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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 17:55

 

Maîtriser la consommation, diversifier les énergies

 Cette réunion publique était organisée par l’association CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) présidée par Michel Sorin. Le thème : le climat et les énergies. Deux invités Gérard Pierre* et Michel Lemosquet**, exprimant leurs positions respectives sur le sujet. Un débat entre les participants (une trentaine de personnes) et les intervenants.

 - * Gérard PIERRE , professeur émérite de physique à l’université de Bourgogne à Dijon, représentant le président du collectif « Sauvons le climat », association dont l’ambition est : « informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir ».

 - ** Michel LEMOSQUET , agriculteur à Champgénéteux (Mayenne) et militant en faveur des énergies renouvelables, responsable de l’association « COEDRA Maine » créée en 2000 en opposition au projet de laboratoire de stockage (enfouissement) des déchets radioactifs sur le canton de Bais (53 - massif granitique d’Izé), aujourd’hui opposée à la création d’une ligne à très haute tension (THT Cotentin-Maine) qui relierait Flamanville (50), site du futur (en projet) réacteur nucléaire EPR, au nord-ouest du Maine.

 Michel Sorin rappelle que cette rencontre-débat doit permettre aux citoyens présents de se faire une opinion sur le sujet traité, à l’issue des exposés des deux intervenants et du débat qui suit.

 « CIVIQ ne prend pas position. Ce n’est pas un parti politique. Son rôle est d’aider les citoyens à exercer leurs responsabilités dans la vie publique démocratique ».

 L’intérêt de cette réunion est la confrontation sereine de points de vue différents sur un thème très controversé, celui de l’énergie nucléaire, qui divise dès qu’on aborde les solutions permettant de diminuer l’émission des gaz à effet de serre, qui sont principalement à l’origine du réchauffement climatique.

 L’exposé de Gérard Pierre

 Gérard Pierre commence son exposé en précisant que « Sauvons le climat » a été fondé en 2004 afin d’exercer une vigilance citoyenne sur les problèmes liés au réchauffement climatique, pour l’essentiel dû à l’exploitation des énergies fossiles.

 L’énergie se présente sous la forme d’une réaction chimique, qui conduit à une perte de masse. C‘est Albert Einstein qui est l’inventeur de la célèbre équation E = mc² (l’énergie d’une particule E est fonction de sa masse m et du carré de la vitesse de la lumière c).

 La vitesse de la lumière c étant très grande, une petite quantité de matière m peut produire une grande quantité d’énergie E.

 Les deux problèmes énergétiques majeurs sont le réchauffement climatique et la raréfaction du pétrole et, à plus long terme, du gaz.

 Le réchauffement climatique

 Le réchauffement climatique est essentiellement dû à l’émission de gaz à effet de serre (GES), dont le principal est le gaz carbonique (dioxyde de carbone CO²) et la principale source d’émission du CO² est liée aux activités humaines : industries, moyens de transport terrestres et aériens, centrales thermiques utilisant des combustibles fossiles, feux de biomasse, chauffages domestiques, et, plus généralement, toute activité impliquant une combustion.

 Les autres GES présents dans notre atmosphère sont le méthane provenant surtout des activités d’élevage de ruminants et de fermentations dans les rizières, et de gaz présents dans l’atmosphère en très faible quantité, issus d’activités industrielles et de transports.

 Une précision : la présence de GES dans l’atmosphère est nécessaire. La température moyenne annuelle du globe est actuellement 15°C. Sans GES, elle serait -18°C ! La planète serait recouverte de glaciers. Ainsi, l’effet de serre, dû à la présence naturelle de vapeur d’eau et de gaz carbonique, permet d’avoir un climat tempéré favorable à la vie. C’est la modification rapide de la composition atmosphérique par les activités humaines qui, en introduisant des quantités croissantes de GES divers, pose de graves problèmes pour l’avenir.

 (*Ces informations ont été extraites du livre « La physique : du laboratoire au quotidien » dont l’auteur coordonnateur est Gérard Pierre, éditions universitaires de Dijon, 2006).

 Quels sont les pays qui produisent le plus de CO² (en tonnes de carbone par habitant) ?

 Le Qatar est en tête avec 18 tonnes, l’Australie est en seconde position. Les USA sont 6ème (6,6 t), l’France en 27ème position (3,2 t), la France 54ème (2,3 t), la Chine 97ème (1,1 t) et l’Inde 140ème  (0,5 t). La population de ces deux derniers pays et leur taux de croissance économique en fait des cas particuliers. La Chine utilise surtout le charbon et l’Inde aussi mais elle investit dans l’énergie nucléaire. Le charbon et le pétrole sont la solution la plus simple actuellement pour faire face aux besoins croissants de consommation énergétique.

 La raréfaction du pétrole

 La consommation d’énergie mondiale est en augmentation de plus de 2 à 3 % par an et, en conséquence, doublera en une trentaine d’années.

 Actuellement cette consommation se répartit de la façon suivante : 80 % de consommation d’énergie fossile et les 20 % restants se  répartissent entre biomasse (6%), nucléaire (6%), hydraulique (6%) et dans une moindre mesure (2%) de type solaire ou éolien.

 Les scientifiques spécialisés dans l’étude du climat et de ses changements climatiques nous proposent un scénario de réduction des émanations de CO² de moitié en 30 ans afin de tenter de maintenir l’augmentation de la température dans des limites plus raisonnables.

 Soit, si nous consommons 100 aujourd’hui, nous consommerons le double en 2035 soit 200, mais il faudrait au niveau mondial diminuer par 2 notre consommation d’énergie fossile ; nous en consommons aujourd’hui 80, il faudra en consommer seulement 40.

 Pour aller de 40 à 200, il faut faire passer les consommations de biomasse, d’hydraulique, de renouvelables et de nucléaire de 20 à 160 (200 – 40). Autant dire qu’au niveau mondial, le défi sera très difficile à relever.

 L’hydraulique n’est pas extensible à l’infini et son développement est limité aux possibilités hydrauliques du lieu ; il en est de même, mais dans une moindre mesure, de la biomasse.

 Il faut faire des biocarburants, mais remplacer le pétrole fossile par du pétrole vert n’est pas généralisable partout et, par exemple, demanderait à la France plus de surface qu’elle n’en possède. Quant au nucléaire, le risque de prolifération des armes qui peuvent être créées à partir du combustible des réacteurs est tel qu’il est difficile actuellement d’envisager de généraliser cette production au niveau mondial.

 Niveau des réserves énergétiques

 Les réserves énergétiques sont réparties en trois catégories : fossile, nucléaire, renouvelable.

 Le pétrole 

 La raréfaction des ressources pétrolières, dans un système libéral mondialisé, entraîne automatiquement l’augmentation du prix du baril de brut quand la demande devient supérieure à l’offre (c’est la tendance actuelle).

 Dans les années qui viennent, ce qui risque de changer durablement la vie des Français au-delà des choix politiques qu’ils seront amenés à faire cette année, est le pic de Hubbert pour le pétrole, prévu par les experts dans un avenir proche et qui aura pour conséquence la fin des énergies bon marché telles que nous les connaissons actuellement. En effet, ce pic (moment où la production mondiale de pétrole sera amenée à diminuer) est prévu à la fin de la première décennie du 21ème siècle (2010 – 2015).

 En tout cas, une chose est certaine : depuis plus d’un an, la demande augmente et l’offre stagne. C’est la cause essentielle de l’augmentation du prix du baril. Ce n’est pas une  cause conjoncturelle comme précédemment, mais la pénurie à venir est appelée à se prolonger, même s’il peut y avoir des fluctuations passagères conjoncturelles.

 Certains pensent que les découvertes de nouveaux gisements vont résoudre ce problème, mais depuis une dizaine d’années, les quantités découvertes sont inférieures à la consommation. On comprend aisément que les réserves ne peuvent que diminuer très rapidement.

 Le gaz naturel

 Les réserves de gaz sont plus imprécises que celles du pétrole. Le pic serait différé d’une quinzaine d’années par rapport au pétrole, soit vers 2025 – 2030. Le gaz est plus difficile à transporter et, surtout, à stocker. Il ne peut être une alternative au pétrole.

 Le charbon

 Les réserves de charbon sont très importantes. En Chine et en Inde, notamment, mais aussi aux USA, qui produisent 60% de leur électricité à l’aide du charbon et continueront à le faire longtemps. L’Allemagne respectera difficilement ses engagements de Kyoto à cause du charbon. Le Danemark est très efficace en écologie mais produit beaucoup de CO² à cause du charbon.

 Si l’avantage du charbon est son abondance, son stockage et sa relative simplicité de transport, ses inconvénients majeurs sont la production de CO² que son utilisation entraîne, ainsi que son extraction complexe et, souvent, coûteuse.

 L’énergie nucléaire

 Il existe deux façons de récupérer de l’énergie des noyaux : la fission (en les cassant, les neutrons provoquant une réaction en chaîne), ou la fusion (en les associant).

 La France possède la technologie et la capacité de développer son potentiel nucléaire civil. Son industrie nucléaire est la première dans le monde. Près de 80% de l’électricité est produite par des réacteurs nucléaires. La Finlande développe également cette filière mais les autres pays européens sont plus en retrait.

 Toutefois la quantité d’uranium que l’on peut récupérer sur terre à moindre coût est, comme les énergies fossiles, limité à environ 70 ans avec la consommation actuelle.

 Il faut donc imaginer la suite de cette filière. Le scénario prévu pour la France par EDF et le CEA est de construire, dans un proche avenir, des nouvelles centrales appelées EPR (Réacteur à Eau Pressurisée) dites de 3ème génération (Finlande, Flamanville).

 Ces réacteurs sont appelés à remplacer ceux construits dans les années 1970 en attendant le développement des réacteurs de 4ième génération (fusion nucléaire).

