaille est celle de l’existence, ou non, d’un projet alternatif à celui de Macron. Aujourd’hui, la réponse est non. Or, il y a urgence.

- L’alternative pourrait venir de la droite conservatrice, si elle acceptait de s’accorder avec l’extrême droite. Mais cela provoquerait des fuites importantes de son électorat vers le pouvoir macronien.

- Cette alternative peut-elle venir de la gauche, qui repart à zéro (25 % de l’électorat actuellement), à la suite de la désertion d’une partie de ses électeurs vers le libéralisme au pouvoir ?

Ma conviction est qu’il existe une voie étroite mais réelle pour un projet républicain alternatif au néolibéralisme européen, prenant appui sur la citoyenneté et la capacité du peuple français à se prendre en mains. En mobilisant les énergies et les intelligences citoyennes.

Cela suppose - dans un premier temps - de ne pas mettre en avant le clivage droite-gauche, car il a perdu sa pertinence dans l’ambiance néolibérale de la politique actuelle. Mais, par nature, ce projet républicain sera porté pour l’essentiel par des forces de gauche, avec l’appui de républicains combattant le néolibéralisme et l’européisme atlantiste. L’engagement qui sera exigé des citoyens sera de se mettre au service du peuple et de la nation.

Mes références, au moment où j’écris ces lignes, sont les auteurs des livres que je lis en ce moment : Benoît Biteau, le paysan charentais qui a publié « Paysan résistant ! » et Pierre de Villiers, le général vendéen qui a résisté à Macron et publié « Servir ». Ce sont des personnalités qui ont comme point commun d’être de grande valeur, autant humaine que professionnelle, et de servir l’intérêt général.

En résumé, je propose une forme de réalisme politique qui consiste à prendre acte de la réussite de Macron, qui a occupé le terrain délaissé par des élites coupées du peuple et de l’intérêt national. Et à en tirer la leçon. En organisant l’alternative sous la forme d’un projet de rassemblement, républicain et citoyen.

Pour ma part, je vais porter cette proposition au sein du Mouvement Républicain et Citoyen. Et la confronter au réel au niveau local (département de la Mayenne et, plus précisément, commune de Saint-Berthevin) par le canal de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne).
 

Cet article est le 3067 ème sur le blog MRC 53 - le 150ème dans la catégorie France et Europe

Pour une alternative républicaine au projet élitaire de Macron
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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 22:16

 

La France doit se ressaisir et rejeter l’imposture néolibérale

 

Les perturbations liées à la grève des cheminots - principalement les conducteurs, aiguilleurs et contrôleurs de la SNCF - sont la conséquence de décisions erronées des représentants de la France au sein de l’Union européenne depuis deux décennies. L’ouverture à la concurrence a été faite dans l’optique de baisser les rémunérations salariales des cheminots et de démanteler la SNCF. Voir Wikipédia : Ouverture à la concurrence du transport ferroviaire en France. Nos représentants n’auraient pas dû l’accepter.

Résister à l’imposture néolibérale est salutaire et, au-delà des perturbations occasionnées par la grève au quotidien, l’intérêt profond du pays est de rejeter l’alignement de la France sur la norme européenne qui vise à contrarier les services publics et favoriser l’entrée des entreprises privées dans tous les rouages de la société.

Les cheminots résistants luttent pour la rénovation et le renforcement du service public ferroviaire. Ils ont raison car c’est la seule façon de faire face aux exigences de notre temps, à commencer par la question du changement climatique et la protection de l’environnement.

Voir (14 mars 2018) LE SERVICE PUBLIC : Une idée moderne, révolutionnaire ! et (20 mars 2018) Le MRC pour la défense de tous nos services publics !.

Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC

Pendant des décennies nous nous sommes enorgueillis de posséder parmi les services publics les plus performants du continent et au delà, nous nous sommes vantés des succès de nos grandes maisons : SNCF, EDF, Air-France, ou encore PTT. Puis les gouvernements successifs ont peu à peu cédé aux chimères de la privatisation, qui pour satisfaire aux demandes de l’OMC, qui pour satisfaire aux exigences de la commission européenne qui répète comme un mantra son dogme de l’ouverture à la concurrence. 
Aujourd’hui c’est la SNCF qu’il faudrait « mettre au pas » en transformant l’établissement public en société anonyme, en fermant davantage de lignes non rentables, en enterrant le statut des cheminots... Et d’oublier volontairement que le bilan général de ces privatisations, qu’il s’agisse d’exemples étrangers ou d’un recul critique sur nos propres expériences, varie entre « catastrophique » et « franchement médiocre », pour les salariés de ces entreprises comme pour les usagers de ces services. 
Une entreprise ou un établissement public n’a pas vocation à dégager du profit mais à remplir une mission d’intérêt général essentielle à la cohésion d’un peuple et d’une Nation : assurer l’égal accès de tous les citoyens à des biens ou services considérés comme primordiaux et ce à un prix raisonnable. Cela concerne, entre autre, l’électricité, l’eau, la santé, le logement et évidemment la mobilité !  
Le Mouvement Républicain et Citoyen, attaché à nos services publics qui œuvrent tous les jours pour le bien commun, appelle à participer aux marches qui se tiendront jeudi 22 mars et celles qui suivront.  
Défendre la SNCF contre son délitement programmé, c'est défendre tous les autres services publics qui seront, sans aucun doute, les prochaines victimes de ces attaques purement idéologiques. 
Face à cette offensive libérale, le rassemblement des citoyens pour des services publics de qualité et l'union de toutes les forces, tant politiques que syndicales, est la condition sine qua non à la mise en échec de cette réforme.

 

Arguments en faveur de la réforme ferroviaire

- Les premières annonces gouvernementales (vie-publique, 26 février 2018) : Réforme de la SNCF : les annonces du gouvernement suite au rapport Spinetta

- Le parti majoritaire (2 mars 2018) : Réforme ferroviaire | La République En Marche

- Un nouveau pacte ferroviaire (Premier ministre, 20 mars 2018) : Réforme ferroviaire 2018 : questions, enjeux et décryptages

Arguments contre la réforme ferroviaire

- Jean-Michel Naulot, 2 avril 2018 : SNCF: pourra-t-on maintenir le service public?

- Nolwenn Weiler, 3/04/18 : Comment la dette de la SNCF enrichit les marchés financiers

- Vincent Ortiz, 4 avril 2018 : La guerre psychologique des médias contre les grévistes

Extrait (Le Vent Se Lève). De nombreuses grèves ont éclaté ces dernières semaines dans plusieurs secteurs : le transport, mais aussi l’aviation, la santé, l’énergie, – auxquelles il faut ajouter les mobilisations étudiantes. Au premier abord, leurs revendications sont diverses et variées : les grèves de la SNCF et des salariés d’EDF sont une protestation contre les projets de privatisation de leur secteur ; les infirmiers réclament une augmentation des moyens alloués aux hôpitaux ; les salariés d’Air France revendiquent quant à eux une hausse de leurs salaires, gelés depuis 2011. En réalité, toutes ces grèves sont en dernière instance une réaction, directe ou indirecte, au programme d’austérité budgétaire et de libéralisation du monde du travail mis en place par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Les économies budgétaires, les projets de privatisation, le gel des salaires, découlent mécaniquement de cet agenda politique dont il ne faut pas sous-estimer la cohérence. Il est celui que réclament les grandes fortunes françaises – et européennes. Celles-ci trouvent tout leur intérêt dans le gel des salaires, qui permet de maximiser leurs profits – toute hausse de salaire correspondant, jusqu’à preuve du contraire, à une baisse des profits – et dans les privatisations, qui leur permettront de faire main basse sur des biens étatiques. Cette politique a un nom : le néolibéralisme, et un agent : l’Union Européenne.

 

Cet article est le 3066 ème sur le blog MRC 53 - le 149ème dans la catégorie France et Europe

Photo Ouest-France - Inauguration à Rennes, le 1er juillet 2017, de la ligne à grande vitesse Bretagne Pays de la Loire, par le président de la République Emmanuel Macron

Photo Ouest-France - Inauguration à Rennes, le 1er juillet 2017, de la ligne à grande vitesse Bretagne Pays de la Loire, par le président de la République Emmanuel Macron

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 16:39

 

L’agriculture française en pleine mutation

 

L’agriculture - et ma visite au Salon 2018, à la demande du Mouvement Républicain et Citoyen - ont été en tête des titres des articles publiés en mars. Voir aussi cet article sur le site du MRC :

Mes 12 heures passées au Salon de l’agriculture 2018

 

Ce blog existe depuis 2006. Plus de 3 000 articles ont été publiés. Il a continué d’exister après une suspension en 2014, le temps du lancement du blog de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne). Plus de 400 articles publiés sur ce blog CiViQ.

