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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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Articles RÉCents

17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 20:53

 

Les républicains de gauche ont un désir d’avenir

 Avant hier, j’adressais sur ce blog une lettre aux républicains les invitant à se rassembler et à peser sur la future orientation de la gauche. Hier, je commentais l’article du Monde décrivant le MRC après les élections. Ce soir, je souhaite faire part des réponses reçues, qui proviennent toutes de militants MRC. La séquence électorale a laissé des traces. Il y a besoin de débat.

 - François me demande de préparer un texte pour des assises de la gauche républicaine. Il adhère totalement à la démarche que j’avais explicitée ainsi, à son intention, dans un courriel :

 « Je suis persuadé, en effet, que des militants et cadres intermédiaires du MRC doivent prendre une initiative visant à ouvrir, transformer, démocratiser et renforcer le MRC, afin que la composante républicaine et citoyenne puisse peser dans la refondation de la gauche.

 Cette initiative devrait être dirigée vers les militants et citoyens, adhérents ou non du MRC, membres ou non de groupes se référant à la gauche républicaine.

 Les étiquettes politiques actuelles importent peu. Nous allons vers une recomposition complète de la gauche. Le MRC ne peut être un « levain » de cette gauche nouvelle que s’il devient une force citoyenne et militante, dans le but de créer les conditions de la refondation de la gauche ».

- Nadine pense qu’il est urgent de redonner du poids aux militants et réfléchit à une initiative au sein du MRC, peut-être un congrès extraordinaire.

 - Bernard souhaite le redressement du MRC et tient à ce que la gauche refondée se démarque de l’Europe capitaliste libérale.

 - Jacky insiste sur l’importance des services publics dans le projet de la gauche et, aussi, sur la qualité et la simplicité de la communication afin « d’ouvrir les yeux du plus humble de nos concitoyens ».

 - Christine veut que le MRC prenne l’engagement de respecter strictement ses règles de fonctionnement et consulte les militants avant les décisions importantes.

 - Xavier est sensible à la volonté d’associer les citoyens et militants à la démarche d’affirmation de la composante républicaine, ce qui doit être fait en plein accord avec Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre.

Nous avons besoin de JP Chevènement comme lui-même a besoin de nous

Effectivement, et c’est l’évidence, il s’agit d’une initiative qui va dans le sens de ce que vient d’affirmer ce soir Jean-Pierre Chevènement sur son blog, en réponse à l’article du Monde, hier, évoquant son « retrait » de la vie politique.

 « Je ne me suis pas, pour autant, retiré de la vie politique. Au contraire, en me dégageant d'un terrain miné où la conjonction de la droite et du PS belfortain ne m'a laissé et ne me laissait aucune chance d'être élu, j'ai retrouvé une entière liberté de mouvement pour animer au niveau national le courant républicain civique qui manque à la gauche autant qu'à notre pays ».

 Nous devons continuer de réfléchir ensemble à ce que nous pouvons faire pour contribuer, au côté de Jean-Pierre Chevènement, à faire vivre et prospérer cette composante de la gauche qu’est le courant républicain civique.

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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 18:25

 

Chevènement : « C'est toute la gauche qui est à refaire »

 L’article du Monde, sous la signature de Sylvia Zappi, paru cet après-midi sur www.lemonde.fr, traduit bien la faiblesse du MRC après des élections qui ne lui ont pas été favorables.

Jean-Pierre Chevènement se présente comme un fournisseur d’idées et voit le MRC se transformer en école de cadres, appelée à jouer un rôle dans la perspective de la rénovation de la gauche. La journaliste ne semble pas prendre au sérieux les affirmations optimistes de Georges Sarre, relatives aux effectifs d’élus et d’adhérents MRC.

De la lecture de ce texte, se dégage la pénible impression que ce parti est en fin de vie. Comment peut-on avoir envie d’y militer ? Faut-il mettre en cause l’auteur de l’article, qui semble vouloir communiquer aux lecteurs du Monde sa vision négative du bilan des responsables du MRC ? 

Faut-il en conclure que Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre sont des survivants d’une époque révolue qui a connu son heure de gloire au congrès socialiste d’Epinay-sur-Seine en 1971 puis en 1979 à Metz, et qui n’a plus de capacité à peser sur l’avenir de la gauche et de la France ?

Avais-je raison de lancer hier un appel aux républicains visant à dynamiser la composante républicaine  et citoyenne de la gauche ? J’invite celles et ceux qui m’ont répondu, et aussi les autres, à en parler autour d’eux. On ne peut pas rester inerte dans une telle situation. Mais encore faut-il prendre la bonne initiative !

Voici l’article du Monde, qui paraîtra dans l’édition papier du 17 juillet.  

Laminé par les élections, Jean-Pierre Chevènement se voit désormais en "pourvoyeur d'idées"  

 

Jean-Pierre Chevènement est sorti de la séquence électorale à terre. L'ancien conseiller de Ségolène Royal a été éliminé aux législatives où il se présentait dans le Territoire de Belfort. Il a ensuite annoncé qu'il ne se représentait pas aux municipales en 2008. Et a depuis démissionné de son mandat de maire de Belfort au profit de son adjoint Etienne Butzbach. "J'espère que mon retrait servira de choc à la gauche pour conserver cette ville", explique-t-il. Retrait, le mot est lâché.

 Sur son blog, il rassure ses troupes sur son sort. Il annonce la relance de sa fondation Res publica et l'organisation de cinq colloques au dernier trimestre.