 Les réacteurs de 3ème génération (surgénérateurs) fonctionneront avec du plutonium qui n’est pas présent à l’état naturel, mais est produit en petite quantité dans les centrales fonctionnant actuellement.

 Le plutonium, qui peut être considéré comme un déchet produit par les actuels réacteurs, deviendra de ce fait un combustible. La production et l’utilisation du plutonium dans ces futurs réacteurs permettront de multiplier les réserves de combustible nucléaire par un facteur de l’ordre de 70 à 100.

 Avec la consommation actuelle, c’est donc plus de 5000 ans de réserves énergétiques que l’humanité aurait devant elle. Même si l’augmentation de la consommation doit réduire cette période, elle est suffisamment grande pour permettre le développement de la fusion contrôlée.

 La fusion contrôlée est le second projet mondial d’énergie nucléaire (ITER). Les recherches seront développées à Cadarache dans le cadre d’une coopération internationale. Elles seront longues et coûteuses, mais les sommes investies sont et seront très inférieures à celles qui sont investies encore actuellement pour les énergies fossiles. Le développement de cette dernière filière est toutefois extrêmement prometteur. Contrairement à la fusion, elle ne produit pas de déchets de façon directe et les réserves sont quasiment sans limites.

 Deux accidents nucléaires majeurs (Tchernobyl  et Three Miles Island) ont eu lieu jusqu’à présent. Le premier, à la suite d’une explosion, a contaminé le continent européen. Le second a eu des conséquences graves (un mort) mais plus limitées. Des accidents comme celui de Tchernobyl (en Ukraine, tout près de la frontière biélorusse) sont possibles en Europe orientale, compte tenu de la nature des centrales. Des financements permettraient aux Etats concernés de réduire les risques. Les centrales françaises sont plus sûres, plus proches de la technologie Three Miles Island (USA).

 La plaie de la filière nucléaire, ce n’est pas le risque d’accident. Ce sont les déchets radioactifs. La loi Bataille prévoit le traitement de ce problème sur une durée de quinze ans, en fonction des résultats de la recherche et en séparant les déchets, élément par élément. L’expérience de la transmutation des déchets radioactifs à longue durée de vie a été acquise par Superphénix.

 Les déchets « conditionnés » sont entreposés en surface. La quantité de déchets ultimes produits par les centrales françaises est de 500 kg par an. Ils sont stockés de manière réversible dans des verres, dont la durée de vie est aussi longue que celle des déchets. Au Gabon, il existe une zone contaminée limitée de déchets disséminés depuis deux millions d’années (réacteurs naturels).

   Les énergies renouvelables n’ont pas été présentées lors de l’exposé de Gérard Pierre, faute de temps. Elles le sont dans son livre  « La physique : du laboratoire au quotidien ». En voici l’essentiel.

L’énergie hydraulique est à l’origine de 20% de l’électricité produite en France. Elle est fabriquée par gravitation (il faut de grands débits et de grandes chutes d’eau pour produire de grandes quantités d’électricité). Elle ne produit pas de gaz à effet de serre et son coût est faible, mais les possibilités de développement sont limitées.

 L’énergie éolienne s’est développée depuis cinq ans en Europe, principalement en Allemagne et aussi au Danemark et en Espagne. Son inconvénient majeur est le caractère intermittent de sa production d’électricité (taux de disponibilité de 25% dans un site bien adapté). Et son coût d’installation  est élevé. En France, si la décision était prise d’installer des éoliennes dans tous les sites possibles, cette filière ne pourrait produire que 4% de l’électricité actuellement consommée. Des parcs éoliens en mer sont envisageables.

 L’énergie solaire procède de deux filières, thermique et électrique. Les chauffe-eau solaires sont intéressants pour économiser l’électricité consommée à chauffer l’eau. Le solaire photovoltaïque a l’inconvénient d’avoir un faible rendement.

 La géothermie utilise la chaleur naturelle de la terre. Il existe trois types : basse, moyenne et haute température. A basse température, il faut compléter par des pompes à chaleur qui utilisent l’électricité, ce qui en réduit l’avantage. A moyenne température, il faut effectuer des forages. A haute température, cela devient une centrale de production gratuite de vapeur sèche.

 La biomasse, qui est l’ensemble des végétaux, réalise le captage et le stockage de l’énergie solaire. Elle devrait jouer un rôle important à l’avenir, à partir des forêts et des industries liées au bois, mais aussi des pailles ou des déchets de produits d’emballage (carton, papier). A terme, cette énergie pourrait être la principale énergie renouvelable en France (potentiel d’environ 15% de la consommation d’énergie primaire). Le biogaz et les biocarburants pourraient être utilisés par le monde agricole, mais il convient de prendre en compte la part de l’énergie dépensée par rapport à l’énergie produite.

 L’ancien professeur de physique a donné un aperçu des différentes façons de produire de l’énergie, soit par interaction forte et faible (nucléaire), qui est un million de fois plus intense que l’interaction électromagnétique (combustion de l’énergie fossile - charbon, gaz, pétrole), soit par interaction gravitationnelle (eau d’un barrage), dont l’intensité est entre les deux (un million de fois plus faible que l’interaction nucléaire la plus forte).

 En conclusion, Gérard Pierre précise qu’il connaît l’énergie nucléaire et s’intéresse aux problèmes énergétiques seulement depuis sa retraite. Il préconise de développer les énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique et, surtout, économiser l’énergie. Mais il insiste sur la nécessité de continuer le nucléaire, mettre en place l’EPR et préparer la suite, les surgénérateurs et la 4ème génération.

 Il existe trois options énergétiques :

 La première est de continuer à consommer les énergies fossiles, c’est un choix de développement, mais un choix non-durable à cause des réserves d’une part et de l’incidence sur le climat d’autre part. Les réserves sont d’environ 40 ans pour le pétrole, 70 ans pour le gaz, mais encore de 200 ans pour le charbon. Les pénuries de gaz et de pétrole sont pour bientôt et l’effet de serre et ses incidences sur le changement climatique nous imposent de diminuer notre consommation de charbon.

 La seconde consiste à n’utiliser que les énergies renouvelables, c’est le choix du non-développement qui, lui, risque d’être durable.

 La troisième, la plus raisonnable, consiste à ne rien négliger ni le durable, ni la maîtrise  des énergies, ni le nucléaire. Ce dernier choix, pourrait être appelé à tort un choix de développement de croissance durable, mais il ne le sera peut-être pas autant qu’espéré. Même ainsi, la crise est devant nous et elle sera décuplée avec un choix différent. En plus du développement des énergies durables et nucléaires, il nous faut maîtriser notre consommation pour que l’absence de croissance suffisante soit supportable. C’est la seule voie possible. Le remplacement du pétrole ne pourra pas se faire avec une seule voie énergétique. Si la gauche veut garder une vocation sociale, elle ne pourra pas se passer du nucléaire.

 Gérard Pierre termine en citant des références bibliographiques, qui sont dans son livre* :

 *Gérard Pierre « La physique : du laboratoire au quotidien », Editions Universitaires de Dijon,

 Georges Charpak « De Tchernobyl en Tchernobyls », Odile Jacob,

 Hervé Nifenecker (président de Sauvons le climat) « L’énergie de demain », EDP (collection Grenoble Sciences),

 Jean-Luc Wingert « La vie après le pétrole » Autrement (collection Frontière),

 Yves Cochet  « Pétrole apocalypse », Fayard,

 René Ducroux « L’effet de serre », CNRS édition (qui s’adresse aux enfants),

 Hervé Le Treut  « L’effet de serre. Allons-nous changer le climat ? », Flammarion,

 Jean-Marc Jancovici « L’avenir climatique. Quel temps ferons-nous demain ? » Le Seuil. 

Dans un autre article, l’exposé de Michel Lemosquet.

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 16:57

 

Vers une bipolarisation gauche-droite au 2ème tour

 Je lis dans Le Monde, daté du 21 avril, les tendances qui se dégagent des sondages réalisés et publiés durant cette dernière semaine de campagne.

 En moyenne, le candidat de l’UMP obtient 28% (pas de changement par rapport aux sondages début avril). La candidate du PS est à 24% (+1% par rapport à début avril). Le candidat de l’UDF est à 18% (-2% par rapport à début avril) et celui du FN à 15% (+1%).

Il reste une forte proportion d’indécis, y compris parmi les sondés qui annoncent leurs préférences. Ils seront nombreux à se déterminer au dernier moment, mais aussi très nombreux à se rendre aux bureaux de vote, ce qui est positif.

 Tout est donc encore possible. Toutefois, il existe des probabilités. D’abord, contrairement au 21 avril 2002, aucun des quatre candidats en position d’être qualifiés pour le second tour ne semble sur une voie vraiment ascendante ou descendante (cas de Le Pen et Jospin en 2002).

 Par contre, il y a des couples de candidats qui ont tendance à s’échanger des électeurs indécis (Sarkozy - Le Pen et Royal – Bayrou).

  D’autre part, les électeurs pensent au second tour et les plus stratèges vont voter demain selon leurs préférences de second tour. Bien sûr, comme toujours, certains votent pour un candidat dans le but d’en éliminer un autre (ou pour faire exploser son parti). Complexe !

 Ce qui semble émerger de ces sondages, c’est la probabilité que Sarkozy et Royal soient au second tour. Ils devraient logiquement bénéficier de l’effet 21 avril 2002 qui poussera les électrices et les électeurs de droite et de gauche à assurer leur présence le 6 mai.

 Le second élément, c’est la tendance favorable depuis début avril qui concerne Royal. Ce qui pourrait l’amener à prendre la première place au détriment de Sarkozy, si celui-ci venait à dévisser... Mais cela n’a pas valeur de pronostic.

 Il faut souligner que les candidats ont fourni de belles prestations pendant cette campagne de premier tour et que la participation des citoyens dans les réunions électorales a été très forte.

 A coup sûr, l’influence du résultat des votes du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005 s’est fait sentir.

