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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 20:32

Débat autour des propositions de Chevènement* et du MRC

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen a été fondé - c’était alors le Mouvement des Citoyens - en opposition à la ratification du traité européen de Maastricht en 1992. Vingt ans plus tard, il continue son combat en vue des élections européennes du 25 mai 2014 et organise des réunions publiques dans chacune des circonscriptions interrégionales. Voir L'AUTRE EUROPE : le MRC explique en quoi sa position est originale - 28 septembre 2013.

 

Dans l’ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes), c’est Bruno Chevalier* et le MRC Pays de la Loire - Mouvement Républicain et Citoyen qui proposent une réunion publique « POUR UNE AUTRE EUROPE » jeudi 7 novembre 2013 à 19h30, salle Jacques Demy, à la Médiathèque, 24, Quai de la Fosse, à Nantes. Les intervenants seront Christine Meyer, conseillère régionale MRC, et Catherine Coutard, vice-présidente nationale MRC.

 

De quelle Europe voulons nous ? L’Europe est elle responsable des problèmes d’emploi et chômage ? L’Euro n’est-il pas devenu une monnaie encombrante pour le développement des économies européennes ? Quelle est la place de l’humain dans la construction européenne ? Autant de questions auxquelles nous souhaitons apporter des réponses et débattre avec vous.

 

* Rappel : Prenant appui sur son livre, Chevènement revient dans le jeu politique - 2 nov. 2013

MRC Pays de la Loire : Bruno Chevalier (44) succède à Michel Sorin - 31 janvier 2013 

 

Cet article est le 38ème sur ce blog dans la catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 23:39

Il pourrait être l’homme du redressement national

 

Après la sortie de son livre le 16 octobre (voir 1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?), Jean-Pierre Chevènement s’exprime dans les médias. Voir JP Chevènement, invité par les médias à commenter son livre d'histoire - 19 octobre 2013. 

 

A signaler aussi : "Le débat sur le droit du sol est un leurre" (22 octobre, LCP)

"A terme, la monnaie unique n'est pas viable" (23 octobre, Le Figaro)

"La logique des "élites" n'est pas le bien du peuple mais la préservation de leurs privilèges". Jean-Pierre Chevènement était présent mardi 22 octobre 2013 dans les locaux de Twitter France, pour une séance de questions/réponses libre avec les utilisateurs du réseau social. C'était la première "tweetinterview" du genre en France pour un homme politique.

"Le déclin des nations européennes n'est pas irréversible" (23 octobre, Europe 1 Nuit)

 

Dans un article publié sur son blog, le 1er novembre 2013, Jacques Sapir réfléchit aux différentes possibilités qui restent au président de la République, François Hollande, pour redresser la barre.

Le choix de François Hollande

Le gouvernement français vient donc d’être contraint à deux reculs, l’un sur la taxation rétroactive des revenus de l’épargne et l’autre sur l’écotaxe. Ces deux mesures ont cristallisé un mécontentement latent et le recul sur l’écotaxe est particulièrement symbolique. Il s’est fait dans des conditions politiques très dégradées. Mais ce recul ne change rien aux problèmes de la Bretagne. On voit bien comment l’Euro, mais aussi les différentes réglementations européennes ruinent l’économie de cette région et de la France en général. On le voit une nouvelle fois avec les problèmes des abattoirs, de sociétés comme Doux et Gad. Un nouvel exemple est donné par l’usine Tilly-Sabco de Guerlesquin (Finistère). La production de poulets entiers devrait s’y arrêter en janvier 2014. Ce volailler est en réalité numéro 2 européen ; c’est donc une entreprise importante. Les exportations y représentent 90 % de la production. Mais avec un Euro fort, la concurrence des pays émergents et la suppression des aides européennes, cette entreprise accumule les pertes, ce qui a contraint le directeur à annoncer la suspension de l’activité.

 

Les raisons d’une reculade

Les raisons de cette reculade sont multiples. La première est politique. Jamais la popularité de François Hollande n’aura été aussi basse. C’est à un effondrement auquel on assiste, un effondrement sans précédent dans la Vème République. Le mouvement social qui couvait en Bretagne menaçait de faire tache d’huile, et aurait pu conduire à un embrasement généralisé.

C’est à une situation sans précédent à laquelle on est aujourd’hui confronté. L’impopularité du Président, comme celle du gouvernement, restreint drastiquement ses marges de manœuvres. Dès qu’il est, ou qu’il sera, confronté à des mouvements d’opposition un tant soit peu virulents il n’aura plus d’autres solutions que de reculer. Il en donne l’exemple sur la Bretagne et sur les mesures fiscales qu’il souhaitait prendre, mais ce faisant il envoie aussi un signal à tous les groupes de pression. Ce n’est pas la « fermeté » dont il a fait preuve le 31 octobre devant les dirigeants des clubs de football français qui pourra y changer quoi que ce soit.

À cette raison évidemment d’ordre politique vient s’ajouter une raison économique. On l’a dit auparavant, la cause fondamentale du marasme de la Bretagne, et plus avant de la France entière, porte un nom : l’Euro. Mais, alors que nous fêtons le vingtième anniversaire du traité de Maastricht (1993), il ne saurait être question pour un politicien habitué aux compromis comme François Hollande de mettre en cause ce qu’il pense être un traité fondateur. On a prétendu que l’Union Economique et Monétaire, soit la zone Euro, allait engendrer par sa seule existence de 1% à 1,5% de croissance supplémentaire. On a fait litière, dans une précédente note de ces affirmations qui confinent à la « funkpropaganda ». En réalité c’est tout le contraire auquel nous avons assisté. L’Euro a été le début d’un effacement économique de l’Europe, à l’exception de l’Allemagne. L’Euro impose aux pays qui y participent des contraintes insupportables du fait de la présence de l’Allemagne dans le mécanisme. C’est bien l’esprit du traité de Maastricht qui est en cause, et non simplement ses conditions d’application. Même si l’on avait mieux appliqué le traité, si on avait progressé vers l’Europe sociale et l’Europe fiscale aussi vite que l’on a avancé vers l’Union Économique et Monétaire, les différences de compétitivité se seraient manifestées en raisons des différences de structures des pays concernés. L’Euro impose une monnaie unique à des pays dont les économies sont structurellement différentes, et c’est là la cause de tout le mal.

Pourtant, s’il veut conserver le pouvoir de décider et de gouverner, s’il veut être autre chose qu’une feuille soumise aux vents divers, qu’un fétu de paille dans la tempête, François Hollande devrait comprendre la cause des malheurs qui accablent la France. L’Union Économique et Monétaire n’a apporté que le malheur en France et dans l’Europe du Sud. Il suffit de regarder les chiffres du chômage pour le mois de septembre :

Grèce : 27,6 % de chômage dont 57,3 % de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans.

Espagne : 26,6 % de chômage dont 56,5 % de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans.