 Même sans mandat, M. Chevènement affirme qu'il sera encore là en "fournisseur d'idées". Il se sent d'ailleurs "tout à fait en forme pour exercer (ses) talents". Au programme de sa rentrée, l'université d'été du Mouvement républicain et citoyen (MRC), les 8 et 9 septembre à Saint-Pol-sur-Mer (Nord), la ville du seul député du parti, Christian Hutin, où il a invité Vincent Peillon, député européen - pour montrer que les ponts ne sont pas coupés avec le PS. Est également prévu un livre, et une nouvelle "bataille", sur le traité simplifié européen. "Sarkozy y a remis l'essentiel du traité constitutionnel européen. Sa seule concession, c'est qu'il ne s'appelle plus Constitution", raille-t-il.

 Il lui reste également le MRC, dont il demeure le président d'honneur. Mais le parti chevénementiste ne sort pas non plus en grande forme de cette année électorale. Malgré un accord avantageux avec le Parti socialiste qui lui avait réservé une dizaine de circonscriptions, il n'a plus qu'un député. Ses ténors ont été éliminés : outre Jean-Pierre Chevènement, Georges Sarre a été battu dans la Creuse et Jean-Luc Laurent n'a pas réussi à passer la barre du premier tour dans le Val-de-Marne face au PCF.

 "ECOLE DE CADRES"

 "Le MRC continue", affirme pourtant Georges Sarre, son secrétaire général. Au sortir des deux campagnes électorales, le petit parti n'a plus de dette mais des finances à sec. N'ayant pu franchir le seuil des 50 candidats dépassant 1 % des suffrages, le MRC ne peut plus prétendre au financement public. Il lui reste le reversement des quelque 837 élus locaux qui lui sont encore fidèles. Et les cotisations des 4 500 adhérents revendiqués, assure M. Sarre qui se targue d'avoir "des équipes militantes qui tiennent la route".

 Jean-Pierre Chevènement demeure plus lucide. Il veut transformer son mouvement en "école de cadres". Le MRC sera présent aux municipales de 2008, précise-t-il, espérant reconduire les accords avec le PS. Mais, pour l'ex-député de Belfort, "c'est plutôt son logiciel qui fait sa force", rappelant que son courant, le Ceres, a été "le plus novateur" dans tous les congrès du PS, dans les années 1970 et 1980. Alors il compte bien s'en servir pour "participer à la rénovation de la gauche".

 Dans ou hors du PS ? "C'est toute la gauche qui est à refaire", sourit M. Chevènement. Georges Sarre botte aussi en touche : "Pour le moment, nous ne sommes pas le cap sur le PS." Pour la suite, le secrétaire général "ne sait pas". Mais il ajoute que "le processus d'Epinay (de fondation du Parti socialiste, en 1971) a pris cinq ans".

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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 11:09

 

Le MRC doit s’ouvrir à toute la gauche républicaine

 L’enjeu de la période, c’est la refondation de la gauche sur des bases républicaines. Je souhaite que le MRC soit le levain de la pâte socialiste et républicaine. Nos dirigeants ne font pas suffisamment d’efforts pour rassembler la gauche républicaine, peut-être parce que les militants des divers groupes composant la gauche républicaine sont des anciens du CERES, du MDC ou du MRC, qui ont soutenu Chevènement à un moment ou à un autre puis se sont éloignés.

 Pour ma part, je partage l’essentiel des analyses de Jean-Pierre Chevènement depuis le début des années 1970, sans adopter une attitude suiviste (je suis resté au PS entre 1992 et 2001, au lieu de le rejoindre au sein du Mouvement des Citoyens). Le MRC est, à mon avis, beaucoup trop dépendant de son président d’honneur et leader historique. Il serait temps de créer un parti républicain de gauche (ou de la gauche républicaine) en prenant appui sur le MRC et en s’ouvrant sur tous les républicains qui veulent une alternative aux politiques néolibérales en France et en Europe.

 Toutes les organisations de gauche sont à repenser après le double échec de mai-juin 2007, sanctionnant l’immobilisme de la gauche après le 21 avril 2002. J’étais au Congrès du PS à Bourg-en-Bresse en 1983 quand notre courant a refusé de cautionner la « parenthèse libérale ». Nous avons le devoir de refermer celle-ci, après 25 ans d’errements et de mensonges vis-à-vis du peuple.

 La gauche doit se rassembler sur une analyse critique de ce capitalisme financier ou patrimonial qui domine le monde avec l’aide d’amis politiques fidèles comme Sarkozy. C’est ce système qui broie les plus faibles et endort les esprits peu critiques.

 Aux républicains qui écrivent sur d’autres blogs ou qui me lisent sur ce blog, j’ai envie de dire : cessons de nous diviser entre républicains de gauche, tous aussi sincères les uns que les autres. Cherchons à dialoguer, à faire part de nos points communs et de nos divergences, et rassemblons-nous autour de l’idée républicaine dans l’objectif d’en faire un projet politique qui puisse peser dans le projet de la gauche en refondation.

 Michel Sorin – 15 juillet 2007

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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 20:35

 

Dépendance européenne énergétique envers Moscou

 Selon le quotidien Le Monde, daté du 13 juillet, le président Poutine a assoupli sa position vis-à-vis des investisseurs étrangers, ayant besoin de leur savoir-faire dans la réalisation du grand projet d’exploitation du gaz naturel liquéfié en mer de Barents, au nord de la Russie. C’est Total qui a été choisi comme partenaire.

Je suis destinataire des informations en provenance de La Chronique Agora http://www.la-chronique-agora.com et, hier, l’Edito Matières premières abordait cette question, à sa façon, sous la signature de Isabelle Mouilleseaux. Voici ce texte. 