Le sens politique de ce blog est de contribuer à reconstruire la gauche en s’opposant aux politiques néolibérales que le peuple français subit depuis plus de trente ans. Les deux EN MEME TEMPS, selon l’expression à la mode… Cette refondation républicaine de la gauche ne doit pas seulement se faire en haut, par les organisations politiques au niveau national, mais elle doit aussi se faire en bas, c’est-à-dire par les militants et les citoyens dans les communes et les départements. EN MEME TEMPS…

 

Le rythme de parution des articles est variable. Après les Titres des articles publiés en février 2018 sur le blog du MRC 53, voici les titres des articles publiés en mars 2018.

 

Titres des articles publiés en mars 2018 sur le blog du MRC 53

Michel Sorin, secrétaire national du MRC, fait le point sur l'agriculture (12 mars)

Salon de l'agriculture 2018 (3) - EMB la réalité des prix de revient du lait (09 mars)

Salon de l'agriculture 2018 (2) : comment mieux rémunérer les éleveurs (08 mars)

Salon de l'agriculture 2018 (1) : les consommateurs proches des éleveurs (07 mars)

L'Italie sans majorité à l'issue des élections législatives du 4 mars 2018 (06 mars)

Georges Minzière : la loi de nationalisation en 1982 a sauvé Salmson (05 mars)

Résistance sociale, une association politique qui refuse la résignation (04 mars)


 

3065 ème article sur le blog MRC 53 - le 79ème, catégorie Titres des articles du mois précédent

Au Salon de l'agriculture, le 2 mars 2018, les éleveurs laitiers membres de l'organisation européenne EMB (de gauche à droite) : Boris Gondouin (président Apli), Romuald Schäber (président EMB), Jean-Luc Pruvot (président FaireFrance), Joseph Sabin (vice-président OPL)

Au Salon de l'agriculture, le 2 mars 2018, les éleveurs laitiers membres de l'organisation européenne EMB (de gauche à droite) : Boris Gondouin (président Apli), Romuald Schäber (président EMB), Jean-Luc Pruvot (président FaireFrance), Joseph Sabin (vice-président OPL)

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 22:44

 

Après le Salon, le modèle agricole français à la recherche d’un avenir

Comme le président de la République, je suis resté 12 heures au Salon de l’agriculture, à la demande du Mouvement Républicain et Citoyen et en réponse à l’invitation de la Confédération Paysanne. J’en ai fait le compte rendu dans trois articles publiés sur le blog du MRC 53 les 7, 8 et 9 mars 2018. Voir :

- Salon de l'agriculture 2018 (1) : les consommateurs proches des éleveurs

- Salon de l'agriculture 2018 (2) : comment mieux rémunérer les éleveurs

- Salon de l'agriculture 2018 (3) - EMB la réalité des prix de revient du lait

Dans le prolongement de ce que j’ai entendu et vu au Salon, j’ai rédigé ce complément à partir des informations qui nous ont été communiquées par la presse ces jours-ci.

Après le Salon, le point sur l’agriculture française

Globalement, selon les indications récentes de la Mutualité sociale agricole (MSA, recensement 2017), l’effectif d’agriculteurs a fortement baissé (- 1,9 % par rapport à 2016). Il reste 453 000 chefs d’exploitation et d’entreprise (les entrepreneurs liés à l’activité agricole), dont un quart de femmes. Sur ce total, les éleveurs laitiers (90 000) ont perdu le plus d’effectifs (- 3,4%). Ensuite, les céréaliers (80 000), les producteurs de viande (76 000), ceux qui allient polyculture et élevage (58 000), les viticulteurs (47 000), sont les groupes les plus importants.

Les inégalités de revenus sont très fortes, notamment en grandes cultures et en polyculture élevage. En 2016, 20 % des exploitations étaient déficitaires et 20 % avaient un revenu entre 0 et 4 300 € par an.

