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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 16:02

 

Une offensive stratégique d’ouverture bien réfléchie

 Hier, j’insistais sur le fait que l’électorat de Bayrou est volatil et n’appartient pas à l’ex-candidat de la future ex-UDF (Bayrou est le spécialiste des changements de nom de parti). Ce sont des électeurs (dont les motivations sont fort diverses) que Ségolène Royal doit conquérir pour gagner le 6 mai.

 Le mode de scrutin, à deux tours, le veut ainsi. Chaque citoyen est placé devant un choix : Sarkozy ou Royal. Pour élire le chef de l’Etat, mais aussi pour jeter les fondements de la future majorité présidentielle qui, aussitôt en place, va se battre pour obtenir une majorité parlementaire afin de pouvoir gouverner le pays pendant cinq ans.

 Aucun des deux finalistes, l’un de droite, l’autre de gauche, n’a une majorité avec les voix qui se sont portées sur lui et les candidats qui se sont désistés en sa faveur. Sarkozy totalise 33,5% et Royal 36%.

 Sachant que les abstentionnistes du premier tour étaient peu nombreux (15%), il reste à piocher dans les 30,5% des quatre candidats qui n’ont pas annoncé la couleur (Bayrou, Le Pen, Nihous, Schivardi).

 La gauche de gouvernement est à 30,5%, ce qui n’est pas suffisant pour prétendre diriger le pays. Il en est de même pour la droite (33,5%). Celle-ci a préparé le terrain avant le premier tour afin de réduire le poids de l’extrême droite. Sarkozy peut compter sur la majorité des voix Le Pen, mais cela ne lui sera pas suffisant pour être élu, car ce qu’il va chercher du côté de l’extrême droite, il risque de le perdre du côté centriste. C’est pourquoi il se tourne vers les militants et les cadres de l’UDF et cherche à les désolidariser de leur leader, celui-ci étant irrécupérable.

 La façon dont les 18,5% de voix Bayrou vont se répartir entre la droite et la gauche est, donc, l’enjeu principal de ce second tour.

 Ségolène Royal a pris l’initiative d’un débat public avec François Bayrou. Ayant constaté les nombreux points de convergence entre les principaux thèmes développés dans le pacte présidentiel et les propos du candidat de l’UDF d’une part et, compte tenu des critiques virulentes portées par Bayrou envers Sarkozy pendant la campagne électorale d’autre part, elle a décidé de mener l’offensive avec audace et détermination.

 L’enjeu est double, vers les électeurs et vers les dirigeants de l’UDF, qu’elle oblige à se responsabiliser. Ils ont l’opportunité de prendre place dans une nouvelle configuration politique qui aurait le grand mérite de sortir la France et l’Europe des ornières dans lesquelles elles s’enlisent. A eux de se déterminer.

 Mais l’important est que le débat ait lieu, permettant aux Français de se faire une opinion de ce qui sépare et rapproche les projets Royal et Bayrou. C’est la candidate de la gauche qui en tirera les bénéfices, quelle que soit la décision de Bayrou et de ses proches. Car la cible de l’opération n’est autre que le candidat de la droite qui, par contraste, apparaîtra isolé et incapable de débattre et de rassembler.

 C’est la qualification de Ségolène Royal (elle-même due à la qualité et à la solidité de son pacte présidentiel) et le rassemblement des forces de gauche, opéré dès dimanche soir, qui rendent possible cette stratégie du débat public avec Bayrou.

 Le PS et les autres partis de gauche auraient tout à craindre de cette opération si elle n’était pas effectuée en position de force par la candidate, aussi brillante qu’efficace. Elle a bien pris soin de préciser que cette discussion se fera sur la base du pacte présidentiel, car elle tient à rappeler à Bayrou qu’il n’est pas qualifié pour la finale.

 Ne nous y trompons pas : si Ségolène Royal réussit à être élue le 6 mai, elle sera en position de force pour la suite des opérations et, si Bayrou et ses amis ne prennent pas la main tendue par la candidate de la gauche, ils risquent fort d’être laminés par une vague de fond en plein mois de juin !

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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 13:13

 

Une femme tranquille face à un homme agité

 "J'incarne une autre méthode, je fais confiance. Je n'ai aucune soif du pouvoir, mais je veux l'exercer avec une autorité juste." C’est ainsi qu’on peut résumer les déclarations de Ségolène Royal en réponse aux questions de la rédaction de France 2, hier soir.

 Son but était clair : affirmer sa différence fondamentale avec le candidat de la droite, montrer qu’elle est prête à assumer la responsabilité présidentielle et capable de rassembler les Français autour de son panache républicain et grâce à son audace politique stratégique.

 Le texte qui suit est publié par Arnaud sur le site Désirs d’avenir 86, que je recommande : http://desirsdavenir86000.over-blog.net.

 François Bayrou a "compris un certain nombre de choses".

 Interrogée sur la position de l'ex-candidat de l'UDF sur l'échiquier politique, Ségolène Royal affirme : "C'était un homme de droite mais il a bougé. Il a au cours de cette campagne compris un certain nombre de choses et de valeurs comprises dans mon pacte présidentiel". Et la députée des Deux-Sèvres d'ajouter : "Je ne cherche pas à séduire, je cherche à rassembler. Il y a des bonnes idées à prendre partout. Tendre la main à Mr Bayrou me semble une démarche responsable, respectueuse des électeurs et utile pour la France".

 Un débat télévisé avec l'ex-candidat centriste?

Alors que François Bayrou refuse un débat avec elle sans caméra, Ségolène Royal campe sur son offre d'un face-à-face, vendredi. "J’ai proposé que ce débat ait lieu devant la presse quotidienne régionale, si France 2 veut filmer ce débat, c’est d’accord", précise-t-elle, estimant qu'"il faut faire attention à la politique spectacle".

 Une "profonde misogynie".

 La présidente de la région Poitou-Charentes reconnaît avoir fait l'objet d'attaques sur ses compétences. "C’est vrai que les attaques de ce type ont été pénibles", dit-elle, en y discernant une "profonde misogynie".

 Rassembler.

 "Je veux rassembler tous les républicains de progrès qui pensent que toute décision politique doit être motivée par les valeurs humaines et pas par les valeurs financières ou boursières", souligne la candidate socialiste. 

 Un pacte immuable ?

 Malgré sa main tendue à l'UDF, Ségolène Royal assure qu'elle ne bouleversera pas son pacte présidentiel, pour autant. "Neuf millions de Français l'ont adopté, c'est un socle que je garderai", affirme-t-elle.

 Confiance dans la croissance.

 Interrogée sur l'importance de la dette, la candidate socialiste répond : "Je relance la croissance. Ce n’est pas un pari, je suis convaincue que la croissance va repartir". Pour ce faire, elle prône un nouvel équilibre entre les sécurités sociales collectives et un allègement des impôts sur les entreprises. 

Intégration.

 "Je ne veux pas lancer des bouts de solution à un problème complexe", déclare Ségolène Royal qui estime superficielle une modification de la loi sur le regroupement familial. Selon elle, imposer aux candidats à l'immigration de parler le français, comme le propose Nicolas Sarkozy, est "une façon de mal gérer les problèmes". 

 "Je souhaite, tout en m'appuyant sur la loi, faire du cas par cas pour traiter le problème des sans-papiers", précise-t-elle par ailleurs.

 Nicolas Sarkozy.