Chypre : 17,1 % de chômage dont 43,9 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

Portugal : 16,3 % de chômage dont 36,9 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

Italie : 12,5 % de chômage dont 40,4 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

En mettant fin à l’UEM, c’est-à-dire à la zone Euro, en redonnant à ces pays, et à la France en premier lieu, leur souveraineté monétaire, il permettrait à ces pays de renouer avec la croissance forte dont ils ont désespérément besoin. On peut cependant douter qu’il soit prêt à un tel tournant qui cependant, en toute rigueur de raisonnement, s’impose.

 

François Hollande au pied du mur ?

François Hollande est donc aujourd’hui au pied du mur, et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en bout de course. L’usure a été trop brutale et trop rapide. Le risque de paralysie le guette alors qu’il a encore trois ans et demi à accomplir comme Président. Quatre possibilités sont ainsi ouvertes.

 

La première, celle qui correspond le plus à la pente naturelle de notre Président, est de ne rien faire, et de tenter de conserver, contre vents et marées, ce gouvernement et cette ligne politique pourtant durablement discréditée. Si tel est son choix, la France doit s’attendre à trois années et demie d’immobilisme. Il n’est pas sûr que la France puisse se le permettre et cet immobilisme pourrait déboucher sur des explosions sociales d’une violence inattendue. Une variante consisterait en un remaniement à la marge ne changeant rien aux principales caractéristiques de ce (non)gouvernement.

 

La seconde possibilité est un remaniement ministériel avec le choix de Manuel Valls, le Ministre de l’Intérieur, comme Premier Ministre. François Hollande chercherait à capitaliser sur la popularité actuelle de Valls. Mais, ce faisant, il prend le risque de l’user prématurément. D’ailleurs, le choix de Manuel Valls n’a de cohérence que s’il s’accompagne d’une ouverture vers le centre-droit. Mais, le centre est en France comme le mythique « triangle des Bermudes » : quand on l’atteint, on disparaît. Ce gouvernement Valls pourrait faire illusion pour une période de 6 mois à un an, mais après la France se retrouverait dans un état pire qu’aujourd’hui. Un gouvernement Valls serait un chiffon rouge devant le Front de Gauche et une partie de la Gauche socialiste alors que, dans le même temps, les forces d’appoint centristes seraient probablement insuffisantes. La pays irait de crise sociales en crises politiques, avec à la clef une probable dissolution de l’Assemblée dans un délai d’un an.

 

Une troisième possibilité serait un gouvernement de technocrates, en apparence apolitique, mais en réalité complètement inféodé à Bruxelles et à l’Union Européenne. Une telle solution serait tellement odieuse pour une majorité de français qu’elle se heurterait à des résistances immédiates qui seraient certainement massives (comme dans le cas breton) et probablement violentes. Loin d’être une garantie de calme politique elle s’accompagnerait d’une montée de plus en plus importante de la contestation dont on pressent aujourd’hui l’existence. Cette possibilité ne serait pas une solution, que ce soit économiquement (car elle serait illégitime) ou politiquement (car elle dresserait la Nation contre elle). D’ailleurs prétendre réaliser l’Europe fédérale reviendrait à imposer un prélèvement annuel de 10% sur le PIB allemand pour compenser les dégâts provoqués par l’Union monétaire. On voit bien que c’est impossible, et en premier lieu pour l’Allemagne elle-même. Il est donc impératif de faire machine arrière, et cela peut être fait très rapidement. Qu’un pays comme la France ou l’Italie annonce son intention de se retirer de la zone Euro et celle-ci se dissoudra immédiatement.

 

Il reste une quatrième possibilité : l’appel à un homme dont le prestige et les positions garantiraient qu’il serait celui d’une rupture dans la politique économique actuelle mais sans rupture avec le cadre démocratique et Républicain. Un homme ayant à la fois les convictions et les compétences pour mener cette « autre politique » à laquelle un nombre grandissant de Français désormais aspirent. Cet homme, ceux qui connaissent la politique française le reconnaissent : il s’agit de Jean-Pierre Chevènement. Il aurait, lui, l’autorité et la légitimité pour mettre en œuvre ce nouveau cours – dont il s’est fait l’apôtre et le héraut depuis de nombreuses années – sans une rupture dramatique avec le cadre légal, rupture qui menace dans tous les autres cas de figure.

 

François Hollande s’est pris, bien à tort, pour François Mitterrand. On savait qu’il n’avait ni l’étoffe d’un Blum ni celle d’un Jaurès. Espérons qu’il aura au moins le courage d’un René Coty !

 

Cet article est le 177ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 23:51

République, Chevènement et agriculture, titres les plus fréquents

 

Cela fait 74 mois qu’au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent).

 

Depuis 2006, 2657 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- en comptant les récapitulatifs mensuels. 

 

Les 25 titres en octobre se répartissent ainsi :

- Chevènement et son livre, MRC, Fondation Res Publica (6 articles),

- Agriculture, PAC, Lait équitable, révolte bretonne (6 articles),

- République et Haut conseil à l’intégration (6 articles),

- Président de la République et cas Leonarda (1 article),

- Impasse européenne (1 article),

- Crise syrienne (1 article),

- Migrants et intégration (1 article),

- Leçons de l’élection cantonale à Brignoles (1 article),

- Diagnostic des experts du GIEC sur le climat (1 article),

- Conférences du professeur Barrieu à Saint-Berthevin (1 article).

 

Titres des articles parus en octobre 2013 sur http://mrc53.over-blog.com

 

La révolte des bonnets rouges bretons, signe d'un profond désespoir (31 oct.)

 

L'APLI à Paris : opération de promotion du lait équitable FaireFrance (30)

 

La PAC marche vers sa disparition en favorisant les grandes cultures (24)

 

Le lait équitable, du producteur au consommateur : lancement officiel (23)

 

Des innovations à l'AG 2013 en Mayenne des producteurs de lait Apli (22)

 

Leonarda : François Hollande peine à enfiler le costume de chef d'Etat (21)

 

Gaël Brustier observe l'utile provocation du livre de JP Chevènement (20)

 

JP Chevènement, invité par les médias à commenter son livre d'histoire (19)

 

Projet de loi sur le système des retraites : le MRC dit pourquoi il l'a voté (18)

 

AFLEC St-Berthevin : conférences du professeur Barrieu sur l'Europe (16)

 

L'Europe sortie de l'Histoire : dans son livre, Chevènement le montre (15)

 

Mémoire des luttes : deux articles qui montrent l'impasse européenne (14)

 

Julien Landfried (MRC) a tiré les leçons françaises de la crise syrienne (13)

 

La fête nationale, le 14 juillet, pour célébrer l'appartenance à la Nation (13)

 

Liberté, égalité, fraternité : la devise de la République, idéal universel (12)

 

Le drapeau tricolore, emblème national, l'un des symboles républicains (12)

 

La Marseillaise, chant national patriotique, subit parfois des outrages (11)

 

Un symbole républicain : Marianne, figure allégorique de la République (11)

 

Intégration : connaître les valeurs de la République, notamment la laïcité (09)

 

L'élection de Brignoles (Var) confirme la perte d'influence de la gauche (07)