 En fait, le clivage droite-gauche, qui était brouillé en 2002 sous l’effet de la poussée libérale, est en train de revenir en force, mais en intégrant davantage la lutte contre le néo-libéralisme et la réaffirmation des principes et des valeurs de la République.

 C’est justement ce que je disais et écrivais lors de la campagne présidentielle 2002, mais qui n’intéressait qu’un petit nombre de citoyens. Il y cinq ans, Jean-Pierre Chevènement était candidat parce que ses idées étaient rejetées par le candidat socialiste, premier ministre.

 Cette fois-ci, Ségolène Royal a souhaité que ces mêmes idées de Jean-Pierre Chevènement soient prises en compte par le PS et par elle-même dans son pacte présidentiel. La différence est de taille. Il reste à espérer que, demain soir, on verra aussi la différence...

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 17:44

 

Confronter les projets, les valeurs, les idées

 Un résumé des propos de Ségolène Royal ce matin sur France Inter est à lire sur http://www.desirsdavenir.org/index.php . Mutation de la gauche, nouveau compromis social dans l’entreprise, approche globale des questions politiques, ont été les principaux points traités.

 Sarkozy parle sans arrêt de lui…

Interrogée sur les propos de Nicolas Sarkozy qui trouve la campagne difficile, Ségolène Royal répond : « Ecoutez, si on pense que ces échéances sont dures, si on est là pour se plaindre, il ne faut pas s’y engager, c’est quand même assez curieux de la part du candidat de l’UMP de s’engager dans une échéance comme celle-ci où chacun connaît les épreuves, ensuite de s’en plaindre. Moi, je ne parle pas de moi. Je suis étonnée de voir à quel point Nicolas Sarkozy parle sans arrêt de lui.

 Ce qui concerne les Français c’est leur avenir, c’est comment on va régler les problèmes d’urgence qui sont graves en France, la question de la dette, du chômage, des bas salaires. J’ai rencontré hier les syndicalistes d’Airbus, ils n’ont toujours pas de réponse à leur demande, je leur ai dit que le plan de suppression d’emploi serait suspendu si je suis élue, nous remettrions l’ensemble des choses à plat, surtout après avoir découvert le scandale du pactole avec lequel monsieur Forgeard est parti.

 Ils sont très inquiets, c’est des familles, 10 000 familles déstabilisées après l’annonce de 10 000 suppressions d’emplois, des sous-traitants qui souffrent. C’est ça qui me touche et ce sont les cicatrices des autres et certainement pas les miennes. »

Concilier la liberté individuelle, les protections sociales et l’efficacité économique 

Elle évoque la mutation nécessaire de la gauche française : « nous sommes en train de muter, je pense que j’ai aidé la gauche à accélérer cette mutation au cours de cette campagne, d’abord en faisant une campagne différente et en imposant la démocratie participative au Parti socialiste, qui ensuite s’en est trouvé très heureux parce que quand les animateurs de débats se sont retrouvés dans des salles qui à nouveau se remplissaient, ils ont compris qu’il fallait que la politique change et que cette phase d’écoute était très importante et que les citoyens attendaient d’être associés aux décisions qui les concernent. Et pour moi, c’était une façon, après avoir mûrement réfléchi, de lutter contre le 21 avril bis, c’est-à-dire de faire en sorte que les gens aient à nouveau envie de venir voter parce qu’on les aura pris en considération. Je pense que cette phase a été réussie.

 Ensuite, l’autre mutation c’est de concilier la liberté individuelle, les protections sociales garanties et l’efficacité économique. On a souvent opposé à gauche la protection sociale et l’efficacité économique, l’un jouant contre l’autre, je pense aujourd’hui que face aux difficultés que la France rencontre ce sont ces idées de gauche qui correspondent aujourd’hui à ce dont la France a besoin, des idées neuves, celles du 21e siècle, c’est-à-dire qui n’opposent les uns aux autres. »

«
Le nouveau système que je propose, qui a été expérimenté ailleurs et qui a réussi, c’est de sécuriser les salariés et donc parce qu’ils sont sécurisés ils vont accepter dans le cadre d’un dialogue social bien construit et bien anticipé, ils vont accepter une mutation de l’entreprise grâce à la Sécurité Sociale professionnelle, au maintien du salaire, même lorsque que l’entreprise est obligée de supprimer des emplois en attendant d’en retrouver ou de reconstruire d’autres, ou pour le salarié d’être accompagné individuellement pour trouver une nouvelle activité.

 Voilà le nouvel équilibre, le nouveau compromis social que je propose, et j’ai rencontré l’ensemble des organisations syndicales et patronales du pays, et donc si je suis élue je serai immédiatement prête et le gouvernement aura sa feuille de route pour tout de suite mettre en place ce dispositif. »

La politique a changé en profondeur … 

« Je pense que la politique a changé en profondeur, ce que vous venez de dire le prouve. Il y a un certain nombre de Français qui se situent ni à droite, ni à gauche, c’est ce filon qu’a exploité François Bayrou tout en restant lui aussi dans une espèce de flou et en restant le patron de l’UDF d’ailleurs, et sans dire très clairement ce qu’il ferait entre les deux tours, donc il est assis entre deux chaises. »

« Il faut repenser la dynamique politique et reconquérir ce vote, d’abord en réinstallant les clivages mais pas au sens artificiel ou dogmatique du mot, mais les clivages au sens de confrontation des projets, des valeurs et des idées. C’est d’ailleurs ce qui est en train de se faire. Et là, on voit très clairement se dessiner deux modèles de société, moi je pense qu’on peut réformer la société française sans la brutaliser, je pense qu’il ne faut pas en rabattre sur les solidarités fondamentales, certainement pas procéder au déremboursement que propose le candidat de l’UMP, puisqu’il propose maintenant des franchises médicales, c’est-à-dire qu’il opposera les Français qui auront les moyens de se faire soigner et puis ceux qui pourront se payer des assurances privées pour s’assurer l’accès aux soins ou l’accès à la retraite. »

Une approche globale des problèmes de société

 La France « a besoin d’un chef d’Etat, d’un chef d’Etat mais qui regarde les choses différemment et surtout qui a compris que tout se tenait, que tout se tenait, et cette approche globale, peut-être je ne sais pas si elle est féminine, en tout cas j’assume, moi, ma part de féminité, comme dans chaque personne humaine, homme ou femme, il y a une part de masculinité, une part de féminité, donc forcément la part de féminité l’emporte.

 C’est peut-être ce qui m’aide à comprendre cette approche globale où tout se tient, il n’y a pas des, comment dirais-je, des lieux politiques disjoints les uns des autres mais si l’on sait par exemple bien faire fonctionner la famille au bon moment, on sait que les enfants réussissent mieux à l’école, donc, famille/école ; s’ils travaillent bien à l’école, ils trouvent du travail, donc école/famille/travail/emploi, tout se tient.

 Je pense aussi que notre avenir national dépend de la façon dont nous réussirons à réduire les écarts entre pays riches et pays pauvres, nous ne nous sauverons pas tout seul. Donc, cette approche globalisante des problèmes de société, des solutions à trouver, est aujourd’hui un regard et une méthode qui sont nécessaires pour résoudre rapidement les problèmes qui se posent au pays ». 

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 16:47

 

Le clivage gauche-droite commence à opérer

 Commençons par l’explication de vote de Jeanne Bourdillon, qui fait partie de l’équipe des Amis de ReSPUBLICA. Elle s’exprime à titre personnel, à côté de beaucoup d’autres qui expriment des opinions diverses, dans le dernier numéro 530 (20 avril) du journal en ligne www.gaucherepublicaine.org diffusé auprès de 25 000 abonnés .

 « La victoire de Ségolène Royal est nécessaire » 

« J’avoue que je ne comprends pas les réticences de certains de mes amis de Respublica contre Ségolène Royal. Les médias, aux ordres de Sarkozy, l’ont maltraitée, la faisant passer, avec un certain machisme, pour une Bécassine. Les éléphants du Parti socialiste lui ont savonné la planche, et travaillent à sa défaite. Eric Besson, en écrivant en catastrophe son livre, ne pouvait mieux contribuer à sa perte. L’extrême gauche passe son temps à lui taper dessus, pour le plus grand bonheur de Bayrou et de Sarkozy.

 Je trouve pourtant que Ségolène Royal a fait un parcours courageux. Quand elle a osé rompre avec le discours de la bobocratie de gauche, et proposer un encadrement militaire pour les délinquants multirécidivistes, j’étais d’accord avec elle, et pas avec Jean-Luc Mélenchon, qui voyait dans de tels propos la recherche du vote des petits blancs.

 Quand Jean-Pierre Chevènement l’a rejointe dans le staff de campagne, j’y ai plutôt vu un bon signe, et l’espoir que Ségolène Royal saurait prendre en compte le vote « non » des Français, le 29 mai dernier. Quand elle a parlé, à Villepinte, d’une sixième République, j’y ai vu l’influence positive d’Arnaud Montebourg. Quand elle a commencé à parler de la Nation, de la République, et du drapeau, j’y ai vu la patte de Jean-Pierre Chevènement, et je me suis réjoui que le principal parti de gauche adhère à ses valeurs. J’aime son discours sur la revalorisation de la valeur travail.

Je pense vraiment que Ségolène Royal était la seule chance, pour le Parti socialiste, de figurer au deuxième tour, et je n’ai pas envie de vivre à nouveau un 21 avril 2002.

 Je ne suis pas pour autant une inconditionnelle ; des choses, que je préfère taire dans ce texte, me dérangent chez elle, et dans son parti, mais pour moi il faut choisir le moindre mal. Je la trouve nettement meilleure que Lionel Jospin, en 2002.