La superficie moyenne par agriculteur continue de croître (56 hectares). Plus de la moitié des chefs d’exploitation ou d’entreprise sont en société (l’agriculture sociétaire prend le dessus sur l’agriculture individuelle). L’exploitation familiale commence à être fortement concurrencée par l’agriculture de firme (5 % de la surface - 1,2 million d’hectares - sont détenus par des apporteurs de capitaux qui ne travaillent pas sur l’exploitation, dont des entreprises chinoises qui ont acheté des centaines d’hectares).

L’emploi salarié évolue. Un déficit de candidatures existe dans l’élevage porcin et le machinisme. Certains métiers de la production agricole embauchent : maraîchage, grandes cultures, vigne, élevage. Il existe des vents porteurs d’emploi dans les circuits courts et les signes de qualité : boulangers, bouchers, cuisiniers, commerciaux, pour la transformation et la vente des produits fermiers.

Les chefs d’exploitation sont de plus en plus nombreux à s’associer pour l’embauche d’un salarié. Le salarié intervient pour des missions précises dans plusieurs fermes. C’est le groupement d’employeurs qui effectue les taches administratives. Le salarié acquiert des compétences, de la polyvalence et une capacité d’adaptation.

Le solde du commerce extérieur agricole et agroalimentaire français se dégrade depuis 2012, principalement en raison d’une hausse des importations dans de nombreuses filières, notamment les fruits et légumes et les produits de deuxième transformation. C’est avec les partenaires de l’Union européenne que les.échanges sont de plus en plus déficitaires.

Ce qui est en question, c’est ce qu’on appelait « le modèle agricole français » qui était issu de la modernisation de l’outil de production agricole des années 1950 et 1960 reposant sur l’intensification des productions, la spécialisation des exploitations et leur agrandissement. Avec, tout autour, un ensemble d’organismes para-agricoles qui aident les agriculteurs à se moderniser.

En fait, ce n’est pas un modèle unique mais une grande diversité de modèles (grandes cultures, élevages bovins-lait, élevages hors-sol, label, appellation protégée, ou bio, élevages de montagne). Les uns bénéficient d’aides publiques européennes, d’autres, plus nombreux, n’en bénéficient pas.

Les grandes cultures en bénéficient, en proportion des hectares cultivés. Les prix des produits sont au cours mondial, avec toute la volatilité que cela implique. La suppression des quotas laitiers, décidée par les ministres de l’agriculture en 2008 et mise en œuvre en 2015, a frappé lourdement les éleveurs car ils ont été mis, sans aucune régulation de la production, dans les bras du marché mondial du lait qui concerne seulement à peine 10 % du lait produit dans le monde mais impose ses prix bas à tous les producteurs. A noter que les porcs, les volailles, les fruits et les légumes ont toujours été en dehors des aides européennes et entièrement soumis aux aléas et à la volatilité des marchés.

Ce « modèle agricole français » n’en est plus un depuis longtemps. Il a bénéficié en partie de la Politique agricole commune européenne (PAC) mais celle-ci n’existe plus que par des aides qui compensent mal les pertes de revenus agricoles causées par l’exposition des productions aux marchés et le refus des instances européennes de mettre en place des moyens souples de régulation adaptés à chaque produit.

Le néolibéralisme est une doctrine qui est entrée dans le cerveau du commissaire européen à l’agriculture et elle n’en sortira pas. Dans ces conditions, il importe de définir une politique agricole française digne de ce nom afin de peser avec force sur les orientations de l’Union européenne lors de la prochaine échéance des élections européennes en 2019.

Les principaux enjeux concernent la qualité des productions, la santé des consommateurs, la protection de l’environnement et, surtout, les prix qui permettent la rémunération du travail paysan.

Or, un projet de loi, issu des Etats généraux de l’alimentation, sera présenté au printemps au Parlement. Le gouvernement le fera adopter par ordonnances car il ne voit pas l’intérêt du débat parlementaire. C’est ce même gouvernement qui ne semble pas s’opposer à l’accord de libre-échange négocié entre l’Union européenne et quatre pays d’Amérique du sud (Mercosur), dont les effets seraient délétères sur les prix de la viande bovine (- 15 % et 30 000 éleveurs français concernés) et des volailles, en raison de l’accroissement des importations de viande bovine et de poulets sans aucune garantie d’origine de ces produits. Il y a loin du beau discours présidentiel de Rungis aux actes du gouvernement.