 

Chevènement : plan du livre "1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?"  (06)

 

Evolution du climat : les experts du GIEC renforcent leur diagnostic (05)

 

Réforme de la PAC : F Hollande a annoncé ses décisions en Auvergne (04)

 

Res Publica et marché transatlantique : interventions de Chevènement (03)

 

Roms migrants vivant en France : leur intégration à l'origine d'un débat (02)

 

Cet article est le 74ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 23:22

La France va devenir ingouvernable si rien ne change

 

L’écotaxe a été l’élément qui a déclenché la révolte en Bretagne, mais le fait essentiel est la crise du modèle agricole et agroalimentaire breton, comme l’explique Laurence Girard (Le Monde, 31 octobre 2013). Voir En Bretagne, un modèle agricole intensif à bout de souffle    

Rappel (Le Monde, 16 octobre 2013) : Agroalimentaire : le gouvernement face à la colère de la Bretagne

 

Le mouvement des Bonnets rouges rappelle l’une des plus grandes révoltes de l’Ancien Régime, en 1675, en Bretagne, qui annonçait le mécontentement breton qui a précédé la Révolution de 1789. C’est Jacques Sapir qui l’écrit dans cet article publié sur son site le 27 octobre 2013 : Bonnets rouges

 

… Quand l’Histoire se rappelle à notre bon souvenir

 

On sait, peut-être, que ce nom recouvre l’une des plus grandes révoltes de l’Ancien Régime, qui survint en Bretagne sous le règne de Louis XIV en 1675 et qui fut l’une des grandes révoltes populaires, annonciatrice de la Révolution de 1789.

 

Les bonnets rouges, on les a vus ressurgir en Bretagne, et en particulier ce samedi 26 octobre lors des manifestations qui ont eu des suites tragiques (un blessé avec une grave blessure au cou, un autre avec une main arrachée). Si ces manifestations ont clairement tourné à l’émeute, c’est qu’elles ne font que témoigner du désespoir d’une partie de la population. La Bretagne, on le sait, est durement touchée par la crise actuelle. Celle-ci se traduit par la fermeture, ou par des licenciements, dans des petites et moyennes entreprises dont le rôle est critique sur des bassins d’emplois très segmentés. Une misère néo-rurale, concentrée dans des bourgs ou des gros villages, liée à la fermeture de l’employeur local, est en train de faire tache d’huile en Bretagne.

 

À ce phénomène, qui dure depuis maintenant deux ans est venu s’ajouter la crise spécifique de la filière agro-alimentaire qui entraîne avec elle une partie de l’agriculture. Ce que l’on appelle la « crise de la filière porcine » est le résultat d’un dumping sauvage pratiqué par l’Allemagne abritée derrière l’Euro. Ce dumping est en train de ravager la Bretagne. On le voit avec les problèmes des abattoirs, de sociétés comme Doux et Gad. Ces faillites, et ces fermetures viennent ajouter la misère à la misère ; très souvent c’est un couple et non seulement la femme ou l’homme qui sont employés sans ces entreprises. La fermeture d’un site, souvent l’unique employeur du canton, est une véritable condamnation à mort.

Enfin, goutte d’eau ultime, nous avons l’écotaxe, un impôt fondé sur des principes justes mais tellement mal ficelé qu’il pénalise en premier lieu les producteurs locaux au profit d’un transport autoroutier. De plus, des primeurs qui sont produits à 300 km de Paris vont être plus taxés que des salades ou autres légumes débarquant de l’autre bout du monde par avion à Roissy. C’est bien là toute l’aberration d’un impôt dont la mise en place a été livrée au jeu des lobbys européens et à l’inconséquence de hauts fonctionnaires méconnaissant les réalités locales.

 

Telles sont les raisons de la révolte qui, après avoir couvé pendant de longs mois, est en train d’exploser en Bretagne. Face à cette révolte, les mesures annoncées par le gouvernement ne sont même pas de l’ordre du dérisoire ; elles sont une véritable insulte à ces milliers de personnes que la politique gouvernementale jette dans la rue et sur les routes, et où elles ne trouvent en face que les CRS et la répression.

 

Pourtant des solutions sont à la portée de la main du gouvernement. La première d’entre elles est, bien entendu, la dissolution de zone Euro suivie d’une dévaluation qui seule peut redonner sa compétitivité à l’industrie et à l’économie française. Cette dévaluation rendra inutiles les abattements d’impôts qui sont aujourd’hui nécessaires à la survie de nombreuses entreprises. Sur les 70 milliards que représentent ces diverses « niches fiscales », il devrait être ainsi possible d’en supprimer 30 milliards au moins. Ce gain fiscal important (1,5% du PIB) permettra de réduire le montant d’autres impôts.

Une seconde solution est, bien entendu, une refonte de l’écotaxe afin d’en faire un mécanisme protecteur des productions locales face aux productions à longues distances. Il est insensé que des produits venant de plusieurs milliers de kilomètres payent moins que d’autres qui sont fait quasiment à la porte des consommateurs.

 

Faute de comprendre l’ampleur du désespoir et la profondeur de la révolte, ce gouvernement et ce Président, dont la popularité est au plus bas et dont la légitimité est aujourd’hui clairement en cause, pourraient bien se réveiller avec une France soulevée contre eux.

 

Cet article est le 414ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 23:52

Une vision radicalement différente de l’élevage laitier

 

Depuis le lancement des grèves de livraison et les spectaculaires épandages de lait en septembre 2009, l’Apli (voir ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS) a multiplié les rencontres avec les consommateurs. Cette nouvelle organisation de producteurs de lait porte une conception radicalement différente de l’élevage laitier, comme l’a dit André Lefranc, président de l’Apli, lors de l’opération de promotion de FaireFrance, le lait équitable, à Paris, le 26 octobre 2013 (voir www.fairefrance.fr).

Lait-equitable-Paris-261013-008-T.jpgDans la REVUE DE PRESSE Apli, plusieurs articles ont évoqué cette opération de communication.

 - Ainsi, dans Plein Champ, le 28 octobre : Des vaches tricolores font la promotion du lait équitable à Paris

- Voir aussi (Le Figaro, Eric de la Chesnais, 25 octobre 2013) : PARIS - Les agriculteurs présentent leur première brique de lait équitable

Ce samedi, près de deux cents éleveurs laitiers feront la promotion de la première brique de lait équitable dans les rues de Paris, et dans plusieurs hypermarchés Carrefour à travers la France. Une opération qui tranche avec les habituels défilés revendicatifs.

Ce samedi matin, des vaches sur roues défileront à Paris. Un cortège de 25 voitures transportant des ruminants en plastique, bleu, blanc, rouge, circuleront du Champs de Mars à la République en passant par l'Assemblée Nationale et l'Élysée. «Nous voulons faire connaître à la population notre brique de lait équitable, la première du type lancée en France en juillet dernier, indique Paul de Montvalon, l'un des organisateurs de l'opération, agriculteur dans le Maine et Loire. A chaque arrêt comme par exemple devant l'Élysée nous distribuerons une brique nominative pour tous les ministres. Même chose devant le palais Bourbon pour les 577 députés».