 Je ne souhaite pas avoir à choisir entre Sarkozy et Le Pen le 22 avril 2007, au soir. Je ne veux pas davantage avoir à choisir entre Sarkozy et Bayrou, dont je rappelle à mes amis que l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France)  appelle discrètement à voter pour lui. Je n’ai jamais choisi la politique du pire, et je considère que la plus mauvaise gauche (ce qui n’est pas le cas de Ségolène Royal) vaut toujours mieux que la droite au pouvoir.

 J’ai toujours constaté que la gauche, malgré ses erreurs, amenait du progrès pour le monde du travail (40 heures et congés payés en 36, cinquième semaine en 1981, retraite à 60 ans, 35 heures en 1998, etc.). Jamais un gouvernement de droite n’a amené le moindre progrès social.

 Je ne prendrai donc aucun risque, n’égarerai pas mon vote sur des organisations d’extrême gauche souvent démagogues, et qui ne veulent pas exercer le pouvoir. Je ne crois pas davantage à la fable qui nous explique que Bayrou a des chances de battre Sarkozy, alors que la candidate socialiste n’en aurait aucune. Cela ne tient pas la route.

 Je voterai pour Ségolène Royal, sans aucune hésitation, dès le premier tour, pour battre la droite, et bien sûr au deuxième tour, pour éviter d’avoir Sarkozy président ». 

Pour sa part, Jean-Pierre Chevènement observe que l’électorat populaire a commencé de se mettre en mouvement. Voici ce qu’il écrivait hier sur www.chevenement.fr 

« Un vote de classe ? »

Je sens depuis une dizaine de jours l'électorat populaire qui bouge en faveur de Ségolène Royal. Les réticences qui se manifestaient, moins sur sa personne d'ailleurs que sur le fond de ses propositions et sur les marges de manœuvre disponibles, tombent au fur et à mesure que l'évidence apparaît : Ségolène Royal est le seul vote utile pour le changement.

Cela est particulièrement vrai pour le redressement de la construction européenne. Le
discours de Villepinte est assez clair sur ce sujet pour nourrir l'argumentation (réforme des statuts de la Banque Centrale et du pacte de stabilité budgétaire – gouvernement économique de la zone euro – harmonisation fiscale et sociale progressive à l'intérieur de l'Union – prise en compte des aspects sociaux et environnementaux dans les règles du commerce international définies à l'OMC – politique industrielle européenne, etc.).

On me fera valoir que l'électorat « bobo » pourrait en partie voter Bayrou mais je doute fort que l'appel de Michel Rocard à une alliance de premier tour avec lui vaille « permission de voter » en sa faveur. Tout cela fait très « politicien » et rime fort peu avec la « posture anti-système » revendiqué par le candidat UDF.

Ainsi, comme l'avait d'ailleurs bien vu Ségolène Royal, ce sont les couches populaires qui feront la décision. Ce ne sera pas un vote de classe mais ça y ressemblera.

Au soir du premier tour François Bayrou devra se déterminer entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, vers qui lorgnent les députés UDF. Une posture honorable pour François Bayrou serait alors qu'après avoir défini sa position personnelle, il laisse le choix à ses électeurs de se déterminer librement ».

Le dernier mot à Xavier Dumoulin qui, sur son « blog citoyen, socialiste et républicain pour 2007 » http://sr07.unblog.fr a conclu ainsi son article (18 avril) :

 « Pour la France Présidente, souveraine et libre » :

  « La dynamique du premier tour conditionne à l'évidence la capacité de la gauche à rassembler  largement pour remporter cette élection présidentielle. Cette victoire est une nécessité pour écarter une politique de régression sociale qui frapperait encore plus rudement les couches populaires et tournerait le dos à la tradition d'indépendance de notre politique étrangère.

 Affirmant ceci, je ne dis rien d'autre que ce que nous ne cessons d'expliquer depuis des mois.  En choisissant Ségolène Royal dès le premier tour, les citoyennes et les citoyens créeront les conditions d'une dynamique de succès au second tour au service d'un vrai changement en France et en Europe.  Quel élan pour la France si notre Peuple choisissait de porter à sa tête une femme dont on connaît à présent tout le tempérament ! »

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 22:01

 

Zapatero : « Ségolène est le changement, l’avenir » 

 Ségolène Royal était l’invitée de France 2 ce soir.

« Je veux dès le premier tour rassembler tous ceux qui pensent que les valeurs humaines doivent toujours l'emporter sur les valeurs boursières »   

 

  Voir http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=1635 .

 Elle a déclaré : "La France ne veut pas de ce modèle qui dresse les Français les uns contre les autres", affirme Ségolène Royal, estimant qu'"il est temps que l'Etat échappe à l'emprise d'un seul parti, l'UMP". "Plus mon score sera élevé au premier tour, plus il y aura une dynamique de victoire pour le second tour".

"Je veux dès le premier tour rassembler tous ceux qui pensent que les valeurs humaines doivent toujours l'emporter sur les valeurs boursières ou les valeurs financières, qui pensent que si la loi du plus juste remplace la loi du plus fort, alors la France sera plus solide".

Affirmant que son élection à la présidence de la République serait "une vraie mutation, une vraie révolution", Ségolène Royal juge qu'il "faut avoir de l'audace" pour voter pour elle, mais que "cette audace, les Français ne la regretteront pas".

 Un appel de 200 intellectuels pour Ségolène Royal, ce 19 avril dans www.liberation.fr .

 « Le 22 avril, assumer notre responsabilité »

 « Nous sommes des intellectuels et gens de culture, engagés à gauche de longue date sous des étiquettes diverses. Par-delà nos différences et nos divergences, qui subsisteront, nous appelons à voter dès le premier tour pour Ségolène Royal, seule candidature de gauche en mesure de remporter l'élection présidentielle. Aucune femme, aucun homme attaché aux idéaux républicains et aux valeurs de justice et de progrès social ne peut accepter que le 22 avril 2007 répète et aggrave les conséquences du 21 avril 2002.

 Une nouvelle défaite électorale de la gauche serait synonyme de graves menaces contre les libertés fondamentales et l'indépendance de la justice, de régression pour la recherche et d'asphyxie pour la création artistique, de domestication de l'information. Elle ouvrirait toutes grandes les portes à l'insécurité sociale et à la dérégulation économique, repoussant les forces progressistes et les mouvements sociaux en situation défensive et interdisant toute lutte efficace contre la dictature du marché dans l'Union européenne. Elle accentuerait la xénophobie et la criminalisation de l'immigration.

 Ce vote place donc chacune et chacun d'entre nous en face d'une responsabilité historique, pour la France et pour l'Europe. C'est pourquoi nous appelons tous les électeurs de la gauche, dans la diversité de ses composantes, à se rassembler dès le premier tour sur le nom de Ségolène Royal, pour barrer la route aux candidatures convergentes de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, et déjouer le leurre que représente le projet de «grande coalition» de François Bayrou, mettant ainsi la gauche en position de gagner au second tour ».

 José Luis Zapatero a apporté son soutien à Ségolène Royal au meeting de Toulouse, ce soir.

 « Je sais qu'elle peut présider les Français ».

 "Ségolène est le changement, l'avenir", déclare en espagnol José Luis Zapatero, le président du gouvernement socialiste espagnol,devant plus de 20 000 personnes appelant de ses voeux la victoire électorale de la candidate socialiste, avec laquelle il a déclaré partager de nombreux idéaux.

"Je soutiens Ségolène non seulement par sympathie personnelle, mais surtout en raison de l'admiration que j'ai pour elle. Je sais qu'elle peut présider les Français. Je la soutiens pour l'accompagner dans cette phase décisive de sa mission".

"Je le fais également au nom de mon groupe, des idées que nous partageons".

"Ségolène incarne l'impétuosité personnelle, la fraîcheur de caractère et l'optimisme. Elle représente une autre façon d'être, de gouverner, elle incarne les promesses de réussite de la social-démocratie".

"Pour toi et pour la France, le meilleur arrive, et cela commence dimanche, lorsque les Français parleront. Je serai toujours à vos côtés".

"L'Espagne attend la France moderne, innovatrice, et l'Espagne se sent très proche de la France".

José Luis Zapatero rappelle que "l'Espagne doit beaucoup à Toulouse". "Nous les Espagnols, nous avons une dette vis-à-vis de Toulouse qui a accueilli les Républicains espagnols", en 1939, après la victoire du général Franco.

Lire ce texte sur http://www.desirsdavenir.org/index.php .

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 21:16

 

Une femme libre, pragmatique, indépendante

 Cet entretien peut être lu sur le site du journal « 20 minutes » http://www.20minutes.fr  et, aussi, sur le blog remarquable de Xavier Dumoulin, où je l’ai trouvé : http://sr07.unblog.fr . Le style du journal est direct, celui de la candidate aussi. Cette femme a les qualités qu’il faut pour être chef de l’Etat.

 Si vous êtes élue le 6 mai, quelles seront vos premières mesures?
Je lancerai un inventaire sur le train de vie de l’Etat et de l’Elysée, pour le réduire et en assurer la transparence. Savez-vous qu’aujourd’hui les parlementaires ou les journalistes qui ont voulu avoir accès aux comptes de l’Elysée, n’ont pas pu? Ce sera ma première mesure symbolique extrêmement forte car je crois que dans une vraie démocratie, il faut éviter toute dérive monarchique.

 Le gouvernement sera t-il concerné?
Oui, les ministres ne pourront plus faire prendre en charge leurs dépenses privées aux frais des ministères. Je ne veux plus de familles entières nourries, logées et blanchies aux frais des contribuables. S’ils habitent les ministères pour des contraintes professionnelles, ça peut se justifier ; mais si leurs familles sont avec eux, elles devront payer leurs frais personnels. Je ne veux plus de logements de fonctions. J’ai le souci d’un Etat modeste qui donne l’exemple.

 Au-delà de cette mesure symbolique, quel est votre premier grand chantier?
Je veux réunir immédiatement une conférence pour relancer la croissance, l’emploi et revaloriser les bas salaires. Ce travail a été préparé puisque je suis la seule candidate à avoir rencontré l’ensemble des organisations syndicales. Cette campagne, je l’ai conçue comme une façon d’être prête le jour de l‘élection.

