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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 17:30

 

Une femme libre et créative, volontaire et réactive

 A trois semaines de l’échéance, Ségolène Royal a ressenti le besoin d’innover en lançant un nouveau projet de contrat pour les jeunes qui sortent à 16 ans du système scolaire. Elle précise son approche originale de la politique sociale et il est clair que, proche du but, elle va insister sur ce qui la différencie à la fois de la droite et du centre, afin de solliciter l’électorat de gauche et faire sortir de leur tanière les sceptiques de la politique qui ont tendance à penser que tout se vaut et que le vote est sans enjeu réel.

 Ci-après, deux articles de presse, l’un d’une femme, Myriam Lévy, dans Le Figaro (31 mars) qui accompagne la candidate dans sa campagne et écrit à chaud, l’autre d’un homme, Renaud Dely, dans Libération (28 mars) qui commente la démarche de la candidate et analyse à froid ses orientations.

 D’abord, un extrait de l’article de Myriam Lévy.

 « Ségolène Royal revient sur le terrain social »

 « La candidate a proposé un nouveau contrat aidé pour les jeunes non qualifiés dans l'artisanat et le petit commerce.  

CE SERA le « contrat première chance ». Par opposition, bien sûr au contrat première embauche, le CPE tant décrié par la gauche, auquel Jacques Chirac renonçait il y a un an jour pour jour, le 31 mars 2006.

 Hier, Royal fêtait cet enterrement à Clermont-Ferrand, en tenant meeting dans un lieu pour jeunes : le B Box, plus grande boîte de nuit monosalle d'Europe, qui peut accueillir 3 500 personnes.

 Mais c'est dans la petite salle des fêtes de la mairie de Guéret qu'elle a énoncé sa proposition de nouveau contrat aidé pour les jeunes sans qualification. Une façon aussi, pour elle, de s'échapper du débat sur la sécurité. Un contrat qui s'ajoute aux 500 000 emplois-tremplins de six mois pour les jeunes qualifiés - qu'elle a déjà prévu de créer dans les entreprises et les associations. Le « contrat première chance », une expression employée par l'entourage de la candidate, concernera les entreprises de l'artisanat et du commerce, c'est-à-dire les très petites entreprises (TPE, moins de dix salariés).

 « Il y a, d'un côté, 500 000 offres d'emploi » qui ne trouvent pas preneur dans le commerce et de l'artisanat (bâtiment, restauration, ­ser­vice...) « et de l'autre, 190 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification. » Pendant un an, ces jeunes seront payés à un niveau qui sera « à négocier localement », salaires et charges étant pris en charge par l'État et les régions, qui piloteront l'expérience et apporteront un appui en formation, notamment sous la forme de tutorat.

 Plaidoyer pour le service public

 Royal se réclame du parrainage de Jacques Delors, et de sa proposition de « Chantier national pour les jeunes sans qualification ». « En contrepartie, je demanderai aux artisans et aux commerçants de respecter ces jeunes, de ne pas leur confier que des tâches d'exécution, car ils sont parfois découragés par les tâches qu'on leur donne » et, « si le jeune fait ses preuves, qu'on peut lui faire confiance, je demanderai à l'artisan de le recruter sur un emploi stable et durable », dit-elle, sans pouvoir préciser comment elle fera » (…).

 

Renaud Dely accompagne son titre du commentaire suivant « Ségolène Royal prône le social «sur mesure» et s'émancipe des dogmes socialistes ».

 « Le discours d'une autre méthode »

 « A moins de trois semaines de l'échéance, Ségolène Royal garde son cap mais accélère. Elle tente de donner le rythme de la fin de campagne. A l'automne, c'est parce qu'elle assurait le tempo des débats qu'elle avait pris l'ascendant sur Nicolas Sarkozy. L'ex-ministre de l'Intérieur a repris la main à compter du congrès de l'UMP, mi-janvier. Puis, la frénésie Bayrou est venue perturber la joute élyséenne. Cette fièvre centriste quelque peu retombée, Ségolène Royal cherche à la fois la bonne distance vis-à-vis de son camp et la bonne hauteur de vue par rapport aux Français pour conforter sa dimension présidentielle.

 C'est cette démarche qu'elle s'efforce de mettre en oeuvre tout au long de l'entretien qu'elle a accordé hier à Libération.  «L'identité» républicaine contre le «nationalisme» de la droite, «l'unité nationale» opposée au «communautarisme» d'un Nicolas Sarkozy «dangereux» parce que porteur de troubles dans les banlieues : Ségolène Royal met l'accent sur les valeurs et se veut candidate des sécurités, de toutes les sécurités, qu'elles soient sociale, civile, policière, etc.

 Cultivant son credo de «l'ordre juste», la présidente de la région Poitou-Charentes se penche en priorité sur le sort des classes populaires dont elle sait le rôle décisif pour l'issue du scrutin. Une leçon de plus du 21 avril 2002, la campagne de Lionel Jospin étant érigée en antimodèle dans tous les domaines.

 Pour reconquérir ces catégories défavorisées qui avaient fait défaut à l'ancien Premier ministre, Ségolène Royal avance des solutions qui se veulent synthèse de la première et de la deuxième gauche, et respectueuses d'une négociation sociale qu'elle rêve appuyée sur un «syndicalisme de masse». Surtout, elle plaide pour une nouvelle méthode, celle d'une politique sociale qui fait du «sur mesure» pour recoudre les fractures d'une société émiettée au sortir de douze ans de chiraquisme, un bilan dont elle veut faire supporter le fardeau au candidat de l'UMP.

 Pas de trace de «nous», du PS et de ses éléphants, c'est une femme à la fois seule, «libre» et «responsable» qui s'exprime pour nouer un lien direct avec les Français. L'attitude n'est pas sans s'inspirer de la tradition plébiscitaire gaullienne. Elle la conduit à s'émanciper des dogmes socialistes. Foin de ce qu'elle considère comme des «tabous» de la gauche, Royal refuse, presque par réflexe, de se plier à l'orthodoxie du PS sur l'école, le travail ou l'entreprise. A coups d'études d'opinion, elle s'est convaincue qu'elle a tout à gagner à décoiffer les siens. Car elle reste certaine de les retrouver au second tour contre Sarkozy.

 Pour rassembler large face à l'épouvantail de l'UMP, Royal cultive donc une «force tranquille» toute mitterrandienne testée lors des coups de vent traversés par sa campagne. Lors de la compétition interne, elle avait habilement joué de la victimisation pour surligner les critiques de Strauss-Kahn et Fabius.

 Là encore, elle pense avoir trop encaissé, enduré, subi de chausse-trapes et de moqueries pour ne pas espérer un ultime mouvement de sympathie en sa faveur. A ce titre, l'abjuration d'Eric Besson fait figure de cas d'école et semble trop grosse pour être parfaitement honnête. Voilà l'ex-dirigeant PS rallié à Nicolas Sarkozy pour faire barrage à la candidate du parti qui l'a fait élire député : un signe de plus qu'au moment du sprint, tous les moyens sont bons à la droite pour faire barrage à Royal ».

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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 15:23

 

La France, la Révolution, la République…

 

Remercions Xavier Dumoulin qui, sur son « blog citoyen, socialiste et républicain pour 2007 » sr07, éclaire l’actualité présidentielle par des notes historiques. C’était doublement le cas le 28 mars avec une référence à l’origine du choix des trois couleurs du drapeau national et avec une citation de Jaurès à propos de la continuité entre la France, la Révolution, la République et… demain, le socialisme !

 Acceptons-en l’augure, même si l’horizon actuel est le capitalisme techno-financier et des politiques néo-libérales qui mettent en cause les fondements même de la République.

 « Le mystère de l’histoire d’un symbole : les trois couleurs »

 « Selon Raoul Girardet, la version la plus communément admise fait naître l'emblème tricolore le 17 juillet 1789. Trois jours après "la prise de la Bastille", Louis XVI, reçu à Paris, à l'Hôtel de ville, par son maire, Bailly, aurait, à la demande de ce dernier, coiffé son chapeau habillé d'un ruban bleu et rouge - couleurs de Paris - aux cotés de la cocarde blanche. 

