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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 18:37

 

Chevènement candidat pour gagner, faire rebondir la France et redresser la construction européenne

 

Il avait annoncé qu’il déciderait avant la fin de l’année, probablement en décembre. Puis, à plusieurs reprises, il a fait savoir que sa candidature était de plus en plus probable. Comme s’il ne pouvait plus attendre, il a saisi l’opportunité d’une présence au journal de 20 heures de TF1, hier, pour dire « Oui, j’ai pris la décision d’être candidat à la présidence de la République. Cette décision s’est imposée à moi progressivement et avec la force de l’évidence ».

 SA MOTIVATION PRINCIPALE

 Elle tient dans une formule « Notre pays va mal, on a l’impression que la France fout le camp » et il évoque des groupes industriels qu’il avait contribué à nationaliser et redresser en 1981 et 1982 « Thomson, Péchiney, Arcelor ». Il n’a pas le temps de dire à quel point il est ulcéré de voir ce qu’ils sont devenus, il parle des « délocalisations industrielles, avec ces employés qu’on licencie ».

 L’ESSENTIEL EST DIT

 Il n’accepte pas la déliquescence de la France et de son industrie, le mépris du peuple et des travailleurs, la résignation des élites politiques et l’incapacité de la gauche à redresser la barre. Il est sans illusion sur le PS, dont il a été le co-fondateur au congrès d’Epinay-sur-Seine en 1971, après avoir adhéré en 1964 à la SFIO avec la ferme intention de rénover la vieille maison du socialisme français.

 METTRE LA GAUCHE à HAUTEUR DE SES RESPONSABILITES

 En 2007, après 25 années de soumission du PS aux sirènes libérales, le constat est fait que la gauche est incapable de se rassembler. Il en conclut qu’il « faut redresser les choses, mettre la gauche à hauteur de ses responsabilités, pour lui éviter de nouvelles déconvenues ».

 Il reconnaît volontiers la difficulté de la tache, mais il semble avoir en tête un chemin possible, puisqu’il affirme « Je conquerrai mon espace. Je ferai en sorte que la gauche soit en mesure de répondre aux attentes, qui sont immenses dans le pays ». Il sait ce qu’il faut faire, les moyens qu’il faut prendre, pour « faire entendre la voix de la France, à Bruxelles, auprès des capitales européennes ».

 TROIS CHANTIERS, VINGT PROPOSITIONS

 Il a des propositions à faire et en dira davantage lundi 13 novembre à 10h45 au théâtre Dejazet dans le 3ème arrondissement de Paris, où il tiendra une conférence de presse afin de présenter « trois chantiers, vingt propositions, notamment  la manière de renégocier les traités européens, de relancer l’économie », ce qui sera la priorité « d’un gouvernement républicain énergique, appuyé sur la volonté populaire ».

 CHEVENEMENT : UN HOMME D’ETAT QUI A FAIT SES PREUVES

 Aussitôt, sur France 2, la probable future candidate du PS disait tout le bien qu’elle pensait de Jean-Pierre Chevènement et ne cachait pas son souhait qu’il la rejoigne quand elle sera officiellement candidate. Ces propos élogieux allaient visiblement dans le même sens que ceux de son porte-parole Arnaud Montebourg qui, dans Le Figaro, hier, classait Jean-Pierre Chevènement parmi « les meilleurs dirigeants de gauche dans l’Histoire, ceux qui ont eu le caractère nécessaire pour oser affronter le tumulte et imposer des idées audacieuses et nouvelles ». 

 Ces belles paroles ne sauraient effacer le fait que les prétendants à la candidature socialiste sont tous liés par le projet socialiste, que le candidat républicain juge « sur bien des points, ambigu, insuffisant, voire dangereux ». C’est pourquoi il part en campagne avec l’idée qu’il ira « jusqu’au bout », c’est-à-dire, jusqu’à la présidence de la République.

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6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 22:47

 

La libéralisation du secteur de l’électricité

et des erreurs allemandes à l’origine de la panne

   Selon Libération.fr, qui cite un représentant du Réseau de transport français (RTE), filiale de EDF (qui a en charge la gestion du transport électrique), « on n’est pas passé loin d’un black-out européen » samedi soir.

 Une coupure d’électricité d’une heure concernant neuf pays et dix millions d’européens, dont la moitié de français, c’est une première qui pourrait ne pas rester unique.

 En effet, si les causes directes se situent au niveau d’un des quatre gestionnaires du réseau allemand et, comme l’affirme le député Christian Bataille, de « la gestion fantaisiste de l’électricité en Allemagne », les causes profondes doivent être recherchées au niveau de la faiblesse des interconnexions européennes et des investissements nécessaires aux infrastructures de transport et de production de l’électricité.

 La libéralisation du secteur n’a pas été accompagnée de mesures de régulation et d’obligation de service public. On risque d’avoir les inconvénients de la dérégulation américaine qui a produit en 2001 un gigantesque black-out en Californie et qui continue d’occasionner de fréquentes coupures de courant.

 Néanmoins, ce n’est pas en appelant, comme le fait le ministre François Loos, à une « réflexion sur la nécessité de nouveaux investissements » que l’on règlera le problème.

