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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 19:48

 

Pour une politique énergétique tenant compte des réalités

 

On peut lire dans le journal en ligne des Amis de ReSPUBLICA  paru le 20 mars (numéro 521 ) http://www.gaucherepublicaine.org un article très intéressant portant sur la question de l’énergie. Christian Gaudray souligne l’incapacité de tout gouvernement de relever le défi de la réduction des énergies fossiles en se fixant pour but de réduire l’énergie nucléaire. Voici son texte.
 « Quelle politique énergétique pour la France de 2007 ? »  
« La question énergétique est présente dans la campagne présidentielle. Pourtant, aucun candidat ne tient un discours qui possède la cohérence capable de résoudre l'équation suivante : comment garantir l'accès pour tous à l'énergie en tenant compte des trois défis du siècle que sont l'explosion démographique, la limitation du réchauffement climatique et l'épuisement des ressources de pétrole et de gaz naturel dans un contexte géopolitique sous tension ?

 Tous les candidats antilibéraux s'accordent sur le fait qu'il faut un service public de l'énergie et que la politique énergétique doit permettre une réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment en développant les énergies renouvelables et en augmentant les moyens de la recherche.

 Mais aucun ne défend simultanément les deux mesures sans lesquelles leur projet est incomplet, donc inefficace s'il devait être appliqué : la réduction de la consommation d'énergie et la poursuite du programme nucléaire civil tant que la réduction nécessaire de la production des gaz à effet de serre ne sera pas obtenue.

 Réduire la consommation d’énergie

 Il n'est pas contestable que la réduction de l'empreinte écologique des pays développés passera entre autre par une réduction de la consommation énergétique. Or certains programmes électoraux sont résolument productivistes et occultent cette question. Il ne s'agit pas d'exiger de chacun de diminuer sa qualité de vie, mais de combiner :

 - une certaine sobriété dans la consommation, en commençant par identifier et supprimer l'inutile ;

 - une amélioration de l'efficacité énergétique sur l'offre d'énergie (en améliorant les rendements à la production et en diminuant les déperditions au cours du transport et de la distribution) ;

 - une amélioration de l'efficacité énergétique sur la demande (rénovation de l'habitat ancien, rupture dans la politique des transports, modification des règles d'urbanisme, développement des transports en commun, amélioration des rendements des appareils domestiques et industriels, etc.).

 Réduire les émissions de gaz à effet de serre

 Si on admet comme prioritaire la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique, on ne peut pas mener de front la sortie du nucléaire et la division par 4 de nos émissions de gaz à effets de serre d'ici le milieu du siècle. Or plusieurs candidats antilibéraux réclament haut et fort la sortie du nucléaire tout en prétendant réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

Le problème, c'est qu'avec les technologies actuellement disponibles, aucun gouvernement ne serait en mesure d'atteindre démocratiquement les objectifs de réduction des gaz à effet de serre tout en se désengageant du nucléaire civil. De plus, nos centrales nucléaires sont amorties et durent plus longtemps que prévu, cela doit permettre de dégager des financements durables pour la recherche et l'innovation !

 Des solutions qui reposent sur la réalité plutôt que la sentimentalité

 L'urgence environnementale et la priorité sociale imposent une politique volontariste courageuse qui doit d'une part s'appuyer sur une analyse globale de la question énergétique replacée dans le contexte des grands défis planétaires, et d'autre part reposer sur des solutions démocratiquement applicables et technologiquement réalisables, en s'appuyant sur la réalité et non sur la sentimentalité ».

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 16:23

 

Porter avec conviction un projet alternatif au libéralisme

 D’où vient ce défaitisme, cette idée que la gauche est trop faible pour avoir une chance de gagner l’élection présidentielle ? Les sondages semblent confirmer cette impression en donnant à l’ensemble de la gauche environ 35% des voix, une partie des voix de gauche se portant sur le candidat de l’UDF, une autre partie restant en retrait en attendant de se prononcer au dernier moment.

 Pour ma part, je pense que la France ne va pas passer à côté de la possibilité qui lui est offerte de sortir de l’oppression néo-libérale. Après trente années (le début remonte à Giscard - Barre en 1976), plus précisément depuis le tournant libéral de 1983, il serait temps de fermer « la parenthèse libérale » et revenir aux fondamentaux de la République, en mettant la volonté politique aux commandes du pays.

 J’ai lu dans Le Figaro.fr hier un excellent article d’un membre du Conseil national du PS que je ne connais pas (j’ai quitté cette instance en décembre 2001 en m’éloignant du PS). Guillaume Bachelay signe un texte que je vous propose de lire, ci-après.

 Non, la gauche n'est pas morte !

 « Si on en croit les sondages, l'étiage électoral de la gauche serait au plus bas. Ce qui n'est à ce stade qu'une prédiction - faut-il rappeler que les Français n'ont pas encore voté ? - a un double impact. Sur nombre d'électeurs, la nouvelle fait l'effet d'un uppercut. Difficile d'entraîner quand, chaque jour, une enquête d'opinion prédit 36 % et des poussières d'intentions de vote à la gauche et à l'extrême gauche.

 Surtout quand l'actualité, d'Airbus aux négociations de l'OMC, exprime un besoin de résistance au tout-financier. Au plan idéologique, l'heure serait à la droitisation de la société française, sur fond de rapport de forces plus favorable que jamais au capitalisme. Les socialistes et leurs alliés, en retard d'une époque, ne seraient plus que des « anti » : antilibéraux, antiréformes, bref antiréel. En face, la droite « décomplexée » pourrait célébrer l'adaptation à la mondialisation et les intérêts de l'individu.

 Ce discours en vogue, d'autant plus imposant qu'un régiment de sociaux-démocrates et une légion de bobos en assurent la promotion, n'est qu'un faux-semblant. Plusieurs faits laissent penser, au contraire, que c'est la gauche qui a la main dans cette campagne ­présidentielle.

 Une demande durable de gauche

 1) Les sondages expriment une demande durable de gauche. Depuis 2004, une majorité d'interviewés souhaitent que le prochain chef de l'État soit issu de ses rangs (BVA pour L'Express). Depuis un an, la confiance à l'égard du PS est supérieure à celle dont jouit l'UMP (TNS-Sofres pour Le Figaro magazine). Surtout, les thèmes jugés prioritaires par les Français sont traditionnellement favorables au camp progressiste : lutte contre le chômage et la pauvreté, éducation, logement (CSA pour L'Humanité en janvier), auxquels s'ajoutent le pouvoir d'achat et la protection sociale (TNS-Sofres pour Le Figaro en mars).

 Alors que l'insécurité et les faits divers écrasaient le débat public en 2002, ce sont les enjeux économiques et sociaux qui mobilisent les électeurs de 2007. En témoigne le fait que deux salariés sur trois se sentent menacés par le chômage et qu'un sur deux craint de se retrouver sans emploi dans les cinq prochaines années (Ipsos pour Genworth en juin dernier).

 La droite n’ignore pas que le pays et les voix sont à gauche

 2) La droite et l'extrême droite font campagne... à gauche. Au point que leurs électeurs se pincent pour y croire ! Dans ses meetings, jusqu'à ces derniers jours, Sarkozy citait Jaurès et fustigeait les patrons voyous. Jadis promoteur de l'enseignement privé, Bayrou vante désormais l'école publique. Sans oublier Le Pen qui a lancé sa campagne à Valmy, sous les auspices de la Révolution française !

 Pourquoi ces candidats noient-ils leur identité propre (libérale-autoritaire pour l'UMP, régionale-européiste pour l'UDF, nationale-agressive pour le FN) sous des figures et des mots volés au patrimoine de leurs adversaires, sinon parce qu'ils pensent que le pays et les voix penchent à gauche ?

