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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 20:42

 

Les blogs de la campagne présidentielle continuent

 C’est reparti. Les abonnés au blog http://www.segoleneroyal2007.net/article-6661176.html ont reçu un courriel leur annonçant un nouveau message. Le voici (selon l’AFP).

 Des volets du pacte présidentiel repris par Sarkozy

 « Ségolène Royal, candidate malheureuse à l'élection présidentielle, a estimé lundi à Poitiers que certaines des premières mesures annoncées par le président de la République, Nicolas Sarkozy, rendaient "hommage à bien des volets de mon pacte présidentiel".
"Des propositions de mon pacte présidentiel contestées par Nicolas Sarkozy sont aujourd'hui dans un projet de loi comme le revenu de solidarité actif ou l'éco-développement", a constaté Mme Royal lors d'un "briefing" avec la presse sans caméra ni micro, à la maison de la région à Poitiers qu'elle retrouvait après la présidentielle et une semaine de vacances en Tunisie.

"Ce projet se met en place avec la personnalité avec laquelle j'ai travaillé sur ce sujet pendant la campagne présidentielle. C'est un hommage en quelque sorte qui est rendu à bien des volets de mon pacte présidentiel", s'est-elle réjoui, en faisant référence à Martin Hirsch, nommé Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté.
Mme Royal, qui a expliqué qu'elle ne se présentait pas aux élections législatives "pour éviter le cumul des mandats", estime que cela ne "l'empêchera pas de s'exprimer". "J'aurais une tribune quand j'aurai quelque chose à dire", a-t-elle précisé.

La députée des Deux-Sèvres, qui a appelé les électeurs a "donner la plus grande majorité possible aux élus socialistes", a "reçu une centaine de demandes" de candidats lui demandant de venir les soutenir. Elle se déplacera pour cela "en région et dans toute la France".

Arrivée à mi-journée en train à Poitiers, souriante et bronzée, "après quelques jours de repos bien mérités", Ségolène Royal a présidé l'après-midi une commission permanente du conseil régional de Poitou-Charentes. Applaudie à son arrivée, elle s'est dit "très heureuse de se retrouver ici où le travail a toujours continué" ».

 C’est reparti aussi dans la Vienne sur http://desirsdavenir86000.over-blog.net

 « La gauche qui agit, la gauche qui protège »

« Après 9 mois de campagne pour Mme Royal et une petite semaine de vacances, Mme Royal repart de nouveau en campagne pour soutenir nos candidats aux élections législatives. Soudés contre l'adversité, les socialistes mènent campagne pour les législatives avec un mot d'ordre : ne pas laisser "les plein pouvoirs" à Nicolas Sarkozy. Selon les sondages, le PS pourrait disposer de 150 à 200 sièges à l'Assemblée, soit plus que le groupe actuel qui comprend 141 députés, ce qui n'empêcherait pas l'UMP d'avoir la majorité absolue.

 L'enjeu. Sur les 191 circonscriptions où Ségolène Royal est arrivée en tête à la présidentielle, plus de 35 sont actuellement détenues par des parlementaires de droite, "dont une bonne vingtaine où elle a fait 53 % et où on va concentrer nos efforts", souligne Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections. Le PS fonde de grands espoirs sur la 1ere et la 4e circonscription de Haute-Garonne. A l'inverse, plusieurs élus socialistes sont menacés, et le Nord, historiquement de gauche, a basculé à droite.

 Le programme. Sous la bannière "la gauche qui agit, la gauche qui protège", le PS a rédigé une plate-forme politique. Ainsi, les socialistes reprennent les emplois-tremplins mais pas l'idée du "contrat première chance" réservé aux jeunes sans qualification de l'ex-candidate. De même, le programme préconise une "démocratie participative" mais passe sous silence les jurys citoyens. Et la VIe République n'est plus affichée que comme un lointain objectif.

 Les sortants-sortants. Plusieurs députés, anciens ministres, ont choisi de ne pas se représenter. C'est le cas de Mme Royal elle-même, qui a décidé de s'appliquer avant l'heure le principe de non-cumul des mandats, mais aussi du père de la loi anti-tabac, ex- ministre de la santé, Claude Evin, de Jean le Garrec, ancien ministre de l'emploi, et de Guy Lengagne, promoteur de la loi sur le littoral.

 La parité. L'objectif n'est pas tout à fait atteint puisque, le PS, présente moins de 48 % de femmes. Pour M. Le Roux, ce chiffre représente néanmoins une "progression de 10 % par rapport à la précécente législature". Dans la 9e circonscription du Pas-de-Calais, réservée à une femme, c'est finalement Jacques Mellick, maire de Béthune et ancien député, qui se présente.

 Les accords. Aucun terrain d'entente n'a été trouvé avec le PCF et les Verts. Le PS ne présentera cependant pas de candidats là où il y a des députés Verts sortants, comme Noël Mamère, en Gironde, et laisse la place à un écologiste dans la 1ere de Loire-Atlantique. Le MRC de Jean-Pierre Chevènement dispose en revanche d'une dizaine de circonscriptions réservées, 32 pour le PRG. En raison des récentes tensions avec leur président Jean-Michel Baylet, partisan de réunir les radicaux de gauche et de droite, les candidats PRG ont tous été conviés à envoyer un courrier aux fédérations socialistes pour témoigner de leur "loyauté" ».

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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 20:05

 

L’intérêt général et les intérêts du monde du travail

 

Ce jour, sur son blog www.chevenement.fr Jean-Pierre Chevènement réagit aux propos de Christine Tasin (abonnée à la lettre de nouvelles de ce blog) sur http://christinetasin.over-blog.fr . Voici le carnet de Jean-Pierre, qui est en campagne dans la 2ème circonscription du Territoire de Belfort.

