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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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Articles RÉCents

27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 22:24

 

Plus de 500 manifestants de tous âges derrière la banderole intersyndicale

 

 

Les manifestations continuent contre le projet de loi travail, à Laval comme dans les autres départements français. Les 19 et 26 mai 2016, il y avait plus de 500 personnes qui défilaient dans les rues de Laval derrière la banderole intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires et les organisations étudiantes et lycéennes Unef, Unl et Fidl.

 

A chaque fois, la détermination et la bonne humeur étaient au rendez-vous, avec toutes les générations représentées, comme on peut le voir en visionnant les vidéos de Jacques Omnès :

- 19 mai : https://www.youtube.com/watch?v=Fex5dwu6Kig&list=PLCgsfKiQ9oO1J505Ies-tUdtO6mmOWAEK

- 26 mai : https://www.youtube.com/watch?v=ZMNMKCschl0

 

Rappel articles concernant la loi travail :

 

- (9 mars 2016) : Ce sont les jeunes qui ont le plus manifesté contre le projet de loi travail

 

- (14 mars 2016) : Bastien Faudot et la loi Travail : il est urgent de séparer MEDEF et Etat

 

Cet article est le 133ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Chaude ambiance avec les jeunes dans les rues à Laval le 26 mai 2016

Chaude ambiance avec les jeunes dans les rues à Laval le 26 mai 2016

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 22:39

 

En réalité, c'est une contre-réforme qui s'inscrit dans la logique néolibérale

 

Serge Maupouet est professeur d'histoire dans un collège de Saintes (Charente-Maritime). Il milite à la FSU en tant qu'enseignant et à la FCPE en tant que parent d'élève. Responsable départemental (17) et régional (Poitou-Charentes et Limousin) du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), il participe à la commission Education de ce parti de gauche présidé par Jean-Luc Laurent et représenté en vue de l'élection présidentielle par Bastien Faudot, la gauche avec le peuple.

Rappel (17 sept. 2015) : Le MRC opposé à la réforme des collèges prévue pour la rentrée 2016

 

Dans la Saintonge Jacobine, Serge Maupouet vient de publier un texte de fond sur la réforme du collège, intitulé :

La "réforme" du collège : vers une prise de conscience des enjeux réels ?

Mi-mai 2016. Il reste encore beaucoup à faire pour expliquer les conséquences concrètes - d'affaiblissement de l'enseignement secondaire public - qui découlent d'une soi-disant réforme du collège qui est en réalité, derrière un vernis apparent de rénovation pédagogique (un habillage néanmoins désorganisateur [1]), profondément inscrite dans une logique néo-libérale : la recherche d'économies de moyens, et la mise des établissements en concurrence par le biais d'une autonomie accrue sont désormais patents.

Si l'on en consulte la définition courante proposée par le Larousse la notion de réforme suppose un progrès: "Changement de caractère profond, radical apporté à quelque chose, en particulier à une institution, et visant à améliorer son fonctionnement : Réforme de l'enseignement." Or, c'est à partir de cette définition qu'il est permis de s'interroger : sauf à en être complexifié, en quoi le fonctionnement du collège serait globalement "amélioré" par les changements imposés ? 
 

A regarder sous cet angle, il s'agit certainement plus d'une contre-réforme, aux dépens des enfants des milieux populaires et modestes qui seront les premiers à en payer le prix en terme de restriction d'offre éducative, de perte en temps d'enseignement et en possibilités de remédiation aux difficultés scolaires. Le journal Le Monde dressait ainsi, dans un article daté du 8 février 2016 ("Réforme du collège : la bataille des moyens est lancée"), ce simple constat "L’année prochaine, toutes les classes auront vingt-six heures de cours par semaine (hors option). C’est plus qu’en 5eaujourd’hui (+1 heure), mais c’est moins qu’en 6e (-1 heure), 4(-2 heures) et en 3(-2h30). Au final, si l’on compare les grilles horaires réglementaires avant et après la réforme, on peut considérer que les élèves vont perdre 162 heures sur l’ensemble de leur scolarité au collège (soit un peu plus de six semaines de classe)La perte sera encore plus importante pour les élèves qui suivent des options."

 

Aussi, la contre-réforme du collège n'est pas seulement sans les moyens nécessaires pour l'appliquer - même dans l'optique de ceux qui l'ont conçue -, mais elle induit bien une évolution vers moins de moyens ! Cette perception est largement partagée, comme le montre un article de La Dépêche du 16 mai, intitulé "Collèges: une réforme qui fâche", et qui donne des aperçus de la réception de la réforme dans l'Académie de Toulouse du point de vue enseignant. Au stade de l'année scolaire où nous sommes, cette perception repose sur des constats objectifs puisque les dotations horaires et structures pour l'année à venir ont été présentées dans les Conseils d'Administration, et que les formations liées à la réforme se sont largement tenues (quoique certaines soient repoussées à la rentrée de septembre 2016). En outre, si la perspective d'une année 2017 comportant des élections majeures a sans doute joué dans le sens d'une préservation au moins temporaire de moyens humains, qu'en sera-t-il après ?
 

Du côté des représentants de parents, la prise de conscience des réalités liées à la "réforme" a vraiment progressé, face à l'évidence des faits : plus d’un tiers des délégués au 70e Congrès national de la FCPE (Marseille, 14 au 16 mai 2016) se sont positionnés pour une suspension de la réforme, et in fine une motion majoritaire critique cette réforme. Le constat est ainsi posé que la réforme n'est pas acceptable telle qu'elle est conduite et dans un certain nombre de ses conséquences, dont la mise en concurrence des établissements, le manque de moyens, les inégalités accrues entre élèves [2].


L'urgence est, en effet, de penser sérieusement aux élèves: les conditions d'accueil proposées à la rentrée de septembre 2016 seront à l'évidence dégradées; sans parler de la difficulté pour les enseignants d'être en simple situation de maîtrise de l'ensemble des données d'un système réformé imposé avec une rapidité déboussolante, faire face aux heures de permanence nouvelles qui seront induites pour les élèves sera sans doute un défi pour les personnels de Vie scolaire ! 
Aussi, la question d'actualité est sans doute celle-ci : comment s'organise-t-on, parents, enseignants, membres et acteurs de la communauté éducative, comment agit-on assez puissamment pour obtenir les moyens et les réorientations indispensables ? Il ne reste qu'un peu plus de 3 mois : c'est court !


Pour la suite, il faudra un autre projet. En 2012, j'écrivais déjà, dans une contribution pour la commission éducation du MRC intitulée "Le collège unique : éléments de réflexion" (texte extrêmement synthétique d'un travail de recherche en réalité beaucoup plus large) qu'il était nécessaire de "proposer une rénovation et une relance ambitieuses du collège unique [pour faire] du collège un maillon fiable et fort du système éducatif, [rénovation et relance] qui conservent l’objectif d’une démocratisation élevant le niveau général d’instruction tout en mettant en place l’organisation, les dispositifs, les moyens propres à atteindre cet objectif."

Michel Sorin avait placé sur son bloc-notes en ligne une version préparatoire que je lui avais transmise (article-le-college-mis-en-cause-par-les-liberaux-reflexions-de-serge-maupouet) et qui exprimait plus complètement les "manières de voir les évolutions" que je souhaitais alors mettre en débat, au vu du contexte de rédaction (2011). Il faut confronter ces "manières de voir" alors proposées avec les options idéologiques qui sous-tendent la contre-réforme actuelle : n'est-ce pas clairement l'école libérale qui est actuellement en construction au niveau du collège ? Par conséquent, je replace ici ce passage de la version préparatoire qui ne se trouve pas dans la version synthétique, mais qui me paraît toujours utile aux échanges et à la prospective d'ensemble, sous réserve des actualisations nécessaires en des points particuliers (presque 5 années s'étant écoulées, voir certaines précisions en notes) : "Le collège est aujourd'hui une étape incontournable dans un parcours (...).