 Allusion directe à son rival de l'UMP, la candidate socialiste estime qu'il ne faut ''pas chercher à draguer je ne sais quelles voix populistes en disant 'nous allons sanctionner les chômeurs'''.  Et Ségolène Royal de sermonner : ''c'est une mauvaise façon de parler d'êtres humains. Les chômeurs recherchent un travail. Il y a, comme dans toute catégorie, des gens qui essaient d'en profiter mais pas plus chez les chômeurs que chez les autres''.

Réforme de la justice.

 Répondant à une question de Karine Duchochois, acquittée d'Outreau, la candidate socialiste entend privilégier l'indemnisation des personnes victimes d'erreur judiciaire grâce notamment au doublement du budget de la justice.

 Europe.

 Avec Romano Prodi, président du conseil italien, "nous partageons une même vision de l'Europe et de la manière dont elle doit se relever", estime Ségolène Royal, en opposant le soutien apporté par Silvio Berlusconi à Nicolas Sarkozy. Insistant sur ses divergences avec son rival de l'UMP en matière de politique européenne, elle juge que "l'Europe n'a pas intérêt à s'aligner sur les Etats-Unis".

 On peut lire aussi un résumé de l’émission de France 2 sur le site national Désirs d’avenir : http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=1691

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 17:08

 

La clé de l’Elysée est chez Bayrou

 François Bayrou accepte de débattre avec Ségolène Royal avant le second tour de l'élection présidentielle. « Je suis un homme d'ouverture, ouvert à toute discussion de bonne foi. Ségolène Royal a proposé d'avoir avec moi un débat public et ouvert. J'accepte d'avoir ce dialogue, sans arrière-pensées, par exemple à la télévision ». Ce sont les propos qu’il a tenus lors de sa conférence de presse ce mercredi après-midi.

 L’électorat Bayrou du premier tour de l’élection présidentielle est, non seulement trois fois plus gros, mais aussi bien différent de celui du 21 avril 2002. Il est constitué de nouveaux électeurs qui ne voulaient pas choisir entre la gauche et la droite, pour diverses raisons (y compris de facilité pour les novices en politique) et, aussi, d’électeurs de gauche rétifs à la démarche et à la personnalité de Ségolène Royal, qui voyaient en Bayrou un bon moyen de battre Sarkozy au second tour (selon les sondages). Il y avait aussi les électeurs de droite que la personnalité du candidat UMP inquiète au plus haut point. En outre, cette fois-ci, les voix anti-système se sont davantage portées sur Bayrou que sur Le Pen.

 C’est donc un électorat volatil (voir à ce sujet le commentaire de Xavier Dumoulin sur http://sr07.unblog.fr ) qui n’est pas acquis à l’UDF et à Bayrou. Il ira le 6 mai au mieux disant ou au plus offrant des deux finalistes. Ségolène Royal a raison de vouloir mettre en évidence les convergences entre son pacte présidentiel et les aspirations de ces citoyens dont les motivations sont fort diverses. En fait, obnubilés par l’idée de qualifier Bayrou pour le second tour, ils ne connaissent pas réellement les propositions de ce pacte. Je suis persuadé qu’ils pourront y trouver des réponses sociales et démocratiques à leur goût.

 Voici les déclarations que Ségolène Royal a faites à Valence le 23 avril.

 Voir http://www.desirsdavenir.org/index.php  :

 "Chacun doit prendre ses responsabilités pour savoir quelle France nous allons construire. Aujourd'hui je prends les miennes et je me déclare disponible pour parler de l'avenir de la France avec tous ceux qui pendant toute cette campagne ont souhaité le changement et la rénovation politique.

 Pour faire gagner la France il faut demander une autre dimension à notre rassemblement".

 Ségolène Royal souhaite "un débat ouvert sur les idées pour construire des convergences autour d'une volonté de rénovation sans arrière-pensée et sans a priori. La France a tout à gagner à l'ouverture des idées pour sortir des blocages d'un système dépassé.

 C'est pourquoi je propose un dialogue public sur la base du pacte présidentiel portant sur la rénovation de la République, l'Etat impartial, le refus des tensions dans les villes et les quartiers, l'appel au peuple français pour la relance de l'Europe, les priorités éducative et écologique".

 .Ségolène Royal a préconisé "un débat public, en toute clarté, en toute transparence et devant tout le monde. Si François Bayrou souhaite cette main tendue et ce dialogue autour du pacte présidentiel. J'attends une réponse. A M. Bayrou de dire s'il souhaite ce débat".

Avant l’accord donné ce jour par François Bayrou cette proposition avait suscité des réactions diverses. Pour Jean-Luc Mélenchon (PS, Pour une République Sociale), dans un entretien publié sur www.lefigaro.fr  ce mercredi, "Il n'y a pas de majorité présidentielle possible avec Bayrou". C‘est du temps perdu.

 Jean Peyrelevade, conseiller économique de Bayrou, s’est exprimé dans Les Echos. Ses propos sont rapportés ce jour sur www.lemonde.fr . Ils montrent l’état d’esprit de certains cadres qui gravitent autour du président de l’UDF. J’y reviendrai demain . 

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 11:14

 

Mettre le peuple souverain au cœur de l’action publique

 « Avec vous, nous irons jusqu’au bout », telle est la fin de la première phrase du discours, hier soir à Montpellier, de la candidate de la gauche rassemblée. Après les déclarations solennelles de Ségolène Royal à Melle dimanche soir, c’était le premier meeting de sa campagne de second tour. Je renvoie à http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_discours&id=1679 pour prendre connaissance de l’ensemble du discours de la candidate. J’en ai extrait, ci-après, les passages les plus significatifs, de mon point de vue.

 « Je me bats pour la victoire, vous m’en donnez le courage, vous m’en donnez l’énergie, et je sais qu’avec vous, nous irons jusqu’au bout !

Et d’abord, la participation massive des Français et des Françaises au premier tour de l’élection présidentielle est une bonne nouvelle, est une excellente nouvelle. Je suis la seule candidate qui ait demandé aux Français de venir massivement voter et de ne pas s’abstenir, je suis la seule candidate qui ai conduit une campagne participative, car j’ai compris la fracture démocratique, j’ai senti que des millions de Français pensaient que la politique ne comptait plus pour rien, et même ne comptait pour rien.  

 

Alors, je veux devant vous rendre hommage à cet élan civique, à cette participation, qui prouve que les Français s’intéressent à la politique lorsque la politique s’intéresse à eux, et en particulier, j’observe que la montée de la participation a été la plus forte chez les jeunes et dans les quartiers populaires, ceux pour lesquels, finalement, il y avait, au cours de ces dernières années, les doutes les plus profonds, les souffrances les plus lourdes, les insécurités, les précarités, et ce fossé grandissant entre les responsables politiques et les citoyens au service desquels nous sommes. Et c’est pourquoi, parce que les Français ont changé, parce qu’ils sont devenus plus exigeants, parce que le monde a changé, parce que la France a changé, alors la politique doit changer, et avec moi, elle ne sera plus jamais la même.

Oui, il faut comprendre cette soif profonde de rénovation de la vie politique, cette exigence de loyauté et de morale publique. Demain, la politique que je conduirais, la France présidente, que je présiderais peut-être si les Français me font confiance, la France présidente ne fera rien sans les Français, mais tout avec eux. Et cette parole que je leur ai donnée dans cette campagne, je leur demande de la garder et de ne plus jamais la lâcher (…).  

 

Et d’abord, la France présidente, c’est la République du respect, et le respect, ça consiste d’abord, oui, à défendre la valeur travail, mais pas en donnant quelques heures supplémentaires à ceux qui en ont la possibilité, mais bien en donnant un emploi à chacun et à chacune. Notre combat, c’est celui de la France du plein emploi.