 Plutôt que de « jouer le jeu », changer la règle du jeu !  

 C. Tasin, le 16 mai dernier, me demande si mon soutien à la candidature de Ségolène Royal ne m'aurait pas conduit à abandonner les idées qui sont les miennes depuis pas mal d'années déjà (bien avant 2002).

 Que C. Tasin se rassure : la confrontation entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, en dehors de ses péripéties tactiques, a simplifié à l'extrême le paysage politique : c'est là où nous sommes que nos idées gardent tout leur avenir, dans la constitution à venir d'un grand parti de gauche et de gouvernement et donc par définition « républicain ». Là est notre tâche historique.

Ceux qui citent à tort et à travers cette phrase que j'ai en effet prononcée : « Il y a une chose qui est, au dessus de la droite, au dessus de la gauche, c'est la République » (discours de Vincennes du 9 septembre 2001) oublient la phare complète : « La gauche et la droite continueront d'exister à l'avenir sous des formes et avec des contenus différents, mais il y a une chose qui est au dessus de la droite, au dessus de la gauche, c'est la République », phrase qui venait en conclusion d'un passage où je déclarais à la fois : « Le monde du travail serait réduit à l'impuissance si la République venait à disparaître » et « Il est temps de surmonter la tache aveugle qui a fait passer tant d'hommes de gauche sincères à côté de la nation ».

Tout cela reste d'une parfaite actualité : le projet de M. Sarkozy ne se réfère à l'intérêt général que dans le cadre d'une mondialisation financière dont il accepte de jouer le jeu, s'étant déjà lié les mains en renonçant à vouloir modifier les statuts de la Banque Centrale européenne. Or, l'intérêt général ne saurait se dissocier des intérêts à long terme du monde du travail.

 Il faut toujours en revenir à Jaurès, abondamment cité (et dévoyé) par Nicolas Sarkozy : « l'Etat exprime un rapport de forces entre les classes ». Entre les intérêts du monde du travail et ceux des multinationales (ou, si l'on veut être plus rigoureux, du capital financier mondialisé), je ne vois que trop bien le rapport de forces que le gouvernement de M. Sarkozy établira.

Plutôt que de « jouer le jeu », il faudra plus que jamais peser pour changer la règle du jeu. C'est ce que nous essaierons de faire dans les temps à venir.

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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 20:31

 

Quelle autonomie du ministre vis-à-vis du président ?  
Nicole Morichaud me fait parvenir deux articles dont la provenance est la même :
Rue89, un blog participatif initié par des journalistes de Libération. L’un d’eux, Pierre Haski, a commenté les propos des deux possibles ministres socialistes des affaires étrangères, Bernard Kouchner et Hubert Védrine. Le premier a accepté l’offre, le second a refusé. Voici cet article paru hier sur http://rue89.com  
 
« Kouchner plutôt que Védrine au Quai d'Orsay, explication de textes »  

« A fleurets mouchetés, Bernard Kouchner et Hubert Védrine, les deux socialistes pressentis par Nicolas Sarkozy pour le poste de ministre des Affaires étrangères, se sont indirectement opposés cette fin de semaine. Le premier, devenu ministre, a ressenti le besoin de se justifier, le seul à le faire parmi les "ministre d'ouverture", en publiant, à la Une du Monde, un billet intitulé "Pourquoi j'ai accepté". Le second, qui a refusé le poste qui lui avait été offert, a publié un communiqué très sobre vendredi, soulignant qu'il avait refusé un poste au rabais. Ambiance.

Bernard Kouchner est un affectif, et il déteste l'idée qu'on puisse le détester. A ses amis, ou ses anciens amis devrait-on dire, consternés par sa présence dans un gouvernement qui compte un ministère de l'"identité nationale", il dit: je n'ai pas changé, jugez moi sur mes résultats. Il va même un pas plus loin: "Je sais que certains de mes amis me reprochent ce nouvel engagement. A ceux-là, je réclame crédit: mes idées et ma volonté restent les mêmes. S'ils me prennent un jour en flagrant délit de renoncement, je leur demande de me réveiller. Je garantis que ce temps n'est pas venu".

Le propos d'Hubert Védrine n'est pas le même, on s'en doute. L'ancien conseiller diplomatique de François Mitterrand, ministre des Affaires étrangères sous Lionel Jospin, partage avec Bernard Kouchner l'idée que la politique étrangère n'est ni de droite, ni de gauche. Et il aurait donc été prêt, malgré "un sérieux problème politique de principe", à servir sous Nicolas Sarkozy qui le lui a proposé, dit-il, au lendemain de sa victoire électorale. Au passage, on comprend mal comment Nicolas Sarkozy a pu proposer le même poste à deux personnalités aux visions du monde aussi radicalement opposées, mais c'est un autre débat...

Mais Hubert Védrine a refusé, explique-t-il dans son communiqué, parce que Nicolas Sarkozy ne voulait pas d'un ministère des Affaires étrangères fort. "J'estime essentiel pour la France que le ministère des Affaires étrangères soit fort, doté de moyens suffisants de conception et d'exécution, et que son rôle central dans l'ensemble des négociations que nous avons à mener pour défendre nos intérêts et promouvoir nos valeurs soit reconnu. J'ai constaté que ce qui était prévu était différent", dit-il.