Pour contrer ce collège néo-libéral qui se construit maintenant sous nos yeux, pour mettre en place une rénovation et une relance ambitieuses, il faudra véritablement manifester la volonté de continuer à combattre les déterminismes sociaux, de refuser les conservatismes c'est-à-dire tout retour en arrière vers une orientation précoce, un tri social déguisé, et mettre pleinement les moyens humains et financiers pour porter à son terme la « Troisième révolution scolaire », en renouant avec la marche vers une véritable élévation générale du niveau de formation initiale, au bénéfice de tous. C'est possible, mais cela implique des choix à mettre clairement et largement en débat dès maintenant, dans la perspective de 2017.


[1] des personnels de direction font état dans cet article du Télégramme du 8 mai 2016 de leurs difficultés actuelles, et on pourrait évoquer d'autres facteurs comme l'impact, d'une année sur l'autre, des modifications liées à la variable d'ajustement que seraient les EPI (Enseignements pratiques interdisciplinaires), etc.
 

[2] voyez par ce lien un article en ligne afférent sur francesoir.fr ; sur le site de L'Humanité, on trouve les motions adoptées lors de ce Congrès de la FCPE, à la suite d'un article qui décrit un certain nombre de débats internes :http://www.humanite.fr/lopposition-la-reforme-du-college-prend-ses-marques-la-fcpe-607198 
 

[3] dans ce passage, la répétition se justifie par le contexte de rédaction [2011] où l'on sentait la volonté de faire sortir le plus précocement les élèves en difficulté (avec l'apprentissage junior par exemple). Il faudrait actualiser le propos et inscrire désormais la volonté dans une optique de prolongation de la scolarité obligatoire vers 18 ans, ce qui suppose aussi une adaptation de la structure actuelle du lycée. 
 

[4] le nouveau type de "brevet" qui se profile pour 2017 n'est certes pas le modèle que j'avais à l'esprit en 2011, est-il nécessaire de le préciser ?
 

[5] car plus la formation initiale est rendue brève et limitée, plus s'impose la nécessité de ladite "formation tout au long de la vie". L'expression n'est par conséquent pas aussi neutre qu'il pourrait y paraître au premier abord.

 

Rappel (8 janv. 2012) :  Le collège mis en cause par les libéraux : réflexions de Serge Maupouet

 

Cet article est le 36ème paru sur ce blog dans la catégorie L'école

Serge Maupouet, au côté de Martine Souvignet, le 26 novembre 2014, lors d'une conférence organisée par le MRC à Saintes (17) sur la réforme territoriale

Serge Maupouet, au côté de Martine Souvignet, le 26 novembre 2014, lors d'une conférence organisée par le MRC à Saintes (17) sur la réforme territoriale

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 22:35

 

Pour le retrait du texte, lançons des comités locaux de citoyens

 

On se souviendra de ce 11 mai 2016 pour le coup de semonce donné par 56 députés de gauche au gouvernement Valls, suite au 49-3 décidé la veille, mettant fin à l'examen du projet de loi travail.

Il aurait fallu deux députés de plus (58, soit 10 % de l'hémicycle) pour qu'ils puissent déposer une motion de censure.

Pas de regret car, même s'ils avaient pu en déposer une, elle n'aurait pas été votée par une majorité de députés.

L'essentiel est que ces députés (PS, MRC, Front de gauche, écologistes, non inscrits) ont jeté les fondations de ce qui pourrait être un rassemblement de gauche dans la perspective des échéances électorales 2017 et au-delà.

 

Car le combat pour le retrait du projet de loi travail ne s'arrête pas là. Parmi les actions qui pourraient être conduites, il y a la mise en place de comités locaux de citoyens. Je vais le proposer en Mayenne à ceux qui partagent cet objectif. Voir la liste et la Motion de Censure Des Gauches Et Écologistes.

 

Voici le texte du projet de motion de censure des gauches et écologistes.

 

Nous, parlementaires de plusieurs groupes et partis des gauches et écologistes à l'Assemblée nationale, considérons que l'utilisation, par un gouvernement issu de la gauche, de l'article 49-3 de la Constitution, sur un texte portant réforme du Code du Travail, est un acte politique d'une extrême gravité.

 

Le projet de loi « Travail » comporte un risque grave d'atteintes aux droits des salariés et à notre modèle social. La consécration de l'inversion des normes en droit du travail, qui généralisera la possibilité pour une entreprise de pratiquer le moins-disant social (par exemple, en diminuant la majoration des heures supplémentaires) constitue une régression historique. Elle s'ajoute à d'autres mesures dangereuses, celles qui facilitent les licenciements, ou l'ensemble des mesures incitant à l'augmentation du temps de travail. Plus largement, ce projet de loi, et la philosophie qui a présidé à sa conception, participent à l'idée fausse selon laquelle la diminution des protections des salariés favoriserait les créations d'emplois, dans une période où la transition écologique et la transformation numérique doivent inspirer un nouveau mode développement.

 

Cette loi ouvre une brèche dans laquelle s'apprêtent à s'engouffrer tous les partis et les programmes de la droite, rêvant déjà d'une dérégulation encore plus forte du droit du travail.

Reconnaissant le fait qu'il ne dispose pas de majorité pour voter ce projet, le gouvernement bafoue les droits essentiels du Parlement et fait aussi violence à des millions de citoyens qui, en majorité, rejettent ce projet de loi. Leurs représentant-es sont désormais privés de toute possibilité de s'exprimer dans l'hémicycle sur ce texte. Le gouvernement veut ainsi imposer, sans débat, l'adoption par l'Assemblée d'un texte qui aura pourtant des conséquences très concrètes et quotidiennes pour nos concitoyens.

 

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Le gouvernement doit accepter le débat de fond sur sa politique et cesser d'empêcher le Parlement de jouer pleinement son rôle d'assemblée délibérante. Afin d'obtenir le rejet de ce texte, nous appelons l'Assemblée nationale à adopter cette motion de censure.

 

Rappel (10 mai 2016) : Le 49-3 du 10 mai 2016 pour fêter le 10 mai 1981 et le Front populaire

 

Cet article est le 150ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 22:44

 

Le gouvernement Valls sous la menace d'une motion de censure à gauche

 

Le président de la République, François Hollande, avait nommé, en 2014, Manuel Valls à la tête du gouvernement de la France. C'était une manière de refuser le rassemblement de la gauche qui l'avait élu en mai 2012. Manuel Valls était connu pour ses options libérales qui lui avaient valu d'être très minoritaire lors des primaires du PS. De plus, il a déclaré que les deux gauches sont irréconciliables, ce qui laisse entendre qu'il va rechercher des alliances à droite et au centre. L'option Valls Premier ministre comportait de sérieux risques d'échec.

 

Un an avant l'échéance des élections présidentielle et législatives, ce gouvernement d'orientation social-libérale (d'accompagnement et non de résistance au capitalisme absolu qui domine le monde) a été contraint ce 10 mai 2016 d'utiliser la procédure du 49-3 contre sa propre majorité pour faire adopter sans vote le projet de loi travail à l'Assemblée nationale, un projet qui répond aux injonctions de l'Union européenne (le 14 juillet 2015, celle-ci envoyait à la France une recommandation ordonnant au gouvernement de « réformer le droit du travail » afin de faciliter les accords d’entreprises pour déroger au droit du travail et faciliter les licenciements).

 

Trente-cinq ans après le 10 mai 1981, c'est l'aboutissement d'une dérive libérale de la gauche, comme le signale cet article du Monde Diplomatique, ce 10 mai 2016.

Le 10 mai 1981, l’élection du premier président de gauche de la Ve République, qui avait précédemment dirigé le Parti socialiste pendant dix ans, fut acquise grâce au vote massif de la jeunesse et des catégories populaires. François Mitterrand était alors un partisan déclaré de la « rupture avec le capitalisme »Trente cinq ans plus tard, un autre président socialiste, qui avait dirigé son parti pendant onze ans, suscite le rejet massif de la jeunesse et des catégories populaires. Son gouvernement n’a cessé decélébrer les « entrepreneurs »et de les abreuver de faveurs ; il s’emploie en ce moment à restreindre le droit du travail. Un triste anniversaire, même si l’histoire de la gauche au pouvoir, qui comporte aussi des pages de gloire, dont le Front populaire, est devenue riche en revirements de ce genre. Lesquels contribuent au discrédit des grands partis politiques qui décennie après décennie se succèdent sans satisfaire l’aspiration au changement de ceux qui les élisent.