Les rares points positifs qui ressortent de l’action des pouvoirs publics en agriculture portent sur la suppression de la mise en marché du glyphosate en trois ans et les dispositions en faveur des producteurs (prise en compte des coûts de production dans l’élaboration du prix du lait, notamment).

- Concernant l’utilisation des pesticides par les agriculteurs, la présidente de la FNSEA - organisation syndicale agricole française qui contrôle la plupart des filières et des organismes intervenant en agriculture - a déclaré, lors du Salon de l’agriculture, que les agriculteurs allaient réduire l’usage des produits dits « phytosanitaires », de 25 % en 2020 et de 50 % en 2025. Cela suppose de prendre des moyens alternatifs de protéger les cultures (rotation des cultures, semis décalés, plantes compagnes, couverts végétaux, etc.). Mieux vaut tard que jamais… C’était un engagement que le ministre Le Foll avait dû décaler, faute de résultats concrets en 2015.

- Concernant la prise en compte des coûts de production, tout porte à penser que cette déclaration d’intention sera difficilement traduite dans les contrats que signeront les éleveurs laitiers. En réalité, la principale innovation sera le « renversement de la contractualisation », c’est-à-dire le fait que ce sera le producteur - ou l’organisation de producteurs - qui soumettra le contrat à l’acheteur de lait (l’industriel transformateur).

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Au Salon international de l'agriculture à Paris, le 2 mars 2018

Au Salon international de l'agriculture à Paris, le 2 mars 2018

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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 16:30

 

Travail inclus, le coût de production varie entre 0,4 et 0,5 euro au litre en France

 

J’ai rendu compte de mes visites au Salon de l’agriculture les 26 février et 2 mars 2018 :

- Voir la première partie (ensemble des contacts, notamment la table ronde (2 mars) de la Confédération Paysanne sur les accords de libre-échange) : Salon de l'agriculture 2018 (1)

- Voir la deuxième partie (table ronde de la Confédération Paysanne sur les initiatives pour mieux rémunérer les producteurs de lait – 26 février) : Salon de l'agriculture 2018 (2).

 

Je vais compléter par cette troisième partie, qui relate la présentation par les éleveurs laitiers de European Milk Board: EMB de l’étude que les organisations françaises membres de EMB avaient demandée au bureau allemand BAL (Büro für Agrarsoziologie und Landwirtschaft - Bureau de la sociologie agricole et de l’agriculture, dirigé par la Dr. Karin Jürgens*), qui fait partie du réseau Die Landforscher.

* Sur son site Landforscher - BAL, elle précise (extrait) : « Producteurs laitiers, humains et bétail, maladies animales, gestion de la protection des végétaux, biodiversité: Je concentre mon travail sur les attentes actuelles de l'agriculture en matière de conflits. Ce n'est que par consensus avec la société que les économies agricoles deviendront durables. Comment de tels concepts peuvent-ils être développés avec l'agriculture? Ce faisant, je mets l'accent sur le traitement de la situation économique et sociale en fonction des divers styles économiques, des orientations sociales et des modèles éthiques en agriculture. »  (...)

« Mon travail s'est concentré sur des conseils scientifiques, des projets européens, des voyages d'étude et des conférences sur des sujets tels que. B. Agriculture en Europe de l'Est (Pologne), tourisme rural, diversification des revenus, opportunités de revenus pour les femmes, approvisionnement alimentaire régional. Actuellement, de nombreuses questions sur la situation économique et les activités économiques des producteurs laitiers en Allemagne et en Europe sont au premier plan ».

Voici le texte de la communication des organisations membres de EMB* en présentant cette étude à la presse le 2 mars 2018 au stand de FaireFrance dans le cadre du Salon de l’agriculture. Le président allemand de EMB, Romuald Schäber et l’interprète EMB étaient accompagnés de Boris Gondouin, président de l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) et de Joseph Sabin, vice-président de l’Organisation des producteurs de lait (OPL, affiliée à la Coordination Rurale).