Dans Libération, samedi, Hubert Védrine va un cran plus loin en affirmant que "Nicolas Sarkozy semble impulser une présidentialisation". Le mot est lâché: venant d'un ancien conseiller de François Mitterrand, qui fut très "présidentiel" pendant son premier mandat, le reproche est étonnant, mais il reflète assurément ce qui est en train de se produire. Et pas seulement en politique étrangère: le gouvernement Fillon est tenu en laisse très serrée par l'Elysée et sa cohorte de conseillers, en prise directe avec le Président de la République.

Cette évolution augure mal de la marge de manoeuvre de Bernard Kouchner, comme le laisse entendre, non sans malice, Hubert Védrine. Les diplomates du Quai d'Orsay ressentent, eux-aussi, ce sentiment d'affaiblissement, de dépeçage aussi puisque des pans entiers de leur administration vont partir vers les ministères de l'environnement, de l'intérieur, de l'immigration...

Certes, la politique étrangère fait partie des "domaines réservés" du chef de l'Etat sous la V° République. Mais la création d'un Conseil national de sécurité (lire l'article de Philippe Madelin) sous l'autorité de l'ancien conseiller diplomatique de Jacques Chirac puis ambassadeur de France à Washington, Jean-David Levitte, augure d'un nouveau fonctionnement de l'Etat dans ce domaine. Nicolas Sarkozy ne sera pas partageur, même quand il "ouvre". 

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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 19:33

 

Qui va piloter les restructurations dans le secteur énergétique ?

 

Le Monde daté du 20 mai relève les ajustements qui restent à effectuer dans la répartition des compétences entre certains ministères. Ils concernent les attributions de l’énergie, du co-développement et de l’aménagement du territoire.

  « Le nouveau découpage des ministères laisse prévoir des ajustements et des tensions »

 

« Le redécoupage des compétences entre les différents ministères devrait entraîner des ajustements, voire des frictions, en particulier sur trois dossiers.

 Energie.

 Alain Juppé n'a guère laissé planer le doute, vendredi 18 mai, en prenant ses fonctions au ministère de l'écologie et du développement durable : les "politiques énergétiques", c'est lui.

 L'ancien premier ministre a ajouté trois autres "pôles opérationnels" (transports, habitat-aménagement urbain-aménagement du territoire, ressources-équilibres naturels). Outre Dominique Bussereau déjà nommé aux transports, il a confirmé que d'autres secrétaires d'Etat viendraient renforcer son équipe après les élections législatives. En attendant, il participera dès lundi, au côté du chef de l'Etat, à une première réunion d'experts, d'associations et d'industriels pour préparer le "Grenelle de l'environnement" prévu à l'automne.

 Son ministère aura, selon M. Juppé, "une mission d'évaluation transversale des politiques publiques au regard des critères de développement durable". La direction générale de l'énergie et des matières premières (DGEMP) du ministère de l'économie, détentrice de l'expertise en ce domaine, devrait logiquement lui être rattachée. M. Juppé aura-t-il aussi la haute main sur la politique industrielle dans le secteur de l'énergie, ou reviendra-t-elle au ministère de l'économie de Jean-Louis Borloo, dont c'est l'une des attributions traditionnelles ? Et qui gérera l'Agence des participations de l'Etat (APE), qui assure la tutelle des entreprises publiques, notamment celles du secteur énergétique ? Les groupes d'énergie sont dans l'expectative au moment où plusieurs dossiers lourds les concernant sont en attente : la fusion Suez-GDF, la recomposition de la filière du nucléaire civil autour d'un trio Areva-Alstom-Bouygues, l'avenir du réacteur de troisième génération EPR, la poursuite de l'ouverture du capital d'EDF, la création d'un pôle français de l'éolien avec le rachat de l'allemand REpower par Areva...

 M. Juppé, qui dit prendre ses nouvelles fonctions avec "enthousiasme, curiosité et détermination", ne sera pas seul. Depuis son second passage à Bercy, en 2004, Nicolas Sarkozy est familier de ces dossiers, malgré des imprécisions sur le nucléaire lors du débat télévisé avec Ségolène Royal. Il continuera de les suivre à l'Elysée. Le candidat avait indiqué, durant sa campagne, que l'énergie est un secteur de première importance pour des raisons à la fois stratégiques (la sécurité des approvisionnements) et industrielles (la nécessité de favoriser le développement des groupes publics et privés comme EDF, GDF, Areva, Total, Suez ou Alstom à l'étranger).

 Coopération au développement.

 L'enjeu des attributions est d'autant plus fort pour le nouveau ministère de "l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement" qu'il s'agit d'une création. Dans l'entourage de Brice Hortefeux, on ne cache pas que "les discussions vont être assez serrées avec les affaires étrangères". Le nouveau ministère pourrait absorber du Quai d'Orsay, non seulement les compétences des services responsables de la délivrance des visas, mais aussi tout ou partie de celles de la coopération au développement, selon la conception plus ou moins extensive que l'on donnera à son action. "Il y aura aussi nécessairement un lien avec la francophonie, le président accordant une importance à la langue française", ajoute-t-on dans l'entourage du nouveau ministre de l'immigration.

 Aux affaires étrangères, on se dit prêt à envisager un détachement auprès du ministère de l'immigration de l'unité de la direction générale de la coopération et du développement, qui s'occupe spécifiquement de codéveloppement. Il n'est pas question, en revanche, de céder toute l'action de développement. Lors de la passation de pouvoirs, Bernard Kouchner a annoncé que serait créé un secrétariat d'Etat au développement... qui resterait au Quai d'Orsay.

 Aménagement du territoire.

 Vendredi midi, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, croyait encore que l'aménagement du territoire lui revenait "naturellement". Il n'en est rien. La délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT, ex-Datar), qui était rattachée à l'intérieur, dépendra d'Alain Juppé. Celui-ci sera donc l'interlocuteur des collectivités locales pour des dossiers comme les contrats de projets Etat-régions, les fonds structurels européens, les pôles de compétitivité et les pôles d'excellence rurale ».

