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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 18:30

Un rayonnement exceptionnel forgé dans la détention

Nelson Mandela a su créer les voies, certes difficiles, de la réconciliation nationale, dépassant l’indignation morale pour construire une vraie alternative politique. Oui, Mandela fut une très haute figure de l’histoire du 20ème siècle parce que son combat personnel a été celui de tout un peuple à qui il a su montrer la voie juste.  

Je fais mien ces propos de Marie-Françoise Bechtel, extraits de son communiqué, publié aujourd’hui au nom du Mouvement Républicain et Citoyen, après la mort de Nelson Mandela.

Mandela, l’homme du dépassement.

Je salue Nelson Mandela, une des plus grandes figures de la libération des peuples dont rien n’a pu vaincre l’acharnement à servir cette cause. Il a permis au peuple sud-africain de secouer le joug étranger, maintenu à travers les formes les plus intolérables du racisme institutionnel.
Au-delà même de cet immense combat, Nelson Mandela a su créer les voies, certes difficiles, de la réconciliation nationale, dépassant l’indignation morale pour construire une vraie alternative politique. Oui, Mandela fut une très haute figure de l’histoire du 20ème siècle parce que son combat personnel a été celui de tout un peuple à qui il a su montrer la voie juste.
Ceux qui ont eu la chance de l’approcher ont été frappés par son rayonnement, comme si les épreuves elles-mêmes avaient forgé un homme nouveau. Le jour où il a quitté sa prison après 27 années de détention et de combats, il est sorti la tête si haute que Le Times du Cap a écrit « King Mandela walks in the sun ». Comment mieux décrire ce rayonnement exceptionnel ? Adieu donc à un libérateur, fait par l’histoire et qui a fait l’histoire. Adieu et merci.

 

Coïncidence. J’ai été saisi de l’information, hier, de la mort de Mandela pendant que j’écoutais l’audio que m’avait remis lundi, Jennifer Low-Rouskov.

Jenny expliquait, le 23 décembre 2010, à la radio Pays d’Hérault*, ce que fut son parcours de jeune sud-africaine - née de parents d’origine celte écossaise, « zoulou blanche » parce qu’élevée par les zoulous dans la brousse - qui a été confrontée ensuite à l’apartheid, totalement incompréhensible pour la fillette habituée à jouer avec ses amies noires. Ayant appris le français à l’université (les noirs n’y avaient pas accès), elle a pu obtenir une bourse du consulat de France à Johannesburg pour faire des études de français à Paris (elle a fait la meilleure dictée, c’était le moyen de sélection). Elle est devenue professeur d’anglais à l’université de Paris et aussi, entre autres, à l’ENA (le président de la République doit en avoir le souvenir...).

* Cette émission a obtenu le prix de la meilleure émission de l'année de cette radio.

Plus récemment, Madame Low-Rouskov est intervenue au cours du Débat final du colloque de la Fondation Res Publica, le 14 octobre 2013. Voir Actes du colloque de la Fondation Res Publica: "L'exception culturelle". Elle conteste l’idée fort répandue que l’anglais doit être la langue universelle. Selon elle, chacun ne peut appréhender le monde que par sa propre langue. La traduction est indispensable pour communiquer.

Voici ses propos (ils ont été suivis d’applaudissements nourris), tels qu’ils sont rapportés dans les Actes du colloque :

 Jennifer Low-Rouskov

Je m’insurge contre l’idée que l’attractivité de la France dépende de l’utilisation de l’anglais.
D’origine sud-africaine, de langue anglaise, élevée dans une ferme au milieu de la brousse sud- africaine parmi les zoulous, je suis venue en France grâce à la lecture de Victor Hugo et de Rimbaud;
Je partage l’idée que la langue universelle est
la traduction.
Celui qu’on nomme “le diable” est peut-être victime de son école de commerce.
Je tenterai d’être claire et concise. C’est ce que la France m’a appris.
J’ai enseigné pendant plus de quarante ans à l’université à Paris, dans certaines grandes écoles de commerce et à l’E.N.A.
En Afrique du Sud, c’est quand les oppresseurs de langue afrikaans ont exigé des écoliers à Soweto d’apprendre les mathématiques en afrikaans qu’une révolte importante contre le régime de l’apartheid a commencé.
Je rends hommage à la France d’avoir traduit sitôt les romans d’André Brink. Ces romans ont eu une influence décisive dans la lutte contre le régime de l’apartheid.
L’Inde a subi deux cents ans de domination anglaise et c’est grâce à un groupe de poètes bengalis, prenant appui sur les textes du Veda en sanskrit, que le mouvement de libération de l’Inde a été déclenché.
Vive la France !

 

Lu dans la presse

Dix choses que je retiens de Nelson Mandela (Rue89, Pierre Haski, 5 décembre 2013)

« Mandela, un symbole qui a permis à l'Afrique du Sud de s'aimer » (Le Monde, Jean-Philippe Rémy, 6 décembre 2013)

Marwan Barghouti sur Nelson Mandela : "Je salue le combattant de la liberté, le négociateur et faiseur de paix" (l’Humanité, 6 décembre 2013)

Cet article est le 27ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 21:16

Le nouveau livre de Chevènement et le MRC : plus de la moitié des titres

 

Cela fait 75 mois qu’au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent).

 

Depuis 2006, 2689 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- en comptant les récapitulatifs mensuels. 

 

Michel SorinLes  31 titres en novembre se répartissent ainsi :

- Livre de Chevènement « 1914-2014 : l’Europe sortie de l’Histoire ? » et MRC (17 articles),

- Europe et gouvernement Ayrault (4 articles),

- Organisation de l’économie laitière, rente foncière et décès de Henri Baron (3 articles),

- Actions contre les violences faites aux femmes (2 articles),

- TVA et centres équestres (1 article),

- Conférence sur le climat au pays du charbon (1 article),

- Une commune mayennaise obligée d’intégrer l’intercommunalité (1 article),

- Comment le PS accepta l’orthodoxie libérale en 1983 (1 article),

- Le réseau CiViQ va s’élargir (1 article).

 

Titres des articles parus en novembre 2013 sur http://mrc53.over-blog.com

Convention pour une autre Europe : le MRC débat avec les partis de gauche (30 nov.)

 

Belfort : le MRC lance Bastien Faudot à la succession de Chevènement (29)

 

Le retour de Chevènement dans les médias commence à importuner (28)

 

JL Laurent (MRC) : le meilleur moyen de lutter contre le Front national... (28)

 

Services publics et Europe : analyse de JC Chailley (Résistance sociale) - 27

 

Le Premier ministre JM Ayrault : s'il doit tomber, que ce soit à gauche (26)

 

Femmes victimes de violences : Muriel Salmona fait dix propositions (25)

 

La filière équine en colère contre la suppression du taux réduit de TVA (24)

 

Le 25 novembre, journée de lutte contre les violences faites aux femmes (23)

 

Chevènement parle de son livre 1914-2014 : l'Europe sortie de l'Histoire (22)

 

Conférence internationale sur le climat à Varsovie, le pays du charbon (21)

 

Des organisations de producteurs : France Milk Board, Lait bio du Maine (20)

 

Une exception de l'intercommunalité mayennaise en voie d'extinction (19)

 

Thierry Pouch résume la problématique historique de la rente foncière (18)

 

Le réseau CiViQ veut être le ferment démocratique du changement (17)

 

MRC : convention pour une autre Europe le 30 novembre 2013 à Paris (16)

 

Invité par la Fondation Jean Jaurès, Chevènement a présenté son livre (15)

 

Le livre de Chevènement sous la critique de la Fondation Jean Jaurès (14)

 

Fondation Jean Jaurès : le livre de Chevènement vu par Esprit Critique (13)

 

Jean Jaurès, dernier discours avant le désastre de la guerre de 1914 (11)

 

Armistice du 11 novembre 1918 : la guerre ne s'est terminée qu'en 1945 (10)

 

Henri Baron, paysan citoyen (44), militant solidaire, est décédé à 81 ans (09)

 

Notes de lecture de J Sapir sur le nouveau livre de JP Chevènement (08)

 

Le nouveau livre de JP Chevènement : revue de presse, dont Le Monde (08)

 

Avec Chevènement, le MRC propose de construire l'Europe des réalités (07)

 

1983 : comment Mitterrand imposa au PS l'orthodoxie libérale et monétariste (06)

 

Projets d'accords bilatéraux de libre-échange UE-Canada et UE-USA (05)

 

Un étudiant québécois critique la dérive post-démocratique de l'Europe (04)

 

Au Sénat, Chevènement favorable à la loi de programmation militaire (04)

 

Nantes le 7 novembre : réunion publique POUR UNE AUTRE EUROPE (03)

 

Prenant appui sur son livre, Chevènement revient dans le jeu politique (02)

 

Cet article est le 75ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 23:28

Jean-Luc Laurent  fixe le cap pour une autre Europe

 

Les délégués des adhérents du Mouvement Républicain et Citoyen étaient réunis samedi 30 novembre 2013 à Paris pour adopter les orientations de leur parti en vue des élections européennes du 25 mai 2014. Voir Convention pour une autre Europe: le programme et Retour sur la Convention Europe du MRC  A cette occasion, a été décidée la participation du MRC aux élections européennes de mai 2014 par la constitution de listes autonomes et citoyennes, c'est à dire ouvertes aux non militants. Les têtes de liste seront désignées d'ici la fin de l'année 2013. A également été adopté le projet "Pour une autre Europe" qui servira de socle à cette campagne et sera porté par les "listes citoyennes pour une autre Europe" présentées par le MRC.