 Depuis 2002, les succès sont à gauche

 3) Depuis 2002, les mobilisations sociales ont traduit l'aspiration à l'égalité effective des chances et des droits : rejet du plan Fillon sur les retraites (2003), mouvement de Guéret pour les services publics locaux (2004), explosion dans les banlieues (2005), combat de la jeunesse contre le CPE (2006). Dans le même temps, les scrutins nationaux ont été favorables à la gauche. Elle dirige la quasi-totalité des régions et préside un département sur deux. Elle a remporté les élections au Parlement européen, progressé aux sénatoriales, assuré la victoire du non au traité constitutionnel.

 Jusqu’à présent, l’offre politique n’a pas été à la hauteur

 4) Enfin, la double décennie « libérale-concurrentielle » engagée avec Reagan et Thatcher s'achève, contestée de toutes parts. L'Amérique latine bascule à gauche, qu'elle ait le visage de Lula ou de Chavez. En Europe, les syndicats de salariés se lèvent contre les directives les plus régressives. Aux États-Unis, un débat sur les protections antidumping à l'égard de la Chine bat son plein. Un nouveau cycle mondial s'annonce, fondé sur la régulation démocratique et interétatique de la sphère marchande.

 Alors, d'où vient la faiblesse apparente de la gauche française dans les sondages ? De l'écart entre la demande populaire de gauche et l'offre politique à gauche. Les candidats non socialistes ne décollent pas, car ils portent le mistigri de la division du 21 avril 2002.

 Quant au PS, il doit être plus fier de ses valeurs, plus sûr de ses atouts et ne doit pas céder à l'air du temps. À quoi bon s'abandonner à la rengaine libérale-autoritaire à l'heure où les Français la rejettent et pourquoi se tourner vers le centre alors que, dans les idées comme dans les collectivités, UMP et UDF sont des formations siamoises ?

 Le changement est à notre portée

 Il faut, à l'inverse, porter un projet alternatif au libéralisme combinant solidarité et responsabilité, revendiquer la République laïque pour socle, avoir la réorientation de l'Europe pour dessein, la puissance publique pour levier, la démocratie pour méthode, la gauche rassemblée pour famille. Suivre ce chemin, c'est assurer mieux qu'une victoire électorale : c'est permettre le changement."

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 16:20

 

Une Vème République profondément réformée

 Lundi 19 mars, j’ai présenté sur ce blog les quatre piliers de ce que Ségolène Royal a appelé VIème République dimanche, lors de son intervention devant les élus, Porte de Versailles, à Paris. Le lendemain, devant la presse, la candidate du PS, du MRC et du PRG, a tenu à expliquer les réformes institutionnelles qu’elle avait l’intention de proposer aux Français après son élection à la présidence de la République le 6 mai. Chacun peut lire sur www.segoleneroyal2007.net le texte ci-après, rédigé par une agence de presse, sauf les intertitres, qui sont de ma composition.

 « Ségolène Royal détaille sa VIème République »

 « Ségolène Royal a détaillé lundi le contenu des réformes institutionnelles qu'elle souhaite adopter pour permettre le passage à une VIe République dès l'automne prochain. Au lendemain de son discours de la porte de Versailles, la candidate socialiste s'est elle-même chargée de l'explication de texte lors d'une rencontre informelle avec la presse devant qui elle a évoqué la convocation d'une assemblée constituante.

Un système à bout de souffle qu’il faut réformer en profondeur

 Persuadée que le système est "à bout de souffle", la présidente de Poitou-Charentes souhaite créer un "nouvel équilibre des pouvoirs pour moderniser la France, rendre plus efficaces la décision politique".

"J'irai le plus loin possible dans ce qui pourra permettre de réformer en profondeur le fonctionnement des institutions", a-t-elle précisé, parlant d'un "paquet global" de réformes et de textes destinés à améliorer les démocraties parlementaire, sociale, participative et territoriale.

L’assemblée élue le 17 juin sera-t-elle constituante ?

 Faudra-t-il pour cela convoquer une assemblée constituante? "Je souhaite aller jusque là", a-t-elle confié devant les journalistes, inhabituellement conviés à son QG de campagne pour un "échange informel et convivial" à moins de cinq semaines du premier tour.

En cas de victoire le 6 mai, date du deuxième tour de la présidentielle, Ségolène Royal pourrait annoncer aux électeurs que l'Assemblée nationale issue des prochaines législatives, en juin, sera déclarée constituante. Le dernier cas remonte aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale.

Un référendum institutionnel à l’automne

 Un référendum institutionnel se tiendrait ensuite à l'automne pour valider l'ensemble de ces propositions. Il porterait notamment sur le mandat unique de parlementaire, qui s'appliquerait dès les municipales de 2008. Le rôle du Parlement en matière sociale, d'environnement, de politique étrangère et de défense serait renforcé.

Le "pacte présidentiel" précise également qu'une "dose de proportionnelle" sera introduite pour les législatives, que le 49-3 sera supprimée et que le mode d'élection du Sénat sera modifié.
Le droit de vote des étrangers aux élections locales - promesse électorale de la gauche depuis 1981 - fera également partie des projets soumis au vote des Français.

En revanche, la candidate socialiste n'a pas souhaité préciser lundi ses idées sur la répartition des tâches entre présidente et Premier ministre.

Un signal de liberté vis-à-vis des partis, comme de Gaulle et Mitterrand

Tout sauf "improvisée", cette annonce dimanche d'une "VIe République" marque "l'aboutissement" de sa réflexion sur "l'ensemble des volets" institutionnels, a-t-elle assuré.

Reprendre le vocable "VIe République" à son compte, et non l'idiome "République nouvelle" comme le stipule son "pacte présidentiel", c'est également un moyen de "continuer sur (s)a liberté de parole" par rapport au Parti socialiste, dont les courants internes se sont opposés sur la VIe République lors du congrès du Mans.

"Je ne suis pas prisonnière de tel ou tel vocabulaire", a expliqué Ségolène Royal, qui revendique le droit d'utiliser toutes les "idées qui me semblent le plus conformes" pour réformer le pays.

Dans la dernière ligne droite, elle revendique de plus en plus sa liberté, se plaçant à la fois dans la posture gaullienne de la rencontre entre un homme, ou une femme, et d'un peuple, et dans le sillage de François Mitterrand, qui se voulait au-dessus des partis.

 Même à l’Elysée, garder le contact avec les Français

 Une liberté qu'elle entend conserver une fois à l'Elysée au nom de l'efficacité démocratique. "Le principal risque du pouvoir, c'est l'isolement", a-t-elle avancé, exprimant le souhait de "rester au contact" des Français, de promener ses "petites antennes" dans les territoires.

Pas question d'accepter "36 filtres pour acheminer vers moi des vérités partielles", a souligné la première femme à avoir une chance réelle d'accéder à la magistrature suprême.

Tout en veillant à ne pas "désolenniser le rôle du chef de l'Etat", la présidente Royal se rendra "peut-être une fois par semaine" sur le terrain. Adepte de la démocratie participative, elle rendra compte de son mandat une fois par an sous une forme qui reste "à travailler" mais qui pourrait être un "jury de citoyens tiré au sort".

Et pouvoir se rendre à l’Assemblée nationale

 Elle "imagine très bien" également se rendre à l'Assemblée nationale pour "répondre pendant une heure aux questions non préparées des parlementaires"... une possibilité qu'interdit la Ve République ».

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 18:05

 

Un passage en force qui est un aveu de faiblesse

 Selon Le Monde.fr, 20 mars, le gouvernement vient de publier au Journal officiel « deux décrets portant sur l’encadrement légal des cultures OGM, transposant en droit national une directive européenne datant de 2001 sur les essais et la dissémination des OGM dans la nature ».