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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 21:01

 

« Cette innovation est une régression historique »

 

 

Le projet de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale avait suscité une vive réaction de Jean-Pierre Chevènement le 12 mars sur son blog (voir plus loin). Maintenant, c’est fait, le ministère existe sous la dénomination « ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement ».

On a pu lire hier sur www.liberation.fr un article de Camille Didelon concernant la démission de Patrick Weil du CNHI, dans lequel le chercheur s’exprime sur les raisons de cette démission.

 Immigration et identité nationale : une «confusion» et une «régression»

« Patrick Weil et sept autres universitaires ont démissionné ce vendredi des instances publiques de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) pour protester contre la création d’un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement.

La Cité, «chargée de rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France», est née en 2003.

Patrick Weil, historien, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l’immigration, explique sa démarche à Liberation.fr ».

 Pourquoi avez-vous démissionné de la CNHI ? 

« Il s’agit pour moi d’un acte éthique. On ne peut pas accepter la création d’un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement et faire comme s’il ne se passait rien. Vu notre métier, vu les manipulations politiques qui existent contre l’immigration et vu le développement du nationalisme xénophobe, c’est notre travail qui est en jeu même si la CNHI elle-même n’est pas entachée par la création de ce ministère. Nous participerons à titre privé aux activités de la CNHI, aux conférences, mais nous ne siégerons plus dans les instances publiques afin de garder notre indépendance et notre sens critique ».

En quoi la création de ce ministère peut-elle peser sur le fonctionnement de la CNHI ? 

« La CNHI a un sens: elle vise à permettre à tous les Français, à tous les jeunes, de comprendre l’apport et la part des étrangers depuis deux siècles dans le développement de la société française. L’idée est de combattre les préjugés et toutes les images falsifiées. Or associer «identité nationale» et «immigration», ce qui est unique dans un pays démocratique, signifie que la France et les Français ont un problème avec la question même de l’immigration.
Mon rôle est d’expliquer que
cette confusion est une régression historique. Il ne faut pas schématiser et faire de l’immigration un «problème». Selon moi, il n’y a pas de raisons d’associer la naturalisation au contrôle des frontières dans un même ministère, de regrouper des domaines distincts. On sent d’ailleurs dans la politique menée un ciblage vers certaines origines par rapport à d’autres. On veut empêcher certaines nationalités d’entrer en France, restreindre certains visas ».

Pourquoi pensez-vous que ce ministère ne va pas fonctionner ? 

« Parce que les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Emploi vont se contenter de se décharger des tâches peu nobles en matière d’immigration sur ce nouveau ministère. Il n’est pas cohérent historiquement d’associer le droit d’asile au regroupement familial. Ce nouveau ministère risque d’être débordé et de ne pouvoir remplir ces fonctions ».

 

Le 12 mars, sur son blog www.chevenement.fr Jean-Pierre Chevènement réagissait au projet du candidat de l’UMP en ces termes.

 Le petit « et » de M. Sarkozy fait mal à tous les républicains

« Il n'est évidemment par malvenu de parler d'identité nationale dans une campagne présidentielle. 

La nôtre s'identifie largement à l'identité républicaine, laquelle plonge ses racines dans ce qui lui préexistait : la langue française par exemple. Ségolène Royal l'a fort bien exprimé à la Halle Carpentier et à Villepinte.

Ce qui est malvenu chez M. Sarkozy c'est de vouloir créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale.

Déjà l'idée de créer un ministère de l'immigration n'est pas, selon moi, une bonne idée : l'immigration est en effet une question transversale qui concerne un grand nombre de ministères. Vouloir créer un ministère-ghetto pour les immigrés est loin d'être une idée géniale mais c'est la conjonction de coordination « et » qui fait le plus problème : la question de l'identité nationale de la France à notre époque est, comme le relève justement Max Gallo, une question décisive. Mais elle n'intéresse pas que les immigrés. Elle concerne tout le pays et d'abord ses élites.

 C'est parce que celles-ci, depuis longtemps, ont cessé de croire en la France que l'intégration des immigrés est rendue plus difficile*.

 L'amalgame fait par M. Sarkozy entre l'identité nationale et les immigrés n'est pas innocent. Ce petit « et » est un clin d'œil adressé à une conception de la France qui n'a rien de républicaine.

 Un petit « et » qui fait mal à tous les républicains ».

*Cf. à cet égard, l'excellent Cahier de « Res Publica » « La République au défi des banlieues ».

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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 20:50

 

L’agriculture sous la tutelle de l’OMC et de Mme Lagarde  

 

La nomination de la nouvelle ministre de l’agriculture et de la pêche n’a pas pu se faire sans le feu vert de la FNSEA. D’ailleurs, le président de la République a reçu tout récemment Jean-Michel Lemétayer, qui préside le syndicat majoritaire des agriculteurs français et, depuis quelques semaines, est à la tête des agriculteurs européens.

 Celui-ci avait une double préoccupation : le maintien du ministère de l’agriculture et la position de la France dans les négociations commerciales à l’OMC. Avec la nomination de Mme Lagarde, il a obtenu une double satisfaction. L’ancienne ministre du commerce extérieur a suivi de près, avec son collègue de l’agriculture, tout ce qui touche à l’Organisation Mondiale du Commerce. Elle ne sera pas novice au moment de discuter avec le directeur de l’OMC, Pascal Lamy, et le commissaire européen chargé du commerce, Peter Mandelson, qui porte les intérêts européens dans ces négociations.