 Le bilan de la libéralisation n’est pas glorieux : augmentation du prix de l’énergie, baisse globale des marges de production, progression lente des interconnexions et insuffisance des investissements en matière d’infrastructures.

 La fédération CGT de l’énergie, syndicat majoritaire chez EDF, demande « l’arrêt de la déréglementation du secteur » et poursuit « cette gigantesque panne démontre la fragilité du système électrique européen qui conduit à une dépendance de la France ».

 

 A ce propos, le MRC 53 a reçu une invitation à participer à un grand débat organisé par le PCF des régions des Pays de la Loire, de Bretagne et de Normandie sur le thème

 Quel avenir énergétique en France, en Europe et dans le monde ? 

 Mardi 14 novembre 2006 à 18h30, salle du Vieux Château à Laval.

 Avec la participation de Daniel PAUL, député de Seine-Maritime,  Hervé NIFENECKER, conseiller scientifique au CNRS, et Jean BARRA, syndicaliste de la fédération CGT mines - énergies.

  Partant du réchauffement climatique engendré par les émissions de gaz à effet de serre provenant principalement de la combustion des ressources fossiles (charbon, pétrole, gaz), les organisateurs posent des questions essentielles :

 « L’amélioration de l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables seront-elles suffisantes pour répondre aux besoins d’énergie, notamment d’électricité ?

 Peut-on se passer de l’énergie nucléaire ?

 L’ouest de la France est-il à même de maîtriser tous ces enjeux ?

 La maîtrise sociale des questions énergétiques est-elle compatible avec une régulation par le marché, la concurrence et la privatisation des entreprises du secteur public ? »  

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 20:20

 

Renforcer l’organisation collective des travailleurs par la loi

et la négociation dans les entreprises

 Lors du congrès du MRC à Paris le 1er avril 2006, il a été décidé de créer une commission « monde du travail » animée par Lucien Jallamion, délégué national au monde du travail et aux services publics.

 Je me suis inscrit dans cette commission afin de participer aux réflexions. J’y associe le comité 53 du MRC, notamment Georges Minzière, qui, même s’il est aujourd’hui retraité, dispose d’une grande expérience syndicale dans un groupe industriel lavallois et au sein de la CFDT métallurgie.

 

  Le thème de réflexion retenu est celui de la démocratie dans le monde du travail.

 

  Lucien Jallamion a écrit « Dans un contexte de crise économique durable, le rapport de forces est sans conteste en faveur du patronat depuis près de trente ans (la fin des trente glorieuses). Aujourd’hui, de nombreuses entreprises sont trans-européennes ou multinationales. L’évolution de la représentativité est devenue plus complexe et la création de CCE au niveau européen ou international a obligé les organisations syndicales françaises à prendre en compte la réalité syndicale des autres pays ».

 Il recommande d’avoir à l’esprit la représentativité des syndicats, telle qu’elle est présentée dans le rapport de la DARES sur les élections aux comités d’entreprise en 2004.

 Ce document de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques du ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement) indique une bonne participation des salariés (65% des inscrits), notamment dans le collège « ouvriers et employés » où elle progresse.

 

  La CGT est en tête (25% des suffrages exprimés) devant la CFDT (20%, en baisse), FO (13%), la CFTC et la CGC (6% chacune). Les syndicats non confédérés (UNSA, Solidaires et autonomes) recueillent 8% et les listes non syndiquées 22% (en hausse).

 Dans le collège « ouvriers et employés », la CGT est en tête (30%) devant la CFDT (20%, en baisse). Dans le collège « agents de maîtrise, techniciens, ingénieurs et cadres », la CFDT et la CGT sont en tête (19%). Dans le collège « ingénieurs et cadres », la CFE - CGC est en tête (24%) devant la CFDT (19%).

 

  Entre 1981 et 2004, la représentation syndicale a évolué de la façon suivante : la CGT (de 32 à 23%), la CFDT (de 23 à 21%), FO (de 11 à 13%), la CFTC (de 3 à 6%), la CFE - CGC (de 7 à 6%), les autres syndicats (de 4 à 7%), les listes de non syndiqués (de 20 à 23%).

 Lucien Jallamion ajoute :

 « La situation dans le monde du travail est plus complexe et les rapports de force ont changé, notamment au regard de l’arrêté ministériel du 31 mars 1966, établissant la liste des organisations syndicales dites représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE - CGC).

 Cet arrêté a conféré à ces cinq organisations le bénéfice des prérogatives étendues de droit syndical que sont principalement la capacité de négocier les accords collectifs, de désigner des représentants syndicaux dans les entreprises et de bénéficier, dans celles-ci, du monopole des candidatures au premier tour des élections professionnelles. Aujourd’hui, l’article L 133-2 du code du travail définit les critères légaux de représentativité syndicale (effectifs, cotisations, indépendance, ancienneté et expérience).

Faut-il revoir les critères de représentativité ? (…)

 Faut-il mettre en place un système spécifique pour les entreprises employant moins de 11 salariés (25% des salariés actuellement), par exemple avec le regroupement par site ou par zone ?