 Le premier décret oblige les agriculteurs à fournir des informations sur les semis de cultures d'OGM. Il permet de créer un registre national qui recensera le nombre et la surface des parcelles semées en OGM et leur localisation. Ce registre précise au public, sur un site www.ogm.gouv.fr, le nombre et la surface des parcelles d'OGM dans chaque canton.

 Le second décret porte sur un engagement des agriculteurs, qui cultiveront en 2007 des maïs OGM, à informer les cultivateurs des parcelles voisines. Ils devront respecter une distance d'isolement entre cultures OGM et non OGM de 50 m, soit le double de la pratique actuelle ».

 France Nature Environnement a fait connaître sa position, qui m’a été transmise par un abonné à la lettre de nouvelles de ce blog et je l’en remercie. La voici.

 « OGM : le Gouvernement organise la contamination »

 « Le Gouvernement a publié, ou va publier, trois séries de textes destinés à encourager la progression de la culture d’organismes génétiquement modifiés.

- un décret n°2007-346 du 14 mars 2007 publié au JO du 16 mars 2007 confie au Ministre de l’Agriculture le soin de surveiller et contrôler les cultures d’OGM.

Selon Arnaud Gossement : « ce décret ne peut faire oublier : d’une part, que la directive 2001/18 impose la création d’un registre public des champs OGM accessibles à tous citoyens et, d’autre part, que le comité de biovigilance, censé contrôler les risques des cultures OGM….n’a jamais été installé ! »

- un décret sera publié vers le 20 mars 2007 par le Ministre de l’Agriculture pour rassurer et encourager les agriculteurs qui souhaiteraient se lancer, en 2007, dans la culture d’OGM.

Lylian Le Goff (qui coordonne la mission biotechnologies de FNE) souligne : « Concrètement, ce décret prive le Parlement d’un débat démocratique sur des enjeux de société considérables et aura pour seul mérite de protéger la responsabilité des semenciers et non la santé et la liberté de choix alimentaire de nos concitoyens ».

- au mois d’avril, plus d’une dizaine d’autorisations d’essais d’OGM en plein champs seront accordées par le Ministre de l’Agriculture, après un simulacre de consultation publique sur internet.

Lylian Le Goff rappelle : « Comme à l’accoutumée certains maires ne seront avertis qu’au dernier moment, de manière très imprécise, de cultures OGM sur leur commune ».

FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT entend rappeler :

- que le vote d’une loi de transposition de la directive 2001/18 est indispensable pour permettre un débat démocratique sur les risques et l’intérêt des OGM, les alternatives possibles et respecter les engagements européens de la France,
- que ces autorisations de mise en culture ont d’ores et déjà été jugées illégales par plusieurs tribunaux.
- qu’aucune garantie ou information n’est donnée sur l’existence éventuelle d’études sanitaires et environnementales préalables à ces cultures, encore moins au sujet de contre-expertises.
- qu’aucune information n’est donnée sur la localisation des cultures et les mesures de surveillance et de contrôle qui devraient être prises
- que ces décrets sont antidémocratiques et ne permettront peut-être même pas de retarder une condamnation financière lourde de la France par le juge européen.

Lylian Le Goff déclare : « Il est incompréhensible que le Gouvernement bafoue à ce point la démocratie, mette en péril l’environnement et l’agriculture non OGM, s’expose à de lourdes pénalités grevant les finances publiques, pour le seul profit d’une manipulation du vivant qui renforce le monopole des firmes semencières ! Que pensent nos candidats aux élections présidentielles et législatives au sujet de ces enjeux majeurs, sachant que plus de 80% de la population sont opposés à la présence d’OGM dans les champs et les assiettes ?! ».

 A un collègue MRC de la Manche, qui sollicitait ce matin mon avis sur cette question, je lui ai adressé la réponse suivante, en tant que délégué national à l’agriculture.

 La position du MRC sur les OGM

 « La confusion règne en ce qui concerne la diffusion des produits OGM en France. Ce sont les gouvernements depuis 2002 qui sont pleinement responsables de cette situation (refus de la transparence et de la concertation, manque de moyens affectés à la recherche publique, soumission aux intérêts des grandes firmes multinationales).

 Comme Michel Griffon, agronome et économiste (auteur du livre « Nourrir la planète » aux éditions Jacob - voir l’article du 20 11 06 sur le blog http://mrc53.over-blog.com ), nous considérons que les plantes OGM ne sont pas indispensables, du moins la génération OGM proposée actuellement pour accroître la résistance des plantes aux herbicides.

 Ce sont les firmes multinationales (américaines) qui cherchent à les imposer afin de mieux vendre leurs produits chimiques et s’assurer la maîtrise de production des semences, par le biais des brevets. Cela ne correspond pas aux besoins réels des agriculteurs, pas plus que des consommateurs.

 La preuve n’a pas été faite que les plantes OGM sont inoffensives pour la santé et l’environnement, les pouvoirs publics américains et européens n’ayant pas voulu mettre en place un dispositif sérieux d’évaluation des organismes issus de la trans-genèse (voir article du 27 11 06 sur le blog). Or, certaines études, non conduites jusqu’à leur terme, mettraient en évidence des effets significatifs des OGM sur la formule sanguine, les foies et les reins, des rats qui les consomment (article du 7 02 07).

 Avec Michel Griffon, nous comptons sur les recherches scientifiques (à condition qu’elles soient sous le contrôle des pouvoirs publics) pour découvrir, le cas échéant, des possibilités de transférer des gènes qui apportent des fonctions utiles, par exemple, pour aider des plantes à mieux résister à la sécheresse ou à la salinité des sols. Car le principal problème, c’est celui de la sous-alimentation dans le monde.

 En conséquence, nous approuvons la proposition de Ségolène Royal d’arrêter les cultures OGM en plein champ et d’organiser un grand débat public sur cette question  controversée ».

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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 20:40

 

Démocratie parlementaire, sociale, participative et territoriale

 Lors du rassemblement des élus républicains et socialistes, dimanche, Porte de Versailles, Ségolène Royal a voulu marquer le coup en parlant de VIème République, au lieu de République nouvelle, mais les propositions de son pacte présidentiel ne changent pas. Elle veut une organisation plus démocratique et plus efficace des institutions garantissant l’impartialité de l’Etat.  

 Les quatre piliers de la VIème République

1) Une démocratie parlementaire revivifiée :

- Instauration du mandat parlementaire unique

- Suppression du droit de veto du Sénat

- Suppression du vote bloqué et du 49-3 pour les lois ordinaires

- La présidence de la commission des finances sera confiée à un membre de l’opposition

- Le Président de la République ne présidera plus le Conseil Supérieur de la Magistrature. Les membres du CSM et de la nouvelle Haute Autorité du Pluralisme seront désignés par le Parlement à la majorité des 3/5ème afin de garantir réellement leur indépendance.

2) Une véritable démocratie sociale

- Négociation et concertation préalable à toute réforme en matière sociale

- Promotion d’un syndicalisme de masse

- Représentation des salariés dans les conseils d’administration des entreprises

3) La démocratie participative

- La Présidente de la République rendra compte chaque année de la mise en œuvre du Pacte présidentiel.

- Toute proposition de loi ayant recueilli la signature d’un million de citoyens sera examinée par le Parlement.

- Création de jurys citoyens pour discuter de la mise en œuvre des politiques publiques et les évaluer, budgets participatifs dans les collectivités locales.

4) Une démocratie territoriale aboutie

- Clarification des compétences pour mettre fin aux superpositions et aux gaspillages,

- Péréquation des ressources entre collectivités locales,

- Prise en charge par les régions de la remise à niveau des bâtiments et des résidences universitaires et des prisons.