 Avec les contrats aidés, la lutte contre le chômage des jeunes semble votre première priorité?
C’est une des clés de la croissance. Quand une famille voit qu’un jeune diplômé est au chômage, cela décourage et touche toutes les générations. La France est le seul pays où les entreprises font aussi peu confiance aux jeunes. Notre pays a besoin de nouvelles règles du jeu. Quand l’Etat donne un certain nombre de choses, en contrepartie il doit en attendre d’autres. Par exemple, pour les jeunes diplômés, je crée les contrats-tremplins. L’Etat prend en charge pendant six mois la rémunération et les cotisations sociales du jeune, mais en contrepartie, l’entreprise prend du temps pour insérer ce jeune. L’entreprise doit faire un effort en contrepartie de l’avantage qui lui est accordé.

Le patronat vous semble-t-il réceptif?
Oui, une partie du patronat, que j’ai rencontrée. Ce sont des jeunes dirigeants prêts à entrer dans la logique nouvelle du gagnant-gagnant et qui ont compris que l’efficacité économique passe par le dialogue social. Les entreprises qui embauchent des jeunes, se sentent flouées puisque les entreprises qui ne le font pas, ont aujourd’hui les mêmes aides publiques. Quand François Bayrou promet deux emplois exonérés de charges pendant cinq ans, ce n’est pas normal. Qui en bénéficie? C’est aussi bien les entreprises qui ont licencié que celles qui créent des emplois, celles qui augmentent les salaires et celles qui ne le font pas. Il faut du donnant-donnant, sinon on crée des effets d’aubaines.

 Si au bout des 6 mois, une entreprise ne garde pas son emploi tremplin?
Si elle ne le garde pas sans pouvoir le justifier, elle rembourse les six mois de salaires, et elle n’aura pas droit de prendre un autre jeune sous ce contrat. Et si elle embauche un autre salarié pour le même emploi, elle n’aura pas droit aux exonérations de charges. Il faut de nouveaux deals équilibrés.

 Que faire contre les délocalisations?
Je veux une règle implacable: les entreprises qui licencient ou délocalisent alors qu’elles font des bénéfices, rembourseront toutes les aides publiques reçues. Elles réfléchiront à deux fois avant de délocaliser. Je veux un cercle vertueux. Les gens me connaissent, ils savent que je ne faiblirai pas. Je ne dépends d’aucun lobby, d’aucune puissance financière. Le gouvernement, lui, a donné son accord explicite pour que Noël Forgeard quitte EADS avec plus de 8 millions d’euros. Nicolas Sarkozy était alors membre du gouvernement. Il est donc incroyable qu’il s’offusque aujourd’hui de ces parachutes dorés.

 Vous êtes donc pour interdire les parachutes dorés?
Evidemment! Et surtout s’il a mis une entreprise en difficulté.

 Il faut une loi?
Oui. D’abord pour rétablir la transparence sur la rémunération des hauts dirigeants des entreprises. Cette loi existait mais la droite, avec Nicolas Sarkozy, l’a supprimée. Ensuite, avec moi, les organisations syndicales seront membres des conseils d’administration, comme c’est le cas d’ailleurs partout en Europe sauf en France. Elles pourront donc exercer leur contrôle sur ces rémunérations.

 Intervenir sur les parachutes dorés est possible dans les entreprises où l’Etat est actionnaire, mais pas dans les autres.
Sauf si l’on vote une loi imposant une répartition plus équilibrée des stocks options au profit des salariés. C’est le cas en Suède. Et il faut aussi que la loi limite les écarts de rémunération dans les entreprises.

 Le modèle scandinave que vous évoquez a un composante libérale forte : pas de loi sur le temps de travail, indemnités chômage plafonnées … La France est-elle prête à cette flexi-sécurité?
On ne peut jamais plaquer à l’identique le système d’un pays sur un autre. Il faut regarder ce qui marche et est compatible avec le système français.
Ces pays ont réduit de 15% leurs nombres de fonctionnaires. Vous en faites autant ?
Non, ce n’est pas le modèle social français. Mais avec ma réforme de la régionalisation, je mettrais fin aux doublons, aux doubles emplois, aux superpositions de structures dont on souffre: la commune, la communauté de communes, le département, la région, l’Etat. Je veux répartir les responsabilités.

 Faudra-t-il supprimer des postes de fonctionnaires?
Il ne s’agit pas de supprimer des emplois, mais de faire mieux travailler les fonctionnaires pour améliorer les services publics. Si les services publics fonctionnent bien, ils contribuent à la croissance. Quand Nicolas Sarkozy parle de supprimer un fonctionnaire sur deux, il leur dit : votre travail ne sert à rien. Il dresse les gens les uns contre les autres. Moi, je veux faire le contraire. Quand on demande aux entreprises étrangères pourquoi elles investissent en France, elles citent en premier le bon fonctionnement des services publics : c’est le transport, la santé, l’éducation…

 Je suis licencié le 1er janvier 2008, en quoi votre sécurité sociale professionnelle m’aide-t-elle à retrouver un emploi?
Parce que vous ne serez pas licencié. Je m’explique: une entreprise perd un marché et doit adapter sa masse salariale. Au lieu de faire un plan social qui la déstabilise et traumatise les salariés. On donne aux salariés la sécurité sociale professionnelle. C’est le système danois ou suédois. Vous n’êtes pas licencié, vous gardez votre poste, votre salaire est payé par les pouvoirs publics, le tout pendant un an, mais vous êtes encouragé à préparer votre avenir, soit en suivant une formation ou une reconversion, soit en acceptant une autre affectation dans l’entreprise, soit en créant votre propre entreprise. On l’a expérimenté dans ma région, ça marche.

 La région Ile-de-France, dirigée par le PS, a décidé de la gratuité des transports pour les Rmistes? C’est une bonne mesure?
Ce n’est pas le bon critère à mon avis, car c’est un critère de statut, et non pas de revenu. Un travailleur à temps partiel ou un étudiant qui ne gagne pas plus qu’un Rmiste, doit aussi avoir droit à la gratuité des transports. Il ne faut pas décourager le travail. Dans mon projet, je reprends le revenu de solidarité active inventé par le président d’Emmaüs, qui incite un Rmiste à retrouver du travail, en lui assurant de gagner 30% de plus que ce qu’il avait en restant au RMI.

 Nicolas Sarkozy le propose aussi…
Je constate qu’il m’a repris beaucoup d’idées. Comme la valeur travail, ou maintenant le co-développement. Mais il les reprend en les déformant.

 Avez-vous déjà en tête votre futur gouvernement?
Oui, pour l’essentiel. Mais je n’en dirai pas plus, les Français doivent d’abord choisir librement les 22 avril et 6 mai.

 Bernard Kouchner et Michel Rocard multiplient les appels du pied vers François Bayrou. Pourquoi n’arrivez pas à tenir votre propre parti?
Je ne fais pas de la politique comme cela. Ce qui m’intéresse, ce sont les problèmes de la France, pas les petits arrangements particuliers.

Vous ne pouvez pas faire taire les éléphants?

Ma seule préoccupation, au cours de cette campagne, a été de rendre la parole aux Français, de les écouter pour agir juste. Je l’ai fait en toute liberté, et c’est en femme libre que je me présente à leurs suffrages.
Je veux le socialisme du réel, je suis pragmatique. Je ne suis pas embarrassée de dogme. Je ne dépends d’aucune puissance financière, d’aucun courant du parti, je n’ai personne à placer. Cette liberté-là, c’est ce qui fait ma force.

 C’est aussi pour cela que vous êtes sûre d’être au second tour?
Non, tant que les Français n’ont pas encore voté. Les instituts de sondage ne disent jamais qu’il y a 40% de personnes indécises ou qui refusent de répondre. Ce qui donne une idée du peu de fiabilité de tous les sondages qui placent Nicolas Sarkozy en tête. Les électeurs doivent savoir que chaque fois qu’il y a eu un mauvais sondage pour moi, j’ai reçu des propositions des instituts de réaliser une enquête complémentaire pour en savoir plus sur ma prétendue baisse. Je les ai bien sûr éconduits.

 Ces 40% d’indécis peuvent être davantage séduits par la stratégie de François Bayrou…
François Bayrou a été président de conseil général. Qu’a t-il fait? On ne m’a pas cité une seule chose qu’il ait faite. Il a été ministre? Il a mis un million de personnes dans la rue et il a ensuite arrêté de réformer. Qu’est-ce qui se passe dans les régions, les départements, les villes où il y a des élus UDF? Jamais ils ne votent avec les socialistes. Même quand les mesures sont bonnes. Dans ma région, j’ai rendu les livres gratuits pour les lycéens, j’ai créé 500 places d’apprentissage pour les jeunes, j’ai mis en place la sécurité sociale professionnelle, j’ai fait baisser l’endettement, je n’ai pas augmenté les impôts. Est-ce que l’UDF a voté ce budget? Non. Ils ont voté avec l’UMP.

 Si François Bayrou appelle à voter pour vous entre les deux tours, vous lui tendez la main?
Ce n’est pas une question de personne. François Bayrou n’est pas propriétaire de ses électeurs. Le critère, ce sont ceux qui se rassemblent sur le Pacte présidentiel que je propose aux Français. Ce ne sont pas des ralliements de personnes, ça c’est fini, c’était la IVe République.

Et s’il y a un ralliement sur la base des projets?

Tous ceux qui se rallieront autour de mon projet pour la France feront partie de la majorité. Ça ne se fait pas par de petits arrangements de personnes dans le dos des électeurs avant le premier tour. Ceux qui se livrent à ce petit jeu le font pour m’affaiblir.

Il y aura une négociation entre vous et François Bayrou entre les deux tours?