 L'emblème aux trois couleurs serait apparu quelques jours plus tôt. Le commandant de la nouvelle garde nationale, La Fayette, aurait uni le blanc de l'uniforme des gardes françaises, ralliées au mouvement insurrectionnel, au bleu et au rouge de la milice parisienne. Le blanc n'était pas la couleur royale mais celle de la marque distinctive du commandement militaire : la cornette blanche.

 La nouvelle cocarde pouvait légitimement apparaître comme un symbole d'alliance et de concorde. "Tout se passe en somme comme si, dans ce moment décisif de l'histoire de l'idée de nation, celle-ci exigeait une représentation visuelle, un signe tangible d'identité et de reconnaissance". Un décret du 15 février 1794 précise que "le pavillon national sera formé de trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales, posées verticalement de manière que le bleu soit attaché à la gauche du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs".

 Après l'arrestation du souverain, le drapeau blanc trouva sa place à la tête de l'insurrection vendéenne et des volontaires de l'armée des princes. C'est en 1830, à la chute de Charles X, que la nouveau roi, Louis Philippe , décrète à nouveau : "La nation reprend ses couleurs. Il ne sera plus porté d'autre cocarde que la cocarde tricolore". Eugène Pottier, le futur auteur de l'Internationale, chante la résurrection du " drapeau de la Liberté".

 En 1848, le 25 février, le drapeau rouge flotte au dessus de l'Hôtel de ville parisien, mais Lamartine s'opposa de toutes ses forces, avec succès, à ce que l'on changeât le drapeau tricolore. Sous la commune de Paris, le drapeau rouge fut à nouveau hissé sur le fronton de l'Hôtel de ville. En 1873, le comte de Chambord échoua pour avoir conditionné son retour au rétablissement du drapeau blanc. Cette exigence était devenue insoutenable, même pour l'extrême droite de l'époque.

 Sous la III° République, le drapeau tricolore redevenait celui de la réconciliation entre la fidélité à 1789, "face aux ultimes tentatives des tenants du droit divin", et aux principes de stabilité, d'équilibre et de continuité. Les socialistes, sous l'influence de Jean Jaurès, ont adopté les symboles de la République, repris par le Front Populaire. Les résistants et les forces politiques de la Libération devaient manifester le plus grand attachement à ces symboles, renouant avec le patriotisme républicain.

 Depuis les années 1980, avec la montée du FN, d'aucuns rechignent à exalter les vertus du patriotisme républicain, laissant le terrain à Le Pen et à ses émules. Quel abandon ! Loin d'être une idée saugrenue, la défense des symboles républicains constitue une pièce importante d'un dispositif de reconquête de l'identité républicaine qui appartient au Peuple français ».

 Xavier DUMOULIN d'après Raoul Girardet dans " Les lieux de mémoire", Quarto Gallimard, 1997.

Jean Jaurès : « Le socialisme suppose la France : il suppose la République »

 « Le socialisme suppose la France : il suppose la République. Et de même que Blanqui disait à l'heure de l'invasion avec un admirable cri de détresse «  Que deviendrons-nous si nous n'avions pas de patrie ? », nous, nous redisons sans cesse : «  Que deviendrait donc le socialisme s'il n'y avait plus de France ? »

 Le Parti socialiste ne sera jamais tenté de commettre l'erreur funeste de ceux qui séparent la question sociale de la question politique. Il n'y a de justice sociale que par la liberté républicaine. Défendre la patrie et la République est pour nous tous le premier article de la charte socialiste.

 Ni l'Angleterre, ni l'Allemagne n'ont, dans leur passé, une République démocratique comme celle qui fut proclamée en France en 1792. Au contraire, en France, le seul mot de République, tout plein de rêves grandioses des premières générations républicaines, contient à lui seul toutes les promesses d'égalité fraternelle.

 Il se peut qu'un jour prochain le vrai Parti des républicains, celui qui ne se borne point à accepter la République comme un fait accompli et inévitable, mais comme la force nécessaire du droit, soit amené à se déclarer tout entier Parti socialiste républicain. Il se peut que la République française s'appelle bientôt dans le monde une République socialiste. Pour ma part, je le désire et je le crois, car la Révolution française contient le socialisme tout entier. »

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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 14:22

 

Les couches populaires feront la décision

Dans Marianne2007.info, paru hier, Jean-Pierre Chevènement s’exprime clairement sur les questions qui font l’actualité de la campagne électorale (la nation, l’identité nationale, l’immigration, les sans-papiers) mais aussi sur sa place dans cette campagne. Il rappelle que la nation est le lieu de la solidarité et que le nationalisme est une maladie de la nation. Il souligne que la question de l’identité nationale est posée à tous, y compris les élites (très liées à la mondialisation) et l’extrême gauche (en froid avec l’idée républicaine).

 Marianne2007.info : Les propos de Ségolène Royal sur la nation, la marseillaise et le drapeau tricolore suscitent la polémique. Comment l'expliquez-vous?

Jean-Pierre Chevènement : Il semble que beaucoup de gens confondent la nation et le nationalisme. Ça n'a rien à voir. Le nationalisme est une maladie de la nation. Mais la nation, c'est le cadre de la démocratie, c'est une communauté de citoyens, c'est une conquête de la Révolution française. « Vive la nation ! », c'est le cri de Valmy. La nation est quelque chose de parfaitement sain, comme le patriotisme. Car la nation n'est pas seulement le lieu de la démocratie, c'est aussi le lieu de la solidarité. La sécurité sociale par exemple, c'est dans le cadre de la nation.

 Par conséquent, (…) nous considérons que la République doit permettre l'expression de la volonté nationale et populaire. Ne pas comprendre cela, c'est faire une grave erreur, et c'est confondre la nation avec le détournement qui en a été fait par la droite et l'extrême droite au cours de l'histoire.

 Mais je rappelle que dans les grands moments de notre histoire, la gauche a su reconquérir l'héritage de la nation : pendant la résistance, à la libération. Il y a une conception républicaine de la nation qu'on ne doit pas confondre avec les déviations nationalistes, ou avec les conceptions que peuvent en avoir M. Sarkozy ou M. Le Pen. Car ce sont des conceptions inégalitaires de la nation. Le propre du patriotisme républicain est de faire appel à la valeur d'égalité. Ségolène Royal est pour une égalité réelle, à travers notamment un effort accru pour l'éducation.

 M. Sarkozy est un libéral. Le libéralisme est une idéologie de l'inégalité, qui laisse croître les écarts et qui, au contraire, considère que c'est parfaitement sain. Quant à M. Le Pen, je n'ai pas besoin de développer davantage : la xénophobie, par définition, est une idéologie inégalitaire. Il en va tout à fait autrement du patriotisme républicain.

Ségolène Royal avait déjà parlé de nation. Mais pourquoi insister sur ce sujet juste après la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale ? Ne risque-t-elle pas de donner l'impression de suivre, et de ne pas imposer ses thèmes ?

Au contraire, c'est une manière de marquer une différence essentielle. M. Sarkozy peut bien parler de l'identité nationale, c'est un vrai sujet. Mais ce qui est gravement critiquable dans sa proposition de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale c'est le « et », la proposition de coordination. Ça n'a rien à voir. Le problème de l'identité nationale, s'il se pose pour les immigrés, se pose aussi pour les autres, notamment pour nos élites, dont on pourrait dire qu'historiquement elles ont failli. Je rappelle les années 30 : « plutôt Hitler que le Front populaire », la collaboration, l'acceptation de la défaite. Et aujourd'hui nos élites sont très multinationalisées. Regardez nos grandes entreprises qui (…) réalisent beaucoup plus leurs bénéfices à l'étranger qu'en France. Et on ne peut pas dire qu'elles manifestent beaucoup de patriotisme économique. (…)

La gauche de la gauche demande à Ségolène Royal de ne pas oublier l'emploi, le logement, l'école, au lieu de parler de la nation. Qu'avez-vous à leur répondre ?

Ségolène Royal n'oublie ni l'emploi, ni l'école, ni le logement. Tout cela figure dans ses propositions. Ce que l'extrême gauche oublie trop souvent, c'est la République. Elle ne la comprend pas. C'est le legs de l'histoire, depuis la Commune. Elle est viscéralement hostile à l'idée républicaine. Ce faisant elle se condamne à l'impuissance.