Cette réforme des institutions sera soumise à référendum à l’automne 2007

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 00:22

 

Toujours résistante et inlassable militante

 Hier, Jean-Pierre Chevènement a évoqué, sur son blog, la mémoire de Lucie Aubrac.

 

  « La disparition de Lucie Aubrac me touche profondément. Cette femme exceptionnelle de vitalité et de courage a résisté dès le premier jour à l'occupant nazi, avec son compagnon Raymond Aubrac qui me l'a fait connaître bien plus tard, quand ministre de la Défense, je l'ai aidé à retrouver le plan de vieux champs de mines au Vietnam pour faciliter des travaux de déminage essentiels pour la reprise d'une vie normale.

Lucie a été une figure emblématique de la Résistance et une inlassable militante du souvenir. Son audace, son courage resteront légendaires.

L’engagement de la militante en 2002

 

  Je n'oublie pas qu'elle m'avait fait l'honneur de présider mon comité de soutien en 2002, en lançant un appel aux « volontaires de 2002 » comme aux soldats de l'An II d'une nouvelle République.

Que de chemin encore à parcourir ! Mais à l'heure où Ségolène Royal affirme sa personnalité avec une force remarquable, comment ne pas penser à tout ce que nous devons à cette femme admirable qui, elle aussi, mériterait bien d'entrer au Panthéon avec Olympe de Gouges »...

 Pour sa part, Georges Sarre, dans un communiqué de presse diffusé la veille, avait salué Lucie Aubrac en des termes fort élogieux.

 « Lucie Aubrac fut l’honneur de la nation »

 « La mort de Lucie Aubrac peine tous ceux qui aiment la France et la République. Aux heures sombres de l’Occupation, elle a su montrer le chemin du courage et de l’espoir. Elle fut l’honneur de la nation.

 En mon nom personnel et au nom de tout le Mouvement Républicain et Citoyen, j’adresse à Raymond, son mari, l’expression de notre sympathie attristée ».

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 23:25

 

« Sauvons le climat » démonte les arguments de Greenpeace

 Plusieurs milliers de manifestants contre l'EPR* dans cinq villes de France, selon Le Monde.fr ce soir. "Ni civil, ni militaire, sortons, sortons du nucléaire". Les manifestants interpellent les candidats à l'élection présidentielle et réclament "un plan de sortie du nucléaire avant un drame comme Tchernobyl", a dit Stéphane Lhomme.

 *Le réacteur pressurisé européen (EPR, de l'anglais European Pressurized Reactor) a été conçu et développé par Areva NP. Ses objectifs affichés sont d'améliorer la sûreté et la rentabilité économique par rapport à celles des précédents réacteurs à eau pressurisée. Pour ses détracteurs, l'EPR est dangereux, coûteux et aggrave le problème des déchets radioactifs.

 Ces manifestations ne sont pas les premières. Elles visent à remettre en cause une décision prise par les pouvoirs publics, la construction d’un nouveau réacteur nucléaire, dont la mise en œuvre est prévue à la fin de l’année en cours. L’un des arguments avancés par les opposants à l’énergie nucléaire concerne la sécurité et prend appui sur le rapport d’un expert britannique. L’objectivité et les compétences de cet expert sont la cible du collectif « Sauvons le climat », dont voici des extraits du texte qu’il vient de diffuser.

 « Non, l'EPR n'est pas le réacteur le plus dangereux du monde, c'est un des plus sûrs ».

« Sauvons le Climat » a démontré qu'une sortie du nucléaire se traduirait automatiquement par la construction de nombreuses centrales thermiques à gaz ou à charbon (éolien et solaire ne pouvant contribuer à plus de 15% de la production électrique) et, par conséquent, par une augmentation importante des rejets de gaz carbonique. C'est pourquoi nous ne pouvons rester neutres devant la campagne mensongère d'organisations comme Greenpeace et « Sortir du nucléaire » qui redouble de virulence dans le contexte de l'élection présidentielle. Ces organisations appliquent avec maestria le principe selon lequel « plus les mensonges sont gros et mieux ils sont acceptés par des esprits non avertis ».

Dans ce contexte, Greenpeace a récemment fait état du rapport d'un « expert indépendant » et « internationalement reconnu » M.John Large, selon lequel l'EPR serait le réacteur le plus dangereux au monde. Les conclusions de ce rapport ont été largement diffusées dans les médias. Le rapport et sa diffusion sont une bonne illustration des méthodes de Greenpeace et de la crédulité d'un trop grand nombre de nos compatriotes (…).

Manifestement Greenpeace a obtenu de Monsieur John Large un rapport visant à démontrer qu'EPR était plus dangereux que tout autre réacteur en fonctionnement. On pouvait craindre, en effet, qu'à l'occasion de l'élection présidentielle, un marchandage sacrifie, par exemple, le ou les réacteurs de Fessenheim à la réalisation de l'EPR. Or seul l'abandon de l'EPR permettrait de donner un coup très dur, sinon mortel, à l'industrie nucléaire française (1). Large & Associates est, d'ailleurs, l'un de ces « cabinets d'études » prétendument indépendants dont la liste des clients ou partenaires, des organisations anti-nucléaires déclarées, trahit la partialité. Nombre des publications de M. Large ont été ainsi commandées par Greenpeace.

Plusieurs études de John Large ont fait l'objet de vives critiques de la part de la communauté scientifique. Par exemple, la publication de son étude « The implication of September 11 for the Nuclear Industry » a été rejetée par la revue de la Société britannique du génie nucléaire (British Institution of Mechanical Engineers), alors même qu'il est membre de cette institution. Dans un autre article relatif à l'impact environnemental d'un accident de transport maritime de combustible MOX (2) , M. John Large cite à l'appui de ses dires une étude d'un institut allemand, le Fraunhofer Institut, qui en a démenti l'existence.

Dans son rapport M. Large concentre son tir sur EDF en dissimulant que la sûreté de l'EPR a été validée par les autorités de sûreté françaises et finlandaises. Ces deux autorités considèrent que l'EPR est le plus sûr des réacteurs à eau pressurisée. On aurait pu comprendre que M. Large posât des questions aux autorités de sûreté sur certains aspects au sujet desquels il aurait eu des doutes ou qu'il aurait mal compris. Eh bien non, M. Large, s'il n'a pas confiance dans les meilleurs experts mondiaux, a une confiance d'acier en lui-même. Sans doute pense-t-il que les ingénieurs français allemands et finlandais sont tous des imbéciles ou des malhonnêtes.

 Que pouvait faire M. Large pour remplir son contrat ? A l'évidence, il lui était difficile d'argumenter que les nouveaux dispositifs de sûreté prévus pour l'EPR, la double enceinte de béton, le récupérateur de corium, les absorbeurs d'hydrogène, la multiplication des systèmes de secours rendaient l'EPR moins sûr que les réacteurs plus anciens. L'idée géniale a été de découvrir que l'EPR était le réacteur le plus puissant du monde, et, que, par conséquent, son inventaire en produits de fission excédait celui des réacteurs de plus faible puissance. De plus, si le cœur de l'EPR était MOxé à 100%, il contiendrait plus de Plutonium que les réacteurs partiellement ou non MOxés. Il fallait donc inventer une situation dans laquelle le cœur fondu aurait été découvert et l'enceinte de confinement ruinée, ce qui permettait de ne prendre en compte aucun des dispositifs de sécurité (3) (…).