 D’autres pistes sont à explorer :

 La généralisation dans la négociation du principe de l’accord majoritaire de l’entreprise à la branche, dans la fonction publique et au plan interprofessionnel, l’accord d’entreprise ne devant pas être inférieur à l’accord de branche,

 Le renforcement des pouvoirs des comités d’entreprise en matière de gestion prévisionnelle des emplois et d’alerte concernant les restructurations. Et faut-il aller jusqu’au droit de veto dans le cas où la gestion de l’entreprise va à l’encontre d’une politique de maintien de l’emploi ? »

 On le voit, il y a du pain sur la planche dans cette commission « monde du travail » !... 

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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 10:32

 

Un siècle après les lois de 1905

Les relations des cultes avec les pouvoirs publics

au cœur des débats sur la laïcité

  

 

Avec son livre sur La République et les religions, Nicolas Sarkozy a cherché à remettre en question la laïcité à la française, considérant que les lois laïques de 1905 ont besoin d’une actualisation dans un sens communautariste.

En plaçant sur orbite « la Commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics » présidée par le professeur Jean-Pierre Machelon, il veut aboutir à faire évoluer les textes, mais aussi les pratiques de financement des religions, considérant celles-ci comme des auxiliaires des services publics. Cette volonté n’a pas manqué de susciter des réactions, notamment depuis la publication le 20 septembre dernier du rapport de la Commission Machelon.

 Le débat doit avoir lieu et s’inscrire dans la perspective de l’élection présidentielle, très proche maintenant.

 Je renvoie au journal en ligne ReSPUBLICA (voir le lien Internet sur ce blog) qui publie dans ses numéros 482 et 483 des échos des débats laïques, notamment la réflexion de Bernard Teper (l’un des deux conférenciers de la rencontre CIVIQ du 20 avril 2006 à Laval) et les cinq questions à Nicolas Sarkozy, liée à l’interrogation « La religion, service public ? », par le professeur Henri Pena Ruiz (qui était aussi venu à Laval le 27 janvier 2005, invité par le collectif laïque mayennais, créé dans le cadre du centenaire de la loi de 1905).

 Commençons par les questions pertinentes du professeur Pena Ruiz, auteur du livre « Qu’est-ce que la laïcité ? » aux éditions Gallimard.

 La religion, service public ? Cinq questions à Nicolas Sarkozy

 Monsieur le Ministre, vous avez repris à votre compte une formule forte. "Pas de tabou". Très bien. Alors posons cinq questions devenues cruciales après la publication du rapport Machelon. La laïcité, aujourd'hui menacée de toutes parts, mérite bien que toute la lumière soit faite sur des révisions annoncées. Le débat public pourra ainsi être pleinement éclairé.

 Première question. Les humanistes athées doivent-ils jouir des mêmes droits que les croyants ?

 Deuxième question. Quelle égalité s'agit-il de promouvoir ?

 Troisième question. Quelle priorité pour les pouvoirs publics ?

 Quatrième question. Quelle conception de la lutte contre le fanatisme ?

 Cinquième question. Que reste-t-il de la laïcité, et de la République, si on rétablit un financement discriminatoire ?

 Voir ReSPUBLICA n° 483 sur www.gaucherepublicaine.org

 

 Ensuite, la réponse intéressante de Bernard Teper à la question « Pourquoi n’arrivons-nous pas à coordonner nos forces ? » (question de celles et ceux qui ne comprennent pas pourquoi les laïques sont si divisés). Voir ReSPUBLICA n° 482.

 D'abord, il faut se mettre d'accord sur l'analyse du monde actuel. Est-on d'accord, par exemple, que ce qui caractérise la période est un monde ou le néolibéralisme est allié au néo-communautarisme? Et donc qu'il faut combattre les deux en même temps !!! Si oui, il faut se regrouper dans une organisation qui reprend les idées de Jean Jaurès: "lier le combat laïque et le combat social pour pousser la république jusqu'au bout !!!". On ne me fera pas croire que l'on peut rassembler les laïques sans fixer le cadre politique de ce rassemblement.

 Aujourd'hui pour différentes raisons (en particulier l'effondrement de la bourgeoisie nationale, creuset historique des républicains de droite et du gaullisme), la stratégie d'alliance des républicains des deux rives est une impasse (que ce soit pour Chevènement ou pour d'autres). C'est pour cela que les gaullistes de gauche conséquents sont passés de l'alliance gaulliste à un positionnement à gauche ! Refuser l'organisation des laïques et des républicains de gauche et d'extrême gauche, c'est refuser de mener à terme la bataille laïque et républicaine tant nous avons besoin d'une organisation pour cela.

 Venons-en à cette autre question. Oui ou non, est-il nécessaire de s'organiser dans une organisation démocratique ou suffit-il de fonctionner en collectif sous la règle implicite anti-démocratique du consensus sans fondement explicite ? Croire un instant que l'on peut lutter pleinement pour la laïcité sans construire un espace démocratique avec délibération démocratique, c'est continuer à croire au père Noël !!!