 Que fera la nouvelle ministre de l’agriculture ? Son parcours professionnel antérieur à son engagement ministériel est relaté par Michel Moine sur son blog www.michel-moine.net.

 Michel Moine est le suppléant du candidat Georges Sarre dans la Creuse (voir son blog http://www.sarrepourlacreuse.fr

« Une ultra-libérale atlantiste à la tête du ministère de l'Agriculture ? »

« Je lis dans Le Monde la composition probable du futur gouvernement Fillon. Je réagis à "l'hypothèse" de voir le ministère de l'agriculture confié à Christine Lagarde, qui occupait dans le précédent gouvernement le portefeuille du commerce extérieur.

 On se rappelle la revendication du monde agricole français d'un "ministère de plein exercice" pour que la France "fasse en sorte que l'agriculture, à l'OMC, ne soit pas la cinquième roue du carrosse."  Dans une précédente note, j'avais donc abordé ce sujet, qui appelait forcément une suite de ma part. Enfin, soyons exact, la suite, c'est surtout de la part des autorités qu'elle était attendue.

 C'est le sens du courrier adressé le 16 mai dernier par Jean-Michel Lemétayer au nouveau président de la République: " la FNSEA (...) tient tout particulièrement à attirer votre attention sur le dossier de l'OMC. En effet, se joue à Genève un jeu complexe où les Etats-Unis; comme nombre de pays émergents, ont choisi un seul mot d'ordre : brader le modèle agricole européen. Il est temps de reprendre l'initiative afin de faire avancer ce grand dossier international. Nous comptons sur votre fermeté et vos proposition pour que la mondialisation, spécifiquement en agriculture ne signifie pas destruction ou réduction, mais développement et équité." Les objectifs et l'adversaire sont clairement identifiés.

 Si les prévisions du Monde s'avèrent justes, il semble que la compétence du ministère de l'agriculture sera effectivement élargie aux négociations de l'OMC. Si on peut considérer que les questions agricoles seront au centre des préoccupations françaises, justifiant en cela l'articulation de ces deux compétences entre elles, on ne peut s'empêcher de remarquer que la problématique de l'OMC  va bien au-delà des seules questions agricoles.

 Christine Lagarde sera-t-elle davantage ministre de l'agriculture ou ministre des négociations avec l'OMC ? Dans l'un ou l'autre cas, le parcours de Madame Lagarde ne manque pas de susciter perplexité et interrogations, voire inquiétude. Avocate spécialisée en droit social, elle a rejoint, en 1981, le cabinet Baker & McKenzie à Chicago et a poursuivi toute sa carrière aux États-Unis. Madame Lagarde militait aux États-Unis au Center for Strategic & International Studies (CSIS). Au sein de ce « think tank », elle co-présidait avec Zbigniew Brzezinski la commission Action USA/UE/Pologne et suivait plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense USA-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais. Or, dans ces instances, elle représentait les intérêts états-uniens contre ceux du Commerce extérieur français dont elle devint ensuite la ministre.

 Christine Lagarde intervint dans le dossier de la vente, en avril 2003, de 48 chasseurs F-16 Lockheed-Martin à la Pologne, nouvel entrant dans l'Union européenne, pour 3,5 milliards de dollars. Cette transaction provoqua la consternation en Europe dans la mesure où le gouvernement polonais payait cette commande... avec les fonds de l’Union européenne destinés à préserver son secteur agricole. Il s'agit là, semble-t-il, du contact le plus abouti de madame Lagarde avec la question agricole, qui ne lui suscita pas le moindre état d'âme !

 Le choix présidentiel pour le ministère de l'agriculture ne manquera pas de plonger le monde agricole dans un certain désarroi. Alors qu'il semble accéder à sa demande, Nicolas Sarkozy fait rentrer le loup dans la bergerie et choisit pour incarner notre pays auprès de l'OMC une personnalité dont les choix professionnels ont toujours combattu les intérêts de la France au bénéfice de la vision ultra-libérale de l'Amérique. Autant arroser un incendie avec de l'essence !

 S'il devait se confirmer demain, ce choix serait un très mauvais message adressé aux paysans français ».

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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 18:09

 

Une ouverture électoraliste, européiste et atlantiste 

 

Les premiers pas du président et la composition de son gouvernement font penser à Giscard en 1974. Rajeunissement évident, effets d’image, volonté de rupture avec le passé proche… On sait comment Giscard a été congédié en 1981, le peuple n’ayant pas supporté la cure d’austérité imposée par Raymond Barre.

 Ce président est proche idéologiquement de Giscard d’Estaing. Il a fait le choix de relayer les politiques néolibérales, lesquelles ne sont remises en cause par aucun chef d’Etat et de gouvernement des grandes nations du monde capitaliste. Le fait que certains membres du PS aient pu accepter des postes ministériels montre que ce parti n’a pas su clarifier ses orientations, notamment en ce qui concerne l’Europe et la politique économique libérale.  

Voici la composition du gouvernement Sarkozy-Fillon (que j’emprunte au blog citoyen de Xavier Dumoulin http://sr07.unblog.fr suivie des commentaires de responsables du PS (www.lemonde.fr) et de Jean-Pierre Chevènement (www.chevenement.fr).