Est-ce qu'il existe, selon vous, une crise de l'identité nationale ?

Bien sûr qu'il y a une crise nationale en France. Mais qui se superpose à la crise sociale. Elle tient aux difficultés que nous affrontons dans la mondialisation (…), aux asymétries qui existent : dans les écarts de rémunération entre pays (…), avec le dollar, qui permet aux Etats-Unis d'avoir une croissance supérieure à la nôtre. (…) Cette mondialisation inquiète. On a le sentiment que notre tissu industriel fout le camp. Il y a une crise sociale qui est aussi une crise nationale. (…) La France marche aux projets. Aujourd'hui dans la mondialisation, son vrai projet serait une Europe redressée, qui saurait faire reculer le chômage, préserver l'industrie. Mais nous sommes loin de cette Europe qu'il faut redresser. D'où d'ailleurs les propositions que fait Ségolène Royal, en application des accords que nous avons passés, pour par exemple introduire la mention de la croissance et de l'emploi dans les statuts de la Banque centrale européenne ; d'où la volonté qu'on prenne les aspects sociaux et environnementaux dans les règles du commerce international ; d'où le souci d'harmonisation fiscale et sociale à l'échelle européenne ; d'où la proposition d'un gouvernement économique de la zone euro.

Mais cette crise sociale a-t-elle des conséquences sur l'identité nationale et sa conception ?

Bien évidemment. Parce que la France est une nation qui se définit politiquement. Donc quand ça va mal socialement, elle s'interroge sur ce qu'elle devient et sur son projet. Donc le projet de la France mérite d'être clarifié aujourd'hui. On l'a vu avec le référendum du 29 mai 2005, avec une majorité de « non » à près de 55%.

La question des sans-papiers est revenue sur le devant de la scène politique. Ségolène Royal s'est prononcée dimanche pour une régularisation des parents et grands-parents d'enfants scolarisés en France. Lundi, elle parlait d'étudier les situations au cas par cas. Y a-t-il une sorte d'hésitation en la matière ?

Non, il n'y a pas d'hésitation. Il faut toujours partir des réalités. La réalité c'est qu'il y a un vide juridique. D'une part, l'école accueille tous les enfants résidant en France sans contrôler la nationalité de leurs parents, ou leur situation régulière ou non. Donc tous les enfants sont accueillis à l'école publique. C'est une règle à préserver. Mais en même temps cette attitude ouverte, cet accueil de tous les enfants peut favoriser les filières d'immigration clandestine. (…).

 Donc on peut, en inscrivant ses enfants à l'école, se trouver dans la situation de parents d'enfants scolarisés mais en situation irrégulière. A ce moment-là, il faut quand même un examen précis. Ségolène Royal préconise une régularisation sur critères d'intégration, comme la gauche l'a toujours fait (…). [Sur les parents d'enfants scolarisés non régularisables], on peut adopter une attitude souple, c'est-à-dire attendre au moins la fin de l'année pour leur manifester que leur présence sur le territoire national n'est pas légale, qu'ils doivent par conséquent retrouver leur pays d'origine et le cas échéant faire l'objet d'une reconduite.

Est-ce que le débat sur l'immigration et l'identité nationale peut faire monter, selon vous, le Front national ?

C'est le lien entre ces deux questions qui peut faire monter l'extrême droite. Au contraire, si on distingue, le problème de l'identité nationale – qui doit être réaffirmé, mais avec un projet clair, celui d'une Europe réorientée (…) – et l'immigration, [ce ne sera pas le cas]. Sinon, cet amalgame ne peut servir que l'extrême droite.

Parlons de votre place dans la campagne. On vous dit écouté par Ségolène Royal. Lui avez-vous soufflé le thème de la nation ?

Elle n'a pas eu besoin que je lui souffle le thème de la nation. Elle en avait déjà parlé il y a quelques mois, et ça lui avait valu de vives critiques au sein du PS. (…) La conception de Ségolène Royal, c'est la nation républicaine, la communauté de citoyens, sans distinction d'origine.

Après 2002, beaucoup, au Parti socialiste, vous en voulaient. Aujourd'hui, votre retour en grâce fait-il grincer des dents au PS ?

Demandez-le à ceux dont les dents grincent. Mais ne le demandez pas à moi. Naturellement, il faut faire l'analyse de la gauche plurielle. De ses réussites et de ses insuffisances. Et il faut faire une analyse correcte du 21 avril 2002. Il y avait quand même 19 millions de voix dans l'abstention, le vote nul ou les votes extrêmes. L'électorat populaire n'avait pas été au rendez-vous, concernant le candidat socialiste, car il avait recueilli 11 ou 13 % des voix d'ouvriers ou d'employés. Donc il y avait un problème et c'est ce problème que Ségolène Royal a justement pointé en disant que ce sont les couches populaires qui feront la décision dans cette élection présidentielle.

Mercredi 28 Mars 2007

Propos recueillis par François Vignal - Source : http://www.marianne2007.info

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 10:51

 

La culture, une force émancipatrice qui doit être partout

 Lundi, à Nantes, c’était le jour de la culture dans le programme de campagne de Ségolène Royal. En fait, elle n’a pas voulu développer l’ensemble de son programme culturel (elle renvoie aux quatre pages d’entretien dans les Inrockuptibles, 13 mars). J’emprunte le compte rendu de cette séquence de la campagne au blog http://desirsdavenir86000.over-blog.net 

 "Je veux que la culture soit partout", a-t-elle lancé dans la grande salle du Lieu unique, "symbole des combats ouvriers contre la fermeture de l'usine (Lu)". "Je ne veux pas que la culture soit considérée seulement comme un ministère".

 Elle commence donc par évoquer le "réchauffement planétaire" ou la question de "l'eau potable", avant d'enchaîner sur "l'investissement culturel, le plus formidable outil de lutte contre l'échec scolaire", en rappelant qu'"un jeune mineur incarcéré ne maîtrise que quatre cents mots, dix fois moins qu'un élève de CP".

 La culture comme "lien social", comme "force émancipatrice" et comme "accompagnement des dégâts sociaux".

 L'occasion, aussi, d'effleurer à nouveau le thème de l'identité : "Je veux une France suffisamment assurée de son identité culturelle pour qu'elle retrouve le risque de la créativité".

 Le maire (PS) de Nantes, Jean-Marc Ayrault, lui, assurait : "Grâce à la diversité, nous n'avons pas peur d'être français".

 Mme Royal a délaissé les notes d'experts, les 21 pages sur le spectacle vivant et les deux discours qui lui avaient été préparés, au grand dam des professionnels qui planchaient depuis des semaines. Ce qui n'empêche pas la candidate de vouloir ranimer "le souffle culturel du 10 mai 1981 avec François Mitterrand"... malgré l'absence de Jack Lang.

Son programme tient en dix points, dont un plan sur cinq ans en faveur du spectacle vivant ; la réduction de "la fracture numérique" ; une politique de soutien des librairies indépendantes ; un système "équitable" pour les intermittents du spectacle ou la généralisation des résidences d'artistes en établissements scolaires ».

 Les dix propositions de Ségolène Royal pour la culture

1/ Permettre à chaque élève d’avoir accès à l’histoire des arts, aux pratiques culturelles et à l’éducation à l’image, aussi bien à l’école, qu’au collège et au lycée.

2/ Réduire ce que l’on appelle la fracture numérique en permettant à chacun d’accéder à Internet, dans les lieux publics notamment. Protéger les auteurs à l’heure du numérique en défendant leurs droits et en organisant une véritable concertation sur l’avenir du droit d’auteur à l’ère d’Internet.

3/ Soutenir le spectacle vivant par un plan sur 5 ans en réorganisant le système des aides publiques et en clarifiant les responsabilités de chacun. Pérenniser un système équitable de soutien aux intermittents du spectacle par la défense des métiers artistiques et techniques du spectacle.

4/ Soutien massif aux PME innovantes dans le domaine culturel et les médias : un crédit d’impôt pour soutenir l’emploi dans les entreprises culturelles qui développent des nouveaux talents ; renforcer les fonds propres des producteurs artistiques indépendants, par des mécanismes analogues à ceux des SOFICA.