 Terminons par la troisième condition. Toute tentative de vouloir sanctuariser la laïcité du reste des principes républicains est vouée à l'échec. La laïcité n'est pas un principe désincarné sans lien avec les autres principes. Prenons un exemple : les banlieues populaires. Croire un instant qu'il suffit seulement de la laïcité ou seulement de la sûreté ou seulement du social est une imposture !!!  Pour un laïque et un républicain de gauche ou d'extrême gauche, il n'y a pas de combat républicain qui ne lie pour la période les principes de liberté, d'égalité, de fraternité, de laïcité, de solidarité, de démocratie, de sûreté, de souveraineté populaire et de développement durable. Toute séparation dans ces principes voue ceux qui l'organisent à rester dans une impasse théorique et pratique. On ne peut pas raisonner en dehors de l'analyse du monde. Si je paraphrase Condorcet, je dirais que si un des principes énoncés n'est pas appliqué, nous ne sommes plus dans une république. Voilà dans quel cadre, la laïcité peut être un principe révolutionnaire ! »

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 22:17

 

La peur du danger climatique commence à réveiller

les gouvernements et les citoyens

 

Le rapport du gouvernement britannique chiffre à 5 500 milliards € les conséquences prévisibles du changement climatique au 21ème siècle, dans le cas où rien ne serait fait pour lutter contre la croissance des gaz à effet de serre (Le Monde, 1er novembre 2006).

 Cette évaluation du prix à payer, en termes de baisse de produit intérieur brut mondial, est spectaculaire et volontiers alarmiste. Mais elle est justifiée par l’ampleur du problème posé à l’humanité et, donc, aux citoyens que nous sommes, ainsi qu’ aux pouvoirs publics qui nous représentent.

 En outre, ce rapport présenté par le directeur du budget et des finances publiques du Royaume-Uni cherche à contrecarrer les arguments avancés par les Etats les plus pollueurs de la planète, notamment le principal d’entre eux, les USA. Ceux-ci n’acceptent pas les contraintes économiques liées à la lutte contre le réchauffement climatique.

L’autre intérêt de ce rapport est son approche volontariste. Il met clairement la responsabilité de l’action dans le camp des artisans de la politique étrangère et économique.

 Le gouvernement britannique, appuyé par l’ensemble des forces politiques du pays, met la pression sur ses partenaires européens et américains (USA, Canada). Il mise sur la double présidence allemande (G8 et UE) en 2007 et peut compter aussi sur les élections législatives aux USA le 7 novembre, et sur l’action médiatique de l’ancien vice-président Al Gore (par son film sur la défense de la planète) pour faire pression sur l’administration Bush, afin que celle-ci décide de ratifier, enfin, le protocole du traité de Kyoto.

 En fait, les mesures préconisées par le rapport Stern ont pour objet d’impliquer tous les pays, riches et pauvres, dans l’action (le protocole de Kyoto n’a été signé que par 34 pays et les pays en développement sont autorisés à ne pas appliquer les conventions signées).

 Désormais, il faut passer à la vitesse supérieure : l’approche isolée ne suffit plus, elle doit laisser la place à une action internationale avec des objectifs communs à long terme.

 Les quatre grandes mesures concernent les permis d’émission de gaz à effet de serre, la coopération technique pour le développement des technologies qui n’émettent pas beaucoup de CO², la lutte contre la déforestation et l’adaptation économique (agricole et industrielle).

 La date de publication de ce rapport ne doit rien au hasard. En effet, s’ouvre le 6 novembre au Kenya, la 12ème conférence internationale sur le climat (Le Monde, daté du 4 novembre), et les principaux pays pollueurs ne semblent toujours pas déterminés à agir.

 Lors de la rencontre CIVIQ, le 26 octobre à Saint-Berthevin, Gérard Pierre avait indiqué le classement de quelques pays selon leur production de carbone par habitant. Ainsi, les tout premiers sont le Qatar (1er, 18 tonnes), l’Australie, les USA (6ème avec 6,6 t). L’Allemagne et la France sont classées respectivement 27ème  (3,2t) et 54ème (2,3t). La Chine et l’Inde sont 97ème (1,1t) et 140ème (0,5t) mais avec une forte croissance économique et une grande consommation d’énergies fossiles (charbon, notamment, pour la Chine).

 Il avait aussi rappelé que 80% de l’énergie consommée dans le monde est d’origine fossile (charbon, pétrole, gaz, environ 1/3 chacun), et que la combustion de ces énergies est à l’origine des gaz à effet de serre.

 En France, l’autosatisfaction gouvernementale cache mal des moyens d’actions inappropriés et très insuffisants.

Face à la réduction drastique de l’utilisation des énergies fossiles, la solution nucléaire ne suffira pas. Il faudra associer, dans une bonne complémentarité, énergie nucléaire et énergies renouvelables, en cherchant à économiser et à rendre plus efficace l’énergie consommée.

C’est le moment de saisir l’opportunité de la période électorale pour engager un grand débat citoyen sur la politique énergétique nationale, en relation avec l’Union européenne.

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 22:53

 

De Thomson à Flextronics en passant par Alcatel : l’itinéraire d’une usine lavalloise

 Les anciens salariés se souviennent de leur embauche au début des années 1970, dans cette usine Thomson CSF (devenu Thalès) qui, sur 30 000 m², fabriquait du matériel militaire.  C’était l’époque des embauches massives dans les usines du grand ouest qui produisaient du matériel électronique.

 Marcel Chesnay, syndicaliste CGT, a présenté son témoignage dans Ouest-France (2 juin 2005).