 

MRC-convention-Europe-301113-006-T.jpgLe président, Jean-Luc Laurent, a fixé le cap en vue des élections européennes.

 

Pour une Europe qui protège et se protège

 

Je ne résiste pas à la tentation de débuter mon intervention par une trouvaille de la semaine dernière, comme la politique peut en offrir parfois : mes collègues députés et moi-même avons reçu un communiqué de la Commission européenne lançant le semestre européen. Son titre ? Semestre européen 2014 : consolider la reprise. On peut y lire des nouvelles rassurantes du front : la reprise est engagée, la coordination budgétaire a atteint un niveau “sans précédent”, les assainissements budgétaires “portent leurs fruits”. En somme, tout - va - bien ! Quelques petites nuances : l’ouverture à la concurrence des marchés et services est insuffisante, les réformes des marchés du travail pourraient aller plus loin.
Je ne vois que deux hypothèses : où nos commissaires européens ont plus d’humour qu’on ne le dit, ou c’est nous qui devons en avoir beaucoup pour essayer de prendre cela avec recul.
Tous les constats que nous faisons depuis des années sont résumés ici : l’aveuglement des institutions européennes sur les effets insidieux des politiques d’austérité, sur les disparités accrues entre économies et les distorsions de concurrence, la position stratosphérique d’une Commission sans légitimité démocratique et sans prise avec la réalité. Tout y est !

Il serait bon que Messieurs Barroso et Rehn prennent la peine de venir expliquer ce qu’est la « consolidation de la reprise » aux Grecs, auxquels un effort supplémentaire d’1,5 milliard est exigé depuis plusieurs jours par la Troïka, aux Italiens et bien sûr aux Français, qui voient leur croissance ralentir et leurs exportations décrocher face à l’Allemagne. Surtout, qu’ils viennent expliquer aux peuples européens ce qu’est la « consolidation de la reprise », 5 ans après le début d’une crise économique qui n’a été que renforcée par les politiques de rigueur contreproductives imposées aux Etats de la zone euro ! Gouverner, c’est devoir parfois rendre des comptes sur ses erreurs. J’ai bien peur que certains n’aient jamais à le faire...

 

Pourtant, et je l’ai dit ce matin, les choses sont claires : l’Europe telle que nous la connaissons est à bout de souffle. Cette Europe disciplinaire, obsédée par les objectifs chiffrés de dette, de déficit public, d’inflation, cette Europe de la monnaie unique qui a accru les disparités en assemblant des économies structurellement différentes, cette Europe sans projet politique commun ni incarnation, cette Europe du moins-disant social, cette Europe qui met en cause la souveraineté nationale, les services publics et les Etats-nations. C’est cette Europe là qui a fait son temps et non l’idée européenne. Et c’est parce que cette idée n’est pas morte que nous sommes réunis aujourd’hui pour proposer “Une Autre Europe”, une autre voie. C’est cela que nous souhaitons : une alternative !

J’insiste sur ces mots car, trop souvent, quand nous avons pointé les errements de la construction européenne, ses insuffisances et ses excès, on nous a répondu sur le terrain de la Morale et des bons sentiments : les égoïsmes nationaux contre un intérêt commun européen, le repli sur soi contre l’ouverture fraternelle, le risque de la guerre contre la paix assurée depuis 60 ans. Le traitement indigne réservé à Jean-Pierre (Chevènement) par le Point cette semaine montre combien la caricature est facile.

Ne nous laissons pas entraîner sur ce terrain là, ce n’est pas celui du débat démocratique. Nous n’avons pas à être honteux d’avoir eu raison hier. Nous n’avons pas à être honteux de refuser aujourd’hui le fatalisme, de refuser de laisser l’UE aller dans le mur en klaxonnant. C’est notre responsabilité de dire les choses, haut et fort !

On nous a également répondu, souvent, que c’est parce que nous sommes français que nous ne pouvons pas renoncer à l’ambition européenne en vertu d’un héritage. Mais, sur ce point, nous sommes d’accord ! C’est parce que la France est une grande nation en Europe qu’elle a la responsabilité de la porter mais en la réorientant.

Il m’est difficile d’évoquer la question de la réorientation européenne sans parler de notre engagement dans la majorité, au côté de François Hollande, qui en avait fait un enjeu de son quinquennat. Si nos analyses diffèrent sur ce point de notre partenaire socialiste, à tel point que figurait dans notre accord signé en mars 2012 un chapitre qui y était consacré, il faut savoir saluer les initiatives et dire lorsque les lignes commencent à bouger.

Le discours clair tenu à notre partenaire allemand en fait partie : ceux qui suivent assidûment l’Assemblée nationale et ses débats savent que j’ai pu interroger Jean-Marc Ayrault sur la politique économique de l’Allemagne lors de la séance de questions au Gouvernement mardi dernier. J’ai noté, comme ces derniers mois, beaucoup de fermeté et de détermination du côté de l’exécutif dans la condamnation des distorsions de concurrence en faveur de notre voisin. Par le dialogue et dans l’intérêt de tous – d’abord dans le sien –, l’Allemagne doit réévaluer son modèle et les politiques qu’elle impose aux autres. L’adoption d’un salaire minimum n’est qu’une première étape mais elle nous montre que Mme Merkel n’est pas seule, qu’elle ne règne pas en maître. Il faut donc pousser, encore et toujours.
Je suis heureux que le Gouvernement ne refuse pas un rapport de force devenu nécessaire. Il faudra aller plus loin car le nœud de la question de la réorientation européenne est là.
Il faut également saluer les initiatives récentes du Président de la République en termes de discussion avec d’autres pays de la zone euro : les liens tissés avec l’Italie et l’Espagne sur les questions de croissance correspondent à un intérêt commun bien compris. C’est également ainsi que nous imposerons une nouvelle donne.

Cependant, il faut le dire clairement : nous partons de loin et, un an et demi après le 6 mai 2012, le compte n’y est toujours pas. Ni la renégociation en profondeur du TSCG, ni une véritable politique de croissance n’ont été réellement obtenues. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons fait valoir pleinement en cette première année notre liberté de vote en votant contre le TSCG, et par notre abstention sur les lois de programmation. Le message du MRC a été clair et bien compris.

Le résultat de cet échec est là et le frémissement de la courbe du chômage ne doit tromper personne: la France stagne et subit une crise dure. Aucune politique de redressement productif et de croissance ne peut porter ses fruits dans un cadre aussi contraint et avec une monnaie surévaluée, avec un euro trop fort et trop cher. Le budget 2014 montre toutes les limites de cet exercice périlleux auquel doit se livrer le Gouvernement sous la pression de ce que j’appelle le Triple B : Bercy, Bruxelles, Berlin.
Les faits nous donnent donc aujourd’hui raison et nous confortent dans notre analyse. Mais dire de quelle Europe nous ne voulons plus ne peut pas suffire. C’est d’un nouveau cap européen dont les Français ont besoin. Quelle Europe voulons-nous ? Quel projet, quels thèmes souhaitons-nous porter ?