5/ Défendre le Livre, fondement essentiel de la culture, par une politique de soutien renouvelée à la lecture, par la défense de la librairie indépendante (extension de la loi Sueur pour le cinémas d’art et essai aux librairies de proximité) et par une politique ambitieuse de numérisation.

6/ Réactiver le marché de l’art contemporain, notamment par des mesures fiscales adaptées et développer une politique d’ouverture d’ateliers sur tout le territoire pour encourager l’accueil et la résidence des artistes.

7/ Lancer un plan de sauvegarde du patrimoine historique, industriel et monumental mis à mal ces dernières années.

8/ Promouvoir la langue française dans le monde car elle a une histoire et une géographie, en renforçant les lieux de son expression et en réorientant notre système d’interventions culturelles à l’étranger.

9/ Garantir la pérennité des systèmes d’aides au cinéma en protégeant tout particulièrement le cinéma indépendant et en facilitant sa diffusion dans les salles.

Donner la capacité aux collectivités locales d’investir au cœur des villes pour préserver et défendre les cinémas d’art et essai.

10/ Assurer un véritable pluralisme de l’audiovisuel et de la presse qui passe par de nouvelles règles anti-concentration, par une refonte des systèmes d’aides, par une nouvelle autorité de régulation de l’audiovisuel et par la refonte d’un système fort indépendant, correctement financé, qui assure ses missions de soutien à la création et à la promotion de la culture.

               
http://www.segoleneroyal2007.net 

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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 16:58

 

Réorienter l’Europe pour redonner vie à la République

 En 2005, nous disions que le projet de Constitution européenne était incompatible avec la République. C’était la raison principale de notre NON républicain. Le peuple français a ressenti confusément la contradiction entre ce projet européen et la nature même de la France, nation politique qui a besoin du débat public pour s’accomplir. C’est pourquoi il a refusé de ratifier le traité constitutionnel européen.

 Le projet d’avenir de la France doit être défini et voulu par le peuple afin que notre pays puisse s’engager pleinement dans la construction européenne. Ségolène Royal, avec l’appui de la gauche républicaine, porte ce projet national et le soumet pour approbation au peuple français dans le cadre de l’élection présidentielle. Elle a besoin du soutien massif des citoyens car il lui faudra, une fois élue présidente de la République, réunir une majorité parlementaire à l’Assemblée nationale afin de disposer des moyens qui lui seront nécessaires pour mettre en œuvre le projet de la France.

 Ce projet ne pourra s’accomplir que dans l’Europe, une Europe réorientée, capable de faire ses preuves, en montrant son caractère indispensable vis-à-vis de la mondialisation.

 L‘enjeu de cette élection présidentielle est là, au niveau européen. Comme le disait, ce matin sur RTL, Jean-Pierre Chevènement, « il faut redresser la construction européenne pour que les Français puissent lier naturellement le patriotisme républicain qui est sain, qui est nourri des valeurs d'égalité, des valeurs universelles, des valeurs républicaines, et puis d'autre part, un projet d'avenir qui doit s'accomplir dans l'Europe ».

 Quant à son rôle auprès de la candidate, le président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen le décrit ainsi « Je m'efforce simplement d'aider tant que je le peux Ségolène Royal ; mais Ségolène Royal est une femme qui a beaucoup de liberté, beaucoup d'indépendance, du caractère, de la détermination. Elle ne s'est pas laissée abattre par les moments difficiles... Le fameux trou d'air !... Elle a montré une remarquable constance et je crois qu'elle a aussi une intuition et une vision et elle le montre. Elle n'a rien rabattu de son discours de gauche. Je pense qu'elle est la seule candidate à dire qu'en Europe, il y a des choses qui doivent bouger pour redresser sur le plan économique, social, monétaire, la construction européenne pour nous permettre d'aborder dans de bonnes conditions la mondialisation.

Et puis, par ailleurs, eh bien elle nous rappelle d'où nous venons en mettant l'accent sur le fait que nous devons aller vers l'avenir tous ensemble avec les valeurs républicaines : la Liberté, la Fraternité, l'Intégration, la Laïcité. Je pense que Ségolène Royal a dit toutes ces choses-là et tous les procès qui lui sont faits sont tout à fait injustes
 ». 

 Ce matin, dans un petit article du quotidien Libération, Pascal Virot a voulu mettre en évidence l’influence de Jean-Pierre Chevènement sur l’évolution de la campagne de Ségolène Royal en affirmant « Le fondateur du MRC est l'un des artisans du virage patriote de la candidate socialiste ». Voici ce texte.

  « La nation : une plate-bande chevènementiste »

« L'inspirateur. En juin 1997, après la victoire de la «gauche plurielle», Jean-Pierre Chevènement avait imprimé sa griffe républicaine sur le discours de politique générale du Premier ministre, Lionel Jospin.

 Zélateur infatigable de la République, du drapeau bleu-blanc-rouge et de l'hymne national, défenseur inlassable de valeurs de la nation, le maire de Belfort n'est peut-être pas étranger aux envolées patriotiques de Ségolène Royal, qu'il a ralliée en décembre : «En faisant chanter la Marseillaise et en rappelant que le drapeau tricolore est celui du peuple français tout entier, Ségolène Royal reprend le terrain trop souvent abandonné par la gauche depuis des lustres à la droite et à l'extrême droite», a déclaré hier le fondateur du Mouvement républicain et citoyen (MRC).

 Il conteste donc que la candidate socialiste aille braconner sur les terres de Nicolas Sarkozy, voire de Jean-Marie Le Pen : «Elle illustre en effet de la manière la plus claire une différence essentielle : elle affirme la valeur d'égalité, qui est au coeur du patriotisme républicain, contre les tenants des idéologies inégalitaire ou raciste.» Il entonne lui-même sa petite musique républicaine, en rappelant qu'en 1984, alors ministre de l'Education, il avait «réintroduit la Marseillaise dans le répertoire scolaire» .

 Il y a quelques mois, ce retour en force du chevènementisme dans la campagne n'avait rien d'évident. Candidat à la présidentielle de 2002, il avait été mis au ban de la gauche par les socialistes qui ont fait de lui le principal responsable de l'élimination de Jospin. Une accusation que l'ancien ministre de l'Intérieur a toujours rejetée. Pour 2007, il menaçait de postuler à nouveau pour l'Elysée. Royal et surtout Hollande ont vu le danger d'un nouvel émiettement de la gauche. Quelques promesses programmatiques et des sièges de députés assurés pour les candidats du MRC ont eu raison des velléités chevènementistes. Arlette Laguiller avait d'ailleurs raillé le ralliement à la socialiste par ces mots : «Les idées de Chevènement doivent osciller entre trois et dix circonscriptions gagnables.» 

 D'anciens du staff de Chevènement ont intégré l'équipe de la socialiste. Et, dans son dispositif de campagne, la place de Chevènement n'est pas secondaire : hostile à la Constitution européenne, il a la capacité de s'adresser aux nonistes de 2005 pour leur démontrer que la socialiste, favorable au traité, a dépassé ce clivage. Entre les deux personnalités, la collaboration semble d'ailleurs fonctionner, même si Chevènement n'a pas accès à «l'équipe du pacte présidentiel» qui rassemble les éléphants. Et pour cause, puisqu'y siège son vieil ami Lionel Jospin. Pas très grave, puisque cette instance ne se réunit pas... ».

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 15:15

 

Les symboles de la France républicaine

 Cette élection présidentielle ne ressemble à aucune autre. Il y a de la nouveauté dans l’air et ce n’est pas un hasard si elle suscite un grand intérêt hors de nos frontières. Pour la première fois, une femme est en position d’être élue. Et pas n’importe quelle femme !