 

  Après les nationalisations de 1981-82, il y eut des transferts d’activité. C’est ainsi que cette usine et ses 600 salariés ont été transférés dans le giron d’Alcatel et des télécommunications en 1984. Production de télécopieurs, de gros téléphones de voiture, de bips…

 En 1991-92, un plan de suppression de 246 emplois provoque la stupeur et un conflit social dur (retenue de dirigeants pendant trois jours) et long (trois mois). Il y avait des commandes. Personne ne comprenait. Après coup, cette décision a été interprétée comme le moyen de préparer à la transition vers la fabrication de téléphones mobiles. Certaines personnes licenciées ont créé leur entreprise.

 Pendant plusieurs années, à la fin des années 1990, les effectifs ont fortement augmenté (avec des intérimaires) avec le développement de la téléphonie mobile (GSM). L’usine est refaite à neuf. L’électronique et ses sous-traitants représentent environ 3 000 emplois à Laval.

 En 2001, l’éclatement de la bulle Internet et dans les télécommunications, l’arrivée de l’écran couleur sur les téléphones portables, ont pris à contre-pied Alcatel, confronté à une grave crise financière.

 Le PDG, Serge Tchuruk, parle aux USA « d’entreprise sans usine ». Le site de Laval (830 salariés) est vendu à Flextronics, société américaine, n° 1 de la sous-traitance mondialisée, spécialisée dans la reprise d’unités de fabrication de téléphonie et de composants électroniques en Europe et en Amérique (le siège est à Singapour).

 Ce groupe s’est développé par achat de sites délaissés par les grands opérateurs électroniques mondiaux (plus d’une centaine). Il achète les marchés, puis met les sites en concurrence. Pour des raisons de coût de main-d’œuvre, il réduit les effectifs et ferme des sites en France au profit de nouvelles unités en Europe de l’Est ou en Asie (articles de Libération et du Monde en juin 2005).

 En avril 2004, une centaine de salariés ont négocié leur départ volontaire. Quelques mois plus tard, Flextronics annonce la suppression de 150 emplois.

 En 2005, c’est la fermeture totale et la recherche d’emploi pour les 503 salariés de l’entreprise. Cette décision menace plus de mille emplois de sous-traitants, selon la CGT et la CFDT.

 Début octobre 2006, un bilan établi par la CFDT concernant la situation des personnes licenciées fait état de 13 salariés restés dans l’entreprise. 243 ont retrouvé un emploi, dont 94 repris par le groupe Cofidur, sous-traitant électronique.

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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 23:39

 

Pour un meilleur équilibre entre le travail et le capital,

 il faut un syndicalisme unifié, représentatif et puissant

 

  

Trois faits m’incitent ce soir à évoquer la question syndicale.

 Le premier est local et concerne le groupe laitier Lactalis (ex-Besnier), lavallois de naissance et de fait car il a tenu à maintenir son siège à Laval et à rester mayennais alors que tout l’attirait vers la région parisienne.

 Le second est national : le Conseil économique et social (CES) propose de changer les règles de représentativité syndicale et va publier un avis qui peut contribuer à faire évoluer le paysage social en France.

 Le troisième est mondial : en ce moment, à Vienne (Autriche), est en train de naître une confédération syndicale internationale qui est une quasi-unification du syndicalisme à l’échelle de la planète.

 Au niveau de la Mayenne, le groupe Lactalis, dont l’origine remonte à André Besnier en 1933 (fromagerie, un employé), est le second groupe laitier mondial (26 500 employés, 119 unités industrielles, dont 43 à l’étranger). Cette entreprise s’est organisée avec la volonté d’exclure le fait syndical. Elle s’est structurée en sociétés indépendantes, imbriquées les unes dans les autres, qui ont donné naissance à autant de comités d’entreprise. La discussion d’ensemble et la représentation syndicale y ont toujours été très difficiles, surtout en Mayenne, où la CFDT n’y a des représentants que depuis deux ans. Il a fallu le rapprochement de Lactalis et Nestlé (création d’une filiale commune sur les produits laitiers frais en Europe, dominée à 60% par Lactalis) pour que débarquent en Mayenne (pour des visites et réunions de travail) des responsables CFDT des différents sites de la nouvelle unité et que la direction admette le fait syndical. Car les syndicats CFDT et CFTC sont présents chez le groupe suisse depuis une trentaine d’années. Impossible de ne pas les reconnaître.

 

  Au niveau national, en réponse à la demande du Premier Ministre concernant la réforme du dialogue social, le Conseil Economique et Social va proposer, notamment, de baser la représentativité syndicale sur « un choix des salariés exprimé lors d’une consultation électorale nationale », qui pourrait être les élections prud’homales. Cette proposition ne fait pas l’unanimité des syndicats. La CGT est pour, la CFDT est contre car, pour elle, il faut partir des entreprises et des branches. Les trois autres confédérations expriment des réticences à remettre en cause leur droit actuel de représenter les salariés quelle que soit leur implantation réelle dans les branches ou dans les entreprises. Pour leur part, UNSA et Solidaires attendent avec impatience la modification de ces règles. Dans son avant-projet d’avis, le CES fait aussi des propositions « sur le financement des syndicats, l’évolution vers des règles d’accord validé par une majorité d’engagement des salariés, et sur la syndicalisation dans les PME ».