S’il souhaite battre la droite au second tour, puisque c’est ce qu’il déclare aujourd’hui, il prendra ses responsabilités. On mesurera alors la sincérité de ses propos. Ou bien préférera-t-il sauver ses circonscriptions électorales puisqu’il a un électorat de droite, par un accord avec l’UMP? Ça va dépendre de lui.

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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 22:09

 

Une même envie de faire face ensemble à Sarkozy

 Comme l’écrit Jean-Pierre Chevènement dans son communiqué (voir plus loin), Michel Rocard n’en pouvait plus, depuis si longtemps, d’être empêché de s’allier avec Bayrou. Le temps qui passe et la menace Sarkozy ont été les détonateurs de ce coup médiatique qui le met sur le devant de la scène. Qu’on ne s’y trompe pas ! Ce dîner ne vient pas par hasard. Il y a entre les deux hommes une réelle proximité politique, notamment sur l’Europe.

 Michel Rocard précise sa position dans www.nouvelobs.com ce 18 avril

 « La France est en très mauvaise santé. L’aspect le plus immédiatement dramatique en est que la somme des chômeurs, des travailleurs précaires et des exclus du marché du travail devenus pauvres atteint maintenant le quart de notre population. La peur de l’avenir, des licenciements et des délocalisations s’est emparée de la majorité des familles. Cette situation est intolérable et explique largement la montée de l’abstention, celle du vote protestataire et le non au référendum européen. Or cette situation affecte tous les pays développés. Elle appelle une réponse globale, d’abord européenne, pour renforcer le poids des syndicats, imposer au système des règles éthiques qu’il ignore et une régulation qu’il rejette. Tel est mon altermondialisme qui est celui d’une sociale démocratie internationale.

 Le second élément du drame français c’est notre appareil d’Etat, dont trop de gens croient complètement à tort qu’il pourrait nous sortir de là tout seul dans une France isolée et qui en plus a été ces dernières années affreusement mal géré. Des déficits vertigineux et une balance des paiements négative nous paralysent pour longtemps. Nos politiques sociales notamment pourraient continuer à en pâtir beaucoup si l’élection présidentielle n’apporte pas un changement décisif.

 C’est à ce double titre que l’élection possible de Nicolas Sarkozy me paraît le danger majeur. La brutalité de cet homme et son goût de montrer une police qui cogne ont déjà suffi une fois à mettre le feu à nos banlieues. Je crains beaucoup qu’avec lui, cela ne se renouvelle.

 Pis, le monde d’aujourd’hui est un consortium de géants, USA, Chine, Inde, Russie, Brésil, au milieu desquels, l’Europe politique ayant été tuée, la France dispute son influence à quatre autres européens, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne, parmi lesquels notre poids est principalement fait de l’amitié et de la confiance que nous témoignent l’Afrique et l’essentiel du Moyen-Orient. Il suffit de l’élection de Monsieur Sarkozy pour détruire tout cela. Son ralliement à Bush est pour la France une catastrophe internationale.

 C’est dans cette situation qu’il faut regarder à la fois nos vœux - une victoire sociale démocrate sur la tête de Ségolène Royal - et les sondages. Si je ne crois qu’à moitié à cet outil, la convergence de tous les instituts mérite d’être prise au sérieux. Ségolène Royal sera seconde au premier tour, et donc présente au second. Il s’en faut de cinq points qu’une autre hypothèse se présente. Je demande humblement que l’on veuille bien me laisser en paix avec toute hypothèse subliminale selon laquelle l’ampleur de cette évidence arithmétique ne m’aurait pas frappé.

 Ce que disent aussi ces instruments d’information c’est que Sarkozy gagne au second tour. J’ai la faiblesse de trouver cela dangereux comme, je pense, la totalité de mes camarades socialistes. Quand la somme des voix de gauche est donnée à moins de quarante pour cent, on cherche des alliés. J’accuse ici les gardiens du dogme socialiste qui considèrent toute alliance autre que communiste comme impure, d’être d’efficaces alliés de Sarkozy.

 J’appelle donc à une alliance par le moyen de désistements mutuels annoncés. Le mot d’alliance visait au-delà : si cela gagne il faudra que cela ait des suites pour les législatives. Mais pour le moment l’assurance des désistements suffit c’est vrai. Or c’est plus facile à négocier avant le premier tour qu’après : les plaies de la campagne seront plus dures à cicatriser chez celui qui a perdu. Mieux vaut négocier avant, quand la balance est incertaine. Je crains beaucoup qu’un résultat tragique ne confirme à quel point j’avais raison ».

 DSK : une alliance "hors de propos" (nouvelobs.com)

 De son côté, Dominique Strauss-Kahn a déclaré mercredi que toute alliance entre le Parti socialiste et l'UDF de François Bayrou était hors de propos.

 L'ex-ministre des Finances socialiste a estimé, lors du point de presse quotidien du PS, que deux personnalités du parti, Michel Rocard et Bernard Kouchner, avaient fait cette proposition "sans avoir suffisamment réfléchi." "Tout ce qui a été dit sur des alliances entre le parti socialiste et l'UDF est hors de propos (...) quand on est à gauche, on vote à gauche", a-t-il expliqué au siège du parti.

 Dominique Strauss-Kahn a appelé les électeurs de gauche à "passer par dessus" leurs divergences avec la candidate socialiste, Ségolène Royal, pour aller chercher "au fond de leurs tripes (...) un vote de conviction". L'ancien ministre a assuré n'avoir eu aucun contact avec François Bayrou. "Et je ne souhaite pas en avoir", a-t-il dit.

 En cas de cohabitation

 Dominique Strauss-Kahn a indiqué  qu'il ne pourrait envisager d'être le Premier ministre de François Bayrou que si les socialistes disposaient d'une majorité à l'Assemblée nationale.
"Un Premier ministre, sous la Vème République, c'est quelqu'un qui a une majorité. Donc, s'il n'y a pas de majorité socialiste à l'Assemblée nationale, il n'y a pas de Premier ministre socialiste", a-t-il dit. Mardi à Lille, François Bayrou a affirmé être "le seul qui puisse faire travailler ensemble" des personnalités comme Dominique Strauss-Kahn et l'UMP Jean-Louis Borloo".

 Communiqué de JP Chevènement www.chevenement.fr 

Ainsi Michel Rocard est tombé du côté où il penchait depuis si longtemps. Réduit à jouer les mouches du coche au sein du Parti socialiste, il se retourne contre lui à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle. François Bayrou a omis de dire quel plat de lentilles figurait au menu du dîner qu'il a offert, hier soir, à Michel Rocard. Tout cela fait bien ringard et François Bayrou en paiera l'addition.

Heureusement, Michel Rocard, que certains médias continuent à faire vivre très au-dessus de ses moyens, ne dispose plus que d'un pistolet à bouchon. Ce qu'il croyait être un SCUD ne peut, en fait, blesser personne. Cette manœuvre, plus inepte encore que dépourvue de loyauté, n'empêchera pas l'immense majorité des électrices et électeurs de gauche et de progrès de voter dimanche Ségolène Royal, seule capable de rassembler sur une perspective de changement véritable.

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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 16:23

 

Le besoin d’une alternance de grande ampleur

 Quand Ségolène Royal évoque une alternance de grande ampleur, elle entend par là le fait d’exercer les responsabilités publiques nationales dans la durée et en réformant avec intensité. Cela suppose de gagner et de garder la confiance populaire.

 Par extension, il s’agit de mettre en œuvre une alternative aux politiques néo-libérales conduites par les majorités de droite.

 Sur http://desirsdavenir86000.over-blog.net j’emprunte ce compte rendu de l’intervention de Ségolène Royal, lundi soir, au Zénith de St-Herblain, près de Nantes.

 « La candidate du PS a estimé lundi que la France avait besoin "d'une alternance d'aussi grande ampleur" qu'en 1981. La candidate socialiste a affirmé à Nantes devant plus de 9.000 personnes que cette ampleur était nécessaire pour que la France puisse "relever les défis qui se posent à elle".  

Mme Royal a également annoncé un plan en cinq points contre les violences sexuelles faites aux femmes. Il s'agira de la première loi qu'elle déposera si elle est élue. 

 Dans son avant-dernier meeting de la campagne, Ségolène Royal a notamment affirmé que son élection à la présidence de la République  déboucherait sur "des libertés publiques renforcées et (un) Etat impartial"

"Il y a beaucoup à faire. L'enjeu de cette présidentielle, c'est l'Etat  impartial, c'est de mettre fin à un Etat monopolisé par un clan, les puissances d'argent et lobbies de tous ordres", a-t-elle dit, évoquant "des nominations"  récentes.

 Elle a promis de "mener le combat contre la collusion et le favoritisme qui  mine la République", dit refuser "la sournoise mise sous tutelle politique" des  magistrats.

 Parmi les réformes qu'elle a énumérées figurent la désignation "d'une haute autorité du pluralisme désignée par le parlement à une majorité des 3/5es", la  réforme du mode de nomination du Conseil constitutionnel, ou encore "le  renforcement du pouvoir des sociétés de rédacteurs" et "les moyens" donnés à la  "presse régionale" pour "résister à la concentration financière et à la  disparition des titres". Ces mesures figurent dans le pacte présidentiel de la  candidate.

 Selon Mme Royal, "seules les idées de gauche et de progrès, où les valeurs  humaines vont l'emporter sur les valeurs boursières et financières, permettront  à la France de se redresser". Ces réformes, s'est écriée Mme Royal, "je (les) ferai parce que je suis une  femme libre, je ne dépends d'aucune puissance d'argent, d'aucun lobby...Ce sera le serment de Nantes : je  resterai cette femme solide, parce que là où je suis, c'est grâce à  vous, c'est vous qui m'avez portée, qui m'avez faite, c'est à vous, peuple de  France, que j'aurai à rendre des comptes".