Vers 11 heures, les éleveurs et leurs vaches tricolores se retrouveront sous un chapiteau place de la République. «Nous expliquerons notre démarche à tous les parisiens autour d'un film pédagogique et d'un verre de lait, poursuit-il. Nous avons invité l'actuel ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, et son prédécesseur, Bruno Le Maire, ainsi que des députés et sénateurs».

Tout a commencé il y a quatre ans, lors de la grève du lait. Face à la baisse vertigineuse des prix, les éleveurs ont voulu reprendre leur destin en main en maîtrisant la transformation de leur produit et surtout le circuit de distribution pour garantir la transparence des prix. Ils ont créé en juillet dernier une société de commercialisation, FaireCoopSCA, pour vendre leur lait sous la marque FaireFrance. Elle commercialise d'ores et déjà un produit d'entrée de gamme: une brique de lait UHT demi-écrémé. A terme, elle lancera des produits plus élaborés comme un lait chocolaté.

Séduire les consommateurs

«Nous avons décidé de commercialiser notre brique de lait à partir de 93 centimes le litre, c'est à dire un prix où tous les acteurs de la filière s'y retrouvent», explique André Lefranc, éleveur laitier dans la Manche et membre de FaireCoopSCA.

Reste à convaincre les consommateurs d'une telle différence pour leur porte monnaie. Les agriculteurs se chargent de la promotion. «Nous irons ce samedi à la rencontre des clients dans 25 magasins Carrefour du Nord de la France, de l'Île de France et de la Normandie. Nous leur expliquerons que c'est le prix à payer s'ils veulent garder des producteurs à côté de chez eux, explique Paul de Montvalon. C'est pour cela que notre lait est équitable».

Du côté des distributeurs outre Carrefour, Leclerc et Intermarché sont aussi partie prenante. C'est une façon pour eux de montrer qu'ils sont aux côtés des agriculteurs. «Cela fait partie d'une offre de lait parmi d'autres, indique-t-on chez Carrefour. Nous avons lancé le lait de montagne, il y a 15 ans. Tous nos laits à marque Carrefour sont 100% origine France».

 

Rappel : Le lait équitable, du producteur au consommateur : lancement officiel - 23 oct. 2013 

 

Cet article est le 413ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 23:48

Une vraie politique agricole se fait toujours attendre

 

Les arbitrages annoncés le 2 octobre 2013 par le président de la République ont été accueillis plutôt favorablement parce que c’était un assemblage habile, fait pour ne mécontenter personne. Voir Réforme de la PAC : F Hollande a annoncé ses décisions en Auvergne - 4 octobre 2013.

 

Les plus déçus ont été les responsables de la Confédération paysanne, les plus engagés dans le processus de réorientation des aides en faveur des moins grandes exploitations. Ils n’ont pas compris pourquoi le président n’a pas suivi jusqu’au bout les propositions du ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, qui avait obtenu des instances européennes la possibilité de mettre en œuvre une surdotation aux 52 premiers hectares (ce qui est la surface moyenne des exploitations en France). En fait, le président a été sensible aux arguments des opposants, bien représentés par le président du syndicalisme agricole majoritaire, Xavier Beulin.5 Il n’est pas allé au bout de la logique de transfert des aides des grandes cultures vers l’élevage, ni de la logique de convergence des aides. La convergence et le transfert seront limités et se feront progressivement.

 

Lors de sa réunion, le 8 octobre 2013, le groupe de réflexion Mars | Mouvement Agricole et Rural Solidaire a débattu des conséquences des décisions annoncées le 2 octobre.

- Le point le plus positif est ce qui est fait en faveur des zones herbagères de montagne (ICHN). Avec la prime à l’herbe (PHAE), qui est consolidée, cela fait une dotation de 1,1 milliard d’euros.

- Un autre point positif, mais insuffisant, est le recouplage des aides sous la forme de primes aux vaches allaitantes, aux vaches laitières, à l’engraissement de bovins et aux ovins. Mais le taux est limité à 15 %, ce qui est trop peu.

- Par ailleurs, un effort est fait en faveur de l’installation des jeunes, par un prélèvement sur l’enveloppe globale (2 % mais, en fait, seulement 1 %). La référence historique (droit à paiement unique DPU) est transformée en DPB (droit à paiement de base).

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TLes calculs réalisés par l’Institut de l’élevage indiquent que, avec une boîte à outils différente, le résultat est similaire à celui obtenu par le ministre Michel Barnier en 2008, qui voulait aussi transférer des aides des grandes cultures à l’élevage.

La mesure phare 2013 est la surdotation aux 52 premiers hectares. Elle va bénéficier aux exploitations d’élevage, petites et moyennes, mais elle n’est pas liée à l’élevage, parce que découplée, ce qui, paradoxalement, pourrait inciter à la « végétalisation » (céréales remplaçant l’élevage).

 

Pouvait-on faire mieux ? La France avait quelques leviers dont elle pouvait se servir : la surdotation des 52 premiers hectares, la convergence des aides ou pas, le verdissement brut ou pas. L’arbitrage du président de la République a été : 20 % de l’aide (et non 30 %) attribuée à la surdotation des 52 premiers ha et le recouplage de 15 % des aides. C’est peu.

 

De toute façon, cette réforme est à durée déterminée, jusqu’en 2019, avec un examen à mi-parcours. Mais, compte tenu des écarts de revenus constatés en 2012 entre les grandes cultures et l’élevage, il y a 3 milliards d’euros d’aides qui continueront d’aller aux grandes cultures, alors que ces agriculteurs n’en ont pas besoin (même si l’évolution des prix a été moins favorable aux céréaliers en 2013 - environ un tiers de moins).

 

Les pertes les plus lourdes seront pour ceux qui avaient les plus fortes DPU. C’est ainsi que deux tiers des éleveurs laitiers (dont la DPU se situait autour de 400 euros par hectare) perdront 15 % des aides.

 

On le voit, l’Union européenne a choisi de confier la répartition des aides (premier pilier) aux Etats membres. Les Régions auront la responsabilité de la gestion des aides du second pilier (environ 1 milliard d’euros pour la France). Il faudrait revenir à de vraies politiques agricoles, d’autres outils de politiques publiques étant à utiliser (l’accès au foncier, notamment).

 

Le gros problème est la végétalisation (grandes cultures au détriment de l’élevage) depuis une dizaine d’années. L’Union européenne est importatrice nette de produits agricoles (il nous manque l’équivalent de 29 millions d’hectares pour être autonomes). On importe des produits animaux et on produit des céréales pour exporter. Les conséquences sont toutes négatives :

- problèmes agronomiques (insuffisance de matière organique des sols et diminution de la fertilité),

- baisse de l’emploi agricole,

- baisse de l’emploi et de la valeur ajoutée dans l’industrie de transformation (on exporte des céréales non transformées),

- augmentation des besoins en matériel de culture (la France n’en fabrique plus).