 

Au travers de son très bon texte, Marie-Françoise Bechtel a commencé à tracer une voie. A la crise économique et au défaut politique auxquels l’Europe fait face, il faut des réponses claires :

- Tout d’abord, celle à court terme d’une baisse du niveau de l’europar des politiques de « quantitative easing » menées par la BCE, en articulation avec des politiques de relance vigoureuses. La sauvegarde de notre tissu industriel passe par là. Cependant, d’ores et déjà c’est bien la question de la transformation de l’euro en monnaie commune que nous devons poser. L’euro, monnaie unique, comporte un “vice constitutif” pour reprendre l’expression de Jean-Pierre (Chevènement), et les transferts qui seraient nécessaires à un équilibrage d’une zone si disparate sont inenvisageables. Nous devons en parler avant que ce ne soit le nouveau parti « L’Alternative pour l’Allemagne » ou le Front National en France qui impose les termes du débat public avec la sortie de l’Euro.

 

- Ensuite, sortir du « gouvernement par les règles »comme les contrats que Bruxelles prépare actuellement. Rappelons-nous d’une chose: les règles, Schröder n’en a respecté aucune pendant les réformes allemandes tandis que l’Irlande et l’Espagne étaient de parfaits élèves de la classe européenne…

- Quant au pilotage économique de la zone euro, il faut de la coordination et de la concertation mais en aucun cas un gouvernement économique. Ce pilotage doit procéder des chefs d’Etat et de gouvernement qui ont la légitimité des peuples. Nous assumons le tournant intergouvernemental qui a été validé par la crise. La légitimité politique est dans les nations, elle est dans les gouvernements nationaux. S’il y a une institution qui doit monter en puissance dans la gouvernance européenne, ce sont les Parlements nationaux.

- Sur le plan institutionnel : pas de nouveau traité constitutionnel. Cette Europe coercitive est morte, il faut de la souplesse et du projet. La machine normative européenne doit se calmer pour laisser la place à un euroréalisme.

- Nous voulons également une Europe qui protège et qui se protège. Le grand marché nous conduit au libre-échange interne mais il n’a jamais été lié à un libre-échange mondial dont la Commission et une partie des élites européennes souscrivent naturellement, mécaniquement. Il faut défendre nos marchés publics. Il faut une politique industrielle libérée du dogme de la concurrence. Nous avons besoin de champions de taille mondiale.

- Enfin, il faut bien dire un mot de l’élargissement qui n’a été jusqu’ici qu’une fuite en avant. La bonne diplomatie nous invite à piloter en douceur la fin de cette phase en acceptant progressivement les candidatures balkaniques en examinant bien la maturité de leurs structures étatiques et de leurs sociétés civiles. Mais Il faut terminer et l’utiliser comme un levier politique de stabilité pour une région qui a connu la guerre, il y a à peine plus de 10 ans. Avec les Balkans, les frontières de l’Europe seront atteintes. Nous ne pouvons pas faire entrer un pays de 75 millions d’habitants à cheval sur l’Europe et le Proche-Orient. Il faut une politique ambitieuse de coopération en Méditerranée. C’est dans cette politique que la Turquie et le Maghreb ont toute leur place. Une coopération avec la Russie doit également être construite.

Voilà quelques réponses de nature à fonder un projet européen alternatif, réaliste et fédérateur ! Et quelle meilleure occasion pour cela que les élections européennes qui se préparent dès à présent ?
Nos analyses ont résisté au temps et aux épreuves. Mais avoir raison seul ne conduit à rien. La vocation de tout mouvement politique, c’est de convaincre, de rallier à soi et de rassembler. Et cela implique de prendre ses responsabilités. Louis Barthou disait : « La tour d’ivoire ne convient qu’aux poètes. Il est du devoir des autres hommes d’en descendre pour se mêler à l’action » Nous ne serons pas spectateurs et encore moins commentateurs cyniques : nous nous mêlerons à cette campagne de mai 2014 en présentant des «listes citoyennes pour une autre Europe» !

N’ayons peur ni du débat, ni des coups portés ! Ce n’est qu’au prix de ce combat politique que nous ferons reculer les extrêmes et que nous offrirons enfin aux Français un projet européen digne de ce nom !

 

Voir aussi Convention pour une autre Europe : le MRC débat avec les partis de gauche - 30 nov. 2013 

 

 Cet article est le 143ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 23:22

La France attend le sursaut : Chevènement à Matignon

 

Jean-Pierre Chevènement, que je vois de temps en temps (c’était le cas, hier, lors du colloque de la Fondation Res Publica, qu’il préside ; c’était le cas aussi lors de la présentation de son livre à la Fondation Jean Jaurès - voir Chevènement parle de son livre 1914-2014 : l'Europe sortie de l'Histoire - 22 nov. 2013), fait preuve d’une belle assurance et de maîtrise dans toutes ses interventions. Il se prépare à l’éventualité d’être appelé à Matignon par le président de la République.

Fondation J Jaurès livre Chevènement 121113 002. TjpgVoir, à ce sujet, ces deux articles :

Le retour de Chevènement dans les médias commence à importuner - 28 nov. 2013

Marianne : personne n'est à la hauteur de Jean-Pierre Chevènement - 2 déc. 2013

 

Voir aussi le blog d’Elie Arié  Chevènement Premier Ministre, vite ! (Site de Marianne, 28 nov. 2013).

 

Un membre du club de Mediapart, Le blog de desertique, le 28 novembre 2013, critique la position du Point et apporte de l’eau au moulin de Chevènement (avec l’appui d’un autre blogueur, Vingtras - voir "L'Europe sortie de l'histoire ?'" par JP Chevènement).

 

CHEVENEMENT POUR UNE REVOLUTION PACIFIQUE

Lorsque l'hebdomadaire " le Point" nous présente les néocons dans son édition de cette semaine, il semble oublier que si la critique est aisée, l'art reste difficile. Avec un Directeur de la rédaction (Giesbert) qui a mangé à tous les râteliers politiques de la cinquième république, cet hebdomadaire, aujourd'hui déserté par les grandes signatures qui ont fait sa réputation, n'est plus qu'un ersatz de publication.

Mettre Jean-Pierre CHEVENEMENT dans le même sac que Marine Le Pen ou Zemmour me paraît autant inacceptable que risible. Le Sénateur de Belfort est aujourd'hui le seul homme qui à gauche, peut retrouver le consensus nécessaire au redressement du pays, redressement qui me paraît bien compromis aujourd'hui. Les dissensions qui se font jour entre Le Président et le Premier Ministre, celles s'élargissant entre l'exécutif et sa majorité, l'atonie de la Droite qui semble hypnotisée par un éventuel retour de Sarkozy, tout ça n'augure rien de bon. Même s'il ne fait pas partie du premier cercle, CHEVENEMENT a toujours manifesté une fidélité et de la bienveillance vis-à-vis de François HOLLANDE. Et si je me fie aux Evangiles, les ouvriers de la onzième heure n'étaient pas les moins courageux à la tâche. Avec l'avantage en sus, de pouvoir réfléchir sur les solutions, à l'extérieur des affaires.

Avec Jean-Pierre CHEVENEMENT à Matignon, rien ne s'opposerait à un retour aux affaires de certains poids lourds : Martine Aubry pourrait coiffer Bercy, Ségolène Royal prendre la tête d'un grand ministère du travail de la santé et de la famille. Elisabeth Guigou pourrait se voir confier la réforme de l'Etat et des territoires, pour supprimer l'échelon départemental, tout en diminuant le nombre de Régions. Bref, une structure de gouvernement de crise ou des personnalités civiles (comme Gallois) pourraient se voir confier des portefeuilles réunifiés afin de ne pas dépasser la quinzaine de Ministres, ce qui ne pourrait que renforcer l'efficacité.

Jean-Pierre CHEVENEMENT, en accord avec le Président, pourrait obtenir un réaménagement de l'Euro, une révision profonde des accords de Schengen, un accord cadre avec l'Allemagne et, de surcroît, il aurait une réelle influence sur la Commission de Bruxelles. Le Parti Communisme, voire le Front de gauche, pourraient revenir dans la majorité sur un programme de redressement et certaines dispositions pourraient même être votées par des élus de l'opposition, soucieux de l'avenir du Pays.

Les partisans de CHEVENEMENT existent dans toutes les familles politiques, car sa personnalité est consubstantielle à l'intérêt général et au respect des valeurs de la République. C'est un homme dont les analyses politiques et économiques sont d'une actualité brûlante, et dire comme on l'entend çà et là que c'est un homme seul, est une contre vérité criante qui dénote à quel point la désinformation est forte.

Membre engagé dans la campagne de François HOLLANDE à la Primaire et à la Présidentielle, je pense que le Président doit dans un avenir proche, prendre une initiative forte, pour redonner à la gauche des motivations qu'elle semble avoir perdues et un nouvel élan. La gauche doit retrouver l'esprit du Discours du Bourget et ne pas hésiter, sans souci de futures élections problématiques, à faire ce pour quoi elle a été rappelée au Gouvernement.