 « Les Européens se sont livrés aux Russes... sur un plateau d'argent... »

 « Félicitations généralisées, tonnerre d'applaudissements, les bravos fusent de toutes parts et l'élue fait « la Une » de tous les journaux... Sharon Stone en train de monter les marches à Cannes ? Pas du tout. Total ! Qui vient d'apprendre qu'il a été choisi par Gazprom comme partenaire sur le site gazier de Chtokman... au nez et à la barbe de ConocoPhilips, Chevron, et Statoil / Norsk Hydro. 

Ne boudons pas notre plaisir
C'est forcément une bonne nouvelle. Chtokman, c'est la plus grande réserve de gaz connue. Plus de 3 700 milliards de mètres cubes de gaz. Pour rendre les choses plus concrètes, vous pourriez alimenter la planète entière en gaz pendant un an avec un tel gisement.

 Mais ne soyons pas aveugle... Gazprom reste seul maître à bord. C'est lui qui détient 100% des licences d'exploitation (merci Poutine !). C'est lui aussi qui détiendra avec ses amis 76% de la société de gestion des infrastructures. Que reste-t-il à Total ? Les 24% restant. Je me demande encore aujourd'hui pourquoi Gazprom ne s'est pas lancé seul dans l'affaire... Il va falloir se retrousser les manches pour aller chercher ce gaz sous les glaces de la mer de Barents. 20 milliards de dollars d'investissement ! Et un début d'extraction prévu pour 2013.

 Autre bonne nouvelle : tout ce gaz est pour nous ! Si, si...
Il sera acheminé par pipes vers l'Europe et par méthaniers vers les Etats-Unis -- une fois liquéfié. Un vrai bonheur ! Nous allons encore pouvoir nous chauffer tranquillement pour un bon bout de temps...

 Bon. J'arrête là les éloges. Passons aux choses sérieuses. Je vais vous dire ce que l'on ne vous dit pas ! Et ce n'est pas la première fois que je vous mets en garde dans ces colonnes.

 L'Europe a été incapable de prendre les bonnes décisions. Le nucléaire était la seule et unique bonne décision à prendre pour assurer l'indépendance énergétique européenne. Arrêtons le politiquement correct. Arrêtons de nous faire manipuler par les Verts. Voilà des décennies que partout en Europe, à l'exception notable de la France, ils imposent leur point de vue.

 Et c'est une allemande qui vous parle. Une allemande fortement imprégnée de la culture écologique et pro-environnementale. Il n'y a pas une chose que je fais dans la journée sans réfléchir aux conséquences que cela peut avoir sur notre environnement ! Une écologiste pour le nucléaire ? Oui, c'est bien ça. Ca existe, et je suis de ceux-là. Le gros défaut des écologistes « Verts », c'est que ce sont des idéalistes. Moi, je suis profondément écologique, mais très réaliste. Les Allemands ont écarté le nucléaire au profit du charbon. Et comme le charbon pollue énormément, ils ont finalement été obligés de se rabattre sur le gaz... russe bien sûr.

 Tony Blair a été incapable d'imposer sa politique nucléaire ne serait-ce qu'à son propre parti ! Pas de nucléaire pour l'Angleterre en attendant... Et c'est comme cela partout. Toute l'Europe est aujourd'hui dépendante du gaz étranger, à la merci du géant Gazprom.

 Car pendant que les Européens tergiversaient sur la question énergétique et s'enlisaient sur la question du nucléaire, les Russes ont avancé à pas de géant et pris le pouvoir en quelques années.

 L'objectif n°1 de Gazprom : être le n°1 mondial d'ici 10 ans

 Et il a toutes les chances d'y arriver, tout simplement parce qu'il a le pouvoir politique derrière lui. Gazprom est une arme politique. Une carte géostratégique puissante. Pire, il a la capacité de «  mettre à genou » l'Europe entière. Vous voulez que je vous dise ? Gazprom et l'Etat russe ne font qu'un. J'irais même plus loin. Poutine et Gazprom ne font qu'un... et je ne serais pas étonné de voir notre ami « Vlad » à la tête du géant une fois le Kremlin quitté.

 Que pensez-vous que le Kremlin est en train de faire depuis des mois déjà ?
Il reprend en main les ressources du pays pour en avoir un contrôle direct, total et absolu. Exit  Kodorovsky, ex tristement célèbre patron de Ioukos ! Il n'a pas fini de croupir injustement au fin fond de la Sibérie... Sa société énergétique a été dépecée, et ses actifs redistribués aux sociétés étatiques russes. Une reprise en main à la Staline ! Prochain sur la liste ? Peut-être Rosneft...

 Exit les Occidentaux du projet d'exploitation du pétrole et du gaz “Sakhaline II”. Royal Dutch Shell a carrément été viré du projet par Poutine. Shell a été accusé de nuire à l'environnement... L'Etat russe a repris le contrôle des matières premières qui gisent dans les sous-sols de Sakhaline pour les confier à son géant russe Gazprom. Une expropriation en règle suivie d'une nationalisation. Exit BP/TNK du champ de gaz de Kovyta. Je suis prête à parier avec vous que Gazprom va racheter la part de 63% détenue par TNK/BP dans cet énorme champ gazier capable d'alimenter toute l'Asie pendant 5 ans !

 Partout, les sociétés occidentales sont obligées de renégocier leurs contrats avec les russes. Et c'est Poutine qui tient les ficelles. Prochaine victime ? Sans doute Exxon et son projet d'infrastructures pour alimenter la Chine. Gazprom n'a qu'une idée en tête : évincer Exxon du projet et prendre le contrôle de l'opération.