 Trois hommes peuvent en témoigner : ceux qui interrogeaient hier soir Ségolène Royal dans le cadre de l’émission « Le grand jury RTL » et voulaient la passer à la moulinette de leurs questions insidieuses, qu’elle jugeait hors sujet. Elle a contre-attaqué ainsi :

 « Messieurs, nous sommes dans une élection présidentielle. Alors, ce qui s'est passé il y a quelques semaines ou quelques mois à l'intérieur des organisations politiques, c'est sans doute très intéressant, mais cela fait déjà partie de l'histoire, et, si vous le permettez, je préfère que nous écrivions l'histoire du temps présent »(…). « Si vous me posez ces questions, c'est que vous avez une vision un peu dépassée de la politique ! »

 La nation oui, le nationalisme non

Les déclarations de la candidate à propos de la Marseillaise ont été suivies de nombreuses réactions. Elle a été amenée à préciser son point de vue. Voici un extrait de l’article (signé Myriam Lévy, Le Figaro, 26 mars) que j’emprunte à Xavier Dumoulin sur son blog aujourd’hui (http://sr07.unblog.fr  « Royal défend la nation contre le nationalisme »).

 « Hier, on l'attendait surtout sur son éloge de la nation, de La Marseillaise et du drapeau français - elle souhaite que toutes les familles possèdent un drapeau et l'arborent à leur fenêtre le 14 Juillet.

La candidate PS (…) a opposé sa conception à celle de Nicolas Sarkozy. Prônant une nouvelle fois une « France métissée », Royal « dénonce l'amalgame de Nicolas Sarkozy entre l'immigration et l'identité nationale », dénonçant les arrestations de sans-papiers ayant des enfants scolarisés. Mais, ajoute-t-elle à l'intention de ceux qui l'ont critiquée pour avoir évoqué cette question, « tout candidat à la présidentielle a la responsabilité de dire sa conception de l'identité nationale », estimant qu'il s'agit « non pas de demander aux Français d'où ils viennent, mais où ils veulent aller ». « C'est un débat éminent qui ne souffre aucune polémique politicienne «, estime-t-elle.

 Quand elle reproche aux grands sportifs de ne pas chanter La Marseillaise, cela n'a rien à voir, dit-elle, avec les propos tenus par Jean-Marie Le Pen lors de la Coupe du monde de football car « la nation vue par l'extrême droite, c'est du nationalisme, du racisme ». Les sportifs, « regardez leurs larmes lorsque le drapeau français est levé », a-t-elle affirmé.

 Selon elle, « on peut être fier de son drapeau, de son pays, de sa nation et en même temps tournés vers les autres ». Quant à chanter elle-même La Marseillaise, « quand je sentirai le moment venu de la chanter, je chanterai », a-t-elle annoncé, ajoutant que pour l'instant, « quand 10 000 personnes chantent, je les porte, je m'imprègne de cette force populaire ».

 C'est François Mitterrand, dit-elle, qui lui avait expliqué que ce serait faire « un contresens historique épouvantable » que de transformer cet hymne en chanson « sanguinaire » à cause du vers final du refrain, « qu'un sang impur… » « Ce chant a été trop longtemps laissé à l'extrême droite », et, note-t-elle, « les catégories populaires qui ont voté non » au référendum sur l'Europe se demandaient « si la nation va se diluer dans l'Europe ».

 Sur son « blog citoyen, socialiste et républicain pour 2007 » http://sr07.unblog.fr , dans un autre article publié hier sous le titre « Des censeurs en plein contre sens historique », Xavier Dumoulin rabroue ceux qui, à la gauche de la gauche, ont critiqué les propos de Ségolène Royal. II rappelle le contexte historique qui prévalait lors de la création de notre hymne national.

 Marseillaise, élan national et poussée révolutionnaire en 1792

 « Misère d'une politique de l'invective à la  gauche de la gauche ! Nos prétendus esprits révolutionnaires éclairés vont raillant Ségolène Royal à propos des symboles de la France républicaine. Ils ont tout simplement oublié les références de notre histoire nationale.

 Le premier dit préférer la musique aux paroles de La Marseillaise qu'il conviendrait donc de modifier. Et d'évoquer les paroles sanguinaires! Il prêche ainsi pour le révisionnisme historique en toute sincérité. L'idée, chère à Albert Soboul, d'un Peuple révolutionnaire portant un élan national lui est tout à fait étrangère. Lisons plutôt le grand historien.

 "Le 26 avril, à Strasbourg, Rouget de Lisle avait lancé son Chant de guerre pour l'armée du Rhin, dont l'ardeur, à la fois nationale et révolutionnaire ne fait aucun doute : dans l'esprit de celui qui l'écrivit, comme de ceux qui le chantèrent, révolution et nation ne se distinguaient pas. Les tyrans et les vils despotes qui méditent de rendre la France à l'antique esclavage sont dénoncés, mais aussi l'aristocratie, les émigrés, cette horde d'esclaves, de traîtres, ces parricides, ces complices de Bouillé. La patrie dont l'amour sacré est exalté, à la défense de qui l'on appelle ("Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats…"), c'est celle qui, depuis 1789 s'est faite contre l'aristocratie et la féodalité.

 On ne saurait séparer ce qui devint bientôt l'Hymne des Marseillais de son contexte historique : la crise du printemps 1792. Elan national et poussée révolutionnaire furent inséparables ; un conflit de classes sous-tendait et exacerbait le patriotisme. Les aristocrates opposaient le roi à la nation qu'ils méprisaient, ceux de l'intérieur attendaient l'envahisseur avec impatience, les émigrés combattaient dans les rangs ennemis…" (Histoire de la révolution française de la bastille à la gironde,  p 286, Albert Soboul, idées - Gallimard, 1974)

 Pauvres esprits asphyxiés par l'air du temps et prêts à liquider tous les symboles républicains ! Quel manque de perspective ! Quel contre sens historique! Il ne faudrait pas traiter les paroles de La Marseillaise comme du transgénique. Qui disait que seule la vérité est révolutionnaire ? Quand nous aurons le temps nous parlerons du drapeau bleu-blanc-rouge qui semble donner des boutons à nos censeurs. Avant de railler, mieux vaudrait ne pas dérailler ».

Révolution et nation, aujourd’hui comme hier

 En fait, un vieux clivage revient à la surface. Il réapparaît clairement dans les déclarations du candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (Le Monde.fr, ce jour)

 « Olivier Besancenot estime que les socialistes risquent de perdre les élections en mettant l'accent sur les questions nationales au détriment des questions sociales. Si la gauche essaye de créer l'espoir sur le drapeau bleu-blanc-rouge alors que les questions sociales sont là, je pense qu'elle va perdre les élections", a-t-il ajouté. "J'invite le Parti socialiste à retrouver la raison. Une élection à gauche, ça se gagne sur les questions sociales", a-t-il estimé ».

 La gauche républicaine considère que la question sociale et la question nationale sont une seule et même question. Ségolène Royal a raison de lier les deux. Contrairement à ce qu’affirme le candidat de la LCR, c’est la condition de la reconquête de la confiance entre la gauche et le peuple français.

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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 14:50

 

Définir des règles qui soient applicables par tous

 La Marseillaise à Marseille jeudi soir, quoi de plus normal ! Et, pourtant, c’est nouveau, car ce texte patriotique n’avait pas été chanté depuis 1936 dans une réunion publique du Parti Socialiste. Il est vrai que la candidate du PS, du MRC et du PRG, a décidé de prendre quelque liberté avec son parti afin d’être plus proche des Français. Le thème de l’identité nationale a fait l’objet de travaux pratiques, qu’elle a mis en perspective le lendemain.

 La Marseillaise, symbole de l’identité nationale

 Selon David Revault d’Allonnes (Libération, 24 mars), cette petite musique doit plaire à Jean-Pierre Chevènement.

« Vendredi matin, elle a arpenté la rue Thubaneau, à Marseille, où fut pour la première fois entonnée dans la cité phocéenne l'hymne national, au club des Jacobins. Avant de visiter le camp des Milles, où transitèrent pendant la guerre 10 000 personnes, dont 2 500 furent déportées, via Drancy, à Auschwitz. «Il est temps que la France regarde son histoire en face, ses lumières et ses ombres, explique-t-elle. L'identité nationale est aussi faite de cette histoire.» 