 Au niveau mondial, l’initiative de recomposition syndicale, qui va aboutir à la création de la Confédération syndicale internationale* rassemblant 360 organisations (dont la CGT, la CFDT, FO et la CFTC) réunissant 190 millions de salariés de 150 nations, est un événement qui peut aider le syndicalisme à se renforcer et être mieux reconnu dans les négociations face aux firmes multinationales et aux organismes internationaux. Selon le futur responsable de la CSI, celle-ci « devra conduire des stratégies syndicales mondiales pour contrer celles du capitalisme, dont la mondialisation a entraîné en vingt ans un basculement majeur des revenus au détriment des salaires et au profit du capital. Elle devra défendre le syndicalisme là où il est faible et oppressé ». La CSI recherchera les contacts avec les ONG et sera présente dans les forums sociaux des altermondialistes.

 * La Fédération Syndicale Mondiale, 3ème confédération internationale, n’est pas partie prenante de ce rassemblement à Vienne.

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31 octobre 2006 2 31 /10 /octobre /2006 22:14

 

Moins de pesticides, moins d’engrais azotés, pour cultiver le blé.

Avec un meilleur résultat économique !

  

 

Je viens de recevoir une information qui m’a été communiquée par l’un des abonnés à ce blog, Patrick Gaudin (Charente-Maritime). Celui-ci milite pour concilier agriculture, environnement et revenu des agriculteurs, et je le remercie de sa contribution.

 Cette information concerne les conclusions de l’expérimentation réalisée depuis quatre ans sur des cultures de blé, à l’initiative de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) en relation avec l’Institut du Végétal (ARVALIS), des Chambres d'agriculture et des sélectionneurs appartenant à un Groupement d’Intérêt Economique (GIE).

 

  Cette étude, dont l’objet était de vérifier si de nouvelles variétés plus rustiques (résistantes aux maladies tout en étant productives) associées à une moindre utilisation de produits chimiques et d'engrais, pouvaient conduire à des résultats économiques satisfaisants.

 

 La réponse est oui, ce qui est d’une grande importance, compte tenu de la baisse des prix de vente du blé (environ 40%, avant une remontée en cours), depuis les réformes de la Politique Agricole Commune (1992 et 1999). Même si des aides publiques compensatrices sont venues compléter le revenu des agriculteurs.

 

 L’INRA souligne qu’il s’agit d’une nouvelle approche, qui répond aux préoccupations des citoyens et des agriculteurs.

Les chercheurs parlent de « systèmes intégrés » car  correspondant à une approche globale de l’utilisation du sol pour la production agricole, à une consommation le moins possible d’énergie et de produits chimiques et à une valorisation au mieux des ressources naturelles.

 

  Autrement dit, une agriculture plus autonome, plus économe et plus respectueuse de l’environnement. Avec un souci de cohérence globale dans les décisions techniques. Il est tenu compte des facteurs limitants, ce qui n’est pas le cas dans les systèmes intensifs, dans lesquels le rendement est maximisé et les consommations d’énergie et de produits chimiques décidées en fonction du rendement.

 

  L’intérêt de cette étude est de confirmer aux pouvoirs publics ce qu’ils savent depuis longtemps mais ne veulent pas entendre, préférant continuer de soutenir l’agriculture intensive, et les grandes entreprises qui fournissent les pesticides.

 

  Il est temps de réorienter la politique agricole en fonction des priorités de santé publique et de protection de l’environnement. Il est prouvé que les systèmes de production intégrés et biologiques, non seulement sont les mieux adaptés à ces besoins au niveau de la société, mais ils permettent aux agriculteurs de vivre correctement de leur travail. 

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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 21:51

 

La France et l’UE appliquent sans réciprocité des règles de concurrence qui les pénalisent

La décision de la SNCF et du Syndicat des Transports de l’Ile-de-France (STIF) d’attribuer à Bombardier le contrat de renouvellement des trains du réseau francilien est lourde de conséquences pour l’emploi en France (entre deux et quatre milliards €).

 Certes, le constructeur canadien emploie 1 600 personnes en France mais il sera probablement amené à sous-traiter une partie de la fabrication des pièces en République tchèque alors que le groupe Alstom, s’il avait été retenu, aurait tout produit sur le territoire français.

 Le MEDEF et les libéraux sont satisfaits car les règles imposées par l’Union européenne (concurrence ouverte et non faussée) sur les commandes publiques ont été respectées. Comme l’a dit le président de la Région Ile-de-France, le vainqueur a mieux répondu à l’appel d’offres sur les critères de fabrication et sur les prix (-10%). Ainsi, les contribuables franciliens sont bénéficiaires d’une opération que les régions concernées par les activités d’Alstom ne peuvent que regretter.

 Il faut accepter la logique de l’ouverture et du libéralisme, disent-ils. Mais comment se fait-il qu’Alstom n’ait pu concourir à l’attribution des contrats des matériels roulants des métros de Montréal et de Toronto au Canada (deux milliards €) ?