 Objectif n°2 de Gazprom : avoir la main mise sur l'Europe

 Gazprom est en train de devenir le principal fournisseur de gaz de l'Europe. Il n'a pas eu grand-chose à faire pour y arriver. En tournant le dos au nucléaire, les Européens lui ont livré les pleins pouvoirs sur un plateau d'argent. Et Poutine en use stratégiquement, et en abuse politiquement. Demandez donc à l'Ukraine, à la Géorgie, à la Pologne ou à la petite Biélorussie ce qu'ils en pensent. Poutine n'a pas hésité un quart de centième de seconde à leur couper le gaz... Or nous partageons les mêmes pipes!

 Nous nous sommes fait prendre au piège.
Nous nous sommes rendus dépendants des maîtres du Kremlin. Et ces gens là ne sont pas des rigolos, croyez moi. La déontologie, l'éthique, la morale, les bonnes pratiques... ils n'en ont rien à faire. Seul compte le pouvoir... et l'argent. Et la fin justifiera les moyens. Je suis dure, me direz-vous. Certes, peut-être un peu trop. Mais je suis surtout très réaliste... Est-ce un défaut ?

 Ah ! Dernier point. Personne ne vous l'a dit mais... c'est important. En Autriche, il y a le plus gros hub européen de gaz naturel. Une structure clé ! Gazprom vient de le racheter ! Ainsi, il contrôle non seulement la ressource, mais aussi l'infrastructure logistique qui assure l'acheminement !
 
J'ai réservé le meilleur pour la fin !  La bonne nouvelle, cher lecteur, c'est qu'en France 80% de notre électricité est d'origine nucléaire... et que nous sommes « copains » avec les Algériens qui ont la Sonatrach et beaucoup de gaz. Et EDF a les plus beaux méthaniers du monde ! Tout va bien dans le meilleur des mondes... Poutine ne nous aura pas ! ».

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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 22:04

 

Sarkozy ne sera pas le sauveur de la République

 L’élection de Sarkozy ne doit rien au hasard. Elle est une fausse réponse à une situation de désarroi du peuple français. C’est une fuite en avant par opportunisme qui ne réglera pas les problèmes mais les mettra au grand jour. Le mérite de Sarkozy est de faire ce que lui demande l’élite du pays, c’est-à-dire une politique libérale conforme à la norme capitaliste. Cela convient à une partie de la gauche, celle qui s’est détachée de ses racines populaires à force de fréquenter les institutions européennes et mondiales.

 Les réflexions de Christine Tasin sur son blog christinetasin.over-blog.fr sont rafraîchissantes et percutantes. Elle a raison de penser que, dans ce monde dépourvu de sens, il ne faut pas avoir peur de pousser à fond les arguments en faveur des idées qu’on porte, mais aussi les critiques à l’encontre de ce qu’on rejette.

 Voici des extraits de son texte paru le 8 juillet dernier sur son blog, et qui a été publié également dans le journal des Amis de ReSPUBLICA.

 « La vie politique française est devenue un gigantesque cirque, qui nous ferait mourir de rire si le spectacle n’était pas si triste ! Pire encore, bien des Français se soucient davantage de leur dernier écran plat ou des histoires débiles de la télé-réalité !

 Tout cela me fait irrésistiblement penser aux derniers moments de la République romaine : cliques et factions au service d’un homme ( Clodius-Milon ; courants et clubs au sein du P.S., UMP …et on pourrait sans doute évoquer des morts suspectes, comme celle de Robert Boulin, en 1979 – c’était hier ) ; insécurité, cherté du logement, et pauvreté ( trop d’exemples à citer !) ; batailles de chefs ( César-Pompée ; Chirac-Balladur ; Villepin-Sarkozy ; Strauss-Kahn- Fabius… ) ; prises de pouvoirs démesurées associées à un ego surdimensionné ( César- Octave, Sarkozy-Royal …) ; distributions de blé ou organisation de jeux ( cadeaux fiscaux, télévision qui décervelle) ; captation progressive de tous les pouvoirs ( César, Octave ; Sarkozy, demeurant le patron sans titre de l’UMP, président ET chef de gouvernement , homme orchestre ) …

 Le résultat, à Rome, fut édifiant : un empereur qui améliora un peu les choses – pour les classes possédantes- pendant une génération puis beaucoup de dégénérés alternant avec un petit nombre de philosophes, des valeurs jetées aux orties, le refus de l’effort et du travail, le développement de l’individualisme à tout va, la recherche du divertissement et de l’amusement à tout prix …. Rome a été tout juste bonne à tomber toute cuite dans les mains des barbares. Vous avez dit « décadence » ?

 Quant à savoir quels sont les barbares prêtes à fondre sur nous, c’est facile : mise en concurrence des travailleurs du monde entier, disparition des protections sociales, intégrismes religieux … En ce qui concerne ce dernier point, qu’on ne vienne pas nous dire que c’est la misère qui les produit, les menaces d’attentats déjoués dernièrement en Grande-Bretagne sont le fait de gens cultivés et plutôt favorisés socialement …

 Il est plus que temps que chaque Républicain réagisse, s’engage dans la vie politique ou le monde associatif et essaie de convaincre, de changer les choses… il y a urgence ! ».

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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 20:52

 

L’idéologie libérale européenne appliquée à l’électricité

 Le blog de Christine Tasin est fort bien alimenté en articles intéressants (voir christinetasin.over-blog.fr). J’y reviendrai prochainement.

 Le 2 juillet, elle a rédigé un résumé (voir ci-après) du rapport de Marcel Boiteux (ancien directeur et actuel président d’honneur d’EDF) sur l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence.

 Elle renvoie à l’ensemble du rapport, qui peut être lu sur http://partisocialisterepublicain.unblog.fr/.

 « EDF et l'ouverture du marché »

« Marcel Boiteux, président d'honneur d'EDF, a écrit  pour le numéro du 25 mai 2007 de Futurible un rapport fort intéressant, je vous en résume ci-dessous les principaux arguments. 