Voir aussi (10 mai 2011, blog MRC 53) : 10 mai 1981 : victoire de la gauche rassemblée autour de F Mitterrand

 

 

C'est aussi une bien curieuse façon de fêter le 80ème anniversaire de la victoire du Front populaire (1936-2016 : il y a 80 ans, le Front populaire).

Si le Front populaire incarne d’importantes conquêtes sociales et évoque les images connues d’ouvriers en grève et de départs en congés payés, il est d’abord la victoire électorale de l’union de la gauche aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936.

Suite à cette victoire, Léon Blum prend la tête du Gouvernement et nomme trois femmes ministres alors qu’elles ne sont, à l’époque, ni électrices ni éligibles.

Cette victoire électorale suivie de grandes grèves aboutit aux accords de Matignon, signés le 7 juin 1936, qui se concrétisent par trois lois sociales emblématiques qui vont être votées dès la fin juin : instauration des congés payés, de la semaine de travail de 40 heures et extension des conventions collectives.

L’Assemblée nationale commémore les 80 ans de cette victoire en présentant la Chambre des députés élue en mai 1936, le Gouvernement de Léon Blum et les lois votées en juin 1936.

Ce que fait le gouvernement Valls est contraire à la démocratie. Il veut faire adopter une loi qui va à l'encontre de ses engagements devant les électeurs. Il y a tromperie et le devoir des représentants du peuple est de refuser cette tromperie, sans craindre de faire tomber ce gouvernement. Le président de la République en nommera un autre qui devra avoir la confiance des députés. Sinon, il dissoudra l'Assemblée nationale et le peuple décidera de la politique qu'il souhaite pour la France.

 

Ce soir, après la décision du gouvernement Valls de faire passer sans vote une loi contraire à ce qui a fait la gauche, les députés qui veulent maintenir la gauche en France doivent se rassembler et préparer un vote de censure afin de faire chuter ce gouvernement néolibéral.

 

Les organisations syndicales opposées à la loi travail sont d'autant plus mobilisées pour obtenir le retrait de ce projet qu'il ne reste qu'un mois avant le début de l'euro foot en France. On voit mal le président de la République ne rien faire pour éviter la chienlit durant cette compétition très médiatisée dans le monde entier. Voir (Le Monde, 10 mai 2016) : Loi travail : nouvelles manifestations

 

Rappel :

- (19 mai 2015) : Nous, citoyens, pouvons faire émerger un rassemblement politique

- (13 décembre 2014) : Crise politique française. Pour une alternative républicaine et citoyenne

 

Cet article est le 149 ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France

Le 49-3 du 10 mai 2016 pour fêter le 10 mai 1981 et le Front populaire
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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 17:27

 

Reprendre le fil d'un engagement politique initié il y a près de 50 ans

 

Pour Michel Sorin, avec le printemps, est venu le temps du réengagement politique en Mayenne. A un an de l'élection présidentielle, il reprend le fil d'un cheminement commencé début mai 1973 - au lendemain de la sépulture de Robert Buron - et mis en pointillé depuis sa démission du PS en décembre 2001.

- Le 11 avril, il a été L'invité de la rédaction, du journaliste Jean-Yves Delort, ancien rédacteur en chef du Courrier de la Mayenne, qui invite des Mayennais à s'exprimer pendant une dizaine de minutes sur la radio associative mayennaise RFM (Radio Fidélité Mayenne).

- Le 21 avril, après avoir rencontré des jeunes engagés dans le mouvement Nuit Debout, il a publié sa lettre ouverte aux jeunes mayennais engagés dans Nuit Debout.

- Le 28 avril, le site mayennais leglob-journal a publié, à son initiative et sous sa responsabilité, des extraits de ce texte dans sa rubrique Politique sous le titre :

 

Cette Tribune Libre a été écrite par Michel Sorin un certain 21 avril, et elle est publiée aujourd’hui 28 avril, jour de manifestation nationale en France. Ce n’est certainement pas un hasard. Le 16 avril 2016 Michel Sorin rencontrait, à Laval en Mayenne, des jeunes qui participaient à une « Nuit Debout, 24h de l’éducation populaire contre la loi travail et son monde. » Michel Sorin explique avoir échangé avec eux : « Ils m’ont dit le sens de leur mouvement qui n’est pas seulement contre la loi travail mais aussi une envie de se réapproprier la parole et l’espace politique afin de construire un autre monde. Dans l’immédiat, poursuit l’ancien Maire de Saint-Berthevin et ancien responsable du Parti Socialiste en Mayenne, il s’agit de contrer la politique du pouvoir, ensuite, il faudra décider des orientations du mouvement après un débat général. » Lettre ouverte aux jeunes, et aux autres.

 

Tribune Libre Par Michel Sorin* - 21 avril 2016

 

Avec cette Lettre aux jeunes, j’ai voulu faire le lien entre deux engagements, celui des jeunes actuellement dans « Nuit Debout », [mais aussi dans les manifestations, qui me fait penser à ce que j’ai connu en mai 1968, dans des conditions très différentes, et qui a été à l’origine de mon propre engagement politique.

Leur démarche me fait penser à ce que j’ai vécu quand j’étais étudiant et que commençait le mouvement de mai 1968. Les jeunes avaient envie de liberté individuelle dans leur vie sociale, et de pédagogie plus participative dans l’enseignement. Et puis, la contestation est devenue plus économique et sociale, avec des grèves dans les entreprises pour augmenter les salaires et accorder plus de place aux syndicats.

Le pouvoir autour du président de Gaulle a fini par chanceler avant de réagir par la dissolution de l’Assemblée Nationale, accompagnée d’une énorme manifestation, ce qui mit fin au mouvement social. Il y eut des conséquences politiques, mais pas immédiates.

La gauche a mis du temps avant de se réformer. Il a fallu le congrès du PS rénové, en 1971, et l’arrivée de François Mitterrand aux commandes avec une stratégie de rassemblement de la gauche qui lui a permis d’accéder au pouvoir dix ans plus tard. Comme pour beaucoup de jeunes de cette époque, c’est le mouvement social de mai-juin 1968 qui a favorisé ma prise de conscience politique.

Après mon service national, sous la forme d’une coopération enseignante en Algérie, j’ai été repéré par les amis de Robert Buron à Laval [qui animait] Objectif socialiste, en tant que lecteur assidu de la revue du CERES (Centre d’étude, de recherche et d’éducation socialiste). Ils m’ont proposé d’adhérer au PS.

Pour Robert Buron (1910-1973), « Être socialiste, c’est admettre d’abord que l’économique doit être soumis à la règle de l’intérêt général, entendu comme celui des plus grands nombres, y compris les générations futures. (…) La classe dirigeante ne se laissera jamais déposséder de ses responsabilités au nom de l’intérêt général. Il est donc nécessaire de transformer profondément les structures sociales. Il faut passer au socialisme ».

Dans un livre publié en janvier 1973, sous le titre Par goût de la vie qui résume la vie de Robert Buron, le chapitre de conclusion rédigé par Robert Buron est justement intitulé Lettre ouverte aux jeunes qui veulent changer le monde. Ce n’est pas par hasard. L’économiste de formation recommande aux jeunes en écrivant ceci : «  Investissez votre vie dans une entreprise qui en vaille la peine : le changement du monde et de vous-même ».

43 ans plus tard, c’est ce qui m’a donné l’idée de cette Lettre ouverte aux jeunes, de la même façon que j’avais proposé au Conseil municipal de Saint-Berthevin - ma ville, où j’ai été maire de 1990 à 2001 - de s’inspirer du titre de son livre Par goût de la vie pour le slogan de la ville, ce qu’il avait fait en optant pour « Saint-Berthevin, le goût de la vie » (le site actuel de Saint-Berthevin ne le mentionne plus).