 C'est en jouant de cette petite musique politique qu'elle entend «ne pas se laisser enfermer dans un dévoiement de l'identité nationale». Laquelle musique, qui résonnera agréablement aux oreilles de son allié Jean-Pierre Chevènement, se confond ces jours-ci avec la Marseillaise. «Elle y réfléchissait depuis plusieurs semaines», dit une conseillère, ravie de voir l'Internationale oubliée. Elle se libère des carcans idéologiques.» Après que la candidate l'a décidé, en fin de semaine dernière, l'hymne de Rouget de Lisle a ainsi résonné dimanche, après le rassemblement des élus socialistes. Jeudi, à la fin du meeting de Marseille, à deux reprises. Et, vendredi, sur la place du village provençal de Correns (Var) (…). Quelques instants plus tard, dans une salle de la mairie, entre buste de Marianne et bouquet de roses rouges, et sous le regard de Jacques Chirac, la candidate jugeait «très important pour la gauche d'avoir reconquis le droit de chanter la Marseillaise. C'est une étape historique de l'histoire de la gauche, qui avait cru devoir abandonner l'hymne national à l'extrême droite». 

 Invitée sur les ondes de France Inter, vendredi matin, à répondre aux questions d’Olivier de Lagarde, Ségolène Royal a expliqué pourquoi elle avait tenu à ce que la Marseillaise soit interprétée.

"Il est quand même temps de remettre les choses au clair, notamment sur l’identité nationale. Et puis à Marseille cela me semblait là aussi cohérent et intéressant de réexpliquer ce qu’était la Marseillaise, il y a parfois des malentendus sur ce chant républicain. Vous savez il y a beaucoup de jeunes en particulier qui disent « mais le sang impur abreuve nos sillons » c’est une chanson violente que l’on ne veut pas sentir, donc j’ai rappelé cette histoire du chant républicain qui est au contraire le chant de la lutte contre toutes les formes de tyrannie, qui était la lutte de la résistance des républicains contre toutes les forces de l’ancien régime".

 La candidate du changement rappelle ses priorités

  « La candidate socialiste a revendiqué le changement qu'elle incarne : "Je suis la seule à pouvoir incarner le changement face au candidat de la droite qui est le candidat sortant et qui finalement propose de prolonger ce qui a été fait en France depuis 5 ans avec le résultat que l’on connaît, même si aujourd’hui il prétend avoir de nouvelles idées. Comment pourrait-il incarner la rupture après avoir gouverné pendant 5 ans".

Ségolène Royal a rappelé ses priorités : "Mes priorités sont celles-ci : d’abord il faut réconcilier les Français avec l’entreprise, soutenir les PME qui innovent, qui créent des emplois, qui investissent et qui exportent en luttant contre toutes les formes de gaspillage de dépenses aujourd’hui de l’argent public qui sont données de façon non différenciées entre des entreprises qui n’en ont pas besoin et celles qui en ont besoin. Il faut aussi faire une société du donnant-donnant, c’est-à-dire qu’à chaque nouveau droit désormais doit correspondre un devoir parce que je ne veux pas d’une société de l’assistanat ».

 La France a besoin d’un ordre juste 

« Et enfin je crois que la France a besoin d’un ordre juste, c’est-à-dire des règles qui sont applicables par tous et qui sont les mêmes pour tous et en particulier, celles qui vont permettre dans cet ordre juste de mettre fin à toutes les formes de précarité.

 Moi je crois que c’est la valeur travail, c’est la cohésion nationale, c’est la façon dont chacun sera au clair sur les efforts qu’il doit fournir parce que l’Etat et les pouvoirs publics garantiront à chacun des services publics qui fonctionnent bien, de l’égalité réelle des chances, de la sécurité dans le travail, c’est-à-dire tout le contraire du programme de la droite qui fait de la précarité la référence, je crois moi tout le contraire, c’est en sécurisant les gens qu’on pourra leur demander d’être motivés dans leur travail et donc ensuite les entreprises pourront supporter les difficultés et les coups durs qu’elles peuvent connaître face à la mondialisation. Autrement dit je veux que la France reprenne confiance en elle-même et puisse saisir toutes ses chances".

Un nouveau modèle économique à construire

 Ségolène Royal souhaite "dépasser l’opposition entre le libéralisme échevelé et destructeur et en même temps une vision trop passéiste des choses, c’est un nouveau modèle économique qu’il faut construire, celui que je propose après avoir écouté les Français. Celui aussi que portent les jeunes dirigeants d’entreprise qui veulent aussi une autre culture en France dans l’entreprise, que l’on sorte de l’affrontement pour aller vers une culture du compromis de la négociation sociale, de la modernité des relations entre salariés et dirigeants d’entreprise.

 La VIème République en ligne de mire

Et je crois que cette réforme là elle est nécessaire, elle est possible, c’est ce que j’appelle la VIème République qui veut à la fois une politique plus active, plus rapide, plus efficace, un Etat moins lourd, une nouvelle vague de décentralisation et en même temps un dialogue social extrêmement moderne qui permettra aux salariés de partager les intérêts de l’entreprise lorsque celle-ci rencontre des difficultés ».

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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 17:20

 

Dérive néo-libérale et mépris de la démocratie 

 

Les bien-pensants ne cessent d’affirmer que le NON du 29 mai 2005 a provoqué la crise de l’Union européenne. Faux. Ce sont les orientations désastreuses de l’Europe, donc de ses dirigeants, depuis le milieu des années 1980 qui sont à l’origine de la crise de confiance populaire qui s’est manifestée lors du référendum européen. Le peuple français a eu raison de refuser de cautionner un choix qui n’était pas le sien. Désormais, l’Europe ne peut se faire sans lui.

 Je viens de lire dans Le Monde.fr aujourd’hui une analyse lucide de Jean-Louis Andreani de ce qu’est devenue l’Union européenne (www.lemonde.fr  ou Le Monde daté du 25 mars). Voici ce texte. Je le ferai suivre d’une référence aux articles que Jean-Pierre Chevènement a mis en ligne à ce sujet sur www.chevenement.fr .

 « L'Europe, 50 ans et un modèle en crise »

 

   « Cinquante ans après la signature du traité de Rome, il y a deux manières de voir la crise de confiance qui mine l'Union européenne. On peut considérer que celle-ci est victime des mauvais réflexes de peuples toujours prêts à exprimer de vieux prurits nationalistes, surtout quand ils y sont encouragés, comme en France, par des gouvernements prompts à peindre l'Europe en noir pour masquer leurs propres errements.

 Mais on peut aussi juger que l'essentiel n'est pas là. Que la réalité de l'Europe est si différente de celle qui était promise qu'un certain vertige est assez compréhensible. Ainsi, en Bretagne, l'une des régions les plus europhiles, un sondage "sortie des urnes" au soir du référendum de 2005 sur la Constitution indiquait que "la construction européenne est souhaitée, mais (que> plus elle avance, plus elle est vécue comme un recul" (Stéphane Rozès, "Les Bretons sont-ils toujours européens ?", Bretagnes no 1, janvier-mars 2006). Un Manifeste pour l'Europe de l'Institut Montaigne (cercle de réflexion d'inspiration libérale), publié en octobre 2005, quelques mois après le référendum, observait lui aussi : "Aux yeux de la grande majorité de ses habitants, l'UE est désormais un problème plutôt qu'une solution : elle donne l'apparence d'une machine lourde et opaque qui (...) contribue à intensifier la concurrence pour l'emploi en intégrant en son sein des pays à bas coûts."

 Pour les "pères" français de l'Europe, Jean Monnet et Robert Schuman, l'Union est une construction pragmatique. Sa principale idéologie, c'est la paix. L'économie de marché n'est certainement pas une concurrence à tout crin, au sein d'une simple zone de libre-échange. L'"Europe politique, l'Europe puissance", comme l'a rappelé Jacques Chirac le 11 mars, est l'ambition essentielle, qui inspire le Marché commun.

 Mais tout se passe comme si, à partir du milieu des années 1980, l'équilibre s'inversait de plus en plus vite. Au libéralisme tempéré des fondateurs français a succédé le néolibéralisme (autrefois appelé néoclassicisme), pour qui la concurrence si possible "pure et parfaite" est la pierre angulaire de l'économie et de la société. Les dirigeants de Bruxelles sont désormais en phase avec cette doctrine, qui a connu une remontée fulgurante sur la scène internationale depuis la fin des années 1970. Les gouvernements, y compris français, appuient, ou laissent faire, une politique qui, par principe, se défie de tout ce qui est public, vante les mérites du privé. Pourtant, ce virage idéologique n'est jamais avoué, encore moins soumis à un choix démocratique clair.