A la création d'EDF, le but était de vendre au prix de revient, ce qui nous a permis, longtemps, d'avoir l'électricité la moins chère d'Europe. Or, l'ouverture à la concurrence a généré des augmentations considérables, et on les explique à présent en disant que le but n'était pas de faire baisser les prix mais de développer la qualité des conseils et des services....

Ainsi va-t-on absurdement soumettre à la concurrence ce qui fonctionne bien, grâce à une bonne gestion et des prix régulés ! 
L'ouverture à la concurrence ne concerne pas la gestion des réseaux, mais uniquement la production et la vente, moyennant un péage pour l'emploi des réseaux car  il est impossible de prévoir suffisamment de moyens de production pour faire face aux pics de la demande. Aucun industriel n'accepterait d'investir dans une installation qui ne serait utile que de temps en temps, donc c'est le régulateur national, EDF, qui va gérer cela. 

Il y a peu d'échanges à l'intérieur de l'Europe, les populations s'étant mobilisées contre le passage des lignes électriques ; donc ne reste globalement qu'un secteur couvrant France, Allemagne et Bénélux. Dans le système concurrentiel, le prix est fixé, automatiquement, par le fournisseur auquel il est fait appel pour répondre à la demande, donc le plus cher, donc allemand, d'où la hausse des prix.

Le rôle actif de Bruxelles : aucune entreprise ne peut soutenir la concurrence de tarifs régulés, très bas ; c'est pourquoi Bruxelles veut les faire disparaître et, pour cela, il faut qu'EDF augmente ses prix. D'ailleurs, EDF a paradoxalement incité une partie de ses clients à la quitter pour éviter l'accusation de Bruxelles "d'abus de positions dominante" avec la nécessité de se démanteler davantage (le découplage EDF-GDF coûte un milliard d'euros par an pour que le client ait la liberté de changer de fournisseur, c'est cher payé !).

Enfin, grâce à son parc nucléaire, les prix de revient d'EDF sont inférieurs à ceux des entreprises allemandes, ce qui, dorénavant, ne bénéficiera plus au consommateur, mais à ses actionnaires (l'Etat pour 90 % ), ce qui explique aussi la lutte actuelle des concurrents pour récupérer le parc nucléaire.

Bref, peu d'espoirs en perspective, puisqu'à Bruxelles, le pouvoir appartient aux lobbies, ceux des plus riches, soutenus par avocats et personnalités, sauf sur le long terme : M. Boiteux n'exclut pas qu'un jour, des entreprises publiques chargées de missions que le système du marché permet mal de remplir réapparaissent .. ».

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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 18:30

 

Près de 20 000 hectares de maïs OGM en 2007

 La presse a commenté la semaine dernière l’évolution des surfaces cultivées en maïs transgénique en France. Quatre fois plus en 2007 qu‘en 2006… Certes, il convient de relativiser. Les surfaces en maïs OGM représentent moins de 1% des surfaces totales en maïs. Toutefois, la carte met en évidence une extension vers le nord et la vallée du Rhône. C’est une directive européenne qui oblige, cette année, l’Etat à créer un registre national.

 Surprise : une parcelle en Mayenne, dans le canton de Craon, selon Ouest-France, 10 juillet. La Direction départementale de l’agriculture et des forêts (DDAF) en a eu connaissance par la déclaration des cultures pour la Politique Agricole Commune (PAC). Seulement 17 ares (0,17 ha) pour cette première en Mayenne.

 Voici ce qu’on a pu lire le 6 juillet dernier sur www.lefigaro.fr sous la signature de Laurent Suply. Je renvoie à l'article paru le 20 mars 2007 sur ce blog (catégorie "Agriculture et PAC"), qui présente ma position sur les OGM.

 « La carte du maïs transgénique en France »

 Les cultures de maïs OGM sont concentrées dans le sud-ouest de l’Hexagone.

 « 19815 hectares. Telle est, selon le registre national des cultures OGM, la surface de maïs transgénique cultivée en France en 2007. Il s’agit du maïs « MON 810 », produit du semencier Monsanto et seule semence OGM à vocation commerciale autorisée à l’heure actuelle en France. La céréale transgénique est cultivée sur 2936 parcelles à travers le pays. Ces données ont été publiées le 4 juillet sur le site gouvernemental www.ogm.gouv.fr. Une obligation, depuis l’institution du registre par un arrêté de mars 2007. La mise en ligne fût discrète, par le biais d’un tableur Excel plutôt rébarbatif. On y découvre que deux cantons français accueillent plus de 1000 hectares de MON 810. A Muret, en Haute-Garonne, on dénombre 1.414 hectares de maïs sur une surface totale de 16 769 ha, soit 8.4% de la surface du canton. 

 Une tendance réelle

Greenpeace, l’organisation non gouvernementale de protection de la nature, fermement opposée aux OGM, s’est emparé de ces chiffres et en a fait, dès le lendemain, une carte des plus parlantes (à droite et voir la carte en PDF). Les cultures OGM apparaissent clairement concentrées dans un quart sud-ouest de la France. Problème : les données du registre national ne concernent que 13 régions. Contact é par lefigaro.fr, Patrick Tallon, de la direction générale de l’alimentation, souligne que ces chiffres sont basés sur les déclarations des agriculteurs. Même si celles ci sont obligatoires, il est possible que certains producteurs du nord ou de l’ouest ne se soient pas conformés à la règle de mars 2007. Mais, « la tendance (de la concentration dans le sud-ouest, ndlr) est réelle, et s’explique par le fait que les producteurs vendent leur maïs OGM en Espagne ».