Robert Buron était un homme gai, non conformiste, qui avait vraiment le goût de la vie et, aussi, de la politique. Il en avait fait un métier, de 1945 (son premier combat aux élections à l’Assemblée constituante, en Mayenne, sur le conseil de l’oncle de sa femme, qui était mayennais) à 1973 (son dernier combat, malade, alité, aux élections législatives en Mayenne, alors qu’il était maire de Laval ; la campagne est alors menée par son suppléant). Son parcours, exceptionnel, est inimitable : des "Camelots du Roy", de sa jeunesse - mais déjà anticapitaliste - à l’engagement socialiste et au discours de clôture du congrès PS historique à Épinay-sur-Seine, en 1971.

Pour vous, les jeunes, le plus important est de savoir ce qu’est le néolibéralisme, comment il a diffusé dans les corps sociaux soumis aux régimes capitalistes. D’abord, c’est une idéologie qui fait prévaloir la dimension économique sur la dimension politique. Elle veut imposer la loi marchande dans toutes les activités humaines. Et elle cherche à convertir les dirigeants politiques par tous les moyens, qui vont de la persuasion à la corruption, le but étant d’affaiblir la résistance des États aux lois du marché mondialisé et au libre-échange intégral.

Ce qui a fait le « malheur français », selon Marcel Gauchet ( Comprendre le malheur français, Stock, 2016), rédacteur-en-chef de la revue Le Débat « c’est que la France entre dans la mondialisation sous le signe du néolibéralisme, compte tenu de son histoire nationale.(...) La seule réforme qui peut traiter le mal français, c’est une réorientation politique de grande ampleur, remettant en cause les choix européens d’ouverture à la mondialisation néolibérale. »

En bref, fermer la « parenthèse libérale », ouverte par François Mitterrand en 1983. Comment ? En réajustant notre rapport à l’Europe. Il faut le repenser de fond en comble, en faisant le bilan de ses acquis et de ses impasses. C’est la France qui fut à la base du projet européen. C’est elle qui a la responsabilité de corriger son erreur !

Le département de la Mayenne a été marqué par l’expérience politique de Robert Buron mais, depuis longtemps, il est sous l’emprise d’un parti centriste conservateur, l’UDI, très éloigné des idées progressistes de Robert Buron. Le parti de Jean Arthuis, qui a fait clairement allégeance à la droite, milite pour une Europe fédérale mettant en œuvre des politiques néolibérales. C’est ce parti qui a supplanté l’ex-UMP en Mayenne et conquis les principaux centres de pouvoir, bénéficiant de l’affaiblissement des autres partis, en dehors du FN.

(...) Le combat politique doit être mené par les partis qui veulent reconstruire la gauche sur des fondements républicains, en visant à reconquérir la souveraineté nationale afin de retrouver la possibilité de conduire des politiques sociales. Tout n’est pas à condamner dans ce qui est fait par la majorité au pouvoir depuis 2012. C’est la finalité politique qu’il faut repenser, le rapport à la citoyenneté. Et toute la stratégie. Le Parti socialiste est sorti de la route depuis longtemps, la route du socialisme, j’entends.

J’ai adhéré, en 1973, (…) le mot socialiste avait alors une signification. (…) Maintenant, tout est à repenser puisque c’est l’économie, par sa composante financière, qui a pris le contrôle de la politique, scellant ainsi le triomphe du néolibéralisme. La sortie de route du PS a, de fait, semé le trouble sur ce qu’est la gauche au 21e siècle. (…)

A un an de l’élection présidentielle, le divorce entre les citoyens et les dirigeants politiques du pays ne fait plus aucun doute. Il faut donc investir dans du neuf. Faisons-le ensemble. En commençant à l’échelle du département qui avait accueilli Robert Buron, le parisien jeune et dynamique, même si ce fut difficile.

Cet extrait de son livre Par goût de la vie nous décrit, nous les mayennais, de manière très réaliste. « Il faut dire de la Mayenne que les gens y ont un tempérament dur et attachant. Il n’y a pas l’ombre d’une sentimentalité apparente dans leurs manifestations. Ce sont des gens tenaces, travailleurs, laborieux, et qui ont un goût de réel et du concret et, par conséquent, il n’y a pas d’échange affectif très poussé avec eux, sauf exception. Il faut savoir les gagner (...). Pour y réussir, il faut le mériter ».

 

* Michel Sorin, 70 ans, ingénieur agronome, maire de Saint-Berthevin (1990-2001), conseiller régional (1998-2004) des Pays de la Loire, responsable PS en Mayenne (1979-1985, 1997-2001), actuel responsable MRC Mayenne et Pays de la Loire, président de Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne).

Rappel (31 oct. 2014) : Michel Sorin a répondu aux questions du site mayennais leglob-journal

 

Cet article est le 40ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

Michel Sorin, le 23 avril 2016, mairie de Caslino d'Erba (Italie) devant le marbre rose de Saint-Berthevin, cadeau offert par la mairie de Saint-Berthevin, lors du jumelage entre les deux communes en 1996

Michel Sorin, le 23 avril 2016, mairie de Caslino d'Erba (Italie) devant le marbre rose de Saint-Berthevin, cadeau offert par la mairie de Saint-Berthevin, lors du jumelage entre les deux communes en 1996

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 22:23

 

Ce mouvement, comme les débuts de mai 1968, incite à la réflexion politique

 

Le 16 avril 2016, à Laval, j'ai rencontré des jeunes qui participaient à Laval - Nuit Debout, les 24h de l'éducation populaire contre la loi travail et son monde. Nous avons échangé, ils m'ont dit le sens de leur mouvement, qui n'est pas seulement contre la loi travail mais aussi une envie de se réapproprier la parole et l'espace politique afin de construire un autre monde, en finir avec cette société de marché, qui laisse de côté le social et l'humain. Dans l'immédiat, il s'agit de contrer la politique du pouvoir, ensuite il faudra décider des orientations du mouvement après un débat général.

 

Leur démarche me fait penser à ce que j'ai vécu quand j'étais étudiant et que commençait le mouvement de mai 1968. Les jeunes avaient envie de liberté individuelle dans leur vie sociale, et de pédagogie plus participative dans l'enseignement. Et puis, la contestation est devenue plus économique et sociale, avec des grèves dans les entreprises pour augmenter les salaires et accorder plus de place aux syndicats.

Le pouvoir autour du président de Gaulle a fini par chanceler avant de réagir par la dissolution de l'Assemblée nationale, accompagnée d'une énorme manifestation, ce qui mit fin au mouvement social. Il y eut des conséquences politiques, mais pas immédiates. La gauche a mis du temps avant de se réformer. Il a fallu le congrès du PS rénové, en 1971, et l'arrivée de Mitterrand aux commandes avec une stratégie de rassemblement de la gauche, qui lui a permis d'accéder au pouvoir dix ans plus tard.

 

Comme pour beaucoup de jeunes de cette époque, c'est le mouvement social de mai-juin 1968 qui a favorisé ma prise de conscience politique. Après mon service national, sous la forme d'une coopération enseignante en Algérie, j'ai été repéré par les amis de Robert Buron (Objectif socialiste) à Laval en tant que lecteur assidu de la revue du CERES (Centre d'étude, de recherche et d'éducation socialiste). Ils m'ont proposé d'adhérer au PS.

Mon engagement socialiste date du début mai 1973, au lendemain de la sépulture de Robert Buron à Villaines-la-Juhel, en présence de François Mitterrand. Le centriste, républicain populaire (MRP), avait rallié le PS au congrès refondateur de 1971, après avoir été ministre sous la IVème et la Vème République. Il s'était éloigné du centre droit après avoir été l'un des négociateurs de la fin de la guerre d'Algérie, en 1962 (accords d'Evian) à la demande du général de Gaulle, et après avoir été président du Centre de développement de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique), ce qui l'avait beaucoup marqué car son action était tournée résolument vers le tiers-monde.

 

Dans un livre publié en janvier 1973, sous le titre « Par goût de la vie », Robert Buron (1910-1973) répondait à la question « Etre socialiste, en 1973, cela signifie quoi ? ». « Etre socialiste, c'est admettre d'abord que l'économique doit être soumis à la règle de l'intérêt général, entendu comme celui des plus grands nombres, y compris les générations futures. C'est lutter, non pas pour qu'une partie de la société – fût-elle importante – bénéficie du progrès, mais pour que le progrès permette une « avancée humaine » à laquelle tout le monde participe, même les plus défavorisés » (…).