 Quinze ministres :  

Alain Juppé, ministre d'Etat chargé de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durable
Jean Louis Borloo , ministre de la Stratégie économique, entreprises et emploi
Eric Woerth
, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique
Bernard Kouchner,
ministre des Affaires étrangères et européennes
Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville
Roselyne Bachelot, a été nommée ministre de la Santé, Jeunesse et Sports
Christine Albanel
, ministre de la Culture, de la Communication et porte-parole du gouvernement
Christine Lagarde, ministre de l'Agriculture et de la pêche
Xavier Bertrand
, ministre du Travail et des relations sociales
Michèle Alliot Marie, ministre de l'Intérieur et de l'Outre-Mer
Hervé Morin, ministre de la Défense
Brice Hortefeux
, ministre de l'immigration, intégration et identité nationale
Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Rachida Dati nommée ministre de la Justice
Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale

 Quatre secrétaires d’Etat :
Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes
Eric Besson, secrétaire d'Etat à la Prospective
Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement
Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports auprès d'Alain Juppé, ministre d'Etat en charge de l'Ecologie
Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives.

 Commentaires du PS

 « Au Parti socialiste, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a estimé dans un communiqué que le gouvernement de François Fillon "s'inscrit dans la continuité des années Chirac" et n'est qu'"une simple rotation". Dans un communiqué, le député-maire de Nantes a estimé que"l'ouverture se limite à une personnalité sans frontières, à un haut fonctionnaire, et à un débauchage individuel dont les pouvoirs sont soigneusement placés sous tutelle directe de l'Elysée"."C'est un gouvernement de campagne électorale qui vise à obtenir les pleins pouvoirs pour mettre en œuvre la politique de continuité en pire, annoncée par Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté. Avant d'inviter les Français à "donner la représentation la plus forte à la gauche" lors des élections législatives des 10 et 17 juin, pour assurer "un contrepoids".

Claude Bartolone, député PS, a estimé sur LCI qu'"on continue dans l'Etat-spectacle", filant la métaphore avec le Festival de Cannes. "Depuis quarante-huit heures on a eu la bande-annonce du film de Sarkozy : la jeunesse, l'amour, l'émotion. Aujourd'hui, les acteurs, quelques nouveaux pour masquer le retour de l'Etat RPR, les traîtres qui sont toujours nécessaires dans un film à suspense. Mais les Français ne se laisseront pas avoir, ils savent très bien qu'après la bande-annonce, il y a la réalité", a-t-il affirmé ».

 Communiqué de Jean-Pierre Chevènement 

« Si le choix d'un gaulliste social à la tête du gouvernement peut paraître comme un élément de rééquilibrage, l'autonomie du Premier ministre vis à vis de Nicolas Sarkozy risque d'être réduite.

La séparation de Bercy en deux ministères serait une bonne chose, si le mot « industrie » figurait dans le portefeuille de M. Borloo. Il n'y figure malheureusement pas.

Quant à la nomination de MM. Kouchner et Jouyet aux Affaires étrangères et européennes, cette manœuvre de bas étage ne laisse augurer rien de bon pour la suite. Indépendamment de leurs personnalités attachantes, l'un et l'autre ont toujours symbolisé la droite dans la gauche. Le théoricien du devoir d'ingérence, Bernard Kouchner fournira des munitions idéologiques pour justifier l'alignement sur les Etats-Unis : a-t-on jamais vu les faibles s'ingérer dans les affaires des forts ?

Quant à Jean-Pierre Jouyet, on ne peut guère compter sur ce dévot de l'européisme qui a toujours sanctifié l'orientation libérale de la construction européenne, pour en redresser le cours.
L'ouverture de la droite vers la droite qui nichait dans la gauche ne trompera personne. Cette pseudo « ouverture » n'est en fait qu'une couverture : elle servira à justifier le retour au bercail atlantiste, les tentations néocoloniales et les dérives européistes.
Un seul aspect positif à cette manoeuvre de couverture : elle renforce la gauche en l'épurant ».

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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 18:19

 

Place à la gauche républicaine et socialiste !

La recomposition de la droite se fait sous nos yeux à l’initiative du nouveau président de la République, qui a mijoté son affaire depuis longtemps, plus particulièrement depuis deux ans, après le référendum européen et la fin des gouvernements Raffarin, avec le concours de François Fillon.

 La gauche, de son côté, a commencé sa recomposition avec la candidature de Ségolène Royal à l’élection présidentielle et l’accord conclu le 9 décembre 2006 entre le PS et le MRC.

Après l’échec de Lionel Jospin le 21 avril 2002, le PS aurait dû se reconstruire sur la base d’un projet alternatif aux politiques néo-libérales, dans la perspective de l’après-Chirac. Il ne l’a pas fait et, pire, il a verrouillé le débat, continué sur sa lancée de l’alliance privilégiée avec les Verts et ciblé Jean-Pierre Chevènement comme étant le responsable de la défaite de 2002.

 C’est cet immobilisme obstiné qui a permis à Ségolène Royal de s’imposer comme candidate du PS après avoir contourné celui-ci en s’appuyant sur un réseau de sympathisants, réunis dans les comités « Désirs d’avenir », et sur de bons sondages.

 L’accord entre le PS et le MRC le 9 décembre 2006 a été préparé par quelques responsables de chaque côté, sous l’impulsion de la candidate du PS et du PRG, qui tenait à ce que le MRC et Jean-Pierre Chevènement soient associés très tôt à sa campagne et participent à l’élaboration de son pacte présidentiel.

 Les cent propositions sont dans la continuité du texte de l’accord PS - MRC et s’inspirent à la fois du projet du PS et des débats participatifs de terrain.

L’échec de Ségolène Royal et de l’ensemble de la gauche le 6 mai, la recomposition de la droite sous l’impulsion du nouveau président de la République, ainsi que la percée du candidat Bayrou le 22 avril, imposent à la gauche de se réorganiser en profondeur après avoir choisi dans la clarté une ligne politique et une stratégie de conquête du pouvoir.