Monsieur Le Président, la France attend le sursaut et celui ci passe forcément par un choix politique fort. La France, lorsqu'on la sollicite en lui expliquant, est toujours prête à se retrousser les manches pour arrêter son déclin et reprendre sa marche vers les sommets.

 

Vu sur le blog de Jean-Pierre Chevènement

"L’'Allemagne n'est pas encore mûre pour une réorientation de la construction européenne"  Entretien de Jean-Pierre Chevènement à l'Hémicyle, le mardi 3 décembre 2013. Propos recueillis par Thomas Renou.

"La question qui se pose est de savoir si François Hollande est prêt à changer d'orientation politique" . Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "Zemmour et Naulleau" sur Paris Première vendredi 29 novembre 2013. Il répondait aux questions d'Eric Zemmour et Eric Naulleau, puis débattait avec Marc Le Fur.

"Si la France s'aimait, tous ces problèmes d'intégration seraient résolus". Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "Entre les lignes" sur LCP samedi 30 novembre 2013. Il répondait aux questions de Frédéric Haziza et débattait avec Alain Finkielkraut.

 

Cet article est le 186ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 11:41

Changer l'Europe par un accord entre la France et l'Allemagne

 

L'hebdomadaire Marianne, dans sa plus récente édition, a décrit le nouvel engouement médiatique (il y a des réfractaires, notamment à la rédaction du Point...) autour du parcours à rebondissements de Jean-Pierre Chevènement. Après avoir eu un succès d'estime en 2011 avec son livre "La France est-elle finie ?" (prix du livre politique de l'année), son nouveau livre "1914-2014 : l'Europe sortie de l'Histoire ?" est incontestablement un chef-d'oeuvre, unique en son genre, novateur historiquement et au coeur de l'actualité politique. Voici ce qu'écrit Marianne (Eric Conan, 1er décembre 2013).

   

Chevènement, une passion européenne    

 

Cassandre est de retour. Jean-Pierre Chevènement est sollicité sans relâche dans les médias, et les mêmes qui jugeaient cette voix archaïque - et pour certains nauséabonde - lui accordent une attention soutenue et respectueuse. Face à la panique d'une gauche en perdition qui ne comprend pas ce qui lui arrive, sa parole articulée rappelant qu'il avait annoncé ce qui se passe pourrait suffire à expliquer ce retour en grâce médiatique. Mais la raison en est aussi l'effet produit par son dernier ouvrage, une synthèse magistrale de l'histoire européenne de 1914 à 2014.

Alors que le livre politique tend à la compilation d'anecdotes d'ex-ministres commercialisant eux-mêmes leur «off», Jean-Pierre Chevènement fait figure de survivant d'une époque où les hommes d'Etat, pétris de culture historique, s'intéressaient plus au destin de leur pays qu'à leur misérable petit tas de petitesses.

La lecture de 1914-2014, l'Europe sortie de l'histoire ? ajoute au contraste avec le vide actuel le constat que personne d'autre, dans un personnel politique en rase-mottes entre deux élections, n'a cette maîtrise de l'historiographie aussi bien politique qu'économique et cette hauteur de réflexion permettant de recadrer le présent dans la longue durée. Non pour faire le savant mais pour proposer une issue à l'une des pires crises que connaît une France qui « titube comme jamais peut-être dans son histoire depuis 1940 ».

« L'Europe d'aujourd'hui ne pourra rebondir que si elle comprend non seulement pourquoi celle d'avant 1914 s'est désintégrée, mais aussi comment, après une guerre de trente ans, elle a été placée sous tutelle, et peu à peu, depuis soixante ans, réduite à l'impuissance. » La maestria pédagogique avec laquelle Chevènement passe du traité de Versailles à la surévaluation de l'euro, de Bismarck et Merkel, a pour objectif de resituer la France dans la continuité d'un siècle européen borné par une première crise de la mondialisation - opposant Allemagne et Grande-Bretagne avant 1914 - et celle d'aujourd'hui, opposant Etats-Unis et Chine et larguant une Europe minée par une malfaçon communautaire qui a fait diverger France et Allemagne.

Contre une vulgate mémorielle qui a « dénationalisé » 14-18 - comme si un fait divers à Sarajevo avait provoqué une absurde « guerre par accident » -, il explique que le conflit est l'issue d'un affrontement pour l'hégémonie européenne entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne dans le cadre d'une première mondialisation oubliée, mais aussi développée que l'actuelle. Les indicateurs économiques de l'époque montrent que l'Allemagne l'aurait emporté par ses succès industriels, mais dans ce pays imparfaitement démocratisé le pangermanisme antislave de son aristocratie prussienne (« croître ou périr ») a imposé la voie militaire.

Contre les vulgates marxiste et droits-de-l'hommiste, Chevènement pointe la responsabilité de l'élite allemande (et non du peuple allemand), tout comme il renverse celle du traité de Versailles (trop mou) dans la montée du nazisme. Hitler s'explique avant tout par la crise d'une économie allemande à nouveau à la pointe de la mondialisation après guerre, mais mise à terre par la crise de 1929 importée des Etats-Unis.

Une Europe passoire

Après le rebond en 1939 de cette «Guerre de Trente ans» commencée en 1914, tragique par l'ajout de l'antisémitisme exterminateur, les Américains assureront mieux leur hégémonie en imposant en 1945 à l'Allemagne capitulation totale et démilitarisation complète. Et en torpillant ensuite, via leur protectorat allemand, la conception gaulliste d'une Europe des nations (le plan Fouchet) pour une simple plate-forme du libre-échange dont José Manuel Barroso est aujourd'hui le VRP au profit d'un «capitalisme dur qu'on ne sait pas réguler parce que les vraies régulations sont toujours d'ordre politique».

Le plus douloureux pour Chevènement est d'admettre que ce piège de l'Europe néolibérale a été verrouillé par Mitterrand et Delors au travers de l'Acte unique, de Maastricht et de ce «Grand bond en avant» d'une monnaie unique inadéquate à des économies hétérogènes. Cette politique réduite aux bonnes intentions a affaibli le continent : «Censée aider les peuples à relever les défis de la mondialisation, l'Europe telle qu'elle s'est faite est devenue le principal moyen de les en empêcher» en livrant «son marché à la pénétration des produits à bas coûts, fabriqués dans des pays dépourvus de protection sociale et environnementale et dotés de monnaies sous-évaluées».

Une Europe passoire dans laquelle la France voit son industrie dévastée et menacé son Etat social, fruit des luttes de la gauche et de la Résistance. Tandis que l'Allemagne, du fait sa spécificité industrielle, gagne - cette fois-ci pacifiquement - la guerre européenne de la dette en jouant le rôle «de petite Chine économique qui se prend pour une Suisse diplomatique».

Que faire ? L'essayiste laisse la place au politique réaliste - rien ne se fera sans l'Allemagne - pour imaginer une issue. Aucune mesure protectionniste n'étant encore acceptable par Berlin, ne reste que l'instrument monétaire : mettre fin à l'effet destructeur d'un euro trop fort en le dévaluant de 20 % et en le transformant en monnaie commune pour que chaque pays reprenne pied avec sa monnaie en fonction de sa compétitivité. Le contraire de la facilité donnée aux pays du Sud de sombrer en se «sniffant» à l'emprunt facile : churchillien, Chevènement prévient que sa solution implique de «travailler plus pour ne pas gagner moins». Mais cette fois-ci avec un horizon : une Europe remise d'aplomb avec un outil monétaire qui pourrait intéresser la Russie et la Turquie.

Comment faire ? Son sens du respect de l'Etat retient Chevènement de tout propos désobligeant sur François Hollande se débattant dans la ratière européenne, mais il résume la politique de ce dernier d'une formule cruelle empruntée à Mendès France : «Il n'y a pas de politiques sans risques, mais il y a des politiques sans chances.» Il ne compte guère sur ses ex-collègues socialistes, prisonniers de leur erreur, mais plutôt sur Angela Merkel, selon lui seul «homme d'Etat» à même de réagir.

Non par compassion européenne, Berlin jouant désormais plus le vaste monde que le continent, mais par réalisme, le naufrage de l'euro pouvant devenir préjudiciable à l'Allemagne. Politiquement, comme l'a dit avec provocation l'ancien ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer : «Angela Merkel ne doit pas apparaître comme la troisième personnalité allemande à avoir détruit l'Europe en l'espace d'un siècle après Guillaume II et Hitler.».