« On ne peut pas vouloir à la fois que le progrès de la société entraîne tout le monde, les plus défavorisés y compris, et faire confiance à la recherche du profit, même contrôlée, pour obtenir ce résultat » (…).

« La classe dirigeante ne se laissera jamais déposséder de ses responsabilités au nom de l'intérêt général. Il est donc nécessaire de transformer profondément les structures sociales. Il faut passer au socialisme ».

Dans ce livre, qui résume sa vie, le chapitre de conclusion est intitulé « Lettre ouverte aux jeunes qui veulent changer le monde ». Ce n'est pas par hasard. L'économiste de formation recommande aux jeunes « Investissez votre vie dans une entreprise qui en vaille la peine : le changement du monde et de vous-même ».

Robert Buron était un homme gai, non conformiste, qui avait vraiment le goût de la vie et, aussi, de la politique. Il en avait fait un métier, de 1945 (son premier combat aux élections à l'Assemblée constituante, en Mayenne, sur le conseil de l'oncle de sa femme, qui était mayennais) à 1973 (son dernier combat, malade alité, aux élections législatives en Mayenne, alors qu'il était maire de Laval; la campagne est alors menée par son suppléant).

Son parcours, exceptionnel, est inimitable : des "Camelots du Roy", de sa jeunesse - mais déjà anticapitaliste - à l'engagement socialiste et au discours de clôture du congrès PS historique à Epinay-sur-Seine, en 1971.

 

La vie politique de l'économiste Robert Buron renvoie à la période des "trente glorieuses". Elle s'arrête au moment où commence à souffler le vent néolibéral sur le monde capitaliste.

Pour vous, les jeunes, le plus important est de savoir ce qu'est le néolibéralisme, comment il a diffusé dans les corps sociaux soumis aux régimes capitalistes. D'abord, c'est une idéologie qui fait prévaloir la dimension économique sur la dimension politique. Elle veut imposer la loi marchande dans toutes les activités humaines. Et elle cherche à convertir les dirigeants politiques par tous les moyens, qui vont de la persuasion à la corruption, le but étant d'affaiblir la résistance des Etats aux lois du marché mondialisé et au libre-échange intégral.

Ce qui a fait le "malheur français", selon Marcel Gauchet (lire son livre très instructif, "Comprendre le malheur français", Stock, 2016), c'est que la France entre dans la mondialisation sous le signe du néolibéralisme, compte tenu de son histoire nationale.

C'est ce qui a causé la coupure entre les élites - individualistes, adeptes de la mondialisation - et le peuple, ancré dans la citoyenneté républicaine.

Vouloir imposer la loi du marché dérégulé dans ce pays attaché à la suprématie du politique, c'est la grave erreur européenne, qui était déjà présente dans la méthode Monnet, et qui a pris son envol avec le néolibéralisme des années 1980. Les réformes pour adapter le pays à l'Europe et à l'économie mondialisée, sans tenir compte de son histoire, sont rejetées par le peuple.

La seule réforme qui peut traiter le mal français, c'est une réorientation politique de grande ampleur, remettant en cause les choix européens d'ouverture à la mondialisation néolibérale.

En bref, c'est fermer la « parenthèse libérale », ouverte par François Mitterrand en 1983.

Comment ?

- Rien ne sera possible sans réajuster notre rapport à l'Europe. Il faut le repenser de fond en comble, en faisant le bilan de ses acquis et de ses impasses. C'est la France qui fut à la base du projet européen. C'est elle qui a la responsabilité de corriger son erreur.

- Notre pays acceptera les réformes à partir du moment où ses dirigeants diront la vérité et s'attaqueront à la fracture morale qui sépare le peuple des élites.

- Et on ne réforme pas un pays contre son histoire. Il y a des méthodes pour mettre en valeur les projets collectifs. C'est vrai aussi pour le gouvernement de la France.

La fâcheuse expérience néolibérale a montré ses limites et ses défauts. L'idée de la société qui marche toute seule, grâce aux marchés, n'est rien d'autre qu'une chimère autodestructrice.

Il va falloir refaire de la politique, c'est-à-dire, décider collectivement de notre sort. Nous devons retrouver le fil de notre histoire qui s'inscrit dans le cadre de l'histoire européenne.

 

Marcel Gauchet a raison. En France, les citoyens vivent plus mal qu'ailleurs la crise de la démocratie. Parce que la France est une nation fondée sur la citoyenneté. Beaucoup font la grève des votes. C'est le signe d'une maladie de notre système politique, d'une gravité sans précédent.

Les citoyens ont perdu confiance dans les dirigeants parce que ceux-ci, depuis les années 1980, ne disent pas la vérité sur la nouvelle donne générale qui influe sur la politique :

- l'individualisme ravageur, qui fait prévaloir l'intérêt personnel sur l'intérêt général,

- la puissance économique et financière des groupes capitalistes qui exercent une énorme pression afin de satisfaire les intérêts des actionnaires, ce qui pénalise l'entreprise,

- la mondialisation néolibérale, qui s'est imposée dans le monde capitaliste par ses relais politiques au sein des institutions supranationales, à l'abri de la souveraineté populaire.

Un bon exemple est fourni par les institutions européennes non élues (Banque centrale, Commission, Cour de justice) qui ont obtenu l'essentiel du pouvoir économique et financier, avec l'assentiment des Etats membres de l'UE, les peuples étant ainsi marginalisés.

 

Les principaux partis politiques français - qui ont accepté la domination du capitalisme financier et la primauté des institutions européennes sur l'organisation politique nationale - n'ont pas dit la vérité à leurs concitoyens concernant la nature de l'Europe, devenue néolibérale.

Leurs dirigeants ont fait semblant de gouverner comme s'ils avaient le pouvoir réel, ce qui n'est plus le cas. Les traités européens s'appliquent. La monnaie est unique. La discipline budgétaire est sous le contrôle de la Commission européenne.

Les Etats sont pris au piège de l'Europe. Les disparités entre les nations du nord et du sud européen s'accentuent. La concurrence régit le droit, évacuant la notion de service public. La coopération est un leurre car tous les systèmes sociaux et organismes publics sont contraints à « l'austérité » néolibérale.

En acceptant l'idée européenne, les citoyens espéraient que la France politique, avec son système social républicain issu de son histoire, allait s'affirmer dans l'espace européen. C'est le contraire qui s'est produit. La France est en cours de disparition par évaporation politique.

L'économisme a triomphé. L'Allemagne aussi - grâce à son économie qui a gagné en puissance depuis la chute du mur de Berlin, ses entreprises délocalisant certaines parties de leur production dans les pays du centre et de l'est de l'Europe - bien aidée par ses réseaux d'influence historique.

L'élargissement européen a déplacé le centre de gravité politique de l'Europe vers les pays anglo-saxons, l'éloignant de l'idéal gaullien d'Europe indépendante, de l'Atlantique à l'Oural.

La France est prise en tenaille par l'Allemagne et la Grande-Bretagne, qui privilégient l'alliance atlantique en économie autant qu'en défense. Au niveau international, dans tous les domaines, les dirigeants français et européens se calent sur la politique des USA, leur alignement ayant été particulièrement net dans la crise ukrainienne. La France a perdu son rayonnement attractif.

 

Quand on a constaté la spoliation de l'intérêt général par les intérêts capitalistes et la perte de souveraineté de notre pays, que fait-on ? C'est la question que j'ai envie de poser aux jeunes mayennais, et pas seulement à eux. Cette question nous concerne tous en tant que citoyens.

Si nous sommes d'accord sur le constat, encore faut-il décider d'agir pour que la France soit encore le creuset de la démocratie, ce qu'elle a cessé d'être depuis qu'elle s'est soumise au néolibéralisme.