En fait, la gauche a perdu l’élection présidentielle parce qu’elle n’a pas fait sa mue suffisamment tôt, mais elle a réussi à mobiliser une partie de l’électorat populaire et à redonner l’espoir aux citoyens. Grâce à l’intuition et à l’énergie de Ségolène Royal, et grâce aussi à la ligne politique du pacte présidentiel.

Les premières réactions négatives de personnalités comme Bernard Tapie ou Bernard Kouchner à l’accord PS - MRC et au pacte présidentiel ont été suivies de l’opposition plus ou moins voyante de nombreuses autres, y compris parmi les dirigeants du PS.

 C’est le signe de la recomposition qui est amorcée et se prolonge depuis le 6 mai par le refus des Verts de signer un accord avec le PS afin de préserver leur liberté, et aussi par les initiatives du président du PRG en direction des amis radicaux, membres de la majorité présidentielle.

 On peut résumer ainsi les principales orientations que la gauche se donnera demain : 

- Construction d’une Europe indépendante et consolidation du modèle social et républicain national,

 - Adoption d’une politique énergétique cohérente et relance d’une croissance écologique, riche en emplois,

 - Nouvelles règles pour le commerce international et priorité à la sécurité alimentaire partout dans le monde.

 Il est fort possible que le PCF décide de rejoindre le nouveau parti de la gauche républicaine et socialiste, piloté par Ségolène Royal avec le soutien de Laurent Fabius et l’appui critique et réservé, voire oppositionnel, de Dominique Strauss-Kahn.

 Il est possible que certains membres du PRG fassent le choix  d’un pôle libéral-radical autour de Bernard Tapie et Jean-Louis Borloo. Mais ils seront minoritaires.

 Il n’est pas impossible que les Verts se partagent entre cette voie républicaine de la gauche et le pôle écolo-démocrate du centre de François Bayrou.

Quant à José Bové, qui anime l’un des courants de la gauche libertaire et anti-néolibérale, et les altermondialistes constructifs, il n’est pas impossible qu’ils puissent nouer des relations constructives avec la gauche.

Il reviendra à chaque organisation et à chaque citoyen de se déterminer sur la base du projet du futur parti de la gauche rassemblée.

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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 13:43

 

Tout est possible, même la réussite de Sarkozy…

 

Comment le nouveau président de la République va-t-il mettre en œuvre ce qu’il a promis pendant la campagne ? Le rajeunissement est réel. Tout va être fait pour gagner les élections législatives. C’est le sens de la majorité présidentielle élargie, qui doit permettre au président de gouverner. Peut-être pense-t-il déjà à sa réélection dans cinq ans ?

Eric Zemmour, dans un article paru ce jour sur www.lefigaro.fr, pense que le premier des ministres, François Fillon (avec l’aide du second, Alain Juppé), a la lourde responsabilité de concilier les politiques contradictoires que le candidat de l’UMP a présentées successivement pendant la campagne électorale. « Tout est possible », l’échec comme la réussite… Voici le texte d’Eric Zemmour.  

 « Europe, marché, mondialisation : Fillon va devoir faire la synthèse des deux Sarkozy »

 « Une campagne présidentielle est grosse de plusieurs possibles. En jargon politique, cela appelle le rassemblement. Rassembler les différences, jusqu'aux contraires parfois, pour atteindre le rivage majoritaire. La campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy n'échappe pas à cette règle d'airain de la Ve République.

 On peut distinguer deux campagnes en une, deux sociologies électorales, deux Sarkozy.

 D'abord, une ligne libérale, marchande, ouverte sur le monde, une sociologie bourgeoise, un électorat des « beaux quartiers », qu'il a reçus en héritage de Balladur, qui lui-même l'avait reçu de Pompidou, et pour remonter plus loin, des Orléanistes. Ils ont approuvé son bouclier fiscal, la suppression des droits de succession, le service minimum, l'assouplissement du marché du travail, la réforme annoncée de l'État. C'est le Sarkozy I, celui d'hier et de toujours, qui brocardait le « modèle social français » et donnait en exemple les Anglais de Tony Blair. Celui que les socialistes attendaient au coin du bois du « libéral, communautariste, atlantiste ». Qu'ils n'ont jamais pu atteindre.

Car la campagne révéla un Sarkozy II : patriote et social. Qui exalta Jeanne d'Arc et Jaurès, de Gaulle et Zola. C'est ce Sarkozy-là qui déjoua les pièges de ses opposants. Qui lui permit d'atteindre 31 % des voix dès le premier tour. Qui redonna à la droite un électorat populaire, d'ouvriers et d'employés, de salariés parfois très modestes, réunis surtout autour du Bassin parisien, de l'Est et du Sud-Est de la France, ces « pays » où naquit la Révolution française, soucieuse d'égalité et de méritocratie, les terres des « Marches » aussi, au patriotisme farouche, qui ont subi toutes les invasions de la France, les endroits enfin où résident aujourd'hui les populations d'immigrés les plus importantes ; sans oublier ces « rurbains », qui ayant justement fui leurs banlieues, lui firent un triomphe. C'est l'électorat composite qu'il a arraché de haute lutte à Jean-Marie Le Pen.

 Il acclamait le Sarkozy pourfendeur de l'assistanat ; ses salles de meeting chaviraient lorsqu'il expliquait que l'islam devait se soumettre aux modes de vie et aux habitudes culturelles françaises - en particulier à propos des femmes. Non par racisme, comme le prétendent les bien-pensants de gauche. Mais souvent par réflexe égalitaire.