En ce qui concerne "la lutte contre les délits et les crimes sexuels contre les femmes et les enfants", elle sera "décrétée grande cause nationale".
"Un dispositif sera organisé autour de cinq mesures concrètes", a expliqué  la candidate, "d'abord une action de prévention nationale avec des campagnes de  prévention, ensuite la construction de prisons spécialisées, dans lesquels les  délinquants sexuels condamnés seront suivis. Troisièmement, il n'y aura plus une  libération de délinquants sexuels si un comité d'experts ne garantit pas la  non-violence et la non dangerosité". "Après la libération des délinquants sexuels, le bracelet électronique sera  porté et il y aura un système de contrôle régulier". Enfin, la candidate a  particulièrement insisté sur un "dispositif spécial pour les victimes, la  gratuité des soins aux victimes et à leurs proches, aussi longtemps que  nécessaire".

 Dans www.nouvelobs.com le 17 avril,  on pouvait lire ce commentaire à propos de l’intervention de Robert Badinter le même soir à St-Herblain.

Badinter : "Sarkozy a lepénisé son discours"

 Robert Badinter s'en est pris aux positions de Nicolas Sarkozy sur la pédophilie ou le suicide qui peuvent, selon lui,  conduire aux "pratiques funestes de l'eugénisme". Nicolas Sarkozy a "lepénisé" son discours en mettant notamment la pédophilie ou le suicide des adolescents sur le compte d'un déterminisme génétique, a accusé lundi 16 avril au soir le socialiste Robert Badinter.

 Ces "considérations-là" peuvent conduire aux "pratiques funestes de l'eugénisme", a-t-il mis en garde.
"Sarkozy a lepénisé son discours", a dénoncé l'ancien ministre de la Justice de François Mitterrand en ouverture d'un meeting de Ségolène Royal à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). "Il suffit de relire ses propos sur les gènes de la pédophilie ou du suicide chez les adolescents (...) On sait à quelles pratiques funestes de l'eugénisme ces considérations-là, unanimement dénoncées par les autorités scientifiques, peuvent conduire", a alerté le père de l'abolition de la peine de mort.

Les références de Sarkozy

L'ancien garde des Sceaux a également ironisé sur les références répétées de Nicolas Sarkozy à des figures socialistes telles Jean Jaurès ou Léon Blum. "Ça ne me dérange pas que le candidat de l'UMP cite avec une révérence surprenante leurs noms", a-t-il moqué. Mais "quand il s'agit des leaders socialistes, Nicolas Sarkozy les aime quand ils sont morts!".
Dans une pique au candidat François Bayrou, il a invité les électeurs à ne pas se laisser "captiver par les sondages" et se faire "détourner par les amateurs de politique-fiction" à six jours du premier tour. "Le second tour de cette élection présidentielle se jouera entre Ségolène Royal, dont je salue ici le courage, l'énergie, la force de conviction, la foi républicaine, et Nicolas Sarkozy. C'est le choix réel de cette élection et il n'y en a pas d'autre", a-t-il conclu. (AP)

 Dans www.liberation.fr , le 18 avril, David Revault d’Allonnes rapporte les propos de Ségolène Royal lors de sa rencontre avec la presse.

 Ségolène Royal promet une présidence sans gaspillages

 La candidate PS fustige, par ailleurs, les dépenses somptuaires de l'Elysée. «La présidence de la République doit devenir économe et transparente», a-t-elle expliqué hier, à Paris, soucieuse de «mettre fin à cette dérive monarchique qui consiste à faire croire qu'un chef de l'Etat peut dépenser l'argent public sans contrôle et sans limite». 

Déclarant que le budget de l'Elysée avait «augmenté de 798 %» sous les deux mandats de Jacques Chirac «sans que le Parlement ait eu accès à une explication sur les raisons de cette inflation financière», la candidate, à cinq jours du premier tour, a donc opportunément sorti de sa besace électorale cinq mesures contre «l'opacité» du train de vie de l'Etat. «Pour faire en sorte que la présidence de la République devienne vraiment républicaine», explique-t-elle. Et, surtout, mettre à gauche les électeurs, en attendant de faire de même avec les deniers publics.

 «Un euro dépensé est un euro utile», a coutume de dire Royal, qui annonce un budget de la présidence «soumis au débat parlementaire dans le cadre de la loi de finances, dans la totalité et la précision des dépenses», ainsi qu'au contrôle de la Cour des comptes. Un budget d'où seront expurgées, s'engage-t-elle, «toutes les dépenses à vocation privée.

 Déplacements, vacances, prise en charge de la famille ou des amis seront désormais interdits» au chef de l'Etat comme aux ministres. «Il n'y aura plus de ministre logé, nourri, blanchi aux frais du contribuable dans les ministères», assure la candidate qui, se fondant sur les travaux du député (PS) René Dosière, entend «réduire de moitié les frais de réception».

 «On peut incarner la grandeur de la France en faisant en sorte que les frais de réception restent dans des limites raisonnables.» Et mettre en place une commission chargée d' «évaluer l'inventaire des propriétés qui dépendent de l'Elysée et des ministères». Laquelle commission «proposera l'ouverture au public de tous les parcs et jardins qui dépendent de ces propriétés». Un patrimoine accessible au peuple, donc. Et des annonces qui le sont tout autant. Royal prédit «un Etat impartial, républicain, citoyen, transparent, qui donne l'exemple».

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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 16:55

 

Libéraliser, résister à tout sentiment protectionniste

 Les grands de ce monde n’ont qu’une idée en tête : la liberté du plus fort. Notre ministre des finances fait partie de ce club des sept pays les plus riches, dont la préoccupation essentielle est de trouver un accord sur la libéralisation du commerce. Tant pis si l’agriculture en subit les conséquences.

 Voici le compte rendu de cette réunion des ministres des finances, tel qu’il a été présenté par le Nouvel Observateur le 14 avril sur www.nouvelobs.com . J’ai déniché une autre présentation de l’événement dans un article signé Philippe Béchade (Chronique Agora, 17 avril), qui contient des informations précises. A lire après l’article du Nouvel Obs ou sur http://www.la-chronique-agora.com .

 G7 : le succès des négociations de l'OMC est "impératif"

  « Réunis à Washington, les ministres de finances des pays riches ont appelé à trouver un accord rapide sur la libéralisation du commerce, dans le cadre de l'OMC. En revanche, ils ne règlent pas la volatilité des monnaies.

 Les ministres des finances des pays riches du G7 se sont réunis vendredi 13 avril à Washington, dans un contexte de flambée de l'euro, et de crise à la Banque mondiale. Les représentants de l'Allemagne, du Canada, de la France, de l'Italie, du Japon, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ont jugé "impératif" qu'un accord soit trouvé dans les négociations en cours sur la libéralisation du commerce mondial. En revanche sur les questions de taux de change, ils se sont contentés d'un service minimum, en dépit de l'envolée de l'euro face au yen et au dollar.

 Les négociations sur la libéralisation du commerce avaient débuté en novembre 2001, avec le cycle de Doha de l'organisation mondiale du commerce (OMC). Dans le communiqué publié à l'issue de la réunion de vendredi, les ministres ont fait savoir "qu'une conclusion fructueuse du cycle de Doha sur le développement est impérative".

 Des accords pour la fin de l'année

 Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a pour sa part indiqué dans un communiqué distinct que "nous sommes à un moment critique" dans les négociations entamées à Doha. "Des progrès substantiels sur les services, y compris les services financiers, doivent faire partie intégrante d'un cycle sur le développement et les ministères des Finances doivent travailler ensemble pour insuffler une nouvelle vigueur aux négociations sur les services financiers".

 Gelées en juillet 2006, les négociations de Doha ont été relancées en janvier dernier, avec le but de parvenir à un accord avant fin juin. Un moment clé car il marque l'expiration de la loi Trade Promotion Authority, qui accorde au président Georges W. Bush, des pouvoirs de négociation spéciaux. La représentante américaine pour le Commerce, Susan Schwab, a pour sa part, estimé qu'il y avait de bonnes chances de parvenir à un accord avant la fin de l'année.

  "Nous sommes déterminés à résister à tout sentiment protectionniste, développent les membres du G7. Abaisser de manière significative les tarifs douaniers et les autres barrières est essentiel pour donner un nouvel élan à la croissance du commerce mondial et réduire la pauvreté".

 Dans le communiqué final de la réunion de Washington, les membres se félicitent "des récentes initiatives pour intensifier les contacts, et nous reconnaissons que des mouvements substantiels vers un accord final exhaustif demandent que toutes les parties consentent des efforts supplémentaires". Des négociations ont eu lieu à New Delhi cette semaine entre les Etats-Unis, l'Union européenne, le Brésil, l'Inde, le Japon et l'Australie. Ils se sont engagés à intensifier leurs efforts pour faire aboutir les pourparlers de Doha d'ici à la fin de l'année.

 Pas d'avancées sur les taux de changes

  Côté monnaie, les accords se font avec difficulté. Alors que le cours de l'euro flambe, il est au plus haut depuis deux ans face au dollar, et à des niveaux historiques face au yen, le G7 se contente du service minimum.  Les sept ministres des finances se sont bornés à répéter qu'une "volatilité excessive et des mouvements désordonnés des taux de change sont indésirables".

 Plusieurs pays européens, dont la France, sont inquiets du niveau élevé de la monnaie unique qui, selon eux, nuirait aux exportations. Thierry Breton, représentant français, a appelé à la "vigilance".

 Le G7 a par ailleurs sommé la Chine à laisser sa monnaie, s'apprécier. En effet, la faiblesse du yuan est perçue par les Occidentaux comme un avantage commercial déloyal. Le secrétaire au Trésor américain a fait preuve de fermeté : "il est crucial que la Chine agisse à présent avec un sentiment d'urgence renforcé" sur ce dossier. Les Etats-Unis expliquent en partie leur déficit commercial abyssal et les  délocalisations d'emplois industriels, par la faiblesse du yuan.