L'étude de John Large & Associates est dénuée de toute légitimité scientifique

 En conclusion, contrairement à ce qu'affirme M. John Large, l'EPR n'est pas un réacteur plus dangereux mais un réacteur encore plus sûr, fruit de plus de 40 ans d'expérience sans accident grave en France et en Allemagne. Le réacteur nucléaire de 3ème génération EPR dispose d'une sûreté renforcée :
- Dans le contexte post-11 septembre, la conception de l'EPR a été adaptée pour résister à la chute d'un avion de ligne. On comprendra aisément que les caractéristiques en soient gardées secrètes.
- Bien que les dispositions techniques rendent infinitésimale la probabilité d'un accident grave avec fusion totale du cœur, l'EPR est conçu de telle manière que si, malgré tout, celui-ci se produisait, il n'y aurait pas de conséquence significative en dehors de la centrale.

(1) Rappelons que « Sortir du nucléaire » s'est réjoui qu'AREVA n'ait pas remporté le contrat récent de construction de 4 réacteurs de 3ème génération en Chine, sans se formaliser du retour des Etats-Unis sur la scène du nucléaire civil.

(2) Le MOX (Mixed OXyde) est un mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium.

(3) Le raisonnement est ici analogue à celui qui voudrait que la dangerosité d'une voiture soit mesurée par le volume de son réservoir d'essence, faisant foin des freins, airbags, ABS, ceintures de sécurité etc.

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 00:02

 

Réconcilier le pays avec ses entreprises

 Hier soir, dans l’émission « A vous de juger » sur France 2, Ségolène Royal a montré beaucoup d’assurance et de détermination dans ses propos.

Elle assume l'entière responsabilité de sa campagne présidentielle et reprend sa "liberté" par rapport au Parti socialiste.

« Tout dépend de moi. Une élection présidentielle, par nature, est un lien direct entre une personne et le peuple français. Ce n'est pas l'élection d'un parti politique. Ce n'est pas une élection législative ».

Hier aussi, nous avons pu lire sur son blog de campagne www.segoleneroyal2007.net un entretien réalisé par Les Echos sur l’économie. Questions et réponses, brèves mais précises. Les voici.

 Face à la montée de François Bayrou dans les sondages, deux lignes s'affrontent au PS. Certains vous conseillent d'être plus à gauche, d'autres vous demandent d'assumer le virage social-démocrate. Quelle est votre position ?
La ligne, c'est moi qui la trace. Je suis moi-même, je regarde la réalité de la France telle qu'elle est, je propose des solutions efficaces en expérimentant ce qui mérite de l'être, sans être prisonnière d'aucun dogme. Mais c'est une révolution difficile à accomplir : il faut que les Français acceptent de projeter sur une femme l'exercice du pouvoir.

Si vous êtes élue, ferez-vous le changement en cent jours ou en cinq ans ?
La profondeur de la crise appelle une révolution. Dès l'automne, il y aura un référendum sur les institutions pour instiller une dose de proportionnelle, renforcer les pouvoirs du Parlement, favoriser la démocratie participative, à travers les jurys citoyens, et développer une action politique qui rende compte au jour le jour et qui soit capable de s'affranchir des lobbies. Et immédiatement, je prendrai des mesures pour débloquer l'économie.

Toucherez-vous à l'équilibre des pouvoirs locaux ?
Je ne pense pas qu'on puisse supprimer un échelon, cela mettrait plus de perturbation que d'ordre. En revanche, il faut répartir de façon claire les responsabilités entre les différentes collectivités. C'est ainsi que l'on pourra éviter les doublons. Pour faire cette réforme, il faudra supprimer le pouvoir de veto du Sénat sur les questions institutionnelles.

Quelle sera votre première action économique ?
L'emploi des jeunes. Ce qui ronge le plus la société française, c'est la difficulté qu'éprouvent les jeunes qualifiés à s'insérer sur le marché du travail. Je veux m'inspirer de ce qu'a fait Tony Blair lors de son premier mandat. Il a appelé les entreprises à se mobiliser fortement et il a réussi en très peu de temps à obtenir des résultats

Les emplois-jeunes, cela rappelle ce qu'avait fait Lionel Jospin en 1997...
Les emplois-jeunes n'étaient pas destinés au secteur privé, sauf les associations. Les emplois-tremplins ont aussi vocation à aider à la reprise d'emplois dans les entreprises. Ce qui se passe en régions me rend optimiste : on peut dépasser l'objectif des 500.000 emplois-tremplins en cinq ans si on parvient à sortir de l'économie de la méfiance. Par ailleurs, les universités doivent s'investir dans le placement de leurs étudiants. En contrepartie, elles obtiendront l'autonomie sur leurs budgets.

Après vos consultations avec les partenaires sociaux, les sentez-vous prêts à sortir de ce que vous appelez l'économie de la méfiance ?
J'ai trouvé les syndicats beaucoup plus déterminés que le Medef. Ils ont envie d'entrer dans une nouvelle ère des relations sociales. Le Medef est plus crispé. Je l'ai trouvé en retrait par rapport aux attentes des PME. Le président du Centre des jeunes dirigeants a été beaucoup plus allant. A condition que la logique soit celle du " gagnant-gagnant ", les syndicats sont prêts au compromis social. C'est prometteur.

Quelle réforme de la représentativité souhaitez-vous ?
La représentativité doit être fondée sur l'élection. Les syndicats ne sont pas d'accord entre eux sur l'élection à retenir. Il faudra en discuter. De toute façon, je veux créer les conditions d'un syndicalisme de masse. L'essentiel est que plus aucun salarié n'ait peur d'adhérer à un syndicat.

Vous avez pourtant renoncé à l'adhésion obligatoire des salariés aux syndicats...
C'était une bonne idée, mais trop révolutionnaire pour l'instant.

Qu'est-ce qui relèvera de la négociation entre patronat et syndicats et de la décision politique ?
Sur tous les sujets, la négociation doit avoir le premier mot. Les solutions négociées sont toujours plus intelligentes et plus durables. Ainsi, la conférence sur les revenus et la croissance sera convoquée immédiatement. L'Etat garantira la qualité des négociations et fixera le cap, qui est d'augmenter le pouvoir d'achat. Ensuite, je fais confiance au dialogue social. Le Parlement sera là pour généraliser les accords sociaux et leur trouver des financements. L'une de mes priorités, c'est de réconcilier le pays avec ses entreprises. Comment le peut-il quand le CAC 40 affiche les plus gros bénéfices de son histoire et que les rémunérations des dirigeants sont insolentes, alors que les entreprises sous-traitantes n'ont jamais été autant en difficulté ?

Qu'est-ce qui vous choque particulièrement : les 100 milliards d'euros de bénéfices des grands groupes ?
Ce qui me choque, c'est qu'il y ait autant d'argent, d'un côté, et autant de dégâts sociaux, de l'autre. La logique de financiarisation est destructrice sur le plan économique. Il faut rendre plus transparente la répartition des profits, pour qu'ils soient réinvestis au service de l'emploi. Même les économistes les plus libéraux le disent !

Qui doit décider de cette répartition du profit : les actionnaires comme aujourd'hui ou l'Etat ?
La puissance publique doit aussi s'impliquer.

Etes-vous favorable à une hausse de la fiscalité sur le capital ?
Il ne s'agit pas de l'augmenter par esprit de système, mais d'avantager les entreprises de main-d'oeuvre.

Globalement, travaille-t-on suffisamment en France ?
Le pays doit travailler plus, bien sûr, mais en donnant du travail à ceux qui n'en ont pas aujourd'hui, les jeunes et les seniors. Les entreprises qui veulent faire des heures supplémentaires le peuvent déjà largement.

Comment envisagez-vous la généralisation des 35 heures, notamment pour les très petites entreprises ?
Les partenaires sociaux négocieront.

Vous évoquez souvent l'idée d'aides modulables ou conditionnelles aux entreprises. Pouvez-vous préciser ?
Je souhaite moduler les aides aux entreprises en fonction de leur politique en matière d'emploi, de leur engagement dans l'innovation, mais aussi de leur exposition à la compétition internationale.