Mais aussi économiquement : Chevènement montre par ses vastes lectures que l'idée d'une monnaie commune fait plus vite son chemin dans l'élite allemande que chez les élites françaises paralysées par «l'orgueil et la cécité».

Au terme de cet ouvrage de surplomb qui installe Chevènement comme véritable héritier de De Gaulle, le lecteur espère au mieux que la perspective d'espoir qu'il dessine soit discutée et tentée, au moins qu'il ne soit plus possible de rabâcher que ceux qui ne veulent plus de cette Europe suicidaire sont des antieuropéens.

1914-2014, l'Europe sortie de l'histoire ?, de Jean-Pierre Chevènement, Fayard, 342 p., 20 €.  

 

Cet article est le 185ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 22:29

Depuis 2010, l'Europe détruit le modèle social européen

 

Le message de Sami Naïr, ancien député au Parlement européen, est clair. Depuis 2010, l'Europe de Jean Monnet et de Jacques Delors est morte. L'Europe nouvelle, c'est une politique d'austérité qui est à l'offensive partout. Elle procède à la destruction du modèle social européen issu de la seconde guerre mondiale. L'Europe est le maillon essentiel de la mondialisation libérale.

Le projet de traité transatlantique, qui a été négocié depuis deux ans entre la Commission européenne et les USA, en présence des firmes multinationales, est un marché commun généralisé, porté par les multinationales et la Deutch Bank. C'est l'extension du modèle américain à l'Europe. Dans ce projet, l'Europe disparaît pour n'être qu'une région de la mondialisation libérale. Les multinationales négocient une clause de protection des investissements contre les Etats, avec jugement par un tribunal international. Le traité transatlantique complètera le traité transpacifique entre les USA et la Chine, toutes les autres puissances étant considérées comme secondaires. L'objectif est la destruction du modèle social et de la souveraineté populaire. La situation est très grave. Dans un tel contexte, les élections européennes ne sont pas secondaires. Il faut vraiment une autre Europe.

Cette intervention de Sami Naïr s'inscrivait dans le débat qui suivait la présentation du texte - amendé - "Pour une autre Europe" par Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, vice-présidente du Mouvement Républicain et Citoyen, ce matin, lors de la Convention du MRC* à Paris. C'est Eléonore Perrier, conseillère municipale de Grenoble, qui présidait la séance. Les votes ont été acquis à la quasi unanimité, que ce soit le texte amendé de la Convention ou le volet électoral (présentation de listes citoyennes aux élections européennes du 25 mai 2014).

 

MRC-convention-Europe-301113-019-T.jpgCet après-midi, le président du MRC, Jean-Luc Laurent, a introduit la Table ronde animée par Marie-Françoise Bechtel, avec les interventions des représentants des partis de gauche.

(Photo : Jean-Luc Laurent, président du MRC, introduit la Table ronde de l'après-midi).

Successivement, Estelle Grelier, députée PS de l'Eure, responsable des questions européennes au PS, Thierry Jeantet, délégué général du PRG à la programmatique, Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de Gauche et Dimitri Bandini, membre de la direction nationale du MUP, ont présenté les positions de leur parti sur l'Europe.

Marie-Françoise Bechtel a relevé, à chaque fois, les points d'accord et de désaccord. Avec le PS, elle a constaté une différence de fond. Le PS mise sur une majorité de gauche aux élections européennes pour changer le contenu de la politique européenne. Le MRC pense que ce n'est pas possible sans changer l'architecture européenne.

Avec le PG, le désaccord se situe sur la désobéissance à l'Europe et les moyens à prendre par la France pour imposer une négociation au niveau des Etats. Eric Coquerel, qui fut membre fondateur du MRC en 2003, a souligné que l'Europe est en contradiction avec le principe démocratique du suffrage universel et que cela justifie de mettre en oeuvre le compromis de Luxembourg. Marie-Françoise Bechtel considère que la France ne pourrait se retirer seule de l'application des traités. Elle devrait solliciter une modification de ces traités.

Tous les acteurs du débat de l'après-midi ont salué le MRC qui a pris l'initiative de ces débats entre les partis de gauche sur la question européenne.

* Voir JL Laurent (MRC) : le meilleur moyen de lutter contre le Front national... - 28 nov. 2013 

Cet article est le 142ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 13:15

Un choix d’avenir pour Belfort face à un sortant ex-MRC

 

C’est peut-être une surprise à Belfort (voir France Bleu, 15 novembre 2013 : Municipales Belfort : un candidat surprise pour le MRC), mais pas pour moi car j’ai vu Bastien, originaire de Belfort, se réinstaller dans cette ville après avoir travaillé au contact de Jean-Luc Laurent dans le Val-de-Marne. Il était candidat à la candidature MRC aux élections législatives dans le Territoire de Belfort en 2012 mais devancé par le maire de Belfort, lui-même successeur de JP Chevènement dans cette fonction. Etienne Butzbach n’avait pas été élu député et, en rupture avec le MRC, s’était ensuite engagé avec le PS, au grand dam du sénateur du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement.

 

Conseil national MRC 240313 015 TBastien Faudot a été élu par les militants MRC de Belfort pour conduire une liste aux élections municipales de mars 2014. Voir l’article paru le 27 novembre 2013, signé Jérémy Chevreuil, journaliste à France3 : Bastien Faudot, candidat du MRC à Belfort: « Jamais la ville n'a été socialiste.

Il aura 35 ans en mars, quelques jours seulement avant le premier tour des élections municipales. Bastien Faudot a été choisi par les militants du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) pour mener la liste chevènementiste à Belfort. La tête de liste initiale, Christian Proust, a jeté l’éponge, craignant « l’échec de la gauche ». Bastien Faudot, qui travaille au SMTC présidé par… Christian Proust, entend « renouer avec le fil d’une histoire interrompue avec le départ d’Etienne Butzbach (élu sous l’étiquette MRC) au PS », certain que « les Belfortains savent ce qu’ils doivent » à Jean-Pierre Chevènement et Christian Proust. Interview.

Que va faire un trentenaire comme vous dans la pétaudière politique belfortaine ?

« On peut retourner la question. Je parle souvent de guerre des mémoires. Dans ce contexte national et local difficile, et la donne n’est pas simple non plus de l’autre côté de l’échiquier politique, il faut renouer avec le fil d’une histoire interrompue avec le départ d’Etienne Butzbach au PS. L’attaque n’est pas personnelle, mais concerne la signification politique de ce départ ».

Justement, le MRC a perdu la ville de Belfort, son fief historique, avec le ralliement du maire sortant Etienne Butzbach au PS. Quelles sont les ambitions de votre parti pour ces municipales ?

 « Reconquérir la ville. Nous ne sommes pas dans une logique d’étiquette. C’est le projet républicain qui nous tient à cœur. Nous avons fait des propositions au PS, conscients du risque considérable de partir divisés. Mais l’on ne peut pas succomber en permanence à l’argument d’autorité selon lequel le PS doit conduire la liste. Belfort a une histoire particulière. Jamais la ville n’a été socialiste. Ce n’est pas un hasard de la carte électorale. Belfort a une double tradition, industrielle et militaire, ce qui peut sembler contradictoire. Le MRC fait la synthèse entre le patriotisme républicain et le souci de la justice sociale. »

Vous envisagez donc de devenir le prochain maire ? 

« Bien sûr, sinon je n’irai pas. L’enjeu dépasse d’ailleurs les municipales. Il faut reprendre l’initiative. Je parle souvent des 4R: renouvellement des personnels et des pratiques politiques, face à un système qui verrouille le débat et l’absence totale de la génération des moins de 50 ans; rupture avec la ligne sociale-libérale du PS qui a des conséquences directes sur le fonctionnement des collectivités; rassemblement, tel que l’a toujours fait Jean-Pierre Chevènement, des communistes aux gaullistes; républicain, car les partis politiques sont confrontés à une défiance généralisée. Un tiers de notre liste sera composée de membres de la société civile et du monde économique. »

Écartez-vous toute alliance avec le PS ? Avec d’autres partis ?

« Pour le PS, l’affaire est réglée. Nous ne ferons pas d’accord avec le PS. Nous souhaitons une liste d’ouverture républicaine. Nous l’avons fait savoir à plusieurs partenaires potentiels, un certain nombre d’organisations politiques. Nous discutons avec plusieurs politiques locaux, des Verts ou du Front de Gauche. Pour l’instant le Front de Gauche semble plutôt vouloir constituer sa propre liste. J’espère pouvoir les convaincre de la nécessité politique de l’union. »

Le risque n’est-il pas de mener la campagne de trop pour le MRC ?