Ce combat-là, nous le gagnerons, parce que je ferai tout pour favoriser la croissance des entreprises créatrices de richesses et d’emplois, mais rien ne sera concédé sur le respect dû aux salariés, à commencer ceux qui sont aux plus bas salaires, l’emploi des jeunes, la Sécurité sociale professionnelle tout au long de la vie. Oui, je serai celle qui va réconcilier l’efficacité économique, la justice sociale, le progrès social, la sécurité au travail, la hausse des bas et des moyens salaires, et en même temps la responsabilité individuelle. Voilà le nouveau pacte social que je vais nouer avec les entreprises pour réussir une nouvelle croissance durable (…).
 
La France présidente sera aussi celle de l’excellence écologique, et nous allons relever ce défi et rattraper notre retard, parce que, à l’échelle de l’Europe, nous ne sommes pas fiers de voir comment, à chaque fois qu’il y a des enjeux écologiques, à chaque fois qu’il faut affronter le lobby de l’argent ou des gros lobbies industriels, à chaque fois qu’il faut affronter les pesanteurs, eh bien la France n’est pas au rendez-vous. Demain, avec moi, la France sera au rendez-vous du combat écologique, du défi à relever pour notre planète. Et aucune justification, aucun lobby économique ne sera fondé à nous expliquer qu’il est impossible d’agir.

La première décision sera celle concernant le moratoire des OGM en plein champ, parce que les Français ont droit à un débat écologique transparent, ils ont droit à accéder aux données scientifiques, c’est cela la démocratie participative, et ils ont droit de comprendre les enjeux énergétiques, et le débat public sur les énergies sera également immédiatement ouvert pour que ces choix soient décidés par les Français et par eux seuls.

D’ailleurs, chaque fois, dans le domaine environnemental, que le pouvoir a été confisqué aux citoyens, chaque fois, il y a eu du mensonge et des catastrophes écologiques : le mensonge sur l’amiante, sur le mensonge sur le nuage de Tchernobyl, le mensonge aujourd’hui sur les OGM.

 Demain, la République sera une République de transparence, de vérité, de confrontation des points de vue avant les décisions, car l’autorité de l'État est d’autant plus juste et ferme qu’elle s’appuie sur des délibérations populaires. Et c’est tout le sens de la République nouvelle que j’appelle de mes vœux, c’est tout le sens de la démocratie participative qui fera son entrée dans la Constitution avec le référendum d’initiative populaire, avec les jurys citoyens, avec l’interdiction du cumul des mandats, avec la suppression du 49.3 (…).
 

 Je vous propose de mettre le peuple souverain au cœur de l’action publique, notamment aux fins d’assurer sa représentation équitable dans sa diversité au Parlement. La démocratie doit devenir notre vie politique au quotidien. Et je veux une France qui revienne à la table de l'Europe, avec une Europe qui se relève, une Europe sociale, une Europe qui se protège, une Europe dont l’objectif est de tenir sa place dans toutes les actions de paix à l’échelle de la planète, et dont l’une des premières priorités sera aussi de redéfinir, de réformer les actions de co-développement pour réduire les écarts entre l’Europe et le continent africain. Voilà notre objectif !

Ces valeurs de paix civile et d’harmonie sociale sont communes, j’en suis sûre, à une majorité de Français et de Françaises. Alors j’appelle toutes celles et tous ceux qui partagent ces valeurs, quelle que soit la diversité de leurs sensibilités à converger pour les soutenir et pour se rassembler majoritairement autour du pacte présidentiel (…).

 Je remercie du fond du cœur tous les candidats de la gauche et des écologistes qui, sans tarder, ont appelé à se rassembler sur mon nom, avec une pensée particulière, si vous le permettez, pour Arlette Laguiller qui, pour la première fois, a franchi le pas. Mais je remercie, bien évidemment, aussi tous les autres : Marie-George Buffet, José Bové, Dominique Voynet, Olivier Besancenot, et je leur dis que leurs idées et que leur idéal ne seront pas oubliés dans le pacte présidentiel.

Je veux dire, pour élargir ce rassemblement, et pour lui donner toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, je veux dire à toutes celles et tous ceux qui ont souligné, pendant cette campagne, les dangers que représenterait pour la France une droite dure, une droite dure pour les modestes, mais généreuse pour les plus aisés et pour les plus riches, à tous ceux-là, je veux leur dire, à tous ceux qui pensent que les valeurs humaines doivent toujours l’emporter sur les valeurs boursières, à toutes celles et ceux qui pensent que, pour que la France avance, elle a besoin d’un Etat impartial et garant des libertés publiques, à toutes celles et tous ceux qui ont la conviction que l’on ne doit pas se laisser s’installer les violences et les fractures dans nos quartiers, à tous ceux qui pensent que la réforme se fait d’abord par le respect, à tous ceux qui pensent que l’on peut réformer en profondeur notre pays sans le brutaliser, à tous ceux-là, je dis que le 6 mai, le choix est clair.

Il y a désormais deux voies possibles, et ce débat démocratique, il est aujourd’hui porté à son plus haut niveau : il y a la voie de la division et celle de la réconciliation, que je veux incarner.

Il y a, d’un côté, la voie de la brutalité, et de l’autre celle du dialogue et de la concertation que je vous propose. Il y a, d’un côté, la voie du chacun pour soi, de la concurrence et de l’expérimentation sauvage, ou celle de la solidarité et de la réforme dans le calme.

Nous aurons le choix, en clair, entre reconduire la majorité sortante, son candidat, ses méthodes, son incitation brouillonne, ses échecs répétés sur tous les fronts : de l’emploi, de l’éducation, de la santé, de la sécurité et de l’ordre public, et j’en passe, ou bien essayer autre chose et changer de politique, et c’est à cela que je vous invite.

Bref, il y a le choix, d’un côté, entre le candidat soutenu par Berlusconi, et de l’autre, la candidate soutenue par Zapatero (…).

 Je veux rendre à la France la fierté de son histoire et de son action collective, je veux rendre à la France sa place, toute sa place au sein et au cœur de l’Europe, d’une Europe sociale qui luttera contre les délocalisations et qui se battra pour le progrès humain de tous ses habitants.

Je veux construire avec vous, c’est mon désir le plus cher, une France que l’on entende mieux et davantage face aux extrémismes, aux fanatismes qui prennent en otage des régions entières de la planète. Je veux une France qui, s’écartant de la tentation de repli, renoue avec l’idéal de la République, l’idéal des Lumières, l’idéal des droits de l’homme et de la femme, l’idéal de la citoyenneté et qui en fait sa force et sa beauté. Voilà à quoi je vous invite !

Venez, hommes et femmes de France, nous avons un grand destin à faire accomplir à notre beau pays. Venez, jeunes de France et forces vives d’une des plus belles nations du monde, rassemblons-nous, rassemblez-vous. Venez, serrons-nous les coudes ensemble, nous allons rendre le sourire à ce pays, ensemble, nous allons conjurer les mauvais démons de la mélancolie et du déclin, ensemble, nous allons reprendre confiance dans notre avenir, mais pas l’avenir pour quelques-uns, l’avenir au service du plus grand nombre.

Avec nous, ceux qui trébuchent vont pouvoir se relever, avec nous, ceux qui doutent vont pouvoir reprendre confiance, et notre responsabilité sera surtout de ne pas les décevoir, avec nous, tous ceux qui ont des projets pourront les réaliser, avec nous, aucun talent ne sera gaspillé, avec nous, la France sera forte et fière de toutes ses diversités, avec ces Français de toutes origines, avec tous ses quartiers, avec toutes ses régions, avec toutes les générations que j’appelle aujourd’hui à bâtir un devenir commun.