 Ainsi, il est devenu banal d'observer que l'un des maux de l'Union est le manque de politique industrielle. Le constat ne serait pas le même si pendant des années, ce vocable n'avait pas fait figure de repoussoir, dans les milieux de la Commission, où il symbolisait un dirigisme honni. De même, une étude réalisée à la fin des années 1980 par la Commission auprès des entreprises allemandes (alors de l'Ouest), indiquait que l'un des principaux avantages du marché intérieur ouvert par l'Acte unique de 1986 devait être "l'élimination des distorsions de concurrence dues à la variété des taux d'imposition et des types d'impôts" (Le Grand Marché européen, Daniel Moulis et Christian Talgorn, Editions d'organisation 1993). A l'inverse, ces entreprises ont vu se construire une Europe dont les membres rivalisent à coups de dumping fiscal et social.

 L'interprétation de la notion de concurrence "non faussée" est une autre source de doute. La Commission ne semble pas estimer que les salaires de misère, le non-respect des droits syndicaux voire de ceux de la personne, les atteintes à l'environnement de la planète, puissent "fausser" les règles de la compétition économique. Alors qu'elle est très tatillonne pour autoriser la moindre aide d'Etat à un secteur fragile, ou tolérer un habitat social jugé trop généreux aux Pays-Bas.

 FAIBLESSE POLITIQUE, LANGUEUR ÉCONOMIQUE

 De même, comment ne pas s'interroger quand la commissaire à la concurrence, Neelie Kroes, affirme, début 2006, que Bruxelles étudiera le projet de rachat (réalisé depuis) d'Arcelor par Mittal "sous le seul angle de la concurrence", sans s'occuper du fait que l'un soit européen et l'autre non ? Ou quand Peter Mandelson, son homologue au commerce, se félicite du fait que "l'Europe est le marché le plus ouvert du monde, plus ouvert même que les Etats-Unis" (Le Figaro du 26 septembre 2005) ? La naïveté, feinte ou réelle, de l'Europe face aux pratiques économiques de ses concurrents, en particulier les Etats-Unis, est un sujet de perplexité pour une partie de l'opinion et des décideurs, qui constatent par exemple que les aides du gouvernement américain à Boeing sont sans commune mesure avec celles dont bénéficie Airbus.

 Par ailleurs, plus l'Union s'élargit, plus l'Europe politique se dilue. A l'été 2006, devant les ambassadeurs de France, Catherine Colonna, ministre déléguée aux affaires européennes, reconnaissait que l'élargissement "modifie en profondeur la nature même du projet européen, alors que l'on affecte de croire que l'on poursuit la même construction européenne". Certains partisans de l'adhésion de la Turquie, comme Michel Rocard, ont la franchise de reconnaître que celle-ci reviendrait à signer l'acte de décès d'une Europe politique, déjà cliniquement morte : "Mais où voyez-vous une politique extérieure commune ? Elle n'existe pas. Il faut cesser de pleurnicher sur le rêve d'une Europe politique. Celui-ci a été brisé en 1973, lorsque la Grande-Bretagne a adhéré" (Paris Match, 7-12 octobre 2004). Au demeurant, on voit mal comment la construction d'un espace économique, structuré autour de rivalités internes, serait de nature à réduire les nationalismes politiques...

 Le problème est qu'au bout du compte l'affaiblissement politique de l'Union a une conséquence, pourtant facile à prévoir : la langueur économique. Le 12 février à Paris, lors d'un forum sur l'Europe, l'historien israélien Elie Barnavi indiquait que "le point noir de l'Europe, c'est bien le refus de faire de la politique ensemble", tandis que l'économiste Jean-Paul Fitoussi évoquait "le coût économique de la non-existence politique" ; et sociale, pourrait-on ajouter. Malgré tout, les lignes sont en train de frémir. Et la France n'est plus seule à tenter d'infléchir le cours des choses. Le 22 février, le ministre allemand du travail, Franz Müntefering, a fait de l'Europe sociale une "question centrale". Son homologue français, Gérard Larcher, s'est félicité de ce nouvel état d'esprit, en observant : "Il n'est plus interdit de parler de normes sociales européennes." C'est tout dire ».

 A lire sur le blog de Jean-Pierre Chevènement

 « Sarkozy et l'Europe : une politique de Gribouille » 

 « Le cinquantenaire du traité de Rome va, sans nul doute, être l'occasion de faire tonner les grandes orgues de la bienpensance « européiste » : j'appelle ainsi l'idéologie de ceux qui, au nom de l'idée européenne, ont en réalité mis bas tout ce qui pouvait permettre l'émergence d'un acteur européen stratégique pour le XXIe siècle :

 - suppression de fait du tarif extérieur commun ;

 -  politique commerciale ultra libre-échangiste du Commissaire Mandelson qui est prêt à sacrifier notre agriculture à l'OMC ;

 - paralysie organisée de la politique monétaire qui fait de l'euro une monnaie surévaluée d'au moins 30 à 40 % par rapport au dollar, au yuan et au yen ;

 - inféodation à l'OTAN et acceptation unilatérale par la Pologne et la Tchéquie du bouclier spatial américain ».

… La suite sur www.chevenement.fr - 19 mars 2007 

« La vérité de M. Monti sur l'affaire Alstom : mensonges, bras de fer et coups tordus »

 « M. Monti, ancien Commissaire européen à la concurrence, publie aujourd'hui dans le Figaro un article intitulé « Ma vérité sur l'affaire Alstom », intéressant à plus d'un titre :

1) D'abord il confirme que ce n'est pas M. Sarkozy qui est à l'origine du
« sauvetage d'Alstom » en 2003. Dans le gouvernement Raffarin, le ministre de l'Economie et des Finances est alors M. Mer et je suis bien placé pour savoir que l'impulsion venait du Président de la République lui-même que j'avais alerté le 23 mai 2003 sur la situation critique d'Alstom.

2) M. Monti développe une argumentation spécieuse concernant l'entrée de l'Etat au capital d'Alstom (…) ».

 … La suite à lire sur www.chevenement.fr - 23 mars 2007
 

 « La faute de M. Monnet » (Fayard, 2006).

 Politis, 22 mars 2007, recommande la lecture de ce livre de Jean-Pierre Chevènement.  Lire sur www.chevenement.fr  - 22 mars 2007. Voir aussi, à ce sujet, l’article paru le 18 octobre 2006 sur ce blog.  

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 19:48

 

Pour une politique énergétique tenant compte des réalités

 

On peut lire dans le journal en ligne des Amis de ReSPUBLICA  paru le 20 mars (numéro 521 ) http://www.gaucherepublicaine.org un article très intéressant portant sur la question de l’énergie. Christian Gaudray souligne l’incapacité de tout gouvernement de relever le défi de la réduction des énergies fossiles en se fixant pour but de réduire l’énergie nucléaire. Voici son texte.
 « Quelle politique énergétique pour la France de 2007 ? »  
« La question énergétique est présente dans la campagne présidentielle. Pourtant, aucun candidat ne tient un discours qui possède la cohérence capable de résoudre l'équation suivante : comment garantir l'accès pour tous à l'énergie en tenant compte des trois défis du siècle que sont l'explosion démographique, la limitation du réchauffement climatique et l'épuisement des ressources de pétrole et de gaz naturel dans un contexte géopolitique sous tension ?

 Tous les candidats antilibéraux s'accordent sur le fait qu'il faut un service public de l'énergie et que la politique énergétique doit permettre une réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment en développant les énergies renouvelables et en augmentant les moyens de la recherche.

 Mais aucun ne défend simultanément les deux mesures sans lesquelles leur projet est incomplet, donc inefficace s'il devait être appliqué : la réduction de la consommation d'énergie et la poursuite du programme nucléaire civil tant que la réduction nécessaire de la production des gaz à effet de serre ne sera pas obtenue.