« Je ne propose pas aux militants, aux sympathisants, de livrer un dernier combat. Si on l’aborde comme le premier, je suis sûr qu’il y en aura beaucoup d’autres. Les Belfortains connaissent le capital politique légué par Jean-Pierre Chevènement. Sans lui, sans Christian Proust, il n’y aurait pas la gare TGV ou les Eurockéennes par exemple. Les Belfortains savent à qui ils doivent tout cela. Ils sont attachés au MRC. »

Rappel : Avec Chevènement, le MRC propose de construire l'Europe des réalités - 7 novembre 2013 

Municipales 2014 : le MRC expose au PS sa vision du rassemblement - 14 juillet 2013

Alsace : le détricotage institutionnel de la Nation, repoussé (B Faudot) - 9 avril 2013

 

Cet article est le 25ème paru sur ce blog dans la catégorie Municipales et intercommunalité

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 23:35

L’hebdomadaire Le Point dévoile sa stratégie manipulatrice

La présence de Jean-Pierre Chevènement, auteur du livre 1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire? (Fayard) dans les médias commence à avoir un impact. Mais le contraste est grand entre les deux hebdomadaires Marianne et Le Point :

- Le premier est élogieux. Ainsi, Eric Conan dans Marianne n866 - 23-29/11/13 : Chevènement, une passion européenne. Le nouveau livre de l'ancien ministre socialiste "1914-2014, l'Europe sortie de l'histoire?", impressionne par son ampleur de vue et installe celui-ci en véritable héritier de De Gaulle. Voir aussi le blog d’Elie Arié Chevènement Premier Ministre, vite ! (Site de Marianne, 28 novembre 2013).

- Le second se laisse aller à des insinuations manipulatrices. Voir A la première page du Point La revanche des "néocons" , la dénonciation des "néocons à la française". Ceux-ci existent bien, mais pas là où Le Point croit les apercevoir… Ce commentaire est de Jean-Pierre Chevènement lui-même. Voir Manipulation ! Et Les « néocons ».

Le 20 novembre 2013, le sénateur était l’invité de l’association des journalistes parlementaires. Il a montré une stature d'homme d'Etat. Voir la vidéo Dailymotion : M. Jean-Pierre Chevènement

 

Fondation J Jaurès livre Chevènement 121113 002. TjpgAutres présences de JP Chevènement dans les médias (Voir aussi Chevènement parle de son livre 1914-2014 : l'Europe sortie de l'Histoire - 22 novembre 2013) :

"C'est toute la politique économique qui est à revoir" . JP Chevènement était l'invité de Sud Radio dimanche 24 novembre 2013. Il répondait aux questions de Louis Morin.

"Je ne suis pas contre l'Europe, mais contre la manière de la faire" . JP Chevènement était l'invité de "Salut les Terriens" sur Canal + samedi 23 novembre 2013. Il répondait aux questions de Thierry Ardisson.

"Les pays européens du Sud pourraient renouer avec la croissance sans obérer les finances publiques des pays du Nord" . Entretien de JP Chevènement avec Pascal Boniface, directeur de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), le mardi 26 novembre 2013.

Pascal Boniface : Vous préconisez le passage de la monnaie unique à une monnaie commune. Comment est-ce possible ? Quels sont les avantages ?

Jean-Pierre Chevènement : D’abord ce passage à la monnaie commune doit être préparé par tous les Etats européens concernés et bien entendu par la France et l’Allemagne qui ont porté la monnaie unique sur les fonts baptismaux. Celle-ci à long terme n’est pas viable. Elle impliquerait soit des transferts internes massifs inacceptables par les pays de l’Europe du Nord, soit une paupérisation durable des pays de l’Europe du Sud également inacceptable pour eux.
L’Allemagne ne soutiendra pas à perte de vue une monnaie unique frappée d’un vice congénital. Les pays qui la partagent sont trop hétérogènes. On ne peut pas fabriquer une nation à partir d’une monnaie mais seulement avec l’aval des citoyens. L’expérience montre que cela ne peut se faire que dans le temps long de l’Histoire.
L’objectif serait de faire de l’euro une monnaie commune, panier de devises nationales reconstituées sous un toit européen commun, afin de corriger les écarts de compétitivité entre les différents pays en laissant fluctuer l’euro mark, l’euro franc, l’euro lire dans des marges qui pourraient être rapidement stabilisées. Les pays européens du Sud pourraient renouer avec la croissance sans obérer les finances publiques des pays du Nord. La renationalisation des dettes, largement entamée depuis 2010, rend cette opération plus facile. Bien entendu un contrôle des capitaux provisoire devrait être instauré avant le lancement d’une telle opération dont je répète qu’elle ne peut être que concertée, et d’abord entre la France et l’Allemagne. Ce compromis « gagnant-gagnant » permettra seul de sauver le projet européen en intégrant à la monnaie commune la livre et un jour le rouble.

 

Vous écrivez que quiconque réfléchit à l’Europe sait que rien n’est possible sans une profonde entente franco-allemande et également que l’Allemagne devenue puissance économique dominante en Europe a encore besoin, pour ne pas être isolée, d’une France amicale et confiante. Comment renouer cette relation ?

La France a des atouts propres. L’Allemagne a besoin de la France pour reconstruire l’Europe sur des bases saines. Dans nos relations, l’amitié et la franchise doivent aller de pair. Nos intérêts communs à long terme l’emportent largement sur les divergences actuelles qui tiennent essentiellement à une surévaluation de l’euro pour l’économie française, comme pour toutes celles de l’Europe du Sud.

Vous croyez en l’émergence d’un monde multipolaire. Comment celle-ci peut-elle être gérable ?

Si on parvient à construire l’Europe comme une confédération de peuples libres, de la Méditerranée à la Russie, on évitera au XXIe siècle un tête-à-tête mortifère entre la puissance montante qu’est la Chine et la puissance lentement déclinante que constituent les Etats-Unis d’Amérique. L’Europe est l’alliée des Etats-Unis mais elle n’est pas leur caniche. Elle n’est pas non plus l’ennemie de la Chine. Nous avons besoin de temps pour inventer l’humanisme du XXIe siècle et j’ai la faiblesse de penser que l’Europe y peut quelque chose.

Source : Le blog de Pascal Boniface

 

Cet article est le 184ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 20:46

Le MRC rassemble ses forces le 30 novembre à Paris

La Convention Europe du Mouvement Républicain et Citoyen se tiendra samedi 30 novembre 2013 à La Bellevilloise (21 rue Boyer, Paris 20e).

 

2014 est l’année des élections européennes et le peuple français est appelé à désigner ses 74 députés au parlement européen. Le Mouvement Républicain et Citoyen est d’ores et déjà sur le pont pour préparer cette échéance qui doit être l'occasion d'un grand débat pour une autre Europe. Notre campagne des européennes s'ouvrira avec la Convention pour une autre Europe qui se tiendra à Paris à La Bellevilloise le 30 novembre prochain.
Le texte d'orientations "Une autre Europe" adopté en conseil national est la base programmatique pour le MRC soumise à la discussion des adhérents. La matinée de la Convention pour une autre Europe sera l'occasion de l'enrichir en intégrant, après débat, les amendements proposés par les militants des fédérations et les réunions publiques en circonscriptions avant un vote en fin de matinée.

L'après-midi sera pour nous l'occasion d'échanger en présence des partis de gauche sur la question européenne pour faire vivre un débat qui est de plus en plus majeur pour sortir la France de la crise et lui donner un avenir. Le MRC s’engage dans une réorientation de la construction européenne pour stopper l’austérité, le chômage, les délocalisations, les licenciements qui ruinent notre pays et notre souveraineté. Fort de nos analyses depuis le traité de Maastricht en passant par le traité constitutionnel de 2005 et le TSCG de 2012, nous pensons qu’il est urgent de donner un autre cap à l’Union européenne pour construire une Europe des Nations et non plus des marchés.
Le scrutin de 2014 doit être l’occasion pour chacun de s’exprimer sur une Europe à la dérive et nous entendons y participer pleinement.

 

Voir Convention pour une autre Europe: participez aux débats du 30 novembre 2013

Rappel : MRC : convention pour une autre Europe le 30 novembre 2013 à Paris - 16 nov. 2013

 

Université d'été MRC 2011 058 TLe MRC a répondu à l’invitation du PS. Il était présent mercredi soir au meeting de la majorité pour défendre la République. Jean-Luc Laurent y est intervenu, comme il l’a indiqué sur son site.