C’est un appauvrissement à tous les niveaux. Ce problème concerne toutes les productions d’élevage, ainsi que les fruits (sauf les pommes) et légumes frais.

 

Il manque une politique agricole qui viserait l’autonomie de l’Union européenne et limiterait la végétalisation en France. Depuis 1992, les réformes de la PAC ont favorisé la végétalisation de l’agriculture (grandes cultures se substituant à l’élevage), les DPU favorisant les agrandissements des exploitations et les marchés des céréales étant en hausse, les écarts de revenus se sont accentués, comme jamais auparavant.

 

La PAC ne peut résoudre tous les problèmes. Il faut une organisation des marchés et des soutiens par subventions. Or, l’Union européenne n’a qu’une OCM (organisation commune des marchés) unique et elle a supprimé les outils de régulation, sauf les droits de plantations viticoles. Le paiement identique favorise la végétalisation.

 

Cet article est le 413ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

 

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 23:45

Samedi 26 octobre à Paris, place de la République

 

Peut-être dans quelques années, sera saluée comme il se doit l’innovation lancée par l’association nationale des producteurs de lait indépendants (APLI), qui sera présentée à Paris, place de la République, samedi 26 octobre 2013, entre 11h et 12h30.

Richard Blanc, qui est à l’origine du lancement de la marque « fairefrance » de « Lait équitable » (voir Fairecoop France, est vice-président de l’APLI, après en avoir été président, pendant quelques mois. Voir Richard Blanc (Nord) président de l'Apli après Pascal Massol (Aveyron) - 18 décembre 2011.

Il convient de lui associer le nom de celui qui en est le véritable initiateur, au niveau européen, Erwin Schöpges, belge, président de Fairecoop, membre du bureau de l’EMB (European Milk Board).

  

Voici le texte annonçant le lancement de FaireFrance :

 

Bonjour,

Vous connaissez les difficultés que connaît notre profession d’éleveur laitier.

Depuis nos actions médiatiques de 2009 pour alerter l’opinion sur notre situation et les conséquences sur la sécurité alimentaire, rien n’a changé.

Alors, 800 producteurs de toute la France et moi-même avons décidé de prendre le taureau par les cornes en créant notre propre marque de lait, « fairefrance » que nous commercialisons nous-mêmes.

Outre le fait que ce lait est conditionné sans additifs ou autre complément, lui conférant un goût naturel, il possède la particularité d’être 100 % français et surtout, nous avons mis en place un système permettant un partage équitable des marges entre tous les acteurs de la filière, pour un prix raisonnable pour le consommateur.

Le lancement national de notre marque « fairefrance » aura lieu le :

 

Samedi 26 Octobre 2013 de 11 h 00 à 12 h 30 - Place de la République à Paris

 

Nombreux sont les producteurs qui seront présents à ce baptême, mais nombreux seront aussi ceux qui souhaiteraient participer et qui pour de nombreuses raisons telles que l’astreinte ou la distance ne pourront participer à la fête.

Vous qui êtes sur place ou dans les environs et qui êtes sensibilisés au problème, peut être pourriez vous vous joindre à nous ce jour pour soutenir notre action en tant que consommateur.

Nous sommes les deux maillons d’une chaîne exploitée à outrance. A nous de faire en sorte de retrouver notre pouvoir en imposant nos volontés par notre solidarité…

Rendez-vous le samedi 26 octobre 2013.à 11 h 00 Place de la République. Et merci pour votre soutien…

 

APLI-AG-50913-045-T.jpgEn savoir plus sur FaireFrance, la marque des fermiers français, qui doit devenir le lien entre les producteurs et les consommateurs et ne s’arrêtera pas au lait demi-écrémé.

Voir le site FAIREFRANCE - Le label des fermiers - Le lait équitable

 

Fairefrance ? Suite et surtout en réaction à la crise sans précédent que subit le monde agricole, les agriculteurs français lancent leur propre marque, FAIREFRANCE, nouvelle marque solidaire et  équitable, qui permettra désormais aux agriculteurs  de recevoir une rémunération décente pour une partie de leur travail.

Fairefrance, comment ça marche ?

Ce projet a germé au sein de l’APLI (représentant Français de l’EMB, l’European Milk Board) depuis plus d’un an. Au travers de cette organisation européenne, les agriculteurs de toute l’Europe expriment d’une même voix leur désir de trouver un moyen efficace afin de garantir à tous un prix équitable et des revenus décents. De ce fait, des milliers d’agriculteurs européens se sont regroupés et ont lancé avec leur organisation nationale des campagnes portant comme slogan "The fair milk -Le lait équitable".

En France, c’est la société commerciale agricole FAIRCOOP, ouverte sans distinction à tout agriculteur français, qui a pris le relais en créant sa marque FAIREFRANCE . La mission de cette société sera de valoriser la totalité de la production à un prix équitable.

FAIRECOOP SCA a vu le jour en mai 2012 et regroupe déjà aujourd’hui plus de 1000 agriculteurs répartis sur tout le territoire. Le premier produit FAIREFRANCE lancé sur le marché sera un lait demi-écrémé conditionné en tétrapacks et vendu via la grande distribution. En effet, les membres de FAIRCOOP SCA  espèrent de la part de la grande distribution un accueil positif à cette initiative, afin de proposer à leurs clients des produits de qualité tout en soutenant  les agriculteurs de leurs régions, assurant ainsi la pérennité de notre agriculture nationale.

Sur chaque litre de lait vendu sous le nom FAIREFRANCE, 10 cents par litre de lait seront  redistribués équitablement chaque année entre tous les membres participants quelle que soit la taille de leur exploitation.
Les produits FAIREFRANCE seront vendus dans les magasins à un prix recommandé qui sera le résultat d’une juste répartition des profits entre les acteurs de la chaîne, assurant ainsi un revenu décent à nos agriculteurs.

La philosophie du concept FAIREFRANCE et ce qui fait aussi sa grande originalité, c’est que les 10 cents par litre de lait vendu représenteront pour les fermiers une véritable rémunération pour leur travail de promotion !  Ainsi, chaque agriculteur membre devra participer à la promotion de la marque et des produits FAIREFRANCE en donnant de son temps et de son enthousiasme. Il est en effet crucial pour cette nouvelle marque de se faire connaître et de se faire apprécier des consommateurs. FAIREFRANCE entend bien miser sur le savoir-faire des agriculteurs et sur le capital sympathie du monde rural comme force marketing !

Notez que le nom FAIREFRANCE  fait tout simplement référence au terme FAIR, qui signifie équitable et FRANCE pour signer les racines françaises de cette nouvelle marque !
Le logo reprend la version française de la vache Justine/ Faironika, que l'on voit déja partout en Europe et qui symbolise "Le lait équitable" pour tous.
  

Et le consommateur ?

Le succès d’une initiative comme FAIREFRANCE dépend bien évidemment des consommateurs ! Les membres de FAIRCOOP SCA de même que les différentes organisations de consommateurs ne manquent pas de souligner que, malgré la crise qui devrait inciter à l’achat de produits étrangers à prix plus faible,le consommateur français est de plus en plus sensible à la qualité de son alimentation, à la préservation de son patrimoine national et à  son environnement.