Vous avez eu des mots très durs pour les banques...
Elles ne prennent plus de risques pour financer les entreprises, laissant aux collectivités locales le soin de le faire. Ce n'est plus acceptable. Elles doivent aider les PME à se développer.

Comment concevez-vous la modulation de l'impôt sur les sociétés ?
Je suis favorable à une baisse de l'impôt pour les entreprises qui exportent. Car le combat économique est de conquérir des marchés extérieurs.

Quelle serait l'ampleur de la baisse ?
Je n'ai pas, à ce stade, à entrer dans le détail. Ce sera au gouvernement et au Parlement de le faire.

Une entreprise n'exportant pas subirait à la fois la perte de ses allégements de charges et la hausse du SMIC à 1.500 euros... N'est-ce pas un peu lourd ?
Il y a des entreprises qui ont besoin d'aides, d'autres pas. Je veux aider les entreprises qui en ont vraiment besoin, et mettre fin aux effets d'aubaine. Partout, c'est la politique du donnant-donnant qui doit prévaloir.

L'Allemagne a restauré sa compétitivité en abaissant le coût du travail. La France n'a-t-elle pas besoin de cela plutôt que d'une hausse du SMIC et des bas salaires ?
Le pouvoir d'achat du salaire minimum est, en France, l'un des plus bas d'Europe. Et on peut être compétitif avec des salaires corrects pour les salariés.

Selon Eurostat, exprimé en parité de pouvoir d'achat, il est parmi les plus élevés...
Mais cette comparaison est effectuée sur la base d'indices des prix qui ne reflètent pas le pouvoir d'achat réel des bas salaires. C'est pour cela que je veux réinjecter du pouvoir d'achat. Ce n'est pas avec des emplois précaires, mal payés, à temps partiel, qu'on aura des salariés motivés, efficaces.

Pour vous, la solution est-elle dans la TVA sociale ?
On connaît les inconvénients de la TVA sociale, qui n'est pas équitable socialement. D'une façon générale, je souhaite stabiliser les règles. Je suis favorable à ce qu'un cadre fiscal et social soit défini avant la fin de cette année, pour les années à venir. Les acteurs économiques ont besoin de visibilité.

Vous voulez maintenir le taux de prélèvements obligatoires ?
Oui. Je ne suis pas de ceux qui prétendent à la fois baisser les prélèvements et la dette. C'est impossible. Il faut être sérieux, sinon on décrédibilise le discours politique.

Sur ce point, vous êtes d'accord avec François Bayrou...
Il n'a pas de programme, François Bayrou, et il s'en vante !

Allez-vous revenir sur la réforme de l'impôt sur le revenu ?
Le nouveau barème a scandaleusement creusé les inégalités. Il devra être redébattu dans le cadre de la loi de Finances 2008. Ce qui s'est passé sur les tranches les plus hautes n'est pas juste.

Pourquoi n'êtes-vous pas plus précise sur ce sujet ? Il est légitime que les Français connaissent vos intentions fiscales avant l'élection.
Je veux que cette question soit reliée au reste. Mon seul dogme en la matière est la justice et l'acceptation de l'impôt. Cela suppose que les Français comprennent ce qu'on fait de leur argent. Je suis favorable à un budget de l'Etat participatif, afin que les Français soient associés à la manière dont est utilisé l'argent de leurs impôts. Moi, je le fais dans ma région. Au niveau national, c'est plus compliqué, mais il faut y réfléchir.

Vous n'avez pas retenu l'idée de Dominique Strauss-Kahn d'un impôt sur les Français de l'étranger ?
Je ne pense pas qu'il faille taxer tous les Français de l'étranger pour empêcher quelques expatriations fiscales. Et je relève un paradoxe : la droite a voté le bouclier fiscal et certains de ses amis s'en vont quand même.

Vous ne toucherez pas à l'ISF ?
Non.

 Vous avez ouvert votre discours de Villepinte en dénonçant le poids de la dette, avant d'annoncer 100 propositions souvent très coûteuses. Où sont les économies ?
Sur la réforme de l'Etat, il y a des marges de manoeuvre. Nous devons avoir un Etat qui fonctionne bien et qui diminue son train de vie, même si c'est en partie symbolique. Je suis favorable par exemple à la diminution du nombre de ministères. Et puis surtout, il y a la décentralisation. Quand j'ai rencontré José Luis Zapatero en Espagne ou Romano Prodi en Italie, ils m'ont dit tous les deux que c'est par la décentralisation qu'ils ont réduit les dépenses de la collectivité.

Mais en France, la décentralisation s'est toujours traduite par un doublement des postes et des dépenses.
C'est cela justement qu'il faut éviter à l'avenir.

Y aurait-il obligation pour l'Etat de diminuer d'autant le nombre de ses agents ?
Oui. Jusqu'à présent, l'Etat a refusé de se délester et de perdre son pouvoir central. Moi je dis qu'il faut réajuster le nombre des agents publics en fonction des transferts de compétences.

Globalement, quand on raisonne Etat et collectivités ensemble, faut-il baisser les effectifs publics ?
Il faut un redéploiement assez drastique. Dire qu'on ne remplacera pas un fonctionnaire sur deux, comme le fait Nicolas Sarkozy, c'est inacceptable, car c'est détruire les services publics.
Et puis, c'est faire preuve d'un certain mépris pour les fonctionnaires que de leur dire qu'un sur deux ne sert à rien. La réforme nécessaire de l'Etat, la droite ne peut pas la faire parce qu'elle n'aime pas le service public. Moi, je la ferai, parce que je suis attachée au service public.

L'Etat doit-il revenir à 100 % d'EDF ?
Je suis favorable à une maîtrise réelle de l'Etat sur EDF. Et pourtant, je ne suis pas une dogmatique de la nationalisation. Les enjeux sont tels - constitution d'un pôle européen de l'énergie, développement des énergies renouvelables, avenir du nucléaire - qu'il est essentiel que l'Etat maîtrise ce secteur stratégique.

Vous critiquez beaucoup Nicolas Sarkozy, moins François Bayrou...
C'est faux. Son " on ne dépense rien " me paraît très dangereux. Seule une nation qui investit dans les capacités d'avenir - université, recherche, innovation - peut affronter la mondialisation et préparer son avenir.

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 19:41

 

Ségolène, la seconde jeunesse de Chevènement

 

Dans Le Monde daté demain, mais paru ce jour sur Internet, Ariane Chemin décrit à sa façon la place qu’occupe le président d’honneur du MRC au côté de Ségolène Royal dans cette campagne présidentielle, « le père dont elle aurait rêvé » selon l’observation d’un cadre du PS, mais il serait plus convenable de le comparer à un grand frère, compte tenu de leur différence d’âge…

Le titre de l’article « Ségolène, la seconde jeunesse de Chevènement » me semble bien adapté, tant cette période renvoie à son action auprès de François Mitterrand  dans les années 1960 et 1970. Mais c’est maintenant lui le plus âgé. Il est vrai, je l’ai constaté le 10 décembre dernier quand il a accueilli Ségolène, salle Olympe de Gouges, que les deux étaient particulièrement rayonnants et heureux de se retrouver, comme le montre la photo en tête de ce blog.

 Le texte de l’article du Monde

 « Il est là, au premier rang, ce lundi 12 mars, au gymnase Japy à Paris, où Ségolène Royal recevait "mille" personnalités artistiques et intellectuelles. Et il goûte les paroles qu'il entend. "Nous, républicains, nous sommes amoureux de la France... La nation n'est pas une addition de communautés... Avec moi, l'identité nationale ne disparaîtra pas dans la mondialisation" (Le Monde du 14 mars). C'est, bien sûr, la voix de la candidate socialiste ; mais, derrière le timbre un peu las, c'est du Chevènement. Pas bégueule ni trop regardante dans cette campagne sans repères, la salle applaudit à tout rompre l'ode républicaine.