Il nous faut reconstituer des repères qui ont disparu avec le déploiement du néolibéralisme car celui-ci n'accepte que les individus, définis par leurs droits et leurs intérêts. C'est à la base qu'il faut s'impliquer dans la vie collective, ne pas en rester à la critique permanente et attendre que d'autres mènent le combat à notre place. Il faut sortir de l'assistanat, ne pas laisser faire le néolibéralisme, qui avance sans faire de bruit.

Il existe un réseau créé en 2002 qui peut accueillir les citoyens qui s'engagent en ce sens.

Voir Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne).

 

Le département de la Mayenne a été marqué par l'expérience politique de Robert Buron mais, depuis longtemps, il est sous l'emprise d'un parti centriste conservateur, l'UDI, très éloigné des idées progressistes de Robert Buron.

Le parti de Jean Arthuis, qui a fait clairement allégeance à la droite, milite pour une Europe fédérale mettant en œuvre des politiques néolibérales. C'est ce parti qui a supplanté l'ex UMP en Mayenne et conquis les principaux centres de pouvoir, bénéficiant de l'affaiblissement des autres partis, en dehors du FN.

Le combat politique doit être mené par les partis qui veulent reconstruire la gauche sur des fondements républicains, en visant à reconquérir la souveraineté nationale afin de retrouver la possibilité de conduire des politiques sociales.

Voir les sites : Mouvement Républicain et Citoyen: MRC et MRC 53

 

Tout n'est pas à condamner dans ce qui est fait par la majorité au pouvoir depuis 2012. C'est la finalité politique qu'il faut repenser, le rapport à la citoyenneté. Et toute la stratégie.

Le Parti socialiste est sorti de la route depuis longtemps, la route du socialisme, j'entends.

J'ai adhéré, en 1973, à un parti politique refondé lors de son congrès à Epinay-sur-Seine en 1971. Le mot socialiste avait alors une signification, comme l'a montré Robert Buron, qui avait nommé son mouvement "Objectif socialiste". Cela signifiait une orientation politique visant à maîtriser l'économie capitaliste. Tout est à repenser maintenant puisque c'est l'économie, par sa composante financière, qui a pris le contrôle de la politique, scellant ainsi le triomphe du néolibéralisme.

La sortie de route du PS a, de fait, semé le trouble sur ce qu'est la gauche au XXIème siècle. Ce trouble est lié à la construction européenne, au point qu'il y a un doute sur la réalité de la démocratie et de la citoyenneté républicaine dans notre pays.

Le référendum du 29 mai 2005 de ratification du traité constitutionnel européen n'a pas été suivi d'effet et, plus grave, a été contredit par le vote d'un nouveau texte - conforme au premier pour l'essentiel - par les parlementaires en 2008, les représentants du peuple s'étant arrogés le pouvoir de contredire frontalement le vote direct du peuple.

Avec cette Lettre aux jeunes, j'ai voulu faire le lien entre deux engagements, celui des jeunes actuellement dans Nuit Debout, qui me fait penser à ce que j'ai connu en mai 1968, dans des conditions très différentes, qui a été à l'origine de mon propre engagement politique.

Ma réflexion m'amène à proposer à tous les citoyens en Mayenne de réfléchir à deux points :

- La France, la nation française, creuset de la démocratie et de la citoyenneté.

Le Réseau citoyen CiViQ pourrait accueillir cette réflexion, ouverte à tous, qui devrait intégrer la question du rapport à l'Europe.

- La gauche, républicaine, patriote et sociale, moyen de locomotion pour revenir sur la route du socialisme.

Le Mouvement républicain et citoyen pourrait animer cette réflexion ouverte à tous ceux qui veulent oeuvrer à la construction d'une gauche de gouvernement, réaliste et progressiste.

A un an de l'élection présidentielle, le divorce entre les citoyens et les dirigeants politiques du pays ne fait plus aucun doute. Il faut investir dans du neuf. Faisons-le ensemble.

En commençant à l'échelle du département qui avait accueilli Robert Buron, le parisien jeune et dynamique, même si ce fut difficile. Cet extrait du livre "Par goût de la vie" nous décrit, nous les mayennais, de manière très réaliste.

"Il faut dire de la Mayenne que les gens y ont un tempérament dur et attachant. Il n'y a pas l'ombre d'une sentimentalité apparente dans leurs manifestations. Ce sont des gens tenaces, travailleurs, laborieux, et qui ont un goût de réel et du concret et, par conséquent, il n'y a pas d'échange affectif très poussé avec eux, sauf exception. Il faut savoir les gagner (...). Pour y réussir, il faut le mériter".

 

Cet article est le 39ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

Le 15 octobre 2010, les lycéens manifestaient à Laval (Mayenne) à propos des retraites

Le 15 octobre 2010, les lycéens manifestaient à Laval (Mayenne) à propos des retraites

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 22:19

 

Une alliance entre les élus de l'UDI et le préfet de la Mayenne pour réformer

 

L'administration d’État a décrété que la communauté de communes du Pays de Loiron (14 communes rurales situées à l'ouest de l'agglomération de Laval, près du département d'Ille-et-Vilaine, 17 000 habitants) n'a pas la dimension suffisante pour exister. Il lui faut se fondre dans la communauté d'agglomération de Laval (20 communes autour de Laval, chef-lieu du département de la Mayenne, 97 000 habitants, dont 50 000 à Laval), les deux intercommunalités ayant déjà en commun un schéma de cohérence territoriale, le SCoT Laval Loiron.

Voir, à ce sujet, l'article publié le 20 mars sur le blog de Réseau CiViQ :

Coopération intercommunale en Mayenne : Laval Agglo absorbe la CCPL

 

Cette décision conforte les élus locaux et départementaux qui misent sur le développement économique du département, à partir de son principal centre urbain qu'est Laval.

Selon cette vision, portée par les leaders que sont Olivier Richefou, président du Conseil départemental, et Yannick Borde, vice-président de Laval Agglo, chargé du développement économique, les communes rurales ont intérêt à se lier au pôle urbain pour avoir quelques moyens d'exister. Ils ont pris les commandes du département depuis que Jean Arthuis s'en est allé au Parlement européen et que François Zocchetto est devenu maire de Laval et président de Laval Agglo. Ces trois-là pilotent aussi l'UDI, le parti de centre droit qui domine la droite dans ce département.

Quand on sait que la stratégie de l'UDI est de mettre en œuvre avec détermination la réforme territoriale décidée par le gouvernement Valls, l'alliance de ces élus avec le préfet de la Mayenne saute aux yeux. La logique de cette réforme est d'en finir avec les pesanteurs démocratiques, sociales et citoyennes, qui entravent le développement économique. C'est ce qu'on appelle une politique libérale.

Claude Le Feuvre et sa volonté de maintenir la vie et les services collectifs en milieu rural, grâce à la communauté de communes du Pays de Loiron, ne pèsent pas en face du pouvoir en place.

On retrouve ici l'opposition qui avait tant déplu au maire de Saint-Berthevin lors de la réunion publique du 1er octobre 2015 au Genest-Saint-Isle, quand il avait été empêché de s'exprimer pendant quelques dizaines de minutes par des citoyens très remontés contre le coup de force fomenté par les maires des deux communes dans le cadre de la procédure bien huilée (par le préfet) de création d'une Commune nouvelle, effaçant sans précautions plus de deux cents ans d'histoire.

Voir, 31 oct. 2015, (blog CiViQ,) : St-Berthevin et Le Genest : abandon du projet de commune nouvelle et (blog MRC 53) : Commune nouvelle : le projet de St-Berthevin avec Le Genest n'est plus.

Voir aussi, 9 octobre 2015 (blog MRC 53) : Communes nouvelles : Saint-Berthevin et Le Genest-Saint-Isle se lancent

 

Cette offensive conjointe des élus dominants et du représentant du gouvernement, au mépris des traditions démocratiques, crée un malaise politique en Mayenne.