Les ménages français ont été sensibilisés à la situation difficile des fermiers de leur pays. Bon nombre d’entre eux ont manifesté leur soutien et se sont posé la question:"Comment ils pouvaient aider? ". La réponse s’appelle maintenant FAIREFRANCE, des produits de qualité rémunérant tous les acteurs de la chaîne équitablement et assurant la durabilité de notre agriculture nationale.

 

Rappel : L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 11 février 2012

A Martigné (Mayenne), l'APLI (EMB) a lancé le lait équitable français - 24 mars 2012

700 producteurs de l'APLI lancent le lait équitable au Mont-Saint-Michel - 2 juillet 2013 

Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 septembre 2013

Des innovations à l'AG 2013 en Mayenne des producteurs de lait Apli - 22 octobre 2013 

 

Cet article est le 412ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 23:49

Une organisation de producteurs FMB et le Lait équitable

 

Le 10 octobre 2013, à Commer, l’assemblée générale des producteurs de lait indépendants* de l’Apli 53 a élu 11 responsables de l’association en Mayenne. C’est Hervé Delogé qui a présidé l’AG, avec l’appui de Xavier Mézière, secrétaire du bureau, et de Franck Courcelle, engagé dans la promotion de FaireFrance, le « lait équitable ». Denis Jehannin était là en voisin (35) pour parler de l’organisation de producteurs « France Milk Board Grand Ouest », dont il est le président. Olivier Chemin, président de la Coordination rurale en Mayenne, était présent dans la salle.

 

Apli 53 AG 101013 003 TAfin de présenter les positions de l’Apli, Hervé Delogé a lu le rapport présenté à l’Assemblée générale de l’Apli nationale (voir AG 2013 de l'APLI : le président André Lefranc fait le bilan et rassure - 13 septembre 2013 et Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 septembre 2013).

 

Photo : Denis Jehannin, Hervé Delogé, Xavier Mézière, Franck Courcelle (de gauche à droite)

 

Les deux interventions marquantes de la soirée ont été celles de Denis Jehannin (FMB) et de Franck Courcelle (Lait équitable).

 

Denis Jehannin est éleveur laitier (vaches de race Normande) à Luîtré (35), près de la Mayenne. Il a été élu à la présidence de l’organisation de producteurs (OP) France Milk Board (FMB) du grand ouest, qui rassemble 310 producteurs qui livrent leur lait à diverses laiteries, de statut non coopératif. C’est l’une des deux OP agréées de FMB (l’autre est le sud-ouest).

Il y a 23 OP agréées en France (les producteurs adhérents des coopératives laitières ne sont pas concernés, c’est-à-dire la moitié des producteurs), dont 17 « verticales » (rattachées à un industriel privé) et 6 « horizontales » (couvrant un bassin laitier et divers acheteurs), dont les trois FMB (Grand-ouest, Sud-ouest, Normandie), qui pourraient se fédérer en association d’OP. L’objectif de FMB est d’instaurer des relations entre les producteurs et les industriels au niveau des laiteries. Les 23 OP (minimum 200 producteurs par OP) rassemblent 7 000 producteurs (2,3 milliards de litres de lait par an).

Le problème des coopératives, c’est que les responsables ont un double chapeau : ils représentent à la fois la laiterie et les producteurs.

Le prix du lait reste inférieur au coût de production (environ 400 euros les 1000 litres selon l’évaluation du Centre d’Economie Rurale). Au niveau européen, les producteurs sont rassemblés dans EMB (European Milk Board), dont fait partie l’Apli. L’EMB a lancé le projet d’une agence de surveillance européenne qui permettrait - grâce à un ajustement flexible de la production de lait à la demande du marché - de garantir un équilibre constant du marché et de stabiliser le prix du lait à un niveau couvrant en moyenne le coût de production. Une production laitière durable et extensive et l'approvisionnement de l'UE en lait seraient ainsi garantis. Voir European Milk Board: CP: Conférence sur le lait à Bruxelles.

 

Franck Courcelle présente le concept « Lait équitable » mis en œuvre à l’initiative de l’Apli et, notamment, son vice-président, Richard Blanc, à partir de l’expérience belge (voir L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 11 février 2012).

C’est une façon pour les producteurs d’amorcer le contrôle de la répartition des revenus sur l’ensemble de la filière laitière, avec une part correcte aux producteurs.

Faircoop, qui a le statut coopératif, emploie actuellement 10 salariés, chargés d’introduire les produits de la marque FaireFrance dans les grandes surfaces de distribution. Ils reçoivent l’aide des producteurs adhérents de Faircoop. Le lait demi-écrémé FaireFrance provient d’une laiterie du Loiret. Il est vendu au prix de 0,93 euro le litre dans les supermarchés (dont 0,10 euro revient aux producteurs).

Franck Courcelle explique comment il a obtenu l’accord des magasins U (Hyper et Système U) en Mayenne et l’intérêt des consommateurs pour l’animation réalisée par des producteurs de lait dans le magasin. Il pense que le Lait équitable devrait se développer en Mayenne et ailleurs.

 

* Voir L'Apli 53, en AG, a adopté les statuts nationaux mais perdu son bureau - 3 mars 2012

 

Cet article est le 411ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 20:19

C’est la loi qui protège et c’est la liberté qui opprime

 

La gestion de l’affaire Leonarda par le président de la République a été durement critiquée de toutes parts. Revue de presse.

François Hollande affaibli par sa gestion de l'affaire Leonarda (Les Echos, 20 oct. 2013)

Leonarda : l'UMP et le MoDem critiquent la décision de Hollande (Le Monde, 20 oct. 2013)

Affaire Leonarda. La triple erreur de François Hollande (Ouest-France, 21 oct. 2013)

Voir aussi, dans le Journal du Dimanche (Bruno Jeudy et Laurent Valdiguié), le 19 octobre 2013, ce qu’en pense Manuel Valls, ministre de l’Intérieur "Rien ne me détournera de mon cap" : cliquez ici.

L’avis de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l’Intérieur (1997-2000)

Avant l’intervention officielle de François Hollande, Jean-Pierre Chevènement était l'invité de France Culture samedi matin 19 octobre 2013. Il répondait aux questions de Dominique Souchier dans "Une fois pour toutes". Voir "Les nations européennes ne voulaient pas la guerre, elles étaient pour la paix", la partie de l’entretien concernant l’affaire Leonarda.