 Réduire la consommation d’énergie

 Il n'est pas contestable que la réduction de l'empreinte écologique des pays développés passera entre autre par une réduction de la consommation énergétique. Or certains programmes électoraux sont résolument productivistes et occultent cette question. Il ne s'agit pas d'exiger de chacun de diminuer sa qualité de vie, mais de combiner :

 - une certaine sobriété dans la consommation, en commençant par identifier et supprimer l'inutile ;

 - une amélioration de l'efficacité énergétique sur l'offre d'énergie (en améliorant les rendements à la production et en diminuant les déperditions au cours du transport et de la distribution) ;

 - une amélioration de l'efficacité énergétique sur la demande (rénovation de l'habitat ancien, rupture dans la politique des transports, modification des règles d'urbanisme, développement des transports en commun, amélioration des rendements des appareils domestiques et industriels, etc.).

 Réduire les émissions de gaz à effet de serre

 Si on admet comme prioritaire la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique, on ne peut pas mener de front la sortie du nucléaire et la division par 4 de nos émissions de gaz à effets de serre d'ici le milieu du siècle. Or plusieurs candidats antilibéraux réclament haut et fort la sortie du nucléaire tout en prétendant réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

Le problème, c'est qu'avec les technologies actuellement disponibles, aucun gouvernement ne serait en mesure d'atteindre démocratiquement les objectifs de réduction des gaz à effet de serre tout en se désengageant du nucléaire civil. De plus, nos centrales nucléaires sont amorties et durent plus longtemps que prévu, cela doit permettre de dégager des financements durables pour la recherche et l'innovation !

 Des solutions qui reposent sur la réalité plutôt que la sentimentalité

 L'urgence environnementale et la priorité sociale imposent une politique volontariste courageuse qui doit d'une part s'appuyer sur une analyse globale de la question énergétique replacée dans le contexte des grands défis planétaires, et d'autre part reposer sur des solutions démocratiquement applicables et technologiquement réalisables, en s'appuyant sur la réalité et non sur la sentimentalité ».

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 16:23

 

Porter avec conviction un projet alternatif au libéralisme

 D’où vient ce défaitisme, cette idée que la gauche est trop faible pour avoir une chance de gagner l’élection présidentielle ? Les sondages semblent confirmer cette impression en donnant à l’ensemble de la gauche environ 35% des voix, une partie des voix de gauche se portant sur le candidat de l’UDF, une autre partie restant en retrait en attendant de se prononcer au dernier moment.

 Pour ma part, je pense que la France ne va pas passer à côté de la possibilité qui lui est offerte de sortir de l’oppression néo-libérale. Après trente années (le début remonte à Giscard - Barre en 1976), plus précisément depuis le tournant libéral de 1983, il serait temps de fermer « la parenthèse libérale » et revenir aux fondamentaux de la République, en mettant la volonté politique aux commandes du pays.

 J’ai lu dans Le Figaro.fr hier un excellent article d’un membre du Conseil national du PS que je ne connais pas (j’ai quitté cette instance en décembre 2001 en m’éloignant du PS). Guillaume Bachelay signe un texte que je vous propose de lire, ci-après.

 Non, la gauche n'est pas morte !

 « Si on en croit les sondages, l'étiage électoral de la gauche serait au plus bas. Ce qui n'est à ce stade qu'une prédiction - faut-il rappeler que les Français n'ont pas encore voté ? - a un double impact. Sur nombre d'électeurs, la nouvelle fait l'effet d'un uppercut. Difficile d'entraîner quand, chaque jour, une enquête d'opinion prédit 36 % et des poussières d'intentions de vote à la gauche et à l'extrême gauche.

 Surtout quand l'actualité, d'Airbus aux négociations de l'OMC, exprime un besoin de résistance au tout-financier. Au plan idéologique, l'heure serait à la droitisation de la société française, sur fond de rapport de forces plus favorable que jamais au capitalisme. Les socialistes et leurs alliés, en retard d'une époque, ne seraient plus que des « anti » : antilibéraux, antiréformes, bref antiréel. En face, la droite « décomplexée » pourrait célébrer l'adaptation à la mondialisation et les intérêts de l'individu.

 Ce discours en vogue, d'autant plus imposant qu'un régiment de sociaux-démocrates et une légion de bobos en assurent la promotion, n'est qu'un faux-semblant. Plusieurs faits laissent penser, au contraire, que c'est la gauche qui a la main dans cette campagne ­présidentielle.

 Une demande durable de gauche

 1) Les sondages expriment une demande durable de gauche. Depuis 2004, une majorité d'interviewés souhaitent que le prochain chef de l'État soit issu de ses rangs (BVA pour L'Express). Depuis un an, la confiance à l'égard du PS est supérieure à celle dont jouit l'UMP (TNS-Sofres pour Le Figaro magazine). Surtout, les thèmes jugés prioritaires par les Français sont traditionnellement favorables au camp progressiste : lutte contre le chômage et la pauvreté, éducation, logement (CSA pour L'Humanité en janvier), auxquels s'ajoutent le pouvoir d'achat et la protection sociale (TNS-Sofres pour Le Figaro en mars).

 Alors que l'insécurité et les faits divers écrasaient le débat public en 2002, ce sont les enjeux économiques et sociaux qui mobilisent les électeurs de 2007. En témoigne le fait que deux salariés sur trois se sentent menacés par le chômage et qu'un sur deux craint de se retrouver sans emploi dans les cinq prochaines années (Ipsos pour Genworth en juin dernier).

 La droite n’ignore pas que le pays et les voix sont à gauche

 2) La droite et l'extrême droite font campagne... à gauche. Au point que leurs électeurs se pincent pour y croire ! Dans ses meetings, jusqu'à ces derniers jours, Sarkozy citait Jaurès et fustigeait les patrons voyous. Jadis promoteur de l'enseignement privé, Bayrou vante désormais l'école publique. Sans oublier Le Pen qui a lancé sa campagne à Valmy, sous les auspices de la Révolution française !

 Pourquoi ces candidats noient-ils leur identité propre (libérale-autoritaire pour l'UMP, régionale-européiste pour l'UDF, nationale-agressive pour le FN) sous des figures et des mots volés au patrimoine de leurs adversaires, sinon parce qu'ils pensent que le pays et les voix penchent à gauche ?

 Depuis 2002, les succès sont à gauche

 3) Depuis 2002, les mobilisations sociales ont traduit l'aspiration à l'égalité effective des chances et des droits : rejet du plan Fillon sur les retraites (2003), mouvement de Guéret pour les services publics locaux (2004), explosion dans les banlieues (2005), combat de la jeunesse contre le CPE (2006). Dans le même temps, les scrutins nationaux ont été favorables à la gauche. Elle dirige la quasi-totalité des régions et préside un département sur deux. Elle a remporté les élections au Parlement européen, progressé aux sénatoriales, assuré la victoire du non au traité constitutionnel.

 Jusqu’à présent, l’offre politique n’a pas été à la hauteur

 4) Enfin, la double décennie « libérale-concurrentielle » engagée avec Reagan et Thatcher s'achève, contestée de toutes parts. L'Amérique latine bascule à gauche, qu'elle ait le visage de Lula ou de Chavez. En Europe, les syndicats de salariés se lèvent contre les directives les plus régressives. Aux États-Unis, un débat sur les protections antidumping à l'égard de la Chine bat son plein. Un nouveau cycle mondial s'annonce, fondé sur la régulation démocratique et interétatique de la sphère marchande.

 Alors, d'où vient la faiblesse apparente de la gauche française dans les sondages ? De l'écart entre la demande populaire de gauche et l'offre politique à gauche. Les candidats non socialistes ne décollent pas, car ils portent le mistigri de la division du 21 avril 2002.

 Quant au PS, il doit être plus fier de ses valeurs, plus sûr de ses atouts et ne doit pas céder à l'air du temps. À quoi bon s'abandonner à la rengaine libérale-autoritaire à l'heure où les Français la rejettent et pourquoi se tourner vers le centre alors que, dans les idées comme dans les collectivités, UMP et UDF sont des formations siamoises ?

 Le changement est à notre portée

 Il faut, à l'inverse, porter un projet alternatif au libéralisme combinant solidarité et responsabilité, revendiquer la République laïque pour socle, avoir la réorientation de l'Europe pour dessein, la puissance publique pour levier, la démocratie pour méthode, la gauche rassemblée pour famille. Suivre ce chemin, c'est assurer mieux qu'une victoire électorale : c'est permettre le changement."

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