 C'est l'ex-député de Belfort, en effet, qui a écrit une bonne partie du discours. L'avocat Jean-Pierre Mignard a sauvé quelques passages, mais le "jus" est chevénementiste. Déjà, lors du discours à Villepinte, le 11 février, il avait inspiré des morceaux sur la France et sa "grande Histoire", et les avait envoyés à Max Gallo, désormais passé sur l'autre rive politique - l'historien ne cache pas son admiration pour Nicolas Sarkozy. Chevènement n'avait pas aimé l'interpellation de Gallo dans Le Parisien du 21 janvier : "Elle nous parle des 'territoires' : qu'elle nous parle de la nation !"

 Après ses 5,33 % à l'élection présidentielle de 2002, on le croyait fini. A tort. Chevènement est de retour. Avec ses amis, de hauts fonctionnaires qui sont autant de bonnes plumes, il met sa patte et son miel dans les discours de Ségolène Royal. Sans jamais s'en vanter : "Je m'efforce de l'aider. Mais elle prononce les discours qu'elle veut", répond-il, avant de convenir : "Mais c'est vrai que j'ai un réseau de gens compétents : sur l'Europe, en politique étrangère, ce sont mes amis et moi-même qui travaillons souvent." Il intervient à chaque comité stratégique de campagne, met à disposition moult argumentaires. Pourquoi, sur Airbus, Ségolène Royal se priverait-elle de ce spécialiste des dossiers industriels qui, de surcroît, connaît si bien Louis Gallois, le nouveau patron d'EADS, un ancien de Socialisme et République, soutien du candidat Chevènement en 2002 ?

 "PHAGOCYTER LE PRINCE"

 La task force est en place depuis janvier. Le maire de Belfort réunit les experts qui, depuis toujours, travaillent pour lui. "On attend les propositions de la candidate. Il faut donner du fond à la campagne", leur explique-t-il. Puis, durant la dernière semaine du mois, il réunit dans ses bureaux rue de Bourgogne cinq hauts fonctionnaires qui forment l'ossature - et, à vrai dire, presque l'ensemble des troupes - du Mouvement républicain et citoyen (MRC). "Vous savez écrire des discours. Il faut aider Ségolène."

 Aussitôt dit, aussitôt fait. On ne plaisante pas avec les ordres du chef. Dans le plus grand secret, l'équipe est immédiatement mise à contribution : Patrick Quinqueton, ancien membre du cabinet de Chevènement place Beauvau, Marie-Françoise Bechtel, autre conseiller d'Etat, le député européen Sami Naïr, et Jean-Yves Autexier, conseiller de Paris. C'est lui qui réunira les contributions pour en faire le discours qui, à Villepinte, fonde le fameux "pacte présidentiel".

 "Depuis qu'il est entré en politique, toute la stratégie de Jean-Pierre a toujours été de tenter de phagocyter le prince", résume un ancien compagnon de route. Prendre son envol électoral, comme il y a cinq ans, ne lui a jamais réussi. Il préfère peser sur les idées, imposer son logiciel républicain, que ce soit à l'intérieur du PS, comme au Ceres, ou au sein de la gauche plurielle, en 1997. "Jean-Pierre Chevènement a commencé en politique en rédigeant les argumentaires de François Mitterrand pour la présidentielle de 1965", rappelle un "historique".

 Après l'échec de la gauche au premier tour en 2002, tout cela semblait fini. Le "Che" était devenu la bête noire de Lionel Jospin, qui n'a jamais cessé de tenir son ami pour responsable de la défaite. Chevènement ? Un "démissionnaire professionnel et un traître occasionnel", a lâché Sylviane Agacinski, le 31 janvier, sur France Culture. "Sylviane est une excellente épouse", a immédiatement rétorqué le "Che" sur son blog. Bref, la brouille est consommée.

 Au PS, ses amis se font rares. "Alors, Jean-Pierre, qu'est-ce que tu fais en ce moment ?", lui demande Laurent Fabius, en janvier 2003 lors d'un déjeuner d'approche. Silence de dix secondes. "Eh bien, vois-tu, Laurent, je tente de survivre." C'était vrai. Rue de Solférino, François Hollande négocie avec patience les 1 500 000 voix chevénementistes de 2002 contre 10 circonscriptions, dont la seule qui compte : la deuxième de Belfort. Georges Sarre, l'indéboulonnable député du XIe arrondissement, est exilé dans la Creuse. Pour faire monter les enchères, Jean-Pierre Chevènement tente, comme d'habitude, de faire croire à sa vraie-fausse candidature.

 "RÉCONCILIATION" DU OUI ET DU NON

 Mais voilà que, à l'été 2006, il comprend que c'est Ségolène Royal qui risque d'être investie. Un jour d'août où il nage au large d'une plage de Belle-Ile, il lâche entre deux brasses à l'ami qui l'accompagne : "Avec Ségolène, qui est si mal organisée, est-ce que tu ne crois pas que c'est l'endroit où on pourrait le mieux peser ?" Ses militants tractent encore pour leur candidat à la présidentielle, ce 10 décembre 2006 où, au congrès de son parti, il accueille en majesté Ségolène Royal, scelle l'alliance avec elle et s'efface pour de bon. Croit-on.

 "C'est la réconciliation entre la gauche du oui et la gauche du non, mais pas une réconciliation artificielle", assure alors la candidate socialiste, qui consulte aussi Jacques Delors et Hubert Védrine sur l'Europe, mais a besoin de toutes les voix de gauche. Un référendum les sépare, mais aucun drame : Ségolène Royal n'est pas la plus européenne des socialistes. Quelques jours plus tôt, au Portugal, elle a d'ailleurs trouvé les accents chers aux "nonistes" ou au candidat de l'UMP pour critiquer la Banque centrale européenne et l'euro fort.

 Sur l'école, sur les banlieues, leurs credo se ressemblent. Lorsqu'en 1999 le ministre de l'intérieur Chevènement avait dénoncé les "sauvageons" des banlieues, Ségolène Royal, alors ministre déléguée à l'enseignement scolaire, l'avait défendu. Comme elle avait été la seule, avec le ministre de la défense Alain Richard, à soutenir les "centres fermés" pour mineurs délinquants. "Ils partagent la même conception de la République, une République qui se respecte et qui est respectable, estime un proche du "Che". Elle n'est pas du tout bobo ou libérale-libertaire."

 LA MÉFIANCE ENVERS LE PS

 L'intérêt bien compris de Chevènement rencontre celui de Ségolène Royal. La candidate, ce n'est pas un mystère, se méfie du PS. Elle veut organiser sa campagne avec ses propres troupes. Or voilà longtemps que sa propre équipe, au "2-8-2", boulevard Saint-Germain, ne suffit pas à faire face aux demandes. La rencontre avec ce staff de hauts fonctionnaires sexagénaires la rassure. Leur dévouement la comble.

 Un exemple ? Son grand oral devant la Fédération des chasseurs, le 20 février. Le dimanche soir qui précède, c'est la panique au QG. Ségolène Royal n'est pas satisfaite des discours qu'elle a commandés en parallèle - c'est sa méthode - à Stéphane Le Foll, le directeur de cabinet de François Hollande, à l'ex-ministre de l'agriculture François Patriat, au président du conseil régional d'Aquitaine et à celui d'Auvergne. Elle a alors recours à un ancien élu de Dordogne, Michel Suchod : les chasseurs se montrent ravis de "l'engagement solennel" pris par la candidate de "ne pas faire la énième réforme" de la chasse.