  • Il faut bien mesurer ce que cela signifierait si Leonarda revenait en France : il faudrait que sa famille revienne aussi, parce que c'est une mineure, elle a quinze ans. Cela voudrait dire que quiconque a un enfant scolarisé en France, peut y faire venir toute sa famille, peut y venir lui-même. C'est la porte toute grande ouverte à une immigration sans-contrôle*.
  • Je ne connais pas de pays qui n'ait pas un droit régissant l'établissement sur son sol. Tout pays a le droit de déterminer qui peut séjourner sur son sol et qui ne le peut pas durablement.
  • Je pense que les Français sont très attentifs à la décision que le gouvernement va prendre. Moi je n'oublie pas que les classes populaires dans notre pays souffrent. Elles demandent à être protégées contre le chômage, contre la pauvreté, la misère, mais aussi contre la délinquance et contre une immigration qui, qu'on le veuille ou non, pèse sur le marché du travail. Car si l'immigration est libre, naturellement, on le voit bien dans le secteur des services, dans l'agro-alimentaire breton, tout cela a des conséquences : si on peut employer des gens en les payant pas très chers, tous les acquis sociaux sont évidemment menacés.
  • Si Léonarda revenait en classe, ce serait plus qu'une erreur : ce serait un manquement à la loi. Ce que je propose c'est une application humaine de la loi. Il y a des écoles françaises au Kosovo. On peut très bien ouvrir la possibilité à cette jeune adolescente d'y poursuivre ses cours. Mais on n’est pas obligé d'accueillir en France quiconque le demanderait, surtout sur la base d'arguments mensongers.
  • La première des valeurs républicaines, c'est le respect de la loi. La loi peut-être précisée pour qu'on ne fasse pas d'interpellation dans l'enceinte de l'école – pourquoi pas ? Mais l'école définie comme un sanctuaire par Alain, l'était dans une optique tout à fait différente. On voulait séparer l'école du monde extérieur, car l'école est un lieu d'apprentissage. Là on dit n'importe quoi. La police doit pouvoir bien évidemment intervenir à l'intérieur d'une école si une enseignante est agressée, par exemple. Donc ne parlons pas de la sanctuarisation de l'école en ce sens.
  • Je ne veux pas ethniciser la question des Roms. Si telle ou telle personne peut s'intégrer, je suis pour. Je rappelle que j'avais régularisé la situation de 80 000 personnes sur des critères d'intégration en tant que ministre de l'Intérieur. Naturellement comme il y a eu 140 000 demandes, il y a eu 60 000 refus.
  • Je pense que le premier devoir d'un président de la République est un devoir de pédagogie à l'égard de la jeunesse et lui expliquer le sens de la loi, pourquoi elle existe, comment on peut l'appliquer plus humainement, si cela est possible. Mais la jeunesse est fragile, elle a aussi besoin qu'on applique la loi. Rappelez-vous Lacordaire : « c'est la loi qui protège et c'est la liberté qui opprime ».

* Voir les précisions à ce sujet : Leonarda : les déclarations inexactes (Le Monde, 21 octobre 2013) et Leonarda : François Hollande a-t-il violé la loi en lui proposant de revenir en France ? (Metronews, 21 octobre 2013)

 

Cet article est le 11ème paru sur ce blog dans la catégorie Hollande Ayrault gouv.

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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 18:30

Ce livre incite à l’analyse critique et au projet mobilisateur

 

Nous avons salué la parution, le 16 octobre 2013, du livre de Jean-Pierre Chevènement - voir 1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?. L’auteur a été sollicité par les médias. Voir JP Chevènement, invité par les médias à commenter son livre d'histoire - 19 oct. 2013.

 

Ce 20 octobre, sur son site, Gaël BRUSTIER a publié ce commentaire, après avoir lu le livre.

 

Le monde d’hier et de demain selon Chevènement

 

Une des qualités de Jean-Pierre Chevènement, c’est son sens de l’utile provocation. La question qu’il nous pose dans un livre éponyme, fait immédiatement mouche dans les esprits : « L’Europe est-elle sortie de l’Histoire ? ».

L’année qui vient sera celle de commémorations : 1914 et 1944 seront sans doute célébrées dans le souvenir l’utile rappel des horreurs des deux guerres mondiales. Mais 2014 sera-t-elle celle d’une réflexion sur le destin de la France, de notre continent et du monde ? L’occasion en est donnée… en sera-t-elle saisie ?

Dans le contexte de grand affolement qui semble s’emparer de notre vie politique et intellectuelle, le livre de Jean-Pierre Chevènement est ainsi plus que le bienvenu, il permet de penser notre situation dans le temps long et avec une perspective globale. C’est un livre éminemment politique mais qui puise dans les outils de la science historique les moteurs de sa réflexion. Les sources sont nombreuses, de la thèse de Suzanne Berger sur la « première mondialisation » aux lumineuses analyses de Joschka Fischer, en passant par les réflexions du socialiste et germaniste Charles Andler et de tant d’autres qui, disparus ou vivants, participent à l’intelligence du monde tel qu’il a été, tel qu’il est et tel qu’il pourrait devenir.

Ce livre rappelle à quelques égards celui du jeune député Chevènement, paru en 1975, Le vieux, la crise et le neuf, dans lequel il entrevoyait les bouleversements à venir avec la montée en puissance de la Chine, les tentatives de retour en force de la puissance américaine (Mao n’était pas mort, Chou En-Lai non plus et Deng Xiaoping n’avait encore pas déclaré qu’il se moquait de la couleur du chat pourvu qu’il attrape les souris et Nixon venait d’être éjecté de la Maison Blanche) et essayait de penser le socialisme de l’après-crise (déjà) dans le contexte des rapports de forces sociaux et internationaux. Les Cahiers du CERES faisaient une large part à ses analyses sur les rapports de forces internationaux, PS et PC n’avaient pas rompu l’Union de la Gauche et la question était, une fois arrivés au pouvoir, d’engager la transition au socialisme et non pas de gérer des « twittclashs »…

On ne saurait, dans ce livre, faire grief d’un géopolitisme excessif. Au contraire, le changement d’hegemon semble, dans l’analyse de Jean-Pierre Chevènement, produire autant que résulter de grandes évolutions sociales.

La première partie du livre éclaire sur la période précédant le déclenchement de la Première Guerre Mondiale. Ce qui est frappant, c’est de constater qu’en 1914 l’élite dirigeante allemande a pu prendre des risques aussi importants (celui, notamment, d’envahir la Belgique, provoquant ainsi l’entrée en guerre du Royaume-Uni) alors qu’à maints égards l’Allemagne était la puissance en expansion et que le Royaume-Uni pouvait, lui, se sentir menacé. Ce n’est néanmoins pas ce dernier qui enclencha la Grande Guerre. Le gouvernement de Bethmann Hollweg aurait pu attendre pacifiquement de devenir la puissance hégémonique. Mais l’influence de l’idéologie pangermaniste, les erreurs d’analyse de l’élite gouvernementale et la prise de pouvoir de fait par le haut commandement militaire ont provoqué la fuite en avant vers la guerre d’un pays qui, dans la vérité de sa société, n’en voulait pas. On retrouve d’ailleurs chez Chevènement, une interprétation assez voisine de celle de Norbert Elias dans ses Studien über die Deutschen (non traduit, pour l’heure, en France), dans lesquels le grand sociologue européen, définissait non pas le processus de civilisation qui avait occupé la magistrale première partie de son œuvre (voir à ce propos l’ouvrage de Marc Joly, Devenir Norbert Elias, Fayard, ) mais le processus de décivilisation qui de 1871 à 1940, et dans sa complexité, avait amené le monde deux fois à la Guerre Mondiale. L’unité allemande du 18 janvier 1871 contenait en elle la victoire des « codes » prussiens sur les codes rhénans. Là est sans doute une des clés du déclenchement de la catastrophe de 1914.