 Le ministère de l’Agriculture signale par ailleurs qu’une carte cliquable est en chantier depuis plusieurs semaines, et que la mise en valeur des chiffres par Greenpeace ne tient qu’à la rapidité de l’ONG.

 Au niveau national, les quelque 20.000 hectares de maïs OGM sont à mettre en rapport avec les 3 millions d’hectares de maïs non-transgénique, réparti pour moitié entre le maïs ensilage (destiné au fourrage du bétail) et le maïs grain. Mais le maïs OGM semble en passe de décoller. Cette culture occupait environ 3.000 hectares en 2005, et 5.000 en 2006. Une progression qui s’explique par le bon prix que les producteurs retirent du MON 810. Outre les économies en insecticide, ils parviennent souvent à vendre leur produit au-delà du cours du maïs non-OGM ».

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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 14:28

 

Priorité à la transformation de la donne à gauche

 Le Parti socialiste est secoué par des tensions de plus en plus fortes. Ce matin, c’est Jack Lang qui s’en prend à François Hollande et s’éloigne à son tour des instances responsables, après Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.

 La conclusion de sa lettre de démission : « Citoyen libre, je servirai mon pays selon les règles de conduite que seule ma conscience me dictera et fort de la confiance populaire qui m'est accordée » (www.liberation.fr).

 Sa décision d’accepter la proposition de Sarkozy (entrer dans la commission qui va préparer la réforme institutionnelle réalisant la présidentialisation du régime) est, donc, prise, semble-t-il.

 « Ce sujet tient à cœur à Jack Lang, agrégé de droit public et auteur de plusieurs livres sur ce thème. Il piaffait d’entrer dans cette commission, dont Nicolas Sarkozy doit détailler la composition et les missions, jeudi, lors d’un discours prévu à Epinal » (selon Renaud Dély www.liberation.fr ce jour).

 Le même Renaud Dély qui écrit, par ailleurs « Y a-t-il une vie après les éléphants ? La gazelle poitevine espère leur survivre, les jeunes lions pensent leur heure venue, mais au premier coup d’œil la savane socialiste a plutôt des airs de désert ».

 De son côté, l’auteur de la formule « les jeunes lions », Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire, s’exprimait hier dans les colonnes de Libération, répondant aux questions de David Revault d’Allonnes.

 Pourquoi le PS a-t-il autant de mal à résister à l’ouverture de Nicolas Sarkozy ? 

 C’est le symptôme d’un parti qui a excessivement cultivé le goût de l’intérêt plutôt que l’amour des convictions. Mais c’est aussi la preuve de la faiblesse structurelle du pouvoir sarkozien. Organiserait il un mercato généralisé des compétences et des talents s’il était sûr que ses propres forces suffisent à lui assurer le soutien durable de l’opinion publique ?

 Le cas de Dominique Strauss-Kahn, soutenu par la présidence pour la direction du FMI, est gênant pour le PS. 

 C’est un choix personnel. S’il préfère se soustraire à l’effort qu’il nous faudra tous faire pour recréer une offre politique digne de ce nom à gauche, c’est l’expression de sa préférence, qui le prive malheureusement d’action collective et future.

 Et Jack Lang ?

 Jack Lang aurait dû demander un mandat au groupe socialiste. Dès lors qu’il n’a pas choisi de le faire avec nous, il reprend sa liberté. Et nous conservons la nôtre. Il devrait savoir qu’on ne peut faire une réforme institutionnelle sur un coin de table, avec quelques personnalités débauchées pour la circonstance.

 Le parti n’est-il pas plus mal en point que jamais ? 

 La décomposition d’un système bâti il y a trente ans est une évidence. Il faut revenir sur les raisons de la défaite, d’abord liée au retard stratégique accumulé par le parti depuis une dizaine d’années, à l’incapacité d’écouter la société, de traiter les problèmes et de les affronter. L’immobilisme est devenu une loi de gestion politique au PS, qui préfère l’esquive plutôt que le traitement des questions. Il y a aussi un deuxième retard, qui est organisationnel : notre parti a continué à vivre sur un système à fracturations multiples de chapelles, de courants et d’écuries. Il a cultivé la division, plutôt qu’organisé la recherche des convergences. Ces deux facteurs ont participé à l’échec de notre campagne.

 Exonérez-vous totalement la candidate de la défaite ? 

 Les responsabilités sont partagées. En positif, elle a ouvert des portes, déverrouillé un grand nombre de sujets pour l’avenir. En négatif, elle n’a pas su ou pu rassembler et faire travailler les forces disponibles.

 Où en êtes-vous de votre soutien à Ségolène Royal? 

 Je suis un loyal serviteur des causes que je défends. Cependant, les urgences, aujourd’hui, ne sont pas posées en termes de leadership. La priorité, c’est la transformation de la donne politique à gauche, et ce travail prendra un peu de temps.

 De ce point de vue, le calendrier proposé par François Hollande devrait vous satisfaire ? 

 Je ne l’ai pas approuvé, et m’y suis à grand-peine résigné.

 Les socialistes ne semblent pas tout à fait d’accord sur ce que sera leur opposition. La rénovation peut-elle venir du Parlement? 

 Il n’est pas dit que tout serait tombé dans un bocal de formol. La création d’un contre-gouvernement au groupe socialiste conforte notre image de parti de gouvernement, préparant l’alternance. J’ai d’ailleurs invité à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse plusieurs membres du contre-gouvernement, de toutes sensibilités et trajectoires. C’est une manière d’ouvrir les portes des vieilles chapelles socialistes. On ne peut donc pas dire que tout soit immobile.

 La pratique du pouvoir de Nicolas Sarkozy ne rend-elle pas difficile la tâche de l’opposition ? 