 Le service de presse peine-t-il à assumer seul la campagne ? Pas de souci, le "Che" prête Laurent Payet, son efficace chargé de communication place Beauvau. Samedi 3 mars, à la maison de la Chimie, pour le discours sur la défense de Ségolène Royal, c'est Danielle Duwoye, secrétaire particulière du député de Belfort depuis plus de vingt ans, qui tient la liste des invités - des cartons d'invitation ont aussi été envoyés au nom du président du MRC. Il a eu la haute main sur le texte, au grand dam de Jean-Yves Le Driant, censé conseiller la candidate sur le sujet, et surtout ami fidèle de Ségolène Royal depuis les clubs Témoins de Jacques Delors.

 Seul couac dans cette alliance : le retour des "éléphants", le 22 février. Lionel Jospin pose en effet comme condition à son ralliement l'évincement de son ancien ministre. Le "Che" ironise sur son blog sur cette "fixation malheureuse" et cette "incapacité persistante à analyser les causes de son échec". Mais, au fond, il s'en fiche. A ce jour, le comité des "treize" dont il a été écarté ne s'est pas encore réuni, alors que lui a gagné un bureau boulevard Saint-Germain.

 Les socialistes assistent, médusés, au retour en grâce de leur ancien ennemi. Ils retrouvent ses marottes et ses obsessions. "A chaque apparition de Chevènement, on perd 0,2 % de voix qui vont vers Bayrou", s'est plaint il y a quelques jours un délégué national devant un Stéphane Le Foll impuissant. "Quand il parle pendant les réunions, on se regarde, on lève les yeux au plafond, mais on ne dit rien parce que le résultat passe avant tout", confirme un député. Comme dimanche 4 mars, à la veille de la rencontre de Ségolène Royal avec la chancelière allemande. Le président du MRC, assis comme d'habitude à sa droite, explique à la candidate qu'il faut "se méfier d'Angela Merkel" et de ces "Allemands qui ne croient qu'aux capitaux privés" pour Airbus.

 Parfois, les cheveux de Chevènement se dressent sur sa tête, comme lorsque le premier ministre israélien Ehoud Olmert félicite la candidate. Mais il se tait ; il la défend sur le nucléaire civil iranien, mange son chapeau sur le réacteur nucléaire EPR. Il a réussi à se rendre indispensable. "Il est devenu son directeur de conscience. C'est le père dont elle aurait rêvé", résume un cadre socialiste. "Elle lui a donné une seconde jeunesse", préfère un ami du "Che". Mardi 13 mars au soir, alors que le comité stratégique de campagne s'interroge sur la manière de contrer François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement explique, sûr des fondamentaux de sa candidate : "Il faut que Ségolène reste elle-même."  

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 19:20

 

Le Parti Socialiste à la croisée des chemins

 L’équipe de Ségolène Royal s’était préparée à un combat frontal gauche - droite avec le président de l’UMP. La percée du président de l’UDF l’oblige à se repositionner.

 Deux lignes politiques au sein du PS

 Deux orientations divergentes avaient été exprimées publiquement par Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius :

 - la première qui prépare une alliance de second tour avec le candidat centriste,

 - la seconde qui maintient la stratégie initiale, refusant de voir dans le candidat centriste un allié possible de la gauche.

 On retrouve, en fait, le clivage apparu en 2005 lors du débat européen mais il ne s’agit plus de position théorique sur un texte. A moins de six semaines du premier tour de l’élection présidentielle, face à un événement imprévu (Bayrou), que fait-on ?

 La ligne majoritaire est celle de Ségolène Royal

Constatons que les dirigeants du PS (auxquels ont été associés dans ces réunions du mardi soir, ceux du MRC et du PRG) ont mis nettement en minorité la ligne Strauss-Kahn.

 En réalité, les choix que Ségolène Royal avait présentés à Villepinte le 11 février, dans le cadre de son pacte présidentiel, ont été confirmés et renforcés sous l’impulsion de Laurent Fabius et de nombreux responsables socialistes.

 Jean-Marc Ayrault résumait  le débat en affirmant « La seule voie possible pour un vrai changement est Ségolène Royal, Bayrou n’étant qu’une solution alternative au sein de la droite. Il faut tout faire pour que Ségolène Royal soit le plus haut possible au premier tour et qu’on ait cette confrontation au deuxième, plutôt que le non-choix que serait un duel Bayrou-Sarkozy » (Myriam Lévy, Le Figaro, 14 mars).

 Une large recomposition politique se prépare en France

 Pour bien comprendre que nous assistons à une recomposition politique puissante lors de cette élection présidentielle, je reprends, ci-après, les commentaires de Xavier Dumoulin que j’ai lus aujourd’hui sur http://sr07.unblog.fr .

 « Ce qui se joue en fait c'est la recomposition des bases de classes de chaque camp. Depuis la crise de 2002, la droite et la gauche ont perdu leurs appuis populaires au profit de catégories sociales plus favorables à l'intégration européenne d'où la force de l'abstention combinée avec la montée des extrêmes.

 Pour reprendre l'analyse de B. Amable, on assiste à un processus de rupture interne à chaque bloc. N. Sarkozy veut agréger des couches salariées en attente de protection, d'où son discours sécuritaire, assorti de tentative d'usurpation de Jaurès. Mais il s'adresse aussi aux indépendants, favorables à une demande de libéralisation, d'où son attractivité auprès du patronat.

 F. Bayrou veut construire un bloc bourgeois pro-européen mais modérement néo-libéral. Ce projet parie sur les appuis d'une partie droitière du PS qui viendraient compléter son enracinement éprouvé à droite. Il fait l'impasse sur les couches populaires en privilégiant les couches moyennes et supérieures. Ce bloc virtuel ne correspond à aucune réalité politique structurée.

 Dans cette recomposition d'ensemble, l'émergence d'un bloc socialiste et républicain, ancré à gauche, devrait partir d'une large reconquête des couches salariées du privé et du public en attente d'un nouveau compromis social inspiré par un projet politique compatible avec le pacte présidentiel de Ségolène Royal : retour en tous points à la République, à la citoyenneté, à la solidarité et au civisme, d'une part ; volontarisme économique et protection sociale renforcée dans un processus de réorientation de l'Europe, d'autre part.

 La nature du projet est un facteur d'agrégation pour reconstituer une base électorale populaire, ce que nous appelions hier front de classe(s) anti-capitaliste. Il n'est pas inutile de s'interroger sur la filiation entre la base de classe et le projet quand d'aucuns spéculent sur une offre politique imaginaire perdant de vue la légitimité première de la gauche républicaine : celle de la défense et de l'émancipation du monde du travail, autrement dit la République sociale ».

 Xavier DUMOULIN, 14 mars 2007, sur  http://sr07.unblog.fr , le blog citoyen, socialiste et républicain pour 2007.

 Ce blog est animé par deux rédacteurs de sensibilité socialiste et républicaine. Dans le cadre de cette campagne présidentielle, ils ouvrent ce forum pour en faire un espace de réactions et de réflexions sur l'actualité et les thèmes développés par les candidats.

 Eric Fricot, certifié en  sciences économiques et sociales, est enseignant en lycée. Il collabore à l'édition d'ouvrages scolaires.

 Xavier Dumoulin, ancien élève de l'Ecole Nationale de Santé Publique et de formation supérieure pluridisciplinaire, a exercé des responsabilités dans les services publics de l'emploi et de la santé.

 Tous deux ont eu des engagements associatifs, syndicaux et politiques. Ils partagent une vision exigeante de la politique et poursuivent un même objectif : ouvrir une perspective d'alternative aux politiques néolibérales en oeuvre depuis trop longtemps.

 « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques » Jean Jaurès.

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