Construisons ensemble la maison France, forte de ses valeurs, appuyée sur ses certitudes, celles qui nous font progresser, celles qui rendent cohérente l’action politique au quotidien entre des familles accueillantes à tous les enfants qui ont les moyens de les éduquer, une école qui assure la garantie républicaine de l’égalité, de la réussite scolaire, un travail donné à tous, et en particulier à ceux qui souffrent des discriminations, et en particulier le combat sur l’égalité entre les hommes et les femmes sera dans la République, parce que, lorsque l’égalité progresse, lorsque la justice avance, cela ne se fait pas pour les uns aux dépens des autres, mais c’est tout le monde qui grandit ensemble. C’est cela le sens du message que je veux vous délivrer ce soir ».

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 18:48

 

« Nous n’avons jamais confondu la droite et la gauche »

 Ils n’ont pu s’entendre pour soutenir un candidat commun à l’élection présidentielle et ont voté différemment le 22 avril. Mais, avant d’envisager une démarche commune pour les élections législatives, leur objectif prioritaire est de battre Sarkozy. Et, pour battre Sarkozy, il faut voter Royal.

 Leur appel (publié ce jour sur www.liberation.fr ) s’adresse à l’ensemble de la gauche antilibérale afin de faire barrage au candidat de l’UMP. Les signataires sont : Clémentine Autain, féministe, élue de Paris ; Eric Coquerel, président du Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale ; Claude Debons, ex-coordinateur des collectifs du 29 mai, François Labroille, élu Alternative citoyenne ; Roger Martelli, communiste ; Christian Picquet, LCR ; Catherine Tricot, communiste.

 « Pour battre Sarkozy, il faut voter Royal »

 "La «drôle de campagne» est terminée. Malgré le brouillage de tous les repères, la candidate du Parti socialiste s'est qualifiée pour le second tour. Divisée, la gauche antilibérale n'a pu s'imposer comme un acteur essentiel de cette élection. Il lui revient aujourd'hui de dépasser sa dispersion électorale pour prendre ses responsabilités et contribuer à battre Sarkozy au second tour.

 Nous nous adressons en ce sens à toute la gauche de gauche, des socialistes du «non» à l'extrême gauche,­ qui avait mené unitairement la campagne contre le traité constitutionnel européen.

 Nous lui proposons de se retrouver à l'occasion d'un grand meeting commun à Paris et de réunions du même type partout en France, pour appeler à battre la droite sur la base des exigences et valeurs de transformation sociale qui forment son patrimoine commun.

 Nous savons que les discours d'Olivier Besancenot, de José Bové, de Marie-George Buffet, de Jean-Luc Mélenchon, des animateurs de la campagne du «non» dont nous fûmes, et de bien d'autres encore, seront divers. Mais nous ne doutons pas de l'efficacité, pour mobiliser toutes les énergies à gauche, de ce qui serait l'une des initiatives les plus significatives de l'entre-deux-tours.

Voilà bien le minimum que nous devons aux millions d'hommes et de femmes qui veulent conjurer la menace Sarkozy mais ne se retrouvent pas dans le «pacte présidentiel» de Ségolène Royal.

 Nous en sommes convaincus : la gauche ne doit pas s'adapter au libéralisme mais le combattre; c'est le plus sûr moyen de battre la droite.

 Nous n'avons pas changé d'avis, nous pensons toujours que les propositions de la candidate et la politique du Parti socialiste ne sont pas une réponse à la hauteur des attentes de l'immense majorité de la population, faute d'une volonté d'imposer un autre partage des richesses et des pouvoirs.

 Nous pensons toujours qu'il y a besoin d'une gauche qui saura de nouveau se tourner vers les classes populaires, donner la priorité à la satisfaction des besoins du plus grand nombre, affirmer son parti pris féministe, relever enfin le défi de la redistribution des richesses, défendre un nouveau mode de développement respectueux des équilibres écologiques, replacer la souveraineté populaire au coeur de ses propositions pour la France et pour l'Europe.

 La campagne du premier tour a confirmé qu'il existait bien deux orientations divergentes à gauche et nous regrettons d'autant plus qu'une alternative unitaire à gauche n'a pu peser de tout son poids pour empêcher la droitisation du débat électoral. Mais nous n'avons jamais confondu la droite et la gauche ; c'est pourquoi nous appelons à battre Nicolas Sarkozy en votant Ségolène Royal.

 Car Nicolas Sarkozy est un homme dangereux. Il aspire à être l'artisan d'une contre-révolution conservatrice et ultralibérale inspirée de George Bush. Il veut mettre en pièces ce qu'il reste des conquêtes sociales arrachées depuis la Libération (code du travail, protection sociale, service public, Etat social). Il entend promouvoir un autoritarisme attentatoire aux libertés et n'hésite même plus à s'en prendre à l'héritage des Lumières.

 Il abandonne l'ambition d'égalité républicaine au profit d'une vision communautariste de l'avenir de la société. Il prône un alignement atlantiste de la politique étrangère de la France sur celle des Etats-Unis. Il est poussé par une extrême droite à laquelle il aura emprunté tout un pan de sa terminologie et de ses idées pour récupérer une partie de ses voix. Oui, décidément, aucune voix ne doit manquer pour lui barrer la route du pouvoir suprême.

 Mais on ne battra pas Sarkozy en écoutant les sirènes centristes qui charment déjà d'importantes figures du Parti socialiste. C'est en répondant aux attentes sociales, en proposant une réelle alternative à l'ordre libéral, en retrouvant le peuple de gauche qui souffre des politiques menées depuis vingt-cinq ans, que l'on y parviendra. Ce message, il revient aux diverses composantes de la gauche antilibérale de le porter dans l'unité. Par-delà un total de voix qui représente son plus mauvais score de la décennie.

 Rassemblée à l'occasion de la campagne référendaire de 2005 comme dans les mobilisations sociales, la gauche de transformation avait démontré son utilité de contestation et de proposition et permis de révéler l'opposition majoritaire de nos concitoyens à la mondialisation libérale.

 Divisée, elle aura été vécue comme incapable de changer la donne à gauche. Le temps des bilans viendra, mais la question d'une alternative à l'alternance reste posée. Serait-il responsable de reproduire sans fin les concurrences qui viennent de nous conduire à l'échec ?

 Pour notre part, nous en restons convaincus, l'ambition de changer la donne à gauche, pour y rendre majoritaire une politique de transformation profonde de la société, reposera très vite la question de l'unité de la gauche antilibérale. De nouveaux chemins devront sans doute être explorés pour y parvenir.

 Cela dit, dès les législatives, la gauche antilibérale s'honorerait de présenter un maximum de candidatures communes plutôt que de chercher à se compter en une compétition dérisoire. Et, tout de suite, l'organisation du meeting commun que nous proposons pour battre la droite serait un signe d'espoir envoyé à celles et ceux qui aspirent à une gauche authentiquement de gauche. Notre ambition est d'y travailler ".

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 17:02

 

Une nouvelle ère démocratique pour la France

 Le premier point fort de ce scrutin est la très importante participation électorale, qui montre la volonté des Français de s’impliquer dans le choix de leur représentation publique nationale au plus haut niveau. C’est l’indice du renouveau d’intérêt des citoyens pour la politique.

 Le second fait marquant est la qualification de Ségolène Royal pour le second tour, après avoir réalisé une très bonne campagne.