 La réponse est simple : les gouvernements des provinces du Québec et de l’Ontario ont le droit d’utiliser la procédure de gré à gré et ne s’en privent pas, le gouvernement fédéral du Canada ayant exclu le transport ferroviaire et urbain des obligations que lui impose l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur les marchés publics. C’est ainsi que Bombardier a pu tranquillement, sans aucune concurrence, prendre ces marchés canadiens.

 Que constate-t-on ? L’Union Européenne a décidé l’ouverture inconditionnelle des marchés publics sans attendre la réciprocité de la part des autres pays, comme le Canada et les Etats-Unis qui sont libre-échangistes sur le principe, mais trouvent des prétextes juridiques pour permettre à leurs groupes industriels de ne pas être concurrencés sur leurs propres marchés publics.

La France s’est toujours battue pour la réciprocité dans les échanges internationaux. A partir du moment où elle a transféré la compétence du commerce à l’Union européenne, plus précisément à la Commission européenne, celle-ci s’est engagée sur la voie de l’ouverture totale sans exiger de réciprocité, considérant que les autres n’allaient pouvoir faire autrement que s’aligner, ce qui était faire preuve d’une grande naïveté…

On mesure la responsabilité du gouvernement français qui a accepté de transférer la compétence commerciale à cette institution réputée pour son intégrisme néo-libéral et libre-échangiste. L’Europe a pratiqué le désarmement commercial unilatéral. Il lui faut reconnaître aujourd’hui que, par idéologie, elle s’est engagée dans une impasse.

 Mais la marche arrière est une manœuvre qui n’est pas familière aux dirigeants de cette Europe-là. Le peuple français lui a lancé un premier signal le 29 mai 2005. Le second pourrait lui être adressé en mai - juin 2007.

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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 12:07

 

Pour un régime présidentiel à la française !

  L’essentiel des propositions de Jean-Pierre Chevènement en matière d’institutions a été présenté par celui-ci lors de l’université d’été du MRC à Perpignan, fin août 2005. Un résumé de cette intervention a été mis en ligne sur ce blog le 31 juillet 2006 (catégorie « république française et Europe »).

 Je conseille aux lecteurs du présent article de se reporter sur le site du Mouvement Républicain et Citoyen (voir lien) afin de prendre connaissance de son nouveau texte dans son intégralité, sous le titre « Pour un régime présidentiel à la française », octobre 2006.

  Je me limiterai ici à en citer, d’abord, la conclusion - en pensant à celles et ceux qui sont pressés -  puis les grands titres des deux premières parties, avant de reprendre l’ensemble de la 3ème partie.

 Conclusion.

 L’instauration d’un « régime présidentiel à la française » est inséparable d’un combat visant à redonner un sens à la politique. Aucune leçon n’a été tirée par ceux qui nous dirigent du rejet de la Constitution européenne le 29 mai 2005. Il est clair que notre peuple, pas plus que les autres peuples européens, ne demande une Constitution. Ce sont les élites « mondialisées » qui portent le projet d’imposer à la souveraineté populaire un tel carcan foncièrement antidémocratique puisqu’il n’y a pas de « peuple européen ».

 Redonner un sens à la politique aujourd’hui c’est relier de manière indissociable le redressement de la construction européenne et la volonté de continuer la France républicaine.

 L’Etat républicain doit être aujourd’hui relégitimé. Il ne peut l’être qu’à travers une profonde réforme (incluant le cas échéant des délégations de compétences, par exemple à « l’Eurogroupe » à la condition qu’elles soient précises, contrôlées démocratiquement et révocables). Mais c’est toujours le suffrage universel qui doit trancher en dernier ressort. C’est dans la souveraineté populaire (indissociable de la souveraineté nationale) que réside aujourd’hui comme hier la clé du renouveau de notre République.

 I – Sur fond de dérives déjà anciennes, une crise devenue patente des institutions.

C’est ouvertement que le principe de la souveraineté des citoyens comme fondement de la démocratie est remis en cause.

 De même, la loi démocratiquement élaborée devient de moins en moins le fondement de notre ordre juridique.

 La crise des institutions de la Ve République est enfin devenue patente avec le quinquennat présidentiel.

 II – Historiquement, des institutions à géométrie variable.

 Les institutions de la Ve République auront bientôt cinquante ans. Leur conception, au départ, visait à un parlementarisme rationalisé sous l’égide  d’un Président - arbitre. La nomination de Georges Pompidou, en mai 1962, et surtout l’élection au suffrage universel du Président de la République (septembre 1962) ont donné un tour franchement présidentialiste aux institutions de la Ve République.

 

     III – Le nécessaire rééquilibrage de nos institutions.

 La réforme du quinquennat couplée avec l’inversion des élections présidentielles et législatives s’est arrêtée à mi-chemin. Elle a renforcé la prépotence présidentielle, abaissé encore plus le Parlement et exacerbé les rivalités de fin de mandat au sein de la majorité.

 

  Il faut aller franchement selon moi vers l’instauration d’un régime présidentiel à la française, essentiellement par la suppression de fait de la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale, condition de la revalorisation du rôle du Parlement. La responsabilité théorique qu’est actuellement celle du gouvernement devant l’Assemblée Nationale entraîne, en fait, la subordination et la caporalisation de la majorité parlementaire et l’abaissement du Parlement dans son ensemble. Les députés sont contraints de faire une confiance aveugle au gouvernement désigné par le Président.