Voir Une étude du bureau allemand BAL révèle la situation réelle des coûts de production du lait en France * EMB (président Romuald Schäber), APLI (président Boris Gondouin), OPL (vice-président Joseph Sabin), FMB Grand Ouest (vice-président Denis Jehannin)

Au vu de la situation critique du secteur laitier, le président français Emmanuel Macron avait annoncé que, désormais, le calcul du prix du lait devait se faire sur la base des coûts de production. En effet, depuis des années, les producteurs laitiers opèrent dans un marché qui ne leur permet pas de couvrir leurs coûts, avec des prix souvent même en deçà des seuls coûts de production, sans prendre en compte la rémunération du producteur, pourtant primordiale pour assurer la pérennité du secteur.

Afin de mettre en œuvre les propositions du président Macron, il est important de disposer de chiffres actuels qui reflètent les coûts réels de la production laitière en France. C'est pourquoi, en collaboration avec l'European Milk Board, les organisations françaises de producteurs de lait APLI (Association des producteurs de lait indépendants), OPL (Organisation des producteurs de lait) et FMB (France Milk Board) Grand Ouest et Bassin normand avaient commandité une étude sur les coûts de la production laitière auprès du bureau d'études allemand BAL (Büro für Agrarsoziologie und Landwirtschaft). « Le résultat de l'étude publiée aujourd'hui est sans équivoque », affirme Boris Gondouin de l'APLI, « il faut au moins 45,14 centimes pour couvrir les coûts de la production laitière, rémunération comprise ».

Romuald Schaber, président de l'EMB, explique l'importance de cette étude : « Il est primordial de disposer de chiffres actuels et représentatifs sur les coûts de production. Ceux-ci doivent maintenant servir de base pour les discussions au niveau politique et pour le calcul du prix du lait. » En effet, avec un prix du lait moyen de 33,91 centimes par kilogramme de lait sur les cinq dernières années, la part non couverte des coûts de production s'élevait à 27 %. Ainsi, même en 2017, qui avait pourtant connu une remontée des prix du lait, il manquait aux producteurs encore 10,72 centimes par kilogramme de lait pour couvrir leurs coûts de production et de bénéficier d'une rémunération équitable de leur travail. En 2016, ce manque à gagner se montait même à 14,31 centimes par kilogramme de lait produit.

« Maintenant que nous disposons de ces chiffres, le travail peut continuer » soutient Denis Jehannin, vice-président de l'organisation de producteurs transversale FMB Grand Ouest. « Nous pourrons nous servir de ces chiffres lors des négociations du prix avec les industriels. » Pour Joseph Martin, représentant de l'OPL, il importe maintenant de trouver des solutions concrètes. « Nous appelons les représentants politiques à mettre en place un cadre adéquat qui permette enfin des prix rémunérateurs pour les producteurs. Ensemble, avec les décideurs politiques et les autres représentants du secteur, nous devons trouver des solutions adéquates pour assurer l'avenir du secteur », poursuit-il.

Les études réalisées par le BAL sur les coûts de production dans d'autres importants pays producteurs en Europe sont disponibles à l'adresse suivante :

http://www.europeanmilkboard.org/fr/couts-de-production-du-lait.html

En tant qu'instrument de gestion de crise, l'EMB et ses organisations membres proposent la mise en place d'un Programme de responsabilisation face au marché (PRM) qui permettrait d'endiguer les crises à temps. Vous trouverez de plus amples informations au sujet de ce programme ici :

http://www.europeanmilkboard.org/fr/special-content/programme-de-responsabilisation-face-au-marche.html


Lu sur ce sujet :

- Ouest-France, 28 février 2018, André Thomas : Le coût de production du lait est un tiers plus cher qu'il n’est payé

- Terre-net Média, 7 mars 2018, Arnaud Carpon : Pour l'EMB et le Bal, le coût de production du lait français est de 450 €/l


 

Cet article est le 3063 ème sur le blog MRC 53 - le 444ème, catégorie AGRICULTURE et PAC

Salon de l'agriculture 2 mars 2018 près du stand de FaireFrance - les éleveurs laitiers qui ont présenté à la presse l'étude BAL (de gauche à droite : Boris Gondouin, Romuald Schäber, Jean-Luc Pruvot, président de FaireFrance, Joseph Sabin)

Salon de l'agriculture 2 mars 2018 près du stand de FaireFrance - les éleveurs laitiers qui ont présenté à la presse l'étude BAL (de gauche à droite : Boris Gondouin, Romuald Schäber, Jean-Luc Pruvot, président de FaireFrance, Joseph Sabin)

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