Voir Le meilleur moyen de lutter contre le Front National ?

 

Merci Harlem pour cette invitation et cette initiative. Ce Merci est d’autant plus sincère que ce meeting a été et est critiqué comme une initiative contre-productive, nuisible voire cynique.
Pour ma part, je viens à la Mutualité, animé d’une double conviction. La nécessité de réagir et la conviction que ni l’antiracisme ni l’antifascisme ni la vigilance ne font pas un programme pour la gauche, un programme efficace pour lutter contre le Front National mais tout simplement un programme efficace pour la France.

Il est nécessaire de réagir, de ne pas tourner la tête ou de baisser le nez. Depuis le retour de la gauche au pouvoir, les difficultés que nous rencontrons dans la conduite du pays, les oppositions qui se sont levées à l’occasion du débat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe ont créé plus qu’un climat, une situation politique pourrie.

Dans les années 80-90, Le Pen se vantait de dire tout haut ce que certains Français disaient tout bas.
Avec le développement des réseaux sociaux, d’une société d’expression du moi, de l’information continue, ce que les gens pensaient tout bas maintenant ils peuvent maintenant trouver un canal pour le communiquer, un mur Facebook, un tweet, une vidéo virale, une caméra de chaine d’info continue…une bonne maîtrise de ces outils donnent une audience nationale à des actions groupusculaires voire individuelles.
Il y a 30 ans le FN organisait un système de provocations bien agencé mais aujourd’hui nous sommes confrontés à des initiatives protéiformes qui minent peu à peu l’espace commun, la cité.

La couverture de Minute a marqué un tournant dans l’abject mais les multiples expressions sont tout aussi inquiétantes. Cette « une » après tant d’autres a marqué un tournant en faisant lever le cœur de tous les Républicains et tous les Démocrates. Trop c’est trop et il n’y aucune hésitation à avoir pour réagir politiquement à ces initiatives. Car la République, c’est un espace commun.

Bien sûr que la politique est conflictuelle mais la République doit être notre maison commune, un espace commun fondé sur un socle de principes fondamentaux qui nous rassemblent. Il y a clairement des comportements, des paroles qui sont hors du cercle républicain. Certaines tombent sous le coup de la loi, la Justice doit poursuivre et sanctionner. Certains sont limite, il faut alors des réactions politiques, des réactions civiques.

Réagir ne suffira pas. Courir après le Front National ne suffira pas. Car si certains ont l’impression de revivre les années 80, nous avons tous ici un peu de sagesse et d’expérience, l’évolution de nos coupes de cheveux en témoigne. L’expérience des années 80-90 doit nous éclairer. La réponse à l’activisme de l’extrême droite (qui ne se résume pas au seul Front National) doit être politique.


La gauche a historiquement la responsabilité de lutter contre l’ensemble des inégalités et des insécurités. Lutter contre le Front National, c’est conduire une politique de transformation sociale qui émancipe et qui protège, collectivement et individuellement.

Permettez-moi une évocation que certains trouveront incongrue, celle de Philippe Cohen qui récemment nous a quitté, récemment et trop tôt. On le connaît, il aurait ironisé contre notre réunion de ce soir. Il aurait ironisé mais au fond, sur un plan, supérieur, il aurait été, il est avec nous. Il est avec nous ce soir avec la conviction que ce sont les renoncements de la gauche qui font la force du Front National. La faiblesse de la droite, de l’UMP, c’est son affaire. La nôtre, ce sont les faiblesses de la gauche et l’épreuve de vérité du pouvoir. Philippe Cohen signait, il y a dix ans un essai visionnaire, mais qui je l’espère ne sera pas prémonitoire. Son titre était « Protéger ou disparaître ».

Dans le monde difficile de 2013, cet impératif garde toute son actualité. Cela passe pour nous aujourd’hui par le retour à la souveraineté dans tous les domaines, à la réorientation de la construction européenne qui est la condition du redressement de la France et du retour de la croissance, de la prospérité et de l’emploi. La gauche doit regarder en face les défis de la mondialisation, les impasses de la construction européenne, les insécurités économiques, matérielles et culturelles. Ce sont les défis de notre temps, ce sont les défis de l’année 2014 que la gauche doit relever.
  

 

Cet article est le 141ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 18:33

Les services publics reposent sur des principes universels

 

Résistance sociale est le bulletin mensuel publié par l’association RESO présidée par Marinette Bache. Dans son numéro 120 de novembre 2013, Jean-Claude Chailley signe un article qui intéresse la Convergence nationale de défense et développement des services publics, qui compte RESO parmi ses membres. En voici des extraits significatifs.

Les services publics au cœur d'une Europe alternative

 

En France, dans la foulée du programme du Conseil national de la Résistance, l’Etat, les services publics, ont été restaurés, un large programme de nationalisations a été mis en œuvre, la Sécurité sociale créée.

Mais ce n’est pas qu’en 1945. Le programme commun de 1981 se donnait (déjà) pour objectif  de sortir de la crise, mais par des progrès sociaux, par la « rupture avec le capitalisme ». Relu maintenant, l’étendue du secteur public et nationalisé est telle qu’on a l’impression qu’on était sur une autre planète.

Les services publics, le secteur nationalisé, sont-ils une notion dépassée ou doivent-ils, au contraire, être au cœur de notre modèle social, au cœur d’une construction alternative de l’Europe ?

 

I - Les principes fondamentaux de nos services publics

II - Les principes du traité de Lisbonne, de l’Union européenne

III - Un choix de société

IV - Notre conception des services publics est-elle franco-française ou universelle ?

V - Les services publics au cœur de la campagne municipale et européenne

 

I - Les principes de nos services publics

 

Résistance Sociale est une des organisations membres co-signataires du manifeste de la Convergence nationale de Défense et Développement des Services Publics. Le manifeste (http://www.convergence-sp.org/spip.php?article850) dit:

«Les Services Publics s’inscrivent dans les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité qui sont celles de la République. Ils doivent permettre à toutes et à tous, sur l’ensemble du territoire national, un égal accès aux services rendus, dans le respect des principes qui sont les leurs : égalité, continuité territoriale, capacité d’évolution dans la qualité du service rendu, solidarité… Il faut notamment y ajouter la proximité, la transparence de la gestion et son contrôle par les élu(e)s, les représentant-e-s des salarié-e-s et des usager(e)s ainsi que le respect du principe de précaution ».

En 1981, la volonté politique n’a pas été suffisante pour appliquer l’ensemble de ces principes, puis très rapidement on est passé à la « parenthèse de la rigueur », dont les privatisations.

 

II -  Les principes du traité de Lisbonne, de l’Union européenne

 

1) Dès le Traité de Rome, signé le 25 mars 1957, tous les ingrédients de la construction européenne sont présents : marché commun, devenu marché intérieur, concurrence, libre échange, libre circulation des hommes, des capitaux, des marchandises.

Mais déjà un terme n’y figure pas : les services publics ! L’art 90-2 parle des « entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt général ». On fait l’hypothèse que les entreprises privées sont à même de satisfaire simultanément leurs actionnaires et l’intérêt général.

 

2) Il y a une contradiction fondamentale : dans les écoles de commerce, on apprend que le marketing consiste à « satisfaire les besoins des clients en réalisant un profit » (P. Koetler). Si un segment de marché n’a pas de perspective de profit, ou pas assez, il n’a pas le produit ou service. S’il présente un profil de risque supérieur, il devra payer plus, se passer du service, ou accepter un service de qualité inférieure.

L’égalité, l’universalité n’ont pas leur place dans le privé. Les nationalisations (SNCF…) ont été réalisées « pour faire prévaloir l’intérêt collectif des citoyens sur les intérêts privés ». 

Ainsi, la Commission des affaires sociales du Sénat constatait que la conception française et la conception européenne du service public sont « deux philosophies  antinomiques ».

 

3) Le traité de Lisbonne, la législation européenne, se débattent dans la contradiction de vouloir faire entrer le service public dans la concurrence libre et non faussée, dans le privé : on ne peut éliminer une fraction de la population de l’accès à des services fondamentaux - santé, transport, énergie, logement, Poste, eau, etc... - et on ne veut pas les laisser à des services publics ou des monopoles publics hors champ de la concurrence même lorsque c’est nécessaire.

La définition du SIG – Service d’Intérêt Général – montre bien que le service public n’est pas dans ses gênes puisqu’on lui adjoint des « obligations de service public » (…).