  Dans un régime présidentiel à la française, le Président de la République deviendrait clairement le chef de l’exécutif, même si la fonction du Premier ministre était maintenue dans les textes. Il serait ainsi mis clairement fin à la dualité de l’exécutif et bien sûr à toute possibilité de cohabitation, dont les rivalités au sein de la majorité présidentielle actuelle ont fait oublier la foncière perversité. La réforme que je propose est celle d’un retour à l’équilibre des pouvoirs grâce à un véritable régime présidentiel, que j’appelle « à la française », parce que deux « soupapes de sécurité » permettraient d’éviter les risques de blocage dont l’Administration américaine s’accommode, mais dont je ne suis pas sûr que, dans un pays aussi « politique » que le nôtre , ils ne viendraient pas à se produire, si un désaccord de fond se manifestait entre le Président de la République et une majorité du Parlement. Ces deux « soupapes de sécurité » résulteraient du maintien dans les textes du droit de dissolution dans la main du Président et du droit de censure du gouvernement au bénéfice du Parlement, maintien assorti de la règle explicitement formulée du retour simultané devant le Peuple du Président et des députés, soit en cas de dissolution, soit en cas de renversement du Gouvernement. On peut imaginer que cette « dissuasion mutuelle assurée » exercerait un effet pacifiant sur les conflits, sauf en cas de crise nationale très grave, et favoriserait les compromis entre les deux Pouvoirs. En cas de crise grave, c’est le Peuple, c’est-à-dire le Souverain qui trancherait : quoi de plus démocratique ?

  Le Parlement pourrait pleinement et librement exercer ses fonctions de législateur et de contrôle par voie de commissions d’enquêtes notamment. L’arsenal du parlementarisme rationalisé pourrait être supprimé (article 49-3 – fixation de l’ordre du jour par le gouvernement, etc.). Une dose de proportionnelle pourrait être introduite dans le mode de scrutin législatif avec des listes nationales inspirées du modèle allemand préservant cependant l’élection des députés dans des circonscriptions, condition de leur indépendance vis-à-vis des appareils partisans. Ainsi l’essentiel du texte de la Constitution de 1958 pourrait-il être maintenu avec quelques modifications, certes fondamentales, mais peu nombreuses. La simultanéité des élections présidentielle et législatives ne résulterait pas des textes mais le cas échéant de la pratique des institutions.

  Tout en réaffirmant la prééminence du Président de la République dans l’exécutif, qu’il nommerait (ministres et Premier ministre) comme c’est aujourd’hui le cas dans la pratique, cette évolution permettrait de revaloriser le Parlement en le libérant des contraintes du parlementarisme rationalisé, devenues inutiles, mais, plus encore de la discipline majoritaire qui est la véritable cause de son abaissement.

Et, bien entendu, le Président de la République conserverait ses prérogatives en matière de consultation du peuple français par référendum.  

Enfin, la stabilité de l’exécutif ne dépendant plus de l’existence à l’Assemblée nationale d’une majorité cohérente et durable, une dose de proportionnelle pourrait être instaurée sans dommage, alors que dans le régime actuel cela conduirait inéluctablement à l’instabilité et à l’affaiblissement du gouvernement. Ainsi serait-il mis fin à cette étrange alternance entre un régime essentiellement parlementaire miné par une cohabitation débilitante, lorsque majorité parlementaire et majorité présidentielle s’opposent, et un régime présidentialiste aux pouvoirs présidentiels hypertrophiés, lorsque ces deux majorités coïncident.

  Certains, curieusement de plus en plus nombreux à gauche aujourd’hui, cherchent la fin de cette schizophrénie dans une « reparlementarisation » de la Ve République alors qu’ils savent très bien leur incapacité à supprimer l’élection du Président de la République au suffrage universel. Cette orientation tendant à rapprocher la Ve République de la IVe est dangereuse et illusoire : dangereuse car elle ne peut qu’entraîner l’instabilité du gouvernement et illusoire car elle ne peut que conduire, en retour, à une présidentialisation accrue du régime au détriment du Parlement et, en définitive, de la démocratie. Le retour au régime parlementaire est en effet fondamentalement incompatible avec l’élection du Président de la République au suffrage universel. Or, les Français tiennent à ce pouvoir de choisir directement, comme dans la plupart des grandes démocraties, le chef de l’exécutif.

  Depuis que le général de Gaulle, en 1962, a fait décider par le peuple français l’élection du Président de la République au suffrage universel, cette élection est, en effet, devenue directrice. On ne reviendra pas là-dessus, car les Français y voient un élargissement de la citoyenneté, en ce qu’elle institue la responsabilité du chef de l’exécutif devant le peuple. La logique du quinquennat adopté en septembre 2002 est bien dans l’instauration d’un véritable régime présidentiel et d’une séparation des Pouvoirs incités à collaborer et non pas dans un retour au régime parlementaire qui, bien loin de remettre le Parlement au cœur de la démocratie, accélèrerait le déclin de celle-ci.

  Est-il besoin d’ajouter que la réforme des institutions ne suffira pas à mettre un terme à la crise actuelle de la démocratie ?

 

 Pour lire le texte en entier : www.mrc-france.org

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