 La candidate du PS, du MRC et du PRG, a présenté son pacte présidentiel et cent propositions pour un vrai changement. Elle a innové en évoquant à sa façon la Nation, la République, l’Europe, la sécurité, la revalorisation du travail et la responsabilité individuelle, en sollicitant la participation active des citoyens dans la vie publique.

 Ses qualités personnelles lui ont permis de gagner la confiance d’un Français sur quatre et d’obtenir dès dimanche soir le soutien des autres candidats de gauche face au candidat de l’UMP au second tour.

 Depuis le lancement de sa candidature, elle se réfère souvent à la démarche de François Mitterrand en 1981. Le résultat du premier tour est un indice supplémentaire de sa capacité à l’emporter le 6 mai.

 Car, c’est le troisième enseignement de ce scrutin, le candidat soutenu par le président sortant (et la plupart des membres du gouvernement et de la majorité depuis 2002), a bénéficié du transfert des voix d’extrême droite pour atteindre le score de 31%.

 En allant chercher ces voix sur les thèmes chers à Le Pen, le candidat de la droite néo-libérale a restreint sa capacité à rassembler des électeurs centristes et humanistes, ce qui pourrait se révéler être un handicap au second tour.

 Ségolène Royal  porte à présent les couleurs de toute la gauche. Au delà même de l'électorat des candidats de la gauche, la bataille autour du pacte présidentiel permettra dans les prochains jours de convaincre ceux qui ne l'ont pas été, dès le premier tour, de la pertinence des cent propositions pour répondre aux aspirations des Français.

 Cette victoire est possible parce qu'elle est la seule réponse au besoin de changement auquel aspirent nos compatriotes.

 Le MRC 53 appelle les Mayennaises et Mayennais à voter pour Ségolène Royal, qui porte l’espoir d’une politique novatrice permettant de relever les défis économiques, sociaux et environnementaux du pays et de consolider notre modèle républicain.

 Michel Sorin

 Secrétaire du MRC 53

 Délégué national MRC à l’agriculture

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 22:27

 

La République rééquilibrée et la dose de proportionnelle

 Sur www.lefigaro.fr on peut lire ce soir un entretien de Jean-Pierre Chevènement avec Myriam Lévy qui porte sur le second tour de l’élection présidentielle.

"Bayrou a tout intérêt à ce que notre candidate soit élue"

L’ancien ministre de l’Intérieur rappelle l’engagement du PS à introduire une part de proportionnelle aux législatives dans une interview à paraître mardi dans Le Figaro.

 LE FIGARO – Ségolène Royal peut-elle gagner l’élection présidentielle ?

 Jean-Pierre CHEVÈNEMENT. – Ségolène Royal aborde ce deuxième tour en position favorable. Car si l’on fait le total des voix qu’elle a obtenues et de celles des candidats qui ont appelé directement à se prononcer pour elle au deuxième tour, on arrive à peu près à 36%. Nicolas Sarkozy, même si l’on comptait les voix de M. de Villiers, mais c’est loin d’être acquis, ne serait qu’à 34%. Donc, cette compétition est ouverte.

 Sur quels thèmes la candidate socialiste doit-elle faire campagne pour ce deuxième tour ?

Les Français ont à choisir entre deux projets de société. Le modèle social français a besoin d’être modernisé, il n’a pas besoin d’être démantelé. Il faut une forte volonté pour préserver le tissu industriel, pour éviter que les centres de décision ne quittent la France. J’y ajouterai la Sécurité sociale, le service public. Mais il y a aussi un thème très important, celui de la démocratie. M. Sarkozy est soutenu par les grandes familles qui possèdent une bonne partie du CAC 40. S’il était élu, ce serait une formidable concentration de pouvoirs – économique, financier, politique, médiatique – qui aurait peu de précédents. Ségolène Royal propose une République rééquilibrée avec un Parlement qui légifère et contrôle, un gouvernement qui gouverne et rend des comptes, une justice indépendante et des médias pluralistes. Tout cela compose une autre perspective : celle d’une démocratie où l’on respire. J’ajoute qu’en cas de victoire, nous avons l’intention d’introduire une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin aux législatives. Il faut que les différentes sensibilités de notre pays soient mieux représentées.

 Lorsque Brice Hortefeux a proposé l’instauration d’une dose de proportionnelle, le PS a poussé des hauts cris. Y a-t-il une différence entre sa proportionnelle et la vôtre ?

 Avec la gauche, les choses prennent une allure tout à fait différente. Les propos de M. Hortefeux faisaient partie d’une campagne de débauchage des voix du Front national qui a d’ailleurs réussi. M. Sarkozy a capté une part très importante des voix du FN avec sa proposition d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. J’aurais préféré que M. Sarkozy n’importe pas dans la droite républicaine une thématique d’extrême droite.

 Même avec le soutien de tous les petits candidats de gauche, Ségolène Royal aura besoin des voix du centre. Comment parler à l’extrême gauche et au centre en même temps?

 Ségolène Royal parlera à tous les Français, au nom de l’intérêt général de la France. Il y a des gens qui ont voté pour M. Bayrou en pensant qu’il serait une meilleure protection contre Nicolas Sarkozy. Cet argument a été très fort. Et puis soyons francs: il y a beaucoup de gens qui pensent que la droite est là pour corriger la gauche et la gauche pour corriger la droite. Et beaucoup d’électeurs de droite modérée ont pensé que M. Sarkozy était une correction excessive. Simone Veil elle-même l’a jugé quelquefois trop brutal.

 Pour convaincre les électeurs de François Bayrou, Ségolène Royal doit-elle sortir du clivage gauche-droite ?

 Elle doit parler le langage de la République. Le candidat à l’élection présidentielle s’adresse à tous les Français. Il est l’homme de la nation, comme disait le général de Gaulle. Donc, au deuxième tour, il doit s’adresser à chaque Français pris en particulier. Il n’y en a aucun qui doive être abandonné. Ségolène Royal parle le langage de la République, une République rénovée, sociale, qui donne à l’égalité homme-femme un contenu en portant pour la première fois une femme à la présidence de la République. C’est un choix très novateur et optimiste. Certains peuvent en avoir peur. Mais c’est un choix d’audace qui dans tous les domaines apportera ses bienfaits. La France a besoin de se renouveler et de se réconcilier avec elle-même. Elle le fera mieux avec Ségolène Royal qui rassemble qu’avec Nicolas Sarkozy qui divise.

 Doit-elle aujourd’hui tendre la main à l’UDF et, par exemple, à ses députés, pour constituer dès aujourd’hui une majorité présidentielle élargie ?

 C’est à chacun de se déterminer librement. Maintenant, c’est la responsabilité de M. Bayrou. Malgré le score tout à fait remarquable qu’il a réalisé, il ne peut pas être présent au deuxième tour. Donc, il doit se prononcer en fonction d’une vision de long terme : s’il veut ancrer sa sensibilité dans le paysage politique, il a tout intérêt à ce que Ségolène Royal, qui veut faire place à toutes les sensibilités, soit élue.

 A lire sur www.chevenement.fr sur le même sujet :

 « L’enjeu du second tour : la République elle-même ! »

 « L'Establishment fait tonner les grandes orgues comme si son candidat avait déjà triomphé. En réalité, cette avance se renverse en son contraire, si on totalise pour le compte de Ségolène Royal l'ensemble des voix obtenues par les candidats qui ont appelé à voter pour elle au second tour, soit 36,11% contre 31,11% pour le chef de l'UMP (33,35% si on ajoute les voix de Philippe de Villiers, qui n'a pourtant donné aucune consigne de vote à ce jour).