  La Chine absente

 La Chine avait décliné l'invitation qui lui avait été faite par le forum à venir participer à une rencontre entre le G7 et plusieurs pays émergents. Raison invoquée : un programme trop chargée. Toutefois, ce refus intervient à la suite de plaintes commerciales déposées par les Etats-Unis contre la Chine, auprès de l'OMC.

 Sur le projet de renforcer la transparence des fonds spéculatifs, dont l'Allemagne, qui préside cette année le G7/G8, a fait l'une de ses priorités, aucun progrès n'est ressorti à Washington. Thierry Breton  a précisé que les discussions sont à un "stade préliminaire".

 CURRY D'AGNEAU ET CARRY TRADE

 « Shootés au carry trade depuis 10 ans, les marchés vont pouvoir continuer à s'en injecter à seringue redoublée au cours des trois prochains mois. En effet, les sherpas du G7 n'ont exprimé aucune objection face à la dégringolade du yen (-18% en 15 mois face à l'euro), et ne s'inquiètent pas davantage de voir le dollar tutoyer, à 1% près, son plancher historique face à la monnaie unique.

 Il n'a même pas été question, en marge de la réunion du FMI ce week-end à Washington, de critiquer la lenteur du réajustement à la hausse du yuan, un des multiples artifices participant au dumping commercial orchestré par la Chine. Cela lamine des pans entiers de l'industrie américaine -- laquelle a continué de détruire des emplois le mois dernier, tandis que le BTP et le secteur public recrutent à tour de bras.

 Il est vrai que la Maison-Blanche avait d'autres chats à fouetter... comme par exemple réaffirmer son soutien sans faille à Paul Wolfowitz, accusé de népotisme -- preuves à l'appui -- pour avoir accordé à sa maîtresse, jusqu'alors simple employée de la Banque Mondiale (qu'il préside depuis deux ans), une augmentation de salaire à faire pâlir d'envie un caporal fraîchement promu général en chef dans une république bananière venant de subir un 18ème coup d'état.

 Et les marchés financiers n'ont au fond que des raisons de se réjouir des frasques de l'un des principaux inspirateurs du "choc des civilisations" et de l'invasion de l'Irak. Cette lamentable affaire, qui achève de discréditer les Etats-Unis de George W. Bush -- et de son entourage de va-t'en-guerre illuminés --, occulte les vrais problèmes de déséquilibres économiques et monétaires.

 Les investisseurs avaient donc tout loisir de s'extasier devant le benign neglect (le laisser-faire) du G7 face à la montée en flèche de l'euro -- d'autant que le patronat allemand manifeste un optimisme inoxydable au sujet de la croissance attendue en 2007. Cette dernière devrait avoisiner 2,5% au lieu des 2% estimés initialement, et la Bundesbank ne devrait pas tarder à rehausser sa prévision conservatrice de 1,75%, alors que la masse monétaire gonfle désormais à un rythme supérieur à 10% par an.

 Le "miracle allemand" (plus de 1 100 milliards d'euros d'exportation de marchandises, dont près du tiers à destination de la Chine) force l'admiration. Nous ne pouvons nous empêcher de relativiser cet exploit du fait de la contribution décisive des ex-pays de l'Est, qui sous-traitent -- à qualité pratiquement égale -- une grande partie de la production des firmes cotées à Francfort, moyennant des coûts salariaux inférieurs de moitié à ceux qui se pratiquent en zone euro (les produits réexportés bénéficient néanmoins du label made in Germany).

 Les Etats-Unis perdent des parts de marché dans tous les secteurs, sauf dans l'armement, l'aviation civile et les droits audiovisuels (merci Hollywood) ; son déficit commercial ne s'est contracté en février dernier que par la grâce d'une chute de 21% de la facture pétrolière. La hausse de 0,7% des ventes de détail au mois de mars augure d'une nouvelle dégradation du solde, au-delà des 60 milliards de dollars.

 Mais cela fait près de 20 ans que les USA s'enfoncent irréversiblement dans la spirale des déficits : cela représente une bonne génération de financiers accoutumés à négliger ce genre de vétilles. Quand bien même certains affecteraient de s'en préoccuper, ils n'ont guère de chance d'être entendus, car les investisseurs ont depuis belle lurette l'esprit ailleurs.

 Wall Street vit cette année sous l'emprise des vapeurs enivrantes qui se dégagent du chaudron bouillonnant des OPA (…)

 En Europe, le climat des affaires semble calqué sur la météo : nous assistons, avec trois mois d'avance sur le calendrier, à une véritable canicule estivale. Le CAC 40 ne s'est pas contenté de franchir l'obstacle psychologique des 5 800 points ; il l'a littéralement pulvérisé, ouvrant au passage un beau gap au-dessus des 5 790 points, pour rejoindre quelques heures plus tard la zone des 5 860 points avec 38 titres en hausse sur les 40 que compte l'indice phare.

Le CAC 40 -- qui aligne neuf séances de hausse sur une série de 11 et affiche +10,5% en ligne droite en l'espace d'à peine six semaines -- se retrouvait lundi soir à tout juste 2,4% du seuil des 6 000 points, testé pour la dernière fois le 31/01/2001, au prix d'un niveau de tension historique des oscillateurs techniques.

 Le principal indice hexagonal peut-il éviter une sévère rechute en ayant laissé de nombreux gaps béants depuis le récent plancher des 5 300 points ? La réponse des investisseurs est sans ambiguïté : il n'y a plus qu'à se laisser porter par la vague sans se poser de questions -- comme les restaurateurs du nord de l'Europe, qui font terrasse comble midi et soir depuis une semaine.

 Au menu, les deux incontournables du moment s'appellent curry d'agneau (Pâques n'est pas si loin et l'Inde est à la mode) et carry trade bien épicé... Alors bon appétit -- mais gare aux maux d'estomac ! »

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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 15:28

 

La fermeture de la « parenthèse libérale » avec Royal

 Ce soir, à 19 heures, salle de l’Aquarelle à St-Jean-sur-Mayenne, route de Changé, le comité 53 de campagne de soutien à Ségolène Royal organise une rencontre de présentation des membres du comité de soutien en présence de Stéphane Le Foll, parlementaire européen et proche de François Hollande à la direction du PS.

 Dans ce cadre, et, compte tenu du temps de parole qui m’a été accordé, j’ai l’intention de formuler, comme suit, mon témoignage.

 « Ma décision de soutenir Ségolène Royal a été prise le 10 décembre 2006, lors de la Convention nationale du MRC à Paris. Jean-Pierre Chevènement venait d’annoncer qu’il renonçait à être candidat, compte tenu de l’accord politique et électoral signé la veille entre le MRC et le PS.

 Ce matin-là, j’ai fait partie des 85% de délégués qui ont approuvé cet accord. Et, l’après-midi, j’ai assisté aux discours des deux complices, Jean-Pierre Chevènement et Ségolène Royal, heureux de présenter leur union aux délégués du MRC mais aussi à la presse.

 A n’en pas douter, cette issue était ardemment souhaitée par les deux anciens ministres.

 - Pour Ségolène Royal, c’était le moyen d’effacer un concurrent du premier tour de l’élection présidentielle (c’est ce qui a été retenu par la presse) mais, surtout, c’était une façon claire de prendre en considération le sens du vote d’une majorité de la gauche lors du référendum le 29 mai 2005, qui était le rejet des politiques libérales en France et en Europe. En outre, le maire de Belfort venait mettre son expérience politique au service de l’équipe de campagne et ce n’était pas rien.

 - Pour Jean-Pierre Chevènement, c’était l’opportunité de peser, à nouveau, sur l’orientation stratégique du PS et de la gauche, ce qu’il n’avait pu faire avec succès depuis 1983 et l’ouverture de la « parenthèse libérale », lors du Congrès PS de Bourg-en-Bresse (auquel j’assistais en tant que délégué de la Mayenne).

 Car, ne nous y trompons pas, l’enjeu de cette élection présidentielle, c’est la fermeture de cette « parenthèse libérale » que Lionel Jospin, inventeur de la formule, n’a pu mener à bien, même si c’était son intention en 1997. En 1983, François Mitterrand avait dû faire face à l’offensive néo-libérale qui avait trouvé des relais puissants en Angleterre et aux Etats-Unis d’Amérique. Il avait misé sur l’Europe mais, vingt ans plus tard, il est clair que cette Europe, bien loin de résister, a plutôt relayé les politiques néo-libérales.

 D’où la nécessité de réorienter la politique de la France, en articulant les choix de politique économique avec la réorientation de la construction européenne. Telle est la première priorité de la déclaration commune PS – MRC, dont le premier titre est « La priorité sera donnée à la relance économique et à la lutte contre le chômage » et le premier point « Le MRC et le PS entendent réorienter la construction européenne pour la mettre au service de l’emploi et de la croissance concertée ».

 En ce qui me concerne, je retrouve avec plaisir le fil conducteur de mon engagement militant au PS en 1973 auprès de Jean-Pierre Chevènement et de François Mitterrand.

 Je suis persuadé que Ségolène Royal est capable de prolonger et d’amplifier l’action politique de François Mitterrand. Le slogan de « la force tranquille », la présence de Robert Badinter, hier soir à Nantes, sont des symboles forts, mais aussi les cent propositions du Pacte présidentiel, sa volonté de consolider le modèle social et républicain, de reconquérir les milieux populaires, le soutien des jeunes et des femmes, tout cela est le signe que Ségolène Royal marche sur les pas de François Mitterrand avant le 10 mai 1981.

 La rupture que les Mayennais et les Français veulent, c’est la rupture avec Sarkozy !

 Ségolène Royal sera le vrai changement auquel ils aspirent. Pour cela, ils se serviront utilement de leur vote le 22 avril en faisant le choix de Ségolène Royal, afin de créer la dynamique qui permettra à notre candidate d’être la première femme élue présidente de la République, le 6 mai 2007 ».

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