Cet électorat, parfois composé de fils d'immigrés, ou pieds-noirs, n'accepte pas qu'on ait troqué les anciennes exigences de l'assimilation, pour les tolérances différentialistes de « l'intégration ».

La critique acerbe de mai 1968 par Sarkozy résonnait dans ce contexte-là, puisque c'est la génération de mai 1968 qui a imposé un certain « différencialisme », rejeté les contraintes de l'assimilation, exalté les cultures d'origine.

Pour séduire ses électorats disparates, Sarkozy a ressuscité un classique de l'histoire politique française : la synthèse bonapartiste.

Dès son discours du 14 janvier à la porte de Versailles, il retrouvait les lignes magiques de l'Empereur : ordre et égalité. Dynamisme économique et protection. Nicolas Sarkozy n'hésitait pas à réclamer le retour de la « préférence communautaire ». Ce n'était pas encore le blocus continental, mais cela suffisait à exaspérer les apôtres du libre-échange et les dirigeants communautaires. Mais les aficionados du Sarkozy Ier le libéral firent mine de ne pas entendre son discours social et protectionniste, tandis que les nouveaux amis de Sarkozy II le plébiscitaient malgré ses projets de remise en cause du droit du travail.

La synthèse bonapartiste donna son plein régime sous de Gaulle et Pompidou, qui pouvaient marier, à l'abri de frontières françaises et européennes, colbertisme industriel et méritocratie, liberté et sécurité. Lors de ses visites innombrables et chaleureuses dans les usines, Sarkozy déclara sa flamme au monde ouvrier et à l'industrie française ; donna en exemple son sauvetage réussi d'Alstom.

Mais la mondialisation est une dérégulation ; elle crée de la liberté et du désordre ; libère l'économique de la tutelle du politique, et consomme son divorce avec le social ; provoque un transfert massif - comme en Angleterre - des industries de main-d'oeuvre dans les pays à bas salaires ; un accroissement formidable des richesses mais aussi des inégalités. Entre les pays et au sein des nations elles-mêmes.

La culture anglo-saxonne, d'éthique protestante, les tolère mieux que le logiciel français, d'essence catholique. Dès l'annonce de son élection triomphale, dimanche 6 mai au soir, Nicolas Sarkozy exhortait ses partenaires européens à entendre la voix des peuples qui voient dans l'Europe « le cheval de Troie » de la mondialisation.

Pendant la campagne, les responsables communautaires lui avaient d'avance répondu, Jean-Claude Trichet défendu l'euro fort, et le président de la Commission, Manuel Barroso, rejeté avec véhémence tout retour à la préférence communautaire ou à une politique industrielle européenne. Nicolas Sarkozy et la France sont terriblement isolés. Le journal britannique des milieux d'affaires, le Financial Times, lui lançait récemment en guise d'avertissement : « Sarkozy sera-t-il un libéral économique ou un interventionniste populiste ? »

Pendant toute la campagne, Sarkozy a refusé d'entrer dans ses débats idéologiques. Théologiques. Au nom du pragmatisme. De l'action. Qui, selon lui, devrait concilier les contraires, réconcilier l'économique et le social, le dynamisme des uns et la protection de tous. Cette conciliation, c'est la tâche herculéenne qui attend le nouveau premier ministre, François Fillon.

 A la vieille question de Lénine, « Que faire ? », Sarkozy a choisi de répondre : faire. Tout est possible ».

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 22:48

 

La perspective de refonder la gauche crée l’espoir

Les informations en provenance du Territoire de Belfort sont encourageantes. Voir à ce sujet le blog de Jean-Pierre Chevènement  www.chevenement.fr .

 « Dans le contexte créé par le résultat de l'élection présidentielle, et dans la perspective de la nécessaire refondation de la gauche, le PS et le MRC ont décidé de travailler ensemble pour préparer les prochaines échéances électorales à Belfort et dans le Territoire de Belfort ».

Voici le communiqué de Jean-Pierre Chevènement, publié ce jour. 

« Le combat commun que nous menons en prépare d'autres » 

 "La déclaration de Bruno Kern, dont je viens de prendre connaissance, l'honore. Il est important en effet que les engagements pris soient respectés. Il est temps que soient levées, dans le Territoire de Belfort, les incompréhensions qui ont pu exister dans le passé.

 Nous nous sommes retrouvés derrière Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle. Nous devons ensemble nous tourner vers l'avenir. Dans cet avenir, Bruno Kern a toute sa place. Ma seule ambition est de préparer l'avenir de Belfort et du Territoire de Belfort dans l'intérêt de tous ses habitants.

Dans le contexte actuel, le soutien réciproque du PS et du MRC dans les deux circonscriptions législatives du Territoire de Belfort est apparu préférable à la constitution de tickets communs. Cet accord équilibré répond à l'exigence de l'union.

Nous devons ensemble faire face à la confiscation de tous les pouvoirs dans les mêmes mains et à la remise en cause d'acquis sociaux essentiels : indemnisation du chômage – assurance maladie – pérennité des services publics.

Nous devons surtout maintenir le Territoire de Belfort à la pointe du progrès économique et social comme les collectivités locales étroitement unies ont su le faire avec succès depuis de longues années en portant des dossiers essentiels pour l'avenir (développement économique avec Techn'Hom – arrivée du TGV – site médian de l'hôpital – essor universitaire, etc).

Pour cela, l'étroite union du PS et du MRC dans la perspective de la refondation de la gauche toute entière est une impérieuse nécessité.

J'appelle tous mes concitoyens à y prendre leur place.

Le combat commun que nous menons en prépare d'autres. Belfort et le Territoire de Belfort doivent rester fermement ancrés dans une politique de gauche et de progrès ».

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