 La dérive institutionnelle dans laquelle le pays est engagé est organisée sans mandat du peuple, seul souverain en la matière. Quand les arbitrages budgétaires ne se font plus à Matignon, quand les conseillers de l’Elysée chaperonnent les ministres sans pouvoirs et quand le gouvernement est transformé en attaché parlementaire du président, ce sont les principes de la responsabilité, fondamentaux en démocratie, qui sont touchés. Ceux qui décident doivent rendre des comptes. Or, c’est de moins en moins le cas. Nous devons réagir et exiger du Président de très importants rééquilibrages qui ne soient pas de façade. On ne pourra pas se contenter de la présidence de la commission des finances.

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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 10:38

 

Le libre-échange trop favorable à la Chine et à l’Inde

 Jean-Luc Gréau a travaillé pour le patronat français jusqu’en 2004. Puis il a écrit plusieurs ouvrages d’économie, dont « L’avenir du capitalisme » en 2005 (Gallimard). Il est intervenu lors du colloque Res Publica du 28 novembre 2006 (voir sur ce blog les articles parus le 6 janvier  et le 17 février 2007 ou sur http://www.fondation-res-publica.org prendre connaissance des interventions des conférenciers).

 On peut lire sur www.liberation.fr l’entretien réalisé par Grégoire Biseau sur le thème du protectionnisme. Le journaliste passe en revue tous les arguments contraires, permettant à Jean-Luc Gréau de présenter ses positions qui sont, jusqu’à présent, très peu partagées par les économistes, dont la grande majorité reste favorable au libre-échange intégral.

 « Le retour au protectionnisme est inéluctable »

 Faut-il augmenter les barrières douanières ? Etrangement, c’est à la fois la question du débat économique la plus sulfureuse et la moins débattue : faut-il oui ou non recourir à des mesures protectionnistes pour mieux encadrer le commerce mondial ?

 Tentative d’explication avec l’économiste Jean-Luc Gréau.

 Vous êtes un des rares économistes à remettre en cause les effets du libre-échange. Pourquoi ce débat semble aujourd’hui tabou ? 

Deux raisons expliquent qu’aujourd’hui la contestation du libre-échangisme est devenue une question interdite. Il y a d’abord de la part des hommes politiques une vraie peur de se faire taxer d’extrémisme. Car, aujourd’hui, le Front National et une partie de l’extrême gauche sont les seuls partis qui se déclarent ouvertement opposés à ce système. Ensuite, il y a une pression constante du monde des affaires, et plus encore du secteur financier, à présenter ce débat comme éculé, synonyme d’un archaïsme économique.

 Il est difficile de contester que la croissance mondiale est tirée par des puissances comme la Chine et l’Inde, qui se sont intégrées dans le commerce mondial grâce au libre-échange. 

Le fait que le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine ait augmenté de 93 % depuis le début de cette année est bien le signe que quelque chose ne va pas. Aujourd’hui, l’Union européenne exporte 100 vers la Chine et importe 300 de produits made in China. Aux Etats-Unis, ce rapport est de 1à 6. Dans nos relations avec la Chine, nous ne profitons pas des supposés bénéfices du libre-échange. C’est pour cela que le retour d’un nouveau protectionnisme est inéluctable. Le vrai risque c’est d’attendre trop longtemps que les emplois industriels en Europe aient totalement disparu.

Mais vous risquez de stopper net le développement de ces nouvelles puissances et donc de faire plonger la croissance mondiale. 

Non. D’où provient la croissance mondiale aujourd’hui ? Un peu des Etats-Unis, mais surtout de l’Asie et dans une moindre mesure de l’Amérique latine. En Chine et en Inde, elle a été alimentée grâce notamment à l’élargissement du processus capitaliste, qui permet à ces pays d’élever leur niveau de compétence et de savoir-faire.

 Dans ce contexte, les multinationales, en investissement localement, jouent un rôle déterminant dans ce processus de développement. Il ne s’agit pas de remettre cela en question. Le problème c’est que ces nouveaux pays ont choisi un mode de développement qui privilégie la croissance de leurs exportations au détriment de l’énorme potentiel de leur demande intérieure et donc d’un certain progrès social.

 Je considère que la Chine mène une politique économique impérialiste, dont ni l’Europe, ni les Etats-unis, ni même l’Afrique ne bénéficient. Trois décisions majeures des autorités chinoises viennent d’illustrer cette ambition.

 - D’abord, la création d’une société à capitaux publics pour être capable demain de construire un avion de ligne chinois concurrent de Boeing et d’Airbus.

 - Ensuite la volonté d’utiliser une partie des immenses réserves de change de la Chine pour investir sur les marchés financiers occidentaux.

 - Enfin la hausse de 30 % des droits de douane à l’importation de certains biens d’équipement pour protéger son industrie nationale. Et pendant ce temps, l’Europe reste inerte.

 Concrètement, quelles mesures protectionnistes préconisez-vous ? 

 D’abord, il ne s’agit surtout pas d’envisager un protectionnisme à l’échelle nationale, mais au niveau de l’Union européenne. Or l’UE n’est pas cette union douanière qu’elle devrait être : aujourd’hui le total des droits de douanes ne représente que 2 % de la valeur totale des échanges. C’est trop peu. Il ne s’agit pas non plus de décider d’un tarif commun unique, quels que soient les produits et les pays. Cela n’aurait aucun sens de vouloir par exemple taxer les produits américains.

 Il faut retrouver les conditions d’une certaine loyauté commerciale. Il s’agit donc de cibler les produits manufacturés en provenance de pays où le différentiel de coûts de production est trop important. Ces barrières douanières seraient par ailleurs une vraie incitation pour améliorer les conditions sociales et salariales des populations ouvrières de ces pays.