Si on met de côté les voix Bayrou et les voix FN, Nicolas Sarkozy a donc un handicap de près de trois points. Il n'est pas sûr de le combler, car les voix de Bayrou sont pour la plupart des voix anti-Sarkozy, et l'intérêt de François Bayrou est de desserrer l'étau où le chef de l'UMP veut l'étouffer. N'est-ce pas lui qui déclarait, il y a peu, le 8 avril 2007 : « Son projet de société est à l'opposé du mien » ? Quant au FN, vidé par Sarkozy d'un bon tiers de ses voix, il n'est pas sûr qu'il laisse capter son héritage par un homme qui a importé ses idées dans la droite républicaine.

Ségolène Royal va montrer dans les dix jours qui viennent toute sa pugnacité et son optimisme fondamental. Elle est le candidat anti-système. Il faudra aller chercher chaque voix avec les dents en montrant à chaque Française et Français l'enjeu fondamental de ce deuxième tour : rien moins que la République elle-même, à travers son modèle social et son nécessaire pluralisme. Aucun effort ne doit être ménagé pour que le 7 mai au matin nous nous réveillions républicains ».

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 21:23

 

Un choix clair entre deux orientations différentes

 Après avoir pris connaissance des résultats du premier tour de l’élection présidentielle à Melle où elle est la députée des Deux-Sèvres, Ségolène Royal a préparé une déclaration solennelle sous la forme d’un appel aux Français l’engageant pour le second tour. Voici ce texte qui peut être lu sur http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=1655 .

 Appel de Ségolène Royal

  « Français, Françaises, mes chers compatriotes, à vous qui m'avez apporté si nombreux vos suffrages, aujourd'hui, je vous exprime ma joie et ma profonde gratitude.

Un élan civique s'est levé, la très forte participation, que j'avais appelé de mes vœux, est là. Je mesure la responsabilité éminente et qui m'honore, que vous me confiez ce soir.

Je n'en tire aucune gloire personnelle, vous me donnez une responsabilité majeure, celle de porter le combat du changement pour que la France se relève.

Pour que la France se relève, qu’elle retrouve son optimisme et qu'elle fasse le choix de l'audace et de la sérénité, une nouvelle campagne s'ouvre. Dans 15 jours, la France va choisir son destin et son visage.

Je lance un appel à toutes celles et ceux qui veulent que la France fasse triompher la République du respect parce que nous savons qu'il n'y a pas de liberté sans justice, qu'il n'y a pas d'efficacité économique sans progrès social. Nous aurons le 6 mai prochain un choix clair entre 2 voies très différentes.

Et je tends la main à toutes celles et ceux qui pensent, comme moi, qu'il est non seulement possible mais urgent de quitter un système qui ne marche plus.

Mes chers compatriotes, je vous invite à inventer une France neuve à la fois protectrice et dynamique, une France a la fois fraternelle et conquérante et qui permet à chacun de construire et de réussir sa vie.

J'appelle ce soir au rassemblement de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs du pacte présidentiel, et qui pensent que l'on peut réformer la France sans la brutaliser, qui veulent faire triompher toujours les valeurs humaines sur les valeurs boursières, qui veulent mettre fin aux insécurités et aux précarités qui se sont douloureusement creusées au cours de ces dernières années, qui veulent faire reculer toutes les formes de violence grâce a un ordre juste et à de nouvelles sécurités durables.

Je continue à faire le pari de l'intelligence des Français et je refuse de cultiver les peurs. Il s'agit de mettre la priorité sur l'éducation, de consolider les familles, d'épauler les personnes les plus fragiles, notamment nos anciens et les personnes en situation de handicap dont les conditions de vie se sont gravement détériorées au cours de ces cinq dernières années.

J'entends instaurer des règles justes dans la mondialisation, maintenir en France nos centres de décision et notre tissu industriel, refuser la régression sociale qu'entraînerait l'abandon à un libéralisme effréné.

Nous ferons de l'emploi tous ensemble notre combat principal et nous le gagnerons avec des entreprises performantes et conquérantes, qui respectent les salariés grâce à une démocratie sociale rénovée.

Je comprends la déception de toutes celles et ceux dont le ou la candidate n'est pas au second tour. Mais je voudrais leur dire ceci : Je serai la présidente garante d'un Etat impartial.

Car vous le savez, je suis une femme libre comme vous êtes un peuple libre.

Je ne suis l'otage d'aucun clan, d'aucun groupe de pression, d'aucune puissance financière.

Nous sommes nombreux et nombreuses aujourd'hui, au delà de notre vote du premier tour, à ne pas vouloir d'une France dominée par la loi du plus fort ou du plus brutal, et verrouillée par les puissances de l'argent, où tous les pouvoirs sont concentrés entre peu de mains, toujours les mêmes.

Avec moi, je vous propose de choisir une démocratie ou l'on respire librement avec un parlement qui délibère et contrôle, un gouvernement qui a des résultats et qui rend des comptes un Etat sans gaspillage, une justice indépendante des médias pluralistes et des libertés publiques garanties.

Oui, je veux une République refondée et non garrottée, un Etat exerçant une autorité juste et ferme, des régions dynamiques, des services publics modernisés et performants avec des citoyens libres, éduqués par notre école, conscients de leurs droits comme de leurs devoirs.

Si vous me confiez la charge de présidente de la République, j'aurais à cœur de défendre les intérêts de la France en Europe et dans le monde

Le patriotisme républicain trouvera tout son sens dans la construction d'une Europe socialement et économiquement redressée et capable de peser, dans un mode multipolaire.

Les Français seront appelés à se prononcer par référendum sur le nouveau traité européen, celui ci ne se fera pas à leur insu.

Cette Europe sera au service de la paix, elle œuvrera au dialogue des cultures, au co-développement avec les pays du sud et à la préservation des équilibres de la vie sur la planète.

Avec vous, je vais rendre à la France la fierté de son histoire qui renoue avec ses valeurs universelles car, quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde.

Je veux une France qui renoue avec l'idéal de la République des lumières, les droits de l'homme et de la femme et de la citoyenneté, qui ont su faire sa force et sa beauté. Venez, hommes et femmes de France de tous âges, de tous milieux, de tous territoires et de toutes origines ; venez, forces vives de notre belle nation ; venez, serrons-nous les coudes, ensemble nous allons rendre le sourire à notre pays. Ensemble, nous allons conjurer les mauvais démons de la déprime et du déclin.

Chers compatriotes, rassemblons-nous ; ce sont nos idées, notre idéal, qui vont gagner car ils sont au service de la France et des Français, de la paix civile et de l'harmonie sociale.

J'appelle toutes les énergies et l'espérance à se mettre en mouvement pour une France victorieuse, une France présidente, fière d'elle même pour que les Français s'aiment en elle.

Notre victoire est possible, car l'audace et la générosité sont là ; c'est une question de volonté et de cohérence, je les ai. J'ai besoin de vous parce que la France a besoin de vous

Vive la République, vive la France ! »

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 20:29

 

La France réconciliée avec l'élection présidentielle 

 Ségolène Royal est qualifiée pour le second tour, après avoir réalisé une très bonne campagne. C’est le fait le plus important qui efface la contre-performance catastrophique du PS le 21 avril 2002.

 Depuis sa candidature à la candidature jusqu’à la fin de la campagne de premier tour, elle a constamment innové par rapport au Parti socialiste en évoquant des thèmes comme la Nation, la République, l’Europe, la sécurité, la revalorisation du travail et de la responsabilité individuelle, en sollicitant la participation active des citoyens dans la vie publique.