Pétri d’histoire du socialisme, celui qui cofonda le PS d’Epinay et dirigea son « aile gauche », rappelle que la social-démocratie fut intégrée au Reich wilhelmien en partie grâce au déclenchement de la Grande Guerre. L’impuissance des socialistes européens devant la mécanique guerrière tient aussi en partie à Bethmann Hollweg, dont le calcul réussi fut justement d’intégrer le SPD au Reich wilhelmien en échange de promesses relatives à l’adoption du suffrage universel direct. Chevènement rappelle en outre que c’est la défaite et non la Paix de Versailles qui est la cause de l’enclenchement d’une dynamique nationaliste de revanche dans l’Allemagne de Weimar, République fragile et qui chuta en 1933. C’est avant la Paix de Versailles et non après que les Corps Francs ravagent l’Allemagne et, lors de la révolution manquée de 1919, qu’ils exécutent sauvagement Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, et que le mythe d’une armée non défaite mais « poignardée dans le dos » par les défaitistes, a vu le jour.

Chevènement doute, on le voit, de la pertinence de la thèse « léninienne » de « l’impérialisme, stade suprême du capitalisme ». En la confrontant à celle de l’hegemon, il donne sa grille de lecture non seulement de la Première Guerre Mondiale et de ses conséquences mais aussi de la période qui s’ouvre pour nous.

Jean-Pierre Chevènement décrit bien, dans la période plus récente, le basculement en cours dans l’aire Pacifique. A des Etats-Unis ayant, en 1919 et davantage encore après 1945, établi leur hégémonie sur le monde, pourrait succéder une Chine dont la particularité est d’être, depuis 2007, la première puissance exportatrice, d’avoir un PIB bientôt égal à celui des Etats-Unis d’Amérique mais d’avoir un budget militaire qui n’est encore contenu que dans un rapport de un à sept. La réflexion de Jean-Pierre Chevènement porte sur les forces et les faiblesses de la Chine. Véritable puissance montante, elle est aussi en train de définir son rapport au monde. Son besoin de sécuriser ses routes commerciales et ses sources d’approvisionnement énergétiques se heurte à ce que son élite dirigeante peut estimer être des obstacles en mer de Chine. Les Etats-Unis ont rapatrié une part non négligeable de leur flotte dans le Pacifique (60% désormais et depuis 2010)… L’avenir n’est pas écrit mais nécessite de la part des dirigeants européens une lucidité, une analyse et un courage encore peu répandus.

Rappelons qu’au cours du XVème siècle, c’est parce que les Chinois n’ont pas voulu dominer le monde et que les Turcs ne l’ont pas pu (voir l’introduction à l’Histoire du monde au XVe siècle de Patrick Boucheron), que l’Europe a, peu à peu, édifié sa domination et, en son sein, les différentes nations qui commençaient alors à se former. La situation de l’Europe n’est – somme toute – pas totalement inédite. Reste qu’il lui faut se mouvoir dans ce monde en bouleversement et décentrer son analyse, faire un pas de côté, délaisser l’européocentrisme, l’occidentalocentrisme pour prendre le recul historique nécessaire à la compréhension du monde et à l’établissement d’un projet d’avenir.

La critique par Jean-Pierre Chevènement de l’européisme est surtout à entendre dans ce cadre, elle n’est pas chauvine mais profondément internationaliste tant on sent chez Chevènement la volonté de comprendre les dynamiques des autres nations. Il dresse ainsi un tableau sévère de la construction européenne depuis le traité de Rome et davantage encore depuis l’Acte Unique (1985). La libéralisation des mouvements de capitaux qui entraîne la globalisation financière, et ses conséquences, sont pointées comme les causes non négligeables d’une sorte d’abdication du politique devant la finance. Plus encore les récentes politiques de sauvetage des banques. La politique européenne « à la Laval » (du nom de la politique déflationniste pratiquée en 1935) met en cause la monnaie unique telle qu’elle a été conçue et fonctionné jusqu’ici. La zone euro a d’abord été sauvée pour sauver les banques et, peut-être aussi, pour sauvegarder un mythe mobilisateur. Phénomène très compréhensible dans l’architecture européenne actuelle, la montée en puissance du Conseil et l’affaiblissement de la Commission répond à la nécessité pour les gouvernements de tenter de peser de nouveau sur la marche de l’Europe tout en semblant singulièrement privé de vision de l’avenir.

La relation stratégique avec la Russie, à laquelle son coup de poker syrien semble véritablement donner une nouvelle force diplomatique, est à concevoir, si l’on suit Jean-Pierre Chevènement, dans le cadre d’une réorientation du projet européen.

Chevènement propose également de refonder la relation franco-allemande (relire France-Allemagne parlons franc, Editions Plon, mars 1996, n’est pas un luxe), d’envisager une monnaie commune plutôt qu’une monnaie unique, de rebâtir l’Europe à partir de ses nations (ce que Hans-Dietrich Genscher semble suggérer dans un livre récent, sans toutefois aller jusqu’à renoncer à une construction basée sur le « triangle de Weimer Allemagne-France-Pologne ni à renoncer à demander à la France de renoncer à la retraite à 60 ans, gardant ainsi en tête le « néo-bismarkisme » du FDP des années 90). « L’Europe n’existe pas pour elle-même. Elle n’est pas un bien en soi, l’ « Europe nouvelle » de Hitler était haïssable » nous dit Chevènement qui nous incite ainsi à penser la France dans la famille universelle des sociétés humaines et à penser l’Europe comme l’un des moyens de son organisation.

Ce livre est d’abord une contribution fondamentale à l’intelligence du monde par les responsables de la gauche française. Comprendre les rapports de forces sociaux, comprendre les rapports de force dans le monde, le basculement de l’Atlantique vers le Pacifique du centre de gravité du monde, reste une nécessité fondamentale pour établir une vision claire de l’avenir et un projet mobilisateur pour la France et pour l’Europe. Mais, tant au sein de la Gauche radicale qu’au sein de la social-démocratie européenne, le débat tarde à s’instaurer pendant que, sur la base de la confusion et de l’occidentalisme, les droites semblent progresser et faire faire du sur-place à nos sociétés. Faire place à l’analyse et à la critique ainsi qu’à un projet mobilisateur, voilà à quoi contribue avec ce livre Jean-Pierre Chevènement.

Rappel :

L'Europe sortie de l'Histoire : dans son livre, Chevènement le montre - 15 oct. 2013

Gaël Brustier suggère à la gauche d'appliquer la pensée de Gramsci - 17 mars 2013 

 

Cet article est le 176ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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