Le premier à avoir réagi est Aurélien Guillot, élu minoritaire à Laval et dans Laval Agglo (Ouest-France, 17 mars 2016) :

Fusion : une décision « stalinienne » selon le Parti communiste français

Pour Aurélien Guillot, conseiller municipal de Laval (PCF) et conseiller communautaire, la fusion du Pays de Loiron avec Laval Agglomération est une démarche stalinienne du préfet. Non seulement à aucun moment le préfet ne pense à consulter les citoyens des collectivités concernées, non seulement il piétine l'avis des élus du Pays de Loiron et ceux de Laval Agglomération, qui se sont prononcés contre ce projet, mais en plus le préfet a été mis en minorité sur cette question lors de la CDCI, tacle l'élu communiste. Pour un tel projet, il est indispensable d'organiser un référendum de l'ensemble des habitants de Laval Agglomération et du Pays de Loiron. Pas de changement du périmètre de la démocratie sans démocratie ! 

 

Cet article est le 55ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Le 1er octobre 2015, au Genest-Saint-Isle, 400 personnes étaient venues s'informer sur le projet de création d'une Commune nouvelle par fusion entre Saint-Berthevin et Le Genest-Saint-Isle, en Mayenne

Le 1er octobre 2015, au Genest-Saint-Isle, 400 personnes étaient venues s'informer sur le projet de création d'une Commune nouvelle par fusion entre Saint-Berthevin et Le Genest-Saint-Isle, en Mayenne

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 23:30

 

Défense de la République et de la laïcité par des personnalités de gauche

 

Le 11 mars, "Marianne" relaie l'initiative prise par des intellectuels, des politiques et des acteurs de la société civile qui se situent à gauche mais jugent la République et la laïcité aujourd'hui malmenées. Voici leur appel : Manifeste pour un printemps républicain

 

Deux membres de la direction du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) sont signataires de cet appel : Fatiha Boudjahlat et Thierry Cotelle. Bastien Faudot, porte-parole, candidat MRC à l'élection présidentielle 2017, leur a emboîté le pas. Voici la Tribune qui a été publiée sur le site de Marianne le 16 mars 2016.

 

 

Cher Printemps Républicain,

Tu profites du retour des beaux jours pour affirmer ton attachement à l’idéal républicain et au régime de laïcité. Tu nous rappelles aussi que la nation est le lieu privilégié d’exercice de la démocratie. Ton appel ne pouvait que susciter mon adhésion tant il rejoint les principes qui guident mon engagement politique. J’ai donc signé ton manifeste sans réserve.

Que des citoyens de gauche dépassent les clivages internes à notre camp est vraiment salutaire. Ces questions sont piégées depuis qu’une fraction de la gauche est travaillée par le relativisme culturel et le différentialisme. Faire de la « diversité » une valeur et un principe normatif, alors qu’elle n’est qu’un fait brut, est une erreur. Je ne t’apprendrai rien: la fétichisation des différences se fait souvent au détriment du « commun ». Transformer les différences, qui font la richesse d’un groupe, en un droit à la différence ouvre la voie à trop d’accommodements déraisonnables.

« Comme la République, la laïcité sera sociale ou ne sera pas. »

Nous devons défendre la laïcité contre les attaques dont elle fait l’objet, la défendre bec et ongles, mais la défendre pour ce qu’elle est : un moyen et non une fin. Comme le dit si joliment Régis Debray, « la laïcité c’est le cadre, ce n’est pas le tableau ». Elle ne peut suffire à elle seule à définir un horizon pour la France. La laïcité permet d’organiser, non la simple cohabitation des différences mais bien leur dépassement dans l’adhésion de tous à un projet commun. En revanche, elle n’est pas un étendard qu’il suffirait de brandir pour la faire vivre. Elle est un instrument très concret au service de la paix civile. Et c’est déjà beaucoup.

Comme le rappelait récemment un de tes signataires Marcel Gauchet, « tout le monde aime à se réclamer de la République ou de la laïcité, mais il reste peu de monde pour savoir encore les définir ». Il est donc temps d’en réactiver le sens, de leur donner de l’étoffe et de la chair, en commençant par énoncer les conditions de leur possibilité. Il nous faut aussi affronter les difficultés du quotidien, sans détourner le regard ou dissimuler des choix honteux. Vivre ensemble, ça n’est pas simplement vivre côte à côte avec des œillères.

Si elle n’est pas sociale, la République est un mensonge. Que serait une République qui tolérerait que certains de ses citoyens soient des acteurs de plein droit, pendant que d’autres, happés par l’insécurité économique et la précarité, seraient relégués au rang de spectateurs ? Quand les inégalités se creusent et le chômage croît sans discontinuer, la République se vide. Quand le gouvernement prétend remédier à cela avec une « loi travail » bâtie sur des préceptes néolibéraux d’un autre âge, il est temps de rappeler que la République ne se limite pas à la liberté – de conscience, d’opinion – mais que c’est aussi la justice et l’égalité.

 
« Il est temps pour cela que nous rompions avec cette Europe supranationale qui réduit la France à l’impuissance et la République à un théâtre d’ombres. »

Dans les débats qui font rage régulièrement, on hésite parfois à accoler un adjectif au mot laïcité, je vais pourtant m’y risquer. Comme la République, la laïcité sera sociale ou ne sera pas. Il existe des causes multiples au retour du religieux et des revendications identitaires. En France, par défaut d’intégration, par l’effritement des solidarités qui se tissent habituellement à l’école, puis dans le monde du travail, par un amoindrissement des possibilités de nouer des liens hors de sa supposée « communauté », on a créé des prisons identitaires. Ces prisons fermées à double tour par la religion offrent à certains de nos compatriotes une fraternité de substitution quand la fraternité républicaine est devenue vaine. Une religiosité très affirmée – et très incompatible avec la laïcité – devient une façon de renouer avec une image valorisante de soi-même. Elle signe le besoin de s’insérer dans un collectif auquel on s’identifie et qu’on accepte ainsi de servir. La République doit mener cette bataille de la fraternité.

La France ne sait plus s’aimer elle-même, condition intangible pour se faire aimer, et d’abord de ses propres citoyens. Ce manque de confiance en lui-même a conduit notre pays à tenter de se diluer dans l’Europe. Une Europe désormais en proie à des crises multiples : économique, démocratique, migratoire. Cette multicrise n’est pas une catastrophe naturelle qui nous tomberait dessus par le plus cruel des hasards : elle procède de la configuration de l’Europe telle que nous la connaissons. Celle-ci n’a pas été conçue pour rapprocher les nations et pour les faire coopérer, mais pour les dépasser et, au bout du processus, les effacer. Bien sûr, cela s’est fait contre les peuples, qui sont assez rarement candidats à leur propre dissolution…

Si comme tu le soulignes, la Nation est « une histoire et un destin commun », encore faut-il, pour avancer résolument vers ce destin, disposer de notre pleine et entière souveraineté. Il est temps pour cela que nous rompions avec cette Europe supranationale qui réduit la France à l’impuissance et la République à un théâtre d’ombres. Il est temps de lui substituer une Europe de la coopération, respectueuse de chacun des pays qui la composent, et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Poser la question laïque nous oblige donc à réexaminer l’ensemble du pacte civique qui fonde la République (...).

Cet article est le 72ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand de la Confédération paysanne

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand de la Confédération paysanne

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 23:37

 

La pression de l'Europe et du MEDEF pousse l’État à des mesures libérales

 

Les manifestations organisées par les syndicats ouvriers et étudiants ont amené le pouvoir politique français à lâcher du lest, sans remettre en cause l'essentiel du contenu du projet de loi Travail.

Voir (Le Monde, 14 mars 2016) : Prud’hommes, licenciement… ce qui change dans le nouveau texte de la loi travail

 

Voici le commentaire qu'en a fait Bastien Faudot, candidat MRC à l'élection présidentielle 2017.


LOI TRAVAIL : ET SI ON SÉPARAIT LE MEDEF DE L’ÉTAT ?

 

Sous la pression de la mobilisation sociale, le gouvernement annonce le retrait de certaines des dispositions les plus contestées de sa réforme du code du travail. Exit le plafonnement des indemnités prud'homales, qui ne serait plus qu’indicatif. Le gouvernement abandonne également les mesures concernant la durée maximale de travail, l’astreinte, le temps de travail des apprentis. Certaines propositions seront mieux encadrées, à l’instar du forfait jour accessibles pour les TPE et PME. Mais l’incertitude demeure quant à la facilitation des licenciements économiques. Et si de nouveaux droits pour les salariés sont à l’agenda, il reste que ces nouveaux droits sont largement fictifs en l’absence de décision concernant leur financement.