 

4) La logique est la privatisation, la marchandisation généralisée

Les services représentent 70 % de l’emploi et du PIB de l’Union européenne. La direction générale « marché intérieur ET services » de la Commission européenne s’intéresse à ce « marché », tout comme le patronat européen.

Le protocole N° 26 reconnaît « le rôle essentiel et le large pouvoir discrétionnaire des autorités nationales, régionales et locales pour fournir, faire exécuter et organiser les services d'intérêt économique général d'une manière qui réponde autant que possible aux besoins des utilisateurs ».

Ce protocole est souvent invoqué comme preuve que « l’Europe n’oblige à rien ». En réalité, la construction européenne est fondée sur le double langage car pour ratifier les traités… il faut, dans tous les pays, le vote d’une grande partie de  la gauche. Donc, on affiche  qu’on a une préoccupation sociale, qu’on n’oblige à rien… et on fait le contraire (…).

5) Presque aucun service n’est voué à être épargné sauf ce qui n’est pas rentabilisable à un moment donné ou des résistances trop fortes

§          La croyance que les services sociaux, le secteur non lucratif sont hors champ des SIEG est fausse. Il n’y a d’ailleurs guère que les compétences régaliennes, et encore, qui appartiennent aux NSIEG et de la prudence sur les secteurs socialement explosifs comme la protection sociale ou l’enseignement où les gouvernements procèdent  à une déconstruction progressive ;

§          Exemple : « Un centre communal d’action sociale (CCAS), quand il propose un service de portage de repas à domicile, est soumis aux règles du droit de la concurrence ».

« En revanche, la gestion du revenu de solidarité active par les CCAS ne constitue pas une activité économique ».

 

6) Libre prestation de services et droits des salariés

§          La directive services (décembre 2006, ex « Bolkestein ») a été transposée discrètement en France par morceaux sans loi cadre qui aurait risqué de susciter des mobilisations. Rappelons son objectif : « Il est impératif d'avoir un marché des services concurrentiel ». La Commission européenne demande qu’on l’applique plus vite. 

§          La directive détachement des travailleurs en cours de révision. Il y a une directive de 1996 sur les travailleurs détachés pour effectuer des prestations de services à l’étranger (cf. art 1262-4 du code du travail). Non seulement cette directive est insuffisante, les salariés sont affiliés à la sécurité Sociale de leur pays d’origine (d’où économie pour les employeurs)... mais elle est si facilement tournée que des centaines de milliers de salariés venant de pays à bas salaires travaillent en France en dehors de tout droit.

L’objectif de la directive en cours de révision est « de trouver un bon équilibre entre le fait de protéger les droits des travailleurs et celui de faciliter l'exercice des libertés économiques, y compris la libre prestation de services ».

On ne peut mieux dire que les droits des salariés sont secondaires et qu’on refuse de s’aligner sur les droits du pays destinataire s’ils sont supérieurs (…).

 

7) La subsidiarité et « l’achèvement du marché intérieur »

§          On est dans l’achèvement du marché intérieur. La subsidiarité ne protège guère car la Commission européenne (TUE art 5) a toujours une bonne raison pour affirmer qu’elle est mieux placée que les Etats pour atteindre les objectifs de l’Union dans tel ou tel domaine. Ça lui permet de prendre la main et de légiférer. Les Etats voient donc leur champ de compétence se restreindre. C’est la subsidiarité.

Le 4ème paquet ferroviaire ci-dessus relève explicitement de la subsidiarité.

§          L’instauration de macro régions s’étendant sur plusieurs pays ainsi que l’Acte III de la  décentralisation renforcent ce processus notamment pour les services publics appelés à avoir de moins en moins le cadre national indispensable pour assurer un minimum d’égalité. La République n’est-elle plus une et indivisible ?

 

8) La directive marchés publics en cours d’adoption relève aussi de la subsidiarité: « Les objectifs ne peuvent être réalisés de manière suffisante par les États membres car il en résulterait inévitablement des exigences divergentes, voire des régimes procéduraux conflictuels, source de complexité règlementaire accrue et d’obstacles injustifiés à l’exercice transfrontière de l’activité »

§          On ne peut mieux dire qu’on est dans la concurrence transfrontalière sur les services, mais aussi sur un processus « d’harmonisation » à la baisse des « coûts du travail » ;

§          Cette directive a suscité des protestations légitimes de l’Humanité, de M. N. Lienemann, du Réseau européen santé, car présentant une menace pour tous les services dès qu’un montant suffisant est en jeu, entre autres pour la Sécurité Sociale (…).

 

III -  Un choix de modèle social

Pour Louis Gallois, approuvé par F. Hollande et JM. Ayrault, notre modèle social est « à bout de souffle ». Il s’agit, en réalité, de mettre en place le modèle néo libéral européen actuel fait de privatisations, d’ANI, de réformes de la santé, des retraites, de SIEG en lieu et place de services publics, de macro régions... qui détruisent l’égalité républicaine L’Acte III de la décentralisation prévoit de créer des maisons – qui peuvent être privées - de service AU public. Dans ce modèle libéral européen, la souveraineté populaire, la démocratie n’ont plus leur place.

 

IV - Notre conception des services publics est-elle franco-française ou universelle ?

§         Ça flatte de jouer les Astérix, mais au-delà d’un certain point c’est contre-productif. Après la guerre, il n’y a pas eu que le programme du CNR. Il y a eu ce qu’on a appelé l’Etat providence dans de nombreux pays occidentaux démocratiques. Au point qu’on nous ressort le souvenir du modèle suédois -sérieusement ébréché- pour nous faire avaler leurs régressions sociales ;

§         J’entends parfois dire qu’à l’étranger personne ne comprend ce qu’est un service public « à la française », que la seule traduction compréhensible c’est le SIEG. C’est faux ; j’ai participé avec le Réseau européen santé à une manifestation à Varsovie avec notamment des syndicats d’infirmières et de mineurs de Silésie. Tout le monde comprend ce qu’est une privatisation, le bradage d’entreprises publiques cédées pour un an de profit à des multinationales étrangères. Pareil pour les grecs, les portugais…

§         On pourrait multiplier les exemples, faire le tour de l’Europe. Les principes sur lesquels devraient reposer nos services publics sont universels.

§         C’est à partir de ces principes universels que doivent se reconquérir les services publics, en France, dans l’Union européenne et au-delà... Ce sont des principes de reconquête incontournables dans la perspective d’une Europe sociale.

 

LES SERVICES PUBLICS AU CŒUR DES ÉCHEANCES MUNICIPALE ET EUROPÉENNE

 

Le hasard du calendrier fait qu’en France les 2 échéances sont proches. Elles ont aussi un lien politique : les choix européens se matérialisent au niveau des municipalités comme à tous les niveaux, même si les citoyens sont tenus dans une ignorance condamnable.

Le CA de Convergence a décidé de mettre les services publics au cœur des échéances municipale et européenne. Résistance Sociale, comme les autres organisations qui en sont membres, apportera sa contribution.

§         Il n’y aura pas d’Europe digne de ce nom fondée sur la concurrence, l’inégalité, la destruction des services publics, des modèles sociaux. Le populisme est une impasse insupportable, mais est aussi l’expression de l’impasse de la construction européenne actuelle.

§         Il faut au contraire promouvoir des services publics, de haute qualité, dans chaque pays (enseignement, santé- protection sociale, transports, communication, énergie, logement, eau, services à la personne, services bancaires…).

§         La proximité, l’accessibilité pour toutes et tous, pour tous les âges, sont particulièrement importantes.

§         L’axe actuel de la législation européenne est la destruction des services publics au profit du privé. Elle doit donc être profondément modifiée.  Un maximum de contacts doit être pris dans les autres pays de l’UE pour créer le rapport de forces.

§         La question de la propriété dans un certain nombre de secteurs revient dans le débat. La coopération entre Services Publics de différents pays est souhaitable et possible si on a la volonté politique. Par contre, la coopération entre multinationales concurrentes, ce sont des ententes illégales. Les privatisations sont un boulet qui plombe l’Europe.

 

Seuls des services publics forts, de qualité, dans leur conception universelle, peuvent être le moteur du modèle social européen de haut niveau souhaité par les populations. 

 

Rappel : Anicet Le Pors voit le service public avoir son âge d'or au 21ème siècle - 9 sept. 2013 

 

Cet article est le 40ème paru sur ce blog dans la catégorie Services publics

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Published by Michel SORIN - dans Services publics
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