 Mais à moyen terme, les coûts chinois vont augmenter et les conditions d’échange devraient donc se rééquilibrer. 

 Je ne le crois pas. Les écarts salariaux sont trop importants et la Chine comme l’Inde disposent d’une immense armée de réserve de main-d’œuvre qui leur permet de maintenir une pression constante sur les salaires. D’ici à ce que cet écart soit comblé, disons peut-être dans vingt-cinq ans, l’Union Européenne sera devenue un désert industriel.

 Dans l’histoire, quand des pays ont décidé de mesures protectionnistes, cela s’est presque toujours soldé par des crises, voire des guerres. 

 On a souvent accusé le protectionnisme de la crise des années 30. En réalité, la crise était là avant que les mesures protectionnistes ne soient mises en place. Quant au risque nationaliste, cela n’a pas de sens si ce genre de politique est mené à l’échelle de l’Union européenne, un immense marché de 300 millions d’habitants. En revanche, si on ne fait rien, les tentations nationalistes risquent de nous couper définitivement du reste du monde.

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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 15:23

 

Pour une alternative de gauche renouvelée

 Après le constat d’émiettement et d’impuissance de la gauche antilibérale, des responsables de diverses organisations se sont retrouvés le 7 juillet à Paris. A l’origine, un appel lancé dès le 19 juin par une dizaine de personnes : Clémentine AUTAIN (féministe, élue à Paris, app. PCF) ; Eric COQUEREL (président Mars Gauche Républicaine) ; Emmanuelle COSSE (journaliste, ex-présidente d’Act Up) ; Claude DEBONS (ex-coordinateur collectifs du 29 mai) ; François LABROILLE (élu régional IDF Alternative Citoyenne) ; Roger MARTELLI (PCF) ; Marion MAZAURIC (éditrice) ; Claude MICHEL (syndicaliste) ; Christian PICQUET (courant UNIR de la LCR) ; Catherine TRICOT (communiste) ; José TOVAR (syndicaliste).

 On peut lire sur le blog  http://maintenantagauche.org le texte de cet appel. Il est clair que cette initiative s’inspire de l’expérience allemande (nouveau parti de gauche, issu du rapprochement entre les anciens communistes de l’est et des dissidents du SPD à l’ouest). Dans cette optique, le PS ayant fait le choix définitif du social-libéralisme et se préparant à une alliance au centre, il s’agit de construire un nouveau parti à sa gauche qui puisse passer des alliances électorales avec lui afin de gouverner le pays.

 Voici le compte rendu de la réunion du 7 juillet, selon un communiqué de presse diffusé hier.

 « Maintenant, à gauche ! »

 La première rencontre-débat à l’initiative de « Maintenant à gauche » s’est tenue samedi 7 juillet. Malgré la date tardive et la succession des week-ends de réunions à l’issue d’une année militante chargée, environ 150 personnes venues d’une trentaine de départements y ont participé. Des militants de diverses sensibilités politiques étaient présents : communistes unitaires (Catherine Tricot, Pierre Zarka, Roger Martelli), PRS (François Delapierre), Force Militante (Marc Dolez), Alternatifs (Jean Jacques Boislaroussie, Roland Mérieux), Alternative Citoyenne (Claire Villiers, François Labroille), MARS Gauche Républicaine (Eric Coquerel, Pierre Carassus, André Deluchat), courant UNIR de la LCR (Christian Picquet, Francis Sitel, Céline Malaisé, Alain Faradji), Cactus La Gauche (Jean Luc Gonneau), des personnalités (Clémentine Autain, Bernard Defaix, Claude Michel, Claude Debons…). Des responsables communistes, des personnalités diverses, ont fait part de leur intérêt pour la démarche engagée. Ce succès est le signe du besoin largement éprouvé de redresser très vite la tête après la lourde défaite que nous venons d’essuyer.

 Les interventions ont fait apparaître un diagnostic largement partagé, une conscience commune des enjeux aujourd’hui et des exigences qui en découlent en matière de perspective et de stratégie.

 Nous voulons opposer au social-libéralisme et aux alliances au centre tel qu’on les voit se profiler du côté du PS une autre refondation à gauche, s’adressant à toute la gauche.

 L’objectif est celui d’une nouvelle grande force politique de transformation progressiste de la société apte à incarner les valeurs d’émancipation historiquement portées par la gauche, à les enrichir et à les renouveler ; et à constituer une alternative crédible à gauche.

 C’est cela qui marquerait la seule rupture véritable dont la vie politique française a besoin. Cette ambition s’inscrit dans les expériences qui cherchent, dans de nombreux pays, à ouvrir de nouvelles voies à gauche, la dernière en date étant Die Linke en Allemagne

 Notre volonté est de faire en sorte que différentes forces, sensibilités, militants intéressés, réfléchissent et élaborent ensemble sur ces questions. Au terme d’un tel processus des Etats généraux pour une gauche enfin à gauche pourraient être conjointement organisés.

 Dès la rentrée de septembre, nous encourageons partout dans les villes et départements au développement d’initiatives décentralisées concrétisant une telle démarche de rencontres et de dialogues pluralistes. Et, lors de la fête de l’Humanité, cette démarche sera également portée dans les débats.

 Avant la fin du mois d’octobre, nous organiserons un nouveau rendez-vous national pluraliste concrétisant et illustrant le large rassemblement pour une gauche à gauche que nous appelons de nos vœux.

 Dès maintenant, nous devons participer aux résistances nécessaires face à la contre-révolution libérale et conservatrice et à la dérive institutionnelle bonapartiste que met en œuvre Sarkozy. Ces résistances seront d’autant plus cohérentes et déterminées que se construiront en même temps des éléments d’alternative. C’est à cette ambition que nous voulons contribuer.

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