 Il est vrai qu’au début, il y a eu du tangage au sein de son parti, notamment parmi les dirigeants, mais cette sortie des sentiers battus, ajoutée à ses qualités personnelles qui sont sous-estimées par beaucoup, a fortement contribué au résultat mitterrandien obtenu par Ségolène Royal hier.

 Le second fait majeur de ce premier tour est le transfert d’une partie des voix Le Pen vers le candidat de l’UMP, sous l’effet de la droitisation du discours de Sarkozy en fin de campagne. Mais ce qui était bon pour le premier tour peut se révéler être un handicap au second, s’agissant maintenant d’attirer l’électorat du centre.

 Le troisième point fort de ce scrutin est la très importante participation électorale, qui montre la volonté des Français de s’impliquer dans le choix de leur représentation publique nationale au plus haut niveau. C’est l’indice du renouveau d’intérêt des citoyens pour la politique.

 Comme l’indiquait, hier soir, Xavier Dumoulin sur son blog http://sr07.unblog.fr « Ségolène Royal  porte à présent les couleurs de toute la gauche. Au delà même de l'électorat des candidats de la gauche, la bataille autour du pacte présidentiel permettra dans les prochains jours de convaincre ceux qui ne l'ont pas été, dès le premier tour, de la pertinence des cent propositions pour répondre aux aspirations des françaises et des français. Nous devons être confiants et agir pour la victoire de la France présidente. Cette victoire est possible parce qu'elle est la seule réponse au besoin de changement auquel aspirent nos compatriotes ».

  Ce matin, sur ce même blog, on pouvait lire les résultats définitifs du premier tour de l'élection présidentielle du 22 avril 2007 pour la métropole et l’outre-mer (sans les votes des quelque 820.000 Français de l'étranger), tels qu’ils ont été communiqués par le ministère de l’Intérieur.

Inscrits : 43.651.588 - Votants : 36.928.728 - Exprimés : 36.395.657 - Abstention : 15,40%

 Olivier Besancenot : 1.494.391 - 4,11% ; Marie-George Buffet : 705.456 - 1,94% ; Gérard Schivardi : 123.242 - 0,34% ; François Bayrou : 6.750.019 - 18,55% ; José Bové : 479.114 - 1,32% ; Dominique Voynet : 570.246 - 1,57% ; Philippe de Villiers : 815.781 - 2,24% ; Ségolène Royal : 9.402.841 - 25,84% ; Frédéric Nihous : 420.097 - 1,15% ; Jean-Marie Le Pen : 3.824.299 - 10,51% ; Arlette Laguiller : 486.467 - 1,34% ; Nicolas Sarkozy : 11.323.704 - 31,11%. 

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 21:01

 

Maîtriser la consommation, diversifier les énergies (2)

 Cette réunion publique était organisée par l’association CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) présidée par Michel Sorin. Le thème : le climat et les énergies. Deux invités Gérard Pierre* et Michel Lemosquet**, exprimant leurs positions respectives sur le sujet. Un débat entre les participants (une trentaine de personnes) et les intervenants 

 

   - Gérard PIERRE , professeur émérite de physique à l’université de Bourgogne à Dijon, représentant le président du collectif « Sauvons le climat », association dont l’ambition est : « informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir ».

 - Michel LEMOSQUET , agriculteur à Champgénéteux (Mayenne) et militant en faveur des énergies renouvelables, responsable de l’association « COEDRA Maine » créée en 2000 en opposition au projet de laboratoire de stockage (enfouissement) des déchets radioactifs sur le canton de Bais (53 - massif granitique d’Izé), aujourd’hui opposée à la création d’une ligne à très haute tension (THT Cotentin-Maine) qui relierait Flamanville (50), site du futur (en projet) réacteur nucléaire EPR, au nord-ouest du Maine.

 Michel Sorin rappelle que cette rencontre-débat doit permettre aux citoyens présents de se faire une opinion sur le sujet traité, à l’issue des exposés des deux intervenants et du débat qui suit.

 « CIVIQ ne prend pas position. Ce n’est pas un parti politique. Son rôle est d’aider les citoyens à exercer leurs responsabilités dans la vie publique démocratique ».

 L’intérêt de cette réunion est la confrontation sereine de points de vue différents sur un thème très controversé, celui de l’énergie nucléaire, qui divise dès qu’on aborde les solutions permettant de diminuer l’émission des gaz à effet de serre, qui sont principalement à l’origine du réchauffement climatique. Gérard Pierre est favorable à l’énergie nucléaire et Michel Lemosquet y est opposé.

 L’exposé de Gérard Pierre a été présenté dans un article précédent (paru le 21 avril 2007).

 L’exposé de Michel Lemosquet

 Michel Lemosquet commence par préciser qu’il était agriculteur dans la Manche avant de s’installer en Mayenne. Il s’est donc intéressé à l’énergie nucléaire, La Hague et Flamanville étant situés dans ce département. En fait, les questions énergétiques le passionnent depuis longtemps, notamment l’électricité. Il ne partage pas certains points de l’intervention de Gérard Pierre, qu’il juge trop favorables à l’énergie nucléaire.

 NUCLEAIRE OU RENOUVELABLES : IL FAUT CHOISIR

Le projet de ligne THT, consécutif à la décision de construire un E.P.R. à Flamanville, ne laisse pas les Mayennais indifférents. Il pose la question du choix entre la poursuite du « tout nucléaire » et «  le développement des énergies renouvelables », accompagné d’une maîtrise des dépenses, visant la meilleure efficacité énergétique possible.

 Déjà mobilisée, pour s’opposer au projet de laboratoire d’enfouissement des déchets radioactifs dans le Massif granitique d’Izé, en 2000, la population, et de nombreux élus, continuent de s’informer et de débattre de l’électricité, mais aussi, plus globalement, de l’énergie. Ici comme ailleurs, ils ont compris que l’énergie sera l’un des enjeux décisifs des prochaines décennies, sur le plan économique, social et environnemental. De nombreuses initiatives voient le jour, sur le terrain, pour le développement des énergies renouvelables, et la mise en œuvre des économies d’énergie.
C’est un débat, à la fois local et national, car l’énergie est aussi une affaire de citoyens.

A QUELLES DONNEES DEVONS- NOUS FAIRE FACE ?

- Plus personne, aujourd’hui, ne conteste le réchauffement climatique, dû aux émissions de gaz à effet de serre, Halocarbures (CFC), CO2, Méthane, Protoxyde d’Azote.

 - Dans le même temps, nous percevons les limites des ressources fossiles et fissiles et leur épuisement : pétrole, gaz, charbon. Mais ce qu’on oublie souvent de dire, c’est que les réserves d’uranium (combustible des réacteurs nucléaires), n’excèdent pas 70 années, au rythme des consommations actuelles.

 - Troisième problématique : les déchets nucléaires pour lesquels on n’a pas de solution. La loi Bataille de 1991 (qui proposait trois voies de recherche : la séparation - transmutation des éléments, l’entreposage en surface et l’enfouissement profond) est en révision pour aboutir à un nouveau projet de loi actuellement en étude au Parlement.

 - Quatrième problématique : l’augmentation des consommations.

QUELS SONT NOS ENGAGEMENTS ?