 

La flexibilité ne peut être la norme

Difficile donc de considérer comme suffisants ces aménagements, d’autant plus que l’esprit de la loi travail demeure. L’esprit de la loi travail, c’est la possibilité pour les entreprises d’aménager le droit du travail de façon dérogatoire par des accords d’entreprises ou de branches. Il est ainsi toujours possible, par accord d’entreprise, de moduler le temps de travail sur une période de trois ans. Mais que vaut le dialogue social dès lors que sévit dans le pays un chômage de masse et que les organisations syndicales restent faibles voire absentes au sein de nombreuses entreprises ? Loin de la « décentralisation » vantée par le Premier ministre, le chantage à l’emploi deviendrait demain la norme.

Sous la pression des institutions européennes et du lobbying du MEDEF, le gouvernement continue à mener la politique de la postdémocratie : alors que les salariés ont besoin de protection et de règles claires face à la mondialisation et à la concurrence déloyale, il continue à croire que la « flexibilité » peut créer de l’emploi et que la compétitivité peut relancer la croissance. Il en va de même pour les petits patrons, soumis à la pression des grands groupes et des banques. Les contre-exemples de nos voisins européens montrent pourtant que l’on obtient avec les plans de déflation salariale rien d’autre qu’une course au moins-disant social qui pèse sur l’activité économique.

Reconquérir notre souveraineté économique pour permettre la transformation sociale

Je renouvelle les propositions que je porte pour une autre politique du travail. Les accords d’entreprises doivent toujours rester plus favorables que la loi et les accords de branche. Les salariés doivent avoir une présence et un pouvoir significatifs dans les conseils d’administrations. Les règles de licenciements économiques doivent prendre en compte le niveau de dividendes versés. La lutte contre le burn out doit devenir une priorité. Exiger le retrait du texte est un impératif qui demeure aujourd’hui.

L’urgence pour notre vie économique, pour les salariés, pour les petites entreprises, c’est de séparer le MEDEF de l’État. C’est de reconquérir notre souveraineté économique pour permettre le redressement de l’activité. C’est de retrouver la maîtrise de notre monnaie et de notre budget en nationalisant l’euro. Il n’y a pas de projet de transformation sociale qui vaille sans souveraineté nationale et populaire.

Cet article est le 132ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand des Jeunes Agriculteurs par le président JA, Thomas Diemer

Bastien Faudot, le 29 février 2016, au Salon de l'agriculture, reçu au stand des Jeunes Agriculteurs par le président JA, Thomas Diemer

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 23:09

 

Comment, par ce moyen, les USA assurent leur domination (JM Quatrepoint)

 

Les colloques de la Fondation Res Publica sont appréciés par la qualité des interventions, ce que chacun peut vérifier en consultant les Actes, qui sont publiés quelques semaines après les réunions.

Cette Fondation a été créée et est présidée par Jean-Pierre Chevènement. Voir, à ce sujet, la Présentation de la Fondation Res Publica.

 

Les Actes du colloque du 1er février 2016 sur L’extraterritorialité du droit américain ont été publiés. La première intervention, posant parfaitement le problème, était celle de Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, auteur de "Alstom, un scandale d’État – Dernière liquidation de l’industrie française" (Fayard : août 2015).

 

(…) Les États-Unis, forts de leur puissance, ont donc développé un arsenal juridique tous azimuts. Ils décident qui peut commercer avec qui. Ils peuvent décider aussi d’éliminer les concurrents. Les entreprises françaises en savent quelque chose avec l’Iran. À la différence de ce qui se passait dans les années 80-90, ils bénéficient de la position du dollar : 78 % des transactions mondiales se font en dollars et tout est compensé par les États-Unis.

Comme toutes les transactions en dollars transitent par les États-Unis, toute transaction en dollars est soumise à la loi américaine. Ils ont aussi les écoutes : on a découvert que la NSA et les services américains écoutaient systématiquement tout, y compris les chefs d’État… et personne n’a protesté.

Et surtout, cette extraterritorialité devient un extraordinaire business qui profite d’abord aux Américains. Les amendes proprement dites commencent à atteindre des montants conséquents. Pour les banques, le total des amendes infligées par la justice américaine est de 125 milliards de dollars, dont une bonne partie concerne les banques américaines. Mais les banques américaines ont été condamnées pour les affaires de subprimes (aucun banquier américain n’a fait de prison) tandis que les banques européennes et japonaises ont été condamnées pour avoir violé des embargos. Les banques suisses ont payé un très lourd tribut pour ne pas avoir communiqué à temps un certain nombre de données. 

On en est aujourd’hui à 35 milliards de dollars d’amendes pour les banques étrangères et une demi-douzaine de milliards de dollars pour les groupes industriels. Sur les dix premières amendes infligées, notamment pour des affaires de corruption, aux groupes industriels, neuf concernent des groupes étrangers. Le record va à Siemens (800 millions de dollars) suivi par Alstom (772 millions de dollars). 

Cet argent sert d’abord à l’auto-alimentation du système judiciaire américain (la SEC, le Trésor, le DOJ etc.) dont les coûts annexes sont considérables. Le système judiciaire américain, les centaines de milliers de lawyers des cabinets, sont embauchés par les entreprises et vivent « sur la bête ». L’argent des amendes fait donc vivre le système judiciaire américain au sens large. S’y ajoute la contestation de brevets etc. L’application de ce système de l’extraterritorialité est un formidable business qui alimente la machine judiciaire et juridique américaine. 

Les gens de BNP Paribas seront sans doute heureux d’apprendre qu’une partie de leur amende va servir à indemniser les citoyens américains qui avaient été victimes de la prise d’otages à l’ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979. Plus de cinquante personnes, retenues pendant 444 jours, n’avaient jamais été indemnisées parce que, dans l’accord entre l’Iran et Ronald Reagan, l’Iran avait refusé de payer quelque indemnité que ce soit (l’une des raisons pour lesquelles les Iraniens avaient pris en otage les personnels de l’ambassade américaine était la « prise en otage » par les Américains des compte iraniens à la Chase Manhattan Bank…). Le Congrès a l’intention d’utiliser 1 à 2 milliards de dollars, pris sur l’amende de BNP Paribas, pour indemniser ces ex-otages américains. 

Plus grave : les accords que les entreprises étrangères sont contraintes de signer s’accompagnent généralement de la mise sous tutelle de fait de ces entreprises qui, de par le settlement, l’accord passé avec la justice américaine, subissent pendant six mois, un an, trois ans… la présence de contrôleurs indépendants chargés de vérifier que l’entreprise condamnée se conforme bien à toutes les règles de la compliance américaine.

Alcatel Lucent avait été condamnée il y a quelques années à une amende pour corruption à propos d’affaires qui remontaient au début des années 2000 (le montant, moins important que celui infligé à Alstom, s’élevait quand même à 170 millions de dollars). Contrainte d’accepter pendant trois ans la présence d’un contrôleur indépendant, Alcatel Lucent devait lui donner toutes les informations que ce contrôleur jugeait utiles à la réalisation de sa mission. D’aucuns disent que Alcatel Lucent a été ainsi pillée pendant quelques années par la justice américaine. Les secrets de fabrication et un certain nombre de données essentielles peuvent être transférés ainsi à une puissance étrangère. 

L’extraterritorialité du droit américain permet à la puissance américaine, sur les secteurs qu’elle estime stratégiques, d’asseoir sa domination

Rappel (10 août 2015) : Fondation Res Publica : le débat sur la réindustrialisation de la France

 

 

Cet article est le 209ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Au premier plan, à gauche, Jean-Michel Quatrepoint est aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Jacques Sapir, avant leur intervention lors du colloque Mondialisation à Paris le 30 août 2011

Au premier plan, à gauche, Jean-Michel Quatrepoint est aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Jacques Sapir, avant leur intervention lors du colloque Mondialisation à Paris le 30 août 2011

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