Le protocole de Kyoto est ratifié, La France se doit de maintenir son taux d’émission de GES tel qu’il était en 1990.
Dans le prolongement de ces accords et dans le cadre du développement durable, la France a signé la directive européenne, visant à passer de 16 à 21% la part d’Energies Renouvelables consacrée à l’électricité en 2010. Tous les spécialistes s’accordent à dire que nous n’y parviendrons pas, avec la politique qui est menée aujourd’hui.
En 2005, notre pourcentage d’Energies Renouvelables est descendu de 16 à 14 %. Passer de 14 à 21 % exigerait un développement massif des énergies renouvelables, c’est-à-dire, pour prendre l’exemple de l’éolien, une puissance d’au moins 12 000 MW, alors que nous ne sommes qu’à 800 MW, pendant que l’Espagne atteint les 10 000 MW et que l’Allemagne arrive à 18 000 MW installés.

ETAT DES SOURCES D’ENERGIE ELECTRIQUE AUJOURD’HUI EN FRANCE

Le nucléaire représente 75 %, l’hydraulique 14 %, le charbon 6 %, le pétrole 2 %, le gaz 1 %, le solaire et l’éolien … 1%. Sans l’hydraulique, constituée par les grands barrages, notre part d’énergie renouvelable est insignifiante.
La France est le seul pays de la planète, à avoir tout misé sur le nucléaire et rien que sur le nucléaire, depuis 30 ans (95 % du budget de recherche sur l’énergie est consacré au nucléaire, 2% seulement aux renouvelables).
Avec ses 58 réacteurs, la France exporte 15 % de sa production électrique à bas prix mais garde les déchets. En revanche, elle importe 2 à 3 % à prix fort, lors des pics de consommation que le nucléaire ne sait pas gérer. Pour exemple : le 22 février 2005, jour le plus froid de l’année, la France a eu besoin de 86 000 MW et a dû acheter 3 % de son électricité.

 Deux mois plus tard, il faisait très beau, il n’y a eu besoin que de 35 000 MW et plusieurs centrales ont dû être mises à l’arrêt. La consommation moyenne étant de 65 000 MW, il paraît urgent de lisser les pics, plutôt que de poursuivre la fuite en avant en construisant l’E.P.R.

NUCLEAIRE ET EFFET DE SERRE

Au niveau mondial, le nucléaire ne représente que 6% de l’énergie globale. Pour voir la quantité de gaz à effet de serre diminuer de façon significative, il faudrait multiplier le nombre de centrales par quatre (passer de 450 réacteurs à 1800). 

C’est à l’évidence impossible puisque les réserves d’uranium se trouveraient épuisées, la gestion des déchets, particulièrement dans les pays où la démocratie est fragile ou absente, deviendrait incontrôlable et poserait très vite des problèmes sanitaires irréversibles, le passage du nucléaire civil au nucléaire militaire entraînerait une prolifération des armes atomiques. L’Iran est là pour nous le rappeler. Au niveau national, le nucléaire ne représente que 15% de l’énergie consommée. C’est dans le transport, principal secteur émetteur de Co2 en croissance permanente, qu’il faut agir en priorité, ainsi que dans le résidentiel tertiaire. Les produits pétroliers représentent plus de la moitié de la consommation énergétique française et sont dominants dans ces secteurs.

E.P.R. ET COÛTS

L’E.P.R. est évalué à 3 milliards d’Euros l’unité, par commande de 10. Il est très coûteux pour sa construction, mais aussi pour son exploitation et, dans le futur, pour son démantèlement. Si le prix du kilowatt nucléaire semble compétitif, c’est qu’il ne prend pas en compte ses coûts réels.
De nombreux coûts ne sont pas intégrés dans le calcul du kwh nucléaire :
- investissement énorme de la mise en place,
- coût futur du démantèlement,
- coût total de la gestion à long terme des déchets,
- coût de la protection des centrales,
- assurances pour lesquelles le nucléaire bénéfice d’un régime exceptionnel dérogatoire,
- coût éventuel d’un accident grave.
Tous ces coûts sont et seront pris en charge par les contribuables, ce qui fausse la concurrence au détriment des autres énergies.
La Cour des Comptes, par la voix de
Philippe Seguin, a signifié ses inquiétudes sur le coût explosif des déchets et l’avenir de la filière ; elle souligne,aussi, le manque de provisions pour le démantèlement des réacteurs, opération qui coûtera beaucoup plus cher que prévu. Jamais dans l’histoire, et dans le monde, une énergie n’a reçu autant de fonds publics que le nucléaire français.

E.P.R. NUCLEAIRE ET RISQUES

 Les risques liés au nucléaire ne sont, en aucun cas, comparables à d’autres risques industriels. L’accident, toujours possible, les risques terroristes, déclencheraient une catastrophe dont personne ne peut maîtriser les effets. Les conséquences de Tchernobyl doivent faire réfléchir. Le nucléaire, de ce fait, n’est pas assuré, car il n’est pas assurable. Est-il raisonnable de prendre autant de risques lorsque d’autres choix sont possibles ?

D’AUTRES CHOIX SONT POSSIBLES

Le projet E.P.R. engage l’avenir énergétique de la France. D’autres choix sont possibles.
La maîtrise de l’énergie d’une part, les énergies renouvelables d’autre part, fournissent ensemble une alternative urgente et incontournable.
Le nucléaire, c’est la culture de l’offre, aboutissant à un gaspillage, c’est aussi une dépendance, à cause des importations d’uranium. Au contraire, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique procurent une indépendance. Par ailleurs elles permettent d’avoir une production décentralisée répondant mieux à la demande, avec moins de nuisances, causées par le transport de l’énergie sur le territoire.
Ce choix est le plus convenable pour l’environnement et la santé, car il n’émet ni gaz à effet de serre, ni déchets radioactifs. Mais aussi, plus convenable, des points de vue social et économique, puisqu’il développe l’emploi d’une manière durable.

SCENARIOS ALTERNATIFS

Il existe des scénarios alternatifs de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables :
- Scénario Négawatt,
- L’analyse réalisée par le bureau d’étude « Les 7 Vents du Cotentin » à la demande du Réseau « Sortir du nucléaire » sur la région Grand Ouest (Haute et Basse-Normandie, Bretagne et Pays de Loire) : avec 3 Milliards d’Euros (Coût de l’E.P.R.) que peut-on faire dans le grand ouest en électricité ou Comment sortir du modèle énergétique français au profit d’une approche en devenir ?                                                                                                                                    
1- Avec la même somme (3 milliards d’euros) que celle consacrée à la seule production d’électricité, on obtient une capacité de réponse aux besoins électriques, deux fois supérieure à celle de l’E.P.R., en ajoutant la production d’électricité à celle qui est évitée.
2- Le nombre d’emplois pérennes dépasse les 10 000. Le projet EPR, quant à lui, comptera jusqu’à 2 300 personnes en phase de construction. Sur quinze ans, la moyenne cumulée est de 600 emplois créés. L’effectif permanent sera de 250 à 300 emplois.

Ces actions, si elles se concrétisent, engageront le Grand Ouest sur la voie de la productivité énergétique. Plus compétitives, à la pointe de l’innovation, les régions feraient un pas décisif en matière de performances économiques et d’amélioration des conditions sociales et de respect de l’environnement.
Véritable tournant en France, amorce vers une politique de décroissance, les évolutions en matière de consommation et de production électriques rendront obsolètes les projets d’EPR et de ligne THT.

Le projet ITER, très coûteux, a peu de chances de réussir. La problématique énergétique se pose bien avant cent ans. A noter que l’ambassadeur ITER pour la France est François d’Aubert, maire de Laval, ancien ministre.

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